La reprise aux États–Unis (non, je plaisante)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

En 2007, j’attendais toujours avec impatience le vendredi soir parce que c’était le moment où je recevais la newsletter de John Mauldin, qui faisait le point de la semaine sur la situation économique et financière aux États–Unis. Si vous lisez mes billets de cette époque publiés le samedi, ils étaient souvent influencés par ma lecture de Mauldin, à qui j’ai emprunté quelques-uns des graphiques que je vous montrais ici. Se trouvant au centre d’un immense réseau d’économistes, il avait une capacité à concentrer l’information que je n’avais pas à cette époque. Il avait aussi un art consommé d’agrémenter ces considérations arides de propos assez excentriques sur le sens de la vie. Il a ainsi fait partager à ses lecteurs des photos de mariage de sa fille prises… au fond d’une piscine ! C’était l’époque où l’on riait encore.

En 2008, Mauldin a adopté un profil très bas, au point que certaines de ses newsletters étaient des reprises d’anciens prospectus de son cabinet de conseil. Il n’avait pas la forme. C’est qu’en 2007, son message était resté le même : il y aura un ralentissement mais il sera de courte durée et de faible ampleur. L’année 2008 fut pour lui un calvaire. Il y a quelques semaines, il a viré sa cuti et a reconnu avec une certaine solennité qu’il s’était trompé. Depuis, il va beaucoup mieux, il prend même un malin plaisir à jouer les rabat-joie. Je vous présente deux graphiques empruntés à sa lettre d’hier (cliquez sur le diagramme pour l’agrandir) .

Le premier, c’est le calendrier des réajustements des taux sur les crédits immobiliers résidentiels américains, réajustements à la hausse cela va sans dire. Les colonnes représentent les montants cumulés des prêts en milliards de dollars. Les crédits subprime sont en vert clair, on voit qu’ils étaient l’actualité du jour en 2007 et 2008. On voit aussi que 2009 est une année assez calme à ce point de vue, mais les problèmes repartent sur les chapeaux de roue en 2010 pour culminer en 2011. En jaune vif, les crédits Alt-A, encore appelés « liars’ loans », prêts pour menteurs, accordés sur la base de déclarations de revenus non-vérifiées : dans le climat de la bulle, les emprunteurs gonflaient leurs revenus déclarés pour acheter des logements les plus vastes possibles et multiplier ainsi l’effet de levier quand ils les revendraient quelques années plus tard, comptant sur les 5 % à 10 % d’appréciation annuelle qui étaient devenus la norme. On sait ce qu’il en est advenu. Versant des mensualités en accord avec le train de vie correspondant aux revenus gonflés qu’ils déclarèrent en 2005 ou 2006, exposés à un taux de chômage dont on dit qu’il atteindra bientôt les 10 %, ces ménages seront bien évidemment incapables de s’acquitter de traites encore plus élevées.

En jaune clair, les crédits Pay-Option ARM, ceux qui offraient différentes options de paiement, dont une qui fut choisie par 85 % des emprunteurs consistant à faire des versements mensuels inférieurs même aux intérêts accrus, ce qui signifie bien entendu que le principal, la somme totale due, augmente inexorablement de mois en mois. Quand elle atteint 115 % du montant orignal du prêt, celui-ci est automatiquement converti en prêt avec amortissement, ce qui débouche sur un quasi-doublement du montant des mensualités. Je vous laisse imaginer ce qui se passera.

Deuxième graphique : l’évolution des bénéfices des entreprises au cours de diverses récessions aux États–Unis. On voit qu’il faut compter de deux à vingt ans pour que l’économie émerge d’une récession. Le trait noir à gauche, le plus épais, représente la récession en cours. La chute est brutale, plus raide encore que celle de la courbe voisine représentant la Grande Crise débutant en 1929 et qui ne s’achèvera en fait qu’en 1947, dix-huit ans plus tard. Pire qu’en 29, comme je vous le répète inlassablement depuis deux ans.

À part ça, comme vous le savez, les analystes nous annoncent que les affaires reprennent. Il faut peut-être prendre leurs pronostics avec un grain de sel nous prévient cependant John Mauldin : leurs prévisions du bénéfice moyen par action des entreprises américaines en 2008 était de 92 $, il fut en réalité de 14,88 $. Eh oui : ce sont d’indécrottables optimistes !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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64 réflexions sur « La reprise aux États–Unis (non, je plaisante) »

  1. … L’éventuelle amélioration de la situation économique qui est déjà annoncée, y compris par le biais de campagnes quasi automatiques du système, comme à l’habitude, de virtualisation de la situation, par “mésinformation”, désinformation, etc., n’améliorera pas nécessairement cette situation. Il peut se créer un phénomène parallèle et antagoniste de contraction de la crise et d’élargissement du malaise, créant un sentiment encore plus fort de rupture de solidarité de la population avec le système…
    dedefensa.org

  2. @ Paul

    « Eh oui : ce sont d’indécrottables optimistes !  »

    C’est exact, c’est aussi un grand nombre d’hommes et de femmes, de décideurs, le plus grave c’est qu’ils se trouvent toujours aux commandes de l’avion, disposant de parachutes dorés donc aucun problème pour eux ! Malheureusement une autre vague approche et nous ne préparons toujours pas mieux les gens à y faire face, l’histoire se répète hélas.

  3. @ Franck,

    S’ils sont aux commandes de l’avion, ce n’est pas par hasard : tant d autres n’ont pas osé décoller!

    Il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre.

    Les périodes de crise sont à considérer comme autant de chances d’évoluer (de progresser) que ce soit à titre individuel ou global.

    Tous n’y réussiront pas, et en ce qui concerne ceux qui frileusement ne bougeront pas il est certain que leur sort sera pire.
    Idem pour l’entrepreneur qui aura échoué. Cela ne me choque pas, c’est une forme de sélection.

    L’intelligence de situation porte un nom que trop souvent l’on méprise, à tort. Cela s’appelle l’opportunisme.

  4. Bonjour EOMENOS,
    L’opportuniste peut être quelqu’un de malin, rusé, faisant ses petits ou gros calculs dans son petit coin,
    ou bien au profit d’un groupe restreint.
    C’est peut-être une forme d’intelligence, mais limitée, froide, et soumise à la situation, justement.
    Cette forme d’intelligence me paraît manquer furieusement de la générosité spontanée souvent rencontrée chez
    des êtres véritablement éclairés.
    Bonne journée.

