« Vive la lune ! »

Aujourd’hui c’est la fête de la lune en Chine qui est traditionnellement célébrée le quinzième jour du huitième mois lunaire. 

Je partage un célèbre poème de Su Shi (苏轼 1037-1101) : « J’interroge la lune » – Su Shi

Version française :

On se réunit dans la joie et on se quitte dans la peine
La lune croît et décroît, voilée et pleine
Rien ne s’accomplit jamais dans ce monde
On aspire à une longue existence 
Et quelle que soit la distance
Il sera possible de partager sa beauté.

Texte d’origine :

《水调歌头 • 明月几时有》 – 苏轼
人有悲欢离合,
月有阴晴圆缺,
此事古难全。
但愿人长久,
千里共婵娟。

Amitiés

Yu

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23 réflexions sur « « Vive la lune ! » »

  1. Quand j’entends lune , je pense aussitôt à :

    Il y a aussi une chanson de Joe Dassin ( et j’étais comme la lune ) rigolote mais qui vaut plus par la mélodie et la voix du chanteur que par ses paroles .

    En fait je préfère fréquenter la lune comme on fréquente une femme , mystérieuse , douce et inquiétante à la fois , laissant espérer tous les possibles là où le soleil ne fait que se répéter ( « rien de nouveau sous le soleil ? Si , la lune !  » ) .

    1. C’est fou ce que la lune a comme succès chez les chanteurs et teuses… 😉
      Neil Young – Harvest Moon.

    2. Remarque pour un anthropologue « interculturel » :

      J’aime bien la lune car les trois religions monothéistes la regardent toutes d’un mauvais oeil .

      Je me demande aussi pourquoi les allemands masculinisent la lune ( der Mond ) et féminisent le soleil ( die Sonne );

      Ce sont parfois , paradoxalement , des poètes qui la désacralisent :

      https://www.poesie-francaise.fr/alfred-de-musset/poeme-ballade-a-la-lune.php

      Mais la lune complice et mythique , que de moins en moins de personnes regardent , n’est elle pas morte le jour où l’on y a  » mis le pied » , en attendant d’en faire une rampe de lancement vers Mars ?

      1. Je me demande aussi pourquoi les Allemands masculinisent la lune ( der Mond ) et féminisent le soleil ( die Sonne ).

        L’explication est très simple : un congrès avait été consacré à la question en 1869, qui avait décidé en effet que la lune serait masculine et le soleil féminin. Les Allemands se sont soumis de bon coeur à la décision commune, alors que les Français n’en faisant toujours qu’à leur tête l’ont tout simplement ignorée.

        1
      2. Le seul congrès que je connaisse en 1869 , c’était Lausanne et le vibrant discours ( écrit ) européen de Victor Hugo ..

        Ça ne doit pas être celui là que vous visez .

      3. @François Corre :

        Ça n’est pas la piste que je privilégierais .

        Je crois bien d’ailleurs , en remontant aux sources ,qu’en latin le soleil était plutôt du genre neutre ( que les allemands ont conservé et on ne voit pas pourquoi ils auraient féminiser le soleil ), en gardant tous les modes et toutes les déclinaisons latines ) .

        Il me semble aussi, si mes souvenirs d’Algérie ne sont pas déformés , qu’en berbère la lune est aussi masculine et le soleil féminin .

      4. 6 ans de latin pour raconter une bêtise : soleil ( sol ) est bel et bien du genre masculin .

        La honte . Va falloir que j’augmente les doses de comprimés oxygénant le cerveau .

      5. @juannessy
        Comme luna/sol en espagnol, luna/sole en italien, j’me disais, le latin ?
        Mais bon, on dit un astre et une étoile… 🙂

  2. Qui dit Lune dit Marée.
    A ce lien, une bonne nouvelle d’un monde planifiable :
    https://www.venezia.isprambiente.it/ispra/index.php?action=graph&staz_id=129&postazione_id=24&tipo_dato_id=1&rt=1&img=1&day=&month=&year=
    La limitation parfaite de l’Acqua Alta à Venise (ici la station de la point de la Salute) grâce à la mise en oeuvre du « Mose », 20 après la décision de le lancer (certes les vénitiens auraient aimé qu’elle marche l’an dernier quand il y eut une Acqua Alta exceptionnelle de 1,87 m).
    Ca sera encore valide 36h si c’est actualisé en temps réel… (je ne sais pas où le stocker).

