L’Écho, samedi 20 décembre

Pour les Belges : un long entretien avec Sylvestre Sbille intitulé « Ces financiers qui espèrent toujours s’en sortir par un effet de loterie », en page 38.

« SUBIR CONSCIENT N’EST PLUS SUBIR »

Entretien avec Paul Jorion

Nous sommes familiers de ces pseudos documentaires ethnographiques qui, au lieu de prendre comme objet d’étude une tribu éloignée, prétendent s’intéresser à l’homme moderne. On l’observe dans son habitat naturel (la Grande Ville), on décrit la parade amoureuse (le mâle essaie de faire rire la femelle, laquelle mise son succès sur sa garde-robe), on se penche sur son activité principale, son travail (qui consiste à s’enfermer dans un lieu clos en haut d’une tour et à tapoter sur des touches en plastique, sans toutefois produire la moindre musique…).

Le décalage créé par ce procédé de mise en scène est riche, drôle, éclairant à plus d’un titre. C’est ce que nous propose Paul Jorion, économiste belge résidant en Californie. Cet ancien chargé de cours d’anthropologie à l’Université de Cambridge a gardé l’œil acéré de l’ethnologue pour ausculter la tribu à laquelle il appartient : l’homo modernus occidentalis. La trilogie qu’il nous propose (voir encadré) constitue plus qu’une analyse ponctuelle de la crise économique (menaçante au tome 1, avérée au 2, et déferlante au 3). Sous la lorgnette économique, cette trilogie propose en réalité un véritable portrait de notre époque.

Jorion observe sans dénoncer. Il constate. Il note. Il épingle. Il déduit. Avec la systématique et la rigueur d’un anthropologue à l’affût du réseau de faits et de gestes qui tout à coup prendra sens, il appréhende dans sa globalité le moment charnière de l’Histoire que nous sommes en train de vivre. Et il nous livre le résultat sans les fioritures habituelles de ceux qui ont découvert un concept intéressant qu’il leur faut gonfler pour faire un livre vendable. Ici c’est touffu, complet, argumenté, documenté. Et donc crédible. Trop crédible parfois. Car dans le contexte impitoyable d’une économie débridée la vérité nue est souvent d’une simplicité qui glace. Et les conclusions obligatoires semblent empreintes d’un cynisme assumé. « Ce n’est pas moi le cynique, répond Jorion. C’est le contexte. »

Dans l’interview qui suit nous n’avons pas demandé à l’économiste de développer des théories complexes, gourmandes en espace et en temps. Au contraire, il a accepté de nous répondre avec des mots et des concepts simples, en suivant la ligne claire de ses livres, dont on peut comprendre les subtilités sans avoir soutenu une thèse de doctorat. Des livres qui constituent en somme d’excellents cadeaux de Noël, pour ceux qui ne veulent pas seulement subir la crise. Mais aussi la comprendre.

PERSPECTIVES D’AVENIR

Est-ce que le gros de la crise est passé ? La partie visible de la crise est à venir ?

C’est la finance qui a été touchée. On va voir maintenant quelles sont les retombées dans l’économie. Ce que les gens vont vivre. Ce qui va faire mal. Quand les banquiers perdent des sous, ça touche un très petit nombre, ce sont souvent des gens riches, ça ne touche donc pas la vie quotidienne du plus grand nombre.

Quels sont les effets que le citoyen lambda va constater dans les mois qui viennent, d’abord aux Etats-Unis, et puis en Europe ?

On sait depuis quelques jours qu’aux Etats-Unis il y a plus d’un demi million d’emplois qui ont été perdus en un seul mois (novembre). Et quand ça se passe aux Etats-Unis, en général ça se passe 6 mois plus tard en Europe. Le chômage va monter en flèche.

LE KRACH

En 2007 et même assez longtemps en 2008, les Etats-Unis, ne voulaient pas entendre parler de crise, alors qu’en Europe on se posait déjà des questions très sérieuses. On a l’impression, a posteriori, que les Etats-Unis ont intensifié leur crise, qui est devenue la nôtre, en chaussant des œillères…

D’abord il y a les optimistes de tempérament… Même aujourd’hui on en rencontre encore beaucoup. Et puis il y a ceux qui ont intérêt à ne pas attirer l’attention. Pendant ce temps-là, évidemment, ils sont en train d’agir dans leur intérêt personnel.

Un autre facteur : les rares qui ont dit que ça allait aller très mal n’étaient pas des économistes reconnus. C’était des gens qui avaient une vision plus globale que les économistes, qui eux sont aujourd’hui hyper spécialisés. Ils n’ont pas vu arriver la crise, de bonne foi. Les seuls qui pouvaient voir arriver la vague, c’était ceux dont l’attention était focalisée sur le secteur de l’immobilier résidentiel américain.

C’est votre double formation d’anthropologue et d’économiste qui vous permet de voir des cycles plus larges ?

Sans doute. Mais j’étais aussi devenu ingénieur financier au cœur du système. Entre 2005 et 2007 j’ai travaillé pour Countrywide, la plus grande entreprise au monde de prêts hypothécaires. Je faisais partie des acteurs qui étaient au front. Et j’avais gardé en même temps un regard qui englobait l’ensemble, « the big picture ». Mais je n’étais pas le seul : tous mes collègues de l’époque étaient conscients du fait que ça allait aller très, très mal.

LES SUBPRIMES

Quels étaient les signes avant-coureurs ?

Il y avait toute une série de paramètres. Par exemple, il était interdit de contracter un prêt hypothécaire pour plus de 80% de la valeur de la maison. Soit. Mais pour ceux qui voulaient emprunter 100%, on complétait au moment même de l’achat avec une autre compagnie, ça n’apparaissait pas dans les actes. Ce prêt « secondaire », j’ai vite compris qu’il n’était pas aussi bien garanti que le premier…Si le prix des maisons venait à baisser, il ne serait pas possible aux banques de le récupérer. C’est le genre de combine que tout le monde se permet quand tout va bien. Les régulateurs étaient au courant, évidemment, mais ils laissaient passer. J’ai dénoncé ça, au sein de l’entreprise : c’était non seulement illégal mais aussi extrêmement risqué. Un autre facteur, c’était que mieux ça marchait, moins on était regardant sur les prêts qu’on faisait aux gens. Personne ne voulait voir que ça allait se tarir plus vite, qu’on manquerait de candidats et donc que le prix des maisons allait s’arrêter de grimper brusquement. Car dans un schéma de pyramide, il faut constamment de nouveaux participants. Un autre problème c’était la dissémination du produit. Comme ça marchait bien, tout le monde en vendait. Ça créait de bombes à retardement partout. Non seulement dans toutes les banques, mais aussi à l’extérieur, dans des pays comme la Chine, la Corée, le Japon, qui étaient de grands acheteurs des obligations massives émises après avoir consolidé en un seul produit tous ces crédits personnels.

