Le contenu de la loi « Sécurité globale », par Alexis Toulet

S’agissant de la loi « Sécurité globale », il est utile de détailler son contenu. Le résumé ici est utile.

Le point le plus controversé est l’article 24, qui réprime « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale autre que son numéro d’identification individuel lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police »

1) Ce qui est clair est que cet article n’interdit absolument pas la diffusion des images d’une intervention de police, pourvu que les visages et autres éléments d’identification des fonctionnaires de police « autres que (leur) numéro d’identification » soient floutés. Rien n’empêchera donc à l’avenir des journalistes de publier des vidéos de potentiels dérapages lors d’interventions. Flouter un visage sur une vidéo est d’ailleurs techniquement simple

2) Il n’est même pas clair que cet article rende obligatoire le floutage du visage des policiers et gendarmes, puisque ce qui est interdit est la diffusion « dans le but qu’il soit porté atteinte à (leur) intégrité physique ou psychique ». La chose sera à l’appréciation du juge.

La motivation de cet article est assez claire, ce sont les assez nombreux cas de policiers ciblés hors service par des criminels. Il s’agit de protéger les fonctionnaires de police et les gendarmes.

Quelques exemples :

– « Rouen : Des policiers hors service reconnus et violemment agressés par une vingtaine d’individus en pleine rue »

– « Seine-Saint-Denis. Un policier hors service roué de coups après une altercation avec un motard »

– Sans oublier naturellement le meurtre d’un couple de policiers à Magnanville en 2016 par un djihadiste. Voir d’ailleurs cet intéressant article de l’époque sur la difficulté de protéger l’anonymat des policiers, et cependant l’intérêt majeur à le faire

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95 réflexions sur « Le contenu de la loi « Sécurité globale », par Alexis Toulet »

  1. Il y a tout de même le but non avoué ou un effet collatéral de cette loi qui est d’intimider les manifestants et de manière générale toute personne témoin de violences policières.

    «  … Pour nombre d’associations, le danger est ailleurs. Pas devant les tribunaux, mais sur le terrain. C’est ce qu’explique Raphaël Kempf, avocat précédemment interrogé par Marianne : « Cette proposition de loi a un effet dissuasif. Vu que l’on risque la prison pour diffusion d’images, un certain nombre de gens vont spontanément penser qu’il ne faut pas filmer ni prendre de photos. (…) Lorsqu’un policier arrête une personne pour un délit, il n’a besoin que d’indices. Il peut supposer qu’une personne diffuse en direct une manifestation et qu’il a des intentions malveillantes. Comme c’est un délit passible de prison, il peut légalement mettre en garde à vue cette personne. »
    «  …Une crainte en partie partagée par Me Bénoit : « Il peut potentiellement exister des abus de la part des forces de l’ordre, qui seront sanctionnés a posteriori. Mais entre-temps, la personne filmant aura peut-être été placée en garde à vue, ou éloignée de la manifestation », remarque-t-il, avant d’ajouter : « Même si ce n’est pas le cas dans le texte, il peut donc bien y avoir un risque d’atteinte à la liberté d’informer. »

    https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/affaires-benalla-chouviat-croche-pied-dun-policier-ces-videos-auraient-elles-pu-etre-diffusees-avec-la-loi-securite-globale

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  2. @Alexis Toulet
    Je suppose que vous n’ignorez pas les origines de cette montée de violence de part et d’autre.
    Dès lors comment y remédier ?
    Croyez-vous vraiment que cette loi est susceptible de rétablir une relation plus pacifiée entre citoyens et représentants de l’ordre ou du maintien de la paix ?

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  3. https://www.pauljorion.com/blog/2020/11/20/loi-securite-globale-filmer-les-policiers-bientot-en-delit-par-chantal-montellier/comment-page-2/#comment-826189

    Un des problèmes les plus délicats à traiter (est déjà ) sera en fait que la justice , si elle est déjà bien prête à traiter et juger correctement les violences des policiers ou des abrutis quand le délit ou le crime est déjà accompli , a actuellement peu d’outils pour intervenir sur des « intentionnalités » , surtout depuis l’explosion des moyens diffus et quasiment anonymes de « harceler » jusqu’au pousse au crime .

    Si on se place du côté de la représentation de la puissance publique , ça concerne d’ailleurs tous les fonctionnaires des trois fonctions publiques , et c’est pourquoi , si le but de ce projet de Loi est ce qu’il annonce , cela mérite une réflexion et des propositions par un ensemble d’acteurs et de représentants de la société civile sous la houlette d’une commission parlementaire plurielle .

    Sur un sujet aussi symbolique ( et pas que ) de la justice et de l’équité démocratique , cette loi telle qu’avancée , ne peut qu’être critiquée et refusée , et d’une certaine façon le Conseil Constitutionnel ne devrait que pouvoir la retoquer en ce qu’elle crée une catégorie particulière de citoyens .

    J’espère ne pas me tromper , et pour le coup je suis soulagé qu’on n’envisage pas de la soumettre à Referendum expéditif , car l’état de notre pays me donne plus que des craintes sur le résultat .

    Ça fait une bonne raison de plus pour que l’ensemble des forces de progrès se ressaisissent avant 2022 .

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    1. Il me semble que jusqu’à maintenant seuls le RAID , la BRI et le GIGN sont légalement fondés à intervenir  » incognito » ( en cagoules ) , et on comprend facilement pourquoi .

      Il me semble aussi qu’Estrosi avait proposé en 2009 un décret anticagoule ( chez les manifestants ) d’ailleurs accueilli avec pas mal de scepticisme par les syndicats de policiers à l’époque .

  4. Cette vision angélique de la loi va à l’encontre de tous les faits documentés depuis le début du mouvement des GJ et notamment les intimidations diverses exercées sur les journalistes pour les empêcher de rendre compte (sans parler de la manif d’il y a quelques jours).. Un policier pourra désormais préventivement empêcher de filmer- ou exercer une très forte pression- en invoquant cette loi et une éventuelle atteinte à son intégrité (et les journalistes ne vont pas passer leur temps à aller en justice pour contester..; sachant que les évènements à couvrir le sont à l’instant T et pas 6 mois après..). Quant à l’identification des policiers avec leur RIO bon courage..il n’est quasiment jamais visible.
    Enfin si on veut protéger les policiers (et tous les autres citoyens) en cas de menace..etc..des tas de textes existent déjà.
    http://neotopia2017.blogspot.com/

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  5. Paul Jorion, vous laissez passer ça sur votre blog?
    Cette loi est entièrement dictée par
    2 syndicats fachos, que vous appelez « supremacistes blancs », lorsqu’il s’agit de l’autre côté de l’Atlantique. Le pouvoir français ne peut plus rien refuser à sa police, il ne tient que par elle.
    L’article 24 est loin d’être le seul problème de cette loi, qui organise la surveillance généralisée et automatisée de tout le monde, tout le temps, sauf la police évidemment, police qui était déjà protégée par la loi contre le harcèlement.
    Cette loi est le résultat du changement de régime qui s’est opéré depuis 2017 en France. Nous sommes désormais en dictature oligarchique, encore « soft » mais de moins en moins et pour combien de temps?

