54 réflexions sur « L’argent, mode d’emploi »

  1. J’ose à peine toucher, j’ai peur que ca se re-casse.
    Bon en librairie ; non , pas la grande près de chez moi, alors j’ai commandé. Pour info j’ai voulu commander aussi le gallimard, on m’a dit non on peut pas faut que ça sorte (et alors que le titre était bien dans son pc !?).

    1. C’est vrai, dans mon village il n’existe dans aucune librairie. Il se peut que mon village souffre du syndrome de la princesse de Clève, vu qu’il se situe en face de Neuilly. Mais ça va s’arranger via le net.

  2. mais que se passe t-il avec les heures sur le blog ? David se trouve le 29 à 3 heures et moi je suis toujours le 28 à 22 heures.
    Alors quel jour on est ? Car pour les heures, depuis trois jour je nage dans le brouillard.

  3. hier matin, les 3 librairies du 11e arrondissement de Paris où je me suis rendu vers onze heures avaient toutes déjà vendu le seul exemplaire qu’elles avaient commandé…

  4. Le seul exemplaire ……… ils devraients en vendre de 5 a 15 … mauvais previsionnel 🙂

    Je viens d’acheter le texte et de lire les 30 premieres pages
    .
    Existe t il des versions numeriques de vos textes sur les pecheurs ou des articles la dessus?

    De la reconnaissance de dette a la lettre de change et puis une phrase sur la titrisation lettre de change.

    J aime bien l introduction aussi et certaines phrases si simples .

    je n achete jamais de livre et prefere les bibliotheques et version numeriques mais j ai pensé que cet achat serait une contribution, esperant que quelques dizaines de milliers de personnes fassent la meme chose.

    Loin des effets de PUB, une newsletter serait un outil pour faire passer des documents, articles; liens, nouvelles .

  5. Je viens de termier votre texte.
    En utilisant votre concept et equation sur la dimensionnalité de la monnaie, avez vous fait des calculs sur la base d’ une comptabilté nationale ou a partir des chiffres de la BCE ou bien FED ou BRI , etc ?

  6. Je débute la lecture de votre livre que j’ai acheté hier, les textes sont clairs, bien écrits dans un langage accessible, bref, l’on sent le professeur universitaire désireux de faire partager son savoir.
    Ce qui ne gâte rien, le livre est imprimé dans une typographie très agréable.
    Courez tous l’acheter!

    1. Je viens de monter un petit document qui pourrez vous amuser et qui fait un lien vers votre livre « L’argent mode d’emploi ». Votre @ please.

  7. J’ai commencé ce livre. Je trouve que l’appui sur le seul Schumpeter (concernant la création monétaire par les banques) est très « pauvre » en quantité et en qualité. Je suis tout à fait étonnée également que vous ayez l’impression d’avoir découvert qu’il existe différentes sortes de monnaie (monnaie banque centrale et monnaie banques commerciales), ce qui est martelé dans tous les livres d’économie, mais aussi que vous rejetiez l’évidence du multiplicateur de crédit (il aurait fallu pour cela l’expliquer avec des chiffres issus des rapports annuels des banques centrales qui montrent, eux, exactement l’inverse de votre thèse)
    Bref, arrivée page 180 je suis terriblement déçue car de par votre notoriété vous allez induire quantité de gens en erreur.
    La suite me rendra t-elle moins critique ?

    Question: Comment appelez-vous l’argent que vous avez sur votre compte bancaire… ne dites vous pas que vous avez de l’argent sur votre compte ?

  8. Page 173 Paul Jorion cite un passage de Schumpeter et y intégre le [sic….] : « billets de banque [sic, il s’agit probablement d’une erreur de traduction, le contexte suggère qu’il s’agit de ‘monnaie bancaire’] et dépôts en banque font en tout point ce que fait la monnaie, partant ils sont de la monnaie »

    Il mets donc en doute la qualité de la traduction de J-C Casanova de « l’histoire de l’analyse économique » de Schumpeter sur cette page 446.

    Je ne sais si parmi vous certains ont accès à l’original en anglais « History of Economic Analysis, (published posthumously, ed. Elisabeth Boody Schumpeter), 1954. » mais ce serait intéressant de pouvoir vérifier sur l’original

    1. D’après le contexte et l’époque (début XVIII : Cantillon, John Law…), il paraît clair que seules les pièces d’or et d’argent (métal) sont de la monnaie « véritable » pour Schumpeter. Alors que pour lui, les billets de banque ne sont que des avoirs sur la monnaie « véritable ». De même, dans La Théorie de la monnaie et du crédit, Ludwig von Mises parle de « véritables pièces » qu’il distingue des billets de banque, titres… qu’il qualifie de « substituts de monnaie ». Comme la plupart des économistes de l’école autrichienne, il prône un retour à l’étalon-or (infaisable AMA).

