Alexander McQueen (1969 – 2010)

« L’esprit absolu – art, religion, philosophie – semble s’élever au-dessus de l’esprit du monde qui se manifeste dans l’histoire des peuples ».

Jean Hyppolite, Introduction à la philosophie de l’histoire de Hegel (1948)

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157 réflexions sur « Alexander McQueen (1969 – 2010) »

  1. Même si je n’ai rien contre les morts, je dois avouer que je trouve cela très laid. Il me semble que la seule élévation suggérée par ces photos soit celle que procurent les talons. Me trompe-je ?

    1. C’est fait pour cacher le pied – une extrémité de membre particulièrement disgracieuse quand on y pense, avec ses cinq petits appendices (ou, faudrait-il dire, « tentacules » ?) – sous une forme harmonieuse. 😉

  2. Il y a des coups de pieds au cul qui se perde. Mac Queen était une marque et rien d’autre, c’est à dire une pure valeur d’échange

  3. Oui alors ça Paul il y a des fétichistes qui ne seraient pas d’accord. Et puis cacher des pieds jusque là c’est réservé au Radeau de la Méduse et c’est surtout parceque c’est difficile à dessiner !

  4. Sans être un amoureux des pieds, je ne les trouve pas si disgracieux qu’autre chose … les chaussures à paillettes par contre, elles sont bien moins pratiques !

  5. Ces chaussures me donnent envie d’aborder le sujet de la décadence, que l’on peut éventuellement voir à travers ces modèles de chausses… On la voit surtout à l’oeuvre au quotidien tout autour de nous. Que ce soit dans les domaines artistiques où, tous secteurs confondus, l’absence de créativité est reine. Que ce soit dans les domaines technologiques, où, parfois explicitement on renonce à chercher, à explorer (cf USA et le programme lunaire). On peut aussi remarquer un durcissement de tous les discours religieux, l’appauvrissement cultutrel des peuples qu’il concerne le petit français et sa culture ou la dernière représentante de je ne sais plus quel peuple, disparue il y a peu… Les rêves de grandeur (grandeur d’endettement ?) de nos dirigeants sont aussi intéressants à observer à la lumière de la décadence…
    Et maintenant, retournons nous, observons ce que nous savons des dernières frasques des grandes civilsations passées de ce monde….

    Et tout ça pour une chaussure qui ressemble à un gateau au chocolat !

    1. « Que ce soit dans les domaines artistiques où, tous secteurs confondus, l’absence de créativité est reine. »

      Ah bon. On peut sans doute le voir comme ca. On peut aussi le voir comme ca:

      Aujourd’hui les outils de creation et de diffusion artistique sont accessibles comme jamais dans l’histoire de l’humanite. Le resultat est une veritable explosion artistique dans tous les domaines, sur tout type de media. La musique en est le parfait exemple. Bien sur il vous faudra sortir des canaux de diffusion traditionnels.

      In other words, faut sortir le dimanche apres la messe…

    2. @ GDelaporte
      Cette « explosion artistique dans tous les domaines » est ce qu’Yves Michaud a appelé « L’art à l’état gazeux » (L’art à l’état gazeux; essai sur le triomphe de l’esthétique. Stock 2003).
      Il montre la difficulté de recoller les morceaux quand l’art est vaporisé.
      Fredo se trompe peut-être en écrivant que l’absence de créativité est reine aujourd’hui. La créativité est reine et l’art est devenu son vassal.

      @ Fredo
      Avouez: vous avez volé les Bottes de sept lieues!
      Des chaussures que nous offre Paul Jorion à la décadence, il y a un grand pas.

      Mais, après tout, est-ce que Paul Jorion ne voulait pas nous inviter, avec ces chaussures de bal, à danser « La décadanse »?:
      « -Dieux!
      Pardonnez nos offenses
      La décadanse
      A bercé
      Nos corps blasés
      Et nos âmes égarées »
      (Serge Gainsbourg)

  6. « À présent, McQueen n’a plus de preuves à donner de son talent, et même s’il reste controversé, sa marque est désormais réputée dans le monde entier pour sa créativité, son audace, et son originalité. »

    VOGUE 05-03-07

  7. A tous,

    les Créateurs ne sont pas là pour nous plaire.
    Il brûle en eux quelque chose qui transcende nos repères. Quelque chose d’inaliénable.
    Ce sont de fragiles géants.

    1. Les Créateurs, tout à fait d’accord (les Shakespeare, les Bach, les Rembrandt, les Brunelleschi, etc). Mais les artisans médiocres à la McQueen qui confondent la beauté avec la provocation et le style avec la répétition, et qui ne sont là que pour vendre, non merci.

    2. @pablo75
      Laurence vous parle de créativité (elle est tombé dedans, comme vous le montre les mots qu’elle emploie), et vous lui parlez d’art (comme nous le montre les noms que vous citez). Comment voulez-vous engager le dialogue.
      Essayez encore, soyez créatif.

    3. @ À Jean-Luc

      Laurence parle d’artistes (« Il brûle en eux quelque chose qui transcende nos repères »), pas de faiseurs de chaussures pour des marchands de laideur.

      Un créateur c’est quelqu’un qui s’assoie à sa table de travail et qui, contre toutes les modes qui sévissent à son époque, écrit ça:

      (magnifiquement dirigé – malgré les instruments d’époque – par Vladimir Jurowski, très grand chef russe de 37 ans)

    1. Vous citez Shakespeare un peu plus haut, pour définir les créateurs, et à présent vous parlez du mauvais goût anglo-saxon. Je n’arrive plus à vous suivre.
      Je préfère finalement la compagnie de Laurence qui, elle, n’est pas râleuse.

      Créatif ou créateur, créativité ou création, bon goût ou mauvais goût, art mineur ou art majeur, vendre ou être vendu? L’art a survécu à beaucoup de choses; il survivra à ces questions.
      Peu importe de quel nom vous qualifierez Alexander McQueen, il aura fait sa part.

      L’art survivra à tous ces serviteurs, ainsi qu’à ceux qui ne savent même pas qu’ils le servent.
      Il survivra aussi à ceux qui croient parler en son nom.

    2. Regardez les heures des messages… À part ça, vous connaissez sans doute les critiques que Voltaire et consorts faisaient à Shakespeare sur son mauvais goût – dont on s’en fout, puisque Shakespeare n’est pas un « designer »…

      « L’art survivra à tous ces serviteurs »… Bien sûr. Par contre, on saura dans 50, 100 ans qui a été McQueen? J’en doute.

      Si vous, de votre côté, vous doutez encore du mauvais goût anglo-saxon, promenez-vous à Londres ou à Los Angeles en regardant les gens, et vous comprendrez pourquoi les anglo saxons eux-mêmes considèrent la France ou l’Italie comme les pays du bon goût – notion née en France, il me semble…

    3. @ pablo75
      Objection accordée; j’oubliais que l’ordre d’affichage des messages n’est plus, depuis quelques mois, l’ordre chrono-logique.
      J’avoue ici ne rien connaître à l’Angleterre et aux états unis d’Amérique, n’avoir jamais entendu le nom d’Alexander Mc Queen avant l’annonce de son décès, et ne pas être sûr de la définition du bon goût.

      Vous vous demandez que sera Mc Queen dans 50 ou 100 ans. Hélas! même la postérité n’est pas un juge impartial. (Francis Blanche était un sage: « Il vaut mieux passer hériter à la Poste, qu’à la postérité ».)
      Combien d’artistes anciens restent aujourd’hui cachés sous l’ombre d’artistes fabriqués par leur temps?

      Pour avoir lu, entre autres, quelques écrits de Jean Clair (« Malaise dans les musées »), de Jean-Philippe Domecq (« Artistes sans art »; « Misère de l’art »), d’Yves Michaud (« L’art à l’état gazeux »), ou plus récemment de Renaud Camus (« La grande déculturation »), je ne suis pas dupe de notre machine actuelle à fabriquer des artistes.
      Je voulais pointer les incohérences du débat amorcé ici, c’est tout.
      Pour le reste, je me retire.

  8. Mon dieu! Torturer la mécanique podale à ce point!!!
    Un pied n’a pas à être « beau » ou pas Il doit soutenir le corps et encaisser des efforts mécaniques parfois considérables
    A voir ces horreurs, je ne puis m’empêcher de penser à ces petites chinoises aux pieds bandés, orteils ratatinés et vôute plantaire bousillée, simplement pour les faire « beaux »…
    Et puis aussi à ce pauvre mannequin qui se casse la gueule à 2 ou 3 reprises lors d’un défilé de « mode » parce qu’on lui a fait chausser des sortes d’échasses innomables…
    Ma première visite du musée Beaubourg m’a laissé perplexe…
    Art ou Foutage de gueule???
    Si le portrait par Ming d’un noir sur un mur de 3 mètres par 10 m’a particulièrement ébahi, ma stupéfaction fut d’une toute autre nature devant « la mariée » de Niki de saint Phalle….

  9. Mais moi j’adore ces 2×5 petits appendices!
    Ces chaussures ne me font pas plus d’effet que la burka. 😉

  10. Paul,

    Nous ne vous connaissions pas cette facette : « fétichiste du pied refoulé ».

    C’est du grand n’importe quoi mais ça …marche.

    1. Quelle horreur ces pauvre filles…

      Rendez nous les top des 80’s, style rosemary mc Grotha, elle mc pherson, renee simonsen!

    2. J’hallucine…

      Paul, ça ne vous donne pas envie d’écrire une monographie sur l’anthropologie de la haute couture? Ca vous changerait des pêcheurs de l’île de Houat!

    3. @ Mathieu
      Pour faire ça « bien » il faut s’immerger dans le « milieu » pour le coup il faudrait un scaphandre autonome !

    4. Couleurs chatoyantes au dehors, regards vides à l’intérieur. Toute une époque.

      La prochaine métamorphose de l’esprit absolu verra-telle la réconciliation du dedans et du dehors ? de l’image et du subtilement sensible.

    5. @Pierre-Yves D.
      Voilà la réflexion la plus utile de tous nos commentaires. Vous posez la seule question importante, et c’est sûrement le meilleur hommage que l’on pouvait rendre à Alexander Mc Queen.
      Si la « conciliation » du dedans et du dehors est le graal de l’esprit absolu depuis la nuit des temps, notre époque nous en a tant éloigné qu’il s’agit bien, comme vous le dites, de chercher à présent une « réconciliation ».

      Vous devriez demander un « billet invité » à Paul Jorion. J’aimerai vous lire à ce sujet.

  11. J’ai cru, de prime abord, qu’il s’agissait de l’illustration du dernier billet de François Leclerc: « La confusion comme unique stratégie ».
    Passée ma surprise, j’ai regretté que ce ne le fût point.

