17 OCTOBRE 1961

17 octobre 2011 par Paul Jorion | Print 17 OCTOBRE 1961

La guerre d’Algérie, vue de Belgique, quand on a 15 ans, ce sont les leçons du cours d’éducation civique remplacées par la lecture à haute voix des éditions de L’Express saisies en France mais que l’on peut se procurer en Belgique. C’est Georges Laperche, assassiné par la Main Rouge, c’est Pierre Le Grève – professeur d’éducation civique au lycée (athénée) d’à côté, qui survit lui à une tentative d’assassinat par les mêmes. Ce sont des noms comme Djamila Boupacha, qu’on ne devra jamais aller vérifier sur Wikipedia – parce qu’on s’en souviendra tout le reste de sa vie.

C’est le colosse qui tenait un restaurant algérien sur le parvis de Saint-Gilles, à propos duquel nous nous chuchotions : « Il ne faut pas le fâcher : c’est lui le chef du FLN en Belgique ! » Nous l’aimions bien. Si j’ai bon souvenir, c’est moi qui lui ai demandé quelques années plus tard si on pouvait le filmer lui et sa famille à l’occasion de l’Aīd al-Kabīr (*).

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Des photos aujourd’hui dans Le Monde.

J’ai trouvé ceci sur un site qui se souvient aujourd’hui. Un petit rappel salutaire pour ceux qui m’écrivent de temps à autre : « Monsieur Jorion, ne pas autoriser la pub sur votre blog, est-ce bien raisonnable ? ».

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(*) Quelqu’un se souvient de ce petit film ?

http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/plugins/sociofluid/images/google_24.png http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/plugins/sociofluid/images/facebook_24.png http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/plugins/sociofluid/images/yahoobuzz_24.png http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/plugins/sociofluid/images/twitter_24.png
 

124 commentaires

  1. Martine-Bxl

    Effrayant !
    17h.35 Ce n’est plus la même pub…
    Flying kids 010/401.202
    Organise vos fêtes de famille anniversaires et communions
    http://www.flyingkids.be
    Quand je pense que j’ai fais partie de ce monde , j’ai honte !

    • noux

      Vous ne devriez pas avoir honte de vous rendre compte que le monde dans lequel vous vivez est malade.

      • Vous ne devriez pas avoir honte de vous rendre compte que le monde dans lequel vous vivez est malade.

        Moi si, j’ai honte.

        cristalika.com

    • Charles A.

      Non, la honte, c’est l’Etat de l’oligarchie, qu’il faut démanteler!
      Agissez,
      En attendant signez et faites signer:
      Appel pour la reconnaissance officielle de la tragédie du 17 octobre 1961 à Paris
      http://blogs.mediapart.fr/edition/17-octobre-1961/article/121011/appel-pour-la-reconnaissance-officielle-de-la-tragedie-d

    • ce que vous perdez en acceptant la pub ne vaut largement pas le gain pécuniaire qui en découle. ARGH! Je le savais avant de voir cette horreur, mais c’est bien j’ai renforcé mes convictions…

      • THOMASPa

        @ lady Marwina
        Je ne comprends pas du tout votre première phrase. Je vous remercie de le comprendre. Le « pécunière » me trouble dans ma compréhension ainsi que la tournure de phrase.
        Perso, je trouve que l’on y gagne toujours en disant les choses simplement pour être compréhensible tout de suite, je dirais instinctivement, voire intutivement.
        Je me demande si intellectuellement j’ai un souci ou pourquoi je ne comprends pas.
        Docteur, ou autre commentateur, merci m’aider. Vous qui cherchez à expliquer et à faire comprendre.

  2. ghostdog

    Merci Paul

  3. Sakhaline

    Merci Paul, je me demandais si vous auriez une pensée pour le 17 octobre 1961, je suis ému que ce soit le cas.
    Merci aussi de nous éviter la publicité. Notre monde vivrait beaucoup mieux sans publicité. Et à ceux qui prétendent que c’est une source de financement indispensable, de quelles poches provient donc in fine l’argent qui finance cette omniprésente pollution ?
    Paul, grâce à firefox et son extension adblock, je n’ai pas vu de pub sur le site Algérie 360.
    Comme quoi l’information utile sur les produits n’a pas besoin de 4×3 dans les rues pour se diffuser…

    • Luxy Luxe

      A ceux qui ne connaîtraient pas encore Ad Block + :

      Lancer Firefox
      Menu Outils
      Choisir Modules complémentaires
      Choisir Catalogue
      Recherche Ad Block
      Choisir Installer
      Redémarrer Firefox
      Souscrire à la liste de blocage conseillée (Esay list + Fr)

      et niquez la pub…

  4. François Leclerc

    J’ai entre autre le souvenir resté intact d’une projection clandestine d’ »Octobre à Paris », le film d’Armand Panijel, alors que j’étais lycéen à Carnot où des cellules clandestines de l’OAS étaient actives…Elie Kagan, devenu plus tard un copain et qui avait photographié la sanglante ratonnade, était venu !

    • obregon

      Je suis heureux d’apprendre que vous avez connu Elie Kagan grand photographe de toutes les manifestations permises ou interdites à l’epoque de la guerre d’Algérie,et après, et que j’ai pu voir en action, toujours au premier rang.
      Puique vous parlez de souvenir de cette epoque et de ces luttes permettez moi de rappeler l’immense travail effectué dans le bidonville de Nanterre par Monique Hervo que j’ai eu l’honneur d’accompagner dans ces bidonvilles quelques rares week-ends dans le cadre du Service Civil International.
      Monique a écrit un livre qui s’intitule:Chroniques du bidonville, Nanterre en guerre d’Algerie
      Elle en a parlé sur France-Culture dernièrement.

  5. GRD

    Un point à rappeler, à l’époque, ceux qui comme moi, lisait le Canard Enchaîné savait. La grande presse bien pensante, elle ne voulait pas le dire. Quelle hypocrisie dans la presse.

  6. morvandiaux

    La sortie de ce film, réalisé dès octobre 1961 avec l’aide du Comité Maurice-Audin et de suite censuré !
    Saluons effectivement la mémoire d’Armand Panijel, disparu l’année dernière dans le silence quasi- total, rappelons celle de Maurice Audin mort après avoir été torturé par les militaires.
    A l’exception de Jean Rouch aucun cinéaste ne répond à l’appel. C’est de ses mains qu’il entreprend un tournage clandestin accompagné d’un ouvrier communiste dès usines Renault, Jacques Huybrecht. Une grève de la faim du cinéaste René Vautier permettra qu’en 1973 un visa d’exploitation soit enfin accordé.
    Et Panijel de crier : « nous sommes tous des « yopins » « ….les « bicots » d’aujourd’hui en somme.

    le film n’est même pas programmé sur une chaîne de tv publique !!

    lire :
    Colonialisme: les crimes de la République
    http://blogs.mediapart.fr/blog/olivier-le-cour-grandmaison/171011/colonialisme-les-crimes-de-la-republique

    • Lien

      Les vidéos sont intéressantes mais la musique de fond est très pénible…

    • morvandiaux

      et pendant ce temps-là à Mayotte :
      …lettre ouverte adressée à Rémy Pflimlin, PDG de France Télévisions, à propos du « déni de l’information sur les départements français d’Outremer », dans le contexte des événements survenus à Mayotte. (Acrimed)
      http://www.acrimed.org/article3701.html

  7. Cauchemar Blanc, Moebius, 1977.

    Et puis il y a « Cauchemar blanc », inspiré d’un fait divers de 1974, qui raconte une ratonnade organisée par quatre blancs pour tabasser un « bicot », sous les yeux des habitants d’un immeuble qui assistent à la scène de derrière leurs fenêtres…

    Cette bande dessinée inspire Matthieu Kassovitz qui l’adapte et signe là son « premier court-métrage « professionnel à gros budget » ».

  8. VV!!

    Rien n’illustre mieux le monde dans lequel nous vivons que l’illustration publiée dans ce billet.

    Une synthèse parfaite, malheureusement.

  9. Fabrice

    il ne s’est absolument rien passé le 17 octobre 1961; tous le reste n’est que galéjade

    • Bruno

      https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Massacre_du_17_octobre_1961

      « D’après House et MacMaster, c’est pour mettre la pression sur le FLN de juillet à octobre 1961 que de Gaulle donne à Debré et ses proches suffisamment de liberté pour mettre en œuvre une stratégie d’intransigeance et l’extrême violence antialgérienne qui se déchaîne au cours des mois de septembre et d’octobre 1961 est moins le fait d’extrémistes incontrôlables au sein de la police que l’instrument d’une politique élaborée par le gouvernement. »

  10. roma

    archives officielles toujours plombées dans sarkophage…
    Les commanditaires furent de Gaulle, Michel Debré, premier ministre, Roger Frey, ministre de l’Intérieur, Maurice Papon, préfet de police.

    « ils étaient beaux (…) tous étaient bien habillés, bien rasés, comme pour un mariage »
    Ici on noie les Algériens, film de Yasmina Adi, sortie le 19 prochain
    http://www.youtube.com/watch?v=fj9ScGgb2GQ&feature=player_embedded#!
    http://www.youtube.com/watch?v=u24n-6cklII&feature=player_embedded
    http://www.youtube.com/watch?v=CcONVNSMEeE&feature=player_embedded#!
    « ils étaient beaux (…) tous étaient bien habillés, bien rasés, comme pour un mariage »

    Hier soir F. Hollande a pris 1956 comme année de référence pour un succès socialiste à venir; Guy Mollet confiait alors tous les pouvoirs à l’armée en Algérie et y envoya le contingent. Le travail de mémoire de la gauche fut de marquer Charonne. On a les murs qu’on peut. La dialectique Hollandière a des oublis qui tuent 2 fois.

    j’oubliais, OWNI encore;
    http://owni.fr/2011/10/14/une-honte-francaise/
    http://owni.fr/2011/10/14/la-rafle-du-17-octobre-1961/
    http://owni.fr/2011/10/14/1961-entre-violence-et-silence/
    + http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/17-octobre-1961-ce-massacre-a-ete-occulte-de-la-memoire-collective_1586418_3224.html

    • Pierre-Yves D.