      Voir aussi les billets de Paul sur Schumpeter:
      Schumpeter et la « création monétaire » par les banques commerciales
      Schumpeter et « les crédits qui créent les dépôts »

    2. @Fujisan
      J’ai peut être mal compris, mais v ous semblez sous entendre dans votre réponse à Lucie qu’il y a 3 sortes de monnaie : a) la vraie monnaie b) les billets de banque c) la « monnaie » de crédit scripturale
      C’est quoi le a) pour vous puisque l’or n’a plus aucune « valeur monétaire » ?

    3. @Paulo
      Je n’exprime pas mon point de vue. Je replace simplement ces textes dans leur contexte. « Histoire de l’analyse économique » de Schumpeter, comme son titre l’indique retrace l’histoire. De même pour le texte de Ludwig von Mises (qui me semble plus clair que Schumpeter).

      Historiquement, il y avait 3 grandes catégories de monnaie. L’or et l’argent n’ayant maintenant plus de « valeur monétaire », il ne reste que b) la monnaie fiduciaire et divisionaire (billets de banque et pièces) et c) la « monnaie » scripturale (crédit/dette).

  9. Je suis déçu de voir qu’il n’y a que peu de commentaires à la suite de ce billet. Je crois que louanges ou critiques concernant ce livre devraient pouvoir s’exprimer ici.
    A moins que le bleu, c’est juste pour faire beau dans la bibliothèque ?

    1. l’argent est arrivé ce midi pour moi ; je parle du livre parce que pour le reste apparemment c’est pas comme ça que ça marche. J’ai sorti le crayon de papier et je m’y mets avec plaisir.

  10. Bonjour,
    il reste pas mal d’exemplaires à la librairie Julliard, au 230 Bd Saint Germain à Paris. J’ai été chargé de transmettre ce message aux déséspérés qui chercheraient encore le leur..
    J’achète le suivant ce soir (ils ne l’ont déballé que ce week-end…)

  11. @Fujisan
    D’accord, excusez moi
    Néanmoins « Bank notes and checking deposits eminently do what money does; hence they are money. » est très clair et n’explique pas l’interprétation (les doutes sur la traduction).

    1. @Paulo
      Oui, pas d’ambiguité sur la traduction. J’avais d’ailleurs signalé la version anglaise dans un billet sur Schumpeter.

      Rectificatif : les pièces en or et en argent en Euro émises par la Monnaie de Paris ont bel et bien cours légal en France (mais pas ailleurs en zone Euro). Les commerçants sont censés obligés les accepter en paiement à leur valeur faciale (qui est bien moins élevée que la valeur marchande).

      http://www.france24.com/fr/20090818-pieces-10-25-euros-commercants-polemique-banque-france-numismates-collection

  12. Page 140, je pense que vous faites une erreur d’interprétation en considérant qu’un système à réserves fractionnaires de 100% limite les banques dans un rôle de « coffre fort »
    La conséquence est que les banques ne peuvent prêter que de la monnaie centrale…
    D’autre part Allais et Rothbar sont loin d’être les seuls à proposer ce système:
    Lire : « La monnaie à l’abri des prêts » : le plan de I. Fisher (1935) à l’origine des propositions de « narrow banking »
    par Sylvie Diatkine (2)
    Communication aux 20èmes Journées Internationales d’Économie Monétaire et Bancaire, Birmingham, 5-6 juin 2003.
    http://www.univ-orleans.fr/deg/GDRecomofi/Activ/diatkine_birmingham.pdf

  13. Non Monsieur Jorion, en cas de réserve à 100% la banque peut toujours prêter l’argent de ses déposants, mais elle doit disposer de la même somme « en garantie » en monnaie centrale auprès de la banque centrale.
    Donc, dans cette hypothèse, la seule émettrice de monnaie devient la Banque Centrale, puisque les banques ne peuvent plus faire des prêts qui dépassent ces réserves.

    1. Paul et Paulo,

      En réalité, tout dépend de l’assiette des réserves exigibles soumises au système de réserve à 100%.

      Ainsi, si le système de réserve à 100% est appliqué de la même façon que l’est le système de réserves fractionnaires par la BCE par exemple, c’est à dire que l’assiette des réserves n’inclut que les exigibilités correspondant aux « dépôts à vue », « dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à deux ans », « dépôts remboursables avec un préavis inférieur ou égal à deux ans », et aux « titres de créances d’une durée initiale inférieure ou égale à deux ans », et que donc les « pensions », « dépôts assortis d’une échéance convenue supérieure à deux ans » et « titres de créance assortis d’une échéance convenue supérieure à deux ans » se voient appliquer un taux de réserve zéro, alors on peut tirer la conclusion suivante :

      – le système de réserve à 100% interdit l’activité d’intermédiation bancaire entre déposants à court terme et emprunteurs à long terme. C’est l’activité traditionnelle des banques qui rassemblent des petits dépôts à court terme pour en faire de gros crédits à long terme.
      – le système de réserve à 100% permet néanmoins l’activité d’intermédiation bancaire entre déposants à long terme et emprunteurs à long terme, à condition qu’emprunteur et déposant partagent la même valeur de temps associée à l’expression « long terme ». Ex : je fait un dépôt à terme de 10 ans / j’emprunte avec un calendrier de remboursement sur 10 ans.

