Feuilles oubliées

Comme on nous dit partout que Keynes est l’homme de l’heure, je me replonge dans sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936).

Serait-ce alors que ce qu’il faut lire de Keynes se trouve dans certains de ses textes moins connus ? Comme ces Perspectives économiques pour nos petits-enfants datant de 1930, dont j’ai extrait (et traduit) le passage suivant (1) :

Je ne vois donc rien qui nous empêche de revenir un jour à quelques-uns des principes les plus sûrs et les moins douteux de la religion et de la vertu traditionnelles – que l’avarice est un vice, la pratique de l’usure un délit, et l’amour de l’argent détestable, que ce sont ceux qui pensent le moins au lendemain qui progresseront le plus sûrement sur le sentier de la vertu et de la sagesse authentique. Nous chérirons à nouveau la fin plutôt que les moyens et préférerons le bien à ce qui est utile. Nous honorerons ceux qui nous apprendront à cueillir chaque heure et chaque jour comme il convient et dans la vertu, ainsi que ces êtres merveilleux qui savent apprécier les choses à leur juste valeur : « les lys des champs, qui ne peinent ni ne filent » (Mathieu 6 : 28).

Mais prenez garde ! Le temps n’en est pas encore venu. Il nous faudra encore pour un siècle ou davantage, nous prétendre à nous-mêmes ainsi qu’aux autres, que le juste est vil et que le vil est juste ; car le vil est utile alors que le juste ne l’est pas. L’avarice, l’usure et la méfiance demeureront nos dieux pour encore un temps. Car eux seuls sont capables de nous faire émerger du tunnel de la nécessité économique, vers la lumière du jour.

––––––

(1) John Maynard Keynes, Perspectives économiques pour nos petits-enfants (1930), in Essais de persuasion, Gallimard 1931. La traduction de l’anglais est d’Herbert Jacoby – je ne l’ai pas retenue ici.

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77 réflexions sur « Feuilles oubliées »

  1. bonjour Paul; nous vous souhaitons un prompt rétablissement;
    je lis ce matin cet article sur boursorama :

    * AFP le 10/12/2009 à 08:54

    Poursuite des destructions d’emplois au 3e trimestre : -80.700, selon l’Insee

    La France a continué au troisième trimestre à détruire des emplois salariés à un rythme de -80.700, proche du deuxième trimestre (-87.000), selon l’Insee dont les chiffres révisés annoncés jeudi sont beaucoup moins bons que l’estimation provisoire diffusée le 13 novembre.

    Cela ramène le nombre de salariés dans l’ensemble de l’économie (hors agriculture et emploi public des secteurs non marchands) à 17,918 millions fin septembre, a précisé l’Insee.

    Début 2009, un nombre record d’emplois avait été détruit en un seul trimestre (-178.700).

    L’estimation provisoire qui avait fait apparaître le 13 novembre un spectaculaire ralentissement des pertes d’emplois ne tenait pas compte des établissements de dix salariés et moins.

    « La baisse de l’emploi se poursuit au 3ème trimestre », a résumé l’Insee, et dans les secteurs marchands, on reste « dans la lignée du deuxième trimestre » à -93.100 emplois perdus (-0,6%) au lieu de -5.500 postes initialement annoncés.

    Par rapport à septembre 2008, l’économie française a perdu 408.600 postes, principalement dans l’industrie et l’intérim, selon l’Insee.

    L’industrie perd des emplois depuis 2001, le mouvement ne s’est pas arrêté au 3ème trimestre (-49.400) et dans la construction, il s’est « accéléré » (-16.100). C’est même « le plus mauvais résultat depuis dix ans », selon Bernard Ernst, ex-directeur des statistiques de l’Unedic, passé à Pôle emploi.

    Maigre consolation, la « forte hausse » des effectifs dans l’intérim au 3ème trimestre est confirmée (+36.900).

    Hors intérim, la baisse de l’emploi tertiaire a été cependant « plus marquée qu’au trimestre précédent », souligne l’Insee.

    Dans une note distincte, Pôle emploi a livré des projections pour 2009-10 qui augurent d’une poursuite de la progression du chômage en 2010 « mais à un rythme très atténué », la tendance devant s’inverser au deuxième semestre, selon M. Ernst.

    Il y aurait 604.000 demandeurs d’emploi supplémentaires en catégorie A, B, C cette année en raison de la récession (-2,3%) puis 102.000 l’an prochain sur la base d’une croissance du PIB à +1,3%, selon la même note.

    le passage qui m’intéresse est celui-ci :
    « L’estimation provisoire qui avait fait apparaître le 13 novembre un spectaculaire ralentissement des pertes d’emplois ne tenait pas compte des établissements de dix salariés et moins. »
    c’est un aveux de trucage des statistiques publiées;
    quand on pense qu’il y a en France 4 millions d’entreprises; 40 sont au cac40; 2000 sont cotées à la bourse , tous marchés confondus; les entreprises de moins de 10 salariés représentent plus de la moitié, soit 2 millions; si chacune perd ne serait-ce qu’un emploi, on se retrouve avec 2 millions de chômeurs en plus;
    mais les statistiques « provisoires » ne les prennent pas en compte; on peut donc affirmer que ces statistiques sont fausses; à quoi ça sert alors de les publier ?

    1. J’ai bien rigolé des statistiques mirifiques publiées par l’URSS et ses pays satellites. Je rigole beaucoup moins des statistiques du chômage en Suisse. Vous m’apprenez qu’elles sont truquées de la même manière en France. Notre ministre de l’économie s’est publiquement réjouie de la qualité de la politique économique suisse. Les chiffres du chômage lui prouvaient que c’étati la bonne voie.

      Quelqu’un a écrit que la réalité est devenue un problème pour les hommes politiques. Faire de la politique en est devenu un moyen de cacher la réalité ou la nier. Je suis d’accord.

    2. Sur les statistiques:

      Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques.
      (Mark Twain. Autobiographie)

      Les faits sont têtus. Il est plus facile de s’arranger avec les statistiques.
      (id)

      La statistique est la première des sciences inexactes.
      (Les Goncourt. Journal)

      Les statistiques sont une forme d’accomplissement de désir, tout comme les rêves.
      (Jean Baudrillard. Cool memories)

      Les statistiques, c’est comme le bikini. Ce qu’elles révèlent est suggestif. Ce qu’elles dissimulent est essentiel.
      (Aaron Levenstein)

    3. Et deux autres « pour la route »:

      Le loto, c’est un impôt sur les gens qui ne comprennent pas les statistiques.
      (Anonyme)

      La statistique a démontré que la mortalité dans l’armée augmente sensiblement en temps de guerre.
      (Alphonse Allais. Extrait de Le Chat noir , 1890)

    4. Pablo, excellentes réflexions. Et j’apprécie particulièrement le coup des militaires… Alphone Allais. Heureusement que des hommes comme lui existent parfois.

      Bon, sinon : j’ai eu un professeur de statistiques exceptionnel. Et qui, dans sa grande humilité, a reconnu deux choses importantes.
      – Vous ne pouvez pas tenir compte de tous les cas extrèmes. Sinon, vous ne feriez plus rien. Dans le sens où aucune décision ne pourrait plus être prise.
      – Un sondage ne peut pas être vraiment réellement neutre. Car pour être parfait, il faudrait qu’aucun humain ne participe à sa construction.

      En gros, le sous-entendu dans la communication de sa science pourrait se résumer à : essayez de vous tromper le moins possible.

      Nous en venons à un point un peu crucial : l’humain a besoin de se projeter dans l’avenir, de deviner son avenir car il lui fait peur.
      J’ai failli aussi écrire heureusement, car un monde de têtes brulées serait peut-être un peu plus violent.

      Maintenant, mettons-nous à la place du politique qui doit essayer de plaire au plus grand nombre…

  2. cette citation abonde dans le sens que je défendais dans mon article sur l' »ARGENT mode d’emploi », sur la rupture introduite par Keynes.

    Keynes distingue ici une morale pour le long terme d’un court terme où la morale n’a pas lieu d’être
    Rappelons alors sa formule signant en querlque sorte le sens de sa théorie économique « Vous me dites que je contribue à long terme à l’inflation, mais Monsieur, à long terme nous serons tous morts ! ». Comme on dirait alors : CQFD

    Qu’est-ce à dire ? deux choses

    ==> d’une part que c’est KEYNES et non pas les libéraux « ringards » de l’époque (Keynes est proche des jeunes loups du parti libéral n’oublions pas) qui est le véritable géniteur sinon du système financier moderne du moins de la manière dont les institutions monétaires l’ont laissé prospérer. Et les « difficultés » actuelles de la reprise doivent se lire d’abord comme un « épuisement des techniques ckeynésiennes de stimulation économique »

    ==> d’autre part il ne faut pas se tromper d’enjeu et de combat. Certes nous sommes tous enclins à pointer la financiarisation et à l’accuser d’affaiblir la croissance ; d’aucuns en sont même à envisager que la crise puisse provoquer la révolte salvatrice. L’enjeu n’est pas là à mon sens. L’enjeu est dans le fait que le système financier s’émancipe aujourd’hui ouvertement de toutes les règles éthiques et de justice qui jusque là encadraient l’activité économique. Certes la rupture était latente, depuis Keynes, justement. Mais il y a une différence qualitative entre une rupture latente et une rupture OUVERTE. C’est ici le vrai sens de la crise
    amicalement

  3. Et de deux : http://a6.idata.over-blog.com/1/15/83/57/smiley/600px-Smiley.svg.png

    Une question : à cette époque, dans les années 30, le siècle avait-il la même durée ?

    « A saeculum isn’t normally used for a fixed amount of time, in common usage it stands for about 90 years. It can be divided into four « seasons » of approximately 22 years each; these seasons represent youth, rising adulthood, midlife, and old age. » (Wiki)…4×22=88…1930+88=2018…+ou- « approximately »…2010 ? 2011 ?

  4. Etrange homme que ce Keynes, qui conclut ses « Perspectives économiques…  » en espérant que les économistes fassent preuve un jour de la même modestie que… les dentistes (c’est à dire, sans déborder du cadre restreint de leurs attributions), qui cite Saint Mathieu parlant de cette merveille que sont « les lys des champs (qui) ne peinent ni ne filent », mais qui en fin de compte prêche le même sermon que celui du patron de Goldman Sachs, à savoir, en paraphrasant: laissez-nous aujourd’hui pratiquer le mal « utile » (l’avarice, l’usure, etc.), car demain il débouchera sur le Bien. En d’autres termes, chers petits-enfants, laissez-nous faire oeuvre de Satan pour mieux vous guider vers le paradis terrestre et le triomphe ultime de Dieu!

    Nous ne sommes pas loin du double-speak de 1984.

    1. Après avoir lu les commentaires enregistrés jusqu’à 18 h, je persiste et signe: selon Keynes (dans le texte cité; je ne conteste pas son possible apport « technique » dans d’autres), la fourberie mène à la candeur, le vil mène au « vrai » juste, la laideur débouche sur la beauté, la conscience naît de l’inconscience et du viol de la conscience d’autrui, bref, la pratique du vice conduit à la vertu. Mais… c’est Tartuffe, le faux dévot!

  5. D’abord , prenez soin de vous , pour garder le plus longtemps possible un père à votre  » matru » et un compagnon à sa mère ( c’est ma philosophie personnelle étendue aux petits enfants ).

