Pour une Europe de la défense sanitaire, par MG

Bonjour, je suis technicien, mon travail consiste à régler des problèmes dont je ne suis, la plupart du temps, pas la source. Acheteur arque-bouté sur une spécification rédigée par un ingénieur hors-sol ou un stagiaire plein de bonne volonté, marteau-piqueur pour écraser les mouches (très puissant mais totalement inefficace), normes pléthoriques et contradictoires, … C’est mon lot quotidien et je ne suis certainement pas le seul, on finit par s’habituer à repérer la majorité des problèmes avant qu’ils n’explosent.

Lors du premier pic épidémique, la saturation du système hospitalier a obligé les responsables de la santé publique à déplacer des malades vers d’autres centres hospitaliers dans des régions peu ou pas contaminées pour ne pas avoir à choisir entre les malades qui seront soignés et ceux qui ne le seront pas.

Lors du second pic rebelote on déplaçait à nouveau des malades d’une région dans l’autre.

Déplacer le problème me semble être une solution de dernier recours et j’ai l’impression que l’on tend à la systématiser. On déplace donc des malades, du matériel et du personnel dans des conditions adaptées à la va-vite et avec un risque de propagation des contagions. La France a créé si j’en crois les chiffres, 24% d’unités de réanimation en plus, ce qui signifie qu’on a saupoudré sur l’ensemble du territoire du matériel de réanimation sans lits ni personnels compétents supplémentaires. L’argument opposé étant toujours le même : ça coûte cher est on ne l’utilise pas assez. Ma première interrogation est la suivante : Pourquoi ne pas avoir créé quelques unités mobiles, certaines équipées « seulement de lits » et accompagnées de personnels mobilisés et d’autres de réanimations complètes ? Le matériel existe et la mutualisation des moyens semble un gain évident, mais visiblement on n’est pas pressé de le développer à l’échelle qu’il convient.

Mon deuxième point concerne l’échelle justement. Dans un monde qui, vous en conviendrez, est en contraction, la synergie n’est plus seulement une notion justifiant la suppression d’emplois, mais un outil majeur de réponses aux problématiques à venir. Dans ce contexte, l’Europe a une occasion majeure de démontrer son caractère indispensable et d’établir son propre modèle.

Petite digression en forme de constat : l’Europe telle qu’elle a été conçue ne parait absolument pas viable, on a déposé la statue de notre divinité directement sur le sol et on a vaguement tenté de lui faire tenir le socle sur la tête. Suite à ce péché originel l’histoire récente ressemble à une vaste suite de « comment sauver l’Europe ? » et « comment rendre l’Europe plus sociale ? » alors que c’est sans doute les deux versants d’un même problème. Aujourd’hui le sol s’ameublit et la statue ne tient plus debout que par une somme d’intérêts particuliers qui oblige une forme de solidarité de façade aux coulisses sans pitiés. A l’heure où certains s’interrogent sur le besoin d’une Europe de la défense, je dis OUI et une Europe de la Défense Sanitaire de toute urgence, sans doute notre dernière chance de pousser un socle Social sous la statue.

Une Europe de la défense sanitaire donc avec une force de projection capable de mutualiser les hôpitaux d’urgences, les personnels soignants, l’intendance etc… Il nous faut également une véritable stratégie de traque du/des virus, de confinement et de vaccination établi par des mathématiciens et des gens de terrain au moins à l’échelle du continent (la répartition égalitaire des doses n’est pas une stratégie, avec les limitations de production cela ressemble même de plus en plus et encore une fois à du saupoudrage). J’insiste un peu sur les gens de terrain. Depuis quelques années dans les milieux de la maintenance, du démantèlement et des travaux dangereux des entreprises développent des algorithmes d’optimisation et de choix ; pour développer ces algorithmes il faut comme vous vous en doutez des mathématiciens et des informaticiens, mais également, aussi et surtout les connaissances et les compétences des gens du terrain (il faut bien nourrir les algos !). Il nous faudrait également, on peut toujours rêver, un Donald Henderson pour chapeauter le tout.

J’ai comme beaucoup de gens ici (j’espère) un sentiment d’urgence qui me taraude, la situation sociale et économique est explosive et la réponse de l’État ressemble à s’y méprendre à une série de tour de vis liberticides et répressifs. La gestion elle, est au fil de l’eau et toujours dans la réaction, ce qui est le plus sûr moyen d’avoir toujours un coup de retard sur les évènements (j’attends avec impatience que notre nouveau haut-commissaire au Plan me donne tort). En fait il me semble qu’il nous reste 1 an pour réagir et démontrer qu’on peut faire les choses autrement. En juin les élections régionales devraient donner le ton avant la présidentielle de 2022, mais il sera alors beaucoup trop tard.

