Requiem pour l’écriture inclusive

Le Monde : L’écriture inclusive ou la longue quête d’une langue égalitaire, par Clara Cini.

Mon commentaire ce soir sur le site du Monde :

Très intéressant article historique, qui met en lumière plusieurs choses, dont le fait que …

1. la communauté accueille avec bienveillance toute simplification et rejette toute complication. Les enfants écriront volontiers « auteurs » ou « autrices », mais renâcleront devant « auteur.e.s ».

2. comme le montre l’article, la forme féminine de nombreux mots existe déjà, même si elle s’est (provisoirement) perdue. Ressuscitons-la plutôt que de créer de nouveaux monstres enfreignant les règles de la langue : « conducteur » correspond à « conductrice », « doctoresse » correspond à « docteur » ; « conducteure » et « docteure », c’est bien simple, n’existent pas. Les adultes se récrieront devant des mots dont le démérite essentiel est de ne pas exister.

3. une langue est un projet collectif, requérant la coopération de toutes et tous à chaque instant. Toute tentative de la modifier émanant d’un groupuscule, même véhémentement militant, est vouée à l’échec

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36 réflexions sur « Requiem pour l’écriture inclusive »

  1. La théorie fumeuse et jamais vérifiée est qu’il suffit de changer la forme pour que le fond suive. On fait même des plâtrées de lois dans ce sens qui seraient incitatives mais sans amendes ou peines et qui donc n’ont jamais fonctionné. Par contre quand le fond change le plus souvent la forme suit… On est aujourd’hui avec des sondages où une très large majorité des gens en France voudraient en exclure d’autres, et de l’autre, on a des bien-pensants auto-politiquement corrects mais sectaires déconnectés qui pensent à la forme en place de défendre le fond et ce fond de l’écriture inclusive est bien de fait excluant une majorité qui a déjà du mal avec l’orthographe et la grammaire actuelle. S’il faut être docteur.e.eure.euse.etrice.s.<<<oresse(pour trois pas en arrière).trice.s ou prof.esseur.esseuse.esseresse.s en lettres pour avoir le droit d’être inclu.e.s on est évidemment totalement contre-productif et sectaire et certainement pas inclusif !

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      1. Pourquoi l’EN serait elle la seule à échapper à cette facilité ?

        Dont 855 000 enseignants et 25 000 000 de parents d’élèves , s’accommodent finalement .

        1. @Juannessy
          Ministre (poste politique)
          > Recteur (poste rouage politique)
          > DIrecteur Académique (simple rouage )
          (autrefois, on les appelaient Inspecteur d’Académie mais il parait que ça leur laissait de la marge, Directeur = y a qu’à transmettre)
          > Inspecteur de l’Education Nationale (rouage que l’EN cherche à éliminer)
          > Enseignant (pion qu’on voudrait obéissant)
          (seul élément de l’institution qui a les pieds directement dans le social)

          En période de COVID, les enseignants prennent leurs directives sur BFMTV ! Plus tard, on reçoit les directives officielles. Mais j’ai peur que cela perdure bien après le COVID.
          Comme me disait cette grand-mère venant chercher sa petite fille : « elle a le droit, il l’on dit à BFM ».
          La marge de manoeuvre des enseignants se réduit d’année en année comme peau de chagrin.

          Dans le Blog de Médiapart
          Le ministre commence par évoquer le rôle de professeur dans son rapport à la République avec une comparaison étrange sur laquelle je reviendrai : « Lorsqu’on devient professeur, on devient fonctionnaire. Lorsqu’on est fonctionnaire de la République, on connaît les valeurs de la République et on les transmet. Si quelqu’un a un problème avec les valeurs de la République, ça peut être possible sur le plan démocratique, en tant que citoyen français, par contre ce n’est pas possible en tant que fonctionnaire de la République Si vous voulez devenir plombier et que vous avez un problème avec les tuyaux, vous choisissez un autre métier. Il faut en faire un autre. Si vous devenez professeur, vous transmettez les valeurs de la République. Et si vous ne les transmettez pas et si même vous militez contre les valeurs de la République, éventuellement sortez de ce métier, parce que vous vous êtes trompés à un moment donné ». Il poursuit avec le rôle de l’institution par rapport aux professeurs : « Ce n’était peut-être pas assez clair dans le passé, ce sera désormais très clair dans le présent et dans le futur, à travers la formation et la gestion des carrières des personnes. »
          https://blogs.mediapart.fr/petrus-borel/blog/211021/jean-michel-blanquer-les-enseignants-et-le-plombier
          « Les valeurs de la République », j’attends que Jean Michel en fasse la liste.

