Récupéré ! (du 11 au 17 octobre 2009)

16/10/2009

Le temps qu’il fait, le 16 octobre 2009

Publié par Paul Jorion dans Economie, Monde financier, blog, tags: blog, Etats-Unis, reprise, spéculation


Tout ce qui pouvait faire du bruit, tinter, vibrer, sonner, l’a fait ! J’espère que cela ne distrait pas trop.

16/10/2009

Le blog : l’âge adulte

Publié par Paul Jorion dans blog

L’ayant définitivement éliminé, je peux maintenant vous révéler quel était mon plan secret. Le 23 novembre, cela aurait fait mille jours que je me trouvais sur le pont, et j’aurais mis fin au blog. Je vous aurais expliqué qu’il m’était impossible de maintenir indéfiniment le degré d’attention constante que nécessite une supervision en l’absence d’une modération systématique et qu’il me fallait, après deux ans et demi de permanence, prendre le temps de souffler.

Franchement, cela fait plusieurs mois que je décomptais les jours nous conduisant au 23 novembre. Toutefois dès que je me mis, il y a quelques jours, à signaler aux uns et aux autres mon intention d’arrêter, un chœur unanime s’éleva : « Ne fais surtout pas ça ! »

Les raisons avancées sont très diverses, allant de l’intérêt le plus particulier (les donations !) à l’intérêt le plus général (la Cause !). J’avais réfléchi bien entendu à toutes les facettes de l’intérêt personnel, sans que cela suffise à me faire revenir sur ma décision. Je n’avais toutefois pas envisagé tous les aspects de l’intérêt général sur lesquels on attira alors mon attention.

François Leclerc partage depuis de nombreux mois la tâche rédactionnelle, et depuis plus récemment la tâche de supervision. Nous nous sommes mis d’accord sur une nouvelle formule qui présentera pour nous l’avantage d’alléger la supervision et qui devrait aussi présenter le bénéfice global de simplifier la lecture des commentaires : la modération systématique.

Vous nous le rappeliez tous les jours désormais, et nous le constations nous-mêmes : certains d’entre vous avaient cessé de lire les commentaires parce qu’une chatte n’y retrouvait rapidement pas ses jeunes. La modération systématique aidera à focaliser à nouveau les commentaires sur le billet lui-même, ce qui était – faut-il le rappeler – leur vocation originelle.

Il y aura bien entendu un grand perdant : la dimension forum, « chat room » mais, comme je l’ai dit pour commencer, l’alternative – telle que je l’avais conçue – était la fin du blog, j’espère que la majorité d’entre vous voudra bien considérer qu’il s’agit là d’un faible prix à payer.

14/10/2009

L’exemple, c’est nous

Publié par Paul Jorion dans blog

On demande aux blogueurs de soutenir la cause. C’est bien volontiers : c’est une cause simple
qui se passe de commentaires.

14/10/2009

Du danger qu’il y a à jouer avec les allumettes

Publié par Paul Jorion dans Economie, Monde financier, sociologie, tags: banques, Etats-Unis, moralisation de la finance

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le mécanisme de la désignation du bouc-émissaire est l’un des plus vicieux que connaissent les sociétés humaines : un individu – ou une catégorie d’individus – apparaît soudain responsable de tous leurs maux et elles se persuadent alors qu’en se débarrassant de celui-ci, leur âge d’or serait à nouveau à portée de la main.

Mais que faire quand certains insistent à se porter volontaires dans ce rôle et – alors même que la vigilance est en baisse (parce que la Bourse est en hausse) – persistent à s’égosiller : « C’est moi ! C’est moi ! »

Je pense bien entendu aux dirigeants d’établissements financiers américains dont on apprend ce matin à la une du Wall Street Journal qu’ils se partageront, eux et leurs employés, 140 milliards de dollars cette année, la somme la plus élevée jamais attribuée, plus élevée même qu’en 2007 en ce qui concerne les 23 principaux d’entre eux, soit une moyenne de 143.400 dollars par employé, somme qui s’élève à 743.000 dollars chez Goldman Sachs – le double du montant versé l’année dernière dans cette firme.

La manne distribuée par le gouvernement américain n’a donc pas été perdue pour tout le monde. Bien sûr, les sommes les plus importantes sont attribuées par les banques ayant déjà remboursé le contribuable – on respire ! Et elles ne sont attribuées qu’à condition que soit respectée la nouvelle norme décourageant la prise de risque excessif – on se sent mieux !

