L’actualité de la crise: l’austérité comme unique stratégie, par François Leclerc

Billet invité.

L’AUSTERITE COMME UNIQUE STRATEGIE

Dans l’attente de la réouverture lundi des marchés, afin de savoir s’ils vont ou non continuer de chatouiller la queue du diable, et de la tenue de la réunion de l’Eurogroup, dont on ne sait plus si elle va être ou non l’occasion d’annoncer des mesures effectives de soutien financier à la Grèce, réflexions et commentaires abondent et s’efforcent de prédire une suite aux événements.

Les incertitudes sont telles qu’il n’est cependant possible que de se raccrocher à une seule certitude: nous ne sommes qu’aux prémices de la crise de la dette publique, qui va être longue et sujette à de nombreux rebondissements (à la mesure de son ampleur et de ses enjeux). Que ce soit en Europe – où elle démarre – ou bien au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, qui ne seront touchés que plus tard, car ils disposent de l’arme de la création monétaire, qui atténue les effets des déficits publics. Mais qui ne perdent rien pour attendre.

Qu’il soit permis, toutefois, de faire une autocritique à propos d’un récent billet, intitulé à tort « la confusion comme unique stratégie », faisant croire qu’il n’y avait que bouillonnement là où, en réalité, il y a un projet politique, qui se confirme et se déroule pour l’instant implacablement. Non sans contradictions et ajustements au sein de la zone euro, qui sont secondaires. D’où, tel un correctif, le titre de ce présent billet.

Les marchés – sur le sort desquels on ne pleurera pas – ont dans la crise actuelle en réalité le dos un peu large. C’est un paradoxe de la situation : on dénonce de plus en plus ouvertement et à juste titre leurs méfaits, alors qu’ils ne sont pas les seuls coupables. On ne prête, il est vrai, qu’aux riches. Certes, les spéculateurs ont sauté sur l’occasion de se faire de l’argent de poche, mais ils ont été à bien y regarder surtout des exécutants. Il est en effet possible de reconstituer la séquence des événements qui se sont déroulés : elle ne leur accorde pas l’initiative.

En l’occurrence, c’est la BCE qui l’a prise, en laissant à penser que les obligations de l’Etat grec ne seraient prochainement plus prises en pension (en raison de leur note dégradée et de l’arrêt de certaines mesures d’assouplissement provisoires). Une décision beaucoup plus politique que financière a donc été prise, qui avait pour objectif de donner la main aux marchés, afin qu’ils fassent ce que l’on pouvait raisonnablement attendre d’eux (si l’on peut dire). Qu’ils engagent une spéculation amenant le gouvernement grec à capituler et à prendre à son compte une politique d’austérité. En vue de non seulement rétablir les comptes grecs, mais surtout de montrer l’exemple à toute l’Europe. Ce coup de billard avait pour objectif de susciter une pression imparable, si la zone euro tardait à intervenir (ce qu’elle a fait), et à faire jouer un mécanisme pour s’appuyer dessus comme d’un levier.

L’acte II de cette tragédie, bien plus européenne que grecque, aura été la tenue dans l’improvisation de dernière minute du sommet de Bruxelles, qui s’est conclu par un soutien que le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, a caractérisé comme étant politique, pour mieux signifier ses limites immédiates. Non sans un peu de précipitation, en raison de la tournure que prenaient les événements et de l’extension de la crise à des marches plus importantes de l’Europe. A commencer par celle sur laquelle se trouve placée l’Espagne, et qui s’enfonce sous son poids, avec des conséquences trop lourdes pour être assumées, impliquant de calmer le jeu.

Nous assisterons à l’acte III la semaine prochaine, lorsque le rideau sera levé. Afin de vérifier si les marchés seront oui ou non rentrés dans leur boîte, comme de mauvais génies, ou si au contraire ils poursuivront leur tentative de déstabilisation de l’euro, amenant les Allemands et les Français à dévoiler leur batteries et à faire avancer en première ligne leurs réserves. Stopperont-ils alors le dérapage difficilement contrôlé qu’ils ont enclenché  ?

Telle une campagne de communication, une stratégie d’enfermement des gouvernements de la zone euro et de l’opinion publique a donc été mise en place à l’instigation du gouvernement allemand, suivi par les autorités françaises. L’objectif est d’inscrire la problématique de la dette publique – sans s’appesantir sur son origine – dans l’obligation de l’endiguer dans l’urgence par des plans nationaux d’austérité, pesant prioritairement sur la dépense publique (et plus spécialement sur le bouclier social). A l’exclusion de toute autre solution.

L’appel de Barack Obama à constituer une commission bipartisane, avec pour mission d’étudier un plan d’action afin de lutter contre le déficit budgétaire, est l’équivalent de cette politique dans le contexte américain. A chaque région du monde et pays sa tactique, afin de parvenir au même objectif.