    1. magnifique vetement-oeuvre d’art

      dommage que la haute couture avec le mannequinat soit si violence pour les femmes

  12. Deux points de vue :
    Les créateurs de mode libèrent la femme; séduction, audace, créativité, etc…
    C ‘est sans doute vrai pout YSL, pour Chanel, avec en plus la qualité
    des matériaux et de la confection, et le confort.
    ou bien
    L’asservissement (proposé) à une esthétique qui dénature le corps fonctionnel.

    Entre la négligence assumée des contingences vulgaires
    ( comme marcher,flaner ou à grand pas, déambuler, trottiner, sautiller,etc…)
    et le mépris des femmes, il n’y a qu’une courte distance, un pas…
    Liberté? … non, exploitation des fragilités psychologiques d’ une
    (faible) clientèle féminine. (déboussollée ?, immature ? , post-adolescente ?)

    Snobisme, suivisme, blaingue-blaingue, c’est la recette infaillible
    pour le pognon d’un côté et une entorse, ou une blessure par objet
    coupant, de l’autre. ( une célèbre robe bustier à volant en tôle …).
    Liberté ? oui, mais coûteuse et dérisoire.
    Décadence est un mot mal vu, comme courage et morale.
    Un symbole mineur de la Crise…

    1. Ce type invent(ait) des formes nouvelles qui plaisent ou déplaisent…
      Je ne suis pas certain qu’il faille lui jeter la pierre…
      Moins dangereux qu’un inventeur de produit financier à la con…

  13. Each one of us, in his timidity, has a limit beyond which he is outraged. It is inevitable that he who by concentrated application has extened this limit for himself, should arouse the resentment of those who have accepted conventions which, since accepted by all, require no initiative of application. And this resentment generally takes the form of meaningless laughter or of criticism, if not persecution. But this apparent violation is preferable to the monstrous habits condoned by etiquette and estheticism.

    – Man Ray, Paris 1934

  14. « Les créateurs de mode libèrent la femme; séduction, audace, créativité, etc »

    Apparemment, ils ne les nourrissent pas.

  15. J’appelle à la barre Elisabeth Badinter avec son nouveau livre.
    Je suis terre à terre et si je suis sur terre, j’y suis pour me tenir
    debout……..grâce à mes pieds.
    Avec mon joli pied de nez !

  16. Le pied d’une femme m’a toujours impressionné, qu’il soit laid et déformé ou joli, suis fétichiste ?

    J’aime bien les jolis pieds pas détruits, ils sont expressifs et vivants. Mais de telles chaussures ne sont elles pas l’expression aussi du désir du désir de l’autre.

    Plus sérieusement, les chaussures présentées sont amusantes mais peu respectueuses de l’anatomie du pied et de ses appendices orteils. C’est comme la bourse, ça le fait 5 minutes, mais mal au bout d’un moment plus long.

  17. Laissons nous imaginer ce qu’aurait pu imaginer Mac Queen, si il avait entrepris d’habiller les femmes des talibans, un beau défilé de Burkas fluos sur un parterre de Kalachnikovs.
    Oh my God !!!! What a tremendous fancy.

  18. Je ne comprends pas vos réactions!
    C’est très « IN » ! C’est l’avenir!
    Tous les traders masculins et féminins devraient adopter cet uniforme de travail !

  19. D’abord, on ne dit pas des créateurs mais des créatifs! ensuite ce sinistre Mac queen, pour choisir des mannequins annorexiques de 35 kilos, souffrait d’une terrible mélancolie:ne pas avoir été à Bukenwald. « L’omniprésente laideur du monde moderne miséricordieusement voilée par l’accoutumance, surgit brutalement dans le moindre de nos moments de détresse. » Kundera Et quand on pense que nous n’avons plus que cela à vendre! Mais la vente d’une marque people ne suffit plus à empecher la baisse tendancielle du taux de profit. Mac Queeen et la crise , c’est la mème chose. « La beauté sauvera le monde » écrivait dostoievski; La laideur de marque Macqueen n’arrive mème plus à faire vendre des parfums! Tant d’efforts pour rien!

    1. Tout à fait d’accord. « La beauté sauvera le monde » écrivait Dostoievski. C’est pour ça que le nôtre est condamné: parce qu’il prend des McQueen pour des créateurs.

  20. Quel abus du mot « créateur »!! Plus un faux artiste dans un art mineur produit « du vent » et plus les adorateurs des extravagances nouvelles se prosternent devant lui en l’appelant « créateur »…

    1. Qu’est-ce qui vous permet de dire « faux artiste » ? Et qu’est-ce que cet « art mineur » condescendant qui vous permet de faire l’économie d’une argumentation ?

    2. Il faut vraiment prouver que faire des chaussures ou des robes est un art mineur à côté d’écrire « Hamlet·, composer la « Passion selon St. Mathieu », peindre Las Meninas ou construire la cathédrale de Reims?

      Ou que McQueen est un faux artiste à côté des vrais: un Picasso, un Bonnard, un Matisse, un Bacon… (pour ne parler que de peinture du XXe siècle).

    3. Les créatifs créent des noms propres: Mac Quenn; Koons… Marque qui a une valeur d’échange sur un marché dit de l’art comtemporain comme les produits structurés en avaient sur un autre marché. Le prix de l’art comtemporain est un prix spéculatif, le « prix de beauté » de Keynes devenu le prix de « transgression dérangeante ». » «Visionnaire et avant-gardiste, ses créations s’inspiraient à la fois de la tradition et de l’hyper modernité pour être hors du temps»dixit F.H Pinault grand capitaine d’industrie et fils de son père. Ce qui disparait dans ce monde, finance ou art contemporain , mode … c’est la valeur d’usage: « Le premier mérite d’un tableau est d’être une fête pour l’œil. « Delacroix Où est la fète? A la bourse sans doute!

  21. le monde de la mode est comme le monde de la finance, c’est à dire completement déconnecté du réel…
    En tout les cas pour ce créateur là qui semble vouloir attirer l’attention.
    Il faut reconnaitre que c’est surprenant, de la à dire que c’est de l’art …Non , c’est plutot comme un spectacle, un jeu du cirque.
    D’autre part ON peut bien critiquer les voiles et burqa..en disant que cela dénigre et rabaisse la femme à l’état de chose ou d’objet pour les hommes, je crois que ces spectacles là n’ont rien à envier aux talibans.

    1. La burka cache la beauté des femmes. Ici on la gâche.
      Paul Jorion, psychanalyste à ses heures, pourrait nous dire si l’homosexualité de tous ces créateurs de mode y est pour quelque chose… Ces femmes mannequins ressemblent de plus en plus à des phallus, non? 🙂

    2. @ ayatollah (quel nom étrange)
      Le monde de la mode est depuis toujours, et par nature, déconnecté du réel. Si le vêtement est affaire de coutume (costume) et d’habitude (habit), la mode est forcément au-delà. Des parures Mayas aux robes à crinolines, le réel à toujours été mis hors jeu.
      Si le spectacle est un jeu avec le réel, alors oui, comme vous le dites, la mode est un spectacle. Ne boudons pas notre plaisir!
      Voile, burqa, femme réifiée, objet des hommes,… Calmons le jeu. Jamais aucun vêtement n’abolira la femme.

  22. Je me demande si on est vraiment dans l’art ou le snobisme ? Mais les deux vont si bien ensemble aussi…
    Les chaussures Bionat, moins « styliste », sont si agréable à porter. Une adresse près de Paris ? Montreuil.

  23. Ce style de chaussures n’existe que pour completer une silhouette idéalisée d’un défilé sans vrai objectif commercial.
    Devant le nombre de collections, chaque saison, le message doit être fort pour sortir du lot. D’ailleurs avez vous vu ce
    genre de modèle dans la rue à part sur peu d’originales argentées? McQueen a créé bien d’autres belles choses qui resteront dans la mémoire.

    L’histoire du costume nous démontre que les excés vestimentaires ne sont pas réservés à nos contemporains : poulaines du XVème siecle, pieds bandés des chinoises, escarpins à talon pour homme au XVIIème. Pour affirmer leur appartenence à un groupe, une ethnie, un rang les hommes sont allés trés loin dans l’inconfort sinon dans leur intégrité physique. On peut constater qu’une tendance au corps liberé succéde à une mode plus contraignante, mais pour aprés mieux se soumettre à de nouveaux diktats.

    Force est de remarquer que la rue est marojitairement triste et uniformisée et cela malgré la surabondance de propositions et surement à cause de cela. Les modes les plus marquantes et créatives ne sont-elles pas nées de périodes tourmentées ou de restrictions?

  24. Mes amis ! Quelle intolérance ! Quelle étroitesse d’esprit ! Plus le sujet est, paraît-il, « mineur », plus on s’autorise à s’enrager ! Revenons à nos moutons de changer le monde… pour rétablir un peu de calme !

    1. Le sujet est fondamental, c’est pour ça qu’on « enrage »: c’est quoi l’Art? C’est quoi la vérité dans l’Art? Pourquoi on prend l’artisanat pour de l’art et on confond le laid avec le beau? Pourquoi l’art « moderne » officiel est devenu une vaste escroquerie sans aucune limite?

    2. Paul, voilà où mène Hegel 😉

      Cela prouve que vos lecteurs vous prennent au sérieux, du coup même un peu trop 😉

    3. Moi, j’aime les citations…

      -L’intolérance est en elle meme une forme de violence et un obstacle a la vrai pensée démocratique
      ~Mohandas Gandhi

      -Intolerance is evidence of impotence.”
      ~Aleister Crowley (English poet, author, philosopher, 1875-1947)

    4. Quand je vois ces pauvres filles anorexiques , je ne vois pas leurs vetements je ne vois que leurs »canes » et j’ai envie des les dégommer comme au bowling. Elles ne sont que la triste représentation de notre haine du charnel, du réel. c’est pour cela que nous préférons l’argent aux choses. Sous des dehors très « porno chics » nous meurtrissons la chair honnie . Nous n’aimons plus les choses. La théocratie n’est peut-etre pas là où on l’attend

  25. Ces extraterrestres étranges…, ces caméras articulées qui les suivent, cette musique atonique: est-ce un défilé de mode ou un tournage d’un film de science-fiction? Les frigues m’ont semblé jolies mais faut-il torturer de pauvres jeunes filles pour vendre la camelote ?
    Quelle est le mobile de Paul quand il nous montre cela ? En tout cas j’ai été étonné par le peu de réaction féministes outrées…

  26. Oh, Giacometti.
    l’Homme qui marche.
    La silhouette tendue,
    la géométrie parfaite,
    un espace déglingué,
    la boue sur tes pieds,
    la fange recouvre,
    l’espace mutilé,
    vient la fragilité,
    et cette femme flamboyante, qui marche,
    est-ce elle qui t’arrive aux chevilles ?
    le temps, le temps,
    ne vaut plus un clou.

  27. Oui quelle dureté dans vos commentaires à tous !
    Reste qu’il n’était qu’un homme, fragile …
    Relire « Fragilité » de Jean Claude Carrière , un joli livre …

  28. @Hervey 11/02 20h49.

