Récupéré ! (du 18 au 25 octobre 2009)

Je vais tenter, petit à petit, de reconstituer tout ce qui a été perdu depuis la fin août. Ce ne sera sans doute pas possible. Mais je m’y mets.

Le 25 octobre 2009

Public Sénat, Le 22 h, le lundi 26 octobre 2009

L’invité, ce sera moi. On parlera des deux livres à paraître : « L’argent, mode d’emploi » et « Comment la vérité et la réalité furent inventées ».

Le 25 octobre 2009

BFM Radio, le lundi 26 octobre à 10h46

La transition : de la récession à la dépression

On a très peu entendu parler de Mr. Joe Biden, depuis qu’il est devenu Vice-Président américain. Il a cependant eu sa petite heure de gloire la semaine dernière en affirmant que la situation de l’emploi aux États–Unis est telle que l’on ne se trouve plus dans un contexte de récession mais d’authentique dépression. Le fameux analyste financier Bill Bonner, de la Chronique Agora, est du même avis : il écrivait vendredi : « Nous sommes dans une dépression, pas dans une récession ».

Patrick Artus, économiste en chef chez Natixis, n’est pas en reste en matière de véhémence. Il écrivait mercredi : « Que les gouvernements aient le courage de dire la vérité aux Européens ! ».

La vérité ? à quel sujet ? Citons-le :

« Au lieu d’entretenir l’espoir d’une reprise rapide de la croissance et de l’emploi, les gouvernements feraient mieux de dire aux Européens qu’ils vont être confrontés :

[Premièrement,] à une perte irréversible d’emplois dans les secteurs qui se contractent après la crise (la construction, la finance, les biens durables…), d’où un chômage durablement très élevé ;

[Deuxièmement,] à l’absence d’idées pour créer des emplois nouveaux en quantité suffisante pour compenser les pertes d’emplois ;

[Troisièmement,] à la déformation du partage des revenus au détriment des salariés, avec le chômage élevé, les dé-localisations… »

Où est l’époque – pourtant pas si lointaine – où Mr. Artus et moi-même – disions toujours le contraire l’un de l’autre ?

J’ai évoqué le nom de Bill Bonner, tout à l’heure. John Mauldin, est lui aussi un analyste financier vedette, ami d’ailleurs de Bill Bonner. Je viens de lire son courrier en date de vendredi. Mauldin n’est pas sûr que le monde soit déjà plongé dans la dépression. Mais qu’offre à lire sa newsletter hebdomadaire ? une longue évocation nostalgique et pas toujours très cohérente de son enfance et de celle de son ami Bill Bonner.

Mauldin est né dans la misère et il s’interroge si tel ne sera pas aussi le sort de ses propres petits-enfants : « De la misère à la misère, en trois générations seulement ! », ironise-t-il. Et son courrier se conclut par une profession de foi à la fois grandiloquente et sans grande conviction dans le retour prochain de l’Amérique au premier plan des nations. Hum… hum ! Une chose est certaine : la dépression, à titre personnel, John Mauldin y est déjà !

Le 24 octobre 2009

Ma langue maternelle

Il y a quinze jours, je participais à Bruxelles à une réunion en anglais, et l’organisateur me dit après la réunion : « Vous parlez vraiment bien l’anglais ! »

On ne dit d’une langue que vous parlez, que vous la parlez « vraiment bien », que dans un seul cas de figure : uniquement s’il s’agit pour vous d’une deuxième langue. On ne dira jamais que vous « parlez vraiment bien » votre langue maternelle.

A moi, on ne me dit jamais que je « parle vraiment bien » le français. Et pourtant…

Alors voilà, un petit hommage à ma langue maternelle : le néerlandais. Il y a dans une chanson d’Herman van Veen un vers que j’affectionne tout particulièrement :

Getuigen zijn zelden helden,
Echte helden getuigen zelden.

Les témoins sont rarement des héros,
Les vrais héros ont rarement l’occasion de témoigner.

Herman van Veen

Elly Nieman et Boudewijn de Groot

Le 24 octobre 2009

Philosophie Magazine, No 34, novembre 2009

Mon portrait, brossé très élogieusement par Patrice Bollon pour l’écriture et par Frédéric Poletti pour la photographie, malicieusement intitulé : « Sous les subprimes, Platon ! »

De quoi rassurer – j’espère – ceux d’entre vous qui craignent ces jours-ci que je ne veuille faire la peau au vieil Einstein :

Voilà ce qui rend les propositions de Paul Jorion si fortes : l’économie et l’épistémologie sont liées à des choix culturels, tels qu’en ont fait, et parfois de tout différents, les autres grandes civilisations, et qu’il serait temps de remettre en question. Et si l’ethnographe de la finance apportait ainsi le première pierre de la réflexion qui nous manque pour surmonter la crise : une exploration critique, philosophique, métaphysique même, de notre système ?

… et pour d’autres, qui me soupçonnent eux d’avoir trouvé mon diplôme d’anthropologue dans une pochette-surprise :

L’état de nature est la situation hypothétique dans laquelle se trouvent les êtres humains en l’absence de toute société politiquement instituée, c’est-à-dire « sans convention ni sujétion les uns envers les autres, comme s’ils venaient tout juste d’être créés hommes et femmes » (Thomas Hobbes, Éléments du droit naturel et politique). L’état de nature équivaut à celui d’égalité et de liberté absolue dans lequel chacun dispose du droit illimité d’user de sa puissance comme bon lui semble. (dans Le pacte des loups, un article par Delphine Thivet, faisant partie du dossier sur Thomas Hobbes).

Le 24 octobre 2009

L’Humanité, « L’invité de la semaine », du lundi 19 au vendredi 23 octobre 2009

Voici – en une seule livraison – la série des billets qui ont paru au cours de la semaine écoulée dans L’Humanité.

ARISTOTE, DUHEM ET NOUS

I. Aristote

Dans, Demystifying Mentalities, un livre publié en 1990 par Cambridge University Press, Geoffrey Lloyd comparait deux types de sociétés qui connaissaient un développement très comparable au IVe siècle avant Jésus-Christ : la Grèce et la Chine.

Le contraste entre les deux était instructif :

1. Le régime politique en Grèce était démocratique ou oligarchique, alors qu’il était monarchique en Chine.

2. Les citoyens des villes grecques étaient familiers des débats publics, sinon comme acteurs, du moins comme spectateurs ; de tels débats n’existaient pas en Chine.

3. En Grèce, l’ambition de tout orateur était de persuader l’homme de la rue, tandis qu’en Chine, l’intellectuel visait essentiellement à influencer le prince.

4. En Grèce, la validité d’une argumentation étaient jugée selon ses mérites propres, et non, comme en Chine, en fonction de la qualité de celui qui l’énonçait.

5. On considérait en Grèce qu’une argumentation ne devait pas se contenter d’être convaincante mais devait aussi être irréfutable.

6. On observait en Grèce le recours à des mots à usage polémique destinés à disqualifier l’adversaire ; dire, par exemple de lui que son discours était « mythique », ou que les procédés qu’il employait, relevaient de la « magie ».

7. En cas de conflit entre les deux, on préférait en Grèce une preuve fournie par le raisonnement plutôt que par le témoignage des sens ; c’était le contraire en Chine.

8. On recourait à la cause dans l’explication en Grèce, alors que la Chine se contentait d’expliquer par les signes.

9. On modélisait en Grèce les questions de physique à l’aide d’outils mathématiques.

10. Il y eut en Grèce, un penseur qui domina de sa stature le monde de la connaissance dans son entièreté : Aristote. Il proposa un système du monde, couvrant l’ensemble de ses aspects : de sa nature physique au fonctionnement des institutions humaines, comme la justice ou la formation des prix. Il expliqua en particulier ce que c’est que comprendre le monde en utilisant pour le faire, des mots.