      Je suis né en 1961, ai été élevé dans le culte de de Gaulle, par mon père, j’ai même vu, de loin, le « grand homme » en personne un jour qu’il se rendait dans sa ville natale de Lille.
      Pourtant depuis quelques années sans minimiser l’importance de son action pendant la seconde guerre mondiale, cette belle icone a perdu pour moi son aura. J’éprouvais une certaine admiration pour l’homme bien que n’étant pas de son bord politique mais ce massacre le 17 octobre 1961 entache à tout jamais le parcours gaullien et celui de ceux qui l’ont suivi sans broncher sur ce coup là.

      François Hollande se réclamant maintenant du souvenir de Guy Mollet est une parfaite aberration, un déni flagrant d’une responsabilité historique partagée aussi bien par la droite que par la gauche. La normalité de l’homme normal m’insupporte.
      Il serait tant que nos hommes et femmes politiques au pouvoir et en passe de l’être, à l’instar de Chirac qui reconnut la responsabilité de l’Etat français dans les raffles du Vel’dhiv, disent publiquement, reconnaissent solennellement que la répression du 17 octobre est un crime contre l’humanité, un acte de barbarie, au même titre que ceux qui sont encore perpétrés par les dictateurs d’aujourd’hui.

      • Marlowe

        Cher Pierre-Yves,

        Non, pour le pouvoir, quel qu’il soit, il faut que le peuple conserve la peur au ventre pour éviter de faire des bétises.

  11. phiduca

    je ne comprends pas : ou voulez vous en venir, Mr Jorion?

    • Zeno

      Effacer l’histoire de la colonisation et de la décolonisation.
      Effacer de Google tout ce qui n’est pas « grand-public » (exemple, cherchez Spisa, nom de famille et ne trouvez plus que Pizza; cherchez le magasin Labtop, et ne trouvez plus que Laptop).
      C’est en marche. On ne peut pas changer le réglage en question sur Google. Dans les programmes scolaires non plus.

  12. loire42

    Bien oui c etait la guerre, mes oncles et mon pere se sont battus la bas, envoyé par Mitterand,ministre de l interieur en 56.
    Ils se battaient contre des gens financés par des réseaux en France.
    Souvenons nous de ses Algeriens oui, mais des policiers Français tombés sous les balles du FLN a Paris. Ne pas oublier non plus que c etait une provocation de la part du FLN, qui envoyait au casse pipe ses brave gens.
    Souvenons nous des pieds noirs massacrés par le FLN, des harkis qui ont subis le même sort.
    Pourquoi en Algérie ils refusent un traité de paix et les echange d infos entre historiens. Car ils savent que l armée Française avait gagné la guerre sur le terrain, et que l Algérie a été perdu politiquement par De Gaulle. Ceci mettrai a mal leur pouvoir, et remettrai en cause la victoire armé du peuple sur le colonisateur.
    Enfin dernier mot marre de cette mèmoire sélective qui toujours montre du doigts les mêmes, en exonérants les autres.

    • Thom Bilabong

      Faire acte de mémoire, c’est forcément traiter l’histoire sous un angle, puis un autre, puis encore un autre, et encore d’autres. La paix avec le passé est à ce prix de facettes, qu’il y ait ou pas des survivants pour témoigner (pour eux, il y en plus la lourde tâche du pardon ainsi que pour leurs descendants).

      Traiter l’histoire sous un angle en particulier n’est pas sélectif, vous savez.
      Ce qui l’est, comme vous le relevez fort justement, loire42, c’est de la traiter toujours sous le même angle. Il y a mille façons de se souvenir de l’Algérie sous l’angle des Algériens ou l’angle des Français. Ce qui compte à mes yeux, c’est l’acte de mémoire qui élève le regard, permet de poser un œil bienveillant sur nos ancêtres qui ont combattu ou subi, quelque fut leur engagement ou pas d’engagement.

      L’Algérie n’est pas prête à regarder son passé récent, selon vous ? C’est certain. C’est triste et regrettable? Absolument! Cela vous met en colère et vous fait souffrir ? J’en suis désolé, croyez-le bien. Attendez, cela viendra forcément un jour. Quand ? Nul ne peut le prédire. Mais c’est sûr, cela finira un jour par arriver. Mektoub.

      • Ando

        Simplement une précision. « Il y a mille façons de se souvenir de l’Algérie sous l’angle des Algériens ou l’angle des Français ». Les Français nés en Algérie étaient alors également des « Algériens » et avaient sur cette terre exactement les mêmes droits et la même légitimité à y être que ceux des « Algériens  » musulmans. D’autant que ce sont ces Algériens « français » qui ont fait l’Algérie. Je suppose que perdre ainsi sa patrie et la terre de son enfance en 1962 n’a pas du être une épreuve facile pour ces 1,5 millions d’Algériens. Le critère de la morale n’a pas grand sens ici. On trouvera facilement en cherchant un peu des exemples de massacres abominables et en grand nombre commis par le FLN sur des civils de 1954 à 1962 et je ne suis pas certain que la balance de l’horreur penche vraiment du côté français. Le critère serait plutôt celui de la bêtise et de la générosité. Celui de la bêtise quand le régime gaulliste fit décamper la France, comme un voleur, de ses quelques départements d’Afrique du Nord (abandonnant aux massacres femmes et enfants de Harkis), sans rien avoir préparé pour ceux qui restèrent sur place de sorte que d’emblée le nouveau pouvoir algérien fut celui d’un Parti unique (et la suite désastreuse est bien documentée). Et de la générosité, quand se regardant dans son propre miroir la société française comprit qu’elle ne pourrait jamais faire une place à autant d’Algériens non Français. Ce n’est pas l’Algérie qui a conquis son indépendance (le FLN avait été vaincu). C’est la France qui l’a rejetée.

      • Klaki

        @ Ando.

        Vous dites : « Les Français nés en Algérie étaient alors également des « Algériens » et avaient sur cette terre exactement les mêmes droits et la même légitimité à y être que ceux des « Algériens » musulmans.  »

        Un peu rapide! Pour les élections, il y avait un système de grands électeurs, qui seuls avaient le droit de vote, réservé aux musulmans ; cependant que pour un occidental c’était un homme (ou une femme) un vote. Peut-on vraiment parler de mêmes droits?

        Les musulmans, comme vous dites, n’étaient-ils pas en quelque sorte des sous-citoyens? La belle devise de la république, liberté – égalité – fraternité, n’était elle pas déjà foulée aux pieds?

        Bien cordialement.

    • baretous

      merci .

      • Thom Bilabong

        Oui, Ando.
        Vous parlez bien.
        C’est bien de ça dont il s’agit : bêtise et générosité. C’est souvent sur ces notions que les guerres les plus stupides sont faites. Mais comme vous le dites autrement : y a-t-il des guerres intelligentes?

    • Charles A.

      Loire42 écrit depuis le camp des colons, racistes et tortionnaires.
      Mon père, officier, lui, a refusé de torturer et a été cassé!
      Seulement la dignité, certains n’en ont aucune.

      • totoder

        ici, c’est vous qui stigmatisez , charles A, qui vilipendez, qui insultez . Loire42 n’a rien dit de choquant . c’est vous qui lui faites des procés d’intention . Vous étres ici intolérant , sectaire, totalitaire , en un mot bien peu recommendable…

      • Thom Bilabong

        @ Charles A.

        Navré, j’ai peut-être employé des mots qui vous ont blessé. Et désolé aussi pour votre père.

        Vous ne pourrez pas changer, hélas, les décisions prises il y a 60 ou 70 ans à l’encontre de votre père par une armée qui servait un pouvoir politique convaincu de son bon droit.
        En revanche, vous pouvez garder à l’esprit que son opposition à la pratique de la torture était et est tout à son honneur. De cela, vous pouvez sans aucun doute être très fier de lui.

        Les colons, pour certains, pensaient être dans leur bon droit en demeurant sur ces terres conquises et transformées en pourvoyeurs économiques aux standards de la mère-patrie. Pourquoi en aurait-il été autrement depuis le 15ème siècle ? Ceux de nos enfants qu’on a envoyé là-bas pour défendre « Le territoire Français » n’étaient peut-être pas tous d’accord non plus avec ce « but de guerre ». Et les Algériens tués au nom de ce principe non plus, c’est évident.

        Chacun, dans sa trajectoire familiale, peut trouver dans l’histoire matière à réconcilier l’image idéale des parents (surtout des pères, combattant ou pas) avec une réalité parfois dérangeante. Et il est certain qu’il est plus facile d’accuser sans fin, jamais, tel ou tel camp. Que certains parents aient mal agi au nom de principes dépassés ou qu’ils aient mal agi au nom de « bons principes », cela ne change pas grand-chose hélas. C’est cela le devoir de mémoire : trouver le regard qui amène la paix pour regarder et construire devant soi. Mektoub.

      • Charles A.

        @ totoder
        Vous avez raison.
        Si défendre la liberté des peuples contre les colonisateurs
        et la dignité de chaque être humain contre les Papons et autres tortionnaires,
        c’est de l’intolérance, alors oui ma tolérance a des limites.
        Celles qui m’auraient porté de la même façon, pendant la guerre,
        du côté des victimes, contre Papon.

        Concernant les propos paponnesques de Loire42, j’allais rappeler les faits
        Mais Vigneron l’a déjà fait, ci-dessous et fort bien !