Un nouveau décor est en train d’être dressé, devant servir de cadre à la politique d’austérité dont une première application se profile en Grèce, mais dont les éléments s’assemblent progressivement dans tous les autres pays européens, au gré de leur situation nationale. Chacun joue sa partie, la Commission, l’Eurogroup et le gouvernement allemand (dans le rôle de composition du seul pays bien portant de la bande). Les pères fouettards ne manquent soudainement pas.

Olli Rehn, le nouveau commissaire aux affaires économiques, a déclaré à Bruxelles que « La leçon centrale de cette crise est que nous avons besoin de manière urgente d’une surveillance plus stricte et plus large des politiques économiques … (afin de) mieux préserver la stabilité macro-financière de la zone euro ». Ajoutant que « La Commission va prochainement présenter des propositions pour renforcer encore la coordination et la surveillance des politiques économiques nationales au sein de la zone euro ».

Jean-Claude Junker, à la tête de l’Eurogroup, a déclaré à Libération « A l’avenir chaque gouvernement devra dévoiler les mesures de politique économique qu’il compte prendre d’abord au sein de l’Eurogroupe (…) avant de les annoncer dans son propre pays ». Et aussi que « Si un Etat diverge, nous aurons avec lui un débat viril (…) Je n’accepterai plus aucun manquement aux obligations inhérentes à l’appartenance à la zone euro. Il faudra que nous soyons plus sévères entre nous ».

Günther Oettinger, le commissaire européen à l’énergie, a parachevé le dispositif en expliquant dans Welt am Sonntag que « Les Etats de l’UE doivent commencer à réduire leur déficit en 2011. S’ils refusent, le pacte de stabilité doit être modifié de sorte que les instances européennes puissent mieux intervenir à l’égard des politiques nationales. La stabilité de l’euro doit être garantie ». La messe est dite.

L’avenir de cette politique, qui a le mérite de la clarté mais dont la traduction dans chaque pays va être plus compliquée à mettre en oeuvre que de tenir un discours à Bruxelles, risque de se heurter à de sévères obstacles. Le sauvetage financier de la Grèce, s’il se révèle nécessaire – la spéculation se poursuivant ou reprenant prochainement – est aujourd’hui dans les mains des Allemands et des Français, suivant des modalités qui n’ont pas été dévoilées, si tant est qu’elles aient été décidées. Les moyens de ces deux pays se révéleront-ils suffisants, la poursuite de la crise aidant ?

Un scénario peut en effet être envisagé, suivant lequel les capacités financières de ces deux pays seraient mises à l’épreuve, à l’occasion d’un ou de plusieurs rebondissements de la spéculation financière, avec la Grèce ou d’autres pays comme cibles. L’Allemagne et la France finançant leur sauvetage par l’emprunt, alourdissant ainsi leur dette, créant par là même la nécessité de faire appel, à un moment donné, à des financements complémentaires. En frappant à la porte du FMI. Ou bien en demandant à la BCE d’ajuster son tir, de diminuer encore ses taux et de revoir ses objectifs d’inflation, pourtant gravés dans le marbre à 2%, afin de soulager leur peine.

Ce scénario, c’est celui de la poursuite du dérapage entamé, dans le cadre de l’approfondissement de la crise de la dette publique – les plans d’austérité tardant à être mis en place en raison de l’hostilité qu’ils suscitent – les crises se développant également au Royaume-Uni, le cap des élections passées, et atteignant finalement les Etats-Unis. Rien que de plus crédible.

Il n’est sans doute pas étranger à la publication d’une note de recherche intitulée « Repenser la politique macroéconomique », signée notamment par l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard. « La leçon de la crise est clairement que les objectifs en matière de niveau de la dette doivent être plus exigeants que ceux observés avant la crise » est-il en premier lieu expliqué dans celle-ci. En tirant comme conséquence que « …n ous devons réexaminer les objectifs de dette par rapport au PIB. Peut-être devrions-nous viser des niveaux beaucoup plus bas qu’avant la crise ». Mais la note rompt ensuite avec la réaffirmation de cette orthodoxie, qui plus est renforcée, pour s’aventurer sur des sentiers plus escarpés et plein de dangers. « Peut-être les responsables politiques devraient-ils viser un taux d’inflation plus élevé en temps normal, afin d’accroître la marge de manoeuvre de la politique monétaire pour réagir », est-il avancé. Avec comme précision : « Pour être concret, les coûts nets de l’inflation sont-ils plus élevés à 4% plutôt que 2%, autour desquels se situe l’objectif actuel ? ». C’est un véritable coup de Trafalgar dans le Landerneau de la pensée économique comme il faut  !

Il n’est pas certain que l’assurance avec laquelle les chefs d’Etat et de gouvernement se sont lancés dans l’aventure grecque puisse être longtemps conservée. La ligne de conduite préconisée par le gouvernement allemand pourrait devenir intenable, nécessitant le recours à des solutions considérées aujourd’hui comme impensables. Cette crise, depuis le début, à témoigné d’une très forte dynamique, rien n’indique que celle-ci est épuisée.