II. Raisonner

Deux est à six, comme un est à trois. C’est là une proportion, constituée de deux rapports : deux est à six est un rapport, un est à trois, en est un autre. La proportion ici est discontinue, parce que les quatre termes diffèrent. Quand deux des quatre termes sont identiques, on dit que la proportion est continue. Deux est à six, comme six est à dix-huit est une proportion continue. On dit alors de six que c’est la moyenne géométrique de deux et de dix-huit. Pourquoi ? Parce que 6 x 6 = 2 x 18 = 36. Au lieu d’avoir à faire à la division dans la proportion, on peut avoir la soustraction : 9 – 6 = 6 – 3. Six est ici la moyenne arithmétique entre 9 et 3 : neuf plus trois, divisé par deux, c’est six. Au lieu de dire la « moyenne », on dit aussi la « raison » : 6 est la raison de 3 et 9.

Aristote découvrit que le raisonnement repose sur le bon usage de la raison – entendue ainsi comme moyenne. Le syllogisme, l’élément de base de tous nos raisonnements, est – observa-t-il – une proportion continue. Deux termes, les extrêmes, sont conjoints par un moyen terme – leur raison, et l’élimination de cette raison entre eux, débouche sur une vérité nouvelle.

Socrate est un homme – Les hommes sont mortels, donc Socrate est mortel. La raison pour laquelle Socrate est mortel, c’est le moyen terme : la condition d’homme. On aboutit à la conclusion par un raisonnement : l’élimination du moyen terme et le rapprochement des deux extrêmes.

Bien des figures sont possibles pour le syllogisme, selon que l’on parle de tous les hommes ou seulement de certains, et que l’on évoque le fait d’être un homme ou celui de ne pas l’être : les licornes, par exemple, ne sont pas des hommes.

J’ai rapporté hier que Geoffrey Lloyd mentionnait dans la liste des différences essentielles entre la Chine antique et la Grèce antique, la présence chez cette dernière d’un penseur de la stature d’Aristote. C’est lui en effet qui nous expliqua ce que c’est que raisonner. Nous lui en sommes toujours redevables.

III. Le juste et le prix

Aristote emprunta à Eudoxe, un mathématicien qui fut son contemporain, sa théorie de la proportion pour en faire le modèle du raisonnement : le syllogisme est une proportion continue, dont le moyen terme est encore appelé la « raison ». C’est cette raison qui permettra de rapprocher dans la conclusion du syllogisme les deux extrêmes pour en tirer une vérité inédite.

Mais Aristote trouva encore d’autres usages à la théorie de la proportion. Comme il nous l’explique dans l’Éthique à Nicomaque, la justice et le prix résultent eux aussi d’une proportion : la justice, selon la proportion « parallèle », et le prix, selon la proportion « diagonale ».

Pour ce qui touche à la justice qu’il appelle corrective, il s’agit de réparer le tort qui a été commis en ignorant le statut social des parties. Il faut, dit Aristote, que chacun se retrouve, justice faite, avec la « moyenne » de ce qu’ils possédaient ensemble. J’ai expliqué hier comment la moyenne est aussi la raison parce qu’elle est le terme commun aux deux rapports qui constituent une proportion. Le plaignant avait cinq vaches et l’accusé neuf ; le juge fera en sorte que chacun se retrouve avec sept. Quand Salomon prétendit rendre justice aux deux femmes qui comparaissaient devant lui en coupant le bébé en deux, c’est à quoi il visait.

Dans la justice distributive, le statut importe cette fois et si un officiel frappe un homme du commun, la sentence sera légère, mais si l’incident est inverse, l’homme du commun sera sévèrement puni. Les deux sentences sont, l’une par rapport à l’autre, dans le même rapport que le statut des parties.

La formation du prix reflète de la même manière le statut de l’acheteur et du vendeur mais cette fois de manière croisée : « diagonale ». Le riche paiera à l’artisan lui fournissant un produit une somme moindre que celle qu’un pauvre aura lui à verser, de sorte que les statuts respectifs se trouvent confirmés à chaque transaction. Le prix représente pour Aristote, le rapport de force entre l’acheteur et le vendeur en présence. Karl Marx n’ira jamais aussi loin.

IV. Le bon sens

Pierre Duhem (1861-1916) est l’un des plus grands philosophes des sciences français. Son livre, La théorie physique (1906) demeure inégalé. Il écrivit aussi un monumental Système du Monde en dix volumes retraçant l’histoire de la physique de l’antiquité à la fin du Moyen Âge.

Grand catholique, Duhem se distingua en affirmant que dans la querelle entre Galilée et l’Église, c’est le cardinal inquisiteur Bellarmin qui avait raison. Cette affirmation apparaît saugrenue si l’on imagine que Galilée défendait l’hypothèse copernicienne mettant le soleil au centre du système planétaire et l’Église, celle ptoléméenne, d’une Terre en position centrale. Elle l’est beaucoup moins quand on sait que Galilée avançait que son modèle mathématique offrait un portrait exact de la réalité objective, alors que Bellarmin lui rétorquait qu’un modèle mathématique n’est précisément rien de plus. A savoir, un modèle.

Dans la querelle qui partagea les savants lors des débuts de la mécanique quantique, une question se posait : l’explication scientifique peut-elle se contenter de prédire avec exactitude les comportements d’objets mal définis ou bien doit-elle encore – comme cela avait été le cas jusque-là – déterminer avec précision les objets dont elle parle, et expliquer à leur propos, le pourquoi et le comment de leur comportement ?

Duhem était mort, mais sa réponse ne faisait aucun doute : la science doit expliquer, et ceci dans des termes qui ne heurtent pas ce qu’il appelait le « bon sens ».

Le bon sens est au centre de la réflexion de Duhem. Dans un petit livre intitulé La Science Allemande (publié en 1915), il distingue la science française de la science allemande par sa plus grande capacité à ne pas s’éloigner du bon sens.

Mais qu’est-ce que le « bon sens » ? Est-ce le même pour nous et pour les Nuer du Soudan qu’observa l’ethnologue Evans-Pritchard, et qui lui affirmèrent que les jumeaux sont des oiseaux ? Non : pour nous, ce que nous appelons « le bon sens », c’est ce qui survit au sein de notre culture du système du monde qu’avait autrefois conçu Aristote.

V. La fin du bon sens

J’ai évoqué hier Pierre Duhem (1861-1916), l’un des plus grands philosophes des sciences français. Duhem pensait qu’il était essentiel que la science ne s’écarte jamais dans ses explications du « bon sens ». L’explication scientifique ne devait pas heurter notre intuition. J’ajoutais que le bon sens n’est pas un donné brut, une faculté dont chacun disposerait du simple fait qu’il est un être humain : ce que nous appelons le bon sens a une histoire, et chaque culture humaine dispose du sien. Le nôtre, est ancien et s’identifie au « système » d’Aristote : l’explication extrêmement complète que le philosophe nous offrit du monde où nous vivons, il y a déjà vingt-cinq siècles.

Dans le système d’Aristote, le temps et l’espace vont de soi : ils ne font pas partie des choses qu’il faudrait expliquer (le mot « expliquer » lui-même ne requiert pas non plus d’explication). Le changement a lieu dans l’espace pendant que le temps lui se déroule. Mais ce temps et cet espace sont indépendants : l’un n’explique pas l’autre ; parler du changement exige que l’on décrive ET le temps ET l’espace.

Au début du XXe siècle, la science prit un tournant inédit : pour réconcilier la théorie électrodynamique avec le principe d’inertie, il fut nécessaire de redéfinir avec la théorie de la relativité ce que l’on entendait par « temps » et par « espace ». Leur indépendance disparut : la longueur d’un corps dépendait désormais de sa vitesse, c’est-à-dire de l’espace qu’il parcourt durant un certain laps de temps.