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      1. Bien sûr Paul, vous employez le terme de « fascisant » qui semble être tout à fait adapté.
        Mais alors pourquoi publier cette pauvre tentative de défense de l’article 24, déjà expliqué, et qui est loin d’être le seul problématique dans cette loi? Pour faire réagir ? C’est reussi;-)

        1. Bon, c’est promis, juré : je n’ironiserai plus jamais, je m’exprimerai uniquement désormais de la même manière qu’un aimable Commissaire du Peuple. J’ai COMPRIS que l’ironie dépasse la capacité intellectuelle de la grande masse des lecteurs de mon blog (je vivais dans un monde d’illusions !). La leçon a été comprise : vous représentez bien, Loyman, l’opinion moyenne sur mon blog. Mea culpa !

          P.S. Quand je pense que quelqu’un disait ici récemment quelque chose du genre « Vous essayez sûrement de faire la synthèse des commentaires exprimés sur votre blog ». J’avais répondu que ça ne m’avait jamais effleuré. Votre commentaire m’encourage à ajouter : « … et ce n’est sûrement pas demain la veille ».

      2. Cher Paul, désolé d’être resté dans la médiocrité du premier degré. Ce que je vois ne prête pas vraiment à rire, pas même jaune.
        Les commentaires matinaux sur l’immense joie que le duce nous à consentie de pouvoir se déplacer à 20 km de chez soi pdt 3h, suivis des résultats du foot, sans un mot sur cette loi, m’ont peut être légèrement agacé.

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    1. Salut Loyman,

      « Paul Jorion, vous laissez passer ça sur votre blog? »

      De manière réactive et instinctive, on ne se refait pas, j’ai ça dans le sang, j’ai failli dire aussi cela, un quart de seconde, pourquoi laisser passer ce texte, qui n’apporte rien, limite larbin, et qui en plus selon moi n’est pas du tout à la hauteur de la pensée du sieur Toulet, comme quoi on a tous des passages à vide, en v’la un beau Alexis.

      Puis je me suis ravisé de suite, car notre hôte est chez lui, libre totalement, et c’est cela l’intérêt absolue. Sinon, c’est l’histoire de la paille et de la poutre. Faut juste faire attention à ne pas tomber dans la tiédeur apparente, car un bain tiède bof.

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  6. Le temps ou les tergiversations sur les mauvaises interprétations entre « esprit et lettre de la loi », sera t-il si loin, que l’eau entachée de « bavures » qui aura passé sous les ponts, aura fait oublier, lesquelles des « intentions » étaient en responsabilité, alors qu’elles s’apprêtent déjà à jouer à accuser leurs détracteurs, de sur-interpréter la lettre, et/où l’esprit d’un article de loi, en cachant bien d’autres (armer la police municipale etc)…?

  7. L’article 24 ne doit pas nous cacher la forêt.
    Avis du défenseur des droits du 17 novembre 2020 sur le texte adopté par la commission des lois sur la proposition de loi relative à la sécurité globale
    https://juridique.defenseurdesdroits.fr/doc_num.php?explnum_id=20210
    et
    Le 24 novembre 2020 l’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi.
    https://www.vie-publique.fr/loi/277157-loi-de-securite-globale-police

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  8. @Alexis Toulet
    Pour rester (tâcher de rester) poli , disons que  » les bras m’en tombent « … Pour le moins!

    Ainsi donc , dans le blog de Paul JORION , ce matin 25 nov 2020

    …[[[donc sans la moindre circonstance atténuante d' »effet de surprise vu la soudaineté de l’information » … information qui a été largement commentée , et plus que très négativement..SURTOUT DANS L’INTENTION et LA PREPARATION de ce mauvais coup , TOUT SAUF A L’INSU DU PLEIN GRE des auteurs…
    …et par exemple hier soir : https://www.pauljorion.com/blog/2020/11/20/loi-securite-globale-filmer-les-policiers-bientot-en-delit-par-chantal-montellier/comment-page-2/#comment-826501 ]]]

    … dans un article-tête de gondole , on lit avec l’ effarement d’un premier degré , l’enchaînement des affirmations conformes à l’écriture gouvernementale suivantes

    +++ Ce qui est clair est que cet article n’interdit absolument pas la diffusion des images d’une intervention de police, ….(…)…. Flouter un visage sur une vidéo est d’ailleurs techniquement simple…
    +++ Il n’est même pas clair que cet article rende obligatoire le floutage du visage des policiers et gendarmes,…(…)…
    La chose sera à l’appréciation du juge.

    La chose sera à l’appréciation du juge.
    La chose sera à l’appréciation du juge.
    La chose sera à l’appréciation du juge.

    …justement , mon bon ami , justement…!!

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    1. Justement , quoi ?

      PS : vous auriez pu faire , avec vos stabylos , gras , polices ( sic ) spectaculaires et ponctuation pleine de sens caché , un bon chauffeur de salle , de ceux qui lèvent , dans certaines émissions de divertissement télé , les panneaux  » applaudissez » , « criez » , « levez vous  » , « levez les bras » ,  » asseyez vous « ,  » faites la ola  » .

      Vous nous prenez pour des demeurés , mon bon ami ?

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      1. Bon , on aura au moins ainsi gagné les effets de manche , d’imprimerie et de vocabulaire .

        Et la clarté sur la bienveillance d’esprit .

      2. @juannessy (17h25)

        De plus , pour (varier) les effets d’imprimerie , indirectement grâce à vous j’ai découvert ce jour …
        … que taper : suivi directement de – suivi directement de ) alors ça donne l’impression de 🙂
        … que taper ; suivi directement de – suivi directement de ) alors ça donne l’impression de 😉

        qui permet d’agrémenter le discours écrit.
        Voyez où nous amènent toutes les réflexions de ce blog… 😉

  9. L »affaire de Magnanville n’a rien à voir avec l’article 24, il n’est pas du tout certain que l’assaillant ait eu une quelconque idée du visage du commandant de police, et si l’adresse est l’élément à protégé, il n’est pas certain que la mère de famille ait participé à une quelconque opération de police, ni même que cette adresse ait été diffusée à l’occasion d’une opération de police auquel il lui-même aurait participé.
    Celà montre l’état de confusionisme ambiant.
    Pour ce qui est du croche-pied de l’autre jour, la publication d’un visage reconnaissable du policier auteur, sur un site d’obédience pro-police accompagné de commentaires flatteurs et approbateur sur la démarche

    pourrait-elle être poursuivie par un Juge à l’aide de ce texte ?

