Veille effondrement #73 – Le rôle des communs dans la transition énergétique, par Serge Hulne

Introduction

Cet article analyse la relation entre la nécessité de transition énergétique et écologique et les communs, à savoir :

“Dans quelle mesure cette transition peut-elle être opérée (ou non) à l’intérieur d’un cadre d’économie capitaliste de type néolibéral ?»

Selon certains, dont les domaines d’expertise vont de l’économie, l’énergie (énergies fossiles, énergies renouvelables, énergie nucléaire) à l’agriculture durable, il existe plusieurs modes envisageables de transition énergétique/écologique. Toutefois, certains d’entre eux (Gaël Giraud, ou Jean-Marc Jancovici, ou encore Aurélien Barrau, par exemple Ref 1 affirment qu’une transition énergétique ayant réellement la capacité de réduire nos émissions de CO2 à des niveaux nécessaires pour la survie de l’humanité à long terme, ne peut pas être séparée d’une notion de frugalité, d’économie de moyens, de « décroissance » ainsi que d’une notion de « communs » : une mise en commun des ressources, dépassant le cadre du capitalisme.


[1] La croissance, une notion qui divise

Selon d’autres intervenants, la notion de transition énergétique, visant à réduire nos émissions de CO2 par l’adoption progressive de sources d’énergie « vertes » pourrait au contraire se conjuguer avec le dogme néolibéral de la croissance. Les promoteurs de ce point de vue militent en faveur d’une notion (fort contestée par ailleurs) de « croissance verte ».

Parmi les avocats/acteurs de la transition, il y a donc deux grandes familles :

  • les partisans de la « croissance verte ».
  • Les partisans de la « décroissance ».

À vrai dire, personne ne souhaite une forme quelconque de décroissance. Celle-ci induirait une baisse du PIB et donc, à terme, une baisse du pouvoir d’achat des citoyens. Néanmoins, une classe d’experts essaie de mettre le public en garde contre le fait que la « croissance verte » relève plus du mythe que de la réalité, dans la mesure où elle nécessiterait un découplage entre économie d’un côté et consommation d’énergie d’un autre côté. (Référence https://www.carbone4.com/publication-decouplage). Un autre sophisme, contre lequel les détracteurs de croissance verte mettent en garde, réside dans la notion naïve de « substitution ». Selon des experts tels que Jean-Marc Jancovici, par exemple, une simple substitution des énergies carbonées par des énergies dites « renouvelables » n’est pas littéralement possible, dans la mesure où les énergies renouvelables ou EnR (panneaux solaires (PV), éoliennes) produisent infiniment moins d’énergie au kilomètre carré que les énergies fossiles (pétrole et ses dérivés, (essence, fuel, etc.), charbon, gaz). La seule exception à cette règle étant à ce jour l’énergie nucléaire qui est comparable aux énergies fossiles en efficacité, concentration et par sa capacité à être pilotée. La surface totale d’un pays étant limitée et la fraction de celle-ci pouvant pratiquement être allouée à des énergies renouvelables l’étant aussi, a fortiori, l’énergie totale extractible par des moyens renouvelables est elle-même limitée. De ce fait, une substitution des énergies fossiles aux énergies renouvelables s’accompagne fatalement d’une réduction substantielle de l’énergie totale disponible dans un pays. Qui dit réduction de la quantité d’énergie disponible pour un pays, dit ralentissement de son activité économique, ralentissement des capacités à produire des biens et des services, des transports, etc., par conséquent, qui dit transition énergétique vers des énergies renouvelables, dit diminution du PIB, c’est-à-dire décroissance. Les deux grandes familles de promoteurs de la transition énergétique s’opposent sur la notion de croissance « croissance verte » versus « décroissance ».

Parmi les promoteurs de a notion de croissance verte, on trouve, entre autres: Ségolène Royal, la gauche caviar en général, le gouvernement Macron.

Lorsqu’on analyse un peu plus en détail ces deux grandes options proposées par ces deux grandes familles de promoteurs de la transition énergétique, il apparaît qu’ils diffèrent dans le modèle économique sous-jacent. De plus, lorsqu’on regarde d’encore un peu plus près, il apparaît que la notion de croissance n’est pas le seul point crucial sur lequel ces deux grandes familles diffèrent, en effet certains auteurs (Jean-Marc Jancovici, Philippe Bihouix, Aurélien Barrau, Gaël Giraud Ref 1)(ref1) affirment que, non seulement la notion de transition vers des énergies renouvelables implique une forme de décroissance, mais, qui plus est, que ladite décroissance ne peut pas se conjuguer de façon harmonieuse avec les dogmes du capitalisme, en particulier du capitalisme dans son incarnation actuelle : néolibéral, globalisé, autoritaire, censitaire, dogmatique, répressif; un reliquat obsolète, Reagano-Thatchérien, des années ’80.


