On ne va pas pouvoir rabibocher

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La bourse de New York a donc perdu 4,42 %. Le CAC 40 avait fini en baisse de 3,78 %.

Le titre d’American International Group (AIG), le plus gros assureur américain, a perdu 60,79 % de sa valeur dans la journée, c’est dire si le plan de restructuration annoncé ce matin a convaincu. J’ai noté hier qu’il ne se sera écoulé que cinq jours entre le plan de restructuration de Lehman Brothers et son dépôt de bilan, AIG risque de battre ce triste record – à moins que l’autorisation spéciale que vient de lui octroyer le gouverneur de l’état de New York, de puiser dans la caisse de ses filiales, ne puisse la sauver. On change les règles en cours de route, c’est normal : on a déjà tout essayé.

Je viens de me livrer à quelques petits calculs sur le cours des actions, dont je vous livre le résultat. Le chiffre porte sur les 365 derniers jours, ce qui nous reporte à un mois environ après qu’a débuté le tarissement du crédit.

* Bank of America, No 1 des banques commerciales : – 31,9 %
* J.P. Morgan Chase, No 2 : – 18,3 %
* Wells Fargo, No 3 : -13,1 %
* Citigroup, No 4 : – 66,9 %
* Wachovia, No 5 : – 78,5 %
* Washington Mutual, No 1 des caisses d’épargne : – 94,4 %
* Zions Bancorp, banque régionale, appartenant à l’église mormone : – 47,4 %
* First Horizon National, banque régionale, principale banque du Tennessee : – 61,2 %
* National City, banque régionale, principale banque de l’Ohio : – 83,5 %

La plupart de ces chiffres sont bien entendu consternants, mais ce n’est pas là l’essentiel. L’essentiel c’est ceci : on ne va pas pouvoir rabibocher. Le message n’a pas l’air de passer. Je reviens encore une fois sur le Rapport Ricol, parce qu’il est symptomatique de ce que je dénonce. Le Président dit : « La question prioritaire n’est plus d’apprécier la responsabilité des différents acteurs une fois le sinistre intervenu, mais bien d’éviter de nouvelles crises », et le rapport répond : « … se préparer au mieux aux crises futures, qui sont inévitables ». Zéro ! Ce n’est pas la bonne réponse à la question.

Quand le Rapport Ricol affirme « Mieux se préparer à gérer les crises futures, avec une approche contra-cyclique des exigences en capital, avec des instruments pour lisser les effets de cycle », il faut répondre : « Non, pas d’accord ! » Il faut absolument sortir de ce paradigme qui dit crises cycliques, et qui se veut rassurant : « On est dans une mauvaise passe, mais ne vous inquiétez pas : cela va s’arranger, cela s’arrange toujours ! » Cela s’est toujours arrangé jusqu’ici parce qu’on a à chaque fois mobilisé tous les moyens du bord pour empêcher que le navire n’aille par le fond ! Ça a toujours marché jusqu’ici, mais il n’y a aucune garantie que ça marchera toujours : on n’a jamais eu affaire à des cycles mais uniquement à des catastrophes, et la méthode utilisée pour s’en sortir a chaque fois été différente parce qu’on procédait par essai et erreur, et il a parfois fallu trente ans pour que l’on retourne, non pas à une situation idéale, mais à une situation tolérable.

Il faut donc se le mettre en tête une fois pour toutes : il ne s’agit pas de cycles mais de catastrophes et ce qu’il convient de faire, c’est, comme il est excellemment dit dans la lettre du Président : « éviter de nouvelles crises ». C’est tout un programme, mais c’est de cela qu’il s’agit, et de rien d’autre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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23 réflexions sur « On ne va pas pouvoir rabibocher »

  1. @ Paul Jorion

    Je me permets ici de rappeler mon intervention sur ce rapport où j’ai vu moins la notion de lissage de cycle que le martelage de la croyance de base dans la pérennisation des gains à court terme ce que j’ai appellé le court termisme du monde financier ET du monde industriel sous pression des mileux financiers et des actionnaires ( les mêmes parfois!)

