27 réflexions sur « Les auteurs et autrices de bande dessinée en colère, par Chantal Montellier »

      1. Il a son collège à Vermenton (89), le André .

        (je ne sais pas si la lecture de “Le Geste et la parole” est obligatoire pour le personnel enseignant).

        D’ailleurs, un des jolis motifs pariétaux des grottes d’Arcy-sur-Cure lui avait échappé, semble-t-il.

  1. Comment mettre plus que du beurre dans les épinards?
    Bon, me souviens d’avoir pris un taxi , il y a fort fort longtemps , qui m’expliquait que son salaire était plus important que le directeur surdiplômé d’une énorme boîte autour de Lyon.Je ne dirai pas comment il faisait pour ne pas lui assécher son marché .
    Mais cette rencontre est ce qui m’a poussé à chercher la «  niche «  , ou autrement dit la « petite porte « , quand les grandes ne pouvaient pas s’ouvrir.
    Dans le cas présent , peut être que …
    https://blog.kisskissbankbank.com/actualites/financer-bd-crowdfunding/

    Aprés , est ce qu’il y a un enrichissement extraordinaire des éditeurs , un manque d’aide de l’état pour un art jugé comme possiblement comme peu culturel, une offre trop importante de bras par rapport à la demande , etc..?

    1. Je ne connais pas d’éditeur de ce secteur qui soit dans la misère, au contraire. Quand aux libraires spécialisés, galeristes, etc, je n’en connais pas non plus qui pleurent misère. Beaucoup de monde s’engraisse sur le 9eme art mais les auteurs un peu moins. Quand aux autrices, c’est un massacre. Après des décennies de sexisme pur et dur pendant lesquelles le talent des dessinatrices était cantonné à l’édition jeunesse et leur imaginaire aussi, les voilà maintenant pauperisees à mort. Moi qui ai créé, il y a 15 ans, l’association et le prix Artémisia pour la bande dessinée des femmes, je peux constater,et les membres du jury également, qu’il se produit des merveilles dans ce secteur de l’édition, des oeuvres ayant une vraie valeur culturelle, graphique, artistique, esthétique, qu’ Artémisia est à peu près seule à reconnaître et éclairer. D’ailleurs nous avons beaucoup plus de presse chaque année que les prix d’Angouleme , ce qui ne nous empêche pas d’être snobé par les institutions. Une chose est certaine, dans le domaine de l’image, il n’y a pratiquement que la bande dessinée qui permettent aux femmes de mettre en scène leur imaginaire. Elles sont de plus en plus nombreuses à tenter l’aventure, mais se brisent les ailes contre le mur de l’argent. Si la femme est l’avenir de l’homme, la bande dessinée et le roman graphique pourraient être l’avenir des dessinatrices, hélas…

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      1. Bon quand même, Catel (Catel Muller) récompensée par le prix Artémisia en 2014, est publiée par Casterman, Grasset, ce n’est pas rien (mais ça ne nous dit pas si elle peut en vivre).
        “Mauvais Genre” de Chloé Cruchaudet, chez Delcourt, a été récompensé à Angoulême.
        Si vous avez vécu des situations iniques et douloureuses, j’ai quand même l’impression qu’actuellement ça bouge un peu dans le bon sens.
        Quant à ceux qui s’engraissent sur le dos des auteurs, oui bien sûr vous avez raison et c’est pareil pour la littérature. Les pourcentages sur les ventes sont scandaleusement bas par rapport au travail fourni (d’autant plus quand l’éditeur ne respecte pas le contrat et ne file pas un radis-comme cela m’est arrivé une fois).
        Mais il y a mieux encore. Vous croyez qu’un chercheur en sciences humaines et sociales et rémunéré pour un article dans une revue scientifique? Ah ben non Monsieur, c’est un honneur que nous vous faisons de vous laisser une petite place dans notre prestigieuse publication. Vous vous paierez en notoriété acquise. J’ai de jeunes collègues qui y passent des nuits et des week-ends, comme les illustrateurs, dans l’espoir d’être publié (gratos) et dans l’espoir d’une carrière à venir.

  2. Au dela de l’image narrative, la question qui se pose est: quelle part, quelle place pour l’image et l’imaginaire des femmes dans la société ? Les systèmes de représentations en dépendent, la mixité des imaginaires aussi. L’hominisation également. Rien que ça.? Rien que ça!

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  3. Pour ce qui est de mon cas personnel, j’ai été sauvée par le dessin politique et les ateliers d’ecriture qui m’ont permis d’arracher une petite retraite au système… Ça plus une dizaine d’années d’enseignement. Et comme je continue à produire ça peut aller. Je n’aurais eu que la bande dessinée, malgré tout ce que j’ai publié, je serais morte de faim. Je ne connais pas un éditeur qui ne m’ait pas volé. Et pas qu’un peu! Même les gros. Mais chut,! pas de discours victimaire, c’est pas bien.

