Le temps de l’adolescence

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’administration américaine se demande quel est le degré de détail « graphique », traduisez horrifiant, approprié dans les révélations qu’elle s’apprête à faire sur les pratiques d’interrogation de la CIA et de ses divers contractuels au cours des années récentes. Des bruits de couloir suggèrent qu’elle est en train de faire de même à propos du résultat des tests de « stress » qu’a subi entre ses mains la comptabilité des banques américaines : quelle est l’horreur supportable ? se demande-t-elle.

Que peut-on révéler exactement au public américain quant aux techniques de torture approuvées par son gouvernement et quant à la santé de son secteur bancaire ? La question n’est qu’une instance d’une autre, plus générale : « Quel est le degré de travestissement nécessaire dans ce que nous révélons aux enfants de ce que font les adultes ? ». Les intentions des grands sont louables car le principe qui les sous-tend est celui-ci : « Si les enfants savaient la vérité, ils sombreraient dans le désespoir – comme l’ont fait avant eux leurs aînés ».

Et ils ont raison : si nous savions à quelles pratiques se livrent dans les coulisses ceux qui affirment protéger notre propre sécurité et celle de nos placements financiers, nous sombrerions dans le désespoir. Mais pas tout de suite, souvenez-vous. Le jour où l’adulte révèle à l’enfant que le Père Noël n’existait pas, quelque chose se brise en celui-ci. L’adulte ne pense pas suffisamment au fait qu’il n’en sort pas grandi.

Pourquoi croyez-vous que les adolescents sont révoltés ? Tant de mensonges accumulés les font vomir.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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43 réflexions sur « Le temps de l’adolescence »

  1. que nos mensonges révoltent les ados me semble une bonne piste.
    qu’ils soient paniqués devant la réalité de notre monde économique, du travail , de ses conditions et de ses buts me semble aussi pouvoir figurer dans les causes du dégoût et du refus.

  2. Plus ou moins, vous touchez là quelque chose d »essentiel, Paul. L’avantage de ne pas mentir, est de se rappeler ensuite en pensant à la vérité, ce qu’on a bien pu dire, tout en l’ayant oublié.

    Tous les menteurs naïfs, compulsifs, tordus, calculateurs que j’ai rencontrés, finissent toujours par se prendre les pieds dans le tapis, et zoup, envolée la confiance qu’on pouvait leur faire.

    Ceci est une réalité qui n’a jamais semblé toucher le sens des politiques, mais ça se comprend. Les gens oublient en particulier quand ils meurent, ce qui peut faire croire que la méthode de toujours a été la bonne.

    Un des intérêts supplémentaires du net, est que lui conserve la mémoire ( auditive, visuel ) indépendamment des banques de données contrôlées par qui préférerait qu’on oublie.

    Donc, même si tout le monde a expérimenté les aspects pratiques du mensonge adéquate, en particulier pour sauver le court terme, sa difficulté augmentant, est une chance pour sauver le long terme.

  3. En même temps, ca n’est pas valable pour tous les jeunes non plus ! tout a l’heure j’étais justement en train d’expliquer a des étudiants les « vertus » du capitalisme, et ca n’avait pas l’air de beaucoup les réveiller … eux ils visent un emplois, sont submergés d’information a assimiler, et n’ont pas le temps de prendre du recul.
    Reste les oubliés du système qui eux, oui, ont de quoi se révolter, mais les autres … tout ce qu’ils veulent c’est s’intégrer … après avoir dit merde a leur parents, peut-être … mais bon …
    Disons que de toute manière, c’est clair que eux sont plus a même de faire bouger les choses, même si les plus âgés ont tout de même pour rôle de les guider.

  4. Surtout lorsqu’on préfère avant tout leur parler de perte de confiance dans les médias, alors qu’ils sont bien marqués au fer rouge au quotidie c’est comment dire plus facile à leur faire avaler, alors qu’il y a bien tromperie, cachotterie, cachottière et mensonge de plus, là ça devient franchement insupportable à vivre pour beaucoup, deux poids, deux mesures, mais jusqu’à quand ?

  5. A propos de vérités cyniques, je viens de voir Let’s Make Money de l’Autrichien Erwin Wagenhofer (celui de We Feed the World). Un documentaire édifiant sur le capitalisme financier, principalement commenté par… ses vrais acteurs (et pas seulement des « repentis »). Illustration avec le gérant d’un fonds d’investissement de Templeton, que je cite de mémoire : « Selon l’adage, « le meilleur moment pour acheter, c’est quand il y a du sang dans les rues ». J’ajouterais : même si c’est le vôtre ». Cette vigoureuse profession de foi confirme que la « posture D » constitue bien un optimum pour les « investisseurs ».

  6. In fine, préférons nous des dirigeants cyniques ou imbéciles ?
    Je digresse à peine, mais les diverses théories du complot que l’on prête à tort ou à raison (qu’importe, là n’est pas le propos), à nos gouvernants, les rendent cyniques et calculateurs… et donc comme maîtrisant la situation, puis qu’ils l’organiseraient en quelque sorte.

    Il est fort à craindre comme le dit Noam Chomsky à propos du 11 septembre, qu’ils soient totalement incapables d’organiser de tels complots comme le prouve la gestion désastreuse d’événements naturels (Kathrina) ou officiellement organisés (guerre en Irak).

    Nous sommes donc gouvernés par des imbéciles !

    Dernière question… internet rend-t-il les masses plus intelligentes ? Si j’en crois ce qui se passe ici, on peut le penser.

