Crise : Gestion des toxiques et relance. Une méthodologie ? par Pierre Lang

Pierre Lang m’a fait parvenir un nouveau texte, un codicille à son plaidoyer pour une approche belge de la question Fortis. Il s’agit cette fois d’une méthodologie en « boîte noire » permettant de contenir et de résoudre certains aspects de la crise financière en isolant les problèmes et en concentrant son attention sur les entrées et sorties. Certains d’entre vous penseront qu’il s’agit d’une « solution d’ingénieur » typique. C’est tout à fait ça mais, comme vous le savez déjà, sur le blog de Paul Jorion, les commentateurs ingénieurs règnent en maître ! (Une chose est sûre en tout cas : ce sont eux qui sauveront le monde).

Les schémas sont un peu comprimés, n’hésitez pas à les cliquer pour en voir une version plus lisible.

Crise : Gestion des toxiques et relance. Une méthodologie ?

Les ingénieurs financiers ont perdu le contrôle des modèles hybrides qu’ils ont conçus par insémination artificielle. Le 31 décembre 2008, par exemple, Reuters a titré une dépêche « Les Etats-Unis étaient mal équipés face à la crise, juge Henry Paulson ». Les grands argentiers du monde commencent à reconnaître leurs limites. Sur la table de son salon, Paul Jorion (que je remercie au passage de me donner la parole) anthropologue et sociologue réinvente en plus correcte la loi de l’offre et la demande. Un des piliers sur lesquels la chose économique est construite est mis en doute. Pas moins ! Habitant à l’autre bout d’Internet, je suis un ingénieur civil en construction dénué de toute formation et de tout « know how » en matière d’économie et de finance. Je m’imagine être parachuté par la pensée à un poste clé dans un bureau d’étude d’ingénierie financière (quel horrible terme !). Voici une méthode parmi d’autres que je pourrais utiliser dans un premier temps pour étudier la crise et une méthodologie éventuelle pour y remédier.



Il n’y a pas de rapport fondamental entre les causes d’un problème et sa solution

Quand un pont se fissure, il n’y a pas de rapport entre l’origine des fissures et les étançons qu’on installe pour le consolider. Quand un enfant se casse la jambe, le médecin ne soucie pas de savoir de quelle hauteur il est tombé pour déterminer la façon dont il va le soigner.

30 décembre 2008. Cela fait un mois que je lis le Web et des livres à propos de la Crise. J’ignore si ma main saisit les sujets d’informations de façon aléatoire ou si une autre main invisible crée une sorte de filtrage de l’information, tel que seule une sélection orientée arrive à mon cerveau (il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre). Comme la réalité doit forcément se situer entre ces deux extrêmes, j’en conclus à propos de la plupart des spécialistes et des amateurs :

  • ils décrivent les mécanismes de la crise, de sa gestation à son stade de développement actuel. En marge, certains essayent de pointer des responsables du doigt ou de faire des pronostics. Tout cela est extrêmement intéressant mais je mets temporairement ces études parfois inutiles dans les catégories « Analyse des causes » et « Histoire (dé)passée ».
  • ils décrivent une façon de mieux organiser le monde économique pour éviter à nos enfants de devoir affronter le genre de maxi-défi auquel nous nous confrontons aujourd’hui. Je mets ces études dans la catégorie utile de « Ce qu’il aurait fallu faire » ou de « Ce qu’on devrait faire si on pouvait repartir de zéro ».
  • ceux qui s’occupent du traitement à prescrire au malade sont nettement moins nombreux. Je mets leurs études aussi rares que le loup blanc dans la catégorie indispensable des « Solutions possibles ».

    Entre ces deux nouveaux extrêmes (celui qui explique la « catastrophe » et celui qui déclare « plus jamais cela »), il faut revenir les pieds sur terre, « Ici et Maintenant », comme si nous avions hérité d’un problème à résoudre, sans savoir le pourquoi de ce qui c’est passé avant aujourd’hui. Il y a souvent une répétition de scénarios similaires à travers l’histoire, puisque le sage dit qu’elle se répète. Cette répétition n’implique pas qu’il y ait une relation programmée entre le passé et l’avenir dans le déroulement du scénario en cours. Nous pouvons le modifier en temps réel. Dans un premier temps, l’important, si nous voulons « agir efficacement au lieu de subir longtemps », est de « réparer les erreurs » et « faire tourner le monde dans son environnement actuel ». Si, dans un second temps, nous voulons éviter que l’histoire se répète encore et encore, il faut également le transformer en quelque chose de plus « propre » au sens large du terme, pour le bien-être des générations futures. On oublie trop souvent que « réparer » et « ne pas répéter » sont deux choses indépendantes l’une de l’autre.

    Dans la catégorie solutions, j’ai identifié ceci :

  • sur le terrain, les gouvernants (je les appelle d’une façon générale les « Autorités ») mettent en place des plans de relance d’une intensité jamais vue auparavant d’après certains commentateurs. Ils sont principalement basés sur les stratégies utilisées en cas de récession ou de grave récession (baisse des taux, stimulation de la consommation, financement public, sauvetage d’entreprises, etc.)
  • dans les gradins et les tribunes, certains experts expliquent pourquoi ces plans n’auront pas les effets escomptés ou vont échouer.

    J’en conclus que :

  • on applique malheureusement un mix des trois méthodes basiques traditionnellement utilisées dans la résolution des problèmes, à savoir : « la méthode par essais et erreurs », « faire plus de la même chose, en augmentant la dose » et « on a toujours fait comme cela, et cela avait donné des résultats« .
  • très peu d’études ont pour but de proposer des « solutions pragmatiques et adaptées » à ce problème particulier (j’avais écrit « originales et créatives »). Chaque crise a ou aurait ses spécificités et la crise qui nous occupe aujourd’hui aurait des particularités inédites (niveau financier géant, mondialisation de l’économie, médiatisation, information globale à la vitesse de la lumière). Il me semble donc que le traitement à prescrire doit être optimisé d’une façon particulière.

    C’est dans ce contexte qu’un matin, il y a quelques jours, je me suis mis à mon clavier et j’ai raisonné « tout haut » en me laissant guider par mon imagination. Les trois quarts de ce qui suit sont sortis du clavier sans a priori. La suite a été plus téléguidée par l’opinion que je me suis faite en cours de route. Ensuite, j’ai revu mon ébauche en texte que j’espère compréhensible.

    Apprenti sorcier

    J’ai conscience, après avoir relu le présent texte, que j’ai joué à l’apprenti sorcier, puisque je suis un néophyte en la matière. Cela ne me cause pas d’état d’âme particulier à part une certaine tristesse. En effet, je constate que la plupart des acteurs concernés par la gestion du monde, jusqu’au plus haut niveau, ont prouvé aux dépens du monde entier, qu’ils ont joué aux apprentis sorciers avant moi, non pas dans un texte mais en prenant le monde économique et financier pour un grand jeu de Monopoly. Pourtant, ils étaient sensés posséder le savoir…

    Je n’ai bien évidemment pas la prétention de proposer une solution à la crise, seul dans mon salon ! Paul Jorion semble considérer, considère effectivement ou utilise (il faut lui demander) son blog comme une sorte de « cerveau collectif ». Je le conçois comme un « cerveau distribué » comme le sont certains programmes qui s’exécutent dans la mémoire de plusieurs ordinateurs indépendants, se communiquant l’un l’autre les résultats de leurs calculs spécialisés respectifs.

    Voilà. Je jette à la mer la bouteille contenant ce que j’ai écrit, en espérant qu’un autre cerveau en fasse bon usage, si l’idée proposée l’interpelle, ou démontre qu’il y a tellement de bugs dans le programme suggéré qu’il faille le supprimer de la mémoire et le remplacer par un plus performant.

    Etat « Montage »

    Le schéma suivant appelé « Montage », correspond d’une façon extrêmement simplifiée à la situation du système financier avant le crash. Je l’ai appelé « Montage » car il a été créé de toute pièce par des ingénieurs financiers, tout comme un montage fiscal est créé dans le but choisir la voie la moins imposée (en principe en toute légalité). Le « Montage » de la crise a été créé dans le but d’optimiser l’utilisation ou la transmission de richesses en maximisant les profits financiers.

    Ici, ces profits profitent principalement aux initiateurs du montage (et leurs complices) que sont directement ou indirectement ceux que j’appelle « les initiés ». Ces « initiés » parasitent le système en ce sens que le but n’est plus de faire fonctionner l’économie mais de profiter d’un montage artificiellement créé, uniquement pour « faire de l’argent ». Ils effectuent une « ponction », terme à connotation péjorative volontairement choisi, car il ne faut pas être devin pour mettre en évidnce qu’ils ont profité de diverses failles du système et ont contribué à le pervertir, sans limite.

    Le schéma montre des flux financiers entre les principales entités suivantes :

  • banque : banque en contact avec les personnes physiques. Cette banque peut être exposée au risque de titrisation toxique via sa maison mère appelée BANQUE (en majuscule).
  • BANQUE : banque principale qui s’implique intensivement dans la titrisation. Par exemple JP Morgan, Citigroup ou Bank of America, qui représentent à elles seules 15% à 25% du total des CDS. En réalité, on peut supposer que de nombreux holdings de banques sont exposés à X% de leur actif dans le montage des CDS. Les CDS ne sont qu’un exemple parmi tous les produits financiers artificiels concernés.
  • Flèches vertes pleines : elles correspondent à un « transfert utile » de capital, qui prend une forme différente selon le cas (paiement d’une maison, prêts aux emprunteurs, investissements en titres).
  • Flèches rouges en traits pointillés : elles correspondent à des versements périodiques réguliers quand tout va bien (croissance), qui s’interrompent partiellement ou totalement en cas de difficulté (ralentissement ou récession). Ce sont les remboursements (intérêt plus capital des emprunteurs, les versements de la banque au CDS qui l’assure, les dividendes aux investisseurs, etc).
  • Le signe % indique que les flux sont de type périodique car ils correspondent à ce que l’on peut qualifier d’intérêts au sens large. Les taux sont variés et variables, puisque ce sont eux qui justifient l’intérêt économique de mettre en place tout le montage. Note : %cap représente le remboursement du capital par l’emprunteur.
  • On remarque une zone grisée au centre du schéma, enveloppant des flux dessinés en traits pointillés magenta. Elle symbolise la circulation de capitaux qui tournent (sans doute parfois en rond) dans le système. Il me paraît évident que, si personne n’est capable de dire ce qu’il y a dans un produit toxique, personne ne peut affirmer qu’il n’a pas directement ou indirectement investi ses propres produits, ou des produits qui s’incluent indirectement eux-mêmes !
  • Les « initiés » regroupent tous les acteurs qui ont tiré profit du « montage » et dont certains peuvent sans doute être suspectés d’escroquerie ou d’abus de confiance, sans circonstances atténuantes.

