38 réflexions sur « Et le Brexit pendant ce temps-là ? Ça baigne ! »

  1. Absolument. Moins de consommation, moins d’échanges, de la décroissance.

    La fin des files d’attentes de camion à Douvres et à Calais

    Comment être contre la réduction de l’empreinte écologique de la société de consommation ?

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      1. @Paul Jorion

        “Le nationalisme, pardon, le “souverainisme”, c’est bien le remède à tous nos ennuis !”

        Paraphrasant Lordon, “l’européisme est un nationalisme porté à l’échelon supérieur”. Il n’y a donc pas lieu d’opposer les deux. J’en veux d’ailleurs pour preuve que le projet de certains européistes est bien de fonder un État fédéral européen sur le modèle américain. Le seul hic, c’est qu’on a jamais vu de nation être fondée pacifiquement. La seule histoire de France nous en fournit quantité d’exemples (de même que l’histoire américaine d’ailleurs). L’U.E ne pourra pas être constituée comme État-Nation à moins de guerres (entre les peuples ou peut-être plutôt contre ceux-ci) et ne pourra pas se maintenir indéfiniment comme simple union économique, d’autant moins qu’elle apporte beaucoup de contraintes pour bien peu d’avantages (euphémisme).

        Le brexit, quoi qu’on puisse penser des motivations britanniques qui y ont conduit, n’est que le prélude à la dislocation totale de cette union, qui n’en a d’ailleurs que le nom tant le principe de concurrence gravé dans le marbre des traités conduit les pays membres à s’adonner à une guerre économique et logistique féroces (on en a encore vu récemment des exemples avec les affaires des masques ou des vaccins). L’incantation d’une “autre Europe possible” a fait long feu. J’en entends parler pratiquement depuis que je suis né (et ça ne date pas d’hier) sans que rien n’en indique ne serait-ce qu’une possibilité d’existence. Y aurait-il un Paul Jorion au parlement européen que ça n’y changerait rien.

        L’U.E. telle qu’elle est aujourd’hui (c’est à dire monstrueuse) n’est pas le fruit d’un accident ou d’un hasard mais celui de volontés conjuguées et muries de longues années durant. Ainsi la renégociation des traités est une chimère. Des traités qui ont d’ailleurs été imposés contre l’avis des peuples (on n’oubliera jamais le référendum piétiné de 2005). C’est dire à quel point l’U.E. se bat les reins de la démocratie. S’extirper de ce culte de Moloch par quelques moyens que ce soient est la seule décision rationnelle. Bravo aux britanniques d’avoir montré que c’était possible.

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        1. “l’européisme est un nationalisme porté à l’échelon supérieur”. Il n’y a donc pas lieu d’opposer les deux.

          Si justement. Ou alors on ne comprend pas ce que veut dire “supérieur”.

          1. Essayons dans l’autre sens :

            “le régionalisme est un nationalisme porté à l’échelon inférieur”. Il n’y a donc pas lieu d’opposer les deux.

            Demandez aux Catalans, aux Flamands, aux Écossais, s’ils seraient d’accord 😉 .

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            1. @Paul Jorion

              On comprend très bien ce que veut dire supérieur. Mais on comprend aussi que le sentiment d’appartenance à une hypothétique nation européenne est à peu près inexistant au sein des populations, et que celui-ci ne peut pas s’établir par décret. On comprend également qu’après de nombreuses guerres pour unifier le territoire français, il aura en plus fallu le rouleau compresseur de l’éducation nationale et son cortège d’humiliations d’élèves, au début du 20ème siècle, pour éradiquer les régionalismes, et notamment leurs langues, et pourtant subsiste-t-il encore des poches de résistance ça et là. Jusqu’où l’U.E. et ses adorateurs sont-ils disposés à violenter les populations pour se constituer en tant que nation? Je parie que lesdites populations auront choisi d’abandonner ce mécano infernal bien avant de le savoir. Ça a d’ailleurs déjà commencé.

        2. le Royaume désuni ?

          le variant de Bristol prometteur !?

          ” l’auto quarantaine ”

          l’endettement budgétaire et financier monstrueux
          heureusement pas en € !!!

