Fannie, Freddie et les paparazzi

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’hésite depuis plusieurs jours à parler des GSE, de Fannie Mae et de Freddie Mac, les Government–Sponsored Entities, encore appelées « Agencies » – les deux piliers de la titrisation des crédits immobiliers américains, les autres éléments du système étant tous récemment décédés – et ceci pour plusieurs raisons. La première est que j’ai déjà parlé d’elles ad nauseam dans ce blog et dans mes livres (1), la seconde est qu’il n’y a rien de très précis à en dire, si ce n’est qu’elles sont entrées dans une période que j’ai appelée ici de « drôle de crise » sur le modèle de la « drôle de guerre » : les huit mois d’expectative qui séparèrent l’invasion de la Pologne et l’invasion par l’Allemagne de la France et du Benelux (voir La « drôle de crise »).

Si je n’avais pas peur du ridicule, j’irais même plus loin, je parlerais de « Bear Stearnisation », pour souligner le parallèle entre le processus dans lequel elles sont aujourd’hui embourbées et la période de dégradation de sa condition qu’endura la banque d’affaires Bear Stearns avant que sa chute brutale en quelques jours ne conduise à son sauvetage précipité et in extremis en mars dernier.

La différence serait alors celle-ci : il n’était pas couru d’avance que les autorités américaines viendraient au secours d’une banque d’investissement alors qu’on répète depuis des dizaines d’années que vu les 5 mille milliards de dollars de crédits immobiliers que garantissent ou possèdent personnellement aujourd’hui les GSE, l’Oncle Sam ne les laissera JAMAIS au grand JAMAIS tomber, le « jamais » étant écrit en majuscules, caractères gras et italiques. Maintenant que l’heure de vérité se rapproche, on constate cependant que ceux qui étaient si convaincus de l’indéfectibilité de ce « jamais » se rapprochent lentement mais sûrement de la sortie de secours… au kazou, vous comprenez. Témoignent de ce dégagement progressif le cours des actions des GSE (qui ont subi une déperdition de plus de 80 % en un an), ou le taux défavorable dont se sont vues handicapées les obligations à deux ans que Fannie Mae a émises hier (de 74 points de base [0,74 %] supérieur à celui des notes du Trésor de même maturité, soit un doublement de leur handicap en un an) et le prix grimpant en flèche des CDS, ces assurances privées synthétiques sous forme de pari que les entreprises prennent sur leur bonne santé mutuelle (le montant de la prime a doublé au cours des deux derniers mois). Ce « spread » de 74 points de base signifie que le marché attribue – de fait – à Fannie Mae, une notation de cinq crans inférieure au « AAA » dont elle bénéficie auprès des notateurs.

Il faut dire que les autorités n’aident pas, comme quand l’administration Bush se gratte publiquement la tête à propos de ce qu’il conviendrait de faire si les GSE devaient défaillir, ou quand la Fed envisage des scénarios « bris de la vitre » (pour empoigner la hache en cas d’incendie) ou encore quand Mr. William Poole, ex-gouverneur de la Fed déclare ce matin que les GSE sont d’ores et déjà insolvables. Ça fait mauvaise impression pour deux institutions qui constituent la machine de guerre supposément invincible que le gouvernement américain a déployée pour enrayer la chute qui va en s’accélérant du marché immobilier résidentiel.

Une « drôle de crise » vous fait entrer dans l’ère du mensonge : les comptes des établissements financiers sont désormais truqués avec la bénédiction tacite des régulateurs, les « bonnes nouvelles » sont distillées à intervalle régulier par l’office de la propagande, pardon, par les experts de tout poil. Mais quand un couple de vedettes déclare à tous vents que son bonheur est sans nuage, on sait à qui revient le rôle de faire éclater la vérité. Mr. Henry Paulson, la ministre américain des finances, a déclaré hier que tout va bien pour Fannie et Freddie. Il emboîtait le pas à Mr. James Lockhardt, le patron de l’OFHEO, l’organisme de supervision des GSE, qui affirmait – croix de bois, croix de fer – que plus solvable qu’elles tu meurs ! Mais, ils sont là, sur leurs petits scooters, pétaradant en cercle autour d’eux : les paparazzi qui vendront la mèche.