  7. Une chose est certaine, les « secrets de famille » causent des troubles (relationnels, comportementaux…) pouvant être sévères et affecter plusieurs générations. Il en va de même avec les États. Ainsi, je fais miennes, les remarques précédentes.

    L’Histoire récente nous a tous confrontés – nous les adultes – avec l’ignominie, l’abjection, la déliquescence. Les atrocités de la Seconde Guerre Mondiale (et de la Première); le Cambodge, le Viêt Nam,les Balkans, le stalinisme, l’Argentine et le Chili; le Darfour, le Rwanda, l’Afrique du Sud et tant d’autres. Les États-Unis d’Amérique, comme tant d’autres nations majeures (URSS, la Chine, la France, la Grande-Bretagne…) ont commis au nom de leurs intérêts, leur raison d’État, des manipulations de groupes de personnes ou de peuples, déstabilisé des régions, fomenté des révolutions… L’Histoire est pleine de tortures (Z; l’Aveu…), d’assassinats, d’exécutions sommaires et de disparitions (Patrice Lumumba; Mahatma Gandhi; Aldo Moro; Anna Politkovskaïa, Omololu Falobi; Chico Mendes; Margaret Hassan…).

    Mon pays, la Suisse, n’a de leçon à donner à personne. Nous avons aussi notre part d’ombre. Il n’y a qu’à lire le Rapport Bergier sur la Suisse et la Seconde Guerre Mondiale ou La Suisse, l’or et les morts de Jean Ziegler. C’est d’ailleurs en ayant en tête ces documents que j’ai répondu à quelques reprises dans ce blog.

    Je suis pour ma part convaincu de l’importance que revêt l’examen de conscience d’un pays pour affronter ses turpitudes et modifier ses attitudes et ses comportements en conséquence. Et si nécessaire, justice doit être rendue (Cour Pénale Internationale ou Cour internationale de justice). Ce n’est qu’ainsi que la Paix peut avancer et c’est sur cette base que nous – les adultes – pouvons éduquer et enseigner à nos enfants, afin qu’ils puissent à leur tour affronter la vie en face, en étant un tant soit peu outillés pour cela.

  8. Dans les sociétés premières, l’initiation est généralement un rite compliqué avec ses codes et ses valeurs. Pour accueillir en leur Royaume, les religions elles-aussi baptisent ou circoncisent. Que la CIA ait du mal à initier ses ouailles, on le comprend, d’autant qu’elle a toujours dit que la terre tournait de gauche à droite et qu’elle doit dire que maintenant, ça a changé, elle tourne dans l’autre sens. Ceux sont les gens qui vont être déboussolés et de plus ça risque de leur faire de la peine… Alors?… D’ailleurs ils n’en croiront pas leurs oreilles. Faut penser à eux, Monsieur Jorion.

  9. En tout cas le titre est bien choisi, et je reconnais que vous etes quelqu’un de trés subtile Mrs Jorion. C’est d’ailleur ma seule inquiètude.

    Et oui l’adolescence rest bien la momment ou l’enfant naïf, il le sont de moins en moins, tente de prétendre a sa propres évolution, je n’ais pas utiliser révolution, vers l’autonomie et l’indépendance. M’enfin i reste tout de même une cible facile pour le commerce et surtout une cible manipulable.

    Est ce que notre socièté en est al l’age de l’adolescence, difficile de dire. Cependant ont peut tout de même considére que cette période passe souvent par le soumission ou la révolte, cela ne va dépendre que du comportement et de l’intellignece des parents. Et si je pousse la réflexion, rapidement, et que l’ont considére que le parent est a l’enfant se que l’état est au peuples. Ont peut facilement pretendre deux scénario possible, le premier est la revolte le second de la soumettre. Je ne rentre pas dans détail subtile de la soumission.

    M’enfin si ont considére l’évolution social proportionelle a l’intelligence moyenne constituant la socièté. Notre socièté, sait lire, normalement elle sait compter (m’enfin parfois je m’interroge sur leur technique de comptage), elle est créative. C’est un peut les qualités dont devrait disposer un jeune adolescent, savoir lire,compter et être créatif. D’ailleurs je me permet d’ajouter une autre qualité a l’humain est chercher a comprendre. Qualité que je n’arrive pas a retrouver dans les sociètés a par peut être qu’elle finissent par comprendre que la socièté ne peut pas être séparé de l’humain. Pour se comprendre de doit se confronté a l’autre. Avec le temps elle deviendras adulte, la socièté. Mais si comme certains le pense notre socièté viens de passer a une autre étape elle ne crois plus aux père noél. C’est une preuve de maturité d’adolescence. Espéront qu’il pourront créer le monde dont la majorité de être rêve ou espére, bien qu’il fasses le créer. C’est ca l’adolescence, une période de transition, pour les adeptes de physique ont passe sur une autre orbitale.

