La nuit du 4 août

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

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Une chose est certaine, il y a deux cent-vingt ans exactement, durant la nuit du 4 août 1789, il ne fut pas question de « risque systémique ». Et pourtant ! Durant cette nuit historique au cours de laquelle l’Assemblée nationale vota l’abolition des privilèges, la France, par la voie de ses représentants, entérina la fin de la féodalité, victime du risque systémique.

Il faut y réfléchir aujourd’hui et tout spécialement parce que nous n’avons pas encore suffisamment pris conscience du fait que lorsqu’on se mit à évoquer en 2007 le « risque systémique », il ne s’agissait pas d’une menace à venir pour le capitalisme mais bien de ce qui venait de le blesser mortellement et sous nos propres yeux. On se penche maintenant sur lui, feignant de croire que ses jours ne sont pas en danger et des optimistes à la sincérité douteuse clament à la cantonade qu’on lui voit reprendre des couleurs. Il est en vérité à l’agonie et rien ne pourra plus désormais le sauver.

Une solution existait en principe, exploitée ad nauseam lors des alertes précédentes, mais qui ne fut d’aucun secours cette fois-ci, bien trop coûteuse dans un contexte où les États avaient cessé de disposer de moyens de cet ordre de grandeur. La « privatisation des profits, socialisation des pertes », formule classique en cas de crise du capitalisme, a cessé d’être d’application face à l’orgie d’endettement à laquelle la finance s’est abandonnée au cours des trente-cinq dernières années. Les paradis fiscaux ont veillé à ce que seuls les pauvres paient encore des impôts, et les sommes dérisoires que ceux-ci parviennent à rassembler et à verser à l’État, ont fait de la socialisation des pertes encourues par la finance, un objectif désormais hors d’atteinte.

Alors on ferme les yeux et l’on touche du bois ou bien l’on prie. On dissimule la gravité de la crise, on dope les efforts de propagande en espérant que si le moral s’améliore, les choses iront peut-être mieux assez longtemps pour que le système tout entier se refasse une santé. Ce faisant, des îlots de prospérité se recréent, en particulier grâce aux commissions colossales que génère la liquidation de l’ancien système, primes touchées par ceux qui furent responsables de sa perte et qui apparaissent encore une fois récompensés, contre toute logique et contre toute justice.

Les plus faibles furent abandonnés à leur triste sort et les moyens dont on disposait furent mobilisés pour mettre sous perfusion les rares survivants (aux États-Unis : Goldman Sachs, Morgan Stanley et J.P. Morgan Chase), confortant la thèse d’une « oligarchie » faisant barrage à une solution réelle des problèmes. Lorsqu’on se retourne vers le passé, ce sont eux du coup, ces gloutons pitoyables, incapables de se sevrer de leurs excès de table, qui semblent avoir réglé la danse de toute éternité. Lehman Brothers, passé aux profits et pertes le 15 septembre de l’année dernière, était un concurrent de Goldman Sachs et l’on note alors avec un haussement d’épaules : « Ne vous l’avais-je pas dit : « Government Sachs » ! »

Or durant les beaux jours une concurrence féroce régnait entre les banques et la thèse de l’inféodation du capitalisme à l’« oligarchie » lui suppose a posteriori une robustesse mythique dont il ne reste en tout cas rien aujourd’hui. « Les choses iraient bien », affirme-t-on maintenant, « si les méchants (lisez : le dernier carré) n’avaient pas kidnappé l’héritière ! Mettons-les à l’ombre et tout rentrera dans l’ordre ! » Si cela était seulement possible ! On n’assista pas, je l’ai dit, à un processus en deux temps où, dans le premier, l’on prenait conscience de l’existence du risque systémique et dans le second, on en prenait avec effarement la juste mesure : on découvrit l’existence du risque systémique lorsqu’il avait fait son œuvre et que le pot-au-lait était brisé.

Les soubresauts du moribond se poursuivront quelques temps encore et sa survie assistée nous convie, non plus dans la Wall Street florissante d’autrefois mais dans son cadre en ruines, au spectacle renouvelé de tous les excès passés : ceux d’une aristocratie condamnée à terme, s’accrochant désespérément aux dernières bribes de son pouvoir et aux signes passés d’un Âge d’Or définitivement éteint.