Lorsque la taille du gâteau se réduit, et que ceux qui obtenaient déjà la part la plus large, s’arrangent – sans consulter personne – pour que la leur augmente encore davantage, c’est – comment dire ? déraisonnable : le jeu équivaut à jouer avec les allumettes.

Vous me direz : « Si cet argent a été gagné honnêtement, pourquoi ne pas le distribuer alors entre les employés ? » Cet argument est imparable et c’est celui qu’a d’ailleurs repris Mr. Van Praag, le porte-parole de Goldman Sachs, déclarant au WSJ : « Le meilleur moyen de détruire la firme serait de ne pas payer ses employés… Détruire une compagnie rentable ne serait de l’intérêt de personne. » Pardi ! mais si le Wall Street Journal s’indigne, croyez-moi, il doit y avoir quelqu’un, quelque part, pas trop éloigné des instances supérieures du monde financier qui doit penser – tout comme moi – qu’aujourd’hui à Wall Street on joue avec les allumettes.

Ce qui m’encourage à revenir sur le Prix Nobel de la Paix attribué à Mr. Obama. Je n’ai pas été le seul à m’interroger à son sujet et on a appris, par exemple, que le jury qui lui a décerné le prix est composé de sociaux-démocrates, dont le plus influent serait même « de choc ». Admettons que l’idée se soit imposée en Scandinavie qu’il faille attribuer au président américain, un Prix Nobel. La physique n’aurait pas convenu, ni non plus la littérature : ses livres cultivent en effet la langue de bois, ni même encore l’économie : il est trop manifeste qu’il n’y entrave que pouic. Il ne restait donc que la Paix. J’ai dit l’autre jour qu’il s’agissait sans doute de lui apporter un renfort dans sa tentative de réforme de l’assurance-maladie mais la manœuvre relevait peut-être d’une considération plus générale.

Je m’explique : assassiner un Président des États–Unis, cela resterait une affaire intérieure à ce pays et, il faut hélas ajouter, qui présenterait automatiquement un petit air de déjà vu. Mais assassiner un Prix Nobel de la Paix, cela prendrait nécessairement une dimension internationale. La Norvège jugerait peut-être même bon de mener sa propre petite enquête sur les circonstances du meurtre. C’est pourquoi, il me semble maintenant que ce qui a valu à Mr. Obama son Prix Nobel, c’est la capacité qu’il lui reste de prononcer de manière inopinée, quelques heures seulement après l’attribution du prix (s’agit-il d’un cause à effet ?), des petites phrases comme celle-ci : « Tout cela n’a pas empêché les firmes financières et leurs lobbyistes de se mobiliser contre le changement. Ils font ce qu’ils ont toujours fait : ils prennent d’assaut le Congrès, ils utilisent la moindre bribe d’influence pour préserver un statu quo qui a optimisé leurs profits aux dépens des consommateurs américains, bien que bon nombre de ces Américains les aient renfloués il n’y a pas si longtemps et aient payé pour les mauvaises décisions qu’ils avaient prises ». De tels propos ne vous mettent pas à l’abri des balles. Surtout quand les bouc-émissaires sont fiers de l’être et disposent d’une fortune personnelle.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

12/10/2009

On parle de vous (en bien !)

Publié par Paul Jorion dans blog, tags: science économique

On parle de vous – de manière flatteuse, selon moi – sur Eco(dé)mystificateur et sur Anthropiques.org à propos d’une Enquête sur le consensus en économie, lancée par le Codice (Conseil pour la diffusion de la culture économique) du 5 au 15 octobre. On y évoque le risque que l’enquête ne soit faussée par le fait que vous décidiez de répondre au questionnaire : on craint un résultat biaisé par « le nombre de gens qui se croient économistes parce qu’ils lisent régulièrement le blog de Paul Jorion, ou la rubrique économie du journal de Mickey ».

Lacan disait du psychanalyste qu’il « ne s’autorise que de lui-même ». En irait-il de même désormais pour l’économiste ? S’agirait-il là d’une illustration de plus du « Natura abhorret a vacuo » ?

11/10/2009

BFM Radio, le lundi 12 octobre à 10h46

Publié par Paul Jorion dans Economie, tags: démocratie, reprise – Editer

Les enfants et les adultes

Je crois que c’est Charles Maurras, le politicien d’extrême-droite vociférant, qui introduisit dans les années trente, l’expression de « pays réel » pour suggérer qu’il existait, face au pays « légal », celui que les politiciens évoquaient dans leurs discours, mais qui n’était en réalité qu’un « pays d’apparence », une opinion publique véritable mais dont il n’était jamais question, et qui restait du coup cachée. L’expression « majorité silencieuse » utilisée aux États-Unis par Richard Nixon pour se référer à ceux qui approuvaient sa politique au Vietnam, appartient à la même famille.

