Gesell (III)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’un d’entre vous m’écrit et il évoque ce qu’il appelle « mon lapsus » et, comme je n’ai pas le souvenir d’avoir commis un lapsus, je l’interroge, et il me dit : « Tu as dit : ‘Ne désespérez pas !’ à propos du fait que le système ne s’écroulerait peut–être pas ». Et je lui explique qu’il s’agit d’un malentendu : « Ne désespérez pas… la raison prévaudra ! »

C’est très différent. Parce que je n’espère pas du tout que le système s’écroule bientôt. Nous n’avons encore rien compris de la manière dont il fonctionne et, du coup, nous n’avons encore rien à proposer à la place. Aussi, s’il devait s’écrouler dans les semaines qui viennent, soyez bien sûr qu’on ira puiser dans la boîte des solutions existantes : fascisme, communisme, dictature militaire ou démocratie agrémentée d’une bonne guerre. Merci, tout ça on a déjà donné et on n’est pas près de vouloir en reprendre !

Mais comme le système pourrait s’écrouler quand même, il faut aller vite. D’où mon « Gesell (III) ». Voici où nous en sommes selon moi.

Les subprimes, ce n’est qu’une toute petite chose mais cela a quand même déclenché la catastrophe. Ce n’est qu’un grain de sable, mais un grain de sable significatif. Une société où il n’y a plus que du crédit finit par s’effondrer parce que c’est une énorme machine de Ponzi qui ne fonctionne que si elle peut continuer de recruter de nouveaux participants et qu’une fois qu’on a embrigadé les pauvres, il n’y a plus personne à recruter après eux.

Pourquoi est-ce que tout devient du crédit ? Parce que la richesse s’est concentrée et que l’argent ayant cessé d’être là où on en a besoin, doit être emprunté.

Comment empêche-t-on la richesse de se concentrer ? Ici, bref résumé de Gesel (II) : 1) on supprime la propriété privée des moyens de production et on établit une dictature de la classe jusqu’ici privée d’accès à la richesse, à savoir le prolétariat – solution Marx, 2) on fige la répartition de la richesse dans son état présent, en l’empêchant de faire des petits par la perception d’intérêts – solution islamique et chrétienne traditionnelle, 3) on redéfinit la monnaie de telle manière que son fonctionnement ordinaire empêchera la richesse de se concentrer – solution Gesell.

Mais tout ça, ce ne sont encore que des solutions « en extériorité » du problème, qui essaient de contrer la concentration de richesse mais sans s’attaquer véritablement à la source du problème. Je fais une analogie grossière . Il faut résoudre le problème du rhume de cerveau. Solution Marx : on coupe la tête. Solution Islam / Christianisme : on donne des anti-histamines, le nez ne coule plus, on se sent aussi mal qu’avant mais au moins les autres ne voient pas que vous êtes enrhumé. Solution Gesell : on redéfinit le rhume comme une manière d’être en bonne santé. Je caricature évidemment, mais pas tant que ça : comment Marx a-t-il pu imaginer qu’une dictature – quelconque – puisse être une forme de solution ?

Ceci dit, il y a une chose que Gesell a lui très bien vu (et Johanness Finckh nous l’a rappelé), c’est que la monnaie joue deux rôles : celui de moyen d’échange – pour lequel elle a été conçue – et celui de réserve de valeur – qui en est une conséquence dérivée. Son rôle de moyen d’échange oblige – si l’on veut qu’il existe une certaine stabilité des prix – à tout ce que l’argent disponible circule en permanence. Or le rôle de réserve de valeur encourage lui à la thésaurisation, ce qui au contraire grippe le système et rend les prix instables. Il faut donc neutraliser la fonction de réserve de valeur de l’argent, ce qui peut se faire en rendant la monnaie « fondante » (qu’elle se déprécie par le simple écoulement du temps), comme le préconise Gesell ou en taxant la thésaurisation, comme le recommande de nos jours Helmut Creutz.

À ça, il y a quand même deux objections à faire. La première, la plus importante à mon avis, c’est que la monnaie fondante, c’est le cauchemar du décroissant. Je ne suis pas partisan de la décroissance, je l’ai déjà dit mais je ne suis pas partisan non plus, dans un monde qui rencontre en ce moment ses limites, de la production à tout crin : d’une monnaie qui exige d’être dépensée, et qui risque du coup d’être dépensée à tout et à n’importe quoi. Si c’est à ça qu’on en est réduit, s’il faut nécessairement « neutraliser » une monnaie quelle qu’elle soit, ma tentation est de dire carrément : « Alors inventons autre chose ! ».

La deuxième objection à Gesell, c’est celle-ci : si le problème est de faire circuler la monnaie et d’empêcher qu’elle ne s’arrête, alors le capitalisme avait déjà trouvé la solution : que les entrepreneurs et les capitalistes ne paient aux salariés qu’un salaire au-dessous de la subsistance et leur permettent d’emprunter la différence. L’argent circulera ! Les salaires seront – faites-moi confiance – entièrement dépensés, tandis que les capitaux seront prêtés et rapporteront de beaux et bien gras intérêts et tournez manège !

Et je crois que c’est là que se situe le problème en réalité – et du coup, le début de la solution. Je sais que la fonction d’échange appartient constitutivement à l’argent : c’est pour ça qu’il fut inventé. Mais je ne sais pas si la fonction de « réserve de valeur » lui est aussi constitutive. Je vois bien que l’argent a cette fonction dans le système capitaliste où l’on a trois classes : capitalistes, entrepreneurs et travailleurs, et où le surplus produit par les travailleurs est, dans un premier temps partagé entre capitalistes et entrepreneurs, qui reçoivent les premiers les intérêts et les seconds le profit et, dans un deuxième temps entre les entrepreneurs et les travailleurs qui se partagent alors le profit, les proportions exactes se décidant selon les rapports de force existant entre ces trois classes.