    • vigneron

      Loire42
      Magnifique plaidoyer. Qui était le colon ? Qui etait l’opresseur ? Qui était la « puissance civilisatrice » ? Qui représentait l’idéal démocratique ? Qui prétendait agir au nom de l’État de Droit, au nom des Droits de l’Homme et du Citoyen ? Qui prétendait tirer sa légitimité comme les pleins pouvoirs de son chef suprême de l’esprit de la Résistance ?
      Qui résistait ? Qui a eu au moins 300 000 morts pour 10 millions d’habitants ? Qui a vu des centaines de milliers des siens torturés ? Qui a vu 8 000 douars ou hameaux rasés ? Qui a vu des millions des siens « déplacés », parqués, rassemblés, concentrés dans des camps ?
      Qui a abandonné 60 à 80 000 « supplétifs » à la vengeance des leurs ? Qui a réhabilité tous les officiers putschistes, jusqu’à leur rembourser leurs indemnités, defiscalisées de surcroît ? Qui a fait passer les doubles lois d’amnistie de 1962 d’après lesquelles les seuls actes pouvant être poursuivis sont ceux de torture commis par les forces françaises contre des membres de l’OAS ? Qui a fait que le seul officier non réhabilité soit le General de la Bollardière, emprisonné 60 jours pour avoir été le seul officier supérieur qui dénonça la torture ?

      • Tigue

        Mais vous oubliez un max de méchantes boucheries bien moyenâgeuses avant celle là (les conquêtes Romaines, arabes, berbères , esclavagisme …)
        Pourquoi ne chargez vous que « l’ idée de la France », qu’ est ce qui ne vous plait pas en vous au point de ne rien vous pardonner ainsi en taisant ce que vous pardonnez aux autres ?
        Qu’ espérez vous de bon d’ un tel état d’ esprit ? Pour maintenant ? Pour les défis d’ aujourd’ hui, de demain ?
        Moi je n ai pas honte d’ être Français, je ne me sens pas concerné par votre spectacle sado-maso, c’ est juste triste pour vous, ça doit faire mal a l’ ame tous ces trucs piquants que vous faites tournoyer tout le temps…
        Bon le problème c’ est que votre cinéma ne prend plus, on s’ en tamponne grave, alors que ceux qui en ont souffert de par leur famille, comme Brigitte, ou mon beau père, me touchent eux.
        Les vrais gens quoi.

      • zébu

        @ Tigue :
        Vous confondez ‘repentance’ et ‘histoire’. ‘On’ veut nous faire croire que parler ‘histoire’, c’est pratiquer la ‘repentance’.
        Je ne parle pas de ‘mémoires’ (au pluriel), dont ‘on’ veut qu’elles entrent en lutte.
        Je vous laisse deviner qui est ‘on’ : les mêmes qui opposent les français entre eux.

        PS : tous les médecins vous diront qu’aucune plaie ne peut cicatriser, sauf miracle, si on la ferme sans l’avoir nettoyé. Elle ne peut produire que du pus. Que l’on rouvre cette plaie et que l’on en finisse une bonne fois pour toute avec tout ce pus frontiste qui tire parti de la haine nationale.

      • Ando

        « Qui a vu 8 000 douars ou hameaux rasés ? Qui a vu des millions des siens « déplacés », parqués, rassemblés, concentrés dans des camps ? » On dirait la relation de la campagne de la Wehrmacht en Biélorussie de 1941 à 1943 (25% d’une population désarmée y a été liquidée). L’Algérie, une guerre sale, mais vraiment pas la solution finale.

      • zébu

        @ Ando :
        « L’Algérie, une guerre sale, mais vraiment pas la solution finale. »
        Je ne vois pas ce que la solution finale à à voir avec la guerre d’Algérie, à fortiori avec le 17 octobre 1961.
        Concentrer les populations déplacées dans des villages dits ‘de regroupement’ ne signifie pas que les dits camps étaient des camps de concentration, au sens d’extermination.
        Mais la déportation de la population civile est néanmoins une des caractéristiques des crimes contre l’humanité.
        Qu’il n’y ait pas eu de solution finale en Algérie ne permet pas de relativiser les crimes qui y ont été commis (des deux côtés, mais avec un plateau de la balance plus chargé d’un côté que de l’autre).
        A force d’amalgames, c’est sût qu’on n’en sort pas.

      • loire42

        Vous avez bien appris votre leçon, c est bien les gentils d aujourd hui seront content de vous….
        Qui a encouragé la colonisation, « pour amener la civilisation ». Qui a poussé a la guerre, qui a demandé a Mitterand d envoyer le contingent. Toujours les mêmes, ceux que nous combattons aujourd hui, les banques, les industriels….. Les mêmes qui ont placés les pantins en Algérie.
        Ces gens sont responsables, pas les appelés du contingent, pas les populations, pas la France, et ni l Algérie.
        Vous semblez comprendre la propagandes actuel, pourquoi ne poussez vous pas votre raisonnement pour comprendre la propangande sur cette histoire. Le mal n a pas été que dans un camp. Pourquoi haissez vous autand un camp ?????? pourtant la haine est mauvaise conseillère vous le savez.
        Pour mémoire le  » sourire kabile  » n est pas une invention Française, les appelés ne meritaient pas cela.

      • Marlowe

        à loire42,

        Les appelés ne méritaient pas celà

        (à propos de l’égorgement)

        Certes, mais les appelés pouvaient refuser de servir dans l’armée policière.
        Je vous accorde que ce n’était pas facile, mais certains l’ont fait.

      • Gyps

        Pourquoi vous disputer, vous avez chacun raison à votre manière. La propagande, celle d’hier comme celle d’aujourd’hui déforme notre pensée. Et chaque camp ces années-là a commis des atrocités, a détruit des vies, a été à la merci – à la solde (à vous de choisir) d’idéologues et des marchands.
        Ma femme née au Burundi de parents belges installé là-bas, considère encore 35 ans plus tard que son pays est celui-là, qu’elle est une déracinée. Et ici, en belgique, il y a des déchirement et des passions sur ce que fut le « Congo belge ».
        Replacées dans le contexte de l’époque, les événements et les choix personnels n’ont pas la même valeur qu’aujourd’hui, avec le recul. Nous sommes liés à notre époque, à notre temps, à nos modes de pensées.
        Qui sait ce que penserons nos enfants dans 50 ans à propos de cette crises et de nos actions désordonnées. Et peut-être qu’eux, alors, diront que les choix étaient pourtant évidents.

  13. Nerima-kun

    Et, certes, les crimes de la République en son Empire furent et restent légion :

    http://www.bibliosurf.com/Cannibale

    http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=6733

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Exposition_coloniale_internationale_(1931)

    …et recherche Miaou ou Gogol avec « zoos humains images »… c’est édifiant !

  14. RED

    Entendu dans l’ humeur vagabonde il y a dix minutes dont l’ émission était consacrée à ce sujet aujourd’ hui.

    http://www.youtube.com/watch?v=6X3TZbYqC7w
    http://www.franceinter.fr/emission-l-humeur-vagabonde-yasmina-adi

    ça nous changera de l’ obscénité de la pub et de la brutalité du monde en général.

  15. fathi

    Bonjour,
    Voilà le documentaire :«Le silence du fleuve » (d’Agnès Denis et Mehdi Lallaoui)
    http://bougnoulosophe.blogspot.com/2011/10/cest-lhistoire-dun-trou-dans-la-memoire.html

    le blog offre une lecture postcoloniale des faits. Les auteurs traitent toute l’actualité francophone du point de vue « indigène  » de Belgique (عربي).
    Ils sont fous ces Belges :-)

    • ghostdog

      Merci Fathi,
      suis en train de regarder le documentaire et je vais fouiner sur le blog…:°)

  16. vigneron

    Merci Jorion. Je me demandais si le blog allait passer sans se retourner. Non.
    J’ai bossé pour un vigneron il y a quelques années qui m’a raconté avoir débarqué cette nuit là à Paris du train qui l’amenait de Marseille où un bateau en provenance d’Alger l’avait débarqué, ses deux ans de service accomplis. Étant attendu au matin pour un rendez-vous d’embauche au siège de la JAC, dans le XVIIe je crois, le dernier métro etant passé, il décida de s’approcher à pieds. Le gros de la ratonnade et des rafles etait passé, mais il a vu les traces dans les rues, les flaques de sang, les patrouilles armées, aperçu des ombres traquées qui se planquaient à sa vue sous des voitures… Bye bye Alger, bye bye le Constantinois, bienvenue à Paris, bienvenue au pays de Gaullle.
    Tiens, quand j’suis allé voir sur le site de la photo, la pub gogol avait changé. Pas mieux, même cible, mais plus explicite :
    RETRAITE DE COMBATTANTS, MILITAIRES, RESERVISTES
    Engagés Anciens ONU OPEX AFN RetraiteMutualisteduCombattant.fr

    Magnifique la modération chez gogol.
    Eh ! Mine de rien, ça attire pas les foules les hauts faits d’arme de la glorieuse ère gaulliste. Tain, là c’est sûr on est pas 99 %. Pourtant…
    Té, comme quoi, la censure ça a du bon. On laisse refroidir le merdier, on le sort du congélo, et tout l’monde s’en branle, ça sent plus la merde gaullienne, juste la naphtaline, presque les belles années, les glorieuses, c’est vrai qu’la France quasi entière lisait au moins l’express, JJSS et Mauriac, le reste portait des valises.
    « Une photo, vieille photo, de ma jeunesse… »

    • yvan

      Hhmm.. Vigneron.
      Gogole, c’est US. Cowboys.
      Et ils n’ont jamais vécu le fascisme pur et dur. Seulement celui de l’argent, plus insidieux donc, pire.
      Je précise néanmoin : ce n’est pas moi qui ai pris en otage chez paulemploi. Je ne les fréquente plus depuis longtemps. Ils ne savent pas ce qu’est une entreprise ni bosser.

