13 réflexions sur « Manifestation du 12 mars 2022 à Paris, par Emmanuel Rousseaux »

  1. Les manifs, je pense qu’on va en connaitre un certain nombre dans les mois et les années à venir.
    Je vais aller me racheter des chaussures de marche.
    Le reste de mon stock de masques FFP2 va être utile contre les lacrymos.

    2
  2. On se croirait dans le livre « Pour rien au monde » de Ken Follett.
    Paru l’automne dernier, au cours de son enquête historique pour sa série de trois roman « Le siècle », l’auteur avait été interpellé par l’enchaînement de circonstances ayant déclenché la première guerre mondiale. Personne ne voulait entrer en guerre, mais tout a basculé en quelques semaines. L’auteur a re-projeté tout ceci à l’époque actuelle.
    J’en ai fermé la dernière page le 27 février. Mais j’ai l’impression d’avoir été englué dans la trame de ce roman.
    Le lendemain la Russie reconnaissant la république du Dombass puis entrait en Ukraine quelques jours après.
    Cette nuit des missiles balistiques (12!) bombardent Erbil, visant (?) le consulat américain.
    La réalité dépasse la fiction en ces temps mauvais.

  3. Bonjour
    j’espere que c’est manif pour la Paix, qui pour moi arrive bien trop tard, on aurait du se mobiliser bien avant, contre les grandes puissances (USA, Russie, Chine GB, France) pour qu’elles arrêtent leur logiques militaristes, seront quand mêmes très importante, massive…et pas seulement orienté sur l’Ukraine, et contre la Russie. Oui, je dit cela car le mouvement pacifiste, le camp de la Paix, a été trop passif, endormi, pendant un certains temps , laissant la place aux bellicistes , va t’en guerre. Certes ils on des « excuses » , face au rouleau compresseur médiatique, justifiant toute guerre, ou face au complexe militaro-intellectuel…..
    Tout cette argent qu’on met dans l’armement, les préparatif de guerre, au lieue de le mettre dans le sauvetage de la planète, sur le plan écologique, ou dans le social !!!!
    Oui, on va me dire cette une évidence
    Des sommes astronomiques, Kolossal……sont investie, et là cette mal partie, tout le monde réarme, pour les futurs guerres. on est incapable de sortir de ces logiques.

    7
    1. En effet, vous avez raison.
      Jusqu’au début de cette guerre il n’y avait que des manifestations contre les mesures sanitaires.
      Maintenant, vous avez des manifestations pour l’Ukraine qui rassemblent des milliers de personnes
      tandis que les manifestations qui sont réellement pour la paix ne rassemblent que quelques centaines
      de personnes. C’est vraiment très mal parti. Les pacifistes vont connaitre de mauvais moment.

  4. Marioupol était connue au début du xvie siècle comme la forteresse cosaque Kalmious, mais la ville naquit véritablement après la migration de Grecs de Crimée en 1778-1780. Sous Catherine II de Russie, Marioupol connut l’immigration des Grecs provenant de Crimée, qui s’étaient installés initialement à Chersonèse, Kertch et Théodosie depuis le vie siècle av. J.-C. et qui furent chassés par les Ottomans. La voyageuse française, Adèle Hommaire de Hell, en fait une description savoureuse lors de son voyage en 1840[1].

    À la fin du xixe siècle, Marioupol fut transformée grâce au chemin de fer arrivé ici en 1889, à la création d’un grand port avec des représentations consulaires de l’Autriche-Hongrie, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, de la Grèce, de la Sublime Porte, de la Belgique et de l’Empire allemand, et à la fondation d’usines sidérurgiques.

    Période soviétique Modifier
    La ville se range du côté bolchévique le 30 décembre 1917, mais bientôt se trouve sur le front austro-hongrois et allemand, dont les armées l’occupent. Les occupants sont chassés par l’armée blanche en automne 1918. En 1919, pendant la guerre civile russe, la ville fut brièvement occupée par les Français venus y soutenir les armées blanches. L’Armée rouge les chasse le 29 mars 1919, mais doit reculer en mai suivant. Ce n’est qu’en mars 1920 que Marioupol se rend à la flottille rouge de la mer d’Azov. Les entreprises métallurgiques, comme les autres, sont nationalisées. Dans les années 1930, l’usine Azovstal voit le jour.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marioupol fut occupée par l’Allemagne nazie du 8 octobre 1941 au 10 septembre 1943. Les Allemands fusillent environ 10 000 habitants, envoient près de 50 000 jeunes gens et jeunes filles comme travailleurs forcés en Allemagne, déportent en camp de concentration 36 000 prisonniers dont la plupart ne survivent pas. Marioupol fut libérée par la 44e armée du front du sud de l’Armée rouge.