  10. Le mensonge est insupportable à n’importe quel âge. Il l’est encore plus quand il est fait au nom de la « sécurité » ou de la « protection » des individus. Mentir à un enfant ou à un adolescent revient à lui cacher une ou des vérités qu’il est indispensable qu’il connaisse pour sa survie, et le résultat quand le mensonge est découvert est le mépris ou la haine. Vouloir « protéger » un enfant ou un adolescent c’est lui rendre un très mauvais service.
    Les gouvernements « mentent » aux citoyens ou plutôt ne leur montrent qu’un aspect bien précis de la réalité , soit pour leur « bien », soit pour préserver leurs pouvoirs, l’exemple le plus frappant est la communication « officielle » sur l’Europe. Il n’est qu’à voir le gouffre entre l’idée initiale et l’évolution contemporaine, mais c’est encore l’idée ou l’idéal initial qui est mis en avant dans la communication.
    La civilisation européenne contemporaine, encore plus que l’américaine, où subsiste encore un semblant de respect pour des notions comme la responsabilité individuelle, a atteint un rare degré de « mensonge », de déni, de manipulation, au nom de grands principes humanistes et sécuritaires, de « on sait ce qui est bon pour vous », bref une approche profondément infantilisante des rapports pouvoirs-citoyens, qui encourage une niaiserie générale et une perte du sens des responsabilités. Le conformisme le plus plat est ainsi encouragé. L’énorme force motrice émotionnelle née de la « réalisation » de la réalité et en conséquence de sa responsabilisation au niveau individuel à chaque génération, seule source réelle de changements, est tuée dans l’oeuf , étouffée ou reléguée aux domaines culturels. Ce sont là des signes évidents de blocage et de décadence d’une société, de pourrissement de son « esprit », qui préfigurent et annoncent des événements forcément violents, par la simple force des choses.

  11. Citation d’André Cools, Ministre d’Etat belge, assassiné par des tueurs à gages (que l’on a jugés mais les commanditaires sont restés inconnus…) :
    « On peut tromper tout le monde quelque temps, on peut tromper quelques personnes tout le temps mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps… ». Certes, plus les mensonges sont gros plus on prend du temps à se convaincre qu’«ils ont osé», mais de plus en plus de citoyens commencent à passer à l’âge adulte…

  12. On peut toujours s’interroger sur le mensonges des autres. Pourquoi ne pas s’interroger ses propres mensonges ? Sommes nous capables d’affronter la réalité, je veux dire la vérité. Ou pourquoi ne le sommes nous pas ?
    Par manque de courage, par peur. Bien sûr nous avons peur. Faire la liste de toutes ses peurs est accablant pour nous.

    Combien d’entre nous n’ont jamais peur ?

    Le peur est ce qui nous met sous le joug de l’autre. Celui qui a le pouvoir, ou celui qui nous fait croire qu’il détient le pouvoir.

    Depuis que je lis ce blog, j’ai souvent l’impression que vous être en train de traquer la vérité qui s’est cachée derrière toutes les options du capitalisme ultra libéral, derrière cette économie de marché, cette protubérance financière digne d’une méga-farce avec ses trillions de dollars qui nous explosent sous le nez comme de grosses bulles de savon pour comprendre pourquoi c’est arrivé à défaut d’imaginer la suite.

    Mais nous l’avions sous les yeux depuis le début. Depuis l’arrivée de Reagan aux Etats-Unis et de Thatcher en UK. Et qu’est-ce qui nous a empêché de ne rien y voir si ce n’est notre propre aveuglement ?

    Les journalistes mentent, les fonctionnaires de l’INSEE mentent dans leurs statistiques de l’inflation, du chomage, les politiciens mentent, mais pour eux, il s’agit leur fonds de commerce, les historiens mentent aussi.

    J’entend Etienne Chouard qui s’époumone depuis 2005. J’ai peur pour sa santé. Heureusement qu’il s’envole de temps en temps au-dessus de ce monde.

    Ce qu’il nous manque c’est un supplément d’âme, une reprise en main de notre conscience, car ce qui dirige le monde aujourd’hui nous dit-on volontiers d’un air dégouté : c’est l’argent.
    J’ai plutôt tendance à croire qu’il s’agit d’une certaine forme d’avidité dans l’avoir alors que nous semblons négliger l’être.

  13. Pour prolonger la petite « fausse » note de Mary ….

    La sur-indignation a toujours quelque chose de louche.
    Je ne dit pas ça pour minorer le dégoût qu’inspire ce qui en est à l’origine. Bien sûr.

    Un peu comme si l’on en rajoutait une louche pour justifier , de façon économique , et la blancheur de sa position et la pureté de ses intentions. Cette indignation là, qui en se plaçant sur le terrain de l’émotionnel , évite les chemins tortueux de la persuasion de l’autre et de l’explication .
    Il lui faut pour cela des coupables en or dont la culpabilité soit difficilement contestables -même si la chaine de responsabilité est longue, et si beaucoup se taisaient en recueillant les miettes et les facilités-, des coupables la main dans le pot de confiture.
    Il lui faut aussi, pour être vraiment opérante , être partagée : chacun doit y aller de son couplet, l’un renforçant l’autre, dans un vaste mouvement général auquel se joindront l’ensemble des uns et des … autres.
    C’est la grande fête cathartique de l’indignation à laquelle se joignent très vite tous ceux qui , de fait, cautionnaient , profitaient, prospéraient sur ce système. Grande fête qui lave nos faiblesses et recycle nos petits mensonges.

    Les professionnels de la sur-indignation ne m’ont jamais bien inspiré confiance par cette façon de noircir à outrance sans distinction de proportion ni de perspective , tout ce qui peut servir une avancée purement émotionnelle de leurs idées.

    La généralisation qu’on observe, de cette technique finit d’ailleurs par produire un curieux effet paralysant dont il est difficile de dire s’il profitera un jour à quelqu’un . Je m’explique :
    – à force de preférer ce raccourci pratique (soit qu’on cherche à indigner, soit qu’on se laisse prendre à ce doux jeu qui met en valeur), non seulement on réfléchit moins sur les choses, mais on finit par ‘dialoguer’ à coups d’indignation … à coup de menace de révoltes dont la vérité n’est en fait que de l’émotionnel pur.
    – mieux que cela, l’indignation devient un procédé, un argument, une façon de traiter les problèmes : les jeunes ont bien pigé la technique – si les adultes fonctionnent ainsi , pourquoi pas moi ? – , technique qui nécéssite uniquement une auto-persuasion à la portée de tous, à dire vrai.

