Une élection pas comme les autres, par Gilbert Chabian

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

L’élection présidentielle française de 2017 a quelque chose de particulier. Belge, je n’y vote pas, mais suivre le spectacle politique français est une pratique des francophones de Belgique depuis longtemps… Or rien ne va plus. Rien ne s’est passé normalement. Il est sans doute trop tôt pour en faire une analyse détaillée, ignorant encore la conclusion à venir d’un feuilleton étonnant. Qu’on me permette d’en faire à gros traits un premier récit.

D’abord le président, après un seul mandat, ne s’est pas représenté. Il révélait combien le spectacle habituel ne marchait plus. Le précédent avait raté sa réélection (et on sait combien il avait pourtant manipulé ou détourné les règles, pour réussir), mais il n’avait pas renoncé. Même en 2012, il se voyait bien plébiscité, et il s’est fallu de peu qu’il ne réussisse. Son précédent quinquennat n’était pas une réussite, il n’avait pas de grands acquis à faire valoir, il n’avait opposé qu’une dérisoire gesticulation à la crise financière (2008), à la crise des banlieues (2005, il était ministre de l’intérieur et avait évoqué l’usage du Karcher), à la crise du climat. Le président sortant n’a pas fait beaucoup mieux, il n’a pas non plus tenu beaucoup de ses promesses, il a révulsé dangereusement une partie de l’opinion de droite, il a déçu son opinion de gauche face à la crise des attentats (2015), il a protégé un gouvernement de plus en plus socio-libéral à la Tony Blair, depuis 2014, régnant par ukases par défaut de majorité solide. Et il a dû admettre qu’il n’avait aucune chance à se représenter.

Ensuite, il a été menacé par deux compétiteurs potentiels dans son propre camp, son « jeune loup » qu’il avait protégé, venu du milieu bancaire et jouant une carte personnelle ; et son premier ministre, préférant jouer dans le cadre du parti socialiste traditionnel. Et il a laissé ce jeu se nouer, sans y intervenir le moins du monde, laissant les dirigeants du parti qu’il avait transformé à son service, se débrouiller sans lui. Une élection primaire du candidat du parti, réclamée de toute part, parut illégitime, ce qui en disait long sur la division interne, qui remontait d’ailleurs à bien loin.

Car le parti socialiste s’était écroulé avec la défaite de son candidat en 2002. Il s’était divisé en courants (ou motions) antagonistes, il avait choisi dès lors d’organiser une primaire en vue de 2007, et avait vu déjà les militants désigner une femme contre les caciques patentés. Ce fut la curée sans gloire, où le machisme ne fut pas étranger. Tout cela fut oublié. En 2012, un boulevard paraissait ouvert pour un candidat évident et glorieux du parti socialiste, mais il disparut soudain dans un scandale sexuel aux USA (échappant du coup à un autre scandale sexuel – l’affaire du Carlton — monté par le camp du président sortant).

Le parti gagna quand même l’élection, avec un candidat « second couteau » qui s’était pourtant préparé de longue date à cette hypothèse opportuniste. Derrière ce président, le parti fut inexistant durant le quinquennat, et l’unité ne fut jamais à l’ordre du jour. Le président renonçant soudain à se représenter, il n’y avait aucun processus possible de présentation d’une « motion » ou d’un programme. Pour ne pas manifester cette atonie du parti, on organisa sans gloire une élection dite « de la belle alliance populaire », ouvrant la candidature à tout vent mais excluant soudain quelques candidats sans grand motif. Spectacle pitoyable.

Entre-temps, le parti de la droite ‘bourgeoise’ ne se retrouvait pas dans un meilleur état. L’ancien président accumulait les ‘casseroles’ judiciaires et les échappatoires peu glorieuses. Là aussi, le recours à une primaire parut une manière peu coûteuse de produire une unité de façade autour d’un candidat légitime. Mais le candidat naturel, si l’on voulait éviter l’ex-président déchu, n’était pas engageant.

Ainsi les deux camps ‘naturels’ des élections, gauche et droite, se retrouvaient avec un processus bizarre et fragile pour construire une légitimité à un candidat que les partis auraient été bien en peine de désigner eux-mêmes. Deux partis sans direction forte depuis longtemps. Et deux partis menacés par trois candidatures externes à ce système bi-partisan : la candidate du Front National, ce parti biaisant le système électif à deux tours depuis 2002, imposant aux citoyens de voter pour une « candidature unique » contre l’extrême-droite ; un candidat se réclamant d’une gauche centriste à la Tony Blair et lançant un appel à créer un mouvement « ni droite ni gauche » pour construire par avance et positivement (plutôt que par défaut) cette « candidature unique » ; enfin un candidat d’extrême-gauche se proclamant fort de rassembler la gauche autrement que par un accord d’appareils partisans, et lançant de très loin un mouvement politique étranger au fonctionnement des partis.

Cette géographie particulière de l’avant élection ne marqua pas encore la primaire de droite. Là, par imprévu, un vote populaire étendu fit barrage aux candidats les plus représentatifs du parti, apportant des voix massives (aussi de la gauche) à l’outsider inattendu et, de ce fait, peu conforté dans sa légitimité. Très vite, celui-ci fut la cible d’une campagne de dénonciations systématiquement construite et reprise par la presse. Vengeance du service public (menacé de dégraissage par ce candidat) ou du camp de l’ancien candidat de gauche, victime de scandale sexuel ? Sans qu’on sache le fin mot de cet acharnement, le résultat est là : le candidat de la droite n’a qu’une légitimité très limitée, même si le parti aurait été bien en peine de présenter une candidature alternative plus légitime. Ce n’est pas faute d’avoir essayé !

Par contre, la primaire de la gauche, bien plus tardive, fut marquée très vite par la géographie des trois candidatures déjà-là, et hors système des deux partis traditionnels. Ici aussi, c’est un outsider qui fut promu, au détriment d’un candidat (premier ministre sortant) paraissant naturellement celui que devait adopter ce parti totalement atone. Le candidat issu de la primaire jouissait ainsi d’une évidente légitimité « populaire », mais il découvrit qu’aucune troupe ne lui était donnée en accompagnement : les transfuges vers le candidat « nouveau » du centre prenaient plus de place que les soutiens ‘par défaut’ du parti présidentiel. Sur base de cette légitimité et de premiers sondages favorables, il obtint rapidement le désistement du candidat écologiste, esquissant la perspective d’une unité de gauche, mais cela s’écroula de soi-même. Et le candidat d’extrême-gauche tira les marrons du feu, inaugurant une dynamique inattendue.

Voilà des épisodes (vite oubliés) qu’il fallait rappeler pour mieux voir le tableau d’aujourd’hui : deux candidats « traditionnels » (gauche et droite) mal appuyés par des appareils partisans pourtant encore solides au plan parlementaire, jouant péniblement leur rôle sur la scène électorale attendue, tandis que deux autres candidats « alternatifs », jouant une carte apparemment personnelle, et ayant suivi un itinéraire très différent malgré les similitudes de résultat, viennent troubler le jeu au point de détenir les deux premières places. Ou plutôt les deux « secondes » places, car le jeu est toujours faussé par la candidature du Front National qui mène la course sans pouvoir prétendre encore (!) obtenir une majorité de l’électorat français.