C’est un très mauvais signe pour les démocraties quand l’opinion publique se met à prêter attention à des notions comme « pays réel » : cela signifie que le sentiment se répand que dans la communication officielle, la propagande l’emporte sur la diffusion de nouvelles authentiques, et qu’il existe au-delà des annonces, de réelles informations, mais qui demeurent cachées – d’intention délibérée.

Ce qui me fait penser à cette notion de « pays réel », utilisée par un politicien infréquentable, c’est le fait que dans les réunions auxquelles je participe ces jours-ci, organisées par diverses organisations sectorielles, on présente de tout autres informations financières et économiques que celles qui sont communiquées dans la presse, qu’on entend dire à la radio, ou que l’on voit présentées à la télévision. Il existe un fossé entre le réalisme sans concession des premières et l’optimisme béat des secondes.

Bien sûr la différence s’explique aisément : les informations dont je parle émanent de bureaux d’études qui réclament des organismes qui leur commandent ces rapports, des sommes considérables, reflétant le travail en profondeur qu’ils effectuent quand ils les produisent : où l’on va creuser dans des données financières et économiques d’accès souvent difficile. Ces bureaux d’études exigent la confidentialité de leur commanditaire qui, lui-même, n’est pas disposé à partager avec le reste du monde, une information qui lui a coûté très cher.

Mais le résultat, c’est – pour parler comme le font les économistes – une « asymétrie dans l’information » : d’une part, des professionnels à qui l’on explique la situation actuelle comme à des adultes. D’autre part, le grand public, à qui l’on ne communique que des informations qui sont précisément publiques, et que l’on traite du coup, comme un enfant.

11/10/2009

Jewel

Publié par Paul Jorion dans Arts, tags: Ang Lee, Jewel

Quand je suis arrivé aux États–Unis en mars 1997, j’étais logé dans un des appartements de fonction réservés aux professeurs invités sur le campus de l’Université d’Irvine en Californie méridionale. Il y avait bien entendu un récepteur de télévision. Je l’ai allumé avec circonspection. J’ai découvert MTV et cela m’a plu. Événement rare dans ma vie, j’ai vécu trois mois avec un téléviseur ouvert à mes côtés, bloqué sur une chaîne unique.
Mars 1997, cela signifiait : Jewel, encore Jewel et toujours Jewel mais je ne m’en plaignais pas : elle chantait d’une voix angélique les vacheries de la vie, c’était plein d’une aimable fraîcheur cynique. Deux ans plus tard, Ang Lee lui offrait un rôle splendide dans « Ride with the Devil » : la guerre civile présentée telle qu’elle est, à savoir dans toute son horreur.

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6 réflexions sur « Récupéré ! (du 11 au 17 octobre 2009) »

  1. Arg… je suis perdu.
    Vous remettez des éléments que je connais déjà dans le désordre et cela perturbe mes bonnes habitudes. Pauvre humain que je suis.
    Mais bonne remise en question des foutues habitudes, néanmoins 😉

    Hé hé… un mal pour un bien.

    Immatériellement votre.
    Un autre Hollandais.

  2. Pris sur Contre Info, un extrait de l’article de Thomas Friedman…qui résume bien mon analyse.

    « …Mais il y a désormais deux autres bombes au-dessus de la tête de nos enfants : la bombe de la dette et la bombe climatique.

    Alors que nous continuons d’accumuler du carbone dans l’atmosphère à des niveaux sans précédents, nous ne savons pas à quel moment la prochaine molécule de carbone bouleversera un écosystème et entrainera un épisode climatique non-linéaire – comme la fonte de la toundra sibérienne relâchant l’ensemble de son méthane, le dessèchement de l’Amazone ou la fonte de la totalité de la banquise du pôle Nord en été. Et lorsqu’un écosystème s’effondre, il entraine des changements imprévisibles dans d’autres écosystèmes qui peuvent transformer toute la planète.

    Le même raisonnement s’applique au sujet de la bombe de la dette américaine. Pour nous relever de la Grande Récession, nous avons du nous endetter encore plus. Il suffit d’observer les records atteints aujourd’hui par le cours de l’or, en période de déflation, pour savoir que de nombreuses personnes sont inquiètes que le prochain dollar ajouté à cette dette – non équilibré par des réductions de budgets ou de nouveaux revenus provenant de l’impôt – n’entraine un abandon « non linéaire » du dollar et coule la devise américaine.

