Un sacré farceur !

On pensera ce qu’on voudra du président Bush mais ce n’est pas un flemmard. D’autres que lui mettraient la pédale douce en fin de règne, pas lui !

Jeudi : il modifie les règles relatives à la définition des espèces menacées ; l’opinion des scientifiques aura moins de poids qu’auparavant et les règles ne pourront pas être invoquées pour combattre le réchauffement climatique.

Vendredi : il approuve une mesure qui autorise les compagnies minières de déverser leurs déchets à moins de trente mètres d’une rivière « s’il n’y a pas moyen de faire autrement ». La nouvelle réglementation prend effet le 12 janvier, une semaine avant la passation de pouvoir à la nouvelle administration.

Bush, sacré farceur !

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26 réflexions sur « Un sacré farceur ! »

  1. On peut résumer ça à ignorer les risques, si les conséquences doivent être payées par d’autres – un sentiment de déjà vue… 🙁

  2. Les Etats-Unis devraient songer à écourter la période qui séparent les élections (celle des grands électeurs, puis celle du président) de l’entrée en fonction.

  3. Les USA ont déjà écourté la période qui sépare l’élection du président de sa prise de fonction. C’était pendant la grande dépression après l’intronisation de F.D.Roosevelt. L’histoire ne se répète pas de manière identique, mais il y a des analogies, qui sait, cette fois on le fera pour dans 4 ans, lorsqu’on sera en plein dans la deuxième grande dépression 🙂
    Oui bon pas drôle.

    Sacré G.W.Bush, j’ai toujours dis qu’il a raté une grande carrière de comique. Avec toutes ses petites phrases, ses gags, ses ratés, ses photos délires (j’adore particulièrement celle où il a une tête d’ahuri alors qu’il tient un bébé qui pleure comme s’il était terrorisé), on pourrait en faire un bêtisier inoubliable à sortir en DVD. Ca serait presque drôle si ce n’était pas dramatique d’avoir eu un tel personnage à la présidence pendant 8 ans.

    Sacré Georges, on va presque le regretter. Allez fait nous un dernier baroud d’honneur et sauve GM et Chrysler de la faillite avant la fin de l’année, cadeau de noel empoisonné aux futures générations 🙂

  4. Il me semble qu’une forte majorité a bien choisi Bush il y a 4 ans : c’est bien qu’ils en voulaient comme Président et ils n’ont même pas eu l’excuse de « je ne savais pas » … n’avons-nous pas les dirigeants que nous méritons ?

  5. J’ai quand même une autre idée.
    Bush sait très bien qu’Obama pourrait, dès sa prise de pouvoir, annuler ces mesures.
    Il va être intéressant de voir s’il le fait ou non, et dans ce cas nous serions en droit de penser que c’est avec l’accord d’Obama que Bush aura pris ces décisions pour qu’Obama n’ait pas à le faire .
    En fait, je n’ai pas plus confiance dans les uns que dans les autres!

  6. @ Sophie

    quand vous dites « n’avons-nous pas les dirigeants que nous méritons ? » il faudrait poser la question aux Soudanais,
    Nord -Coréens, Tibétains, ….., mais je pense que vous faîtes erreur car même dans une « démocratie » nous avons les dirigeants que les médias choisissent pour nous.

  7. Affaire Madoff, 50 milliards de dollars engloutis dans une pyramide par l’ancien patron du NASDAQ, affaire Dreier, 380 millions volés par un avocat d’affaires new yorkais, le sénateur Blagojevich est un tout petit petit joueur 🙂

    Vous trouvez tout ça en une du New York Times. Ce qu’on n’ose penser, c’est qu’ils ne servent que de boucs émissaires, non, non, on n’ose pas y penser.