    En 1948, Staline renomma la ville Jdanov, en l’honneur de son proche collaborateur Andreï Jdanov qui y était né. La ville retrouva son nom originel en 1989 et la statue de Jdanov fut déboulonnée en 1990 en raison de ses crimes de masse.

    Depuis la dislocation de l’Union soviétique, de nombreux Grecs pontiques ont quitté Marioupol pour la Grèce.

    Ukraine indépendante
    La ville est le théâtre de troubles en réaction contre la récente révolution de Maïdan à partir d’avril 2014. Des bâtiments officiels sont pris par des insurgés russophones. Plus de trois cents personnes sont arrêtées. La ville reste entre les mains des troupes loyalistes ukrainiennes.

    Les hostilités reprennent le 24 janvier 2015, jour où les rebelles (que le ministre de la défense ukrainienne accuse d’être soutenus par la Russie) lancent une offensive de très grande ampleur sur la ville. Des tirs font trente victimes civiles[2]. Les deux côtés s’accusent mutuellement.

    Le 25 février 2022, une bataille éclate à l’ouest de la ville dans le cadre de l’invasion russe de l’Ukraine. Dès le lendemain, la ville est assiégée et bombardée par les forces russes[3] pour lesquelles le port est probablement un objectif stratégique pour l’accès de la Russie à la mer d’Azov. Le port avait obtenu un cessez-le-feu de quelques heures au dixième jour de l’invasion pour évacuer (le 5 mars 2022, de 10 h à 16 h locales, c’est-à-dire 9 h à 15 h heure de Paris) une partie des civils, mais à peine leur évacuation commencée, elle a cessé en fin de matinée en raison de bombardements continus des environs, selon la municipalité[4]. Le 9 mars 2022, le maire de Marioupol a indiqué « au moins 1207 personnes sont décédées depuis 9 jours, date qui correspond au début du siège russe. »

    Extrait de la notice francophone de wikipedia sur la ville Ukrainienne de Marioupol en date du 10 mars 2022.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Marioupol

    1
    1. https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/14/le-scenario-du-pire-en-ukraine-et-en-russie_6117374_3210.html

      Le scénario du pire, en Ukraine et en Russie
      Alors que l’Ukraine résiste malgré l’acharnement de l’assaillant, la Russie de Poutine se raidit et s’isole toujours davantage.

      Analyse. Chaque jour charrie son lot d’horreurs, depuis que la Russie a lancé une guerre injustifiable contre l’Ukraine. Chaque jour est gros, aussi, d’événements encore impensables il y a peu. La réponse occidentale a été unie et fulgurante : déclenchement immédiat de sanctions massives, chasse aux biens oligarchiques, livraisons d’armes aux Ukrainiens, prise en compte du drame migratoire et humanitaire qui ne fait que débuter. Mais cette réponse, si louable soit-elle, n’arrête pas les missiles et les frappes russes sur les civils. Elle ne permet nullement de contenir le sombre dessein du Kremlin et sa fuite en avant. Au contraire. Le régime russe a intégré depuis longtemps – à ses risques et périls – l’idée que la surenchère et le fait accompli seuls garantissent une position de force.

      On sait ce que l’Occident se refuse à envisager : une confrontation militaire directe avec la Russie. Donc pas de « no fly zone » imposée par l’OTAN, pour contester la supériorité aérienne de l’agresseur. Mais à cette heure, aucune sortie de crise ne se dessine. Il est périlleux de se risquer à des pronostics. Mais il est indispensable d’envisager, parmi tous les scénarios, le pire possible. Même parmi les experts de la Russie, bien peu avaient prévu une opération militaire sur l’ensemble du territoire ukrainien. La leçon de cette erreur, que partage l’auteur de ces lignes, semble évidente : elle ne doit plus être commise. Le scénario du pire – outre une escalade nucléaire entre la Russie et l’OTAN – est le suivant : une Ukraine transformée en Syrie, et une Russie en Corée du Nord.