    Les journalistes-citoyens n’auraient alors comme solution que de créer et alimenter de tels sites.

    Flouter les visage semble être une fonction d’application pour téléléphones intelligents, voire la création de déformations ou la substitution de visage par des caricatures.

    Y a-t-il une appli qui permette de remplacer en temps réel, tout visage de policier par celui- de Macron, Darmanin ou Lallement (version payante) ?

    L’article 24 n’empêche pas l’agression hors service de policier par un citoyen ou résident mécontant, mais la vengeance ou la menace doit être exercée personellement.
    Il n’est pas posible de recourir à la vengeance par un groupe tiers, encore moins par l’action d’une tête brûlée au seuil de déclenchement abaissé.

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  10. Salut Alexis,

    Tu cherches du taf au gouvernement ? Un poste dans la fonction publique ?

    Sinon, tes deux exemples, sauf à ce que j’ai un peu vite survolé les liens, n’ont qu’un lointain rapport avec la diffusion d’image dans l’intention de nuire … On dit juste que les fonctionnaires de la milice ont été reconnu. Sans précision sur le comment de la chose. Ils sont peut-être de la ville, ou ont eu affaire physiquement avec un protagoniste ? Si ? Non ?

    En vrai sinon, ils ont cas tous porter une cagoule en service comme le GIGN puisque le problème semble tellement grave et imminent. On porte bien le masque déjà dans la rue. Là au moins protection 100% des agents, comme le gilet pare balles !C’est donc bien du foutage de gueule oui, et de la volonté d’instaurer de la crainte chez les citoyens, ils ne faut surtout pas reculer sur ce genre de Loi, c’est l’engrenage toujours sous de faux prétextes avec de fausses solutions mais de vraies arrières pensées. Tu y mets le doigt tu perds un bras. L’appel à la violence et aux meurtres est déjà puni par le code pénal, surtout sur personne détentrice de mission publique.

    Je te colle mon billet qu’il devait y avoir plein de gentils soldats qui justifiaient que le port de l’étoile jaune servait à protéger le bon peuple allemand.

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    1. Petit complément Alexis

      D’ailleurs le lien de Slate.fr est assez éloquent sur le sujet, tout cela n’a rien à voir avec les vidéos réalisées par les gens et postées sur internet, mais avec la rédaction des PV lu lors des audiences, l’anonymisation des agents, et en fait l’ambiance générale entre la police et les citoyens. Edifiant le gars qui explique ne même pas dire à ses voisins qu’il est policier, tu parles qu’il y a donc un grave problème dans le rapport Police/Nation !

      Il est là le souci. Cette Loi ne va que renforcer le clivage et la haine, comme d’habitude, mais c’est certainement le but non avoué, à l’insu du plein grès de tous (ou pas va savoir charles)

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    2. @CloClo Le port d’une cagoule est inconfortable, (comme celui d’un masque).
      Si le port en est généralisé pour les tueurs (tireurs d’élite) de la République GIGN RAID BRI en intervention, c’est aussi pour susciter l’effroi et il est sans doute souhait(é/able) de ne pas susciter trop d’aversion dans la population envers les forces classiques de police au contact, mais de permettre par la visibilité du visage une identification et une meilleure perception des nuances et émotions.

  11. L’article 24 est le paravent qui sert à nous divertir du reste du contenu de la loi qui touche aux libertés de TOUT LE MONDE, pas seulement la presse, et dont les conséquences seront autrement plus attentatoires.

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  12. Bonjour

    Les infos officielles concernant cette loi de sécurité globale

    Vote loi sur la sécurité globale le 24/11
    388 pour
    104 contre
    66 abstentions

    L’article 24 devrait passer au Conseil Constitutionnel.

    Pour info les 32 articles de la proposition de loi du 20 octobre ,avant discussion et amendements ,et mise en procédure accélérée.

    http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3452_proposition-loi#tocUniqueId29

    La dernière modification du 24 novembre avant vote le 24/11

    https://www.vie-publique.fr/loi/277157-loi-de-securite-globale-police

    L’article 24 avant amendement:

    I. – Le paragraphe 3 du chapitre IV de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse est complété par un article 35 quinquies ainsi rédigé :

    « Art. 35 quinquies. – Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. »

    II. – L’article 35 quinquies de la loi du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse ne font pas obstacle à la communication, aux autorités administratives et judiciaires compétentes, dans le cadre des procédures qu’elles diligentent, d’images et éléments d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale.

    http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/3527/AN/1363
    Amendement 1363 adopté le 20/11/2020
    concernant l’article 24

    « Art. 35 quinquies. – Sans préjudice du droit d’informer, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification, autre que son numéro d’identification individuel, d’un agent de la police nationale, d’un militaire de la gendarmerie nationale ou d’un agent de police municipale, lorsque ces personnels agissent dans le cadre d’une opération de police.

    II. – Les dispositions de l’article 35 quinquies de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ne font pas obstacle à la communication, aux autorités administratives et judiciaires compétentes, dans le cadre des procédures qu’elles diligentent, d’images et éléments d’identification d’un agent de la police nationale, d’un militaire de la gendarmerie nationale ou d’un agent de police municipale. »

    donc a été rajouté :agent de police municipale

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  13. Je comprends l’effort d’Alexis Toulet dans son explication, et je ne suis pas de ceux qui crient haro sur les policiers. Mais cet argumentaire ne me convainc pas du tout, entre autres pour deux raisons.
    Premièrement, il me semble que « le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un agent  » devrait pouvoir être déjà puni par les lois existantes, non ?
    Deuxièmement, si une loi supplémentaire s’avère nécessaire, en raison de la diffusion tous azimuts permise par les réseaux sociaux, pourquoi limiter cette loi aux agents « de la police nationale ou de la gendarmerie nationale ». Je rappelle un évènement récent, parmi les plus graves, a bien eu pour source « le fait de diffuser… …dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique… » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assassinat_de_Samuel_Paty
    C’est vrai qu’il s’agissait d’un agent… de l’Education Nationale.
    Je me demande donc si la cible de cette loi spécifique, loin d’être la garantie d’une protection de l’intégrité des agents de la police nationale, ne s’inscrit pas plutôt dans la préparation d’élections à venir, voire (on ne sait jamais), dans la préparation de désordre sociaux tout aussi avenir, ou il faudra faire terroriser sans trop d’état d’âme, et surtout sans conséquences légales, ceux qui auraient la mauvaise idée de contester l’ordre établi autrement que de gentilles grèves ou d’inoffensifs défilés.
    Et pour ce faire, la garantie de l’impunité dans les débordements, qui sont inévitables dans l’action policière en situation de crise, ne pourront que s’en trouver encouragés. En tout état de cause, il me semble que c’est déjà fait cf évènement récents Place de la République, au grand dam de nombreux policiers réellement républicains.