Et cette situation perdure depuis 2002, soit depuis quinze années. De ce fait, la bataille du premier tour ne peut être considérée, comme on le dit souvent, comme le moment de l’expression d’un choix de conviction, avant un choix majoritaire. L’élection se joue au premier tour. Cette situation particulière ne pouvait que perturber la lutte partisane traditionnelle et aboutir à des candidatures auto-proclamées. Mais il a fallu l’affaiblissement des deux partis traditionnels pour que ces alternatives, improbables il y a encore quelques mois, apparaissent si légitimes aujourd’hui.

Deux leçons au moins doivent être tirées de cet aboutissement.

D’abord, le système uninominal à deux tours (qui se pratique pour l’élection présidentielle mais aussi pour les élections parlementaires, régionales, et pour la plupart des élections territoriales – seules les petites municipalités jouissant d’un système tout différent – et tout aussi étonnant vu de l’extérieur) ne fonctionne plus du tout du fait de cette obligation de « cordon sanitaire » contre un candidat majoritaire (d’extrême-droite, mais qui pourrait être nationaliste, populiste, ou simplement exotique). Dans la pratique, on a un système uninominal à un tour, produisant un « candidat unique » largement minoritaire (sans parler même de l’abstention). Ce système est injuste pour les électeurs et ne produit qu’un élu à la légitimité très affaiblie. Il entraîne un dégoût accentué de la politique. Mais on ne voit pas que la leçon puisse être tirée et amener à une autre conception des élections, c’est à dire de la représentativité des élus par rapport aux électeurs. Cela tient à la faiblesse des partis en France (et c’est sans doute le système électoral qui les aura laminés en trente ans), à la culture du chef si prégnante depuis la guerre 40-45, et à l’éloignement des élus nationaux, milieu endogène et coupé de la vie du simple citoyen. Deux candidats (de gauche) annoncent une révision constitutionnelle, mais il n’est pas dit qu’un système plus adapté puisse être instauré, faute d’une perception claire de la situation aux yeux de l’opinion, et faute de légitimité du président.

Ensuite, l’élection parlementaire qui suit (depuis pas si longtemps) la présidentielle, et alors qu’elle était une formalité jadis, permettant même de s’octroyer une majorité « écrasante » au détriment de la démocratie représentative, paraît plus ouverte que jamais. Il n’est pas du tout certain que le président désigné en mai jouisse d’une majorité parlementaire en juin, lui permettant de réaliser le programme pour lequel il aura été élu. Et on ne voit pas bien si les deux candidats « alternatifs » vont avoir à négocier avec des élus individuels ou des partis. On aura un cas exemplaire avec les élus « verts » (EELV), jouissant d’une représentation sans doute permise par un accord électoral avec le Parti socialiste (voulu par le candidat de ce parti aux présidentielles), mais pouvant monnayer leur soutien à un candidat hors parti… au détriment de leur propre groupe. Et pour le candidat « ni droite ni gauche », on peut se demander si ce ne sera pas une majorité « introuvable » qui marquera une vie politique profondément incertaine quant aux politiques qui seront finalement votées. Cette situation nouvelle d’une élection parlementaire totalement ouverte est sans doute la préoccupation majeure actuellement, mais elle se prépare hors des écrans, selon des processus totalement abscons, et il n’est pas certain que la situation sera éclaircie au moment où les électeurs seront appelés à voter, mi-juin.

Tout ceci se déroule dans un contexte très difficile, mais qui n’explique pas l’impasse où le processus électoral se trouve. Nous vivons une situation de crise du système par de multiples dimensions, ce serait trop long d’en faire état, mais c’est bien connu. Les événements récents qui sont liés au terrorisme d’une part, à l’arrivée de réfugiés d’autre part, enveniment la réflexion (mais ils ne paraissent pas dominer la campagne). Plus généralement, la tendance au populisme qui a déjà une vingtaine d’années mais qui montre combien l’électorat est aujourd’hui déstructuré, paraît arrivée à une maturité propre à déranger le fonctionnement des institutions.

Un tel spectacle laisse perplexe. Oui, c’est la perplexité qui domine. Les candidatures paraissent incomparables (et les exercices de comparaison sont dérisoires, même si quelques enjeux paraissent raisonnablement discutables).

De quoi s’agit-il ? Il s’agit de trouver, de manière démocratique, un gouvernement stable pour un grand pays. Les deux quinquennats précédents ont été décevants sur ce plan. Et il est probable que la situation sera pire pour les cinq ans qui viennent. Les institutions prévues pour structurer le processus électoral (c’est la principale fonction des partis) sont hors d’état de peser sur la campagne, et on ne voit pas qu’elles vont se reconstituer autrement. Face à la possibilité d’une présidence « populiste » comme aux USA, les pouvoirs distribués par la Constitution au président, au premier ministre et aux parlements. Plus largement, un système électoral qui a largement profité de l’essor de la télévision dans les foyers depuis les années ’60, est aujourd’hui apparemment déphasé par rapport aux réseaux de communication virtuelle. Le tout puissant système médiatique a beaucoup perdu de son influence sur les urnes (même s’il influe encore les sondages).

 

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56 réflexions au sujet de « Une élection pas comme les autres, par Gilbert Chabian »

  1. « Nous vivons une situation de crise du système par de multiples dimensions, ce serait trop long d’en faire état, mais c’est bien connu.  »

    C’est pourtant le lieu d’y revenir, puisqu’il s’agit du blog de Paul Jorion. Je propose à cet effet de lire l’analyse, trop longue pour la poster ici, de François Chesnais. Il traite de deux dimensions, laissant la troisième que développe fort bien Paul, la complexité…
    http://www.anti-k.org/2017/02/04/le-capitalisme-a-t-il-rencontre-des-limites-infranchissables-par-f-chesnais/
    Voici juste un extrait de l’introduction:
    « En discussion: savoir si la crise économique et financière mondiale de 2007-2008 peut simplement être vue comme une «très grande crise» d’un capitalisme encore capable de s’ouvrir une nouvelle longue phase de reproduction élargie à l’échelle du «marché mondial enfin constitué» ou au contraire le point de départ du moment historique où le capitalisme rencontrerait des limites qu’il ne pourrait plus repousser. Dans le livre III du Capital Marx argumente que «la production capitaliste tend sans cesse à dépasser les limites qui lui sont immanentes, mais elle n’y parvient qu’en employant les moyens, qui de nouveau, et à une échelle plus imposante, dressent devant elle les mêmes barrières»[5]. La question posée est de savoir si la production capitaliste s’affronte désormais à des barrières qu’elle ne peut plus ou pas dépasser, même temporairement. On serait en présence de deux formes de limites infranchissables ayant de très fortes implications pour la reproduction du capital et la gestion de l’ordre bourgeois, surtout pour la vie civilisée. L’une, attenant aux effets de l’automatisation, remonte au 19e siècle et a un caractère immanent, interne au mouvement du capital sur lequel Marx a fortement insisté. L’autre, attenant à la destruction par la production capitaliste, des équilibres éco-systémiques, notamment de la biosphère, n’a pas été prévue par Marx et a d’abord été définie comme limite externe. »

    1. « …Dans le livre III du Capital Marx argumente que «la production capitaliste tend sans cesse à dépasser les limites qui lui sont immanentes, mais elle n’y parvient qu’en employant les moyens, qui de nouveau, et à une échelle plus imposante, dressent devant elle les mêmes barrières»… »

      Voilà, tout est dit.