Les techniciens attendent les cahiers des charges, merci de ne pas perdre tout le temps en comptes d’apothicaires !

Cordialement !

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38 réflexions sur « Pour une Europe de la défense sanitaire, par MG »

  1. Heureusement, et bon pour vous, vous avez encore des illusions.

    Ainsi la question « comment rendre l’Europe plus sociale ? » ne s’est jamais posée. Il a été clairement dit tout au long de la création européenne que le « Social » ne sera pas européen.

    Le « Social » est abandonné aux Etats. De temps en temps, de grands esprits européens lancent l’incantation de « l’harmonisation sociale entre Etats ». Vu les résultats, on perçoit très bien que ça ressemble aux résolutions de fin de banquet du Parti Radical sous la 3. ième. C’est-à-dire inutiles dans ses objets, impossibles dans ses effets. Inutiles et même interdites par construction, impossibles sans une autre Europe.

    Donc, vous et nous allons attendre longtemps des résultats positifs. Et constater très rapidement des conséquences sociales négatives ou dommageables. Nous avons pas encore atteint le fond.

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    1. Bonjour,
      pas des illusions de la colère!
      Des solutions existent donc ce qu’il manque c’est la Volonté.
      https://www.techopital.com/covid-19–une-unite-mobile-installee-au-ch-de-la-cote-basque,-en-complement-des-urgences-NS_5263.html
      600000 euros plus les charges en mettre en regard des 15 milliards de pertes d’un mois de confinement.

      Si vous passez près d’un banquet n’hésitez pas à mettre un coup de pied dans la table, soulagement garanti; moi je ne m’en prive jamais, cela ne change souvent pas grand chose mais ça produit quand même une réaction.

      Hélas j’ai bien peur qu’il n’y ait pas de fond atteignable.

      Bonne Journée!

  2. Ce texte que je trouve remarquable m’a remis en mémoire une réflexion récente que je me suis faite et qui pourrait bien élargir le champ. La voici, ci-après.
    Dans les années 60 / 70, dans la plupart des pays nous avons assisté au développement considérable des loisirs. Les classes moyennes aisées ont été convaincues ( manipulées ) d’accepter de travailler le plus possible pour gagner de quoi dépenser sans compter dans des zones jusqu’à lors délaissées.
    En France, ce sont les vacances à la montagne – le ski alpin notamment – qui a connu une progression importante.
    Cela s’est traduit par la création de stations nouvelles rapidement juxtaposées à de petits villages traditionnels ; par la construction, très en amont, de nouvelles voies de communication et sur place de larges zones de stationnement ; par l’édification de commerces nouveaux, dont des hôtels et des restaurants, de piètre qualité et sans ambition, bâtis plus pour générer des profits que pour participer au développement durable des régions ; par la créations de pistes de ski de descente et de remontées mécaniques ; par l’installation de canons à neige ; par le recours massif à l’emploi saisonnier…
    Avec pour conséquences principales, une pression toujours plus forte sur la flore et la faune pouvant aller jusqu’à la disparition de certaines espèces ; l’obligation pour certains animaux dont le biotope était dégradé de se rapprocher des lieux de vie humains pour trouver leur nourriture.
    Et puis la covid-19 a submergé le monde et en ce qui nous concerne, l’Europe et la France.
    Nous savions que la menace principale jusqu’à lors était le dérèglement climatique – et notamment le réchauffement – qui occasionnait une accélération de la fonte des glaciers en recul depuis déjà plusieurs décennies. Les sols gelés qui fondaient étaient la cause de graves glissements de terrains. La limite pluie / neige toujours plus élevée allaient contraindre à monter les activités toujours plus haut. Pour les stations de basse altitude, il fallait envisager la disparition du ski alpin et des structures spéciales qu’il nécessitait.
    MAIS, l’histoire retiendra que c’est un virus qui en empêchant les personnes de se rassembler pour éviter une contamination potentiellement mortelle aura mis par terre toute une organisation orientée vers les profits. Virus dont nul n’ignore aujourd’hui que ce sont les activités humaines dans la moindre des zones sauvages de la Terre qui l’ont perturbé et contraint à choisir pour vecteurs des animaux avant d’être ensuite transmis à l’espèce humaine Avec pour conséquences dans le secteur particulier du tourisme de montagne la mise au chômage de milliers de travailleurs saisonniers précaires dont les revenus d’une année dépendent de quatre mois d’activités ; et des difficultés pour les communes de rembourser des emprunts consentis à la légère pendant les années-fric pour un développement miracle.
    Alors que font les tenants du système capitaliste ? Que proposent à longueur de prises de parole ses thuriféraires ?
    Ils tentent de sauvegarder celles qui peuvent encore l’être parmi les anciennes activités ; d’en réorienter d’autres tout en veillant à rester, surtout, dans le même cadre économique.
    C’est maintenant le ski de randonnée que l’on souhaite populariser le plus possible. Déjà des lieux encore paisibles son investis par le  » peuple des terrasses  » qui ne sait pas vivre sans dépenser, sans répondre aux sollicitations mercantiles. Évidemment cela exige l’occupation d’espaces naturels libres jusqu’à lors, où vivaient tranquillement des animaux et des plantes. Cela déplacera des vacanciers qui arriveront avec leurs engins – et notamment à moteurs – pour de nouvelles destructions, pour de nouveaux aménagements jugés indispensables. Cela déplacera la faune et dégradera la flore avec de nouvelles catastrophes écologiques d’ores et déjà prévisibles.
    Mais qui ne voit, comme pour le système hospitalier, que le roi est toujours nu ? Qui ne devine que les gouvernants, les décideurs de tous poils, ne seront pas plus capables demain de comprendre le réel qu’ils ne l’ont été hier ? Bien peu de gens, hélas…
    Alors que faire ?

