Aux artistes

J’ai participé l’autre jour – d’une seule phrase – à un débat sur la création. La phrase, la voici : « … quel est le rôle exact que l’on veut voir jouer à l’Etat – et les contraintes que cela implique (impôt, défense des frontières, soutien ou non des artistes [abandonnés à crever la dalle – vu la jouissance que leur procure par ailleurs la création – voir le débat d’hier], etc.) ». La thèse défendue – vous avez dû le comprendre – était qu’il n’est pas nécessaire de soutenir les artistes : le marché fera le tri !

Le cas de Jara nous rappelle que les artistes créent sans doute pour eux-mêmes mais essentiellement pour nous tous. YouTube nous permet de nous le rappeler et ma note laconique sur Jara m’a donné envie de le souligner encore davantage. Hier, en commentaire à mon billet sur Bo Diddley, j’ai cité deux chansons. Je suis allé ajouter des « performances » qui y correspondent : Elizabeth Cotten chantant de sa voix cassée Freight Train, qu’elle composa, accompagnée (bien que ce ne soit pas dit) par Pete Seeger et Emmylou Harris, chantant Hobo’s Lullaby de Goebel Reeves, lors d’un hommage à Woody Guthrie qui fut le principal interprète de cette chanson.

Je suis également allé revisiter mon billet Quiet days in Santa Monica, où je mentionnais Jim Morrison chantant The End pour y ajouter l’extrait d’un concert des Doors. Le caméraman n’a pas raté la petite blonde, tout à la fin. C’est pour elle qu’on vit. Malgré les stades de Santiago du Chili.

Petit joyau, Georges Brassens chantant Les passantes, paroles d’Antoine Pol comme je l’explique dans mon billet et comme il le rappelle aussi, accompagné de Maxime Leforestier (merci à Anper !).

Vous trouverez enfin Jeanne Moreau chantant Le tourbillon de et avec Bassiak dans François Truffaut (1932–1984), ainsi que, comme le suggérait Jean Tiguemounine dans un commentaire, la version de Vanessa Paradis, rejointe par Jeanne Moreau.

Post Scriptum : je redécouvre petit à petit mes références à des chansons et je complète. Derniers en date : Under the Boardwalk des Drifters dans Toute une époque ! , Bravo pour le clown dans Edith Piaf (1915 – 1963), Comme à Ostende dans Léo Ferré (1916–1993).

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4 réflexions sur « Aux artistes »

  1. @ Anper

    Oui, c’est probable ! Je viens de Googueuler, il y a effectivement en 1979 un Grand Echiquier de Jacques Chancel avec César, qu’on devine à gauche de Lino Ventura, Brassens et Maxime Leforestier ! Bravo !

  2. d’autres prisons et d’autres tortures pour Jim, mais quelle classe avant la déchéance ; je ne comprends pas votre allusion à la jeune femme blonde, qui est-ce ? Une intime des Doors, une connaissance, un rapport avec le texte ? Peu importe… merci.

  3. La sérénité de la petite blonde qui apparaît à la neuvième minute et à la seizième seconde de la vidéo m’a fait penser aux anges de la cathédrale de Reims, et au chœur des anges de L’Agneau mystique des frères van Eyk. C’est tout.

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