[2] Les limites du capitalisme néolibéral

L’école de pensée qui affirme, sur la base d’observations et d’analyses extrêmement solides Ref 1 que transition et décroissance sont liées est donc d’avis qu’un modèle économique, social, dépassant le cadre du néolibéralisme doit être développé de sorte à pouvoir intégrer la notion de transition énergétique avec le maintien de l’harmonie sociale, les nécessités essentielles de la vie en société : emploi, santé, logement, chauffage, nourriture, éducation, culture, vie sociale, cohésion du groupe.

C’est sans doute là que se situe le plus grand clivage entre les deux familles de promoteurs de la notion de transition.

Les partisans de la version décroissante de transition argumentent que celle-ci ne peut pas avoir lieu dans un cadre néolibéral, mais, qui plus est, qu’elle nécessite le retour en politique, en philosophie, vers une notion de « communs » remise au goût du jour.


[3] Les communs

Par communs (c’est-à-dire « biens communs ») on tente de traduire la notion anglo-saxonne de « Commons » qui va au-delà de la notion de bien commun en désignant généralement : les biens communs (l’eau, les forêts, les infrastructures, etc.), mais aussi : les pratiques et usages communs, etc. c’est à dire les choses que les citoyens ont en commun, en partage, pour le bon fonctionnement de leur type spécifique de société (qu’il s’agisse d’une société tribale africaine, d’aborigènes d’Australie ou bien de la société occidentale contemporaine), en bref : ce qui fait l’âme d’une nation.

De quoi s’agit-il dans la pratique ?

Sans vouloir donner de liste exhaustive de ce que l’on entend par communs, on peut néanmoins mentionner :

Exemples de communs
Les forêts
Les terres cultivables
Les ressources énergétiques
Les services de santé
L’éducation
Les vaccins
Les services de communication (internet, téléphone)
Les routes, autoroutes, les trains, les voies ferroviaires
L’eau potable

La notion de transition décroissante s’oppose sur ce plan au capitalisme brut néolibéral, dans la mesure où, pour compenser la diminution de l’énergie disponible, une augmentation de la notion d’efficacité est nécessaire ainsi que la notion de mutualisation, de mise en commun des ressources, des efforts, des infrastructures, des biens, des services. Cette notion n’est pas une notion politique. Si elle présente des similitudes superficielles avec la notion politique de socialisme ou de communisme, en réalité les motivations sont toutes autres dans ce cadre précis. Ces motivations sont avant tout des impératifs de survie, d’efficacité, de frugalité, de mise en commun, de planification (produire ce dont le peuple (la majorité des citoyens) a besoin par opposition à produire ce qui enrichit une minorité sur le dos du peuple, tout en détruisant la flore, la faune, en épuisant au passage les ressources animales, végétales et minérales de la planète et en accélérant le dérèglement climatique (CO2 ou pas…) Qui dit « moins d’énergie disponible » dit « mettre des moyens en commun ».

Un des aspects Ref 2 de la décroissance réside donc la nécessité de substitution de la notion de « loi du marché », propre au capitalisme, par une notion de « planification ».
L’énergie disponible et les ressources disponibles étant plus chiches, la simple loi du marché ne suffit plus à assurer le fonctionnement optimal de la société dans son ensemble : la planification devient nécessaire.


Néolibéralisme Décroissance
Privatisation Nationalisation
Captage/appropriation/monopole Communs
Éducation privée Éducation publique
Privatisation des hôpitaux Nationalisation des soins de santé
Vaccins protégés par des brevets Vaccins sous licences libres
Centralisation Fédération
Fragilité (liée à la concentration de pouvoir) Résilience (pouvoir décentralisé)
Production assujettie à la loi du marché Production en fonction des nécessités
Industrie pour enrichir les propriétaires des actionnaires (une minorité) Industrie pour produire des biens et des services nécessaires à la nation
Hiérarchie/autoritarisme Démocratie/liberté
Contrôle des média / Fake news / Propos mensongers / Démagogie / Débat démocratique
Le mythe de la « Croissance verte » La réalité physique de la décroissance
Exploitation, enrichissement personnel Impératif de survie du corps social
Passe-droits fiscaux pour les plus riches Justice sociale
Infrastructures abandonnées Infrastructures maintenues (crée des emplois)