    Sur le billet lui même , je ne suis pas sûr de bien adhérer à la phrase finale qui veut nous faire « émerger de la nécessité économique vers la lumière du jour » .

    Tout le monde n’a pas apparemment les mêmes nécessités économiques ( kesako d’ailleurs ?) , et encore moins la même lumière du jour .

    La Rochefoucault avait vu plus juste en écrivant que l’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu .

    Et puis 100 ans , c’est long , je veux ma lumière du jour ici et maintenant , na !

    1. Si je peux me permettre, la nécessité économique c’est la nécessité d’une économie faute de mieux…Ce qui amène à la question : what else ? Certains peuples n’ont jamais perdu la lumière du jour, et ce malgré les assauts incessants et avec différents déguisements de nos sociétés occidentales. D’autres (re)commencent à l’entrevoir…Attention donc de ne pas reproduire le message en reportant encore une fois à au moins un siècle la sortie du tunnel : c’est aussi une philosophie pour les enfants et les petits-enfants…Pour l’homme en fait !

      Alors je vous le dis tout net : la lumière du jour est là, devant vous, devant nous ! Il suffit de ne pas regarder le doigt, na !

  6. APPEL DE COPENHAGUE : Luttons pour la justice sociale et climatique parce que le changement climatique nous rend tous précaires

    mis en ligne mardi 8 décembre 2009 par jesusparis

    Source / auteur : Mailing Euromayday

    La crise économique a durement frappé le précariat — l’ensemble des travailleurs atypiques, sans-papiers, cdd, intérimaire, temps partiel de l’industrie et des services — plus que tout autre classe sociale. Des millions de jeunes, femmes et migrants précaires perdent leur travail à cause de la Grande Récession. Des Etats-Unis à l’Europe, de l’Islande au Japon, le chômage est monté en flèche.

    Les responsables de la crise — les grandes banques, les fonds d’investissement, les économistes et politiciens néoliberaux — se refont une virginité dans l’écocapitalisme, sans honte, espérant continuer leur business comme de rien.

    Les gouvernements donnent des millions aux banquiers, et des miettes aux précaires.

    En réponse, émeutes et manifestations se propagent, contre aussi une nouvelle vague de racisme et xénophobie, mais la pression contre le pouvoir économique et politique n’est pas encore suffisante. Cependant, à l’horizon de cette crise historique du capitalisme, une autre encore plus grande se profile : le réchauffement de la terre et le changement climatique causés par l’accumulation du capital tiré des combustibles fossiles.

    L’espèce humaine est en danger, et d’ici la moitié de ce siècle, des millions et millions de personnes disparaîtrons de la surface de la terre si les économies les plus développées ne réduisent pas fortement leurs émissions de gaz à effet de serre.

    Nous devons prendre le contrôle des principaux responsables des émissions ( compagnies pétrolières, charbons, conglomérats énergétiques, les manufactures et leur logistique, les compagnies aérienne, les fast food et l’agroindustrie, le tourisme de luxe… ).

    En décembre, Copenhague représente une excellente opportunité pour cela. Du 7 au 18 décembre, le sommet Climat de l’ONU – COP15- se déroule dans la capitale danoise, une ville où la tradition de radicalité est forte et les mouvements contestataires, présents.

    Toutes les élites étatiques et économiques de tout les pays du monde se réuniront au Bella Center de Copenhague, pour chercher une succession au protocole de Kyoto, inclues les puissances comme les Etats-Unis, la Chine et l’Inde qui ne l’avaient pas signé.

    La solution aux problèmes de la précarité ne sera pas trouvée dans un retour à la vieille économie de consommation, spéculative, sur-endettée, sur-développée, écocide et extrêmement inéquitable. Celle-là même qui a été responsable de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère durant les trois dernières décennies. La solution viendra de la lutte pour une nouvelle économie et une sécurité sociale construites à partir des besoins environnementaux et sociaux de la partie la plus précaire de la société – s’assurant que chaque être humain sur terre aie droit à la même quantité d’émissions.

    Pour parvenir à cela, nous demandons une redistribution à travers un prélèvement fiscal sur le capital, les multinationales et l’émission de carbone pour financer : un revenu de base pour tous et la réduction du temps de travail (à par exemple, une semaine de quatre jours), l’accès universel et gratuit au savoir en ligne, une assistance publique à la production et au partage social en P2P, des soins de santé public et une université gratuites pour tous, la subvention de logements et emplois « verts », des crédits sociaux pour soutenir des projets d’énergie renouvelable et de communauté de vie durable, le droit professionnel et urbain à l’auto-organisation et à la syndicalisation, la fin de la persécution et de la discrimination des migrants et des demandeurs d’asile, le droit de grève en solidarité et un salaire minimum de 10€/heure, ainsi que tout type de mesures visant à restituer ou donner de la puissance créative à la société.

    La redistribution de la richesse et du pouvoir vers les précaires, la croissance de la connaissance immatérielle, l’enrichissement culturel de la société et l’augmentation massive du temps libre sont les conditions sociales fondamentales pour une société post-capitaliste résistante, conçue de manière horizontale et en open-source. La libération du temps permet de s’adonner à l’éco-hacktivisme et à la permaculture, redonne, aux gens précarisés et effrayés, du temps pour penser collectivement leur propre futur, supprime le besoin de consommation rapide et de satisfaction instantanée, très répandu parmi les travailleurs précaires des services et de la connaissance dans l’actuelle société globale affamée de temps.

    Une économie fortement solidaire et relationnelle pourrait satisfaire la plupart des besoins auxquels on pallie aujourd’hui par un marché de consommation individualisé.

    Nous nous opposons à la Bourse du carbone, un marché de négociation et d’échange de droits d’émission de CO2, en tant qu’elle ne représente pas une solution au problème de la diminution des émissions comme le démontre l’échec total du système européen d’échange des quotas d’émission. Nous attendons des réparations climatiques adéquates de la part des vieilles puissances industrielles du Nord à l’égard des économies sous-développés du Sud. Nous espérons que le précariat multi-genre et multi-ethnique puisse être le moteur social d’une économie locale de coopération, d’échange et d’aide mutuelle, de production de nourriture et d’énergie, tout comme le précariat immatériel a été au cœur du mouvement des Climate Camps, auquel nous avons participé avec enthousiasme.

    Le pouvoir des marchés et des entreprises multinationales sur nos vies est soutenu par le pétromilitarisme. Le capitalisme fossile détruit l’environnement et précarise les gens.

    A Copenhague, nous devons unir nos forces et combattre cela, tous ensemble, pour démasquer le capitalisme vert et l’assistance sociale aux riches de Obama et Barroso. Ils feraient mieux de dépenser tout cet argent en transfert sociaux, emplois « verts » et énergies renouvelables, parce que la Récession ne fait pas de soldes et que la Terre ne fait pas de sauvetage. Agissez pour le changement social pour éviter le désastre climatique !

    Climate Justice Action CJA le réseau global des mouvements qui organise depuis un an les protestations des 12 au 16 décembre, appelle tous les mouvements à l’action directe du 12 décembre ( manifestation à partir du parlement) au 16 décembre (action de masse dans le Bella Center).

    Le 12 décembre, nous, les précaires qui organisons la MAYDAY postcapitaliste des précaires et des migrants dans plusieurs villes d’Europe et du Japon appelons tous-tes les ami-e-s et complices à unir nos forces derrière la banderole « Precarious United for Climate Action » et rejoindre le bloc System Change, Not Climate Change ! lors de la grande manifestation qui rassemblera chaque groupe écologiste et activiste du monde entier pour dire à haute voix le besoin de justice climatique et la responsabilité du capitalisme globalisé dans le désastre environnemental, en marchant du parlement au sommet.

    http://www.euromayday.org/blog

    http://www.hns-info.net/spip.php?article20766

  7. je reproduits ici le début de l’article que je viens de lire sur boursorama, car il vaut son pesant de bulbe :

    * AFP le 10/12/2009 à 11:41

    Mieux que la Bourse ou l’or : l’ail chinois, dopé par la peur du H1N1

    © AFP

    Mieux que la Bourse, l’or ou l’immobilier, l’ail a vu son cours multiplié par 40 en un an en Chine, grâce en partie à une croyance, populaire mais infondée, selon laquelle il protègerait de la grippe H1N1.

    Les cours de l’ail, tombés au plus bas ces deux dernières années, ont rebondi de façon vertigineuse ces dernières semaines en Chine, pays qui assure les trois quarts de la production mondiale.

    L’ail valait, en novembre, 40 fois plus cher qu’un an auparavant sur les marchés de gros de la riche province agricole du Shandong (est).

    Les prix ont vraiment commencé à grimper en septembre, explique Zhao Fangling, directeur d’une entreprise d’ail dans le bastion de l’ail chinois, le district de Jinxiang, dans le Shandong.

    « Une telle hausse, c’est insensé », commente-t-il.

    Le récent succès de l’ail est lié à sa mévente depuis deux ans, et surtout l’an dernier, quand la crise économique a fait s’effondrer la demande et les prix, poussant les agriculteurs chinois à réduire les surfaces plantées.

    Mais un facteur inattendu a dopé la demande: le virus H1N1, qui a fait 200 morts en Chine, presque tous en novembre. L’ail que l’on avait déjà paré de la vertu d’éloigner les vampires, s’est soudain vu attribuer une autre qualité: celle d’éloigner la grippe…

    Des médecins traditionnels chinois ont enfoncé le clou, recommandant une consommation sans modération pour éviter la contagion.

    […]

    1. Merci de ce lien, Auspitz.

      De là un faire un lien sur la spécialité de lançage anglo-saxonne de rumeurs afin d’influer sur le cours d’une valeur, je ne me permettrais pas. Vous me connaissez, j’ai trop de respect pour le secteur.

      Peut-être y aurait-il sinon une idée à creuser avec les propriétés de l’ail qui pourrait aussi faire fuir les trad.. vampires de la finance, non?

    2. Bientôt une ruée sur la laitue.
      C’est en effet le carburant du moteur à escargots.
      Explication du principe:
      Il s’agit de récupérer la chaleur émise par plus de 1000 escargots.
      Dépense en salade inversement proportionnelle à l’appel énergétique.
      Plus on en met moins les gastéropodes se battent pour en avoir.
      Pour accélérer une auto :oter de la salade du réservoir, pour freiner en jeter plusieurs dans la boite.
      Brevet protégé.

  8. Tout d’abord cher Paul, je vous souhaite un prompt rétablissement.

    Veuillez excuser ici le côté désordonné de cette contribution. Je laisse simplement échapper des idées comme elles viennent.

    Je suis vraiment de plus en plus interloqué par les décalages évidents entre la réalité et ce qui devrait être.

    Lorsque j’ai eu ma prise de conscience, je suis parti la fleur au fusil (ou plutôt à la plume étant un inconditionnel de la non violence) en me disant, il faut que j’aide ce monde à changer. La réalité me ramène à ma condition de simple être humain avec son propre vécu et son propre niveau de connaissances et d’éducation. La participation à des réflexions (au sein de ce blog ou ailleurs) me confronte à une dure réalité des difficultés inhérentes au changement. Je deviens pessimiste quant à la possibilité d’évolutions non violentes en ce monde.

    Je souhaiterais simplement que nous nous posions ces quelques questions.