Ce qui veut dire la chose suivante : il existe une « harmonie préétablie » entre le fait-même de la monnaie et ce que Marx appelle l’« exploitation » : dans le fait que le surplus est généré par les travailleurs mais qu’il n’en reçoivent une part qu’après que les autres se sont servis. Et ici, une petite parenthèse : quand je parle des entrepreneurs, et en général je mets les points sur les « i », je précise bien = dirigeants d’entreprise = patrons, parce que certains d’entre vous m’objectent : « Quoi, l’entrepreneur, c’est le petit gars tout seul, c’est un héros ! », mais ce n’est pas de lui que je parle : je parle des entrepreneurs qui ne travaillent pas, des « inspecteurs des travaux finis », qui se contentent de surveiller le travail des autres, pas de l’« entrepreneur » auquel vous pensez, qui est un travailleur comme les autres, si ce n’est qu’il bénéficie du « luxe » supplémentaire de s’auto-exploiter !

La monnaie et l’exploitation, la spoliation du travailleur de la richesse qu’il crée, vont la main dans la main. « Neutraliser » tel ou tel aspect, ou résoudre le tout par une dictature quelconque – y compris des travailleurs – ce ne sont jamais que des emplâtres sur des jambes de bois.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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114 réflexions sur « Gesell (III) »

  1. Puisque beaucoup sur ce fil ont l’air de chercher un nouveau modèle politique et monétaire, que pensez vous de l’écosociétalisme ?
    Désolé pour ceux qui connaissent déjà.. il suffit de zapper ce message.
    Peut être Paul pourra t’il à l’occasion lancer un débat là dessus, comme je crois qu’il a le livre … (que vous pouvez lire sur le web à partir de http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Ecosocietalisme0 )

    Les 14 points importants du modèle économique proposé

    1 – Chaque production de bien ou de service est la somme de l’ensemble des activités humaines ou mécaniques nécessaire à sa réalisation, « l’arbre » inversé des activités directes ou indirectes ayant abouti à cette production.

    2 – Le coût d’une production est donc la somme des coûts cumulés.

    3 – De ce fait, il n’y a pas besoin de capital monétaire pour engager une production souhaitée par les individus ou la collectivité, mais seulement de rémunérer le travail (au fur et à mesure de la production) par une création monétaire (électronique) permanente, dont l’unité de compte équivaut à six minutes de travail.

    4 – La monnaie est seulement la représentation « symbolique » d’un bien ou d’un service « réel ». De ce fait la notion de crédit bancaire et d’intérêt devient totalement obsolète.

    5 – Puisque le travail est rémunéré par une création monétaire, la consommation du produit d’un quelconque travail doit correspondre à l’inverse à une « destruction » monétaire équivalente sur le compte de celui qui l’utilise. Bien que cette idée puisse sembler incongrue elle ne l’est pas tant que cela: c’est bien ce qui se passe au niveau de votre porte monnaie qui se remplit lorsque vous travaillez et se vide lorsque vous achetez, ou au niveau de la création monétaire par l’émission d’un crédit bancaire, monnaie détruite lorsque le crédit est remboursé.

    6 – La monnaie devient totalement virtuelle et temporaire et il n’y a donc plus aucune possibilité d’accumulation de capital productif (les outils de production) ou financier, aux mains de quelque personne physique ou morale que ce soit (en dehors de l’épargne individuelle) ni de valises de billets de banque, générateurs « d’argent noir ».

    7 – Chacun reste totalement libre du choix de son activité, et le travail, à toute étape d’une production, est rémunéré au prorata de son effet direct sur le bien être collectif. Au plus l’activité est sociétale, au plus élevée sera la rémunération de celui qui produit (dans des limites prédéterminées au choix – politique et démocratique – de la société)

    8 – Les productions de biens et de services sont taxées (la C.E.S. / Contribution Eco Sociétale) en tenant compte de leurs effets  » sociétaux » afin d’orienter la demande vers des consommations les plus sociétales et écologiques, compte tenu des souhaits de la population régulièrement consultée et non plus des souhaits des marchands.

    9 – Cette contribution (C.E.S.) prélevée lors de la consommation équilibre la masse monétaire, d’une part pour couvrir la Rémunération d’Activité de ceux qui produisent les biens et services d’utilité publique qui n’entrent pas dans un circuit commercial, d’autre part pour offrir à chacun un montant égal de Revenu Social (le « Revenu Citoyen »), lui permettant, sans condition, de vivre décemment. Cette contribution est le seul « impôt » du système écosociétal en plus des loyers fonciers .

    10 – Si leurs choix est d’être propriétaire de leur habitation, les citoyens auront à payer un loyer (similaire à l’impôt foncier actuel) d’utilisation du foncier à la collectivité ( bail emphythéotique transmissible sans limitation de durée).

    11 – Les « outils de production » ( foncier agricole ou industriel, sous-sol, bâtiments d’exploitation, outillages, etc.) sont mis gracieusement à la disposition des coopératives et des entrepreneurs sous réserve de la pertinence de leur projet. De ce fait, la propriété privée du capital productif disparait, ainsi que l’actionnariat et la Bourse, puisque l’ensemble de la population est « copropriétaire indivise ».

    12 – Les transmissions d’épargne sont limitées à une génération, afin d’empêcher le cumul générationnel, générateur d’importantes inégalités.