Tout cela fait penser à la très célèbre citation de Boulding : « Pour croire qu’une expansion infinie est possible dans un monde fini, il faut être soit fou, soit économiste »… Est-ce qu’on était vraiment aussi naïf que cela ?

Imaginez une voiture qui aurait été conçue sans freins. Il n’y a pas de mécanisme auto-régulateur au sein d’une entreprise. Elle est incapable de s’adapter aux circonstances. Elle ne peut que grossir…On observe ça dans le système clanique, en Afrique : l’organisation des clans fait qu’ils ne peuvent pas diminuer de taille. Ils sont condamnés à la division : une partie va s’installer ailleurs. Ce n’est possible que dans un milieu très vaste. Quand il y a une très grande densité de population, comme dans certaines zones du Rwanda ou de Somalie, l’émigration et le partage sont beaucoup plus difficiles, et on a vu ce que ça provoque : l’explosion de la violence.

S’il n’y avait pas eu ce degré dans la spéculation – c’est-à-dire non seulement l’attente d’une plus-value de l’immobilier résidentiel américain, mais aussi la même attente sur les obligations émises sur cette plus-value – est-ce que la crise des subprimes aurait été mieux gérable ?

Mais ce n’est pas tout ! Il y a aussi l’élément comptable. La titrisation permet d’enregistrer un gain immédiat, selon les normes comptables américaines, je traduis un terme technique : «le bénéfice apparent immédiat du futur». C’est donc là un truc utilisé par le monde de la banque pour gonfler les chiffres trimestriellement. Ça fait monter le prix de l’action. Les actionnaires ont un plus gros dividende, ils sont très contents, et les dirigeants de l’entreprise ont de belles « stock options ». Une vraie machine à faire de l’argent. Le mot que les gens oubliaient de prendre en considération c’était le mot « futur » : cet argent était enregistré comme bien immédiat par la firme.

Quand on prend un peu de recul, on croirait voir un esprit machiavélique derrière cette superposition de degrés spéculatifs : les prêts, l’obligation à partir des prêts, le bénéfice « prévu mais enregistré » pour l’organisme bancaire, la publicité faite autour de ce bénéfice qui fait monter l’action, et enfin les stock options qui gonflent… Toutes ces étapes créent un degré d’abstraction vertigineux…

L’argent est déjà une abstraction, une abstraction de la matière…Ou du travail. Il faut donc être prudent. Mais on est prêt à oublier tout cela quand on reçoit un bon paquet de stock options à la fin de l’année. Moi j’ai tiré la sonnette d’alarme plusieurs fois, mais ces gens-là n’avaient pas envie de m’entendre. Et en septembre 2007 quand Countrywide a commencé à licencier, je me suis naturellement retrouvé dans la première vague.

Depuis, vous avez à nouveau tirer la sonnette d’alarme, au travers de vos livres. Est-ce qu’il y a beaucoup de personnes dans votre entourage qui ont pu « sauver les meubles » ?

Bizarrement non! Même les fidèles de mon site (www.pauljorion.com/blog) m’ont confié avoir eu le tort de ne pas suivre. Mes théories leur paraissaient alléchantes mais pas au point d’en tirer des décisions pratiques. Aujourd’hui, beaucoup semblent le regretter !

AH SI J’AVAIS UN FRANC CINQUANTE… (air connu)

Question théorique : qu’auriez-vous fait si vous aviez eu à titre personnel disons 100.000€ en valeurs boursières en juillet 2008 ?

Le raisonnable d’un point de vue financier : mettre cet argent sur une valeur qui montait précisément parce que l’immobilier américain s’écrasait. Le genre de mouvements qui allaient accélérer la crise !

Mais même si j’avais eu cet argent-là, c’est le genre de chose que je ne m’autorise pas à faire, moralement.

Il y avait des coups à jouer…pour ceux qui avaient vu venir les choses… Investir de façon cynique sur des valeurs qui allaient marcher peu de temps…et spéculer sur une baisse généralisée.

Exactement. Certains ne s’en sont pas privé.

Même question, cette fois pour un compatriote belge, qui aurait 100.000€ en bourse aujourd’hui. Que doit-il en faire ?

Il peut les placer sur le fait que ça ira encore plus mal…

Sérieusement ?

Il y a toujours moyen de gagner. Il pourrait placer son argent dans l’industrie de l’armement, en se disant que la plupart du temps les crises se résolvent par des guerres… Je pourrais sortir beaucoup d’âneries comme celle-là…Ce n’est pas que mon raisonnement serait faux, au contraire. Mais ce n’est clairement pas le conseil que je donnerais à la personne de chair et de sang installée face à moi.

Vous voulez dire que la réponse logique à cette question, pour être exacte en terme d’économie pure, est obligatoirement cynique d’un point de vue moral…

Oui. C’est une réponse exacte, mais immorale.

POUR UNE CONSTITUTION DE L’ECONOMIE

A ce propos, où en est votre proposition de Constitution de l’Economie, à écrire sur le modèle des Constitutions politiques, qui proposerait des garde-fous moraux à l’économie, qui est la seule activité humaine qui échappe à une moralisation de sa pratique par des lois et par l’exercice de la Justice…

Je crois que la raison pour laquelle on tolère un tel état de fait, c’est simplement parce que les gens ne gagnent pas autant d’argent que ce qu’ils voudraient… Ils espèrent tous en sortir d’une manière ou d’une autre par un effet de loterie, alors que pourtant certains sont critiques par rapport au système. Mais c’est plus fort qu’eux : les gens aiment l’idée que tout le monde puisse devenir millionnaire en un jour par une espèce d’accident. Notre système entretient ce rêve fondateur. Et donc on tolère le système.

Est-ce qu’il faudra que chacun ait souffert de la crise, parfois dans sa chair, pour que l’on se pose collectivement la question « est-ce que le jeu en vaut la chandelle » ?