  5. Excellente remarque Eomenos. Reste à trouver les opportunistes (tels que vous les définissez bien sûr).

    A ce jour nous n’avons tout au plus que des analyste éclairés (très éclairants même comme ce blog en témoigne), mais pas vraiment de « leader » politique de quelque bord que ce soit susceptibles de comprendre globalement le problème et de s’entourer des personnes capables de proposer et de construire autre chose.
    Votre remarque me fait penser au dernier livre de Jancovici « C’est Maintenant » dans lequel l’auteur en appelle à l’émergence d’un nouveau De Gaulle ou Churchill pour s’opposer au courant tirer la barque vers d’autres rivages… Pourquoi pas en effet.

    Peut-être faisons nous l’erreur de croire en l’existence d’un Homme providentiel (ou d’une femme, ou d’un triumvir)… venant sauver le peuple et la planète. Comme le dit encore Jancovici, la différence aujourd’hui est un problème d’échelle ; il ne s’agit plus de sauver Rome, la France ou le Royaume-Uni, mais de faire face à un bouleversement planétaire dont ses bientôt sept milliards d’habitants sont l’enjeu.
    Une autre vague approche comme le dit Franck, une troisième même qui, elle, durera bien mille ans, voire d’avantage. Économie, énergie et environnement sont nos trois défis présent ou proches… un seul individu peut-il en être à la hauteur ?

    Une chose est certaine, les idées aujourd’hui sont mondialisées et instantanées. Internet permet à l’échelle planétaire ce que l’agora d’Athènes offrait à 40000 personnes, je ne sais pas si la solution est de ce côté ci, mais les idées n’ont jamais aussi vite progressé que par ce biais.

  6. à Alexis
    en attendant l’avènement du très grand, si merveilleux « leader », ce sublime sauveur…
    information, s’informer, se former, informer, former, formation ….

  7. je ne suis pas certain que l’on parvienne à s’entendre sur le « salut »… du point de vue du toxicodépendant, le salut c’est quoi? trouver une nouvelle dose (et son financement) ou s’attaquer au pénible sevrage?
    la reprise, allez reprends en donc un peu!

  8. Bonjour Paul,

    Votre billet effleure la question de ces experts qui n’ont pas vu la crise arriver. Après avoir suivi votre blog durant deux ans, j’ai compris que vous ne faisiez pas partie de cette catégorie d’experts 🙂 Et je vois que c’est avec une pointe de jubilation, à peine cruelle, que vous nous narrez la passagère déconfiture de John Mauldin.

    Mais l’histoire ne dit pas si Mauldin a survécu en traversant une révolution copernicienne ou bien s’il a juste adapté quelques paramètres de sa vision du monde.

  9. Dans quel mesure un rebond important des bourses mondiales pourrait entraver un rebond de l’économie?
    Un afflux massif de liquidité sur les marchés boursiers n’est ce pas autant d’argent en moins pour la consommation?
    Je me demande si ca ne serait pas un coup fatal a l’économie?

  10. @ Eomenos

    Celui qui est à la commande d’un avion est responsable de ses passagers et de la machine qu’il pilote. Le courageux commandant de l’avion qui s’est posé sur l’Hudson en est le témoignage. Il y en a tant d’autres.

    D’une part, tout le monde ne peut pas commander un avion. D’autre part, un avion ne fonctionne que grâce à une multitude de corps de métiers. À ce sujet, une compagnie aérienne trouvait que l’entretien était trop coûteux. Un de leurs avions a bien décollé, mais un des moteurs s’est détaché et a suivi son chemin seul. L’avion s’est crashé avec tous ses passagers, pilote compris. Il n’a rien pu faire. Peut-être que cet homme avait d’autres ambitions dans sa vie que d’échouer en perdant la vie ? N’en allait-il pas de même pour tous les passagers et membres d’équipage ?

    Quant à la question de la sélection, il me semble qu’il y a quelques dizaines d’années, des hommes, des femmes et quelques enfants en pyjama rayé en ont été les victimes. Les autres ont été éliminés. Certains leur ont reproché de ne pas s’être défendus, de ne pas avoir bougé. On sait aujourd’hui qu’ils ne le pouvaient pas et que beaucoup de ceux qui ont demandé de l’aide ont été abandonnés à leur sort.

    Hannah Arendt a démontré que l’horreur du système résidait, entre autres, dans son aptitude à détruire la volonté des individus. Pour ma part, je pense qu’une grande partie de la population des pays industrialisés a conscience des risques inhérents à la crise actuelle. Elle sait que leur laine a été tondue par nombre d’opportunistes qui pilotent et/ou qui portent des responsabilités stratégiques pour leur vie.

    Beaucoup des habitants de cette petite planète sont démunis, ceux-ci ne connaissant pas l’abécédaire des financiers et des économistes. Sur les quelques 7’000’000’000 de terriens, combien n’accèdent ni à l’éducation, ni à l’information, ni à la formation ? Et même dans les régions où l’instruction pour tous existe, quelle part des instruits maîtrise suffisamment le sujet ?

    En réalité, il est donc difficile sinon impossible pour eux d’être critiques, d’influer, voire de s’opposer. Cela veut-il dire que ces analphabètes sont sans valeur et qu’il est acceptable qu’ils subissent une sélection naturelle ? Les instruits, les forts n’ont-ils pas le devoir d’honorer les responsabilités qui ressortent de leur savoir et de la confiance qui est mise en eux ? Suis-je naïf, cette époque est dépassée !

    Aujourd’hui c’est le dimanche de Pâques. C’est peut-être le moment de se rappeler l’importance que revêt les notions de responsabilité et de solidarité : Être responsable de son Frère. Et de manière plus prosaïque, si tu vois ou si tu sais quelqu’un être broyé par le système, le destin ou l’échec « Ne demande pas pour qui sonne le glas, il sonne pour toi ».

    C’est peut-être aussi le moment de se dire que l’entreprise et les échanges doivent être au service de l’Homme et non l’inverse.

    Eomenos, vous l’aurez compris, je suis non seulement choqué, mais horrifié par un pareil gâchis.