    Si nous faisions un sondage du type.
    Estimez-vous que la façon dont le monde évolue est bon pour l’humanité dans son ensemble ?
    Estimez-vous que la façon dont le monde évolue est bonne pour vous ?
    Estimez-vous que votre profession est utile à l’humanité ?
    Estimez-vous que l’on vous donne les moyens d’exercer votre profession comme vous souhaiteriez l’exercer ?
    Estimez-vous que l’exercice de votre profession comble vos besoins ?

    Ce type de questions … La liste n’est ici que jetée rapidement et sans valeur limitative.
    J’ai le sentiment que nous aurions alors des surprises.

    Si nous devons reconnaître quelque chose de bon à la mondialisation, c’est qu’elle nous fait prendre conscience que nous devons raisonner de manière mondiale désormais.
    Personnellement, je ne supporte pas l’idée que nous puissions nous sortir de la crise en France et continuer comme avant en laissant la majorité du monde dans le même marasme. En d’autres termes, la misère du monde m’est devenue insupportable. Je recherche des solutions globales, mondiales.

    Les fondements de la religion (de toutes les religions) sont incontestables. Ce qu’en ont fait les hommes l’est beaucoup plus. Comment un individu qui participe activement à la folie des marchés financiers peut-il par ailleurs se revendiquer de la religion et faire œuvre de Dieu ? Combien de préceptes fondamentaux de la religion dont il se réclame doit-il ignorer pour arriver à une telle conclusion ? A quelle légitimité peuvent prétendre les hommes d’Eglise quand on voit toutes les atrocités commises dans l’histoire au nom de la religion ?
    Il se trouve que je suis agnostique (ou athée, je ne fais pas l’effort de chercher la différence précise ici). En fait, je ne crois pas en une entité supérieure régissant ce magnifique monde. Par contre, je crois en la valeur de chaque être humain. Je pense profondément que chaque être humain a en lui des potentiels que nous n’utilisons que trop peu.
    Je ne peux me résoudre à l’idée que nous sommes sur Terre pour expier un pêché originel et qu’à ce titre nous devons souffrir encore et encore. Je crois en l’évolution, l’évolution génétique mais aussi et surtout en l’évolution de notre conscience de nous même.
    Il me semble qu’il est temps pour nous de raisonner en tout et pour tout sur la base de l’humanité dans son ensemble. Quel monde souhaitons nous bâtir ?

    J’aimerais assez que nous lancions ensemble un sujet sur ce qu’est l’Ego. Il semble que cela représente un frein majeur aux évolutions bénéfiques. J’aimerais assez bénéficier des connaissances et des réflexions des personnes de ce blog sur ce sujet.

    1. L’égo… vaste question.
      Et je me permets de vous dire que votre commentaire est pertinent à tout point de vue. N’y voyez aucune flaterie, ce n’est pas du tout mon style. (mon égo est trop grand… lol)

      Je vais donc vous poser une question qui devrait peut-être vous géner mais n’en devient, depuis le début de la légère perturbation actuelle, que néanmoins plus cruciale.
      Je pose aussi un postulat de départ dont je ne m’exclus aucunement, ayant déjà croisé des humains bien meilleurs que moi : l’humanité a acquis de la connaissance mais trés peu d’intelligence depuis disons.. 2-3 millénaires qui ont vu la planète se faire colonniser complètement.

      Vaut-il donc mieux qu’un humain se sente dominer par un dieu (avec tout le risque d’irresponsabilité et de responsabilité que cela peut entrainer) ou vaut-il mieux qu’il se prenne pour dieu…??

      (dans cette question, vous noterez aussi que je ne crains pas l’ex-communication… 😉 )

    2. Heu.. Monsieur Leclerc…
      Serait-ce ex-communion…????
      Désolé d’être aussi peu au fait des choses religieuses. Si vous pouviez éventuellement me corriger.

      En fait, je vois bien le concept, mais les termes me sont inconnus.

    3. Cher Yvan
      Larousse
      Excomunication : censure ecclésiastique qui retranche de la communauté des fidèles
      Excommunier : c’est l’acte ci-dessus.

      Vous me direz cinq ave.

      Et pour Vincent Wallon ,dont les scrupules l’honorent, j’ajouterai au décalogue qui cumule de grands préceptes issus du droit naturel, un onzième commandement.
      -11- Tu ne rejettera pas de CO² de ton 4×4.

    4. @Yvan

      Je dirais volontiers ni l’un ni l’autre.

      Je pense que l’humanité peut se passer d’un Dieu, cela ne veut pas dire que nous devons nous prendre pour des dieux.

      Je partage votre postulat, la connaissance et l’intelligence sont bien 2 choses très différentes et la seconde semble beaucoup manquer en ce monde.

      Je dirais en tout cas l’intelligence collective manque beaucoup. Il semblerait que nous ne parvenions pas à appliquer une opération aussi simple que l’addition à l’intelligence (ne parlons même pas de la multiplication….), et c’est en passant par là que je suis arrivé à l’égo…

    5. « Vous me direz cinq ave. »
      Bizarremment, je vous sens un peu moqueur sur ce coup-là, chez ami haché. 😉
      J’ai aussi entendu parler de pater, auquel on doit pouvoir accrocher son manteau, mais nous nous égarerions dans du matériel futile.

      Monsieur Wallon…
      Là est l’ambiguïté…
      Ni dominé, ni dominant…??? Tous égaux, donc.
      Le rêgne animal dont nous sommes issus depuis peu ne comporte pas ce genre de particularité.

    6. Bonjour Vincent

      Je crois que la clé est de découvrir en nous notre vraie nature, au delà de l’égo.
      L’homme est très doué pour tout étiqueter mentalement, définir, conceptualiser, etc.
      Mais se taire et observer, prendre conscience de la réalité au delà de son individualité… Il n’y pense même pas.
      Hors, le véritable enjeu de l’existence n’est pas demain, mais aujourd’hui. Ici. Maintenant.

      L’identification aux concepts nous place chacun dans des cases et nous sépare.
      Sans cela, nous sommes pareils.
      Cette perspective nous ramène à la conscience de ce que nous sommes en réalité,
      à savoir les créateurs du monde que nous choisissons de vivre.

      Je crois en la vie et je constate qu’elle a mené son dessein jusqu’à nous sans nous consulter…
      J’ai confiance en la vie et donc au fait que nous nous dirigeons vers la suite du programme…

      Tout ce que nous avons à faire en somme, c’est de prendre soin d’aujourd’hui.
      D’être conscient justement du champs de conscience que nous somme ici et maintenant, car c’est là qu’est la matrice de demain, et chaque graine que l’on y sème portera des fruits…

      Salut à toutes et tous et prenez soins de vous

  9. Claude Roche à écrit le 10 décembre 2009 à 10:41

    «  »==> d’une part que c’est KEYNES et non pas les libéraux « ringards » de l’époque (Keynes est proche des jeunes loups du parti libéral n’oublions pas) qui est le véritable géniteur sinon du système financier moderne du moins de la manière dont les institutions monétaires l’ont laissé prospérer. Et les « difficultés » actuelles de la reprise doivent se lire d’abord comme un « épuisement des techniques keynésiennes de stimulation économique » » »

    Nous voici en face de la question des dettes. Qui ne connaît les dettes? Elles sont toujours à notre porte. Elles se présentent sous le visage de notre ami « crédit », loup couvert d’une peau de mouton. Les dettes nous harcèlent continuellement, puisque chaque création d’argent, chaque prêt de banque, en créant dans une proportion variable, mais certaine, un dépôt, jette directement l’emprunteur dans les griffes des dettes. Les banques, il est vrai, octroient du « crédit » à l’emprunteur. Mais ce « crédit » de la banque devient « dette » de l’emprunteur. À vrai dire, la plupart de nos affaires se financent au moyen des dettes, car la monnnaie créée pour une entreprise est émise à titre de prêt, lequel doit être remboursé avec l’intérêt.

    La vieille histoire biblique de Noé et du déluge a son parallèle moderne. On nous dit qu’au temps de Noé le monde était submergé sous une immense quantité d’eau. Hélas! notre déluge moderne est encore plus complet que celui de Noé et non moins réel et non pas avec de l’eau, mais finalement avec un fluide rendu poison.

    Car de nos jours, le déluge de dettes parle de lui-même. Et nous savons bien que la monnaie est essentiellement la manifestation de la dette omnipotente envers le système bancaire non moins omnipotent. Qu’on gesticule tant qu’on voudra! Tant que la monnaie sortira de son « usine » bancaire à l’état de dette nous resterons les esclaves de ce système bancaire. Colbourne remarque: « La perversion a envahi même notre vocabulaire. On dit qu’une banque vous octroie un crédit alors qu’elle ne fait rien de ce genre, c’est une dette qu’elle vous refile! » Voilà bien de quoi s’inquiéter: la presque totalité de notre monnaie est une monnaie dette, créée par le système bancaire qui base cette dette sur les ressources des pays, sur leurs capacitéss de production.

    Renversant, mais néanmoins vrai! Notre monnaie est le témoignage, circulant de main en main, de notre esclavage économique, de notre dette envers le système bancaire privé. Voilà le fait capital qu’il faut comprendre et retenir: la majeure partie de notre monnaie est une monnaie de dette. Comme l’est ce billet de banque servant de moyen de paiement à l’utilisateur. L’utilisateur (nous tous) qui, lui, s’il n’est pas directement touché (dans son acte de paiement avec ce billet en tant qu’usager de ce billet-là), cela ne change pas le fond de l’affaire, destructeur pour toute les sociétés, que ce billet de banque provient à la source de prêts bancaires donc de dettes bancaires, soit les prêts aux entreprises, aux États (par leurs gouvernements succéssifs toutes couleurs politiques confondues), aux municipalités, aux particuliers, etc. Donc les dettes bancaires qui auront été à l’origine de l’existence de ce même billet; et ceci bien avant que l’utilisateur fasse le geste de paiement avec ce billet-là.

    Il faut rappeler tout ça sans arrêt, sinon on va sans y faire attention vers des conversations de salons. Certaines peuvent être intéressante, mais que chaque chose soit à sa vraie place. Le temps presse et les temps sont durs, partout.

    Ainsi le total, capital et intérêt, toujours beaucoup plus élevé que le prêt original, ne peut être atteint que par une création de nouvelles dettes. Plus nous nous débattons, plus nous nous enfonçons. Pas d’activités sans capital, pas de capital sans dette… Sommes nous vraiment masochistes pour accepter cette noria « spiralée » dans la chute obligatoire? La noria c’était le travail des ânes (en disant ça je reconnais que je suis méchant pour les ânes, ils sont adorables!), ou des prisonniers, c’est donc ça qui nous plairait?…

    Pour mieux comprendre comment se sortir de la sottise institutionnalisée, voir:

    http://prosperite-et-partage.org/spip.php?article108

  10. Je ne mettrai pas de smiley à la fin de ce texte ,premièrement je ne sais pas le faire ,deuxièment je trouve notre monde trop souriant.A défaut de Dieu ,il y a une sorte de justice immanente,on a créé une grosse bulle, elle nous pète à la figure,çà serait la même chose avec un chewing-gum ,pas besoin de sortir d’une ESC.On se console en se disant que ,l’un dans l’autre ,on a installé sans effort une croissance zéro,première pierre à la réduction du réchauffement climatique.