    Chemin faisant nous arrivons – en France je crois que nous décrochons le pompon dans cette pratique – , à une situation de non résolution totale des problèmes , sinon par accoups douloureux et sporadiques, lorsque nous sommes au pied du mur.

    Qua l’aimable lecteur qui a bien voulu suivre le cheminement de ma pensée n’en conclut pas que les turpitudes assez effrayantes qu’on observe déjà , et celles -un peu trop construites pour être innocentes, mais dont certaines pourraient s’avérer vraies- , ne me dégoûtent pas au même titre que Paul, mais la ritournelle du « On a bien raison de se révolter » m’inspire , elle, une très grande méfiance.
    Surtout lorsqu’on pousse en avant la soi-disante pureté de la jeunesse, qui même si elle carbure plus à l’idéalisme indispensable que les ‘matures’ est dans la réalité et dans les fait d’une inconscience et d’un égo-centrisme narcissique assez remarquable.

  14. Il me semble que je ne placerais pas sur le même plan les deux faits du billet initial…

    1/ Celui concernant les agissements de la CIA… celui-là plus rapidement on saura la vérité mieux cela vaut pour les diverses raisons évoquées dans les commentaires (morale, cadavres toxiques dans les placards, etc.) ;

    2/ Pour le second, la question est plus subtile peut-être : dans l’économie capitaliste dont le principe de base est l’action moutonnière (je fais ce qui rapporte de l’argent aux autres, pourquoi pas moi…), donner des informations véritables c’est provoquer aussitôt des réactions qui rendent les pronostics autoréalisateurs ou, au mieux, inciter à suivre les implicites de l’information… les processus sortent des limites linéaires.

    Ce qui suppose donc une information complète, approfondie, qui puisse être comprise et sur laquelle puissent se construire des adaptations pertinentes et efficaces, contrôlables et démocratiquement décidées.
    Les petites phrases qui lâchent des bribes d’informations, qu’il faut rassembler ensuite comme un puzzle pour comprendre ce qui se passe, ne peuvent que provoquer frustrations et colère quand la vérité éclate.

  15. @ Oppossùm

    Je crois que vous vous trompez, de cible et d’endroit, pour votre dénonciation, vigoureuse, de la « sur indignation ».

    S’il est bien un lieu où j’ai vu aborder, avec approfondissement « technique », et sous de nombreux éclairages différends, les problèmes particuliers qui nous préoccupent, c’est bien ici.

    On y est très loin du « superficialisme de l’indignation collective » que vous semblez vouloir dénoncer. Ca serait même plutôt l’inverse. A force d’approfondir chacune des facettes des problèmes dans leur moindre détail, le risque est, plutôt, de s’y perdre. De perdre la vision d’ensemble. Accessoirement, de finir paralysés par la complexité des problèmes. Et, donc, des solutions à y apporter.

    Vous-même, pourriez-vous être plus clair? Par exemple sur ce que vous entendez exactement par cette « spécialité Française », de non-résolution des « problèmes », sauf lorsque nous sommes « au pied du mur »?

    J’aimerais beaucoup savoir à quels « problèmes » vous faites référence, précisément? Et de quelle nature serait ce « mur » auquel la France, spécifiquement, se heurterait? Sous-entendant par là, il me semble, que d’autres ne s’y heurteraient pas et résoudraient ces « problèmes » plus aisément? Qui donc? Et par quels moyens?

    Je m’en voudrais de procéder à une analyse trop superficielle de vos propos. Mais il me semble déceler, là, quelques indices d’un langage qui ne m’est pas inconnu.

  16. la réponse de l’adolescent est la révolte.
    Celle de l’adulte devrait être la solidarité.

    Différence magnifique entre ces deux monuments de la littérature que sont « l’étranger » et « La peste ».

    Cependant, la vie n’est pas un roman. Le passage à l’age adulte se caractérise souvent, au terme d’une guerre lasse et inepte contre la dure réalité, par une acceptation molle et passive des évènements dans laquelle chacun mène sa vie le nez collé à son existence, essayant avant tout d’éviter les déconvenues et de sauvegarder ses propres intérêts ainsi que ceux des rares personnes auquel il tient toujours (et sans qui la vie n’aurait finalement plus grand sens).

    Face à ce constat désolant de l’égocentrisme ambiant et de l’horreur existentialiste dans lequel se perd le monde, certains voudraient rester maîtres des choses, et se lèvent en criant haut et fort que les « adolescents » et autres rêveurs tantôt mélancoliques, tantôt anarchistes, devraient prendre leurs vies en mains plutôt que de la perdre à poursuivre des chimères. La vie est dure et c’est ainsi. Il importe de composer la sienne avec les règles implicites qui nous entourent : Rien n’est gratuit ni désintéressé.

    La politique, qui devrait être l’application d’une réflexion philosophique a perdu absolument toute substance. Rien n’a jamais été aussi vide que cette vaste mascarade de ces dernières années, pour laquelle « loft story » aura eu (et c’est bien là son seul intérêt) le mérite de donner un nom : La tété réalité.