Il viendra un moment, et ça arrive à cause des crises, un moment collectif de réappréciation.. Un moment où les gens disent « le bénéfice possible est trop faible par rapport à l’appauvrissement général que le système produit ». Dans les années 1780 en France il y a eu une sorte de pourrissement généralisé. Quelque chose qui paraissait tolérable ne l’était plus. Et on a fini par adopter un tout autre principe – liberté, égalité, fraternité – à la place du système de royauté en place depuis très longtemps. A un moment on change de principe général. Parce qu’il est devenu intolérable. Cela dit, la violence n’est pas toujours obligatoire. Pour la Révolution, c’est le roi qui a mis le changement sur ce ton, en appelant les Autrichiens à envahir la France, alors que les idées de Voltaire et de Rousseau étaient en train de passer doucement dans l’ensemble de la population.

1929

On est un peu à court d’images, de métaphores, pour comprendre ou faire comprendre ce qui se passe…

Une image forte, c’est 1929. Souvent on me demande : « Est-ce que ça va être comme en 29 ? » Je dois leur dire qu’on est parti pour quelque chose de beaucoup plus sérieux que ça. A l’époque la bourse était le reflet d’une certaine réalité physique. Ce qui est beaucoup moins le cas aujourd’hui. Les effets sont démultipliés. Souvent c’est quand je dis que ça va être pire qu’en 29 qu’on me censure ! (Rires)

Pensez-vous que ce sera moins douloureux à vivre pour ceux qui se seront préparés psychologiquement, notamment en lisant vos livres ?

Peut-être. Il faut choisir entre subir en commençant à comprendre, et subir tout court.

Une note optimiste ?

La crise est une époque passionnante à vivre. Tout est à réinventer.

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17 réflexions au sujet de « L’Écho, samedi 20 décembre »

  1. Paul, que pensez vous de cette analyse? Je suis d’accord avec tout sauf sur la parité euro/dollar. Je pense que c’est l’inverse qui pourrait arriver, un euro pour 2 dollars.

    Saxo Bank: un avenir apocalyptique 15:16 20/12/08

    STRATEGIE. La banque en ligne prévoit une baisse de 50% des actions et un pétrole à 25 dollars.

    Emmanuel Garessus, Zurich, jeudi 18 décembre 2008

    David Karsbol, chef économiste de Saxo Bank, a l’avantage d’avoir été très baissier sur les actions avant leur plongeon. Il y a un an, ses prévisions d’une chute de 25% des actions américaines se sont même révélées un peu trop optimistes.

    Chef économiste de la banque en ligne créée en 1992, qui a racheté la Banque Synthesis en septembre 2007, il ne se range pas parmi les baissiers professionnels dans la lignée de Marc Faber. «Depuis 2003 nous étions très sceptiques en l’absence du nettoyage général qu’aurait nécessité l’éclatement de la bulle Internet», déclare-t-il dans une interview au Temps: «Une baisse des taux d’intérêt ne résout aucun problème. Elle aggrave la crise. Dans un environnement où le taux d’épargne est nul, comme aux Etats-Unis, c’est une situation qui ne peut finir qu’avec des pleurs.»

    Croissance zéro en Chine

    L’économiste en chef, basé à Copenhague, siège du groupe Saxo Bank, sort complètement du consensus actuel. C’est même un scénario apocalyptique qu’il avance: l’indice S & P 500 va chuter de près de 50% à 500 points en raison de la baisse des bénéfices, du krach immobilier et de la hausse du coût du capital. L’indice des matières premières va plonger de 25% et le pétrole descendre à 25 dollars le baril. La conjoncture va encore se détériorer. Le PIB va reculer de 2% dans l’eurozone. La Chine connaîtra une croissance zéro de son PIB. L’euro tombera à 0,95 contre le dollar en raison de l’exposition des banques européennes à l’Europe de l’Est et en réaction aux tensions intereuropéennes.

    Trop pessimiste? «C’est la pire crise depuis la grande dépression des années 1930. Et selon certaines mesures, c’est deux fois pire», explique David Karsbol. Il s’appuie sur les ratios d’endettement des Etats-Unis pour justifier l’anticipation d’une détérioration de la situation. «La dette américaine, en relation avec le PIB, est double de celle de 1929», dit-il. En outre, la situation n’est pas limitée à un pays, mais la crise de la dette est globale. «Tous les pays ont baissé les taux d’intérêt bien trop bas, bien trop longtemps.»

    L’économiste ne nie pas l’existence d’une coopération entre les principaux gouvernements, par exemple au sein du G20. Mais il réfute l’interprétation qui en a été faite. «Il faudrait laisser les entreprises faire faillite si elles n’ont pas les bons produits ou sont surendettées. On aggrave finalement la situation avec les mesures d’intervention», selon David Karsbol. L’économiste rappelle que l’éclatement de la bulle de 1929 aurait dû conduire à une récession. Ce n’est qu’avec l’intervention de l’Etat qu’elle s’est transformée en dépression. «Aujourd’hui, peu de politiciens s’expriment en faveur d’un retour au protectionnisme et du relèvement des droits de douane. Mais Barack Obama a promis l’introduction de strictes exigences environnementales et sociales. De facto, c’est une limite au commerce avec les Etats-Unis. Elle équivaut à l’imposition de tarifs douaniers», selon l’économiste. «Les politiciens européens sont aussi très favorables à ces obstacles permettant d’être à l’abri des exportations chinoises ou indiennes», conclut-il.

    L’économiste rejette aussi l’idée du maintien en vie artificielle de General Motors par l’Etat. «La demande automobile a été réduite de moitié en très peu de temps. Il n’y a aucune raison en faveur d’un sauvetage. Ces entreprises ont été incapables de s’adapter, au contraire de BMW ou Volkswagen

  2. Et pourtant, je me permets de redonner la prévision d’Alan Greenspan : une récession s’achevant fin 2009. Quel intérêt aurait ce monsieur à mentir ? Tout cela est plus que troublant.

  3. Les autorités politiques et économiques naviguent à vue. A l’heure actuelle plus personne ne peut exactement prédire ce qui pourrait exactement se passer. Même ceux qui avaient le mieux anticipé la crise n’avaient sans doute pas imaginé pour la plupart que l’onde de choc serait aussi violente.
    Plusieurs scénario se dessinent actuellement, plusieurs futurs possibles.