  11. Vincent Wallon,
    « Les fondements de la religion (de toutes les religions) sont incontestables.  »
    quels sont ces fondements?
    pour ma part, il me semble que c’est la peur; la peur du noir;
    je rapproche la diminution de la pratique religieuse avec l’apparition de l’éclairage électrique;

    1. @Auspitz

      Lorsque je parle des fondements, je parle de choses du type aimez vous les uns les autres, ou encore pour être plus dans l’actualité l’usure est interdite … Pour le reste, je ne m’y connais pas assez en religion… Je partage votre point de vue, les religions jouent trop sur les peurs et je comprends parfaitement que certains aient besoin de ces religions face à la peur. Je pense également que la peur (qui est utilisée également tous les jours par les « puissants » de ce monde) est le pire moteur que l’on puisse trouver en l’être humain, hélas, le plus puissant aussi.

      Il me semble que la seule fois où Dieu ce serait adressé directement (sans passer par un prophète) à l’humanité serait lorsqu’il a donné les 10 commandements (je peux me tromper, encore une fois, je ne connais pas bien le fait religieux) et il me semble que si ces 10 commandements étaient appliqués à la lettre par tous et en toute occasion, il ne resterait plus beaucoup de problèmes à gérer.

    2. @TARTAR,

      oui, j’ai vu, amusant 🙂

      D’ailleurs, j’ai parlé des 10 commandements et du coup, je suis allé les relire. Je dois admettre que c’est pas aussi d’actualité et simple que le vague souvenir que j’en avais. Une explication de texte semble vraiment nécessaire pour les remettre en actualité. Je modère donc mon avis sur leur application universelle comme étant une solution… Du moins, tant que j’aurais pas réussi à les comprendre… Oups, que c’est compliqué tout ça !!!! pffff !!!

    3. @V Wallon
      Permettez moi une tentative d’explication : vous avez appris les 10 commandements dans un contexte donnée ( probablement chrétien); puis vous les avez oubliés.
      Vous vous en rappelez parce que vous vous demandez ce qui pourrait nous aider dans une situation effectivement troublée.
      Mais pourquoi vous en rappelez-vous : serait-ce que nous aurions oublié le sens de ces commandements ? in fine c’est très prétentieux de votre part , car vous imaginez que vous allez trouver « comme cela » une explication à une question que des millions d’hommes avant vous se sont posée et dans des conditions très proches ( vous imaginez LUther dans la guerre de 30 ans ?)
      Il y a une autre explication : ce qui vous parle aujour’dhui dans ces commandements , ce n’est pas leur sens ( désolé mais de temps en temps je convoite la femme de mon voisin et je n’en ai pas honte ! ). C’est le fait qu’ils commandent . autrement dit l’idée de LOI. Et vous vous dites que cette idée de LOI est une invention qui pourrait nous servir.
      Ce en quoi je vous rejoins , mais sans beaucoup d’illusions : la loi c’est l’objet qui a cristallisé la détestation de notre génération
      amicalement

  12. Pour en revenir à Keynes, ne pourrait-on pas se souvenir de la phrase d’Einstein sur la différence entre théorie et pratique…???

    Tout comme sa théorie est inachevée, toute regulation financière, loi, science médicale,.. est imparfaite car humaine.
    Nous ne connaissons pas encore toutes les propriétés intimes de la matière, tout comme nous ne connaissons pas complètement l’humain.
    Tant heureusement que malheureusement.

  13. Bonjour,

    je suis d’accord avec l’extrait de M. Keynes, mais sans l’allusion à la religion. Elle n’a rien à faire là dedans. Si on s’attaquait à l’esprit colonial, celui de la chasse, et celui de l’avidité, on pourrait seulement commencer à travailler notre humanité. Rien avoir avec la religion. Pour les statistique, ma référence va à Churchill : « je crois aux statistiques quand je les ai moi même falsifiées »..

    Bonne journée à tous.

  14. traduction? la recherche de l’utilité individuelle est à la fois une entrave à la coopération sociale et une condition de possibilité de la coopération sociale? je suis pas sûr de comprendre.

  15. Sans doute en parlant de Keynes, revenir à son époque, un peu comme Smith, Malthus, ils sont comme les philosophes grecs, ou Freud en psyscho, ils ont posé les bases d’une discipline et depuis peu de changements en fait ou de nouveaux grands capables de donner un nouvel élan à ces disciplines…

    Comme les grecs, Keynes a envisagé, pensant à l’économie, à son développement, l’économie est avec la philo et la psycho, une des sciences de l’homme… bcp de parallèle à faire entre les 3, l’économie science du comportement de l’homme face à l’argent dans une société de commerce.

    Pour que l’homme avance, il ne faut pas de gens raisonnables, il nous faut des casse-cous, si on réfléchit trop, on rame, on n’avance pas, sans doute ce que signifiait Keynes, pour avancer il faut des fonceurs ou des vils, par contre à un moment il faut ralentir, on ne peut foncer en permanence…toute chose à une limite !!!!!

    Et si l’on est allé trop loin, alors il faut revenir aux fondamentaux, la raison, la sagesse, la famille, le collectif…

    Sans doute ce qui nous manque aujourd’hui, ce sont des grands philosophes, des grands psychologues, des grands économistes, des personnes avec une vision d’ensemble de l’avenir car aujourd’hui il faut poser les règles de la société de demain…

    Nous vivons les derniers moments d’une évolution de l’homme, celle d’une évolution basée sur l’exploitation déraisonnée de la nature, désormais il faut réinventer la société où l’homme et la nature ne ferons qu’un…

    Nous avons besoin de grands penseurs actuellement, en cela sans doute nous sommes orphelins et nous nous rendons compte qu’il nous manque des personnes avec une vision d’ensemble de la nature humaine, de la nature tout court, d’une réflexion raisonnable et raisonnée, comment mettre en accord 6 milliards, voir plus, d’hommes qui croient tous encore que le plus beau est encore à venir et qui le veulent et ferons tout pour l’avoir.

    L’écologie est-elle cette pensée, peut être mais à la condition d’être réaliste, pas très créatif d’être contre le nucléaire lorsque l’on veut conserver la TV, la douche et l’avion, faudra être plus réaliste pour résoudre le vrai dilemme posé à l’homme aujourd’hui, comment vivre sur notre terre que nous avons passablement détruite…

    Pas que Keynes ne soit pas finalement un grand économiste, il l’était sans aucun doute à son époque, aujourd’hui l’économie mondiale est bien plus développée et en cela ses idées ne sont plus satisfaisantes…

    L’économie est la science du comportement de l’homme face à l’argent dans une société où l’industrie lui a offert le pouvoir d’un dieu, la crise actuelle est une crise de la dette, pas une crise de confiance, on a saupoudré les dollars pensant que c’était une crise de confiance, c’est une crise de la dette, des ménages et des états …c’est la dette qu’il fallait annulée pas prêter de l’argent

    Il nous faut un mentor aujourd’hui pour trouver une solution, comment rembourser lorsque l’on a pas d’argent et pas de rentrée potentielle ou d’héritage, les banquiers actuels montrent que l’on peut voler aux autres, à quand le vol des états…. et l’abandon de la dette !!!!!

  16. Trouvé ceci, c’est vrai?
    C’est un texte écrit par un célèbre trader américain.
    « Octobre est un mois particulièrement dangereux pour spéculer en bourse. Mais il y en a d’autres : juillet, janvier, septembre, avril, novembre, mai, mars, juin, décembre, août et février »
    Mark Twain

  17. dans le buisson de l’évolution, la meilleure façon de s’adapter, c’est par la coopération solidaire, et non pas par la lutte de l’individualisme primaire.
    belle claque ce passage, un rien biblique le bon apôtre Keynes.

    bon rétablissement

  18. Avec de telle phrase Keynes et plus que l’homme de l’heure, il est l’homme avant l’heure. Espérons que nos politiciens ont lu Keynes et ont retenu se passage.

    Encore Bravo, pour cette remise au jours d’un penseur profond. M’enfin je suis étonné de ne as le voir en première place des 100 plus grand penseur. 🙂 (voir le bolg LA CHUTE)

    1. Ouf ! je parcourais tout et j’étais en train de me dire merde je vais devoir poster pour dire , ohé les gars ! c’est pas vous les malades. ?
      Tres beau texte merci, je n’avais pas cette image là du bonhomme que de toutes façon je ne connaissais que par  »commentaires ».

  19. @ Paul et tous

    Merci de fouiller l’histoire économique (Keynes et les autres). Nous allons en avoir encore plus besoin à l’avenir puisque l’on va rendre l’histoire-géographie optionnelle en terminale S en France. Et que dire de l’enseignement des sciences économiques et sociales dont les enseignants sont au bord e la crise de nerfs. Tout ça n’est pas rentable. Faites des maths ou autre chose, mais surtout ne vous posez pas trop de questions. Travaillez, achetez, consommez, votez et surtout taisez-vous…

    Un célèbre humouriste l’exprime à sa manière :
    http://www.dailymotion.com/video/k6HW2DaUX56Ags1ixXO

  20. Il me semble partager le point de vue critique de Claude ROCHE sur Keynes.

    Il est responsable des fondements de la crise.
    Logique, d’ailleurs si l’on admet que … « nous sommes tous keynésiens  » .. qui signifie qu’en fait, toutes les politiques ‘économiques’ -droite ou gauche- (je ne parle pas du versant plus ou moins social) -et donc même celles dites ‘libérales’ utilisent les outils keynésiens.

    Bon lorsque je dit ‘responsable’ , je ne parle pas de l’homme , qui d’ailleurs était un authentique libéral, mais pragmatique , donc sans dogmatisme. Il me semble avoir lu qu’en 1938, lui-même suggérait de revenir à des politiques moins ‘interventionnistes’ …

    On peut lui reconnaître un souci légitime et digne , lorsqu’il met le plein emploi au coeur de sa théorie.
    Mais le fait est que cela a amené une sorte de dérive dans ce culte de l’endettement permanent, et du déséquilibre systématique des budgets. Surtout dans un monde de plus en plus imprégné par l’idéal de la consommation et du moindre effort, et de son cortège d’illusions.

    (On peut aussi lui reconnaître de ne pas avoir inspirer des modèles économiques inefficaces liberticides et totalitaires comme d’autres courants l’ont fait)

    Mais au delà de la perversion probable et complaisante de ses idées, ce dont il n’est pas entièrement responsable, il y a également la nocivité de certains de ses paradoxes.

    Ainsi  » A long terme nous seront tous morts » … me parait , sous ses atours séduisants, particulièrement délétère et se rapprocher du « Après moi le déluge … » , et être en complète contradiction avec l’idée de développement durable.

    J’ai aussi de la peine à digérer « ce sont ceux qui pensent le moins au lendemain qui progresseront le plus sûrement sur le sentier de la vertu et de la sagesse authentique » -même si la formule ne déplait pas au poète insouciant, au fond de chacun de nous.

    De même sa faiblesse pour la fourmi et sa sévérité pour la cigale , sont à replacer dans le contexte d’une économie qui n’avait pas les outils de la nôtre, et dans un climat de mentalité certainement archaïquement conservateur.

    Bien sûr, également, parfois  » l’inutile » est extrêmement précieux …. dans la mesure où le vulgaire mais indispensable  » utile  » a d’abord déjà été assuré par les cigales, les ronchons et les grincheux.

    Et à trop poser que le « vil est utile et que le juste ne l’est pas » c’est recréer le principe d’une sorte Main Invisible à l’ Envers … tout aussi théorique et problématique que celle de Smith.