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    1. Bonjour,
      merci!
      La problématique des régions dévoyées par l’industrie tourisque est un autre sujet aux conséquences dramatiques (encore plus dans les pays pauvres) où le flux d’argent de cette industrie a engendré une perte des savoirs et des savoir-faire difficilement rattrapable à cours termes.
      Malheureusement ce problème va se régler naturellement et l’état de sidération de la filière en dit long sur les troubles sociaux à venir.
      Le retour à la terre est inévitable (si la nature nous en laisse l’opportunité), mais sur ce sujet aussi nous sommes en retard car les grands fauves arpentent déjà la campagne et achètent les domaines en déshérences faute d’héritiers solvables ; eux diversifient leurs porte-feuilles et le risque pour nous est le retour au servage. Le droit revenant au final à la force brutale.

      Bonne journée!

    2. Je suis plus mitigé sur la montagne et les loisirs, sans contester un à un les points critiques listés.

      – Une fois que les gens sont sur place, ils acceptent de ne plus prendre leur voiture pendant 7 jours.
      – La plupart des déplacements se font sur un fond « renouvelable » (la neige), sans dégradation directe du sol en-dessous (« seulement » via les pistes quand elles sont en forêt et non en alpages etc.)
      – Les installations implantées de type télésiège disons sont relativement légères topologiquement et au kg : un plot de béton tous les 120 m pour une remontée (au hasard), c’est bien moins de béton qu’une quelconque route même minimale, qui coupe l’espace en deux pour les petits animaux, change l’écoulement des eaux sur tout la pente concernée, etc. Elles sont donc assez réversibles.
      – Il existe des solutions « sans voitures » (Zermatt) qui sont transposables assez facilement dans certains cas (les Arcs depuis Bourg St Maurice)

      Je fais le contraste de ces « pas si mauvaises propriétés » avec ce qui se passe en bord de mer Atlantique typiquement :
      – Une fois sur place, on prend sa voiture pour de virées de 15 à 50 km (une falaise , un resto, un centre de loisirs), bon , c’est à 2 3 ou 4 dans la voiture, mais
      on se déplace, avec la charge induite sur la voirie et l’envie qui s’ensuit d’artificialiser toute une « profondeur ».
      – Tout loisir organisé suppose un sol rebeloté, au mieux replanté en arbres pour un parc à loisir quelconque. Il reste l’estran, l’espace des marées, qui est « renouvelé », mais il n’est pas si grand (en Méditerannée : zilch)
      – toutes les installations sont « non ponctuelles » au sens de la topologie, et de grand impact sur les courants, à part un phare et encore :
      digues, dunes, haies (je mêle les bonnes et moins bonnes choses, je regarde la « dimensionalités ».
      – On n’a pas de moyen d’éviter l’envahissement par les voitures à part le vélo peut-être, qui nécessite des voiries… élargies actuellement.

      Je me suis fait un peu l’avocat du diable, j’avoue avoir croisé dans ma vie plutôt les « aménageurs » (la famille Blanc aux Arcs, la famille Grange à Valloire) qui m ‘ont semblé avoir fait à leur façon (avoir pu donné leur avis susr…) une gestion territoriale qui savait ce qui était arbitrée, avec des exceptions bien sûr (le béton de Flaines, Avoriaz, les mauvais géants comme La Plagne ou Tignes).