    Une des rares choses dont on puisse être certain c’est que les autorités américaines, et la réserve fédérale américaine en premier, ne laisseront pas les différentes entités économiques du pays manquer de liquidité cette fois. Et ce bon vieux Ben Bernanke, qui est soit disant un éminent spécialiste de la grande dépression des années 1930, qui a été justement ou injustement surnommé « Helicopter » Ben suite à un commentaire répété exagéré amplifié et déformé au sujet du largage de billet par hélicoptère, ce bon vieux Ben pourrait très bien nous faire (lu dans sur un site américain, mais mort de rire enfin rire jaune quand même) un remake d’Apocalypse Now, version Redux director cut par lui-même, un genre d’Apocalypse Fed où on verrait la cavalerie aéroportée larguée des tonnes de dollars sur le fond musical de la chevauchée de walkyries. On ne sait pas qui va reprendre le rôle du lieutenant Kilgore avec qui sait une parodie de sa célèbre tirade du genre : « I love the smell of Dollar in the morning. You know, one time we had a New York’s street bombed, for 12 hours. When it was all over, I walked up. We didn’t find one of ’em, not one stinkin’ dink banker’s body. The smell, you know that green paper ink smell, the whole (wall ?) street. Smelled like… victory. Someday this depression’s gonna end…

    J’aurais été à la place d’Obama, j’aurais viré tous ces anciens, la vieille garde de conseillers des administrations Bush et encore plus celle de Clinton. Et j’aurais engagé tout de suite des pointures comme « Dr Doom » Nouriel Roubini et biensur notre Paul Jorion 🙂 Un peu de european and french touch, encore que Paul vous auriez dû déjà commencer par leur expliquer et leur montrer où sont la Belgique et la France sur un atlas 🙂

    Attention Paul, si ca continue, vous allez recevoir ou devoir prendre un surnom, Paul « surnom » Jorion. Bon, trêve de plaisanterie et d’humour, continuer à faire ce que vous faite si bien c’est à dire la vérité et les choses telles qu’elles sont

  4. Re bonjour M. Jorion,
    Le conseil que je donnerais à ceux qui ont 100 000€ devant eux, c’est d’investir dans la terre, cultiver son potager, developper son indépendance énergétique notament éléctrique, amménager tous les combles de sa maison. c’est simple et efficace et rassurant pour sa famille, de plus on peut le faire dans la joie, l’aventure c’est exitant. Quand à la guerre, vous avez raison, mais cette « solution » serait un cauchemard pour nous tous.

  5. @ Lacrise

    je suppose que votre citation de Greenspan disant que la « récession » s’achèvera en 2009, c’est de l’humour.
    La seule indication qu’il donne pour sortir de la crise c’est que le marché des actions reparte, car l’actuel serait plombé par la peur. Pour lui le TARP (plan Paulson) va agir. Assez incroyable ce degré d’aveuglement aux mécanismes de l’économie globale. Toujours les yeux rivés sur le marché, le marché, toujours le marché ! Et pas le marché des bien physiques, mais celui des capitaux !

    Greenspan, auditionné au Congrès, acculé à faire son autocritique, avait pourtant fini par lâcher : « il a peut-être une faille dans le système capitaliste ». Mais des décennies de croyance dans les vertus du libéralisme ne s’effacent pas du jour au lendemain. Chassez le naturel il revient au galop. Il n’est pas au bout de ses désillusions. Ou alors c’est un déni — au sens freudien — de la réalité !

    Aucune économie n’est jamais sortie d’une grave récession (dépression sans doute ) économique en un an !!
    Partout se developpe le chômage technique, de grosses firmes licencient ou s’apprêtent à le faire, massivement, ce sont à chaque fois des milliers, des dizaines de milliers d’emplois qui sautent. Avec les effets induits tout aussi considérables en termes de pouvoir d’achat …etc.
    Bref, la citation de Greenspan me semble totalement incongrue, surréaliste !
    Sont-ils nombreux aux USA ceux qui pensent comme lui ? DIfficile de le croire.

    QUant à David Karsbol que cite 1analyste, c’est un âne pour ce qui est des solutions qu’il préconise.
    Il dit : « Aujourd’hui, peu de politiciens s’expriment en faveur d’un retour au protectionnisme et du relèvement des droits de douane. Mais Barack Obama a promis l’introduction de strictes exigences environnementales et sociales.  »
    Et de dire que si la crise va se transformer en dépression c’est parce que l’Etat intervient trop, a trop d’exigence sociales et environnementales. Son analyse est purement libérale, basée sur l’idée que le système s’autorégule avec la crise.
    A l’unission avec Greenspan, mais cette fois sur un ton apocalyptique, il voit dans le seul marché laissé à lui-même, le salut.

    En économiste borné il est incapable de voir qu’une économie ce n’est pas seulement des marchés. Il y a aussi des travailleurs, des valeurs — extra monétaires — autour desquelles s’articulent l’économie et qui donnet le vrai visage de l’économie. Jusqu’à aujourd’hui c’était la mise en concurence exacerbée des systèmes sociaux et économiques, avec pour conséquence un le darwinisme social. La lutte de tous contre tous. Avec la crise, ces valeurs s’effondrent en partie. C’est maintenant l’écologie, les normes sociales avantageuses pour le plus grand nombre, et donc un rédution des disparités sociales qui sont à l’ordre du jour, même si beaucoup de politiques ne l’ont pas encore compris. Obama ne résoudra pas la crise en 1 an, mais il va dans la bonne direction car l’économie américaine va s’engager avec lui (si bien entendu il n’y a pas un effondrement total de l’économie) vers une nouvelle définition de l’américan way of life. Des critères jusqu’ici pas ou peu pris en compte vont devenir déterminants. UN certain protectionisme sera forcément non pas la conséquence mais le préalable de la nouvelle économie qui se dessinera peu à peu.