Quand aura succédé au système capitaliste celui destiné à prendre sa suite, la succession de l’un par l’autre n’apparaîtra pas comme ce qu’elle est pourtant : la substitution banale d’un système neuf à un autre cassé, mais comme le triomphe de la Raison : l’évacuation sans gloire d’une classe corrompue, terrassée par ses propres outrances.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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171 réflexions sur « La nuit du 4 août »

  1. Des interminables rébellions et constats d’impasses aux REALISATIONS effectives !

    Que sera « une constitution pour l’économie » qu’aucun système de contrôle coercitif ne parviendra jamais à faire respecter (fort heureusement, on le sait déjà !), si elle ne se trouve pas pour la première fois peut-être de notre histoire collective à une telle échelle , dûment protègée par le REMPART NATUREL grandissant de nos ECO-REDEPLOIEMENTS réussis dans l’esprit de ce qu’énoncera cette constitution ? Quoi de plus convaincant !

    A ce stade, nous abandonnons les multiples « faux-semblants » de la gestion de crises systémiques interdépendantes au profit de « l’innovation métaphysique tout autant qu’épistémologique, que socio-économique et que très concrètement EXISTENTIELLE (cette énumération n’est pas limitative) » sur la base de nouveaux paradigmes qui interrogent toutes les composantes de la connaissance scientifique tout autant que toutes les composantes de la sagesse humaine accumulée au fil des centaines de millénaires d’Evolution Universelle analysable …

    Dans cette hypothèse d’un ensemble d’Evolutions Majeures effectuées sans verser de sang, se pose alors à nouveau la brûlante question de l’IMPLICATION INITIALE, sous différentes latitudes, d’un grand nombre de « pionniers-volontaires » dans des REALISATIONS initialement EMBRYONNAIRES qu’ils auront eux-mêmes imaginées et trouvées dans leurs propres espaces d’ECOépanouissement et choisi d’expérimenter « EN FORMES DE DEMONSTRATIONS REUSSIES » aussi bien dans le but d’en vérifier pour eux-mêmes la viabilité et l’ECOsoutenabilité que dans le but de contribuer à promouvoir davantage le BIEN COMMUN en mettant en appétence toujours plus « d’autres volontaires que le pourrissement de l’immobilisme ambiant ne satisfera plus », dans le cadre de référence permanent de l’applicabilité par le plus grand nombre possible de « pionniers-volontaires » d’une éventuelle constitution pour l’économie à amender en permanence …

  2. @jack

    En ligne avec vous sur le dernier paragraphe. Conduisant un projet très concret en ce sens depuis plusieurs années, je
    me suis intéressé à cette idée de constitution pour l’économie.A mon sens, la juste démarche serait de mobiliser les
    compétences d’économistes comme Jorion, de Juristes des affaires, d’entrepreneurs pour en faire un outil pour
    l’entrepreneur dont vous parlez…

    Pour revenir sur votre propos, en pratique, vous êtes très seul mais cela vous le savez à partir du moment ou vous
    vous engagez dans un tel projet, et pourtant…

  3. Plein de contributions intéressantes…

    Sur un mode plus trivial, mais malheureusement très probablement prophétique : à la lecture des bonus que les banques d’affaires octroient déjà à leurs traders moins de 6 mois après le début de l’effondrement économique généralisé, je suis tenté de revenir sur l’expression de « bêtise systémique » mentionnée plus haut.

    Peu à peu, il va falloir parler « d’indécence systémique », « d’obscénité systémique », voire de « saloperie systémique ».

    Il ne faudra pas s’étonner, personne ne le pourra, lorsqu’un ou deux chômeurs dont l’employeur aura déposé le bilan, ou dont l’entreprise aura procédé à de nouvelles compressions de personnel, vont assassiner quelques traders au sortir de leur tour de verre, un soir de septembre.

    C’est quand les Morlocks dévorent un Eloi que les Elois prennent conscience, non pas de l’artifice total de leur conception du monde, mais déjà du risque physique qu’ils courent en le partageant encore un peu avec des pauvres…

    Si la justice condamnera évidemment le chômeur meurtrier, la morale le pourra-telle ? Je ne crois plus.