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      GUERRE EN UKRAINE
      Le scénario du pire, en Ukraine et en Russie
      Alors que l’Ukraine résiste malgré l’acharnement de l’assaillant, la Russie de Poutine se raidit et s’isole toujours davantage.

      Par Piotr Smolar(Washington, correspondant)
      Publié aujourd’hui à 02h01, mis à jour à 06h01
      Temps deLecture 4 min.

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      Analyse. Chaque jour charrie son lot d’horreurs, depuis que la Russie a lancé une guerre injustifiable contre l’Ukraine. Chaque jour est gros, aussi, d’événements encore impensables il y a peu. La réponse occidentale a été unie et fulgurante : déclenchement immédiat de sanctions massives, chasse aux biens oligarchiques, livraisons d’armes aux Ukrainiens, prise en compte du drame migratoire et humanitaire qui ne fait que débuter. Mais cette réponse, si louable soit-elle, n’arrête pas les missiles et les frappes russes sur les civils. Elle ne permet nullement de contenir le sombre dessein du Kremlin et sa fuite en avant. Au contraire. Le régime russe a intégré depuis longtemps – à ses risques et périls – l’idée que la surenchère et le fait accompli seuls garantissent une position de force.

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      Les comparaisons entre pays ont toujours des limites. Commençons par l’Ukraine. En Syrie, la dimension ethnique et religieuse, le rôle de l’organisation terroriste Etat islamique sont des traits particuliers à ce conflit. Mais ce sont les similitudes qui importent à présent. Vladimir Poutine a totalement sous-estimé la capacité de mobilisation et de résistance patriotique des Ukrainiens. Logique, puisqu’il nie même l’existence pleine d’un tel peuple, considéré comme un cousin de province abâtardi, devant être corrigé. Le projet de renversement de pouvoir à Kiev se fracasse contre la réalité. Le Kremlin a planté la haine dans le cœur des Ukrainiens contre Moscou. Même si le président Volodymyr Zelensky était tué ou contraint à l’exil, toute marionnette installée à Kiev serait considérée comme telle. Et la Russie n’a pas les moyens de maintenir sous contrôle militaire, à long terme, l’ensemble du pays.

      Un territoire fracturé
      A part transformer Odessa et Kiev en Alep, la ville syrienne martyre, quels peuvent être les buts opérationnels ? On n’en voit pas. A moins de considérer cette destruction comme le nouveau plan de substitution. Son but : fracturer le territoire en îlots de désolation, rendre l’Etat failli et transformer le pays en ruine ingouvernable, avec des millions de réfugiés partant vers l’Union européenne. Attendre le développement, en face, de groupes armés ultranationalistes ou à base de combattants étrangers, pour les intégrer en retour dans la justification de la guerre, la fameuse « dénazification ». Recruter des mercenaires, du groupe Wagner ou de Syrie, pour des missions ciblées. Sur un plan territorial, il serait possible, pour la Russie, de se replier sur une sorte de Donbass élargi, relié à la Crimée et au sud de l’Ukraine – soit le projet ressuscité de Novorussie, déjà évoqué en 2014 dans les cercles nationalistes. Et puis d’attiser sans fin la déstabilisation du trognon restant de l’Ukraine. Pour Kiev, le rêve d’une intégration dans l’Union européenne serait difficilement atteignable.

      Vient ensuite la Russie. Là encore, beaucoup d’incertitudes planent sur l’effet des sanctions occidentales, surtout si l’Union européenne emboîte le pas aux Etats-Unis et frappe le secteur de l’énergie. La sidération et le déni au sein de la population pourraient s’effriter si l’effondrement du rouble se produisait, semblable à celui d’août 1998. Mais cela ne garantit en rien un vaste mouvement de contestation. Pour l’heure, ceux qui peuvent et veulent partir s’y emploient. Quant aux spéculations sur un affaiblissement de Vladimir Poutine et un possible complot de palais contre lui, elles ne reposent sur rien à ce stade. Le président russe représente une sorte de pivot, de figure d’équilibre entre des factions très diverses, oligarchiques et/ou sécuritaires, parmi lesquelles il est difficile d’imaginer l’émergence d’un consensus sur une alternative. Il faudrait un court-circuit général, une embolie économique, pour que ce système éclaté, sans Politburo de type soviétique, remette en cause son organisateur.