    Moi même, qui suis passé à l’age adulte (ou est en train de le faire) il y a peu, je justifie à présent avec une bienveillance un peu gênée, un peu lasse, les règles du jeu de nos vies : Et bien oui, il y a des riches, il y a des pauvres, il y a même des très riches et des très pauvres, des individus dont la fortune n’a rien à envier au PIB de certains pays, et des malheureux qui crèvent littéralement de faim (souvent dans les même pays d’ailleurs). Et ce sont là les règles du jeu. Un pour tous et chacun pour soi. L’oligarchie financière (délicieuse expression en vogue depuis peu) aurait tord de se priver. Ils ont gagnés cette compétition planétaire, il est donc normal pour eux de goûter les délices de la victoire. Le peuple aurait tord de ne pas se révolter. Il renverserait les choses à son avantage, venant prendre de force ce qu’il n’a pas acquis de droit. Il goutera alors à son tour les fruits de sa victoire sur ceux qui avaient tout ; et petit à petit une nouvelle élite émergera et protégera de nouveaux acquis de la convoitise de nouveaux perdants qui à nouveau n’ont rien. Ce qui fut, cela sera; ce qui s’est fait se refera; et il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

    Alors quel espoir pour un monde meilleurs ? Je crois de moins en moins en la politique. Mais pour revenir au début de mon poste, la littérature donne des réponses : « La peste ». La solidarité. Et cette idée vieille comme le monde, mais sur laquelle on a mis un visage et un nom il y a 2000 ans (Bien que je ne reconnaisse là aucun monopole de la part d’un quelconque groupe ou organisation). Cette idée que si l’autre doit être considéré, ce n’est pas d’abord dans le but que lui me considère, mais avant tout parce qu’il est important, car provenant de la même humanité.

    Je rejoins ici Paul, qui dit ne pas être un fana des religions. Effectivement, entre politique et religion il n’y a qu’un pas. (voire pas de pas du tout). Enfin tout de même. Les concepts théologiques découlant de ce que l’on appelle la « sainte trinité », l’amour de son prochain. Il y a là quelque chose, je dois dire, qui redonne du sens à la vie.

    « L’amour », tout comme « la politique », est un mot qui ne signifie plus grand chose aujourd’hui. (je ne saurais dire si la télé réalité y est pour quelque chose, mais là encore, elle confirme ce terrible constat de manière extraordinairement explicite). L’amour donc ne veux rien dire. Mais une fois cette assemblage de lettre mis à la lumière de la théologie/philosophie judéo-chrétienne, c’est à dire une fois accompagné de deux autres mots que sont Liberté et Gratuité (concepts qui ne font parti ni des règles du jeu, ni du vocabulaire de ces gens sérieux que sont chefs de multi-nationales, responsables politiques, etc…), prend je pense toute sa signification. Un amour non-possessif et désintéressé. Pour une Utopie c’en est une. Pourtant s’élève en moi la conviction qu’aucune réponse ne viendra d’un gouvernement, parce qu’aucune loi de bon sens ne pourrait être sérieusement envisagée pour briser les boulets que traine au pied la nature humaine et tout l’amour qui l’accompagne : La possession et l’utilité (cf la fameuse télé-réalité, l’ile de la tentation en est probablement un des exemples les plus parlant). Il en va de même pour les religions, qui sur ce terrain, commencent là où s’arrête la politique, en tentant d’enfermer par autant de règles un concept qui de par sa nature ne saurait en souffrir une seule. L’amour doit rester libre et librement désintéressé.

    Pour moi, la réponse dépendra donc du degré d’ouverture de la conscience individuel et donc (par récursion ?) collective, face à « La Peste », face au fléau, face au désastre économique qui s’abat sur le monde, mais qui reste dans la continuité du désastre que nous connaissons depuis toujours : l’orgueil et la cupidité profonde de l’humanité

    Désolé si j’ai laissé s’épancher une naïveté peut-être un peu pédante 🙂
    Je me sentais l’âme à la poésie ce soir, et comme toujours, je reste ouvert aux critiques.

  17. Le blog est un lieu de réflexion, quitte, comme il est dit, à sur-analyser les faits. L’analyse n’est cependant pas un substitut à l’action si celle-ci est nécessaire. J’ai eu la surprise de voir hier qu’un de mes encouragements à analyser davantage était confondu avec une suggestion de ne pas revendiquer. Ce n’était certainement pas mon intention. Ce n’est pas parce que je tiens un blog que je dénonce le fait de manifester : ce sont simplement deux moyens d’expression distincts, chacun étant régi par les règles propres à son genre.

  18. @ Champignac
    Entièrement d’accord avec vous, le blog de Paul ne verse pas dans la simplification et la critique maladive , sans argument , et basé sur l’ émotionnel. Mais, là le billet ne m’a pas plu , je le dis à ma façon, sans plus. Le billet ne fonctionne pas à l’émotionnel , mais il l’excuse un peu chez les autres … mieux , il re-pose les bases d’une sorte de ‘raison’ immanente à l’indignation dans son prolongement à la révolte, à priori.

    Je n’ai pas le temps de vous répondre par des exemples, mais enfin si vous ne voyiez pas que la sur-indignation théâtralisée est devenue une figure un procédé ….

    Enfin votre phrase : « Je m’en voudrais de procéder à une analyse trop superficielle de vos propos. Mais il me semble déceler, là, quelques indices d’un langage qui ne m’est pas inconnu. » , en dit long sur la facilité à catégoriser et tenter de disqualifier des opinions en les ramenant facilement au supposé endroit enpreint de fachitude, probablement. C’est vraiment un très vieux procédé , même si vous ne faites que m’en « menacer » gentiment.

