ASSURER L’EXISTENCE PAR LE NOMBRE, LA MONNAIE NUMÉRIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Un projet de mise en application pratique d’une monnaie pacifique.

Le crédit non régulable

Cinq ans après l’accident des subprimes, la crédibilité du système financier mondial se révèle irrécupérable. Les banques et les États s’entraînent réciproquement dans le défaut de crédit. Ce défaut a son origine dans le système en vigueur accordant la liberté à quelques emprunteurs internationaux souverains et aux banques d’émettre des titres sans régler l’intégralité de leur prime de crédit. L’obligation de faire évaluer son crédit par ses créanciers véritables n’est pas la même pour tout le monde. Il en résulte que la masse mondiale des dettes est explicitement déconnectée de la mesure réelle de la solvabilité financière de l’économie. Tous les emprunteurs ne peuvent pas rembourser leurs dettes et il est impossible d’identifier les débiteurs publics et bancaires véritablement en défaut.

La monnaie virtualisée

L’émission monétaire des banques centrales ne peut plus restaurer objectivement le crédit bancaire : les pertes indéfinies des épargnants sur les États et les banques sont mutualisées par le bilan des banques centrales qui font la propriété commune de la monnaie. Les banques centrales se protègent juridiquement en absorbant tout le collatéral crédible issu de l’économie réelle. Les créances théoriquement les plus sûres de l’économie réelle sont déposées dans les comptes centraux afin de certifier le pouvoir d’achat de la monnaie centrale. Par contrecoup les créances de l’économie réelle sur lesquelles les banques adossent leurs propres crédits et leur propre liquidité sont de plus en plus douteuses. Au lieu de prêter à l’économie réelle, les banques doivent prêter aux banques centrales afin de conserver une liquidité qui prouve qu’elles ne sont pas en défaut. L’économie réelle ne dispose plus pour se financer que d’une fraction toujours plus minime de la valeur ajoutée qu’elle produit. La masse monétaire est stérilisée dans les bilans bancaires où le prix réel des actifs de crédit et d’investissement est explicitement inférieur à la masse des passifs dus à l’économie réelle.

La réalité asymétrique

En l’absence de système juridique commun de crédit international, les banques et des États émetteurs de titres en monnaies internationales disposent du privilège de ne pas régler le prix économique réel de leur solvabilité. Alors que les chaînes de transformation économiques sont mondiales, les chaînes de crédit sont interrompues d’un système juridique à l’autre. Les banques centrales se garantissent dans leur seul périmètre juridique alors que leurs débiteurs bancaires sont internationaux et affranchis d’obligations nationales de légalité. Les épargnants réels dont la richesse est liée à un territoire donc nécessairement soumise à des obligations nationales de solidarité sont contraints de prêter sans limite économique à des emprunteurs internationaux anonymes ainsi qu’à leurs garants financiers théoriquement détenteurs du capital couvrant leur crédit.

Autodestruction systémique

Les asymétries structurelles de crédit entre les émetteurs de monnaie sont prolongées par le système dit des changes flottant. La convertibilité internationale des monnaies n’est plus soumise à aucune loi depuis l’abandon de tout étalon international de crédit. Les intérêts économiques des seules banques dirigent les parités de change monétaires. Selon leurs propres besoins de liquidité, les banques dévaluent les zones monétaires où se concentrent leurs créanciers en réévaluant les zones monétaires où leurs débiteurs dominent. Les taux de change dissimulent les pertes bancaires de crédit en dépréciant la mesure financière du capital investi dans l’économie réelle. Les pertes de crédit sont ainsi imputées aux réserves de change résultant de l’activité réelle passée et non aux prêteurs imprudents qui ne mesurent pas la solvabilité à terme de leurs débiteurs par la rentabilité réelle vérifiable des investissements. Le tissu industriel se désagrège chez les débiteurs investisseurs et se renforce chez les créanciers épargnant. L’économie financière non régulée par l’égalité devant le crédit capture la liquidité des épargnants en détournant le capital de l’économie réelle.

La crédibilité objectivement mesurable

L’anéantissement du réel par la virtualité financière repose sur la détermination des parités de change par la liquidité bancaire et sur des privilèges étatiques et bancaires d’émission de titres en monnaie internationale affranchie de toute légalité. La ré-indexation de la finance sur le réel est immédiate si les parités de change internationales sont établies sur la solvabilité relative des monnaies et si les monnaies sont émises sur l’équité du crédit. Pour que le crédit soit obligatoirement proportionné à la production économique réelle, il faut nécessairement que la liquidité financière du crédit soit émise dans le même cadre de loi que celui de l’économie réelle financée. Il faut nécessairement que le prêteur de la liquidité financière soit à égalité d’obligation avec le prêteur du réel. La monnaie qui exprime le prix de la chose ne doit pas être distincte de la monnaie qui fait crédit d’une loi souveraine.

Concrètement une émission de dette n’est pas fiable hors de la garantie effective d’une communauté légale de marché. Un marché financier est fictif qui ne rend pas indiscutable la légalité préalable des engagements de prix sur des objets de droit explicitement posés. La loi d’un tel marché signifie le placement de toute émission de crédit sous une souveraineté juridique dont la monnaie soit le titre comptable. Le titre monétaire indexé par un marché formé dans une légalité est alors unité de compte de la crédibilité de tout emprunteur à produire réellement ce qu’il emprunte par le contrat. Le contrat n’existe pas réellement qui n’est pas formé dans un marché régi par une loi identifiable.

La propriété numérique du réel

La globalisation financière numérique a montré que le réseau informatique mondial est justement l’infrastructure du crédit dans n’importe quel système juridique. Toute formule juridique est inscriptible sur un support de mémoire numérique et transportable en n’importe quel point du réseau mondial. Tout sujet de droit et tout objet réel est représentable par un index informatique. Enfin toute personne physique peut être indexée comme sujet d’une loi informatiquement déposée. N’importe quelle société de quelconque nature et finalité peut définir par son système informatique une solidarité créditrice de ses membres sur un objet commun déposé. Il suffit techniquement que tout élément d’information contribuant à la formation des prix à l’intérieur de la communauté informatisée soit propriété d’au moins une personne numériquement identifiée ; et que toute propriété numérique d’information ait le statut d’information attribuable en propriété au garant de la personne propriétaire de l’information primitive.

Cohérence légale de l’hypertexte

Le lien hypertexte du protocole de transfert « http » est la racine du crédit dans un système d’identification numérique des personnes. Un lien hypertexte établit les quatre relations numériques nécessaires au crédit :

1)    entre le propriétaire d’une information et le garant de la vérité informative ;

2)    entre une information et le créateur identifié du lien hypertexte qui la pointe ;

3)    entre le pointeur du propriétaire et le pointeur hypertexte du garant ;

4)    entre les trois pointeurs hypertextes et le prix négociable de l’information.

Trois pointeurs hypertextes combinés lient le nom d’un objet aux noms du prêteur du prix et du propriétaire de l’objet garant du prix. L’hypertexte relie n’importe quel texte dans n’importe quelle langue aux deux identifications numériques de la personne portant le sens du texte et de la personne garantissant le sens du texte dans la réalité tangible. La loi juridique des prix d’un marché est alors identifiée par une même monnaie qui devient l’index numérique de la légalité appliquée.

Singularité numérique universelle

L’hypertexte est concrètement universel comme le prix : toute réalité tangible peut devenir un bien économique entre deux personnes singulières quelconques même si elles ne partagent pas la même langue ni la même culture. L’hypertextualité informatique rend l’économie du prix totalement objective en imposant une relation numérique entre toute représentation textuelle de la réalité et les personnes réelles mises en société par un système d’information. Les personnes informatiquement associées organisent librement leur collaboration concrète mais se prémunissent par l’hypertexte d’un engagement de monnaie détaché de la vente du prix de leur risque personnel de crédit. En objectivant la relation du nombre au texte, l’hypertexte matérialise toutes les relations nécessaires au crédit entre l’objet, le prix et la personne.

Prix de compensation

Le marché hypertextuel engendre des prix en monnaie véritable à la condition d’une programmation informatique de la relation de crédit à l’intérieur d’une société de légalité numérique. Cette programmation repose sur une différentiation des personnes, des décisions, des faits et des prix dans les modèles de donnée informatique. Les biens économiques sont numériquement représentés par leur dénomination, leur échéance de livraison, leur propriétaire et le garant de leur prix. Le calcul informatique actualise alors automatiquement une compensation permanente des prix. L’offre et la demande de prime engagée par des personnes numériquement identifiées sur l’échéance de chaque objet est équilibrée par le volume de crédit gagé sur le prix nominal contractuel.

Monnaie hypertextuelle

La monnaie hypertextuelle établit l’équilibre des prix par la traçabilité numérique de tout engagement en crédit, en texte et en propriété. La compensation monétaire des prix par le texte et par la propriété est le principe historique du marché. Le marché est d’origine un espace physiquement délimité par un même régime de lois. La circulation de la monnaie entre des acteurs identifiés les rend libres de toute proposition matérielle du moment que l’objet est visiblement vérifiable par la loi de l’espace commun. L’équilibre des prix s’actualise en temps réel selon les faits engagés par les personnes physiquement et commercialement solidaires dans leurs relations de crédit. Toute offre de prix fait crédit sur un marché par compensation des primes achetées sur le prix avec les primes achetées sur la livraison effective vérifiable de la chose à l’acheteur final. La masse monétaire d’un marché est l’encours de primes de vente adossées aux primes d’achat des objets nominalement négociables.

Textualité du capital marchand

La négociation numérisée des primes couvrant et la chose et le prix institue la libre confrontation de toutes les positions possibles de jugement du crédit selon la réalité et selon l’économie de la loi. Le vendeur de la chose est vendeur de la prime du prix. Le vendeur du prix est vendeur de son crédit. Le vendeur du crédit est vendeur de la loi. La collectivité de marché est acheteuse de la loi non applicable seulement par la force des choses. La numérisation de la loi dans la compensation de marché automatise l’appel des garanties personnelles engagées dans l’objet livrable et dans le prix. Les primes achetées sont obligatoirement revendues quand l’acheteur final constate à l’échéance du marché une livraison de la chose non conforme au prix hypertexte.

La vente systématique du crédit personnel de n’importe quel acheteur ou vendeur provoque la mesure d’un capital de marché sur le crédit de toute vente et de tout règlement. Le capital social perpétuellement mesuré en garantie des prix et des biens prouve le prix réel du crédit et le pouvoir d’achat réel de l’unité de compte monétaire à toute échéance de temps. Ce capital social n’est pas un nombre abstrait d’une intelligence transcendante mais la mesure vérifiable par des assurances personnelles réelles de réalités objectives numériquement tracées. L’hypertexte assure réciproquement la réalité par le nombre.

Société de texte et de nombre

L’hypertexte informatique donne à la monnaie une consistance purement numérique et pleinement analogue aux réalités personnelles et aux réalités physiques. Tout avoir monétaire prêteur ou emprunteur renvoie à des personnes reliées par des choses réelles contextualisées dans une société qui ne peut plus être fictive ni fantasmée. La monnaie devient totalement convertible entre des sociétés numériquement distinguées et concrétisées par leurs lois et leurs objets. Le capital hypertextuel assure la convertibilité des prix dans la légalité. L’intérêt commun peut racheter par des primes de change internes toute la variation du prix en monnaie étrangère des objets importés dans sa loi. Les personnes étrangères sont objectivement garanties dans leurs droits par une loi lisible en monnaie hypertexte. Le prix de la convertibilité des transactions entre des régimes juridiques distincts n’est plus imputable aux seules personnes physiques tributaires de la société de légalité réelle. Le prix du change compensable dans un marché numériquement délimité subordonne les prix dans n’importe quelle monnaie à l’efficience du droit hypertextualisé garanti par la communauté objectivement constituée.