      Autre aspect un peu cynique : le public aisé CSP++ des montagnes est celui à sensibiliser pour l’écologie, et on peut lui montrer « de quoi il retourne », une fois passé le moment de jouissance aveugle entre leur 18 et 26 ans. C’est évidemment un optimisme un peu stupide (je vous laisse penser c…) mais est-ce que les modifications trop facilement acceptées du reste du territoire ne sont pas le vrai mal invisible le plus dur à stopper ? restaurer des zones humides et des zones assez grandes pour que la faune et l’eau ne soient plus quadrillées et vivent dans des bantoustans de 20 km, la distance « tolérable » entre deux routes 4 voies tel que l’élu les veux pour sa prochaine réélection aux régionales ?
      La montagne a l’intérêt de rendre la géographie visible (vallée/flancs/hauteur), l’espace de basse altitude n’offre pas grand chose pour une telle sensibilisation (à part les zones humides de type …bretons ! ).
      En ayant du arpenter la géographie locale de mon domicile franchouillard (banlieue, dénivelés de ~100 m ou moins), j’ai pu voir ce qui aurait été à refaire pour garder ce bout de banlieue « sympa » comme peuvent l’être certains pourtours de ville d’Italie (les colle Albani à Rome, Bergame, Vérone, Turin) du fait que la prolifération pavillonnaire a relativement épargné la péninsule et que la voiture n’est pas vécue sur le même mode une fois qu’on a une vraie population de centre ville, plus vivante qu’en France, avec une « passegiatta » le soir etc.

      Lorgnette à deux bouts, j’espère que c’est pris comme tel et non comme une minoration de ce qui est évoqué.

        1. https://www.lefigaro.fr/sciences/rechauffement-climatique-les-previsions-alarmantes-de-meteo-france-20210201

          Les régions montagnardes davantage affectées:

          « La France métropolitaine est inégalement affectée par cette hausse des températures moyennes, avec «un réchauffement plus marqué sur les zones de montagne», selon ce nouveau rapport. Dans les Alpes et les Pyrénées par exemple, certaines zones affichent une hausse de 6°C des températures moyennes à l’horizon 2100, dans le pire scénario. Résultat, presque plus de neige, ni de gelées. »

        2. C’est pour ça que ça n’est pas une bonne illustration des catas tous azimuts à venir , car chez investisseurs « lourds » historiquement présents , ça réfléchit déjà dur depuis dix ans pour reconvertir ce qu’on pourra ou commencer à placer ses billes ailleurs . L’année « noire » due à la covid est pour eux un sacré accélérateur de plans déjà en cours .
          C’est par contre une bonne illustration que ce sera surtout une cata pour les petites mains qui en vivent et ne sont pas encore en état d’anticiper la suite ( car elles ne l’imaginent pas et n’ont pas l’information sur les pistes de reconversions pour autant qu’elles existent .

        3. En effet, MG, je reconnais sans ambage que c’est le bon angle d’attaque pour voir l’analogie avec l’impact sur les littoraux.

          Ma perception des zones à neige artificielle était pour moi « les 5% du bas », donc plutôt un non sujet, sur les pré les moins précieux de toute façon en faune et flore.
          Vers 20%, on change de régime, diraient les physiciens.
          Mais voyez, grâce à vous, je sais mieux pourquoi. Donc si on veut du loisir « neige » durable, va falloir des conditions assez restrictives, au mieux 30% des installations actuelles
          (et encore pour peu de décennies).
          De fait, ça pose la question de fond, « c’est quoi un loisir », question que la France rurale du petit Victor Hugo ou même du jeune Genevoix ne se posait pas vraiment.

          1. Pour beaucoup un loisir est un temps relativement court qui n’est pas consacré à la survie. Fin des rêves, retour de l’histoire.
            Les problèmes d’aujourd’hui ne sont pas des nouveautés historiques, ça fait mal parce qu’on pensait s’en être sorti. Nous avons mangé l’avenir de nos enfants en creusant la dette écologique. Il va falloir payé, la nature est mauvaise rentière.
            Nos ancêtres n’ont pu s’en sortir qu’en faisant société dont l’agrégateur est le Social. Sans sociabilité nous ne serions tout simplement pas là.
            Si j’insiste sur ce point au risque de passer pour un huluberlu plein d’illusions, ce n’est pas par plaisir, c’est parce que c’est vital.
            On commence a voir fendre le lien générationnel entre les jeunes et la peau de chagrin qu’on leur laisse et les autres qui impavides et le coeur usé laissent couler le monde en disant à quoi bon.
            Nos enfants si la nature leur prête vie bruleront nos photos nieront jusqu’à notre existence. Nous aurons gagné notre place dans le cortège des tristes légendes.