  4. @ Anatine Shan dit :
    7 août 2009 à 15:18

    Quelles nouvelles formes d’entrepreneuriats au service du BIEN COMMUN, ces nouvelles approches vont-elles plébisciter et s’avèrer capables de PRIVILEGIER ou de faire éclore ? Quelles formes d’entrepreneuriats existantes s’en trouveront délaissées voire abandonnées ? Auxquels cas, sous quelles formes les différentes expertises EXISTANTES pourront être remobilisées aux côtés des nouvelles formes d’expertises « EMERGENTES » dont il va falloir savoir s’entourer et au service de la reconversion accélérée des nombreux secteurs économiques qui demanderont à Evoluer de la sorte ?

    Sans expérimentations préparatoires dans différentes contextes, peut-on raisonnablement prétendre en anticiper l’ampleur, en évaluer l’ECOsoutenabilité et se faire une représentation plus fiable de ce qui pourrait éclore, devenir pertinent, devenir attractif et devenir « diffusable » à plus grande échelle sans jamais être imposé par de nouveaux totalitarismes ?

  5. @ antoine

    Il me semble que tous ceux qui ont lu attentivement le texte de Jorion, on traduit ce désormais fameux « triomphe de la Raison » de la façon que vous le faites.

    Par le « mal lu » transformé en « malentendu » qui ouvre la porte au surréalisme humoristique, j’évoquais les commentaires qui ont amené deux ou trois fois Jorion à préciser sa pensée (et encore, il a raté des occasions !), commentaires qui viraient un peu au « running gag ». Ces commentaires entraînant de nouveaux commentaires de commentaires, on s’éloignait de plus en plus du réel de la phrase d’origine …et ça m’a fait marrer.

    Je pense en lisant Jorion, et tous les intervenants sur ce blog, que la raison, avec un petit »r » que vous utilisez (qu’on pourrait appeler la raison l’r de rien) est un meilleur outil. Simple et solide, cet outil peut, comme vous le proposez, travailler aussi dans le cultuel, en plus de tous les autres domaines cités en sous-titre du blog.

    J’aime de plus en plus venir traîner chez Paul et sa bande de raisonneurs.

  6. @Daniel Dresse
    Merci de votre réponse
    Permettez moi de ne pas être en total accord avec votre réponse.
    Lorsque vous dites ou citez Zigmout Bauman
    « Le recyclage de la masse des déchets matériels produit par notre civilisation est dévolue de plus en plus à la masse humaine mise sur la touche, et que Bauman n’hésite pas à appeler les « déchets humains », vivant d’ailleurs sur les mêmes sites périphériques des métropoles. L’aumône, publique ou privée, et la décharge : tel serait l’horizon de nos futures régressions déjà en cours ».
    Je ne suis pas d’accord parce que vous considérez, à mon sens, l’homme comme un matériel et non comme un esprit doté d’une intelligence et d’une imagination qui ne demandent qu’à s’exprimer.
    Je suis contremaître dans une entreprise, dernièrement j’ai eu à faire à un travailleur (un peu pistonné je dois le dire) qui ne savait pas s’il allait rester ou quitter.
    Je lui est sommé de prendre une décision, et lui ai dit: tu pars ou tu reste.
    A mes yeux, c’est un des plus prometteurs, il suffisait de lui faire confiance et de le mettre devant ses responsabilités.
    Aujourd’hui, je pense que le marché a fait son temps, il ne résistera pas au choc pétrolier et au choc climatique réellement présent comme l’a rappeler François Leclerc au 5eme post de cette discution.
    Il me semble que nous devrons aller de plus en plus vers une rolocalisation de l’économie voir une certaine autarcie encore à dévellopper.
    Il nous faut d’urgence améliorer le bien être sans démolir la planète, et les seules ressources dans lesquelles nous pouvons puiser est l’intelligence et la créativité.
    Sous peine de voir la fin de l’humanité avant la fin du siècle.
    J’ai bon espoir, le capiatlisme et l’industrialisme se casse la figure, il ne nous reste plus qu’à les remplacer.
    Par quoi, personne ne le sait, c’est en avançant qu’on trace la route.
    Je persiste et signe: c’est à partir des déchets qu’on construira l’avenir.
    Excusez mon optimisme