  6. Bonjour et merci pour avoir diffusé cette intéressante interview.
    Sans être économistes, beaucoup de gens avaient compris depuis longtemps qu’il n’y avait rien de mieux que le livret A pour placer ses économies (en plus, ça finance le logement social), et que l’argent n’est jamais aussi bien utilisé que lorsqu’il sert à se procurer des choses dont on a besoin (domicile, véhicule, local professionnel…).
    Le problème vient peut être du fait qu’on a laissé des gens s’enrichir à un point tel que la plus grande partie de leur argent ne leur est plus d’aucune utilité, puisqu’ils ont déjà satisfait tous leurs besoins vitaux, et même au delà…
    Résultat: ils font des conneries avec (ou certains intermédiaires font des conneries avec) et menacent les finances publiques des Etats qui doivent réparer les dégats.
    La solution par l’impôt ?
    Ou alors: au dela d’un certain niveau de revenu, l’argent serait automatiquement placé sur des fonds d’Etat qui financeraient les secteurs stratégiques de l’économie, les infrastructures et les transports, le logement social, la santé, l’aide au développement, la recherche…
    Autre remarque: le discours dominant laisse croire qu’il n’y a aucun lien entre l’enrichissement de quelques uns et la destruction de notre système de protection sociale, le chômage, le travail précaire, la compression des salaires. Télévision, cinema nous font sans cesse revivre le mythe de la « réussite individuelle ».
    Il est pourtant important que ce lien entre le capital (aujourd’hui volatile, insaisissable, financiarisé) et le travail soit fait, car cela seul permettra aux populations de remettre en cause l’ordre établi.

    En 1945, le Conseil Nationale de la Résistance avait prsenté en ces termes les motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945 instituant la sécurité sociale. C’est toujours un plaisir de lire ce texte:

    (…)La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances, il
    disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des
    conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle
    répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain, de cette
    incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d’infériorité et qui est la base réelle et
    profonde de la distinction des classes entre les possédants sûrs d’eux-mêmes et de leur avenir et
    les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère. La réalisation d’un tel but est
    subordonnée à un ensemble complexe de mesures qui engagent toute la politique économique et
    sociale du pays : mesures économiques tendant à éviter les crises en assurant un équilibre
    permanent des activités, organisation de l’emploi assurant à chacun des possibilités de travail,
    garanties des salariés contre l’arbitraire des embauchages et des congédiements, politique des
    salaires fournissant à chaque travailleur des moyens suffisants d’existence, politique de lutte contre
    la maladie et de prévention des accidents du travail.
    Mais même en supposant qu’à tous ces points de vue une organisation aussi parfaite que possible
    ait été réalisée, il demeure des circonstances dans lesquelles un travailleur se trouve privé de ses
    moyens d’existence, ou tout au moins dans lesquelles ses ressources sont insuffisantes pour
    pourvoir aux besoins de sa famille. Il en va ainsi d’une part, lorsque le travailleur se trouve obligé
    d’interrompre son activité par suite notamment de maladie, de maternité, de vieillesse ou d’accident,
    d’autre part, lorsqu’il supporte des charges de famille particulières. Le problème qui se pose alors
    est celui d’une redistribution du revenu national destinée à prélever sur le revenu des individus
    favorisés les sommes nécessaires pour compléter les ressources des travailleurs ou familles
    défavorisés.
    Envisagée sous cet angle, la sécurité sociale appelle l’aménagement d’une vaste organisation
    nationale d’entr’aide obligatoire qui ne peut atteindre sa pleine efficacité que si elle présente un
    caractère de très grande généralité à la fois quant aux personnes qu’elle englobe et quant aux
    risques qu’elle couvre.
    Le but final à atteindre est la réalisation d’un plan qui couvre l’ensemble de la population du pays
    contre l’ensemble des facteurs d’insécurité ; un tel résultat ne s’obtiendra qu’au prix de longues
    années d’efforts persévérants, mais ce qu’il est possible et nécessaire de faire aujourd’hui, c’est
    d’organiser le cadre dans lequel se réalisera progressivement ce plan (…).

    Les réformes envisagées peuvent, au premier abord, paraître modestes. Il s’agit, en effet,
    uniquement de réformes organiques qui ne modifient pas essentiellement les droits et les
    obligations des individus. Mais ces réformes organiques sont la condition de réformes plus
    profondes. Elles constituent en quelque sorte la charpente de l’édifice de la sécurité sociale qu’il
    convient de construire. Des projets distincts doivent à très bref délai aménager les assurances
    sociales, les accidents du travail et les allocations familiales en vue de les adapter aux principes
    nouveaux. Une fois que ces trois législations auront été amendées et que l’institution nouvelle
    fonctionnera de manière satisfaisante, il sera possible et nécessaire d’élargir son champ d’action et
    d’étendre le système de sécurité sociale à la fois à l’ensemble de la population et à la couverture
    de l’ensemble des facteurs d’insécurité sociale. Ce sera la tâche de demain (…) ».

  7. http://www.dailymotion.com/relevance/search/bankster/video/x7o9kn_gerald-celente-prdit-des-meutes-de_news

    Gerald Celente, un analyste economico-politique américain, qui avait prédit avec succès le krash d’octobre 1987, la chute de l’union soviétique, la crise économique asiatique de 1997 et la crise des subprimes; nous annonce que les états unis deviendront la première nation sous dévellopper du monde. Il annonce aussi que pour les quatres prochaines années, il faudra s’attendre à voir les taxes augmenter au point de provoquer des émeutes, des manifestations et des émeutes de la faim. Il nous dit que pendant la période des fêtes de 2012, il sera plus important de trouver à manger aux états unis, que de mettre des cadeaux sous le sapin.

  8. Pire que 29, cette crise ? Très certainement, et pour la raison même que vous donnez, l’énorme déconnexion intervenue depuis entre la finance et l' »économie réelle », la production et l’échange de biens et de services.

    Beaucoup de commentateurs s’obstinent à mettre dans un même sac ces deux volets de la crise, financiers et économiques, sans décrire comment ils agissent l’un sur l’autre, obscurcissant par la même leur compréhension globale.

    Le gouverneur de la Banque d’Espagne, Miguel Angel Fernandez Ordoñez, lui, vient plus clairement d’expliquer au journal espagnol El Pais: « Le manque de confiance est total. Le marché interbancaire ne fonctionne pas et génère des cercles vicieux: les consommateurs ne consomment pas, les entrepreneurs n’embauchent pas, les investisseurs n’investissent pas et les banques ne prêtent pas ».

    Pourquoi donc ce marché interbancaire est-il toujours bloqué, en dépit de la palette de dispositifs d’incitation mis en place par les autorités ? Cette question me paraît centrale et je ne vois pas d’autre réponse à y apporter que que de dire qu’il restera ainsi tant que l’écrasante pyramide des actifs dont plus personne ne veut, et qui gangrène les bilans, n’aura pas été d’une manière ou d’une autre démontée. Sauf que personne ne semble savoir comment s’y prendre à une telle échelle ou, ce qui revient au même, oser prendre cette opération à bras le corps.

