22 réflexions sur « Présidentielles US (4) – Un petit mot »

  1. Cher Paul ,
    je m’ associe de tout coeur a vous, dans l’ expression de cet espoir de changement, et dans l’ analyse que vous faites de cet événement historique.
    Bonne chance, et félicitations au nouveau Président des Etats Unis d’ Amérique, Barack Obama.

  2. Il n’y a pas de mots… La gorge est serree. Les yeux sont humides.

    Et puis… C’est rare (*) un perdant qui parle ainsi. Chapeau… Mister Mac Cain !
    Vos supporters avaient du mal a vous entendre, j’ai vu ca en direct sur BBC world en Thailande… alors respect, vraiment !
    Ici, les Thais pleuraient aussi. On s’embrassait.

    (*) En effet, pas de discours du genre : « restez mobilise, la prochaine fois, on les aura ! « 

  3. Derrière les flonflons du Melting Pot incarné par la nouvelle rock star, le Prince des Démocrates, l’Amérique entre dans une phase protectioniste qui pourrait la voir définitivement disparaître de la scène mondiale si les asiatiques se décidaient à se débarrasser de leurs T-bonds et les européens continentaux mettre en place une véritable Union Fédérale entre les principaux pays membres de l’UE, de l’eurozone et de la zone Schengen permettant ainsi à la Turquie de s’accrocher à l’Europe.

  4. Cher Paul,
    Merci pour vos propos.
    Je ne suis plus de prime jeunesse et ce qui me vient à l’esprit à cet instant ce sont les émeutes raciales à Birmingham (et bien d’autres endroits du sud profond des USA) au cours des années 60. C’était l’époque où la chanson « Strange fruit » de Billie Holiday résonnait lugubrement.
    Nous vivons un moment SYMBOLIQUE unique.
    Il faut garder foi en l’avenir, tout en sachant raison garder, tout ne sera pas rose demain, mais ne boudons pas notre plaisir en cet instant.
    Espérons que les Hayek, Friedmann et consorts seront progressivement relégués aux oubliettes de l’histoire.

  5. Dommage que la famille américaine en compagne de laquelle vous avez visité ce musée n’était pas blanche, d’un de ces pays sudistes acquis aux républicains quoi qu’il en soit, de préférence. Et mon propos ce n’est pas une provocation, mais de la curiosité. J’aimerais bien connaître le sentiment de ce type de familles quand à cet aspect de l’histoire des USA.

  6. Dans l’esprit du message de Paul.
    L’intelligence… de ne pas « savoir ».

     » L’ouverture de l’esprit comme méthode. »

    5 novembre 2008 — S’ouvre une période du “plus grand danger” pour le jugement. Notre esprit, notre perception, notre intuition vont être soumis à rude épreuve. Il nous faudra percevoir en même temps que reconnaître, appréhender en même temps que deviner le sens des événements.

    Comme l’on voit dans diverses nouvelles, les rumeurs et prévisions vont bon train, qui concernent des changements extraordinaires, dans tous les domaines et dans tous les sens. Qu’y a-t-il de durable, qu’y a-t-il de passager dans tout cela? Impossible de le savoir. Dans de telles conditions, il nous paraît essentiel d’avoir l’esprit ouvert, autant que les oreilles et le regard, d’autoriser à son esprit toutes les possibilités, sans restriction préjugée. Sans varier sur le fond du jugement sur la substance des choses, notamment sur la substance de ce système, il est nécessaire d’accepter l’idée que, dans cette période bien plus que dans aucune autre, des voies inattendues et extraordinaires peuvent être soudain empruntées, d’ailleurs par inadvertance ou sans en réaliser les conséquences.

    L’absence de cette ouverture de l’esprit est souvent due à une vision idéologique, à une trop grande part faite à une raison qu’on fait passer de son rôle d’outil sublime à une position de référence presque spirituelle qui devient terroriste et totalitaire; cette position intellectuelle conduit à refuser toute situation qui ne soit pas guidée par la raison, et, par conséquent, à observer toute situation du parti adverse comme maîtrisée par une raison subversive, sous forme de complot, de manœuvre, de piège et de chausse-trappe. Cela conduit au contre-sens et au sophisme, dont les conclusions qu’on tire de ces tromperies de l’analyse sont entièrement imprégnées.

    Un excellent exemple nous est donné par le site WSWS.org, dont nous avons souvent signalé la qualité des analyses, mais qui, particulièrement dans ces périodes de tension, cède aux aveuglements de l’idéologie et des préjugés que suscite cette forme de l’état de l’esprit : Dans un texte du 3 novembre. WSWS.org est guidé par la certitude que le parti démocrate US est totalement complice du système, qu’Obama est totalement manipulé par ce système et ainsi de suite. C’est peut-être ou sans doute vrai mais cela peut être faux également, et poser une telle affirmation comme théorème de toute analyse et toute réflexion renvoie effectivement à une pensée absolument prisonnière de l’idéologie (trotskiste, dans ce cas) qu’elle a épousée.