  2. « De quoi s’agit-il ? Il s’agit de trouver, de manière démocratique, un gouvernement stable pour un grand pays. »
    Pas d’accord.
    Il s’agit au contraire de savoir si ce pays souhaite en revenir à plus de stabilité (auquel cas la ligne Macron-Schäuble-(Line)Renaud semble s’imposer) ou bien s’il est prêt à courir le risque d’une instabilité accrue au nom de vieux idéaux, pour les uns de souveraineté, pour d’autres de justice sociale.
    Instabilité car, contrairement aux partis dits de gouvernement, l’alliance de la gauche de la gauche et de la droite de la droite est impensable pour des raisons multiples : idéologiques, historiques, éthiques,… (l’alliance rouge-brun est un fantasme machivélo-chevènementiste dont la seule utilité est de servir d’épouvantail à des Cédric Mas de tous poils).
    Personnellement, j’opte pour l’instabilité. Je pense que l’ordre libéral qui nous est proposé est mortifère et que sortir du capitalisme est une question de survie. Vous voyez le genre…

    1. « …Personnellement, j’opte pour l’instabilité. Je pense que l’ordre libéral qui nous est proposé est mortifère et que sortir du capitalisme est une question de survie. Vous voyez le genre… »

      Genre dictature du prolétariat ?

      1. @ Eninel

        « Sortir du capitalisme est une question de survie » (ou « s’en débarrasser »).
        Pensez-vous que les gens capables de dire des choses pareilles ont forcément une âme de dictateur ?

      2. @ Renard

        Attention: pas de contre-sens, le mot dictature a pris un sens différent depuis le fascisme et le stalinisme. Comme l’a souvent rappelé le philosophe et militant de la LCR puis du NPA Daniel Bensaïd, «Les mots n’ont pas aujourd’hui le même sens qu’ils pouvaient avoir sous la plume de Marx. À l’époque, la dictature, dans le vocabulaire des Lumières, s’opposait à la tyrannie ; elle évoquait une vénérable institution romaine : un pouvoir d’exception délégué pour un temps limité, et non pas un pouvoir arbitraire illimité»

    2. Tout à fait d’accord !
      Non à la stabilité. Non à la majorité absolue.
      Oui à un président représentatif et charismatique, mais sans majorité stable au parlement. Il lui faut convaincre la représentation parlementaire pour faire adopter ses lois, et pour cela il faut imposer le débat, le compromis démocratique pour que chaque texte soit acceptable et compris par tous ou du moins le plus grand nombre.
      Une assemblée renouvelée par tiers tous les 2 ans et pas massivement, c’est la garantie de la continuité du travail parlementaire et du débat permanent.
      Et la révocabilité du mandat des élus s’ils s’en éloignent sans l’assentiment de leurs électeurs, gage du rétablissement d’une certaine confiance entre eux.
      Autrement nul besoin de Parlement. Vive l’Anarchie, la vraie, celle qui voit l’Ordre émerger du chaos. Mais nous ne sommes pas assez utopistes pour cela !

  3. Finalement,comme dit Jorion: « Votez Poutou ! »
    Ce qui est bien,c’est qu’il n’a aucune chance d’être élu.
    Mais est-ce bien responsable?

    1. Voici ce qui me semble le plus responsable du point de vue de la survie de l’espèce.

      L’urgence est à la reconstruction du projet et des organisations de l’émancipation, pas aux illusions sur un replâtrage du capitalisme.

      La question s’était déjà posée à l’aube du mouvement ouvrier. La réponse demande lucidité, patience et détermination. Très loin des ambitions des politiciens professionnels. Marx, lui avait déjà compris qu’il serait impossible d’arracher le pouvoir à la bourgeoisie sans organisation révolutionnaire et pronait exactement la tactique suivie par le NPA:

      « Que partout, à côté des candidats démocratiques bourgeois, soient proposés des candidats ouvriers, de préférence parmi les membres de la Ligue, et dont on devra favoriser l’élection par tous les moyens possibles. Même là où il n’existe pas la moindre chance de succès, les ouvriers doivent présenter leurs propres candidats, afin de préserver leur indépendance, de compter leurs forces et de manifester au grand jour leur position révolutionnaire et leurs vues en tant que parti. Ce faisant, ils ne doivent pas se laisser séduire par la phraséologie des démocrates prétendant, par exemple, qu’ainsi on provoque la division… (Friedrich Engels & Karl Marx, « Adresse du comité central », mars 1850, Marx, Œuvres, Gallimard, t. 4, p. 555-556)

      La gauche qui se bat pour le socialisme, et non pas les mangeoires de la Ripoublique, c’est à dire la gauche révolutionnaire, sortira renforcée de ce scrutin, grâce à la qualité du programme et de la campapagne de Philippe Poutou. Il faut que le vote de un à deux millions de jeunes et de travailleurs contribue à reconstruire le projet d’émancipaton sociale. Il faut que le score de Poutou redonne confiance et prépare les affrontements décisifs à venir dans la crise qui va rebondir, quel que soit l’occopant de l’Elysée.

      C’est la responsabilité de ceux qui votent pour le programme d’illusions réformiste de Hamon, de voter pour celui de la même teneur de JLM. Si la moitié d’entre eux préfère la « gauche » à la « droite », ils doivent voter et appeler à voter JLM, qui sera ainsi haut la main en tête au premier tour.

      Et au deuxième tour, le maximum de voix doivent se porter sur JLM pour barrer la route à la droite et donner le maximum de confiance à notre classe, tout en avertissant sur le renoncement à venir. C’est ce qu’on fait les révolutionnaires face au modèle de JLM, la canaille Mitterrand. Je me souviens même d’avoir crié, lorsque Mitterrand marchait, vers le Panthéon je crois: « Vive Kerenski ». Qui c’est ? m’a demandé un gars pas loin de moi. D’autres m’ont souri…
      L’avantage aujourd’hui, par rapport à 1981, c’est que les politiciens et leurs partis, gauche comme droite, sont dix fois plus méprisés et rejetés qu’entre 81. Mitterrand, Jospin, le PS, le PC sont passés par là…Le PG devra choisir. Mais j’en connais là aussi qui feront le bon choix.

      Il ne le cache pas, Mélenchon se coucherait comme Mitterrand et Tsipras… C’est alors que les révolutionnaires seront indispensables pour mobiliser et faire converger les luttes vers un affrontement avec la bourgeoisie.

  4. Dans populisme, il y a peuple. Ce n’est pas forcément un gros mot.
    Sinon, JLM a raison de dire qu’il faut une constituante.
    À nous de réfléchir à ce que nous voulons y mettre pour que les grands groupes capitalistes ne preemptent pas les politiques publiques.