    Qu’attendre, dans ces conditions, des plans de relance plus gigantesques les uns que les autres qui sont annoncés ? Des voix s’élèvent déjà pour penser qu’ils ne régleront rien et qu’ils devront immanquablement être suivis par d’autres. « Il est préférable de se fourvoyer en en faisant trop qu’en n’en faisant pas assez » explique prudent Paul Krugman. « Ceux qui pensent qu’un plan de relance est la panacée vont aux devants de grandes déceptions » rétorque pour sa part Price Fishback, professeur à l’université d’Arizona et spécialiste de la crise de 29 et du « New Deal ».

    Combien de temps tout ce système spéculatif va-t-il mettre à s’écrouler, entraînant des perturbations majeures sur tous les marchés, devises, bourses et matières premières, dont les conséquences sont assez incalculables ? Comment, pour ne donner que cet exemple, le prix actuel du pétrole, s’il devait se maintenir, permettra-t-il de faire face à l’augmentation inévitable de ses coûts d’extraction ?

    Les métaphores climatologiques, du genre le calme qui suit nécessairement la tempête ou, au contraire, l’ouragan qui emporte tout sur son passage, ne sont pas d’un grand secours pour comprendre comment cette crise va bien pouvoir se conclure. Quand elles n’emprutent pas ce registre, les métaphores deviennent volontiers médicales. Allons-y ! Les principaux centres de la finance mondiale sont aujourd’hui en soins intensifs et il n’est pas question de débrancher prochainement les appareils. Combien de temps cela va-t-il durer ainsi ?

  9. Paul,

    vous dites dans cette interview que la monnaie est une abstraction. Ne serait-ce pas plutôt un symbole? J’entends par là « illustration », alors que le terme « abstraction » renvoie à mon sens vers la notion de conceptualisation. La symbolisation serait-elle une forme d’abstraction comme une autre?

    Sans vouloir couper les cheveux en quatre, la différence (s’il y en a une) pourrait nous aider à avancer me semble-t-il.

  10. L’argent est déjà une abstraction, une abstraction de la matière…Ou du travail.

    Ou l’abstraction d’une abstraction.

  11. @LeV. Il me semble que l’argent est d’abord une abstraction dans la mesure où c’est bien « tant pour acheter tant » et « tant/temps qu’il a fallu pour » qui le définissent en premier et de manière cruciale pour notre débat – avant qu’il ne soit symbole de ce qu’il permet. Mais je trouve intéressante votre question. Et puis bon, si on ne coupe pas les cheveux en quatre sur ce blog, où va-t-on pouvoir le faire ?!!

  12. A François Leclerc dit : 21 décembre 2008 à 15:52
    ‘’…Combien de temps tout ce système spéculatif va-t-il mettre à s’écrouler, entraînant des perturbations majeures sur tous les marchés, devises, bourses et matières premières, dont les conséquences sont assez incalculables ? Comment, pour ne donner que cet exemple, le prix actuel du pétrole, s’il devait se maintenir, permettra-t-il de faire face à l’augmentation inévitable de ses coûts d’extraction ?…’’
    La réponse tient sans doute dans les réponses de Mr Jorion :’…

    Même question, cette fois pour un compatriote belge, qui aurait 100.000€ en bourse aujourd’hui. Que doit-il en faire ?
    Il peut les placer sur le fait que ça ira encore plus mal…
    Sérieusement ?
    Il y a toujours moyen de gagner. Il pourrait placer son argent dans l’industrie de l’armement, en se disant que la plupart du temps les crises se résolvent par des guerres… Je pourrais sortir beaucoup d’âneries comme celle-là…Ce n’est pas que mon raisonnement serait faux, au contraire.
    …’’ Vous voulez dire que la réponse logique à cette question, pour être exacte en terme d’économie pure, est obligatoirement cynique d’un point de vue moral…
    Oui. C’est une réponse exacte, mais immorale.’’…( 1 )

    ( 1 ) http://blablalain.skynetblogs.be/tag/1/speculation
    27-05-2008 Actualité
    L’’essence du subprime s’évapore en spéculation ! Si , si ..
    Hier j’ai lu ( 1 ) que :
    1 ) Le plus est important est de savoir qu’aujourd’hui, le prix du pétrole, contrairement à il y a vingt ans, est déterminé à huis clos dans les chambres de commerce d’institutions financières géantes comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Citigroup, Deutsche Bank ou UBS (des noms associés au jeu désastreux du ‘ monopoly subprime’…)
    2 ) Qu’ aujourd’hui, au moins 60% des 130 dollars du prix d’un baril de brut sont dus à la spéculation à terme non réglementée, des hedge funds, des banques et des groupes financiers parce qu’ils utilisent les échanges à terme du ICE Futures de Londres et du NYMEX de New York, et surtout les échanges interbancaires incontrôlés ou négociés hors cote pour échapper à tout examen minutieux…
    3 ) Que les règlements de la Commodity Futures Trading Commission du gouvernement étasunien permettent aux spéculateurs d’acheter du pétrole brut grâce à des contrats à terme sur le Nymex, en avançant seulement 6% de la valeur du contrat, donc , avec un prix de 130 dollars par baril environs , cela signifie que le spéculateur à terme n’a qu’à donner environ 8 dollars pour chaque baril et emprunter les autres 120 dollars ( en yen – voir yen carry trade ..) .
    4 ) Que cette « puissance » exceptionnelle de 16 pour 1 obtenue , permet d’amener le prix du baril à un niveau follement irréaliste et de sans aucuns doutes , … compenser les pertes bancaires du subprime et des autres catastrophes au détriment de l’ensemble de la population [mondiale].