            1. L’ancêtre frugal que j’ai été et que je suis encore , se demande ce que vous voulez dire et faire , finalement .

              1. Je fais ce que je peux, je suis membre administrateur d’une association d’utilité générale, membre administrateur d’une association rattaché au Comité des travaux historiques et scientifiques, membre fondateur d’une association écologiste très locale, je travaille dans un bureau d’étude et je plante des arbres (300 pour l’instant qui ont beaucoup souffert de la petite chienne de 2019). J’aimerai sincèrement pouvoir faire plus.
                J’avais les idées que vous avez lu qui me trottaient en tête, que j’ai partagé avec M. Jorion, qui m’a demandé si j’acceptais de les partager avec vous dans un billet invité.
                Et me voilà! Je ne participe jamais à un débat de ce type sur internet, j’étais curieux d’échanger avec vous pour voir.
                Vous m’avez me semble-t-il proposé d’en glisser un mot à notre personnel politique en vue des élections qui s’approchent, je le fais dès que j’en ai l’occasion. J’ai même participé une fois pour voir. J’ai l’impression parfois que la posteropodie est plus efficace.

                1. C’est bien .

                  Mais si vous voulez convaincre , il faut au moins avoir l’air d’y croire vous même .

                  Je ne refais pas la citation de Guillaume d’Orange . Une autre de Sainte Catherine de Sienne :

                   » Pour l’homme courageux , chance et malchance sont comme sa main droite et sa main gauche . Il tire parti de l’une comme de l’autre . »

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    3. Si vous ne le savez pas , ce serait bien de donner au moins quelques intentions . C’est le moment , il va y avoir des élections et il parait qu’on attend des ( au moins un ) programmes viables et réalistes .

      Je note au passage que si les élections nationales ne se font pas ( comme c’est absolument crucial ) , sur des choix et des volontés d’actions et de partage au niveau européen , l’Europe dite des peuples ou sociale , n’a aucune chance de voir le jour . J’ai d’ailleurs le sentiment qu’il a été d’autant plus facile aux marchands de promouvoir l’Europe du marché , que les petitesses nationales souhaitaient garder des prérogatives qui ne sont de fait que le service après vente de la marche des sociétés .

      Et on en est presque encore là , pendant que le monde court et que les contraintes climatiques vont devenir une révolution qui va faire exploser les illusions mesquines encore plus violemment qu’un virus qui « se contente » de prendre sa part de chair humaine . Et lui aura au moins le mérite de tester les solidarités dans leurs mises en œuvres pratiques et techniciennes ( il y en a eu , y compris interétatiques ) ainsi que dans le désir réel des têtes de tous bords ( et là , c’est pas gagné ).

      On trouve et trouvera plus facilement des propositions techniques que des volontés réelles de partager .

    1. Merci!
      Ne soyez pas trop dur avec eux, je ne suis pas loin de comprendre leur colère antique. Après il faut discuter des moyens et tout n’est pas toujours à jeter car il y a des choses à faire à tous les étages.
      Il « suffirait » peut-être de changer l’ordre des libertés internationales pour emporter le changement de certain. Un sentiment d’injustice financière est pour beaucoup de ceux que je connais le principal voire le seul véritable casus belli.

    2. @Hadrien Taiwan, Nlle Zélande, Corée(s), ne semblent pas avoir un quelconque besoin d’une Europe de la Défense Sanitaire pour traiter raisonnablement l’épidémie, malgré leur population limitée.
      Pour leur accès aux vaccins faudra voir.
      Israël a su traiter tout seul.

      1. @Ruiz: deux iles et une péninsule je ne suis pas sûr que la comparaison soit valable.
        Israël a fait monter les prix en se donnant une excuse morale (partage des données) discutable.
        Pour les vaccins c’est un peu comme les bombes à tonton Vian. Il en faut certes beaucoup mais cela n’est pas le seul critère.

        1. @MG
          S’il faut être une ïle pour réussir, alors devenons une Île, la Chine continentale a su le faire, le Vietnam …
          Manifestement l’UE (ce n’est pas l’Europe), -Shengen ou pas- n’a pas su le faire.
          Il existe toujours une clause d’urgence et de subsidiarité, notamment dans des domaines qui ne relèvent pas de l’U.E.
          Cela relève d’un gouvernement national qui en est pleinement responsable.

          Pour les vaccins, cette solution ne résoudra les problèmes de frontières/variants et de voyages (retour à une certaine « normalité »)que lorsque la vaccination sera généralisée au plan mondial.
          C’est l’affaire de plusieurs années …

          1. @Ruiz:
            Vous avez également la Corée du Nord, idéal pour les vacances, pas de cas, pas de mort et on peut même y faire du ski.
            Plus sérieusement, je n’ai pas dit qu’on ne pouvait pas le faire tout seul, mais vu notre situation cela serez mieux à plusieurs.
            C’est toujours mieux à plusieurs.

            1. @MG pour les vaccins on le fait à plusieurs
              heureusement
              Les vaccins qui marchent viennent d’ailleurs (USA, DE, Be, Suisse, UK, Russie)
              Ceux qu’on fait en France on ne les finance pas (Valvena) ni France ni UE mais UK !
              Pour le reste isoler nos frontières, nos outre mer, tester tracer isoler on peut le faire nous même !
              A moins que l’on veuille un corps intracommunautaire d’agents sanitaires assermentés aptes en tout point de l’UNiion à confiner les cas contacts chez eux et faire respecter tout les couvre-feux et interdictions de circuler (dans des décisions prises à 26).