    13 – Le crédit est gratuit et l’intérêt est limité au droit de le percevoir sur le prêt d’une épargne individuelle préalable.

    14 – Les transferts monétaires entre comptes particuliers sont autorisés, que ce soit en règlements d’achats de biens d’occasion ou de dons manuels, via l’IEM (Institut d’Emission Monétaire). C’est la loi qui déterminera les limites et les règles s’il doit y en avoir.

  2. @antoine : « Tant que X qui gagne n fois plus que moi ne peut en tirer aucun avantage électoral en terme d’influence, médical en terme de soin, du point de vue de l’égalité des chances pour ses enfants, etc etc, l’essentiel est préservé. »

    Je vois mal comment une inégalité de fait peut ne pas nuire à l’équité. Sans même parler de possessions matérielles, imaginons qu’une personne naît avec un handicap physique, il me paraît clair que cette inégalité de fait entraîne une inégalité des chances. Si vous visez l’équité et que vous êtes cohérent, vous allez devoir corriger toutes les inégalités de départ.
    Pour ma part, je ne m’attache qu’à l’égalité des ressources et pas seulement au départ (la société devrait constamment ré-équilibrer les ressources par l’impôt). Les inégalités naturelles (handicap physique et autres) sont inévitables et ne me préoccupent pas sauf si la société en est responsable. Le but est que personne ne se sente lésé par l’organisation sociale (les lesés de la nature n’auront qu’à maudire le hasard), pas que l’égalité soit absolue.

    « les postes doivent être attribués aux plus compétents »

    Et qui juge de la compétence? La plupart du temps c’est a posteriori que l’on juge de la compétence de quelqu’un (ex: qui était le plus compétent pour le combat: Goliath ou David?). Le mérite est la manière hypocrite de justifier l’inégalité sociale (cela contredit ceci: « l’influence politique doit être distribuée de manière égalitaire »).

  3. @ Antoine
    « Franchement, toute chose égale par ailleurs, si vous voulez être soigné, vous préférez le modèle cubain ou le nôtre (aussi imparfait soi-il?) »

    j’aurais totalement confiance, pour le connaître un tout petit peu, dans le système de santé cubain. S’il y a bien un domaine dans lequel Cuba est particulièrement reconnu sur le plan international (cf. distinction de l’OMS, indicateurs en la matière du PNUD…), c’est bien celui là.
    Vous avez vu Sicko de Michael Moore ? C’est peut-être un trop vulgarisé à votre goût, mais ô combien révélateur.

    Maintenant, comparons ce qui est comparable svp. Cuba est une dictature du tiers monde. Alors comparons Cuba avec les autres dictatures du Tiers monde vous voulez bien ? Vous avez mis les pieds au Congo, au Tchad, au Sénégal… ? Vous savez ces dictatures que l’on maintient ? Et à Cuba ?
    Vous en connaissez beaucoup des pays du tiers monde où les gens ont à manger, une éducation (même supérieure) gratuite et de qualité et un système de soin très performant gratuit ? Des pays du tiers monde où l’espérance de vie atteint et dépasse celle des Etats Unis, vous en voyez d’autres ?
    Je ne fais pas l’apologie de ces régimes qui se réclament directement du marxisme, loin s’en faut. Je croyais d’ailleurs avoir été clair là dessus dans mes messages précédents. Ce qui m’intéresse, c’est la conscientisation des citoyens pour les amener à s’intéresser aux affaires publiques. Les gens s’en foutent, vous dîtes ? Moi je pense que l’on a un système qui cultive l’apathie et fabrique des abrutis. Dans ces conditions, estimons nous heureux qu’il y ait encore tant de monde pour penser, agir et se battre.
    Vous parlez des Etats policiers ? Que pensez de la montée du sécuritarisme dans nos « démocraties » occidentales ? Vous connaissez la doctrine de la guerre révolutionnaire ? Vous savez, cette doctrine contre insurrectionnelle (quadrillage, surveillance, renseignemet, torture, action psychologique pour dénicher et extirper le subversif, poisson dans l’eau) que l’on a appliquée tantôt en Algérie, au Cameroun, dans toutes nos ex colonies, au Rwanda et que l’on a exportée dans les dictatures du plan Condor (Pinochet, Stroessner…// oui, les Aussaresses & Co ont été envoyées tout à fait officiellement coopérer avec ces régimes; cf. les escadrons de la mort de Marie Monique Robin// auteure également de l’excellent documentaire sur Monsanto). Savez vous comment ce modèle qui est maintenant une technologie de pointe pour laquelle les stratèges politico militaires français sont très reconnus est maintenant transposée à notre chère métropole ? Je vous incite à lire « L’ennemi intérieur » de Mathieu Rigouste, chercheur en socio histoire ou encore « une guerre noire » de Gabrièl Périès, politologue spécialisé dans les questions militaires, et David Servenay, journaliste (à RFI, maintenant à rue89), à vous intéresser à l’esprit de défense, à l’IHEDN… Vous me reparlerez des états policiers. Je ne conteste la nture policière des régimes « communistes » mas franchement regardez un peu les états policiers que les démocraties occidentales maintiennent contre vents et marées depuis 40 ans en Afrique ou en Amérique latine (heureusement, dans ce continent, ça change). Tout ça incite à la mesure…

  4. @A-J Holbecq
    Le modèle écosociétal a l’air très intéressant, mais pourquoi n’est-ce qu’un modèle et qu’il ne semble encore pas s’être constitué en force politique ?
    Ce mouvement (dont vous semblez un des porteurs) appelle si je comprend bien à ce que les politiques reprennent ses idées. Mais je crois qu’on est jamais si bien servi que par soi même. Si Besancenot avec ses idées dépassées arrive à avoir la faveur des médias, il y a sans doute la place pour un parti écosociétal, surtout dans le contexte actuel ?

