Le calvaire des malheureux gouvernants

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

AIG a donc révélé la liste des bénéficiaires des 85 milliards de dollars que le gouvernement américain lui avait alloués pour régler les sommes qu’elle devait à ceux qui avaient acheté auprès d’elle des Credit–Default Swaps (CDS). Il faut dire que l’assureur a eu la main forcée par le Wall Street Journal qui avait déjà publié cette liste la semaine dernière. Grand vainqueur : Goldman Sachs avec 12,9 milliards de dollars. La Société Générale a reçu elle 11,9 milliards de dollars.

On s’était demandé à l’époque pourquoi l’effondrement de la finance que les CDS devait générer le 21 octobre dernier n’avait pas eu lieu. L’explication, on la connaît maintenant : les sommes dues furent versées à ceux à qui on les devait et c’est l’argent du contribuable américain qui fut utilisé. On évoquera évidemment dans les jours qui viennent le fait que Mr. Paulson, l’ancien Secrétaire au Trésor, qui prit la décision de renflouer AIG pour que l’assureur puisse effectuer ces paiements in extremis, est lui-même un ancien de Goldman Sachs. Le fait n’a cependant aucune signification particulière, sinon de souligner une fois de plus le caractère incestueux de ce petit monde constitué d’une part de banquiers responsables de la catastrophe et d’autre part de gouvernants qui s’efforcent en ce moment de l’endiguer : ce sont les mêmes avec juste le petit décalage dans le temps qui leur permet de passer de l’univers de la finance à celui du gouvernement.

Et pour ces dirigeants, la situation actuelle est désastreuse, non pas simplement parce qu’ils se révèlent aussi incapables dans leur nouvelle fonction que dans l’ancienne mais parce que les nouvelles qui n’arrêtent pas de tomber soulignent toujours plus cruellement la nature perverse du système qu’ils essaient de sauver. Est en effet tombée en même temps que la divulgation de la liste des bénéficiaires, la nouvelle qu’AIG s’apprête à verser 165 millions de dollars en primes de rétention aux responsables en son sein de la calamité des CDS. Les gouvernants désapprouvent : « Il est absolument injuste que l’argent du contribuable soit utilisé pour soutenir une compagnie qui fit ces paris insensés », déclare Mr. Bernanke, Président de la Fed, en se tordant les mains. Mr. Lawrence Summers, principal conseiller économique de Mr. Obama, qualifie lui la chose de « révoltante ». « Le gouvernement ne peut malheureusement pas abroger ces contrats », ajoute-t-il en s’arrachant les cheveux.

Et c’est là le calvaire de ces malheureux gouvernants en ce moment : chaque jour qui passe les oblige à révéler davantage à un public ébahi que ce système dont ils firent non seulement partie mais dont ils furent autrefois les principaux acteurs, est organisé de manière à permettre à ses dirigeants de puiser en permanence dans la caisse et de la vider entièrement dès qu’un pépin se présente. Et comme le système n’a pas changé depuis le début de la crise (puisqu’ils s’efforcent de le maintenir intact), le fait que ce soit le contribuable qui remplisse maintenant la caisse au fur et à mesure qu’elle se vide, n’y change absolument rien : les dirigeants des banques continuent comme avant d’y puiser de manière éhontée (puisque « c’est dans les contrats », comme le dit Mr. Summers), la seule différence étant que c’est désormais au vu de tous. Le public les regarde faire avec des yeux ronds tandis que les gouvernants commentent la mort dans l’âme : « Ben, c’est malheureusement comme ça que ça marche… »

On avait dit à ce public, depuis que la banque existe : « C’est trop compliqué pour que vous puissiez comprendre. Circulez, y a rien à voir », et le voilà qui ne comprend que trop bien maintenant que ses propres gouvernants à la torture le lui expliquent et que tout cela est en réalité extrêmement simple à comprendre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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18 réflexions sur « Le calvaire des malheureux gouvernants »

  1. C’est évident que chaque citoyen sait qu’il y a beaucoup d’argent mais que tous ça ne va pas dans la poche de ceux qui font tourner réellement la société.
    Il est évident pour tous maintenant que l’argent retourne exclusivement dans les mains de ceux qui prennent les décisions: politiciens et financiers en premier.
    Les miettes pour les autres.

    Les grands perdants de cette crise sont les classes MOYENNES qui vont payer pour les financiers verreux et les cas sociaux qui subsistent avec le minimum vital (afin d’éviter des émeutes).