  21. Ce texte de Keynes me met particulièrement mal à l’aise.

    « Nous chérirons à nouveau la fin plutôt que les moyens et préférerons le bien à ce qui est utile. »

    Me manque-t-il des éléments philosophiques pour comprendre, ou cette phrase comporte-t-elle quelque chose d’au moins discutable?

    Keynes suggère ici que le bien ne soit pas nécessairement utile, ou que l’utile ne soit pas nécessairement bien. Or, si la première partie de cette proposition me reste accessible, la seconde en revanche me laisse pour le moins dubitatif. Des suggestions?

    1. Je suis peut-être totalement à côté de la plaque (je suis athée sans aucune culture religieuse*), ce que m’évoque cette phrase c’est qu’une analyse objective d’une situation sociale ne suffit à mobiliser ceux qui auraient intérêt à la transformer. Il faut qu’une partie d’entre eux propose des perspectives crédibles et les moyens (un projet politique) d’y parvenir. Il faut aussi que cette partie soit entendue et réussisse à créer un souffle, un enthousiasme.

      Pour faire court, Marx ne suffit pas, il faut aussi Lénine pour commencer une révolution … quant à la réussir, on sait que personne ne l’a fait, sauf les Chinois et les Cubains peut-être?

      *) je suis né dans une famille athée, je n’ai jamais été en situation de controverser ou de renier une éducation religieuse.

    2. @bourdon, @yajib

      Vous vous interrogez sur Keynes et vous avez raison, car Keynes est effectivement un homme clé de cette période. Mais j’en prie les lecteurs ! arrêtons un instant de raisonner ( comme les échos), à partir de jugements implicites et remettons le dans son contexte.

      Le jugement implicite c’est celui-là : Keynes est un opposant au libéralisme (ce qui est vrai), donc il ne peut être que quelqu’un de bien (conceptuellement c’est discutable), et ne peut qu’être un opposant au néolibéralisme financier: c’est totalement faux ( le parti Keynésien par excellence, le parti d’Obama ne fait-il pas alliance avec Wall Street ?)

      Qui est KEYNES : jeune intellectuel brillant protégé d’A. Marshall, grâce à qui il sera le rédacteur en chef de la principale revue d’économie et sacrifie son temps à la recherche d’une autre vision économique (Gloire à Marshall qui a protégé un penseur, même si ce penseur a fait des dégats !). Sa démarche se cristallise lors du traité de Versailles où il critique les positiions de Churchill. Il est proche à l’époque du cercle de Vienne (proche du PS autrichien par ailleurs) Ce qui le conduit à chercher une réponse globale (politique, philosophique économique à la crise qu’il voit venir)

      Dans quel contexte théorique ? A l’époque, la pensée est encore dominée par ce qu’on peut appeler encore la doctrine libérale. Mais cette doctrine n’est pas celle qu’on croit. Elle s’appuie sur deux piliers : la théorie de Ricardo – et non pas Smith !!!!!! – lequel selon Keynes « a conquis l’Angleterre comme la Ste inquisition, l’Espagne » , et un pilier moral. Cette morale pèse de tout son poids contre les politiques de relance car elle se fonde sur deux valeurs : le travail et l’épargne » (je dis bien l’épargne et non pas le capital financier, car ce qui intéresse la morale de l’époque c’est l’attitude de modération du sujet). On peut qualifier cette « vulgate » morale de platonicienne : le souverain bien, thème platonicien étant ici associé à la richesse collective et donc à la création de la richesse par le travail, laquelle ne doit pas être gaspillée par la sur-consommation. Deux noms reviennent souvent Bentham (whig radical en son temps) et Locke (dont le caractère platonicien est quand même douteux). A ce propos il faut savoir deux choses : d’une part que toute la gauche européenne partage le combat de KEYNES au nom de la science et contre la morale. D’autre part que cette morale de l’épargne avait déjà été attaquée, par les « so-called » lumières écossaises, Smith et Mandevile en tête : lesquels prônaient l’endettement et la consommation : c’est très exactement le sens de la célèbre « fable des abeilles » laquelle n’a rien à voir avec la fondation de la pensée libérale mais avec son opposition. Mais cette attaque n’avait pas ébranlé le doctrine dominante de l’époque.

      Que dit la citation de Keynes ? Cette citation montre le véritable enjeu du débat : parti de l’économie et de la politique (Hitler est aux portes et Keynes sait pourquoi ), ce débat va remonter à la morale et casser la doctrine libérale de l’épagne sur deux points clé : il ne peut y avoir lien direct entre épargne et investissement, il faut légitimer la sur-consommation. Et les attitudes qui vont avec bien sûr.

      Quelles en sont les conséquences ? Dans tout débat d’idées, l’enjeu ce sont les concepts clés et non pas le contenu direct. Tout le monde s’est focalisé sur les « sacro-saintes » politiques de relance, sans voir que la structure de la pensée était transformée. Et le fait est que KEYNES a gagné : non pas directement d’ailleurs, mais indirectement par les modèles mathématiques qui se mettent en place derrière lui (Hicks, Klein et Samuelson ). Sur ce point il faudrait rentrer dans les équations : mais je préfère en pointer la conséquence : ces équations font disparaître toute la référence à la morale de l’utile et du travail, référence qui existait jusque là dans l’économie politique (et même dans les équations de Walras). Partant de là, le jeune étudiant formé à la vulgate keynesienne (le modèle IS-LM par exemple) va en déduire qu’il n’y a plus d’enjeu moral dans l’économie puisqu’il n’en voit pas dans ces modèles. 99% du chemin vers le néolibéralisme sera alors fait. Mais il s’agit ici de croyance et non pas d’un constat empirique comme nous feignons trop souvent de le penser en France (aux US, en 50-60 le constat empirique aurait plutôt validé la thèse d’une morale économique) !

      Ce véritable brouilage des cartes est déjà grave. Heidegger à l’époque parle de « recouvrement ». Mais le plus grave de l’histoire est ailleurs. Il est dans ce que la rupture faite par Keynes n’a pas été menée de façon honnête sur le plan intellectuel. Au lieu de dire que l’on rompait avec le libéralisme, ce qui était le cas – à minima le libéralisme des « pilgrim fathers », on a fait le contraire. On a cherché à se revendiquer d’une forme de continuité (sans doute pour des raisons politiques importantes : défendre la démocratie contre Hitler et Staline).

      Mais ce faisant il fallait bien justifier de ses racines. C’est alors que s’est créée une histoire des Idées « officielle » cherchant à légitimer Keynes, et dont le coeur sera la fameuse thèse que vous connaissez tous : la théorie économique est née de la main invisible d’A SMITH.

      Au sens propre, cette histoire de main invisible n’est qu’un mythe fondateur. Le problème est que maintenant il fait partie de la croyance spoontanée de toute une génération de dirigeants.

      Cordialement

    3. @Claude Roche

      Je ne suis pas sûr que votre réponse s’adresse partiellement à moi (mon pseudo est Jaycib, qui correspond grosso modo à JCB en français, mais prononcé à l’anglaise). Mais je vous réponds quand même. Je n’ai pas vos connaissances en économie ou en philosophie, mais je crois savoir lire un texte! Celui cité par Paul est, à mon sens, déchiffrable au premier degré puisqu’il s’adresse aux petits enfants de Keynes: il n’y est pas question de théorie économique, mais de morale de l' »entrepreneur » et de l’économiste. Le contenu est univoque: la pratique de l’avarice et de l’usure mène par quelque opération du Saint-Esprit à la découverte et au triomphe du Bien. Voilà qui serait bien une rupture inédite! Je ne conteste pas votre interprétation de l’oeuvre de Keynes en général, mais force est de constater que dans le texte cité il est coupable d’un non sequitur moral (et d’un raisonnement fallacieux, auraient dit les Grecs, sauf les sophistes, peut-être).

      Deux points de détail: (1) N’est-ce pas Lloyd George qui, aux côtés de Clémenceau, a adopté une ligne dure au traité de Versailles? Churchill n’était qu’un comparse (relatif) dans le jeu politique de l’époque. Si Keynes a compris que la rigidité des alliés (moins Wilson) était suicidaire à terme, tant mieux. Je lui en donnerais volontiers acte. (2) Je crois que vous vous méprenez sur le libéralisme supposé des « pilgrim fathers ». Ils n’en étaient pas là! Ils voulaient simplement appliquer les préceptes puritains et « faire l’oeuvre de Dieu sur terre ». S’ils souhaitaient disposer de la liberté d’entreprendre, ce n’étaient pas pour autant des « libéraux ». Les multiples avanies qu’ils ont subies (ou infligées à leur tour aux Indiens « païens ») témoignent de leur incapacité à théoriser leur expérience en dehors du cadre rigide de la « vie juste » que préconisaient, à leur sens, les Ecritures (version protestante). En témoigne la dictature brutale de John Winthrop à laquelle ils se sont volontairement soumis au Massachusetts, avant qu’une branche démocratique n’émerge et n’aille coloniser le Rhode Island.
      Le vrai débat de politique économique aux futurs USA n’émerge qu’avec Benjamin Franklin à Philadelphie, et encore… Franklin lui-même était un défenseur de la libre entreprise parce qu’elle favorisait avant tout l’artisanat.

    4. @ jaycib
      J’accepte vos critiques .. ^même si je ne crois pas avoir dédouané Keynes
      L’épisode du Traité est véridique et explique beaucoup de choses .. même si vous avez sans doute raison sur le rôle relatif de WC et de George.
      Je suis allé un peu vite sur les pligrims fathers .. à ceci près que le chemin menant des puritains aux libéraux est très court ( et Franklin en a parcouru l’essentiel)
      Cordialement

    5. @niboh

      bien et mal ne sont pas des thèmes religieux à proprement parlé, mais de philosophie morale. Certes la religion fait beaucoup appel aux concepts moraux de manière générale, mais ces deux disciplines n’en sont pas moins distinctes. Cette confusion que je n’observe pas pour la première fois chez un commentateur du blog me paraît assez inquiétante.

      Par ailleurs, concernant le sens de la phrase, il me semble que nous soyons d’accord: Elle implique une approche individualiste. C’est bien ce qui me chiffonne dans un texte sensé traiter de phénomènes collectifs. L’économie, me semble-t-il, est fondamentalement collective: Le propre d’un échange est de mettre en relation au moins deux parties, éventuellement plus. Difficile d’échanger avec soi-même…

  22. Vous avez raison de citer Keynes dans ce qu’il a de plus personnel. Mais, vous savez bien comment tout cela se termine. Un petit matin, simplement par ce qu’il fallait y aller…

  23. Allez courage Fab, « Le temps n’en est pas encore venu. Il nous faudra encore pour un siècle ou davantage, nous prétendre à nous-mêmes ainsi qu’aux autres, que le juste est vil et que le vil est juste ; car le vil est utile alors que le juste ne l’est pas. L’avarice, l’usure et la méfiance demeureront nos dieux pour encore un temps. Car eux seuls sont capables de nous faire émerger du tunnel de la nécessité économique, vers la lumière du jour. »

    L’industriosité a encore une bonne centaine d’années devant elle. Les fourmis n’y consacrent-elles pas toute leur énergie depuis plus longtemps ? Bon, alors !

    Allez Mohandas Karamchand, ex petit homme, si tu te retournes encore une fois ou deux dans ta tombe tu finiras bien par retrouver ta position initiale et définitive. Bon, alors !