    J’ai regardé cette vidéo qui me met extrêmement mal à l’aise sans trop savoir pourquoi.

    @Paul,

    Mais moi j’aime beaucoup les pieds ! Pas tous, c’est vrai… 🙂

    1. @ Ken Avo
      C’est l’occasion de s’interroger, ça peut prendre du temps… sérieusement.
      @ tous…
      Picasso disait de l’art, « c’est comme le chinois, ça s’apprend ». Si c’est Picasso qui le dit, ça passera mieux que si c’est moi qui vous le dis abrupto.
      Je suis un peu déçu mais pas trop surpris de la bronca que cela soulève. Cette manifestation d’indigence m’attriste et m’amuse en même temps.
      Si l’Art est en parti lié à la richesse, si on l’assimile aux traders, s’il décore les devantures des banques etc… s’il est assimilé aux surplus de l’économie, tant pis. Tant pis et tant mieux.
      Tant pis parce qu’il vaut mieux que ça et je ne développe pas, ce serait trop long…
      Tant mieux parce que je préfère que l’on gaspille les surplus de l’économie sur les enchères d’un Giacometti plutôt que d’alimenter un complexe militaro-industriel.
      Et pour étendre la réflexion, il me semble préférable de voir se développer des activités artistiques que des activités militaires. Il faut faire la différence. Certains n’en ont cure et partent en guerre contre l’art parce qu’il serait trop lié à l’argent. Mauvais prétexte, aveuglement, je dis !.
      En rire je vous dis pour ne pas avoir à en pleurer.

  29. En matière d’art, et je pense effectivement que c’est ici de l’art – et pourquoi cela n’en serait-il pas ?, on aime ou on aime pas et puis c’est tout. Restons simples !

  30. Triste.

    L’Art (au sens large) et ses excès, sa folie, l’incompréhension qu’il suscite (mais n’est-ce pas là son rôle essentiel?)
    n’a-t’il plus sa place dans ce monde borné par des considérations économiques?

    Les artistes pourtant, dans leur activité sublimatoire, contribuent largement à changer le monde ou le regard que l’on porte sur celui-ci.

    Et la notion de ‘ Beau’ dans la création , futile au regard du trouble et des réactions qu’il suscite.

    1. La notion du Beau « futile »?? Mais il n’y a que la Beauté de vrai dans ce monde-ci !!

      « Quel corps à corps, toute ma vie avec le néant. Tant aimer la vie et si peu y croire! Admirer le monde et le détruire à mesure qu’on l’adore! C’est à la beauté seule que je crois; et la laideur de la mort est partout.  »
      (André Suarès)

      « Le beau est la splendeur du vrai. »
      (Plotin)

    2. Pablo, la notion de « beau » dans l’art est en effet completement futile. Tu devrais lire les critiques d’arts fin 19eme hurlant sur les impressionistes (Manet surtout), trouvant leurs oeuvres « laides ». 20 ans plus tard tout le monde s’extasiait…

      L’art ne doit pas etre beau, l’art doit intriguer, provoquer. Dans ce sens Mc Queen a franchement reussi.

  31. Apparence quand tu nous tiens…
    Plus sérieusement je suis assez curieux de voir ce que l’on en dira avec le temps…
    D’un point de vue artistique c’est choquant sur le coup puis cela a tendance à se légitimer dans le temps, en effet,les exemples sont nombreux : Baudelaire s’invectivant face à la photographie naissante ou encore les débuts du pantalon chez la femme…
    Pour la petite histoire ces pieds torturés ne datent pas d’hier…les chaussures montantes existaient déjà à l’époque romaine.
    Ceci dit, loin de là à prétendre m’y connaître tel un expert dans ce domaine, cette vison de pierreries et paillettes par les temps qui courent me laisse un peu dubitatif dans la mesure le monde va quand même un peu moins bien qu’avant ; en effet à mes yeux l’argument de la fête, du rêve, de l’insouciance prôné par l’état d’esprit de la mode comme solution face à la monotonie de la vie de tous les jours tient mal la route. Désormais les gens consomment et consommeront moins qu’avant, bien sûr il y aura toujours des argentés pour s’offrir ces folies mais ces défilés de haute couture servent aussi de banc d’essais pour nos futurs vêtements et instinctivement (je ne suis pas d’accord avec Mia!) on peut s’attendre à une certaine « frilosité » en matière de création dans ce domaine : maintenant on regardera à deux fois avant de lancer la commande en chine ou je ne sais où…
    En bref tout ceci pour dire que l’avenir de ces belles choses peut sembler compromis dans la mesure où les potentiels acheteurs se contenteront davantage d’en rêver plutôt que de dépenser et la disparition de McQueen aussi malheureuse soit-elle, résonne comme une triste coïncidence…

  32. L’art est au porcs (pigs) ce que les échasses sont à nos manques.
    Paul a la queen au basques et drague le béret Govoy (pan-pan-boom-boom)…….. Avec élégance, …tout du moins la sienne.
    Quel engouement général pour ce Hendaye (end-day pour le Keupon ) !!!! Que de monde à la manœuvre!!!
    Quand nous nous élevons au dessous de la ceinture de ce, ….. »tu parts ou tu raques ».

    Anella tu est vraiment une femmmmmmmmme insupportable. Mais je t’aime, malgré tes prothéses .
    Tristesse.

  33. C’est marrant, toutes ces prises de position tranchées, parfois outrées, vis à vis d’un truc finalement un peu insignifiant pour le sort de l’humanité. C’est parce que ça doit toucher chez chacun de nous des zones différentes. Citons:l’esthétique, la création, le people et sa corrélation le marché, le sort des femmes, la communication. Et pourtant, c’était un professionnel de la légèreté!

    Ce qui est intéressant, c’est que cette info (la mort) fasse autant réagir (ce sont les meilleurs qui partent). Les infos sont un paravent qui cachent les choses sérieuses.

    1. Vous dites bien : « le people et sa corrélation le marché ». Un pas de plus, concernant cet artiste : « la haute couture et sa corrélation la ploutocratie ». Cette relation établie simplement par beaucoup des vulgum pecus, spectateurs de défilé de mode. Et trouble provoqué par l’entrelacement de séduction, de subjugation, auxquels ont peut céder, et d’arrogance qu’on peut rejeter – le mouvement de beauté qui emporte le tout n’apaise rien, bien au contraire. Choses très sérieuses donc.

  34. Comme c’est étrange. Steve Mc Queen (vrai artiste) na pas « élevé » ses créations « au-dessus de l’esprit du monde ». Au contraire, il en a pleinement exprimé la part la plus épouvantable. Précisément : l’idéologie ploutocrate, selon laquelle la richesse c’est bien, et que les pauvres attendent que les miettes tombent de la table, et que plus les riches sont riches plus il y a de miettes. Par conséquent qu’il glorieux de manifester et claironner l’argent qui est tout. Et l’élégance de ses créations n’est pas antinomique à cette dévotion aux puissants et aux puissances : l’argent achète aussi le talent, voire le génie, ce ne sont pas les exemples qui manquent dans l’histoire.

  35. @ Phil de St Naze,

    pour vous, je cite : « esthétique, création, le marché, le sort des femmes, la communication »,

    ne sont donc pas des choses sérieuses …

    Allez, vous êtes pardonné : vous êtes amusant.

    1. @Laurence.

      « esthétique, création, le marché, le sort des femmes, la communication » se rapporte à ce que ça doit toucher chez nous. C’est donc évidemment signifiant sans quoi notre vie ne le serait pas

      C’est le phénomène de la mode qui est relativement insignifiant.

      Quand on veut faire un match, il faut s’assurer qu’on a les bonnes jambes, quand on veut lire, il faut des lunettes, quand on veut penser, il faut un cerveau et quand on veut agir, il faut des idées et un réseau.

  36. Non non ceci n’a rien d’anecdotique.
    Les outrances lingères importables évoquent les outrances financières meurtrières.
    Mais tout çà est « légal ».
    Les terriens (riches) sont devenus fous.
    Lacroix est dépressif et va peut-être….

    PS
    Entre nous Picasso se foutait du monde , mais les investisseurs qui en ont pris se régalent encore…pour un temps.
    Vous voulez achetez une couleur?
    Vous savez qu’une fois barbouillée sur une toile un « bleu » ou un « noir » changent de valeur au m².
    Cà me Soulage!

    1. Si Picasso se foutait du monde (regardez ses dessins) qu’est-ce qu’ils faisaient Malevitch avec son « Carré blanc sur fond blanc » ou Klein avec ses monochromes ou Robert Ryman avec ses « tableaux » entièrement blancs collectionnés avec passion par le cinéaste Claude Berri?

  37. Paul,

    D’un coup, c’est comme-ci les images devenaient le catalyseur de bien des frustrations.
    Intolérance énorme, esprits bornés, regards fermés, donneurs de leçons…
    Surtout ne pas rêver parce que les temps sont durs? Quelle bêtise.

    1. Dès qu’on critique les modes, on est un frustré, un intolérant, un esprit borné, un aveugle, un donneur de leçons ou un imbécile.

      L’insulte comme argument suprême. Ça rappelle les vieilles techniques du stalinisme, auquel votre pseudo fait penser.

    2. Mais c’est le contraire !! C’est les gens qui n’aiment pas McQueen qui se font traiter d’ntolérants et de bornés !!

    3. @ Pablo 75

      Faut pas s’ennerver comme ça, la vie est trop courte, va faire une sieste et un peu de méditation. T’as le droit de penser ce que tu veux et d’autres le contraire, comment vouloir que quoique ce soit s’améliore dans ce monde de M …sans un minimum de tolérance?

      Deux personnes peuvent avoir deux point de vue différents en ayant raison toutes les deux. Ca concerne la réalité de chacun, son histoire, ses frustrations, son parcours, son expérience, son émotion.