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(1) Pages 102 à 108 de « Vers la crise du capitalisme américain ? » (La Découverte 2007) et pages 203 à 212 de « L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce la « crise des subprimes » » (Fayard 2008).

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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14 réflexions sur « Fannie, Freddie et les paparazzi »

  1. Paul, moi, j’en ai grand besoin de vos commentaires sur l’actualité ! Ils me manquent ces derniers temps…

    Vos livres (que j’ai) ne me suffisent pas. Ça dégringole sous nos yeux chaque jour, chaque heure, et par tous les medias, un flot de mensonges et d’inepties nous submerge… tandis que les trop rares Sages en la matière demeurent silencieux – augustes ? – parlant de loin en loin. Pourquoi cette rareté si mal à propos dans le tempo ?

    Le mensonge, l’ignorance, chaque jour ont besoin de leur antidote.
    S’il vous plait, donnez-nous la vôtre !!! SVP…
    UN GRAND MERCI.

    PS – J’ajouterai que la préservation de mon patrimoine en a besoin également, … pas seulement ma soif de comprendre !

  2. bien, Benoit parle franchement, il veut savoir ce que va devenir son patrimoine mobilier et immobilier. C’est vrai que nous sommes dans le flou, la crise systémique sera vraisemblablement mondiale, mais frappera-t’elle plus particulièrement les USA ? Prédire l’apocalypse, ce n’est pas nouveau, peut-on aborder des scénarios plus précis sur les conséquences de cette crise de l’endettement et de l’insolvabilité, du crédit crunch qui en découle… une autre vocation à votre arc ? (cf les idées…) C’est toujours mieux que d’aller chanter « under the boardwalk » sur la playa ! 😉

  3. GEAB = « Global Europe Anticipation Bulletin », la lettre confidentielle de LEAP/E2020.

    J’y suis abonné depuis plusieurs mois, je la reçois par internet tous les 15 du mois. Je la lis avec beaucoup d’intérêt. J’attends chaque numéro avec impatience, je l’avoue.

    Je suis parfois un peu frustré des analyses synthétiques (j’aimerais comprendre pourquoi telle ou telle affirmation), mais la lettre se risque chaque mois à des prévisions pour les mois à venir qui sont véritablement très précieuses, car elles semblent se vérifier. Je manque encore de quelques mois de recul pour m’assurer de cela. Jusqu’a présent, GEAB m’a semblé compatible avec les analyses de Paul Jorion.

    Une lecture complémentaire au Blog de Paul, car orientée sur la prévision et l’anticipation des événements. Je ne sais si Paul peut se permettre de donner son avis sur des confrères.
    LEAP/2020 se présente comme une équipe de chercheurs. Ils ne vendent rien, sinon leur lettre. J’aimerais bien en savoir plus… Parfois je me demande si ce n’est pas un type génial, tout seul, qui concocte ce document mensuel extraordinaire ! … Il y a des types comme ça sur la planète !

    Votre avis ?

  4. Oui, je vois vos commentaires : je fais déjà l’homme-orchestre en temps ordinaire, alors s’il fallait en faire encore davantage, comme devenir conseiller financier ! On me demande des articles pour des revues prestigieuses et c’est une bonne chose pour moi : cela augmente ma visibilité, mais cela me ralentit bien évidemment sur le blog.