    Je me permets surtout de rappeler votre réponse dans cet article que j’ai donc téléchargé à l’époque et emporté chez moi
    http://blog.mondediplo.net/2008-09-08-Changement-d-epoque#forum17931 😉

  2. Meme si dans l’urgence, il faut reflechir au necessaire pour eviter de nouvelles crises, quel est le sens de ne pas apprecier les responsabilités de chacun ? Doit on comprendre qu’on va pardonner une (enorme) faute sans jamais avoir cité les coupables ? Tjs prompt à livrer à la vindicte des erreurs d’echelle humaine, des fautes entrainant des catastrophes de niveau national ou international seraient absoutes sans meme avoir été dites… N’y a t il pas un biais à toute analyse de cette situation, d’ignorer les acteurs responsables de la crise ? N’est il pas normal également de sanctionner les acteurs fautifs à la hauteur de leur faute en ne laissant pas les seuls “dommages collateraux” payer la note ?

  3. Pour Bank of america, semble que le deal de dimanche n’ait pas boosté sa performance boursière. Hier -21 % ce qui porte la perf depuis un an à -46,85% suivant Les Echos.

  4. (en reponse a Bizz)

    DESIGNER ” LA MAIN VISIBLE DU MARCHE ” : UNE TENTATION ?

    Désigner des coupables ? Désigner des coupables, en l’état actuel de la crise, je crains fort que cela ne nous fasse courir le risque de ne plus affirmer les causes véritables de la débacle, et de s’éloigner des solutions, ce qui serait bien regrettable.

    …Un coupable ? Mais qui ?

    Désigner les dirigeants des banques ? Sans désigner les concepteurs des “prets rapaces”, subprimes, etc ? Sans désigner Greenspan qui a rendu possible ce systeme de dettes a tiroirs ?

    Mais désigner Alan Greenspan sans désigner ceux qui ont réalisé la dérégulation financiere ? Et qui est a l’origine de la dérégulation financiere ? Des penseurs ? Ses théoriciens particuliers ? Oui, certes. Tous ceux qui pensent que… ? Qui “croient” que…? Ceux qui suivent, aussi ? Des millions de personnes ?

    Qui est responsable de croyances telle que “la main invisible du marché” ? Qui est responsable de certaines de nos facons de penser le monde en vogue a l’heure actuelle ? Et puis… qui est responsable du laisser-faire qui engendre les dérives ? Un peu nous tous. Un peu personne. La culpabilité ici, n’a plus guere de sens. Nous entrons en terre de compréhension.

    La démarche obstinée de Paul Jorion : poser un juste diagnostic. Interroger la pensée qui accompagne les actes. Interroger la pensée qui accompagne aussi les non-actes. Tenter une prise de Conscience. La favoriser. Proposer des solutions. Et laisser la guillotine au grenier. Qu’elle rouille donc, satanée guillotine !

    Le diagnostic, s’il est posé, s’il est juste, contient en germe les solutions. Ces solutions, si elles sont justes, contiennent en germe des évolutions positives dans notre facon de voir le monde : une moins grande naiveté, une plus grande maturité dans ces processus qui nous ont échappé. Cette évolution-la, mentale, culturelle nous concerne tous. Les “plus-coupables-que-les-autres” ne sont que les acteurs actuels ( malins, mais jusqu’a un certain point seulement ) du monde de nos “croyances”, de notre imaginaire collectif, celui qui est interpellé par la Crise.

    Certes, ces acteurs financiers qui font la Une des journaux ces jours-ci incarnent actuellement “la main visible du marché”, la partie émergée de l’iceberg, prete a nous servir opportunément de punching-ball. La sanction calmerait-elle notre colere ? Nous permettant ainsi de faire l’économie d’une réflexion plus profonde et plus longue dans le temps.

    Dans une question aussi civilisationnelle que celle-ci, méfions-nous de notre élan premier (alimenté par notre besoin de justice), celui de désigner des coupables car cela pourrait revenir a faire accroire que “le systeme” est bon et que le changement des responsables devrait suffire.