[4] L’impératif de décroissance

Sources d’énergie moins puissantes
Épargner les forêts et la faune dont c’est l’habitat.
Protéger la flore, la faune (y compris les insectes (pollinisation))
Rétablir l’harmonie entre les ressources et la consommation (nourriture)
Diminuer la pollution (plastique, océans).
Éviter l’épuisement des sols (et les famines qui en résulteraient).

Références: Ref 1Ref 11

[4a] l’impératif de résilience

Le dérèglement climatique s’accompagne d’événements météorologiques catastrophiques d’ampleur allant en croissant. Il est nécessaire pour la survie nos sociétés, pour la survie de l’espèce humaine, de faire preuve de plus de robustesse, de plus de résilience, tant sur le plan social que sur les plans des processus de production industriels, de production d’énergie, de gestion des infrastructures, etc.

  • Tout ce qui relève de technologies (high-tech) est intrinsèquement complexe, donc fragile, autant sur le plan technique (équipements complexes donc fragiles) que sur le plan logistique (filière d’approvisionnement distantes, par transport de containers, souvent dans un cadre d’exploitation néo-colonial, etc.)
  • Tous les systèmes humains, technologiques, industriels qui sont profondément centralisés, profondément hiérarchisés, sont beaucoup plus vulnérables que leurs alternatives qui sont en réseau, ou encore fédéralisés, horizontaux, etc.
  • Entre deux systèmes de production, celui qui coûte le moins d’énergie, le moins de ressources et qui est le moins complexe est le plus résilient. De ce fait, par exemple, la bio agronomie est plus résistante que l’agronomie basée sur la chimie, les intrants, les engrais azotés, les OGM et autres manipulations high-tech qui eux nécessitent des investissements dans des laboratoires de haute technologie.

[4b ]Les impératifs de l’économie circulaire

  • Recyclage des métaux (par opposition à l’extraction des métaux dans des pays en voie de développement, et transport par cargos containers polluants dans le cadre de la globalisation).
  • C’est le talon d’Achille des notions de transition qui s’appuient exclusivement sur les EnR. Ceux-ci sont extrêmement voraces, dans leur manufacture, en énergie, en béton, en métaux (Cu, Zn, Fe, etc.). De ce point de vue, l’énergie nucléaire est un des « ponts » possibles qui permettrait de sauver l’humanité en permettant à nos sociétés de perdurer jusqu’à la mise au point de solutions plus efficaces, comme la fusion thermonucléaire contrôlée. Alternativement, l’énergie nucléaire peut servir d’« amortisseur de décroissance » (terme proposé par Jean-Marc Jancovici) en nous permettant de gagner le temps nécessaire pour une transition « douce » (« planifiée » par opposition à une transition « subie ») de nos sociétés énergivores vers des sociétés consommant progressivement de moins en moins d’énergie. Ceci pourrait se dérouler dans une relative sérénité si nous trouvons le temps (et l’énergie) nécessaires pour sa mise en place. C’est précisément le but essentiel de tout projet de transition énergétique. Ref 10

[5] Exemple de communs au niveau de l’humanité

La forêt amazonienne et autres forêts primordiales
Les vaccins
Les sites culturels de l’humanité
La flore, la faune, la biodiversité
Les langues / les cultures / les traditions

[6] Les détracteurs de la notion de communs

De même que le lobby du tabac influençait la politique américaine en particulier et la politique mondiale en général, par la suite les lobbies des énergies fossiles ont à leur tour influencé la politique et les médias en ayant recours aux mêmes agences de publicité/communication Ref 3 et donc aux mêmes grossiers stratagèmes pour manipuler l’opinion. Il est clair que certains lobbies, dont ce n’est pas l’intérêt, sont farouchement opposés à la notion de communs, à la notion de décroissance parce que ça va à l’encontre de leur schéma d’exploitation des biens et des personnes dans le cadre du capitalisme néolibéral (leur « business model »).