          Mais c’est difficile quand t’es enseignant d’apprendre les « bonnes manières » aux enfants quand les Présidents de la République sortent des « casse toi pauv’con » ou « il y a les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien » et qui sont même condamnés par la justice pour certains.

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          1. Les enfants apprennent plus facilement sur BFM Tv qu’à l’école ?

            Dans l’extrait que vous citez de Blanquer , je ne vois pas ce qu’il y a de répréhensible à rappeler qu’un fonctionnaire sert la République et ses lois , surtout quand , si j’ai compris le contexte , il s’agit de la laïcité .

            Mais , si je me limite aux enseignants ( le plus important étant malgré tout l’absence d’intérêt par 25 000 000 de parents d’élèves ou de poids réel de leurs fédérations) , j’imagine que leur force de représentation n’est pas facilitée par un nombre de syndicats aussi , voire plus, nombreux que les candidats à l’élection présidentielle , gauches et droites et apolitiques confondues .

            1. Les enfants sont plus facilement conditionnés par les reseaux sociaux (BFM c’est pour les vieux 😉). Le grand challenge qui attend la génération de mes enfants sera de savoir vivre sans être adictes aux écrans noyés sous océan d’information souvent de simples opinions.
              Quant valeurs de la République de Blanquer, si au lieu de nous envoyer des affiches et de faire des formations en distantiel uniformes pour tout le territoire, de la petite école rurale à l’école 20 classes de banlieue multiéthnique, si au lieu de ça on avait assez de remplaçants pour que les classes ne se retrouvent plus sans enseignants (et les élèves répartis dans les autres classes même par temps de covid) et assez de pions pour que les cours de collège ne ressemblent plus à des arènes. Il n’a de valeurs que dans la parole, l’affichage, la com mais à moyen constant pour les enseignants voir même plutôt en diminution.

                1. Ma crainte dans ces colloques sur l’éducation c’est qu’on envisage comme la plupart du temps l’environnement informatique dans une visée pédagogique mais sans prendre en compte les pratiques sociales des jeunes qui passent beaucoup plus de temps sur écran hors contexte scolaire. Et cependant, cet usage périphérique et anarchique joue maintenant un très grand rôle dans l’environnement éducatif et qui échappe à tout contrôle.
                  Ma fille au lycée utilise régulièrement des logiciels de traduction pour faire ses devoirs en langue et pour les maths, elle va sur le site d’un prof maintenant très connu qui donne des cours en vidéo et une fiche technique sur chaque cours en pdf. Les ressources périphériques au temps scolaire sont devenus innombrables mais encore faut il savoir séparer le bon grain de l’ivraie. Et ce n’est pas permis à tout le monde. Là aussi, va se creuser encore plus la fracture entre enfants « favorisés » et les autres.

                  1. Transmis au chef , pour impact sur atelier 2 et 4 .

                    Le fond du colloque ne me semble pourtant pas , même si le sujet y est cité , polarisé sur les TIC , et plus sous la chape générale d’une approche de type anthropologique .

                    La dimension de la diversité sociétale et de l’enfant ( le récepteur d’éducation ) dans sa complexité psychique et d’environnement , ne semblent par contre effectivement , à la seule lecture du programme, pas franchement abordées comme un élément déterminant ou contraignant .

                    PS : si les jeunes ne regardent pas BFM Tv ( moi non plus mais je suis jeune) où apprennent ils  » casse toi pauvre con » et de qui ? J’essaie de me souvenir de ma primaire , et je n’arrive pas à retrouver une quelconque trace de l’intérêt que j’aurais porté à un propos d’un politique à cet âge . Si c’avait été le cas , je pense que j’aurais juste replacé  » casse toi pauvre con ! » dans la cour de récré où les combats de bandes étaient assez fréquents . Et pourtant Pierre Mendes France n’avait pas encore interdit l’alcool aux jeunes enfants , ce qui était honteux pour un politique !