    Ce schéma correspond au fonctionnement du système en équilibre lorsque tout va bien. Lorsque la situation économique est conforme aux hypothèses du modèle inventé par les ingénieurs financiers (croissance continue à durée indéterminée).

    Hypothèses extrêmes

    L’état « Montage » correspond à ce que j’appelle une « hypothèse extrême », c’est-à-dire une hypothèse qui se trouve à la limite d’un champ d’investigation.

    Quand on étudie un système, on peut toujours « aller voir » ce qui se passe dans des cas extrêmes, dans des cas limites. Cela donne parfois une idée partielle mais réelle du comportement de ce système. Dans les cas extrêmes, de nombreux paramètres caractérisant le système prennent des valeurs telles que son étude se simplifie considérablement. C’est un « cas particulier » au sens commun du terme. La compréhension que l’on a du système pour ce cas particulier, temporairement simplifié, permet d’aborder son étude en allant du plus simple au plus compliqué.

    Cette méthode peut paraître un peu caricaturale. En réalité, elle est souvent utilisée à son insu par nombre de concepteurs. C’est presque une lapalissade ! Car, vu la simplification qui en découle, tout paraît simple, logique et évident lorsqu’un apprenti sorcier invente un nouveau produit. Cela le met dans un état d’euphorie. Il se sent des ailes. Voici un exemple pris au hasard.

    Un ingénieur financier se propose de concevoir un nouveau produit. Il met au point une méthode extrêmement sophistiquée pour construire un modèle mathématique qu’il programme dans un ordinateur. Il tient compte de plusieurs variables indépendantes. Il examine ensuite, avec des simulations, comment optimiser le résultat financier de la banque pour laquelle il travaille. Seulement voilà, son modèle n’est pas capable de prendre en compte les variables indépendantes, souvent plus « qualitatives » que mesurables, sur lesquelles il n’a pas de contrôle. Dans un premier temps il les ignore (à ce stade on ne peut pas lui reprocher). Ensuite (on peut le lui reprocher), il perd de vue qu’il a négligé des paramètres importants. Son modèle perd le contact avec la réalité. Exemples de tels paramètres : l’immobilier cesse de croître, le public trouve que le prix des habitations est trop élevé que pour risquer d’emprunter, l’attentat des Twin Towers, les avatars de l’armée américaine en Irak ou les cyclones dévastateurs…

    Conclusion : cet ingénieur a fait l’étude de son modèle dans un cas limite, (parfois) sans s’en rendre compte. Ce cas reste limite, même s’il a voulu tenir compte de certains facteurs tels que ceux cités dans l’exemple, car les modèles mathématiques sont incapables de prendre en compte le non-quantifiable, le non-modélisable, l’imprévisible, l’accidentel. Il est incapable de calculer ce que les ingénieurs appellent « coefficient de sécurité ». Son hypothèse la plus dangereuse est que son étude se limite à examiner ses résultats dans des conditions « d’équilibre stable ». Il a pris ses désirs pour des réalités.

    Seul le « bon sens commun », non modélisable et non programmable dans un ordinateur, pouvait envoyer son projet aux oubliettes… en une seconde. Cela crève les yeux !

    Etat « Ruiné »

    On ne m’en voudra donc pas d’aller voir ce qui se passe à l’autre extrême, moins réjouissant, qui est celui où la plupart des flux financiers sont taris, car plus aucun acteur n’a de rentrées d’argent pour payer ses dettes…

    Pour que cette analyse soit fiable, il faut bien évidemment se poser des questions complémentaires comme les suivantes :

  • Y a-t-il deux ou plusieurs situations extrêmes. Si oui, il faut « aller voir » ce qui se passe dans chaque cas particulier, si la situation extrême devait se produire. La réalité se trouve souvent à l’intérieur du périmètre défini par ces extrêmes.
  • Les hypothèses de base sur lesquelles on déduira plus tard des interprétations sont-elles légitimes ? C’est ce que les ingénieurs financiers ont « oublié » de faire en appliquant leur modèle à un monde qu’ils ont idéalisé (utopie).

    Le schéma appelé « Ruine » montre la situation, à l’extrême opposé, qui résulte de l’arrêt complet de l’économie. Il correspond à ce qui reste du « Montage », après que tout se soit arrêté ou effondré. Il ne reste que les flèches vertes, qui représentent maintenant des « pertes » dans les bilans (puisque qu’elles ne sont pas compensées par des flèches rouges de sens opposé, représentant les intérêts des sommes prêtées et le remboursement éventuel du capital). Ces « pertes » sont suffisantes pour que les acteurs soient déclarés en faillite. Crise de liquidité. Plus rien ne bouge. Comme tout le système s’est écroulé, on peut le qualifier de « ruine » au sens propre, comme l’est un aqueduc romain alimentant autrefois la villa d’un empereur. Un ensemble résiduel de morceaux qui ne forment plus un système cohérent. Terme moins fort que ruine : « en panne ».

    Cela revient à « gommer » sur le schéma, toutes les lignes rouges et magenta. On voit que :

  • La banque n’est plus remboursée par « l’emprunteur ».
  • L’épargnant qui a prêté de l’argent à sa banque risque ne pas revoir son capital.
  • L’épargnant (ou investisseur) en « funds » voit la valeur de son portefeuille mobilier tomber à zéro.
  • Les « funds » idem. Mais ce sont des structures qui, si elles disparaissent, ne lèsent personne autrement que par l’intermédiaire de la cote de leurs titres (je n’oublie pas leurs employés mis au chômage, dont l’Autorité devra évidemment s’occuper). Ce sont des écritures dans des livres comptables. Ce sont les « flux financiers » (%I et %cap) et non l’endroit où ils prennent naissance qui lèsent les gens quand ils s’interrompent.
  • Les produits titrisés sont devenus des « puits sans fonds » qui ont consommé le capital reçu des investisseurs via les « funds » en remboursant les banques dans le cadre du contrat d’assurance (CDS) contre les défauts de paiement des emprunteurs.

    Etat actuel

    Je continue à examiner ce qui se passe dans des conditions extrêmes. Le premier extrême (« Montage ») correspond bien évidemment au modèle créé par les ingénieurs financiers dans une situation idéale où tout fonctionne quasi parfaitement comme ils l’ont imaginé. Le second (« Ruine ») correspond à la faillite de leur modèle, car les conditions réelles se sont écartées de leurs hypothèses.

    Je fais l’hypothèse que la réalité se trouve entre ces deux extrêmes. Le système évolue d’un extrême vers l’autre à une vitesse inconnue. Personne ne sait dire si le système livré à lui-même ou influencé par les mesures de relance prises actuellement par « l’Autorité » pour arrêter sa course, va se stabiliser dans un nouvel état d’équilibre. L’énergie du système (les montants mis en jeu) est beaucoup plus importante que ce que le monde a connu (expérimenté) par le passé et on ne peut pas valablement extrapoler les conclusions des anciennes crises.

    Je ne fais à ce stade aucun jugement de valeur par rapport à qui profite le crime initial. Je constate seulement qu’aujourd’hui, (presque) tout le monde perd et plus spécialement de nombreux innocents qui n’ont pas participé activement à la mise en place du montage. Cette parenthèse faite, ces innocents (dont je pense faire partie) ont fini par être concernés et consternés de devoir payer les pots cassés. Il s’agit d’une succession dont nous sommes obligés d’accepter l’héritage de dettes.

    Autre situation extrême

    Il existe d’autres cas extrêmes dans lesquels on pourrait examiner le système. Le suivant est peut-être plus utile que les deux précédents (tous deux relativement utopiques), car il permettrait peut-être de s’approcher d’une hypothèse permettant de reprendre le contrôle de la machine infernale. Il faudra bien évidemment, encore une fois, vérifier que les hypothèses de base sont pertinentes et compatibles avec une mise en œuvre éventuelle.

    Imaginons (pour essayer de comprendre le fonctionnement du système en cours d’implosion) qu’une solution acceptable à la crise soit de considérer « qu’on s’en sort bien si on arrive à limiter les dégâts » en satisfaisant les hypothèses suivantes. Encore une fois, il s’agit d’un cas extrême, envisagé uniquement pour essayer de comprendre le comportement du système. La réalité est plus nuancée que cela et infiniment plus complexe.

  • L’épargnant ne doit pas être ruiné. Il sait cependant que les intérêts que la banque lui paye peuvent être très faibles. Il sait malheureusement aussi que l’Autorité (l’Etat par exemple) ne lui garantit qu’une partie de ses dépôts et que comme tout le monde, il perdra la partie de ses avoirs qui servira à payer les pots cassés (apurement des dettes plus les « ponctions » irrécupérables des « initiés »).
  • L’emprunteur abusé ou surendetté, ne doit pas être ruiné. On aide, dans la mesure du possible, ceux qui en ont besoin. Cette idée n’est pas absurde (si on exclut les implications éventuelles autres qu’économiques et financières). Si on rembourse pour lui sa dette à la banque, sa banque sort de ses propres difficultés et la consommation de l’emprunteur peut redémarrer. Ce ne serait pas la première fois qu’un Etat dit capitaliste et libéral prendrait des dispositions de nature à aider les surendettés.
  • L’épargnant dans des produits spéculatifs ne connaissait pas les risques réels liés aux produits opaques qu’il achetait, mais on peut supposer qu’il savait qu’il participait à des « opérations spéculatives » donc risquées, et qu’il est donc prêt à essuyer une partie de la perte. Ce n’est pas rigoureusement vrai car certains « épargnants » ont « fait confiance » à des conseillers naïfs, peu scrupuleux ou carrément malhonnêtes.
  • Les citoyens et les épargnants se sauvent en récupérant leur capital et en perdant les intérêts.