La mécanique quantique obligea même d’aller plus loin. Un de ses représentants éminents, Niels Bohr, alla jusqu’à dire (selon son collègue Werner Heisenberg) que la science nouvelle obligeait de redéfinir ce que « comprendre » veut dire.

S’il avait encore été en vie, Duhem aurait poussé des hauts cris, lui qui écrivait : « Pour que le Science soit vraie, il ne suffit pas qu’elle soit rigoureuse, il faut qu’elle parte du bon sens pour aboutir au bon sens ».

La relativité et la mécanique quantique, les monuments scientifiques du XXe siècle, sont-elles en fait allées trop loin ?

Le 21 octobre 2009

« La crise du capitalisme américain »

« La crise du capitalisme américain », le livre qui « annonçait la crise », paru originellement en janvier 2007 à La Découverte sous le titre « Vers la crise du capitalisme américain ? », sera à nouveau demain en librairie. Les 750 exemplaires du premier tirage avaient été rapidement épuisés. Le livre est réédité, sous son titre original, par les Éditions du Croquant.

La préface se trouve ici et la quatrième de couverture, là.

Le 20 octobre 2009

Ceux qui « n’y comprennent rien »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Si vous êtes parmi les lecteurs du blog qui m’envoyez parfois des messages du genre : « Pourquoi nous faire perdre notre temps avec des billets consacrés à la physique sur un blog consacré à la Bourse ? », la suite vous intéressera.

J’ai passé un certain temps hier sur le site de Gabriel LaFrenière, à la suite de la discussion provoquée par le billet d’Henri-François Defontaines.

Pour ceux qui n’y sont pas allés voir, LaFrenière propose une alternative à la théorie de la relativité et également à la mécanique quantique. Je suis allé voir aussi ce que disent ceux qui le critiquent et nombreux sont ceux (il y en a quelques autres) qui disent : « Il n’y comprend rien ! » Et là, je réponds : « Non ! ce n’est pas vrai qu’il n’y comprend rien ! » Il se trompe peut-être mais il n’est certainement pas vrai qu’il n’y comprend rien. Il propose effectivement un grand chamboulement dans notre compréhension du monde physique mais il répond à un certain nombre d’objections qui peuvent lui être faites et surtout, sa théorie alternative permet d’éliminer un certain nombre d’anomalies dans les théories communément admises.

Bon, il faudrait y consacrer beaucoup plus de temps que les 45 minutes que j’y ai passées hier : il faudrait examiner si sa théorie est cohérente, si elle ne crée pas plus de problèmes qu’elle ne résout, et ainsi de suite, mais en soi, sa démarche n’est pas illégitime, elle ne justifie pas que l’on pousse des hauts cris à sa vue. Oui, sa théorie nécessiterait que l’on ressuscite le concept d’« éther » mais il n’y a pas là de quoi fouetter un cheval : dans mon introduction au papier de Defontaines, j’ai rappelé ce que disait Cassirer de l’éther : en gros que ce serait un concept pratiquement impossible à manier sur le plan épistémologique, mais j’ajoutais ce que Poincaré disait à propos de l’astronomie ptoléméenne et de l’astronomie copernicienne : comme la seconde explique un grand nombre de faits d’un seul coup – et j’ajouterais, en éliminant un reste d’anomalies suscitées par la première – elle est beaucoup plus « commode » que celle-ci et doit donc avoir notre préférence.

Ceci étant dit, je voudrais dire un mot à ceux qui m’envoient des messages alarmés du genre : « Attention ! n’allez pas mettre les pieds là : ces approches sont complètement discréditées, c’est votre réputation que vous mettez en jeu ». Si l’on discutait sur le blog d’autres manières éventuelles de faire des mots croisés, il n’y aurait pas tant d’émotion. C’est Paul Feyerabend qui nous a très justement conseillé, en matière de sciences, d’aller parfois refaire un tour « à la bifurcation », précisément là où des choix épistémologiques cruciaux ont été faits historiquement : introduire l’éther ou s’en passer fait certainement partie de ce type de choix fondamentaux et se trouve du coup un excellent candidat au réexamen, sans que le ciel ne doive pour autant nous tomber sur la tête.

Pour ce qui est de ma réputation personnelle – qui serait en jeu – l’accusation de « rien n’y comprendre » m’est familière, et n’est pas là pour m’effrayer. Ceux qui lisaient le blog à l’époque où nous avons commencé à parler de la monnaie doivent se souvenir des nombreux commentaires m’affirmant que je « n’y comprenais rien ». On m’opposait essentiellement, non pas des réfutations détaillées, mais des listes de noms : les noms de tous ceux qui pensaient différemment de moi – comme si j’avais pu penser : « S’il y en a plus de 200, il faudra bien que je change d’avis ! » C’était mal comprendre ce que je tentais de faire : je voulais reprendre le problème à zéro, ou plutôt, « à la bifurcation » qui avait eu lieu quand l’économie politique avait été abandonnée au profit de la « science » économique. Que les « théoriciens » (pas les employés de banques) seraient nombreux à penser différemment de moi était une conséquence nécessaire de ma tentative et n’était donc pas là pour me surprendre ni pour me décontenancer.

J’avais déjà connu d’ailleurs la même expérience quand, au début des années 1990, j’avais repris la question du prix « à la bifurcation ». La première réaction avait été – je suis retombé sur la lettre récemment – « Monsieur, vous ne comprenez rien à la formation des prix ». Le problème, je l’ai déjà raconté, est que la « loi » de l’offre et de la demande ne rendait pas compte de la formation des prix que je constatais sur les marchés de pêcheurs en Bretagne, puis en Afrique de l’Ouest, et que j’étais à la recherche d’un meilleur modèle.

J’assistais il y a quelques semaines à l’exposé d’un économiste, un peu sur la défensive d’ailleurs, qui disait : « M’enfin la science économique, c’est quand même bien simple ! », et il réexpliquait en quelques minutes la « loi » de l’offre et de la demande. J’ai été tenté de lui poser la question : « Est-ce que vous êtes sûr que ça marche ? » Je m’en suis abstenu parce que je sais comment le dialogue se serait poursuivi : il aurait commencé par me regarder avec des yeux ronds et si j’avais ajouté : « Moi, j’ai essayé de la vérifier, et sur les marchés de poisson, ça ne marche pas », il se serait dit – comme j’étais l’un des autres orateurs : « Qui a fait venir ici cet imbécile ?! »

« Revenir à la bifurcation », c’est s’exposer au risque de passer pour l’un de ceux « qui n’y comprennent rien ». Parce qu’on regarde les choses d’un regard tout différent. Ce qui m’y a fait penser ce matin, ce n’est pas la lecture de LaFrenière, c’est la lecture d’un livre d’histoire économique dont l’un d’entre vous est l’auteur et qu’il m’a très aimablement fait parvenir en me disant : « Vous verrez, nous disons des choses très similaires ». C’est vrai, mais parvenu à la page 50, j’ai découvert le début d’une discussion sur le capital et sa capacité à fructifier. Et cela m’a conduit à penser à ces « bifurcations » ou autres « changements de paradigme » que l’on observe dans la démarche scientifique. Voici pourquoi.

Vous vous souvenez de la manière dont je définis le capital : je dis, « c’est l’argent dont on a besoin et dont on ne dispose pas, soit pour produire, soit pour consommer ». Je ne définis pas le capital comme quelque chose « qu’on a » mais au contraire comme quelque chose « qu’on n’a pas ». Je ne me situe pas du point de vue du prêteur mais de celui de l’emprunteur. Et c’est très différent. Du point du vue du prêteur, le capital c’est quelque chose qui possède cette capacité à fructifier, qui a la faculté de grossir. Comment ? ça ce n’est pas clair : la fructification du capital, c’est une « boîte noire ». Du point de vue de l’emprunteur, il n’y a pas de « boîte noire » de la fructification Du point de vue de l’emprunteur, c’est bien simple, il n’y a pas de fructification du tout : il y a qu’on va se casser le cul à essayer de rembourser et à ne pas y être, au bout du compte, de sa poche. Ce qui apparaît du côté du manche comme « boîte noire » de la fructification du capital, devient lumineux quand la définition du capital n’est pas « l’argent qu’on a » mais « l’argent dont on a besoin et dont on ne dispose pas ».