    • zébu

      Bel hameçon, Vigneron.
      Mais je crains que les poissons ne mordront pas, de crainte de faire bouger la ligne …

      • Tigue

        Mon beau père a fait cette guerre en tant qu’ appelé ayant fait son devoir.
        Il a du mal a en parler.
        Il pleure presque a la moindre allusion a ce sujet.
        Ce n’ est pas cicatrisé pour lui.
        Je n’ étais pas né, c’ est tout ce que je peux en dire du point de vue personnel.
        Les Français ont besoin de faire leur deuil, ils ont besoin de se retrouver, de se rassembler, de se souvenir aussi, mais pour se pardonner eux mêmes avant toute chose, pas pour se diviser, pas ici, pas maintenant.
        Il faut avoir une pensée aussi pour tous ceux qui ont été abandonnés et qui croyaient que la France ne les abandonnerait pas. Cela n’ est pas cicatrisé.
        Les Français doivent se pardonner eux mêmes, pour pouvoir concevoir un avenir commun.
        Cela est possible.

      • renou

        Je ne suis pas un poisson mais j’ai quelques dents. Je constate qu’être révolté contre les ratonnades de cette époque ne permet pas de voir celles d’aujourd’hui. Oh! Peut-être pas dans Paris (quoique), peut-être plus sous nos yeux (quoique), mais peut-être ailleurs, sous d’autres cieux « démocrates », dans l’indifférence « officielle » générale, dans le silence policé de la duplicité éternelle, et avec des « outils » autrement efficaces. Les guerres coloniales ne se sont jamais si bien portées. I had a dream, comme le suggère Jorion, que nos élans d’âmes s’occupent du présent, présent insistant, récurrent, éclatant, mais bien vain pour nos yeux clos. Les enfants de Gaza (au hazard) vous embrassent.

      • zébu

        @Renou :
        Vous vous trompez de ligne mais je pense que tout le monde aura compris.

  17. Abdellatif

    Merci pour le billet

    @++

  18. raphael

    @paul c est un sujet eminament douloureux pour les francais et aussi les algeriens.n oublions pas qu il y avait 2 millions de pieds noirs

  19. Un Belge

    Merci.

    Deux autres piqûres de rappel :

    - Les parisiens (tranquilles) sous l’occupation, par le photographe collabo André Zucca.

    - Rwanda 1994, avec l’éclairage du Groupov, troupe de théâtre belge

    « Qui cherche la vérité dit les ombres… »
    « A travers nous, l’humanité vous regarde tristement… »

  20. Charles A.

    Merci Paul.
    Encore une fois, dans le camp de la dignité!
    Voici le témoignage de Alan Bennet, journaliste britannique, de Reuters,
    qui donne la mesure de ce dont sont capables des De Gaulle, Papon,
    et autres sinistres gardiens de l’ordre bourgeois:

    Je ne pourrai pas être ce soir à Paris, mais j’aimerais partager avec vous mon témoignage de cette nuit d’horreur du 17 octobre 1961.

    Je me nomme Alan Bennett, je suis britannique, et en 1961, je travaillais à l’Agence de presse Reuter, rue du Sentier à Paris. J’allais bientôt avoir 20 ans.

    En quittant mon travail le soir du 17 octobre, vers 19h30 je remonte vers le boulevard Poissonnière prendre le métro pour rentrer chez moi. L’accès du boulevard est totalement bloqué, et j’y vois défiler des centaines de personnes, hommes et femmes, scandant « Paix en Algérie ».

    Je retourne en courant au bureaux de l’Agence Reuter, distants d’une cinquantaine de mètres, et je demande au journaliste de permanence d’alerter les correspondants, qui à cette heure-là étaient rentrés chez eux. Il me demande de couvrir l’évènement en attendant leur retour.

    Je redescends, et arrivé rue du Sentier j’entends de nombreux coups de feux, d’un fusil-mitrailler m’a-t-il semblé.

    Un jeune homme algérien court vers moi en boitant, du sang sur la jambe de son pantalon. Je le mets à l’abri dans le hall d’entrée de l’Agence Reuter, puis je remonte vers les grands boulevards. Des cars de policiers sont stationnés en file sur la ligne médiane, on voit tourner les gyrophares des voitures de police, et règne un immense silence. En arrivant sur le boulevard, je suis effaré du nombre de chaussures, notamment féminins, qui jonchent le trottoir, restes de la fuite paniquée des manifestants. A AUCUN MOMENT JE N’AI VU MANIFESTER LA MOINDRE AGRESSIVITÉ DE LEUR PART AVANT LA CHARGE MEURTRIÈRE DES POLICIERS.

    Devant le cinéma Rex, une demie-douzaine de corps gisent sur le trottoir, des rigoles de sang finissent de couler dans le caniveau.

    Voilà mon témoignage. A évoquer cette violence policière, je revois parfaitement la scène, et j’en éprouve une émotion difficilement maitrisable. Quarante ans plus tard, j’ai visionné le remarquable DVD d’Alain Tasma « Nuit Noire », et à revoir ces terribles évènements, j’ai sangloté près d’une heure sans pouvoir m’arrêter, devant mon écran de télévision.

    J’aimerais ajouter qu’en tant que citoyen du Royaume Uni, pas encore membre de l’Union Européenne, je devais régulièrement à cette époque faire renouveler ma carte de séjour à la Préfecture de Police de Paris. Devant les files d’Algériens faisant la queue, je me mettais tout naturellement en fin de queue pour attendre mon tour. Invariablement les policiers m’invitaient à passer devant les « bicots » ou les « bougnoules » comme ils les traitaient, et je vous laisse imaginer leur perplexité et leur visible mépris lorsque je refusais cet « honneur ».

    Source: http://bellaciao.org/fr/spip.php?article121386

    • Tigue

      Le camp de la dignité ?
      Ce qui est indigne c’ est de ne pas prendre sa part de responsabilité morale dans cette boucherie.
      C’ est de ne pas voir que cette guerre était par bien de ses aspects la partie visible d’ un conflit est ouest, comme au Vietnam.
      Le jusqu’ au boutisme idéologique étant a l’ œuvre dans tous les camps et faisant le reste.
      Si il est impossible de concevoir un avenir commun en raison de la propension a adopter des postures ideologiques radicales, c’ est malheureusement la loi du plus fort qui s’ impose.
      Chaque peuple devrait avoir le droit de vivre en sécurité et de se construire quelque part, en l’ occurrence son chez-soi.

      • vigneron

        Le camp de la dignité ?
        Ce qui est indigne c’ est de ne pas prendre sa part de responsabilité morale dans cette boucherie. C’ est de ne pas voir que cette guerre était par bien de ses aspects la partie visible d’ un conflit est ouest, comme au Vietnam.

        Où est-ce que vous voulez en venir avec ce genre de considérations géo-stratégique à la mords-moi ? Que les bidasses, les harkis ou les paras de Bigeard et Massu comme les tortionnaires en chef, Aussaresses ou lambda, le Pen, se battaient pour la sauvegarde du bloc démocratique occidental ? Que les moudjahidines du FLN ou de l’ALN se sacrifiaient pour la gloire du marxisme-léninisme ?
        Que leurs mères et leurs épouses brûlaient des cierges pour le salut de Madame Nina K ? Quand mesdames Aussaresses, Massu, Salan, Bigeard, Lacoste, le Pen en faisaient de même pour Madame Jackie K ?

      • Tigue

        Ou je veux en venir ?
        Ce n’ est pas moi qui range les gens dans des camps opposés, quand l’ essentiel devrait les rassembler face a l’ orage qui arrive.
        C’ est la propension rhétorique avant que d’ être physique, des idéologies radicales et de leurs défenseurs bossus ou non, habillés en rouge ou vêtus d’ une simple feuille de vigne.
        Ces diviseurs professionnels travaillent comme les vélociraptors, en groupe, ils utilisent divers appâts et faux nez si besoin : la fin justifiant les moyens.
        Mais ce pays est un vieux pays, on ne la lui refera pas.
        Il faut aller voter les gars, le reste ça prend pas, ça fait pas recette.
        Et Wal street qui attend , qui attend… Qu’ on vote en Europe !
        C’ est t y pas beau ça ?

      • sylla

        « Où est-ce que vous voulez en venir avec ce genre de considérations géo-stratégique à la mords-moi ? Que les bidasses, les harkis ou les paras de Bigeard et Massu comme les tortionnaires en chef, Aussaresses ou lambda, le Pen, se battaient pour la sauvegarde du bloc démocratique occidental ? Que les moudjahidines du FLN ou de l’ALN se sacrifiaient pour la gloire du marxisme-léninisme ? »

        La guerre froide, une « considérations géo-stratégique à la mords-moi « ?
        J’ai un doute : quand est on sorti de l’OTAN? 1966, non?

        wiki « Le ministère de l’Armement et des Liaisons générales (MALG) était le service de renseignement de l’ALN durant la guerre d’Algérie, organe du Front de libération nationale (FLN), ancêtre de la Sécurité militaire (SM), puis du département du Renseignement et de la Sécurité (DRS).

        Dès 1958, les agents du MALG sont admis en URSS pour être formés dans les écoles du KGB. Ils y apprennent « le terrorisme d’appareil [ainsi que] la mise en scène l’organisation des provocations et des complots préventifs pour détruire l’adversaire ». Cette promotion aura pour nom de code « Tapis rouge ».
        Le 21 septembre 1958, des membres du MALG avaient tenté de faire sauter le 3 ème étage de la tour Eiffel ou sont installées notamment les antennes de la DST. »
        Comme chacun s’en doute : là où il y a formation par le KGB, les services secrets américains (et/ou ceux de l’OTAN), sont ailleurs…

        Accessoirement, pourquoi l’amiral d’Argenlieu, religieux militaire fut envoyé (par de gaulle)en indo et fit capoter l’accord leclerc/ho chi minh (soutenu par de gaulle! le même qui reconnut la chine communiste en janv. 64))?