    Sur ce que je pense d’autres blogs qui disent des choses « semblables », « similaires », je dirai la chose suivante : ma méthode personnelle est de m’en tenir à ce que je peux documenter. Il y a bien sûr des gens qui complotent quelque part, il y a bien sûr des réunions secrètes qui se tiennent ici où là, mais spéculer à leur sujet n’est pas mon fonds de commerce. Certains des phénomènes qu’on aperçoit sur les marchés financiers peuvent très bien découler de machinations à grande échelle par des groupes puissants agissant dans l’ombre, mais les mêmes phénomènes s’expliquent tout aussi bien par le fait qu’il est très difficile de dire ce qui se passera demain. Alors, à ceux qui me disent « complot », je réponds comme Laplace à Napoléon : « Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ».

  5. Je m’intéresse aux seules infos sérieuses, étayées, et aux prévisions sur la base de celles-ci. C’est pourquoi je vous lis, Paul. C’est pourquoi je lis également les lettres de GEAB. Les deux précédentes, Nos 25 et 26, sont bien dans le réel, et aident à avoir une vision globale. Le lien que Grunam m’a indiqué me le confirme : Franck Biancheri semble être une personne tout a fait honorable, équilibrée.
    Prendre en compte les difficultés réelles (toutes !) de la planète en 2008, même pour une personne qui a les deux pieds bien campés solidement dans le sol terreux, peut lui donner le tournis, tant les conséquences sont inquiétantes…

    A-t-on déjà vu cela…, honnêtement ? On se regarde dans le miroir : suis-je en train de devenir paranoïaque ? Ai-je encore toute ma mesure ? Ou ne suis-je pas en train de faire un cauchemar ? Car si moi je demeure pondéré, et je m’attache à le demeurer, c’est bien le monde, lui, qui semble ne plus l’être du tout !

    Alors, que certains y trouvent aliment à leur paranoïa latente, quoi de plus naturel en somme ? En conséquence de quoi, je n’accorde guère de crédit aux “complots des banksters” de Denissto et à son blog cité ci-dessus par Rumbo : liesi.eu. Quand on en a lu trois pages, on se lasse vite. Le style révèle l’homme.

    Paul, j’en reviens donc à mon propos de base : VOS ARTICLES SUR L’ACTUALITE CHAUDE SONT NECESSAIRES.

    Je comprends que vous n’aimiez pas vous répéter, moi-même qui écrit je n’aime pas cela non plus : “On n’est pas des rabâcheurs, quand même !!”, pensons-nous.
    Pour vous tout cela est tellement évident. Pour vous, oui…

    Bien cordialement.

  6. Grand merci Paul de votre réponse équilibrée et circonstanciée.

    Je ne reprends pas nécessairement à mon compte les liens que je transmets. De même que certains auteurs ont, ici et là, à tort ou à raison, une attitude conspirationiste dont je me méfie toujours et à plus d’un titre, entre autres, à cause des diverses idéologies sous-jacentes, de même la vérité et l’objectivité n’ont, à l’évidence, pas de territoire commun à 100%. Et je me méfie aussi de ceux qui ont inventé ce terme – conspirationnisme – car ils cherchent ainsi à brouiller davantage les cartes…

    La subjectivité, ou l’idéologie (c’est à peu près la même chose) de tous les bords et toutes les couleurs, cherche à disqualifier d’avance celui, ou ceux qui n’écouteraient pas l’injonction implicite des médias : circulez, ya rien à voir ! Seuls en la matière, certains propos documentés et recoupant d’autres sources non moins documentées, en particulier ici celles de Paul jorion, peuvent aussi retenir l’attention. À mon très humble avis. Étant un avis de l’un d’entre ceux qui cherchent la vérité dans le traitement de l’argent dont la clé de voute est la création monétaire.

    Depuis le début, toute la partie de votre blog sur ce sujet monétaire est un document spécifique d’importance, dont on peut espérer que vous l’exploiterez pour la Justice comme je suppose que vous avez le grand talent de le faire.

    Très cordialement

  7. Ouf !
    Je suis rassuré…
    Le meilleur moyen de se perdre dans la compréhension des problèmes est de céder à des explications « trop simples », du genre : « c’est une bande de vilains qui font rien qu’à nous embêter, et que sans eux, tout irait bien… ».