Les lobbies en question et les groupes qu’ils représentent essaient au contraire de faire main basse sur les communs à l’échelle nationale et à l’échelle de l’humanité, de sorte à :

  • En avoir le monopole.
  • Revendre au prix le plus fort ce qui est un bien commun gratuit au départ.
  • Remplacer la distribution d’un bien commun par un autre mode de distribution lucratif et privatif (par exemple : vendre de l’eau en bouteille, au lieu d’améliorer la qualité de l’eau du robinet).
  • Cette prédation et cette mainmise ne se limitent pas à des denrées de base, comme l’eau ou la nourriture, elle s’étend à des biens plus abstraits, comme encore la finance, la santé (les assurances maladie, etc.), l’éducation. Dans cette optique, des fonds d’investissement privés font du lobbying dans le but de tenter de se substituer à la sécurité sociale, aux caisses d’assurance maladie, à l’éducation nationale etc. comme, par exemple, BlackRock Ref 3 qui démarche auprès du gouvernement français dans le but de se substituer aux caisses d’assurances maladie.

Outre les lobbies des énergies fossiles, les banques, les fonds d’investissement privés, les « hedge fonds », d’autres acteurs, dans l’ombre, œuvrent au sabotage de la transition écologique pour satisfaire leur soif d’argent, de pouvoir, d’influence et leurs idéologies totalitaires, dans un ultime effort nihiliste d’hégémonie.

Parmi ceux-ci on peut nommer :

Le gouvernement Bolsonaro (qui fait tout pour détruire la forêt amazonienne et ses habitants, dans un écocide doublé d’un holocauste).
Le gouvernement Trump qui a œuvré à la destruction des forêts américaines dans des buts analogues.
La privatisation d’une grande partie des territoires américains qui étaient autrefois des réserves (Yellowstone National Park, Yellow Rock, les réserves indiennes, etc.) dans le but respectivement d’extraire du pétrole (fracking) et/ou alternativement de faire passer des pipelines en pleine réserve indienne (qui n’ont pas manqué de fuir, peu après leur mise en place, polluant les réserves indiennes).

[6a] Exemples de conflits, décroissance vs. “Business as usual”

Guerre de l’eau en Irlande, Espagne, Ref 6
Conflit : Engrais azotés / nappes phréatiques (exemple: l’Alsace Ref 6)
Privatisation d’EDF
Privatisation des centrales hydroélectriques
Déforestation illicite encouragée par la loi du marché (et ignorée par le gouvernement) • Exemple de bois des forêts françaises de chênes vendues à la chine pour faire des parquets de villas de luxe. • Bois de forêts indonésiennes : vendues au Japon pour les temples et demeures traditionnelles de luxe). • Amazonie et Indonésie : Déforestation pour produire de l’huile de palme et/ou du soja pour l’élevage de bétail destiné à l’abattage.
Captation des communs par les milliardaires (Bill Gates), les fonds de pension (Wall Street: spéculation sur l’eau).
Privatisation furtive des forêts en Angleterre.

[6b] Exemples divers

Selon cette source Ref 4 Dans le Morvan, les forêts de feuillus sont saignées par les coupes des exploitants forestiers qui replantent à leur place des résineux, plus rentables à court terme. Mais cette sylviculture intensive appauvrit les sols et met en danger la biodiversité. Dans d’autres régions. C’est autour du roi de la forêt, le chêne, que se joue une guerre commerciale coûteuse pour l’économie française. Un chêne sur quatre est exporté brut vers l’Asie. Face aux acheteurs chinois qui font monter les prix, les scieries françaises ont du mal à s’aligner et réclament de nouvelles règles. Mais les propriétaires de forêts s’y opposent. En août 2019, Emmanuel Macron proclamait “Nous sommes amazoniens” à propos de la Guyane. Dans la foulée, il repoussait aux calendes un énorme projet de mine d’or, la « Montagne d’or ». En réalité, derrière ce coup de com’, plusieurs autres projets pourraient bien voir le jour dans la forêt. Face à ces menaces, les citoyens se heurtent bien souvent à un adversaire inattendu, l’état.