  38. “LE SAVOIR AMOUREUX “La plupart des philosophes, de Platon à Hegel et Heidegger, présentent le réel comme problématique : ne pouvant être reçu comme tel, c’est-à-dire approuvé, qu’avec l’appoint d’une garantie extérieure, Idée, Histoire ou Être. On dirait que le réel est manchot, et que rien de bon ne saurait en être attendu tant qu’on n’aura pas récupéré le bras manquant. Cela, tel quel, n’a point de sens, point de raison : le réel peut bien advenir, il n’en sera pas pour autant reconnu. D’où l’habituelle besogne de la philosophie, son dur et perpétuel labeur : exhumer le sens caché, recomposer le puzzle, attendre, comme Hegel, d’une fin de l’Histoire qu’elle veuille bien confier au philosophe, in extremis, son fin mot. Sans doute le même Hegel entend-il vivre pleinement le réel, c’est-à-dire en son présent — “Ici est la rose, ici il faut danser”, est-il recommandé dans la préface aux Principes de la philosophie du droit — ; mais il faut pour ce faire passer d’abord par une laborieuse “réconciliation” avec le réel, obtenue à l’issue d’interminables médiations conceptuelles. De quelle faute le réel est-il donc coupable qu’il faille ainsi le bouder, sauf à entreprendre, par la suite, de lentement se “réconcilier” avec lui ? C’est là, on le sait, une immense question qui parcourt toute l’histoire de la philosophie, du moins de toutes les philosophies principalement affairées autour du problème du manque.
    “A cette histoire de la philosophie — de la philosophie triste, pour cause de manque —, l’allégresse fait une opposition constante. (…) En sorte que c’est bien ici la rose, et maintenant qu’il faut danser : pas pour ce qu’en dit Hegel, qui n’approuve le présent qu’à la condition de le rattacher à la totalité concrète, c’est-à-dire à la fin des temps. (…) A la considérer ainsi — en tant que savoir approbateur du réel —, l’allégresse consiste essentiellement en une élimination de l’autre et une dissipation du double — soit en une approbation non narcissique de ce qui n’est pas autre, c’est-à-dire de tout ce qui existe, justement saisi comme à jamais préférable à ce qui n’est ni présent ni ici.”
    (Clément Rosset, L’Objet singulier, “L’appréhension du réel”, PP 107-111)

    1. Les chaussures, il faut les voir portées sur les modèles. Je ne sais si ça peut donner envie aux femmes de les acheter.
      En tous les cas, en tant qu’homme, je n’aurai jamais envie de les offrir à une femme comme celles qui les portent sur cette vidéo. Il est vrai que je n’ai plus l’âge, mais quand-même, je trouve que ça sent la décadence. Au final, les vêtements qui cachent et les chaussures et l’intégrité des modèles, ont peut-être leur utilité plus qu’on ne le croit. Tout peut s’expliquer parfois.
      Rendez-vous dans 20 ans (si j’arrive à 95 ans). Où en seront les créateurs d’avant ou d’arrière garde quand, dans la pénurie de beaucoup de matières premières et d’énergie pour les façonner, ils seront contraints à créer dans le virtuel?
      Tout porte à sortir du matériel dont on ne sait plus quoi faire d’utile ni même d’esthétique. A moins que ce soit seulement pour faire de l’argent et rien d’autre. C’est triste, et ça ne peut durer longtemps.

  39. Bonjour,

    chaussures trés curieuses mais qui les portent ? c’est de l’art pour les communs, femme statue vivante ange emprisonnée statufié sur un socle de jolies pierres

    … et que seul les esclaves sexuels de riches bouffis de la finance peuvent porter et que seul les gens trés trés riches peuvent venir lécher aprés leurs méfaits financiers et avant la « petite conclusion » .

    Sans mentir, j’associe tout ces délicieux petits organes enfermés dans ces « socles à lampadaires » à notre prison économico-financiére.

    En tout cas seul leur créateur et avec tout les artistes du monde (j’y inclus aussi les footballeurs) méritent des salaires et avantages à la Proglio dé Veolia, car ils nous font rêver.

    Cordialement

  40. L’art c’est comme le sport.

    Quand c’est mis en vente çà tombe dans l’ excès.
    Ce qui est excessif est ridicule.
    La tolérance?
    Cà mène aussi aux excès…
    Hi hi!

  41. L’ art est une composante fondamentale de l’ humanité.

    Serait-il préférable qu’il cesse d’exister (quel danger!) sous prétexte que celui -ci est, comme toute choses en ce monde y compris nous, récupéré par la Finance ?

    Si on en doutait, on sait maintenant -au vu des réactions que ses créations suscites- qu »alexander MacQueen était un Artiste.

    1. « on sait maintenant -au vu des réactions que ses créations suscites- qu »alexander MacQueen était un Artiste. »

      Je ne savais pas qu’un de mes étrons faisait de moi un Artiste avec un grand A.
      (ce qui n’est pas une critique du talent de MacQueen, je trouve ses robes jolies; juste sur l’absurdité de votre affirmation).

    1. C’est fait pour.
      En périose de campagne électorale actuelle… puis, ce peut être considéré comme un détournement…
      Le locataire de l’Elysée osera-t-il réclamer des droits d’auteur?
      L’Art pose toujours pleins de questions. N’est-ce pas ?

  42. @Hervey « C’est l’occasion de s’interroger, ça peut prendre du temps… sérieusement. »,

    Oh c’est assez simple. Ce défilé par sa mise en scène, les vêtements présentés, la coiffure et le maquillage des mannequins me fait penser à une nuée de sauterelles extraterrestres. Et c’est exactement ce que voulait l’artiste, n’est-ce pas ? C’est donc une réussite de ce point de vue.
    Il reste que « j’aime pas », paysan ou pas. 🙂

    1. Hervey,

      Peut-être mais « ne pas aimer » plus « qu’aimer tout » n’est-il pas également plus courageux ?

  43. J’admets, quand j’ai vu le sujet, je fus surpris, Mr Jorion se transforme-t-il en gazette.

    Ma réaction en voyant ces photos de chaussures, mais il en est de même pour moi lorsque je vois certains défilés de collections,un hochement de tête, je n’ai en fait pas de jugement particulier, j’ai une formule toute faite :  » ce n’est pas mon truc », des jours c’est  » ce n’est pas ma tasse de thé « , je vous ferais sourire en vous disant que je suis consommateur de café, quoique, donc pour revenir au sujet présent, sur un certain nombre de sujets, je ne me sens pas à même de donner mon avis et ce faisant je ne dis rien d’autres que mes formules toutes faites.

    Si j’interviens sur ce sujet, c’est que je reconnais l’esprit de mes concitoyens, je dois reconnaitre que je voyage peu, oui ce français qui sait tout sur tout et qui est capable de mieux faire que le président et l’entraîneur des bleus.

    Si je dis que je ne voyage pas, c’est que je ne sais si, sur ce sujet présent, ce  » critiquisme » est français ou vient de l’homme d’aujourd’hui.

    Bref dans ce débats, apparait cette capacité que nous avons à nous approprier toutes les conversations, notre capacité à ne pas faire abstraction de nous-même ( nous ne sommes pas le centre du monde « , notre capacité à nous croire supérieur aux autres, sans doute d’autres choses pas très gentilles… et ce faisant, en voyant les réponses et votre réaction, je me dis que ce post sur cette disparition, me semble pas si mal venu que cela.

    Je vais donné mon opinion perso, sur ma manière de lire et de suivre ce blog, peut-être est-ce hors de sujet, je ne sais, mais cela me tarabusque depuis quelque temps.

    Cette crise, votre blog, les réponses, m’ont montré combien je m’étais ou coupé de la réalité, ou que la réalité ne me correspondait plus.

    Je m’explique, j’ai l’impression que nous sommes comme orphelin, nous nous sentons incompris, nous avons conscience que la période actuelle est une rupture de société et pourtant, la société continue son chemin, quasi comme de rien…

    A certains moments, je me dis que j’affabule, que suis pas un bon, que tous ceux que je vois savent mieux que moi, et une info et je me redis alors, pas possible que cela puisse repartir, c’est pas possible…

    Alors sur ce site, je reprends confiance en moi, je ne suis pas seul, d’autres pensent comme moi, je dois admettre cependant que j’aimerai que les réponses soient plus fraternelles, que la discussion s’entame réellement, j’ai donc l’impression que chacun s’épanche un peu, il y en a qui ont de la suite dans les idées, comme la monnaie fondante, d’autres qui veulent créer des mouvements, en fait je vous remercie M. Jorion et Leclerc, même si le sujet traité est grave, si la situation n’est pas agréable du tout, vous nous donnez la possibilité de ne pas nous morfondre dans notre coin, en pensant que nous sommes les seuls à avoir compris combien la crise n’avait en fait rien à voir avec les précédentes, sauf à faire un grand voyage vers le passé, comme vers la Rome antique…

    A une époque vous aviez lancé l’inventaire de demain, ne serait-il possible de lancer, les bonnes nouvelles, ce me semble il y a quelques bonnes choses, contre le réchauffement climatique, des avis contraires parfaitement documentés et plausibles, des idées comme les maisons actives, des découvertes allant dans le sens du « comment faire sans le pétrole « , des découvertes sur de nouvelles techniques pour les cellules photo-voltaïques ou sur les piles…

    Je crois que nous avons tous besoin de positiver, et oui une autre idée, suis un créatif et pas un créateur, les questions et j’en pose une, vu que les banques françaises sont principales actionnaires des banques grecques, vu que les banques grecques sont les principaux débiteurs de la dette grecque, que la Deutche-Bank est une des 3 principale banques dans le traitement des CDS, qu’une des agences de notation était à capital français, je me dis que peut-être regarder uniquement derrière les USA pour la crise Grecque est peut-être une image imposée .

    En d’autres termes ne mettons nous pas trop de responsabilité sur cette crise, uniquement sur le dos des financiers, ce faisant et si c’est vrai, cela expliquerait que finalement rien ne bouge réellement, ce faisant nous avons raison de penser que la crise est gravissime et que personne ne sait où nous allons et ce qu’il faudrait éventuellement faire pour nous éviter d’y aller…

    1. @ Bourdon

      Il y a plein de bonnes nouvelles. Dès qu’on quitte un tant soit peu le tissu urbain, en Bretagne en Alsace ou dans les Pyrénées, la vie de demain s’organise avec les circuits courts et les rapports directs entre producteurs et consommateurs (c’est ainsi que René Dumont voyait la suite de l’histoire), la lutte contre l’expulsion des sans-paiers ou contre les aéroports inutiles.

      Mais rien n’est jamais gagné, la coopérative des paludiers des Marais de Guérande (anarchiste au départ) s’est transformée progressivement en entreprise capitaliste verte, avec directeur sortant de l’ESSEC, ou quelque chose comme ça, et mépris des producteurs. Et c’est ça la marque des mondes pourris: la spoliation des producteurs par les commerçants.

      (Une des actions marquantes de Gandhi: la marche vers la mer pour que chacun produise son sel)

  44. L’explication de la crise et de ses récurrences tient à ce que les instruments de production (artistique et autres) ont acquis une puissance telle que la nature (à laquelle on inclut les hommes) est épuisée par leur emploi sans répit, et qu’il faut ensuite la laisser se régénérer. Toute l’activité se ralentit alors jusqu’à la prochaine possibilité matérielle et spirituelle de renouveau. L’homme ne se sert pas de sa puissance avec raison et entendement mais l’utilise à son rendement maximum jusqu’à ce que la nature le rappelle à l’ordre. Ce fonctionnement est rendu possible par le désir aveugle de substituer à Dieu un entendement détaché et cantonné à la sphère humaine. Il est concomitant d’une certaine peur de la mort qui atteint les classes dirigeantes et qui, médiatiquement, se développe désormais dans les populations, pousse à la survie matérielle, qui pourtant est évidemment illusoire.