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      Le scénario du pire, en Ukraine et en Russie
      Alors que l’Ukraine résiste malgré l’acharnement de l’assaillant, la Russie de Poutine se raidit et s’isole toujours davantage.

      Par Piotr Smolar(Washington, correspondant)
      Publié aujourd’hui à 02h01, mis à jour à 06h01
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      Analyse. Chaque jour charrie son lot d’horreurs, depuis que la Russie a lancé une guerre injustifiable contre l’Ukraine. Chaque jour est gros, aussi, d’événements encore impensables il y a peu. La réponse occidentale a été unie et fulgurante : déclenchement immédiat de sanctions massives, chasse aux biens oligarchiques, livraisons d’armes aux Ukrainiens, prise en compte du drame migratoire et humanitaire qui ne fait que débuter. Mais cette réponse, si louable soit-elle, n’arrête pas les missiles et les frappes russes sur les civils. Elle ne permet nullement de contenir le sombre dessein du Kremlin et sa fuite en avant. Au contraire. Le régime russe a intégré depuis longtemps – à ses risques et périls – l’idée que la surenchère et le fait accompli seuls garantissent une position de force.

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      Un territoire fracturé
      A part transformer Odessa et Kiev en Alep, la ville syrienne martyre, quels peuvent être les buts opérationnels ? On n’en voit pas. A moins de considérer cette destruction comme le nouveau plan de substitution. Son but : fracturer le territoire en îlots de désolation, rendre l’Etat failli et transformer le pays en ruine ingouvernable, avec des millions de réfugiés partant vers l’Union européenne. Attendre le développement, en face, de groupes armés ultranationalistes ou à base de combattants étrangers, pour les intégrer en retour dans la justification de la guerre, la fameuse « dénazification ». Recruter des mercenaires, du groupe Wagner ou de Syrie, pour des missions ciblées. Sur un plan territorial, il serait possible, pour la Russie, de se replier sur une sorte de Donbass élargi, relié à la Crimée et au sud de l’Ukraine – soit le projet ressuscité de Novorussie, déjà évoqué en 2014 dans les cercles nationalistes. Et puis d’attiser sans fin la déstabilisation du trognon restant de l’Ukraine. Pour Kiev, le rêve d’une intégration dans l’Union européenne serait difficilement atteignable.

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      Vient ensuite la Russie. Là encore, beaucoup d’incertitudes planent sur l’effet des sanctions occidentales, surtout si l’Union européenne emboîte le pas aux Etats-Unis et frappe le secteur de l’énergie. La sidération et le déni au sein de la population pourraient s’effriter si l’effondrement du rouble se produisait, semblable à celui d’août 1998. Mais cela ne garantit en rien un vaste mouvement de contestation. Pour l’heure, ceux qui peuvent et veulent partir s’y emploient. Quant aux spéculations sur un affaiblissement de Vladimir Poutine et un possible complot de palais contre lui, elles ne reposent sur rien à ce stade. Le président russe représente une sorte de pivot, de figure d’équilibre entre des factions très diverses, oligarchiques et/ou sécuritaires, parmi lesquelles il est difficile d’imaginer l’émergence d’un consensus sur une alternative. Il faudrait un court-circuit général, une embolie économique, pour que ce système éclaté, sans Politburo de type soviétique, remette en cause son organisateur.

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      Répression totale, justice expéditive.Dépendance à venir, sur de nombreux plans, vis-à-vis de la Chine. Orgues accablantes des médias alimentant l’idée d’un vaste complot occidental, d’une prétendue xénophobie antirusse. Et puis, vis-à-vis de l’Occident, le Kremlin agite la menace nucléaire pour rappeler le statut de la Russie et son venin. Vladimir Poutine voulait s’inscrire dans la lignée de Pierre le Grand. Le voilà promis au cousinage de Kim Jong-un. Les crimes de guerre en plus.