    5) Quand à la « poussée de la demande pétrolière » chinoise stigmatisée par les médias , elle est bien loin d’exploser, dit l’EIA ( Energy Information Administration) , car la consommation chinoise devrait augmenter cette année de seulement 400.000 barils par jour.
    6 ) Que les États-Unis, par contre, consomment environ 20,7 millions de barils par jour et , là bas , les stocks de pétrole ont augmenté de près de 12 millions de barils en avril et au même moment, le rapport du 7 mai de MasterCard montre que la demande en essence a diminué de 5,8%…( les effets du début de ce qui ressemble à une récession sans doute ) … , la raison pour laquelle , les raffineurs sont en train de réduire considérablement leur cadence de raffinage ( 85% au lieu de 95 % pour la saison..) et surtout l‘offre des ressources en essence pour s’adapter à la baisse de la demande c’est-à-dire , …pour augmenter eux aussi leur marge malgré la crise !
    7 ) Que pour 2008, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) a prévu que la croissance de la demande mondiale en pétrole resterait inchangée, à 1,2 millions de barils par jour, parce que le ralentissement de la croissance économique dans le monde industrialisé est légèrement compensé par la consommation croissante dans les pays en développement. L’OPEP prédit que la demande pétrolière mondiale en 2008 sera en grande partie inchangée par rapport à son estimation précédente car si il est prévu que la demande de la Chine, du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Amérique Latine sera plus forte, celle de l’UE et de l’Amérique du Nord sera par contre …plus faible.
    8) Qu’en fait, à un prix un peu supérieur à 60 dollars le baril, d’énormes potentialités ( comme pour le baril à 28$ qui a permis le forage en mer du Nord..) nouvelles deviennent économiques car le problème majeur auquel est confrontée la grande industrie pétrolière n’est pas de trouver de quoi remplacer le pétrole( donc peak oil and co , faut oublier pour le moment..) , mais de contrôler les découvertes pétrolières mondiales pour maintenir le prix exorbitant actuel avec l’aide des banques de Wall Street et d’autres complices comme les deux grandes sociétés d’échanges pétroliers : NYMEX et ICE ou ( et ) ICE Future de Atlanta-Londres! ( 2 )
    9 ) Que dans ce jeu, l’échangeur clef est le London ICE Futures Exchange (autrefois International Petroleum Exchange). ICE Futures est une filiale possédée intégralement par Atlanta Georgia International Commodities Exchange.Et … ICE d’Atlanta a été fondée en partie par Goldman Sachs( revoir le point 1 ) ) , qui dirige aussi l’indice des prix des matières premières les plus utilisées dans le monde, le GSCI, qui est surpondéré au prix du pétrole. La boucle est déjà bouclée !
    10 ) Qu’il n y a donc plus rien de vraiment surprenant et ce y compris le rapport du 6 mai reproduit par Reuter qui écrivait :’ Goldman Sachs annonce que le pétrole pourrait en fait être proche d’un autre « super pic » qui fera peut-être monter le prix du baril de pétrole jusqu’à 200 dollars dans les six à 24 prochains mois ‘
    11) Qu’il n’est pourtant pas certain que ce même Goldman ce soit positionner sur le marché des actions pétroliers futurs à un prix excédent les …70 dollars !!!( 3 ) Intéressant ? Non? A peluch’ !
    Remarques
    ( 1 ) sur Mondialisation. Article du 25 mai 2008 de F. William Engdahl
    ( 2 ) voir article sur le sujet sur mon blog
    ( 3 ) Mon paris perso !! Vaudrait mieux quand même …

    Et depuis cet article , le prix du baril est à 42 … vers 14h00 ce 22/12/2008…,
    Donc ou ( et ) mais il suffit de complicités gouvernement US et lobbies de l’armement pour un mauvais coup quelque part pour que le prix du barril réexplose vers le haut .. avec des ‘ gens ‘ qui auront su se positionner …Immoral … ? Mais très efficace !!
    Reste que Mr Jorion a encore une fois raison d’observer en répondant à la question et en donnant un début de réponse à la crise :
    ‘’…Est-ce qu’il faudra que chacun ait souffert de la crise, parfois dans sa chair, pour que l’on se pose collectivement la question « est-ce que le jeu en vaut la chandelle » ?

    Il viendra un moment, et ça arrive à cause des crises, un moment collectif de réappréciation..

    Un moment où les gens disent « le bénéfice possible est trop faible par rapport à l’appauvrissement général que le système produit ». Dans les années 1780 en France il y a eu une sorte de pourrissement généralisé.
    Quelque chose qui paraissait tolérable ne l’était plus. Et on a fini par adopter un tout autre principe – liberté, égalité, fraternité – à la place du système de royauté en place depuis très longtemps. A un moment on change de principe général. Parce qu’il est devenu intolérable. Cela dit, la violence n’est pas toujours obligatoire.’’…

    A peluch’ !

  13. … »Une note optimiste ?
    La crise est une époque passionnante à vivre. Tout est à réinventer. »
    D’accord avec vous Mr Jorion .. pour preuve .. de vieux .. sourire de l’époque 1929…

    Sourires de pendant la crise de 1929 avec les affiches pour présenter l’opérette romantique en 3 actes Le Pays du Sourire (c.1929) sur la musique de Franck Rehart à un autre sourire
    ‘ La Veuve Joyeuse (c.1936) toujours sous la musique de Franck Rehart ‘ vers le l’affiche ‘We Can Do It! vers 1942–43 de J. Howard Miller…

    ( 1) http://www.allaboutshoes.ca/fr/heights_of_fashion/frugal_excess/
    The National Archives and Record Administration of the United States of America
    Titre de l’époque : Un vent d’excès dans la frugalité
    Les chaussures plates-formes des années de guerre .En dépit des privations liées au déclin économique des années de guerre, les années 1940 virent l’apparition de chaussures à la hauteur vertigineuse. À l’aide de matériaux non rationnés, tels la paille, le bois et la peau de serpent, les fabricants de chaussures étaient en mesure de créer des modèles à la fois ludiques et attrayants durant la période la plus sombre des années de guerre…

    Blablalain

  14. Je viens tardivement de découvrir que la Fed venait d’ouvrir l’accès à son programme TALF aux hedges funds. L’idée est de leur prêter des fonds à faible taux, afin qu’ils puissent financer, en achetant des titres qui y sont adossés, des opérations de crédit d’achat automobile, de financement des études et plus généralement les cartes de crédit.

    Si je comprends bien, on cherche à soigner le mal par le mal. En utilisant le vecteur grâce auquel la maladie s’est propagée. En essayant de réactiver, tels quels, des circuits financiers grippés. Cela n’augure pas nécessairement très bien des mesures de régulation et de réforme qui seront discutées au prochain G20 de Londres.

    Je lisais aussi dans le FT le papier de Wolfgang Münchau, son scepticisme à propos des mesures prises par la Fed, et notamment la décision prise par celle-ci d’inonder le marché de liquidités. Car, dit-il, nous avons une crise non pas de liquidité mais de solvabilité, et ce dont nous avons besoin, c’est d’une réforme financière en profondeur. Je résume mais suis fidèle.