  5. @Paul Jorion
    A propos de la « richesse » en régime de monnaie fondante.
    Je pense comme Paul Jorion que la richesse accumulée des happy few ne « fondra » que lentement. On doit aussi s’attendre à une stratégie de résistance de leur part pour préserver leurs revenus rentiers. Ces revenus résultent des rendements de leurs actifs les plus divers, y compris l’immobilier, le foncier, les matières premires, etc.
    Alors, il est sensible que, avec leurs moyens colossaux, les investisseurs fortunés vont se replacer sur tout ce qui est susceptible de rapporter et de renforcer leurs oligopoles ou monopoles. Ceci pourrait effectivement devenir problématique.
    Mais, à mon sens sens, il ne faut pas « dramatiser », car la situation ne serait en aucune façon « pire » qu’actuellement. Je parierais même que, peu à peu et assez tranquillement, la situation s’améliorerait, comme disait Gesell « avec le seul travail du peuple désormais libéré des chaînes de l’intéret de l’argent et sans autre adjuvant, le capital se noyera dans la graisse ».

    Je vais mener une réflexion sur le pétrole, matière stratégique s’il en est.
    A supposer que les investisseurs spéculateurs jetteraient leur dévolu sur le pétrole. Nous assisterions par exemple, avec la reprise de la conjoncture en régime de monnaie fondante, à des achats spéculatifs massifs de pétrole au point de porter son prix à des sommets extrêmes, tels que conduire sa voiture deviendrait très coûteux.
    Cela pèserait lourdement sur l’économie mondiale et aurait, à pemière vue, des effets très négatifs sur la reprise. D’accord.
    Mais, s’il est vrai que le pétrole a la position stratégique qui est la sienne actuellement, il me semble qu’une telle situation pourrait même se révéler bénéfique pour le climat! C’est vrai que l’on pourrait dire que la « taxe écologique » serait alors captée par les spéculateurs sur ce marché.
    Mais il est vrai aussi que nous assisterions alors à une réduction sensible de la consommation de pétrole, comme cela s’était déjà amorcé lors de la dernière flambée des cours jusqu’en août 2008.
    Nous assisterions aussi à un redéploiement industriel en faveur des voitures plus économes et des maisons mieux isolées.
    Les énergies alternatives, le vent, le solaire, etc. deviendraient, un moment donné, compétititives, ainsi que la biomasse.
    Ces énergies concurrentes auraient, à mon avis, un effet limitant sur la hausse du petrole.

    Mais un autre aspect a encore plus d’importance: Les profits des spéculateurs eux-mêmes seraient dûment exprimés en monnaie fondante! Et ces sommes, éventuellement énormes, devraient, sans tarder, être réinvesties, justement parce qu’il s’agirait de monnaie fondante!
    Autrement dit, même les gains « indûs » les plus choquants ne pourraient plus se soustraire au circuit économique ensuite pour attendre tranquillement le coup suivant.
    Bien sûr, les investiseurs pouraient, après une « bulle pétrolière », par exemple tenter une « bulle foncière » en s’accaparant les terres agricoles disponibles. Là, il est certain que les gouvernement ne pouraient pas rester inactifs et ne le resteraient sûrement pas! Tout d’abord, on saura toujours qui achète quoi dans ce cas (le cadastre!), et il serait aisé de fixer des plafonds du nombre de ha autorisés à un individu ou une société.
    On peut aussi jouer avec la taxe foncière pour limiter les achats spéculatifs, car ces terres devront alors au moins rapporter le montant de la taxe à leurs propriétaires, et elles seraient alors exploitées pour produire les richesses nécessaires à tous et qui seraient vendues. Toujours en régime de monnaie fondante, tous ces circuits, qui génèreraient sans doute des gains spéculatifs dans un premier temps, deviendraient toujours et encore monétaires pour « réaliser » les gains, et ces gains se einvestiraient obligatoirment et sans tarder
    Nous voyons que le circuit de la monnaie reste au centre (comme maintenant, d’ailleurs), sauf qu’il ne pourrait plus jamais faire défaut pour générer des crises systémiques.
    En plus, les vendeurs de ces biens, le pétrole ou les terres agricoles, savent aussi que leur bien fait l’objet de spéculation, et nous assisterions sans doute de leur part aussi une hésitation à céder leur bien, ce qui ralentirait les concentrations spéculatives pour les tarir ensuite complèyement.
    On eut étendre ces réflexions aussi aux actions cotées et à tout aute bien ou service.
    Fondamentalement, avec le bouclage du circuit monétaire avec une monnaie fonante qui ne peut plus se retirer, tous ces problèmes me semblent plus faciles à résoudre qu’actuellement.
    Encore un point: L’émission de monnaie fondante nécessiterait, évidemment, une restauration régulière de la masse monétaire (à cause de la « fonte »), et ces sommes représentent une petite recette supplmentaire à verser aux gouvernements ou, mieux, comme prime à la naissance pour tout nouveau-né!L’émission serait fonction de l’indice moyen des prix qui seraient aussi stables que possible.
    J’espère que cet article éclairera un peu plus le mystère.
    Pour conclure, on put dire que les riches resteraient riches sans doute encore longtemps, mais ils ne pourront plus exercer le pouvoir absolu comme maintenant. Devoir réinvestir sans tarder (sous la menace d’une « fonte » sans contrepartie!) leur impose la responsabilité sociale pleine et entière qui leur incombe du fait de leur richesse et à laquelle ils se dérobent totalement actuellement!
    S’enrichir par son travail ou en inventant quelque chose de nouveau et de porteur ne serait que favorisé avec la monnaie fondante, les avantaes « mérités » reviendraient à leurs auteurs, mais ces avantages ne seraient plus susceptibles de se transfrmer en « rente de situation »!
    jf