    1. Peuple n’est pas un gros mot, c’est un mot compliqué, nuance. L’utiliser sans nuance ça s’écrit populisme et là c’est un gros mot. Et l’usage des gros mots est une tradition politique de droite.

    2. « Dans populisme, il y a peuple. Ce n’est pas forcément un gros mot. »

      Non ce n’est pas un gros mot, mais le Peuple réuni en son sein l’ensemble des classes sociales.

      Et tant que nous resterons prisonnier de ce mot « …les grands groupes capitalistes (preempteront) les politiques publiques.

  5. et alors ? conclusion ? la stabilité est nécessaire, pour qui, pour quoi ? pour que les riches continuent de faire des affaires comme si de rien n’était ? je ne comprend pas où vous voulez en venir. Et puis cette utilisation inconsidérée du terme populiste ne fait pas avancer l’analyse de la crise du système politique. Vous visez qui en parlant de danger populiste : l’extrème-droite ou ce que vous désignez abusivement par extrème-gauche ? le programme de JLM – puisque c ‘est de lui qu’il s’agit derrière le terme dévalorisant de populisme – est un programme social-démocrate pur jus. Quant au danger de voir arriver MLP au second tour il est largement fantasmé pour inciter au vote utile.

    1. Effectivement, je ne voulais pas aller à une conclusion. En rapide contraste avec le billet précédent, je voulais dégager un filigrane dans le spectacle donné, d’un point de vue de « science politique ». Effectivement, les systèmes électoraux se mettent à grincer dans bien des pays (Usa, Espagne, Italie…), ils montrent leur « manière de faire » et c’est instructif, c’est à discuter.
      Et le mot de ‘stabilité’ est sans aucune connotation : ainsi le gouvernement issu de la révolution des œillets au Portugal fut stable.
      Le phénomène du populisme (P.Jorion en parle dans le billet suivant) tient selon moi (et ce n’est pas original) à la rencontre entre une masse de citoyens ne pouvant plus identifier des relais politiques qui la structurent (même dans une relation conflictuelle gauche droite) et la représentent, et des hommes politiques proposant des dénonciations simplistes, plus émotionnelles que rationnelles. C’est au fond une perversion du « rapport de forces » social. Et le recul du poids ouvrier (quantitativement et symboliquement), le recul des partis, le « néo-libéralisme » (et son bras « européen »), la liberté folle des inégalités (démontée par Piketty), l’individuation sociale croissante, sont le terrain propice à la maladie « populiste ». La démarche victorieuse de Trump (qui affiche l’égo d’un sale gamin attardé ayant réussi, à mon avis) est illustrative. Par opposition, Sanders n’était pas populiste, selon moi. Et Melenchon ne l’est pas vraiment car sa démarche s’inscrit dans la structure des classes et dans un engagement de gauche, et son programme est rationnellement construit. (Bien sur, son « dégagez ! », son « peuple » et quelques autres formules sont ambivalentes). C’est quand l’ennemi désigné est un groupe faible et différent (les juifs, les roms, les arabes, les mexicains) qu’on réunit le « peuple » à bon compte dans un fourre-tout aventureux.
      Enfin le thème de la peur, introduit dans les commentaires, est à relever. Phénomène passionnel, il est agité dans la dernière ligne droite, avec la diabolisation (déjà Mitterand et ses ministres communistes, en 1981…), le chantage, la manipulation. A l’inverse, le FN ne prend-il pas plaisir à faire peur, mobilisant là-dessus ?

  6. N’ayez pas peur, Macron va être notre prochain président. Et ce blog pourra continuer à dénoncer la « religion féroce » qui guide nos édiles, et nous alerter sur la Terre qui se réchauffe, et les centrales nucléaires qui se déglinguent. Si c’est Fillon, ce ne sera pas mieux…
    Mais comme c’est la peur qui « in fine » guide le choix dans l’isoloir, le plus probable est que Macron (voire Fillon) soit notre prochain président.

    1. Je crains,Macarel,que votre analyse soit la bonne.Macron
      (dont on peut redouter une carrière à la Barroso) ou
      Fillon (qu’on peut se contenter de « soutenir ») ? Cela fait
      trop de place pour, le « système » 99%/1%,et bien trop peu
      pour une planification écologique sérieuse

      perturbateurs endocriniens compris.Trop de place
      aux traités libre échangistes propices aux
      multinationales (renards dans le poulailler…).Trop peu
      de place au travail pour la paix (qui sans doute suppose
      que l’on quitte l’OTAN,même si ,Vigneron,les pays Baltes
      ne sont pas obligés de faire pareil.)
      Peur d’une « constituante »? Qui a peur de la démocratie? Qui a peur de l’idée d’en finir,en France,
      avec une « monarchie présidentielle »?

      1. Je crains,Macarel,que votre analyse soit la bonne. Macron (dont on peut redouter une carrière à la Barroso)

        On peut en douter : Macron n’a jamais été trotskiste ou maoïste, contrairement à Barroso ou Juncker, et il a travaillé pour Rotschild au lieu de faire ses gammes chez Goldman Sachs.

        Rien compris Macron…

      2. Ahhhhhhhh ! Enfin ! Voilà l’entrée en scène des Perturbateurs Endocriniens. Enfin un sujet Majeur mes frères !

    2. « …N’ayez pas peur, Macron va être notre prochain président… »

      On fait un pari ? Non je déconne !

    3. @ Macarel :
      « Mais comme c’est la peur qui « in fine » guide le choix dans l’isoloir, le plus probable est que Macron (voire Fillon) soit notre prochain président. »

      La peur ? Ou l’espoir ?
      Ils sont en compétition.

      Le plus probable est la victoire de la peur, je suis hélas forcé d’être d’accord avec vous.

      Cependant, rien n’est joué d’avance. Il ne s’agit que de probabilités, tout est encore ouvert.

      Car peur comme espoir sont des passions. Et les passions sont puissantes.

  7. L’essentiel n’est pas mentionné.
    Les présidents français sont tout au plus les proconsuls de ce qui est déterminé par la commission de Bruxelles.Cf les grandes orientations de politique économique(GOPE).
    Le premier prédécesseur de Junker fut le nazi Walter Hallstein.
    L’U-E est le cadre duquel il est nécessaire de sortir(dont l’idéologie est la religion féroce), c’est en fait la métamorphose du 3 eme Reich.A la différence que l’Allemagne est en plus une colonie américaine(militairement, économiquement, culturellement)…
    Les documents déclassifiés US montrent que les pseudo-pères de » l’Europe » étaient des agents US.
    Tout celui qui niera ce qui précède est dans le déni de réalité.
    Il peut faire des moulinets sans prise sur le réel car lui-même argumente en dehors du cadre historique actuel..

