20 réflexions sur « Le temps qu’il fait, 12 décembre 2008 »

  1. Cette affaire Madoff est époustouflante.

    Comment la plus vieille escroquerie du monde, ou presque, a-t-elle pu fonctionner à de telles vertigineuses hauteurs financières ? Fallait-il, pour qu’il en soit ainsi, de la part d’investisseurs que l’on peut supposer aguerris, pour qu’une telle confiance soit accordée à un homme certes du sérail mais justifiant d’une mystérieuse martingale, que tout ceci soit simplement dans l’ordre normal et habituel des choses de la finance ? Le secret qui entourait les opérations, le montant colossal des investissements, les plus-values qui étaient dégagées, l’absence d’un minimum de garanties… ? Le risque avait disparu, il ne restait plus que les gains. L’ordre des choses, donc.

    C’est en réalité le même système qui a rendu vraisemblable l’escroquerie et puis l’a fait dérailler. Lorsque les investisseurs inquiets en raison de la crise financière ont voulu retirer leurs capitaux, ou bien parce que personne ne mettait à nouveau au pot permettant la relance de cette poursuite infernale.

    Sans appel.

  2. ex-nihilo ?

    en somme cette affaire Madoff ça ne serait pas de la monnaie qui retourne au néans d’où elle n’aurait pas dû sortir ?

  3. @ syl
    Non, comme on l’a lu ce sont les entrants qui paient les bénéfices des sortants, comme dans les systèmes pyramidaux. Dans un marché haussier ça marche super, mais quand ça baisse il faut payer les sortants qui réclament leur dû alors que personne n’entre. Alors les masques tombent et on se rend compte que tout l’édifice tient sur quelques dizaines de millions de $. Ce sont des joueurs de poker, le problème est que les mises sont les capitaux qui doivent nourrir l’économie…

  4. Cette affaire Madoff correspond à un schéma pyramidal propre aux sectes tout comme les fameuses subprimes ou un grand nombre de produits financiers spéculatifs fondant leur activité sur l’espoir de la foi. Que les mathématiques soient devenues la rhétorique d’appoint à ce processus interroge sur la capacité des mathématiciens à établir l’autocritique de leurs formalismes.

    Que pourrait en dire Gregory Perelman si il n’avait laissé tomber les maths ?

  5. Réalité ou interprétation d’un curieux.Comme dirait Paul Jorion : »Tout le monde regarde la meme chose que moi, mais tout le monde n’y voit pas la meme chose « .
    La fenetre ou le haut de la porte-fenetre est devant Paul Jorion assis , légerement sur sa droite. L’affiche derrière l’auteur avec « Souvenir G….. ».On dirait un facteur avec une vareuse à boutons et des sabots en bois genre Flandres ou Pays-Bas .Après avoir appuyé une dizaine de fois sur »Play », la vidéo démarre.

  6. @ jacques

    Oui, je sais : il aurait fallu soustraire les reconnaissances de dettes auxquelles on souscrit soi-même. C’est un de ces cas où on se fait un peu l’avocat du diable : que voulez-vous, il me fallait une analogie avec M1.

    A l’arrière-plan, c’est Robby le Robot de La planète interdite.

  7. La réalité échappe toujours aux modèles mathématiques, cité dans la vidéo du dessus. Malheureusement le sympathique commentateur, aux allures de Godard, de cette vidéo pose une question triviale puisque les mathématiques ne collent que partiellement à la réalité et que dans des cas évidents concrets liés à la technologie existante qui pourtant ont influé malgré leurs limites prédictives. Une certitude locale suffit à montrer la force d’influence d’un modèle mais certainement pas un pouvoir prévisionnel global. C’est un peu tout le problème des intensités de puissance de Deleuze qui se déploient. Les puissances sont borgnes alors qu’on en attend naïvement de la clairvoyance en raison de leur puissance. Les physiciens s’interrogent beaucoup sur la localité des lois alors qu’originellement la physique se vouait à l’universel des lois matérielles.
    Seules les observations nous procurent le sentiment du prévisible dans un un univers continu.