[7] Le potentiel d’une économie verte pour l’emploi et la stabilité sociale

Pour une croissance verte et pour une forme alternative de « croissance » si on élabore un autre critère que le PIB pour juger de la bonne santé d’une économie et d’une nation. (Ref 8 : Gaël Giraud : Alternatif au PIB comme index)

  • Exemple de Totnes :
  • https://reporterre.net/Vous-voulez-des-emplois-Choisissez
  • A Totnes, lieu de naissance du mouvement des Villes en transition, on apprend à réinventer, à se réappoprier l’économie. Et à travers l’Europe, comme par exemple à Budapest avec Cargomania, les initiatives locales créent des emplois dans des activités soutenables et durables, alternatives à l’emploi salarié et réponse pertinente au chômage.
  • Usbek & Rica :
  • D’un côté, la croissance détruit les conditions de vie sur Terre. De l’autre, la croissance est indispensable à l’emploi, au bien-être et au maintien d’une économie viable. Face à ces deux assertions, sommes-nous condamnés à foncer dans le mur ? Nous avons préféré explorer les pistes de la décroissance et tenté de savoir si elle était inévitable et pouvait être souhaitable.
  • https://usbeketrica.com/fr/article/peut-on-concilier-decroissance-progres
  • The conversation :
  • https://theconversation.com/leconomie-de-la-decroissance-theme-de-recherche-emergent-124027
  • Selon l’OECD:
  • https://www.oecd.org/environment/Employment-Implications-of-Green-Growth-OECD-Report-G7-Environment-Ministers.pdf

[8] Économie de décroissance:

Dépasser le modèle capitaliste (parce qu’il ne marche pas bien sans croissance / privatisation / centralisation / globalisation / concurrence systématique).
Fédération/gestion locale/villages résilients (au sens de Rob Hopkins) Ref 8. Coopératives au sens des coopératives paysannes (mise en commun d’outils et de ressources : prix, coût en matières premières).
Développer des “banques de prêt de matériel” organisé en coopérative à but non lucratif = jobs + lien + pratique
Économie circulaire Ref 10 (nécessaire en cas de ralentissement/arrêt) de la globalisation.
Définir d’autres indicateurs/Jauges/indexe que le PIB (voir Gaël Giraud).
Nécessité plus impérieuse de la prévention en médecine dans une société en décroissance (moins on peut soigner, plus il faut prévenir).

Conclusion (Tableau récapitulatif)

Mirage de la croissance verte Décroissance
Capitalisme prédateur Communs
Appauvrissement au profit d’une minorité dictatoriale Baisse de PIB amortie par un gain d’efficacité et une production planifiée
Égoïsme Altruisme
Guerre Paix
Décroissance subie Décroissance planifiée
Autoritarisme / fascisme Démocratie

Liens / Références

ref1

  • Gaël Giraud :
  • https://www.rfi.fr/fr/hebdo/20150911-france-afd-gael-giraud-alternatives-croissance-inegalite-prosperite
  • https://www.les-communs-dabord.org/tag/gael-giraud/
  • Jean-Marc Jancovici:
  • https://www.sfen.org/rgn/croissance-verte-existe-jean-marc-jancovici
  • https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/mon-probleme-avec-la-croissance-1158702
  • Aurélien Barrau :
  • https://www.youtube.com/watch?v=BCTCZuB7jzE
  • “Reporterre”:
  • https://reporterre.net/Que-sont-les-biens-communs
  • https://reporterre.net/Face-a-la-dictature-du-neo-liberalisme-les-communs-sont-de-retour
  • Christian Laval : Definition juridique des communs :
  • https://youtu.be/bpsVUhOI0qk
  • https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-brossaud-laval.pdf

ref2

  • Exxon fiance les climtosceptiques:
  • https://www.lefigaro.fr/international/2010/07/19/01003–20100719ARTFIG00449-le-lobby-climatosceptique-finance-par-le-petrolier-exxon.php
  • Exxon : Les stratégies du tabac
  • https://www.cnews.fr/environnement/2021–05–15/exxonmobil-utilise-la-meme-strategie-que-lindustrie-du-tabac-pour-nier-le
  • Climat, tabac, vaccins : Les mêmes entreprises lobbies de la manipulation:
  • https://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/plapointe/2016/12/08/cigarettes-climat-trump-petite-histoire-desinformation

ref3

  • BlackRock et les retraites françaises :
  • https://www.capital.fr/entreprises-marches/combien-blackrock-pourrait-gagner-avec-la-reforme-des-retraites-les-faits-rien-que-les-faits-1358844
  • https://www.bastamag.net/BlackRock-reforme-retraite-age-pivot-capitalisation-epargne-lobbying