      Piotr Smolar

  5. @Arnaud Castex « une Ukraine transformée en Syrie, et une Russie en Corée du Nord. » Est-ce une éventualité si défavorable pour les Etats-Unis et la Chine ?

  6. Des accords bafoués

    Le Mémorandum de Budapest de 1994 par lequel :

    – l’Ukraine remettait les armements nucléaires qui se trouvaient sur son territoire à la Russie

    – la Russie, ainsi que le Royaume-Uni et les Etats-Unis de leur coté réaffirmaient leur engagement envers l’Ukraine, de respecter son indépendance, sa souveraineté et ses frontières existantes.

    – Dans le Mémorandum, la Russie réaffirmait son devoir de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’usage de la force contre l’Ukraine, et s’engageait à ce qu’aucune arme russe ne soit jamais utilisée contre l’Ukraine, sauf en cas de légitime défense ou autrement, conformément à la charte des Nations unies.

    C’est ce qui s’est effectivement produit coté ukrainien ; l’Ukraine a accepté d’être dénucléarisée en échange de l’assurance du maintien de son intégrité territoriale.

    https://www.liberation.fr/checknews/la-russie-setait-elle-engagee-a-respecter-lintegrite-territoriale-de-lukraine-via-le-memorandum-de-budapest-20220311_J3VSFRN2MFHDNKT3YOIU5SUUSM/

    Également :

    Le traité d’amitié Russo-ukrainien :

    « le 31 mai 1997, le traité d’amitié russo-ukrainien est signé. «C’est le grand traité [après l’effondrement de l’URSS, ndlr] qui définit la nature de la relation entre les deux Etats, c’est un traité fondamental, différent du Mémorandum qui inclut d’autre pays», explique Anne de Tinguy. Conclu «après des négociations extrêmement longues et difficiles», le texte prévoit à l’article 2 que les deux pays s’engagent à «respecter l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières», explique l’historienne.

    «La Russie a également conclu un certain nombre de traités bilatéraux avec l’Ukraine, qui impliquent nécessairement ou réaffirment expressément que la Russie accepte les frontières de l’Ukraine comme établies et définitives. […] Et, peut-être le plus explicite, l’accord sur la frontière entre l’Ukraine et la Russie, 29 janvier 2003. Les accords concernant la flotte de la mer Noire sont également très importants, car la Russie a obtenu des droits de location sur des bases situées dans la péninsule de Crimée – droits qui n’ont de sens que si la Russie reconnaît la souveraineté de l’Ukraine sur la péninsule de Crimée», ajoute Thomas Grant. Autant d’engagements non respectés par la Russie depuis 2014.

    On peut comprendre dans ces conditions que l’Ukraine ait manifesté le souhait d’intégrer l’OTAN, notamment après l’épisode de la Crimée, puis du soutien de la Russie au Dombas.
    Et qu’il lui en coûtera beaucoup de devenir un pays neutre.

    1. @Pierre-Yves Dambrine C’est très intéressant et quelles sont les clauses applicables en cas de non respect ?
      Ne serait-ce pas aux 2 autres Etats parties garants et nucléaires de faire respecter l’accord y compris en faisant ou menaçant de faire usage de leur armement nucléaire ?
      Ou simplement devrait-on considérer l’accord comme caduque et réclamer le retour de l’armement nucléaire de Russie en Ukraine !

      Quel était alors le sens de l’accord ?
      Une défense contre toute agression venant d’un autre pays tiers ?
      Alors Les Etats-Unis et le Royaume Uni seraient aussi autorisés à envahir tout ou partie de l’Ukraine (sans que la Russie puisse y voir malice) ….
      par exemple pour y éliminer le communisme …

      Il est aisé de remarquer que Poutine a attendu le BREXIT avant de violer l’accord.
      En ce sens l’Union Européeenne n’est pas concernée pas ce différend.
      et l’Otan ne pourrait l’être qu’indirectement

      Tout celà ne peut qu’inciter les Etats qui souhaitent un peu d’indépendance et de respect à se doter de l’arme nucléaire.

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