  8. Hedge funds: une série de scandales récents

    Plusieurs escroqueries à grande échelle ont défrayé la chronique.
    Myret Zaki
    • 9 décembre 2008: Arrestation, à Manhattan, de Marc Dreier, fondateur de l’étude d’avocats Dreier LLP, pour avoir levé 113 millions de dollars auprès de hedge funds, qui étaient les clients de son étude, en leur promettant des investissements fictifs dans l’immobilier.

    • 6 octobre 2008:Thomas Petters, fondateur de la firme de hedge funds Petters Co. de Minneapolis, est arrêté par le FBI. Il est accusé d’avoir monté une fraude à très grande échelle, estimée à plus de 3 milliards de dollars, basée sur la stratégie asset based lending.

    • 14 avril 2008:Samuel Israel, cofondateur du hedge fund Bayou Group, basé dans le Connecticut, est condamné aux Etats-Unis à 20 ans de prison après avoir volé à ses clients 400 millions de dollars.

    • 29 novembre 2007:Yannis Bilquez, fondateur d’Avendis Capital, société de gestion alternative basée à Genève et à Londres, est incarcéré à Genève, après avoir détourné la moitié des avoirs d’un de ses fonds pour recapitaliser son autre hedge fund en difficulté.

    source : le Temps (de Genève)

  9. @sophie et @chris : Intéressant débat que celui de savoir qui est responsable en définitive des « dirigeants que nous avons ».

    Je dois avouer que je pencherais a priori pour la solution de Sophie. Au fond, on a déjà vu les peuples se débarrasser de dictatures ou d’occupants étrangers, notamment par la voie de la non-coopération. Un pouvoir ne peut s’installer et perdurer qu’avec un solide socle de collaboration.
    Mais en même temps, je dois admettre qu’il serait énormément plus facile aux français, américains ou allemands d’appliquer ce principe qu’aux soudanais ou nord-coréens… 🙁

    Imaginons donc de ne l’appliquer qu’aux peuples qui peuvent choisir démocratiquement leurs autorités. Si je prends le cas de la France, où les sélectionnés pour la grande finale présidentielle l’ont été avant tout par la voie médiatique qui s’est imposée avant les désignations à l’intérieur des partis, j’ai l’impression a priori que ce sont en effet les médias, ou des appareils de parti et lobbys économiques, qui font l’élection plus que la population. Mais alors, je pose la « question qui tue » : pourquoi les français seraient-ils donc obligés de suivre comme des moutons ? Aucune obligation ! Ils ont donc bien choisis et sont responsables du choix de leurs dirigeants.
    Et c’est rigoureusement pareil à mon sens pour les américains, qui ont eu choisi Bush après un temps d’essai de 4 ans !

    Je vis personnellement dans un pays où les citoyens ont potentiellement le contrôle de l’ensemble du système politique : la constitution ne peut pas être modifiée sans passer par un référendum populaire, et c’est pareil pour les accords internationaux qui affectent le niveau constitutionnel du droit, des propositions d’amendement constitutionnel doivent être soumises à référendum si 2 % de l’électorat le demande, un référendum peut être demandé par 1 % de l’électorat sur les lois votées et il en va de même pour les accords internationaux qui affectent le niveau légal. Les autorités sont élues à tous les niveaux. Au niveaux des parties du tout fédéral de ce petit pays, il est même possible d’organiser des référendums financiers et budgétaires. Bref, en théorie, tout est sous contrôle ou peut être mis sous contrôle de l’électorat. On est, en théorie, aussi loin que possible du modèle nord-coréen.

    Mais la population se plaint tout de même qu’ils « font ce qu’ils veulent » ! Les dirigeants et les lois ne satisfont pas forcément l’intérêt collectif. Je ne suis donc pas sûr que cette question puisse être tranchée par le biais du degré de liberté ou de droits des peuples en question. Si ce petit peuple souhaitait réellement prendre en main son destin et désigner/contrôler ses dirigeants, ses institutions lui en donneraient les moyens. Il ne le fait pas… comme la plupart des autres… (ou à peine un peu plus).