LaFrenière écrit sur son site : « … il est tellement plus élégant d’invoquer le principe d’Incertitude au lieu de déclarer tout bêtement : « Je ne sais pas » ». On pourrait remplacer dans cette phrase « principe d’Incertitude » par tant de choses : « prix », « monnaie », et ainsi de suite.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Le 20 octobre 2009

« False flag »

Le commentaire suivant n’a pas été publié : je l’ai modéré « négativement ».

C’est où que çà cloche ?»

Dans la tête des escronomiste par Cloacina! Ce sont des charlantants, qui veule se donner des air de respectabilité en nommant ce qui s’apparente à la lecture des entraille de poulet, «science économique». Franchement les anticipations du FMI et d’autre secte de grand-gazou ça vaut moins que zéro. N’importe qui qui se donne la peine de s’informer (en dehors des organes de propagande officiels) arrivera à des anticipation plus crédible que ce ramassis de religieux embourbé dans leur dogme et leur pseudo-science de charlatants aux raisonnement circulaire.

Au sujet du pic de Tout (Or, Pétrole, Gaz, Name it) c’est bien là qu’on en est la folie de consumation des ressources de cette planète est tellement délirante qu’on a dépasser le pic des pêcheries. Même les ressource renouvellable sont devenue non-renouvlable devant ce pillage.

Ce commentaire appartient à une famille que j’appellerais : « Regardez qui sont les gens qui écrivent des commentaires sur le blog de Paul Jorion ! ». Des commentaires de ce genre ne sont pas rares. Ils ne sont pas bienveillants : « false flag ».

Merci en tout cas mon cher « CoupeJaret », pour cette importante contribution au débat !

Le 18 octobre 2009

L’Humanité, « L’invité de la semaine », du lundi 19 au vendredi 23 octobre 2009

Je suis l’invité de la semaine dans L’Humanité, à partir de demain. Mes cinq billets, sous le titre général : « Aristote, Duhem et nous », évoqueront les thèmes que je développe dans « Comment la vérité et la réalité furent inventées » (qui paraît le 5 novembre) et dans mon livre en préparation (titre provisoire : « Les fils de Pythagore sont fatigués »).

Le 18 octobre 2009

« La crise du capitalisme américain »

La réédition de Vers la crise du capitalisme américain ? (2007) – « Le livre qui annonçait la crise ! » – paraît demain aux Éditions du Croquant. Le premier tirage à La Découverte avait été rapidement épuisé. En vente dans toutes les bonnes librairies.

Le 18 octobre 2009

BFM Radio, le lundi 19 octobre à 10h46

Ceux qui me connaissent savent que je demande souvent : « À quoi servent les spéculateurs sur les marchés de matières premières, sinon à pénaliser aujourd’hui les consommateurs et demain les producteurs ? » Et on me répond : « Non, non : ils sont très utiles : ils apportent de la liquidité ! »

Je fais alors une autre remarque, je dis : « S’ils sont bons à ce qu’ils font, ils suivent la tendance gagnante et sont toujours tous du même côté du marché : “longs” quand le prix monte et “short” quand il baisse ! » Pas du tout me répond-on : « Il y a autant à gagner dans une direction que dans l’autre : la moitié sont “longs” et l’autre moitié sont “short” ».

Et je m’écrie alors : « Mais s’ils sont aussi bien acheteurs que vendeurs, la liquidité que certains spéculateurs crée, ce sont d’autres spéculateurs qui en profitent, et il n’y a aucun bénéfice pour les honnêtes gens ! »

En disant cela, je fais bien sûr un peu l’imbécile : je sais bien que si les spéculateurs sont sur les marchés à terme, ce n’est pas par philanthropie. Ce ne sont pas nécessairement eux qui ont créé ces marchés mais ce sont bien eux qui en assurent depuis toujours la maintenance. « La liquidité », c’est ce qu’ils répondent effectivement quand on leur demande pourquoi ils sont là : cela fait partie de leur discours de « relations publiques ».

La raison pour laquelle j’évoque aujourd’hui ces marchés à terme de matières premières, c’est que le 8 juillet, Mr. Gordon Brown, le premier ministre britannique, et Mr. Sarkozy, le président de la république française, signaient conjointement une tribune libre dans le Wall Street Journal intitulée « We Must Address Oil-Market Volatility » : il faut que nous fassions quelque chose à propos de la volatilité du marché pétrolier. Ce qu’ils expliquaient, c’est qu’en poussant le prix du pétrole à la hausse, les spéculateurs pourraient tuer dans l’œuf toute reprise économique éventuelle.

Au cours des dix derniers jours, le prix du baril est passé de 68 à 78 dollars. Une hausse de 15 %. Est-ce une conséquence de l’augmentation de la production industrielle américaine de 0,7 % le mois dernier ? Bon, je plaisante bien sûr ! Alors ? Il s’agit probablement des investisseurs institutionnels américains se couvrant contre la dépréciation du dollar face aux autres devises et, – s’engouffrant dans leur sillage –, les spéculateurs, – dispensant la manne de leur liquidité ! Et les dirigeants européens ? Comment répondront-ils à la hausse du prix de pétrole ? S’apprêtent-ils à rédiger une nouvelle tribune libre ?

Le 18 octobre 2009

Nicole Louvier (1933 – 2003)

Je viens de parler de Nicole Louvier dans ma réponse à un commentaire relatif à Marie-Josée Neuville, j’écrivais :

« J’ai assisté à l’un de ses concerts en 1954 ou 1955 à l’Ancienne Belgique. Ma mère, entraînée par une de ses amies, y était allée en traînant la patte : « Nicole Louvier ! Ce n’est pas pour les enfants ! »

Et j’ajoutais : « Moi, j’aimais beaucoup ! » Et un sentiment d’injustice m’envahit : « Un billet pour Marie-Josée Neuville, et une note à la va-vite pour Nicole Louvier ? » Alors je répare.

Le 18 octobre 2009

« Je confierai mon sort à ta folle jeunesse »

J’avais neuf ans. Les enfants plus âgés ne juraient que par elle. Moi, elle m’inquiétait, car sa chanson mélancolique fourmillait de menaces voilées auxquelles je ne comprenais rien. Que pouvait bien être ce « qu’en dira-t-on » qui vous oblige à réussir vos examens ? Ou « l’esprit François Villon », dont on ne sait rien sinon que les « bourgeois » le honnissent ? Quant à ces derniers, Marie-José Neuville m’avertissait qu’ils me persécuteraient avant que, devenu grincheux à leur image, je ne me métamorphose un jour en l’un d’eux ! La Chambre des Horreurs !

Je pris en tout cas l’avertissement très au sérieux. C’est peut-être elle qui m’a sauvé.

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22 réflexions sur « Récupéré ! (du 18 au 25 octobre 2009) »

  1. Il est sans doute possible de récupérer la majeure partie de ce qui a été dit en octobre avec les commentaires.
    J’y suis arrivé assez rapidemment pour ‘BFM Radio, le lundi 19 octobre à 10h46’ et ‘Le Monde – Économie, lundi 5 – mardi 6 octobre’. Il est possible d’automatiser cette tâche.
    Ce serait avec un grand plaisir que j’aurais pu m’y consacrer, mais j’ai un travail immense que je dois rendre pour la mi-décembre.
    L’idée est de se servir du cache Google ou de n’importe quel autre moteur de recherche. Il faut faire vite avant que ces même moteurs n’effacent ces différents caches.
    Paul, si vous avez besoin d’expliciter la solution que je vous propose pour cette récupération, vous avez mon e-mail et je ne manquerais pas d’être plus dissert et précis.