    Détendons un peu l’atmosphère !

    Rappelons-nous que la « titrisation » a servi à transformer de la « dette » en « actif » dans le but de disposer de plus de capitaux (virtuels) pour pouvoir spéculer (réellement) plus, c’est-à-dire, permettre aux « initiés » de ponctionner plus d’intérêts sur les flux financiers. C’est ce qu’on peut appeller « un effet de levier pervers » qui, pour le coup, profite principalement aux « initiés ».

    Dans le dictionnaire de l’implosion du système financier, on pourrait ajouter d’une façon caricaturale les traductions suivantes :

  • fonds <=> dette. Car c’est une forme particulière que peuvent prendre des dettes.
  • titrisation <=> poubelle. Cela revient à dire qu’en cas de crash, les diverses structures financières qui ont été créées par les « initiés » pour s’enrichir (CDS, CDO, LBO, funds, etc) se transforment vite en « poubelles », dans lesquelles disparaissent rapidement les fonds placés, vu les dettes énormes qui se sont accumulées dans le système.

    Serait-il possible de contrôler l’effondrement de la bulle en isolant tous les produits toxiques et en gérant leur anéantissement dans une sorte de système clos, qui permettrait à la partie saine de l’économie de redémarrer, à l’abri de la pollution ? Dans ce système clos, que l’on pourrait appeler « confinement » on détricoterait (« liquidation ») la bulle dans une dynamique contrôlée, dont le sens est en quelque sorte l’inverse de celui du gonflage de la bulle.

    Pour sourire : La phrase « mettre le résultat de la titrisation dans des fonds » se traduirait alors, en sens inverse, par « mettre le résultat des dettes dans la poubelle » !!! Encore une fois, ce n’est pas si absurde qu’il n’y paraît. C’est tout simplement ce que fait, en partie, le liquidateur d’une faillite. Cela s’est même déjà fait au plus haut niveau ! Il arrive parfois qu’on annule la dette d’un Etat qui ne sait plus rembourser. Cela revient à la jeter sa dette à la « poubelle » en la passant en pertes et profits.

    Dans le cas de la crise financière actuelle, il est bien évident qu’on ne sait pas passer en pertes et profits tous les produits toxiques. Mais il y a peut-être moyen de les isoler dans des structures ad hoc, dont l’objectif serait de trier, solder ou détruire les produits toxiques… en donnant le temps au temps, tout en permettant au reste sain de l’économie de redémarrer plus rapidement.

    La réalité est entre les extrêmes : certains emprunteurs rembourseront leurs dettes à leur banque car ils sont solvables. Tous les CDS ne seront pas ruinés, etc. Mais, vu la complexité, la confusion et l’opacité qui gouvernent le « montage », on ne sait pas identifier le bon du moins bon et du mauvais, dans des délais raisonnables.

    Il faut maintenant caractériser ces dettes :

  • Il y a des « dettes objectives » qui correspondent aux prêts que les « banques » ont octroyés aux « emprunteurs », qui ont ensuite utilisé le capital emprunté pour acheter des biens. Ces biens ont en principe une utilité, en ce sens qu’ils sont sensés participer au fonctionnement harmonieux de l’économie actuelle (le débat consistant à se demander si ce modèle de développement économique a du sens est une autre question, à examiner dans le cadre d’une rénovation future du système).
  • Il y a des « dettes virtuelles » inhérentes au « montage » dont le but était de provoquer des effets de levier divers et variés, dont une partie allait s’évanouir au moment où le montage s’est arrêté de fonctionner comme prévu. En s’évanouissant, elles entraînent dans leur chute la partir saine de l’économie.

    Ces voies sans issue que sont les produits toxiques sont des « poubelles » dans lesquelles se perdent des actifs, dont une partie sont (je suppose) des « flux » construits de toute pièce dans le seul but de profiter aux « initiés ». Disons que le « montage » correspond à une maxi-affaire Madoff réalisée avec la bénédiction tacite des autorités (sorte de mécanisme suspect mais toléré par les institutions, donc tacitement autorisé). Il y aurait une possibilité de déconstruction de la pyramide, contrairement à la pyramide de Madoff, basée uniquement sur le recyclage direct des montants versés par les nouveaux arrivants dans le but de rémunérer les anciens, profitant déjà de la pyramide. Dans le cas du système financier, il doit y avoir des pyramides ou des cercles internes uniquement constitués de produits toxiques, organisées comme un chien qui court après sa queue.

    Boite noire – définition

    On appelle « boite noire » un système dont ne sait pas précisément ce qui se passe dedans. On ne voit et on ne peut facilement quantifier ou mesurer que ce qui entre dedans (« input ») et ce qui en sort (« output »). On ne sait pas non plus prévoir comment se comportera « l’output » si on modifie « l’input ». Pour comprendre le comportement du système, il faut modifier « l’input » et mesurer « l’output » correspondant. Ensuite on peut essayer d’en déduire des règles de fonctionnement.

    Une boite noire ne peut être étudiée que par le moyen le plus primitif qui soit, puisqu’il a été inventé par l’homme préhistorique : la méthode par essais et erreurs… Pourtant le concept de boite noire est bien souvent très utile, si on comprend qu’il ne faut pas essayer de comprendre ce qui se passe dedans, mais ce qui doit se passer dehors.

    Exemple

    Quand la banque centrale modifie son taux directeur, elle est incapable de prévoir avec certitude et précision l’effet qui se produira. Pour faire des prévisions, elle ne peut se baser que sur des observations faites antérieurement sur le fonctionnement de l’économie au sens large (boite noire) à condition que l’économie actuelle soit comparable à une situation expérimentée antérieurement. Elle sait donc, avec une certaine probabilité de ne pas se tromper, que la consommation redémarre si on abaisse le taux, ou si l’on injecte des fonds publics dans le secteur de la construction, etc. D’un point de vue plus qualitatif que quantitatif, elle a appris, au fil des crises successives, quels paramètres influencent la relance économique, sans que cela devienne ni ne deviendra jamais une science exacte.

    Certains spécialistes prétendent ou prouvent que la situation actuelle est inédite par ses mécanismes, son intensité et la rapidité à laquelle elle produit ses effets. La nature et l’ampleur des phénomènes dépassent ce qui a été expérimenté avant, et c’est la première grande crise qui se produit dans un environnement complètement mondialisé à la vitesse du réseau Internet. Si cette affirmation est vraie, il est probable que toute déduction ou extrapolation (donc toute prévision) soit impossible à faire et qu’on en conclut : « on ne sait absolument pas dire ce qui peut ou ce qui va se passer », ce que prétendent de nombreux observateurs.

    D’autres spécialistes prétendent savoir, mais leur diagnostic varie régulièrement en fonction de l’évolution de la crise.

    Comme le comportement de la boite noire est imparfaitement connu ou parfaitement inconnu, on peut pinailler très longtemps sur ces opinions et sur ses conséquences éventuelles, sans aboutir à des conclusions ou des décisions concrètes et fiables. C’est pour cette raison que la solution est indépendante de la genèse du problème.

    L’expérience passée, même couronnée de succès n’est, jusqu’à preuve du contraire, qu’une solution hypothétique comme n’importe quelle autre. Ce n’est ni une recette éprouvée ni la seule piste exploitable.

    Boite noire – application

    La machine financière correspondant au « montage », dont plus personne ne sait plus comprendre les rouages, tellement ils sont imbriqués les uns dans les autres, a désormais un comportement imprévisible. La seule chose dont on est certain c’est qu’elle entraîne le monde dans un mouvement jugé indésirable. On suspecte qu’elle peut aller jusqu’à la ruine du système financier et entraîner l’économie entière dans sa chute, laissant le monde politico-économico-financier dans un état de délabrement impossible à décrire, avec des conséquences dramatiques pour les individus. Si l’on croit que les dégâts qu’elle pourrait provoquer seront si catastrophiques, il faut arrêter la machine, ou plus exactement en reprendre le contrôle à court terme.

    Puisque son fonctionnement interne est devenu ou n’a jamais cessé d’être hors de notre compréhension et de notre contrôle, le mieux est encore de l’ignorer en le mettant (ne fût-ce que momentanément) dans une boite noire, les « inputs » et les « outputs » étant plus faciles à mesurer. L’avantage en est que l’on s’intéresse à nouveau à des paramètres tangibles au lieu d’essayer de comprendre un système dont la complexité est hors de portée, et inutile de détailler, du point de vue extérieur.

    De plus, je suppose personnellement, et c’est à quoi j’espère aboutir par cette méthode, que certains disfonctionnements s’annulent l’un l’autre au sein du système, ou cessent de produire leurs effets négatifs à l’extérieur si on les arrête purement et simplement.

    A titre d’exemple, je me pose la question suivante. Le montant total des CDS (qui est un des rouages dans la boite noire) s’élève à 62 T$ (un trillons de $ = 1.000 milliards de $), correspond-il à quelque chose de tangible à l’extérieur de la boite ou bien est-ce une observation faite dans la boite noire ? Autrement-dit, ces 62 T$ ont-ils été introduits dans la boite sous forme de flux temporaire ou permanent (« input ») ? Si la réponse est non, cela veut dire que, dans la boite, un mécanisme amplificateur interne a produit le montant de 62 T$ à partir de quelque chose d’autre.

    Analogie mécanique

    Faisons une analogique mécanique avec une boite de vitesse automobile dans laquelle se trouvent des engrenages. Initialement, la boite de vitesse fonctionne parfaitement. On s’intéresse aux « vitesses de rotation ». On a mesuré que la vitesse de l’arbre moteur (« input ») est de 3.000 trpm (tours par minutes) et que la vitesse de l’arbre de transmission (« output ») est de 500 trpm. L’homme résout généralement les problèmes en rajoutant de la complexité aux systèmes. Avec le temps et les réparations successives, la boite comporte maintenant 2.000 engrenages (incompréhensibles) dont l’un tourne à 6.200 trpm. Analyser pourquoi 6.200 trpm ne sert à rien sauf à épuiser ses forces en s’éloignant de la solution ou satisfaire le besoin de l’historien en mal d’événements à décrire. L’important est ce qui entre et ce qui sort, peu importe ce qui se passe à l’intérieur. C’est nettement plus simple !