    Allez Paul, courage.

  24. Keynes ne m’intéresse que pour autant qu’il nous fait avancer vers une sortie possible du capitalisme!
    Alors, cette philosophie légèrment moralisante ne va pas loin!

    Je préfère rappeller en quoi un passage de la théorie générale devrait retenir notre attention en le poussant plus loin:

    Question de Paul Jorion@ Johannes Finckh

    A propos de Gesell, deux choses. La première : on rapporte toujours que Keynes avait une opinion très favorable de sa proposition de monnaie « fondante » mais on oublie de dire qu’il avait aussi une objection qu’il jugeait fondamentale :
    Il [Gesell] n’avait pas compris en particulier que la monnaie n’est pas la seule richesse assortie d’une prime de liquidité, qu’il n’y a qu’une différence de degré entre elle et beaucoup d’autres articles, et qu’elle tire son importance du fait qu’elle a une prime de liquidité plus forte qu’aucun autre article. Si les billets en circulation devaient être privés de leur prime de liquidité, toute une série de succédanés viendraient prendre leur place, monnaie de banque, créances à vue, monnaies étrangères, pierreries, métaux précieux en général, etc. John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) : 177.
    jf:
    Si l’on veut que la monnaie fondante soit acceptée, il faut répondre à cette objection! Je m’y emplois!
    Jorion:
    Deuxième chose : votre analyse du problème, les termes que vous employez et la problématique, sont « quasi-marxistes ». Pourquoi écarter alors la solution politique que celui-ci propose : éliminer l’organisation de la société en capitalistes, patrons, travailleurs, pour lui préférer une réforme de la monnaie qui résoudra peut–être la question de la concentration des richesses, mais uniquement de manière « asymptotique », par une longue érosion du pouvoir des rentiers ? Et comme ces derniers disposent de l’argent, ils disposeront automatiquement aussi des moyens de se défendre durant cette période de transition de durée indéterminée.

    Réponse Johannes Finckh@Paul Jorion

    En ce qui concerne l’objection de Keynes:
    “Il n’avait pas compris en particulier que la monnaie n’est pas la seule richesse assortie d’une prime de liquidité, qu’il n’y a qu’une différence de degré entre elle et beaucoup d’autres articles, et qu’elle tire son importance du fait qu’elle a une prime de liquidité plus forte qu’aucun autre article. Si les billets en circulation devaient être privés de leur prime de liquidité, toute une série de succédanés viendraient prendre leur place, monnaie de banque, créances à vue, monnaies étrangères, pierreries, métaux précieux en général, etc. John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) : 177.
    Des geselliens y ont répondu, mais leur littérature diffuse peu.
    En fait, Gesell y répond d’avance en quelque sorte.
    Gesell ne refuse asolument pas l’accumulation des richesses non liquides. Il me semble que les trésors, même en or massif, les tableaux, et plus largement la “monnaie de banque” (l’épargne), ne sauraient être une objection au fonctionnement de la monnaie fondante. leur “degré de liquidité n’a pas grand chose en commun avec le “degré de liquidité” de la monnaie, n’en déplaise à Keynes. Quant au devises, leur accumulation poserait peut-être un problème pour le pays étranger qui se trouverait privé de liquidités, mais ce pays devra alors (peut-être?) répondre à son topur avec de la monnie fondante…
    Comment le dire encore, ce qui compte c’est que la monnaie, l’échangeur universel, ne soit jamais au repos, et nous aurons toujours une conjoncture active où la demande sera placée à égalité avec l’offre. A cet égard, des richesses non monétaires ne constituent en rien un obstacle. Les créances à vue non plus, car elles sont dues à échéance, et, dans l’intervalle, c’est l’emprunteur qui fait usage de la monnaie prêtée. Rien de ce que dit Keynes ne saurait faire obstacle à la circulation effective de la monnaie fondante!
    En dernier, j’ajoute encore que l’acquisition de biens durables en échange des billets dits « fondants » est précisément l’effet recherché et obtenu de la monnaie fondante.

    La deuxième objection, celle de Jorion, me semble beaucoup plus sérieuse et inquiétante en effet!
    Les richesses accumulées en peu de mains sont devenus effectivement extrêmes. Là, je ne sais pas trop répondre, sauf qu’il faudrait sans doute s’attaquer aussi aux droits de succession et rétablir une meilleure progressivité de l’impôt sur le revenu. Un consensus majoritaire pour une meilleure redistribution des richesses existantes, y compris foncières, devrait néanmoins être possible, dès que chacun sera assuré de pouvoir vivre de son travail (et non de ses rentes ou des aides sociales), choses à portée de main avec la monnaie fondante.
    Si cela accélère la réduction des richesses des plus riches, dans un but de plus grande justice sociale, je suis preneur!
    Mais tout cela me semble plus facilement réalisable en régime de monnaie fondante, régime qui s’attaque en effet au “processus d’accumulation primitive du capital” pour employer du vocabulaire marxiste. Si les marxistes pouvaient marcher avec les geselliens en vue d’une meilleure justice sociale, ok.
    Mais je récuse la “révolution”, surtout si elle se veut violente, pour moi, cela n’a pas de sens! Je récuse aussi que l’on s’attaque à la liberté d’entreprendre ou que l’on nous impose l’aberration d’une économie planifiée d’en haut!
    Merci beaucoup de m’avoir donné l’occasion de cet échange!

    1. Pour « accélèrer la réduction des richesses des plus riches,  » trois solutions
      1 – Taxer le capital (tous les actifs, monétaires et non monétaires)
      2 – Limiter la capacité individuelle de détention d’actifs (par exemple 1 million d’euros par individu) par une taxation à 100% sur le capital
      3 – Taxer à 100% la transmission successorale d’actifs qui dépasse ce montant

      … le problème serait vite réglé: pas besoin de monnaie fondante

    2. Mais je récuse la “révolution”

      Bien, mais pas moi, car je suis plus bas dans l’echelle sociale. La revolution comme beaucoup de comportements humains est benefique au plan genetique. Les forts prennent le pouvoir, les fils rejetes a la marge de la horde viennent abolir le pouvoir central. Ceci est quasiment ethologique. Personne n’evitera la monte de l’egressivite liee, au stress.

      La revolution est la dictature de la majorite, celle du peuple, Sans le peuple il n’y a pas de revolution. C’est un rebattage des cartes.

      Ne nous leurrons pas, nous nous reveillons le matin avec ce cauchmare de societe reelle sur la tete, nous critiquons du matin au soir le monde qu’on nous a fait, ceci ne peut se faire dans l’amour du monde. Moderes ou pas, nous sommes tous en but a cette forme de societe.

    3. à Paulo:
      eh non, cela ne suffira pas
      1)taxer le capital? Cela déclenchera une fuite dans la liquidité et une augmentation de la thésaurisation: risque de déflation! Car la dite « fuite » des caopitaux est bien moins la « fuite » à l’étranger que la vente des actis avec préférence pour la liquidité!
      2)limiter la détention d’actifs? Cela ne veut pas dire grand chose sachant que le prix des ctifs vare énorément! C’est bien ainsi que les habitants d’origine de l’Ile de Ré se rerouvent imposables à l’ISF à caus des pipeuls qui ont envahi l’île! alors limiter les actifs dans ce cas???
      3)taxer à 100% la transmission successorale d’actifs?
      Ce serait encore plus difficile politiquement que la monnaie fondante! De plus,là aussi, la taxation d’actifs pousse à la détention et à la transmission liquide!

      Alors, vos propositions seront économiquement inefficaces et nuisibles, en tout cas sans consensusinternational et tant que l’on laisse tranquilles ceux qui préfèrent la liquidité!
      CQFD!

    4. JF
      Pas beaucoup d’intérêt de répondre sur vos objections car je sens bien que vous ne démordrez pas de votre idée fixe inapplicable « hors la monnaie fondante , pas de solution »
      C’est donc plus pour les autres lecteurs.
      1 – quand je dis taxer le capital, c’est également le capital « liquide » (monnaie)… on se fiche pas mal que certains prennent le risque de garder des billets de banque anonymes sous leur matelas: outre le risque de se les faire voler, incendier, etc (j’ai un ami dont la femme avait jeté une enveloppe avec plus de 30000 euros en même temps que les couches du bébé: quelle rigolade … sauf pour eux qui ont divorcé ensuite un peu à cause de cela).
      Pourquoi on se fiche pas mal de la sortie des espèces du circuit économique: parce que personne n’a jamais eu des difficultés à trouver des espèces à sa banque si son compte est évidemment approvisionné en conséquence. Les espèces nécessaires seront toujours émises par la BCE en fonction de la demande et les besoins en monnaie scripturale par les banques en fonction des demandes de crédit.

      2 – Ce n’est pas parce que le prix des actifs varie énormément qu’il est impossible de taxer à 100% les dépassements d’actifs individuels dépassant 1 million. L’exemple de l’Ile de rez ne démontre rien. Un propriétaire disposant d’un bien de 1 million et de 200 mille en dépôt devra payer 200000 de taxe, et devra vendre l’un ou l’autre ; ca fera au moins baisser le prix de l’immobilier!

      3 – Je dirais qu’il y a une solution simple: c’est qu’il n’y ait plus de « monnaie manuelle » (toute la monnaie électronique): ainsi il sera difficile de transmettre des billets de banque qui n’auront plus cours.
      Mais un changement de monnaie (franc=>euros) a relativement le même effet pour les grosses sommes : il faut bien sortir les billets pour les échanger officiellement.
      Mais de toute façon avoir des espèces pour aller chercher son pain n’a nul intérêt: trop d’espèces (que ce soit en détention ou en transmission) équivaut a avoir quelques difficultés pour les dépenser (essayez d’acheter une maison avec seulement des espèces sans avoir le fisc sur le dos)

      Bref, je ne dis pas que mes solutions sont parfaites (avec le 100% j’ai un peu exagéré), mais l’impot du capital, s’il est vraiment dissuasif (pas comme l’ISF actuel) est une bien meilleure solution que toute autre pour « accélèrer la réduction des richesses des plus riches » et au moins le produit de l’impôt profite à la collectivité.

  25. Je dirais que Keynes était dans le doute.
    Faute de disposer des concepts adéquats pour penser dans un autre cadre que celui de l’utilitarisme dont il voit clairement les limites, il imagine, faute de mieux, une hypothétique transition dans laquelle du mal émergerait un bien ….
    Finalement c’est assez prémonitoire. C’est exactement ce à quoi nous assistons aujourd’hui.
    Peu d’entre-nous pensent possible un rapide renversement de perspective. Pourtant, en toute logique, plus nous nous rapprochons du gouffre, plus la ligne de partage entre les idées qui ont fait leur temps et celles qui seront celles de demain, devient nette.
    De même, plus les périls augmentent, plus nous sommes proches des solutions, et donc de la « lumière ».

  26. Petite question pour monsieur Jorion, que penser de Maurice Allais qui est quand même dans l’air du temps?

    exemple :(Au cours de sa carrière d’enseignant, Allais a pris diverses positions politiques. En avril 1947, il participe aux côtés notamment des économistes libéraux Friedrich Hayek, Ludwig von Mises et Milton Friedman à la réunion de création de la Société du Mont Pèlerin, près de Vevey, en Suisse. Libéral utilitariste, il a cependant refusé de signer le texte constitutif de la Société à cause, selon lui, de l’importance excessive donnée aux droits de propriété. )source wikipédia.

    entre autre…. étant encore en vie et il a vu la crise de 1929 et participer à pas mal de travaux sur le libéralisme serait-il pas pertinent d’avoir son avis???