  3. Très beau texte, malheureusement plein d’illusion. Il me revient que le Grand-Duché de Luxembourg dont la devise est « nous voulons rester ce que nous sommes », et qui visiblement manque de bras dans le secteur de la santé, propose actuellement à ce personnel d’acquérir la nationalité luxembourgeoise: cet appel du pied alléchant sur le plan pécuniaire, ne confine-t-il pas à la concurrence déloyale?

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    1. C’est pas trop nouveau . Depuis des décennies , à 30 kms de chez moi ( ce qui m’autorise ,au passage , aujourd’hui à aller en Suisse sans test PCR ) , Genève absorbe les infirmiers et -mières français , en doublant quasiment leur salaire . Alors , la concurrence déloyale , le CHU d’Annecy connait ça depuis longtemps .

      Ça montre aussi que si on veut effectivement des appareils et du personnel sanitaire correctement répartis dans toute l’Europe , les convergences de niveau de vie et de salaires à qualification égale , est une des clés de voute . C’est l’histoire du plombier polonais ou du chirurgien roumain de la même façon .

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    2. @Christian Brasseur comme l’appel (au succès mitigé) à des infirmières espagnoles en France, et le remplissage progressif de nos postes hospitaliers par des médecins venus du sud de la Méditerranée, suite au numerus clausus.
      La concurrence déloyale du Luxembourg n’est elle pas plutôt fiscale ?

  4. Merci à l’auteur pour cet article, qui ouvre la réflexion sur un point important du problème.

    Je me permets de relever une phrase qui décrit pleinement la situation actuelle, qui convient parfaitement à ce que je pense.
    « La gestion elle, est au fil de l’eau et toujours dans la réaction, ce qui est le plus sûr moyen d’avoir toujours un coup de retard sur les évènements »

    Je me désespère de voir qu’en mars dernier c’était le cas, mais que depuis, le gouvernement n’a strictement pas avancé d’un pouce sur la compréhension du problème. Au contraire même, alors qu’il avait quinze jours de retard en mars, il en a eu 3 semaines en octobre, et va en avoir 4 semaines en février ! Et alors même qu’à chaque fois, on part, en terme de remplissage des hôpitaux et de la réanimation, de plus en plus haut.

    Le cahier des charges que vous attendez, vous ne l’aurez pas. Car chez nous en tout cas, à part Olivier Véran et Roselyne Bachot, aucun dirigeant n’a réellement compris le problème d’un phénomène exponentiel. Et quand on ne comprend pas un problème, il est difficile de trouver une solution. Et donc on choisit la solution du « au jour le jour », du suivisme des événements, ce qui au final est la pire des solutions après celle de « ne rien faire ».

    Depuis la rentrée de septembre, notre état, plutôt que d’investir sur la jeunesse, la laisse tomber. Depuis mars dernier, il n’a pas cherché à trouver une solution pour les étudiants, et devant l’urgence psychiatrique, place un sparadraps avec le « un jour sur cinq en présentiel ». Alors qu’il aurait très bien pu, par exemple, augmenter significativement les locaux disponibles non pas en en construisant d’autres, mais en en aménageant d’autres qui sont inutilisés ailleurs ou qui seraient détournés de leur usage (église, gymnase, cinéma pour des amphis), voire en commandant des Algeco « classe » pour les TD. Mais non, ils ne font rien, et appelle cela de « la bonne gestion ».

    Idem pour le primaire : depuis la rentrée de septembre, on met la poussière sous le tapis. Un élève ou un adulte qui a été dans la même classe qu’un cas positif N’EST PAS un cas contact. Et ce, contrairement à toutes les autres règles sanitaires de la vie courante. Parce que vous comprenez, il ne faut pas fermer de classe pour ne pas empêcher les parents d’aller faire grossir les dividendes des membres du syndicat MEDEF (pour le naïf qui pense qu’il s’agit du bien-être de l’élève lui-même, je lui conseille de relire le paragraphe précédent sur nos jeunes plus âgés). Là aussi, en investissant, il y avait la possibilité (évoquée d’ailleurs en mai dernier, puis disparu pendant les grandes vacances) de faire à la fois de l’enseignement et de la lutte sanitaire. Mais on ne va pas dépenser du fric pour la jeunesse quand même ! Par contre, on lui demandera de le rembourser.
    Et bien sûr, pour prouver que les écoles ne sont pas un lieu de contamination, au ministère de l’éducation, on divise par dix le nombre d’enfants reconnus contaminés par rapport aux chiffres de Santé Publique France. Et surtout on ne montre pas la remontée, à chaque fois avant la fin d’une période scolaire, des courbes de contamination des enfants…
    https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2021/01/10/comment-le-ministre-blanquer-peut-il-encore-mentir-sur-la-situation-sanitaire-dans-les-ecoles.html