Ce ne seront certainement pas, en tout cas, les derniers chiffres de la croissance de la zone euro qui pourront le faire penser. Elle est gratifiée au quatrième trimestre d’un très humble +0,1%, en baisse après avoir obtenu +0,4% au 3éme trimestre. A ce prix-là, ce n’est pas une relance, c’est la stagnation ! L’Allemagne, la première puissance économique de la zone, passant de +0,7% de croissance au 3éme trimestre à une croissance nulle au quatrième. Ce qui est loin de lui donner les marges de manoeuvre ont elle a besoin pour affirmer sa politique, et pour régler ses propres problèmes.

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110 réflexions sur « L’actualité de la crise: l’austérité comme unique stratégie, par François Leclerc »

  1. Vous avez dit l’Austérité.? mais nous les Français nous la connaissons depuis 2007!!! Notre Sarkozy national; depuis qu’il est en place nous le dit et surtout nous l’applique. ça a commencé par les restrictions des prestations médicales avec la mise en place des franchises et aussi par l’imposition de nouvelles taxes., ce qui lui évite d’augmenter les impôts comme il le prétend mais qui en réalité a pour but de ne pas toucher à la fameuse loi « TEPA ». Et maintenant le voilà tranformé en « sauveur de la Grèce!!!! Tout cela pour se servir des « tréteaux internationaux (comme à Davos) en tant que tribune mondiale. Cependant qu’il fasse attention avec sa façon de maltraiter les dépenses publiques car c’est bientôt la France qui aura besoin de « Plan de suvetage » a cause de sa dette publique!!!

  2. Selon un article du New York Times, les banques américaines (Goldman Sachs, JP Morgan), toujours elles, seraient responsables de l’aggravation de la dette grecque. Elles auraient consenti des prêts sous forme de produits dérivés sophistiqués afin que les dettes n’apparaissent pas dans la comptabilité nationale et que les échéances soient reportées… aux calendes grecques. En échange, la Grèce aurait gagé les revenus futurs de son trafic aéroportuaire et autoroutier et même les revenus de sa loterie nationale. Incroyable!

  3. La retraite à 65 ans ? 67 ans ? regardez ce récent documentaire allemand au sujet d’un retraité allemand qui doit chercher du travail à l’âge de 70 ans… ( si vous comprenez l’allemand c’est mieux, mais certaines images parlent d’elles-mêmes !) . Merkel est très attachée à ses plans de rigueur et à la lutte contre l’inflation dans son pays, comment va-t-elle se comporter quand il s’agira de sauver l’économie grècque, alors que les médias allemands dénoncent ce financement qui se fera en appauvrissant les classes défavorisées et les retraités en Allemagne…
    http://www.streiktv.de/node/748

  4. « Sarkozy et Merkel vont-ils choisir l’inflation ? » …
    la grève du secteur public s’étent et se durcit en Allemagne, les syndicats ayant refusé vendedi 12 février une augmentation de salaire de 1,5 % étalée sur deux ans pour les fonctionnaires ! Les marges de manoeuvres de Mme Merkel sont assez étroites….
    http://www.streiktv.de/node/806

  5. En ce dimanche matin, un article paru dans l’Observer (à Londres) donne un intéressant éclairage de la crise de l’eurozone.

    Il fait état de rumeurs selon lesquelles Athènes se préparerait à refinancer une partie de sa dette, d’ici probablement la fin du mois, en faisant appel au marché. Il serait recherché de quoi couvrir 20 milliards d’euros qui arrivent à échéance courant avril et mai prochains.

    Suivant la réponse du marché, les Allemands et les Français seraient ou non dans l’obligation de « mettre la main à la poche ».

    Les tensions enregistrées sur l’euro devraient donc se poursuivre, l’article faisant état d’un déplacement de celles-ci vers le dollar (ne mentionnant pas la livre sterling), mais sur le long terme.

    http://www.guardian.co.uk/business/2010/feb/14/greece-eurozone-public-deficit-finance-euro

    1. Francois, « les Allemands et les Français seraient ou non dans l’obligation de « mettre la main à la poche », avec quel argent?

      Les allemands et nous sommes deja dans une situation bien inconfortable, je ne suis pas contre des mesures de solidarite, mais si suite a cette entraide « les marches » decident de s’attaquer a la france et/ou l’allemagne suite a la degradation suppplementaire entrainee par ce geste, qui nous aideras?

      La solution n’est pas que l’entraide, c’est aussi de couper les couilles aux marchés, excusez la trivialite de l’expression.