  7. @ Mike

    Attention ! Je ne suis pas partie prenante dans cette approche des choses (j’aurais du mal à l’être, j’ai fait partie de ces « déchets » à une certaine époque et je pourrais très bien y retourner demain). J’ai simplement essayé de rendre compte de la pensée d’un philosophe qui est aussi un grand sociologue et qui ne passe pas pour verser dans l’émotionnel. Quant aux deux romanciers considérés, les histoires cocasses ou terribles qu’ils racontent sont aussi des visages de l’indignation (et je reste persuadé par ailleurs que les grands textes littéraires de la modernité se trouvent dans la science fiction et le roman policier).
    Je trouve aussi votre optimisme paradoxal, puisqu’il implique que nos modes de production ne puissent faire l’économie de montagnes de déchets quel que soit leur devenir. Pourquoi tout simplement ne pas produire des biens moins périssables ? (Pour prendre un cas concret qui me rend régulièrement vert de rage, pourquoi produire des imprimantes que l’on met à la poubelle tous les six mois ?).
    J’ai aussi travaillé longtemps dans le cadre d’une entreprise de récupération (sur le mode Emmaüs) et le bilan que j’ai tiré de cette expérience est très contrasté. Il n’y a rien de très exaltant à remettre perpétuellement de la m…. dans le circuit économique. Pire, ceux qui travaillent dans ces structures, et qui sont des personnes fragiles, en principe « sur le chemin de la réinsertion », en ont parfaitement conscience, ce qui n’arrange ni leur état moral ni leur condition sociale. J’ai rencontré des travailleurs sociaux dans ce milieu, qui ont voué leur vie à cette cause là, et qui ont un regard tout aussi désabusé à l’heure des comptes…

    @ Antoine

    J’espérais que quelqu’un me fasse votre objection et je vous en remercie. Je crois en fait que le processus de constitution et de perpétuation des patrimoines n’est pas synchrone avec celui de l’exercice des privilèges auxquels le premier donne droit. Pour répondre à votre question, il n’est pas certain que l’abolition des privilèges soit un gage d’une diminution mécanique des patrimoines sur lesquels ils se sont greffés.
    C’est ce que j’ai essayé de montrer dans mon exemple de la révolution française, dont l’œuvre s’est perpétrée à bas bruit sous la restauration à travers ce socle extraordinaire qu’a constitué au sens littéral le code civil napoléonien (n’oubliez pas que lorsque il a été rédigé, l’Europe des princes parlait de Napoléon comme du « Robespierre à cheval »). Pour cette raison, et le bon sens de Louis XVIII aidant (qui avait bien saisi cette part irréversible de la révolution) le retour à l’ancien ordre des privilèges, ceux conférés à la naissance par le nom, s’est avéré impossible. J’observe simplement que les intéressés se sont consolés avec la part substantielle qu’ils ont pu récupérer de leurs anciens patrimoines, tous ces providentiels trésors d’Edmond Dantès (l’actualité de son temps a toujours eu don de débrider l’imagination de Dumas).
    De nos jours, ne vous faites pas trop d’illusions. Même si l’on réintroduisait les mécanismes fiscaux en vigueur durant les trente glorieuses, nos sociétés resteraient incomparablement plus inégalitaires, de par l’énorme force d’inertie née de plusieurs décennies de gonflement extravagant des patrimoines privés. A moins d’une catastrophe dépassant le champ de la raison…

  8. à Cedric [5 aout 10:23]
    Une prédiction ?
    Peut-on se fonder sur les crises antérieures pour émettre un pronostic sur la prochaine chute des prix de l’immobilier en Ile-de-France, en différenciant peut être encore Paris intra-murros et les pourtours de ses banlieues aux grandes ceintures surchargées ?
    D’abord, (1) la forte contraction des offres. Nous y sommes.
    Puis, après quelques trimestres désespérants, (2) la chute effective significative des prix.
    De combien la chute ? … 25% à 30% ? … et
    Quand ? … six mois après le 3e G20 à Pittsburg ?

  9. à C [le 5 à 10:39]
    la vie n’est-elle pas aussi
    – un apparent désordre sympatique,
    – ce qui n’a pas à être contrôlé par un Réseau (Google, FAI,…) ou par une quelconque bureaucratie (bankassur, transnationale, étatico-anatiofurtive,…) ?

  10. U.H.M. [5 août 2009 à 10:51]
    Vous le savez, nous ne sommes plus à l’époque de « Je ne sortirai que par la force des baionnettes »

    La propriété stratégique ne réside t-elle pas dans les noeuds télématiques (centres-serveurs sécurisés et satellites de sauvegarde en doublon ou quadruple, protégés par milices privés ou services de sécurité ragaliens et leurs satellites).
    La question n’est pas de demander les clefs comme à la Bastille
    Le nombre des trousseaux aptes à être utilisés est inconnu comme la nature des clefs.