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  4. De vos commentaires, je conclus que c’est un auto-portrait inspiré, ce dessin ! Et cela rejoint d’autres infos que vous aviez données. Insistons donc que vous parlez bien des autrices de BD, et que les auteurs sont solidaires (?).
    Démonstration d’un “plafond de verre” machiste de plus…
    Mais aussi indication d’un “marché en croissance” et d’acteurs qui ne pleurent pas misère. Parce qu’avec la crise du Covid, nombreux sont ceux qui pleurent (coiffeurs, cafetiers, artistes, organisateurs culturels, acteurs touristiques mais aussi libraires contre Amazon etc.) sans se soucier vraiment de la pandémie mortelle (voir l’article de Alexis Toulet) et nombreux sont les prédateurs qui veulent se réserver les budgets de “relance” au détriment des entrepreneurs plus faibles (l’idée d’un nettoyage économique). Il faudrait voir plus clair la dedans, vous y invitez.
    Question imaginaire féminin, le cinéma n’a-t-il pas été aussi un canal possible (Varda, Chantal Ackermann), avec les mêmes embûches ?

  5. Varda, Ackerman, Coline Serrault… On les compte sur les doigts d’une main… Pour ce qui est du dessin (Olive Oil), non, non, ce n’est pas moi ! Relisez mon texte… J’écris que grâce au dessin politique, aux ateliers d’écriture, aux années d’enseignement, et toussa, j’ai pu décrocher une petite retraite et que, par ailleurs, je continue à produire: ce blog, le journal italien l’Internationale, des re-publications que je re-travaille moyennant finance ( Sorcières mes soeurs, en ce moment + le cinéma: Shelter market dont j’ai vendu les droits à un producteur, lequel a “séduit” France tv + des projets de livres comme celui avec Alexander Kluge (leader du nouveau cinéma allemand)+ l’hebdo du PCF (ben oui, et alors?) + la vente de Social fiction à la New York Revue of Books, etc, etc… Mais je me suis battue comme une lionne (mon signe) pour TENIR contre des armées de machos, phallos, sexistes, fachos, réacs, et tous leurs collabos (des deux sexes)… battue contre la Norme et ses armées de “iâtres”, psychiâtres, flichiâtres, et autres normologues, etc… qui, si on manque de masques et de lits d’hôpitaux, ne manquent pas, eux, d’entonnoirs pour coiffer les têtes rebelles et mal pensantes dans mon (mauvais) genre. “Vous avez du vous propulser, cela n’a pas que des inconvénients, même si vous l’avez payé très cher”… “Celui qui n’est pas à sa place perturbe, et rend l’autre fou ou passe pour un fou”… “L’imaginaire féminin fait peur surtout quand il est rendu visible par l’image. C’est la boite de Pandore.” E. Lemoine-Luccioni, psychanalyste.

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    1. Ah c’est bien ça l’adaptation en film.
      Avec un peu de chance, une réimpression et une suite comme pour “Le Transperceneige” de Lob et Rochette adapté au cinéma par le coréen Bong Joon-ho.
      Sacré parcours d’ailleurs, Jean-Marc Rochette, entre bande dessinée, peinture, haute montagne, dessin de presse…
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marc_Rochette
      J’espère de tout cœur que vous ne l’avez pas croisé et qu’il ne vous a pas fait des crasses, parce que vous n’arrêtez pas (pour la bonne cause) de saboter ma mythologie de bédéphile 🙂
      (Tardi et Anne Delobel, ça m’a fait mal au c…l ! )

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      1. J’ai vécu une quinzaine d’années avec un “chercheur” en sciences sociales, Edmond Préteceille pour ne pas le nommer, et je ne vois aucun rapport entre sa situation et celle de gens comme moi. AUCUN ! Picasso disait: “Je ne cherche pas, je trouve”, et quand il retrouvais rien il ne gagnait rien… Je vous laisse poursuivre… Marre des rentes de situations!

        1. Nous sommes d’accord sur un point, le CNRS c’est globalement un placard doré pour jean-foutres (mille excuses à Timiota s’il est dans la boutique). Mais faut dire que pour certains, le boulot fourni pour y rentrer les a épuisé à vie. Une fois dans la place, plus d’énergie et roule Mimile jusqu’à la retraite.

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        2. P.S. : Picasso, vraiment pas le bon exemple de l’artiste maudit désargenté, mais alors là, pas du tout. Quant à son comportement avec les femmes, une horreur!