    Le Royaume Uni a montré la voie de sortie, c’est le premier pavé qui sort et permet ensuite de soulever tous les autres pavés.Vous verrez la suite…

    Depuis 2008,(par clairvoyance) j’ai annoncé la fin future de l’Union européenne.Je l’ai indiqué aux instances dirigeantes de l’U-E pour les préparer et tenter de minorer les victimes à venir, car il y aura de grands troubles.
    L U-E est une construction maçonnique comme le fut feu l’URSS.Ma dernière prédiction, avant de s’effondrer les féodaux qui dirigent cette structure auront recours à ce qui s’apparente au fascisme car ils tiennent à leurs prébendes et à la domination du capital de rente sur les administrés.
    Dans ce cadre global, le choix du président n’est qu’un épiphénomène d’un processus bien plus important, celui de l’émancipation des pays enrégimentés dans l’U-E.
    Est-ce que la censure va laisser paraitre mon commentaire?

    1. L’essentiel n’est pas mentionné.
      Les présidents français sont tout au plus les proconsuls de ce qui est déterminé par la commission de Bruxelles.

      Il n’est pas nécessaire de mentionner « l’essentiel » quand celui-ci est un mensonge éhonté. La Commission de Bruxelles n’est pas l’exécutif européen, c’est sa haute fonction. L’exécutif européen, c’est le conseil européen, où siègent les chefs de gouvernement, et croyez bien que ce sont eux qui déterminent et acceptent ou pas ce qui se fera ou pas en Europe.

      Le reste est l’avenant : le blougiboulga upériste dans toute sa maculée candeur de lapinou pris dans les phares d’une voiture et qui croit voir dieu.

      1. Julien,

        « Haute fonction », ça veut rien dire.
        De fait, la commission est devenue le véritable exécutif européen, le conseil n’étant plus guère qu’une sorte de chambre haute autorisée à valider ou non les propositions de la commission (voir les négociations sur le TAFTA).

        Plus grave encore : vous confondez « blougiboulga » et « gloubi-boulga » ce qui nous donne une idée du personnage. « Le reste est à l’avenant. »

      2. Renard, vous ignorez tout de la façon dont fonctionne l’Europe, vous contentant de boire les paroles des politiques sans cojones qui depuis des décennies se sont toujours défaussé coupablement.
        Non, le conseil n’est pas une chambre haute, le conseil est l’endroit qui a le droit de vie ou de mort sur toutes les décisions européennes.

      3. Julien,

        Ce sont ces mêmes « politiques sans cojones », comme vous dites, qui représentent leurs concitoyens au Conseil. D’où l’importance croissante prise par la Commission.
        Il en fut jadis de même avec les Rois fainéants mérovingiens et leurs Maires du palais. Que croyez-vous qu’il advint ?

      4. Renard, again, la Commission a zéro « importance croissante ». Sans cojones, ça veut pas dire qu’ils sont cons comme des ânes. Pouvoir tout régenter sans jamais assumer la responsabilité directe, le rêve de certains politiques, mis en oeuvre par le Conseil européen. C’est là que tout se passe. La Commission, transformée par Barroso en petit secrétariat des États, n’a pas grand chose à dire ou redire à cela.

        Le reste, c’est du fantasme upériste.

      5. « Haute fonction ça ne veut rien dire. »
        Imagine le Français qui va dire à un Anglais, « la haute Fonction Publique Française ça ne veut rien dire », la gueule du Brit.

    2. L U-E est une construction maçonnique comme le fut feu l’URSS.

      Très juste et oh combien finement vu. Pas seulement d’ailleurs.
      Les USA aussi, c’est patent à Washington.
      Le RU évidemment, le foyer, le nid de serpents originel.
      Israël ça va de soi.
      La Chine post-maoïste.
      Le Japon post Hiroshima.
      Le Vatican post concile Vatican II.
      L’Iran post Shah.
      Le monde entier en fait.
      La Voie Lactée, les choses se précisent encore grâce aux progrès de la science non-maçonnique, mais la probabilité s’approche de 1.

    3. Merci George !
      rien que pour le tir de barrage de JA . . .
      toujours dans le déni de réalité vis à vis de l’U€
      . . . . pure provoc de ma part . . .

  8. . »Face à la possibilité d’une présidence « populiste » comme aux USA, »
    Si populiste est le fait que le candidat dise ce que le peuple (ou la fraction du peuple qui l’écoute) ce qu’il a envie d’entendre, c’est cas de tous les candidats depuis des lustres.
    Trump est le résultat d’une histoire politique des USA des décennies précédentes à son élection (Clinton, Bush, Obama).
    Poutine est le résultat d’une histoire politique de l’URSS puis de la Russie, laquelle a été bien plombée par les conseils de l’occident trop content d’affaiblir un ennemi.
    En règle générale, l’humiliation des peuples ou des hommes n’aboutit qu’à des réactions exacerbées qui sont contreproductives pour tout le monde, mais que nous n’avons pas appris à éviter (la tentation est trop grande?).
    Alors la France à son tour se paye des frissons, mais regardons l’histoire politique des dernières décennies (la construction de l’€, 2005…). A chaque fois les peuples sont fait rouler dans la farine (les populistes d’alors promettait de la croissance et plus d’emplois à chaque occasion…).
    Je trouve que ça se passe même très calmement, soit les gens sont résignés, soit ils savent que le chaos leur sera plus préjudiciable qu’à tout autre.

    PS: pour signaler une coquille « Même en 2017 » ce doit être « 2012 ».

      1. En fait, j’avais écrit et je voulais dire : Même en 2017, Sarkozy voulait se représenter et verrouiller la primaire. Il aurait pu réussir sans la mobilisation (aussi de gauche a-t-on dit) qui a désigné l’outsider inattendu. L’avez-vous déjà oublié ?
        Mais ce n’est pas très important.

  9. Un gouvernement stable? Avec les législatives qui vont suivre et à propos desquelles toute union de la gauche a été rendue impossible par les manigances de Hollande (humiliations répétées des Verts puis encouragement à la scission de ceux-ci, refus de Hamon de se rallier à Mélenchon tout en lui piquant un peu son programme et en prétendant réformer un parti dont il n’a pas les clefs et qui s’oppose à lui sur la question des investitures estampillées « PS » pour les législatives, politique ultra-libérale qui a coupé le PS des milieux ouvriers).
    Dans tous les cas il y aura cohabitation. Ou pas. Mais une plateforme stable, ce n’est pas dans les cartes. C’est le mode scrutin et le fonctionnement des institutions qu’il faut réformer.

  10. Les mecs en dessous, dont Stiglitz, ils sont d’accord avec Jorion et pas d’accord avec la Pénienne ni avec Père Castor. Faut pas casser l’UE ni la monnaie unique…
    Angus Deaton (Princeton, prix Nobel en 2015), Peter Diamond (Massachusetts Institute of Technology, 2010), Robert Engle (université de New York, 2003), Eugene Fama (Chicago, 2013), Lars Hansen (Chicago, 2013), Oliver Hart (Harvard, 2016), Bengt Holmström (MIT, 2016), Daniel Kahneman (Princeton, 2002), Finn Kydland (Carnegie-Mellon, 2004), Eric Maskin (Harvard, 2007), Daniel McFadden (Berkeley, 2000), James Mirrlees (Cambridge, 1996), Robert Mundell (Columbia, 1999), Roger Myerson (Chicago, 2007), Edmund Phelps (Columbia, 2005), Chris Pissarides (London School of Economics, 2010), Alvin Roth (Stanford, 2012), Amartya Sen (Harvard, 1998), William Sharpe (Stanford, 1990), Robert Shiller (Yale, 2013), Christopher Sims (Princeton, 2011), Robert Solow (Columbia, 1987), Michael Spence (Stanford, 2001), Joseph Stiglitz (Columbia, 2001), Jean Tirole (Toulouse School of Economics, 2014).
    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/04/18/25-nobel-d-economie-denoncent-les-programmes-anti-europeens_5112711_3232.html#cRYqfOH1S1o5Gim2.99

    1. Je crois avoir lu 2 ou 3 choses sur ce blogs sur tout le bien qu’il faut penser des Nobel d’éco en particulier et des économistes patentés en général, mais je ne me souviens plus desquelles.
      Et puis souvenons nous, vigneron : 58 mètres !