    Imaginons maintenant que l’on constate que la boite de vitesse émet un son strident et vibre de façon inquiétante. Un observateur détecte que plusieurs rouages internes tournent à 62.000 trpm et qu’ils risquent de céder mécaniquement à court terme, entraînant la ruine du mécanisme. Vu la complexité et la dangerosité de ces pièces en mouvement, il est illusoire d’essayer de réparer ou renforcer ces éléments, sans provoquer d’autres effets néfastes incontrôlables. Les solution n’est pas dans le rafistolage continuel de ce système, par application de la méthode « plus de la même chose ». Il arrive un moment où la solution est une simplification du mécanisme.

    En pratique

    Il nous faut donc maintenant (au moins dans une première étape) analyser uniquement ce qui entre et ce qui sort de la boite noire du monde de la finance. En réalité, il y aura plusieurs analyses à faire et plusieurs étapes à franchir :

  • La première concerne l’état des lieux, c’est-à-dire décrire et mesurer ce qui entre et ce qui sort de la boite et quels sont les acteurs qui participent aux flux correspondants, sans se poser de question de ce qui se passe à l’intérieur. Faire un bilan chiffré. Seuls les acteurs que je qualifierai de premiers niveaux sont importants. Dans la boite de vitesse, seules les vitesses d’entrée et de sortie importent, le reste est de l’overhead interne. Si l’on a défini que le système financier nécessite, pour fonctionner, des agences de banque, une banque centrale, une autorité collectrice d’impôts, des citoyens (avec plusieurs casquettes selon qu’ils sont emprunteurs, épargnants ou contribuables) et des initiés, on ne s’intéressera pas aux fonds spéculatifs qui sont dans la boite noire.
  • La deuxième concerne le remplacement de la boite noire défectueuse par une autre, à construire (éventuellement par transformation de l’existante), conçue pour fonctionner de façon acceptable, sur laquelle on raccordera plus tard les « inputs » et les « outputs » existants. Il pourrait même y avoir deux ou plusieurs boites noires de remplacement. Une boite de secours temporaire (qu’on pourrait appeler « de crise transitoire ») destinée à stabiliser le fonctionnement déficient de la boite défectueuse et reprendre le contrôle du système, fonctionnant provisoirement dans le cadre existant. Et une boite définitive qui reprendra le relais plus tard, quand la situation sera sous contrôle, qu’on pourrait qualifier « de régime de croisière », basée par exemple sur la future Constitution Economique souhaitée par Paul Jorion.
  • Entre ces deux étapes, il faut définir, sur base des mesures effectuées, à quel résultat on veut aboutir, pour pouvoir dimensionner la boite noire de secours. En terme courant, cela revient à définir comment les pertes seront réparties et les dettes remboursées, en fonction de divers paramètres et diverses contraintes.

    Passer le témoin

    A ce stade du raisonnement, il me faut passer la main aux spécialistes qui disposent des mesures de ce qui entre et sort de la boite, pour en calculer le bilan (et en déduire le déséquilibre). Mais avant cela, je pourrais faire un court flash-back avec la réalité pour monter où je pourrais arriver, car rester dans le théorique ne sert à rien en soi, et est peut-être difficile à suivre. J’ai écrit « ou je pourrais en venir » car à ce stade, je n’en ai aucune idée. Je raisonne tout haut.

    On dit que le montant total des CDS est de 62 T$, soit un montant du même ordre de grandeur que l’épargne totale de tous les habitants de la Terre. Comme on peut supposer qu’il y a d’autres possibilités de pertes potentielles ailleurs, il y a de quoi se sentir abattu ! Mais si j’arrive à montrer, en regardant ce qui entre et ce qui sort de la boite noire, les « inputs » et « outputs » ont une toute autre valeur (que j’espère nettement inférieure) j’aurai prouvé ceci :

  • Il y a dans la boite noire des rouages inutiles, qui n’influencent pas ce qui en sort et qui produisent ce montant que seuls les observateurs intérieurs à la boite peuvent mesurer.
  • Il y a sans doute dans la boite noire des endroits particulièrement dangereux pour son fonctionnement général, et donc nuisibles à la recherche d’une solution efficace aux problèmes posés par la crise. Si la banque centrale intervient à cet endroit, son action peut être réduite à néant instantanément. C’est bien sûr évident ! Mais pas pour tout le monde puisque certains experts prétendent que les politiques gouvernementales actuelles n’auront pas d’effet. Quoiqu’il en soit, cela démontre qu’il ne faut pas injecter les subsides à fonds perdus dans les rouages les plus déficients du système, en particulier dans ce que j’appelais ci-avant « la poubelle ». Si on donne des liquidités à une banque et qu’elle les utilise pour boucher le trou de ses produits toxiques, cela n’aura servit à rien, à part augmenter la dette publique.

    Je voudrais pouvoir poursuivre cette analyse en dessinant la boite noire telle qu’elle existe aujourd’hui. Mais le fait de ne pas disposer des éléments nécessaires m’empêche de continuer mon chemin vers une hypothétique façon sinon de penser à la résolution de la crise, au moins de mettre en lumière les erreurs grossières à ne pas faire. Et que personne ne court-circuite mon intention sous prétexte que c’est évident ! Si c’était évident, il aurait été tout aussi évident de ne pas faire les erreurs commises avant, qui ont conduit au crash.

    Système financier disfonctionnant

    Partant du premier schéma (« Montage »), je cache tous les rouages financiers inutiles, qui se trouvent dans la boite noire. Je dessine cette boite et je la nomme « système financier ». Je vais appeler d’une façon générale « Utilisateurs » les personnes (les citoyens, les épargnants et les emprunteurs) qui ont des interactions avec le système financier, normalement via leur banque. En dehors de la boite il reste :

  • Les « banques » car elles servent d’interface entre les « Utilisateurs » et le « système financier ».
  • Les « emprunteurs » car ils ont une dette à rembourser à leur banque.
  • Les « épargnants » car ils ont un capital à récupérer de leur banque, et si possible des intérêts à percevoir.
  • « L’Autorité » car elle interviendra bien un jour pour remplacer la boite noire défectueuse par la boite de secours.

    Voilà. Nous en sommes arrivés à un stade de simplification extrême.

    Cette démarche a-t-elle du sens, ou est-elle une vue de l’esprit ? Cette question est en soi tout un débat. Pourquoi ne pas examiner dans un premier temps les objections qu’on pourrait lui faire et vérifier si elles résistent à l’analyse. Si elles résistent, on peut soit abandonner, soit vérifier s’il y a un « workaround » possible, par exemple en complétant ce nouveau modèle.

    Je remarque principalement dans ce schéma que :

  • « L’Autorité » n’a actuellement pas de contrôle sur le devenir des fonds qu’elle injecte dans le système pour venir au secours des sociétés en difficulté qui le mérite. Une structure intérieure à la boite noire peut très bien utiliser ces fonds publics en pure perte pour la communauté et même continuer à être parasités par les « initiés », puisque le système est opaque et tellement compliqué qu’on ne comprend plus ses méandres.

    Il me semble que cette façon de modéliser le système global permet, en faisant le bilan de ce qui entre et ce qui sort, de se faire une idée plus précise de l’impact qu’elle peut avoir par rapport aux montants cités dans la presse.

    Rappelons-nous avant d’abandonner cette piste de réflexion, qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs et que personne aujourd’hui n’a identifié de solution évidente aux questions posées par la crise.

    Toute voie imaginable autre que celles qui ont déjà échoué n’est pas nécessairement pire et a le mérite d’être étudiée, car elle a des chances d’être meilleure. C’est une extension de la « méthode des essais et erreurs » utilisée jusqu’ici dans la gestion des crises.

    Système financier OK – Vers une méthodologie ?

    Faisons maintenant un pas vers une gestion hypothétique de la crise.

  • « L’Autorité » met fin à la ponction des « initiés » en légiférant. C’est pourquoi la flèche qui les relie au système est en traits pointillés.
  • Le « Juge » fait en sorte d’obtenir réparation des « initiés » jugés coupables. Autant que faire se peut, il rend au système financier, une partie de ce qui lui a été indûment ponctionné. Ce qu’il récupère est transféré à « l’Autorité ».
  • Les produits « toxiques » sont isolés et « l’Autorité » se charge de superviser la structure de gestion des produits toxiques – trier, vendre, échanger, réintégrer le non-toxique dans le système sain, etc – en un mot : « liquider » comme le fait le curateur d’une faillite.
  • Si nécessaire « L’Autorité » injecte des fonds aux endroits les plus appropriés pour huiler la machine.

    Vers une stratégie?

    Je remarque principalement dans ce schéma que :

  • Le fait d’isoler les produits toxiques et les initiés permet de tirer le meilleur parti des initiatives et des interventions publiques, pour la relance de l’économie sur une base assainie.
  • La flèche verte de « l’Autorité » vers le « système financier », qui représente les interventions publiques, se connecte aussi directement aux banques et/ou auprès des emprunteurs surendettés, moyennant les conditions qui s’imposent. L’Autorité intervient aux endroits appropriés et pourquoi pas en activant des effets de levier vertueux.
  • En ce qui concerne le sauvetage des entreprises qui le méritent et qui sont (partiellement) dans la boite noire, elles ne devraient pouvoir en bénéficier qu’à condition d’avoir été débarrassées de leurs produits toxiques, en séparant les activités saines (métier de base, fondamentaux) des produits ou activités toxiques.

    Cas pratiques

    Voici ce que donnent ces conclusions, en ce qui concerne les banques belges.

    Fortis

    L’intervention de l’Etat dans Fortis a été subordonnée à l’isolement des toxiques et des activités de banque-assurance (et la démission de son président). En vertu de ce qui précède, c’était sans doute une excellente décision, peut-être prise pour satisfaire les exigences de BNP. Mais après avoir été débarrassée de ses produits toxiques, la Fortis serait vendue la BNP encore en possession des siens…

    Ces opérations ont été menées sans respecter la loi (lors du démantèlement du groupe) et sans respecter la Constitution (lors des procès qui ont suivi), ce qui est pour moi une impardonnable atteinte à la démocratie. N’oublions pas qu’une des conséquences possibles de la ruine du système économique et financier consiste justement en une mise en danger de la démocratie. Est-ce un premier avertissement ? De plus l’Etat a cherché à revendre la partie saine (banque-assurance). Il s’est justifié par une urgence sans fondement puisque les risques toxiques avaient disparu (la banque vit d’ailleurs sous la tutelle de l’Etat depuis trois mois) et de la grande taille de la banque par rapport à celle du pays (les excuses sont faites pour sen servir).