  11. >alexis

    Je suis un gros lecteur de science fiction et j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs écrivains de science fiction anglo-saxon, notamment Kim Stanley Robinson, Grégrory Benford et Stephan Baxter. Les trois sont membres d’un lobby, la Mars Society qui promeut l’exploration humaine de Mars. Mais plus encore, ses trois auteurs ont écrit des romans visant a influencer le grand public en diffusant l’idée que cette exploration était possible et désirable. C’est d’ailleurs une démarche tout à fait volontaire de leur part, qui s’inspire d’une démarche similaire faite par Tsiokovsky, Goddard et Obert au tout début de la conquête de l’espace. Ces trois pères de l’astronautique ont en effet chacun écrit un ou plusieurs romans de SF.
    Or, en discutant avec ces trois auteurs, j’ai appris qu’ils étaient tout à la fois convaincu de l’existence du changement climatique et partisan de l’usage de techniques de géo-ingénierie, afin de nous laisser le temps de réorganiser nos sociétés.
    Et donc ces trois auteurs ont écrit chacun une série de romans mettant en scene ses technologies…

    Le plus achevé (mais pas forcement le meilleurs du point de vue du lecteur de SF) est la trilogie de Kim Stanley Robinson, qui est le fruit d’un long travail payé par une fondation démocrate au sein des agences de recherches américaines étudiant le changement climatique. Elle met en scène un président des États Unis jeune et charismatique, ancien travailleur social, aidé d’un Parti de la Science, qui conclut une alliance avec la faction la plus avancé du gouvernement chinois pour mettre en ouvre une multitude de technologie de contrôle de l’albédo terrestre.
    L’ouvrage a été écrit plusieurs années avant l’élection d’Obama.

  12. Le seul moyen d’être sûr d’aller dans le mur et d’y rester c’est d’attendre un sauveur… quel qu’il soit.

    En revanche, il nous (nous tous les humains) faut dégager les principes d’action pour sortir du piège qui se referme sur l’humanité.

    Pour le moment je n’en vois que trois ou quatre…

    1/ Déclarer toutes les ressources fossiles, bien commun de l’humanité : gestion mondiale avec des droits d’utilisation sur justificatifs.

    2/ Monnaie commune de référence, gérée par l’ensemble des pays avec des droits d’émission sur justificatifs.

    3/ Créer une taxe universelle sur l’utilisation du carbone (TUC) sur le principe de la TVA et en remplacement de celle-ci : une absorption permanente de carbone vient en déduction d’un dégagement atmosphérique ou aquatique de GES.

    4/ Délai de mise en place de ces principes : maintenant, délai zéro.

  13. @ EOMENOS
    « S’ils sont aux commandes de l’avion, ce n’est pas par hasard : tant d autres n’ont pas osé décoller! »

    Tant de décideurs n’aimant pas entendre autre chose, surtout en matière de lâcher prise au sujet des commandes.

    Malheureusement à partir d’une certaine obstination ou prétention de conduite au sujet des commandes, vous vous rendez beaucoup moins apte à entendre les conseils surtout en matière d’atterrissage, histoire de moins faire de dégâts !

    « Les périodes de crise sont à considérer comme autant de chances d’évoluer (de progresser) que ce soit à titre individuel ou global. »

    Si seulement c’était bien le cas pour tous dans notre manière de s’adresser à l’autre, surtout pour les décideurs se trouvent le plus à l’abri.

    « Tous n’y réussiront pas, et en ce qui concerne ceux qui frileusement ne bougeront pas il est certain que leur sort sera pire. »

    Réussir quoi contre l’homme ? A penser et fonctionner plus longtemps ainsi en société, oui il est certain que tout le monde n’aura pas les moyens de se payer un meilleur abri en dur.

    « L’intelligence de situation porte un nom que trop souvent l’on méprise, à tort. Cela s’appelle l’opportunisme. »

    Si seulement l’intelligence de situation pouvait toujours nous le faire croire nous en rassurer, mais non on préfère d’abord se sauver les premiers par opportunisme de conduite ou de fonctionnement que l’on méprise souvent à tort
    ou à raison, nous sommes des gens tellement si importants nous avons une si haute opinion de nous mêmes.

  14. Je me demande quel pourrait être le niveau de vie moyen sur la planète si les biens étaient équitablement répartis. Est-ce que quelqu’un aurait des indications à ce sujet ou des liens à consulter ?

  15. Je ne suis pas érudit en SF, mais j’ai un peu lu et fréquenté des fans de SF.

    Je reconnais que j’y ai trouvé un peu d’air, la possibilité de respirer et d’imaginer un peu plus autre chose que ce qui est là. Les auteurs de SF sont un peu des enfants avec leurs défauts mais ont aussi des qualités incontestables. Ca n’est pas de la religion, c’est du dream au sens pas si inutile. Rêver n’est pas contradictoire d’une approche du réel. C’est une possible liberté et issue des carcans. Les aborigènes auraient à nous en apprendre.

    Face au mur dans lequel on continue d’aller, peut être qu’un peu d’imagination nous aiderait pour faire autrement. C’est le seul intérêt que je trouve à la science, pas une volonté de puissance comme disait Nietzsche, mais celle d’un gai savoir comme disait le même Nietzsche, composer des symphonies impromptues.

  16. Cher Paul,
    je trouve assez désespérant que la grande majorité continue de confondre « monnaie » et « crédit ». Heureusement que vous tenez bon, je me sens un peu « isolé »!
    D’autre part, j’ai lu avec beaucoup d’attention votre exposé dans « ‘l’implosion… » de ce qu’il en est de l’approche mathématique soi-disant « scientifique » des placements financiers.
    Là aussi, les dits spécialistes font compliqué et se trompent, en face d’une réalité tout autre!
    En fait, on ne le sait que trop, par ailleurs, que le comportement (la « psychologie » de Keynes) des agents doit suivre le mouvement la plupart du temps-pour faire le contraire un moment donné, difficile à jauger.
    Cela vient du fait que les bulles sont des événements obéissant à une logique imaginaire, comme le casino, et, finalement, le système est irrationnel pour la simple raison que la monnaie est une créature irrationnelle en étant « réserve de valeur » (un objet que l’on garde) et objet d’échange en même temps!
    Et cela produit l’instabilité nécessairement! Lisez Gesell!
    jf

  17. Par la consommation d’énergie et de matières premières de chaque individu.
    Si on prend la moyenne européenne, à la grosse louche, je pense qu’il faut considérer qu’il faura consommer 10 fois moins pour que notre mode de vie devienne réellement durable.
    Je pense que c’est possible, mais il faut tout changer.

    Je vous pose la question. A-t-on le choix?

  18. @ Monique
    Est-ce vraiment une question ou une boutade ?

    @ Jean Nîmes
    Je suis aussi convaincu que la taxe carbone proposée par Jancovici (encore lui !) dans son livre Le Plein SVP en 2006, mais aussi par James Hansen dans sa lettre aux époux Obama en décembre 2008, mais sûrement par d’autres encore dont je n’ai pas entendu parlé est une excellente idée, tant elle brille par sa simplicité et par son efficacité. Les ressources naturelles minérales et fossiles sont effectivement le bien de l’humanité et non seulement de ceux qui les exploitent pour leur propre intérêt. Une taxe serait effectivement bien venue pour réduire notre dépendance à une énergie en voie d’épuisement en incitant les uns à modérer leur consommation, les autres à mettre en place des « renouvelables » de substitution et tout le monde à remettre en cause notre « Toujours plus » réglementaire… Le bénéfice de la taxe permettant de trouver les ressources financières pour organiser la mutation.

