10 réflexions sur « Les possédés et leurs mondes – Paul Jorion. Livre 1. Issu de deux cultures et curieux de tout comprendre, ou comment je suis devenu anthropologue »

  1. Tout comprendre est-ce que c’est tout comprendre ?

    Je veux dire :
    Faut-il nécessairement tout considérer ( englober ) pour tout concevoir (appréhender ) ?

    Sans doute est-il possible d’utiliser d’autres acceptions du verbe comprendre ( voir dictionnaires de synonymes ou analogique pour reformuler cette question et lui donner une autre signification. ( Sens ? )

    J’en reste là !

  2. C’est dommage que la qualité sonore de la vidéo soit dégradée . (je l’ai constaté depuis quelques jours) . Ensuite la vidéo s’interrompt brutalement au milieu d’une phrase . Pas très courtois .
    Sinon le reste est passionnant .

    1. De mon côté, pas de souci sonore.
      Interruption d’une phrase : il s’agit d’une série, apparemment, qui peut être plus ou moins longue. Paul Jorion en avait parlé à propos de Jeanne Favret-Saada.
      J’ai trouvé cette page avec les noms de 120 anthropologues ou sociologues interviewés : https://www.anthropologie-societes.ant.ulaval.ca/les-possedes-et-leurs-mondes
      J’ai trouvé ce lien : https://uclouvain.be/fr/instituts-recherche/iacchos/laap/les-possedes-et-leurs-mondes.html
      Mais pas de présentation du projet. Les antropo-socios comme possédés ?

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      1. Les possédés, un bon livre de Dostoïevski.
        Et je ne sais pourquoi, j’y avais vu une adaptation dans un film de Godard, La Chinoise. Des deux côtés, des gens desaxés, loin de la réalité, à cheval entre deux mondes, mi révolutionnaires mi délirants.
        Citation chez Godard, donnée par Wikipedia :
        « Ce que j’ai à vous dire, c’est que c’est pareil dans l’enseignement aussi bien littéraire que scientifique. Le colloque de Caen a proposé des réformes, la gauche propose des réformes. Mais tant que Racine peindra les hommes tels qu’ils sont, tant que Sade sera interdit à l’affichage, tant qu’on n’enseignera pas les mathématiques élémentaires dès le jardin d’enfants, tant qu’on subventionnera dix fois plus les homosexuels de la Comédie-Française que Roger Planchon ou Antoine Bourseiller, ces réformes resteront lettre morte, parce qu’elles appartiennent à un langage mort, à une culture qui est une culture de classe, qui est un enseignement de classe, une culture qui appartient à une classe déterminée et qui suit une politique déterminée. »

  3. bizarre car avec d’autres sources de sons tout est parfait ! pas grave . c’est plus un problème de confort d’écoute que de compréhension.
    merci

  4. Quelques anecdotes sur le début de la vidéo.
    Amusant : j’ai un ami qui fut dans le comité lycéen deux ans après vous, Paul. D’une école technique d’Anderlecht, ce qui paraissait incroyable à ces gars des Athénées-Lycées. Peut-être vous êtes vous connu un moment. Je lui en parlerai également.

    Réflexion : ma famille est des deux côtés des « fransquillons de Flandre ». Autrement dit des bourgeois flamands parlant français dans leur milieu mais maitrisant très bien le flamand (plus exactement les patois flamands locaux) pour parler avec « la domesticité » et plus largement les gens du village, les gens de leur entreprise, etc. (Cela a bien changé car le flamand a été imposé dans la vie sociale de cette Région). Les enfants de la famille apprenaient le flamand avec une « bonne d’enfants » à qui on recommandait de ne pas parler français pour leur transmettre cette « double culture » dont parle Paul. Mais il y a évidemment une nette hiérarchie entre la culture familiale et la culture secondaire, « avec le bas peuple ». Alors que Paul parle d’une famille « mixte », dit-on aujourd’hui, qui partage véritablement deux cultures avec ses enfants. J’ai trouvé cocasse que, quand Papa revient du bureau, tout le monde parle français.
    En fait les fransquillons de Flandre ne sont pas vraiment des « flamands » au plan mental, parce que leur réseau (milieu social, relations d’affaires, etc.) est plus large que leur ville ou leur région : ce milieu navigue sur tout le territoire. Ce sont donc des aristocrates qui pratiquent l’aristocratie élargie (aux bourgeois qui ont réussi). Dans la foulée de l’Empire de Napoléon III, de nombreux bourgeois et aristocrates se sont créé et fait légitimer (on faisait un don à l’Etat, et on obtenait) des « noms à tiroir » avec la mention de tel ou tel village d’origine de la famille. Et comme le pays n’est pas grand, la vie sociale de ce milieu est facilement active : réceptions, mariages, alliances de toute sorte. ET malgré que la pratique du flamand leur est imposée socialement aujourd’hui, ils peuvent rester des franskillons en famille et ils le restent, comme un corps étranger socialement.
    Ceci est assez important pour replacer la « querelle linguistique » de la Belgique. La revendication flamande était hautement sociale/régionale, pour le simple respect du peuple dans sa propre région (être commandé en flamand à l’armée, avoir des hautes-écoles et une université flamande) et pour renverser un plafond de verre (à un certain niveau social, votre langue était non pratiquée). Il a fallu des lois pour renverser cela, et donc obtenir le pouvoir et l’imposer (durant la guerre 40-45, beaucoup de petits-bourgeois flamands espéraient une progression par l’indépendance de la Flandre ou par la création d’une grande Germanie, avec l’appui allemand nazi — cfr Le chagrin des belges, Hugo Klaus). Ce n’est que dans un deuxième temps, que le recul industriel wallon a donné une domination flamande méprisante envers les wallons et Bruxelles, qui n »existait pas au départ.
    Mes parents se sont installés à Bruxelles (déjà leurs parents avaient une résidence à Bruxelles en plus de celle de Flandre). Eux étaient encore un peu bilingues, mais n’ont pas transmis la 2e langue à nous les enfants. On a gardé une curiosité des langues (que je peux baragouiner rapidement ) mais sans plus. Et une curiosité sociale… marquante.
    Dernière remarque : alors que vous lisiez en cachette, devant la lenteur de l’apprentissage, je somnolais en classe (déprimé) tout en apprenant facilement. Importante différence, et je m’en rends compte.

  5. …  » En fait les fransquillons de Flandre ne sont pas vraiment des « flamands » au plan mental, parce que leur réseau (milieu social, relations d’affaires, etc.) est plus large que leur ville ou leur région : ce milieu navigue sur tout le territoire.
    Ce sont donc des aristocrates qui pratiquent l’aristocratie élargie (aux bourgeois qui ont réussi).
     » …

    Un test très?/trop peu? connu…
     »  » « On peut naître flamand , mais on n’est flamand que quand , la nuit , on rêve en flamand… »  »  » !

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