Récupéré ! (du 27 août au 5 septembre 2009)

04/09/2009

Le temps qu’il fait, le 4 septembre 2009

Publié par Paul Jorion dans Constitution pour l’économie, Economie, Philosophie, Politique, anthropologie, tags: anthropologie,Constitution pour l’économie, crise, modèles mathématiques, Philosophie, science économique

Les deux colloques dont je parle et où j’interviens demain et lundi sont :

« Parier sur l’incertitude », Facultés Universitaires Saint-Louis, Palais de la Bourse, Bruxelles, le 5 septembre à 10h00.

« L’économie, une science qui nous gouverne ? », IHEST, Université d’été, Arc-et-Senans, le 7 septembre à 9h00.

03/09/2009

L’effet Lord Turner

Publié par Paul Jorion dans blog, tags: Adair Turner, capitalisme, reprise, Simon Johnson

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je pourrais l’appeler « effet Simon Johnson » tout aussi bien puisque l’ancien économiste en chef du FMI fut la première personnalité de la finance à jeter un pavé dans la mare en dénonçant dans la passivité de l’administration Obama, son inféodation à l’« oligarchie ». Les rangs s’étoffent aujourd’hui de ces huiles qui continuaient d’adopter un profil bas alors que la crise atteignait en septembre dernier son point culminant – la crise ne les inspirait pas beaucoup ou peut-être parlaient-ils mais leur message se perdait alors dans la masse – mais que la mention des « jeunes pousses », d’un retour à la normale, du « tout va bien, comme avant », a fait disjoncter et sortir de leur trou. Tout comme Lord Adair Turner, à la tête du FSA (Financial Services Authority), le régulateur britannique et ancien co-président de Merrill Lynch Europe, réclamant l’instauration de la taxe Tobin s’appliquant à toutes les opérations financières, et appelant de ses vœux une réduction massive de la taille du monde financier et de son impact non seulement économique mais aussi social.

Je dis « disjoncte » pour Lord Adair, même si la finance britannique n’a pas utilisé unanimement à son propos un terme aussi indulgent. Quelle mouche les pique-t-elle, eux qui furent jusque-là les représentants exemplaires des instances supérieures de l’univers financier ? Je ne vois qu’une seule explication possible : ils constituaient en réalité une cinquième colonne du monde qui remplacera celui-ci et, semblables à des partisans réalisant que le moment de l’action est venu, ils se lèvent pour donner au système moribond, le coup de grâce.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

30/08/2009

Le paradoxe du blogueur

Publié par Paul Jorion dans blog, tags: blog

La chose qui me déconcerte le plus, en tant que blogueur, est de me voir opposer par un commentateur véhément, un argument que je connais fort bien, pour en avoir été l’origine. Seul à l’époque, avant que l’idée ne se répande dans l’opinion.
J’imagine Freud blogueur à qui l’un rétorque : « Non, Monsieur Freud : l’inconscient ! Vous oubliez l’inconscient ! »

29/08/2009

La manière d’expliquer la crise

Publié par Paul Jorion dans Economie, Monde financier, Subprime, tags: crise, science économique

Je voudrais faire une remarque d’ordre général qui m’évitera de revenir trop souvent sur le sujet. J’ai consacré trois ouvrages à la crise, et un quatrième à paraître revient sur certains de ses aspects. Dans ces ouvrages, je mets en scène l’ensemble des facteurs en jeu et j’explique leurs interconnexions.

Or on m’oppose souvent dans les commentaires, des explications de la crise fondées sur un seul de ces facteurs. Je conçois bien que les articles de journaux ou de magazines doivent simplifier leurs explications pour les faire entrer dans le moule qu’implique leur media. Ceci dit, on comprendra aisément que s’il était dans ma nature de me contenter d’explications simplifiées de la crise, je n’aurais jamais pris la peine d’écrire ces quatre volumes.

28/08/2009

Mises à jour Capital et Marianne

Publié par Paul Jorion dans Economie, Monde financier, tags: capitalisme, crise, Etats-Unis, produits financiers toxiques

Pour ceux qui auraient raté mes entretiens avec François Béghin dans le numéro d’août de Capital et Hervé Nathan dans le numéro de Marianne daté du 14 août.

28/08/2009

Le temps qu’il fait, le 28 août 2009

Publié par Paul Jorion dans Constitution pour l’économie, Monde financier, anthropologie, écologie, tags: anthropologie, écologie,Constitution pour l’économie, moralisation de la finance

La rémunération des traders et… les jeunes pousses (… de la prise de conscience !).
PS : lapsus freudien (sans aucun doute), j’ai appelé la vidéo : « Le temps qu’il faut ».

28/08/2009

L’extraterritorialité morale de la finance n’a que trop duré !

Publié par Paul Jorion dans Constitution pour l’économie, Economie, Monde financier, anthropologie, tags: anthropologie, écologie,banque centrale, Constitution pour l’économie, démocratie, dérèglementation, moralisation de la finance, salariés, science économique, spéculation

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Une banque réalise une opération spéculative, disons à la hausse du prix du pétrole. Elle gagne un milliard. Le trader qui l’a menée a droit à 10 % du total, soit 100 millions. Si vous lisez les journaux, vous aurez déjà compris que mon illustration n’est pas purement imaginaire !

Moralisons la finance : plafonnons le bonus des traders. Andrew Hall de Citigroup, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’aura plus droit qu’a un million de dollars. Examinons l’avant et l’après. Avant : 100 millions pour le trader, 900 millions pour la banque, coût pour la communauté en prix du carburant, 1 milliard. Après : 1 million pour le trader, 999 millions pour la banque, coût pour la communauté, 1 milliard. Question : a-t-on vraiment moralisé la finance ?