    On en revient toujours au problème des limites physiques de notre condition humaine : finitudes des ressources non renouvelables (lapalissade), limites ou plutôt frontières naturelles de notre monde à quelques petits milliers de mètres au dessus du niveau de la mer. Envoyer des hommes sur Mars est totalement hérétique ou plus exactement vain… a fortiori au delà de notre système solaire. Du moins dans l’état de nos connaissances actuelles et objectivement pour quelques siècles encore (en revanche expédier des sondes automatiques comme la mission européenne Rosetta est scientifiquement passionnant, mais c’est une autre histoire…).

    L’aspect positif de La Crise actuelle demeure peut-être dans la prise de conscience à grande échelle des limites humaines. Jusqu’à récemment la planète elle même semblait infinie, tant il s’y trouvait de lieux « où la main de l’homme n’avait posé le pied » (!), tant ses ressources semblaient inépuisables (minerais, pétrole, poissons, forêts…) ; la notion même de croissance infinie semblait acquise pour beaucoup et pour l’éternité…
    Mais la réalité est têtue, les lois de la thermodynamique le sont aussi, sans états d’âme ! Tôt ou tard, la croissance infinie viendra heurter les bornes du monde fini, que cela nous plaise ou non.
    Il semblerait même que nous soyons arrivé à ce point.

  19. Si nous ne vivions pas autant dans le même empressement de vie infernal que celui des mégapoles, les écarts de production, de fonctionnement, de niveau de vie, de rapport à la vie, à l’autre ne seraient peut-être pas aussi distants
    et déchirants entre les êtres et les cultures. Hélas le lavage de cerveau ambiant uniformise toute pensée et société dissidente possible c’est l’enfermement total des êtres dans les idéologies, les mêmes cadre de penser, de parler.

  20. >Alexis

    Kim Stanley Robinson parle aussi de la taxe carbone dans sa trilogie consacré au changement climatique.

    Vous seriez surpris de sa méticulosité dans la constitution de sa documentation. Il n’est pas le seul d’ailleurs; Stephen Baxter était par exemple très surpris de constater que ses sources d’inspiration était loin d’être connu de tous les physiciens…

  21. @ François Leclerc

    Dans un premier jet, je parlerais de salaire, d’accès à la culture, à l’éducation, aux transports, à la santé et au logement.

    Votre question me fait prendre conscience que la richesse des individus est en étroite corrélation avec les infrastructures et le système social du pays qu’ils habitent.

    En fait je cherche à évaluer où je me trouve dans l’échelle planétaire. Beaucoup de gens ont bien moins que mon salaire de bas de classe moyenne pour vivre et faire vivre leurs enfants et pourtant je n’ai pas l’impression d’être riche. Mais peut-être faudrait-il que je fasse un effort supplémentaire pour plus d’égalité.

  22. @ Paul Jorion, merci pour ces données… encourageantes

    conformes à vos « plaisanteries », ces liens (et sous-liens) vers quelques blogs très en effervescence et très déterminés à contrer le camp de ces incorrigibles optimistes de wall street

    bref, un incomparable concours de plongeons…

    http://www.nakedcapitalism.com/2009/04/guest-post-imminent-disinformation.html
    http://krugman.blogs.nytimes.com/2009/04/11/green-shoots-and-tea-leaves/
    http://www.dedefensa.org/article-si_la_revolte_venait_la_verrions-nous_venir_11_04_2009.html

    cela étant, si les graphiques abondent aux USA, on est moins gâtés en Europe…

    où peut-on trouver le même type d’info en Europe (sur les crédits notamment)?

  23. @ Monique

    Il y a une vieille idée, celle des besoins socialement nécessaires, permettant de définir l’indispensable du reste. Elle pose bien entendu la question de savoir qui en décide !

  24. @ Dominique B

    L’opportunisme (dans mon entendement) n’implique pas – nécessairement – des calculs grands ou petits mais néanmoins sordides. L’opportuniste est celui qui « sent » où, pourquoi et comment il doit agir.
    Pensez-vous sincèrement qu’une population animale exogène qui en supplante une autre endogène agisse différement que par
    opportunisme ?
    Pour le surplus je ne crois pas que l’homo sapiens soit véritablement éclairé.

    @ Alexis et Cécile

    L’émergence d’un individu particulièrement doué, désintéressé et charismatique n’est pas impossible mais très improbable.
    Le plus souvent l’émergence d’un tel profil est la résultante de la mise en oeuvre profonde, par un groupe qui n’est pas nécessairement conscient de son identité de groupe, de principes et de valeurs qui traversent la société en tous sens et en un moment donné (temporellement très réduit).
    Après le groupe s’habitue au succès et au pouvoir et inéluctablement confisque ce dernier.
    Tout cela est très « animal ».

    @Jeanbinus

    Nous ne parlons pas, d’évidence, des mêmes choses.

    L’organisation du droit de vivre par la sélection opérée par l’Homme sur un autre Homme est profondément haïssable et ne fera jamais partie de mes valeurs.

    En revanche je revendique haut et fort la sélection des individus par leurs faits, talents, aptitudes et attitudes.
    J’adhère largement à l’oeuvre de Monod « le hasard et la nécessité »

    Je revendique également le droit au cartésianisme à « éclipses ». Le Mr. Teste de P. Valéry est insupportable d’intelligence et de cohérence.

    Re @ Frank,

    Vous aurez beau vous entourer de tous les conseils que vous voudrez, à un moment donné – le moment crucial- par définition le pilote est seul a décider et à agir.

    Avez-vous personnellement déjà vécu ce que l’on appelle la solitude du chef ?

    Il est des situations (plus fréquentes qu’on ne le croit) où quoi que vous fassiez vous serez considéré par l’un ou l’autre (et à raison) comme un salaud.
    Le seul choix c’est ce qui vous semblera (avec tous vos préjugés, toutes vos petitesses mais aussi votre courage et votre humanité) -équitable et judicieux parce que vous êtes ce que vous êtes et pas un autre.

    Peu de gens sont capables de vivre longtemps ce stress.
    Même dans l’erreur, je les respecterai, toujours.