    2. Stiglitz: « The problem with Europe is the euro »
      https://www.theguardian.com/business/2016/aug/10/joseph-stiglitz-the-problem-with-europe-is-the-euro

      Et ces deux extraits sont intéressants:
      1) « Should this marriage [the euro] be saved? The costs of dissolution – both financial and emotional – may be very high. But the costs of staying together may be even higher. »

      Et qui est le principal partisan du statu quo, contre lequel il va falloir négocier ce changement nécessaire?
      2) « While in most of the world market fundamentalism has been discredited, especially in the aftermath of the 2008 global financial crisis, those beliefs survive and flourish within the eurozone’s dominant power, Germany. These beliefs are held with such conviction and certainty, immune to new contrary evidence, that they are rightly described as an ideology »

      Donc, Stiglitz semblerait d’accord avec la stratégie de la Méluche: exiger un renégociation avec l’Allemagne des accords économiques européens et de l’euro en particulier, et si pas possible, probablement sortir…

  11. Père Castor (Môssieur pour les intimes) dans La Stampa :

    Macron est un financier, les financiers sont des parasites.

    On va l’appeler Fly-Tox le Père Castor .
    L’a c’qui faut dans son Fly-Tox pour les ex-Sénateurs ou les Députés Européens, ou les politiciens professionnels quand on les traitera de « parasites ».
    L’a oublié l’ex OCI ce qu’il peut advenir aux parasites ?

  12. COMPETITIVITE – Ce mot, passé dans le vocabulaire courant, est désormais connoté positivement ! Comme si être « plus compétitif » était une valeur à défendre !
    Or, ce vocable ne cache rien moins qu’une déclaration de guerre envers les autres. Comme si le « vivre ensemble » n’était possible que via la suprématie sur les voisins !
    Ce concept resurgit sans cesse en politique : nos entreprises doivent êtres plus compétitives que… , nos salaires ne sont pas assez compétitifs par rapport à… Bref, les politiciens veulent que tel peuple soit plus compétitif que tel autre peuple, lequel lui-même devrait, à son tour, redevenir plus compétitif que le premier.
    Cercle vicieux à rotation potentiellement infinie…
    Là est une des racines du mal qui détruit nos sociétés : dans nos têtes, dans l’idée « qu’il faut » être compétitif.
    Cette mentalité guerrière devrait être traitée pour ce quelle est : droit de légitime défense pour ceux qui deviennent moins compétitifs, et condamnation sévère (rétablissement de la peine de mort ?) pour tous ceux qui se réfèrent à cette idéologie suprémaciste.
    Quel candidat à l’élection présidentielle osera clamer : « Mon ennemie, c’est la compétitivité ! » ?

    1. @ Marcel MONTFORT dit : 18 avril 2017 à 11 h 34 min

      « COMPETITIVITE – Ce mot, passé dans le vocabulaire courant, est désormais connoté positivement ! Comme si être « plus compétitif » était une valeur à défendre ! »

      Une telle déclaration me semble témoigner d’un profond mépris de tous nos ancêtres qui se sont employés individuellement et collectivement à faire en sorte que la vie de leurs successeurs soit un peu meilleure que celle qu’ils ont connue.
      C’est grâce à un tel esprit d’amélioration de leurs performances individuelles et collectives que les groupes humains, placés depuis toujours et probablement pour toujours en compétition pour la survie, ont pu accroître peu à peu le niveau de vie moyen de notre espèce et se libérer de la condition animale.
      Si les néanderthaliens ont disparus, c’est peut-être parce qu’ils se sont laissé aller à ne pas viser à être suffisamment compétitifs, ce qui les a amenés à être relégués en queue de compétition pour la survie et à disparaître alors que les homo sapiens ont survécu.
      http://www.20minutes.fr/sciences/650860-20110111-sciences-l-homme-neandertal-longevite-homo-sapiens

      1. La compétitivité c’est faire à moindre coup, non ?

        Quel rapport avec la vie un peu meilleure ?
        C’est exactement l’inverse.
        Par exemple, la réduction des cout à l’hôpital ce n’est rien d’autre que le démantèlement du service public de santé.
        La réduction des cout est de la pure idéologie au service d’intérêts bien compris.
        La réduction des cout salariaux est-ce cela la vie un peu meilleure ?

      2. @ RV dit : 19 avril 2017 à 22 h 50 min

        « La compétitivité c’est faire à moindre coût, non ? »

        Vous avez raison.
        Mais il faut aussi bien voir que ce qui coûte, c’est la vie. C’est elle qui, pour exister, nécessite de transformer la matière dans nos organismes, dans nos corps mais aussi dans notre environnement. Il faut voir et prendre « nos corps » au sens général en n’oubliant pas les plus importants c’est-à-dire nos cerveaux. Ce sont eux qui sont à l’œuvre notamment dans les organisations de nos entreprises, de nos Etats et de nos administrations.
        Or, certaines organisations sont moins coûteuses donc plus compétitives parce qu’elles sont plus efficaces que d’autres. C’est le cas lorsque leur productivité est plus grande ou, lorsqu’à productivité horaire égale, le temps quelles consacrent au travail productif est plus long dans une journée et dans une vie. D’où le problème du temps de travail et de l’âge de la retraite.
        Voir, à titre de comparaison, les écarts d’efficacité des systèmes scolaires en France et en Allemagne :

        http://www.capital.fr/enquetes/dossiers/education-l-allemagne-fait-mieux-que-nous-avec-moins-de-moyens-1139809

        Dès lors qu’une organisation devient comparativement moins productive et qu’elle ne consacre pas ses maigres gains à préférentiellement accroître sa productivité elle s’engage dans un cercle infernal l’amenant à être de moins en moins compétitive et à devenir de plus en plus vulnérable parce qu’elle en vient à ne prendre en compte que l’assistanat en négligeant de sensibiliser la population à l’effort et à l’efficacité personnels sans lesquels, il ne peut y avoir de progrès collectif.

      3. jducac 20 avril 2017 à 19 h 07 min

        « Mais il faut aussi bien voir que ce qui coûte, c’est la vie ».

        Et bien réduisez les coûts, en espérant la réduire aussi.