ref4

  • https://reporterre.net/Les-forets-un-bien-commun-a-proteger-Histoire-actualites-et-perspectives-1–2
  • https://reporterre.net/Massacre-a-la-tronconneuse-dans-les-forets-de-France
  • https://youtu.be/LidKBN2lXjY
  • Dans le Morvan les forêts de feuillus sont saignées par les coupes des exploitants forestiers qui replantent à leur place des résineux, plus rentables à court terme. Mais cette sylviculture intensive appauvrit les sols et met en danger la biodiversité. Dans d’autres régions c’est autour du roi de la forêt, le chêne, que se joue une guerre commerciale couteuse pour l’économie française. Un chêne sur quatre est exporté brut vers l’Asie. Face aux acheteurs chinois qui font monter les prix, les scieries françaises ont du mal à s’aligner et réclament de nouvelles règles. Mais les propriétaires de forêts s’y opposent.
  • Privatisation dissimulée des forets en Angleterre:
  • https://www.theguardian.com/environment/blog/2015/feb/17/privatisation-uk-woodlands- happening-by-backdoor

ref5

  • Wall Street sécule sur l’eau:
  • https://lareleveetlapeste.fr/leau-devient-cotee-en-bourse-a-wall-street-une-menace-pour-son-statut-de-bien-commun/
  • Eau et Finance : https://youtu.be/4V5jH6ue_WU
  • Reporterre : Main basse du privé sur l’eau (captation) :
  • https://reporterre.net/Un-rapport-tacle-l-accaparement-de-l-eau-par-les-interets-prives
  • https://reporterre.net/Une-societe-doit-decider-de-ce-qu-elle-met-en-commun
  • Eau en bourse https://lareleveetlapeste.fr/leau-devient-cotee-en-bourse-a-wall-street-une-menace-pour-son- statut-de-bien-commun/

ref6

  • Nappes phréatiques menacées par les angrais industriels (nitrates):
  • https://www.lemoniteur.fr/article/alsace-la-pollution-par-les-nitrates-s-etend.246914

ref7

  • Gaël Giraud : Alternativve au PIB
  • https://www.lemonde.fr/blog/petrole/2014/04/19/gael-giraud-du-cnrs-le-vrai-role-de-lenergie-va-obliger-les-economistes-a-changer-de-dogme/

ref8

  • Les village résilients. Rob Hopkins:
  • https://en.wikipedia.org/wiki/Rob_Hopkins
  • https://www.resilience.org/stories/2015–09–29/a-remarkable-day-in-ungersheim-a-village-in-transition/

ref9

  • Bill Gates Accapare les terres cultivables. Bill Gates le plus Gros propriétaire de terres agricoles aux USA:
  • https://www.theguardian.com/commentisfree/2021/apr/05/bill-gates-climate-crisis-farmland

ref10

  • Économie circulaire / “right to repair” / recyclage:
  • Le droit de réparer (Right to repair): https://ideas.ted.com/how-right-to-repair-legislation-can-reduce-waste/

ref11

  • Nathalie Arthaud
  • https://youtu.be/_1yi51Fqwjc
    • Candidate pour la troisième fois à l’élection présidentielle, Nathalie Arthaud est l’invitée de Face à l’urgence, l’émission politique du Média qui se concentre exclusivement sur les thèmes de l’écologie et du climat.
    • La porte-parole de Lutte Ouvrière, parti d’obédience trotskiste présent à l’élection présidentielle depuis 1974, détaille longuement quelles solutions son courant politique propose pour mettre fin à la crise écologique et climatique.
    • Sur le plateau du Média, celle qui est agrégée d’économie et enseignante, revient notamment sur les questions énergétiques, en particulier sur le nucléaire et les énergies fossiles. Elle précise quelles modalités elle croit possibles et ce qu’elle estime inenvisageable. Le tout, selon la candidate, conditionné par l’abolition du capitalisme et le contrôle ouvrier.
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13 réflexions sur « Veille effondrement #73 – Le rôle des communs dans la transition énergétique, par Serge Hulne »

  1. Chères toutes, chers tous,

    Merci pour cette élucidation de la décroissance.

    Juste toujours et encore l’uranium n’est pas disponible en quantité suffisante n’en déplaise à Monsieur Jancovici.
    Le principal producteur à ce jour est le Kasakstan et la démilitarisation.

    Le deuxième hic du nucléaire et pas des moindres, dans une société qui s »effondre le risque de catastrophe industrielle augmente.
    On parle de mercenaire pour les nouveaux ingénieurs tressaillants dans le nuke.

    Le pire n’est pas arrivé, pour le moment tout va bien.