  8. Le New York Times publie plusieurs articles sur l’affaire Madoff. Le plus incroyable dans cette affaire, au délà des montants en jeu, c’est qu’il ne s’agissait pas d’une grosse boîte anonyme ou d’un escroc de passage mais d’une affaire familiale dirigée par un type unanimement respecté et que cela faisait 30 ou 40 ans que des familles et des institutions avaient investi leur patrimoine chez lui en toute confiance. Elle le connaissaient personnellement. Il avait réussi à tisser de très nombreux liens personnels avec tous ces gens. Il vivait parmi eux. Il était l’un d’eux. C’était également un philanthrope qui soutenait la recherche sur le cancer et la leucémie et qui contribuait aux hôpitaux, aux écoles, aux musées. En d’autres termes, il n’a pas seulement détourné de l’argent comme un vulgaire filou. Il a trompé son entourage pendant des dizaines d’années et a construit sa vie sur un énorme mensonge, un peu comme ce Jean-Claude Romand qui avait réussi à faire croire à ses proches qu’il était médecin et a fini par assassiner sa famille lorsque celle-ci a découvert le pot aux roses.

  9. Je ne vais vraiment pas pleurer sur le sort de ceux qui ont été grugés par Madoff. Au contraire, dans la mesure où il ne s’agit pas de petits épargnants, je dirais « bien fait pour eux » ! Madoff, le nouveau Robin Hood ?

  10. @ Paul Jorion,

    Vous avez parfaitement raison, la science a déraillé. Elle s’est approprié la vérité pour en faire un pouvoir, comme le faisaient les religions avant elle. La science ne devrait pas avoir vocation à dire la vérité mais à la chercher, ce qui est très différent : elle ne procède pas par affirmation mais par réfutation. Un autre problème de la science est qu’elle a vendu son langage et son label aux charlatans de la pub et de la communication ce qui a valorisé leur message un certain temps mais au final, cela risque surtout de décrédibiliser complètement la science elle-même.

    Mais que voulez-vous, le pouvoir corrompt et les scientifiques sont des hommes comme les autres.

    En ce qui concerne cette affaire de réalité/vérité et de la pertinence de la science pour appréhender le réel, il y a un article de vulgarisation du logicien Jean-Louis Krivine qui apporte une idée originale pour expliquer pourquoi la science appréhende si bien la réalité. Si j’ai bien compris, mais peut-être qui je procède ici à un raccourci, la science appréhende si bien la réalité car en fait elle modélise les processus mentaux qui nous permettent d’appréhender la réalité. Le cerveau humain produit une copie théorique de ses fonctions cognitives essentielles, celles qui font l’interface entre le monde et la pensée. La science ne modélise pas le monde mais notre perception du monde. Ces deux fonctions, modélisation et perception sont réalisées avec le même outil, notre cerveau.

  11. http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?news=6186600

    … je suis assez heureuse ce soir de lire 🙂

    « Des investisseurs parmi les plus riches et puissants de la planète ont été les victimes de la gigantesque fraude pyramidale organisée par Bernard Madoff, un célèbre gérant de New York arrêté jeudi par le FBI, affirme le Wall Street Journal samedi.

    De Tokyo à l’Europe en passant par les Etats-Unis, ces clients –des établissements bancaires, des fonds d’investissements et des fortunes personnelles–, font actuellement leurs comptes pour évaluer les pertes sur les fonds confiés au conseiller en investissement de Wall Street et ancien PDG de la Bourse Nasdaq, indique le quotidien.

    Selon le Wall Street Journal, des banques comme BNP Paribas en France, Nomura Holdings à Tokyo et Neue Privat Bank à Zurich seraient exposées.

    En Espagne, des investisseurs, dont le fonds Optimal-Santander, seraient exposés pour « plus de trois milliards de dollars » à la fraude du gérant new-yorkais, affirment samedi plusieurs journaux espagnols.

    En Suisse, les banquiers de la place financière de Genève pourraient perdre jusqu’à cinq milliards de dollars dans la fraude, indique samedi le quotidien suisse Le Temps.

    « Plusieurs estimations recueillies par Le Temps laissent à penser qu’au moins cinq milliards sont à risque » à Genève, explique le journal qui a contacté un certain nombre d’institutions de la ville au bord du Léman.

    Aux Etats-Unis, parmi la longue liste de clients individuels victimes de l’escroquerie, figure le propriétaire de l’équipe de baseball des New York Mets Fred Wilpon et l’ancien propriétaire de l’équipe de football américain de Philadelphie, the Philadelphia Eagles, Norman Braman, selon le Wall Street Journal. »

    A mon avis, lundi, la bourse risque d’être de méchante humeur… jusqu’où va t’elle descendre?