    Les anciens « actionnaires-épargnants » (se sentant sacrifiés) ne détiennent plus que les toxiques isolés dans le holding. Ils défendent leurs intérêts devant le « Juge ». Ils sont sur le point de tomber « légalement » dans la catégorie des « initiés », si un compromis acceptable ne leur est pas proposé et qu’ils mettent leurs propres intérêts devant ceux de la collectivité (si certains politiques le font pourquoi pas eux ?) Nous sommes donc devant une situation paradoxale ou ils se tireront une balle dans le pied s’ils entérinent la bonne solution à la prochaine AG !

    Si on leur impose une attitude en vertu de la Raison d’Etat, quid de la démocratie, si d’autres problèmes de cette ampleur (ou plus petits) se posent dans le futur ?
    A méditer… par tous ceux qui se sentent lésés !

    Les autres banques

    Elles ont aussi été aidées par l’Etat sans avoir pas été contraintes d’isoler leurs toxiques, ni nationalisées, ni vendues…

    Conclusion

    A mon avis, il y a eu deux poids et deux (demies) mesures. C’étaient deux essais de solution différents à deux problèmes très similaires. Un parfait exemple d’application de la méthode par « essais et erreurs », par des gens sans doute compétents mais complètement déboussolés par l’opacité et la confusion qui règnent dans le monde financier.

    Ils ont cru que la compréhension des mécanismes internes du système financier était un préalable à la mise en place d’une solution efficace. Dépassés par ce défi insurmontable, on peut comprendre qu’un état de panique mauvaise conseillère se soit installé insidieusement, et que la pagaille se soit propagée dans le processus de décision, dans l’appareil d’Etat et dans la population angoissée.

    Les décideurs, comme ils savent très bien le faire, clamaient très fort sur tous les toits qu’ils avaient tout juste, mais sans savoir réellement démontrer pourquoi !

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    54 réflexions sur « Crise : Gestion des toxiques et relance. Une méthodologie ? par Pierre Lang »

    1. @ Fab Avant de répondre ou questionner il serait convenable de lire ce que l’autre écrit…
      bien que la question ne s’adresse pas à moi je propose quelques pistes relatives à ta question bien que le terme de religion soit impropre.
      G.Bateson (anthropologue, biologiste et épistémologue) : « une unité sacrée » seuil (1996) . Du même auteur : la nature et la pensée et vers une écologie de l’esprit…Ca pourrait te plaire..Cordialement.

    2. @ et alors

      Je connais beaucoup mieux les écrits de René Thom sur ce pour quoi il est reconnu (médaille Fields, équivalent de prix Nobel pour les math) que pour ce qu’il a écrit au-delà de son champ disciplinaire.
      Il ne me semble pas difficile d’imaginer le cheminement de la sélection naturelle pour aboutir à l’asticot au bout de la langue de la lamproie. Je ne croie pas que la lamproie ait eu besoin de se faire une idée de l’idée de ses proies. Il me parait beaucoup plus facile d’imaginer que l’homme imagine cette solution parce qu'(il croit qu’)elle s’applique à sa façon de penser (sa prédation en particulier).
      Une question aux lecteurs du blog : lorsque vous parlez d’un sujet (par exemple la biologie, ou la création de monnaie), connaissez-vous les bases expérimentales et savez-vous faire un calcul simple ? Par exemple connaissez-vous les échelles de vitesse de mutation d’un être vivant suivant son environnement, et savez-vous divisez un nombre d’années par une vitesse pour aboutir à une évaluation permettant d’établir la crédibilité ou non d’une « théorie » ?
      J’apprécie le blog et l’humeur de Paul Jorion et l’en remercie, mais je suis parfois dérouté pour ne pas dire navré par l’absence de sens du raisonnement et du calcul (donc de sens scientifique…) de beaucoup. Je ne dis pas que le mystère, la poésie ou la littérature ne sont pas parfois savoureux, mais ne prétendez pas élucider ou comprendre le monde par le mystère, la poésie ou la littérature. Il est facile de critiquer la science lorsqu’on ne la comprend pas. Si vous cherchez à me convaincre que la littérature explique des choses, je pense que j’arriverai à vous contredire. Bien que non spécialiste en littérature.

    3. « L’art de l’ingénieur » : dessiner un pont avec la pointe sèche d’un Dürer… mais faut-il mobiliser toutes les énergies pour étançonner le pont, l’art de l’ingénieur ne s’applique-t-il qu’aux ouvrages mammouths et en PowerPoint ? Et puis, je vais vous dire mon angoisse : un monde dans lequel quelques ingénieurs feront croire un moment qu’ils s(ont) la solution aux problèmes n’aurait-il pas, comme idéal, un monde de robots consentants au service de leurs maîtres ? Libérons le bricolage populaire !

      Etat Ruiné – Et d’abord le « pont »Fortis, dont la faillite le 26 septembre eut, d’un coup sec, mis la moitié des Belges (ménage et entreprises) en mort sociale immédiate(1), est-ce bien sérieux de le reconstruire ? Ne pouvons-nous oublier quelque peu les ponts et commencer à construire de petites barques ? Car quoi, ce n’est pas Fortis qui s’effondre, mais une société tout entière. Salariés, épargnants, entreprises, petites et grosses fortunes s’identifient à une banque, laquelle est dirigée par le gratin de la nation, « peopolisée » à Knock le Zoute et sanctifiée par le prince ! – Hypothèse extrême – Tout l’effort serait perdu pour avoir joué la grenouille qui voulait manger Amro. Dans une modélisation, le pas décisif est de poser les limites du système; et bien, si j’étais économiste je me révolterais d’être le seul bouc émissaire ! « M’enfin quand même », ne savez-vous pas combien de marchés de dupes, de marchés truqués, de compromis à la belge, combien de Clowns d’État alcooliques il a fallu pour pousser Fortis. Allez-vous oublier les efforts que nous avons consentis pour parvenir à estomper la norme : Alzheimer sur l’attribution « d’Otan » de tunnels et de glaives inutiles, combien de nomination truquée aux postes de balayeur, « en chef », mais chargé de l’activation du pool des chômeurs communaux ? Pensez-vous donc que Fortis soit étrangère à ce rêve communiste réalisé ? – Etat actuel – État dont le gouvernement élu se cherche sans se trouver pendant plus d’un an, pour tomber, par un curieux sursaut de décence, parce que les règles de l’État de droit n’auraient pas été respectées, seulement la veille? Vers une méthodologie, pt.3 produits toxiques – : « produit toxique », Cela sonne « novlangue de bois » il me semble; à retraduire par – transactions entre escrocs en complet gris et groupes de benêts bercés d’argent confortable, mais dont le produit est à charge de tous les autres ! Faut-il espérer que l’ingénierie nous lavera de cette merdouille (comme dans ma réponse à votre précédent billet, je vois que je persiste, à écrire non pas sur la table du salon, mais bien sous la « commode »). Que deviennent les produits toxiques, quelle mafia les enterrera ? La question est déjà dans la presse et le nouveau gouvernement « en est pendu », par commissions interposées, aux démêlés entre les actionnaires ruinés de Fortis holding et la stratégie de BNP Paribas. S’il s’agit de diluer le fond du vase avant de l’avaler, autant savoir qui et à quel moment boira la soupe ? Ha, mais nous tenons à notre dignité de Belge : sauvons l’état de droit bafoué ! Le 26 au soir, qui était aux manettes : une poignée d’hommes et de femmes politiques indignes de Montesquieu, le croyez-vous ? Le droit n’y avait rien à faire, la valeur des actions pourries concentrées dans Fortis holding s’est jouée au rapport de force (merci Aristote) entre quelques milliers d’actionnaires dans la rue, ou la moitié d’une population ! Certes aujourd’hui les actionnaires (et chacun de nous les comprends, là n’est pas la question) voudraient revenir en arrière, et crier « nos sous » ; c’est trop direct, mieux vaut « procédurer », adopter la tactique de « la défense de l’État de droit », la négociation suivra. Certes, je suis aussi pour défendre l’État de droit ! Mais que ne l’ont-il défendu durant ces trente années de casse sociale, et pourquoi avoir attendu que les tirelires soient en morceaux ? : La solution est indépendante de la genèse du problème-, soit, mais alors, pourquoi garder le même problème. Arrangeons-nous pour en aborder d’autres, plus sympathiques

      Montage – Le pont est lieu d’octroi. Les gens de la rive A vont travailler dans les usines de la rive B et inversement, des marchandises fabriquées en B sont achetées par les A dans des magasins situés en A, mais dont les propriétaires sont de B ; (le tout en miroir et ricorsi, cela nous fait une fameuse boîte noire, dans laquelle faire circuler nos pots de yaourt). « Gare au protectionnisme », tonne « Pascal Lamy »(2) ! Assurément les filles de A aiment bien les gars de B et réciproquement, alors là, je suis d’accord continuons à traverser le fleuve, mais autrement. (Montage bis), en avant les ingénieurs inventez, et ne nous faites pas croire que nous ne pouvons rien faire d’autre que de réparer le pont ! L’image à séduit au JT, « ce n’est pas au milieu de l’incendie que l’on dessine les nouveaux plans, nous verrons ça après ». Les nouveaux plans sont déjà en route, éoliennes, microcrédit, captation des terres agricoles… modélisez moi donc ce qu’il y a de marron dans ces boîtes noires, çà pourra servir… Pour traverser le fleuve, à côté de rafistoler le pont, nous avons besoin de guinguettes sociales, d’atelier de canotier, chapeau et barques en bois vernis, d’accordéons, il va en falloir des écoles d’ingénieurs pour que tout ça nourrisse son monde et fonctionne harmonieusement avec les abeilles, mais ça sera tellement plus gai ! Que de beaux travaux, de belle vie et non pas de l’emploi vulgaire, mais de l’ouvrage en perspective, et en plus pour Jorion rêvé aux étoiles en pédalo hydroptère! En avant la croissance de la décroissance, en avant les outils conviviaux! En avant les crayons pointus, sortez-nous les SEL de l’âge de la pierre, inventez-nous la monnaie de l’avenir, et surtout, dégagez-nous des « pôles emplois », et autres académies du repassage ! Bien entendu, ne nous noyons pas dans l’entrepont, pendant que ça coule, essayons de faire mieux qu’à la Bérézina, il faudra bien quelques pontonniers se sacrifient c’est bien, merci à vous les gars, mais nous ne faite pas croire que nous retournerons vers Moscou !