  10. @Chris

    Les régimes soudanais, nord coréens… ne tiennent que par le contrôle de l’armée. Et que je sache, l’armée est composée de citoyens soudanais, coréens. L’argument trouve toutefois ses limites quand le pouvoir remplace le système éducatif par une propagande dès le plus jeune âge. Mais aux US, que je sache, tel n’est pas le cas.

  11. Non seulement un peuple a les dirigeants qu’il mérite, mais il a aussi le régime qu’il mérite. Ni les dirigeants ni les régimes ne tombent du ciel.

  12. Bush n’est pas le seul! Lawrence Summers nommé directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche par Barack obama a déclaré en décembre 1991, alors qu’il était économiste en chef de la Banque mondiale :
    « « Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico. Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays moins avancés. Une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. […] L’inquiétude [à propos des agents toxiques] sera de toute évidence beaucoup plus élevée dans un pays où les gens vivent assez longtemps pour attraper le cancer que dans un pays où la mortalité infantile est de 200 pour 1 000 à cinq ans. »
    Source: The Economist (8 février 1992) et The Financial Times (10 février 1992).

  13. Mr Summers parle avec la raison occidentale qui ne pense qu’avec des chiffres ou des mots, jamais avec des personnes. C’est imparable. Tous nous sommes dans le piège. Dès que nous disons, « c’est logique » nous sommes dans le piège.
    On peut avoir raison logiquement, mais pas forcément éthiquement, socialement etc… Tous ces grands du monde quelque soit le domaine sont pour moi de grands malades, psychopates, névrosés, pervers, psychotiques etc …..
    Il vaudrait mieux les soigner que voter pour eux. Mais comme nous avons tous les prémisses des mêmes maladies en nous, il est facile de tomber dans la fascination pour ces grands malades. C’est ce que font les peuples, se reconnaissant
    dans ces grands malades et leur demandant de faire ce que leur équilibre mental ne leur fait pas faire.

  14. Tiens, à propos du farceur, il vient de se ramasser une paire de godasses à la figure que lui a jeté un journaliste irakien qui apparemment ne trouvait pas qu’il avait fait du bon boulot dans son pays. Inutile de dire que le journaliste a été emporté manu malitari et passera sans doute un mauvais quart d’heure avant d’aller à dans une sinistre prison.

  15. Dani dit : « Mais alors, je pose la “question qui tue” : pourquoi les français seraient-ils donc obligés de suivre comme des moutons ? »
    Peut-être parceque nous sommes des moutons…

    Antoine dit : « Les régimes soudanais, nord coréens… ne tiennent que par le contrôle de l’armée. Et que je sache, l’armée est composée de citoyens soudanais, coréens. L’argument trouve toutefois ses limites quand le pouvoir remplace le système éducatif par une propagande dès le plus jeune âge. Mais aux US, que je sache, tel n’est pas le cas. »
    Aux USA je ne sais pas non plus, désolé, mais en France si, la propagande existe bel et bien ! Mais c’est justement la qualité première de toute bonne propagande que de ne pas être visible de ceux à qui elle s’adresse…

  16. @ Dani

    Lorsqu’on sait qu’en France

    – 40% de la population regarde les informations sur TF1 qui appartient à Martin Bouygues,
    – qu’un grand nombre de médias appartiennent à des groupes qui fabriquent aussi de l’armement,
    – que la plupart des médias ne peuvent survivre sans les apports de la publicité et que la crise économique guette aussi les grands groupes de presse à cause du détournement des lecteurs vers internet et de l’apprauvrissement de la classe moyenne.
    – que lors des dernières élections présidentielles, de très nombreuses villes ont mis en place des machines à voter dont on peut douter de la fiabilité des résultats puisqu’aucun contrôle n’est possible, secret industriel oblige,

    Alors permettez moi de remettre très sérieusement en question la démocratie dans nos systèmes occidentaux.
    Le déni de démocratie en Europe est tellement flagrant pour qui veut ouvrir les yeux, et le seul pouvoir d’élire nos députés européens ne veut plus rien dire dans la mesure où les décisions, les vraies, sont prises par la commission européenne, et surtout les textes sont préparés par les lobbies des grands groupes.