      Convenons tout de même que cela réduit de manière drastique l’activité d’intermédiation des banques…

      En revanche, si système de réserve à 100% est appliqué à la totalité des exigibilités, dans ce cas, toute forme d’intermédiation bancaire est impossible.

      Si les économies modernes ont décidé d’adopter le système de réserves fractionnaires, c’est parce qu’elles estimaient que les inconvénients du système à réserve pleine (ralentissement de la circulation du capital) excédaient de loin ses avantages (absence d’asymétrie entre les exigibilités créant un risque de défaut).

    2. Merci Julien Alexandre de ces précisions.
      Paul, excusez-moi, mon intention n’était pas de jouer sur les mots.
      Néanmoins, puisqu’on est sur les mots, j’avoue que j’ai du mal, en lisant votre livre, de voir exactement quelle définition vous donnez du mot « argent »
      Il me semble comprendre que vous limitez le mot argent à d’une part la monnaie manuelle (celle transmissible de la main à la main), d’autre part les « dépôts à vue » de votre compte bancaire (p.25) qui va permettre à votre banque de payer un débiteur, qu’il soit client de votre banque ou non. Mais dans ce ce dernier cas, votre argent est en même temps une reconnaissance de dette de la banque… comment peut-il être ET de l’argent ET une reconnaissance de dette?
      Mais, comme vous l’expliquez plus loin, quand tout va bien, argent et reconnaissance de dette bancaire c’est « choux vert et vert choux »
      Donc vous incluez dans le terme « argent » l’ensemble de ce que le système bancaire considère comme « monnaie », c’est à dire tous les dépôts à moins de 2 ans (je m’étonne qu’un dépôt à 24 mois soit de l’argent – ou de la monnaie dans les définitions bancaires – et un dépôt à 24 mois et 1 jour n’en soit plus … mais passons).
      Vous incluez donc, si je ne me trompe, les 70000 premiers euros d’un compte comme de l’argent, mais plus ce qui dépasse… là pour vous, si j’ai bien compris , c’est une reconnaissance de dette d’une société privée (un banque) que vous n’êtes pas certain de pouvoir transférer en argent…
      J’ai bon dans cette lecture de votre livre sur ce point de « l’argent »?

  14. @Paul Jorion

    Toujours des problème de compréhension en (re)lisant votre livre.
    Vous écrivez, page 145 : « qu’elles [les banques] doivent conserver des réserves fractionnaires et qu’elles ne peuvent reprêter tout l’argent déposé dans leurs coffres »
    Comme dans les coffres il ne peut s’agir d’argent scriptural, je suppose que dans ce paragraphe vous voulez parler d’argent en billets de banque … ou bien « le coffre » est-il une image ?

    1. Les banques ne « conservent  » pas les réserves fractionnaires dans « leurs coffres », car celles ci sont pour une part (2%) gelées à la Banque Centrale et pour une autre part (10% ?) distribuées dans le public sous forme de « billets de banque ».

      De plus, puisque les banques peuvent « faire crédit » (émettre de nouvelles reconnaissances de dette qui , inscrites sur un « compte bancaire » en tant qu’argent utilisable, vont ensuite circuler de fournisseurs en fournisseurs ), elles n’ont pas nécessité de prêter les dépôts à vue, mais incluent évidemment ces dépôts dans leur bilan, et ces dépôts sont représentatifs de leur part de marché. S’ils ne reviennent pas dans la banque (car sa part de marché est trop faible par rapport à ses concurrentes), c’est qu’ils sont déposés dans une autre banque, ce qui obligera la banque à compenser en monnaie centrale. La « conservation des quantités » en ce qui concerne les dépôts scripturaux est une vaste foutaise qu’essaye de nous faire gober Paul Jorion. Je ne marche pas dans sa critique des pages 143 et suivantes, simplement parce qu’il s’appuie sur sa certitude (erronée) que les défenseurs de la création monétaire scripturale (reconnaissances de dettes) par les banques commerciales considèrent que les banques prêtent, sans le leur dire, les dépôts à vue de leurs clients: elles n’en n’ont nul besoin!!!

  15. Précision
    … j’ai écrit
    « Les banques ne « conservent » pas les réserves fractionnaires dans « leurs coffres », car celles ci sont pour une part (2%) gelées à la Banque Centrale et pour une autre part (10% ?) distribuées dans le public sous forme de « billets de banque ». »
    … ce ne sont évidemment pas les réserves qui sont distribuées dans le public sous forme de « billets de banque », mais c’est une partie des réserves que les banques doivent avoir pour pouvoir les transformer en monnaie centrale, cet argent qu’elles ne peuvent émettre elles mêmes.
    Mais ceci ne sous entends évidemment pas qu’elles prêtent le solde des dépôts de leurs clients.