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  14. Quand on veut dissuader du manifestant un peu véhément, du GiJo, du BlackBloc, du vidéaste gênant ou du simple citoyen dans les rues de Hong-Kong, Bangui, Minsk, Alger, Moscou, Caracas, Bagdad, Ankara, Téhéran ou Khartoum, on floute pas, on masque pas la gueule ou le matricule des robocops, on touche même pas la loi ; on pioche sans retenue dans le lumpenprolétariat cher à Karlito, dans les mafias locales ou dans la p’tite clientèle de la machine politique du parti et on lâche les milices (ou des « gardes nationales »), anonymes, incontrôlés, incontrôlables.
    Ça c’est du maintien de l’ordre fasciste ou fascisant, efficace, pas cher, pas syndiqué.

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    1. Extraits de l’entretien dans Le Monde avec Patrice Spinosi :

      En quoi cela constitue-t-il un risque ?

      Le risque est réel de la victoire en 2022 ou en 2027 d’un leader populiste, un Trump à la française. Il trouvera alors tous les outils juridiques lui permettant de surveiller la population et de contrôler ses opposants politiques. Il sera trop tard pour regretter d’avoir voté ces lois quand un président, avec une moindre ambition démocratique, les appliquera avec une intention bien différente de celle du gouvernement actuel.

      L’article 24 de la proposition de loi sur la « sécurité globale » en est un exemple. Il représente une menace pour toute personne qui filmerait les forces de police, qu’il s’agisse d’un journaliste ou d’un simple citoyen. Selon la lettre du texte, seule la diffusion des images est sanctionnée quand elle s’accompagne de l’intention de porter atteinte à l’intégrité du policier. Mais en pratique, si ce texte passe [adopté par l’Assemblée nationale mardi 24 novembre et examiné par le Sénat en janvier], les forces de l’ordre n’accepteront plus d’être filmées. Elles useront pour cela de tous les moyens du droit pénal : confiscation du téléphone, arrestation ou garde à vue. Ceux qui auront filmé des policiers auront le droit pour eux et ressortiront libres sans poursuite judiciaire, mais l’atteinte aura été portée.

      Protéger l’intégrité des forces de l’ordre est également légitime…

      Bien sûr, mais on est en train d’inverser l’ordre de la loi. Le principe, c’est la liberté d’informer. L’interdiction doit rester l’exception. Lors des dernières manifestations, certaines images ont été dévastatrices pour le gouvernement. Conscient, il a décidé d’en reprendre la maîtrise. Dans le schéma national de maintien de l’ordre, le ministère veut distinguer les « vrais » journalistes appartenant à des médias reconnus des « faux » journalistes, pigistes, sans carte de presse, taxés d’activisme. Mais ces dernières années, ce sont ces journalistes indépendants, ceux que l’on veut faire taire, qui étaient en première ligne pour filmer au plus près l’action des forces de police. Ce sont leurs images que l’on a retrouvées le soir dans les grandes rédactions.

      En Mai 68, Maurice Grimaud, préfet de police, écrivait aux forces de l’ordre : « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même ». C’est une phrase que l’on imaginerait mal aujourd’hui dans la bouche d’un préfet comme Didier Lallement, capable de dire à une sympathisante des « gilets jaunes » : « Madame, nous ne sommes pas dans le même camp. »

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      1. …  » on est en train d’inverser l’ordre de la loi.
        Le principe, c’est la liberté d’informer.
        L’interdiction doit rester l’exception.
         » …

        Lumineux.

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      2. @PYD :

        Il en aura fallu pour qu’on commence à penser servir plutôt qu’avoir raison !

        C’est le moment à gauche de discuter des différends stratégiques et des ambitions pour le pays , pour savoir si oui ou non on est dans la même vision du monde pour les dix ans à venir , et capables d’offrir un projet nouveau et réaliste pour notre et les peuples . Mais c’est bien sous l’éclairage mondial que ce projet sera et pourra être jaugé et éventuellement pris au sérieux .

        De ce point de vue et à mon goût ( même si 2022 m’est personnellement assez incertain ) , au delà des considérations institutionnelles et de vie démocratique où il me semble qu’un « plan commun » raisonnable peut être trouvé sans trop de cris et pleurs ( voire même partagé avec d’autres  » camps » ) , le « juge de paix et ligne de démarcation possible  » sera , comme en 2017, l’Europe , l’Euro , la défense , le nucléaire , la monétisation de la dette . Dans la situation mondiale connue ( et on aura déjà vu jouer les premières cartes de Biden ) , c’est bien là dessus que se joue et jouera notre avenir , et c’est bien sur ce positionnement que je ferai mon choix , ainsi que sur les premières traces de prises en compte des orientations proposées dans un bouquin écrit à quatre mains .

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      3. @PYD

        Un article bien long pour dire des choses qui ne mangent pas de pain et surtout qui permettent de prendre une posture très avantageuse sans s’engager sur rien. On dirait presque du « Place Publique »… Du bon sens pour vous, pour moi un n-ième appel parfaitement inaudible à une « union de la gauche » qui n’a absolument aucune chance de se produire car contrairement à ce que prétendent les auteurs, il y a bien longtemps qu’on ne partage plus l’essentiel et probablement même plus le superflu. Qu’ils tentent donc une « union des gauches de droite », ils auront probablement meilleure fortune (ce ne serait finalement que le « en même temps » macroniste revisité, un bien bel objet de marketing politique en perspective).

        En vérité, lorsque les auteurs parlent d’une hypothétique « victoire commune » en 2022, ils tentent avant tout d’exorciser une n-ième débâcle du P.S. dont on ne voit plus aujourd’hui ce qui pourrait le sauver du cimetière des éléphants, et c’est finalement le meilleur qu’on pourrait lui souhaiter tant ce parti est marqué depuis des décennies maintenant du sceau de la social-traitrise (*), et jusqu’à l’avant dernière présidence de la république (voir la dernière tant Macron apparaît comme le parachèvement de la mutation socialiste impulsée depuis l’ère Mitterrand).

        *: les puristes pourraient objecter que ça fait déjà un bon moment que le P.S. ne prétend même plus défendre les intérêts de la classe ouvrière et que ce qualificatif est donc caduque, ce qui serait à la fois vrai et faux. Ah oui, bien sur, ils nous servent du « camarades » en veux-tu en voilà comme à la grande époque, ça doit être la preuve de leur engagement…

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      4. Dissonance,
        Donc on fonce dans le mur, les yeux bandés et sans air bag ? Advienne que pourra ?

      5. « une intention bien différente de celle du gouvernement actuel. »
        Cet énoncé me laisse rêveur, je suis incorrigible . . .