    1. En guise de cache, je dispose d’un certain nombre d’articles en copies.
      septembre et octobre: a votre disposition

  2. @ A tous

    Ne sachant plus trop ou mettre ce commentaire je me suis permis de le déposer dans deux fils de discussion afin qu’il trouve ses lecteurs.

    Voilà ce que je me proposais de vous envoyer hier en guise de conclusion à mon billet qui a aujourd’hui disparu.

    « Certain d’entre vous m’ont demandé ou je voulais en venir suite au billet que j’ai publié sur ce site. Mes réponses n’ont sans doute pas été pertinentes, car à vrai dire, je ne veux arriver nulle part.
    Lorsque j’ai abordé l’étude de la relativité, c’était uniquement pour comprendre les subtilités théoriques que je n’arrivais pas à me représenter honnêtement grâce aux explications qu’on me donnait. Or, après mon étude qui a consisté à utiliser la physique pré relativiste (Pythagore, Galilée et Maxwell) pour décrire les phénomènes relativistes, je me suis rendu compte que si les équations que je déterminais par cette technique étaient précisément les mêmes que celles utilisée par la théorie de la relativité restreinte, l’interprétation que je devais en donner différait de celle couramment admise.
    La conclusion que je tire de mon étude à laquelle vous avez largement contribuée, par vos critiques pertinentes; est qu’on peut finalement utiliser la physique pré relativiste pour décrire le monde relativiste dans les moindres détails. Mais que pour cela il faut introduire dans les équations la manière dont l’observateur se représente ses instruments de mesure (la taille de ses règles et l’heure indiquée par les horloges distantes). Soit, dit autrement, il faut introduire l’imagination des observateurs pour comprendre la symétrie de point de vue qu’ils peuvent avoir lors de l’observation d’un phénomène quelconque. Le monde objectif étant décrit par R, le monde subjectif décrit par R’. R’ pouvant éventuellement avoir une vitesse nulle.
    Est-ce une piste intéressante pour redonner au monde un sens qu’il a perdu lors de l’élaboration de la théorie de relativité et de la mécanique quantique ? Je n’en sais rien, mais c’est une piste que j’ai envie de suivre avant de me faire une opinion sur la question. Malheureusement pour moi, mes compétences en mathématiques et en physique théorique fondamentale (pour connaître le résultat de quelle expérience) étant insuffisantes pour y parvenir, je ne pourrais progresser dorénavant qu’en me faisant aider par des gens possédant les compétences nécessaires, ayant réellement compris la problématique, et acceptant de ce lancer dans cette tache ardue sans la moindre certitude d’aboutir. Pour ma part, il me semble que le jeu en vaut la chandelle, et j’espère ne pas être le seul à le penser.
    Si certain d’entre vous possédant les compétences nécessaires veulent se joindre à moi pour explorer cette piste, qu’ils m’en fassent part afin que l’on cherche à exploiter ensemble quelques idées qui me semblent prometteuses, en introduisant physiquement le monde imaginaire dans la représentation du monde réel, sans garantie toutefois du résultat.
    Pour ceux qui n’ont pas eu connaissance du texte auquel je fais référence, vous le trouverez en cliquant sur le lien suivant. Toutefois, avant de lire le texte, il me faut vous expliquer pourquoi je commence en parlant de l’éther. Ce n’est absolument pas pour réintroduire cette notion, mais plutôt pour montrer qu’une idée fausse – à savoir que l’on peut utiliser les phénomènes relativistes pour prouver l’inexistence de l’éther, ou ce qui m’intéresse plus, la possibilité d’un absolu, c’est à dire d’un monde objectif – est véhiculée depuis plus d’un siècle par des physiciens de haut rang, sans que ceux-ci ne se soit jamais réellement penché sur la question. Pour le reste, n’ayant pas été relu par une tierce personne avant publication, je vous prie de m’excuser si certains passages ne vous paraissent pas aussi clair que je l’aurais souhaité, et suis prêt à vous fournir tous les éclaircissements dont vous auriez besoin pour être sûr d’avoir bien compris. »
    C’est au moment ou j’ai voulu introduire le lien dans le texte que je me suis rendu compte que le blog ne fonctionnais plus.
    Le billet ayant disparu, je me propose de vous le retourner corrigé grâce à vos commentaires afin qu’il puisse servir de base aux travaux ultérieurs si vous vous sentez partant..

    1. Bonjour M Henri-François Defontaines

      Bravo pour votre document et vos calculs. Apres avoir fini de le lire, je reviens avec quelques remarques. J’ai déjà posté cette réponse lundi dernier. Mais avec le crash et la perte des messages, je l’augmente aujourd’hui de mes remarques antérieurs.

      Déjà il faut bien comprendre qu’utiliser l’égalité de Pythagore, comme vous le faites en tenant de compte du temps, des vitesses, et de la constante de la vitesse de la lumière, c’est formuler exactement la théorie de la relativité restreinte. Ni plus ni moins.

      La différence que vous souhaitez mettre en avant est que vous cherchez à interpréter la relativité restreinte avec l’aide d’un référentiel au repos absolu.

      Je crois que la relativité restreinte n’est pas opposée à l’existence d’un tel référentiel. Vous avez même le droit de postuler son existence par pure convention. Mais, à mon avis, cela ne change fondamentalement rien du tout, notamment, à la relativité de l’espace-temps (ie l’espace-temps comme variable d’ajustement vis à vis de la lumière).
      Cependant concrètement, si un tel référentiel existe ou se trouverait t il ?

      Vous admettrez, je pense, qu’en absence de tout repère concret/visible/identifier de ce repère absolu, les deux mobiles, en question dans votre document, sont incapables de dire lequel des deux est animé de vitesse l’un par rapport à l’autre. Et donc incapable de dire celui qui est au repos absolu, et donc celui qui subit « physiquement » la contraction/dilatation.

      Voila, je ne sais pas si j’ai raison ou non, en tout cas j’espère que mon opinion (critique) vous sera utile à quelques choses.

      Bien amicalement.

    2. @ Pollux

      Je suis globalement d’accord avec vos remarques, si ce n’est que d’après la théorie de la relativité, penser en terme d’absolu est un contresens. Or, ce que je tire de mon billet est que l’on peut se représenter l’univers comme étant constitué de deux sortes de référentiels: Le référentiel absolu R ou a lieu les évènements de contraction-dilatation physiques, que j’appellerais par la suite le référentiel objectif, et les référentiels relatifs R’ (qu’ils soient en mouvement ou fixe par rapport à R) qui sont les référentiels où sont faites les mesures par les observateurs, que j’appellerais les référentiels subjectifs. Cette différentiation des référentiels permet de poser un présent objectif, qui est l’instant ou la lumière est émise, et un présent subjectif qui est l’instant ou la lumière est perçue par l’observateur. Ceci fait, cela permet de placer dans l’univers les autres signaux lumineux en fonction de leur date d’émissions ou de réception.
      Le futur objectif étant constitué par les images qui seront émises par la source, et le passé objectif étant représenté par toutes les images déjà émise. Le futur subjectif étant constitué de toutes les images non encore perçues, mais dont la trajectoire passe par l’observateur, et le passé subjectif étant l’ensemble des images déjà perçues par l’observateur.
      Ainsi, le temps entre la source et l’observateur est inversé, car plus on s’éloigne de la source, plus on va dans son passé objectif, tandis que plus on s’éloigne de l’observateur et plus on va vers son futur subjectif.
      Ces concepts qui paraissent très simples pour quiconque utilise son bon sens me parait être la base d’un développement très fertile pour donner un sens à l’univers, mais pour cela, il faut accepter que la notion d’absolu n’a pas été invalidé par les phénomènes relativistes, ce que je pense avoir très clairement montré dans feu mon billet, mais dont je voulais avoir confirmation par les lecteurs de ce blog avant d’aller plus loin.
      Cela me semble être fait, et je compte donc développer plus avant mes idées, eès que j’aurais réécrit mon billet, afin que le débat futur ne soit pas poluer par les gens qui pourraient affirmer péremptoirement que la relativité à prouvé sans équivoque l’impossibilité d’un référentiel absolu, et donc d’un présent objectif.