  2. Bonjour Paul.
    Hé bien, puisque c’est comme ça, je propose que l’on fasse une rétention collective de NOS impôts, c’est à dire faire les chèques, les mettre dans une même boîte, demander des comptes à nos gouvernants et attendre. On ouvrira la boîte quand ils auront modifiés les règles de ce jeu qui est devenu insupportable.
    Quand à ceux qui ne payent pas d’impôts directs (la majorité), ils font déjà savoir que les limites sont franchies, en France le 19, une 2em grève générale, et des tensions de plus en plus violentes (physiquement..) à l’endroit du patronat.
    Je pense que la faillite de AIG est souhaitable pour crever l’abcès.

  3. Voilà pourquoi le système n’a pas croulé le 21/10/08.

    Et que la Société générale a pu sortir un bénéfice en 2008.

    Les questions maintenant sont de savoir :
    1/ si les états vont avoir encore les moyens de combler les trous qui restent (pour quels montants ?) ;
    2/ si les contribuables vont longtemps laisser les états renflouer les banquiers défaillants alors qu’il n’y a pas d’argent pour les services publics, les emplois et le pouvoir d’achat ?

  4. le cache sexe commence à salement se rétrécir…
    Détournons vite le regard, ce n’ est pas de notre age !

  5. J’aurais dû attendre (au moins) aujourd’hui pour intervenir —> @ le 15 mars 2009 à 23h suite au billet invité de François Leclerc du 13 mars intitulé: L’actualité de la crise: « Un diable de plus en plus sollicité », et son message @ du 14 mars 2009 à 21h39 correspond aussi, et entre autres faits, à ce présent billet de Paul. Ce sont bien les États et les banques centrales qui sont « au service » des plus puissantes sphères financières, étatsuniennes en particulier, et non l’inverse comme, sans doute, on le croit majoritairement dans les chaumières…

    De même, c’est très vrai, comme le dit:

    @ Dominique Larchey-Wendling dit:
    16 mars 2009 à 11:22

    Voir (15 mars 2009 à 23h):
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=2291

    (référence: http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=10977)

  6. Le cynisme est bel et bien un domaine réservé. Constatons-le.
    Il semblerait que devant ce systéme moribond, il n’y ait que peu de solutions. En fait je n’en vois que deux : la crémation ou le pourrissement. L’un actif, l’autre passif. Rien d’original ici. C’est ainsi que les choses se terminent.
    On verra.

  7. Très juste, Mr Jorion

    Mais, le pire n’est-il pas que, malgré l’exposition en pleine lumière de l’immoralité totale de ce système, on se contente, encore et toujours, de lamentations? Qu’aucune conséquence pratique n’en soit tirée?

    Parce que, à ma connaissance, à l’exception de la Hollande, aucun des pays où ces « scandales » se produisent n’a accepté de réellement légiférer pour que, au moins, de telles pratiques ne puissent être reproduites.

    Partout, ce ne sont qu’acceptations complaisantes de « codes de bonne conduite » tout aussi complaisants. Ou vagues promesses de contrôle par l’autorité de régulation locale. Ou maigres tentatives d’interventions au cas par cas qui échouent, pour la plupart, sur l’impossibilité de remettre « les contrats » en cause.

    Jusqu’à quel points les gouvernants peuvent-ils continuer à plaider « l’impuissance » et « l’indignation »? Quand, dans le même temps, pas un seul, ou presque, d’entre eux n’ose faire usage de ses capacités législatives pour légiférer sur le sujet? Impuissance? Ou complicité?

    Manifestement, du coté des pouvoirs politiques, on est toujours dans la perspective d’un redémarrage du système, peu, ou pas changé. Et, là, évidemment, il ne ferait pas bon être le « vilain petit canard » qui aurait pris des mesures de contraintes effectives. Nos chers « marchés » se chargeraient de « sanctionner » (un terme qu’ils affectionnent) l’imprudent qui aurait pris des décisions si peu amicales à leur égard…

  8. bonjour M. JORION,
    votre prose déborde d’un humour décapant!! des responsables qui « se tordent les mains, » » qui avouent la mort dans l’âme, » « qui s’arrachent les cheveux » d’être obligés de continuer à depouiller des millions d’americains tout juste capables d’ouvrir des yeux ronds ….. je suis sûr qu’au fond d’eux-mêmes, ces americains grugés, imprégnés de leur culture selon laquelle chacun est responsable de son destin, se contentent d’ouvrir des yeux ronds parce que dans ce pays un loser respecte un winner

  9. pas d’accord avec le titre : le calvaire est celui des contribuables

    et en France, comment cela se passe-t-il ?

  10. Moi il y a toujours quelque chose que je ne comprend pas.
    Peut-etre suis-je long à la détente.

    Etant donné que tous les états (et surtout les etats-unis) s’endettent considérablement pour faire des plans de relances pour les banques. Les plans de relance, il faut les faire parce que les banques n’ont plus d’argent. Mais si les banques n’ont plus d’argent, où est-ce que les états s’endettent-ils ???