    Si vous voulez proceder à une analyse de mes modestes propos, prenez la peine d’argumenter et évitez les menaces « morales » , même de cette façon alambiquée. Une critique du système et de ces turpitudes n’exonère pas d’une critique de ces agents, et même de ceux qui en serait les « victimes », ni même d’une critique de la critique.

    Un petit détail n’ayant rien à voir : la critique et la prémonition de la crise a fondalement été faite par M. Allais, l’économiste qui a le plus inspiré Le Pen dans son programme spécifiquement économique, lui-même premier homme politique ayant publiquement annoncé (avec un retard énorme d’ailleurs), dans un discours en juillet 2008, l’arrivée d’ une crise . (J’ai dit homme politique) .
    Au fait, la révolte contre le système que tente de récupérer Le Pen , elle vous plaît ? En voilà également un homme bien indigné ….

  19. Je ne trouve pas trace du commentaire de Lemmings que Paul a dû édulcorer définitivement , mais ça m’étonnerai , pour cette raison ci, que ça parte du même ‘endroit’.
    De toute façon l’idée d’un combat m’est assez étrangère, tout au plus une ‘résistance’ mais sans présupposées . Ceci étant que d’autres aient l’assurance de croisés ne me gêne pas.

  20. Si seulement c’était bien un excès d’indignation qui serait la cause première de tous nos maux, n’en serait-ce pas également un excès d’indifférence de la part de certains derrière leur propre bureau, bureaucrate ou pas. Hélas ce n’est pas toujours la froide raison intellectuelle qui s’exprime en premier, mais bien le cœur de tout à chaqu’un on aime ou aime pas entendre ceci, surtout si cela vient de Paul ou Jacques selon notre propre programmation interne. Tout cela va bien sur si vite que beaucoup d’adultes ne le reconnaissent plus du tout en eux, fort malheureusement pour eux, une autre forme d’aveuglement beaucoup moins avouable à reconnaître devant les autres, non moi je ne fonctionne pas du tout comme cela, moi je suis en effet un adulte, pas du tout un enfant, qui s’indigne encore sur toutes choses de plus sans raison. Je méfie souvent des gens qui se prétendent plus adultes, rationnels ou moins indignés que d’autres au sujet de la crise, cela me rappelle une certaine manière de se conduire et de s’adresser aux autres ou aux enfants de nos jours dans les écoles d’économie, l’alignement de chaque enfant, de chaque esprit, de chaque personne, de chaque pays sur cette même et froide manière de raisonner partout en société, on voit d’ailleurs mieux ce que cela donne de nos jours, au vocabulaire si pédant et si consternant parfois une fois devenu adulte, mais quel beau monde à fréquenter si, si, je vous assure d’abord mes petits enfants et puis après les enfants des autres…

  21. @ Archimondain,

    Bien d’accord avec vous. La transformation économique et financière serait fortement facilitée par un changement de conscience.

  22. La révolte des ados serait le résultat des mensonges du père, scorie d’une éducation en théorie impraticable, et immoral dans les actes ?!
    Puissions-nous rester d’éternels adolescents, pour ne pas sombrer dans l’embourgeoisement bedonnant et garder ce souffle de révolte, scorie bienveillante.
    AA A+

  23. Le père Noël existe toujours pour les adultes, il a seulement pris la forme de la gratuité infantilisante que nous délivrent tant d’accroches publicitaires. Un très bon titre de livre de Denis Olivienne « La gratuité c’est le vol », parodiant le célèbre 3la propriété c’est le vol » de Proudhon, aurait pu nous délivrer une analyse sociologique de la gratuité et l’ascendant que le fournisseur prend ainsi sur le consommateur, mais le livre est assez restreint au domaine du piratage numérique et du vol des auteurs ainsi spoliés.

  24. Je vous trouve tous bien sévères avec le mensonge. Parfois il est nécessaire à la vie en société (et à la vie tout court). L’adolescence est une période naïve et idiote où l’on pense que tout est simple. Et le culte de la vérité et de la transparence mène souvent en enfer. Si les adolescents vivent souvent cet enfer ce n’est pas à cause des mensonges dont les adultes s’en accomodent très bien, mais à cause de leur culte de la vérité.

  25. Attention, je ne dis pas que le mensonge est préférable à la vérité, ni l’inverse. Mais que des considérations autres interviennent et que les choses ne sont pas aussi simples que blanc ou noir.

  26. @ oppossum

    – beaucoup, aujourd’hui, joue avec l’indignation // je suis d’accord
    – c’est une spécificité française // des arguments pour étayer cette position ? ça va être dur…

    Je trouve votre commentaire on ne peut plus réac. Une réaction à peine voilée par des airs d’analyse rationnelle qui vous protègerait des excès et des accès d’indignation. N’importe quoi.

    Personnellement, la fausse indignation, celle que je trouve puante, je la lis surtout dans la prose ampoulée des bourgeois bien camouflés dans leur nid douillet qui spéculent pour spéculer, et feignent le désolement quant au devenir du monde.