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                    1. Pour les enfants de primaire avec lesquels je travaille, pas de politique sauf à répéter ce que disent papa ou maman. Mais leur environnement médiatique c’est tic toc, les Jeux vidéo ou les séries télé parfois interdits aux moins de 16 ans. Le plus catastrophique c’est la télé dans leur chambre en libre accès. Et c’est assez répandu même chez des enfants de 6-7 ans.
                      Les questions politiques ou de sexualité c’est plus niveau collège (à partir de 12 ans). Mais ce qui les intéressent c’est tout ce qui fait le « buzz », les petites phrases chocs et les images souvent reprises en boucle et également tous ces « influenceurs » que sont entre autres les « youtubeurs » que ce soit sur des « placements de produits », des reprises de faits divers, des commentaires sur « les politiques « , sur la science ou les pseudo sciences, le complotiste aussi. Tout ce qui fait sensation et qui alimentent les algorithmes des GAFAM pour capter leur attention.
                      Malheureusement, pour les familles lutter contre ça ou éduquer au décryptage demande beaucoup d’efforts quotidien (j’en sais quelque chose ), alors qu’inversement les confier à la « nounou numérique » c’est la tranquillité assurée, jusqu’au moment où les premiers troubles arrivent.

          2. @ Pascal,

            « En période de COVID, les enseignants prennent leurs directives sur BFMTV ! Plus tard, on reçoit les directives officielles. Mais j’ai peur que cela perdure bien après le COVID. »

            Totalement vrai !

            Ma conjointe s’est tirées les cheveux plus d’une fois depuis le début de cette crise en attendant désespéremment des circulaires et des protocoles pour adapter son établissement aux contraintes venant d’en haut. Et bien souvent, les « masse » médias et les blogs des acteurs de l’EN étaient (finalement) ses premières sources pour prise de décisions.

            J’ai connu (lorsque j’ai moi-même gravité dans l’EN) un recteur qui avait fait sienne la fameuse maxime « l’intendance suivra » lorsque les notes de service et circulaires sortaient parfois avec 72h de retard par rapport à leur date d’application.

            Et puis aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il y aussi d’autres acteurs « parallèles » qui peuvent venir parasiter la « ligne managériale » de l’EN : Prefets, Présidents de région (pour les lycées), Présidents de département (pour les collège) , Maires et/ou Présidents de métropole (pour les écoles maternelle et primaire).

            Bref… En bout du bout de chaine, les acteurs de terrain (professeurs, personnels administratifs dans le secondaire, …) doivent bien souvent faire avec les moyens du bord (quand ce n’est pas gérer des injonctions paradoxales).

  2. Les thuriféraires de l’écriture ‘inclusive’ ne sont-ils point des maniaques de la complication à outrance : « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué »?
    Il faut prendre exemple sur le néerlandais qui il y a belle lurette a supprimé les terminaisons en .ch (vlamsche > vlaamse, nederlandsche >néderlandse, etc..) dans le but de simplifier l’orthographe de cette langue.
    Que viennent faire les recommandations du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes en matière d’orthographe et d’écriture de la langue ? N’y a t-il pas d’autres sujets plus prégnant à aborder en matière d’égalité ?

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  3. Bonjour à tous,

    Décidément, le privilège trop souvent accordé à la forme, sur le fond est une tendance dont les frontières sont imprécises dans les esprits.
    D’ailleurs, comment s’étonner de voir fleurir des formes idiomatiques non conventionnelles dans le vocabulaire français,
    Alors même que les représentants de certaines minorités, elles mêmes librement orientées contre certaines conventions (ce qui est leur droit),
    Entendent pourtant se voir « intègrées » à un environnement ressenti comme conventionnel, de ce fait soupçonné de ségrégationnisme.
    La marginalité, même librement choisie, serait-elle si difficile à vivre?
    Cela me semble évidemment certain, et ce quelles que soient les formes prises par ces marginalités.
    Mais si la marginalité pense pouvoir s’imposer grâce au nombre de ses fidèles,
    Pas étonnant qu’elle entende profiter du confort d’être reconnu victime des conventions, du seul fait de son aversion au conformisme ?