      (1) Joëlle Milquet, Ministre de l’Emploi, RTBF, ce jeudi matin.

      (2) Pour Lamy, France inter, mercredi matin, « il faut remplacer le capitalisme », mais ajoute « il est monstrueux de parler de décroissance à trois-quatre milliards d’êtres humains », il a raison sur les deux points ! Toutefois, à quoi rime encore cet ostracisme sémantique sur le mot « décroissance » alors que nous pouvons presque tous, aujourd’hui, nous entendre sur multiplication d’outils et de circuits économiques conviviaux – au sens d’Illich – ?

    4. C’est réglé : Obama va faire fabriquer des panneaux solaires aux américains : ça tombe bien , des chercheurs ont justement publié une étude sur l’évolution du climat : c’est la cata. Et attention petit américain, si tu ne veux pas mettre de panneaux sur ta maison, tu pourrais bien passer pour un affreux fasciste (un peu comme les fumeurs de cigarettes). Comme quoi on pourra toujours recréer de l’activité économique avec un peu de civisme et de confiance…

    5. Réponse à Fab 20:53
      J’ai mes limites comme tout le monde et j’utilise la langue française à ma façon, avec ce que je crois comprendre, moi, des mots que j’utilise. Il est probable que ceux qui me lisent ne donnent pas le sens aux mots que j’emploie et que l’on m’interprère de plus. De plus, il m’arrive d’être un peu impatient, par exemple pour passer à autre chose et mes phrases sont mal construites, avec des fautes d’orthographes.

      Point 1. Le mot connerie ne fait pas partie de mon vocabulaire. Pour une fois je me suis laissé allé et j’ai passé xxxx-à-la-con. Mon corps calleux (entre cerveau droit et cerveau gauche) dont le débit est très réduit (comme tout le monde) a laissé passer.
      L’intelligence. J’ai écrit de nombreux documents là-dessus, un sujet bien complexe. J’espère qu’aucun psychologue ne lira ce blog, car je me suis autorisé (pour moi, pour moi seulement) à bâtir un simulateur de cerveaux hétérogènes où 30 formes d’intelligence très différentes interagissent les unes avec les autres. Elles sont corréléées, pour l’une à des personnages de la littérature … pour une autre à des modélisations logiques d’esprits rationnels … etc.
      Il y a des milliers de sujets sur lesquels je doute, mais je suis certain que la connerie n’est pas la décontraction de l’intelligence. Dans cette observation, j’associe connerie à bêtise. Pour moi, les trente formes d’intelligence précitées ont des atouts que l’on ne trouve nulle part ailleurs, mais aussi des revers que l’on trouve souvent à plusieurs endroits.
      Point 2. Pour l’instant je ne suis pas tellement un sacré déconneur … c’est surement pas ce que l’on pense autour de moi.
      Point 3a. Je n’ai plus la fraîcheur de mon esprit prépubère. Je crois que ne me souviens plus du tout de la façon dont mon cerveau fonctionnait alors. Et je ne sais pas méditer.
      Point 3b. L’Homme avec un grand H. Pour moi, le concept Homme ave un grand H n’existe pas, n’est pas même esquissable pour servir je ne sais quelle théorie. Il est toujours singulier. Déjà avec mes trente classes qui passent à 90 selon le climat est encourageant ou désolant, il y a beaucoup de psychologues qui viendraient me taper dessus, tous les champions du DSMIV.
      Point 3c. En règle générale, disons pour 98% des gens, le changement est intolérable. Il faut l’accepter, c’est un fait physiologique. Peut être que des neurophysiologues sauraient l’expliquer. Je vais prendre un exemple concret. Le matin, après avoir petit-déjeuné, je préfère filer composer ma meilleure idée prioritaire du matin. J’ai vraiment en horreur la pile du courrier qui attend. Il me faudrait une très sérieuse thérapie de plusieurs années pour commencer la matinée à traiter le courrier.
      A la question « Pensez-vous que les femmes et les hommes soient prêt(e)s à quitter leur religion ou « croyances absolues » ? Ma réponse est NON. La personne qui appartient au % qui répond OUI aimerait sans doute changer de croyance, mais son cerveau le peut-il ? On ne fait pas avec ce que l’on veut.
      Transition. Les deux mots « Autrement écrit » devraient être rayés. Il n’y a peu de corrélation entre la question qui précède et la question qui suit.
      Point 4a. Qui peut croire que la Société de Consommation soit une fatalité ? Pas moi.
      Point 4b. L’expression « Systeme Economique » n’a, pour moi, pas de sens. L’économie n’est pas un système, car elle est au moins autant fantasque, humaine, irrationelle, etc. que codée.
      Pendant des années j’ai suivi des cours sur la « Dynamique des Systèmes Complexes ». Un livre d’économie peut au mieux tenter de modéliser tel ou tel sous-système avec tel ou tel jeu d’hypothèses.
      J’ai un peu tort en disant cela (j’ai envie d’en finir). En effet, j’ai la faiblesse de croire le sigma de toutes les formes de modélisation mathématique pourrait contribuer à mieux représenter le réel y compris celui que l’on dit économique. En effet, tel l’amoureux ravi, je suis séduit par les théories sur les différentes de chaos dont le chaos frustré. J’adore le « <Diagramme de bifurcation de la logistique » (de Feingenbaum, je crois). Je suis frustré de pas comprendre les paramètres &beta: (beta) qui sont en abscisse. .
      Vu mon âge, cela n’existait pas quand j’étais à l’école et je n’ai eu aucun prof pour me l’expliquer. Ce diagramme est la page 87 de l’excellent livre « Des réseaux et des sciences » (Biologie, Informatique, Réseaux, Sociologie, l’omniprésence des réseaux d’Hugues Bersini (Ed. Vuibert). Je m’arrête là. J’ai des livres entiers (non publiés) sur tout cela.Bref, pour celles et ceux que j’ennuie, j’en ai tiré la conclusion que le bonheur se trouvait à la frontière du chaos, en faisant bien attention de ne pas s’approcher trop près des quatre formes de ravins.
      Point 5. Je n’ai pas très bien compris à quoi je devais répondre OUI pour vous faire plaisir. Je crois deviner ce que vous vouliez dire et — pour le mot « viable » je réponds OUI, absolument, sans hésitation.
      J’ai articulé tout un ensemble de compositions hétérogènes et complémentaires entrelacées. Non seulement c’est viable mais c’est une belle civilisation, respectueuse des individus et de ce à quoi les gens sont habitués. .
      La difficulté « artistique » c’est que cela n’appaisse pas comme un changement. C’est possible. J’y travaille depuis des années. La difficulté majeure, celle qui a multiplié les années de réflexion, c’est de houspiller le dogmatisme en dehors du terrain. .
      Aussi, pour le mot « religion » je réponds NON, catégoriquement, pas venant de moi, pas davantage venant d’un tiers et qui me serais destiné.
      Résumé du point 5 ; OUI et NON … je suis normand. Mes études secondaires se partagèrent entre le lycée Fontenelle et le lycée Corneille de Rouen.

      Bonne réception.

    6. Hum, mais comment empêcher les chinois de fabriquer des panneaux solaires 10 fois moins chers…Je n’y avais pas pensé ; et Barack ?

    7. Nadine dit: 8 janvier 2009 à 8 : 15

      Non, ce n’est pas Lyndon LaRouche, mais Clifford Hugh Douglas (1879-1952), ingénieur britannique d’origine écossaise qui inventa le – Crédit-Social – (qu’on peut aussi appeler: Argent-Social) en 1924, dans son livre: Social Credit.

      Mais bien sûr, loin du Crédit-Social évidemment, voici ce « qui nous attend »(?): un genre de gestion des toxiques et la relance? RV pris le 2 avril prochain à Londres, par un grand inconnu, sorti de nulle part, et qui aurait mal supporté que Barack Obama lui fauche la vedette mondiale…

      http://www.lefigaro.fr/economie/2009/01/08/04001-20090108ARTFIG00558-capitalisme-financier-sarkozy-met-en-garde-obama-.php

    8. @ François Jéru

      C’est dommage que votre billet en X parties se retrouve enfoui dans les commentaires d’un billet s’étalant déjà énormément dans notre espace cérébral. Vous semblez être une vraie vieille bique débordant d’expérience, et ayant toujours échappé au loup. Vous auriez des éléments à verser au dossier méritant plus de visibilité.

      Le monstre grandissant, depuis des décennies, pour ne pas annoncer des siècles, semble être de l’ordre des choses.
      Néanmoins ce qui est très gros devient trop gros, et fini toujours par tomber. Tous les empires s’effondrent parce qu’il est de la logique d’un empire de s’effondrer par l’abus de ce qui l’a aidé à se constituer. Le moment vient où il ne peut plus épuiser davantage ce qui l’a alimenté, pour occuper tout l’espace.
      Ne serions nous pas au moment où nous touchons justement les limites d’expansion de la bête, ce moment où on ne peut qu’aller dans l’autre sens, malgré le désir de cette autorité manipulatrice, de vouloir retenir l’ensemble de ce qu’elle a accumulé.

      La position stable n’existe pas.

      N’hésitez pas a en lâcher de jolies ( non, « on » ne surveille pas les commentaires sur ce blog, ce serait trop long à éplucher ), sur le jeu du banquier, pour offrir plus de pistes, afin de mieux comprendre où lancer ses lassos aidant un peu prématurément, à terrasser le carnassier, mais qu’il ne tombe pas sur le parterre en capucines, éradiquant les capucines.