    Il y a un moment, il faut agir et stopper la branlette intellectuelle entre amis…car la confiture du crime et la déconfiture de ceux qui le pourfendent dégoulinent depuis bien longtemps, trop longtemps.
    Et ce n’est pas être dans l’émotion que de le dire car toutes les conditions objectives, celles des faits avérés et documentés… sont réunies pour avancer de tels propos.
    Evidemment, on peut continuer de regarder ailleurs, de croire que les responsabilités sont trop diluées pour rechercher des responsabilités…
    Je reprendrais les termes d’Alison des Forges qui est décédée cette année et qui, sur le Rwanda par exemple, était venue conter à nos chers députés qu’au Rwanda, ce n’était pas les forces impersonnelles de l’histoire qui avait provoqué un génocide mais bien un ensemble de décisions politiques, dont une bonne partie est identifiable. Bon et bien, plus d’un million de morts en 3 mois (un rythme plus élevé qu’à Auschwitz) par des hommes que nos responsables d’alors ont cautionnés, encouragés, soutenus, à qui il ont donné un feu vert… C’est de la fausse indignation que de le combattre ouvertement ?

    Les réactionnaires se retranchent derrière cet argument stupide mais ne pourraient-ils pas penser un instant qu’il n’est nul besoin d’être philanthrope pour dénoncer et combattre l’impunité en ces domaines ? Ne pourrait-il pas leur venir à l’esprit que la simple raison appliquée à l’échelle globale exige de faire proscrire ces comportements ? ça me rappelle un philosophe, désolé, je ‘ai plus le nom, qui disait qu’être de gauche, ce n’est ni la compassion, ni l’empathie…mais une façon d’appréhender les choses dans leur globalité. Faut-il être grand clerc pour voir que la pente de notre système contemporain nous mène tout droit notre espèce à sa perte ? être de gauche, c’est peut-être tout simplement y croire et ne pas accepter cela comme une fatalité ! Et cette fatalité là, dans laquelle trop nombreux sont ceux qui s’y retranchent est peut-être ce qui ouvre la porte à tous les cynismes, les égoïsmes, et les crimes.
    Malheureusement, l’apathie est cultivée et les récoltes sont bonnes

  27. @MarcusH: « Evidemment, on peut continuer de regarder ailleurs, de croire que les responsabilités sont trop diluées pour rechercher des responsabilités… »

    Sur le thème, il est amusant de constater que :
    – la droite trouve des responsabilités lorsqu’il s’agit de menu fretin (le petit délinquant est responsable de ses mauvais choix, par exemple) alors que la gauche a tendance à affirmer le déterminisme (le petit délinquant est conditionné par son milieu et son malheureux vécu).
    – la gauche trouve des responsabilités lorsqu’il s’agit de gros poissons (le génocide rwandais est dû à tels hommes politiques ayant pris telles décisions) alors que la droite a tendance à affirmer le déterminisme (c’est l’histoire, c’est une responsabilité collective).

    Les deux s’opposent alors que les deux ont raison dans les deux cas. Ils confondent juste tous les deux responsabilité et libre-choix.

  28. @Moi :

    La logique du libéralisme économique est à droite et la logique du libéralisme progressiste est à gauche, tout simplement. Les libéraux progressistes (NPA, Verts, Socialistes) lutteront pour l’extension des « droits à » aux individus ou communautés qu’ils jugent discriminés. Les libéraux « économiques » (PS, UMP) lutteront quant à eux pour le calcul froid de l’économie vu comme horizon indépassable. C’est la monnaie de la même pièce, c’est notre civilisation.

    Evidemment pour que le capitalisme étende son ombre, les deux libéralismes se veulent adversaires, mais dans les faits, le libéral progressiste qui revendique des « droits à » étendus permettra au Capital de disposer d’une législation qui touchera tous les domaines de la vie, et à la fin l’économiste libéral se frottera les mains.

    La gauche et la droite ne confondent pas responsabilité et libre choix, c’est plutôt que le Capitalisme a besoin des deux libéralismes en présence (qui sont l’expression de la même philosophie progressiste) pour s’exprimer sur toute la largeur du spectre politique. Comme ça, Mr ToutLeMonde qui n’est affilié à aucun parti, est sûr de se faire plumer.

    Nb : j’ose mettre le facteur B dans le groupe des libéraux progressistes, car il est vrai qu’à part l’impôt vu comme remède aux maux de la société (leur horizon indépassable), le NPA et ses groupuscules associés ne font que lutter pour les « droits à », soit l’essence même du libéralisme, avec un champ d’action individualiste ou communautaire, un pur produit de notre époque.

  29. entre l’enfant et l’adulte, à l’adolescence et co, il y a le grand plongeon dans la vie sociale, parfois difficile, comme un grand plat dans une piscine vide,
    c’est peut-être de ce côté là, entre le local et le global, le national et le mondial, que le Père Noël néolibéral, avec dans sa hotte ultracapitaliste un nouvel ordre enchanté…

  30. l’adolescent (pour la civilisation occidentale) se révolte devant un-des parent(s) qui tarde(nt) un peu trop à lui reconnaitre sa place d’adulte entrant dans le jeu des échanges. Si çà traine trop, sa révolte devient légitime et la preuve de sa bonne santé mentale; ceci dit il n’y a pas de forme type de révolte…

  31. à Eugène
    je ne suis pas sure que les parents est le pouvoir , ou autant de pouvoir (par ex celui de reconnaitre une valeur sociale à leur enfants devenant grands qui cherche à s’inscrire dans la vie sociale, et reste en galère)
    par contre la révolte ( ou autre ..) , est plus souvent qu’à son tour pour leur pomme ( peut-être plus puisqu’ils sont présents, que d’autre chose ….)