Responsabilité personnelle numérique

L’hypertexte synthétise réciproquement le capital par le crédit dans la responsabilité personnelle vérifiée par le marché. L’espace numérique monétisé en hypertexte est l’interface universelle entre la réalité physique et la réalité personnelle engendrée par les sociétés. Toute réalité est économisable en bien à la condition de servir une personne socialement portée ; laquelle reçoit librement le service par l’achat de l’objet contre règlement en quote-part du capital social de marché. Le marché hypertexte matérialise le droit qui fait la monnaie. Dans l’économie financière indexée sur la légalité économique réelle, il appartient à la société de discuter les lois dans ses langues vernaculaires et de négocier les objets dans la matérialité physique a coté de la compensation en hypertexte. Offres et demandes sont formées dans la réalité personnelle légale avant d’être numériquement compensées selon le règlement numérique de la loi réelle commune.

Le crédit numériquement objectif

Le marché hypertextuel offre la règle logique de l’économie du crédit. La règle du crédit ne relève ni de la nécessité des choses ni de l’arbitraire humain. La modélisation numérique du réel entre la réalité physique et la discussion libre des prix crée un espace de négociation véritablement économique. Les personnes réelles consentent librement à la réalité objective numérisée. N’importe quelle société politique, commerciale ou industrielle peut en vérifier l’efficacité économique en rassemblant ses membres dans un périmètre numérique de règlement des prix par l’identité, le nom, le code et la propriété des objets. La technologie existante des bases de données relationnelles permet une représentation intégrale du modèle du crédit engagé par les observations personnelles de la réalité en objets de légalité. Les requêtes informatiques d’enregistrement, de compensation et de restitution des prix sont écrites. La modélisation hypertexte du crédit est intégrable dans toute interface de négociation contextuelle des objets économiques. Le modèle du crédit hypertexte est scalable : applicable à l’échelle d’une entreprise, d’un secteur économique, d’un territoire, d’un pays ou du monde.

Comptabilité morale

La compensation hypertextuelle produit une relation logique stable entre le pouvoir d’achat de la monnaie, le prix, le capital et l’actualisation du crédit. Elle ajoute la quatrième dimension du risque de crédit séparée du crédit à la compensation actuellement réduite par l’infaillibilité légale arbitraire des banques. La loi humaine n’est plus confondue dans l’actualisation du crédit avec la nécessité des choses. Le risque du jugement redevient calculable et mutualisable par l’association délibérée des personnes dans la loi. N’importe quelle société introduisant le moteur de compensation dans son système d’information solvabilise tout engagement de ses membres par la constitution d’un capital de marché. La variabilité lisible en monnaie interne des prix du physique assure la collatéralisation du crédit par le prix interne du capital convertible dans n’importe quelle monnaie externe. La compensation hypertextuelle réduit le risque du crédit par la mutualisation négociable des primes de crédit personnelles dans une loi commune de l’incertitude réelle. Le réel n’est plus la réalité moralement hasardeuse mais le futur engagé au présent entre des personnes explicitement solidaires par une même monnaie numériquement infalsifiable.

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62 réflexions au sujet de « ASSURER L’EXISTENCE PAR LE NOMBRE, LA MONNAIE NUMÉRIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. virtualité toujours mais bien concrète
    nos amis banquiers ne dorment jamais, l’argent travaille.

    Après l’échec du porte monnaie électronique monéo
    on vous propose maintenant le paiement sans contact intégré à votre cb
    c’est magique dés que vous passez près de la caisse on débite votre compte bancaire
    sans sortir la carte sans faire de code et sans vérifier qui vous êtes bien sur et qu’il s’agit bien
    de votre carte.

    L’autorisation de prélèvement de toutes sommes inférieures à vingt euros n’importe où par n’importe qui, il fallait y penser. Et il n’y a pas de petit profits et les risques restent à votre charge.

    Ne soyez pas étonnés par la suite que l’assurance de vos moyens de paiements augmente chaque année. La prime d’assurance couvre les pertes occasionnées par la fraude. (il y a la fraude sur internet des clients et il y a la fraude des banquiers eux-mêmes qui génère des procès coûteux )

    Pour ma part je vais attendre la version suivante, quand vous passerez près de la caisse on vous accordera automatiquement un crédit… d’impôt 🙂

    1. Tiens, monéo…
      l’autre jour, dans ma boulangerie, village du finistère :
      – Une jeune femme dit d’un air gêné qu’elle n’a pas de monnaie pour payer sa baguette. Peut-elle utiliser monéo ?
      – la boulangère dit oui, mais affirme qu’il y a un minimum d’achat.
      Du coup, la jeune femme paraissant un peu à court d’argent (une sorte de malaise quand il faut payer…..enfin, ça se sent, les gens qui courent après des centimes d’euros) s’est sentie obligé de rajouter quelques croissants pour atteindre « le minimim » monéo.
      Je ne sais comment fonctionne cette carte, mais si elle « oblige » « les pauvres » à dépenser plus, c’est encore une belle invention.

  2. La crédibilté objectivement mesurable , est ce la vraie et seule réponse à  » c’est quoi la confiance pour les marchés ? »

    En clair , est ce que les marchés peuvent se satisfaire d’une objectivité mesurable ?

  3. En Grèce, un symbole était au sens propre et originel un tesson de poterie cassé en deux morceaux et partagé entre deux contractants. Pour liquider le contrat, il fallait faire la preuve de sa qualité de contractant (ou d’ayant droit) en rapprochant les deux morceaux qui devaient s’emboîter parfaitement. Le sumbolon était constitué des deux morceaux d’un objet brisé, de sorte que leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune et donc un signe de reconnaissance très sûr.

    Est-ce ce genre de chose que vous cherchez à faire avec les moyens modernes fournis par l’informatique?

    1. Un peu plus récent mais, il me semble, dans le même genre.

      Les bâtons de bois anglais:

      Charles II fut roi d’Angleterre de 1660 à 1685. Tout au long de son règne, des baguettes de bois étaient, entre autres, utilisées comme monnaie. Cette histoire possède un certain parallèle avec le monde moderne.

      Tandis que les Pères Pèlerins étaient occupés à fonder l’Amérique, leurs frères puritains anglais se libéraient de l’oppression religieuse. En 1650, Olivier Cromwell renversa le roi, décapita ce dernier et, sur un modèle familier, prit le contrôle du parlement en menaçant de le dissoudre s’il s’opposait à lui. Il mourut en transmettant directement le pouvoir à son fils, apparemment sans aucune opposition.

      Cromwell disparut, et l’Angleterre décida que s’il elle devait avoir un roi, celui-ci se devrait d’être légitime. Ainsi, Charles II fut couronné en 1660, onze ans après l’exécution de son père.

      Les pouvoirs du nouveau roi étaient moins larges que ceux que possédait son père. La plupart de ses réalisations dépendaient d’une coopération avec le parlement. En particulier, le privilège royal de lever des impôts était perdu, réduisant Charles II à quémander à tout jamais les taxes à son nouveau partenaire gouvernemental. Le parlement se réunissait rarement et la logistique de la collecte des impôts retardait les rentrées d’argent. La liquidité était donc toujours rare. Le roi avait du mal à payer les factures à temps.

      A peu près à ce moment-là, Londres commença à se développer financièrement. Les joailliers -dont le rôle traditionnel était la fabrication de bijoux et de plats- formèrent une corporation qui devint plus tard le groupe des banquiers moderne.

      Les joaillers se trouvèrent bientôt dans la position de pouvoir prêter de l’argent et ce faisant, devinrent les intermédiaires clé du marché naissant du financement de la dette gouvernementale.

      Cela fonctionnait ainsi : armé de la permission parlementaire d’augmenter les impôts, Charles II encaissait tout de suite les liquidités de certaines recettes fiscales auprès des joaillers, moyennant un taux d’escompte par rapport à leur valeur faciale. Les joaillers, de moins en moins en mesure d’honorer leurs comptes privés et incapables de monnayer la dette royale, furent rapidement dans l’impossibilité de prêter davantage au roi. Alors il fut arrangé que le remboursement de la dette ne serait plus dû au joailler originellement détenteur du bon mais à n’importe quel détenteur, de sorte que le prêteur original puisse vendre la dette et retrouver sa liquidité initiale.

      Le problème était alors de savoir comment s’assurer que le nouveau détenteur de la dette –n’étant plus le débiteur d’origine- puisse identifier de manière certaine l’authenticité du bon au porteur. C’est alors que mère Nature apporta sa solution au problème.

      Un morceau de bois fendu par le milieu ne coïncidera parfaitement qu’avec son autre moitié. Et c’est ainsi que les baguettes de bois devinrent un composant de la monnaie anglaise. Le bureau de la dette du gouvernement prit de belles baguettes de noisetier et grava autour divers symboles qui dénotaient les montants monétaires empruntés et prêtés. La baguette était ensuite fendue en son milieu et chaque moitié présentait une partie des entailles. Un côté –qui avait une poignée en bois était appelé la « souche »- était détenu par le Trésor du roi, tandis que l’autre partie était donnée au joaillier, qui recevait également un morceau de papier détaillant la date et les circonstances du remboursement.

      Le système était simple et efficace. Les joaillers-banquiers étaient dignes de confiance et échangeaient entre eux la majeure partie de ce qui était alors connu sous le nom de « baguettes » pour se procurer des liquidités. Ils avaient de bonnes raisons de demeurer honnêtes car ils étaient des intermédiaires clef dans un marché profitable et rapidement croissant. Les baguettes de bois étaient impossibles à contrefaire et le roi garantissait le remboursement de l’ensemble des dettes.

      C’est une tentative de perfectionnement de ce système qui mènera finalement à son effondrement, après l’avoir étendu bien trop largement pour qu’il demeure viable. Au départ, l’offre de liquidités provenait directement des joaillers. Avec précaution, ils commencèrent à sortir l’argent qu’ils possédaient dans leurs dépôts privés, sachant que leur crédit personnel leur procurerait suffisamment d’argent liquide s’ils devaient rembourser leurs déposants. Par la suite, ils réalisèrent qu’ils pouvaient faire encore mieux en offrant un intérêt sur les dépôts privés à terme, car cela éliminerait le risque que représenterait le rappel des fonds à vue. En payant un intérêt, ils accumulaient encore plus de liquidités publiques et ces fonds étaient prêtés au roi à un rythme grandissant.

      Charles II n’eut bientôt plus besoin de se soucier de l’approbation du parlement quant à l’augmentation des taxes avant d’émettre des baguettes puisqu’il était en mesure de les vendre. A partir de 1668, il devint communément accepté que les emprunts d’Etat soient garantis par de futures taxes sur la nation, hypothèse qui est toujours valable de nos jours.

      Le frein parlementaire à l’émission de ce nouvel instrument monétaire était alors contourné, et rapidement, la ville de Londres florissait grâce au crédit garanti par ces baguettes en bois fendues. C’est alors que les choses devinrent plus difficiles.

      A mesure que les dépositaires volontaires privés se raréfiaient, il fallait ajouter un petit quelque chose au taux d’intérêt pour pouvoir extraire un peu plus de liquidité du public. Les joailliers ne pouvaient offrir au roi des escomptes finançables qu’en fonction de dépôts qu’ils pouvaient eux-mêmes obtenir. En 1670, le roi devait accepter un escompte de 10% par an pour faire face à ses dettes « baguettes ». Les déposants recevaient maintenant 7% d’intérêts et les intermédiaires le reste.

      En 1671, le système ne profitait plus du tout au roi, puisque les remboursements nécessitaient toute la liquidité que les émissions suivantes avaient pu lever. Il avait obtenu tout l’argent privé qu’il pouvait obtenir et ainsi, lorsqu’à la fin de l’année, il demanda encore plus de cette liquidité vitale, les banquiers ne purent la lui fournir, quel qu’en soit le prix.