    Il est vrai que nous n’en sommes plus à quelques menues contradictions près!
    Et si l’engagement du franc tireur est pesant, baptisons le « tireur embusqué ».
    Et si le courage du lanceur d’alerte est risqué, appelons le « corbeau ».
    Et si la fraternité expose à la trahison, préférons lui la défiance et la haine.
    Eric.

    PS. Bizarre, cette mise en page à la quelle je me vois contraint pour être lisible, ce matin!
    Comme une impression d’AVC avec carence oculaire du côté gauche…
    Si ce n’est pas l’affaire de l’hébergeur, promis, j’appelle le SAV pour mon PC, voire mon médecin…

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      1. @Michel, @ToutMeHérisse, @Daniel, @Jannessy (et peut-être d’autres encore, je n’ai pas épluché tous les commentaires) : votre vision périmée sur l’écriture inclusive a « vraiment » besoin d’être mise à jour. La ridiculiser et la limiter à la seule abréviation au point médian (mal utilisé de surcroît) est un détournement d’attention usé, ou une ignorance du sujet.

        Je vous invite à lire par exemple (et pourquoi pas à haute voix, tiens !) :
        https://www.24joursdeweb.fr/2017/ecriture-inclusive-faisons-le-point-autour-de-la-cheminee

        « En effet, nul besoin d’abréviations pour s’exprimer de façon inclusive ! Pour preuve, cet article est rédigé de façon inclusive, sans employer aucunement ce type d’abréviations. Il est toujours possible de reformuler pour éviter d’abréger. Allez, allez, point de fainéantise ! »

        Nous sommes à la veille de 2022 et cet article date de 2017.

          1. Oui, et l’un n’empêche pas l’autre. L’écriture dite « inclusive » (dont je déteste la reprise grossière et directe de l’anglais « inclusive language ») est simplement une attention à considérer l’ensemble des personnes à qui l’on s’adresse, et la langue française a les possibilités de le faire, au-delà de tout réduire au masculin.

            Par exemple, le H.C.E. est plus élégant en évitant le terme malheureusement devenu polémique (une seule occurrence dans son document« Pour une communication publique sans stéréotype de sexe »
            https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe_vf_2016_11_02.compressed.pdf).

            Inclusif n’est pas synonyme de « point médian ». Ça c’est la caricature.

        1. @Emmanuel
          Dans l’article que vous citez, voici la reproduction de l’un des commentaires : Mantis, le mardi 26 décembre 2017 à 17:42
          Il est certain qu’avec l’écriture inclusive, les élites respecteront bien plus le peuple…
          Ce combat est une hérésie. L’écriture n’est pas la base de la discrimination. Cette dernière provient de la volonté des élites à diviser le peuple.
          Je comprends pas toutes ces femmes prêtes à faire la guerre pour un « . » et d’autres qui n’en veulent pas.
          Après 200 ans d’arnaque sur le suffrage universelle, je trouve ce combat bien plus cohérent qu’une nouvelle règle d’écriture.
          Bon courage, moi je vous laisse sur le bas côté, votre combat est dépassé et le temps que vous vous occupiez de cette merde on va reculer de 50 ans de droits sociaux.

          Cela rejoint mon propre commentaire actuel 🙂

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            1. Merci pour votre défense argumentée de l’écriture « inclusive » et pour votre belle humeur.
              Quand je lis ces commentaires, j’ai les dents qui grincent …

  4. Donc continuons à maintenir les situations d’exclusion.
    Le dominant l’emporte, n’y changeons rien.
    L’égalité, c’est très bien, c’est très noble, pour les autres, tant qu’on ne change rien à notre situation
    Tout changer pour que rien ne change ? Nous n’en sommes pas encore à cette extrémité. Donc…
    Un combat d’arrière-garde… ?

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  5. Je suis en train de relire la retranscription de la vidéo que j’ai récemment consacrée à l’Intelligence Artificielle, où je parle de l’« oniomanie », le désordre qui conduit à des achats compulsifs.

    Je vois que dans l’article « oniomanie » sur Wikipédia en français, les mots « femme », « sexe », « genre », n’apparaissent pas du tout ; dans l’article en anglais, il est dit que « plus de 90% » des personnes souffrant de ce désordre sont des femmes.