  11. @ Archimondain

    Excellente question ! Dont la réponse a été donnée, il y a un peu plus (à peine) 150 ans par Marx (chapitre 24 du Livre 1) :

    « La Dette Publique devient l’un des leviers les plus énergiques de l’accumulation initiale. Comme par un coup de baguette magique, elle confère à l’argent improductif un talent procréateur qui le transforme en capital, sans qu’il ait besoin de s’exposer au dérangement et aux risques des investissements industriels et même des placements usuraires. En réalité, les créanciers de l’État ne donnent rien, car la somme prêtée est transformée en obligations publiques facilement transférables qui continuent exactement à fonctionner entre leurs mains comme si elles étaient autant d’argent liquide.
    Mais, indépendamment même de la classe de rentiers oisifs ainsi créée et de la richesse improvisée des financiers qui jouent les intermédiaires entre le gouvernement et la nation — indépendamment aussi de la classe des fermiers généraux, commerçants et fabricants privés auxquels une bonne portion de chaque emprunt d’État rend le service d’un capital tombé du ciel — la dette publique a surtout fait naître les sociétés par actions, le commerce d’effets négociables de toutes sortes, l’agiotage, en un mot : les jeux de la bourse et la bancocratie moderne.

    Depuis leur naissance, les grandes banques à fronton rehaussé de titres nationaux n’ont été que des sociétés de spéculateurs privés qui se rangeaient aux côtés des gouvernements et se mettaient ainsi en mesure, grâce aux privilèges obtenus, de leur avancer de l’argent. C’est pourquoi la mesure de l’accumulation de la dette d’État n’a pas d’indicateur plus infaillible que la hausse successive des actions de ces banques, dont le plein déploiement date de la fondation de la banque d’Angleterre (1694). La Banque d’Angleterre commença par prêter son argent au gouvernement à 8 % ; en même temps, elle fut autorisée à battre monnaie à partir du même capital en le reprêtant au public sous forme de billets de banque. Avec ces billets, elle pouvait escompter des lettres de change, faire des avances sur des marchandises et acheter des métaux précieux. Peu de temps après, cette monnaie de crédit qu’elle avait elle-même fabriquée devint la monnaie avec laquelle la Banque d’Angleterre faisait des prêts à l’État et payait pour le compte de l’État les intérêts de la dette publique.
    Mais de donner ainsi d’une main pour recevoir davantage de l’autre ne lui suffisait pas ; elle restait aussi, lors même qu’elle recevait, créancière perpétuelle de la nation jusqu’à concurrence du dernier liard avancé. Peu à peu, elle devint le dépositaire obligé des trésors métalliques du pays et le centre autour duquel gravitait l’ensemble du crédit commercial. A l’époque même où, en Angleterre, on cessait de brûler les sorcières, on se mit à y pendre les faussaires contrefacteurs de billets. Les écrits de l’époque, ceux de Bolingbrokes par exemple, illustrent bien l’effet que fit sur les contemporains l’apparition subite de cette engeance de bancocrates, financiers, rentiers, courtiers, stokjobbers [on dit traders, maintenant] et autres loups boursicoles. »

  12. Je tente une réponse à Archimondain

    Un préalable : on dit que les banques n’ont plus d’argent , ok mais pour les banques de dépôt l’argent des déposants est tout de même encore là … Par ailleurs, dans les institutions financières non bancaires, également l’argent déposé est toujours là.

    A qui et où les état empruntent-ils ?

    -1- D’abord au secteur privé, c’est a dire aux institutions financières privé qui disposent de fonds , et il en reste ! , puisque les particuliers ont opéré un désengagement massif de leurs actifs économiques au profit de liquidité, de cash.

    Notons qu ‘ in fine , c’est en réalité dans notre propre poche – celle des contribuables – que cette ponction est faite à terme : en effet il faudra un jour que l’ Etat rembourse les prêteurs … avec nos impôts ! L’emprunt est donc un impôt différé ou plus exactement c’est un impôt levé qu’une catégorie de la population avance à une autre (qui permet -en effet- à certains prêteurs de s’enrichir sur ‘notre’ dos : mais le problème n’est pas là !)

    -2- Ensuite , éventuellement, à le ‘Banque Centrale’ : dans ce cas , l’argent est crée  » ex-nihilo  » : c’ est la planche à billets qui tourne. (Éventuellement car , par expl, en Europe cela n’est pas possible).