      Bien ennuyé, Charles II se souvint que la plus grande part de ces crédits contractés récemment l’avaient été à des taux supérieurs à 6%, limite imposée par ses propres lois contre l’usure. Il déclara ces dettes illégales et ses propres paiements stoppèrent. Cette action temporaire fut décrétée le 2 Janvier 1672 et fut prolongée après un an pour deux années supplémentaires (sujettes à quelques exceptions) après lesquelles elle fut valable indéfiniment.

      L’effet en fut que ceux qui prêtaient à l’Etat avaient accidentellement fourni, grâce à leurs richesses accumulées avec précaution, des impôts volontaires. On blâma les joaillers. Ils furent caricaturés comme étant des opportunistes avares, et damnés par leurs déposants précédemment enthousiastes. Onze des quatorze plus gros joaillers firent faillite, laissant leurs chefs ruinés, en banqueroute, en fuite, en prison, ou encore morts.

      L’humble baguette de bois ne retrouva plus jamais sa crédibilité. Elle fut vouée à perdre la bataille contre son proche cousin – le papier.

  4.  » Le réel n’est plus la réalité moralement hasardeuse mais le futur engagé au présent entre des personnes explicitement solidaires par une même monnaie numériquement infalsifiable. »
    Je rêve, j’hallucine, pitié ! dites-moi que c’est une blague, que l’avenir ce n’est pas cela, que nous ne connaitrons jamais cet univers numérique avec monnaie infalsifiable et réel non moralement hasardeux…

  5. La monnaie informatique est le pire fléau pour l’humanité. Regardons sur l’équation MV = Somme des px donc après avoir manipulé M (masse monétaire), ce sera la manipulation de V (vitesse de circulation). Nos banquiers ont de la ressource pour mieux nous faire le coup de l’illusion monétaire. C’est le moment pour eux de sortir l’arme suprême avec la situation actuelle (pour couteau sous la gorge). C’est la mobilité et la substituabilité des capitaux qui posent le vrai problème.
    La monnaie électronique ne changera rien aux dérives monétaires (invention d’actifs à l’infini). C’est la perte totale de contrôle du citoyen sur la monnaie. Une monnaie doit être légitime. Outil qui serait géré par les mêmes élites du désastre actuel ? Résultat garanti !
    L’échange doit être garanti par une valeur consensuelle et réelle. L’informatique ne changera en rien les dérives sur le nominal. Les fraudes seront pires qu’aujourd’hui. C’est l’outil suprême de domination d’une classe dirigeante (un aboutissement). L’informatique ne doit pas permettre de se substituer à la notion de valeur. Mais attention, car c’est l’objectif prioritaire des financiers et banquiers ! C’est la maitrise de l’échange (perte de contrôle démocratique) et donc de la socialisation par l’endettement générationnel. Imaginons des chiffres pour valeur. La confiance au chiffre est comme la confiance en du papier. Le contrôle du chiffre (comme du papier) provoquera les mêmes résultats. Pas sur une génération mais des générations : cela me rappelle même le film « In time » !
    Ensuite, il suffit de regarder comment les calculateurs sont des parasites. La valeur doit se déterminer par le choix des contractants. Je pense que la monnaie n’a cessé d’être dématérialisé dans la forme, d’où notre perte démocratique du contrôle monétaire. Il n’y a pas de limites aujourd’hui alors pensez bien qu’avec l’informatique, nous serons victime de la vitesse de circulation. Je ne suis pas ringard car l’informatique a des atouts mais pas dans tous les domaines….On veut recadrer la valeur réelle en augmentant la conception virtuelle ? Ce n’est pas raisonnable comme proposition. Seul un banquier ou un financier peut nous proposer ce genre de solutions…..Redonnons plutôt du sens à la séparation des pouvoirs (la finance comme un pouvoir mal encadré. Institutionnalisons-le car il corrompt les autres pouvoirs).
    Le chiffre et l’informatique comme outil, oui – une monnaie, non ! Mais peut-être que je vous ai mal compris ?

    1. @ olivier69

      Je n’y connais rien en finance ce qui n’a pas l’air d’être votre cas. Que penser de cette « loi » PQ=MV?
      C’est un principe de « flouzo-dynamique » comme il y a des principes de thermodynamique?

      1. @bASIC /
        Aussi nul que vous en économie….. , il est qd meme évident que si 10 000 euros changent de main chaque jour par achats successifs ….ça n’est pas la meme chose que s’il changeait de main chaque mois ….créer 12 biens de 10 ooo euros en un an , c’est pas pareil que créer 365 biens de meme valeur …( emploi , et bénéfices collatéraux) ……
        La valeur de la monnaie est liée a sa vitesse de circulation ….c’est pas Einstein , mais tout comme , sa valeur diminue avec sa vitesse de circulation …….
        Le problème actuel c’est que certains s’appuient sur la valeur induite par une vitesse lente , pour faire des centaines de transactions a la minute …..un genre d’ arnaque parce que si on faisait tous celà , la monnaie ne vaudrait plus rien ….

        Pour pousser plus loin la réflexion , on peut dire que le système économique s’est formé sur une vitesse tres lente de circulation (ses regles , ses contraintes etc ..) …..Vous qui etes matheux , une modélisation de l’économie donnerait des equa avec des tas de groupes au numérateur et au dénominateur , chaque phrase d’equa etant f(t) …..avec la modernité et ses outils , on fait tendre « t » vers zero …..ce qui bien sur va faire exploser l’equation vers zero ou l’ infini (best seller) …
        Le « t » etait le frein naturel qui effaçait la perversité de l’equa du modèle …
        Il faut redonner du temps au temps !

      2. BasicRabbit,
        Oui, c’est l’arnaque des libéraux.
        L’offre de monnaie = MV masse monétaire (à identifier) multipliée par la vitesse de circulation.
        La demande de monnaie = PQ (prix * quantités) le prix des richesses réelles (travail compris).

        La demande représente l’échange marchand. C’est le prix des richesses réelles qui est normalement le résultat d’un rapport de force (rareté et utilité) à un instant T comme le troc par ex (1A=2B), c’est un équilibre des prix relatifs (réels). C’est le marché des biens et services marchands (travail compris). Vous remarquez que dans la demande de monnaie : il y a donc un prix pour les richesses (A et B). C’est la magie du nominal qui se substitue au relatif. Le nominal doit refléter l’équilibre du relatif (ou réel). On considère par exemple qu’avec A=2 et B=1 en circuit fermé, nous avons A+B=3. C’est la fonction de la monnaie comme unité de mesure ou numéraire.

        L’offre, c’est la quantité de monnaie mise à disposition dans le temps pour l’échange. Le temps, c’est sa vitesse de circulation. Le système devient A+B+C = 3 (C = la monnaie). Le rapport de force n’est plus le même si la monnaie devient un bien. Aujourd’hui C (la monnaie) n’est pas égal à 0 (voir dimension temporelle de la monnaie : réserve de valeur, de pouvoir d’achat futur, l’espoir d’un profit) comme le nécessiterait sa fonction d’unité de compte ou de numéraire (voir définition fonctionnelle et institutionnelle de la monnaie). On parle de la thésaurisation. Donc, nous avons A+B+C=3. Le A ne s’échange plus nécessairement contre 2B car tout dépend de la valeur de C. Et pire, imaginez que A est votre travail. La valeur est altérée et donne un terrain propice au gaspillage des ressources par la maîtrise des cours (C n’étant plus égal à 0). Si les biens sont non consommés alors ils peuvent s’échanger à l’infini. Pour la vitesse, c’est la monnaie qui passe de mains en mains. Donc 1$ peut servir à mettre à disposition 1000$ (le même $ peut faire 1000 transactions au lieu d’avoir 1000$ pour 1000 transactions, c’est 1/1000 contre 1000/1000). Dans ce cas, c’est le temps pour faire ces transactions qui est modifié ainsi que la valeur nominal du bien (différence entre potentialité et possibilité, l’illusion).

        Le marché monétaire : L’offre et la demande de monnaie s’équilibrent dans le temps. Chaque injection de monnaie et chaque variation de la vitesse de circulation (l’offre) déstabilisent le rapport de force de la demande (les prix relatifs) jusqu’au retour à un nouvel équilibre par un nouveau rapport de force. Notons qu’il y a des actifs monétaires en plus mais où les situer : au niveau de M seulement (composante de l’offre) ou dans la demande également (C, la marchandise monnaie). Il faut un laps de temps pour que l’intégration se fasse au niveau de la demande (l’information n’est pas spontanée).

        La monnaie est devenue une marchandise donc elle doit être intégrée dans les richesses réelles. Ce que vous injectez se retrouve de l’autre coté de l’équation (dans la demande). Normalement vous devriez injecter l’équivalent des richesses réelles nouvellement créées (que j’appelle actifs réels uniquement). Ainsi, comme il existe des actifs réels mais aussi des actifs monétaires et financiers alors chaque variation de l’offre peut avoir une destination différente (actifs réels ou monétaires ou financiers). Plus vous injectez, plus vous déstabilisez les prix relatifs (prix réel des richesses) par l’introduction de nouvelles valeurs (actifs). Et en matière d’imagination, la création d’actifs monétaires et financiers est illimitée. La multiplication des échanges (les intermédiaires) et la désynchronisation des recettes et des dépenses sont également des facteurs de perturbation de la valeur. C’est la même chose avec la vitesse de circulation.

        La richesse : choisir entre du nominal et du réel dans la confrontation des prix ? La rareté jouera les arbitres. Beaucoup de valeurs monétaires et financières avec peu de valeurs réelles donne un résultat faussé facilement par une manipulation de l’instrument devenu marchandise (ou bien a part entière). A chaque injection, les prix relatifs se modifieront dans la confrontation (le rapport de force).
        Je ne suis pas contre la considération de certains actifs financiers (comme de la richesse réelle) mais cela dépend de leur usage. Il faudrait mieux les identifier en terme d’objectif réel.

        Ensuite, à l’extrême de mon raisonnement, je préfère manquer d’argent plutôt que de pain (c’est l’usage) et de savoir-faire si l’avenir promet la rareté (voir le paradoxe de l’eau et du diamant). La soupe de pain est préférable à la soupe de billet, c’est plus nourrissant.
        Alors, vive les marchands de rêve ! L’argent est pratique à condition qu’il y a quelque chose à vendre ou à acheter. C’est pourquoi, la monnaie ne doit pas être une marchandise mais uniquement un instrument d’échange (définition fonctionnelle). Je dis que la monnaie s’est matérialisée dans le fond (devenu le bien par excellence, source de convoitise) et dématérialisé dans la forme (les agrégats). La monnaie électronique favorisera la mort du « fidus » par une dématérialisation ultime. C’est une monnaie imposée au détriment de la monnaie consensuelle. Ce n’est pas au banquier de dicter la valeur mais aux échangeurs dans le cadre de la confrontation de l’offre et de la demande par les prix relatifs (confiance car garantie de la valeur pour l’échange par la transparence de l’information, une valeur intrinsèque). Son rôle est le financement de l’économie mais pas la détermination de la valeur des actifs ! Il ne doit pas être un teneur de marché. Il ne doit pas s’emparer de la définition institutionnelle de la monnaie. Le pouvoir de la monnaie corrompt la séparation des pouvoirs.

        De plus, on ne peut pas maitriser éternellement une valeur sans dépasser une limite (la catastrophe), celle de la rareté. Le décalage entre le cours réel et le cours nominal (à cause des teneurs de marché) sera réajusté brutalement en terme de valeur lorsque l’usage du bien concerné est fondamental pour la société (cf propriétés et stocks restants de l’argent métal ou du pétrole par rapport au cours actuel). On peut parler de « contre-bulle » mais le rééquilibrage sera aussi brutal qu’une bulle spéculative. Vouloir repousser l’échéance, oui seulement dans le cadre d’une anticipation de substitution du bien par les apports technologiques. Le progrès n’est pas le fruit d’une incantation spéculative mais d’un travail.