  25. @Alexis @Cécile

    Personnellement je crois que l’heure n’est plus spécifiquement à s’informer. Cela se fait en continu avec l’action
    Je crois que souvent nous ne le sommes que trop informé. Je parles que plusieurs ont déjà une bonne tête pour articuler les problèmes.

    Ce qu’il manque ce sont des expérimentations cohérentes, qui cherchent à faire cohérence.
    Je crois qu’aux États-Unis, dans un pays où les gens entretiennent de courtes médiations avec l’État, il n’en faut pas beaucoup pour se mettre à l’oeuvre. C’est un avantage qui peut avoir quelques revers, mais je pense que l’on sent davantage que l’on fait bouger les choses et ça compte

    Il n’y a qu’à voir les réseaux américains comme ceux des Post-carbon Cities maintenant lié à celui des Transition Towns anglais. Il y a le Relocalisation Network. Ça a beaucoup de prégnance là-bas. Ils contrôlent des villes et leur politiques publiques.

    Personnellement, s’il devait y avoir un nouveau De Gaulle (proposition de Jancovici), je crois que ce qu’il aurait à faire est de lancer des expérimentations dans quelques dizaines de villes moyennes, où il est clair que c’est la rue – la société civile d’échelle locale – qui a mission de prendre en charge l’expérimentation avec le support de l’État central.

    Si je devais faire un choix de modèle cohérent à expérimenter, je choisirais l’écomunicipalisme de Jean Zin (monnaies locales, coopératives municipales et revenu minimum garanti) tout en m’inspirant des expérimentations des réseaux américains. Ce serait sûrement moins coûteux que de renflouer les financiers

    Comme Paul l’a dit quelquefois, l’argent n’est pas à la bonne place – mauvaise allocation des ressources.
    De telles expérimentations sont des efforts pour trouver comment le remettre aux bonnes places, là où sont les réels enjeux. Un revenu garanti peut certainement y aider.

    Il faut arriver à quitter davantage nos écrans pour la rue. C’est le prochain choix à faire.

  26. @ Monique

    « si les biens étaient équitablement répartis » -> divisez le PIB mondial par la population mondiale… sinon le coefficient de Gini peut vous interesser : c’est une mesure du degré d’inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée. Wikipedia pour la définition et CIA World Factbook pour une liste des coeffs de Gini par pays (en anglais) ou ici en français mais un peu moins à jour.

    Ceci dit « niveau de vie moyen sur la planète » est plus difficile à exprimer : une coupe chez le coiffeur ne coute pas la même chose à Manhattan et à Kaboul, et les différences sont encore plus larges selon que l’on exprime la chose en dollars où en minutes de travail.

    @ François Leclerc
    @ Eomenos

    Et on manque même d’opportunistes pour vendre des revolvers (made in china) et des cordes à noeud coulant (itou) devant le 11 de la Rue du Mur à Manhattan !

    @ Paul Jorion

    Economiste : Expert qui saura demain pourquoi ce qu’il a prédit hier n’est pas arrivé aujourd’hui.

    j/k

    PS : J’ai signé quelques commentaires ‘Patrice’ précédemment, mais je viens de m’apercevoir qu’il y en a un autre ! du coup je vire au Patriste à l’insu de mon plein gré.

  27. Merci pour votre réponse, EOMENOS,

    Une population animale exogène envahissante, n’a pas grand-chose à faire des subtilités psychologiques
    de la gent homo prétendue sapiens, même si l’occasion qui lui est donnée de supplanter une population endogène, en est presque toujours imputable aux pratiques des homo supposés sapeins.

    Les êtres humains ont toujours gagné à s’éclaircir les idées, et le moment est plus que jamais venu.

    Il semble indéniable que ce soit maintenant leur devoir.

    Merci à vous d’y contribuer à l’aide de ce magnifico blogo, et bonne journée.

  28. @ François Leclerc

    Je suis encore un peu optimiste… je me dis que le pire n’est pas toujours sûr !

    Mais je souhaiterais que l’intellectuel collectif se mette en marche pour de bon !

    Cela ne suffit plus de s’informer, de collecter des infos comme des entomologistes !

    Il nous faut mettre en place localement, partout, les nouvelles approches qui soient une vraie réponse aux crises économique, démocratique, énergétique et climatique.

    Avons-nous même encore le temps pour sérier les questions et établir des priorités ?
    Non ! Nous devons tout faire en même temps.

    Ce n’est pas le moment de sauter par la fenêtre !

  29. Cool, je suis 694 917 736°. Mais ce site ne prend pas en compte mon patrimoine…

    J’ai lu qu’un humain prélève de son environnement, en moyenne & par an, l’équivalent d’une surface terrestre de 2,3Ha (je vous dis pas le chiffre pour un occidental, c’est indécent). Avec une population de 6Mds d’êtres humains, ce chiffre ne devrait pas dépasser 1,7Ha, pour que les ressources ait le temps de se renouveler. L’humanité vit aujourd’hui à crédit, même en ce qui concerne ses ressources!

    http://mondedurable.science-et-vie.com/

  30. @ A.J.Holbecq

    Merci pour ces références intéressantes qui permettent d’agir en conscience, tant que les états ne font pas le nécessaire pour une plus juste répartition des richesses.

  31. @ EOMENOS

    « Vous aurez beau vous entourer de tous les conseils que vous voudrez, à un moment donné – le moment crucial- par définition le pilote est seul a décider et à agir. »

    Souvent les pilotes s’imaginent prendre des décisions personnelles, certes ils agissent, ils le font croire dans certaines situations, mais fonctionnent-ils tous différemment à l’avance ? Hélas ce n’est pas si sur une fois aux commandes, quel conformisme de conduite.

    Vous aurez beau faire la sourde oreille plus longtemps une fois aux commandes, il n’est pas non plus certain que les gens montent toujours dans vos avions, surtout s’ils n’ont plus leur mot à dire quand à la manière dont ils sont très mal payés de nos jours ?

    « Avez-vous personnellement déjà vécu ce que l’on appelle la solitude du chef ? »

    Avez-vous déjà traversé une crise sans parachute doré ? Sans amis flatteurs à vos cotés ? Si seulement ces gens là étaient les plus à plaindre en matière de solitude.

    « Il est des situations (plus fréquentes qu’on ne le croit) où quoi que vous fassiez vous serez considéré par l’un ou l’autre (et à raison) comme un salaud. »

    Quel courage devant la vie que de vouloir d’abord se sauver, parachutes dorés et autres marges de plus, alors que d’autres se ramassent déjà avant vous sur le bitume, fermons les yeux, divertissons les gens, cela finira bien par passer.