          1. Oui, bon, ok, je retire Picasso. C’était juste pour la formule “je ne cherche pas, je trouve” en opposition à ceux qui cherchent, sont payés pour ça, et ne trouvent jamais rien au fond de leur placard doré. Et j’en ai connu plus d’un!

  6. Chacun fait de l’art son grenier à questions et à réponses.
    Popeyette …
    La caricature (pour qui veut) invite à la méditation par le sourire. ( genre «  c’est pas sérieux ce que je vous dit , enfin si , un peu , beaucoup quand même « ).

    Existe t’il une autre alternative que la démonstration de force pour survivre dans un monde violent ?
    Peut on exister sans se soumettre ?
    Faut il toujours s’adresser aux muscles , est ce que cœur et raison sont sourds à ce point?

    Est ce fou d’espérer un monde ni machiste , ni féminichte ( machiste au féminin) , juste un monde respectueux des différences , sans volonté de domination ?
    Depuis quelques millénaires , « Y en a qui ont essayé , ils ont eut des problèmes … »

    1. Décidément, Bernard, je vous aime de plus en plus! si, si. Le respect est une bataille permanente. Il ne faut jamais se soumettre, ou alors avec des arrières pensées politiques… La vie est un rapport de force, mais je crois au progrès de l’âme humaine… Le féminisme bien tempéré peut y aider. Je crois que le domaine de la conscience peut s’élargir à l’infini, mais les obstacles sont innombrables…
      Les différences sont aussi des ressemblances, cherchons plutôt ce qui nous rassemble… et comme disait feu Juliette Gréco: “Aimer vous les uns les autres ou disparaissez!” Aimer, c’est COMPRENDRE. le monde bourgeois est l’ennemi de la compréhension. C’est triste pour lui, mais son temps est fini. Il est trop étroit. Son coeur est trop petit. Son âme trop médiocre. Tchao!

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      1. Richard Sennett (un chercheur en sciences sociale, désolé Chantal) a tourné autour de ce pot là, notamment un peu plus jeune (:;) dans ” Les tyrannies de l’intimité”, montrant le côté “non dit” du monde bourgeois, qui a atterri sur ce mode de (non) réaction dans la vie publique (= la rue, les terrasses de café) lorsque les villes se sont peuplées d’inconnus (croissance démographique, exode rural : dès le début XVIIIème siècle, apogée au début XIXe en gros), situant le respect des masses devant un certain Alphonse Lamartine un jour de février 1848 à Paris (devant l’hôtel de ville, demandant à la populace de respecter les assemblées provisoires) dans la lignée de ce “respect bourgeois”, le même respect qui dans un autre contexte imposa le silence dans les salles de spectacles au nom d’une “âme supérieure” de l’acteur/auteur/artiste.

        Pour me faire pardonner de citer un mâle blanc sociologue (même s’il a moultement fréquenté les Noirs de Chicago à Cabrini), j’ai l’atout que sa compagne, Saskia Sassen, a écrit des choses plus “épicées” sur l’oppression sociale et l’exclusion, notamment le lien entre exclusion et extraction. A lire !

        Comme c’est midi, je clos par un paragraphe de circonstance :
        La cuisine bourgeoise (~gastronomie française) avec ses choix convenus peut aussi se rattacher à ce contexte de conventions plus convenues que traditionnelles. Pas si loin de nos frontières, j’étais à un mariage d’amis étudiants vers 1992 dans la Ruhr urbaine. Menu de la soirée = brötchen ou brötchen (au choix), bière à volonté bien sûr et le lendemain matin assiettes cassées (“Scherben bringen glück”) , tout ça assez païen et assez peu bourgeois. Ça aide à réalise le poids des conventions bourgeoises dans l’Hexagone.

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        1. Invitez – moi , la prochaine fois, Tim, j’aime bien casser les assiettes… Et aussi les peindre.

  7. « Aimer c’est comprendre «  , et de mon point de vue , » comprendre « ( quand on va au bout du bout de la fragilité humaine ) c’est pardonner.

    A lire toute cette discussion , m’demande si le problème de la BD n’est pas qu’elle est considérée comme un art POPULAIRE , dans le sens de « pour le peuple « .
    Le quidam devient il dangereux quand il s’éduque tout en se « divertissant « ?
    L’univers de la BD souffre t’il d’être devenu un marché ?