  12. J’ai déjà souvent évoqué la « cavalerie » ou « pyramide ». Dans L’implosion (Fayard 2008), j’ai expliqué au premier chapitre comment l’ensemble de l’industrie du prêt hypothécaire américain fonctionnait selon ce principe. Ce dont on s’apercevra au fil des mois, c’est qu’il s’agissait de la forme commune dans la finance.

    Dans Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte 2007), j’expliquais ceci :

    Les embrouilles dites « de cavalerie » constituent des processus de « rétroaction positive » où ce sont les apports en numéraire des nouvelles recrues, qui autorisent les paiements substantiels consentis aux participants plus anciens. Quand la source des nouveaux entrants se tarit, le processus s’interrompt. Pour maintenir une cavalerie, il faut donc pouvoir assurer un recrutement constant. Pour remplir cette condition, il faut pouvoir présenter aux nouveaux candidats, deux choses : d’une part, des exemples de participants ayant fait fortune, d’autre part, une théorie qui explique les plus-values observées en termes d’un processus « solide » de création de valeur, plutôt que l’explication de son mécanisme réel, à savoir le transfert des quotes-parts des nouvelles recrues aux participants plus anciens.

    Les Américains appellent les processus de cavalerie Ponzi scheme , du nom d’un certain Carlo Ponzi qui fut à l’origine de la cavalerie la plus spectaculaire de l’histoire américaine. En huit mois, de 1919 à 1920, Ponzi recruta à Boston plus de dix mille participants dans sa combine ; il récolta près de 10 millions de dollars de l’époque dont 7,8 millions furent redistribués entre les participants. Il expliqua sa stratégie dans une lettre au New York Times datée du 30 juillet 1920 : « J’écrivis à un correspondant en Espagne à propos du magazine en question et je reçus en réponse un Coupon Postal International qu’il me fallait échanger contre des timbres américains qui me permettraient de lui faire parvenir un exemplaire de la publication. Acheté en Espagne, le coupon valait à peu près l’équivalent d’un cent en monnaie américaine mais ici, je reçus en échange du coupon, des timbres pour un montant de six cents. Je m’enquis alors du taux de change dans d’autres pays. Je commençai par en échanger de faibles quantités. La formule fonctionnait sans problème. Le premier mois, 1.000 dollars se transformèrent ainsi en 15.000. J’invitai des amis à se joindre aux opérations. Pour commencer, j’acceptai des dépôts sur mon titre, payables à quatre-vingt-dix jours, avec versement de 150 dollars par 100 dollars déposés. Bien que promis à quatre-vingt-dix jours, j’effectuai les paiements à quarante-cinq jours » (pp. 199-200).

    Madoff en Alfred E. Neuman de Mad Magazine dans le Wall Street Journal


    © Wall Street Journal

  13. Autre sacré farceur qu’on soumet à nos yeux ébahis : Bernard Madoff. Il vaudrait je pense une analyse à lui tout seul avec ses 50 milliards de fonds évaporés dans une cavalerie financière. De grands banques du monde entier ont été flouées et là il avoue, ou plutôt on découvre le pot aux roses, alors que depuis des années et sans discontinuer il assurait des retours sur investissement faramineux. Bouc émissaire ? Arbre qui cache la forêt ? Le feuilleton de la crise semble parfois tiré d’un assez mauvais scénario…Qu’en pensez-vous ?

    http://www.lepoint.fr/actualites-economie/bernard-madoff-ancien-patron-du-nasdaq-accuse-d-une-gigantesque/916/0/299530

    Précision : son cv mentionne tout de même : ancien patron du Nasdaq…

    De là à ce qu’on apprenne que Bloomberg lui-même…Mais restons calmes, nous on a Tapie et il va très bien !