        L’offre et la demande sont analysées temporellement. Par exemple, on devrait davantage prendre en compte la consommation (destruction de richesse) pour observer les mouvements. Car on fait un état (à l’instant T) puis un autre (T+1) et on disserte sur la variation soit disant proportionnelle (dMV = dPQ). C’est plus parlant de comparer en terme de destruction (la consommation). L’angle d’analyse en n est temporel alors qu’il devrait être contextuel (lié à la consommation ou la destruction de richesse). Ce sont donc les lunettes pour regarder qui ne conviennent pas. Je pense qu’analyser en terme de consommation plutôt qu’en terme de temps permettrait de limiter le gaspillage et de voir les bénéfices réels (et non uniquement nominaux). De même, comparer n et n+1 permet de dissimuler (en n+1,01 par ex ou n+1,001…….) ce que l’on veut en terme d’analyse statique.

        Enfin, j’ai essayé de faire simple mais il faudrait normalement beaucoup plus d’explications pour comprendre la dynamique des prix. La monnaie a une dimension essentielle : individuelle, sociale et temporelle. Les facteurs psychologiques et sociologiques sont des éléments fondamentaux. Je conseillerai de ne pas laisser cet instrument entre les mains des marchands !
        J’y reviendrai et tenterai de mieux vous informez. J’espère que cela vous convient qu’en même….

        ps : Irving Fisher dit « le poissonnier » a pêché son équation (théorie quantitative de la monnaie), ce fut une belle prise mais rien à manger. 🙂

      3. @ kercoz

        Je ne comprends rien à ce que vous écrivez. Je suis (j’ai été) matheux et non physicien parce qu’il me faut « du fixe » pour accrocher ma pensée. La relativité des physiciens me donne le tournis.

        « Pour pousser plus loin la réflexion , on peut dire que le système économique s’est formé sur une vitesse tres lente de circulation (ses regles , ses contraintes etc ..) ….. […]
        Le « t » etait le frein naturel qui effaçait la perversité de l’equa du modèle …
        Il faut redonner du temps au temps ! »

        Ce que vous dites là me plait. Dans la mécanique newtonienne c’est l’accélération et la masse qui jouent un rôle privilégié: tout mouvement « naturel » va en accélérant. Dans la mécanique aristotélicienne la force est une force de frottement proportionnelle et opposée à la vitesse: tout mouvement naturel va en ralentissant. Ce qui est naturel et valide en mécanique aristotélicienne devient pervers et absurde en mécanique newtonienne. Ce qui ne va pas en finance c’est peut-être la masse monétaire qui, du fait des intérêts, s’accroît et prend de la vitesse, c’est à dire accélère. Alors qu’il faudrait peut-être remplacer cette masse et la force inertielle qui va avec par un coefficient de frottement… fiscal bien entendu.

        L’interprétation dynamique des catastrophes de Thom se fait en mécanique aristotélicienne et non newtonienne…

      4. @ olivier69
        J’aime votre première phrase: « Oui, c’est l’arnaque des libéraux. »
        qui laisse entendre que cette « loi » (de Say?) est bidonnée. Pour la suite je vous réponds comme à kercoz: je n’accroche pas. ça viendra peut-être un jour…
        Merci de votre longue réponse.

      5. BasicRabbit,
        MV représente l’ensemble des actifs. Les actifs (la richesse) sont des capitaux et du travail. A moins que l’on considère le travail comme un capital alors c’est l’ensemble des capitaux. Cela en dit long sur la dévalorisation de la valeur travail. Avec votre rémunération, vous devez acheter des actifs pour vivre.

      6. BasicRabbit,
        j’ai retravaillé mon post sur l’arnaque des libéraux pour vous.
        Peut-être est-ce plus clair ?

      7. @Basic :
        L’ essentiel a retenir c’est que la « valeur » d’ une monnaie varie avec sa vitesse de circulation .

        Toute l’ économie s’est régulée a une époque ou on mettait 3semaine a négocier une charrette de blé , 2 mois a la livrer et 6 a se faire payer ….
        Les equa de ces modélisations etaient donc conditionnées a chaque etape par x (t) ….
        qd t a une valeur cohérente avec les autres parties de l’equa (variables et constantes) , ça peut s’auto-réguler pour se stabiliser (stabiliser les effets structurellemen pervers) ……mais les perversités explosent qd « t » tend vers zero .
        (Bon c’est juste la vision intuitive d’ un pas-ingénieur écono )

    2. @Olivier69,
      Nous ne pouvons pas nous comprendre si nous ne posons pas la monnaie comme outil de règlement. Un règlement est comme vous le suggérez la matérialisation d’une transaction portant sur la chose et sur le prix. Le flux monétaire représente la transaction mais n’est pas la transaction qui est un accord d’échange entre des personnes physiques. Ce qu’apporte la compensation nominative informatisée c’est la matérialisation de l’accord entre personnes sur la chose et sur le prix préalablement à tout crédit monétaire. Alors la notion de vitesse de circulation de la monnaie prend un sens car les quantités renvoient à des masses objectivement limitées.

      Notons que la théorie chartaliste remplace la spéculation des banques par la spéculation du pouvoir politique. La vitesse de circulation de la monnaie reste un pur concept sans définition objective de la masse monétaire. La pré-science d’un gouvernement nommant une masse et un prix aux signes monétaires dont la condition d’émission n’est pas fixée par le droit positif ne change pas grand chose à la situation actuelle où les banques centrales émettent contre un collatéral dont le prix réel est auto-référencé : proportionnel à la quantité de monnaie émise par la banque centrale.

      1. oui mais l’outil n’empêche pas d’être également un outil de maitrise des prix (fixation objective ou subjective ?) en même temps qu’être un outil de règlement. Sachez que je ne cautionne pas le « chartalisme » (je n’est aucune affiliation avec qui que ce soit), j’essaie seulement d’être le plus juste possible. Le pouvoir politique appartient à qui et n’est-il pas corrompu par les manias de la finance? Le pouvoir, ne doit-il pas être davantage démocratique ? Je ne suis pas contre l’outil mais sur la façon de l’utiliser (motifs de détention)….
        Enfin les termes de l’accord d’échange sont spontanés mais la valeur du coût de l’échange dans le temps ?

      2. @Olivier69,
        Le prix du coût de l’échange dans le temps est justement le prix de la confiance produite par la démocratie. Si le pouvoir politique est au service de tous, il contrôle le système bancaire pour vérifier la proportionnalité du crédit au prix transactionnel de marché régi par l’égalité des droits entre prêteurs et emprunteurs ainsi qu’entre acheteurs et vendeurs. Dans un régime d’égalité devant la loi, la prime d’assurance de la liquidité à terme du crédit est minimale car les incertitudes de la réalité future ne sont pas gonflées par l’aléa moral.
        Nous sommes bien d’accord que la corruption financière du pouvoir politique détruit l’égalité devant la loi afin de créer de la plus-value fictive sur l’instabilité du crédit. Actuellement, l’Union Européenne supprime la démocratie afin de renflouer les banques avec des taux usuraires.

      3. Je tiens à vous signaler que c’est la première fois que j’ai l’occasion de converser avec un professionnel aussi aguerri. Je dois admettre que vos connaissances pratiques dépassent de loin mon entendement. Je n’ai donc aucune légitimité réelle, si ce n’est mes connaissances théoriques. Notre échange ne remettra jamais en cause à mes yeux vos réelles qualités et votre esprit d’analyse. Je tenais à vous rassurer même si je suis parfois maladroit.
        Ensuite, « Si le pouvoir politique est au service de tous, il contrôle le système bancaire « , je vous remercie pour votre franchise.
        C’est la raison pour laquelle je tiens à définir correctement la définition institutionnelle de la monnaie ainsi que ses différentes dimensions.

      4. @Olivier69,
        Merci de votre réponse qui est nécessaire pour que nous avancions à la fois collectivement et individuellement. La finance qui instancie la monnaie par le crédit est une interface collective et individuelle entre le dire et le faire. Si la finance fonctionne conformément à sa finalité, elle produit un équilibre individuel et collectif, c’est à dire un équilibre pluriel instantané, à l’intérieur du dire et à l’intérieur du faire. Tous nos malentendus proviennent de ce que notre langage n’est pas explicite quant au référencement de nos affirmations à la pratique ou à la théorie.

        Toute la spéculation financière se construit sur la fonction d’interfaçage du théorique au pratique : les spéculateurs se positionnent dans la théorie quand leurs contreparties sont dans la pratique (économie réelle) et dans la pratique quand leurs contreparties sont dans l’interprétation théorique (économie financière du capital et du crédit). Quand l’État de droit met le financement de sa fonction de régulation juridique sous la dépendance des marchés financiers, il s’interdit d’exister en tant qu’arbitre du bien commun et devient un intérêt privé en concurrence avec tous les autres.

        La BCE et l’euro non subordonnés à un Etat confédéral européen associant les Etats souverains dans l’interprétation nationale de leur Droit fait de la zone euro un nouveau Saint Empire Romain Germanique dirigé par des féodalités financières. Nous sommes revenus dans les guerres de religions qui ont dévasté l’Europe. Combien de temps les princes financiers qui nous gouvernent vont-ils mettre à négocier un nouveau traité de Westphalie ?

  6. Je suis hostile aux machines à voter:

    – avec le système traditionnel on peux par exemple aller vérifier que les urnes sont vides à l’ouverture du bureau ou vérifier après coup que le résultat proclamé lors du décompte des votes est bien celui publié (sur Internet!) par le Ministère de l’Intérieur. Je crois qu’en France les résultats ne sont jamais exacts par suite d’erreurs à la fois volontaires et involontaires mais que l’écart est très faible (alors que dans d’autres pays les résultats me semblent être trafiqués autant qu’il est utile au pouvoir en place.)

    – avec des machines à voter il serait théoriquement possible d’obtenir un résultat exact à une unité près (même si on ne peut jamais prouver qu’un logiciel et parfait et qu’aucune machine ne soit défaillante le jour du vote serait extrêmement coûteux.) Malheureusement personne ne pourrait être sur qu’une fraude systématique ou locale n’a pas été mise en place et il en résulte que personne ne pourrait avoir confiance dans le résultat proclamé…

    Pour ce qui est de la monnaie, où le problème de la compréhension et de la confiance de chacun se pose aussi, les choses me paraissent nettement moins simples:

    – je sais qu’on a toujours et partout triché avec la monnaie (le pourcentage d’or dans les pièces par exemple.) Je suppose que l’informatique n’a rien arrangé mais n’ai aucune idée du montant des fraudes commises grâce à elle (bien que ce soit dans un autre domaine, j’ai eu l’occasion de constater que les responsables ne percevaient absolument pas les nouvelles possibilités de fraude dues à l’utilisation de l’informatique et ne s’en souciaient aucunement…)

    – si le but des banquiers et hommes politiques était de rendre plus transparents les échanges financiers et d’appliquer plus strictement les lois, l’informatique pourrait indiscutablement y contribuer (y compris pour des lois telles que celle décrite par PSJ qu’il serait inconcevable de faire appliquer sans ce moyen.)

    – quand les choses suivent leur pente naturelle l’informatique permet que les lois et règlements deviennent sans cesse plus complexes donc incompréhensibles. L’idée que se font de l’informatique nos hauts responsables ne me pousse pas à être optimiste.