          Bojo le clown

          une situation sociale en miettes

          et le ” vaccin d’Oxford ”
          que les Sud-africains revendent pour cause d’inefficacité

          la perfide Albion fait encore plus mal que le Coq Gaulois

          Messieurs les Anglais
          tirez les premiers !!!!

          en effet ça baigne

    1. Les martiens débarquent avec leurs gros laser pour nettoyer sans distinction !

      La Décroissance est obligatoirement la baisse de biens matériels et donc de la richesse et du niveau de vie, certainement aussi d’une partie de sa qualité, mais elle doit être organisée et pensée/choisie collectivement sur des valeurs et des organisations. Moi ça me paraît une évidence de s’arrêter et réfléchir à comment tous mieux vivre ensemble. Tout cette mascarade actuelle ne peut plus durer.

      D’ailleurs l’UE commence à sérieusement l’envisager petit à petit :

      https://www.eea.europa.eu/themes/sustainability-transitions/drivers-of-change/growth-without-economic-growth

      Mais une crise économique sévère et sans “direction” ce n’est pas de la Décroissance politique. Et sans coordination et adhésion ça sera la Guerre, juste la guerre comme chaque fois. Donc se réjouir d’une crise c’est se réjouir de la guerre…

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        1. Rien de bien nouveau . Comme le remboursement est lui aussi inenvisageable , l’imagination est au pouvoir .

          Et au bout du ” compte” c’est d’ailleurs le … Pouvoir qui est en jeu .

          On y arrive : Pouvoirs et Propriétés .

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        2. C’est qui Christine Lagarde ? C’est quoi la BCE ?

          Il y a longtemps que je ne mobilise plus trop de neurones sur ce genre de sujets, comme essayer de comprendre le système de Ptolémée ou quand tu es physicien de nos jours si tu pouvais discuter avec Newton de la Physique. Y a pas trop d’intérêt à la vérité. Y a rien à apprendre de neuf de ces gens, qui sont bloqués dans leur Monde.

          C’est ainsi, actuellement il y a des gens qui physiquement sont tous bien présents au réel mais qui mentalement vivent dans d’autres mondes, dont certains sont amenés à disparaître à plus ou moins longues échéances… Choisi bien ton Monde !

          Y a peut-être bien qu’en musique que quelque soit les époques et les Mondes chacun peut encore apprendre l’un de l’autre, car c’est une véritable richesse là. Voila.

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        3. Comme disait xtian , c’est pas le moment .

          Surtout que le Japon , qui a montré l’exemple , est à 260% de dette dont 43% au bilan de BoJ.

          On a de la marge .

          Par contre toutes ces liquidités qui se retrouvent sur les marchés partent pour partie:
          – en spéculation
          – en achat de biens qui permet à ses “fournisseurs de biens ” ensuite de racheter beaucoup de choses

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      1. Ha ha mais je suis d’accord. La décroissance est éminemment politique ! et bien éloignée du programme néo-libéral d’EELV ou de l’attentisme apolitique des collapsologues d’ailleurs.

        J’ironisais un peu sur le fait que pour argumenter contre le Brexit, l’on soit prêt à présenter comme néfaste, l’une de ses conséquences qui me semble au contraire tout à fait positive. Ne plus voir la file ininterrompue de camions de marchandises à Douvres ou Calais ne peut pas être une mauvaise nouvelle. La marchandisation et la société de consommation ne sont pas des armes contre le nationalisme ! plutôt l’inverse de mon point de vue

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  2. J’abonde dans le sens de “l’ovni”. On s’en contrefout de la balance commerciale comme du PIB et de sa croissance. Ce qui compte réellement, ce ne sont pas ces stats hors-sol mais le niveau de vie des personnes, à savoir s’ils ont accès à l’indispensable, des biens de subsistance en quantité suffisante, une bonne éducation, un bon système de santé, etc. Le reste ne concerne que les financiers et secondairement les économistes échevelés.

    Or, ces indices là sont mis à mal pour nombre de pays encore membres de l’U.E. – dont la France ( et c’est peut de le dire, et ça date de bien plus longtemps que la crise sanitaire), et supposer que ce soit pire en dehors relève de la conjecture pour ne pas dire du mensonge éhonté (il y a d’ailleurs “quelques” pays dans le monde qui ne font pas parti de l’U.E. et qui ne sont pour autant pas plongés dans la misère – Disons par exemple la Suisse ou encore la Norvège, pour ne citer que des pays relativement proches).

