L’éditorial du Washington Post : Voici ce qu’aurait dit un Président présidentiel

What a presidential president would have said about Charlottesville © The Washington Post

Ce qu’un Président présidentiel aurait dit à propos de Charlottesville

Éditorial, Le 12 août à 18h27

Voici ce que le Président Trump a dit samedi à propos des violences à Charlottesville nées d’une manifestation d’identitaires blancs, de Néo-Nazis et de membres du Ku Klux Klan.

« Nous condamnons dans les termes les plus vigoureux cette manifestation flagrante de haine, de fanatisme et de violence dans de nombreux camps. De nombreux camps. »

Voici ce qu’aurait dit un Président présidentiel :

« Les violences vendredi et samedi à Charlottesville, Virginie, sont une tragédie et un assaut inacceptable et intolérable contre les valeurs américaines, contre les idéaux que nous chérissons le plus dans une démocratie pluraliste : la tolérance, la coexistence pacifique et la diversité.

Ces événements ont été déclenchés par des individus qui embrassent et proclament la haine. Des Racistes, des Néo-Nazis, des membres du Ku Klux Klan et leurs sympathisants – tels sont les extrémistes qui ont fomenté les violences de Charlottesville, et dont tous les Américains doivent condamner et rejeter les vues.

Fermer les yeux devant le racisme ou l’approuver par son silence, ou par une fausse équivalence morale, ou par des raccourcis, comme le font certains, ne vaut guère mieux et n’est pas davantage acceptable que le racisme lui-même. De la même manière que nous pouvons identifier à juste titre le terrorisme islamiste quand nous le voyons, et le combattre, de la même manière aussi nous pouvons identifier les racistes de Charlottesville, et prendre conscience du fait que leur présence est anathème dans notre société, qui repose fondamentalement sur le respect mutuel.

Quelles que soient les étiquettes ou les mots codés auxquels on recourt : « héritage », « tradition », « identité », l’idée que les blancs, ou un quelconque autre groupe ethnique, national ou racial soit supérieur à un autre, est inacceptable. Les Américains ne devraient pas trouver d’excuses, et moi en tant que Président je n’apporterai aucun soutien, aux éléments marginaux de notre société qui colportent des idées à ce point anti-américaines. Alors même qu’elles ont des racines profondes et pernicieuses dans notre histoire, il ne faut leur accorder aujourd’hui aucune place, ni aucune licence.

Nous n’accepterons pas non plus des actes de terrorisme domestique perpétrés par de tels éléments. Si, comme cela semble être le cas, le véhicule qui plongea dans la foule des contre-manifestants samedi à Charlottesville le fit intentionnellement, son conducteur devra encourir toutes les rigueurs de la loi. Le système judiciaire américain doit et devra traiter un terroriste, qu’il soit chrétien, bouddhiste ou hindou ou quoi que ce soit d’autre, de la même manière exactement qu’est traité un terroriste musulman – de la manière que furent traités ceux qui commirent l’attentat du marathon de Boston en 2013.

Nous nous posons tous des questions pressantes et légitimes sur comment débutèrent les violences de Charlottesvile – et s’il aurait été possible de les prévenir. Nous aurons le loisir dans les jours qui viennent d’approfondir cette interrogation et d’exiger des réponses. Dès à présent, je suis prêt à mettre à disposition toutes les ressources du gouvernement fédéral pour faire en sorte que de telles violences ne puissent se reproduire, ni en Virginie, ni ailleurs. Ayons une pensée et formulons une prière pour les victimes de cette terrible tragédie, et conservons notre foi dans les valeurs inscrites dans notre Constitution et dans nos lois, car elles prévaudront contre ceux qui entendent profaner notre démocratie. »

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