    1. Paulo,

      – Les partisans de la création monétaire par les banques commerciales sont persuadés d’avoir trouvé la faille : les banques n’émettraient des crédits que dans l’exacte proportion de leur part de marché des dépôts. Ces crédits se transformeraient donc en dépôts pour ces banques dans l’exacte proportion de leur part de marché des crédits. Moyenne en quoi, la compensation ne servirait qu’à annuler les soldes entre les banques, et il n’y aurait jamais de besoin de refinancement en monnaie centrale pour la compensation. Seuls subsisteraient les fuites pour les réserves obligatoires et les billets.

      – A l’origine de ce raisonnement, les écrits d’un auteur complotiste, David Millet, et également des exercices à vocation pédagogique dans des bouquins d’économistes comme Gilles Caire. Ces exercices se font dans le cadre d’un système non-hiérarchise à 2 banques commerciales (pas de banque centrale) et sans concurrence. Les auteurs en question font référence à un « principe de croissance équilibrée » qui permet aux 2 banques commerciales d’émettre du crédit de façon illimitée (en tenant compte de la demande) sans avoir à refinancer autre chose que les réserves obligatoires et les billets.

      – Les partisans de la création monétaire par les banques commerciales généralisent ce raisonnement au système monétaire hiérarchisé et concurrentiel : « c’est de la logique, c’est de l’arithmétique ». Les banques n’ont besoin de refinancer qu’une infime partie de leur « création monétaire », donc elles créent de la monnaie ex-nihilo. CQFD

      J’ai démontré à plusieurs reprises que ce principe n’était qu’un « principe de gestion idéale » (un peu comme le yield management dans l’aviation) et pas une description du fonctionnement du système monétaire caractérisé par l’intervention de la banque centrale (par le biais de sa politique monétaire, que j’ai largement expliquée), l’imprévisibilité de la part de marché et la concurrence sur les dépôts.

      Enfin, ce qui est intéressant dans la genèse de cette idée, c’est sa mise en avant quand, et seulement quand, les partisans de la création monétaire se sont retrouvés acculés méthodiquement, ne sachant plus comment justifier leur théorie selon laquelle les banques ne prêtaient pas les dépôts. Et hop! Miracle, un nouvel argument. Ce fut le dernier…

      Oh, je sais déjà ce que vous allez répondre Paulo, vous allez prendre un mot ou une phrase, la triturer et dire « non, c’est faux car ceci ou cela », comme vous le faites en portant la réfutation sur le fait que les réserves obligatoires ne sont pas conservées dans les « coffres » des banques commerciales, mais sur leur compte à la banque centrale. Vous aviez visiblement compris de vous-même qu’il s’agissait d’une image, non?

    1. J’en conclus donc que vous n’avez aucun nouvel argument à faire valoir que ceux qui ont été longuement (au dernier décompte, plus de 600 pages sur ce blog) débattus et réfutés sur le blog. Après avoir consacré une année entière à l’étude des problématiques monétaires, il y a peu de références, des plus connues aux plus obscures, qui n’ai pas été étudiées.

      Schumpeter en l’occurrence l’a été en long, en large et en travers. Le gros avantage avec les citations, c’est qu’on peut toujours sélectionner celles qui servent sont propre propos, surtout lorsque l’on pioche dans une œuvre riche de 3 tomes. Voyez donc:

      « Aussi peut-il paraître plus naturel de dire que les banquiers augmentent non pas la vitesse mais la quantité de la monnaie – ou des moyens de paiement qui, en de certaines limites, font aussi bien office de monnaie, si l’on souhaite réserver ce terme pour les pièces de monnaie, ou pour les pièces plus le papier d’État » […] … les emprunteurs ont véritablement le sentiment de disposer de moyens liquides qui sont, normalement, tout aussi bons que la monnaie. On ne dit plus que les banques « prêtent leurs dépôts » ou l’« argent des autres », mais qu’elles « créent » des dépôts ou des billets de banque ; elles paraissent fabriquer la monnaie plutôt qu’en augmenter la vitesse… « 

      (citations reprises du billet de Paul Jorion sur Schumpeter)

      Quel luxe de précautions, n’est ce pas? « Paraît plus naturel », « fait aussi bien office de », « sentiment », « tout aussi bon », et des guillemets à tout va pour manipuler les tournures sensibles. Ce qu’explique Schumpeter, c’est l’adoption d’une « convention » de représentation qui présente un degré d’assimilation et de compréhension immédiate et instinctive plus élevé que ne l’est la réalité des phénomènes monétaires. Il a raison, et l’incapacité d’un grand nombre de personnes à appréhender cette réalité est l’illustration même de la véracité du raisonnement de Schumpeter. Pour autant, doit-on se satisfaire d’une discipline économique, qui plus quand elle prétend au statut de « science », pour laquelle la psychologie des foules et la facilité sont les étalons du formatage des savoirs? On parle bien ici de la forme plus que du fond, le débat sur le fond étant pour moi clos depuis belle lurette 🙂

  16. Il ne faut pas sortir les citations de leur contexte. La citation de Paul est une réponse de Schumpeter à Cantillon qui lui considérait « la vitesse de circulation » (comme Paul, la « conservation des quantités »), mais si vous lisez la suite, vous verrez que Schumpeter s’oppose à cette notion.

