27 réflexions sur « Fais moi danser pour qu’on en finisse avec l’amour »

    1. Cela parait être une maladie qui frappe bien des gens alentour. Un genre de pandémie. Pourtant on ne parle pas de vaccin ou de remède. Quelques thérapeutes se prétendent capables de vous soigner, ainsi que des marabouts et cartomanciennes. Mais aussi d’envoûter la personne de votre choix. C’est un peu vécu comme une fatalité. Mais aussi comme un désir profond.
      Cela parait donc aussi une religion. Il y a en tous cas des rituels, surtout le vendredi soir, où les gens entrent en transe au son de diverses musiques. En général, les femmes présentent des parures recherchées, des parfums et bijoux (ou verroterie) et aussi des chaussures peu pratiques. Les hommes portent davantage du blanc et du noir , mais pas toujours. Mais c’est discuté : cela ce n’est pas de l’amour, est-il aussi affirmé. C’est de la culture, dit-on aussi, mais je n’ai pu définir ce terme-là non plus dans un tel contexte. Ils entonnent plein de chansons, auxquelles on ne peut prêter foi. L’amour serait un enfant de Bohème, il aurait une fin cruelle mais n’en aurait pas, il serait tragique mais ce serait sans regrets.
      On croît savoir qu’il y a un lien avec la sexualité. Les humains ont une sexualité bizarre. Ils ne semblent pas du tout respecter les périodes de rut annuel. Au lieu de célébrer les retrouvailles annuelles comme nous, avec ces échangent d’odeurs et de bruits qui réjouissent nos hormones, ils semblent avoir des pratiques discrètes, désordonnées, sans queue ni tête. On peut donc supposer qu’ils doivent obtenir un surcroit d’excitation par des fantasmes, des passions, des fictions mentales : ce serait cela l’amour et la culture. Un peu comme une drogue interne, qu’ils s’injecteraient à petite dose.
      Ah, cette humanité, une espèce peu recommandable, c’est moi qui vous le dis. Bon, je vous laisse, cela va être l’heure de pousser un brâme.

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      1. @Chabian
        Vous êtes et nous sommes de culture occidentale, et peut être même français avec une certaine réputation à entretenir 😉, alors, pour nous, l’amour est étroitement lié à la sexualité. Mais sachez qu’il existe d’autres manières de concevoir l’amour.
        Il y a toujours un peu proche de notre culture, » l’amour de son prochain » qui n’a rien de sexuel. Et en dehors des considérations religieuses, il y a cette définition, que j’aime beaucoup, d’Alexandre Jolien qui dit : aimer l’autre, c’est l’aider à se détendre. J’aime bien cette idée que je trouve très pragmatique.
        Enfin, l’idée de l’amour est encore tout autre dans de nombreuses cultures.
        Les confusions sont d’ailleurs nombreuses. Par exemple, le Kamasutra qui pour les occidentaux s’apparente à un catalogue de divertissements, n’est pour les indiens qu’un recueil, parmi d’autres, de pratiques destinées à développer des capacités nécessaires pour accéder à une certaine spiritualité. Car dans la culture indienne et plus largement orientale, il n’y a pas ce paradoxe qui veut que la sexualité soit un péché dont la prohibition a généré des frustrations qui ont nourri les pires fantasmes et de nombreuses atrocités.
        Alors pour découvrir une autre manière de voir l’amour, je vous propose ceci :
        https://m.youtube.com/watch?v=y8y7MHs1ZLk
        Au plaisir

        1. JE vous réponds après ma réponse à Chantal. Merci de votre remarque, décalage par rapport à un certain discours. Mais je ne peux suivre le sage de la vidéo, qui évoque soudain des « transactions », terme juridique entre individus (théorie du contrat, présumé dans toute relation ‘commerciale’ ).
          Je trouve essentiel de partir du groupe, de la horde, de la bande (de singes) qui est notre état originel. Le statut d’individu est postérieur, construit par la conscience, donc aussi conscience de soi (et notamment dans le jeu du pouvoir au sein de la bande, toujours un jeu d’alliance du mâle alpha et du mâle kappa contre le mâle bêta, comme l’explique Frans de Waal parmi bien d’autres jeux sociaux au sein du groupe). Et des relations sexuelles pratiquées au sein de ce groupe.
          Notre humanité a développé une culture de la coupure de notre préhistoire, de la conscience individuelle et de la transaction, ce qui est proprement délirant. (Paul Jorion a eu des pages éclairantes pour moi sur ce « retard » de la conscience par rapport au comportement). Les monothéismes sont un achèvement de cette coupure, en nous imaginant tombés du ciel. Mon travail (sur moi) est de restaurer le fil, retrouver le collectif animal en nous… (ceci pour expliquer la tournure de ma première réponse à Chantal).

      2. Merci Chabian, vous avez bien éclairé ma lanterne. N’ayant ni verroterie, ni chaussures pas pratiques, ni parures recherchées, ni parfums envoûtants, en ma possession, j’en arrive à la conclusion que je n’ai jamais du « tomber » vraiment amoureuse puisqu’il me manque l’essentiel. Mais peut-on considérer que si le mâle non alpha à dos peu argenté qui partage ma misérable existante m’apporte souvent une grande détente, lui au moins est amoureux?