    « Peu de gens sont capables de vivre longtemps ce stress. Même dans l’erreur, je les respecterai, toujours. »

    On ne peut bien sur maudire plus longtemps des gens rendus profondément malades ou autistes par les valeurs en cours…

  32. @ Alain Vézina :
    Je suis tout à fait d’accord avec vous, mais ne pensez vous pas que la Taxe ne soit néanmoins nécessaire pour réguler le système et comme le démontre si bien Jancovici dans son premier opus, et anticiper l’augmentation fatale du prix des ressources fossiles dont nous dépendons si cruellement ?

    On peut discuter de l’usage de celle ci, suivant un principe de stricte redistribution per capita comme le propose Hansen ou en substitution des taxes et impôts sur le travail à la manière de Jancovici… ce ne sont pas les solutions qui manqueront. Néanmoins, augmenter via une taxe sur leur « poids carbone » le prix des produits est simple et efficace pour relancer la production locale vs une production lointaine, faire baisser la consommation de produits souvent inutiles, inciter les fabricants et consommateurs à privilégier la durabilité des produits à leur obsolescence programmée, relocaliser notre « way of life » (habitat, vacances, consommation, production…), etc.

  33. Re (et fin) @ Franck,

    Vous appréciez semble t’il de manière immodérée l’art du copier-coller, au point de l’appliquer à nos « pilotes » rendus parfaitement interchangeables (par la vertu de drills intensifs au sein d’écoles de la finance- je suppose).

    Faut faire payer les riches, les patrons sont des êtres immondes, carburant au fric, bonus et autre parachutes dorés, comme d’autres, du côté assomoir, au gros rouge ?

    Bien tiens c’est si facile.

    Plus de 95% des patrons sont loin de gagner plus de 100.000 € annuels (en base indépendant ce qui est nettement moins confortable au final que le statut de salarié).

    La folie ayant trait aux bonus (que je reconnais volontiers dans certains cas injustifiés et injustifiables) aura pour principal
    effet de faire disparaître pour beaucoup de petits salaires le maigre bonus distribué sous forme de 13ème mois.

    Pour les parachutes dorés, idem – Les salariés licenciés vont bientôt percevoir les effets pervers d’une campagne de dénonciation organisée de manière aussi stupide que démagogique.

    Allez pour vous faire plaisir une petite devinette : quelle est la différence entre un pilote d’avion et un banquier ?

    Le pilote d’avion ne vole que quelques heures par semaine.

    Je ne résiste pas non plus à cette dernière …

    Franck, connaissez vous la différence entre une brouette et une voiture de formule 1 ?

    La brouette, vous aurez beau verser de l’essence dedans, il faudra toujours la pousser.

  34. Je lis Jancovici….et oui la taxe est absolument nécessaire, surtout il faut en profiter pour l’appliquer pendant que le prix du baril est bas. Ce dois être une taxe carbone, qui touche aussi le charbon et le gaz, vous le dites.

    Je trouve cependant que le ton de C’est Maintenant ! commence à être franchement spartiate, les recommandations ne le sont pas par contre. Mais certains pourraient être tentés de déduire de la physique une éthique. Je préfère envisager une prise en charge plus humaine et plus souple quoique résolue.

  35. à Paul
    un grand Merci pour ce superbe graphique
    à la fois anticipateur et très « guideur »
    mais peut_être (pour moi, à ce stade) pas encore pleinement éclairant,
    par manque de « foresoght capability » de ma part.

    – Soit G19 les 19 pays du G20 autres que les USA.
    – Soit BkFrtvUS les banques dites « furtivo-américaines » dont les « états financiers onshore » sont consolidés en l’Etat du Delaware   
    ou en un autre Etat ou Condominium sous tutelle de l’Etat Fédéral à Washington,   
    telles que JP Morgan Chase, BoA, Citibank, GoldmanSachs, WellsFargo-Wachovia, HSBC_BankUSA
    – Soit BkFrtvG19 les autres banques « furtivo-else » dont les « états financiers onshore » sont consolidés en City-of-London, Luxembourg, Genève, etc.
    – Soit BkLiborG19 la short-list de banques parmi les « furtivo-else » (BkFrtvG19) qui sont des topPlayers du pseudoMarché LIBOR (gouvernance BBA, British Bankers Association).

    Déclaration de variables :
    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

    DV1: Les pertes cumulées sur 5 ans [2007, 2008, 2009, 2010, 2011] des établissements financiers et banques USA (uniquement) PabC sont de X1 trillions
               
    [XC = X07 + X08 + X09 + X10 + X11]

    DV2: les pertes des cinq leaders US représentent T2 % de PabC (cumul des pertes USA sur 5 ans)

    DV3: Les pertes cumulées sur 5 ans [2007, 2008, 2009, 2010, 2011] des établissements financiers et banques du G19
               
    PG19 sont de X3 trillions

    DV4: Les pertes précitées (PG19), pertes cumulées sur 5 ans [2007, 2008, 2009, 2010, 2011] des établissements financiers et banques du G19
               
    sont (actuellement) estimées grosso modo (min-max) à ce qui suit :
               
    – PeC milliards pour l’Europe, la Russie et l’Afrique
               
    – PiC milliards pour le Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Dubai, Koweit, EAU, Iran, etc.) et l’Inde
               
    – PoC milliards pour la Chine (continentale, HK,…), le Japon, la Corée-du-Sud, Singapour, l’Australie, etc.

    Treize questions :
    – – – – – – – – – – – – – –

    Q1 [refer DV1] : A t-on (Fed-of-NY, BBA, FMI, BRI, OCDE,…) une vague idée (min-max) du montant de la perte cumulée PabC ?
    Q2 [refer DV2] : A t-on une vague idée (min-max) du pourcentage T2% ?
    Q3 [refer DV3] : A t-on une vague idée de PG19 ?
    Q4 [refer DV4] : A t-on une vague idée (min-max) des pertes cumulées sur 5 ans : PeC, PiC et PoC ?