    2. @PYD

      Voilà, exactement. Fonçons dans le mur. Parce que c’est ça l’alternative: Réélire les mêmes tocards qui nous ont truandé ces 40 dernières années (au bas mot) ou voter pour les fascistes/foncer dans le mur/autre cataclysme…

      Alors pardon de vous l’annoncer sans ambages et avec cette note de sarcasme, mais vos fausses alternatives ne fonctionnent plus trop (du tout). Ce coup-ci il faudra trouver un peu mieux que « l’argument du castor », et je doute très sérieusement que ce soient des textes aussi lourdingues et sans intérêt que celui de Libé qui y parviennent.

      Ce que j’attends pour ma part ce n’est pas la déclaration d’un parti qui appelle à s’organiser pour gagner la prochaine élection, mais celle qui appelle à foutre en l’air ce processus électif vicié dans son principe. A moins que ça, comptez sur moi pour ne pas bouger le moindre orteil, et je pense que je serai loin d’être le seul.

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      1. Le système électoral est vicié jusqu’à la moelle. Il n’a de démocratique que le nom. Il est incapable de répondre aux enjeux de notre époque. La preuve est que bon an, mal an, il ne porte au pouvoir que des personnes de plus en plus médiocres voire dangereuses. Il est temps de ne plus participer à cette mascarade. Quand plus de la moitié du corps électoral n’ira plus voter, ces clowns ne pourront se prévaloir d’aucune légitimité. C’est à mon avis le seul moyen de renverser la table et la beauté de la chose est que c’est à la portée de tout le monde. Pour les prochaines élections faites la grève du vote ou votez blanc ou votez Mickey.

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        1. Quand plus de la moitié du corps électoral n’ira plus voter, ces clowns ne pourront se prévaloir d’aucune légitimité.

          Vous n’avez jamais entendu dire que les absents ont tort ?

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      2. « Quand plus de la moitié du corps électoral n’ira plus voter, ces clowns ne pourront se prévaloir d’aucune légitimité. »

        Pourquoi utiliser un verbe au futur ???

         »
        Législatives en cartes : l’abstention bat un nouveau record à 57,4 %

        Depuis 1958, jamais des législatives n’avaient si peu attiré les électeurs, avec la participation de seulement 42,64 % des électeurs inscrits. « 

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      3. @Paul Jorion

        A votre expression j’en oppose une autre: « Tout est relatif ». En l’occurrence ici l’absence est relative au référentiel dans lequel on définit la présence: Au risque de paraître redondant avec Dup, la majorité étant de plus en plus fréquemment abstentionniste, qui est l’absent et qui le présent? De mon point de vue, ce sont les votants qui s’absentent de la critique légitime d’un mode de gouvernance fondamentalement vicié.

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      4. Dissonance
        “ce sont les votants qui s’absentent de la critique légitime d’un mode de gouvernance fondamentalement vicié.”
        Qu’en savez-vous que les votants s’abstiennent de critiquer la démocratie telle qu’elle est ?
        Il y a aucun rapport de causalité évident entre critique et vote. Un vote n’est pas une profession de foi, un engagement inconditionnel, c’est seulement choisir entre différents représentants et différentes options à un moment donné.

        Je vous ferais remarquer également que parmi les abstentionnistes, la raison pour laquelle on s’abstient de voter peut être motivée par des attitudes diverses, du je-m’en-foutisme au rejet e du système électoral.
        Quant à l’idée que les gens iraient de moins en moins voter, c’est régulièrement démenti par les faits lorsque les enjeux sont importants aussi bien aux USA, où on n’a jamais autant voté que lors de cette élection présidentielle, qu’en France.

        Le système de gouvernance c’est une chose, mais vous tenez pour négligeable les circonstances, or celles-ci jouent un rôle important. A moins de considérer que voter Biden ou Trump c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

        Il me semble que, paradoxalement, vous accordez une importance démesurée au système électoral, alors que pour beaucoup de votants, conscients des limites du système, le vote est seulement un moyen, parmi d’autres, y compris hors institutions, parfois relevant même de la désobéissance civile, de changer les choses, de façon marginale ou plus importante, selon les circonstances.
        Car tout vicié qu’il soit le mode de gouvernance n’est pas totalement inerte. S’il l’était il faudrait alors considérer tout aussi bien qu’il est également impossible de s’en débarrasser du dehors.

        Dans ces conditions il n’y a pas à choisir entre le dehors et le dedans, mais en fonction des circonstances, intervenir là où se trouvent les moyens qui s’offrent à nous de changer une situation.

      5. @PYD

        Sur Biden et Trump, j’ai déjà eu l’occasion de le dire et ça m’a même valu quelques censures à l’occasion, mais effectivement ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique ne me concerne pas le moins du monde. Je ne partage pas la passion anti-trumpiste de Jorion (ni de certains de ses lecteurs apparemment), mais s’il faut absolument que je formule un avis là dessus oui, pour moi un vieu riche blanc fascisant qui sert assidument ses intérêts capitalistes, ou un vieu riche blanc capitaliste qu’on pourrait très bien voir opérer une dérive fascisante dans les prochaines années, comme nous le voyons en France aujourd’hui avec un plus jeune blanc capitaliste… Effectivement, ça ressemble tout à fait à du bonnet blanc – blanc bonnet. A voir d’ailleurs l’une des dernières interventions de François Bégaudeau chez Aude Lancelin, qui ne manque pas d’établir ce lien quasi séculaire entre capitalisme et autoritarismes. Ou pour reprendre encore un aphorisme Lordonien de l’époque Hollande, ou plus spécifiquement de l’époque « tout sauf Sarkozy »: « Voter pour faire barrage au pire est le plus sur moyen de faire advenir le pire ».

        Concernant mon objection à Jorion, je reconnais qu’elle est discutable, j’admets volontiers qu’il n’existe pas de bloc abstentionniste conscient constitué, cela dit ma remarque n’est pas plus bancale que l’usage d’un dicton populaire pour esquiver une discussion politique de fond. le fait est, ne vous en déplaise, que tous les abstentionnistes ne le sont pas par simple jemenfoutisme, flemme ou que sais-je, et que cette tendance existe notamment au sein d’une part de la gauche dite « radicale ».

        Concernant la critique du système par les votants, si elle existe elle est parfaitement inconsistante. Elle est du même ordre que celle du capitalisme par ceux qui s’y adonnent de tout leur saoul, ou encore que la revendication d’un rapport de forces par certains mais seulement en tant que concept philosophique et non pas en tant que mode opérationnel d’intervention sur le réel.