        Rendez-vous compte, un candidat propose d’inscrire dans la Constitution le droit à mourir dans la dignité, l’ennui c’est qu’il ne dit pas à quel prix, ah les promesses électorales qui n’engagent que ceux qui y croix de bois croix de fer, comme disait un jour Paul Jorion. Tant qu’on oblige pas les vieux coucous, ce n’est pas la dictature, mais le libre choix de la démocratie…ouf on est saufs, sains est une autre histoire…

  13. Il est vrai que cette campagne électorales en France est particulièrement folklorique cette fois-ci. Un spectacle intéressant pour ceux qui aiment le genre « théâtre absurde ».
    Je pense voter pour un tout petit parti, pas pour Poutou quand même, les prolos ce n’est pas mon rayon, même si ce candidat a raison sur un certain nombre de thèmes, il voit juste, on sent qu’il parle « avec ses tripes ».
    Je pense aussi que le système politique francais est au bout du rouleau, il faut le réformer à fond, laisser plus de place aux citoyens, aux régions et aux communes. On pourrait déjà commencer par dissoudre l’ENA et d’autres institutions qui portent ce système vermoulu….
    La France me fait penser à la Chine impériale, avec son empereur et sa cour, ses lettrés, ses mandarins….Il faut changer tout ca. Si vous aimez votre pays, changez le!

  14. Une élection pas comme les autres, nous écrit Gilbert Chabian ?

    En effet nous vivons la toute première élection sous la V République, où la classe ouvrière ne peut pas se défendre sous ses couleurs. Qualitativement, cela exprime un rapport nouveau entre le Capital et le Travail.

    La V République qui était dès l’origine en 1958 , et surtout après 1968 , un régime bonapartiste bâtard, suite à ces élections va peut-être devenir le régime fort qu’à tant besoin la bourgeoisie.

    Politiquement ce n’est pas rien, et en ce sens on peut parler d’une élection de la dernière chance pour le Capital.

    Fillon, immédiatement élu, et à sa botte une large majorité d’un parti godillot à l’Assemblée Nationale, va prier les organisations syndicales à se fondre dans ce type de corporatisme que De Gaulle rêvait et que lui il va pouvoir faire fonctionner.

    « La première tâche des groupes d’entreprise est d’unir tous les éléments de la profession à quelque échelon de la hiérarchie professionnelle qu’ils soient, pour que tous, agents de maîtrise, ouvriers, employés, éléments de la direction participent ensemble à l’action commune… Au syndicalisme revendicatif, doit succéder un syndicalisme de responsabilité, au syndicalisme d’opposition, un syndicalisme de coopération et d’association… » (Assises du RPF en 1948). »

    Ah certes Poutou est très sympa, Mélenchon clame des poèmes de Paul Eluard, Hamon peut ne pas vouloir faire de vague au PS et Arthaud peut rester dans une tour d’ivoire, mais le prix à payer pour les travailleurs risque d’être élevé.

    Cette élection n’est pas comme les autres. Elle marque l’effondrement du mouvement ouvrier et la victoire d’une droite revancharde décomplexée qui va nous en faire baver !

      1. @ Dominique Gagnot

        Je ne pense pas que Macron soit la question. Avec son armée mexicaine allant de l’historien de Napoléon: Dominique De Villepin, au stalinien Robert Hue, grosso modo sur une ligne Merkel-Hollande, je ne vois pas comment il peux casser la baraque dimanche.

        Mélenchon est en concurrence directe avec Lepen. Et c’est vrai que l’électorat de gauche qui ira sur Hamon, Poutou, Arthaud le fragilise. Il peut l’éliminer dès le premier tour.

        Mais ne pouvons-nous pas nous montrer plus ambitieux que l’objectif de faire passer l’un des nôtres (un voyou, un déserteur !) pour un simple second tour ? J’avance le postulat qu’il est absolument impossible que Mélenchon gagne les présidentielles. On peut en discuter.

        Aussi, quel avantage retirerait le prolétariat d’une figuration de Mélenchon au second tour ?

        Aucun avantage. Fillon pourra présider et il le pourra d’autant si l’on suit votre raisonnement.

        Admettons que l’ensemble de la gauche suive votre directive. Au premier tour, pas une voie ne doit manquer à Melenchon.

        Cela veut dire que le PS, le NPA, LO disparaissent des radars.

        Mélenchon est en tête du premier tour et il aborde le second avec un petit matelas de voies, disons 30%.

        Comment fait-il au second tour pour atteindre le fatidique + 50% ?

        Même dans l’éventualité d’un second tour avec Lepen (impossible puisque ils ont le même électorat en partie), les français seraient encore capable de préférer le « fascisme » au « front populaire », selon la formule consacrée. En tout les cas je vois mal Fillon et sens commun voter pour faire barrage à Lepen !

        Mais il ne peut pas y avoir de second tour Mélenchon-Lepen. La simple hypothèse crédible c’est Mélenchon-Fillon.

        Fillon serait élu, Hollande, Valls, Macron s’en chargeraient, le mouvement ouvrier pour le coup en lambeau, plus de PS, NPA, LO, il ne resterait pour contrer Fillon, à mettre en avant dans la rue, le beau, le grand, le seul Mélenchon avec son mouvement informel: France insoumise !

        En clair, les initiateurs et les organisateurs de la résistance aux attaques de Fillon, ne seront plus les militants du NPA et de LO (dans et hors les syndicats) mais la France insoumise, sous la haute autorité d’un grand stratège qui vient juste d’essuyer une défaite.

        Et bien camarade, je pense que le prolétariat n’a rien a gagner au change. Laissons lui le droit de voter au premier tour pour le candidat de son choix, et si il doit y avoir un second tour, inconditionnellement faire bloc derrière Mélenchon.

        Cela me parait un bon principe, une bonne politique de principe.

        Et face à Fillon c’est de principes que nous aurons besoin, pas de sauveur ou de tribun providentiel !

        Ne faisons pas tout un drame si Mélenchon n’est pas au second tour. Nous avons perdu les élections du moment que le PS et le PCF (après la magnifique victoire de Hamon à la primaire à gauche) n’enclenchaient pas une dynamique unitaire, pour l’abrogation de la Loi Travail , pour la perspective d’une vraie politique de gauche !

      2. Eninel,

        « J’avance le postulat qu’il est absolument impossible que Mélenchon gagne les présidentielles. »
        ———————-
        Oui, on se demande d’ailleurs pour quoi les insoumis s’enquiquinent à faire autant de foin.

        Nan mais sérieusement, vous êtes complètement à l’ouest…
        Sauf à ce que vous ayez une boule de cristal?

      3. Dominique Gagnot dit :
        19 avril 2017 à 15 h 02 min
        Eninel,

        « J’avance le postulat qu’il est absolument impossible que Mélenchon gagne les présidentielles. »

        On peut en discuter, mais je vous assure que j’aimerai tant avoir tord.

        Mais les Hollande, Macron et Valls ont déjà annoncé la couleur, et celle ci n’est pas rouge !

  15. Arf, viens de me rendre compte que je pourrais pas voter au second tour des législatives parce-que je serais… en France! lololol.