  27. « mais prenez garde, le temps n’en est pas encore venu » bien, mais ça y ressemble beaucoup les débuts du XXI em. Il y a des cycles, celui de l’ère industrielle est bientôt fini. C’est un gros paquebot, et il ne faut pas imaginer qu’il puisse piler comme une voiture; Il faut juste attendre qu’il s’échoue. Dans un premier temps, contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas la mondialisation qui gagnera en expansion, mais le repli sur soi, pour des raisons de sécurité.

    1. « Paquebot », merci de me tendre la perche ! J’ai vu 2012 hier et ce film, symtomatique pour le moment actuel de l’Histoire car il s’inscrit dans une serie de films-catastrophe particulierement radicaux, me laisse un sentiment nauseabond. Il ne s’agit au premier plan que de grand spectacle et de divertissement, mais le contenu du message est que pour la grande majorite de l’humanite il s’agit d’accepter de disparaitre… accepter linevitable. Seuls les elus s’en sortiront…. dans la joie et la bonne humeur. 6 milliards de morts et pourtant l’on partage la joie et les tourments des rescapes.

      L’analogie defaitiste avec la crise actuelle c’est que nous devons tous y passer et peu importe, puisque la commande vocale de la Bentley est tellement fascinante (gag du film)… peu importe, tout le monde est aneanti, par la crise ou le cataclysme, ca arrive. Acceptez de disparaitres braves gens, il n’y a pas de soucis, le film fonctionne.

      Tout film est politique, directement ou incidement. Ici l’humanite disparait sans encombres, comme une lettre a la poste. Le cataclysme est evidemment une image de la crise economique, Dans ce film, personne ne se revolte.. Ca me laisse vraiment un sentiment terrible.

  28. Tout d’abord un grand merci Monsieurt Jorion pour cet espace de liberté et un prompt rétablissement.

    Je tiens à préciser que contrairement à vous, je ne sais que peu de Keynes et de sa pensée. Mais il m’apparaît finalement, à travers ce texte, d’une forme de pensée proche du communisme: du concept jubilatoire du partage du travail comme somme fixe partagé au plus juste en une semaine de 15 heures, le temps que tous puissent se désintoxiquer, à la vision d’une société idéale où racines terriennes, coutumes et conventions traditionnelles (il n’écrit pas petit-bourgeois, mais ce n’était pas encore de mode), jusqu’à la rouerie finale consistant à utiliser le capitalisme contre lui-même, puisqu’il est le moyen le plus efficace pour libérer l’homme de ses contingences économiques.

    La difficulté ultime pour l’humanité, une fois débarrassée de sa malédiction utilitariste (résolution de l’économique), sera donc de désapprendre le besoin de travailler et l’anticipation du futur pour jouir de l’instant présent. Très en accord avec sa vie artistique (Bloomsbury) et philosophique (Moore). Il a d’ailleurs joint l’acte à la parole, car ce sont ces principes qui ont présidé à la création de la London Artists’ Association ou son implication au Arts Council of Great Britain.

    Keynes nous dit que dès lors un des changements les plus importants interviendra quand l’accumulation de richesses pour elles-mêmes cessera d’être socialement importante, provoquant le délitement des pratiques sociales et économiques injustes. Le monde sera sauvé… enfin presque puisqu’une partie de ce monde restera attaché aux vieux dogmes pathologiquement morbides et vaguement criminels (je paraphrase) d’antan : j’ai nommé (enfin, non, c’est Keynes) : les nuisibles utiles. Et pour nous les décrire, hors cette scenette « délicieuse » du Professeur de Sylvie, Keynes écrit ceci : des « personnes dotées d’un vaste besoin d’agir utilement ».

    Enfin, nous y sommes. Le monde a besoin pour atteindre son apogée idéale d’une sous-espèce particulière : l’homo agens.

    Mais quelle est donc la tare (car soyons clair, s’il est utile un temps, et même assez longtemps, il ne s’en révèlera pas moins taré) irrémédiable dont il est affecté pour ne pas pouvoir accéder comme le commun des mortels au Paradis sur terre ? Il s’inscrit dans le futur. Comme les intérêts !

    Et pourquoi fait-il une chose pareille, lors que ses semblables ne rêvent que de béatifier d’indolence bien comprise ? Parcequ’il se croit immortel l’imbécile !

    Il est donc tout à fait normal pour Keynes de conclure que ne l’étant pas (immortel), la sous-espèce nauséabonde de l’homo agens finira par disparaître et que le monde pourra enfin devenir ce qu’il devait être.
    La morale pour être complète est bien de constater que de la fin ou des moyens, le choix est fait.

    Quelques précisions sympathiques :

    – Mr Keynes n’est pas bégueule : quand il quitte le Trésor anglais, il travaillera pour deux compagnies d’assurance… vie.

    – je suis tout à fait d’accord avec vous que la traduction proposée par Herbert Jacoby peut être améliorée. A titre d’exemple, ce passage: « especially if he no longer has roots in the soil or in custom or in the beloved conventions of a traditional society » auquel je préfèrerais: « en particulier s’il n’a plus de racines ancrées dans la terre, ou la coutume ou les conventions favorites d’une société traditionnelle. »

    – il peut être intéressant de remarquer que la citation que vous attribuez fort justement à Mathieu (6:28) est dans sa version originale la suivante selon la King James Bible: « And why take ye thought for raiment? Consider the lilies of the field, how they grow; they toil not, neither do they spin: » qui se traduirait par: « Et pourquoi vous souciez-vous des vêtements ? Regardez les lys des champs, comme ils poussent ; ils ne peinent ni ne filent ». Quand on considère la manière dont il utilise ce verset, on ne peut que se demander pourquoi une telle transgression du sens. La fin justifie les moyens ?

  29. Je suis peut-être hors sujet, mais je trouve que le capitalisme fonctionne comme un « idiot collectif ».

    D’après ce que j’ai compris, l’école publique obligatoire avait comme fonction sociale de protéger les enfants des travailleurs non capitalistes (ouvriers, paysans, etc.) d’une exploitation forcenée qui risquait d’empêcher le renouvellement des générations. Un jeune handicapé, débilisé, voire carrément tué … ne peut plus être exploité!

    Aujourd’hui on n’en est plus là? Je travaille dans la Région parisienne, j’habite en banlieue et travaille à Paris.
    Temps de transport: 2 heures par jour minimum. En fait, hors le mois d’août, la durée de transports est aléatoire.
    Des dizaines (centaines?) de milliers de gens sont tous les jours dans cette situation. Temps, énergie perdus, exaspération à l’arrivée. Certains nous expliquent que les 35 heures/semaine c’est le début du déclin de la capacité productive de la France. Quelle est la contribution au PIB de ce temps de transport perdu, gâché, débilitant?

    Il suffirait de développer suffisamment le télé-travail pour résoudre en très grande partie cette situation ubuesque.
    Qui va le faire? Qu’est ce que ce délire d’un Grand Paris allant jusqu’à la mer (Le Havre)?

    Je pense que la semaine de 24heures (4 x 6) serait largement suffisante pour produire le « bien et l’utile ».

    1. @ niboh

      Franchement je crois qu’il s’agit d’une reconstruction moderne un peu romancée
      L’ecole publique a été constitué à partir de la philosophie des lumières pour donner les clés de l’émancipation aux jeunes français : ces clés ne sont que de deux sortes, le savoir et la valeur de l’effort . Avec J Ferry et en référence explicite à Fichte on lui donne enfin un rôle dynamique dans la construction d’un sentiment national (lequel J Ferry s’est fait enterré face à la ligne bleue des Vosges n’oublions pas) . Si donc l »école de Jules Ferry est égalitaire ( on met les même blouses aux enfants) c’est exclusivement dans ce but national : il n’y a rien dans tout cela qui renvoie aux luttes sociales ou à la lutte contre l’exploitation : ainsi on forcera les parents à mettre le jeune paysan à « l’école des lumières » , mais on leur permettra de le «  »récupérer » pour les travaux importants de la ferme
      amicalement

    2. Sur le temps de transport, vous avez raison: les pertes matérielles et les dommages
      psychologiques sont immenses, et il y en a d’autres…
      Pour la région parisienne – congestion, sur-densité etc..- la question est devenue aigue
      dans les années 1970: les villes nouvelles ont été crées trop proches du centre parisien.
      Les urbanistes de l’époque faisait valoir l’expérience du grand Londres, 20 ans auparavant: la couronne urbaine avait été placée à 60 km environ et les Anglais disaient que c’était trop
      proche : Londres se comportait comme aspirateur et les villes devenaient des dortoirs,
      sans vie propre. Sous Pompidou, pour Paris, il a été convenu que 30 km serait bien suffisant …

      Il faut rappeler que ces créations ont été accompagnées de scandales importants
      et que les forêts protégées ( et les sources) n’ont pas pesé lourd face à l’alliance
      du béton et du pognon.

      Chaque fois que vous souffrez du temps et des conditions de transport,
      stérile et destructeur, pensez aux effets de la corruption, de l’inorganisation et de l’imprévoyance. Le Capitalisme, en ces matières plutot sociales et humaines, ne marche pas.

      Le télé-travail ne semble pas une solution généralisable. Paris concentre une activité tertiaire,
      ailleurs nous sommes plutot matérialiste. Il y a beaucoup de choses qui ne passeront pas à travers une fibre optique ou un champ electro-magnétique… et j’ai la faiblesse de croire
      que l’image d’une chose n’est pas cette chose ( pipe de Magritte )

      Pour répondre a d’autres intervenant:
      dans ces années, le crédit était sous controle de l’Etat, la bourse était complètement atone mais
      assurait son role de financement des entreprises ( pour celles qui le voulaient. Le Crédit était majoritaire). Les taux de croissance étaient inespérés ( = chomage très faible) et la répartition des gains de productivité équitable.
      Cette période, dont AUCUNES des restriction ne pesaient sur le commun, en particulier le controle des changes, ne reviendra pas.

    3. @Claude roche. Vous avez sans doute raison sur les objectifs affichés (ou plutôt l’idéologie qui sous-tendait les promoteurs) de la genèse de l’école publique.
      Cela étant, la protection des enfants (et des femmes?) reste ailleurs dans le monde un problème d’actualité. Il y a plusieurs lectures possibles des actions entreprises: un humanisme éclairé, l’intérêt bien compris des capitalistes (ils ne sont pas tous idiots*), … sont-elles incompatibles?

      @Daniel. « Le télé-travail ne semble pas une solution généralisable. »
      Effectivement, pour un certain nombre d’activités ce n’est pas généralisable.
      Mais pour d’autres, production immatérielle voire matérielle**, il faudrait au moins essayer? A mon avis, le principal obstacle provient des structures existantes, notamment de leurs responsables, qui discourent abondamment sur l’innovation mais sont incapables de sortir des schémas de pensée qui les rassurent. Pour innover, il faut un peu de courage que par expérience je n’ai rencontré systématiquement que chez les femmes.
      « Les femmes qui exercent des responsabilités sont fiables sauf exception, les hommes le sont par exception. » J’ai utilisé le qualificatif « fiables », mais « courageuses » et d’autres conviennent également.