Vous m’avez compris : ce n’est pas en réduisant le bonus des traders que la finance sera moralisée. La morale – ou plutôt l’absence de morale – n’est pas dans le taux de la commission, elle est dans l’opération qui permet que la communauté soit plumée.

Seulement de cela, on ne parle pas. Pourquoi ? Parce que la seule communauté que connaissent les banques centrales, c’est la communauté des investisseurs. Les autres, c’est l’ennemi : les autres réclament des augmentations de salaires qui pénalisent les seuls qu’il s’agit de défendre. Quand les autres crient trop fort, les banques centrales font monter le taux d’intérêt qui ferme les usines, et au bout d’un moment, ils ont compris et eux aussi la ferment.

On dit : « la finance est amorale » et on entend comme au feu d’artifices des « Ah ! » et des « Oh ! » Ce n’est pas qu’elle est immorale comme chacun croit l’observer mais qu’elle est a-morale. Avec ça, tout a semble-t-il été dit, et tout le monde rentre chez soi content. Mais accepterions-nous qu’on nous dise à propos du politique, s’il apparaissait immoral, que ce n’est rien, qu’il est simplement a-moral ? Non ! Alors pourquoi tolérons-nous ce discours à propos de la finance ?

Parce qu’on nous dit : « C’est la liberté qui est en jeu ! » On nous dit : il faut choisir entre liberté et égalité, il faut choisir entre concurrence et solidarité. Et c’est là que nous nous laissons berner parce que nous répondons : « Ah ! ben oui, c’est vrai ça ! » Non ce n’est pas vrai, parce que ce à quoi ils pensent quand ils vous disent « liberté », c’est individualisme à tout crin, « Après moi le déluge ! », l’agressivité sans contrainte, et quand ils vous disent « concurrence », ils pensent à la loi du plus fort (eux en l’occurrence), « Malheur aux vaincus ! » et, une fois de plus, l’agressivité sans contrainte. Et cela, voyez-vous, ce n’est pas un choix, il ne s’agit pas de valeurs à instaurer : c’est l’animalité au cœur de l’homme, telle que la nature l’a créé. Ce n’est pas un choix : c’est le donné sur lequel notre espèce a bâti.

Le seul choix possible, c’est de faire un pas en-dehors de l’animalité, en domestiquant nos instincts. Et la nature ici n’est pas une excuse, parce que si elle nous a dit dans un premier temps : « C’est votre agressivité qui vous permettra de survivre », elle nous dit aujourd’hui dans un second temps : « Sur une planète dont vous découvrirez un jour les limites… ».

Nous sommes sortis de l’animalité brute pour ce qui touche au politique en exigeant que la politique soit morale. Nous n’y sommes pas arrivés parce que nous avons accepté au cœur de nos sociétés une finance amorale qui dévoie le politique en permanence en le soumettant au pouvoir de l’argent. Il s’agit maintenant de domestiquer la finance à son tour en la soumettant elle aussi à la règle morale. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que pour cela, on ne pourra pas se contenter de règlementer la manière dont elle fait les choses : il faudra aller voir aussi quelles sont précisément les choses qu’elle fait, et dire à propos de certaines – comme nous l’avons fait partout ailleurs dans nos sociétés : « Ceci n’est pas bien ! », le condamner et le faire disparaître.

L’extraterritorialité morale de la finance n’a que trop duré !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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2 réflexions sur « Récupéré ! (du 27 août au 5 septembre 2009) »

  1. Voilà ce que raconte Robert Sapolsky à propos des babouins qu’il a étudié pendant 40 ans.

    « Si vous êtes un babouin, il ne vous faut que trois heures par jour pour vous procurer votre compte de calories. Cela vous laisse donc neuf heures de libre pour rendre la vie de vos congénères infernale. Ils ne sont pas stressés parce que les lions les pourchassent, ils sont stressés les uns par les autres par des tensions socio-psychologiques qu’ils ont eux-mêmes inventées. »

    Après 20 années d’étude sur ce même groupe de babouins, Robert SAPOLSKY a constaté ceci : ce groupe de babouins s’est un jour approché d’un peu trop près des habitations et les mâles dominants, à qui tout était dû, se sont jetés sur la nourriture des poubelles, n’en laissant pas une miette aux autres.

    Mais, ces dernières contenaient de la viande avariée et tous sont morts d’une tuberculose. Le groupe s’en ai trouvé transformé, n’étant plus désormais composé que de gentils mâles et de femelles, ils prirent soin les uns des autres sans aucune agressivité, ni violence. Les mâles dominants des autres tribus devant désormais accepter ce nouveau mode de vie pour intégrer le groupe.

    Après cela, entrevoyez-vous la solution aux malheurs de l’humanité? moi, oui

    1. texte tiré du blog: http://slauro.blog.pacajob.com/index.php/post/D-un-babouin-%C3%A0-l-autre…, y compris les fautes de syntaxe. Il fallait lire:

      Mais, ces dernières contenaient de la viande avariée et tous moururent d’une tuberculose. Le groupe en fut transformé, n’étant plus désormais composé que de gentils mâles et de femelles. A la suite de cette transformation, ceux-ci prirent donc soin les uns des autres sans aucune agressivité, ni violence. Les mâles dominants des autres tribus durent désormais accepter ce nouveau mode de vie et s’y conformer pour intégrer le groupe.

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