      • vigneron

        @sylla
        Les mecs qui m’expliquent le monde, l’Histoire, la guerre et la paix ou la Vérité via KGB, CIA, Mossad, SDECE ou SIS, voire mafias, marchands d’arme, barbouzes, et limitent les événements d’Algérie depuis 66 ans aux Boussouf’s boys, à Aussaresses, à la Sonatrach et aux essais de la bombinette américano-gaullienne à Reggane, vous savez ce que j’en pense ? Rien, je m’en gaude, monsieur le philosophe de deuxième bureau, pour pas dire d’arrière-cuisines.
        Vous vous sentez bien à renifler les gogues ? Restez y.

      • sylla

        C’est vraiment la mascotte : rien à dire.

  21. Charles A.

    La meilleure façon de commémorer le massacre des Algériens,
    c’est de ne pas attendre 2061 pour dénoncer la boucherie conduite
    par les impérialismes français, italiens et US, et leurs lâches éxécutants,
    qui bombardent la Libye au bénéfice des multinationales du pétrole,
    et du contrôle de toute la région.
    Halte à l’agression en Libye !

    • totoder

      charlesA , charlesA , c’est un peu plus compliqué que cela ..
      puisque vous n’avez que le mot de dignité à la bouche , un peu de tenue s’il vous plaît , et controlez vous sur ce blog et ailleurs.
      P.S. incidemment l’antioccentalisme primaire, c’est un peu naïf comme attitude c’est d’un kitsch… on n’ose dire d’un ringard…. . Comme un peu tout ce qui est trop épidermique ( « primaire » , quoi… )

  22. lorimiera

    Monsieur Jorion, je viens de trouver ceci sur Pierre Le grève:
    http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=679
    Toute une vie de militant de gauche!
    André Lorimier
    Deux-Montagnes Québec

  23. je n’irai pas sur le site de Djamila Boupacha

    Mais dans la mémoire de ma jeunesse est resté fiché pour de bon, avec une douleur perenne, le souvenir du tableau qui illustre son supplice, j’ai oublié le nom du peintre.

  24. brigitte

    Je me souviens…….. j’étais gamine, mon cousin Jean Paul, jeune bidasse, a été envoyé la bas, en Algérie, deux ans. Il était doux, timide, pas violent, il est revenu brisé, définitvement brisé psychiquement, muré dans le silence, le mal être. A défaut de pouvoir se libérer par la parole auprès de ses parents, ma mère lui a permis, par son écoute, de parler….. un peu, mais la famille ne voulait pas croire, les tortures, les viols, les massacres……
    Son métier, paysant, lui a permis de vivre en retrait, loin des humains et de leur barbarie quotidienne, et de trouver la vie au contact de la nature. Il est toujours bon, gentil et non violent, il vit seul, âgé maintenant, et il ne sait pas que j’ai une profonde affection pour lui.

    • zébu

      Comme j’ai peur d’écrire autre chose qu’une connerie, alors j’écris juste ‘merci brigitte’

      • idle

        Moi aussi, alors je dis :
        « Bonjour Zébu, je t’embrasse. »

      • vigneron

        Zeb, bien parlé. Et vise en d’sous, y’en a « conpapeur ».

      • juan nessy

        J’ai eu l’occasion d’avoir comme compagnons de travail pas mal de ces jeunes gens à l’image du cousin de Brigitte , à leur retour de  » là bas « .

        J’étais bien sûr plus âgé qu’eux mais je les ai ressenti comme ces rescapés des camps nazis , partageant avec eux ce même mutisme de ceux qui pensent que personne ne pourra comprendre ce qu’ils pourraient dire ou ce qu’ils éprouvent . Et ils n’avaient pas tort car la  » métropole  » avait déjà la tête ailleurs . Dans les deux cas .

        Quelques années plus tard , il y a eu des écrits et des films ( assez peu ) pour tenter de rendre compte de cette période dite de la guerre d’Algérie , et de la mise en route de tous les chemins viciés qui ont conduit au sang , à l’ignoble et la mise à nu de l’effroyable question individuelle ou collective : est ce bien moi ( nous ) qui était , a été , peut encore être  » çà » ?

        J’ai en tête deux hommes que je connais un peu mieux et qui sont passés du paradis à l’enfer « sans l’avoir voulu » , comme dans l’expérience de Milgram que rappelait Un Belge récemment .

        L’un d’eux était un contrôleur de travaux dans mon service .et il m’a fait , un jour de « coeur trop lourd  » , le récit en pleurs de son passage dans les Aurès . Parti bidasse très semblable au cousin de Brigitte , ses premiers mois de bled étaient plutôt du camp de vacances et les échanges en sympathie avec la population étaient quotidiens , et puis les ordres , la peur et surtout le premier copain de chambrée tombé , et alors tout dégénère . La suite reste entre lui et moi . Il ne cherchait pas des excuses ou une explication rationnelle , ou une condamnation expiatoire . Simplement avoir simplement confiance en moi pour dire : voilà ce que j’étais avant , ce que j’ai fait , comment ça s’est passé , j’en suis malade presque fou et le resterais toute ma vie et si tu sembles m’écouter sans juger aujourd’hui , je ne suis pas sur que demain tu comprendras encore ce que je ne comprends pas moi même .

        Il s’est suicidé en 1990 et j’ai eu l’impression ce jour là de recevoir moi même la cartouche de chevrotine qu’il s’était tiré dans la tête .

        Le deuxième était pédago . Il a fait assez récemment un spectacle en solo de sa propre tragédie . J’y suis allé et j’ai cru revivre le récit de mon contrôleur de travaux . Il y avait trop de donneurs de leçon dans l’assistance . Je suis parti au plus vite après lui avoir serrer la main . J’espère que son histoire ne finira pas comme la première .

        Agresseurs et agressés qui alternent si souvent n’ont qu’une issue pour sortir de la tragédie .

        Pleurer ensemble sur la faute reconnue comme telle , tenter de déceler les pièges qui ont conduit au pire donné ou subi .

        Et surtout se reconnaître individuellement ou collectivement apte à la faute , pour avoir plus de chance de l’éviter .

        Je repense à Samy Davis Junior qui disait :  » Raciste ? Oui je crois que je suis raciste …Et c’est en le sachant que j’ai une chance de l’être moins » .

        Ou Socrate :  » Connais toi toi même  » … Même et surtout si ça n’est pas beau à voir .

    • Tigue

      Cela me parle.
      Vous devriez le lui dire, cela lui ferait peut être du bien de savoir que quelqu’ un a été témoin de sa souffrance a lui.

      • Charles A.

        Des milliers de tout jeunes français,
        embrigadés de force par la soldatesque coloniale,
        sont rentrés cassés, dégoûtés de la vie et d’eux-mêmes.
        Alors dites-lui que vous comprenez, dites lui votre affection;
        Pour lui, pour vous, pour notre humanité à tous !

  25. noursix

    A la mémoire de toutes les victimes de cette guerre odieusement barbare.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres_du_Constantinois_en_1955

    • Bruno

      Sans oublier ceux des événements du 8 mai 45:

      http://www.youtube.com/watch?v=L4XQ0XGybO4 (en 6 parties)

    • Lien

      C’est exact, les massacres du Constantinois sont injustifiables, et ont été fermement condamnés en interne par le FLN, même si l’horreur de la répression subséquente leur a interdit de faire part de cette condamnation à l’extérieur.
      Il est exact aussi que ces massacres ont beaucoup joué dans la radicalisation des esprits, et notamment dans le virage vers un terrorisme d’état décomplexé de Jacques Soustelle.

      Mais seul ont le droit de s’indigner de ce crime de guerre ceux qui ont concrètement agis contre le colonialisme…

    • Bruno

      Sans « oublier » les Harkis…

      http://www.harki.net/article.php?id=597

      https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Harki

      « L’abandon des harkis par l’État français et les consignes données par les pouvoirs publics de n’effectuer aucun rapatriement massif de supplétifs ont été considérés par Maurice Allais comme « une des plus grandes ignominies, une des plus grandes hontes de toutes l’Histoire de France ». De même, Dominique Schnapper, fille de l’intellectuel français Raymond Aron, écrira « L’épisode des Harkis constitue une des pages honteuses de l’histoire de France, comme l’ont été l’instauration du Statut des juifs ou la rafle du Vel d’Hiv ». Pour Pierre Montagnon, si cette assertion n’est pas sans fondement, l’Armée française de 1962 sort toutefois de ce drame moins « salie » que l’administration française de 1940 à 1944. En effet, en 1962, des officiers se sont opposés aux ordres des pouvoirs publics français, ont enfreint les instructions et plusieurs milliers de harkis ont pu être sauvés d’une mort certaine. Certains rejoignant même l’OAS. De nombreux cadres ont également démissionné, « ne voulant pas cautionner une telle ignominie » »

      • Bruno

        https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Harki

        Autre précision… consternante!

        « Concernant les harkis restés en Algérie et leurs familles, dans le quotidien algérien Liberté du mardi 10 avril 2007, Khaled Bounedjma, président de la Coordination Nationale des Enfants de Chouhada, précise le contenu d’une loi de 1999 dont les circulaires d’application sont parues le 18 février 2007 : « Cette loi vise à préserver l’histoire du mouvement national. Grâce à cette loi, il sera désormais possible d’attaquer une personne qui était autrefois contre la Révolution algérienne et qui occupe aujourd’hui un poste à responsabilité. Il existe maintenant une disposition qui dit qu’une personne dont le père était un harki ne peut occuper un poste au niveau des institutions de l’État». Dans le cadre des élections législatives algériennes de 2007 Miloud Chorfi, porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), précise – dans le même esprit – dans La Tribune du 2 avril 2007, parmi les conditions requises pour être candidat : « l’assurance de n’être pas issu d’une famille contre laquelle a été retenue l’accusation d’avoir été « harki » pendant la période coloniale ». »

  26. Akika

    Commémoration du 50e anniversaire :
    Paris 17 octobre 61, les Algériens sont jetés dans la Seine.