    Soit dit en passant, cette discussion tombe bien, l’émission gratuite de la semaine sur QG portait sur le Frexit (le lien sera probablement mort demain lundi mais bon, profitons-en tant qu’on peut).

    Paraphrasant une analyse à mon sens pertinente exposée par Ramzi Kebaïli dans l’émission ci-dessus, L’U.E. est une émanation de la bourgeoisie (lui va jusqu’à parler de la “bourgeoisie française”). Et comme chacun des intervenants de cette émission, je suis convaincu que l’U.E. n’est capable de rien d’autre. C’est un véhicule capitaliste qui n’a aucun souci du bien-vivre des populations, ni de quoi que ce soit d’autre que l’horizon propre au capitalisme lui-même, à savoir la maximisation des profits des propriétaires des moyens de production.

    J’anticipe ici une objection facile: Le Royaume-Uni n’est pas sorti de l’U.E. par ses convictions marxistes, bien au contraire. Certes. Mais conclure par là que l’U.E. serait un paradis marxiste serait une faute logique de base. Pour le dire autrement sur un ton un peu publicitaire (les jeunes diraient “punchline”), “il y a 1000 bonnes raisons de quitter l’U.E.”

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      1. @Hadrien

        Si ça permet de retrouver les prix d’avant l’euro, certainement. La fable de l’absence d’inflation au passage à l’euro n’a dupé personne. On paye aujourd’hui pratiquement l’équivalent de 10 francs pour un petit café (dans des tasses plus petites qu’à l’époque), pratiquement 6.5 francs une baguette, et ainsi de suite. Personne en 2000 n’aurait accepté de payer si cher ces biens de consommation courante.

        Et plus sérieusement (oui, j’ai arrêté de croire au père noël depuis quelques années déjà et je ne me fais donc aucune illusion sur l’évolution des prix en cas de retour au franc), si cela permet avant toute chose à l’État de retrouver le contrôle de sa politique monétaire en reprenant les rennes de sa banque centrale, je signe des deux mains et des deux pieds sans la moindre hésitation, car en effet beaucoup de la situation économique (et sanitaire d’ailleurs) actuelle du pays provient du fait qu’il se finance sur les marchés et y est donc totalement inféodé. Il n’est dès lors pas étonnant que les politiques menées depuis des décennies soient exclusivement favorables aux capitalistes, indépendamment du parti au pouvoir.

        Ainsi l’état de la santé publique française n’est pas étranger à la perte de souveraineté monétaire imposée par l’U.E., qui d’ailleurs ne manque pas de réclamer la privatisation d’à peu près tous les secteurs stratégiques (les télécoms, le chemin de fer ou encore l’énergie pour n’en citer que quelques uns) au nom de la sacrosainte “concurrence”, qui produit d’ailleurs les effets inverses de ceux annoncés: Baisse de qualité des services et renchérissement de ceux-ci. L’hôpital est ainsi également sommé d’être rentable et l’État sous contrôle de la finance fait ce qu’il faut pour, en réduisant le personnel à sa plus simple expression, en en formant le moins possible, en faisant des économies de bouts de chandelles sur les équipements (on se souvient encore de la pénurie de masques et de sur-blouses du début de l’ère covid), ce qui nous conduit à la période actuelle, contraints d’employer des méthodes du moyen-age pour se préserver d’une épidémie pendant près d’un an, et pour combien de temps encore?

        Je me demande comment il est encore possible qu’il reste à gauche des gens pour défendre cette aberration qu’est l’U.E. tant les dégâts qu’elle a provoqué et continue de le faire sont considérables, et tant il parait évident que rien ne permettra jamais de la réorienter, à moins de considérer que ces gens ne soient en fait que des faux-nez partisans du capitalisme. Paraphrasant Lordon, encore, ce sont probablement ces mêmes types de personnes “qui continueraient de voter P.S. même après que celui-ci ait rétabli le travail des enfants”.

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        1. Vous oubliez la désindustrialisation accélérée de la France causée par l’€, et tellement favorable à l’Allemagne qui ne cesse de nous battre sur tous les marchés…

            1. Je dirais que c’est une référence aux théories portées noamment par Emmanuel Todd selon laquelle l’Euro permet à l’Allemagne de “siphonner” la main d’oeuvre et l’industrie européenne. L’idée de base, si j’ai bien compris et que les pays du Sud (Italie, Espagne, Grèce, France dans une certaine mesure) ont besoin d’une monnaie faible pour garder une industrie compétitive, et donc de procéder périodiquement à des dévaluations. L”industrie allemande, incouurnable (machine outils, etc.) a plutôt intérêt a maintenir une monnaie forte, et l’Allemagne, par son poids politique et démographique impose cette politique à ses partenaires.