    9. @ pariste… rassure-toi, je ne suis pas un fan du finalisme…ni de Thom..et de Zeemann…
      « Il est facile de critiquer la science lorsqu’on ne la comprend pas »… La Science ? économique, politique, sociale etc ? Ou le « scientisme » ?
      Rappel : Prigogine (Prix Nobel).. »La fin des certitudes »…aussi par le raisonnement et le calcul… Pas encore le début de l’humilité…

      Epistémologie :
      – Théorie de la connaissance et de sa validité
      – Étude critique des sciences, destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée. Épistémologie philosophique ou philosophie des sciences. – Spécialt. Étude des théories scientifiques, indépendamment de la méthodologie. (Le Grand Robert)

      -De tradition et de vocation, l’épistémologie est le lieu où se débat de la manière la plus particulière et précisée le problème philosophique de la vérité; le lieu où ce problème est projeté, circonscrit, déterminé, effectué. C’est le support où toute théorie de la connaissance, quelle qu’elle soit, est obligée d’aller prendre ses valeurs. Michel SERRES, Hermès I, la Communication, p. 62.

    10. Monsieur Jéru,

      Merci de votre réponse.

      Point 1. Désolé pour la connerie ! Et encore une fois merci d’être passé au-dessus. Chez moi, j’habite plus au Sud que vous, vers là où il n’y a pas de jardins du roi, on donne à connerie et déconneur un sens un peu différent de celui du petit Larousse ou du gros Robert. Par exemple, pour essayer de vous situer, imaginez-vous (un peu ce que vous proposiez à M.Jorion) à une terrasse d’un bistrot, le soir, au bord de la mer, les dernières cigales chantent…un verre de votre apéritif préféré à la main, entre « amis »:
      -« Oh ! François ! T’as compris ?! »
      -« Bien sûr, mon corps calleux (entre cerveau droit et cerveau gauche) dont le débit est très réduit (comme tout le monde) a laissé passer ».
      Là, vous auriez droit à une grosse tape sur le dos et un :
      -« Qué déconneur ce François ! »

      Point 2. Voir Point 1.

      Point 3a. Il devait faire frais dans votre entourage, à l’époque…Mais je sens encore un courant d’air.

      Point 3b. Je n’ai pas tout compris, notamment vos 30 classes qui passent à 90 suivant le climat…Quant au h ou H, vous siérait-il, siérait-il à votre singularité d’homme, que j’utilise la notion de votre 3c, à savoir les 98% ? Vous n’aimez pas les arrondis ?

      Point 3c. Vous dites que pour la quasi-totalité d’entre nous le changement est intolérable. Je ne suis pas d’accord. Est-ce un constat, une déduction, une déception ?
      Mais supposons, qui sont alors les 2% ?
      Et puisqu’il apparaît que l’on peut faire prendre des vessies pour des lanternes à beaucoup, que l’on peut envoyer à la guerre beaucoup de gens par exemple, que l’on peut « du jour au lendemain » faire accepter à beaucoup qu’ils ont un Dieu et que ce Dieu a une belle barbe blanche, un fils…j’aimerais savoir ce que vous appelez changement et donc quelle est la limite de l’intolérabilité dont vous parlez…
      J’ai du mal à comprendre votre exemple concret : « je préfère filer composer ma meilleure idée prioritaire du matin », selon ce qu’est cette idée prioritaire…on peut parler d’animalité et le changement viendra avec le temps !
      Je suis déçu par votre NON. Il est vrai que j’ai du mal à définir correctement ce que j’entends par religion. J’ai essayé à plusieurs reprises sur ce blog, mais je tourne en rond : sens de la vie, occupation, carotte, motivation… ? Par exemple, pour les Shadoks, cette « religion » c’était (c’est ?) pomper…Peut-être comprenez-vous mieux maintenant ce que j’entends par religion.

      Transition : à vos 30 ou 90 intelligences répertoriées peut-être pourriez-vous ajouter la mienne ? Ca me plaisait bien le « autrement écrit », surtout que ça permettait de préciser ma pensée ! L’intelligence est la chose la mieux répartie dans l’humanité : chacun est persuadé d’en avoir…assez ! Je précise donc :
      Définition (ma définition) de « Etre prêt à changer de religion » : être prêt à nier que la société de consommation ou le Système Economique soit une fatalité, une nécessité pour l’humanité.

      Point 4a. Désolé, je n’ai pas compris.

      Point 4b. Par Système économique j’entends à nouveau « religion » comme j’ai essayé de la définir plus haut. C’est plus la façon dont nous vivons par et pour l’économie que les mécanismes internes. Je vous rejoins totalement sur l’approche que vous avez de ces mécanismes internes et vais même un peu plus loin…
      Quelles sont les 4 formes de ravins dont vous parlez ?

      Point 5. La porte est ouverte. J’aimerais vraiment en savoir plus sur cette belle civilisation viable que vous envisagez, respectueuse des individus et de ce à quoi les gens sont habitués…
      sur cet « ensemble de compositions hétérogènes et complémentaires entrelacées », bref, sur l’art et la manière.

      Au plaisir de vous lire.

      PS : j’aurais aimé écrire ce que barbe-toute-bleue vous a écrit(http://www.pauljorion.com/blog/?p=1448#comment-13919)

    11. @pariste
      Vous êtes probablement un homme de foi qui s’ignore, la vérité échappe définitivement au scientifique comme au poète car:

      Aussi sûr que vous soyez qu’une chose est vraie; il demeure toujours possible…

      qu’elle ne le soit pas.

      Notre seul moyen d’approcher le réel c’est le doute, éventuellement croire qui représente -LE choix-, dès que l’on est persuadé, convaincu, assuré, certain, on érige des barrages pour s’interdire de revenir en arrière, au doute.

      La science, couteau Suisse, et son cortège de calculs mathématiques n’est qu’un autre moyen de détourner le problème, le reste; du dogme.

      le scientisme est la nouvelle religion, avec ses totems-cathédrales, l’homme sur la lune, le téléphone portable, la fission atomique, autant de pierres dressées technologiques qui impressionnent le chaland qui crie au miracle : » je ne comprends pas mais, c’est manifeste, la science détient forcément la vérité pour réussir à produire des trucs pareils ! ».

      Résultat tout le monde exige l’étiquette science sur son outil de pensée, ceux qui doivent se contenter de la pancarte pseudo-science sont furieux grrrr!

      Le discours de la méthode, a du plomb dans l’aile depuis la preuve scientifique que l’expérience ne donne pas le même résultat si l’on en retire l’expérimentateur, merci à la théorie quantique (merci à Schrödinger notamment).

      L’équation approche scientifique + réel = vérité ne fonctionne pas…

      Il y à longtemps l’équation sciences + philosophie = métaphysique produisait un outil d’exploration du réel à dimension humaine et lui permettait de progresser à sa mesure.

      La conscience de l’être était dans l’outil, la recherche de la vérité confiée à la sphère spirituelle, l’homme pensant, un être complet, et le monde était ouvert, tout plein des mystères dont il est toujours chargé (Je prends le pari que nous n’avons levé qu’un minuscule bout du voile de ce qui est connaissable) emplit d’espaces infinis à découvrir.

      La porte d’accès érigée par le dogme religieux fut détruite en 1789 pour laisser place à un nouveau barrage: la vérité la scientifico-technologique.

    12. Fab

      Vous êtes impayable 🙂

      Ou alors en monnaie de singe !

      On vous découvre à chaque fois de nouveaux talents aujourd’hui Monsieur loyal !

      Ouarf !

      @+

    13. @ Shiva,

      Merci pour le compliment (?) bien que je ne sois pas sûr de le comprendre à sa juste valeur : Pourquoi dites-vous que je suis impayable et pourquoi M. Loyal ?
      J’ai du mal à exprimer clairement mes idées (peut-être là ai-je été plus clair : http://www.pauljorion.com/blog/?p=1440#comment-13984). Peut-être pourriez-vous m’aider ? J’ai foi dans l’humanité et je trouve sa situation actuelle bien en dessous de ce qu’elle mériterait…C’est pourtant pas si compliqué à comprendre, non ?
      Merci encore et @+

    14. Fab

      OUI, c’est un compliment, n’y voyez aucune malice je vous en supplie; vos propos m’ont fait rire ! au point 1 par exemple : »Point 1. Désolé pour la connerie ! Et encore une fois merci d’être passé au-dessus. Chez moi, j’habite plus au Sud que vous, vers là où il n’y a pas de jardins du roi, on donne à connerie et déconneur un sens un peu différent de celui du petit Larousse ou du gros Robert. Par exemple, pour essayer de vous situer, imaginez-vous (un peu ce que vous proposiez à M.Jorion) à une terrasse d’un bistrot, le soir, au bord de la mer, les dernières cigales chantent…un verre de votre apéritif préféré à la main, entre « amis »:
      -« Oh ! François ! T’as compris ?! »
      -« Bien sûr, mon corps calleux (entre cerveau droit et cerveau gauche) dont le débit est très réduit (comme tout le monde) a laissé passer ».
      Là, vous auriez droit à une grosse tape sur le dos et un :
      -« Qué déconneur ce François ! »

      Et votre échange avec Monsieur Jéru m’a évoqué l’image suivante vous en monsieur loyal et lui en clown mais attention, un grand et gros clown au moins de la trempe d’un Raymond Devos !
      Respect; pour ce mastodonte du langage qui semble d’une culture bien faite, uniformément assise sur les sept arts libéraux, et pour vous, en « dompteur » capable d’approcher cette galaxie !

      Je vous lirai : http://www.pauljorion.com/blog/?p=1440#comment-13984 et tenterai de vous « aider », peut-être pourrons nous progresser de concert !

      Bien cordialement,

      Votre dévoué Shiva.

    15. @ Shiva,

      Euh…Merci pour tout. Peut-être pourrons nous ensemble trouver la réponse à votre question « est-ce que nos prédateurs chassent en meute plus ou moins organisée et existe-il une (des) hiérarchies dans ce business de boite noire »…Une chose est sûre, j’ai bien peur que nous ne soyons pas assez de deux pour tirer un profit maximal des pensées de François Jéru.

      Sincèrement.