    Dedefensa.org
    http://www.dedefensa.org/article-l_ouverture_de_l_esprit_comme_methode_05_11_2008.html

  7. Obama ou l’Occident triomphant

    La pire chose qui pouvait arriver au politiquement correct

    Un peu partout dans le monde, les contempteurs de l’Occident se réjouissent ce matin de l’élection de Barack Obama. Altermondialistes, islamo-gauchistes, néo-guévaristes, révolutionnaires et autres non-alignés ont fiévreusement espéré cette victoire dont ils attendent un bouleversement majeur. Laissons-les à leur rêve éveillé : ils réaliseront bien assez tôt que le succès d’Obama pourrait marquer leur complète défaite idéologique.

    Son élection aura en effet pour conséquence immédiate de redonner aux valeurs occidentales une force sans précédent, n’en déplaise à tous les contestataires à poncho. Voici un fils d’Africain, d’extraction modeste, qui par son talent et son travail aura d’abord terrassé la dynastie des Clinton, lors des primaires démocrates, avant de triompher du candidat du Great Old Party. Son slogan – Yes We Can ! – a pu sembler furieusement américain ? Il résumait en fait le programme de civilisation occidental : individualisme, méritocratie, démocratie. A tous ceux, et ils sont hélas très nombreux, qui reprochent aux Occidentaux de vouloir exporter des valeurs qu’ils ne respectent pas chez eux, la réponse est cinglante. Dans la grande compétition des civilisations, la charge de la preuve s’en trouvera désormais inversée : que Chavez, Hu Jintao et autres Ahmadinejad édifient donc des sociétés où chacun, femmes comprises, puisse rêver un tel destin ! Car depuis ce 4 novembre, la démonstration a été faite qu’aux Etats-Unis, censément racistes et ploutocratiques, un métis issu de la lower middle class peut devenir Président – et que nos valeurs s’appliquent réellement à tous.

    Autre surprise prévisible : Obama à la Maison Blanche marquera non pas le ralentissement de l’américanisation de la planète, mais au contraire sa reprise – et probablement son accélération. L’état des lieux ne devrait pas nous tromper : c’est uniquement le leadership américain qui a été compromis par la présidence Bush, et non pas l’occidentalisation des peuples. Notre mode de vie (codes vestimentaires, alimentaires, culturels, etc.), comme nos principes (individualisme, habeas corpus, féminisme, etc.) n’ont jamais été autant désirés – leur acclimatation, en revanche, a été considérablement compliquée par le comportement de l’administration Bush. Il n’empêche : l’occidentalisation est un référendum, et un référendum quotidiennement gagné dans les esprits. Un verrou vient de sauter, qui freinait tout : l’antipathie. Le retour au multilatéralisme, la renonciation à la violence comme première option, le regret exprimé pour certains crimes (Guantanamo) ou mensonges (ADM en Irak) : autant de décisions annoncées par le nouveau président, qui contribueront à réconcilier le monde et l’Amérique. La tâche est immense, à en juger par l’impopularité des USA ? Soit. Mais l’attente aussi : si le monde vote Obama, c’est avant tout parce qu’il souhaite retrouver son leader, l’Amérique de Roosevelt et de Kennedy. De Caracas à Téhéran, il faudra s’y faire : dans le cœur des peuples, l’Amérique redevient aimable.

    Au sein de nos sociétés, la victoire d’Obama devrait également porter un coup fatal au politiquement correct. Tablons, tout d’abord, sur la fin du chantage racial quand vient l’heure d’une quelconque sélection. De la Star Academy à la Maison Blanche, on nous sert depuis quelques années la même sinistre blague : si le candidat au profil le plus éloigné de l’archétype “majoritaire” (blanc, chrétien) n’est pas choisi, alors le soupçon plane aussitôt – le “minoritaire” a été écarté par racisme. Oseront-ils l’élire ?, titrait ainsi cette semaine Courrier International. Comprenez : si Obama n’avait pas gagné hier, c’est que le racisme, une fois encore, aurait prévalu. Eh bien, avec la désignation d’Obama, métis et fils d’un musulman kenyan, à la plus haute fonction mondiale, ce chantage deviendra inopérant : on choisit son chanteur préféré, son gardien de but, son DRH ou son président en fonction de ce qu’il inspire. Point barre. Voilà qui rendra l’air plus respirable. Et encouragera les bosseurs plutôt que les geignards.