  3. Je serais heureuse si on pouvait récupérer le “billet” de H.F.D. et celui pour “ceux qui n’y comprennent rien” avec les commentaires associés, non seulement parce que j’avais encore des choses à comprendre mais que en plus j’ai perdu le lien pour la théorie des “cordes” et les musiciens associés.

    1. « ceux qui n’y comprennent rien »

      billet de H.F.D du 16 octobre

      Il se peut que tous les commentaires ne soient pas présents.
      Des liens peuvent ne plus répondre s’ils se réfèrent à des données perdues (sous forme de rayonnement electromagnétique)
      Les liens que je donne comportent un certain nombre de caractères et j’ignore comment le “traitement de texte” que ce blog utilise, va les restituer. Il se peut que des retours à la ligne intempestifs apparaissent. Avec un copier coller laborieux il est possible de retrouver ses petits.

  4. @Moderato > suivre le mode opératoire décrit par Claude : chercher dans le cache Google. (“En cache” sous la ligne de résultat Gogol)

    Ainsi :

    (Commentaires jusqu’au 28 9h30)

    Pour combien de temps encore dans le cache ? Il faut restaurer rapidement… car l’ancienne URL ne pointe plus vers le contenu :
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=5599

    1. Merci, ainsi que à Claude, cette fois je l’ai copié chez moi à la maison, car je ne fais plus aucune confiance à ces garçons de café des temps modernes, qu’on appelle “serveurs”.

  5. Bonjour à tous.

    D’abord un grand merci à vous Monsieur Jorion pour m’avoir permis de réentendre la douce voix de Marie-Josée Neuville qui avait enchanté mes années de collège : J’avais récupéré de ses disques dans les affaires de ma mère à l’époque du début des cassettes audio. Il faudra que je les récupère.

    Cela dit, je voudrais donner mon point de vue à propos de l’émission où vous citez Joe Biden sur BFM :
    Je m’amuse de voir que ce Monsieur tance les gouvernements européens qui n’osent pas dire à leurs peuples que la fête est finie. Il faut dire qu’ils sont, il est vrai, particulièrement lâches sur ce coup (mais sont-ils courageux parfois nos politiques ?). Il va leur falloir admettre que tels de grand naïfs, ils ont vendu l’âme des démocraties au diable incarné dans la finance sans foi ni loi ; c’est normal, c’est le diable ; Joe Biden étant un de ses nombreux suppôt !
    Ce n’est pas facile d’apparaître comme, sans doute, parmi les plus grands stupides de l’Histoire. Quelqu’un avec un peu de bon sens ne pouvait que conclure que l’économie actuelle ne pouvait durer alors qu’elle n’a de cesse d’épuiser toutes les ressources minérales disponibles sur la Terre, notre berceau-tombeau. Il faut admettre maintenant que nos dirigeants n’ont aucun bon sens.

    Toujours est-il que son “deuxièmement” est très intéressant.
    Il dit qu’il y a absence d’idée pour créer en masse de nouveaux emplois afin de compenser les pertes d’emploi.

    Il a raison si l’on considère le paradigme actuel : en fait il n’y a plus d’idée parce qu’il ne peut plus y en avoir dans ce système qui détruit tout et où l’on persiste à faire payer les pauvre à la place des financiers, dont les seules compétences consistaient à savoir comment détruire, vite, toutes les richesses matérielles et monétaires, en volant aux pauvres.

    Mais il a tort s’il l’on considère, un autre système, celui de l’économie écologique qui, elle, peut fournir les emplois qui commencent à manquer.
    Problème ! Cette économie écologique, en théorie, et il faut espérer pouvoir le démontrer un jour avec son adoption, ne concentre pas la richesse produite par le travail des pauvres. Avec ce système, les banquiers se veraient floués. C’est dire s’ils n’en veulent pas.
    Les gens qui prônent ce type d’économie ont les idées qui “manquent” mais personne, en haut lieu, n’a jamais voulu les écouter et encore moins les entendre tout simplement parce qu’on est, là-haut, les pantins complices à la solde en pots-de-vin des banquiers.

    Alors pour les idées qui ne manque pas, allons voir du coté de l’économie écologique, travaillons à préserver et favoriser la biodiversité qui peut nous rendre presque tous les services gratuitement si on en fait notre alliée au lieu de la parasiter et ne faisons plus en sorte que l’argent soit du pétrole mais plutôt que la captation de l’énergie solaire soit de l’argent.

  6. Paul Jorion dit dans l’émission Public Sénat : « … on devrait augmenter les salaires, c’est le seul moyen de relancer la consommation ; c’est pas par le crédit (…) qu’on arrivera à relancer une société de consommation où les gens qui consomment sont aussi ceux qui produisent … ».
    Je n’ai pas besoin d’une augmentation de salaire pour reprendre, comme avant, l’achat, au moindre prix, de biens d’équipement (1) produits en telle sorte (obsolescence intégrée) qu’ils ont une durée de vie très courte ou (2) que la publicité et la mode m’incitent à renouveler une dizaine de fois sur toute une durée de vie. Par contre, j’ai besoin d’une augmentation de salaire pour acquérir des biens d’équipement vraiment très durables (donc plus chers que le tout-venant) et réparables, même chèrement, s’ils tombent en panne.

    Je n’ai pas besoin d’une augmentation de salaire pour reprendre, comme avant, l’ingurgitation d’une malbouffe bon marché à 4000 calories par jour. Par contre, j’ai besoin d’une augmentation de salaire pour consommer des aliments sains ; savoureux et de 2000 calories par jour, donc plus chers que le tout-venant.

    Je n’ai pas besoin d’une augmentation de salaire pour reprendre, comme avant, l’acquisition de nouveaux gadgets, aussi inutiles et futiles que malfaisants, que la publicité et la mode m’incitent à croire indispensables à l’accroissement de mon bien-être à proportion de leur possession. Par contre, j’ai besoin, même pas d’une augmentation de salaire, mais d’une diminution de mon temps de travail, pour accroître mon bien-vivre (au sens grec ancien du terme), par exemple en participant activement à la res publica.

    1. D’accord avec vous mais je veux croire que Paul Jorion ne sous-entendais pas qu’il faille que ça continu comme avant. Il n’a tout simplement pas évoqué le nécessaire changement de paradigme, par manque de temps. J’espère.

    2. Le blog est d’accès libre et attire, heureusement, de nouveaux lecteurs tous les jours. Il est inévitable que ceux qui découvrent pour la première fois mes textes, ou des vidéos où j’apparais, tentent de se faire aussitôt une opinion, aussi fragmentaire que soit l’information qu’ils ont alors sous les yeux. La familiarité leur viendra petit à petit – s’ils ont la patience d’insister.