  6. @Arconus
    Merci pour cette question.
    J’ai été adhérent du PS il y a près de 2 décennies pendant plusieurs années et j’ai bien vu que seuls arrivaient à faire passer quelques idées étaient ceux qui avaient les dents les plus longues (le pouvoir, le pouvoir, toujours le pouvoir). Ce n’est pas mon trip. A 68 ans, je vais me contenter de continuer à essayer d’informer.
    Aucune des idées du sociétalisme ou de l’écosociétalisme n’est sous « copyright » et nous serions très heureux de nous les faire « voler ».
    Enfin, quelle est la proportion de la population occidentale (et même mondiale) qui réfléchit et s’engage volontairement pour un « avenir meilleur » ? Très peu en fait: le dernier match O.M. / PSG est tellement plus intéressant.
    En paraphrasant Desproges « vivons heureux en attendant la mort de la civilisation »
    Je songe vraiment à prendre une vraie retraite… et parfois, j’ai envie de dire  » et m….e! » : je me sens un peu dans l’état d’esprit de 2casa que je lisais hier sur son blog; en fait, je crois qu’il est trop tard, il n’y a plus de solution.

  7. Une monnaie qui ne serait pas une réserve de valeur ne posséderait pas non plus la propriété de permettre l’échange. Ces deux propriétés de la monnaie sont indissociables.

    L’idée de monnaie fondante cherche à limiter la propriété de réserve pour forcer la circulation et limiter la thésaurisation.

    Pour éviter la thésaurisation il est plus simple de décréter politiquement le plafonnement du niveau de richesse autorisé des personnes.

  8. @ M. Holbecq

    Heureux de constater qu’au-delà de la monnaie, le désespoir nous réunit, même si je suis parfaitement conscient de l’ironie d’une telle assertion. (Notez que j’avais souligné la valeur de votre projet indépendamment des moyens que je croyais percevoir, tout comme pour Etienne, d’ailleurs. Aucune bonne volonté ne peut ni ne doit être écartée, à mon sens.)

    Ce qui me tue là-dedans c’est l’écart entre décideurs et populations (enfin celles qui s’en soucient plus que de l’OM/PSG)… Faudra-t-il attendre que tous soient touchés pour qu’ils s’en inquiètent vraiment ? (Je ne fais là-dessus pas beaucoup exception à la règle.) J’observe autour de moi et la méthode Coué, le déni, alimentés par les médias, fonctionnent à plein régime.

    C’est insupportable et cela ne fait qu’illustrer le clivage entre une oligarchie et un troupeau de moutons tout juste bon pour la tonte…

    Non, nous ne sommes pas ici pour jouir sans limite – ou sans entraves – contrairement au modèle que l’on veut nous faire gober. Nous nous sommes endormis shootés au confort et au mythe du progrès infini. C’est cette époque qui est révolue, qui va impliquer des changements fondamentaux jusqu’aux éléments les plus infimes de notre vie quotidienne et que ceux qui ont grandis sans interroger la « justesse des fins » autour de moi n’arrivent même pas à imaginer quand nous semblons à peine en mesure de les appréhender nous-mêmes. (Enfin je ne parle pas de ceux que je découvre maintenant et qui travaillent depuis 30 ans ou plus à interpeller et proposer d’autres modèles.)

    Changement qu’il nous faut anticiper pour que la chute ne soit pas trop dure. D’expérience je peux vous assurer qu’il n’ y a rien de plus destructeur (psychologiquement, socialement, bref à tous les niveaux ) que de devoir se restreindre quand on a connu le « mode de vie occidental standard » et que tout le reste continue comme si de rien n’était autour de vous. Il faut du temps pour sortir de ses cadres et apprendre à être autrement. Mais le gain personnel (et social en cas de généralisation) est, il me semble, largement à la hauteur de la perte.

    (Et si nous accédions à l’humanité ? Eugène, c’est à vous…)

    Il va nous falloir troquer la facilité contre le temps. Cesser de penser dans les cadres qui sont ceux d’une société de consommation futile, inutile, destructrice, etc, etc. C’est pas nouveau comme constat, je sais, et cela semble aller à l’encontre de notre attitude colonisatrice constitutive. Celle-ci est-elle tenable pour autant ? Probablement pas. Le climat seul devrait réussir à nous en convaincre. Mais même cette réalité est déniée ou repoussée aux calendes grecques… C’est effectivement désespérant. Ou rageant à en devenir malade ou violent (soma vs vengeur solitaire) !

    Alors quoi ? Je ne prends pas mon pied à constater la décrépitude ni à souhaiter la désintégration en vol (désolé pour les pilotes !) du « machin » capitaliste mais je n’ai plus, non plus, aucune confiance dans les politiques. Quand rien n’est à espérer d’en-haut et qu’en-bas rien ne semble faisable sinon passer pour un Cassandre un peu fêlé ou un dangereux anarcho-ch’ais-pas-quoi (y’a vraiment de quoi se taper la tête contre les murs, non ?) quelles solutions ? On en vient vite à souhaiter que tout cela parte en sucette le plus vite possible et malgré les dangers, les horreurs et les malheurs évidents à venir. Il y a bien là une forme d’ « expiation », je le concède, mais puisque nos sociétés sont incapables de se transformer et de s’amender face à des problèmes de cette ampleur sans passer par la case « fin de la civilisation » que reste-t-il ?