    La citation complète, dans son contexte, est la suivante

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette façon d’interpréter les réalités de la pratique bancaire n’est pas la seule possible. Même le banquier qui prête en décaissant la vraie monnaie déposée chez lui fait plus que la recueillir en d’innombrables petites mares où elle stagne, pour la faire écouler jusqu’à ceux qui s’en serviront. Il prête les mêmes sommes à maintes reprises avant que le premier emprunteur les ait remboursées: c’est-à-dire qu’il ne se borne pas à trouver des emplois successifs à la somme qu’on lui a confiée, mais de multiples emplois que cette somme remplit simultanément. S’il prête en décaissant des billets — ou en créditant un compte bancaire de la somme prêtée à l’emprunteur —, instruments pour lesquels son avoir en espèces joue simplement le rôle de réserve, le même fait ressort plus clairement encore. De même s’il prête des pièces de monnaie qu’il a reçues en dépôt, et que le déposant propose d’employer exactement comme il les aurait employées s’il les avait gardées.
    Il doit sûrement y avoir d’autres moyens d’exprimer ces pratiques que d’appeler ces billets de banque incarnations de la vitesse de circulation — d’une vitesse si grande qu’elle permet à une chose d’être en différents lieux au même moment. Plus important que cet inconvénient terminologique est le fait que la vitesse de circulation, au sens technique du mot, n’est pas accrue du tout: les prêts du banquier ne changent rien aux « stations » par lesquelles une unité de pouvoir d’achat doit passer, ni n’abrège le temps qu’il lui faut pour y passer, ni — à eux seuls — n’affectent l’habitude qu’ont les gens de détenir certaines sommes de ce qu’ils considèrent comme argent comptant, comme argent liquide. Aussi peut-il paraître plus naturel de dire que les banquiers augmentent non pas la vitesse, mis la quantité de la monnaie — ou des moyens de paiement qui, en de certaines limites, font aussi bien office de monnaie, si l’on souhaite réserver ce terme pour les pièces de monnaie, ou pour les pièces plus le papier d’État. Cela s’accorde parfaitement avec la pratique: les emprunteurs ont véritablement le sentiment de disposer de moyens liquides qui sont, normalement, tout aussi bons que la monnaie. On ne dit plus que les banques « prêtent leurs dépôts » ou l’« argent des autres », mais qu’elles « créent » des dépôts ou des billets de banque: elles paraissent fabriquer la monnaie plutôt qu’en augmenter la vitesse ou agir — c’est une idée absolument irréaliste — pour le compte de leurs dépositaires. En tout cas, il est clair et il est réellement hors de discussion que l’on ne peut faire avec aucune autre marchandise — ou, comme certains d’entre nous préféreraient le dire, avec une marchandise — ce que le banquier fait avec de l’argent, car on ne peut accroître de cette manière ni la quantité ni la vitesse d’aucune autre marchandise. À la question de savoir pourquoi il en est ainsi, la seule réponse à faire, c’est qu’il n’y a aucun autre cas où le droit sur une chose puisse, en de certaines limites, bien entendu, faire le même office que la chose elle-même: on ne peut chevaucher le droit à un cheval, mais on peut payer avec le droit qu’on a sur de l’argent. Mais c’est une raison majeure d’appeler monnaie une chose qui est donnée comme étant un droit sur de la monnaie légale, pourvu que cette chose serve bien de moyen de paiement.
    […]
    Billets de banque et dépôts en banque font en tout point ce que fait la monnaie; partant, ils sont de la monnaie. Ainsi, les instruments de crédit, ou certains d’entre eux, s’ingèrent dans le système monétaire; et, de plus, la monnaie à son tour n’est qu’un instrument de crédit, un droit qu’on fait valoir sur le seul moyen de paiement qui soit définitif: le bien de consommation. On peut dire qu’aujourd’hui c’est cette théorie qui a cours: naturellement, elle est susceptible de prendre des formes multiples et elle a besoin de multiples approfondissements.

    Néanmoins, il reconnait à Cantillon  » Avoir clairement aperçu cette vérité, qu’un billet de banque et un dépôt en banque sont fondamentalement la même chose, voilà en vérité l’un des points forts de cette théorie. « 

    Schumpeter introduit les 2 analyses (Cantillon pour la vitesse de circulation et John Law pour la monnaie gérée) de la manière suivante :