    Ce jour-là, des Algériens, hommes, femmes et enfants manifestèrent pacifiquement contre un couvre-feu spécialement instauré pour eux. Ils en avaient assez des humiliations. Ils ne voulaient plus raser les murs pour ne pas attirer l’attention des xénophobes qui n’hésitaient pas à les désigner à la police. Dès le début de la guerre, les émigrés avaient exprimé une farouche détermination à participer à la libération du pays. N’oublions pas que le premier parti politique revendiquant l’indépendance du pays est né en France. Cette détermination, ils l’avaient exprimé le 17 octobre 1961 qui étonna le monde par l’ampleur des manifestations et le courage des émigrés. Oui, dans la ville lumière, ces étranges étrangers avaient osé braver la machine policière qui s’est déchaînée contre mondiale. Les bruits de la circulation couvraient les cris des manifestants pourchassés, matraqués. La pluie ce jour-là lavait les chaussées du sang des blessés et la Seine charriait durant des semaines les cadavres d’hommes ligotés et jetés dans le fleuve. Oui ce jour-là, la police française avait écrit une page d’histoire dégoulinant de honte et de sauvagerie. Mais ce jour-là aussi, des anonymes avaient porté secours et soigné les parias livrés aux soudards ivres de haine. Oui ce jour-là, des photographes et des journalistes français ont témoigné pour l’histoire par l’écrit et photos à l’appui. Ce jour-là, dans ce vieux pays cher à De Gaulle, une frontière départageait le peuple français. Il y avait, harnachés et armés les sbires de la police dont les bruits de bottes remplissaient les rues d’une lugubre musique. A leur passage, ils semaient la mort sous les applaudissements de culs terreux qui s’offusquaient que des gueux viennent perturber leurs frasques dans Paris by night. Heureusement d’autres Français éduqués par la musique du ‘’ temps des cerises’’ sauvèrent l’honneur du peuple français. . Le film ‘’ les chasseurs de la nuit dans la ville lumière’’ qui accompagne ce texte est une modeste participation à ces manifestations organisées un peu partout en France.
    Pendant tous le mois d’octobre, des manifestations sont organisées pour que la France reconnaisse ce crime d’Etat. Ces manifestations font partie des combats que mènent les descendants de cette émigration. Ces luttes poursuivent plusieurs objectifs, honorer la mémoire des martyrs victimes du bain de sang de Papon, lutter contre le cancer du racisme pour ne plus raser les murs comme au temps de la nuit coloniale, faire reconnaître ces exactions comme crime d’Etat. Je veux profiter de l’occasion qui m’est donné pour parler de ces enfants de mères françaises dont les pères algériens ont disparu ce jour maudit du 17 octobre 1961. Ne pas oublier ce passé avec ces drames collectifs et personnels, c’est une manière de s’armer pour comprendre les drames d’aujourd’hui. Bien des choses du présent se nourrissent de la violence des années de la guerre d’Algérie. Quand les banlieues sont en feu, c’est d’une certaine façon les cendres de la guerre d’Algérie encore chaudes qui sont à l’origine de ces incendies. Hier c’étaient les parents, aujourd’hui ce sont leurs enfants qui perpétuent la quête inlassable de la dignité. Combat titanesque et obscur ! Ces enfants sont d’ici et d’ailleurs. Ils ont construit dans leur tête un pont qui les relie en permanence à ces deux mondes. Mais cette identité écartelée ne sied pas à la pensée schématique des chauvins qui sévissent ici et là.
    . Le film ‘’ les chasseurs de la nuit dans la ville lumière’’ qui accompagne ce texte est une modeste participation à ces manifestations organisées un peu partout en France. A tous ceux qui pratiquent le déni de réalité, qu’ils sachent que ce comportement mène droit à l’hiver de la pensée.

    Lien du film sur Internet : http://youtu.be/IMjrgPboMj0

    Ali Akika cinéaste

  27. tchoo

    On a tous des parents, frère, cousin, oncle ou des amis qui ont été un jour « là-bas ».
    Tous ce que j’ai connu, on toujours eu du mal à en parler.
    Quelque fois des bribes par ci par là émerge…
    ce qu’ils ont vu et/ou fait est terrifiant.
    j’ai même eu un prof de français, officier dans l’armée de ce temps là, dégradé pour avoir refuser de torturer, et qui a passé du temps en prison.
    ça reste, pour beaucoup de nos compatriotes un épisode très, très douloureux…

    • lucien lerouffe

      Changement de point de vue: On a tous des parents, frères, oncle ou des amis algériens …

      Le film la bataille d’Alger interdit jusqu’en 2004 en France.

      Les parapluies de Cherbourg qui passe en boucle alors qu’il est absolument nul.

      Une filmographie où les Algériens sont méchants, ont une gueule de méchant ou sont filmés de profil, comme si c’étaient de simples animaux dans le décor, des moutons bons à sacrifier comme les soldats presque anonymés ainsi par Kubrick dans les travellings des tranchées de ses sentiers de la gloire… Un autre film interdit en France jusqu’en 1975, puisqu’il traitait de l’exécution par l’armée française pendant la Grande Guerre, de soldats pris au hasard dans les rangs d’un peloton qui n’a pas réussi à s’offrir entièrement au suicide sous le feu ennemi.

      J’ai l’impression d’être pris pour un idiot, tiens, voici une raison de plus de s’indigner. La réécriture de l’histoire du XXème siècle va-t’elle ainsi se muer progressivement en oblitération…

  28. Et de Gaulle là-dedans ? Il était au pouvoir.
    Voici un extrait de sa notice sur Wikpedia:
    Mais il adopta aussi quelques mesures libérales en direction des insurgés algériens : « paix des braves » proposée au FLN en octobre 1958, grâces accordées à plusieurs rebelles dont Yacef Saadi, condamné à mort comme ancien dirigeant du FLN pendant la bataille d’Alger, interdiction officielle formelle des actes de torture. C’est également sous de Gaulle que les femmes musulmanes d’Algérie obtinrent le droit de vote, que l’on vit les musulmans pouvoir enfin voter à égalité avec les Européens (de ce fait, dès avant l’indépendance en 1962, une majorité des maires d’Algérie sont eux-mêmes des musulmans), ou que fut nommé le premier préfet musulman d’Algérie (Mahdi Belhaddad à Constantine). De Gaulle annonça en personne la mise en œuvre du plan de Constantine, dans cette ville, en septembre 1958 : ce plan prévoyait, sur cinq ans, la redistribution de 250 000 ha de terres, la construction de 200 000 logements et la création de 400 000 emplois[réf. nécessaire].

    Il laissa son Premier ministre, Michel Debré, vilipender comme « manœuvre communiste » le rapport accablant établi par le jeune Michel Rocard, et qui dénonçait l’entassement inhumain de deux millions de personnes civiles dans des « camps de regroupement ». Dès 1959, de Gaulle en revint aussi à une solution classique de répression militaire. À l’été 1959, l’opération « Jumelles », dite plan Challe, porta au FLN ses coups les plus rudes à travers tout le pays. Certes, de Gaulle réalisa rapidement qu’il n’était pas possible de résoudre le conflit par une simple victoire militaire, et à l’automne 1959 il commença à s’orienter vers une solution conduisant inéluctablement à l’indépendance de l’Algérie. Mais jusqu’à l’hiver 1961/62, il choisit tout de même de poursuivre la guerre, au prix de nombreuses victimes et, selon l’historien Rémi Kauffer, d’un accroissement de l’usage de la torture. Jusqu’à la fin de 1961, la lutte contre le FLN est menée avec autant de vigueur, et même davantage, qu’avant. Selon Constantin Melnik, conseiller spécial de Michel Debré chargé de coordonner les services secrets, il y eut environ 500 assassinats politiques entre 1958 et 1961.

    Il reste difficile de savoir quand de Gaulle comprit que l’indépendance était la seule solution pour sortir d’un conflit coûteux en hommes, en argent et en prestige international. En 1961, il fit encore rédiger par Alain Peyrefitte un plan de partition de l’Algérie, sans doute en fait pour faire pression sur le FLN. Au même Alain Peyrefitte, il expliquait dès 1959 que « l’intégration » de l’Algérie à la France, défendue par les partisans de l’Algérie française, était une utopie : deux pays culturellement si éloignés et présentant un tel écart de niveau de vie n’avaient pas vocation à en former un seul. Sans compter qu’au vu de l’accroissement démographique des musulmans, ce serait ouvrir la porte à leur immigration massive en métropole, dépassant de fort loin la simple venue traditionnelle de populations étrangères appelées à se fondre dans le creuset français: « Mon village deviendrait Colombey-les-Deux-Mosquées ! »

    • Bruno

      « il expliquait dès 1959 que « l’intégration » de l’Algérie à la France, défendue par les partisans de l’Algérie française, était une utopie : deux pays culturellement si éloignés et présentant un tel écart de niveau de vie n’avaient pas vocation à en former un seul. Sans compter qu’au vu de l’accroissement démographique des musulmans, ce serait ouvrir la porte à leur immigration massive en métropole, dépassant de fort loin la simple venue traditionnelle de populations étrangères appelées à se fondre dans le creuset français: « Mon village deviendrait Colombey-les-Deux-Mosquées ! »

      En 58, dans le programme de De Gaulle: l’Algérie française. Cela s’appelle comment, de retourner ainsi sa veste, dans l’année?