    Vu de mon jardin, quand les politiques veulent favoriser la création, ils y arrivent .
    Du moment que cela sert leurs intérêts .
    Surtout quand l’opinion publique n’est pas choquée par le fait que certains dorment dans la rue tandis que d’autres…
    Je ne sais pas vraiment le sens du mot «  bourgeois «  , si ça se résume à un niveau de vie , un milieu ou des possessions, ou si cela évoque quelqu’un plutôt content d’être aveugle à certaines réalités , voir quelqu’un qui ne remet pas en cause ses certitudes pour cause de fatalisme ( ce qui en fait sert ses intérêts ) .

    https://www.tacotax.fr/guides/defiscalisation/culture-pour-reduire-vos-impots-art

    Et pour la note positive :

    https://www.youtube.com/watch?v=SwtDA6nCiCk&feature=emb_logo

    1. Alors Chantal qui n’aime que ‘de plus en plus ) Bernard , ne comprend et ne pardonne qu’à Bernard .

      On passe tout aux Bernard et rien aux chercheurs en science sociale !…

      1. @ juannessy
        😄Ben alors , on fait des crises de jalousie sur le tard?

        Moi aussi , je vous aime de plus en plus , surtout pour vôtre côté Agécanonix ( trop rigolé quand vous reprocher à Jorion de pas savoir compter «  ha ces jeunes , purée, z’ont pas le niveau! »).
        Sacré Juju .

        Mais que peut bien cacher votre agressivité soudaine ?Un côté petit bourgeois?
        Je comprend , ça fait mal , on est tous le bourgeois de quelqu’un .
        https://www.monde-diplomatique.fr/2004/04/BOURDIEU/11113

        PS : « Aux Bernard »dites vous … mince alors , comme Georges , on m’a clouné .🤪
        Vous au moins , je reconnais , vous êtes unique !

        1. Agecanonix , c’est la réponse de juannessy le concernant quand , lors d’une ancienne conversation , je lui avait demandé quel personnage il pourrait être dans la bd Astérix.
          Juannessy se définit comme caustique et gentil à la fois .
          J’aime bien , il est franc pour un gaulois ( 😊) , on passe sûrement trop de temps à se «  bagarrer ».

          J’ai commandé la bd qui évoque votre histoire .
          Au cas où ce commentaire vous parvienne , bonne route pour la suite.

        2. Ça n’était pas agressif , c’était un constat personnel , car dans la famille on a deux Bernard ( pas loin de 70 ans , il faut ça pour se prénommer Bernard ) , ils sont chauves tous les deux , soupe au lait tous les deux , et de fait , on leur pardonne tout car ils sont toujours sincères et aimants même quand ils bougonnent ( et ça ne dure que le temps où ils se mettent
          en hibernation pour passer les périodes désagréables) .

          Car il est bien connu que Bernard , c’est Bern-Hard ( l’ours fort ou dur ) en germanique . Paul Jorion pourrait rajouter ( je le fais à sa place car il est bien occupé ) que l’Ours est un animal totem important ,car il est l’un des totems de clan , et que l’ours , qui se nourrit comme l’homme , est un sage un peu chaman qui porte les vertus du guérisseur ( par les plantes en particulier ) . Il y verrait sans doute aussi comment le choix d’un prénom , au même titre que ce que fixent nos sens encore peu rôdés à la naissance , peut participer de “l’imprégnation” qui détermine une partie de notre personnalité .

          Pour les “Chantal” je n’ai pas d’exemplaires proches pour faire de telles extrapolations , mais au seul visible de ce que j’ai lu ici , je chercherais plutôt un totem du côté chat . Ecorché , mais qui se soigne et cherche un abri sur qui ne soit pas une prison .

          Pour moi comme déjà raconté , mon vrai prénom est René ( il faut vient avoir plus de 80 ans pour se prénommer René ) . Je l’aime bien , et je pourrais donner des cours de re-naissance à Daniel qui n’y croit pas .Pour mes totems courants , il y a déjà au moins le chat et le corbeau . Castor aussi mais pas castor exclusif . Totem de Clan , plutôt le loup .

      2. Les sociologues CNRS m’ont fait beaucoup plus de mal que Bernard. Surtout que Jean-Bernard Pouy qui a publié mon premier roman dans la série “Le Poulpe”… Il s’intitule “La dingue aux marrons” car il est sorti tout près de Noël… Je vous le recommande ainsi qu’à Agecanonix… ( C’est qui ? Bernard? Moi? J’ai pas compris . )

    2. Oui, Bernard, vous y êtes. Vous posez les bonnes questions concernant la Bande dessinée… Mais il est tard et pas le courage de développer. Juste 2 lignes: quand, comme moi, on a voulu faire de l’elitaire pour tousses, on a vite pris les forces de l’abrutissement et de la joie sur la g….. Les vaches sont très très bien gardées vous savez et les imbéciles doivent pouvoir être heureux ! Quand à la bourgeoisie, c’est surtout la pensée bourgeoise qui me fait faire des convulsions. Mais je me soigne.

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