    En conclusion, pour les scolastiques, ni le fait de prêter, au sens ordinaire du mot, ni le fait d’accorder un crédit ou d’en bénéficier dans un trafic de marchandises ou dans quelque autre transaction n’avait rien à voir en réalité avec le système monétaire ni avec son fonctionnement: ces opérations comportaient l’usage de la monnaie, sans nul doute, mais il ne fallait pas l’entendre autrement qu’en parlant d’acheter contre de l’argent, de faire un don en argent, ou de payer des impôts avec de l’argent.
    Naturellement, il n’en va pas ainsi. Les opérations de « crédit », de quelque forme ou espèce qu’elles soient, affectent le fonctionnement du système monétaire; chose plus importante, elles affectent bel et bien le fonctionnement de la machine capitaliste — au point d’en devenir une partie essentielle, sans laquelle on ne peut rien comprendre au reste. C’est ce que les économistes découvrirent au xvne siècle et essayèrent d’élaborer au xvme: c’est alors que l’on découvrit analytiquement le capitalisme, ou, comme nous pouvons le dire aussi bien, que le capitalisme se découvrit ou prit analytiquement conscience de lui-même. Voyons comment cette découverte se fit et quelles proportions elle prit. On aperçoit distinctement deux fronts de progression

    A propos de Law il écrit

    (b) John Law, ancêtre de l’idée d’une monnaie gérée. Une manufacture de monnaie! Le crédit, créateur de monnaie! Manifestement, voilà qui ouvre des perspectives autres que symboliques. Il arriva aux fondateurs de banques du xvne siècle, surtout aux fondateurs anglais de banques foncières (land-bank) et à Law, qui à ses débuts fut l’un d’eux, d’entrevoir avec plus ou moins de netteté la théorie esquissée ci-dessus. Ce dont ils se rendirent pleinement compte en tout cas, c’est que, pour les affaires, une découverte promettait beaucoup: savoir, que l’on pouvait fabriquer ou créer de la monnaie — et donc du capital, au sens monétaire du terme.

    Schumpeter écrit d’ailleurs, par ailleurs

    Les banques, bien sûr, ne « créent » pas de la monnaie à cours légal, et encore moins ne créent-elles pas de machines. Elles font, cependant, quelque chose — il est peut-être plus facile de s’en apercevoir dans notre cas que dans celui de billets de banque — qui, dans ces effets économiques, se rapproche de la création de monnaie à cours légal [Paulo: la monnaie scripturale] et qui peut conduire à la création d’un « capital réel » qui n’aurait pas existé sans la pratique du dépôt et du crédit bancaires. Mais cela modifie profondément la situation d’un point de vue analytique; il devient difficilement recommandable d’expliquer le crédit bancaire d’après un modèle où les fonds sont détournés de leur usage antérieur par un acte imaginaire d’épargne et ensuite prêtés par leurs détenteurs. Il est beaucoup plus réaliste de dire que les banquiers «créent du crédit», c’est-à-dire qu’ils créent des dépôts par leur activité de prêt, que de dire qu’ils prêtent les dépôts qui leur ont été confiés. Et si on insiste là-dessus, c’est que les déposants ne doivent pas être revêtus des insignes d’une fonction qu’ils n’exercent pas. La théorie à laquelle les économistes se cramponnaient avec tant de ténacité en faisait des épargnants alors qu’en fait ils n’épargnaient pas et n’avaient même pas envie de le faire; elle leur attribue une influence sur l’« offre de crédit » qu’ils n’ont pas. La théorie de la « création de crédit » ne se borne pas à percevoir des faits évidents sans les dissimuler par des constructions artificielles; elle fait également ressortir le mécanisme particulier de l’épargne et de l’investissement qui est caractéristique d’une société capitaliste pleinement développée et le véritable rôle des banques dans l’évolution capitaliste. C’est avec moins de restrictions qu’il n’est d’usage quand on avance une pareille affirmation que nous dirons que cette théorie constitue un progrès décisif dans l’analyse économique.

    Néanmoins, il a été extraordinairement difficile aux économistes d’admettre que les prêts bancaires et les placements bancaires créent des dépôts. En fait, pendant toute la période étudiée ici, ils s’y sont pratiquement tous refusés. Et même en 1930, quand la grande majorité s’était convertie et acceptait cette doctrine comme une évidence, Keynes a jugé nécessaire — et il avait raison — de la réexpliquer et de la défendre longuement, et on peut dire que, même aujourd’hui, beaucoup de ses aspects les plus importants ne sont pas parfaitement compris. C’est un exemple très intéressant des inhibitions que le progrès de l’analyse économique doit vaincre et du fait que les gens peuvent être parfaitement familiarisés avec un phénomène pendant des années et même en discuter fréquemment sans apercevoir sa signification véritable et sans l’admettre dans leur schéma général de pensée.

    Mais bien évidemment, vous pourrez encore trouver plein d’images et considérer que les mots ne veulent pas dire ce qu’ils veulent dire, comme l’a fait Paul sur une autre citation de Schumpeter (je me réfère au « sic » concernant les « billets de banque »).

  17. Paulo, où voulez-vous en venir? Schumpeter dit clairement que les banques prêtent les dépôts des clients:
    – « Même le banquier qui prête en décaissant la vraie monnaie déposée chez lui…  »
    – « Il prête les mêmes sommes à maintes reprises… »
    – « S’il prête en décaissant des billets… »
    – « De même s’il prête des pièces de monnaie qu’il a reçues en dépôt… »
    etc.