  32. Les grandes indignations, comme les grandes douleurs, seraient-elles muettes ? Je crois qu’on n’est jamais trop indigné car à l’autre bout du spectre, il y a le cynisme et l’indifférence. Mais ce qui peut être dérangeant est l’expression de l’indignation. Il est vrai que parfois l’indignation verbale a des accents poujadistes qui peuvent gêner.
    Sans généraliser, sans cibler mes voisins d’Outre-Quiévrain, on ressent que l’indignation s’exprime plus par la parole au Sud. Je suis frappé qu’en Belgique, les néerlandophones sont plus prompts à développer des pratiques alternatives, des organisation concrètes qui se désolidarisent de ce qui les indigne et ils créent donc des îlots de « vertu » dans cet océan de vice. Les francophones, wallons et bruxellois, sont plus prompts à critiquer, dénoncer, analyser… Les deux manières de faire ont leurs avantages et auraient intérêt à être menées en parallèle, chacune utilisant ses qualités et ne méprisant pas celles des autres.

  33. @ Bertrand

    bonjour,

    vous dites : revendiquer le droit pour tous à une vie décente (travail, logement…)
    c’est la même chose que lutter pour accumuler des fortunes faramineuses

    j’avoue que j’ai du mal à comprendre votre raisonnement

  34. @MarcusH

    bonjour,

    vous dites : il faut s’indigner contre le capitalisme, par sa cupidité, il mène notre espèce à sa perte
    ( j’entends pollution, gaspillages des ressources… )

    voulez-vous dire que si le capitalisme ne produisait pas ces dégâts, en se mettant au vert, par exemple,
    il serait moins digne de réprobation ?

  35. @ Oppossùm

    Eh bien, pour quelqu’un qui dénonçait la « sur-indignation », il me semble que vous êtes passé directement aux travaux pratiques. Hum…

    De la « fâchitude »? Le Pen? Qu’est-ce que ces gugusses viennent faire dans la discussion?

    Je vous demandais, simplement, de préciser le contenu de termes que vous utilisez, histoire de voir vers quelle conclusion vous vous acheminez. C’est tout.

    Ce que vous ne faites pas, d’ailleurs, dans votre réponse. Laquelle ressemble beaucoup à de la « sur-indignation », non?

    Quand aux « indices » que je croyais déceler. Rassurez-vous. Cela n’a rien à voir avec de quelconques incriminations de « facisme » ou « d’extrême-droitisme ». Je suis vacciné depuis longtemps contre ce genre de méthodes (pour les avoir lues jusqu’à la nausée sur internet).

    En fait, je pensais plutôt à un certain type d’argumentation. Du genre « la France qui tombe ». Vous situez?

    Pour le reste, c’est vous qui voyez.

  36. @Sylvie

    bonjour

    le capitalisme vert ? belle oxymore, non ?
    Pour éviter les mots en isme qu’on n’affectionne pas beaucoup ici, je dirais, pour être plus précis, qu’avec la nature du système monétaire qui impose le toujours plus (sur un mode exponentiel) de croissance, donc de consommation…, il est difficile de croire à l’avènement d’un mode de vie durable.
    Mais mon indignation (que je n’estime pas être déplacée et j’espère partagée) se plaçait sur le registre social. Considérant la concentration de richesse, là encore intrinsèque au capital…., il me semble que les perspectives sont assez explosives, vous ne trouvez pas ? Après, est-ce qu’il faudra attendre que 0.0001 % détienne 99.9 % des richesses, je ne sais pas. Tout dépend des prises de conscience, de l’efficacité du contrôle social…

    En parlant de contrôle social, je vous invite à lire « l’ennemi intérieur » de Mathieu Rigouste, chercheur en socio histoire à Paris je ne sais plus combien.

  37. @Champignac: « Du genre “la France qui tombe”. Vous situez? »

    A cause des impôts et des grévistes mon bon monsieur. Que ferons-nous le jour où tous les riches seront partis, dégoûtés? 🙂

  38. @ Champignac
    … c’est que vous étiez bien mystérieux dans vos commentaires ! Pour l’indignation oui, je suis comme tout le monde, mais je n’en fais pas le fond de ma pensée.

    « La France qui tombe » ? … c’est vrai que parfois la France est décourageante.

    @ MarcusH

    1) Un récent bouquin , sur la base d’études sociologiques, posait que la France et le pay où l’on se défie le plus les uns des autres. La défiance n’est pas l’indignation même si cela a à voir.
    Je n’ai qu’une intuition à vous opposer pour défendre mon sentiment.

    2) Les bourgeois, mes réactionnaires, les spéculateurs …. bon, si ce sont des catégories bien identifiables dans votre perception des choses, soit. Mais moi, ça me parait diffus, flou, pas si simple. Bn , vous avez raison pour ce qui est de la fausse indignation !
    Mais entre la fausse , purement théâtrale et interessée , et la sincère, il n’y a lorsqu’elle est bien tournée, pas de différence énorme, vu de l’extérieur.
    Je dis simplement qu’il convient de s’en méfier chez les autres, de ne pas trop y ceder soi-même, et dans tous les cas de n’en pas faire une conseillère!

    Et le billet de Paul m’a un peu choqué. L’indignation n’est qu’une forme et ne saurait être une raison.
    Ca ne m’empêche pas de beaucoup l’apprécier dans son côté … apôtre !

    Oui j’ai quelques côtés réac. Pour aller vite hein !

  39. lors de ce Noël 2008, mon fils de 6 ans a découvert les paquets cachés dans le cagibi, il a soudain compris que les révélations de certains de ses camarades étaient réalistes.
    sa première réaction fut de me dire : « Mais pourquoi on nous a mentis ?? »

    (je pouvais tout de même pas lui répondre que le Père Noël était en or dur…)

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