    Son avocat, M. Sorkin, est un ancien procureur et un ancien responsable de la SEC, l’agence de surveillance de la bourse américaine…C’est comme si Sarkozy devenait l’avocat de Ben Laden en gros. C’est possible, une gestion incestueuse à ce point-là ?

    http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aVzCdm.m0txc&refer=home

    http://finance.blog.lemonde.fr/2008/12/14/50-milliards-la-plus-grosse-fraude-de-wall-street-2/

  14. Oh oh ! J’ai un regard vraiment extérieur, ayant arrêté depuis longtemps, et je trouve que ça sent le règlement de compte entre scientifiques-mathématiques et philosophes-scientifiques…
    J’en parlais encore hier avec un ami originaire du Zimbabwe et il me disait à peu près ceci :
    « Mon frère, je comprends le conflit qui existe dans ta tête présentement ! Tu dois prendre le temps de le résoudre et n’oublie pas que patience est mère de sûreté. Que ta science ou ta philosophie, ou les deux puisqu’au final elles te représentent toi mon frère, soient en partie ou totalement responsables de l’état de mon pays et de nombreux autres de par le monde ne doit pas perturber ton raisonnement ni te pousser à des conclusions trop hâtives. Prends ton temps que j’te dis ! En attendant le résultat de ta réflexion on trouvera toujours à s’occuper : on plantera des graines transgéniques (je compte sur toi, tu me diras si c’était bien de les planter, quand tu auras le temps), on massacrera quelques tribus voisines avec nos coupe-coupe de destruction massive (si tu leur as fourni des famas, lance-roquettes ou autres chars blindés, je t’en prie, pense à me le dire) et surtout on continuera d’éponger notre dette, ça occupe ! »

    Et me voilà donc regonflé à bloc ! Allez-y, je vous suis dans la réflexion ! J’espère même que des spécialistes de la ‘Pataphysique* nous rejoindrons, pour cette quête du bonheur de l’humanité…

    * ‘Pataphysique : La pataphysique est la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité. Entre autres.

  15. Oui y a quelque chose de ça: sauf que la philosophie n’est rien de littéraire ou de scientifique. Elle est le discours qui cherche à clarifier le statut/ la valeur de vérité des prémisses et des conclusions que chaque disciplines prétend pouvoir tirer. Leur remise en question perpétuelle, voire leur fin de non recevoir dirons nous. Elle a aussi son objet d’étude spécial.
    Ex: « l’écriture est écrite en langage mathématique »
    Ex: « Dieu habite le cerveau droit »
    Ex: « Il est prouvé qu’il existe quelque chose de tel qu’un « appareil psychique », des « pulsions », des instances… »
    Ex: « le prix juste est fixé par le seul jeu de l’offre et de la demande »
    etc etc…
    Le problème c’est la diffusion de croyances de ce type, qui essaiment partout, et qui soit décrédibilisent la science, soit influencent de manière indue la façon dont les gens finissent par se comprendre eux-même (c’est un scientifique reconnu qui le dit donc c’est prouvé donc c’est vrai…), ce qui n’est pas dépourvu de conséquences politiques. Alors qu’en fait y a rien de prouvé du tout, évidemment.
    Locke disait: « je fais de la philosophie pour ne pas être dominé ».
    Et Nietsche: « celui qui ne sait pas ou est le mensonge ne sait pas non plus ou est la vérité »
    C’est anti-classique comme formulation, mais à l’heure de la démocratie de masse c’est la meilleure raison qu’on puisse donner aux gens pour en faire. Évidemment réfléchir n’a RIEN à voir avec ce qu’on nous apprend au lycée…

    L’Europe essaie de se sauver elle-même, avant de sauver l’Afrique. Les relations internationales, ce n’est pas bambiland. C’est manger ou être mangé, un rapport de force entre puissances. C’est triste, mais le premier qui se hasarde à lever le drapeau blanc est éliminé sans pitié… par ceux là même qui appelaient à la paix. Ceci n’empêche pas qu’il y ait des guerres justes. Par ailleurs ton ami sait bien que le Salut de l’Afrique passe par un soutien de l’Europe. Tout seul que peut-il faire? Pourquoi nous demande t-il à nous d’agir si ce n’est parce qu’il ne peut pas le faire lui-même? Pourquoi les africains achètent t-ils des armes? Pourquoi les africains acceptent t-ils de planter des OGM? Quand l’Europe se sera sauvée elle sera en mesure d’agir dans le sens des intérêts de ces peuples. Pas avant. Ceci requière une remise à plat d’un certain nombre de choses, et cette remise à plat requière en particulier des discussions serrées dans lesquelles on coupe les cheveux en quatre.

  16. Décidemment, dans cette affaire Madoff, au vu de ses développements, on peut s’interroger sur ce qui est de l’ordre de l’escroquerie et sur ce qui ne l’est pas mais pourrait également en être qualifiée. Sur ce qui est – et sera, à ne pas en douter – pénalement répréhensible et sur ce qui restera impuni.