    Ce que Schumpeter dit c’est que la création monétaire (et non d’argent à cours légal) est possible par les banques privées parce que « À la question de savoir pourquoi il en est ainsi, la seule réponse à faire, c’est qu’il n’y a aucun autre cas où le droit sur une chose puisse, en de certaines limites, bien entendu, faire le même office que la chose elle-même: on ne peut chevaucher le droit à un cheval, mais on peut payer avec le droit qu’on a sur de l’argent. Mais c’est une raison majeure d’appeler monnaie une chose qui est donnée comme étant un droit sur de la monnaie légale, pourvu que cette chose serve bien de moyen de paiement. »
    Autrement dit, la reconnaissance de dette des banques peut servir de monnaie (moyen de paiement), bien qu’il ne s’agisse pas de monnaie légale.

    1. Vous avez tout à fait raison: le banquier prête AUSSI les dépôts à terme. Mais ce fait n’empêche pas, comme vous le dites, qu’il crée de nouveaux moyens de payement qui ne sont évidemment pas de la monnaie de banque Centrale (monnaie fiduciaire).

    2. Ben oui, qui a dit le contraire? Ce que l’on dit ici c’est que ces nouveaux moyens de paiement ne sont pas de l’argent (de la monnaie qui a cours légal), ce sont juste des reconnaissances de dette (avec les risques qui y sont liés).
      Par contre, à tort ou à raison, j’avais l’impression que vous disiez que les banques ne prêtaient pas l’argent que les clients déposaient chez elles. Que cela soit clair, les banques prêtent l’argent déposé chez elles, que ce soient des comptes d’épargne ou des comptes à vue. Mis à part la réserve obligatoire auprès de la banque centrale et les besoins en cash quotidiens pour les clients (qui sont très minimes), tout le reste est prêté. Si cet argent prêté ne revient pas, la banque fait faillite et le déposant en est pour ses frais (au-delà de la garantie de l’Etat).

  18. Avec ou sans le texte in extenso (les citations ne disent rien de plus ou de moins avec ou sans), je répète que ce qu’explique Schumpeter, c’est l’adoption d’une « convention » de représentation qui présente un degré d’assimilation et de compréhension immédiate et instinctive plus élevé que ne l’est la réalité des phénomènes monétaires.

    Ce qui est amusant chez Schumpeter, et c’est une constante dans son oeuvre, c’est cette prétention à maintenir en toutes circonstances la différence entre idéologie et science, alors que l’essence même de cette « convention théorique » est purement idéologique.

    Par ailleurs, ce qui est assez paradoxal dans toute cette histoire, c’est que vous êtes vraisemblablement plutôt du côté « critique » de l’activité de « création monétaire » par les banques commerciales, au sens où cella vous semble inadmissible. Et pourtant, vous n’arrivez pas à voir qu’en réalité, il s’agît d’une gigantesque opération de « relations publiques ».

    Une citation reprise de votre extrait de Schumpeter que les lecteurs pourront lire dans son contexte quelques lignes plus haut sous votre plume :

    Ce dont ils se rendirent pleinement compte en tout cas, c’est que, pour les affaires, une découverte promettait beaucoup: savoir, que l’on pouvait fabriquer ou créer de la monnaie — et donc du capital, au sens monétaire du terme

    Tout est dit! Les banques n’ont pas ce pouvoir, mais elles ont très tôt compris l’intérêt évident dans le rapport de force à s’en prévaloir.

  19. @Julien Alexandre
    Vous écrivez  » J’en conclus donc que vous n’avez aucun nouvel argument à faire valoir que ceux qui ont été longuement (au dernier décompte, plus de 600 pages sur ce blog) débattus et réfutés sur le blog. »

    C’est vrai, je n’ai aucun nouvel argument et il ne fait pas de doute que parfois ceux qui ont été avancés sont erronés ou incomplets; ce n’est donc pas ceux là qu’il faut « attaquer », mais ceux qui ont été largement argumentés.

    Et si je n’ai sans doute pas lu tous les commentaires des 138 billets concernant la monnaie, dans ce que j’en ai lu (une bonne partie) j’ai vu de longs débats, mais jamais je n’ai lu une seule sérieuse réfutation (à part  » ce n’est pas possible », ou le ridicule « si c’était possible les banques ne pourraient pas faire faillite ») sur les capacités de création d’instruments de paiement (monnaie scripturale) par les banques, capacités largement défendues par tous les économistes, banquiers et universitaires.
    Merci de me citer un de ces auteurs qui soutiens le contraire (à part Paul Jorion, évidemment)

    Maintenant ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : comme vous et notre hôte, je sais que les banques commerciales ne peuvent pas multiplier les petits pains (la monnaie fiduciaire) et que la « conservation des quantités » s’applique en ce qui la concerne tant que la Banque Centrale n’émets pas de nouveaux billets.