              Par exemple :

              https://www.lesoir.be/art/932378/article/debats/2015-07-09/emmanuel-todd-l-europe-s-autodetruit-sous-direction-allemande

              @Paul Jorion : je serais curieux de savoir ce que vous pensez de cette théorie.

              1. @lit75 Il s’agit sans doute d’un problème de rigidité salariale et d’absence de mécanisme compensateur d’ajustement.
                Il faudrait que chaque année les négociations paritaires (syndicats/employeurs) définissent le taux général de baisse de salaire pour maintenir la compétitivité et le plein emploi.
                L’utilisation d’une monnaie nationale, et des dévaluations successives permettent de pallier l’absence d’un tel mécanisme, nécessaire en cas d’utilisation de monnaie étrangère (/commune).
                L’union Européenne au début n’était pas prévue à 26.
                Néanmoins l’écart avec la slovaquie n’explique pas l’écart avec l’Allemagne.
                Pour l’industriel qui maîtrise la répartiton des chaînes de valeur dans un produit complexe il faudrait comparer par exemple
                Volkswagen en Allemagne
                Toyota en France
                Renault ailleurs ….

              2. Une des analyses d’E. Todd est que l’élargissement de l’UE et de l’Euro a permi aux allemands de faire venir de la main d’oeuvre paschère d’Europe de l’Est, et ainsi de faire fonctionner leur industrie (et leur agriculture) à bas coût.

            2. Il me semble que l’effet monnaie est important quand à la “compétitivité” comparative des activités gourmandes en main-d’oeuvre. Sans possibilité d’arbitrage entre la valeur des monnaies, tout avantage salariale est un désavantage en terme de “compétitivité”. Unis dans l’€, nous voilà embarqués avec des allemands massacreurs de “coût salarial”, employeurs de main d’oeuvre de l’Est, protégés par un € d’une valeur bien moindre que son mark. Alors que nous, avec le système de cotisations patronales hérité de la Libération, et un € surévalué par rapport au mark (environ 20%), nous sommes beaucoup moins sexy ! D’autres facteurs jouent, mais l’€ en est un important. De plus, quitter l’€ n’implique pas le Frexit . J’ai conscience que quitter l’€ porterait préjudice aux rentiers dont je fais partie en tant que retraité, mais l’inflation qui en resulterait, libérerait les jeunes générations du poids de la dette, et leur offrirait un avenir possible.

              1. J’espère , pour leur bien et leur avenir , que les jeunes générations réfléchissent davantage que la vôtre .

                Pouvez vous nous expliquer comment une inflation galopante libère de la dette ?…

                1. Votre condescendance me choque. J’essaye de comprendre et je n’ai pas la prétention de tout comprendre. La dette est exprimée dans une certaine monnaie. Celle-ci se devaluant, la valeur absolue de cette dette baisse.

                  1. Le recordman français de la dévaluation c’est effectivement Poincaré en 1928 quand on est passé du franc germinal au franc Poincaré ( perte de valeur de 80 % d’un coup ) . Il s’agissait là d’une dévaluation nationale d’un franc national . Ça a bien sur fini de lessiver les rentiers et gros bourgeois , qui avaient déjà salement dégusté dans leur biens matériels pendant la grande guerre , mais ça n’était pas trop triste car ça a permis d’accélérer la profonde mutation sociale déjà générée par la guerre . Par contre , sur tout ce qu’on avait à importer de l’étranger ( from UK et USA en particulier ) comme biens et produits industriels , a atteint des coûts faramineux ( machine outils par exemple ) et participé du retard technologique et militaire pris par la France dans un monde qui allait commencé à se rééquiper pour la deuxième boucherie , sans donner le temps de digérer la première .

                    On a pu aussi se sentir soulager par l’inflation , quand ayant emprunté en Francs à 7 ou 8 % , l’inflation a atteint plus de 13% en France , pour autant que les alaires suivaient dans les mêmes taux ( la fameuse course à l’échalotte toujours perdu par le salarié ) . Ça marchait pour les emprunts déjà faits mais , bien évidemment plus pour les nouveaux emprunts car les banques ont vite circonstancié leurs contrats .