    P.S. Même si j’ai connu un inspecteur des impôts qui utilisait un ordinateur personnel (tableur) qu’il avait acheté lui-même, je me suis longtemps réjoui du retard à utiliser l’informatique dans la perception des impôts. Maintenant cet aspect vital de l’Etat est devenu aussi fragile que le reste…

  7. Je ne suis pas un spécialiste en économie et nombre de termes utilisés dans ces lignes ne me parlent que très peu…
    Je fais le constat que le système (appelons le « neoliberal », « capitaliste », « scientifique, technique et marchand » comme vous voulez) atteint des limites qui ne sont plus acceptables pour la plus grande majorité des citoyens. Nous sommes de plus en plus nombreux, les ressources naturelles sont de plus en plus rares…Les richesses s’accumulent pour une infime minorité, minorité qui ne veut pas voir ses profits diminuer, profits qui ne peuvent exister sans la collaboration des pays émergents (les BRICS comme on dit dans le jargon). Les ressources s’amenuisent, des relations d’intérêts sont en place, il va bien falloir que quelqu’un se serre la ceinture pour que d’autres puissent continuer à vivre au même niveau de vie.
    L’Afrique n’a connu que ça, pour l’Europe, c’est une nouveauté…A nous de décider du mode de déroulement de ces changements. Les politiques n’y feront rien, ne comptons pas sur eux…La crise avant d’être économique est écologique, et avant d’être écologique est démocratique.
    Une monnaie informatique, pourquoi pas si celle-ci n’est pas thesaurisable…Un territoire produit une quantité de richesses, ces richesses converties en monnaie (virtuelle ou non, à discuter) constituent le capital à l’instant T. Ce capital est distribué à l’ensemble de la population à part égale. Chaque personne a une durée (la même pour tout le monde, également à déterminer) pour la dépenser. Au bout de cette période, le compteur revient à 0, que tout ait été dépensé ou non.
    Bien sûr, tout cela pose la question de l’autonomie des territoires et du peuple qui sera certainement une question pregnante dans les années à venir.
    L’homo oeconomicus est mort, vive l’homosubsistantius…

  8. PSDJ,
    Votre vision très idéaliste d’un lien parfait entre fonctionnement monétaire/réalité de l’économie/démocratie vous conduit à ne pas percevoir des marges de manoeuvre tout de suite utilisables, parce que considérées comme « impures » vis à vis de votre idéal. Je veux parler du néochartalisme qui a déjà valu ici quelques polémiques néfastes au débat. Pourtant, le néochartalisme prouve chaque jour que « le marché » ne pilote pas les taux de la dette publique, dès lors qu’une administration assez souveraine fixe les taux directeurs. Cf cet exemple sur l’Afrique du Sud, le Brésil et aussi, le Japon, les US et UK.

    1. Michel a raison : l’insolvabilité des États dont parle Pierre Sarton du Jonchay est très largement hallucinatoire. Je recommande tout particulièrement l’article sur le Japon, où il est également traité des questions de stabilité des prix, de croissance, et d’interaction entre ces paramètres et le déficit public, en plus des taux directeurs. Ça donne une bonne vision d’ensemble et fait profiter d’une traduction du professeur d’économie William Mitchell, l’un des fondateurs du néochartalisme.

      il y a également cet article sur la zone euro qui peut intéresser, car l’euro est un cas particulier non-néochartaliste, ainsi que cet article pour approfondir cette dernière question. Une proposition de solution spécifique à la zone euro pouvant être de promettre de faire accepter à leurs valeurs faciales par les Trésors membres les titres de dettes (pseudo-)souveraines ayant fait défaut. On peut imaginer des variantes suivant les compromis politiques.

      Bonne journée à tous

  9. Déjà, comme le soulignent Olivier69 et d’autres, le citoyen n’aurait plus aucun moyen de contrôle sur la monnaie, une fois celle-ci intégralement électronique.

    Mais il y a aussi autre chose [et pour une fois, j’emploie des majuscules] :
    QUID DE NOTRE VIE PRIVEE?

    Déjà que vos déplacement physiques sont enregistrés [caméras, navigo etc], ainsi que vos déplacements et activités sur le net [google, facebook etc etc etc], que vos paiement CB etc laissent des traces nominatives, si en plus la monnaie papier, dernier rempart de l’anonymat disparait, alors?
    A ce moment, toute votre vie sera intégralement enregistrée!

    AU FOU! AU FEU!

  10. Idealiste sans doute, utopiste sûrement, mais M. Victor Hugo affirmait bien qu’elles (les utopies) étaient les réalités de demain. Notre économie « réelle » ne fonctionne que sur la disponibilité des matières premières et reine des reines, l’or noir est celle qui fait fonctionner la machine. Or la baisse de production est amorcée (l’Agence Internationale de l’Energie l’a daté en 2006, annonce faite en 2010). Les problèmes commencent à se faire sentir depuis 2008. Le peuple n’aura cure du neochartalisme (trop facilement transformable en neocharlatanisme, je ne suis sûrement pas le premier à la faire), de ses taux directeurs et de ses coefficients stratosphériques quand les grandes surfaces seront vides, les sols vidés de leur substrats par l’utilisation trop massive d’intrants chimiques et les forets déboisés faute d’énergie disponible. Je ne parle pas du nucléaire, des OGM, des nanotechnologies et autres joyeusetés que « les marchés » ne désirent pas remettre en question. La sequestration du vivant par les transnationales n’a que trop durer.
    Alors, oui ma vision idéaliste m’oriente plus vers une vision primitive de l’Homme, economie de subsistance, distributive ou ecosocietaliste, plus radicale! Nous en manquons cruellement à ce jour, ainsi que d’ethique et d’esprit critique…

  11. Je suis profondément choqué de constater que l’on parle beaucoup de la crise en Grèce, de celle qui se révèle à la lumière de tous en Espagne (qui aurait pu croire qu’un pays qui dédie autant son économie à l’industrie du tourisme, a investi autant dans le secteur immobilier et ne développe que trop peu son secteur de petites et moyennes entreprise puisse résister à des économies du nord moins gourmandes en crédit et plus orientées vers des organisations visant les facteurs de plein emploi?) sans forcément poser la question :
    – des taux bancaires et taux interbancaires maximum (pas de règles homogènes dans l’UE)
    – des durabilités d’endettement,
    – des ratings de dettes (qualité, durée et prolongations incessantes) plutôt que de simplement appliquer un raisonnement simpliste de couverture du passif par les actifs.

    Si vous comparez un taux de crédit, la Suisse a mis en place une loi qui vise à bannir les taux usuriers. La durée des crédits publics ou privés est légalement limitée. Enfin l’on parle de qualité du crédit plutôt que du défaut de remboursement.

    Parce que ce sont là des mécanismes tellement simples mais qui s’adressent à nos consciences, ils n’en restent pas moins presques impossibles à remettre dans le subsconscient des consommateurs.

    Les crises mondiales, si elles existent bien, sont alimentées par les consommateurs, Pas de consommateur, pas d’achat, pas d’achat, pas de demande, pas de demande, baisse des prix, mais c’est trop simple. Il faut également revoir les problématiques liées à la surconsommation. Et là on s’attaque directement au besoin non essentiels. Est-ce que chaque élève de HEC est lui-même appelé à faire un bilan personnel, à réfléchir comment il peut mettre en adéquation sa propre consicence avec l’éthique nécessaire pour prétendre à un rôle de décideur?

    On parle facilement des problèmes de nos administrations, mais est-ce qu’on a une posture éthiquement en ligne avec nos propos? Acceptez-vous de manger des biens qui ont changé quatre ou cinq fois de propriété au gré des volontés et paris des investisseurs boursiers?

    Il faut réfléchir, à nos institutions, aux règles que l’on applique à soi-même pour cesser d’alimenter la demande, si l’on est élu, l’on a une responsabilité locale vis-à-vis de nos sembables pour tous, ensemble porter un effort de changement.

  12. Transformer la réalité immédiatement telle qu’elle est

    Ce billet continue de tirer le fil saisi dans la lecture de Comment la vérité et la réalité furent inventées. Mais il s’agit maintenant de proposer une conclusion pratique qui montre que nous pouvons rendre vraie maintenant la réalité que nous avons inventée et laissé falsifiée. Il ne fait plus de doute au moins sur ce Blog que l’intelligence artificielle de l’informatique a été capturée par des intérêts particuliers pour mettre l’intelligence naturelle des hommes au service de quelques privilégiés. Mais l’intelligence artificielle n’existe pas sans l’intelligence naturelle : il suffit de désirer comprendre autrement pour forcer le sens de l’intelligence dans l’intelligence.

    Mon expérience de la banque informatisée m’a fait voir comment la manipulation de la monnaie est une invention permanente de la réalité et donc de la pluralité des vérités possibles. La cupidité spéculative consiste simplement à utiliser la monnaie pour diriger l’invention du réel comme si la vérité de l’autre n’existait pas. La dépression où nous sommes plongés est mécaniquement provoquée par l’intelligence informatisée. Une coterie internationale de politiques, de communicateurs et de banquiers égotiques ne voient pas de mal à réduire par l’esclavage le risque de la vie personnelle libre et partageable. La puissance cognitive de l’instrument monétaire jadis limitée par la matière physique et la vitesse de circulation de l’information n’est plus limitée désormais ni par l’espace ni par le temps physiques. Le numérique transporté par la lumière n’a plus d’autre limite que celle que l’homme décide de lui donner. Une poignée d’individus opportunément platoniciens veut garder pour soi les limites numériques du calcul humain.

    J’ai trouvé dans la réflexion de Paul Jorion l’explication de la production de notre pensée par la langue. Nous nous représentons intellectuellement ce que nous appelons la réalité par la langue qui structure la mémoire que nous avons de nos perceptions sensibles. Et nous passons de la réalité à la vérité en choisissant le sens que nous donnons à ce que nous retenons. Nous prenons pour faux ce qui est réel mais que nous n’acceptons pas. Nous tenons pour vraie la réalité que nous nous accordons d’accepter par nos relations sociales et politiques.

    La réalité ne peut donc pas exister dans l’intelligence du réel sans la langue qui permet de la dire. Et la vérité ne peut pas exister sans une langue partagée pour la négocier. Or il est des langues qui ne contiennent pas la différence entre le mot et ce qu’il signifie ; qui ne contiennent pas non plus la présence du locuteur disant ce qui est dit. Dans le langage mathématique une proposition est vraie ou fausse sans qu’il soit nécessaire de dire de quelle réalité sensible on parle ni de préciser qui parle.

    Dans Comment la vérité, Paul signale à la fin du Moyen Age, le changement de nature de la connaissance dite scientifique où la question de la réalité prend le dessus sur celle de la vérité. La mathématisation du savoir fait disparaître la différence aristotélicienne entre la finalité et la matérialité. Sous couvert de vérité objective, la connaissance réelle est réduite à des phénomènes qui ne sont plus que physiques. Le savoir scientifique s’enferme dans la logique de la mesure quantique hors de toute vérité textuelle.

    Il nous est devenu difficile de concevoir les réalités fausses et les vérités sans réalité, c’est à dire des réalités que nous devons refuser ou des vérités que nous ne pouvons pas savoir réaliser. La politique et la finance modernes sont devenus de purs jeux d’inhumanité sur l’absence du sujet dans la réalité et sur la disparition de la responsabilité personnelle dans l’énonciation des vérités. Les conséquences mortifères de la démence spéculative sont analysées en détail dans ce Blog et dans les ouvrages de Paul. Mon propos dans ce billet est d’exprimer l’existence de réalités véritables dans ce qui nous ressentons à juste titre comme une absurdité radicale. Le lecteur voudra bien noter le changement de perspective que représente l’affirmation d’un retournement possible de la puissance du calcul informatique.

    Par un simple choix logique, la virtualisation du réel peut devenir moteur de réalisation du virtuel. La clé est le modèle de représentation du donné que nous matérialisons dans le calcul informatisé. Pour réaliser que la monnaie numérique n’est pas une surenchère spéculative ni une utopie, il faut constater que la monnaie est numérique depuis son invention par le langage humain ; la puissance informatique n’en change pas la nature. La religion mathématico-scientiste qui a pris possession de nos intelligences nous fait croire que le nombre n’est que quantité. Nous n’osons plus dire que nous savons qu’une quantité de rien reste rien si elle ne désigne pas une réalité ; si le texte ne nomme pas la qualité sous le nombre.