    3. Le faire mieux sous entend comme pour le luxe de ne pas avoir forcément un gros marché d’où le coté artisanal du luxe d’ailleurs. Mais aujourd’hui on justifie que le progrès technologique doit être commercialement rentable d’où le dilemme. En informatique domaine que je connais on pollue virtuellement énormément mais aussi matériellement pour justifier les progrès. Pour aller sur la lune le modèle économique était différent, pour construire la première bombe atomique c’était encore autre chose mais une économie de guerre ce qui n’est pas mieux. Donc e problème est toujours en fait dans la justification sociale. Nous sommes dans un modèle ou chacun fait et dispose de moyen en fonction de celle ci. Comme aujourd’hui celle ci se réfère directement à l’argent seulement et pour qu’une personne en dispose de beaucoup il faut “polluer” économiquement et par conséquent réellement. J’ai pensé faire de l’informatique plus jeune pour libéré un peu l’homme de tâche servile mais utile. Pour les uns il m’ont expliquer que leur enlever leur tâche servile risquait de leur enlever leur travail donc qu’il préférait implicitement s’abrutir pour garder leur justification sociale et d’autre part que ce n’est justement qu’en occupant l’homme à de nouvelles tâches inutiles que moi même je pourrais gagner ma vie. Donc l’argent ne représente quasiment plus pour moi que la possibilité d’occuper autrui et de préférence en l’abrutissant mais en lui donnant une justification sociale. Mon point de vue pourrait paraitre orienté pourtant en fait quand je l’applique à d’autre domaine il s’avère assez vérifié. Au final le problème resterait que l’homme doit s’occuper en payant ou en étant payé sinon il n’a pas de justification sociale et est rejeté.

    4. @ André

      « … on devrait augmenter les salaires, c’est le seul moyen de relancer la consommation ; c’est pas par le crédit (…) qu’on arrivera à relancer une société de consommation où les gens qui consomment sont aussi ceux qui produisent … ».

      Il me semble qu’il serait préférable de verser un revenu de pauvreté à tout le monde, revenu juste suffisant pour vivre sa pauvreté sereinement en se sachant à l’abris de la misère.

      Ceci fait, baisser les salaires afin de rendre les salariés peu qualifiés plus compétitifs pour favoriser l’emploi. La somme revenu de pauvreté + faible salaire devant être au moins égale au salaire précédent afin de ne pénaliser personne.

      Toutes personnes ayant la possibilité de consommer (même avec modération), la consommation (utile) augmente, ce qui permet de relancer l’économie sur des bases saines. Toutes personnes pouvant assumer ses besoins fondamentaux a deux choix. Soit être honnête et vivre en liberté, soit être malhonnête, et financer son incarcération, même sans travailler, avec l’argent qui devrait lui permettre de vivre pauvre mais sereine en liberté.
      L’excédent du au revenu du travail étant destiné dans le premier cas à se faire plaisir, dans le second cas, à dédommager la victime pour espérer sortir un jour.

      Il me semble que se serait aujourd’hui la meilleure approche, au moins dans les pays dits développés pour éradiquer définitivement la misère et assainir la société, tout le monde, sans exception ayant quelque chose à perdre, la possibilité de vivre dignement en liberté.

  7. @andré

    La fin prochaine du pétrole , la réorganisation de la chaîne alimentaire , l’invention d'”ersatz” à toutes les molécules issues de la pétrochimie, les modifications des vecteurs de transport , les modifications des médecines etc, etc, sont autant d’innombrables chantiers où il va falloir retrousser les manches et investir . Alors la position du “ça me suffit” semble à côté des plaques mouvantes sur lesquelles le monde ancien est entrain de trébucher …

    1. @H.F.D.

      Vous abordez le vaste thème de l’allocation universelle, qui ne m’est pas du tout familier. Je ne sais pas s’il a déjà été traité sur le blog de Paul Jorion : j’ai fais une recherche sur « allocation universelle », mais je n’ai rien trouvé.

      Au risque de dire des bêtises, mais pour tenter quand même une réponse à votre commentaire, j’ai rapidement surfé sur Internet. Voici mes premières impressions et interrogations :
      + ce thème ressemble fort à une auberge espagnole fréquentée par tout le monde, des libéraux aux socialistes en passant par les écologistes, de toutes tendances: je me méfie de ce consensus mou, même s’il ne porte que sur le principe et non pas sur ses modalités d’application !
      + le système devrait se substituer à toutes les aides sociales prestées par l’Etat : cela semble ravir particulièrement les libéraux, l’Etat étant réduit à ses missions régaliennes et de multiples aspects de la vie étant livrées à la marchandisation par le privé.
      + le système serait financé par l’augmentation de l’imposition des plus riches. Fort bien ! Encore faudrait-il que les oligarchies libérales qui nous dominent depuis des lustres l’acceptent. Et si elles l’acceptent, la situation du travail et du niveau de vie en sera-t-elle foncièrement bouleversée ? Rien n’est moins sûr ! Prenez l’exemple d’un travailleur isolé gagnant actuellement 1.000 Euro net. Son allocation universelle se monte à, mettons, 500 Euro : son employeur lui payera un salaire de 500 Euro et sa situation de travailleur relativement « pauvre » restera inchangée et même peut-être sera-t-elle aggravée, car avec son allocation de 500 Euro, il devra pourvoir à des dépenses auparavant prises en charge, partiellement, par l’Etat (assurance santé …).
      + le montant de l’allocation va, d’un auteur à l’autre (ou d’un pays à l’autre, en fonction de leur PIB ?), du simple au décuple : bien évidemment, les libéraux sont partisans du simple (100 Euro : absence de tout risque d’apparition d’une trappe à inactivité) ; et les plus généreux (les écologistes ?) sont partisans du décuple (1000 Euro). Admettons que la moyenne européenne sera de 500 Euro : se font des illusions, ceux qui croient pourvoir sortir du monde du travail avec un tel « viatique ».
      + curieusement (mais je dois certainement me tromper), on ne parle pas de l’allocation universelle dans la littérature qui tente de dégager des piste de sortie de crise. Est-ce à dire que l’allocation universelle n’était qu’une lubie pour les pays nantis que nous étions avant crise et que nous ne sommes plus (et que nous ne serons plus ?) après crise ?

      En conclusion (provisoire), vous aurez compris que je suis plus que sceptique (mais, rassurez-vous, pas du tout pour les raisons morales invoquées par les libéraux adversaires de l’allocation universelle (atteinte à la « valeur travail » etc…).

      Dans mon précédent commentaire, j’aurais dû citer une autre partie de l’intervention de Paul Jorion dans l’émission Public Sénat : « la délocalisation est en train de nous retomber dessus comme une menace qu’on avait pas vue et maintenant, voilà, c’est le retour de bâton ». C’est la relocalisation qui revivifiera le tissu industriel de l’Europe et donc qui reconstituera d’anciens emplois perdus et qui en créera de tous nouveaux. Comment relocaliser ? Je vais sortir le gros mot : par le protectionnisme à la manière préconisée par Jacques Sapir ou Frédéric Lordon. Je ne veux pas abuser de mon temps de « parole » : je vous renvoie donc aux écrits de ces auteurs disponibles sur Internet.

    2. @ Dag

      A vous entendre (et je ne crois pas que j’exagère au vu de votre « etc, etc ») vous êtes un chaud partisan de ce qu’on appelle le « converging technologies », soit la convergence des Nanotechnologies, des Biotechnologies, des technologies de l’Information et des sciences Cognitives (acronyme NBIC). Ce que j’en ai appris de J.-P.Dupuy (cf. http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=RDM_023...) m’incite à m’en méfier comme de la peste.

      Ce n’est pas une fuite en avant dans la techno-science, mais un changement radical de paradigme politique et économique qui nous fera sortir de la terrible crise de civilisation dans laquelle est plongée l’humanité.

      Et dans le futur, nous les nantis, nous devrons apprendre à vivre sobrement.

    3. @ André

      “je me méfie de ce consensus mou”

      Alors nous sommes pareils.

      “le système devrait se substituer à toutes les aides sociales prestées par l’Etat ”

      A toutes les aides sociales non généralisées et engendrant des effets de seuil souvent parfaitement injustes. Ainsi, exit les allocations familliales ou d’accession à la propriété, mais conservation de la sécu ou de l’aide juridictionnelle.