  6. C’est comme si un vidéo devenait la réalité et que l’on oubliait que l’on était son créateur. Quelqu’un va
    débrancher la prise…

    1. Considérons les responsabilités collectives de l’establishment financier et politique. Faisons le deuil des effets, tournons la page. Ne nommons personne, pas de tribunal, mais invitons-les à sortir du bal, notre fatigue grandit, oublions de grâce Guantanamo et écoutons les sirènes qui réveillent Noé : d’une même guirlande les attachant donnons leur la liberté. La mer est grande, leur goût des îles immense. Libérons les coffres de leurs succursales, leurs médias qui étouffent du manque d’espace. Optons pour l’inflation de l’imagination offshore. Pensons parcage, Emirats Arabes Unis, Dubaï et Abu Dhabi, au Qatar, Alice au pays des merveilles, gestion autarcique du poisson du pétrole, du sel, des algues, huîtres perlière, ils auront des idées. Associons îles et plate-forme, grands projets d’investissements aux milles et une nuit, exclusivement à eux seuls destinés cette fois : entrepreneurs ingénieurs qui voudront les rejoindre les flots les y conduiront. Règles ; pas d’avions, pas d’armes, contrôle des flux vacanciers. On aimerait jouir du temps laissé.

  7. Mais qu’on remette donc la tva à 33% sur le luxe, c’est à dire tout autant les chers Rolex de Sarkozy que les Cayennes de Porsche, vous croyez que cela limitera les achats de ceux qui veulent crâner ???

  8. Rien ne sortira lundi de la réunion de l’Eurogroup, à propos des mesures de soutien financier de la Grèce.

    Il est par contre annoncé sur tous les tons que de nouvelles mesures de surveillance vont être mises sur pied, afin de vérifier à échéances rapprochées que le gouvernement grec va appliquer sans faillir le plan de réduction du déficit public qu’il a présenté. Tout est tenté pour essayer de calmer la spéculation sans avoir à intervenir, c’est le pari délicat qui est tenté  ! Assorti de très fortes contraintes pour la Grèce, et d’un très court délai, supposant des mesures drastiques.

    Ce nouvel épisode de la crise ne surprend pas, car il est apparu que les Allemands cherchaient par tous les moyens à ne pas s’engager dans une logique d’aide financière. Craignant que la spéculation ne l’entraîne plus loin que voulu, à propos de la Grèce, et que celle-ci devienne un cas d’école pour d’autres pays. 20 pays sur 27 membres de l’Union européenne font l’objet d’une procédure pour déficit excessif.

    Ils prennent le risque de devoir affronter de plus grands problèmes, et le font prendre à toute la zone euro avec eux. Le passage en force est une tentation qui pourrait être partagée, s’il parvenait à s’enclencher.

    1. Tout cela est pathetique, cela consite a faire les gros yeux en exhortant la grece a l’effort solitaire! Les allemands sont d’une hypocrisie sans borne, ils ne sont pas mieux lotis que la grece ou que la france d’ailleurs.

      Et effectivement, comme je l’evoque plus haut, le processus de l’entraide, s’il est enclenché est sans fin, les marchés s’attaquant au pays qui porte assistance, car augmentant son endetement suite a cette decision.

      Les regles communautaires sont absurdes, mettre a l’amende un pays qui n’en peut deja plus finacierement est le comble de la regle technocratique.

  9. Plan d’austerité = point de non retour de concentration du capitalisme = Nationalisation des pertes et privatisation des profits = esclavagisation des peuples = barbarie.

  10. Quelques commentaires post votre billet

    Albert Edwards de SocGen, dont les analyses précédentes ont déjà été reprises sur Contre-info: « Even if the PIGS [Portugal, Ireland, Greece and Spain] could slash their fiscal deficits, as Ireland is attempting, to maintain credibility with the markets in the short term, the lack of competitiveness within the eurozone needs years of relative [and probably absolute] deflation. » Meme si les Pays du Sid pouvaient réduire leurs déficits fiscaux, comme le fait l’ Irlande, pour maintenir une crédibilite sur le court terme face aux marchés, le manque de compétitivité à l’intéreur de l’Eurozone aura besoin d’années de déflation relative ( et sans doute absolue).. Selon les rumeurs John Paulson, l’homme qui a gagné des milliards pariant contre le marché immobilier amériain, aurait pris des prises de positions contre certains des membres les plus faibles de l’Eurozone… Pariant contre la volonté européene d’une intégration plus grande demeure un pari. »

    L’analyse d’Albert Edwards: At 500% net liabilities to GDP,it is too late to prevent the collapse of the G7; Greece is irrelevant, we are now all insolvent

    Can anyone fix the the euro-puzzle

    Yves Smith citant John Mauldin: ‘ Greek debt is $350 billion, with about $270 billion of that spread among just three European countries and their banks’.La dette grecque est de 350 millions de $, avec environ 270 milions répartis entre
    trois pays européens et leurs banques.Ceci pourrait banquerouter la majeure partie du système bancaire ( l’article
    du Telegraph estimant une estimation de l’exposition des banques anglaises aux 4 pays ‘Club Med’ à 240 milliards de livres )
    Can Eurobanks take a Greek default

    Enfin en rappelant que les Etats de l’Eurozone doivent « rollover » entre Février et Avril 324 millions d’euros de papier à court terme, je n’ arrive pas à comprendre pourquoi le plan de sauvetage, estimé entre 80 et 120 milliards d’euros pour éteindre l’incendie dans l’Euro-zone ( certains considérant, que puisque nous sommes déjà depuis 3 mois dans le problème, la maison a déjà pris feu ) semble un pare-feu si difficile ou une montagne dont le col parait infranchissable, au vu de la réalité et de l’ampleur des dommages collatéraux…

    1. Il est peut-être à craindre que les décisionnaires soient un peu provinciaux (pardon pour les belles provinces!) et ont confondu les affaires de la grande finance avec leurs bagarres politiques de couloir, le lot commun de leur éducation.