    L’absence des mots « femme », « sexe », « genre » dans l’article en français est plus que probablement une manifestation du politiquement correct. Mais le choix n’est pas innocent : il invalide l’article en cachant intentionnellement une information essentielle sur ce désordre de la personnalité.

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    1. Je viens d’éplucher les pages Wiki de Oniomanie et de Achat compulsif (aujourd’hui fusionnées). Dans aucune version depuis leur création (2007) et leur enrichissement principal (2011 pour l’une, 2013 pour l’autre), il n’y a eu mention de « femme ». Je ne trouve pas d’intervention corrective du politiquement correct. Pourtant les auteurs et les versions sont nombreuses… et font parfois référence à la page anglaise.
      Serait-ce un complot ? ou, plus que probablement, un hasard ? (Ce n’est qu’une mention non développée dans la page anglaise).

      1. C’est peut-être parce que la chose est sans importance… et que quand l’IA continuera d’en tenir compte … parce que c’est – après tout – inscrit dans les faits … on continuera de gueuler comme des putois : « Biais algorithmique ! À bas les programmeurs machos ! » … et on continuera de dire : « La prétendue IA ? Qu’est-ce qu’elle est bête ! »

        @ Chabian

        Vous pensez vraiment que le politiquement correct est né après 2007 ?

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    2. Donc, ‘politiquement correct’= censure. M’étonne pas.
      Procède du ‘Coupez moi tout ce qui dépasse !’

      Bientôt, nous, français, allons mettre des jambières en laine au pieds de table de style bien galbés. Pour les britt et autres saxons, c’est déjà fait… L’ hypocrisie et la bienpensance n’ont pas de limites. S’agit de protéger le fric.

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    3. Bonsoir Mr Jorion.

      Vous disiez « …il est dit que « plus de 90% » des personnes souffrant de ce désordre sont des femmes »…

      S’il s’agit bien là d’une vérité scientifique incontournable, ce qui est ma foi possible,
      Il me semble qu’il serait de la plus haute importance,
      Que vous nous expliquiez les raisons profondes d’un tel fossé entre les genres!
      Voire que vous tentiez d’initier une méthode pour combattre ce fléau aussi inquiétant que spécifiquement féminin!
      Je conseillerai d’ailleurs, afin d’éviter de nuire à l’efficacité des débats sur ce thème, d’en exclure expressément les femmes .
      Mais d’en collecter toutefois les témoignages les plus illustratifs du mal qui les touche, ceci par souci de préserver la parité ,
      Mais aussi afin d’en livrer l’étude à la sagacité d’une majorité masculine vérifiée et non dévoyée.
      Car sans ce passionnant travail de fond,
      Se borner à alerter les femmes sur les graves faiblesses de leur sexe,
      Risquerait de pousser la plupart des blondes à se faire teindre en brune!
      Et vraiment, quelle énorme responsabilité sur vos seules épaules!
      Eric.

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      1. J’ai pas tout compris .

        Mais pour homogénéiser les versions de wikipédia , on conseillera plutôt aux femmes anglaises de se faire naturaliser françaises ou l’inverse …

      2. Il n’y a sans doute aucun lien à propos de l’achat compulsif entre les classes laborieuses et le genre dominé. C’est une maladie de nature assurément. Les dominants ne sont pas concernés. Il faut le signaler. 🙂