    La gravité de la Crise requiert de nos intelligences autre chose que la loi du talion. Le besoin de justice doit céder le pas quelque peu… au besoin de justesse.
    BENOIT PERRIN. 16 SEPT. 2008

  5. Pourquoi ai-je cette affreuse impression qu’on est tout bonnement en train de demander à un violeur d’enfant de trouver le moyen de moins faire souffrir sa victime la prochaine fois qu’il passera à l’acte ?

  6. Il est clair qu’il faut remettre en cause la totalité du processus de titrisation. Je crois qu’aux Etats Unis quand on parle de la toxicité d’un médicament, on s’entend répondre “Montrez moi les morts”. La liste des défaillances pour 2008 de la FDIC représente trois fois la moyenne de ces dix dernières années. La liste de dévalorisation des banques de Paul Jorion ressemble à un futur faire-part de décès pour certaines. Le diagnostic est clair, mais il y a tellement de remèdes proposés dont on ne connait pas encore l’efficacité. Primum non nocere. Alors on attend le krach généralisé du système financier. Vous avez dit toxique ?

  7. Tous les Américains (retraités, salariés, actionnaires…) qui se sont fait escroquer par les rapaces de Wall Street ne toléreront aucune marque de faiblessse à l’encontre de cette racaille.

    La réaction des Américains sera trés violente envers les responsables. Et le gouvernement fédéral le sait parfaitement, il devra donc se plier à la vindicte populaire si il veut garder le contrôle.

    Rappelez vous de l’action puissante du gouverneur de New York, Eliot Spitzer. Ses amis attendent avec impatience la revanche du 2eme tour. Il sera d’ailleurs souhaitable que Wikipédia retrace correctement et précisément son action magistrale dans le nettoyage de la finance des années 90.
    Ca va saigner, je pense…

  8. @ Benoit

    Je ne suis pas d’accord de dire que quasi tout le monde est coupable dans cette histoire et certainement pas au même niveau de responsabilité. Celle-ci souvent vantée pour justifier des revenus exorbitants, doit s’accompagner des sanctions adaptées. On ne peut pas être assuré de gagner beaucoup et de ne pas perdre peu …

    Disons les choses clairement, je me lance dans qq idées :

    Les dirigeants des banques sont déjà responsables moralement de pratiquer des taux usuriers (c’est interdit en France et en Caroline du Nord selon un billet de ce blog) et particulièrement ceux qui ont contribué à empêcher que ces pratiques cessent, la Mortgage Bankers Association. La nuisance de ce lobbys peut aujourd’hui être mesurée à sa juste valeur. Doit-on la sanctionner ? Dur à dire quand on reconnait ce métier comme légitime auprès d’une démocratie. C’est un choix mais l’évidence même est que ce lobby devrait être dissous (et interdit d’exister dans ses objectifs) au même titre qu’un groupe est dissous s’il trouble l’ordre publique. Troublé l’ordre public à Wall Street ne serait pas sanctionné au même titre que dans la rue ?! Les dirigeants des banques qui assument une responsabilité justifiant l’intervention de l’Etat car le système mis en place repose sur elles doivent être rendre des comptes et par exemple être interdit d’exercer (dans le monde sportif, on donnerait une suspension à vie pour un comportement dangereux pour le jeu, pour les spectateurs).

    Je pense aussi à M. Greenspan qui après avoir clamé qu’il ne voyait que des petites bulles, a été embauché par des banques qui ont parié sur l’éclatement de cette crise ! S’il n’était pas propriétaire d’une entreprise, dans sa fonction et après même au vu de l’audience qu’il utilise (peut être rémunéré), ses déclarations sont de l’ordre du délit d’initié. Comment cette personne très informée pouvait-elle raconter de telles bêtises alors que des acteurs pertinents du marché annonçaient cette crise comme inéluctable. Le bon sens de leurs arguments pèse lourd face à un mensonge plus qu’à une incompétence. Bien entendu, il ne peut pas payer pour tout mais sa responsabilité est énorme, et l’ex PDG d’Enron a il me semble payé lourdement pour ses mensonges. Peut-on lui interdire de travailler dans la finance et de rémunérer ses conseils …

    Les hommes politiques c’est beaucoup plus dur sauf à considérer qu’ils ont été corrompus mais les lobbys étant autorisé, la corruption est beaucoup plus difficile à déceler.