    Q5 [refer DV4] : Quels leadBanks « DV4 » — notamment en citant les BkLiborG19 (definition supra) —
                                       
    représentent 66% ou 80 % de PG19 (cumul des pertes du frtvG19 sur 5 ans)

    Q6: Que disaient les normes comptables FASB 2008 quant aux principes de reconnaissance des pertes dans l’année (2008) avec ou sans anticipation 2009 à 2012,
    notamment pour ce qui est des Subprime, des Alt-A, des OptionAdjustableRate et autes produits à fortes pertes prévisibles ?
    Q7: Question identique à Q6 pour ce qui est des normes comptables FASB Q2y2009, annoncées au G20 du jeudi 2 avril et devant entrer en vigueur une date prochaine [… ? …]

    Q8: Vu la réponse donnée à Q6 et les autres facteurs appropriés, Quelle part du « Cumul des pertes sur 5 ans [2007-2011] » a été comptabilisée dès 2008 ?
    Q9: Vu la réponse donnée à Q6 (et autres facteurs), Quelle part (additionnelle) du « Cumul des pertes sur 5 ans [2007-2011] » a été comptabilisée au premier trimestre 2009 ?
    Q10: Vu la réponse donnée à Q7 (et autres facteurs), Quelle part (additionnelle) du « Cumul des pertes sur 5 ans [2007-2011] » sera comptabilisée aux trois prochains trimestres 2009 ?
               
    en d’autres termes
               
    Vu la réponse donnée à Q7, Quelle part du « Cumul des pertes sur 5 ans [2007-2011] » ne sera pas comptabilisée en 2009, mais reportée à plus tard ?
               
    les 99,99% de pigeons (les contribuatbles) devant s’attendre à de nouvelles ponctions draconiennes,
    alors qu’ils auront déjà été tondus et retondus sur la peau encore sanglante.

    Q11: John Mauldin a t-il dit auprès de quelles sources (transnationales, natiofurtives, fmi, furtivo-américaines,…) ils s’approvisionnent pour établir « SON » graphique ?

    Q12: Quel crédit (taux d’erreur) une agence de notation (digne de confiance !) pourrait-elle donner à ce graphique ?

    Q13: Quelles orgas verriez-vous pour faire progresser les réponses à ces questions ?

    Blogueuses et blogueurs ?
    Vos contributions partielles (voire impressions) sur un point ou un autre ?

  36. @ Auguste

    Il est peut-être possible de simplifier, avec une bonne approximation, en se servant de ceci :

    « Today five US banks according to data in the just-released Federal Office of Comptroller of the Currency’s Quarterly Report on Bank Trading and Derivatives Activity, hold 96% of all US bank derivatives positions in terms of nominal values, and an eye-popping 81% of the total net credit risk exposure in event of default. »

    « The five are, in declining order of importance: JP Morgan Chase which holds a staggering $88 trillion in derivatives (€66 trillion!). Morgan Chase is followed by Bank of America with $38 trillion in derivatives, and Citibank with $32 trillion. Number four in the derivatives sweepstakes is Goldman Sachs with a ‘mere’ $30 trillion in derivatives. Number five, the merged Wells Fargo-Wachovia Bank, drops dramatically in size to $5 trillion. Number six, Britain’s HSBC Bank USA has $3.7 trillion.  »

    http://www.financialsense.com/editorials/engdahl/2009/0330.html

    Remarque : L’ordre de grandeur est à vérifier à cause des trillions… 88 T$, c’est beaucoup !

  37. Bonjour,

    Il est d’usage de séparer la société en trois parties, les Investisseurs, les Patrons et les Salariés.
    Avant la révolution on parlait du Clergé, des Nobles et du Tiers Etat.

    Le clergé priait pour les âmes de la société
    Les nobles se battait pour la sécurité de la société
    Le tiers état, qui représentait la grande majorité de la société nourrissait tout ce petit monde.

    La différenciation entre ces populations s’est fait « au mérite », tout le monde n’est pas apte à combattre, mais au fil du temps les fils ont hérité de la fonction de leurs pères. Les nobles du XVIIIe siècle n’avaient plus alors ni les compétences, ni les talents qui puissent justifier de leurs privilèges.

    Maintenant faites la révolution et changez le vocabulaire :

    Les glorieux entrepreneurs d’EOMENOS ne sont plus que des fils qui accèdent aux meilleures places grace au carnet d’adresse de leur père (Je vous laisse consulter le CV de G.W. Bush qui en est la meilleure illustration)
    Pour preuve également, la surmédiatisation de l’accession à l’école polytechnique d’un « jeune des banlieues » qui est sensée démontrer à elle seule : L’efficacité de l’ascenseur social, la grandeur de la démocratie française et de l’esprit d’ouverture de nos Elites…

    Alors bien sûr tous les entrepreneurs ne sont pas des pourris incompétents… et je suis certain que tous les nobles guillotinés en place de grève n’étaient pas non plus tous des pourris.

    Tout le problème vient du fait que parmis ceux qui comptent vraiment, ceux qui décident, la crème de la crème, ceux là sont des pourris incompétents.
    Pourris parcequ’ils se servent toujours plus et plus souvent qu’à leur tour.
    Incompétents parceque c’est ce que l’on peut voir chaque jour ici même.
    Le pire c’est qu’ils ne s’en rendent même pas compte, et ne se sentent pas coupable, en effet ils agissent comme ils ont été formés à le faire… par leurs pairs.
    Tout comme nos nobles au XVIIIe, nés privilégié, nos élites sont incapables de se remettre en question.

    Maintenant, justifier les monstrueux bonus des patrons par les misérables (Mais néanmoins vitaux) 13e mois distribué, c’est faible.
    Et pour le ce qui est du confort du salarié, comparé au confort du patron… Dois je rappeller que la précarité des classes dirigeantes est très nettement mieux « indemnisée » mais aussi beaucoup plus favorablement ré-évaluée.

    Cordialement

  38. @Seregedhel

    Tout le problème vient du fait que parmi ceux qui comptent vraiment, ceux qui décident, la crème de la crème, ceux là sont des pourris incompétents.

    Oh que je suis d’accord avec vous… mais ce qui me désole le plus c’est la « ferveur » de leurs supporters, pendant les campagnes électorales et lors des résultats : comme pour les stars du sport ou de l’écran: le peuple les déifie pour les renier ensuite … mais c’est trop tard, le mal est fait!.
    Je pense que nous sommes assez con(ne)s pour mériter nos élus!!
    Et je soutiens l’idée défendue par E. Chouard de rééquilibrer les pouvoirs, à défaut de pouvoir faire fonctionner la guillotine, en permettant l’introduction – à tous les niveaux électoraux, de la municipalité à l’Europe – d’une seconde chambre de citoyens tirés au sort ayant au moins un pouvoir de veto et un pouvoir de proposition.

  39. @ EOMENOS

    « Plus de 95% des patrons sont loin de gagner plus de 100.000 € annuels (en base indépendant ce qui est nettement moins confortable au final que le statut de salarié). »

    Oui ! Mais il me semble avoir parler d’abord de ceux qui s’obstinent à rester aux commandes, c’est surtout dans ce sens là que j’ai éprouvé le besoin d’intervenir, peut-être bien une minorité très influente. Ils ne sont bien sur pas tous pareils, des êtres immondes comme vous dites, carburant à la prudence, à la raison, à une rélle remise en cause de conduite, je ne bois pas que du gros rouge ou du vin blanc quotidien.