    Sans oublier le motus et bouche cousus sous peine de sanction.
    https://www.liberation.fr/france/2021/01/31/mais-pourquoi-faut-il-sauver-le-soldat-blanquer_1818888

    Les ornières, le virus, ça ne le dérange pas. Au contraire !
    https://twitter.com/MarcGozlan/status/1355297341004275715
    https://twitter.com/MarcGozlan/status/1354740248929067008

    On finit par un dessin pour CloClo :
    https://twitter.com/MarcGozlan/status/1355648080545247242

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    1. @François M
      La ‘stratégie’ qui n’est pas énoncée est d’attendre l’effet des vaccinations pour diminuer la circulation du virus sans confiner ni fermer la garderie nationale !
      Au mieux et en variante attendre les vacances de février pour ne pas fermer ouvertement les écoles. il sera toujours temps de prolonger les vacances.

      Celà montre contrairement à ce que l’on pense le manque de pouvoir du monarque républicain, qui (face à l’opinion publique) ne semble pas disposer du pouvoir de décider indépendemment d’une mise en situation qui l’y oblige.

      La seule modification de l’environnement qui pourrait faire prendre une trajectoire de réduction de la mortalité journalière serait d’abaisser le seuil de saturation des hôpitaux en refusant par un mouvement syndical et d’opinion la déprogrammation récurrente des opérations programmées et le transfert interrégional des malades.

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      1. @Ruiz:
        Refuser de soigner en priorité les urgences vitales pour sauver des vies. C’est une idée à creuser (des fosses).
        De toute façon c’est visiblement trop tard pour ce coup-ci. (la courbe est basée sur un acte vraiment fort au 27/01 et c’est déjà pas brillant)
        https://covid19.healthdata.org/france?view=daily-deaths&tab=trend
        Et je ne parle même pas du Portugal qui est en train d’exploser ses capacités hospitalières !
        https://covid19.healthdata.org/portugal?view=resource-use&tab=trend&resource=all_resources

        1. @MG Ce n’est pas en déprogrammant des opérations programmées en particulier de manière préventive ! et en systématisant le recours au transfert inter-régionaux que l’on va inciter un gestionnaire à créer des lits sur place !
          Ni à recourrir à des mesures de restriction non médicales supplémentaires, comme un confinement ou la fermeture des remontées mécanique fautes de places dans les hôpitaux locaux.

  5. Bof. Se donner pour projet de construire dans l’urgence une « Europe de la défense sanitaire » est une idée vouée à recueillir des commentaires positifs sur ce blog, mais est-elle pragmatique ? Sachant qu’on part de rien, que les systèmes de soins de santé sont nationaux, que comme d’habitude ce sera extraordinairement compliqué de se mettre d’accord sur les objectifs et les moyens. Le temps qu’un tel machin soit mis en place, on peut presque espérer en avoir fini avec la pandémie.

    Il est évident qu’on a besoin de coordination et de solidarité européenne et mondiale, puisque régler le problème localement ne peut qu’au mieux être possible temporairement, le virus continuant de revenir de l’extérieur. Il me semble que c’est ce que tente de faire la Commission, tout en commettant des erreurs à cause des pressions contradictoires et de la peur du mécontentement populaire qui gronde, comme ça vient d’être le cas à propos de la menace de fermer la frontière irlandaise.

    Après, étant devenu eurosceptique pour plein de raisons au cours des vingt dernières années (au sens étymologique du mot, et pas anti-européen), je partage évidemment le constat sur la non viabilité de l’Europe actuelle, de même que le sentiment d’urgence. Mais je pense que l’idée ici (sur le blog) dominante de la sortie par le haut et l’approfondissement européen sur une base sociale, aussi souhaitable puisse-t-elle être, est concrètement aussi réaliste qu’une candidature de Piketty à la présidentielle. Les élites dirigeantes en place n’ont que le modèle actuel en tête et n’en veulent pas changer et, même si c’était le cas, le projet européen est si fortement associé à ce modèle et à ces élites par une grande part de l’opinion (et largement avec raison) qu’un projet d’approfondissement est sans doute devenu invendable électoralement. On m’objectera le plan de relance : trop peu, trop tard, avec trop de réticences visibles pour qu’on croie à un sincère et véritable revirement. Le pire des virus est dans les têtes : culte du marché, du capital, du business friendly, et les gens atteints n’ont pas la moindre envie d’être vaccinés. Or, concrètement, ce sont eux qui sont aux commandes, au niveaux européen et quasiment partout au niveau national. L’adulte raisonnable dans la pièce était grec et ils l’ont viré. C’est la nef des fous.