    Croyez-moi, il est infiniment plus simple d’articuler
          — d’abord au niveau des pays du G20 —
    les appels d’offres qui seront à lancer pour bâtir du neuf à côté.

  11. Betov [le 5 août 2009 à 11:37]
    Je vous lis juste après U.H.M. [supra 10:51, avec mon commentaire]
    Les liens concrets — télématiques, protecteurs, réplicateurs, humains —
    entre
    ce que contrôlent les topSecurityMen des NoyauxDurs,
    et,
    votre rapide « solution synthétique »

    La “solution” tout le monde la connaît depuis la nuit des temps. C’est le musellement de la dominance sociale, par le plafonnement des fortunes personnelles. Platon disait déjà ça, il y a 25 siècles

    ne sont pas si simples.
    Vous réduisez le patrimoine des personnes soumises à l’ISF en France par une équation y=ax+b ou par une autre du second degré (parabole) qu’avez-vous résolu ?
    Pratiquement rien.
    – L’offshore (anatiofurtifs, transnationales, PME, clans hors échelle DGi) est inchangé.
    – Les détournements de fonds systématiques transfrontières (pris-de-transferts, commissions, …) sont inchangées
    – Les NordFaçades sont toujours en vigueur
    – Les noeuds télématiques de l’Ancien Régime 1980-2100 ne connaissent aucun nouveau visage
    – Les noeuds télématiques de l’Alternative StéCivileOrganisée avec les modèles de transactions ad hoc ne sont pas même esquissés
    Par quelle expression, autre que richesses, pourriez-vous résumer ces cinq points ?

    Qui a le courage de proposer une première invention pour cette expression inédite nécessaire ?

    Allez c’est sans risque. Il faut un début à tout.
    Une première tentative en amène toujours d’autres.
    Vous aurez contribué au résultat final ou provisoire.
    Merci à l’avance

  12. à Anatine Shan [le 5 à 13:42]
    Pensez-vous sérieusement que l’on puisse modifier significativement l’essence de l’entreprise des années 1990-2010 ?
    Oui, en partie
    Ses territoires d’intervention, sa taille, une part des règles de sa Branche, etc.
    très difficilement la logique de ses flux de Sources-et-Emplois-de-Fonds fondée sur l’urbanisme gelé, rigide, de ses infrastructures télématiques.
    De nouvelles formes, telles que sociofirmes fiscalement toutes autres, sont à bâtir en parallèle
    En outre, …

  13. à BA [14:17]
    Vous dites

    La deuxième crise financière va être terrible pour les banques françaises

    … pour qui exactement selon vous ?
    – pour les créanciers étrangers ou non résidents habitant en France des BF ?
    – pour les déposants-créanciers français – vous, moi et d’autres – ayant comptes et épargne dans une BF ?
    – pour les contribuables représentés par l’Etat venant d’inclure un soutien inconditionnel en fonds propres ?
    – pour les personnels de seconde priuorité au sein des BF ?
    – pour les actionnaires quasiment « de second rang » qui ont acheté des titres BNP, SG, etc. comme ils auraient acheté des titres de carrefour, SaintGobain, Peugeot ou SuezGdF ?
    – pour le NoyauDur qui contrôle de facto telle ou telle BF avec un % très limité des titres ?

  14. à le banquier, Chris [le 5 août à 16:02]
    Je vous invite à lire « Les conséquences de l’interdiction du prêt avec intérêt« 
    notamment à partir de la page 29 dans le livre
    « Blanchiment et Financement du terrorisme« 
    sous la corirection de Ludovic François, Pascal Chaigneau, Marc Chesney
    Préface de l’Amiral (c.r.) Pierre Lacoste [Editeur Ellipses isbn 2-7298-2033-7]
    Observations sur des établissements financiers mis en cause
    – Al-Baraka Investment & Development (ABID)
    – Al-Barakaat Exchange LLC
    – Al-Shamal Islamic Bank (ASIB)
    – Dar Al-Maal Al-Islami Trust (DMI)
    – Faysal Islamic Bank of Bahrain (FIBB)
    – National Commercial Bank (NCB)

    V. Les fondations et les organisations caritatives mises en cause
    VI. Autres circuits, autres soutiens et nouvelles interrogations
    VII. Incertitudes sur les sources de financement mais certitudes sur la gravité de la menace

    Chapitre suivant (Alain Bollé) Le blanchiment des capitaux de la criminalité oragnisée
    etc.