    Une pièce de monnaie de quelque matérialité qu’elle soit a toujours été un nombre sur une unité de quelque chose. Et la monnaie purement numérique d’aujourd’hui est une relation informatique liant le texte nommant la chose au nombre quantifiant la même chose. La puissance spéculative de la monnaie numérique ne vient pas de l’informatique mais de la religion objectiviste niant l’existence du sujet dans la langue et l’existence de la personne dans la réalité physique. Un tout petit effort de volonté logique retourne la puissance du calcul informatique contre la spéculation : il suffit d’ajouter à tout enregistrement informatique le code d’identification de la personne physique qui réponde effectivement de la réalité de l’information numérisée. Après avoir instauré ce que les informaticiens appellent la propriété des données, il suffit d’ajouter à toute relation informatique personnalisée entre les textes et les chiffres un second nombre qui soit le prix de l’information numérisée, c’est à dire le prix subjectif négociable de la monnaie.

    Ce billet est donc un appel à projet informatique pour engager immédiatement et concrètement la fin de la « guerre civile numérique ». N’importe quel système d’information exploité par une société politique, industrielle ou commerciale peut être interfacé avec les 9 tables de modélisation logique de la causalité des prix en responsabilité personnelle. L’expérimentation de la monnaie réelle numérique nécessite juste le développement des formulaires de saisie, d’analyse et de restitution des données dans le contexte d’une société responsable de la conformité de son système d’information à l’objet qui la forme. Le bénéfice de l’expérimentation de la monnaie numérique est la régénération de la liquidité économique du capital comptable ; le crédit personnel négociable des acteurs engagés dans le projet social d’entreprise redevient la source du capital. Si le moteur de compensation est expérimenté dans une banque, il provoque le règlement d’une prime d’assurance des actionnaires effectivement propriétaires du capital aux débiteurs et créanciers dépositaires du collatéral des actifs et passifs financiers : exactement ce que la zone euro ne parvient pas à réaliser faute d’une réforme de la compensation des règlements en monnaie unique.

    La monnaie est le prix de la réalité que nous inventons. Si nous laissons la spéculation inventer la monnaie, alors la finance aspire la réalité et détruit toute vérité humaine. La spéculation financière nous rend la réalité compliquée par la simple négation de notre capacité à penser les uns par les autres.

    1. « La monnaie est le prix de la réalité que nous inventons », oui mais nous l’inventons par le politique (temps long) on vérifie la création de richesse par la comptabilité (temps long, à moins de faire des provisions toutes les semaines, mais on revient aux estimations). Je préfère quand vous appelez à un Bretton Woods, au moins on ne ce cache pas derrière la technologie, on aborde le problème par ça solution le politique (bon faut attendre encore qu’on soit bien dans la mouise)

      1. @Samuel,
        Bretton Woods était très bien parti sur les propositions monétaires de Keynes. Puis la négociation a dérapé à la fin sur la mise en oeuvre technique de la compensation en bancor. Keynes n’avait pas proposé de règle d’indexation opérationnelle du bancor sur la prime de crédit véritablement internationale des dettes nationales. Les États-Unis ont très pragmatiquement proposé de gager la parité crédit du bancor sur les créances publiques du Trésor étatsunien contractées sur le monde en guerre. La compensation de Keynes fut donc bien appliquée avec un bancor défini en… dollar et des règles de compensation arbitrées par les États-Unis. Le concept bancor s’est appliqué en dollar.

        Le même divorce entre la théorie et la pratique se reproduit avec l’euro qui reprend le concept keynésien d’internationalisation de l’émission monétaire. A partir de la crise des dettes publiques provoquée par la persistance du mythe libéral de l’infaillibilité bancaire en matière de mesure du crédit, l’Allemagne essaie de rejouer le coup des États-Unis avec les créances qu’elle a accumulées sur le reste de la zone euro. Le problème est que plus aucune monnaie ne domine suffisamment le monde pour imposer ce que les États-Unis ont imposé en 1945 : la dévaluation de la parité monétaire de l’économie financière en économie réelle.

        Le problème technique radical auquel nous sommes confrontés malgré l’évidente justesse de la théorie keynésienne de la monnaie est que TOUS LES ÉTATS DU MONDE SONT EN FAILLITE JURIDIQUE PAR RAPPORT AUX BANQUES. Contrairement à 1945, le système bancaire mondial est affranchi de toute loi politique qui puisse fonder une comptabilité internationale du crédit. Sans un mécanisme de compensation objectivement asservi à la responsabilité publique d’encadrement de la mesure du crédit, le système bancaire mondial est une machine infernale qui détruira toute civilisation par la guerre civile numérique.

        L’Union Européenne nous donne un avant goût de ce qu’est la destruction des États par la finance : les impôts ne rentrent plus et tous les services publics de solidarité et de structuration politique de la société disparaissent. La monnaie est une technique de synthèse de la technique politique, de la technique juridique et de la technique économique. Sans reconquête d’une éthique opérationnelle de la monnaie nous allons découvrir ce qu’est un trou noir cosmologique.

    2. La dépression où nous sommes plongés est mécaniquement provoquée par l’intelligence informatisée.

      Si vous voulez dire que l’intelligence informatisée a provoqué à elle seule la dépression où nous sommes plongés, je ne suis pas d’accord.

      Si vous voulez dire que la cupidité spéculative a provoqué d’autant plus efficacement la dépression où nous sommes plongés qu’elle a utilisé l’intelligence informatisée, je suis d’accord. Que vous ayez écrit plus loin que « Le lecteur voudra bien noter le changement de perspective que représente l’affirmation d’un retournement possible de la puissance du calcul informatique. » indique que c’est la seconde hypothèse qui est la bonne. Cependant, parce que j’ai connu des épisodes tels que:
      « Je regrette mais ce que vous demandez est impossible à cause de l’informatique » (sous-entendu: que votre demande soit justifié ou pas n’a plus d’importance);
      « C’est l’ordinateur qui a déterminé les membres du personnel qui vont être licencié » (ce qui me paraissait être équivalent à prétendre que si cette liste avait été écrite par une machine à écrire c’est la machine à écrire qui en aurait été responsable);
      je trouve l’ambiguïté regrettable.

      Les Luddistes avaient le courage de leurs opinion et j’ai beaucoup d’admiration pour la manière dont les Amishs sélectionnent les nouveautés techniques qui sont compatible avec leur principes de vie. A l’inverse je trouve très regrettable de prendre comme prétexte que les plus puissants et les plus riches soient les mieux placés pour profiter des évolutions techniques pour pousser des cris d’indignation qu’on sait inefficaces et pour finalement les laisser faire.

      Pendant la seconde guerre mondiale, en plus des n° de sécurité sociale commençant par 1 pour les hommes et 2 pour les femmes, il a été utilisé des n° commençant par 3 pour les « hommes juifs » et par 4 pour les « femmes juives ». D’un côté ça montre que l’informatique n’est pas indispensable pour mettre les gens en fiches avec les pires intentions. D’un autre côté ça m’a fortement impressionné et conduit à rappeler à des gens qui trouvaient plus commode de les ignorer les règles prescrites par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Informatique ou libertés, il faut choisir!) Il faut noter au passage que, de même que les institutions judiciaires d’un pays ne sont utiles que si les citoyens y font appel, cette commission ne sert pas à grand-chose puisque nous préférons l’ignorer.

      En fait j’ai eu à m’occuper de la fabrication par des moyens informatiques de diplômes universitaires (les parchemins) dans un contexte où les dirigeants de l’université ne se souciaient absolument pas de la facilité avec laquelle il était possible d’en fabriquer des faux. En plus ils ne savaient ce que devenaient leurs étudiants après avoir obtenu leur diplôme final que de manière très globale et imprécise. J’avais imaginé que les diplômes soient contrôlables à l’aide d’une base de données, que cette base de données soit consultable par les entreprises pour contacter les diplômés et par les universités pour savoir ce que devenaient ces diplômés.

      Résumé: plein d’horreurs sont possibles mais peut-être aussi d’excellentes choses, auxquelles les gens normaux préfèrent ne pas penser parce qu’ils estiment que toute nouveauté dans le domaine informatique ne peut se faire qu’à leurs dépends.

  13. « La puissance spéculative de la monnaie numérique ne vient pas de l’informatique mais de la religion objectiviste niant l’existence du sujet dans la langue et l’existence de la personne dans la réalité physique ». Donc l’instrument (ex une arme) n’est pas responsable mais c’est celui qui l’utilise. Qui a fabriqué ces fameux actifs? Ni les politiques, ni l’individu lambda mais ce sont eux, les responsables financiers tandis que ils ont prétendu vouloir notre bonheur.
    C’était à prévoir que les financiers prépareraient l’arme ultime de contrôle. Et pourquoi pas institutionnaliser ? Réduire la substituabilité et la mobilité qui favorisent la spéculation ?. Un produit financier n’est pas un instrument informatique. La spéculation vient uniquement de la dimension temporelle de la monnaie quelque soit le support (matériel ou pas). Donc avec l’informatique, la vitesse de circulation de l’information pourra être manipulée et votre vie privée sera contrôlée pour mieux affirmer les statuts générationnels.
    « Mon expérience de la banque informatisée m’a fait voir comment la manipulation de la monnaie est une invention permanente de la réalité » oui, de la réalité informatique.
    « La réalité ne peut donc pas exister dans l’intelligence du réel sans la langue qui permet de la dire » oui, la langue des teneurs de marché.
    « l’intelligence artificielle de l’informatique a été capturée par des intérêts particuliers », oui des financiers ! Alors, il faut reprendre son contrôle par la loi.
    « Le numérique transporté par la lumière » Ah un oracle !
    « La réalité ne peut donc pas exister dans l’intelligence du réel » qui manipule l’interprétation ? L’informatique et le banquier pour nous donner la vérité des prix ?
    « il suffit d’ajouter à tout enregistrement informatique le code d’identification de la personne physique » Oui, big brother ?
    « Une pièce de monnaie de quelque matérialité qu’elle soit a toujours été un nombre sur une unité de quelque chose. » Non monsieur, ce fut une valeur intrinsèque et notamment d’usage (comme le sel, les métaux par exemple). Le nombre n’est pas une réalité mais un dénombrement contrairement aux biens physiques.
    Je pourrais continuer à démonter l’argumentation pendant des heures…….
    J’arrête mais votre plan, je l’ai dénoncé à mes dépends dès les années 90 ! Je n’ai pas eu mon diplôme malgré la mention de majeur en monnaie et théories monétaires. Mais je suis resté fidèle au bon sens. En effet, il y a une différence entre passer pour un idiot et être un idiot. Je préfère rester responsable que corrompu ! Même si ce fut à mes dépends……
    Je vous invite à démonter mes argumentations des différents post 5 (monnaie électronique et équation MV=PQ).
    Ne pas séduire dans l’argumentation car la solution n’est pas technique mais uniquement institutionnelle.
    Si l’échange devient illégitime à cause de son instrument alors une voie déviante s’imposera pour ceux qui n’ont d’autres alternatives que de survivre (il y aura toujours un chemin mais où se situe la légalité ou la loi? Loi humaine contre loi naturelle).
    Et pourquoi pas une indexation comme solution technique et définir des limite de détention ?
    L’échange a -t-il réellement besoin d’être fait en nanoseconde, n’est-ce pas plutôt l’information !

    1. Ce que je crois comprendre des divers écrits de PSDJ , c’est qu’au travers de cet « appel à projet informatique  » ( sur lequel il semble avoir des idées alimentées par son parcours professionnel ) , il essaie de trouver « l’Outil » ( le moyen ) , de donner une chance à la fin ( dont j’imagine que c’est pour lui la Démocratie aboutie) de progresser sinon de voir le jour .