    Si les gens perdent confiance dans le dollar, nous pourrions entrer dans une boucle rétroactive, à l’image du climat, dans laquelle la plongée du dollar force les taux d’intérêts à la hausse, élevant à son tour le coût sur le long terme de notre énorme dette, venant s’ajouter aux déficits prévus, ce qui amplifierait la baisse du dollar. Si le reste du monde devient réticent à financer nos déficits, excepté à des taux d’intérêts plus élevés, cela diminuera surement la capacité de notre gouvernement à réaliser des investissements publics et diminuera ainsi d’autant plus le niveau de vie de nos enfants. »

  3. à JFF

    sur le climat, tout ne semble pas si claire,
    par ex, si l’on écoute ceci
    http://www.js.univ-nantes.fr/14918022/0/fiche___pagelibre/&RH=JS_FR1

    il n’en reste pas moins, de l’épuisement des ressources fossiles, de l’accumulation des déchets dont ceux nucléaires, …
    il y aurait aussi beaucoup à dire de l’eau, déjà de l’eau douce, si le climat catalyse …, mais encore de l’eau potable si elle poursuit d’être infectée par nos pollutions toxiques …. et encore et encore ….

    1. Allons : De l’hydrogène a été observée lors du forage le plus profond du monde (en Russie, forage SG3)
      Un géologue, ayant travailler dans le pétrole, rencontré lors de la fête de la science, lorsque je lui évoquais ce sujet, m’a confirmé ce fait. Il y a des quantité importante d’hydrogène (jusqu’à 40% des gaz) qui s’échappe au niveau des fumeurs (zone chaudes au niveaux des dorsales océaniques). De grandes quantité sont également trouvée dans les champs pétroliers.

      La théorie géologique actuelle est qu’il y aurait des infiltrations d’eau de mer qui se décomposerait au contact de l’olivine, enfin bref, tout une cycle chimique qui produirait l’hydrogène. Cela dit, cela fonctionne mal pour le forage Russe, effectué sur le continent.

      La fondation de Broglie a émis une idée intéressante : la production d’hydrogène pourrait être issue de l’interaction des neutrinos avec la matière terrestre.

      Personnellement, je n’ai jamais vu de neutrino, mais l’hypothèse pourrait tout changer :

      L’hydrogène en remontant du centre de la terre, pourrait capter le carbone et créer des hydrocarbures. Le pétrole serait donc abiotique.
      Ou bien l’hydrogène pourrait s’associer avec l’oxygène (très abondant dans la croute terrestre 88%) et former de l’eau.

      Ainsi les grand gisement d’eau sous la Libye ne serait pas issu d’un océan fossile comme on le croit, mais par une remonté d’hydrogène du centre de la terre (d’où le fait qu’elle soit potable).

      L’inconvénient, c’est que le niveau des océans auraient tendance à augmenter.

      Bon, à mon avis, il faudrait trancher tout cela. Cela ne peut se faire que grâce à des entreprises d’exploration profondes de la croute terrestre. Avec un peu de chance, l’hydrogène est partout, en quantité appréciables et remonte naturellement. Le plus profond forage étant de 12,7km, il y a un défit industriel énorme à relever.

      La terre est le 6ème continent à explorer (ou le 7ème si on compte les océans).

  4. Bonjour et sincères salutations,
    Je suis curieux d’en connaitre plus sur la source de votre affirmation à propos de Ron Paul « qui prône le port d’armes dans les lycées ». Je m’intéresse à ce personnage depuis quelques années et suis surpris d’être passé complètement
    à côté de ces sombres revendications (à confirmer et vous aurez le plaisir de me faire tomber de haut).
    En attendant votre éventuelle réponse, je prépare mon parachute (qui ne sera pas doré, faut pas rêver) : on n’est jamais trop prudent.
    Je n’avais jamais fait le rapprochement non plus entre Ron Paul et Lyndon Larouche, et encore moins entre Ron Paul et l’extrême droite.
    Je vous connais un talent d’argumentation et de précision dans vos affirmations, et ne serait pas surpris que vous soyiez en mesure d’étayer celles-ci, bien que le sujet principal des réflexions que vous exprimez dépasse des débat autour d’un homme (en particulier un homme au pouvoir relativement limité).
    Bien à vous

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