    De par sa durée, les montants en jeu, par la qualité des investisseurs qui sont aujourd’hui floués, l’inaboutissement des enquêtes qui auraient du y mettre fin, ou encore l’épuisement des rumeurs et des alertes qui avaient surgies, peut-on encore réellement parler simplement d’escroquerie ? Pour dénoncer un escroc face à ses victimes ? Faisant de Bernard L. Madoff un simple « crook » et, dirons probablement certains, un bouc émissaire tout trouvé ?

    Nous étions dans un monde normal de gens biens et de biens. La confiance régnait. Les choses allaient comme il se doit, l’argent appelait l’argent selon cette mécanique bien rodée et profitable. Que rien finalement ne semblait différencier des autres, si ce n’est la personnalité attachante de son gestionnaire. C’est de cela qu’il est aussi question et qui ne sera pas jugé.

    Le FBI s’interroge, d’après la presse américaine, sur les complicités ou complaisances dont ce dernier aurait bu bénéficier. Le risque est fort que cette enquête n’aboutisse pas. Bernard L. Madoff a commis l’imprudence d’être du mauvais côté de la loi, c’est ce qui sera naturellement retenu. Ce n’est pourtant pas l’essentiel.

    S’il n’avait pas été rattrapé par la crise actuelle, combien de temps encore aurait-il probablement pu poursuivre son entreprise qui ne faisait de victimes que si elle s’interrompait ?

  17. @ Antoine,

    Je vous cite :
    « Ex: “l’écriture est écrite en langage mathématique”
    Ex: “Dieu habite le cerveau droit”
    Ex: “Il est prouvé qu’il existe quelque chose de tel qu’un “appareil psychique”, des “pulsions”, des instances…”
    Ex: “le prix juste est fixé par le seul jeu de l’offre et de la demande”
    etc etc…
    Le problème c’est la diffusion de croyances de ce type, qui essaiment partout, et qui soit décrédibilisent la science, soit influencent de manière indue la façon dont les gens finissent par se comprendre eux-même (c’est un scientifique reconnu* qui le dit donc c’est prouvé donc c’est vrai…), ce qui n’est pas dépourvu de conséquences politiques. Alors qu’en fait y a rien de prouvé du tout, évidemment. »

    Voici d’autres exemples si vous me permettez :

    « L’Europe essaie de se sauver elle-même, avant de sauver l’Afrique.
    Les relations internationales, ce n’est pas bambiland. C’est manger ou être mangé, un rapport de force entre puissances.
    C’est triste, mais le premier qui se hasarde à lever le drapeau blanc est éliminé sans pitié… par ceux là même qui appelaient à la paix.
    Ceci n’empêche pas qu’il y ait des guerres justes.
    Le Salut de l’Afrique passe par un soutien de l’Europe. Tout seul que peut-il faire? Pourquoi nous demande t-il à nous d’agir si ce n’est parce qu’il ne peut pas le faire lui-même? Pourquoi les africains achètent t-ils des armes? Pourquoi les africains acceptent t-ils de planter des OGM?
    Quand l’Europe se sera sauvée elle sera en mesure d’agir dans le sens des intérêts de ces peuples. Pas avant. »

    Je ne comprends pas ! A moins que ce ne soit un degré d’humour que je ne comprenne pas !?
    Si non, qu’appelez-vous racisme ?

    *Comme Locke, ou Nietzsche ?

  18. Les embrouilles dites « de cavalerie » constituent des processus de « rétroaction positive » où ce sont les apports en numéraire des nouvelles recrues, qui autorisent les paiements substantiels consentis aux participants plus anciens. Quand la source des nouveaux entrants se tarit, le processus s’interrompt. Pour maintenir une cavalerie, il faut donc pouvoir assurer un recrutement constant. Pour remplir cette condition, il faut pouvoir présenter aux nouveaux candidats, deux choses : d’une part, des exemples de participants ayant fait fortune, d’autre part, une théorie qui explique les plus-values observées en termes d’un processus « solide » de création de valeur, plutôt que l’explication de son mécanisme réel, à savoir le transfert des quotes-parts des nouvelles recrues aux participants plus anciens.

    Tiens… Ça alors… C’est marrant, mais ça me fait penser à la définition même de notre merveilleux système de retraites par répartition…

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