  16. « Mélenchon est en concurrence directe avec Lepen. »

    Exact, hélas ! Résultats : remember Tsipras 2015 ! Impasse totale !
    C’est à ce titre, que Y. Varoufakis avec l’expérience concrète qu’il a eu, a décidé de créer Diem25, très conscient dorénavant des enjeux et des « règles ». Soit pour faire évoluer ie bouger les institutions européennes, à raison !

    « L’Europe se désintègre et nous avons au maximum dix ans pour la sauver », déclare l’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, à la veille du 60e anniversaire du traité de Rome
    http://www.levif.be/actualite/international/60-ans-de-traite-de-rome-l-europe-se-desintegre-et-il-n-y-a-rien-a-celebrer/article-normal-634481.html

    Frexit: deux ou trois choses que Le Pen et Mélenchon ne vous disent pas…
    Elie Cohen 18 avril 2017

    « Parmi les mythes qui nourrissent les arguments des partisans du Frexit il faudrait mentionner aussi la liberté retrouvée en matière budgétaire qui permettrait des politiques audacieuses de relance, ou encore la maîtrise par des autorités nationales de processus financiers qui relèvent de l’interaction des marchés dans un univers globalisé, ou enfin la pleine maîtrise de la politique monétaire… alors que l’euro a été inventé pour que la France partage la souveraineté monétaire allemande au lieu de se contenter de la subir ! »

    « Face à des stratégies qui provoqueront au minimum l’appauvrissement des Français et la mise sous tutelle par les marchés et les institutions financières internationales, on peut se rassurer en évoquant les obstacles institutionnels au Frexit. »

    « Tout d’abord, une présidence Le Pen ou Mélenchon sera impuissante sauf à pouvoir s’appuyer sur une majorité au Parlement. Or tout laisse penser que la règle qui veut que le peuple français donne une majorité au Président élu ne sera pas confirmée cette fois-ci à cause du caractère radical du Président en cause. De plus l’appartenance à l’UE étant inscrite dans notre Constitution, il faudrait un double référendum pour réformer la Constitution puis pour soumettre au peuple le Frexit et engager le processus de sortie. Complication supplémentaire, Mélenchon veut une Constituante pour préparer dans la foulée une VIe République. Mais les effets déflagratoires des politiques annoncées par ces candidats radicaux se manifesteront dès que la probabilité de leur élection sera significative. L’attaque contre la dette française, la fuite des capitaux, le contrôle des changes feront monter les taux et rendront plus difficile le financement de la dette. Nul concours ne pourra être demandé et obtenu des partenaires européens sans l’abandon pur et simple des chimères évoquées ici. »
    http://www.telos-eu.com/fr/frexit-deux-ou-trois-choses-que-le-pen-et-melencho.html

    1. @ Gudule 19 avril 2017 à 19 h 49 min

      « a décidé de créer Diem25, très conscient dorénavant des enjeux et des « règles ». Soit pour faire évoluer ie bouger les institutions européennes »

      Les enjeux et les règles découlent du rapport de force.
      JLM propose lui aussi de « faire évoluer ie bouger les institutions européennes » c’est le plan A, c’est à dire propositions et négociations.
      Mais contrairement à Tsipras il ne croit pas que les Institutions européennes soient sensibles à autre chose qu’au rapport de force . . .

      1. @RV

        « Mais contrairement à Tsipras il ne croit pas que les Institutions européennes soient sensibles à autre chose qu’au rapport de force . . . »

        Tsipras et Varoukakis ont essayé la négociation ET le rapport de forces, notamment lorsque Tsipras a posé la question au peuple grec, en juillet 2015. Résultat des courses : les Grecs sont resté dans l’UE, Tsipras a mangé son chapeau pour éviter la faillite complète et la ruine économique de son pays et de son peuple. Fort de cette expérience, Y. Varoufakis a décidé de créer Diem25 par ce que d’une part, il ne renonçait pas à son projet progressiste européen, et d’autre part, il a compris qu’il fallait négocier et convaincre d’autres pays européens, d’autres peuples, d’autres chefs de gouvernement pour faire évoluer les institutions européennes et acter des projets progressistes. Un seul contre tous ? Renverser la table par ce que la France a du « poids » » dixit Méluche ? : proposition démagogue, caricaturale, grotesque, infantilisante et dangereuse pour NOUS TOUS. Échec assuré. JLM commence déjà à rétropédaler sur la sortie de l’UE (sa déclaration récente en Bourgogne à Dijon) : question « amateurisme » et démagogie ça ne vous interpelle pas, un prétendant qui fait machine arrière avant d’être élu, « façon » Fillon ou MLP ? Sérieux ?

        Demandez aux grecs ce qu’ils en pensent de leur table renversée et de la vaisselle pulvérisée sous anabolisant, plans A et B itous, juste avant leur infarctus sur la pelouse du dernier « match » Athènes/UE !

        Vous avez vu les infos hier soir ? « Mise en bouche » adressée aux votants : que se passe-t-il si MLP où JLM passe au 2nd tour ?
        DAB avec retraits limités par décret ? Fuite des capitaux ?
        http://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2017-faut-il-craindre-une-fuite-des-capitaux-7788167184

        Pas suffisamment clair le message ? Perso, je fais plus confiance à Y. Varoufakis, qui, fort de son expérience, en a acté les conclusions intelligentes et appropriées et a décidé de continuer via la création de son projet progressiste Diem25. Moins rapide en apparence, mais amha, plus tenable et possible, eu égard aux rapports de forces que vous évoquez, à raison. Certes, c’est moins impressionnant que les démonstrations de force caricaturales et démago à souhait de JLM. Mais : c’est réfléchi, construit, démocratique, humaniste et ça tient la route. La construction européenne , qui ne date pas d’hier, est fragilisée. Hélas, nos gouvernants hexagonaux récents et successifs, n’ont pas été à la hauteur des enjeux, ni des demandes de justice sociale des peuples européens et se sont défaussé sans apporter rien de constructif à son évolution. L’UE, dont NOUS SOMMES, a besoin de dirigeants et de représentants humanistes solides, intelligents, aptes et intègres ( M. Rocard, Delors etc….) qui portent des projets humanistes progressistes, pour lui faire prendre un tournant historique, et surement pas d’animateurs de foire incompétents, démagos et suicidaires !

        « Où va le monde ? » – 3 questions à Pascal Lamy et Nicole Gnesotto Édito20 avril 2017
        « Depuis 60 ans, l’Union européenne (UE) est considérée comme un « laboratoire » dans lequel s’élaborent de nouveaux modes de gouvernance. L’UE porte un ADN pluri- et multilatéral spécifique qui explique une attention plus marquée sur les questions environnementales ou commerciales que sur les enjeux de sécurité, y compris, hélas, dans son pourtour.
        Nous sommes d’accord pour estimer que cette asymétrie n’est plus tenable si nous tenons à ce que les valeurs européennes continuent à peser sur le monde à venir, d’où nos propositions, in fine, en matière de politique étrangère, de sécurité, et de défense. Pour « civiliser » la mondialisation, le nouveau narratif que nous suggérons, l’UE ne peut plus faire l’impasse sur la puissance. »
        http://www.iris-france.org/92780-ou-va-le-monde-3-questions-a-pascal-lamy-et-nicole-gnesotto/

        Au plaisir RV.

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