    La liste n’est pas exhaustive mais ignorer ces acteurs au statut très privilégié serait scandaleux au vu des dégâts qu’ils ont fait et de la responsabilité sans commune mesure avec le reste des gens. C’est hallucinant de noyer la responsabilité à chacun donc à tous pour échapper à des sanctions. D’ailleurs qq soit le domaine, les lois ne sanctionnent jamais tout le monde mais seulement ceux qui se font prendre. C’est loin d’être anormal que certains (les plus importants acteurs) soient sanctionnés même si beaucoup d’autres devraient l’être aussi. Il est incroyable de faire appel à la puissance publique pour sauver ces banques et ne pas sanctionner ceux qui ont conduit à cette situation. Cela n’est il pas de l’assistanat public à ces grands acteurs que de les laisser travailler dans un domaine où ils ont nuit gravement à la société ?

    Une question annexe m’interpelle durant la crise actuelle. Qu’ont fait tous les acteurs importants de cette crise ? ont ils vendus tout ou partie de leurs actifs risqués en laissant croire que la crise était sous contrôle ?

  9. Nous sommes tous coupables et surtout les rentiers qui ont toujours voulu “le petit sou de plus” et aussi les pauvres puisqu’ils ont obtenus des prêts subprimes qu’ils se savaient incapables de rembourser.

    Ah les vilains que nous sommes qui avont poussé au crime de pauvres banques gérées par des salariés et des dirigeants avides de bonus, de grosses voitures et de petites pépées.

    Inutile, mes amis d’ergoter pour trouver le coupable.

    Le coupable, c’est la nature humaine profonde…greed…greed…greed

  10. D’où l’intéret d’une enquête comme celle d’Eliot Spitzer qui aboutit sur des preuves de délits et des interpellations.
    Reviens Eliot, et on te pardonne ta petite aventure hors mariage…

  11. @ sounion

    “Le coupable , c’est la nature humaine profonde…greed…greed…greed”

    Oui bien sûr, c’est tout le débat sur l’état de nature ou de culture.

    La Civilisation encadre, domestique la nature. Pendant les trente dernières années il y a eu un grand mouvement de régression vers le “prédateur sauvage” seigneur de la nature !
    Le retour vers la Civilisation s’impose.

  12. La nature humaine, déjà, j’avais du mal à me représenter ce que c’était, mais la nature humaine “profonde”, j’avoue que ça m’échappe. Ca a à voir avec le stade anal ?

  13. Rigolo ce qu’on entend dans ces commentaires.

    Des ceusses qui tout à coup craignent le retour de la guillotine… Des ceusses qui diluent les responsabilités sur l’ensemble de nos sociétés.

    Des ceussses qui accusent le système et des ceusses qui accusent les pauvres hères de s’être laissés prendre au piège.

    Bref: tous coupables, bouchers et moutons, publicitaires et lecteurs, politiciens, économistes, banquiers et petits épargnants …

    Bref, ceux qui tantôt étaient coupables de ne pas faire confiance, aujourd’hui seraient coupables d’exciter à la haine et risqueraient de nous faire passer à côté d’une réforme indispensable …

    greed…greed…greed INDEED !!! Sakhaline a raison: ca relève du stade anal, mais avec une composante petite bourgeoise vraiment greed…greed…greed …

  14. Je pense que la recherche des coupables devrait etre ordonnee malgre tout, apres et apres seulement la clarification du diagnostic dont Benoit parle.
    Sinon, alors tout est permis pour les puissants! (je considere le monde humain actuel comme une gigantesque ploutocratie)