        Le mode de gouvernance, loin d’être inerte n’est simplement pas là pour réaliser ce qu’il prétend. Son objectif est essentiellement de s’auto-reproduire, et si on peut admettre qu’il soit extrêmement complexe de le déboulonner du dehors, il est en revanche absolument évident qu’il n’en soit pas même question du dedans, selon ce principe déjà évoqué à de nombreuses reprises sur ce blog, qu’on attribue à Einstein: « On ne peut résoudre un problème au même niveau de pensée que celui qui l’a créé ». Ou pour le dire de manière plus imagée, « on ne détruit pas un immeuble de l’intérieur si on ne veut pas finir enseveli ».

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      6. Dissonance,
        Je n’ai jamais dit que le vote était une condition nécessaire et suffisante pour déboulonner le système de l’intérieur. Je reformule pour mieux me faire comprendre : le vote est combiné à d’autres moyens d’actions, le cas échéant, un moyen par parmi d’autres pour faire évoluer les choses dans bon sens. Cela présente l’avantage que l’on ne se prive pas des différents moyens d’actions intermédiaires entre passivité totale et la tabula rasa.

      7. @PYD

        Je réitère ici une précision afin qu’on ne tombe pas encore dans le même quiproquo qu’avec Juannessy lors d’une précédente conversation. Ce qui me pose problème ce n’est pas le principe du vote (qui est l’essence même de la démocratie, ce à quoi je souscris sans restriction) mais celui de l’élection. Or lorsqu’on discute de choisir entre Biden ou Trump, entre Hollande ou Sarkozy, entre Macron ou Lepen ou entre quelque « candidature unitaire à gauche » vs « n’importe quel adversaire capitalo-autoritaire » plus ou moins avéré, il s’agit bien d’élection et non pas de vote.

        Ainsi, citez-moi donc ne serait-ce qu’un exemple d’élections, disons ces 40 dernières années en France (j’avoue choisir la période et le lieu sur lesquels je suis le plus à l’aise pour les avoir expérimentés par moi-même, mais n’hésitez pas à aller au delà si vous avez des exemples pertinents), qui ait fait évoluer les choses dans le bon sens?

        Outre sa porosité accrue à la corruption que j’ai déjà détaillé en différentes occasions ici ou ailleurs, le régime représentatif souffre d’une autre tare qui le prédispose à l’autoritarisme voir à la dictature pure et simple, ainsi qu’à des prises de décision irrationnelles: Son manque de temps. Là où ni la démocratie directe ni la dictature pure et simple n’ont à se poser la question du temps (du moins pas du tout dans les mêmes termes) parce qu’elles n’ont pas à se soucier de l’échéance d’un mandat, le régime représentatif, aussi sincère qu’il soit, est de toute façon plongé dans cette angoisse permanente, ce qui ouvre par ailleurs la porte à de basses manœuvres politiciennes, comme lorsqu’une majorité sur le départ prend des engagements inconsidérés pour le seul bénéfice de mettre celle qui lui succède en difficulté.

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      8. Dissonance
        Aucun malentendu, j’avais bien compris : voter pour des élections.
        Ce sont de fausses alternatives, jusqu’à un certain point seulement, d’où notre désaccord.
        Et au risque de me répéter, il me semble que vous vous focalisez trop sur les élections, alors qu’elles ne sont qu’une aspect de la vie démocratique. Ce n’est pas le système représentatif ou tout autre qui sauvera la planète, mais des mesures effectives. Mais je préfère que ce soit fait de manière non autoritaire et sans violence. Tant qu’à faire. La démocratie directe a ses avantages, mais ce n’est pas l’abstention qui nous l’apportera sur un plateau.

      9. @ez ou élisez un comique comme en Ukraine ou star TV comme aux US !
        Patrick Sébastien
        Jean-Marie Bigard
        Michel Boujenah
        Michèle Larroque
        Stéphane Guillon
        Kad Merad
        Valérie Lemercier
        Anne Roumanoff
        Philippe Etchebest
        Stéphane Plaza
        François-Xavier Demaison
        Alexandre Astier
        Cyril Hanouna
        Omar Sy

        il y en a d’autres

  15. Les vidéos de Benalla diffusables avec l’article 24?
    – Oui, assure Darmanin
    – Les policiers auraient le droit d’intervenir pour empêcher que les images soient prises car elles risquent d’entrainer un délit, rétorque Mélenchon:

      1. Justement ! c’est pour celà que des vidéos de Benalla tournées par des tiers pourraient toujours être diffusées. (Il n’est pas policier, mais il en avait l’uniforme) seulement après qu’il eu été identifié (et donc avant large diffusion) par celui qui aurait tourné la séquence !
        En revanche les séquences que nous avons vu sont pour certaines tournées par la police et ne sont toujours pas diffusables, bien qu’elles l’aient été dans des conditions qui semblent justifier le départ de Raphaël Emelien et la mise à pied final du sieur Benalla, qui les ayant récupérées pour se défendre lui même et la Présidence ne les a probablement pas diffusées !