    Pour contrer cette tendance il faut réaliser la deuxième partie du plan initié par les esprits des Lumières. Après avoir démontré que les dieux n’existaient pas, qu’un dieu n’existait pas, il faut entendre désormais que Dieu existe et que nous sommes spirituellement immortels. Que pour cette raison seule la raison a raison.

    En vertu de cette axiome, seule la joie doit avoir droit de cité et la joie ne peut venir que de la connaissance. Bref, ne vous laissez pas toucher par la crise, comprenez-là et elle vous fera jouir – mais cela je n’ai pas besoin de l’écrire, sinon, vous ne liriez pas ce blog.

  45. Bonsoir,

    Ce ne sont pas des chaussures ou des souliers ou des bottes. « ces bottes sont faites pour marcher » mais de vrais bijoux avec des formes superbes et des couleurs non moins. Des bijoux pour des pieds qui ne sont plus des pieds mais des formes.
    C’est comme un vase et dans un vase on met des fleurs. Le pied c’est une fleur!!
    Rien que d’imaginer, cela me fait du bien au coeur.
    Avez-vous déjà caressé des pieds ? C’est super. La peau, Des caresses sur la peau; Et cela fait des sensations .. hum.
    Voilà mes réactions à ces bijoux que montrent ces photos.

    1. Si le pied c’est une fleur : qu’elle soit mise dans une chausse, dans un vase,
      dans un écrin ou dans un pot, oui, c’est comme vous voulez, mais jamais la tige en l’air.

  46. Je viens de lire quelques commentaires. L’art d’Alexander Mac Queen ne laisse pas indifférent.
    Je me demande si sa vie a été jonchée d’autant d’incompréhensions! Et si elle l’a été, je comprends qu’il soit reparti.

    Alexander Mac Queen devait être Le Petit Prince arrivé sur terre par curiosité et il est reparti. Comme Petit Prince, il n’avait pas sa place parmi nous!

    Tu es certainement mieux la-bas sur ton astéroide et pourtant il suffisait peut-être que la raison des hommes laisse la place, quelques instants à leur coeur, à ce que leur coeur peut ressentir, touché par tes créations.

    Comme dit le Renard (Je crois que c’est lui) « On ne voit bien qu’avec le coeur ».

    J’espère que tu es bien maintenant sur ton astéroide.

    Et tu pourras toujours embêter un aviateur perdu et lui demander « Dessine-moi un mouton ».

  47. « Mais c’est le contraire !! C’est les gens qui n’aiment pas McQueen qui se font traiter d’ntolérants et de bornés ! »

    C’est parce que tu es borné et fais preuve d’intolérance…

    Il y a une bonne facon de critiquer un artiste, sans passer pour un abruti. Dis juste « je n’aime pas ».

    En fait, comme toi, (hin hin hin) Mc Queen, je n’aime pas vraiment. Je trouve ca …facile.

  48. J’apprends encore l’allemand. Une matière plastique se dit Kunststoff, art matière ou plastique matière.

    En français, on parle aussi d’arts plastiques, en allemand ça donnerait Kunstkunst. Le plastique c’est fantastique ! :

    http://video.muzika.fr/clip/20196

    L’art ne s’est jamais gêné de provoquer en tous temps, essayer de pas être là où on ne l’attend pas, double négation, par exemple la pissotière non pissotière de Duchamp.

  49. Bonsoir,

    Ce débat m’éclaire personnellement à point nommé , il y a peu j’étais dans un atelier de créations d’arts décoratifs , dont les objets habituels avaient tous des volumes et des tailles diverses . Le pluriel est bien là pour laisser place au foisonnement flamboyant . Les objets abondaient au point que la place vint à manquer . Pour ne pas s’arrêter , l’artiste au sommet de son art (il devait partir , s’arrêter ) et ses élèves , durent travailler à plat , sur des tableaux en quelque sorte . La décoration habituelle de l’objet aurait pu maintenant être encadrée , la mise à plat avait « aboli le bibelot » , la dimension usuelle s’était évaporée . La création était « purifiée » , l’immense talent aurait pu se donner aux cimaises et se prêter aux appréciations des couleurs somptueuses nées d’une maîtrise accomplie de la lumière et de ses reflets dans les visages et la nature .
    L’art vivant peut se commenter aussi à la sortie des Arts Premiers de nos aïeux , viendrait-il à l’idée de s’en vêtir ?

    Le défilé disparu , de Mac Queen on exposera peut être aussi les « cartons » ?

    Quant aux objets investis pour supporter la geste esthétique , ils resteront mystérieusement muets des secrètes et bien exclusives confidences de l’artiste .

  50. Quel dommage que pablo75 ait attaqué si fort, sans mesurer ses coups. Si il avait argumenté tranquillement dès le début, nous n’en serions pas à subir une succession d’anathèmes et de phrases définitives de sa part et de la part de plusieurs d’entre nous, et Jorion n’aurait pas besoin de jouer au pion du dortoir.

    Il y a moyen de parler clairement sans martyriser la touche « ! »

    Si l’esprit de système de Hegel nous influence aujourd’hui dans la nomenclature des arts communément admise, il faut penser que d’autres civilisations ou d’autres systèmes ont pu nommer « arts » des activités qui nous semblent relever de l’artisanat, ou du simple « savoir-faire ».
    Nous sommes déjà surpris de nous rappeler qu’Hegel plaçait l’architecture comme premier des arts, suivi de la sculpture, de la peinture, de la danse, de la musique et enfin de la poésie.
    Rappelons-nous que le cinéma a ensuite été placé en septième position en 1912 par le critique italien Canudo, que la télévision a trouvé une place juste derrière (en concurrence avec l’art dramatique qui s’est rappelé au bon souvenir des classificateurs), et qu’enfin le dessinateur Morris (père de Lucky Luke) a baptisé un jour du nom de « neuvième art » la bande dessinée …et que la liste s’est arrêté là.

    En résumé:
    1er art: l’architecture;
    2ème art: la sculpture;
    3ème art: la peinture;
    4ème art: la danse;
    5ème art: la musique;
    6ème art: la poésie;
    7ème art: le cinéma;
    8ème art: la télévision / l’art dramatique;
    9ème art: la bande dessinée.

    Les autres activités, oubliées par Hegel (qui se basait beaucoup sur ses goûts personnels) et par ses successeurs, seraient donc toutes renvoyées dans le fourre-tout des arts dits « mineurs »?
    On se souvient, à la télévision, de Serge Gainsbourg vociférant face à Guy Béart que la chanson était un art mineur, et que seule la peinture comptait; Guy Béart essayant gentiment de défendre la chanson comme art majeur.
    Il paraît que l’art dramatique est très haut placé au Japon et en Chine, et que la pantomime était très respectée dans la Grèce Anthique. Et l’art floral? Et l’art de l’origami, ces pliages savants?

    Nous voyons bien que placer l’art de la chaussure ou du vêtement en infériorité, pour prouver je ne sais quelles qualités que ces activités auraient à envier à la peinture ou la musique ne mènera jamais à rien.

    Pour me faire une opinion sur ce qu’a fait Alexander Mc Queen, que Paul Jorion m’a fait découvrir ici, je n’ai besoin que de mes yeux.
    Pour connaître sa place dans son activité (art ou métier, peu importe), j’attends qu’un de ses pairs vienne ici me l’expliquer.

    1. J’ai un jour fait le voyage en train entre Paris et Bruxelles dans le même compartiment que Morris. Si c’était à refaire, je lui dirais :

      Mr. De Bevere, pourquoi n’appellerions-nous pas la haute couture : « le 10ème art » ?

    2. Il faut aller beaucoup plus loin: »comment peut-on prétendre qu’un style est meilleurs qu’un autre? il faut être capable d’être un expressionniste abstrait un jour, pop le lendemain,ou réaliste,sans avoir l’impression de renoncer à quelque chose. »Warhol « Chaque être humain est un artiste. » Joseph Beuys; Tout est art! tout le monde est artiste: Cuisine BD TV… mais aussi pétanque, pèche à la ligne, placements boursiers…sans oublier le télé réalité et le jeu vidéo. Mais alors peut-on encore sans rire ou pleurer dire de l’art qu’il est:  » le meilleur témoignage
      Que nous puissions donner de notre dignité
      Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
      Et vient mourir au bord de votre éternité ! » Baudelaire
      On peut faire le malin avec le relativisme mais jusqu’où?

  51. j’ai un peu de mal avec l’industrie du luxe qui est vue et devient un art

    et puis y a l’art de conter
    celui de compter
    de fagoter
    de tatouer
    de percer
    de mettre du henné et d’y raconter à force symboles la création du monde
    de plier les voiles ou les draps
    celui modeste de la modiste avant d’être transmuer en Créateur

    j’ai regardé la vidéo
    cela m’a semblé encore une fois, comme toutes les exhibitions de vêtements pour femmes, un Hommage certain à une Androgynomorphie
    et les couleurs adoptées, fort belles par ailleurs au traitement de cette forme en ballet insectueux, tant les couleurs évoquent les kératines, chitines et autres carapaces de coléoptères, d’hyménoptères, aux extrêmités alourdies de pollens, de résines épineuses ou de rosées boueuses
    vers la fin, quelques rares lépidoptères pastellisés.

    en effet, cette gente ailée peut s’envoler- mais au-dessus de l’esprit?

  52. Certains pensent que l’art s’apprend parce que Picasso l’a dit !!
    Moi je n’ai pas appris tant pis ou alors j’étais réfractaire à tout ça.
    Par contre je sais donner mon avis et je sais dire « je trouve cela beau » ou « je trouve cela laid »
    J’espère qu’il va pas y avoir quelqu’un pour m’affirmer que je dois apprendre à trouver les choses belles ou moches !!
    Donc je trouve ces chaussures laides, et ces femmes anorexiques aux cuisses creuses ne m’inspirent pas.
    pour se convaincre qu’une chose est belle ou laide, il faut la montrer à une personne candide tel un enfant ou un habitant d’une lointaine contrée comme le tibet le pérou, ou le burkina faso.(sans aucun irrespect pour ces personnes mais que nous considerons candide par rapport à « notre » art).
    Demandons leur, et vous vous appercevrez qu’un morceau de pneu et une ficelle à plus d’intéret pour eux que ces choses.
    et qu’un simple dessin sur la peau est plus beau que ces objets.

  53. Rien n a dire contre Alexander MC QUEEN ,triste de mourrir a cette age et de cette facon…c est plutôt le milieu et le business de la mode qui m’insupportent,tellement superficiel ,intolérant,normatif,people …pure produit en quelque sorte de notre système économique

  54. Monsieur Jorion je ne peux rater l’occasion puisque vous êtes, vous, bien vivant de vous proposer d’appeller la Cuisine « le 11ème art »…..?