    2
    1. Dangereux le nucléaire? Assurément. C’est pour ça que les Allemands ont choisi de s’en passer (20% du mix électrique), avant de simplement songer à se passer des fossiles. Résultat au bout de 20 ans: plus de 350 milliards d’euros pour le remplacer par éolien et solaire quand y’a du vent et du soleil, et mix électrique toujours aussi carboné ou presque. Charbon allemand remplacé progressivement par du gaz-poutine. Mirage de l’hydrogène « vert » à l’horizon. Biogaz et méthaniseurs au maïs gavé aux intrants. Mais plus de risque nucléaire. Avez-vous vraiment un scénario crédible pour faire la même opération en France avec 70% du mix électrique? De préférence pas négaWatt ou Ademe. On attend celui de Jadot, Piolle, Batho, Mélenchon et consorts. Jancovici n’a jamais dit que le nucléaire était la solution miracle mais un parachute ventral. Il pense aussi qu’il aurait fallu parier sur la surgénération. Raté: Phénix abandonné, Astrid aussi. Les Chinois se posent moins de questions. Les Russes aussi. Reste que les Chinois ne sont pas prêts de se passer de charbon, quoi qu’ils en disent, et les Russes encore moins de gaz et de pétrole. On n’achète pas le charbon aux Chinois mais les babioles qu’ils fabriquent avec, et l’Europe -pas seulement l’Allemagne- est tenue par la barbichette par les fossiles russes. Pas un problème: pas une seule fois le mot pétrole dans le rapport de la Commission européenne sur l’énergie. Pour le moment, comme vous dites, tout va bien.
      https://reporterre.net/Declin-du-petrole-le-compte-a-rebours-est-lance
      Nous n’avons pas su nous passer du pétrole (moi pas plus que les autres). Le pétrole va se passer de nous.

    2. « Juste toujours et encore l’uranium n’est pas disponible en quantité suffisante n’en déplaise à Monsieur Jancovici. Le principal producteur à ce jour est le Kasakstan et la démilitarisation. »

      Argument homme de paille : ne vous en déplaise, Jancovici ne se prive pas pour dire que le nucléaire non plus ne durera pas, ne serait-ce que parce que, comme les éotliennes et panneaux PV (totems des écologistes), des centrales nucléaire nécessitent du béton, de l’acier, etc. et un système macro-technique qui va donc disparaître.

      C’est bien pour ça qu’il parle d’amortisseur de la décroissance, comme rappelé dans l’article.

      2
      1. https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/reserves-duranium-naturel-dans-le-monde

        – Uranium : un peu moins de 100 ans
        – Pétrole : environ 53 ans de réserves prouvées
        – Gaz : environ 56 ans
        – Charbon : environ 109 ans

        Également au centre des recherches actuelles, le thorium est l’autre métal « fertile » pouvant alimenter des réacteurs nucléaires à neutrons rapides (réacteurs à sels fondus). Ses réserves sont 3 à 4 plus abondantes dans l’écorce terrestre que celles d’uranium. Son exploitation future dans des réacteurs à sels fondus pourrait, elle aussi, avoir un impact sur l’exploitation des RRA d’uranium naturel.

        1
  2. Un grand merci. Un gros travail. A mon sens clair, didactique et très complet.

    Quand passerons nous à l’action? Comment faire? Aurons-nous le temps?

  3. Billet impressionnant !
    Pour mémoire, un commun qui s’appauvrit depuis des dizaines d’années : les océans.
    La première responsabilité est celle des pêcheries industrielles qui détruisent les pêches artisanales locales.
    La deuxième constate la multiplication des zones d’anoxie, des efflorescence d’algues toxiques ou des marées vertes ou sargasses qui sont essentiellement une réaction physicochimique puis biologique à l’anthropocène.
    Il sera difficile de « mieux exploiter » les océans ( aquaculture) car tous les organismes y prélèvent quelques éléments au milieu d’élevage qui leur sert ensuite de station d’épuration. Il faudra beaucoup d’énergie pour entretenir un tel écosystème. On ne multiplie pas impunément des productions même peu exigeantes ( moules, huitres,…) car le plankton local finira pas muter vers des espèces moins nutritives, voire toxiques.
    Par exemple les aquariologistes de coraux savent que l’eau de leur aquarium doit être d’une qualité très supérieure à celle pour quelques poissons rouges banaux.
    Bref la biodiversité signe la santé de l’environnement et je doute qu’il soit possible de réinstaller des espèces disparues dans un environnement insuffisant : le monde microbiologique ( bactéries, virus, plankton,…) ne le permettra pas.