  16. L’article 24… Et le reste?
    Je ne prends pas le risque (sans doute trop long) d’un copié – collé intégral (Libé, réservé aux abonnés), mais ça mérite au moins autant réflexion?
    Michel Agier : «J’ai l’impression qu’on nous gouverne depuis un bunker»
    Par Catherine Calvet — 25 novembre 2020.
    Pour l’anthropologue, la démonstration de force contre les migrants place de la République, à Paris, porte la marque de l’atmosphère sécuritaire dans laquelle nous sommes tous plongés.
    Spécialiste des migrations, auteur du concept de «l’encampement du monde», l’anthropologue Michel Agier revient sur l’évacuation du campement de réfugiés, lundi soir, place de la République à Paris. Selon lui, il est le symptôme d’une «mise en scène» politique plus large : susciter la peur et légitimer des réponses d’exception, dans une société déjà angoissée par les menaces pandémiques ou terroristes.
    « Que vous inspirent les images de policiers évacuant violemment un camp de migrants, lundi soir, place de la République ?
    Ce n’est que le énième «décampement» de migrants, avec une même violence qui se répète à chaque fois. Mais c’est d’autant plus choquant qu’il s’agit, en pleine pandémie, de loger moins d’un millier de personnes qui sont à la rue en ce moment à Paris. La responsabilité du préfet est énorme. Démographiquement, c’est un détail, cela n’a plus rien à voir avec 2015, les chiffres sont très inférieurs. Il suffirait juste d’un peu de volonté politique pour les reloger rapidement au lieu de braquer les projecteurs sur eux. Mais cette mise en scène participe toujours de la volonté de susciter la peur de l’étranger, parmi les nombreuses peurs qui nous assaillent actuellement, entre pandémie et attentats. Cette démonstration de force porte la marque de l’atmosphère sécuritaire dans laquelle nous sommes plongés. J’ai l’impression qu’on nous gouverne depuis un bunker. La fascination que semble avoir notre président Emmanuel Macron pour les situations d’exception m’inquiète beaucoup. Le recours banalisé à un «Conseil de défense» fait de ce gouvernement un gouvernement d’exception. On ne gère pas une pandémie comme une guerre, c’est une question de santé publique, de même qu’il n’y a aucune raison de faire la guerre aux migrants… On assiste à un usage politique de l’idée de «guerre» qui favorise un climat de plus en plus sécuritaire.
    L’évacuation du campement de la République s’intègre selon vous dans un contexte politique plus général ?
    L’obsession d’un pouvoir sécuritaire est d’entretenir la peur ou même les peurs. Les migrants représentent par excellence la menace venue de l’étranger. Quand on prend pour prétexte la pandémie pour fermer des frontières nationales on ne joue que sur la peur. Le risque est que cette ambiance s’installe et dure. La violence à l’égard des migrants n’est pas celle d’un autre monde mais du nôtre. Elle s’étend aux journalistes et aux acteurs associatifs. Même l’université est traitée de façon sécuritaire. Les propos du ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, quand il dénonce «l’islamo-gauchisme» qui «fait des ravages à l’université», sont violents pour les enseignants-chercheurs en général. Je me suis senti agressé. C’est très inquiétant. Nous serions de l’autre côté de l’Atlantique, nous les taxerions immédiatement de propos trumpistes.
    Vous dénoncez la manipulation de la peur et non la peur elle-même ?
    Il est naturel d’avoir peur. La peur de l’étranger ne fait que traduire une peur sociale beaucoup plus profonde, plus diffuse, qui est la peur de l’inconnu, du lendemain, du déclassement, de ne plus pouvoir protéger sa famille…
    Ce qui est condamnable, c’est d’entretenir cette peur, de gouverner par la peur au lieu de faire valoir, par exemple, que l’étranger n’est qu’un autre nous-même et que nous pouvons l’accueillir, et même en avoir besoin. Et que 500 migrants avec des tentes (ce qui tient plus de la performance artistique et symbolique que de l’action violente), par ailleurs très bien encadrés par des associations qui font un travail remarquable, ne doivent pas être pas un motif de peur. »
    Eh bien moi, Macron me fait peur.

    1
  17. L’auteur de cette article est le digne descendant de Chamberlain et Daladier. Son opinion me donne la nausée.

    5
    1. Bien vu, le macronisme a été sous-analysé par le système médiatique lorsqu’il est apparu, il y avait déjà pourtant lieu de s’inquiéter.

      1
      1. Jamais attendu quoi que ce soit de ce sinistre personnage.
        Arrivé là par un improbable concours de circonstance: Hollande, Juppé, Fillon…
        Pas à la hauteur.
        Viscéralement incapable d’incarner et apporter la paix. D’où l’escalade autoritaire – sécuritaire. Gravissime.

      2. @Michel « Arrivé là par un improbable concours de circonstance »
        Cette affirmation vous honore, vous n’êtes manifestement pas complotiste !

  18. https://scontent-frt3-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/127035077_2567935910170565_3430350045873037026_o.jpg?_nc_cat=109&ccb=2&_nc_sid=825194&_nc_ohc=t30bIdmA5Z0AX-PLiy0&_nc_ht=scontent-frt3-1.xx&oh=1c02d9fd3600e5f2e90712ecb46a019f&oe=5FE3F4C6

    Si vous avez reconnu votre femme ou votre aide ménagère, vous avez gagné un séjour à la montagne (en maison de repos).
    Le dernier revirement du ministre de l’Intérieur n’est qu’une subite trouille de voir la fine fleur des journaux étrangers le montrer du doigt. De plus les élections ne sont pas si loin…
    Le mal est fait depuis longtemps entre les français et leur police. En cause essentiellement la répression pour mater les gilets jaunes qui s’élevaient en masse contre la politique libérale (lois travail), un mouvement sorti de nulle part qui a explosé comme signe profond d’un malaise social et au passage, les balles qui ont éborgnées les gens ne sont pas tombées du ciel par hasard. Pour atteindre de genre de cible faut pas être manche. On a beau jeu de dire et de répéter que les réseaux sociaux disent n’importe quoi … les médias estampillés pro-gouvernement se sont lâchés sans cordes de rappel, de distingués ex-ministres sont tombés dans le caniveau sans que ça éclabousse beaucoup d’élu(e)s.
    Donc, nous en sommes là.
    Les discours n’étant pas suivis de faits concordants, les gens font la gueule et rongent leurs freins.
    Les restrictions en tout genre imposées par la pandémie empilent sur le mille-feuilles un glacis qui n’a rien d’un sucre glace moiré.
    La suite des événements devrait le prouver.

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  19. Mr Toulet, quand on prétend se placer au-dessus de la mêlée, et que l’on s’avance à prouver au pékin mal informé qu’il s’indigne à tort de si louables intentions gouvernementales, on est toujours inspiré de s’efforcer de donner l’impression même vague que l’on considère le contexte dans son entier. Sinon on risquerait de passer pour un propagandiste, et pas très subtil avec ça.
    Songez que cela pourrait conduire à jeter un curieux regard rétrospectif sur toutes vos contributions sur ce blog. Et si on les jugeait toutes a posteriori comme étant de la même farine?
    Mr Toulet, vous avez dévoilé toutes vos batteries trop tôt, et bien mal à propos. Vous auriez dû vous contenter d’avancer dans le champ d’expertise qui vous a d’abord fait connaître.

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    1. Si un bon billet se mesure au nombre des réactions qu’il suscite, le billet d’Alexis Toulet est un bon billet. Si l’on l’on considère la clarté du propos, idem. Enfin, si l’on considère qu’il y a suffisamment de matière à débat, encore mieux ! Ce qui ne signifie pas qu’on soit d’accord avec ce que dit l’auteur. Alexis Toulet a exprimé un point de vue, et alors ?
      C’est le propre de tout débat que d’exposer différents points de vue. . Il s’inquiète des violences à l’encontre des forces de police, à nous de lui démontrer que l’enjeu dépasse ce cadre étroit. A moins de considérer que ce blog est un simple organe de propagande …. où le délit d’opinion aurait droit de cité.

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      1. Et puis il faut se dépêcher, la police sera bientôt assurée par de **vrais** robots.
        Discutaillons entre temps.
        (mais au fond, la question est-elle soluble dans les règles d’une bataille vidéo de rue ou un peu plus globale :
        quelle scission entre filmés et infilmables ? Quelle ville entre migrants interdits et startupeurs qui rachètent leurs appart aux bobos (qui eux partent à la « campagne » de La Baule ou autre) ?