        1. Il vous manque donc « l’essentiel » des accessoires du rituel religieux. Pas grave ! C’est cultuel/culturel ! Déjà la transe prévoit « la fin de l’amour »…
          Pour tomber amoureuse (&-reux), il faut succomber au chant des sirènes d’un mâle qui brâme. (Tiens ! Je regarde soudain ce blog d’une autre façon !…).
          Anecdote. Un soir, nous avions été en groupe écouter le brâme du cerf. Nous avons pu observer silencieusement quelques femelles soudain peu farouches et manifestement à l’écoute, en attente, mais de mâle, point. Frustation, aussi pour nous. Un peu plus tard, alors que nous étalions des mets succulents et d’oniriques breuvages sur la table d’un refuge, on entendit dans la forêt au loin un brâme déchirant. Il perdura plusieurs minutes et l’une de nos amies resta là sur le pas de porte, subjuguée, malgré nos appels pressants aux agapes ! (Imaginez la, tel Ulysse attaché à son mat). « C’est beau », conclut-elle, répéta-t-elle, et il fallut nos chants habituels et nos rigolades en fin de repas pour l’apaiser et la ramener à notre espèce conviviale.
          Quand à savoir si un mâle humain peut être « amoureux », cela dépasse ma compétence. Pourquoi cette question, d’ailleurs, puisque vous échappez à la chose et ne savez ce que c’est !

          1. Par curiosité malsaine. La première fois que j’ai vu un homme bander c’était pendant le cours de dessin aux Beaux arts. Un modèle mâle, nu, qui a été aussitôt chassé de la salle de cours par le prof épouvanté. C’était un vieux monsieur très comme il faut, et toujours vêtu d’une immense blouse grise. Comme le prof de sculpture, d’ailleurs, un prix de Rome avec une barbe à la Rodin. Les étudiants, garçons et filles , éclatèrent de rire, mais moi je me suis cachée derrière mon carton à dessin, horrifiée. C’est vous dire… Et puis 68 est arrivé…

            1. Paul Verhoeven rappelle dans une interview « N’oubliez pas qu’un pénis en érection, c’est une arme ». Il est l’homme des vérités dérangeantes.

              1. J’ai rêvé,il y a longtemps, qu’un homme en érection surgissait dans ma chambre.
                Epouvantée je lui demandais
                – » Est ce que vous allez me violer?  » Il m’a répondu, -« Je ne sais pas, c’est toi qui rêve. « 

                1. Ben voui, les femelles épouvantées par les érections, les mâles médusés par la méduse, c’est le ménage à trois.

    2. @Chantal montellier
      Une affaire de sensibilité.
      On se couvre lorsqu’on a froid, on découvre s’il fait chaud.
      La Mode règle les détails.

      1. Ah, cette Montellier ! elle est vraiment inénarrable !

        Tiens ! recyclé in extremis des notes que j’ai écartées (der Nachlaß) de mon Dix-sept portraits de femmes :

        À Big Bear, un lac de montagne, à une heure et demie de route de Los Angeles, à l’occasion d’un Pow-Wow, une Amérindienne californienne (pas une jeunesse : une femme de mon âge) m’avait repéré dans la foule et m’avait invité à participer à la danse rituelle.

        On trouve aussi des photos de moi me trémoussant dans des villages reculés de l’Afrique Occidentale, où la foule scande et rigole de voir le Blanc qui « sait danser comme nous » – ou plutôt et surtout : qui « ose danser comme nous ».

        Le poète a dit : « J’veux qu’on rie, J’veux qu’on danse, Quand c’est qu’on m’mettra dans l’trou ». J’ai toujours pris les devants, sans hésiter.

        1. Ah ce Jorion, il répond toujours à côté, j’ai dit le rock, pas une danse africaine. Tiens je viens de regarder une émission consacrée aux *vieilles canailles », Dutronc, Smet, et Schmoll; ou quelque chose comme ça… quelle force, quelle puissance, quelle virilité. C’est autre chose que Léonard Cohen! Huhuhu … non, je rigole. J’adore provoquer, c’est inné mais pas très narrable. Comprends pas moi même. Je vais encore me faire lyncher…

  1. hasard ou coincidence? j’écoutais hier su YouTube cette merveilleuse chanson interprétée par Léonard Cohen himself… Idem pour votre vidéo que j’ai découverte également dans la foulée, mais qui n’avait pas encore été nommée (votre traduction pour la chanson, ainsi que le titre de vtre vidéo « me vont très bien » si je peux me permettre…). Encore un grand merci pour tout.

  2. S’il n’y avait le timbre particulier de la voix de Léonard Cohen, j’aurais tendance à préférer la version en espagnol qui est une langue plus adaptée en général pour faire état de sentiments ou de difficultés liées aux sentiments amoureux 😊

    1. Je suis complètement amoureuse de Léonard Cohen, pour preuve, le personnage masculin de mon album dystopique Shelter market, a ses traits. Kien production en a acheté les droits, et France tv prend l’adaptation. Comment ça je parle trop moi?… C’est parce que je m’aime. D’ailleurs on est jamais si bien aimé que par soi même !

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        1. Jamais autant tue-l’amour, les façons d’Onan, que les machins Amazonien et Alexaïques de la vie post-moderne.
          (je ne crois pas avoir fait la faute de frappe palindromique de nanoélectronique à onanélectronique dans mes écritures de tous les jours, je le regretterais presque pour ce qu’elle suggère)

  3. Restons optimistes, d’après d’autres “Songs of Love and Hate”,
    entre le début dionysiaque

    et la fin shakespearienne

    il y aurait une possibilité de plus d’un million d’années pour l’humanité

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