    2. Le manque de compétitivité devrait être un atout… parce-que c’est le toujours plus de compétitivité comme dogme ce qui nous mène droit dans le mur.

      Le summum de la compétitivité… c’est réduire les salaires à zéro et les couts des matières premières à zéro aussi. C’est une fonction asymptotique sans solution réelle parce qu’elle à une limite la ou trop de gens ne gagnent plus assez pour survivre. Termineront-ils par être branchés sur Matrix en coma pour nourrir la bête de leur énergie biologique résiduelle?

      Les PIGS ont toujours été les peuples les plus opposés à la logique suicidaire anglo-saxonne.

  11. @ Vadimir au sujet du post de VINCENT,

    en effet la proposition de Vincent -qui me plaît beaucoup- ne manque pas de panache…

    Et cela m’amène à aborder quelque chose qui me chipote de plus en plus :

    je suis éperdue d’admiration devant les propos très souvent élégants et spirituels des intervenants sur ce blog génialissime, d’autantqu’il s’agit la plupart du temps d’évoquer des choses sordides.(issimes).

    Je suis extatique devant leurs compétences et l’étendue de leurs connaissance au sein de domaines particulièrement complexes voire un peu (!) rebutants pour le néophyte. Mais ils sont si doués q’on fini par prendre goût. Oui….

    Leur détermination à trouver des solutions au chaos que nous connaissons me touche et m’éblouit. Vraiment beaucoup.

    Il y a juste une chose qui me préocupe : je vois peu (ou j’ai loupé des trucs?

    d’allusion, de référence à un aspect très simple et pourtant fondamental : celui de la d i g n i t é .
    Je ne sais pas mais il me semble qu’elle devrait avoir sa place quelque part.

    Bien sûr, les considérations économiques financières et, plus encore, sociales et politiques , c’est très TRES important. Et comment composer avec tout cela -qui est au plus mal- un sacré défi. Noble.

    Mais la dignité…
    N’est-ce pas ce qui fonde essentiellement notre humanité?

    Alors voyez-vous, j’ai envie de dire comme Vincent : ‘Qu’ils aillent se faire pendre avec leur dette. Ca ne me concerne pas.’ (Et l’experssion savoureuse d’Astrorock « couper les couilles du marché » me plaît beaucoup aussi).

    Misère pour misère ,je préfère celle que j’aurai choisie sans perdre ma dignité. Sans me soumettre. Je dois avoir mauvais caractère.

    Quelle place accordons-nous à notre dignité dans toute cette affaire ???

    1. Quand nous commencerons à parler de dignité, nous aurons fait un grand pas en avant dans la résolution de nos problèmes. Orwell appelait cela la « common decency », il estimait que c’était cela qui faisait bouger le monde, même dans l’échec. Et que c’était pour cela qu’il fallait se battre. Zola dans Germinal ne dit rien d’autre…

  12. Concernant les possibles défauts de paiement de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Irlande, du Royaume-Uni, etc, etc, je rappelle que le précédent défaut de paiement de la France a eu lieu le 30 septembre 1797.

    Ce défaut de paiement de la France avait la particularité d’être caché derrière un slogan de communicant.

    Ce défaut de paiement était présenté comme étant « le tiers consolidé » !

    Ce slogan est une trouvaille géniale !

    « Le tiers consolidé » ! Tout de suite, ça rassure les rentiers ! Ouf ! C’est consolidé ! Ouf !

    Mais en réalité, c’était bel et bien un défaut de paiement.

    Lisez cet article :

    La dette publique, qui était de deux milliards au départ et que devait combler, grâce à l’ingéniosité de Talleyrand, la vente des biens nationaux, s’est au contraire aggravée, devenant presque catastrophique. Or, la chance de Bonaparte, et c’est ce qui explique finalement le succès du franc germinal, c’est que le Directoire s’est résigné les 30 septembre et 14 décembre 1797 à annoncer la grande mesure du tiers consolidé. En réalité, ce que le Directoire appelle le tiers consolidé est en réalité ce que ses adversaires appellent la banqueroute des deux tiers.
    L’explication est la suivante : une personne prête 300 F à l’État et donc en attend des intérêts. Ces intérêts ont été versés pendant toute la période révolutionnaire en assignats de plus en plus dévalués, de sorte que le placement s’est révélé catastrophique. Mais le Directoire a décidé de consolider un tiers de ces 300 F, donc de verser des intérêts sur ces 100 F et, au moment du remboursement, de rembourser 100 F. Mais il est bien évident que les 200 F restants sont envoyés à la trappe.
    C’est donc bel et bien la banqueroute de l’État. Simplement, les Thermidoriens savaient faire passer leurs réformes.
    Par conséquent, les intérêts de la dette publique ont été réduits des deux tiers, ce qui allège considérablement les finances de l’État.