      *) voir, par exemple, la sortie de N. Sarkozy « DRH » du PS ou les théories, politiquement correctes, sur le « capital humain ».
      **) il me semble que des ateliers de confection peuvent être déconcentrés au domicile des ouvriers?

    4. Soyons clair jusqu’au cynisme: « Capital humain » ou « Bétail humain »?

      Un paysan protège son cheptel, pourquoi un capitaliste intelligent, même moyennement, ne protégerait-il pas son « bétail humain »?
      Le problème, déjà évoqué, avec la financiarisation c’est que certains croient encore que c’est l’argent qui fait tout seul les petits (profits) 🙂

  30. Bon rétablissement à Paul Jorion , la veille électronique est aussi très fatigante .

    Pour JMK , je n’ai pas eu de meilleure approche de ce surprenant « Maynard » qu’en découvrant son cercle de Bloomsbury et de ses intimes voisins dont James et Alix Strachey qui engageaient au même moment la traduction complète de l’oeuvre de Freud , la fameuse Standard Edition , autre révolution dont il s’imprégnait ( la révolution russe venait aussi d’éclater … etc) . Le club comptait de notables objecteurs de conscience et ressemblait plutôt à une communauté très ouverte à « l’internationale pacifiste  » . Bertrand Russell officiait tout près à Cambridge . Les minutes de ces réunions de mathématiciens ( Norton ) de biologistes , d’esthètes et d’historiens ( Lytton Strachey ) auraient été passionnantes .

  31. Tout ceux qui parlent de la monnaie en insistant sur nombre de ses qualités sans dire l’essentiel mentent par omission !

    Sa qualité de liquidité, pour Keynes, ou la confiance qu’on peut avoir en elle, ne sont bel et bien pas des qualités primaires, mais secondaires.

    Ainsi on n’a pas confiance dans la monnaie elle même, mais… dans le fait qu’elle va manquer dans l’environnement économique. C’est ici qu’on loge sa confiance, sans le dire. Dans la pauvreté.

    Le joli mot « confiance », c’est ici avoir confiance que tout va mal ; quelle ironie, et quelle hypocrisie… Tout cela est pudiquement tut.

    « Cachez ce sein que je ne saurais voir », l’ensemble de la société fonctionne sur le mensonge concernant la monnaie, à savoir que la prospérité est accessibles à tous une fois passé les vicissitudes de l’instant. Ce n’est pas le cas du tout.

    ==========

    Si je n’avais pas pensé moi-même à ceci, personne ne me l’aurait dit, dans la vie, dans le travail. Ce qui est un scandale général.

    Les infirmières, le personnel, les gens ne se demandent pas pourquoi le ciel est bleu, ni pourquoi un euro vaut quelque chose.

    Comme disait je ne sais plus qui, si les gens savaient ce que trament leurs banquiers il y aurait la révolution dans la semaine.

    C’est un scandale moral absolu. La monnaie est un scandale, In Evil We Trust ! nous avons confiance dans la misère. Sinon la monnaie ne vaut rien.

    Ce sujet me mets relativement hors de moi…

  32. Liszt écrit ceci:
    « Ainsi on n’a pas confiance dans la monnaie elle même, mais… dans le fait qu’elle va manquer dans l’environnement économique. C’est ici qu’on loge sa confiance, sans le dire. Dans la pauvreté. »

    Jf:
    ceci est une phrase suprenante, mais elle sonne juste!
    Il me semble que vous saisissez là quelque chose d’essentiel de la monnaie!
    En effet, fondamentalement, la monnaie, en tant que valeur refuge, a une tendance lourde à se retirer de son usage! Et, à ce titre, elle finira toujours par « manquer dans l’environnement économique »!
    Ceci est la cause même de la concentration des richesses qui confère à ceux qui retirent la monnaie du marché le pouvoir d’exiger l’intérêt monétaire net ou intérêt fondamental!
    C’est bien la racine même du capitalisme!
    Merci à ceux qui disent la vérité « à l’insu de leur plein gré! »
    Ou, en mentant à jet continu, la vérité échappe quelque part au tournant (Lacan)!
    Ou encore, le côté « scandaleux » et même obscène de la monnaie est bien sa nature de capital originel ou son caractère fétiche!
    Changeons donc cela! Car ceci est possible!

  33. Le capitalisme ne peut pas fonctionner sans crédits. Il est inutile de réguler les banques, de « moraliser » cette … chose.

    Prenez n’importe quel groupe d’entreprises au hasard, le personnel de ces entreprises ne peut consommer ce qu’il produit. Prenez 1, 10, 15, 1000 entreprises, ceci est toujours vrai, y compris pour un pays. Un pays ne peut absorber sa propre production, ce qui est vrai, par récurrence, pour le monde entier. Ayez confiance dans le raisonnement par récurrence, il est infaillible. On peut avoir foi en lui, plus qu’en n’importe quoi.

    En l’occurrence aucune régulation des banques ne pourra changer ce qui ressort de mon raisonnement plus haut : il faut du crédit, pour que le groupe des consommateurs soit supérieur au groupe des producteurs, qui ne peuvent absorber leur production, – sinon c’est la crise de surproduction.

    Je ne vois pas comment l’innovation technologique change quoique ce soit sur ce point (Shumpeter & Cie), sans oublier que n’innove pas qui veut.

  34. à liszt:
    Plus généralement, l’économie ne fonctionne pas sans crédit, ceci n’est pas la spécificité du capitalisme, car il y a toujours des cigales et des fourmis.
    D’autre part, un jeune n’a pas de capital, beaucoup de moins jeunes en ont, ils le prêtent aux plus jeunes, c’est une affaire de contrat entre générations.
    Ceci dit, ce qui pose problème dans le capitalisme, c’est l’écart grandissant entre emprunteurs et prêteurs.
    Les richesses monétaires croissent selon une courbe exponetielle, idem pour la dette.
    A ce train-là, les emprunteurs finissent par ne plus être solvables.
    Un système économique sans capitalisme aboutirait à une évolution stable au sens où les dettes se stabiliseraient ainsi que l’épargne, les taux évolueraient autour de 0% pour l’épargne et d’1% pour les crédits, en tenant compte de la nécessaire marge bancaire.
    Il reste qu’en additionnant les crédits et les dettes, la somme rste toujours nulle, c’est une affaire comptable.
    Ce qui indique qu’il y a des richesses qui s’accumulent au fur et à mesure que le travail engendre des équipements et des biens durables, mais on ne peut en aucune façon dire que l’on consommerait davantage en épargnant moins au niveau collectif s’entend.
    Quand j’entends des inepties autour de l’idée que les américains devraient moins consommer pour épargner davantage, cela n’a aucun sens collectif, seulement individuel!
    mais l’addition des indivus ne donne jamais davantage d’épargne collective, car d’autres s’endettent nécessairement.
    Ceci est aussi le sens de I=S de Keynes.
    Cela confirme aussi, évidemment, ce que j’affirme depuis longtemps, tout comme Paul, que le crédit n’est évidemment pas un mcanisme de création monétaire.

  35. Succintement:

    Pourquoi le capitalisme ne peut-il être moral?
    Parce qu’il se fonde entièrement sur des conceptions strictement individualistes.

    Le propre de la philosophie morale est de décrire des qualités de comportements dans une perspective sociale, autrement dit collective. Le bien ne l’est pas tant du fait d’un décret divin que du fait d’un jugement collectivement partagé. Philosophie morale et capitalisme ne peuvent s’accorder car leurs présupposés sont antagonistes.

    Par le même type d’argument on pourrait aussi interroger la pertinence du capitalisme en matière d’économie:
    Comme la philosophie morale, l’économie s’intéresse à des processus collectifs: Les échanges. Un échange ne peut jamais impliquer moins de deux parties distinctes. Envisager un processus collectif par une approche strictement individualiste ne saurait produire de résultat satisfaisant.

  36. @ Finckh
    Ne vous laissez pas impressionner par la remarque de Paul sur la parenté du vocable gesellien avec le vocable marxiste. C’est justement parce-qu’à ses yeux, si j’ai bien compris, le marxisme se trompe quant à la source véritable des situations de domination qu’il développe sa propre théorie. Pour qu’un marxiste puisse remettre en cause Gesell il faudrait qu’il puisse prouver qu’une analyse marxiste rend mieux compte des crises argentines que l’analyse de Gesell, ce qui est quand même difficilement envisageable parce que c’est de Marx que Gesell est parti et c’est en raison de l’échec d’une telle tentative qu’il a lui même substitué la problématique de la monnaie à celle de la propriété des moyens de productions.

    Surtout, l’intérêt du modèle gesellien réside en ceci qu’elle ne touche « qu »‘à la monnaie. Elle n’est a priori inféodée à aucune théorie de la justice sociale, c’est à dire qu’on peut lui adjoindre du Marx (les marxiens ne pourraient ne reprendre que cet aspect là de Gesell et supprimer la variante « marché libre »…), du Walzer, du Roemer, du Dworkin ou l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix… ou ce qu’on voudra! Elle peut également faire l’objet d’un consensus par recoupement alors que l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix, même si nécessaire, ne semble ne pouvoir faire l’objet que d’un modus vivendi, comme le montre la bipolarisation des marchés financiers qu’a généré la récente mesure chinoise.

    Encore une fois ne perdez pas de vue que la monnaie fondante n’est qu’un cadre et non pas la panacée. A l’intérieur de ce cadre il y a de la place pour bien des dispositifs différents qui viendront le compléter. Vous argumentez aussi très souvent de manière conséquantialiste/itilitariste, à la manière des tenants de la wellfare economics. En gros, ce modèle aurait des effets préférables aux modèles concurents. Ce n’est pas la la seule manière d’argumenter en faveur de ce cadre (car ce n’est qu’un cadre): Vous pourriez très bien vous en tenir à ceci. Le pret à intérêt est intrinsèquement immoral (pour des raisons X,Y ou Z) et en vertu de ce principe, et ce quelles que soient les conséquences en terme de bien être ou de stabilité des institutions, la monnaie fondante devrait être préférée.
    Ne vous laissez pas enfermer dans des « manière de voir » impliquant des « stratégies de justification déterminées ».
    😉

    A.S.

    1. Je vous remercie pour ces encourageantes remarques!
      Je suis bien d’accord avec vous, car il est certain que l’on ne doit pas remettre en cause des acquis sociaux au nom de la dite « panacée » gesellienne. Je ne dis jamais cela, d’ailleurs!
      Seulement, si on ne touche pas à la diabolique mécanique des intérêts et des intérêts composés ainsi qu’au problème de la thésaurisation, la poursuite du démontage social largement engagée dans le monde entier est certaine, quels que soient les gouvernements, socialistes, sarkozystes, communistes, etc!
      Aucune interdiction des paris sur la fluctuation des prix n’y fera rien!
      Et même les écologistes n’y pourront rien quand bien même toute l’énergie serait solaire et renouvelable, ce qui est par ailleurs souhaitable à terme.
      Je soutiens volontiers Paul dans son voeu, mais cela me semble presque dérisoire au regard de l’enjeu véritable!
      Et Paul nous doit quand même une réponse plus précise de ce qu’il entrevoit des conséquences concrètes de sa mesure.
      Que les autocrates chinois puissent en user, cela reste à voir, et leur corruption par ailleurs est quand même pire que notre système.
      J’attends de pied ferme ce que Paul en dira de plus convaincant.

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