    Ces deux constations mises bout à bout, il n’y a pas de quoi être trop optimiste. Les principaux financiers des déficits américains, les chinois, vont-ils d’ailleurs y trouver leur compte, eux qui réclament ouvertement des réformes ?

    Après Bloomberg, l’ Associated Press vient de se casser les dents devant l’intransigance de l’administration américaine. Qui exactement bénéficie des largesses de celles-ci, et dans quelles conditions, ne regarde personne, en tout cas pas les médias.

    Ce manque total de transparence n’est pas non plus très bon signe. Est-il d’ailleurs si étonnant que cela ?

  15. December 22, 2008
    Where’d the Bailout Money Go? Shhhh, It’s a Secret
    By THE ASSOCIATED PRESS

    Filed at 1:14 p.m. ET

    WASHINGTON (AP) — Think you could borrow money from a bank without saying what you were going to do with it? Well, apparently when banks borrow from you they don’t feel the same need to say how the money is spent.

    After receiving billions in aid from U.S. taxpayers, the nation’s largest banks say they can’t track exactly how they’re spending it. Some won’t even talk about it.

     »We’re choosing not to disclose that, » said Kevin Heine, spokesman for Bank of New York Mellon, which received about $3 billion.

    Thomas Kelly, a spokesman for JPMorgan Chase, which received $25 billion in emergency bailout money, said that while some of the money was lent, some was not, and the bank has not given any accounting of exactly how the money is being used.

     »We have not disclosed that to the public. We’re declining to, » Kelly said.

    The Associated Press contacted 21 banks that received at least $1 billion in government money and asked four questions: How much has been spent? What was it spent on? How much is being held in savings, and what’s the plan for the rest?

    None of the banks provided specific answers.

     »We’re not providing dollar-in, dollar-out tracking, » said Barry Koling, a spokesman for Atlanta, Ga.-based SunTrust Banks Inc., which got $3.5 billion in taxpayer dollars.

    Some banks said they simply didn’t know where the money was going.

     »We manage our capital in its aggregate, » said Regions Financial Corp. spokesman Tim Deighton, who said the Birmingham, Ala.-based company is not tracking how it is spending the $3.5 billion it received as part of the financial bailout.

    The answers highlight the secrecy surrounding the Troubled Asset Relief Program, which earmarked $700 billion — about the size of the Netherlands’ economy — to help rescue the financial industry. The Treasury Department has been using the money to buy stock in U.S. banks, hoping that the sudden inflow of cash will get banks to start lending money.

    There has been no accounting of how banks spend that money. Lawmakers summoned bank executives to Capitol Hill last month and implored them to lend the money — not to hoard it or spend it on corporate bonuses, junkets or to buy other banks. But there is no process in place to make sure that’s happening and there are no consequences for banks that don’t comply.

     »It is entirely appropriate for the American people to know how their taxpayer dollars are being spent in private industry, » said Elizabeth Warren, the top congressional watchdog overseeing the financial bailout.

    But, at least for now, there’s no way for taxpayers to find that out.

    Pressured by the Bush administration to approve the money quickly, Congress attached nearly no strings to the $700 billion bailout in October. And the Treasury Department, which doles out the money, never asked banks how it would be spent.

     »Those are legitimate questions that should have been asked on Day One, » said Rep. Scott Garrett, R-N.J., a House Financial Services Committee member who opposed the bailout as it was rushed through Congress.  »Where is the money going to go to? How is it going to be spent? When are we going to get a record on it? »

    Nearly every bank AP questioned — including Citibank and Bank of America, two of the largest recipients of bailout money — responded with generic public relations statements explaining that the money was being used to strengthen balance sheets and continue making loans to ease the credit crisis.

    A few banks described company-specific programs, such as JPMorgan Chase’s plan to lend $5 billion to nonprofit and health care companies next year. Richard Becker, senior vice president of Wisconsin-based Marshall & Ilsley Corp., said the $1.75 billion in bailout money allowed the bank to temporarily stop foreclosing on homes.

    But no bank provided even the most basic accounting for the federal money.

    Some said the money couldn’t be tracked. Bob Denham, a spokesman for North Carolina-based BB&T Corp., said the bailout money  »doesn’t have its own bucket. » But he said taxpayer money wasn’t used in the bank’s recent purchase of a Florida insurance company. Asked how he could be sure, since the money wasn’t being tracked, Denham said the bank would have made that deal regardless.

    Others, such as Morgan Stanley spokeswoman Carissa Ramirez, offered to discuss the matter with reporters on condition of anonymity. When AP refused, Ramirez sent an e-mail saying:  »We are going to decline to comment on your story. »

    Most banks wouldn’t say why they were keeping the details secret.

     »We’re not sharing any other details. We’re just not at this time, » said Wendy Walker, a spokeswoman for Dallas-based Comerica Inc., which received $2.25 billion from the government.

    One didn’t even want to say they wouldn’t say.

    Heine, the New York Mellon Corp. spokesman who said he wouldn’t share spending specifics, added:  »I just would prefer if you wouldn’t say that we’re not going to discuss those details. »

    The banks which came closest to answering the questions were those, such as U.S. Bancorp and Huntington Bancshares Inc., that only recently received the money and have yet to spend it. But neither provided anything more than a generic summary of how the money would be spent.

    Lawmakers say they want to tighten restrictions on the remaining, yet-to-be-released $350 billion block of bailout money before more cash is handed out. Treasury Secretary Henry Paulson said the department is trying to step up its monitoring of bank spending.

     »What we’ve been doing here is moving, I think, with lightning speed to put necessary programs in place, to develop them, implement them, and then we need to monitor them while we’re doing this, » Paulson said at a recent forum in New York.  »So we’re building this organization as we’re going. »

    Warren, the congressional watchdog appointed by Democrats, said her oversight panel will try to force the banks to say where they’ve spent the money.

     »It would take a lot of nerve not to give answers, » she said.

    But Warren said she’s surprised she even has to ask.

     »If the appropriate restrictions were put on the money to begin with, if the appropriate transparency was in place, then we wouldn’t be in a position where you’re trying to call every recipient and get the basic information that should already be in public documents, » she said.

    Garrett, the New Jersey congressman, said the nation might never get a clear answer on where hundreds of billions of dollars went.

    ——

    Associated Press writers Stevenson Jacobs in New York and Christopher S. Rugaber and Daniel Wagner in Washington contributed to this report.

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