Le système financier prêt à rebondir

La crise que traverse actuellement le système financier voit un produit après l’autre, ABS adossées à des prêts subprime, CDO et CDO « au carré », s’étioler avant de disparaître, un secteur après l’autre, SIV, obligations « auction–rate », péricliter avant de se fermer. Cette crise est encore loin cependant d’avoir pris toute son ampleur.

Dans quel état le système financier se retrouvera–t–il quand le climat se sera apaisé ? il est très malaisé de le dire. On a entendu répéter aux États–Unis au cours des mois derniers et jusqu’à la nausée : « La dévaluation de l’immobilier ne pourra pas être pire qu’en 1991 ! » ou bien « Les pertes dans le secteur du prêt hypothécaire ne dépasseront jamais celles des Savings and Loans à la fin des années quatre–vingt ! », tous propos péremptoires qui ne tardèrent pas à se voir infirmer. Il convient de se méfier désormais comme de la peste de tels pronostics à l’emporte–pièce qui se révèlent rapidement comme n’ayant été guère plus que des serments d’ivrogne.

On parle d’« effet domino », de « risque systémique », et à très juste titre : la finance n’arrête pas de se complexifier, découvrant à chaque progrès les moyens de spéculer davantage, et démultipliant apparemment à l’infini l’effet de levier qui accroît sans doute la chance de gain mais aussi, et dans la même proportion, le risque de perte. Au sein des produits dérivés, ces effets se combinent de manière « non–linéaire », rendant impossible de prédire où se déroulera le prochain drame et quelle sera son ampleur.

Il serait présomptueux de dire d’un produit financier ou d’une technique financière qu’il ou elle est mort de sa belle mort : on a cru autrefois la monnaie fiduciaire ensevelie dans l’effondrement de la Banque Royale de John Law, l’achat sur marge emporté par le krach de 1929 et le « program trading » par celui de 1987. Le phénix a toujours su jusqu’ici renaître de ses cendres. La question qui se pose est celle du temps qu’il lui faudra. Une chose est sûre : il ne s’agira pas cette fois d’un an. Mais s’agira–t–il de dix, de cent ou de mille ? La nouvelle donne du problème est que nul ne saurait aujourd’hui prétendre connaître la réponse sans s’exposer au ridicule.

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