      “le système serait financé par l’augmentation de l’imposition des plus riches”

      Et des énormes économies du à la simplification du controle des ayant droit. Un numero de sécu pour chacun, une même somme pour chacun.

      “Prenez l’exemple d’un travailleur isolé gagnant actuellement 1.000 Euro net. Son allocation universelle se monte à, mettons, 500 Euro :”

      Ce travailleur aura plus de facilité à trouver un employeur prêt à lui verser 500€ que 1000 € pour la même tache. En contrepartie, le salarier aura plus de facilité pour négocier ses conditions de travail en sachant que sa perte d’emploie éventuelle ne sera pas associée à une eplulsion de son logement pour incapacité d’honorer son crédit ou son loyer.

      “et même peut-être sera-t-elle aggravée, car avec son allocation de 500 Euro, il devra pourvoir à des dépenses auparavant prises en charge, partiellement, par l’Etat (assurance santé …).”

      Pas forcément, voir plus haut.

      “+ le montant de l’allocation va, d’un auteur à l’autre (ou d’un pays à l’autre, en fonction de leur PIB ?), du simple au décuple : ”

      je ne m’avancerais pas sur un chiffre, tout vdépend de la richesse du pays et des besoins neccessaires pour vivre sereinement pauvre, mais on pourrait imaginer que cette allocation soit acceccible par carte magnétique n’étant valable que dans les pays ayant signé des accords, et que pour certains biens de consommation. Ainsi, l’argent versé par l’état ne pourrait pas être utilisé pour se payer une croisière au frais du contribuable, ou s’acheter des armes.

      “+ curieusement (mais je dois certainement me tromper), on ne parle pas de l’allocation universelle dans la littérature qui tente de dégager des piste de sortie de crise. Est-ce à dire que l’allocation universelle n’était qu’une lubie pour les pays nantis que nous étions avant crise et que nous ne sommes plus (et que nous ne serons plus ?) après crise ?”

      La sortie de crise est “pensée” par ceux qui en sont responsables et dont l’unique but est de recommencer comme avant à vampiriser les richesses créées par les entrepreneurs. Toute autre solution sera rejeté unanimement par les élites voulant conserver leurs privilèges

      “En conclusion (provisoire), vous aurez compris que je suis plus que sceptique (mais, rassurez-vous, pas du tout pour les raisons morales invoquées par les libéraux adversaires de l’allocation universelle (atteinte à la « valeur travail » etc…).”

      Pour ma part, je n’ai pas de conclusion provisoire, mais j’observe juste que le système actuel d’allocation conditionné coute très cher

    4. @ André suite

      Pour ma part, je n’ai pas de conclusion provisoire, mais j’observe juste que le système actuel d’allocation conditionnée coute très cher pour des résultats médiocres en terme de lutte contre la misère, tout en dissuadant certaine catégorie de chercher à travailler de peur de perdre les avantages divers duent à leur inactivité.

      “Comment relocaliser ? Je vais sortir le gros mot : par le protectionnisme à la manière préconisée par Jacques Sapir ou Frédéric Lordon.”

      N’ayant pas en tête les écrits de Sapir ou Lordon, je ne me permettrais pas de poser un jugement. En revanche, je me dis qu’en faisant payer le cout réel du transport, et en diminuant les salaires dans les pays développés, les délocalisations perdraient de leurs intérêts financiers, tout en conservant les désavantages liés à l’éloignement. Est-ce suffisant pour arrêter les délocalisations? Certainement pas. Est-ce suffisant pour les réduire? Très certainement. Est-ce que la baisse des délocalisations suffirait à combler la baisse d’activité industriel des pays développé? Seule une expérimentation permettrait de s’en assurer.

      N’ayant pas tous les chiffre en tête, je me garderais d’émettre un jugement définitif sur la question, mais il me semble qu’on a clairement la preuve que le système actuel ne fonctionne pas, et que dépenser des milliers de milliards que l’on n’a pas, pour le remettre en place me semble clairement contreproductif, voir carrément dangereux pour un avenir pas si éloigné. Je précise que j’ai des enfants, et que l’avenir de mes enfants est pour moi bien plus important que les chiffre bidouillés du PIB qui indiquent principalement le rythme avec lequel un objet passe de la chaine de production à la poubelle. Il suffit pour s’en convaincre d’observer que la récente hausse du PIB français est principalement du à la prime à la casse qui consiste à mettre à la poubelle des véhicules en parfait état de fonctionnement comme l’indique le controle technique. Je précise que parallèlement, la Hollande qui n’ a pas mis en place de prime à la casse à vu le marché du vélo faire un bon de 20%. La hausse du PIB engendrée par la vente de véhicules de remplacement est bien plus importante que celle engendrée par la vente de vélo, mais est-ce vraiment une bonne idée.

  8. @H.F.D.

    Un grand merci pour vos deux commentaires.

    Restent quelques points en suspens :
    + toute la sécu (publique s’entend !) sera-t- elle conservée ? Pension ? Allocation de chômage ? Assurance maladie-invalidité ? …). Cela n’a pas l’air d’être l’opinion des libéraux qui verraient d’un bon œil, par le biais de ce système, la libéralisation ou la privatisation des services publics de la sécu. Se pose aussi le problème de son renchérissement comme c’est toujours le cas quand on passe du public au privé (cf. a contrario, le différentiel USA-Europe).
    + d’où il résulte que nombre de fonctionnaires devront soit changer de métier, soit poursuivre le même dans le privé s’occupant de missions abandonnées par l’Etat. Je crains fort que nombre d’entre eux resteront sur le carreau.
    + par l’ « aggravation » de l’imposition de l’IPP des plus riches (et donc un resserrement important de l’échelle des revenus (1 à 20, 1 à 10 ?), et aussi de l’impôt des sociétés (mais je ne suis pas sûr que ce soit préconisé par les partisans de l’AU), les employeurs (PME, grosses sociétés cotées en bourse ou pas), essayeront de reconstituer leur marge bénéficiaire (plantureuse ?) sur le dos des travailleurs en négociant avec eux (toujours en position de force !) des salaires (500 Euro pour reprendre mon exemple, ou même moins) dont ils continueront, comme jadis, à proclamer avec les cris d’orfraie habituels, que c’est à prendre ou à laisser si on ne veut pas les pousser à déposer leur bilan.
    + beaucoup d’économistes, et pas des moindres, ont courageusement et sincèrement retourné leur veste. D’autres dont Paul Jorion, même si celui-ci n’est pas économiste de formation, ne se sont jamais compromis avec les idéologues (néo) libéraux. Et pourtant, ni chez les uns ni chez les autres, et sauf erreur de ma part, je ne vois que l’AU ait une quelconque place dans leur programme de sortie de crise.
    + la relocalisation se fera, pour une grande part, d’elle-même en raison du renchérissement important et inéluctable du prix de l’énergie et donc du transport, et des taxes – carbone qui vont se multiplier et s’alourdir. Mais d’ici à attendre leurs pleins effets, un temps précieux et irrattrapable va être perdu : d’où la nécessité de pratiquer, au plus vite, une certaine forme de protectionnisme limité et négocié multilatéralement, ou à défaut, bilatéralement.
    + je suis entièrement d’accord avec vous pour juger que le système actuel ne fonctionne pas, est gaspilleur, contreproductif et dangereusement intenable. Mais pour tester la faisabilité de l’AU, il faudrait que leurs partisans refassent leur calcul en prenant en compte les énormes dettes et déficits budgétaires que les Etats ont accumulés. Cela fait, il ne m’étonnerait pas de les voir conclure que l’AU est, pour l’instant et peut-être encore pour très longtemps (ou pour toujours ?), une généreuse utopie irréalisable. Ils ont peut-être déjà tiré cette conclusion, ce qui expliquerait, sauf erreur de ma part, leur silence actuel par temps de crise.

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