    Ce genre de raisonnement permet de faire l’économie de la réflexion nécessaire pour comprendre chaque mécanisme en jeu dans la genèse d une situation très complexe.
    Designer un homme ou un groupe restreint d’hommes comme instigateurs de cette complexité, serait-ce ce que l’on appelle de l’anthropomorphisme ? N est-ce pas comparable à l’explication de la pluie par une action spécifique d’un dieu de la pluie…

    Je suis étonné de la méconnaissance de toute cette problématique par des personnes pourtant très cultivées. Je suis épaté par leurs prises de position automatiques derrière des postures idéologiques très tranchées (écolos, extrême-gauchistes, libérales…) malgré une totale méconnaissance, même partielle, des grands mécanismes économiques, qui devraient être au centre de leur argumentation.

    Je ne crois pas être un savant, pourtant je suis certain, que très peu comprennent l’importance de ce qui se passe… pire, je crains que très PEUVENT comprendre, enfermés qu’ils sont dans des carcans idéologiques et une logique binaire inefficace pour saisir toutes les dimensions d’un problème aussi compliqué à expliquer que, la pluie pour un homme des cavernes. L’existence d un dieu ou d’un groupe de dieux est quand même bien pratique…

    Il est important que d’authentiques savants comme ce cher Paul, puissent continuer à argumenter, la forme ayant autant, voire plus d’importance que le fond, et je partage l’avis négatif sur la lettre liesi.

  8. Bonjour

    A propos de la liste liesi, je préfère personnellement garder des informations comme celles-ci en mémoire, ce qui ne veut pas dire que je vais me précipiter tête baissée dans n’importe quelle explication causale déterministe du monde (le modèle implicite de l’explication du monde est devenu systémique).

    C’est justement parce que je suis imprégné de raisonnement systémique que je ne rejette pas « d’hypothèses » (même si je peux m’en méfier) : je me demande d’ailleurs depuis des années pourquoi on refuse systématiquement de reconnaître les complots dans notre histoire immédiate alors qu’on les admet volontiers dans les comptes rendus historiques ; Peur ou rejet de l’Histoire ?

    >>>les complots seraient-ils impossibles ou inefficients – ou les deux – dans les sociétés démocratiques ?

    >>>les complots seraient-ils possibles et dangereux mais malgré cela pourrait-on ne pas en tenir compte par exemple pour définir une théorie du contrôle de la monnaie ?

    ça me laisse un peu pantois (on avait accepté « l’effet papillon » on rejette « l’effet airbus » !) : je vois un risque de confusion entre effet et « hypothèse » ; un phénomène réel (battement d’aile du papillon, complot planétaire) peut-il avoir un effet sur le système ? « peut-être » (hypothèse non rejetée) versus « impossible » (hypothèse rejetée). Si c’est « peut-être » je ne pourrai pas me passer de l’hypothèse dans mon explication du système.

    Cordialement

  9. Sur le « conspirationisme » en général, je vous renvoie à mon billet Complots et thèse du complot.

    En voici quelques passages qui me semblent d’application dans ce cas-ci :

    D’une manière générale, pour que la thèse d’un complot me retienne, il faut d’abord que je me convainque de l’existence d’un mystère, autrement dit, que je découvre ou bien que l’on attire mon attention sur une anomalie.

    […] la vulnérabilité de la thèse du complot, c’est que son économie fait d’elle une explication par défaut tentante dans tous les cas envisageables. En effet, si l’on ignore une partie importante de la manière dont quelque chose fonctionne, il est extrêmement pratique de remplacer le bout d’explication manquante par l’action supposée de quelques hommes ou femmes résolus. Il est même possible, dans les cas où l’on ne comprend absolument rien du tout, de produire comme explication globale la volonté de quelques personnages déterminés, voire même celle d’un seul. On parle dans le premier cas de religions « polythéistes » et de religions « monothéistes » dans le second.