    Finances.gouv.fr

  13. Ursula von der Leyen, la ministre allemande du travail, prévoit que le seuil des 4 millions de chômeurs devrait être prochainement atteint. Il y a actuellement 3,4 millions recensés dans le pays.

    Elle attribue ces résultats moins désastreux que dans de nombreux autres pays à « l’économie sociale de marché » de l’Allemagne, oubliant de faire mention du chômage partiel, en forte augmentation, qui est subventionné par l’Etat.

    Les marges de manoeuvre financières l’autorisent encore, mais pour combien de temps, si la reprise tirée en la circonstance par les exportations n’intervient pas ?

  14. @Laurence:
    Amartya Sen ( prix nobel d’économie ): « L’idée de justice », traduction francaise parue janvier 2010, »Ethique et économie » traduction francaise 2009 / Zygmunt Bauman: « L’éthique a-t-elle-une chance dans un monde de consommateurs? « ,traduction francaise 2009, »Le cout humain de la mondialisation »( Poche, 2009 )

  15. L’État français s’est progressivement tourné vers les marchés financiers internationaux à partir de 1973 (refonte des statuts de la banque de France, réforme contenue dans la Loi n°73-7 du 3 janvier 1973, publiée au journal officiel du 4 janvier 1973), et plus encore depuis la création de l’euro, ce qui fait qu’en 2007, 60 % de la dette de l’État français est détenue par des non-résidents (c’est-à-dire ménages ou entreprises non-français).

    Wikipedia

    60 % de la dette de l’Etat français est détenue par des non-résidents ? Ah bon ? Donc je propose de revenir à nos traditions françaises : « le tiers consolidé », ou plutôt aujourd’hui : « le 40 % consolidé » !

    Concrètement :

    – l’Etat français continue de rembourser les 40 % de sa dette aux prêteurs français ;

    – l’Etat français arrête de rembourser les 60 % de sa dette détenus par les étrangers ;

    – en euros, ça donne ceci : la dette totale de l’Etat français est aujourd’hui de 1458 milliards d’euros ;

    – mais grâce à la tradition française du « 40 % consolidé », pouf ! Abracadabra ! Fouchtra ! la dette de l’Etat français n’est plus que de 583 milliards d’euros !

    – Résultat final : l’Etat français n’a plus que 583 milliards d’euros à rembourser aux prêteurs français !

    – Ce n’est pas une idée géniale, ça, peut-être ?

    – Bien sûr, les communicants devront éviter d’appeler cette mesure « La banqueroute des 60 % ». Les communicants devront expliquer qu’il s’agit du « 40 % consolidé » !

    1. C’est une des voies possible mais il n’y a pas lieu de la limiter à la France, c’est le monde entier qui devrait annuler toute la dette, toutes
      les dettes.

      Les états seraient à nouveau capables de fonctionner en créant l’avenir plutôt qu’en gérant le passé.
      La plupart des individus, itou.

      Mais qu’en penseront les chinois ?

      A mon humble avis ils concluront que nous avons franchi la ligne jaune et nous collerons une prune.

  16. Hello!

    Vraiment je voudrait qu’on m’explique, je dois être un peu bornée…
    Pourquoi , alors que tout le monde s’accorde à penser, bon an mal an, que tout le système qui est le nôtre repose sur des tromperies, des escroqueries et autres… que son fonctionnement est totalement absurde et cruel .Sans parler de son caractère eminemment destructeur pour tout et pour tous, on cherche des solutions r e s p e c t u e u s e s, et dans le cadre de t o u t e s les législations en vigueur même celles qui nous sont nuisibles, pour satisfaire ces charognards psychopathes dont il apparaît que de toutes façons ils ne nous laisseront aucune chance.
    Pourquoi ce fatalisme ? Pourquoi cette résignation immédiate à la loi du plus fort et du plus abject.

    Comment allons-nous faire pour payer? Tout le monde se le demande.

    Et si on se demandait comment on allait s’arranger pour ne PAS payer??

    Et si on leur dit NON.

    Plusieurs intervenants ici ont déjà évoqué cette ‘solution’. Disons, cette possibilité.

    Voilà, on dit  »non » : que se passe-t’il ??
    Ca ne vous gêne pas aux entournures de continuer à pédaler pour ces gens- là?? Et de rester bien sagement dans les règles alors qu’eux s’en tape complètement ainsi que de vos vies ?? Et pour gagner quoi ? QUOI ?? Dites-le moi svp.