    Attention, là il y a deux cas de figure :

    a) – soit, et c’est le plus normal, l’Etat devra rembourser à la Banque Centrale les sommes empruntées (Avec destruction classique de cet argent au moment du remboursement : il revient à son « nihilo » d’où on l’avait tiré) : et dans ce cas , c’est toujours dans la poche du contribuable , de nous même, qu’ in fine, cet argent est soutiré , par le biais d’un impôt !!!
    b) – soit l’Etat ne rembourse jamais ou pas complètement sa dette (La Banque centrale détruit sa créance d’un simple trait : facile puisqu’elle ne doit cet argent à personne !) : l’Etat est alors un voleur . Mais il ne vole que la collectivité, c’est à dire nous même qu’il représente, donc lui-même (Vous me suivez …) . Mais alors qui paie ? : c’est toujours nous même, sous la forme de l’inflation qui devient une autre façon de répartir ce ‘vol’ ou cet ‘impôt’ suivant le point de vue d’où l’on se place.

    Finalement on en revient à ces trois réalités simples que :

    – A) l’argent ne crée pas de richesse puisqu’il n’est que le moyen de faire circuler et de se partager les biens et services réels existant à un moment donné ,
    – B) Tout supplément monétaire en circulation qui ne se résout pas , à un moment donné, par sa propre destruction par remboursement , revient à un vol , ou bien un impôt , cachés sous le mécanisme de l’inflation,
    – C) Malgré tous les artifices comptables ou politiques , l’argent dépensé par l’Etat provient toujours de la poche du contribuable : toujours. (Bien entendu, on peut se battre entre nous pour que ce soit « l’autre » qui paie …)

    Je passe à un autre problème :

    A force d’emprunter , les Etats peuvent (malgré toutes les rodomontades des « étatistes ») très bien devenir insolvables ce qui signifie -traduction socio-économique- , que nous douterions nous même de notre capacité à nous rembourser à nous même.
    L’imbrication des dettes et des créances et leur niveau excessif entraînent alors , par le biais du respect de la notion fondamentale du contrat, une paralysie de l’activité économique.

    Il n’y a alors qu’une seule issue : choisir quelles seront les dettes qui ne seront pas honorées . Comme chacun s’arcboute pour n’être pas le cocu qui paiera pour les autres, lentement le système désigne les perdants au hasard de la politique , des moyens de pression, ou des règles contractuelles et juridiques.

    Mais également , lentement, le système procède à une destruction générale de la valeur des choses : c’est une façon -comme l’ inflation- de faire payer un peu tout le monde .

    En fait d’ailleurs cette destruction est imaginaire car cette ‘richesse’, purement nominale , n’a en réalité jamais existé autrement que dans le mirage des ‘bulles’ … et du gonflement fictif du prix de certains actifs.

    Bref quelqu’un DOIT , fatalement, endosser cette perte collective imaginaire : et dans ce jeu chacun cherche à ce que ce soit d’abord le voisin ou l’autre … La dette tourne et cherche ses victimes

    Et plus on tarde à désigner ceux qui mériteraient … ou qui supporteraient ‘aisément’ de perdre , plus on rallonge le processus de désendettement sans lequel le ‘système pourra difficilement repartir

    Bien entendu je ne parle pas du coût supplémentaire automatiquement engendré par le chômage qui alourdit réellement la facture, puisque la richesse réelle de l’ensemble des biens et services se trouve donc en plus victime d’une contraction : la valeur des choses baissant, et l’avenir étant incertain , ‘on’ préfère être en liquidité , et ce faisant on s’appauvrit collectivement réellement cette fois en dé-investissant et dé-consommant et en créant du chômage.

    Mais finalement, et je passe encore à un autre point de vue : est-ce bien utile de relancer une machine qui non seulement a déraillé toute seule , mais qui , de plus, nous mène dans le mur de la destruction générale des ressources ?

    Pourquoi ne pas attendre sagement les mouvements sociaux qui accompagneront la déflation ou l’hyper-inflation, et qui ré-orienteront la société ? Bon, je rigole.

    N’hésitez pas, lecteurs improbables, à me signaler mes erreurs

  13. Merci Paul, j’ai bien rigolé !!! Et vous ne hurlez pas que des lois soient promulguées pour sauver les voleurs, et que les legislateurs ne promulguent pas de lois pour changer/annuler les contrats qui prennent les sous dans les poches des pauvres pour les mettre dans les poches des voleurs??? Vous ne criez pas a la mafia généralisée dans tout le monde occidental?? A la dictature ??? Et pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit??? Je pose des questions. J’aimerais avoir des réponses claires, pas édulcorées. Et puis des conseils utiles pour gratter quelques sous pour les temps de disette a venir. Ben oui les poches vidées par Obama et ses potes, je vais pas tarder a aller a la soupe populaire. Pendant que BHO et ses potes iront au mexique dans les hotels de luxe.

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