    Je comprends donc bien votre volonté fédératrice mais sur quelle base l’appuyer ? Devons-nous employer les mêmes méthodes que nos « adversaires » ? Et pour faire quoi ? Et comment ? Et avec qui ? C’est ce que je suis venu chercher sur internet. Que je trouve en partie ici, même si, comme JLM le soulignait ou moi avec mes « notes historiographiques », le côté jubilatoire de l’entomologiste me semble passer assez loin des réalités et de l’urgence du terrain.

    Mais puisque c’est sur nos seules forces qu’il faudra compter, « nous, le peuple », et qu’avoir un plan d’action est malgré tout préférable je ronge mon frein et tente à ma mesure et dans chacun de mes gestes – consommation, déplacements, apostolat quotidien auprès de ceux qui m’entourent, etc – de me responsabiliser en attendant la seule vraie mesure qui changerait les choses : le philosophe roi… Autrement dit au XXI e siècle : Jorion président ! 😉

  9. @Shiva
    Permettez-moi d’être en désaccord avec vous!
    Les qualités « réserve de valeur » et « échangeur universel » sont, de fait, non pas indissociables commes vous dites, mais incompatibles!
    Nous voyons bien comment la monnaie actuelle est devenue un objet d’accumulation pour elle-même, et elle remplit sa fonction échangeante de plus en plus mal!
    Vous répétez le dogme de l’économie politique qui a ses racines dans la monnaie -or, mais ce dogme n’a aucun fondement « en raison »!
    jf

  10. @2Casa
    « Faudra-t-il attendre que tous soient touchés pour qu’ils s’en inquiètent vraiment ? »

    Il y a déjà un nombre grandissant de gens qui sont touchés, qui sont passés par l’inquiétude, puis la panique, pour enfin désespérer et se retrouver seuls, à la rue, sans un rond. Parmi eux, des avocats, des ingénieurs, des scientifiques, des médecins, des agriculteurs, des comptables, des publicistes, des auteurs, des balayeurs, des ouvriers spécialisés… des gens de toutes origines, de toutes éducations, de toutes couleurs, de toutes idéologies… les laissés-pour-compte de notre si belle société occidentale. Rien qu’à Montréal, ils sont plusieurs milliers. Ils ne manquent ni de compétence, ni d’intelligence, mais la société les a écrasés et leur refuse maintenant l’aide économique minimale à laquelle nos lois leur donnent pourtant droit, mais sans domicile, ils n’existent plus aux yeux du pouvoir… En France, on les appelerait des SDF, me semble. Par endroits, des gens de bonne volonté tentent de les aider à se reconstruire une place dans la société, avec plus ou moins de succès (journal L’Itinéraire et autres initiatives), faute de moyens financiers. Pourquoi ne pas leur offrir plutôt la possibilité de se construire ensemble une nouvelle société plus vivable, moins destructrice, un underground écosociétal, peut-être ?
    Créer leur propre monnaie, utilisable suivant des règles simples conçues pour fournir un minimum vital et rétribuer le travail plutôt que le capital, p.ex. une monnaie à usage unique, non génératrice d’intérêts, comme envisagé par A-J Holbecq.
    Utiliser cette monnaie comme moyen de solidarisation de cette nouvelle société pas vraiment parallèle à la nôtre, comme outil de reconstruction du tissu social détruit par l’égoïsme que notre société néo-libérale érige en religion, comme engin de re-création sociale après le krach qui s’annonce, ultimement comme étendard d’une révolution tranquille (ce serait la deuxième au Québec) qui reléguerait les promesses mensongères de la finance aux mêmes oubliettes où la première révolution tranquille a relégué les promesses mensongères de l’église… Peut-être une deuxième révolution tranquille, lancée – comme le fut la première – par les victimes des exploiteurs de l’époque, nous permettra-t-elle de nous débarrasser de la religion néo-libérale comme la première nous a débarrassé de la religion catholique ?
    Les laissés-pour-compte ont été abandonnés par notre société, souvent parce qu’ils étaient trop doux, trop gentils, trop confiants, trop faciles à exploiter (ce que l’on appelle « trop faibles » en jargon néo-darwinien)… N’est-il pas grand temps de leur permettre de créer une société qui ne récompense pas par le succès économique la violence contre ses membres les plus démunis ?
    Norman.

  11. @Norman Molhant:
    En lisant votre appel ici, il me semble que vous devriez vous pencher sur l’idée de la monnaie fondante, un projet de monnaie nouvelle, simple à mettre en oeuvre si vous trouvez des perseonnes qui acceptent de fonctionner en réseau pour s’échanger biens et services.
    l faut savoir que les monnaies locales (LETS par exemple) ont été dérivées de cela, mais mal introduits, car on y a oublié l’aspect « fonte » monétaire, essentielle à la circulation, comme je l’explique ailleurs.
    Alors, si vous trouver dans le Quebec par exemple une municipalité prête à s’affranchir des contraintes de la monnaie nationale pour renaître localement et efficacement, il suffit d’émettre une telle monnaie locale.
    Il existe en Allemagne des expériences (exemple le « chiemgauer ») qui fonctionnent déjà depuis quelque temps et que les autorités tolèrent.
    La pleine efficacité d’une telle démarche dépend évidemment aussi du soutien d’une autorité, disons locale, de poids et de quelques entreprises qui y trouveront des déouchés commerciaux nouveaux.
    Consultez mon blog http://monnaiefondante.canalblog.com/, vous trouvrez des informations là-dessus, jf

  12. @Johannes finckh
    Norman Molhant donne ici un exemple de gens qui n’ont même plus de biens et services à s’échanger vu qu’ils n’en ont même plus pour eux … et vous voudriez en plus leur filer de la monnaie fondante? Ça devient ridicule de vouloir considérer la monnaie fondante comme le médicament à toutes la misères du monde!
    Ce n’est pas la monnaie qui est le plus important, c’est la production et la répartition des richesses réelles… la monnaie n’est (ne devrait être) qu’un outil d’échange qui remplace le troc dans les échanges complexes, et l’épargne un report de décision de consommation de biens ou services.