  20. Tenez, encore Schumpeter

    Nul ne voudra nier le fait que, dans les pays les plus développés économiquement les trois quarts peut-être des dépôts bancaires reposent sur des prêts (note 1) ; que l’homme d’affaires devient presque régulièrement le débiteur de la banque avant d’en, devenir le créancier, qu’il « emprunte » d’abord ce qu’il « dépose » du même coup et nous ne parlons pas du fait connu pour ainsi dire de chaque écolier, que seule une partie très petite de toutes les transactions est effectuée à l’aide de la monnaie au sens étroit du mot. Pour cette raison je ne traite pas davantage de cette matière. Il ne servirait à rien de présenter ici des discussions que chacun peut trouver dans un ouvrage élémentaire quelconque si elles pouvaient lui offrir quelque idée nouvelle. On admet sans discussion que toutes les formes extérieures de crédit, du billet de banque au prêt bancaire, constituent une matière de même essence, et que, par toutes ces formes, le crédit augmente les moyens de paiement .

    note 1. Seules quelques banques font paraître dans leurs bilans périodiques quelle part, dans leurs dépôts, repose et quelle part ne repose pas sur des dépôts réels. L’estimation faite plus haut repose sur des bilans anglais, qui montrent cela tout au moins indirectement, et elle pourrait correspondre à une opinion commune. Cela n’est pas valable, par exemple, pour l’Allemagne, parce qu’on n’a pas l’habitude de porter au compte d’un client le montant d’un crédit ouvert. Mais cela ne change pas l’essence du problème. A prendre d’ailleurs les choses strictement, tous les dépôts en banque reposent, comme HAHN l’a souligné avec exactitude, sur de simples créances; seulement les « versements » sont des crédits couverts d’une manière spéciale qui n’augmentent pas la capacité d’achat du dépositaire.

  21. Merci pour ce très bel ouvrage qui allie des qualités pédagogiques aux qualités polémiques. Suite à mes lectures il m’est venu une réflexion, une idée et un recoupement. Ma réflexion, l’argent est un moyen d’effectuer des échanges et l’adéquation de la masse d’argent aux échanges à réaliser dépend de nombreux facteurs comme la vitesse de circulation, ou comme le désir accumulé que certains ont de vendre – désir qui varie en fonction des circonstances, par exemple vendre de l’art en situation de guerre. La confusion entre argent et dette ne s’alimente-t-elle pas aussi de ces facteurs annexes quand ils se présentent, car alors le manque de liquidité pour faire tourner les produits amène à chercher ailleurs un moyen d’échange : dans les reconnaissances de dette.
    L’idée, pourquoi ne pas proposer que les intérêt que servent les banques centrales aux banques commerciales au titre des réserves obligatoires fractionnaires soient en fait versés à ceux pour qui il manque de l’argent, ie. aux emprunteurs – surtout en mode d’emprunt destinés à la production de richesse – soit sous forme d’une réduction des intérêts, soit sous forme d’une prime ponctuelle. Cette solution n’est jamais envisagée dans votre texte. Elle pourrait équilibrer le rapport capitaliste / patron. Elle pourrait aussi désamorcer un des facteur de recherche forcené de clientèle de la part des banques commerciales.
    Après avoir écumé votre blog je me suis aperçu que vous vous étiez intéressé au paradoxe du menteur, il se trouve que je me suis posé moi-même la question et que cela a donné un texte dont je me permets de vous signaler le lien :
    http://sites.google.com/site/cestlebonsite/textesparth%C3%A8mes
    Par ailleurs j’affectionne particulièrement la pensée d’Aristote et je me permets deux remarques. Tout d’abord dans votre débat avec Dominique Temple, dont je trouve fabuleux que vous vous fassiez l’écho dans votre blog, il me semble qu’on gagnerait à développer ce qu’on pourrait nommer la pensée analogique du Stagirite. Dès que j’en aurai le temps je m’y mettrai. Ensuite je me permets de vous recommander l’introduction qu’André de Muralt fait à sa traduction des Métaphysiques d’Aristote () ainsi que le travail que celui-ci fourni pour comprendre la culture moderne à partir du virage médiéval : Dun Scot et Occam entre autres. Vous serez sans doute intéressé de savoir que ce virage a conditionné notre mode de lecture en terme exclusif de pouvoir.

  22. Detour

    ‘Money. You know what that is – it’s the stuff you never have enough of. Little green things with George Washington’s picture that men slave for, commit crimes for, die for. It’s the stuff that has caused more trouble in the world than anything else we ever invented, simply because there’s too little of it.’

    L’argent, vous savez ce que c’est. C’est le truc dont on a jamais assez. Les petits machins verts avec l’image de George Washington pour lesquels les hommes deviennent esclaves, commettent des crimes ou se tuent. C’est le truc qui a causé plus d’ennuis au monde que n’importe quelle autre invention : simplement parce qu’il y en a toujours trop peu.

    1. ajustement :

      « (…) that men slave for, commit crimes for, die for. (…) »
      « (…) pour lesquels les hommes deviennent esclaves, commettent des crimes et meurent. (…) »

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