  15. Joseph Stiglitz a dit ceci (voir sur ContreInfo)
    “Le refus de toute réglementation vue comme une entrave à l’innovation financière, la malhonnêteté des banques et des entreprises qui ont déployé des trésors d’ingéniosité pour contourner les règles existantes, voilà selon Joseph Stiglitz quelles sont les causes de cette crise, dont l’incompétence des responsables américains actuels rend l’issue toujours incertaine. Restera, quoi qu’il en soit, à régler la facture des errements de la finance, et c’est à la collectivité que cela va incomber.
    (…)
    Cela s’est fait au nom de l’innovation, et toute initiative de réglementation a été combattue en arguant qu’elle aurait pour résultat de mettre un terme à cette innovation. Certes, ils ont été novateurs, mais pas de la manière qui rend une économie plus forte. Certains, parmi les meilleurs et les plus brillants des USA, ont consacré leurs talents à tourner les normes et les règlements visant à assurer l’efficacité de l’économie et la sécurité du système bancaire. Malheureusement, leurs efforts ont été couronnés de succès, et nous allons tous – propriétaires, travailleurs, investisseurs, contribuables – en payer le prix.”

    Nous devrions donc sauver ces personnes forts brillantes qui ont fait faire ou défaire les lois à leur profit sans broncher ?!! quand on pense que certains petits voleurs font de la prison ferme pour voler de quoi manger, ceux la devraient prendre perpetuité ! On a raillé les prelevements (impots) qui etranglent les entreprises mais on fait payer les contribuables pour ces gens la…

  16. Si j’ai laisse entendre qu’il convenait d’opposer les sanctions (des escrocs) a la reforme (des regles, des mentalites), alors je me suis mal exprime.

    Ce que je veux dire : traduire les escrocs en justice, c’est bien, mais cela ne suffit pas. De meme que des “reformettes” ne suffiront pas. Il faut aller plus loin.

    Il me parait “juste” de mettre en lumiere les fondements qui ont permis ces escroqueries, et qui “permettront” a nouveau de futures catastrophes (de la, l’importance cruciale de faire le bon diagnostic). De nouvelles regles devront certainement etre instituees. De nouvelles pensees (conceptions) devront soutenir ces nouvelles regles. Il appartient a chacun d’entre nous d’y veiller, d’y contribuer. C’est peut-etre une opportunite historique.

    C’est en ce sens qu’il faut comprendre mon propos : “la colere ne suffit pas”. Je ne dis pas qu’elle n’est pas legitime, ni appropriee aux circonstances. Elle l’est, assurement. Je dis qu’elle appelle une suite, un prolongement, une reflexion. Et des changements.
    Cordialement.

  17. @benoit

    c’est plus clair ainsi car le discours des escrocs est bien celui d’apparaitre comme des victimes alors que dans la jungle qu’ils ont construite, leur sort aurait du etre reglé bien violemment ! Heureusement il reste des lois pour les proteger, quoique aux USA …
    Il est tres clair qu’il faut depasser l’analyse à chaud pour comprendre les raisons de cette crise et d’empecher qu’elle se reproduise. Et cela ne peut pas etre en considerant qu’on est pas allé assez loin dans les reformes comme on l’a entendu tres regulierement ! La reforme n’est pas une solution en soi, la reforme qui rectifie les disfonctionnement oui, pas celle qui les accentue … La rethorique mediatique du progres liberal a mené à cette grave crise, il convient de la démasquer. Les instruments mediatiques liberaux ont dissimulé la realité de la brutalité de ce type de société et il convient de les modifier… Dans un article de ContreInfo, l’ancien Sous Secrétaire au Trésor de Reagan, Paul Craig Roberts (y a t il plus liberal que Reagan?), dit notamment ceci “Les économistes ont mis en avant les gains de productivité des États-Unis, mais il n’y a pas de d’indication que l’augmentation de la productivité ait augmenté les revenus des ménages, ce qui signale qu’il y a un problème avec les statistiques sur la productivité.” Ces statistiques ne sont une partie des instruments mediatiques qui ont masqué le phenomene d’accaparement des revenus par une minorité telle qu’au debut du 20e siecle. Ces statistiques ont été le mensonge le plus gros à la population pour la rassurer de ne pas contester les politiques menées. Qui a dit propagande digne d’un etat sovietique ? 😉

  18. BREF…. Inutile d’épiloguer indéfiniment.
    Je résume : revenons à des choses simples, ” ON NE PEUT PAS FAIRE N’IMPORTE QUOI” ou ce que vous appelez avec vos grands “maux” la re-réglementation.