    […] Si la chose que l’on cherche à expliquer est néfaste et que l’on nourrit du ressentiment à l’égard d’un groupe particulier, il est très tentant, du point de vue de l’affect, de supposer à la place du mécanisme réel – qui peut être extrêmement complexe – la conspiration d’un certain nombre des tristes sires en question. Ainsi les maux qui affligeaient la République de Weimar avaient plusieurs origines et il était beaucoup plus économique de leur supposer comme cause unique un complot tramé par les Juifs.

  10. J’aprécie bien le « tracé » que vous faites, Paul, au sujet de la « thèse du complot ». Au moins là, il n’y a pas à enfourcher de phantasmes recuits de peurs pour trouver un ou des boucs émissaires « adaptés » et commodes pour justifier des idéologies, ou des idéologies opposées.

    Ceci dit, il n’y a pas thèse du complot « pour rien », si ce n’est, parfois seulement, que la dite thèse du complot est un reflet, plutôt comporte un reflet d’une réalité (une réalité d’ailleurs, à ce stade, encore à mesurer le plus exactement possible). Ceux qui se référeraient à une thèse quelconque du complot doivent absolument documenter d’une manière ou d’une autre ce qu’ils affirment. Si parfois je les lis, c’est pour essayer de faire des recoupements. Le danger vient dans ce que vous expliquez sûrement mieux que moi sur ce sujet, on l’a bien compris je crois.

    L’exemple d’un des chercheurs les plus honnêtes que je connaisse ne croyait nullement à un complot quelconque, il aurait parlé comme vous. Et lui, comme vous, avez la bonne attiude à ce stade.
    Il s’agit de Anthony Sutton (1925-2002) (taper son nom sur google et vous aurez des indications sur lui), anglais, naturalisé américain, professeur, économiste et historien, de formation agnostique ou libre penseur. En très résumé, l’honnêteté scrupuleuse et ses investigations documentées, citant toutes ses sources, ont fait de lui un limier exceptionnel des rapports « Est-Ouest » depuis 1917. Il n’a malheureusement pas été traduit en français (et pour cause, pourrait-t-on dire!…). Moi-même, trop faible en anglais, je dois ma connaissance et la substance de ses travaux à la lecture que je fis longtemps des lettre, brochures et articles de Pierre de Villemarest (1922-février 2008), ancien résistant, puis ancien du renseignement, qui le citait souvent et s’y référait beaucoup.

    Anthony Sutton a dévoilé, par un travail lent, minutieux, chaque fois paufiné et remis à jour, ce qu’on pourrait nommer, effectivement, un « complot », et à la grande échelle. Naturellement, prendre avec des pincettes toute récupération de Anthony Sutton par des tenants de la « thèse du complot ». Je ne crois pas qu’il y ait eu de récupérations à son sujet. Car récupérer les recherches fécondes de Anthony Sutton est chose à peu près impossible à cause, justement, de sa qualité d’enquêteur qu’il faudrait, au moins, égaler. A. Sutton, s’étant colleté des années à « l’extrême complexité du mécanisme réel » ne pouvait pas tomber dans :

    (…) Si la chose que l’on cherche à expliquer est néfaste et que l’on nourrit du ressentiment à l’égard d’un groupe particulier, il est très tentant, du point de vue de l’affect, de supposer à la place du mécanisme réel – qui peut être extrêmement complexe – la conspiration d’un certain nombre des tristes sires en question(…). (Paul Jorion)

    A. Sutton fut à la fin de sa vie très inquiété, marginalisé et isolé par tous les moyens par ceux-là mêmes qui ne pouvaient le démentir (sans se dévoiler et dévoiler en même temps leurs plans et projets…) et qui forment ce qu’on peut nommer un pouvoir transnational, ou mondial, dont, entre autres, les finances sont le principal versant, bien au dessus de la politique, du politique…

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