    @2Casa
    Merci pour cette réponse. Je reste très pessimiste, non pour moi (j’ai bien vécu tout en pouvant continuer à me regarder dans un miroir), mais pour tous ceux qui sont encore jeunes actuellement

  13. @johannes finckh

    Bonjour,

    Je crois que vous confondez « propriété » et « usage ».

    De plus concernant l’usage, ce n’est pas, à mon avis, que l’argent ait été trop thésaurisé, bloqué, qui constitue l’origine de la crise actuelle.
    Mais bien plutôt qu’il ait été progressivement et régulièrement injecté, en quantité disproportionnée par rapport aux capacité de production, dans des marchés purement financiers.
    Les actifs financiers étant fortement dépréciés et les banques, largement partie-prenante de ce « pillage », désormais illiquides à moyen terme; l’économie manque du crédit nécessaire à son fonctionnement dans le système actuel…

    Je crois que la crise actuelle a plus à voir avec la phase d’Esope:

    « La possession n’est rien si la jouissance ne s’y joint. »

    qu’avec la morale de Jean de La Fontaine:

    « L’usage seulement fait la possession. »

    Pour éviter la trop forte concentration des richesses il suffi de plafonner les fortunes.

  14. @ Paul Jorion

    Me voilà « weeds » à nouveau, je me permets de répondre à Norman.

    @ Norman

    Rien de ce que vous décrivez sur l’exclusion et ses conséquences ne m’est complètement étranger. Au contraire. Je ne rajouterais qu’une seule catégorie aux victimes du darwinisme social : ceux pour qui les fins proposées n’ont jamais correspondu à aucune attente. Appelons cela idéalisme si on veut. Accroché à un crédo : Que l’homme n’est pas cette machine bien huilée destinée à se crever dans une tâche insensée en vue de se gaver le plus possible de trucs sans valeur (ce, pour le plus grand profit de certains. Mais cette dernière étape de compréhension est pour moi récente, il me fallait revenir sur mes dernières illusions quant à la politique…) et sur tous les plans. Sans vouloir faire de parallèle malheureux dans notre échange une liste de « travers majeurs » est facile à établir : gourmandise, avarice… (Je ferais bien une petite exception, toute personnelle, pour la colère 🙁 ) Tous travers grandement valorisés et encouragés. Alors, oui, effectivement, le monde marche sur la tête.

    Et le problème comme dirait notre ami « antoine-a-minuscule » c’est qu’on est toujours déjà dedans.

    Quelle marge de manoeuvre sinon à sombrer justement dans l’exclusion, la « rationalité économique » ayant colonisé tout l’espace social. Le « There Is No Alternative » est à mon avis tronqué : il manque « Left for us » ! Et ça nous concerne bien : nous n’avons pas d’autre alternative que de jouer leur sale jeu. Sale jeu qui demande maintenant une telle implication pour le « minimum » que ce n’est tout simplement plus acceptable. Quand bien même on ne tenterait même pas d’analyser sa propre activité d’un point de vue un tant soit peu « moral » (me demandera-t-on de mentir, de voler, de léser quiconque ? En tout cas il semble que pour gagner gros – et même, simplement, gagner un peu finalement – il faille absolument avaler en sus du lien de subordination son chapeau et renoncer à ses valeurs ! « Cambronne » à la fin, quoi !)

    Quant à mettre en place une « organisation sociale » parallèle…

    (Pour ainsi dire, j’en suis là. Je ne veux pas faire dans « l’humanitaire » ou le « social » – De toute façon ça paye pas… Encore que ! – cautère sur une jambe de bois à mon sens)

    … Mais est-ce la bonne solution ? Même en considérant la fin plus lointaine que vous envisagez (scopos/télos) ? Deux vitesses… Je ne peux m’empêcher de penser que cela ferait parfaitement le jeu de ceux qui nous gouvernent/dirigent. Une société qui se passe déjà, à la louche, de 20% de sa population ? Et bientôt combien ? 80% pour rejoindre les complotistes ? Remarquez, pour rallier aussi notre Multi-Clown-National, quand ils ne seront plus que 0.0001% à jouer entre eux, ça nous fera une belle jambe ! A condition de s’assurer de l’étanchéité des cloisons.

    Je manque de billes pour les méthodes. Sinon que je suis maintenant persuadé que cela se passera au niveau quasi-individuel – quelle est la portée de mon bras ? – et local : village, commune, région… grand max. Pour lutter aussi contre la dilution du pouvoir dans des échelons trop lointains. Je crois qu’il est important que le type qui prend une décision puisse « nous regarder dans les yeux » quand il le fait et quelle que soit la procédure pour parvenir à celle-ci. (J’espérais un peu ça, un temps, de l’Europe, une tendance interne à la régionalisation, par contrecoup de l’éloignement d’un pouvoir abstrait et désincarné, façon Länder allemands. Qu’est-ce que vous voulez qu’un Breton comprenne aux préoccupations d’un agriculteur du Limousin ? Un peu une Cité grecque, aussi, pour illustrer, encore. J’espérais l’Europe… Mais bon, j’en suis revenu !)