  55. He be il y a beaucoup de personnes ici qui ont du mal à comprendre ce que peut être l’Art ou même l’artisanat. C’est sûr que certains cherchent une utilité à toute chose en fonction d’eux mêmes seulement. Déjà l’utilité des choses est très discutable ensuite ce n’est pas parce que l’on ne comprend pas que c’est stupide. On peut aimer ou non, trouver cela intéressant ou non mais si la seule référence que l’on utilise c’est soi même c’est extrémement réducteur.

    1. Vive l’inutile, le gratuit, l’Art et l’amour. Notre monde est une création inutile, un acte d’Art pur du Grand Architecte.

  56. Dommage que ce blog, économiquement si « incorrect », et donc si indispensable, soit, dans d’autres domaines, comme celui de l’art, si « correct ».

    Dommage que dans ce blog on privilégie, comme toujours et partout en France depuis Malherbe au XVIIe siècle, la forme sur le fond, la « bienséance » au détriment des idées, qu’on préfère les tons tièdes aux tons tranchants, et qu’on confonde le sang chaud du Sud avec l’impolitesse (je n’ai jamais insulté personne n’ici ni ailleurs, pour la très simple raison que pour moi l’important c’est les idées, pas les personnes). Il va sans dire qu’en Espagne personne aurait écrit « on se calme » parce que la discussion était un peu plus vive que d’habitude…

    Dommage qu’en français soit impossible depuis 40 ou 50 ans, non seulement le genre littéraire mais même le ton du pamphlet (et pourtant la langue française est la langue idéale pour cet exercice d’escrime verbale, comme l’ont si bien prouvé Voltaire, Saint-Simon, Rivarol, Joseph de Maistre, Bloy, León Daudet, Bernanos ou Céline). Dans l »Anthologie du pamphlet de la Libération à nos jours » (numéro du Crapouillot qu’on trouve encore aux Puces), on écrivait en 1973: « Aujourd’hui, […] non seulement les plumes s’alanguissent dans un conformisme douillet et sans histoire, mais celles qui refusent le ronronnement de bonne compagnie, celles qui veulent demeurer acérées pour mieux atteindre leur cible, se voient impitoyablement traquées… ». Depuis 1973, la situation a bien empirée, et c’est bien pour ça qu’il n’y a plus de romanciers dignes de ce nom en français depuis belle lurette (et n’en parlons pas d’intellectuels).

    Dommage aussi que sur ce blog il faille se surveiller pour éviter la censure quand on exprime des idées contraires à celles du maître des lieux sur des thèmes qu’il connaît mal (même si je rends hommage à sa tolérance, qui parfois, j’avoue, m’a étonné). Ma réponse à son « Oui, il faut le prouver : votre indignation ne fait malheureusement pas l’affaire », a été censurée.

    Malgré tout, un grand merci pour tout ce que j’ai appris ici, et bonne continuation à tous.

    1. @ pablo75

      Partez si vous voulez (« Messieurs les censeurs, bonsoir! »).

      Personne ici ne vous reprochera d’avoir parlé haut et fort si vous savez parler juste. Relisez vos commentaires et vous verrez qu’ils manquent d’argumentation. Si certains se sont lancé derrière vous au petit jeu de « qui crie le plus fort à raison », et que vous vous êtes senti contraint d’y répondre, n’incriminez pas ce blog.
      Correction de la forme du discours ne veut pas dire correction du discours.

      Vous avez certainement raison quant à la pensée tiède qui sévit parfois dans les discours. A vous de réchauffer le débat, mais sans l’enflammer pour qu’il ne soit que cendres.
      Tous les écrivains que vous citez (et qui nous manquent certainement aujourd’hui) ont eu aussi à leur époque à ramer au milieu de la pensée tiède de leurs contemporains. Je viens de terminer « Les grands cimetières sous la lune », le si « incorrect » pamphlet (encore aujourd’hui) de Georges Bernanos; il nous fait toucher du doigt la « correction » idéologique qui sévissait à l’époque.

      Cependant, voyez combien Bernanos, Bloy, Céline, Rivarol ou Léon Daudet tapaient juste de leur lames aiguisées.

      Vous parlez du « ton tranchant » qui manque, des « discussions vives », de « l’escrime verbale », des « plumes acérées ».
      Ce n’est pas tout d’avoir affûté sa lame, d’en polir le tranchant jusqu’à pouvoir mirer dedans sa formidable détermination.
      Encore faut-il ensuite atteindre sa cible.

      Reconnaissez-le, vos mots ne sont pas tranchants, et votre cible vous échappe. Vos mots sont seulement excessifs.
      Si vous espérez convaincre quelqu’un ici par des grands moulinets de sabre de bois, vous n’y arriverez pas.

      Partez si vous voulez, mais il me semble que, si vous vouliez bien respecter les formes du débats qui permettent à ce blog de se démarquer des « gueulloirs » habituels, vous auriez votre place ici.

  57. « Ton suicide n’a pas été précédé de tentatives ratées. Tu ne craignais pas la mort. Tu l’as devancée, mais sans vraiment la désirer : comment désirer ce qu’on ne connaît pas ? Tu n’as pas nié la vie, mais affirmé ton goût pour l’inconnu en pariant que si, de l’autre côté, quelque chose existait, ce serait mieux qu’ici. »
    Edouard Levé,

    Suicide

  58. À pablo75

    Je réponds un peu tardivement, n’étant pas toujours devant un ordinateur.
    Comment est-ce qu’on peut échanger avec vous si même mon pseudonyme vous pose problème.
    Vous répondre : Bien Monsieur le Professeur, qu’est-ce que je dois faire maintenant ?
    Cela vous va ? C’est cela que vous attendez ?
    L’Art n’a rien à faire de nos catégories logiques pour avancer. Un pas l’un devant l’autre, la marche, le mouvement sont-là pour défier la pesanteur. J’ai une toute autre idée sur la question et je ne peux vous suivre, précisément parce que vos bonnes règles sur l’art sont fixées.

  59. Un matin transparent.
    L’ombre bleue d’un arbre.
    Une lune blanche.
    Une rose rouge.
    Une rose jaune.
    Une rose rose.
    Un visage de femme.
    Un verre d’eau glacée.
    Un livre vingt fois relu.
    Une maison calme et tiède.
    Une joue d’enfant ronde.
    Et tout ce qui est beau.
    Et pur.
    Et émouvant.
    Et tout ce qui fait de moi un homme de foi
    debout dans la Vie.

    LOUIS CALAFERTE

  60. Je fais une parenthèse, sur l’art, l’art à devenir médiatique n’est plus de l’art mais du commerce.
    Je sais que c’est une recherche fiscale et rien d’autre qui fait que certaines oeuvres atteignent des millions et là ce n’est pas non plus de l’art mais simplement du fric.
    L’art aujourd’hui est à l’image de la société kidnappé de son essence même, on retrouve toujours les mêmes que la publicité des médias rendent célèbres bien plus que leurs oeuvres ou leurs prestations qui n’ont rien en fait d’extraordinaires si ce n’est qu’elles se confondent parfaitement avec la décadence devenue banale de l’argent qui s’affiche et les critiques d’art sont ce que les agences de notations sont aux entreprises comme aux états.
    L’art n’est plus là. Il est mort…

    1. Vous savez liervol, la mort de l’art est constatée depuis très longtemps, et ça ne l’a jamais empêché de vivre.

      Votre réflexion me fait me souvenir du livre « Artistes sans art? » de Jean-Philippe Domecq. Il l’a publié en 1991, et le dernier chapitre, si j’en ai bon souvenir (j’ai prêté le livre et donc je ne l’ai pas sous les yeux), était consacré à l’influence de la crise que nous connaissions alors, sur le marché de l’art. Je ne me rappelle plus exactement de ses conclusions, il faudra que je relise ça sitôt le livre de retour.

      Un autre des chapitres du livre de Domecq s’intitulait (de mémoire, peu importe les noms): « 1 De Kooning = 1 Dürer + 2 Corot + 1 Rembrand + 3 Raphaël + 1 Monet + 1 Kandinsky.
      Il nous apprenait dans un premier temps que, à l’époque, Willem De Kooning était, selon une vente assez récente, l’artiste le plus « cher » du monde. Il faisait ensuite le constat que lors de cette même vente un certain nombre d’oeuvres d’autres artistes avaient été vendu à différents prix. Reprenant le bilan des ventes effectuées, il arrivait à son équation. Il voulait bien sûr nous montrer toute l’absurdité de ce calcul. Un calcul de marchand, qui devenait une hérésie pour n’importe quel amateur d’art.
      Il n’était pas question pour lui de discuter les mérites de De Kooning (d’autres chapitres du livre étaient là pour ça, chapitres dans lesquels il ne se privait pas d’habiller pour l’hiver quelques monstres sacrés). Il tenait surtout à nous montrer que la valeur marchande d’une oeuvre n’a que très peu à voir parfois avec sa valeur artistique, et qu’un des problèmes pour l’amateur d’art vient précisément de là.

      Pourquoi De Kooning en 1990 valait si cher? Peut-être pour les même raisons qui font que depuis le 3 février 2010, il y a donc un peu plus de dix jours, Giacometti est devenu lui aussi « l’artiste le plus cher du monde », après que l’un de ses « Homme qui marche » ait été adjugé à Londres, en huit minutes, pour 74,2 millions d’euros (combien de Rembrandt et de Dürer cette fois-ci?).

      Que ce passe t-il? Il semble qu’en temps de crise d’énormes sommes d’argent peuvent disparaître du jour au lendemain si elles restent sur le marché. Il faut donc leur trouver une cachette en attendant des jours meilleurs. Les coffres des banques n’étant plus ce qu’ils étaient, et le prix de l’or au kilo nécessitant d’en stocker des murs entiers, voilà que ces sommes d’argent trouvent le moyen de se convertir dans quelques centimètres carrés de toile, ou quelques kilos de bronze en ce qui concerne Giacometti.

      Pourquoi De Kooning? Pourquoi Giacometti? Là, on reviens un peu dans le domaine artistique. Je ne me rappelle plus si Domecq donnait les titres des tableaux qu’il cumulait pour faire bon poids face à l’américain, mais il y a fort à parier qu’il ne s’agissait pas d’oeuvres maîtresses.
      Mon hypothèse est que, si je me trouvais possesseur d’une oeuvre d’art importante (réellement importante) et que je désirais la vendre, une période de crise serait bien sûr le plus mauvais moment. Donc je la garderais pour la vendre quand viendrait la fameuse reprise! (je serais entouré de conseillers très bien renseignés qui, grâce à leurs boules de cristal, et nantis d’un fort bon sens, me persuaderaient que le bout du tunnel approche, et qu' »après la pluie vient le beau temps »). Résultat mon oeuvre d’art, importante pour l’histoire de l’art, ne se retrouverait jamais sur le marché en temps de crise.
      Aucune des oeuvres d’art importantes ne sont sur le marché en temps de crise, et c’est pourtant à ce moment là que l’argent veut trouver refuge.
      Donc l’argent se place sur ce qu’il trouve. Le possesseur du bronze de Giacometti a dû perdre ses nerfs, ou bien il avait réellement trop de dettes et des grands types en noir, une main sous le gilet, frappaient à la porte.
      Pour son acheteur à 74,2 millions d’euros, je ne sais pas si quelqu’un frappait à la porte, mais il était sûrement urgent pour lui de planquer le magot.