    Car il faudra se rendre à l’évidence et écouter enfin ce que Barack Obama ne cesse de proclamer : il n’est pas le candidat de l’affirmative action. Le jeune sénateur a été élu par la grâce de ses seuls mérites. Par la force de son seul acharnement. Et non à la faveur de quotas ou d’un quelconque favoritisme racial (il s’est du reste plu, tout au long de la campagne, à rappeler qu’il venait à peine de rembourser le crédit contracté jadis pour payer ses études). Le principe même de la discrimination « positive » devrait sérieusement en pâtir. On s’en félicitera, évidemment : d’une part, parce qu’elle discrimine certains individus en raison de leur origine (les Asiatiques et les Blancs, pour faire vite) ; d’autre part, parce qu’elle est humiliante pour les “minorités”, donc chaque diplômé ou dirigeant est désormais soupçonné d’avoir bénéficié d’une promotion ethnique ; enfin, parce que, ruinant le principe méritocratique, elle dévalue et méprise l’exemple des enfants de Vietnamiens, de Kabyles ou d’Indiens, qui ont prouvé que l’on pouvait parfaitement réussir avec un nom ou un visage “exotiques”. Si un “Noir” peut accéder au pouvoir suprême en Amérique, nul n’est besoin à Londres, Paris ou Miami de défavoriser certains étudiants ou employés au motif qu’ils auraient eu la fâcheuse idée de naître avec les yeux bridés ou les cheveux blonds. La présidence Obama est assurément la pire chose qui pouvait arriver au politiquement correct et à son cortège de généreuses idées réactionnaires.

    Pour finir, la victoire de Barack Obama devrait également redorer le blason de l’économie de marché – ou du libéralisme économique, ou du capitalisme, à votre guise… Une des contradictions majeures du gauchisme, tel qu’il est professé tant par les liberals qu’au NPA de Besancenot, tient en effet à la certitude que le capitalisme est un système “prêt à tout” et, dans le même temps, un système profondément raciste. Or, si le capitalisme est prêt à tout, cela signifie en bonne logique qu’il est également prêt à mettre un métis à la tête de la patrie du dollar. C’est ce qu’il vient de faire. Et pas par mégarde ! Dès les primaires, Obama a levé des fonds considérables, soutenus par des milliardaires tels Warren Buffet et Bill Gates ; une fois investi, la manne financière est devenue torrentielle, pulvérisant tous les records et reléguant loin, très loin, le candidat supposé du Capital, John McCain. La bible du business américain, le Wall Street Journal, comme celle de l’élite mondialisée, The Economist, ont apporté un soutien clair et net au démocrate, appelant les électeurs à en “faire le prochain leader du monde libre”. Telle est la réalité : indifférent à ses origines, séduits par ses capacités, le business et ses médias ont fait du métis Obama leur candidat. La boucle est ainsi bouclée : le système politique, culturel et économique occidental, que l’on disait en perdition, vient de trouver son champion. Croyez-moi, la surprise Obama ne fait que commencer.

    source:http://www.causeur.fr/obama-ou-l%e2%80%99occident-triomphant,1267

  8. @ causeur,

    votre belle démonstration aurait un intérêt si elle ouvrait un avenir à construire, plutôt que de refermer toute possibilité d’évolution dans une boucle.

    Ce que vous dites c’est que finalement les choses vont pouvoir repartir de plus belle. L’économie de marché et les valeurs de l’occident vont retrouver leur juste place. Ce que vous oubliez c’est que le politique ne se confond jamais totalement avec l’économique.
    Si Obama est en effet convaincu des vertus de l’économie de marché mais il est loin d’être dogmatique, et la donne économique et financière actuelle c’est une crise gravissime qui secoue les bases mêmes du capitalisme.

    Obama ne sera pas un champion, mais seulement un homme de bonne volonté, qui fera ce qu’il peut pour limiter la casse d’un système fêlé de toutes parts. Crise financière, économique, énergétique, sociale, écologique. Voilà les défis qui attendent le nouveau président des Etat-Unis. Et le monde est devenu multi-polaire. Le monde des affaires sera lui aussi dans la tourmente et devra composer avec la nouvelle donne.

    L’occident triomphant c’est terminé, ce que nous pouvons espérer de mieux c’est un occident inspiré.

    Je préfère l’attitude de Benoît, lucide et engagée, avec tous nos sens.

  9. je fais parfois de mauvais rêves, comme celui de voir un Président démocrate affronter des lobbies puissants, etc. La tâche sera plus que rude ; bon courage et surtout la baraka !

  10. Benoît, causeur et Pierre Yves D.

    Bravo aux trois! Vous avez très bien donné les réactions possibles. Voici bien cerné la « nouvelle donne » du jour, d’un jour (Nouvelle donne?? euh…). Je dirais simplement à Causeur que ce n’est pas Bill Clinton (ni même Reagan) qui vient d’être réélu, l’on est quinze ans plus tard.

    Et puis, il y a un autre « président du monde », sans doute plus déterminant que ce sympathique qui vient d’arriver, en plus son mandat est, en principe, plus long: c’est Ben Bernanke. Vu la date où nous sommes, dit ainsi, je conviens que c’est un peu vite concentré et « courcircuité ». Mais c’est la stricte réalité, et celle ci ne « lâche » jamais personne.

  11. A Sakhaline,

    Moi au contraire j’adore sa barbe qui s’harmonise tellement bien avec la douceur de sa voix.

    Merci infiniment Paul pour votre Blog, il est d’une rare élégance.

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