      Le risque est de se focaliser ( comme d’autres sur le tirage au sort ) sur un moyen que l’on pense en conscience être La solution de génie à laquelle (presque) personne n’aurait pensé .

      Je garde pour profitable et dans le réservoir à concepts essentiels , la notion de Responsabilté qu’il cite en divers moments .

      Sur la notion « d’indexation  » , j’aimerais en savoir plus , car « l’index « est un mot qui peut réserver des surprises .

      « …l’éducation chrétienne supposait que l’on dissimulât aux élèves certaines informations et certaines idées – N’était-ce pas la raison d’être de l’Index ? … »

      Par contre , de par sa racine indo-européenne grecque , le Dex viendrait de Dikê ….justice .

      1. juan nessy,
        En effet, l’indexation empêche l’intervention de l’homme. Il prend la confrontation, le rapport de force (le marché avec les pris relatifs) comme source. Si un bien est rare alors sa valeur ne peut pas être manipulée. Je ne suis pas contre la flexibilité mais contre la manipulation excessive dans un but précis de conservation des statuts (la dominance de classe sociale). Les coûts augmentent et imposent le progrès (par le travail en trouvant des solutions à la rareté). Cela gêne considérablement les financiers dans leur conquête du pouvoir. C’est le respect des lois naturelles face au lois humaines. Pensons au générations futures ! En économie, il y a des anticipations (mais quel objectif, l’usage ?). Comme aux échecs, les financiers gardent toujours un coup d’avance puisque ce sont des marchands !
        C’est pour cela que les Us ont aboli ce principe dès 1971 (voir accords de Jamaique en 73). Disons le, ils ne pouvaient plus honorer leurs dettes mais ils voulaient garder leur suprématie avec le dollar. Que vont-ils nous inventer demain pour la conservation de la hiérarchie mondiale (hégémonie). D’ailleurs, ils détournent les événements (« systèmiques ») sur l’Europe mais ils ne sont guère mieux que nous (à qui appartiennent les agences de notation? Sont-elles objectives?). Pire, regardons la répartition des richesses aux EU ! La monnaie est l’instrument de guerre favori des capitalistes. Malheureusement, les débats nous dépassent en matière de stratégie géopolitique. Certes, mes propos ne sont pas diplomatiques mais appelons un chat, un chat. Le principale, c’est la solution juste et honnête à la problématique du temps.
        ps : merci au blog PJ qui ne m’a jamais censuré mes propos idéalistes.. La dialectique en guise de réponse !

      2. @juan nessy,
        L’indexation dont je parle est la plus concrète que nous connaissions : celle que nous pratiquons en comptant par le doigt pointé sur ce que nous comptons. Cette indexation réalise par le nombre une réconciliation entre notre pensée imagée dans les noms et la réalité physique nommée par le texte porteur du sens que nous donnons au réel. En informatique, l’indexation est structurée par des tables de code et de texte dont les champs sont reliés afin d’établir une correspondance univoque entre chaque texte et chaque code. En économie monétaire, l’indexation est structurée par le marché ou chaque chose échangée reçoit un prix par la tabulation transactionnelle de la loi politique. Dans le régime d’économie virtuelle où nous vivons, l’indexation de la monnaie est inconnue car cantonnée à la cervelle de banquiers tout puissants qui « devinent » le marché régi par une loi qu’ils sont seuls à déchiffrer.

      3. @PSDJ :

        La tabulation transactionnelle de la loi politique est elle si aisée et non « équivoque » que vous le supposez ?

        Qui opère ? Qui contrôle ? Qui corrige?

      4. @juan nessy,
        La tabulation transactionnelle de la loi est concrètement la compensation des règlements interbancaires. Cette compensation n’est pas fiable dans le système actuel et donc non génératrice de liquidité car les banques admises à la compensation n’opèrent aucun controle matériel sur la justice des transactions et plus gravement ne font aucune distinction entre les règlements d’interbancarité, les règlements nominaux et les règlements de prime. Pour que l’équilibre juridique des transactions soit contrôlé et que la liquidité nominale soit protégée des risques de crédit et des risques d’investissement, il faut que les transactions soient éclatées entre des opérateurs distincts du prix, de la liquidité du crédit, de l’investissement et de l’assurance des personnes et des biens. La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire qui est à la base de la démocratie implique la séparation du droit, du crédit et de l’investissement qui est à la base de l’assurance de l’économie par l’état de droit. L’interface de l’économie avec l’état de droit est le prix déterminé par le marché qui force les citoyens égaux devant la loi à appliquer les règles de la volonté générale délibérée dans le champ politique. Le passage de la république platonicienne à la démocratie aristotélicienne a des conséquences radicale d’économie politique exprimées dans la finance et la monnaie.

      5. Je suis suffisamment démocrate pour être séduit par la construction ;

        Je ne suis pas assez pro dans le job pour savoir si le diable ne peut pas être dans les détails .

        Je suis assez pinailleur pour vous demander d’être plus explicite sur la mise en parrallèle des trois pouvoirs de l’état de droit avec droit , crédit et investissement dans  » l’économie » .

        Si on sent bien que c’est dans la résolution du conflit démocratie VS marché que se trouve une bonne partie de notre espoir d’un avenir possible , je ne peux que souhaiter que votre bébé soit viable et trouve une famille , dans un monde où il ne naît plus grand chose d’humainement joyeux .

    2. Pour donner un exemple « réel », les cours du blé bougent tout le temps à Euronext (en fonction de la cotation à 1 an qui permet les dérivés), mais la cotation physique rendue au port (pour ma part Rouen) n’est renouvelé qu’une fois par jour.
      Pourquoi, c’est simple, à cause de la logistique, si je vend mon blé (admettons qu’on réduise la cotation à la minute que j’ai le temps d’appelé le négoce pour qu’il parte au port), le transporteur ne peut être là la seconde d’après, si on suit la logique du marché, il faudrait que mon négoce et le port ce couvre par une option entre la durée de ma vente et l’arrivé réel au port mettons une vente au matin 08 h l’arrivé du camion à 11h dans la cour, livré à 14 heures au port(…. faut vraiment pas avoir grand choses à faire pour faire une option sur 6 heures) d’où deux problèmes.
      Le premier le réel, au moindre soucis (accident, travaux sur les routes, crevaison…..) faut refaire une option ou risqué des pertes.
      Le deuxième problème qui paye l’option, au hasard: le consommateur. Cela fait un cout pour rien, sachant que le coût départ ferme pour 300 km avec les frais annexes c’est 20 euros la tonne, soit 10% du prix du blé, autant à la tonne de smartphone on s’en fou, autant sur l’alimentaire, faut être fonctionnaire Européen (un peu neuneu donc, oui je sais c’est un peu démago, des neuneus y en partout et pas moins en France), pour trouver logique d’importer et d’exporter de la nourriture au delà de l’Europe, même si à court terme l’énergie est plus avantageuse que la main d’œuvre (on en reparle dans dix ans).
      Par conséquent, on fait une cotation quotidienne sur le physique qui est une moyenne pondéré (ça monte moins haut, mais ça descend assez vite 🙂 )de la cotation bourse (mais on peut ce couvrir avec des dérivés qui eux sur la cotation à la nanoseconde …).
      Aller c’est pas le tout y à des vaches à traire 🙂

      1. faut être fonctionnaire Européen (un peu neuneu donc, oui je sais c’est un peu démago, des neuneus y en partout et pas moins en France), pour trouver logique d’importer et d’exporter de la nourriture au delà de l’Europe…

        Mouais… Avec ton prix pour les 300 km rendu Rouen par route, on est encore qu’au dixième du prix du transport des céréales des siècles pré-revolution industrielle, estimés à 4/5 kg d’équivalent-céréales par tonne-km, soit 1200/1500 kg pour 1000 kg sur 300 km. Ok, mais le coût du transport maritime transatlantique pour du blé c’est sept fois moins cher au km/tonne… Ce qui signifie qu’un vraquier qui transporte 200 000 tonnes de blé entre New York ou South Louisiana et Alger, soit la consommation d’un million de personnes pour une année, coûte pas plus cher que celui du même tonnage par route entre Paris et Rome… Elle est là la raison des deux vagues de mondialisation de l’ère industrielle, nulle part ailleurs et sûrement pas à Bruxelles…

      2. ça fait 50 ans que y à des pingouins (à Bruxelles) qui ce lèvent le matin avec un trip, importer de la viande l’Argentine (tu noteras qu’avec une chaine du froid, même le transatlantique ne tiens qu’avec un différentiel de 30% sur la monnaie) mais vu que c’est moyennement rentable on c’est contenter du soja pour exporter des céréales (faire voyager des graines sur les mers, ça amuse peut-être vigneron, ça reste pas malin) et que le trip nouveau c’est d’importer des légumes du Maroc et le trip à venir c’est du lait du Canada.
        Tout les champs ne longent pas les ports et tout les habitants non plus, tu me dirai suffit de développer ferroutage/fluvial, pour palier ce manque ok, mais pour l’instant tu as toujours de la route entre le champs de soja et le port Brésilien et le port Français et l’usine d’aliment (et inversement du champs de la Beauce au port du moyen Orient) et cette route elle sera bien plus couteuse à l’avenir

      3. Samuel,

        faire voyager des graines sur les mers, ça amuse peut-être vigneron, ça reste pas malin

        , ah bon ? Et faire voyager le phosphate pour tes engrais ou le pétrole pour tes 5 ou 10 tonnes annuels de gazole, sans parler du blé que tu exportes ou du soja que tu importes (ou du lait en poudre que tu exportes…), c’est pas malin ? transporter par mer des matières premières c’est pas « pas malin » c’est juste évident.
        PS : pas de miracles à attendre du fluvial ou du ferroutage. Le train est plus cher que la route pour le moment et le fluvial (moitié moins cher seulement)c’est juste bon pour le nord de l’Europe. Je me souviens avoir mené des remorques de maïs pour Euralis sur le canal latéral à la Garonne direction Bassens, mais c’était y’a trente ans, un bail qu’ils ont fermé le bin’s… Tu sais bien que les céréales françaises partent vers l’Espagne ou l’Italie par camion à 90%.

      4. @Samuel :
        Les couts de mat.prem. , des produits agricoles et de l’ énergie , ne doivent pas etre regardés pour leurs conséquences en FR. ou en occident …..je crois que le blé est a 12% du cout de la baguette ! .
        Ce cout est a 90% du produit fini (equvalent baguette) ds le reste du monde …
        http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?f=13&t=3687&start=390
        Si nous ne sommes pas menacés (DIRECTEMENT) par ces fluctuations , c’est la 2eme lame que l’on va se prendre ….les conséquences rebonds des famines et autres cata …

      5. Dans le temps ma coop avait un arrêt ferroviaire comme beaucoup d’autres, sinon on faisait les dépôts dans les gares directement.
        C’est juste pour rappeler que les avantages comparatifs avec coût énergétique faible, ça passe pour l’alimentaire, mais avant de parler de circuit court faudrait déjà une protection continental, comme prévention à un choc pétrolier (imagine le coût transport pour boite de ravioli qui prend 30% de sa valeur, le smartphone n’en prendra que 0.3%, si le phosphate prend 30% c’est moins grave sur l’instant)
        Or ce serait pas mal que les pingouins ( 🙂 ) imaginent les scénarios avec choc pétrolier et pas seulement Dumping Ricardo.

      6. Et puis si les négociations des rounds (c’est encore Doha?) ne ce font pas à ce sujet, c’est bien la preuve que ce sont des accords politiques et non marchands.