  3. Yu a reproduit l’essentiel du poème pour son message amical, mais voici tout de même, pour les curieux, une traduction (libre) du poème dans son entier. Le passage cité par Yu correspond en réalité à la seconde partie du poème.

    丙辰中秋,歡飲達旦,大醉,作此篇,兼懷子由

    明月幾時有?把酒問青天。不知天上宮闕,今夕是何年?
    我欲乘風歸去,又恐瓊樓玉宇,高處不勝寒。 起舞弄清影,何似在人間?  
    轉朱閣,低綺戶,照無眠。
    不應有恨,何事長向別時圓?
    人有悲歡離合,月有陰晴圓缺,此事古難全。但願人長久,千里共嬋娟。

    Ce poème appartient au genre du poème chanté (à partir en principe d’une mélodie préexistante.) Le ci se distingue donc du shi, le genre poétique proprement dit.
    Le ci est soumis à moins de contraintes que le shi, notamment pour les rimes, ce qui en fait une expression plus « libre »

    Le Ci a eu son age d’or sous la dynastie Song, et Su Shi en est un de ses illustres représentant.
    Le présent ci de Su Shi composé à l’occasion de la fête de la lune (littéralement celle du « milieu de l’automne) est parvenu selon les meilleurs critiques littéraires chinois à allier le meilleur du ci et du shi. Su Shi est réputé également grand calligraphe, malheureusement le manuscrit de son oème ne nous est pas parvenu, ce qui n’a pas empêché des générations de calligraphes d’en reprendre le texte pour le calligraphier.

    Su Shi écrit ce poème la 9ème année du règne de l’empereur (1076) ShenZong. Le poète administre alors Mizhou. Cette année là il a à l’esprit une nouvelle heureuse qui lui vient de la capitale puisqu’on lui annonce sa nomination à Ruzhou, c’est une belle promotion, le poste le rapprochant de la capitale, mais en même temps ses pensées vont à son petit frère Su Chi (prénom Ziyou) qu’il n’à pas revu depuis 7 années..
    A Mizhou il n’en est pas si éloigné que cela géographiquement parlant, mais, accaparé par son travail, il n’a pas pu le revoir..

    NB Je mets les mentions utiles pour la compréhension entre parenthèses.

    En préambule du poème, juste après le titre, Su Shi a écrit ceci :

    (Année) Bing Chen, fête de la lune, jusqu’à l’aube, complètement ivre, je compose ce poème, je pense à Ziyou (petit frère de Su Shi)

    Quand la lune brilla-t-elle pour la première fois ?
    Je lève mon verre et interroge l’azur :
    Quelle année est-on au palais céleste ?

    Je voudrais, transporté par le vent, retourner dans le magnifique édifice
    Je crains seulement que si haut je ne puisse supporter le froid
    Je me mets à danser au gré des ombres portées
    Il n’y a pas mieux que d’être parmi les humains

    La lune contourne le pavillon rouge
    Puis s’abaisse jusqu’à ma fenêtre ajourée de bois sculptée
    Elle rayonne, je n’ai pas sommeil
    Mais pourquoi sommes-nous éloignés un jour de pleine lune ?

    Il y les joies et les peines de la séparation et des retrouvailles
    La lune a ses ombres et lumières, ses rondeurs et ses amputations
    La perfection est de toujours chose difficile à atteindre

    Je souhaite longue vie aux humains
    A mille li de distance cette beauté* nous réunit !

    * »chan Juan » le mot qui est Ici traduit peut aussi bien dire « lune » qu’une « belle allure »  » ou femme. Dans ce poème il s’agit bien sûr d’abord de la lune, mais le choix du mot « chan Juan » n’est pas fortuit.

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    1. Comment traduit on si on ajoute  » nessy » ?

      PS : si les chinois picolent , ils n’en sont que plus fréquentables . Mon fils m’avait déjà signalé le fait en me rapportant qu’ils n’étaient pas les derniers à déconner en repas d’affaire .

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