    16. @et alors dit « M. Pierre Lang sait-il que certains lui ont répondu.. »

      Je viens de trouver votre question a propos de “boîte noire”, de “inpout/outpout”, où placeriez vous sur les schémas, Euroclear, Clearstream, Swift et cie”…et le contrôle de certains flux au nom du patriot act. parmi les 21 feuilles A4 de commentaires. Au risque de paraître un peu dur de la feuille (comme Tournesol), je dois bien avouer que je n’ai pas bien saisi la quintescence de ces 21 pages (je n’ai pas eu le courage de tout analyser en détails) ni le rapport qu’elles ont en général avec le sujet. J’avoue avoir été un peu découragé. En clair : si on voulait saboter ce blog, en délayant l’intéressant dans un tsunami verbal, on ne s’y prendrait pas autrement. Peut-être cette page Internet est-elle à l’image du monde politique et économique. Auquel cas, je pense pouvoir dire que nous sommes gouvernés à l’image de cette page. Preuve peut-être qu’on a les représentants qu’on mérite… et qu’on ne dois pas se plaindre (comme Belge capable d’autodérision, je crois savoir de quoi je parle).

      Ceci dit, je vous remercie pour vos commentaires positifs ainsi que les autres lecteurs qui ont pris la peine de lire ce sujet et d’envoyer leurs compliments en commentaires.

      Dans le sujet, j’ai fait exprès rester relativement flou sur la portion de monde économique que j’examine, car on peut aussi bien utiliser cette méthode d’investigation, à une entreprise qu’au monde entier, pour autant que l’outil convienne. Une « méthodologie » est un outil que je suggère d’utiliser pour essayer de comprendre certains aspects du problème…

      Swift est un transporteur de monnaie, au même titre que des camions transporteurs de fonds, mon portefeuille plein de billets ou ma carte Visa. Il fait partie des moyens techniques que l’on a pour transférer l’argent d’un compte à l’autre. Sur un schéma représentant le monde économique, il serait donc dans une case séparée connectée aux banques (dont on peut, si nécessaire, mesurer les input/output). Mais il pourrait aussi être mis dans la boite noire. Cela dépend de ce qu’on veut analyser.

      Le Patriot Act est tout autre chose qui n’appartient pas au modèle économique mais un élément de supervision, de contrôle ou d’espionnage extérieur… comme le contrôleur du fisc l’est pour votre compte ! Il ne fait pas partie de l’Autorité !

      Pour moi, l’Autorité est en charge de la gestion de l’économie, conformément à la Constitution proposée par Paul Jorion. Si on suit l’idée d’isoler les produits toxiques, elle s’occupe de faire le nettoyage pendant la période de crise. Cela permet de découpler le redémarrage économique (action à court terme) et la réparation des erreurs (qui prendra du temps) tout en évitant de jeter l’argent public dans les trous noirs du montage financier.

      Bonne soirée et bien à vous

    17. @ Pierre Lang : Merci pour ces intéressantes précisions. D’abord d’accord pour le « on » (voulait saboter ce blog) Un « on  » relevant de ..co, para, meta, auto.. sabotage ? Une structure « dissipative » ?
      Mais je reste sur ma faim, ou plutôt ma gourmandise. Votre méthodologie (systémique, cybernétique..) qui a le mérite d’expliciter une épistélologie, permet, certes de réduire un certain « verbalisme affectif ambiant » et « trop mécaniste ».
      Néanmoins, de mon point de vue, il reste encore trop « analytique », (critique qui se voudrait constructive). Nous recherchons la structure (ensemble des relations, de relations…), objectif ? Déterminer les régulateurs et servo-mécanismes accessibles à
      nos actions ? ( importante question, car nous ne sommes pas seuls.Certains ont les plans et l’accès aux commandes)
      Mais pour modéliser celà, vous avez déterminé des « parties », (banques, maisons, Autorité…) limitées par un cadre fermé et « communicantes » ( au niveau de l’information) ; les flèches…Je vous invitais à positionner les chambres de compensation et les réseaux dans votre
      « logique » et y ajouter les flèches.
      Si « Le Patriot Act est tout autre chose qui n’appartient pas au modèle économique mais un élément de supervision, de contrôle ou d’espionnage extérieur… comme le contrôleur du fisc l’est pour votre compte ! Il ne fait pas partie de l’Autorité ! »..
      alors les limites deviennent floues, à différents niveaux d’organisation entre « l’intérieur et l’extérieur ».
      Je vous suggère un troisième type de flèches: Ces nouveaux « vecteurs » portant des « noms » véhiculant l’information et « appartenant » à différents cadres… Mais là nous rentrons dans une vaste histoire..
      Je vous suggère de demander mon adresse à Paul J. avec mon accord. Il l’accepte. Au cas où vous chercheriez des partenaires souhaitant coopérer à votre enrichissante « méthodologie », j’en suis.
      Cordialement.

    18. @et alors
      Nous ne sommes pas (encore) sur la même longueur d’onde… Ayant écrit, cela dépend de ce qu’on veut analyser, cela implique de définir préalablement et précisément l’objectif poursuivi. Je suppose que votre sensation de flou vient de là, flou qui est encore plus grand que le mien.
      J’ai débuté l’écriture du texte en me posant la question très générale de simplifier la compréhension d’un système où personne (y compris les inventeurs de ce système) ne comprend rien (au-delà de ses principes de base) comme si se système vivait sa vie de façon indépendante de l’homme (et dire qu’on craint que les polytechniciens robotisent trop le monde!).
      Je me demandais comment répondre à la question suivante : « Personne ne comprend rien donc personne ne connaît (ou n’ose regarder en face), par exemple, l’ordre de grandeur de la crise (du point de vue de x ou y), ni quoi faire à par fuir en avant les yeux bandés. Y-aurait-il un moyen de contourner le problème ? ».
      Dans un premier temps, je suis allé voir ce qui se passait aux limites du système. L’idée de la boite noire n’est venue qu’ensuite… Si je disposais de chiffres, j’aurais essayé de poursuire en indiquant, par exemple, le montant total des emprunts, etc. Par contre au final, j’ai abouti à une conclusion qui n’est pas directement une conséquence du reste du texte : isoler les toxiques. Cette conclusion me paraît très utile et porteuse d’efficacité (relire la fin : « Banques belges », qui est un titre restrictif car il y a certainement de nombreux exemples de ce genre sur le terrain). Je le sens mais le prouver cela dépasse mes compétences actuelles.
      Il me semble que vous êtes plutôt sur la piste (très intéressante) d’une modélisation graphique du système ? Le concept de boite noire servait, dans mon esprit, plus à faire un bilan (de préférence chiffré) qui puisse peut-être fournir une nouvelle vue sur la question.
      Vous me suggérez de rajouter des flèches. Il y a 4 dessins dont le 4ème est censé être ou devenir le plus simple pour tirer des conclusions pratiques sur un aspect donné du problème. Je veux bien, mais il faut d’abord savoir à quelle question on souhaite répondre. Ensuite, on peut mettre tout ce qui est en dehors du champ d’investigation dans la boite noire, regarder ce qui se passe à l’extérieur… et poursuivre l’analyse…
      Bon WE à vous

    19. Pierre Lang,

      Bonjour,

      L’urgence de la situation nous pousse à rechercher des solutions, rapides et efficaces, en se donnant le temps du moyen et long terme pour « refaire le monde » 100% d’accord.

      Votre proposition de gestion en « black box » est LA solution évidente, c’est bien ce que réclame un nombre croissant de citoyens, dont je fais partie, et qui pourrait se résumer par la proposition de l. lare ouche (désolé pour les minuscules, c’est pour passer le big brother électronique du bureau des recoupements (ça fait froid dans le dos !)): « déclarer la banqueroute de la finance et isoler le crédit à l’économie ».

      C’est tellement évident qu’il serait, pour le moins, judicieux d’éviter de laisser mourir les entreprises et jeter les employés dans la rue, parce que « les acteurs des
      marchés ont cherché à obtenir des rendements plus élevés sans évaluer les risques de façon adéquate et sans faire preuve de la vigilance requise » comme on dit à pudiquement Washington, qu’on fini par se demander pourquoi nos politiques n’y on pas pensé ?

      D’autant que les « branchement » seraient assez simple, il suffirait de diriger le crédit des banques centrales (grandes absentes de vos schémas, il me semble ?) directement vers l’économie au travers des banques commerciale en 2deux ou trois semaine il serait facile de « tricoter » une loi qui assignerait aux banques commerciales de vendre ce nouveaux produit. Actuellement on voit la « pompe à phynance » injecter des flots de liquidités de moins en moins chères, sur un terme de plus en plus long avec un gouillet de plus en plus maigre sortant à l’autre bout !

      Peut-être faudrait-il ressortir le « crochet à nobles » du père ubu (pas de majuscules, sinon garre !) ?

      Et qu’on ne vienne pas me dire : »olala l’inflation ! » parce que si c’est cela que l’on craint ici, il vaut mieux mettre la clé sous la porte et partir piqueniquer à la campagne.

      Une question prépubère : »ou qu’ceti qu’sa coince ? »

      NB: @et alors; vous prenez le fameux blog de p. jorion (pas de maj…) pour un site de rencontre? cessez d’essayer d’entrainer le ingénieurs derrière l’église, faites donc vos « truc » en place publique svp, je sus certain qu’il y a plein d’autres voyeurs que ça intéresse !

    20. @Pierre Lang (et et alors)
      j’ai pensé que vous étiez le premier concerné par les trucs en question, remarquez que si cela se passe derrière l’église vous n’aurez pas long à faire pour aller à confesse (tout en un seul mot bien sûr).
      Alors que l’on brule un peut partout l’hérésie dans les rue de ce blog je me suis permis cette pantalonnade burlesque sur la grand place.
      Bon, c’est vrai, j’ai complètement dérapé, un dimanche en plus !
      Je vais de ce pas vous quitter laplace pour aller battre ma coulpe…

      Reprenons nos rats de cave et nos pioches pour continuer l’exploration de l’underground financier.

      Pensez-vous qu’un ingénieur/chercheur en urbanisme serait utile ici ?

      PS: Il n’y a pas de NB.

    21. Ouf après moult recherches et vérifications studieuses je suis bien obligé de reconnaitre que l’on est pas dimanche !
      Je me reposerai demain…

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