      7. mais avant de parler de circuit court faudrait déjà une protection continentale

        , ouais c’est c’la et pis faudra dire aux binbins qui prennent titine pour aller chercher leur caissette de 10 kilos de viande limousine bio (à congeler pardine, mouarf…) à 20 bornes de la casa pour 100 euros en images ben ça leur coute au bas mot 20 euros en frais kilométrique au barème de Bercy, et ne parlons pas des demeurés qui font dix bornes pour aller ramasser eux mêmes contre trébuchantes leurs 3 ou 4 kilos de gariguettes ou de maras…

      8. Kercoz,

        .je crois que le blé est a 12% du cout de la baguette !

        , tu crois presque juste. un peu moins. Pour une baguette de 250g c’est 330g de blé (rendement de 75% pour de la type 55 sur un kg de blé), soit 8 cents de blé à 250 euros la tonne comme aujourd’hui pour une baguette à 85 cents en moyenne.
        PS : en 75 il fallait 8 min 30 de smic horaire pour une baguette, aujourd’hui il en faut moins de 6, et je parle pas de la baguette du Lidl en promo à 40 cents…

      9. protection continentale

        , Samuel, t’es ben un pique-bouzics kamême, pas prêt d’changer c’t’affaire té…

      10. vigneron, je sais bien que tel qu’est construite la situation, défendre l’agriculture c’est défendre seulement les agriculteurs qui sont agrariens (ce qui fait que même si le modef est un dérivé agraire du partie communiste, il défendait la propriété foncière car elle ralenti la concentration des fermes) et que tu as raison de voir qu’on n’est pas le centre du monde et qu’on défend pas les ouvriers de l’agro-alimentaire (mais eux aussi sont déconnectés, pendant le grève du lait on expliquait à un laitier que si on mourrait, son boulot aussi, il nous a dit: pas grave je ferai du scolaire).
        Quand même notre espèce à encore un peu d’instinct de survie (au delà d’un quotidien où on ce perd tous) et y à un peu d’espoir que cette crise rappelle que manger c’est pas du luxe et que le marché ne le garantie pas (alors que si la moitié des échanges mondiaux n’ont plus d’équivalence de valeur, ou de garantie de valeur, c’est moins important, si tu veux permettre un après chaos).

      11. kercoz, tu as beaucoup de produit avec peu de transformation (quand tu achètes ta baguette tu as de la main d’œuvre et cotisation ça doit faire 50 % et 15% d’électricité, 2% d’entretien machine et le reste en capital fond/immobilier à loué à payé ou détenu ), mais quand tu achète une boite de petit pois, un kilo de pomme, de sucre ou des pattes le ratio valeur agricole/produit final est bien supérieur à celui de la baguette, c’est marrant on prend toujours l’équivalence d’un produit d’artisan (beaucoup de main d’œuvre et un emplacement couteux) alors qu’on consomme majoritairement de l’industriel (main d’œuvre/produit faible + foncier en périphérie de ville + compensation machine par au rendement).

  14. Bonjour
    Ayant lu et relu l’article de PSDJ…je rejoins la position d’Olivier69, votre « truc » est un machin sans nom.
    Mr PSDJ, le système est déjà complexe, le votre ne me semble pas le simplifier, et, ne repose que sur la technologie informatique.
    A propos de technologie informatique, ce n’est qu’une suite de 0 et de 1, une fois que vous avez la bonne suite, vous faites ce que vous voulez

    Je vous propose une solution partielle, au moins pour déterminer la masse monétaire.
    Cela part d’une chose très simple, nous n’achetons rien de moins que du temps de travail. Par exemple, personne n’a acheter de pomme car le pommier n’envoie pas de facture.
    Donc, si nous achetons du temps de travail, nous rémunérons les personnes qui travaillent à leurs taux horaires pour nous fournir produits et/ou services.
    Ainsi, vous pouvez savoir exactement la quantité de monnaie à mettre en circulation en faisant, simplement, la somme des taux horaires multipliée par la somme du temps passé à travailler (et ça, vos ordinateurs le font très facilement).
    Vous me direz « mais comment définir les taux horaires pour calculer M? »
    Héhéhé…c’est là que la démocratie intervient, les peuples pourraient définir eux-même les taux horaires, voire même définir une grille d’évaluation des taux horaires en fonction de l’utilité d’un travail, de son incidence sur l’environnement, etc…
    Exemple :
    Définissons la quantité d’argent à mettre en circulation pour Mr Jorion, à partir d’un taux T de base (smic) majoré/minoré par des coefficients (définis démocratiquement) :
    M(jorion) = t * T * k1 * k2 * k3
    Si k1 était l’utilité sociétale de Mr Jorion, nous pouvons raisonnablement dire qu’il en a une (peut-être pas autant qu’un pompier ou un médecin), donc, mettons k1 = 1,5
    Si k2 était l’impact environnemental de l’activité de Mr Jorion, il ne « pollue » pas beaucoup, donc k2 = 1 (si son activité permet le reboisement, k2=1,1)
    Si k3 était en rapport avec l’âge de Mr Jorion, nous pourrions mettre k3=3 (à 20 ans, k3 =1, 40 ans k3=2, etc.)
    Mr Jorion travaille 8h par jour, 220 jours par an, le smic est de 8€ de l’heure, donc, la quantité d’argent pour que Mr jorion vive dignement (selon les règles établies démocratiquement) et de : 8*220*8*1,5*1,1*3 = 69 696€ et pas un euro de moins ou de plus…

    @ Mr Jorion : votre salaire vous convient?

    @ Mr PSDJ : ne trouvez-vous pas ce système plus simple et plus démocratique tant en terme d’élaboration que de contrôle?
    Bien à vous

      1. Oui car l’offre MV (l’offre de monnaie) représente à l’équilibre la somme des prix des actifs soit PQ (aujourd’hui, le travail est vu comme un actif quelconque). Le travail combiné au capital est la source des actifs existants. Si l’on considère que le travail est une composante de la demande, il n’en est pas moins par sa rémunération le gage d’obtention des autres actifs. On ne peut pas indéfiniment considérer le travail comme une marchandise ordinaire. L’angle d’approche de la rémunération usuelle permettrait de voir l’offre en fonction de la demande (contrairement à la demande fonction de l’offre comme c’est le cas actuellement.. D’où les teneurs de marché). Olivier impose le renversement du rapport de force. Et il établit une relation responsable entre la production, la rémunération et l’usage de tous les actifs. Très séduisant au première abord et l’idée mériterait d’être approfondie !
        Enfin, la monnaie électronique pose d’autres préoccupations :
        ce système ne risque-t-il pas d’amplifier les conflits par une guerre informatique.
        Ensuite, quel scénario ou garantie lorsque le système tombe en panne pour un individu, une collectivité,…..

      2. Pour l’instant la démocratie (dans tout ces angles) reste un rapport de force sociologique, ça veut pas dire que rien ne doit bouger, mais je crois toujours que pour un bien né, qu’on supprime la propriété, le capital, la spéculation ou autres, le temps de la révolution (qui libéra la méfiance), il aura de quoi en faire une opportunité (pour préserver un maximum sa position).
        L’idéal c’est plutôt de trouver les petites variations qui offrent le moins de spectacle, le moins d’opportunité à leurs dévoiements, mais qui peuvent aider à terme à ce type de raisonnement (hors crise) , à la réflexion le meilleur moyen de limiter les rapports de force (sur le prix la monnaie, la hiérarchie, la politique,commerce) c’est l’école égalitaire, enfin c’est peut-être plus utopique, que modifier les structures.

      3. Remarques à propos de:
        – Que se passe-t’il en cas de « guerre informatique »?
        – Que se passe-t’il en cas de panne?

        Pour le système tel qu’il est actuellement personne ne sait répondre à ce genre de question et personne ne semble s’en soucier.

        Par exemple, même si l’assemblage de ce qui constitue un ordinateur est à la portée de tous, la fabrication des éléments (puces électroniques, disques durs, etc) est concentrée chez un tout petit nombre de fabricants répartis entre les Etats-Unis et l’Asie. Autre exemple: personne ne comprend pourquoi Internet continue quand même à fonctionner.

        Cette fragilité, que nous n’arrivons pas à concevoir par manque d’expérience, ne se limite bien sur pas à l’informatique (dont le système financier tel qu’il est actuellement ne pourrait pas se passer) puisque nous dépendons aussi de systèmes que leur complexité nous rend incompréhensibles pour des besoins aussi impératifs à très court terme que d’avoir de l’eau à boire.

        😉 : Je suis né en pleine guerre mondiale dans une région qui ne produisait qu’une petite part de la nourriture nécessaire à ses habitants…

    1. @Olivier,
      Relisez encore une fois ma proposition en supposant que nous disons exactement la même chose vous à partir de la réalité textuelle et moi de la réalité numérique ; ou l’inverse si vous préférez. Cette proposition en apparence purement informatique que j’expose est la conclusion naturelle de la démocratie politique que vous réclamez pour réguler le marché.

      La démocratie est souvent résumée par le principe de 1 voix = 1 vote sur toute décision affectant la vie des citoyens. De là, vous sophistiquez un peu le principe de l’appréciation des décisions par l’objectivation du vote en temps de travail nécessaire à l’application de la décision en jeu. Notez que le bon principe de la démocratie n’est pas une règle pratique de détermination du prix relatif de travail de chaque citoyen selon son métier, la durée de sa vie personnelle et le poids qu’on accorde à ses compétences dans la réalisation des biens économiques.

      Dans votre calcul, le problème clé en suspens est la fixation d’un smic horaire pour tous les métiers et pour chaque citoyen engagé dans le bien commun. La numérisation hypertextuelle de l’équilibre de marché monétairement délimité par une même souveraineté démocratique est le règlement pratique de votre proposition. Toute offre et toute demande de travail relative à un besoin licite quelconque est matérialisé dans la compensation par un hypertexte contenant la loi de délibération démocratique, l’opinion de chacun, l’offre nominale de prix et la prime équilibrant la réalisation effective maximale de toutes les offres et demandes juridiquement engagées.

      La monnaie numérique numérisée par l’informatique matérialise ce qu’on appelle en cosmologie aristotélicienne de la démocratie, la continuité de l’être dans les quatre dimensions de la causalité : matière, forme, fin et effet. Ce système est effectivement le plus simple que l’intelligence humainement humaine puisse produire.

  15. Y’a quand même juste un tout petit hic.
    C’est que d’une part « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »
    Et que cette petite phrase est accompagnée d’une petit mot qui s’appelle l’entropie.
    Notre technologie ne fonctionne principalement que gràce à l’energie d’une part et aux terres rares de l’autre. Le « peak all » n’est pas loin…cela ne signifie pas plus du tout, juste que cela sera de plus en plus cher. Les chinois, principal detenteur des reserves « terres rares » commencent à fermer le robinet, pour en garder sous le coude et pour récupérer encore plus de production chez eux. La technologie n’est en fait pas un bon pari pour l’avenir je crois…
    L’entropie, c’est que ça va être compliqué de remettre ça à l’état initial quand c’était sous terre ou alors va falloir beaucou d’energie et polluer un peu plus…Dommage…Réalité quand tu nous tiens!

    1. @Larrypaille,
      Il semble que vous adoptiez un référentiel matérialiste consistant à nier l’existence de l’information produite par l’intelligence humaine enrichissant la matière en transformation. Le monde physique change de nature quand le cosmos contient 7 milliards d’humains à la place des quelques individus de l’espèce humanoïde d’origine. Si nous voyons bien que l’espèce humaine s’est donnée les moyens de s’autodétruire rapidement, elle a également la possibilité déconomiser la nature qu’elle informe. La variation de la productivité humaine peut-être négative et participer à l’entropie ou positive et réaliser la néguentropie.

    2. Tu parles… Les chinois n’ont même pas réussi à vendre la moitié du quota annuel d’exportation en 2011. Z’ont du stock sur les bras. Les prix ont chuté de 30 à 40% début 2012. Arroseur arrosé, corner, j’adore.

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