  19. Plus l’analyse sera precise plus la correction sera adaptée et bien proportionnée (à refuser de chercher Toutes les causes Profondes, on ne reglera pas le pb). Le curseur de la re-reglementation va etre à n’en point douter tres activement tiré d’un coté ou de l’autre et je ne crois pas qu’il sera dans l’exces du trop de reglementation ou alors cela voudrait dire un grand changement de mentalité de la part des decideurs… Est ce que l’exces de reglementation est un risque ? peut etre. Est ce que malgré tout ce risque de sur-reglementation fait peser autant de risques que la dereglementation des 30 dernieres années, je ne crois pas ! (sauf à idealiser le dieu croissance sans l’analyser dans ses fondements) Mais cela touchera inevitablement le metier phare des dernieres années, la finance internationale qui a sans doute pris une part trop grande dans le PIB de certains pays (comme les USA, dixit M. Paul Craig Roberts, ou l’Angleterre). Le fait que toutes les banques d’investissements-d’affaires soient en faillite, rachetées, fusionnées ou en voie de l’etre n’en est il pas le symbole ?

  20. Les Echos, Mercredi 17 septembre 2008

    La crise de trop ?

    IDEES ET DEBATS > LIVRES

    « Le débat », septembre-octobre 2008, n° 151, Gallimard, 192 pages, 16,50 euros.

    La thèse. Trois articles différents… trois articles convergents, dans ce dossier du « Débat » consacré à la tourmente financière. L’économiste Jean-Luc Gréau, qui s’est fait remarqué pour sa « Trahison des économistes » dernièrement, fait le diagnostic de la crise : une irresponsabilité massive des acteurs financiers, banques centrales en tête, en serait la cause. Il décortique les faits et montre notamment comment les dérivés de crédit démultiplient les risques qu’ils prétendent enrayer. La deuxième charge vient du consultant Pierre Charin, pour qui le parallèle avec 1929 est inévitable, sauf qu’ici le film est au ralenti. La suite de la crise ? Paul Jorion, lui, présente son scénario dit « pessimiste »: aucune leçon n’a jamais été tirée d’aucune des crises précédentes, qui peut donc dire que cette crise n’est pas celle de trop, celle qui fera basculer le capitalisme ?
    Le réquisitoire. Le consultant Pierre Charin reste timoré : la finance souffre d’« un certain corporatisme » en matière de risque, qui le rend imperméable aux savoirs d’autres professions. L’économiste Paul Jorion va plus loin et évoque une « censure » de l’origine véritable des crises et des connaissances des mécanismes par les investisseurs et dirigeants des entreprises.
    J.-M. C.

  21. Si on résume par qq qualificatifs…
    – irresponsable donc incompetent
    – borné (car non ouvert aux critiques exterieurs)
    – menteur et propagandiste (“censure”)

    C’est deja un beau profil !

    Si on ajoute malhonnete (Stigliz), peu avisé (Paul Craig Robert) …
    On peut continuer j’imagine à les accumuler … et ca serait l’elite de la planete qui nous aurait pondu un systeme pareil et qui nous dirait qu’il faut continuer ?!!

  22. Are you with us or with the terrorist?

    Je crains que certains l’ai dure de comprenure que toute cette crise est non seulement planifiée mais bien orchestrée.

    Dont un bon moyen de comprendre est d’aborder où ils veulent en arrivé

    1) si l’élimination de la classe moyenne est au programme
    2) pour ceux qui pensent qu’il faut plus réguler, hihhii pour mettre qui sous la coupe de qui?

    partie de la réponse ici

    http://www.womensgroup.org/

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