    Bref, comme je le disais, je manque de billes à ce niveau-là. Mais je me soigne depuis quelques mois : passer de mouton à berger ne se fait pas en un jour ! Il y a à peine six mois j’apprenais qu’on créait l’argent… par magie ! 8)

    Merci en tout cas d’avoir traversé l’Atlantique, Norman.

  15. @ 2casa /07-04-2009; 20:07

    Oui. Possible. Mais je ne suis pas sûr d’être entendu, comme je me pose des questions sur le sens du message de Paul Jorion « Mauvaises herbes » ce jour 09-04 . Faire un billet sur mes positions? Trop complexe et trop touffu. Comment expliquer que ce qui nous détermine tient en quatre rationalités dialectiques dont le pôle structurant de chacune échappe à n’importe quel contrôle explicite. La seule solution est de renvoyer chacun à cette anthropologie qui nous permet de nous excentrer radicalement; je l’ai fait à une époque en donnant les références. Dans l’immédiat et tant pis si çà énerve les monorationnels, je fais des piqures de rappel de temps à autres en prenant soin de rester ds le fil, ou ‘a minima’ en rapport avec la position d’un intervenant qui fait lui-même obliquer la discussion.

    Dois-je rappeller qu’il y a aussi des discussions purement financières sur le post de Christophe Perrin?

  16. Bonjour à tous,

    j’ai deux questions à poser car je ne comprends pas l’avantage d’une monnaie fondante.
    je comprends bien le fait que son coté fondant la pousse à etre echangée (un peu comme le mistigri ou le valet de pique). Seulement je n’arrive pas à me convaincre que ce soit seulement son aspect « fondant » qui expliquerait son possible succès.

    En quoi une monnaie fondante est elle différente d’une monnaie fixe avec une inflation? (mathématiquement c’est quand meme un peu la même chose) ?
    Qu’est ce qui fait le succès d’une monnaie comme SOL. Est ce le fait qu’elle soit fondante ou qu’elle soit très locale?

    Merci d’avance

  17. @shiva:
    Comment pouvez-vous dire que « trop » d’argent est injecté (ce que je confirme) tout en disat qu’il ne serait pas bloqué?
    S’il n’était pas bloqué, les détenteurs achèteraient les actifs, ce qu’il ne font que peu!
    jf

  18. @thelast:
    Le « succès » de la monnaie fondante vient du fait qu’elle est toujours circulante et ne prélève pas l’intérêt monétaire net à chaque trnasaction comme c’est le cas avec la monnaie traditionnelle, même inflationniste.
    La monnaie actuelle ne circule que s’il y a l’intérêt prélevé!
    Vous en avez une idée en réfléchissant à du capital prêté!
    Et cette caractéristique s’étend ensuite à toute l’économie et génère ce que nous appelons le capitalisme!

    jf

  19. à paul qui écrivez ceci à la fin de votre billet sur Gesell:

    « La monnaie et l’exploitation, la spoliation du travailleur de la richesse qu’il crée, vont la main dans la main. « Neutraliser » tel ou tel aspect, ou résoudre le tout par une dictature quelconque – y compris des travailleurs – ce ne sont jamais que des emplâtres sur des jambes de bois. »
    jf:
    permettez-moi de vous dire que vous ne poussez pas l’analyse des propositions de Silvio Gesell dans toutes ses conséquences!
    Il est totalement faux de dire que la suppression de la fonction de réserve de valeur ne supprime pas l’exploitation!
    Silvio Gesell préserve par sa réforme proposée la possibilité de faire des affaires selon de conditions plus équilobrées et plus équitables!
    les fortunes monétaires cesseront de croître en supprimant la mécanique diabolique des intérêts et des intérêts composés.
    Il s’ensut que les revenus, confisqués très largement par les les plus aisées en régim capitaliste, reviendront nécessairement à ceux qui travaillent et produisent réellement ces richesses.
    Nous obtiendrions un régime libéral débarrassé de la perversité capitaliste!
    Et, j’ajoute, il n’y aura pas de logique « dictatoriale » qui irait avec cela!
    Ou alors, supprimer la dictature du capital serait « dictatorial » pour les 1% les plus riches???

  20. à paul qui écrivez ceci à la fin de votre billet sur Gesell:

    « La monnaie et l’exploitation, la spoliation du travailleur de la richesse qu’il crée, vont la main dans la main. « Neutraliser » tel ou tel aspect, ou résoudre le tout par une dictature quelconque – y compris des travailleurs – ce ne sont jamais que des emplâtres sur des jambes de bois. »
    jf:
    permettez-moi de vous dire que vous ne poussez pas l’analyse des propositions de Silvio Gesell dans toutes ses conséquences!
    Il est totalement faux de dire que la suppression de la fonction de réserve de valeur ne supprime pas l’exploitation!
    Silvio Gesell préserve par sa réforme proposée la possibilité de faire des affaires selon de conditions plus équilbrées et plus équitables!
    Les fortunes monétaires cesseront de croître en supprimant la mécanique diabolique des intérêts et des intérêts composés.
    Il s’ensuit que les revenus, confisqués très largement par les les plus aisées en régime capitaliste, reviendront nécessairement à ceux qui travaillent et produisent réellement ces richesses.
    Nous obtiendrions un régime libéral débarrassé de la perversité capitaliste!
    De plus, la redistribution plus équilibrée des richesses ne nécessiterait pas particulièrement un régime de croissance, elle fonctionnerait même en régime de croissance nulle!
    Et, j’ajoute, il n’y aura pas de logique « dictatoriale » qui irait avec cela!
    Ou alors, supprimer la dictature du capital serait « dictatorial » pour les 1% les plus riches???

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