    Quant aux solutions de remplacement de ces élites dirigeantes, on ne peut que constater dans quelle direction penche hélas majoritairement les mécontents. Donc, à moins que soudainement les progressistes européens ne se fédèrent sérieusement et ne proposent ensemble un projet alternatif crédible à des opinions européennes qui en opéreraient magiquement un virage à gauche, je ne vois pas de grand salut européen possible. Il suffit de voir les divisions entre progressistes français en 2017 comme dans la perspective de 2022 pour comprendre que la probabilité est faible. Dans ces circonstances, je ne vois le projet européen survivre que dans l’humilité et en faisant le gros dos. L’éventuel salut ne me semble pouvoir venir que d’un exemple de revirement américain réussi, sur lequel les Européens s’aligneraient, comme toujours. Mais, dans l’immédiat, ce n’est pas la recherche consensuelle de politiques bipartisane pour réconcilier le pays ni l’éventuel retour de l’exceptionnalisme belliciste qui y mènera. C’est Sanders qu’il nous fallait, c’est Biden qu’on a.

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    1. Signé Johnson Boris Marcel .

      On ne devient pas autre , si on n’en a pas envie et qu’on confie son destin de collaborateur à de plus puissants .

      Chaponik pourrait vous dire le reste .

      1. Je mentionne Sanders et vous m’assimilez à ce trou de *bip* de Johnson… Franchement, si vous me connaissiez, c’est ridicule, et ça me semble montrer que le pro-européisme systématique a quelque chose d’irrationnel. Je ne sais pas si vous réalisez qu’un des raisons de la victoire du Brexit au référendum, c’est que l’Europe s’est également rendue fort peu désirable voire sans doute plus ou moins secrètement détestée par des gens de gauche comme Corbyn.

        Que les Européens se comportent en alignés et ne souhaitent pas autre chose pour la plupart d’entre eux, je ne m’en félicite pas, je le constate, c’est tout. Les événements de 2003 et leur alignement (sauf 3 pays) sur Bush ont d’ailleurs très clairement marqué le début de mon évolution eurosceptique, depuis une position auparavant tout simplement fédéraliste (au temps pour Johnson). Je crois bien que j’ai passé l’année 2003 dans un état de rage semi-permanent. La phrase suivante : « Il faut en finir avec l’illusion d’une autonomie stratégique européenne. Les Européens ne pourront pas remplacer le rôle capital qu’ont les Etats-Unis en tant que garants de leur sécurité. » n’est pas de moi, mais de la ministre allemande de la défense, il y a peu. Au même moment et encore aujourd’hui, les ingénieurs allemands aident Erdogan à construire sa flotte de sous-marins, qui finiront peut-être par couler des navires grecs ou français. L’Europe réelle, celle avec laquelle il va falloir essayer de faire ce qui est faisable, c’est celle-là et, dans un futur à court ou moyen terme, il n’y en a d’autres qu’au pays des rêves ou dans des univers parallèles.

        La référence à Chaponik m’échappe, je ne suis pas toutes les conversations du blog.

        1. – Chaponik Eliane est une commentatrice lyonnaise qui entretient la flamme résistante d’un de ses parents ( son oncle je crois ) résistant connu de la place Lyonnaise ( je crois aussi que l’orthographe originelle était plutôt Chapochnik )

          – Constater , je sais faire aussi ( j’étais habilité à constater les infractions au code de la voierie routière , et au code de la construction et de l’habitation ) , mais je n’ai jamais vu qu’une vie d’huissier améliorait la vie sociale et encore moins politique .

          – Chauffe moins , Marcel !

  6. Je ne suis pas beaucoup plus optimiste que vous, mais voyez-vous la Covid n’est malheureusement pas le seul fruit pourri qui pend à l’arbre.
    Donc maintenant on ne fait rien comme ça la prochaine fois on pourra dire qu’on n’a pas le temps; c’est bien ça le concept ?

    1. J’avais hésité à poster mon commentaire, me rendant compte qu’il n’était pas très constructif (à part tout de même le moment où je dis que les progressistes européens devraient se fédérer pour rendre crédible la possibilité d’un projet européen de réel revirement). Et je m’excuse pour le « bof » initial, je réalise après coup que c’est un peu malotru. Cela dit, je ne dis nulle part qu’il ne faut rien faire, je dis juste que je ne crois pas qu’européiser les problèmes, c’est les résoudre.

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      1. Je ne crois pas à grand chose, mais je pense que la preuve par l’exemple reste une possibilité de faire évoluer les positions. Après si la France n’a d’autres solutions au milieu de l’inertie que d’y aller seule ce n’est pas moi qui m’y opposerait.

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