      Roosevelt : « De Gaulle est un fanatique, et je crois qu’il a pratiquement tout du dictateur… ».
      De Gaulle : « Roosevelt est fou, Churchill est un gangster ! ».
      (source: http://www.canalacademie.com/ida371-De-Gaulle-et-Roosevelt-Le-duel-au-sommet.html )

  29. vigneron

    « Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint-Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Égypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc.
    Ce rêve ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation.
    Cette politique de civilisation comme le voulaient les philosophes des Lumières, comme essayaient de le faire les républicains du temps de Jules Ferry. Faire une politique de civilisation, voilà ce à quoi nous incite la Méditerranée où tout fut toujours grand, les passions aussi bien que les crimes, où rien ne fut jamais médiocre, où même les Républiques marchandes brillèrent dans le ciel de l’art et de la pensée, où le génie humain s’éleva si haut qu’il est impossible de se résigner à croire que la source en est définitivement tarie. La source n’est pas tarie. Il suffit d’unir nos forces et tout recommencera.(…)
    Cessons de noircir le passé. L’Occident longtemps pécha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d’injustices furent commis. Mais la plupart de ceux qui partirent vers le sud n’étaient n des monstres ni des exploiteurs.
    Beaucoup mirent leur énergie à construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux. Beaucoup s’épuisèrent à cultiver un bout de terre ingrat que nul avant n’avait cultivé. Beaucoup ne partirent que pour soigner, pour enseigner. On peut désapprouver la colonisation avec les valeurs qui sont les nôtres aujourd’hui. Mais on doit respecter les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont pensé de bonne foi œuvrer utilement pour un idéal de civilisation auquel ils croyaient. Il faut respecter ces milliers d’hommes et de femmes qui toute leur vie se sont donné du mal pour gagner par eux-mêmes de quoi élever leurs enfants sans jamais exploiter personne et qui ont tout perdu parce qu’on les a chassés d’une terre où ils avaient acquis par leur travail le droit de vivre en paix, sur une terre qu’ils aimaient, parmi une population à laquelle les unissait un lien fraternel. (…)
    Je veux dire à tous les adeptes de la repentance qui refont l’histoire et qui jugent les hommes d’hier sans se soucier des conditions dans lesquelles ils vivaient, ni de ce qu’ils éprouvaient, je veux leur dire : de quel droit les jugez-vous ?»

    Dictée de Troisième République ? De Quatrième ?
    Non. Discours de campagne de février 2007, Toulon, Sarkozy-Guaino™©®.

    Pour en savoir plus :
    Olivier La cour Grandmaison.
    De l’indigénat, « Anatomie d’un « monstre juridique : le droit colonial en Algérie et dans l’Empire français »
    Ouvrage en accès libre ici :
    http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=113#chapitre9

    Sommaire :
    INTRODUCTION
    I. DROITS DE L’HOMME, RÉGIME DU « BON TYRAN » ET COLONIES
    II. LES « INDIGÈNES » : DES « SUJETS FRANÇAIS », PAS DES CITOYENS
    III. JUSTICE COLONIALE : JUSTICE D’EXCEPTION IV. CODE(S) DE L’INDIGÉNAT : « CODE(S) MATRAQUE(S) »
    V. INTERNEMENT ADMINISTRATIF, AMENDE COLLECTIVE ET SÉQUESTRE
    VI. LES LIBERTÉS PUBLIQUES DANS LES COLONIES VII. TRAVAIL FORCÉ ET ESCLAVAGE DE CASE DANS LES COLONIES FRANÇAISES SOUS LA IIIe RÉPUBLIQUE

    POUR CONCLURE : « ŒUVRE » COLONIALE ET MYTHOLOGIE NATIONALE
    ANNEXE. ARRÊTÉ GÉNÉRAL SUR LES INFRACTIONS DE L’INDIGÉNAT
    INDEX DES NOMS DE PERSONNES INDEX DES NOMS DE LIEUX
    INDEX THÉMATIQUE

    • Tigue

      Comme quoi un menteur professionnel peut dire ou écrire des trucs vrais.

      • zébu

        « « Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint-Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Égypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc.
        Ce rêve ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation. »

        Parfaite définition du mensonge. Il suffit de lire.
        Remplacez tous les noms et les pays par d’autres époques, au hasard : la conquête du nouveau monde.
        Vous y verrez ‘le rêve’ d’Hernan Cortez et le cauchemar des populations amérindiennes.

        Comme quoi, un menteur professionnel ne pourra pas faire autre chose que mentir.

      • vigneron

        Tigue.
        Pour l’expertise en matière de menteur professionnel, vous avez toute ma confiance, ce qui, inversement, signifie bien évidemment que je ne puis décemment vous l’accorder quant à l’avis que vous jugez utile d’en émettre. Sur la et/ou les vérités, historiques et autres, il va de soi que vous n’avez dés lors pas même accès à la liste d’attente du noviciat de la contre-expertise.

        Ps : Cette remarque s’appliquait aux deux options de l’alternative devant laquelle votre saillie nullissime plaçait le lecteur – de moins en moins perplexe à mesure que tombent vos masques, mais néanmoins bonne patte – : soit aussi bien que vous parlassiez du discours des deux larrons révisionnistes (99 % de chances), soit du travail de l’historien de la colonisation (1 %).

      • Tigue

        Vigneron,

        Je comprend pas tout ce que vous dites. Je ne sais pas ou vous puisez toute cette science dans absolument tous les domaines des sciences humaines, moi qui suis plutôt un « matheux medical »
        Mais j’ ai de l’ intuition.
        Je ne connais absolument aucun vigneron qui vous ressemble de près ou de loin.
        Ceux que je connais ont les mains calleuses et ne jouent guère du mulot, tout comme moi, ils n’ ont pas le dixième de vos connaissances dans ces domaines, ce qui n’ en fait pas bien entendu des ignorants sur les relations humaines, loin de là, et je sais que vous en convenez.
        Non, ce qui vous caractérise est très éloigné de votre activité, qui apparaît presque comme secondaire ce qui enlève beaucoup de vraisemblance a vos diatribes, belles au demeurant :
        un peu homme les idées de Platon qui survolent de trop haut l’ expérience sensible de leur manifestation chère à Aristote . Comme la Valeur et le Prix.
        Ce « vrai » là manque. Il y a trop de distance entre vos idées et la façon que vous avez de les faire vivre ici. Ça ne colle pas. Désolé.
        Pour l’ allusion, cherchez mieux, il y a beaucoup d’ autres possibilités. Un indice : prendre de la hauteur.

    • sylla

      Vous commencez à saisir Vigneron?

    • lucien lerouffe

      De nos jours civiliser c’est obtenir un rôle privilégié pour participer à la contruction de quelques Tramways et construire la première ligne de TGV Arabe et Africaine au Maroc.

      C’est aussi participer à la balkanisation de la Libye en échange de tarifs préférentiels sur le pétrole en y envoyant des conseillers militaires des forces spéciales et toute une ribambelle occulte de barbouzes ayant fondé leur « boîte de sécurité privée » comme on les appelle, du type « blackwater ».
      Non sans avoir tenté, peu avant, de monnayer le même or noir contre quelques rafales, les mêmes qui bombardent en ce moment la Libye et quelques centrales nucléaires.

      La politique c’est à n’y rien comprendre n’est-ce pas?

    • Bruno

      C’est très fort de faire fi, dans un discours ayant comme objet l’Algérie, du rôle des politiques, qui sont tout de même à la base, sinon même du « merdier » (cf. par exemple la démesure de la répression du 08/05/45: 30.000 morts selon des sources américaines), tout du moins de la manière dont cette affaire algérienne a été gérée…

  30. zébu

    Bonjour Idle :)
    Vigneron, je mentirais si je ne disais pas que j’y ai aussi pensé à l’écrire.
    La guerre, vu par les femmes, qu’elles soient cousines, femmes, soeurs, … donnent, il me semble, une autre dimension à la souffrance que ne savent voir les hommes.
    Ce qui me frappe avec ce 17 octobre, c’est la dignité des femmes.
    Car ce sont pour beaucoup des femmes qui ont perdu un mari, un frère, un cousin, … : 2 femmes furent tuées parmi les victimes.
    La liste, des tués et des disparus.
    Elles ne revendiquent qu’une chose : pouvoir transmettre.
    On n’est pas très doué pour transmettre, les hommes.

    • Gyps

      @zebu « On n’est pas très doué pour transmettre, les hommes. »

      Mais si ! Si vous n’avez pas encore d’enfant, vous apprendrez en devenant père.

  31. lucien lerouffe

    La nuit du 17 octobre 61 ce n’était pas l’armée, c’était la police. Un article sur les contrôles au faciès datant de mai cette année:

    Selon le cabinet de l’avocat William Bourdon, qui participe à cette action, « il y a déjà quelque chose d’anticonstitutionel [dans les contrôles d'identité] puisque chaque contrôle est une atteinte à la liberté et qu’il convient donc à un juge de statuer ».

    « CONTRÔLÉS JUSQU’À TROIS FOIS DANS LA MÊME JOURNÉE »

    Ces QPC sur les contrôles d’identité visent également à attirer l’attention sur les « contrôles au faciès » qui, selon certaines études, « touchent beaucoup plus les Noirs et les Arabes ». Le cabinet dénonce le fait que « des personnes qui ont été contrôlées dans les cités et qui ne sont pas ensuite passées devant un juge, n’ont aucun moyen de démontrer qu’elles ont pu être contrôlées jusqu’à trois fois dans la même journée ».