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  20. Lors des manifestations, nous assistons à une augmentation de la violence contre les représentants de maintien de l’ordre.
    L’État français ne compte pas résoudre les raisons qui poussent le peuple dans la rue, par contre il met en place un bouclier de loi pour se protéger contre cette menace.
    Comment ne pas reconnaître la bonne vieille stratégie, « diviser pour mieux régner »
    Lundi je tape sur les Musulmans,
    Mardi je tape sur des Français,
    Mercredi je tape sur des réfugiés,
    Jeudi je tape sur des Zadistes,

    Les manifs sectorielles, du pain béni pour casser le peuple.
    L’heure tourne, les élections approchent, le Manu veut son couvre-feu covid-free pour bien montrer que c’est lui le chef.

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    1. En somme , il n’y a que les  » français musulmans « qui échappent à la matraque ?…….

      C’est décidément la journée des lapsus . Ou pas .

      1. Il faut que les catégories se recouvrent, sinon vous ne cassez rien mais vous vous mettez à dos tout le monde !!!!

    1. Voilà, voilà… Comme il n’y a plus ou presque de manifestants à bastonner maintenant ils font du porte à porte.

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  21. @Paul Jorion

    « Vous n’avez jamais entendu dire que les absents ont tort ? »

    Précisément!

    Quand les règles du jeu sont faussées – voir les travaux de Julia Cagé – il n’y aucun déshonneur à ne pas vouloir participer à la mêlée. Voter blanc ou voter Mickey c’est juste dire qu’aucun des candidats ne convient. Et l’union des ces ensembles signifie qu’elle n’est pas dupe de la mascarade et qu’elle ne souhaite plus y participer.

    Alors, j’ai une proposition honnête à vous faire: pour les prochaine élections de 2022, montons en parallèle des élections officielles une plateforme alternative exemplaire à visée pédagogique et expérimentale qui soit réellement démocratique plutôt que de se choisir des maîtres qui ne représentent qu’eux même ou leurs clans et se foutent ouvertement de l’intérêt général une fois en poste.

    Voir https://lechoixcommun.fr/content/article/index.html

    1. S’agissant de plateforme ouverte , c’est ce que pas mal de partis , mouvements ou associations ont déjà mis en place . Vous n’avez participé à aucune ? Même pas à celle que vous avez bien sur , déjà « montée » ? Ou pas … Qu’est ce que vous foutez depuis 2017 ?

      Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin , au moins ils ont fait quelque chose de leurs plateformes respectives . Une âme charitable et douée a même transpiré pour le rendre communiquable , même aux gens pressés . Vous ne l’aviez pas lu ?

      Une absence , sans doute .

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      1. Vous émettez des jugements pour le moins hâtifs car j’ai suivi de très prêt l’aventure et sa tentative d’entrisme au sein de Place Publique avec le succès qu’on connait… Combien de claques faudra t-il que vous preniez pour cessez de tendre l’autre joue?

        1. Comment fait-on de l’entrisme dans un mouvement en train de se constituer ? J’ai participé aux toutes premières réunions de fondation du mouvement. N’utilisez pas de mots dont le sens vous échappe manifestement.

          1
      2. A défaut d’en connaitre et comprendre le sens , certains comme Monsieur Jourdain ,pratiquent l’entrisme sans le savoir, à l’ez .

        Ça me rappelle quelque chose .

  22. « puisque ce qui est interdit est la diffusion « dans le but qu’il soit porté atteinte à (leur) intégrité physique ou psychique ». La chose sera à l’appréciation du juge. »

    La loi permettait déjà de traduire en justice de tel agissement, il me semble même que la peine maximale encourue était supérieure à ce que prévoit la nouvelle loi. La question est donc pourquoi une nouvelle loi ? …

    https://www.youtube.com/watch?v=GkymKeY44JI

    Et c’est pas une insoumise échevelée qui le dit…

    https://youtu.be/GkymKeY44JI?t=575

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    1. Raison de plus, et cette fois-ci d’ordre purement juridique, pour que ces lois soient retoquées: elles n’apportent rien dans le domaine du Droit, elles le font régresser à tous les niveaux.

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  23. @ ez26 novembre 2020 à 16 h 51 min.

    Bien que je défends la « légitimité » des raisons… si multiples et bien plus complexes que de prétendre « ces gens là préfèrent aller à la pêche », « voter comme leurs pieds »… « rendre le vote obligatoire »… raisons et légitimité de s’abstenir de voter se cumulant tellement que les « adeptes du complotisme » y font leur beurre… je donne raison à nôtre hôte, derrière le fait que s’il est fait admettre à « l’opinion » (cette pute qui prend par la main le juge des « bas instincts, » ras le bol fiscal », « poujadisme »…) que les « absents ont toujours tort »… il sera plus facile alors comme ce fut déjà le cas lors des dernières d’accuser l’abstention, de convaincre les « temps de cerveaux disponibles » qu’elle est seule responsable de l’arrivée du fascisme en col blanc ou bleu aux pouvoirs… alors que Paul Jorion se fait force de propositions… qu’aucuns mouvements et/ou politiques n’entendent reprendre…

    1. C’est précisément parce que ni ses propositions, ni ses poulains, n’ont aucune chance de l’emporter qu’il ne sert à rien de continuer à légitimer le système électoral en y participant, puisqu’à la base il est vicié, CQFD. La démonstration vous en est faite à chaque fois que les présidentielles sont organisées mais quand bien même vous en redemandez… Je comprends néanmoins votre réticence, résumée par la proverbiale expression que les absents ont toujours tort mais ceux qui usent et abusent de cette expression 1. l’emploient à contre sens puisque précisément elle signifie le contraire de ce qu’il en est communément compris, il faut l’entendre pour ce qu’elle est, c’est à dire de l’ironie, voir https://www.lalanguefrancaise.com/proverbes/les-absents-ont-toujours-tort 2. sont les chantres d’un système qu’il auront contribué à corrompre, d’où l’abstention, et à vouloir jouer avec des filous on est de toute façon toujours perdant.

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  24. L’autre jour je pointais la complaisante récurrente de Laurent Delahousse sur la 2, émission du we.
    Ce soir je dis chapeau bas à Anne-Sophie Lapix au JT de 20h qui lors de son interview de Darmanin n’a pas hésité à poser les questions pertinentes ! Récurrence des violences policières, démission de Lallement, responsabilité du ministre … elle n’a rien éludé.

  25. BERNANOS G. – La France contre les robots (1945)
    « Le jour n’est pas loin peut-être où il nous semblera aussi naturel de laisser notre clef dans la serrure, afin que la police puisse entrer chez nous nuit et jour, que d’ouvrir notre portefeuille à toute réquisition. Et lorsque l’État jugera plus pratique, afin d’épargner le temps de ses innombrables contrôleurs, de nous imposer une marque extérieure, pourquoi hésiterions-nous à nous laisser marquer au fer, à la joue ou à la fesse, comme le bétail ? L’épuration des Mal-Pensants, si chère aux régimes totalitaires, en serait grandement facilitée. »

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