    Je suis peut-être tout à fait à côté de la plaque mais j’aime apprendre…
    J’espère que cette fois encore il y aura une âme charitable pour m’éclairer…. Merci beaucpoup…

    1. J’avais déjà posté quelque chose comme çà à la suite de je ne sais plus quel article.
      Pour que cela marche il faudrait un effet de masse.
      par exemple toutes les personnes ayant un crédit s’entendent pour que à partir du mois prochain, par exemple, ils retirent leurs salaires en liquide à la banque, de façon à ce que les échéances ne soient plus prélevées.

      Mais cela pose un problème, car nos chers banquiers ont pensé à tout.
      Le problème vient de tous ces paiements par prélèvements automatiques, par carte bancaire ou par chèque car il n’y a plus aucun moyen de régler en « liquide », vous ètes donc obligé de laisser sur votre compte de l’argent pour régler tout cela.

      Or, si votre échéance de prêt est au 10 et les autres paiements au 15, la banque va prélever l’échéance et les autres paements ne pourront être effectués, vous risquez d’avoir des problèmes de téléphone, edf ou autre.

      Si cela était possible (de ne plus rembourser ces prêts) une action de masse aurait un effet certain.
      Si tous les emprunteurs faisaient défaut à la fois sûr que çà aiderait à faire bouger les choses!

      Au rythme actuel je ne sais pas combien il faudra attendre pour que l’effet sur nos banques se fasse sentir .

    2. Une autre piste :

      -en dessous de 1500 € il n’est PAS OBLIGATOIRE de verser un salaire par chèque ou virement.

      Il suffit que tous les salariés touchant moins de 1500 € exigent le paiement de leurs salaires en espèces.
      Ils ne porteraient à la banque que le strict nécessaire pour payer ce qui ne peut être payé en liquide.

      De la même façon, il y a quelques dizaines d’années, les remboursements sécu, les allocations familiales pouvaient être touchées en liquide aux guichets des organismes concernés.

      Aujourd’hui on oblige les RSAistes à avoir un compte en banque pour toucher leur allocation de misère.
      Et certaines banques (Crédit Agricole par ex.) en profitent pour leur fourguer une carte incluant un crédit revolving !!!!!!!!

    3. Pire les associations de défense des exclus exigent que les banques aient l’obligation d’ouvrir un compte aux plus démunis !!!

    4. Le problème n’est pas quoi faire ni comment faire… mais quels équilibres on doit garder et quels on peut bousiller. Quand on est garde-but ou défense latérale dans un match de foot on ne peut pas en faire à sa tête au milieu d’un match et s’asseoir sur la pelouse pendant une demi heure. On joue en équipe, et on doit tenir compte de ce qu’on peut faire pendant qu’on à l’adversaire en face. Même si les propriétaires de l’équipe n’ont pas payé les salaires du dernier mois et que les joueurs sont bien fâches… perdre le match n’est pas une option.

  17. Tendre l’autre joue… C’est un vieux réflexe chrétien??
    Une propension masochiste??

    Rassurez-moi, dites-moi que derrière cette apparente acceptation il y a une stratégie machiavélique pour mieux nous permettre de mettre fin à cette sinistre parenthèse…

  18. @ Wladimir,

    je vous avoue que je suis surprise de constater que cette époque étrange que nous traversons ne sois abordée que sous l’angle des chiffres, des pourcentages etc…

    Je sais que ce blog a une vocation économique…
    Mais l’un n’empêche pas l’autre .
    Et je n’ai jamais lu ici une colère, une indignation devant le manque de respect que nous subissons de manière particulièrement aïgue en ce moment………..

    Mais de manière plus large, plus générale, je suis stupéfaite de voir combien les gens acceptent d’être infantilisés, soumis, voire humiliés!
    Peut-être est-ce de toute éternité, je ne sais pas, mais ca me pose question…

  19. @ Laurence= d’autre questions

    je viens d’un pays qui subit depuis des lustres la prédation des transnationales dans tous les domaines-quasiment tous, au prétexte en particulier d’une dette-contractée par des irresponsables au mieux des voleurs qui planquent leurs sous en Suisse entre autres. parmi les trans, beaucoup avec carte d’identité française
    ce bled, et beaucoup d’autres du même type, exporte de la main d’oeuvre avec les dégâts sociaux que cela implique, car les pays receveurs ignorent à quel point envoyer ses jeunes gens valides détruit la cohésion et le tissu sociaux, pour ne même pas réussir à payer une partie des intérêts de la dette ENTIÈREMENT aux mains d’étrangers..lesquels travailleurs subissent en plus racisme et discrimination

    et si ce pays n’honore pas sa dette, on lui enverra quelques bombinettes pour lui rafraîchir la mémoire.
    mais là n’est pas le problème pour l’occidental qui commence à peine à ressentir les effets d’un État, le sien, délité au service d’autres entités que ses citoyens, allez peuple ça fait archaïque.
    Soit, ces trucs ça ne se voit pas, on peut les ignorer

    Mais je n’ai pas vu que quelques Français aient protesté que leur pays engage une guerre contre les Afghans
    La France est en guerre, et ceux qui ne disent pas mot consentent.
    En guerre, cela veut dire qu’une partie du PIB est consacré à occire des humains à quelques milliers de km d’ici et qui n’ont jamais eu l’idée même de nuire aux Français

    Que dire de ces silences-là?