    La QPC, rendue possible par la révision constitutionnelle de juillet 2008, permet à tout justiciable, « à l’occasion d’une instance en cours devant une juridiction », de signaler lorsqu’une « disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit. »

    un rapport publié en 2009 par l’Open Society Justice Initiative – une organisation parrainée par le milliardaire américain George Soros et associée aujourd’hui à la démarche des avocats – avait révélé qu’un individu noir ou arabe avait respectivement 6 fois et 7,8 fois plus de chance d’être contrôlé par un policier qu’un blanc.

    « La personne qui a été suspectée devrait avoir droit à un recours effectif. Mais la plupart des contrôles n’étant pas suivis d’une procédure, elle ne peut prouver qu’elle a été contrôlée. Cet article rompt par ailleurs le principe d’égalité et viole le principe d’aller et de venir. Quant au principe d’intelligibilité et d’accessibilité de la loi, il n’est pas respecté », soutient Me Karsenti.

    • lucien lerouffe

      http://youtu.be/N9HvJhilJzo

      Dans la série l’armée vs la police, un sergent des US marines remet les flics NYPD à leur place. « Ce n’est pas une guerre, les gens ne sont pas armés, il n’y a aucun honneur à taper sur nos concitoyens. Je reviens d’Irak, je suis originaire de New York et je vois ces policiers qui tapent sur mes concitoyens, pour qui je me suis battu. »

      #OWS (10-15-11) *EPIC WIN* DECORATED MARINE SGT. SHAMAR THOMAS ADDRESSES NYPD

      Un pays provoque une guerre, qui provoque une crise économique, qui provoque des manifestations. Capables de provoquer une guerre civile? Ouroboros.

      #Occupyyourmind

  32. Vincent

    Ce qui m’a toujours frappé avec ce 17 octobre, c’est qu’on a pu faire ça sous la Ve République, avec les mêmes lois qu’aujourd’hui. Il n’y a aucun occupant allemand pour dire que ce n’est pas la France qui a fait ça. C’est bien la France, avec la même constitution qu’aujourd’hui.
    Comment être sûr que cela n’arrivera plus ?

    • Tigue

      Cette remarque est très juste.
      Comment ont-ils procédé pour rendre cela possible ?
      L’ encadrement a t il été brutalement remanié en prévision de ces manifs ?
      Y a t il eu un démantèlement/ réorganisation des équipes qui se connaissaient, et qui ensuite ne se connaissaient plus ?
      Il faut surveiller les limogeages et mutations, ce sera le top départ. Ça a déjà commencé du reste, mais ça n’ a rien a voir.

    • zébu

      On n’en n’est jamais sûr.

      @ Tigue :
      Le ministre de la justice avait été remplacé par un autre, plus favorable à Papon.
      La vrai question, c’est pourquoi Papon dans cette Vème République et pourquoi alors même que l’excuse (facile) de la nécessité de conserver les cadres de l’administration pour l’immédiat après-guerre n’est évidemment plus valable (si tant est qu’elle l’ait été) : 16 ans, c’est long, très long.
      Comment un De Gaulle, arrivé 3 ans auparavant au pouvoir, a-t-il pu conserver un Papon et même le nommer à une Préfecture de police qu’il savait évidemment très sensible ?
      Comment l’expliquer si ce n’est une certaine confluence, connivence d’intérêts divers et contradictoires ?
      La faute, la véritable faute politique, incombe à De Gaulle.
      D’avoir conservé Papon et surtout de l’avoir nommer, pour l’utiliser.

      • Moi

        @zébu: « La faute, la véritable faute politique, incombe à De Gaulle. »

        C’est sa responsabilité en tous cas. Savoir si cela fut une faute politique, ça se discute. Faut se replacer dans le contexte et l’ambiance de putsch militaire (dont une tentative très sérieuse en avril 61). T’aurais pas eu De Gaulle, t’aurais eu à coup sûr Massu, Salan ou un autre du genre. Et là on parlerait d’une autre quantité de morts.
        Pour faire passer l’abandon de l’Algérie française, il fallait aussi montrer qu’on n’était pas mou. C’est triste, mais c’est probablement ainsi.

        PS: ça explique aussi pour Papon, ce dernier lui a sauvé la mise lors du putsch d’avril. Il était dénué de scrupules moraux mais dans tous les cas loyal au pouvoir en place.

    • Noursix

      La manifestation du 17/10/1961 était pacifique. Si la crise financière se termine comme je le pense, des Indignés mainfesteront pacifiquement aussi. Espérons très fort que le pouvoir en place ne fera pas la même erreur….et ne recommencera pas à tirer.

    • Ando

      Impossible d’en être certain. Etat de droit, règles et constitution font un vernis fragile.

  33. proudhon

    Charles A. semble particulièrement bien informé sur le drame d’octobre 1961 ainsi que sur la police française de l’époque. Mais comment ce proche du NPA (groupuscule trotskyste) – semble-t-il – qualifie-t-il l’assassinat de milliers de marins de Kronstadt par l’armée rouge dirigée par …Trotsky pendant la révolution russe, puis la déportation de milliers d’autres dans les camps de travail (goulag) de l’époque ?
    Attention à la mémoire sélective, camarade !

    • Pour éviter toute escalade, le « jet de morts » à la figure s’arrête là.

      Merci d’en tenir compte.

    • Charles A.

      Demain voyez
      Le silence du fleuve
      De Mehdi Lallaoui et Agnès Denis

      Mercredi 19 Octobre 2011 à 20h (19h présentation de la saison 2011/2012)
      Centre culturel LA CLEF, 21 rue de La Clef, Paris 5ème Métro « Censier-Daubenton »

      Film documentaire de 56 mn (1991) d’après le l’ouvrage d’Anne Tristan « L’oubli est complice de la récidive », dit le commentaire du film consacré à la manifestation à l’appel du FLN le 17 octobre 1961 à Paris et à la sauvage répression qui s’en est suivie. Le film rassemble des témoins oculaires parmi lesquels un prêtre, un gardien de la paix, un couple d’ouvriers sympathisants.

      Projection suivie d’un débat avec Samia Messaoudi pour « Au nom de la mémoire » et de Nils Anderson acteur de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie Participation aux frais de la séance : 5 euros

      @ Proudhon: le billet de Paul vous gêne beaucoup
      si c’est votre réaction à la vérité sur la barbarie coloniale
      et l’hommage rendu ici à la lutte pour la liberté.
      Les attaques aux personnes, pire, en inventant leur point de vue,
      ne donnent d’information que sur leur auteur.

  34. Lien

    Je suis vraiment persuadé, du haut de mes quelques connaissances en psychanalyse et anthropologie (à moitié du niveau café du commerce, je dois le reconnaître) que le succès massif de Sarkozy auprès des vieux a fortement à voir avec la culpabilité refoulée de la Guerre d’Algérie qui taraude violemment cette génération: en affirmant (implicitement mais clairement) que les étrangers basanés ne sont pas des hommes, il affirme également que leur traitement n’était pas un crime et que les français ne sont donc pas des criminels.

    • vigneron

      @Lien
      Vous cassez pas la binette avec les ressorts anthropomachins ou psychanalobidules de la campagne Sarko 2007. Rappelez vous juste qu’il avait dit « j’irai chercher un par un les électeurs de le Pen ! ».
      Alors pensez ! Plus de 2 millions d’anciens appelés, plus tous ceux d’active, plus les pieds-noirs, on met le paquet. Et on lit un beau discours sur-mesure de Guaino dans l’endroit qui va bien : Toulon.

  35. raph

    Bonjour,

    J’espère que nous aurons un post similaire de Monsieur Jorion et un article similaire de la part du monde26 mars 2012 lorsque l’on parlera des morts à Alger de la rue d’Isly. En 1962 les forces de l’ordre frnçaises ne ouvrirent directement le feu sur une foule de civils français non armés, faisant entre 70 et 80 morts et 150 blessés.

    J’aimerai que la mémoire des morts ne soit pas selective. Un mort = un mort qu’il soit algérien ou français. Je suis certain que le Journal le modne fera silence sur l’évènement. j’espère que monsieur Jorion en parlera.

    • zébu

      @ raph :
      Peut-être aussi au 01 novembre 2014, 60 ans après la Toussaint Rouge.
      Je pense notamment à Guy Monnerot et à sa femme, tous deux instituteurs venus enseigner au bled, mitraillés ‘par erreur’.
      Un symbole, tant des contradictions de la République française laïque que de la volonté de libération des algériens (qui cherchaient à assassiner un caïd ‘pro-français’) et de ses conséquences.

      Tout ceci ne serait peut-être pas arrivé si la France avait été fidèle à sa promesse dès avant le 08 mai 1945 et si elle n’avait pas cédé à un lobby de colons grands propriétaires pieds noirs extrémistes, notamment en octroyant la nationalité à ses ‘indigènes’ …
      (je pense au projet Blum-Viollette puis à l’ordonnance de De Gaulle du 07 mars 1944 : trop peu, trop tard).

    • Lien

      C’est vrai, un mort = un mort quelque soit la couleur de sa peau.
      C’est d’ailleurs pour cela qu’il est criminel de vouloir mettre sur un même plan les quelques centaines d’innocents assassinés par les nationalistes du FLN qu’ils défendaient et les dizaines de milliers de victimes de la terreur coloniale.

      Pour information, lors d’un attentat FLN contre une voie ferrée, ma mère entendit les badauds dire que « heureusement il n’y avait pas eu de victimes ». Elle s’étonna donc: « Ah bon? J’avais entendu qu’il y avait une dizaine de morts? ». – « Oh, mais ce sont des indigènes! »
      Donc il est un peu malvenu de la part des héritiers de ces bonnes dames de se réclamer de l’égalité de tous les hommes…

      Et les victimes de la rue d’Isly n’ont pas été tués par le FLN mais bien par la raison d’Etat qu’ils plébiscitaient quelques mois avant quand elle s’appliquait à d’autres.

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