      Il y a ensuite différentes manières pour que ces oeuvres « moyennes » acquises trop cher ne perdent pas leur valeur d’acquisition, et qu’elles puissent même en prendre une supplémentaire lors d’une vente suivante.
      Une première manière est bien sûr le battage qui doit être fait juste après la vente. Il n’y a pas beaucoup à investir pour ça, les journaux étant friands (et nous-même parfois avouons-le) des sommes « scandaleuses » qui passent de mains en mains alors-que-le-peuple-souffre.
      Une autre manière est de financer de belles monographies en couleur, dans lesquelles l’oeuvre à valoriser fait figure de pièce maîtresse. Des éditeurs d’art ne rechignent pas à être sponsorisés, comme l’attestent les quelques mots que l’on trouve parfois en tête d’ouvrage (« grâce au patronage – ou à « l’aimable concours »- de telle personne ou de telle société »).
      Une autre manière encore est de prêter l’oeuvre à des musées renommés, qui se chargeront du battage. Si un jour « L’homme qui marche » se retrouve en vedette à Beaubourg ou au MoMA, n’oublions pas de surveiller les ventes d’art qui suivront. Il pourrait bien y apparaître.
      Plein d’autres manières existent pour qu’une oeuvre d’art prenne une place usurpée.

      Les acheteurs sont donc aussi des agents déterminants de ce « cirque de l’art ». Et les crises économiques sont une des occasions supplémentaires pour l’art de prendre des virages hasardeux qui brouille encore plus les pistes.

      Comment veut-on ensuite que le brave amateur d’art s’y retrouve?

    2. L’équation présentée par Domecq doit plutôt s’écrire:
      De Kooning = Dürer + Corot + Rembrandt + Raphaël + Monet + Kandinsky

      C’est seulement comme cela que l’absurdité apparaît.
      (Je ne devrais pas poster des commentaires à deux heures de matin, les idées manquent à cette heure-là de clarté et l’orthographe de tenue. De plus, citer de mémoire c’est prendre le risque de trahir)

      D’autre part il manque un petit point.
      Lorsque je parle de l’acheteur de l’oeuvre de Giacometti pour qui il était urgent « de planquer le magot », au moment où l’argent peut disparaître du jour au lendemain sur un coup de bourse, j’oublie les autres acteurs de l’opération.
      Il est évident qu’au même moment, il y a dix jours, de nombreuses personnes avaient chez Sotheby’s ce même impératif.
      D’où les 74,2 millions d’euros.
      D’où surtout les huit petites minutes pour atteindre cette somme.

    3. Merci Jean-Luc pour votre commentaire, je commence à mieux comprendre pourquoi de telles sommes d’argent circulent dans le milieux de l’art.

      Je voudrais encore ajouter une petite chose mais qui me semble importante, peut-être que les commentaires précédents l’ont plus ou moins soulignés.
      D’un côté les spectateurs. De l’autre les faiseurs : c’est-à-dire des hommes et des femmes et pourquoi pas des enfants, pour lesquels le fait de créer, d’inventer, d’imaginer sont des présences au monde, des gestes qui expriment vitalité, enthousiasme ou parfois désespoir. Ils sont aussi nécessaire à la vie que le fait d’avoir besoin d’air pour respirer. On peut dire à ces individus que « l’art est mort » : mais leurs réactions sera le plus souvent un sourire qui exprime la gêne ou peut-être un haussement d’épaules. Pour la très très grande majorité d’entre-eux c’est l’invisibilité totale et la grande solitude. N’oublions pas que, parmi ces gens, certains travaillent dur pour s’en sortir et tenir debout. Avec un fort désir d’habiter le monde, à leur manière.

  61. @ Jean-Luc,

    mais si Jean-Luc, vous êtes en pleine forme sur le coup de 02 heures du matin!!
    Sur le fond et sur la forme, pas d’inquiétudes…

    J’ajoute une petite chose, peut-être que ca ne gêne que moi, mais ce qui me déplaît le PLUS dans toute cette affaire, c’est la ‘confiscation’ des oeuvres.

    Car quelles qu’en soient les raisons, je crains toujours que les oeuvres qui passent au « privé » pour de bonnes ou de mauvaises raisons, ne soient plus, ou moins, accessibles pour tous..

    Ce ‘privé’, nous ne le connaissons pas par contre nous connaissons l’importance de toutes ces créations pour l »éveil’, ‘la connaissance’, le’ progrès’ enfin sur le Chemin des hommes

    Or dans une société qui cherche à nous abrutir toujours davantage, c’est cela qui m’inquiète.
    Le Pouvoir que certains détiennent de nous priver de cet ‘essentiel apport au monde’…

    Là-dessus je voudrais dire
    @ octobre,

    ce sont vos mots et votre sensibilité qui touchent au coeur des choses, de la vie et de l’art :
    ‘une vitalité ou un désespoir, une volonté d »habiter le monde’ de manière totalement singulière.

    Vous êtes là, ouf!! Tout n’est pas perdu!! 😉

    1. Dans son billet du 15 février sur les optimistes Paul Jorion nous dit : « L’homme de la rue lui, est condamné à être un optimiste ».

      Si je peux me permettre de reprendre à mon idée cette phrase, Laurence, je vous dirais ceci : » L’artiste dans son atelier lui, est condamné à rechercher ».

      Il n’a pas le choix. C’est le fondement de l’œuvre ; bien entendu il peut vouloir entreprendre une démarche prudente et calculée, mais dans ce cas adieu l’aventure, c’est retour à la case départ.

  62. holala…. J’ai encore une chose à dire…

    @roma,

    J’ai eu un certain du mal à entrer dans votre style…
    Il aussi délicat, raffiné, poétique un peu étrange et énigmatique que vous ;)… sans doute…
    Cela dit, maintenant que je maîtrise un peu moins mal la clé de votre forme d’expression, je vous trouve confondant de justesse…

    On ne pouvait mieux évoquer les difficultés que l’homme éprouve aux prises avec le réel et la misère de la philosophie qu’il appelle sans cesse à son secours pour tenter de composer avec celui-ci.

    C’est pourtant dans cette connivence avec le réel, ce présent que peut se vivre l’allégresse…
    Que ce que vous dites est beau!

    Il me vient quelque chose à l’esprit (peut-être idiot?) et je vais y réfléchir un peu, beaucoup…
    L’art comme représentation totalement subjective du réel et pourquoi il peut être source de malaise, de discordance, de danger, de conflit….

    Sais pas, il me semble qu’il y a des choses à creuser ?

    Si vous avez des idées…

    1. Laurence,
      suite à votre commentaire j’ai relu le message de roma, que j’avais survolé en le trouvant trop ardu. Et je m’aperçois que son texte, du premier au dernier mot, est constitué d’une citation de Clément Rosset, un philosophe français que je ne connaissais pas. On aurait aimé que roma glisse trois mots d’introduction. Tant pis.
      Un coup d’oeil sur la notice Wikipédia consacrée à Clément Rosset, m’a renseigné à grands traits sur lui.

      Lisant donc attentivement ce texte, je l’ai trouvé comme vous plein de ressources. Je n’ai cependant rien compris au dernier paragraphe, et je me dis que je ne dois pas être encore bien outillé dans ma tête pour affronter ce genre d’allers-retours conceptuels (comme je n’aime pas me sentir vaincu par un texte, je me dis qu’il peut aussi s’agir d’une « vraie-fausse » réflexion finale, destinée à noyer le poisson dans une conclusion « ouverte ». Je dis ça un peu par dépit, pour essayer de sortir la tête haute, face à une pensée qui me dépasse. Mais j’ai appris aussi qu’il y a des « systèmes » et des « trucs » dans le milieu des philosophes. Pourquoi les philosophes seraient-ils des êtres parfaits? Pourquoi seraient-ils dépourvus de certaines ruses?).

      Puisqu’une des raisons affichée par ce blog, juste avant le « etc. », est la philosophie, j’ai envie de dire deux mots du sujet, même si ce n’est pas le lieu sur cette page, et même si je n’en connais pas grand chose (décidément, je n’aime pas la sensation que je viens d’éprouver, de me retrouver abandonné sur la route par un philosophe, faute de bagages pour le suivre!)

      J’ai toujours préféré les philosophes à l’écriture limpide. Les concepts les plus ardus peuvent s’expliquer par des mots très simples, si on est parfaitement maître des mots, et un philosophe doit-être impérativement un grand maître des mots. Un simple contre-sens peu faire s’écrouler le meilleur des concepts. Pour un philosophe les mots sont comme des briques de nitroglycérine. Il en a besoin pour bâtir sa pensée , mais un mot posé trop vite, ou de travers, peut tout faire sauter.

      Avez-vous lu le texte de Baudrillard qu’AntoineY nous à passé hier sur la page « La métaphore du cadavre »? Les mots s’enchaînent parfaitement, la pensée coule. Et en plus de mettre les mots qu’il emploie au seul service du sens de son texte, sans afféterie, sans faire le malin, il nous gratifie d’un style digne des très grands écrivains. Son texte peut même se dire ou se jouer. C’est du beau boulot et c’est ça que j’aime.
      Les philosophes de la trempe de Baudrillard (il y en a heureusement beaucoup d’autres), accompagnent leurs lecteurs dans le labyrinthe de leur pensée, ils les prennent parfois par la main pour les faire traverser une difficulté, ou bien, d’autres fois, ils contournent un obstacle qu’ils seraient les seuls à savoir franchir. Ceux-là savent qu’il ne sert à rien d’avancer à marche forcée, si c’est pour se retrouver seuls au bout de leurs raisonnements. Les pensées de philosophes sont des lettres timbrées qui doivent être certaines d’arriver, même si le nom du destinataire reste inconnu. Ce ne sont en aucun cas des bouteilles à la mer.

      Avec des philosophes comme Baudrillard, on se sent frère de pensée, peu importe le sujet. Nous sommes avec eux en intelligence, exactement comme dans l’expression « intelligence avec l’ennemi », mais il s’agit là d’amis. Ils nous proposent un échange: notre promesse de les comprendre, contre leur promesse d’être compréhensible. Nous nous retrouvons toujours plus intelligent, et sans beaucoup d’effort, après quelques minutes dans la fréquentation de leurs textes.
      Je pense soudain à cette réflexion d’un auteur du passé dont j’ai oublié le nom (ça ressemble à du Jules Renard): « -Je viens de rencontrer Untel. Nous avons échangé nos idées. Je me sens tout bête… ».
      Aucun risque de se sentir « tout bête » avec des auteurs importants qui respectent l’échange.
      Si Beaudrillard avait mis sa plume au service des concepts développés par Clément Rosset, je suis certain que nous aurions tout compris!