    Autrement dit notre pouvoir de vote de ce côté là se réduit à pas grand chose.

    Par contre, nous avons des contre-pouvoirs comme celui de ne pas aller dans les super-marchés pour acheter de la nourriture frelatée.
    La propagande incitent les plus pauvres à venir y acheter toujours moins chers des produits qui a force d’être moins chers ne peuvent qu’être produits à moindre coût salarial, environnemental, et/ou délocalisé et/ou fabriqués à base d’ingrédients qu’on a du mal à imaginer.

    A titre d’exemple : savez-vous de quoi sont composés les fameux « cordons bleus » ceux dont les petits raffolent ?

    Base viande : 55% qui comprend : blanquette de dinde : 39,5%, émulsion de peau de dinde : 33,5%, protéines végétales réhydratées + saumure : 27%
    Fromage : 10%
    Jambon de dinde : 10% (dinde, stabilisant E450, E451, gélifiant E407, conservateur E250, antioxygène E316)
    Enrobage 25% (pâte à frire, chapelure).

    Je trouve criminel de laisser les cuisiniers de la restauration collective continuer à acheter de tel produits par ignorance ou par facilité et à les servir à des enfants en formation qui surtout seront l’avenir de demain et d’après-demain, s’il est encore possible qu’il existe.

    J’estime qu’il est très important de mettre en oeuvre son libre-arbitre et de se mettre en marche partout autour de soi pour faire émerger les alternatives qui existent déjà et que les médias ont rendu totalement invisibles ou bien teinté d’une folie douce.

  17. @Mary: tiens, pour aller dans votre sens, vous oubliez même de parler des référendum qui ne donnent pas les résultats attendus par les puissants et qui donc
    – sont soit contournés (cas de la France)
    – sont reproduits jusqu’à obtenir du peuple la réponse escomptée (cas futur de l’Irlande et du Danemark).

    D’ailleurs, les référendum ont très mauvaise presse auprès de nos « représentants » et ils préfèrent les éviter autant que possible. Un non-choix entre deux candidats aux programmes identiques, ok, mais une réponse à laquelle il faut répondre oui ou non, c’est plus embêtant.

  18. @Mary : en fait, je suis bien d’accord avec vous sur l’analyse des limites présentes de la démocratie.

    Ce que je souhaitais faire apparaître, c’est que le problème ne se trouve peut-être pas dans les institutions uniquement. Voyez-vous, je suis suisse et nous avons assurément les institutions les plus développées sur le plan de la démocratie formelle (à nous seuls, nous organisons plus de référendums que le reste de la planète !), et malgré cela, je fais le même genre de constats que vous…
    Bon, la télé chez nous est publique, mais nous avons de palettes de journaux idiots, dont les gratuits et les partis politiques sont largement achetés par des lobbys. Je ne suis pas convaincu que notre système démocratique permette en soi une démocratie réelle, mais s’il peut y contribuer.
    La vrai question est donc bien là : pourquoi une telle masse de gens préfère regarder TF1, acceptent d’acheter des journaux possédés par les entreprises d’armement, ne s’oppose pas activement aux manipulations du vote et aux machines à voter, etc. ? (et ce même quand leurs droits politiques formels sont étendus – cf. mon intervention détaillée plus haut…

    Au fond, la démocratie est-elle une conquête réelle, mais pour l’instant inaboutie, ou est-ce une magnifique illusion octroyée par des puissants qui se dépêcheraient de la confisquer si nous nous avisions de réellement en faire usage ? 😉

    (Je précise que je n’ai jamais su trancher cette question…)

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