11 réflexions sur « Donald Trump amnistie tous ses complices, leurs parents et amis »

  1. Je suis assez surpris par l’existence de cette faculté des présidents américains de gracier qui bon leur semble.

    En France, lorsque la peine de mort existait encore, le président de la République disposait du droit de gracier un condamné en commuant sa peine en détention perpétuelle. Cette faculté était un héritage et comme une survivance de la royauté.

    Mais les Etats-Unis n’ont jamais connu de roi, et cependant leurs présidents peuvent non seulement gracier les condamnés à mort, mais distribuer des cartes “Vous sortez de prison” à n’importe qui !

    C’est plutôt étrange…

    1. Du temps que la “gravitas” pondérait la chose, c’estoit moins étrange.
      Quand c’est la force qui dicte cela (“mes hommes de main, mes sicaires, …” “rendez les moi”), ça fait drôle, humhum est-ce le bon mot…

  2. Combien d’années entre le film “Le Parrain” et le suivant “Le Parrain II” ?

    Il y aura au moins quelques acteurs reconnaissables.

  3. L’amnistie n’est jamais une bonne chose à part pour les condamnés à mort ou les grands malades ayant une peine de prison… Mais il y a aussi l’affaire homard Raddad, où l’accusé avait été condamné sans preuve sur la simple conviction qu’une phrase l’incriminant aurait été de la victime malgré des expertises graphologiques qui étaient dubitatives. La grâce en 1996 du président Chirac a sans doute évité partiellement une injustice…
    En somme, l’amnistie pourrait être une bonne chose si elle n’était pas le fait d’un président (trop impliqué dans le pouvoir) …
    On pourrait déléguer ce privilège au conseil économique et social, mais non (trop vérolé par les personnalités dites “qualifiées” , les “PQ” directement nommées par le politique)
    Mais à qui pourrait-on bien déléguer ce privilège essentiel pour l’éthique, la liberté, la justice (car elle peut se tromper)
    En tout cas, ce privilège devrait être retiré de la loi et des prérogatives du parlement, car on se souvient de funeste loi d’amnistie de 1990. ..
    tellement funeste fut la loi d’amnistie du 15 janvier 1990 qui a permis aux corrompus d’être lavés de tous soupçons…
    Résultat ils pourrissent la politique depuis des décennies, et nous devons subir ces éléphants ante-diluvien ad vitam æternam… leurs potentats n’a jamais été ébréché et leurs réseaux jamais inquiétés…
    Que dire de l’épisode de la mairie de Marseille où un vieux parti s’octroie par roublardise une élection qu’il n’a pas gagnée; ce vieux parti de belle naissance (levi strauss) mais qui est un ramassis d’amnistiés et qui s’est donc avéré peu prestigieux par ses actes dans l’histoire récente , au point de ne pouvoir assumer une tête de liste dont il va pouvoir toutefois bénéficier des avantages exactement comme s’il en avait été le leader…Ce vieux parti continue de pourrir son camp par ses réseaux qui lui permettent une action en coulisse assez énorme pour faire passer ses éléphants…
    Donc l’amnistie c’est tout aussi dangereux que nécessaire, mais il reste à inventer quelle institution, quel type d’homme ou femme, pourrait incarner ce qui est un privilège autant qu’un fardeau. Sans doute , et logiquement ce pourrait être le défenseur des droits à condition que l’on revoie les modalités de sa nomination (aujourd’hui nommé par le président) . De plus cela donnerait plus de corps à son action, dont les productions passent à la trappe, ce qui revient à faire de cette fonction aujourd’hui un simple moyen de rémunérer un travail fictif ; chose habituelle en politique française…

    1
  4. J’en profite pour faire écho à un précédent commentaire
    d’inspiration polanyienne sur le “besoin de protection” des incompressibles fanas de Trump.

    Dans une veine proche, j’extrais du Guardian (ici : https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/dec/24/trump-america-democratically-political-fantasies-frustrated, /// Dan Brooks writes essays, fiction and commentary from Missoula, Montana ///)
    ce commentaire (DeepL est votre ami) sur le fait que les délires QAnon ou ceux d’un coup d’état de Trump
    sont davantage que des délires :

    “If we understand fantasy not as worlds we want to come to pass but rather worlds that offer outlets for feelings we have to repress in this one, the popularity of QAnon and the Trump coup scenarios makes sense. They are symptomatic of a democracy that has become frustrated with democratic means.
    Like QAnon, a Trump putsch held out the possibility of a righteous cleansing of Republican extremists that would reduce the hard problems of representative governance to the comparatively simple logistics of civil war. Civil war is bad, obviously, but it rewards the winners with one-party rule. Both QAnon and the Trump coup were dark fantasies that came with the same happy ending:
    a situation in which decent Americans no longer had to argue with the ignorant and evil, because we were finally justified in simply overpowering them.
    That we cannot do so under ordinary conditions is what makes US democracy such a pain in the ass.”

    Donc en toile de fond, le sentiment de ne pas pouvoir se sortir d’une confrontation qu’on veut absolument éviter, dont on veut absolument “se protéger”, la nouvelle forme des communautés n’étant plus un village géographique, la protection n’est plus assurée par du commun vécu “in real life” (travail ou décision en commun) mais par du commun “in silico (in blogo !)” ou “in QAnono”. Et à partir de ce stade, le délire (QAnon ou putsch) sert de révélateur comme expliqué par le Dan Brooks ici cité.

  5. Euh… De toute l’histoire des Etats Unis, D. Trump est (pour l’instant) le président qui a le moins gracié , et de très soin.
    Il suffit de comparer avec Clinton, Bush, Obama… qui eux aussi ont gracié leurs soutiens.
    Qu’il ait gracié Flynn, c’est normal par exemple.

    Ce qui n’est pas excusable, en revanche, c’est :
    1. de n’avoir gracié ni Assange ni Snowden (il se mettrait certainement son seul soutien, l’armée, à dos)
    2. d’avoir gracié des criminels de guerre (il renforce son seul soutien l’armée).
    Les 2 ensemble, c’est effectivement ignoble (mais Obama ne l’a pas fait non plus).

Les commentaires sont fermés.