      Mis à part ça, je cherche encore le rapport que roma a vu entre ce texte de Rosset et le sujet débattu. Parfois je perds le fil.
      Mais roma pourra me répondre: « Et le truc que vous venez d’écrire? Quel rapport avec Alexander McQueen? ».
      Alors je réponds tout de suite: aucun.

      Bonne soirée Laurence (heureusement que vous êtes là pour mettre du liant et du lien dans les échanges du blog de Jorion. Nous faisons trop souvent des dialogues de sourds! -et il n’y a aucune bienveillance derrière ce que je viens d’écrire. Là je devrais mettre un « smiley », mais je me suis promis, comme un défi à l’air du temps, de résister le plus longtemps possible aux petites bêtes jaunes! )

  63. @ octobre (les mots qui suivent sont un peu éloignés par l’espace de votre réponse du 15 février à 12:53, réponse à mon commentaire où j’utilisais l' »équation de Domecq », mais je voudrais que vous ne les ratiez pas au milieu de la tartine de textes)

    octobre,
    (j’envie votre pseudonyme, même si je rechignerai toujours à en chercher un. Jean-Luc est mon prénom, et les prénoms disent des choses, des dates, construisent des sortes d’ectoplasmes fait du souvenir qu’on a parfois de certains de leurs porteurs. En bien, ou en mal. C’est le risque à prendre. J’ai pu voir, avec la réflexion stupide de pablo75, que votre pseudonyme comportait aussi des risques. Pour moi, et c’est trop long à expliquer, il est chargé de beaucoup de choses très bonnes)

    En écrivant votre commentaire vous me faites comprendre vous aussi une chose à laquelle je n’avais jamais pensé. Il n’y a pas à proprement parler d’informations nouvelles, et que je n’aurais pas constatées, dans votre texte. Il y a quelque chose de plus diffus qui vient peut-être des mots que vous employez ou de votre façon de le faire. Qui vient peut-être aussi de ce que la suite récente de commentaires après le billet sur Alexander McQueen, m’a rendu plus sensible à certaines choses.

    Je vais en écrivant essayer de mettre tout ça au clair.

    Il y a d’une part le sujet de l’art, le très grââââve sujet de l’art…
    …et puis il y a, d’autre part, la « petite chose importante » que vous ajoutez.
    Je me rends compte que vous faites bien de la juger « importante » cette petite chose. J’ai l’impression que vous touchez à l’os. Pour moi en tout cas, qui avais le sentiment qu’en creusant le sujet de l’art, je n’arriverais qu’à me faire un gros noeud au cerveau, et qu’en creusant encore j’arriverais au mieux chez les chinois (la tête en bas). Vous me faites entrevoir un socle rocheux, un truc un peu ferme sur lequel m’appuyer pour remonter à l’air libre.
    (Si à la fin d’une réflexion on ne reviens pas à l’air libre, dans le réel où sonne régulièrement l’heure de l’apéro, je trouve que ce n’est même pas la peine de descendre. Il y a peut-être des gens qui pensent pour penser …et qui creusent …et qui creusent. J’ai eu deux tantes religieuses, dont l’une Carmélite, et j’ai pu entrevoir le bonheur qu’il y avait pour elles à creuser en dehors du monde. Pour ma part, étant très attaché sentimentalement au monde, et ayant parfois vu chez certains intellectuels une inaptitude à la vie en société, je préfère parfois, à tout prendre, la compagnies des imbéciles. Là au moins on est certain de rigoler, et je m’y sens souvent à ma place.)

    Vous parlez des « faiseurs » et je trouve que le mot est approprié, même si certains snobs l’ont un peu malmené.
    Je ne trouve rien à dire de plus sur la très forte définition que vous en donnez.

    Si l’art va quelque fois s’amuser à la cour (cour des rois du passé ou de ceux d’aujourd’hui), ou bien y trouver des moyens financiers qu’il ne pourrait trouver ailleurs, je me demande si sa véritable maison, son foyer de repli, n’est pas l’endroit où vivent les gens que vous dites. Voilà ce que j’apprends à travers vous.

    Je me suis intéressé il y a quelques années au groupe d’artistes connu sous le nom de COBRA. C’était un groupe qui a vécu de 1948 à 1951. Trois ans seulement, mais trois ans de feu d’artifice.
    Ce groupe a eu la malchance d’exister en Europe à l’époque même où, selon le titre du livre fameux de Guilbaut, « New York vola l’idée d’art moderne ». Triste destin pour une aventure qui ne méritait pas de se prendre Warhol, Rauschenberg, Pollock, De Kooning, et l’artillerie lourde du marchand Léo Castelli sur le coin de la figure, comme un tribut au plan Marschall.
    Si je parle de ce groupe après vous avoir lu, c’est pour deux raisons.

    La première est pour constater que ce groupe s’est en quelque sorte constitué en opposition au « grââââve sujet de l’art ».
    Lors d’une conférence à Paris d’André Breton, qui en 1948 était une sorte de grand prêtre de l’Art, et alors même que l’orateur continuait à hypnotiser la foule idolâtre dans une salle proche, quelques jeunes hommes se sont retrouvés au comptoir du café « Notre Dame », qui côtoie encore aujourd’hui l’édifice de l’autre côté du pont. Ils ont commencé à parler, de tout et de rien. Ils ont compris qu’ils venaient tous quelques instants avant, de déserter le lieu de communion obligé, pour l’art contemporain de cette époque. Ils se sont dit pourquoi. Ils en avaient tout simplement assez de Breton, et de ses phrases qui bouchaient le regard, assez de l’abstraction froide, assez du surréalisme, assez du cubisme. Une réaction de jeunesse, épidermique et spontanée. Il faut dire à cet instant qu’ils dépassaient tout juste la vingtaine d’années chacun.
    Ils se sont promis de se revoir et ils se sont revus.
    Ils vivaient dans des squats et travaillaient sur de mauvaises toiles, mal préparées à recevoir leurs explosions de couleurs, et que les musées ont aujourd’hui bien du mal à protéger de l’érosion du temps. Ils venaient tous de très loin (le magnétisme d’André Breton agissait à l’époque bien au-dela des frontières de la France). Ils venaient de COpenhague, de BRuxelles, d’Amsterdam… Ils s’appelleraient CO.BR.A.

    Il y a maintenant une deuxième raison pour que je parle de ce groupe, et c’est vous octobre,qui m’y menez.

    Au moment où ce groupe se rencontrait sur le coin du zinc d’un bistrot parisien (allez, tant qu’à faire mon Pierre Bellemare, autant le faire jusqu’à la chute de l’histoire), au même moment donc, quelque part en Belgique, un type, amateur d’art, et ayant ouvert une petite galerie de peinture, se posait une question. Une seule question. Cette question concernait la « petite chose » dont vous parlez…

    …Au même moment, à 6000 kilomètres de là, le marchand Léo Castelli se posait lui aussi une question, une seule et unique question, qui l’empêchait parfois de trouver le sommeil. Cette question qui tourmentait Castelli avait un cadre précis: tout l’argent du vieux continent européen de ce temps d’après guerre était consacré à la reconstruction, du monde réel et du monde financier, et l’argent facile, celui qui n’est plus adossé à rien d’humain, se trouvait de ce côté-ci de l’Atlantique. Dans ce cadre très précis la question qui tourmentait Castelli était simple. Elle tenait en quatre mots: Comment capter cet argent?

    La question qui hantait le petit amateur d’art avait un cadre aussi. Celui de l’après guerre également. Son soucis n’était pas la reconstruction des villes et des banques ou le redémarrage du commerce. Il était encore dans le souvenir ahuri de ce qui venait de se passer.
    Six ans de guerre. Six ans de folies et d’horreurs. La communauté des hommes devait se reconstruire après ça. Je ne sais pas si il entendait quelque chose à l’art-thérapie, si c’est de là que lui est venue l’idée que l’art est ce noyau dur qui, si il reconstruit parfois les individus, doit pouvoir reconstruire les peuples. En tout cas, tel un chemineau qui chercherait dans les cendres froides d’Hiroshima ou de Nagazaki le premier signe végétal, signe que tout peut dès lors recommencer, le petit amateur galeriste se posait sa question: Où est le germe qui me prouvera que tout peut renaître?
    Il savait que c’est seulement au milieu des ruines du pire que renaît le meilleur.
    La renaissance du marché de l’art, il s’en fichait; il voulait bien laisser cette bassesse à tous les « Léo Castelli » de la Terre.
    A travers l’art, c’est la renaissance de l’humanisme qui le souciait. Il voulait trouver ce petit germe au milieu de la cendre noire. Pour être sûr que les villes, les banques et tout le bazar ne seraient pas reconstruits en vain.

    Le petit amateur d’art a croisé un jour COBRA. Il a su alors qu’il avait trouvé le germe qu’il cherchait.

    (Hélas COBRA, trop humain, est mort de petites histoires d’hommes, comme il arrive que des amitiés se brisent sur des malentendus. Léo Castelli, et sa nouvelle armé de marchands, sont revenus alors sur le vieux continent, et le barnum de l’art « post-moderne » a pu se mettre en place, et fourguer ses pacotilles à tous ceux qui font profession d’acheter, de vendre ou même de parler d’art jusqu’à aujourd’hui. Les marchands d’ici n’avaient bien sûr pas attendus le retour de Castelli pour se faire « Castelliens ». La vieille Europe, berceau des états-unis, n’a pas de leçons à recevoir de ses fils pour faire de l’argent sur du rien.)

    Ces jeunes peintres, pour la plupart autodidactes, étaient de ceux que vous décrivez. Merci octobre de m’avoir permis de boucler une nouvelle petite boucle dans ma compréhension de ce qui agite l’humanité.
    Maintenant je remonte à l’air libre, je ne voudrais pas rater l’heure de l’apéro.

  64. @ Jean-Luc,

    Clément Rosset dites-vous…
    Et bien pour ma part, le fait qu’il soit désigné comme philosophe ne me convient pas tout à fait.

    C’est pour cela sans doute que j’ai tant de mal avec les catégories, les étiquettes et tout ce qui enferme les choses et les êtres…

    Cette citation était à la fois poétique, philosophique, métaphysique…

    Je n’ai pas besoin de tout comprendre pour aimer, et j’aime ce que je ne connais pas encore.

    Il y a des penseurs qui utisent la ligne claire, d’autres dont le style se pare d’arabesques, de volutes et autres ornements…

    Pourquoi choisir ? Je me sens bien avec l’un et avec l’autre.

    Sourire.

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