                    Mais ce qui nous était proposé plus haut , c’était encore autre chose , puisqu’on se trouve dans l’obligation de rembourser en francs ( dévalués ) une dette contractée en euros . C’est se retrouver dans la situation de la France en 1928 qui a vu multiplier par trois ou quatre le coût de ses importations stratégiques ,d’autant que dans le même temps 1929 allait sonner le glas des espérances que cette dévaluation (trop forte ) pouvait porter .

                    On notera que dans la même période , toujours dans le cadre de monnaie nationale , Churchill commettait l’erreur inverse , en maintenant ” à tout prix” le cours de la livre Sterling en jouant l’Empire , et en asséchant ses exportations de venues hors de prix .

                    Si une dévaluation peut donner de l’air aux finances publiques qui nous concernent directement , ce ne pourrait être qu’une dévaluation de l’Euro ( mais par rapport à quelle référence ?…..). Revenir à une monnaie nationale avec l’idée d’une dévaluation forte , c’est ruiner tous ceux , petits ou grands , qui ont emprunté en euros , et si on a pas de quoi produire en masse des produits de qualité à exporter dans le même temps , c’est complètement jouer contre son camp ( et sa jeunesse ) .

          1. @mikaty patrick

            La désindustrialisation n’est pas exactement une conséquence de l’euro à mon sens, mais plutôt de la doctrine européenne portant la concurrence comme valeur cardinale: Dans ce paradigme les pays (dans ou hors U.E.) sacrifiant toute politique sociale à leur politique économique (0 impôt, 0 cotisation, 0 salaire minimum et donc 0 protection sociale) gagnent forcément contre des pays ne serait-ce qu’un tout petit peu plus scrupuleux. C’est le processus de dumping social connu et documenté de longue date, et admis au sein de l’U.E. comme une pratique “normale”.

            C’est pourquoi un pays comme la France avec un système de protection sociale plus avancé ne peut pas rivaliser avec d’autres sur le plan industriel ou financier, que ce soit en Europe de l’Est, au Maghreb, en Asie ou même au cœur de l’Europe (cf les paradis fiscaux tels que l’Irlande ou le Luxembourg). Et c’est également pourquoi chaque gouvernement français s’attache à casser cette protection, bout par bout, car il ne viendrait à l’idée d’aucun bureaucrate d’égaliser par le haut: Il est bien plus simple de casser des droits existants dans un pays que de les faire gagner dans un ou plusieurs autres…

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        2. https://plus.lesoir.be/353770/article/2021-02-08/la-chronique-alternatives-le-nouveau-front-commun

          Le rapprochement des gauches et des droites dans le repli nationaliste prépare l’effondrement de nos démocraties confortables.
          Les nations d’Europe, isolées et ennemies seront face aux états-continents comme la Grèce antique face à la Macédoine. Elles mendieront , en guise de souveraineté “retrouvée” le protectorat des “grands”.

          Ceci dit, l’UE doit au plus tôt revoir sa politique ultra-libérale (imposée par certains de ses états membres) et définir une politique commune en matière de solidarité, de fiscalité, de défense, d’environnement. En bref, L’UE doit devenir une fédération.
          C’est en cours, mais c’est trop lent. Il est peut-être trop tard.

          1. “Le rapprochement des gauches et des droites dans le repli nationaliste”

            Je dirais qu’on assiste à une simplification de plus en plus visible de la scène politique, avec apparition ou mise à jour de deux “camps” dont aucun ne s’appelle “droite” ni “gauche”.

            L’un des deux camps a fait son rapprochement depuis longtemps, il est ce qu’Alain Minc appelait déjà au siècle dernier “le cercle de la raison”. Ce n’est pas que les différences y soient inexistantes naturellement, de même qu’entre François Hollande et François Fillon de réelles nuances existent. C’est que les points d’accord y sont en définitive plus importants que les divergences, y compris sur la “libre concurrence”, l’extension indéfinie du champ de la privatisation et la loyauté intangible non à l’Europe, mais à l’UE et à ce qu’elle est devenue, ainsi qu’au parrainage par la puissance américaine.