    Nous nous comprenons aussi sur un autre point. Je crois que nous avons tous notre part de responsabilité dans les événements en cours, et d’autres peut-être une plus grande part d’irresponsabilité vous ne croyez pas.

    « Allez pour vous faire plaisir une petite devinette : quelle est la différence entre un pilote d’avion et un banquier ? »
    Le pilote d’avion ne vole que quelques heures par semaine. »

    Et des gros banquiers se prenant tout le temps pour de bons pilotes, à votre avis combien d’heures de vol par an ?

    Sur ce je vous souhaite de passer une bonne paque, bon courage également pour votre entreprise.

  40. Piqure volcanique de rappel sur l’épicentre de la crise, les crédits immobiliers.Les memes causes produisant les memes effets.D’autres secousses se préparent dans les banques qui auront besoin de 3 ou 4 autres Tarp, pour provisionner des pertes de valeur sur du papier qui ne vaut rien , mais que qu’on va valoriser quand meme par un tour de passe-passe pour attirer le pigeon sur un rebond.Et au final , le contribuable paiera.Des fois , on se demande comme Schumpeter s’il ne vaut pas mieux casser ce qui ne marche pas et aider ce qui marchera.Jusqu’ou faudra-t-il aller pour comprendre l’interet d’une constitution pour l’économie ? Il est des principes ( liberté,égalité, fraternité ) qui n’ont plus de signification face à des politiciens menteurs et incompétents, de tous bords ou plutot du meme bord pour parodier une métaphore de Paul Jorion.

  41. « Eh oui : ce sont d’indécrottables optimistes !  »
    Escrocs de l’espoir, plutôt !!!!
    ou bien « gourous » …

  42. @ Auguste

    Nouriel Roubini avait annoncé des chiffres qui paraissaient fantaisistes pour la plupart des experts il y a encore quelques mois (notamment durant le forum de Davos), il semble cependant que les prévisions qui circulent actuellement soient sur le point de les dépasser. A noter qu’il parlait également des défauts de crédits liés aux cartes de crédits, aux prets étudiants,….
    J’essaierai de les retrouver, mais si vous comprenez l’anglais comme je le suppose, vous pourrez les retrouver sur son site rgemonitor : http://www.rgemonitor.com/blog/roubini/
    … et vous aurez en même temps ses impressions sur les stress tests des banques …

  43. Nouriel Roubini annonçait à l’époque 3.6 trillions. Tout le monde parlait de moins de la moitié. Le FMI vient d’envisager 4 trillions…. a ce jour ou incluant les futures échéances ????

  44. Blog très intéressant et très concret ! Merci aux commentaires éclairés.

    Un commentaire/question à vous soumettre :

    Ne sommes nous pas devant une profonde modification de nos manières de pensées et de vivre dont la crise ne serait qu’une manifestation superficielle au sens « signal faible » ?
    Elle apparaît sur le premier graphique comme la plus grave que l’on ait connu.. Serait-ce la fin d’un système ? et si c’est le cas est-ce souhaitable ou doit-on lutter de toutes nos forces ?

    On peut s’interroger sur ce besoin humain dont plusieurs commentaires font l’écho : « Trouver un héros qui aurait les solutions et les visions qui résoudraient nos pbs actuels et intégrant les besoins des générations futures »
    > n’est-ce pas du domaine du fantasme ? Veut-on préserver ce système ? A quel prix ? un dictature militaire pour le bien de tous ?

    Le changement de fond viendra peut-être d’un changement d’état d’esprit et d’une modification de nos attentes..

    La question n’est peut-être pas de trouver un Churchill, un De Gaulles du 21ème siècle, un Obama divinisé..
    Serions-nous proche d’un point singulier de notre aventure humaine qui remette en cause notre manière de pensée linéaire du progrès, du idée du management, du contrôle, notre économie, nos valeurs ? A-t-on toujours besoin de leaders ou de pilotes ? Beaucoup de vos réponses se rejoignent sur la capacité de nos élus à bien (mal) nous diriger…

    Trouver de bons pilotes ou ré-inventer le système ?

    Que pensez-vous du fait qu’il devient possible d’imaginer – depuis la création d’internet – un pouvoir décentralisé, vif et créatif sur le net. Peut-on inventer un monde en apparence « désordonné » mais en réalité piloté par tous, sous forme de groupes d’interêts ou d’expertises via les moyens modernes et à venir de communication.

    Telles les cellules dynamiques et éveillées d’un grand réseaux de neurones à taille planétaire..

  45. Bonjour
    Merci d’evoquer enfin les Alt A et ARM.
    Ces deux mots vont rentrer de plein fouet dans notre actualité economique d’ici peu car nous n’avons rien vu encore en terme de débacle economico-immobilière.
    Je vous invite à lire ce travail :
    An overview of the Housing/ Credit crises and why there is more pain to come :
    http://www.scribd.com/doc/14166113/T2-Partners-Presentation-on-the-Mortgage-Crisis4309-3

    Pour ceux qui veulent aller vite, commencez par la page 40 : un graphe resume tout.

  46. Bonjour,
    Toutes ces discussions sont totalement stériles et je ne parle pas de ce projet totalement utopiste de constitution pour l’économie.Les analyses sont par ailleurs totalement justes, mais il s’agit d’analyses à posteriori, la seule chose que les économistes savent faire…Et encore quand on voit les remèdes proposés par nos élites j’en doute.
    En réalité le système va aller droit dans le mur, plusieurs crises vont se conjuguer;économique, environnementale, démographique, alimentaire et j’en passe. Le plus triste dans tous ça, c’est que nous n’y pouvons absolument rien. Un nouveau système émergera. Je vous invite à lire Retour sur le meilleur des mondes…

  47. PS: Aucun messie ne viendra!!!!!!!!!! Il n’y en a jamais eu, juste quelques opportunistes qui auront réussi à retarder les échéances…Je sais c’est noir au possible comme scénario, j’ai envie de vous dire soyez réaliste. Nous en Europe, on s’en tirera grosso modo mais dans le tiers-monde, ce sera une véritable hécatombe. Ce jour là, on fermera nos frontières et on les laissera crever, aucune chaine d’information ne couvrira les événement…Alors vos bons sentiments, vous pouvez les ranger dès maintenant…

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