  4. Bonjour,

    Bel état des lieux!
    Le diagnostic me semble assez complet,
    Tout en laissant une fois encore le lecteur un peu sur sa faim,
    Avec une conclusion qui n’esquisse malheureusement aucun projet global pour l’humanité.
    Je crains que le Capitalisme et le Libéralisme ne soient pas les uniques obstacles à une nécessaire décroissance.
    Et je regrette que votre chapitre 8 sur l’économie de décroissance n’évoque pas un des plus récent de leurs travers,
    A savoir cette faculté conquise de haute lutte par le Commerce sur le Savoir : Qu’on appelle la Publicité.
    Gangrenant tout principes , logiques, engagements, faisant fi des individus, divisant pour régner sur les esprits,
    Envahissant à notre insu, nos rêves et nos plus nobles aspirations, les pliant au moule réducteur des marchands,
    Les modelant à l’image de désirs qui nous sont bien souvent étrangers,
    Exacerbant les amertumes en moquant les échecs,
    Excitant convoitise, jalousie et rivalités de tous contre tous.
    Rien ne sera possible sans éteindre à notre tableau de bord, ce gros voyant rouge qui clignote encore,
    Et que nous ne voyons plus, alors que nous nous enfonçons, trop occupés à pédaler en vain pour remonter.
    Refuser les injonctions de qui entends nous asservir, c’est avant tout être libre.
    Refuser ce gaspillage d’énergie vitale,
    C’est aussi éviter la profusion des produits, des emballages (nécessairement différents, puisque personnalisés),
    Privilégier la relation vraie, la confiance et la préférence pour des productions locales,
    Affaiblir ces concurrences qui sont toujours faussées ou déloyales, pacifier les relations et les échanges.
    Identifier les lacunes des productions locales et travailler à les combler sans nuire aux communs.
    Préférer l’artisanat à l’industrie, préserver l’intelligence de la main pour ne pas perdre le contrôle de nous même.
    Et simplement, reposer nos sens, pour les consacrer davantage à l’essentiel,
    Comprendre, Aimer et protéger.
    Eric.

    PS. Il sera toujours temps de voir si le Capitalisme aura fait place au Socialisme après ça!
    Mais au fond… On s’en foutrait pas un peu?

    1
  5. Je ne prétends pas être exhaustif, ni avoir de solution(s) au problème.

    Ma seule ambition est d’essayer d’énoncer clairement et crûment la partie du problème qui me semble urgente d’adresser en commun, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, sans quoi nous sommes irrémédiablement voués à l’extinction totale, à terme.

  6. excellent papier merci. Le nucléaire pourrait avoir un avenir plus long si la filère thorium venait à voir le jour car les stocks de ressources sont plus importants donc on pourrait théoriquement l’utiliser plus longtemps pour amortir l’après pétrole espérant p.e que d’ici là (inch allah) la fusion soit arrivée à maturité et soit exploitable. sans quoi les ENR seront la plus mauvaise idée dans laquelle nous auront englouti les fonds dispo pour une durée de vie totalement bidon. Attention aux allemands : 1 ) les chiffres de leur transition bidon sont beaucoup plus élevés que ceux énoncès ci dessus (520 milliards d’EUROS en 2016 …. https://www.welt.de/wirtschaft/article158668152/Energiewende-kostet-die-Buerger-520-000-000-000-Euro-erstmal.html) + aujourd’hui gaz russe (hahaha) et « sortie du nucléaire » à une époque ne signifie pas qu’on n’y revienne pas si besoin est plus tard. rien n’est écrit dans le marbre, les promesses n’engageant que ceux qui y croient.

    1. Le nucléaire , dans le cadre de la seule petite présidentielle française , est un sujet sur lequel les deux figures les plus crédibles des candidats écologistes ( Yannick Jadot et Delphine Batho ) devront trouver un terrai d’entente interne , le premier jouant une décroissance du nuke sur une vingtaine d’années , la seconde jouant l’arrêt quasi immédiat . Et EDF semble conforter l’idée que l’EPR de Flamanville peut être mis en service fin 2022 !

      PS : actuellement en cours sur France Inter : Cynthia Fleury « Le soin est le premier geste politique , il nous permet d’habiter le monde » ;

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