            Emmanuel Macron est évidemment le représentant de ce camp, il en est comme le symbole. Il a d’ailleurs, ce n’est pas un hasard, siphonné suffisamment à la fois de la gauche et de la droite pro-européennes pour leur interdire l’espoir de parvenir au second tour, voir l’état des sondages à la fois pour le candidat LR et pour un éventuel candidat même d’une gauche “non-mélenchonienne” unie.

            L’autre “camp” n’existe pas vraiment, dans la mesure où il n’est pas uni. En 2017, classant les candidats suivant leur attitude envers l’UE, on pouvait arriver à un total de 50% au premier tour pour le Cercle (Macron+Fillon+Hamon) et 46% pour les UE-sceptiques (Le Pen+Mélenchon+Dupont-Aignan), mais bien sûr les seconds ne formaient en aucun cas un véritable “camp”.

            Où allons-nous à partir de là, je n’en sais rien. Il est possible que les opposants au Cercle soient en train de se rapprocher discrètement – non les chefs politiques certes, mais leurs électeurs. Ce pourrait être une explication pour les sondages qui donnent à Marine Le Pen entre 42% et 48% au second tour, bien loin de ses 34% de 2017. Dans ce cas, la victoire de l’anti-Cercle en 2022 deviendrait peut-être possible. Mais ce n’est pas certain, et la réalité politique ne peut qu’être instable dans une époque de crise profonde comme la nôtre. Qui sait si Emmanuel Macron sera seulement candidat ?

            Une chose me semble certaine : la structuration de la vie politique française – et de bien d’autres pays – autour de ces deux camps n’est pas saine. Il y a bien d’autres questions importantes, voire cruciales, que privatisation, guidance par la structure UE et pro-américanisme, et il devrait y avoir des moyens politiques de les avancer et décider, plutôt que tout se subordonne de plus en plus à l’opposition Cercle / anti-Cercle.

            Peut-être est-ce que la cause sous-jacente est le rapprochement des mouvements politiques qui il y a bien longtemps déjà ont formé le Cercle. A partir du moment où cette force si centrale prenait tant de pouvoir et semblait devenir si inamovible, elle ne pouvait en retour que favoriser le rapprochement des oppositions.

            Bien des partisans du Cercle ont la mentalité d’une forteresse assiégée. Qu’on tienne la muraille, qu’on repousse les monstres qui l’attaquent, rien d’autre ne compte ! Si elle tient, tout ira bien !

            Bien des anti-Cercle ont la mentalité d’assiégeants. Lancez assaut sur assaut, minez les murailles, quand la forteresse sera prise tout ira bien !

            Je soupçonne fort qu’ils ont tous tort sur ce point. Non, que la forteresse tombe ou pas… tout n’ira pas bien.

            1. Bonjour,
              Cercle et anti-cercle, pourquoi pas ? Autrefois on disait impérialistes et royalistes, puis fédéralistes et nationalistes.

  3. Pas grave, ces braves gens vont juste devenir réaliste et montrer leur vrai visage en allant se prostituer aux pires régimes de cette planète pour sauver leur peau.

  4. A government spokesperson said:
    “We do not recognise the figure provided on exports. Thanks to the hard work of hauliers and traders to prepare for change, disruption at the border has so far been minimal and freight movements are now close to normal levels, despite the Covid-19 pandemic.”
    Ah oui, ‘tout baigne’ ! 🙂

  5. Peut-il y avoir une “fragmentation vertueuse” du monde qui soit doublement symétrique de la ci-devant “mondialisation polluante” de 1830-(1945-1990)-2020 ?
    (fragmentée et moins polluante ?)
    Idéalement, c’est le savoir qu’il faut avant tout partager, et assez peu de ressources matérielles, ou disons plutôt “les bonnes”.
    C’est là que j’ai comme un doute, un hydrocarburodoute … sans doute.

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  6. Ca baigne toujours !

    https://www.lefigaro.fr/flash-eco/londres-accepte-de-prolonger-de-deux-mois-l-application-provisoire-de-l-accord-post-brexit-20210223


    «Il est décevant que l’UE n’ait pas achevé ses procédures internes dans les délais convenus, compte tenu de l’incertitude que cela crée pour les entreprises et les citoyens des deux parties. Nous attendons de l’UE qu’elle respecte le nouveau calendrier», a insisté le porte-parole britannique.

    L’examen approfondi du texte de 1.250 pages par le Parlement européen a débuté à la mi-janvier. Les eurodéputés espèrent le voter au cours du mois de mars.

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