  15. PAR CHARLES GAVE | JDF HEBDO | 05.06.2010 | Mise à jour : 20H18
    Comme tout le monde le sait, l’Etat français est dans une situation budgétaire critique.
    De ce fait, les hommes politiques nous annoncent qu’il va sans doute falloir supprimer le bouclier fiscal, et donc taxer le capital une fois de plus, tant il est vrai que les « riches » doivent participer à l’effort commun.
    Mais cela suppose une bonne définition de ce que veut dire exactement « être riche ». Dans l’acception populaire, être riche, c’est disposer d’un capital important, ce qui me paraît juste.
    Pour un économiste, la valeur d’un capital se mesure au montant actualisé des revenus que ce capital va engendrer dans le futur, et c’est ici que je me permets, en bon citoyen, de faire une proposition pour aider à rebâtir la confiance, que les Français devraient toujours conserver dans leur classe politique, et établir une vraie justice fiscale, à laquelle je sais que cette classe est profondément attachée.
    Prenons l’exemple d’un homme politique qui a été haut fonctionnaire (et qui touche une retraite pleine et entière sur cette fonction, qu’il n’a exercée que pendant quelques années) ; qui a fait partie de différents gouvernements, et qui, à ce titre, touche une autre retraite ; qui est ou a été maire d’une grande ville, poste pour lequel il touche un autre salaire, en attendant qu’il perçoive une retraite bien gagnée de maire, le plus tard possible bien entendu ; et, enfin, président de Région, poste pour lequel il est fort bien payé à nouveau et qui lui offre des droits à une nouvelle retraite, bien nécessaire elle aussi.
    Ajoutons à tout cela les avantages en nature du style voitures et logements de fonction, voyages d’étude à l’étranger, partie fort importante de son revenu, versée libre de tout impôt.
    Imaginons, ce qui semble plausible, que la somme de toutes ces rétributions, dont je ne mets pas en doute une seconde le bien-fondé, se monte à 150.000 euros par an.
    Ajoutons que ces 150.000 euros sont absolument garantis par la puissance publique et à 100 % payés par nos impôts, et que, enfin, ils sont totalement indexés sur l’inflation.
    La question que chacun se pose, ou devrait se poser, devient immédiatement la suivante : quel doit être le capital dont un particulier aurait besoin pour bénéficier d’une retraite du même montant, garantie à 100 % par l’Etat français, et ce pour les prochaines vingt années ?
    La réponse nous est heureusement fournie par les obligations 20 ans indexées sur l’inflation, garanties par l’Etat français, ce qui à l’heure actuelle donne du 2,25 % en termes réels.
    Pour toucher 150.000 euros par an, il faut que cette somme corresponde à 2,25 % du capital, c’est-à-dire que ce capital soit de 6,7 millions d’euros. Je tiens à préciser au passage que toute personne résidant en France subirait immédiatement un prélèvement d’au moins 1% par an au titre de l’impôt sur la solidarité, surtout si on supprime le bouclier fiscal, et qu’en fin de parcours les droits d’héritage dus par ses héritiers seraient d’au moins 60 % du capital.
    Ma proposition est donc la suivante : que, pour tous ceux qui nous gouvernent ou qui nous ont gouvernés, l’on calcule la valeur actualisée de la retraite que nous, les payeurs d’impôt, allons être obligés de leur payer, et qu’ils paient l’impôt sur la fortune selon cette valeur actualisée, au tarif convenu.
    Après tout, cette dette est bien réelle dans les comptes de l’Etat, et, si elle est au passif de l’Etat, elle doit bien être à l’actif de quelqu’un. Nul doute que ce prélèvement librement consenti ne rende à nouveau populaires les classes dirigeantes, ce qui faciliterait grandement l’ingestion par la population de la potion amère qui nous attend.
    Un grand mouvement du style Nuit du 4-Août, où l’aristocratie française avait accepté avec enthousiasme la suppression de ses privilèges, est-ce ce dont nous avons besoin pour redonner du tonus au pays ?
    Mais je vais confier au lecteur du JDF un grand secret.
    J’ai des doutes, et je ne suis pas certain qu’une telle proposition puisse être acceptée dans l’enthousiasme général.
    J’ai sans doute tort de sous-estimer le civisme de nos dirigeants. Nous verrons bien.

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