  6. J’ai voulu, par des remarques un peu sèches, « tordre le bâton dans l’autre sens », au vu des positions masculines habituelles.
    Je vais dire maintenant deux trois choses sur l’écriture inclusive (et je les ai déjà dites il y a quelques années).
    La vraie question est celle de l’invibilisation des femmes (tiens, le mot d’invibilisation est trop nouveau pour le correcteur orthographique ! je parlerai donc d’effacement). En sciences, en composition musicale, en histoire, par exemple, l’effacement de la présence et du rôle des femmes est flagrant, et une redécouverte est nécessaire.
    Mais pour ce qui est de l’apparence, elles sont demandées, leur habillement est toujours décrit (et le reste est supposé) pour le plus grand plaisir des hommes.
    La question de l’usage des titres et du concept étendu de « homme » (les humains) s’inscrit donc dans cette question, il n’est pas essentiel, mais chaque aspect de la question de l’effacement des femmes vient à son heure. Il y a eu une pression et donc une réforme institutionnelle sur la formulation des titres (années ’80 ? Je ne sais plus).
    L’écriture inclusive est apparue bien plus tard et a été introduite par une boîte de comm ! avec un manuel ! Et avec l’argument de vouloir faire court pour économiser du papier aux éditeurs ! On est donc dans une démarche marketing se drapant dans le politiquement correct, je suis bien d’accord. On était vers 2010 ? Je ne sais plus.
    Mais ce n’est pas un motif pour la rejeter sans plus. Elle était apparue bien plus tôt en Allemagne et en Autriche en tous cas (souvenir du début des années ’90 : « studenten/innen ».)
    Du point de vue de la langue française, je suis bien d’accord que ce n’est pas une réforme réussie. Elle ne change rien à l’oral ou presque (étudiants.es) et l’effacement des femmes n’est donc pas résolu ! En plus le « point médian » est une ponctuation connue en espagnol, et le slatch / en allemand, mais pas du tout en français. Pour résoudre facilement ces deux questions, j’ai proposé de parler des étudiantes&diants. Cela a le double avantage d’utiliser une ponctuation connue en français depuis des siècles et de rendre visibles les femmes avant les hommes (qui peuvent être écornés un peu ou respectés in extenso « &étudiants » pour faciliter l’oral. Le français est une langue compliquée (même un chinois me l’a dit récemment !). On a besoin de simplification ? Oui sur la syntaxe, sur les propositions relatives et conditionnelles ! Mais on n’est pas à l’à près d’un mot en plus.
    Faudra-t-il maintenir ce double usage ? Pas nécessairement. Il faut prévoir un temps d’adaptation pour que les hommes acceptent de n’être pas cités en premier, mais évoqués quand même ! Ce n’est que dans un 2e temps qu’il tombera sous le sens (selon le contexte) que la mention « les étudiantes » incorpore par défaut des hommes, sauf précision. Donc une double évocation durant 50 ans et une évocation féminine durant 100 ans me parait suffisant pour accepter la fin de la règle « le masculin l’emporte ».
    L’accord de l’adjectif sur le dernier de deux termes : « les étudiants et étudiantes étaient effrayées » pose moins de problème, surtout qu’il justifierait de mettre les hommes en second terme !
    Maintenant, la question de l’écriture inclusive est vraiment secondaire, peu importante, « livresque », et n’est acceptable que dans un ensemble de questions portant sur l’effacement et l’objectivation des partenaires femmes.
    J’utilise souvent pour décrire la position des hommes, le terme générique de « dominants ». Chaque homme (ou presque) se sentira sans doute outragé par cet usage : « Moi je ne veux dominer personne, et ma compagne vous le confirmerait, et d’ailleurs elle aussi et plus souvent qu’à son tour, etc… « . Je suis entièrement d’accord, la plupart des hommes ne sont pas des mâles alpha. en fait, la domination est toujours un effet de groupe dont chaque membre est instrumentalisé, formaté pour assurer la reproduction de cette domination. Ce n’est pas strictement volontaire, mais c’est un mode de comportement qui reproduit la domination et qui réprime son abandon. Idem pour le groupe bourgeois, le groupe blanc, etc. Et cette domination est hiérarchique, avec un dominant Alpha, mais qui comporte toujours une domination hiérarchique avec des réseaux d’alliance, etc.; plutôt que de la domination individuelle pure (par force et par séduction). Donc tous nous y participons. Par exemple en « prenant la mouche » sur une question secondaire.
    Voilà brièvement évoquée la sociologie de la domination, mal connue et examinée.

    1. C’est effectivement  » bref » .

      Compte tenu des billets récents sur la dépression , j’ai surtout tilté sur le terme  » invisibilité » .

    2. « La vraie question est celle de l’invibilisation des femmes (tiens, le mot d’invibilisation est trop nouveau pour le correcteur orthographique ! je parlerai donc d’effacement). »

      Oui, « invibilisation » c’est normal mais « invisibilisation » est bien connu.

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