    Il ne serait que juste que ce système s’autodétruise irréversiblement
    juste au sens moral le plus et juste au sens de cohérence pour l’esprit humain qui se réclame de RéalitéObjective pour dévaster le sensible

    1. La France est en guerre. L’Allemagne aussi. Et la Suisse a une industrie qui ne connaît pas la crise. Non, la gestion de fortune n’est pas une industrie, quoi qu’on en dise. Par contre la vente d’arme, oui. Et elle se porte bien, surtout en regard des autres industries… Principaux clients? L’Arabie saoudite et l’Allemagne, voir un article du Courrier.

      Vous avez raison: les silences sont assourdissants. L’Etat helvétique, lorsqu’il s’agit d’expulser, de reconduire à la frontière – expressions qui ont une histoire – ne s’encombre plus de ses propres lois. Au café du commerce, vous devinerez bien qui sont accusés d’abuser.

      Le système, quant à lui, semble en effet être en cours de destruction. Il n’est plus récupérable. Ça peut durer encore pas mal de temps, cette lente et pénible destruction. Et ensuite?

  20. Une excellente enquete d’El Pais sur la réunion de Bruxelles, Van Rompuy a argué de la neige pour ‘reporter’
    le début de la réunion, afin de tenir une réunion avec Mme Merkel, le président de la France, Jean-Claude Trichet
    et Sieur Barroso, qu’il a rédigé le ‘communiqué ‘ la veille au soir, et l’article rappelle opportunément que la Bank of England avait dépensé 50 milliards de $ en 1992 pour essayer de sauver la livre…


    El dia que Europa rozo la catastrofe

  21. S’exprimant dimanche soir sur les antennes du Grand Jury LCI-TRL-Le Figaro, Jean-Claude Trichet a en premier lieu considéré qu’il n’était « pas tolérable » que des » statistiques non vérifiées » aient pu être communiquées par la Grèce.

    Il a ensuite expliqué, en réponse à une question, qu’il n’avait pas « de raison de douter a priori de la sincérité et de la transparence » d’aucun autre pays européen, la situation de l’Italie étant évoquée.

    Encore une boîte de Pandore d’ouverte : si l’on commence à contester les chiffres, il n’y a pas de raison de s’arrêter… Quand ce n’est pas la spéculation qui propage l’incendie, ce sont les mauvais esprits.

    Deux réunions européennes des ministres des finances, qui sont en pleine préparation, doivent se tenir lundi et mardi. Celle de l’Eurogroup (zone euro), puis le lendemain celle de l’Ecofin (Union européenne).

    De source allemande, il semble qu’un document de la BCE demandant que des mesures supplémentaires d’austérité soient exigées de la part de la Grèce – au prétexte de remplir la condition d’une baisse de 4 points du déficit budgétaire dès cette année – suscite des dissensions majoritaires au sein de l’Ecofin.

    La partie qui se joue est déjà serrée, à peine entamée.

    1. LES DETTES DU CASINO EUROPEEN ET LES SURCOUTS POTENTIELS

      Pressentant comme vous un fiasco de nouveau-ils auront été prévenus- je rapporte ici les propoes de David
      Rosenberg sur la facture:

       » As former chief Merrill Lynch economist David Rosenberg writes this week:

      « First the governments bail out the banks who were (are) basically insolvent. Then these governments, especially in Europe, see their balance sheets explode and face escalating concerns over sovereign default. The IMF now predicts that the government debt-to-GDP ratio in the G20 nations will explode to 118% by 2014 from pre-crisis levels of around 80%. »

      ‘D’abord les gouvernements sauvent les banques qui étaient ( sont ) insolvables.Ensuite les gouvernements,
      particulièrement en Europe, voient leurs bilans gonfler et se trouvent confrontés aux dettes souveraines.Le FMI
      prévoit que le ratio dette publique / PIB dans les pays du G20 explosera pour atteindre 118% en 2010, partant
      des niveaux pré-crise de 80% ( Eurozone: 60% )’

      « Now, the ball is put back onto the banks because many have exposure to the areas of Europe that are facing substantial fiscal problems right now. According to the Wall Street Journal, U.K. banks have $193 billion of exposure to Ireland. German banks have the same amount of exposure and an additional $240 billion to Spain. Many international bond mutual funds also have sizeable exposure to sovereign debt of Portugal, Ireland, Greece and Spain as well. Contagion risks are back. Stay defensive and expect to see heightened volatility. »

      ‘Maintenant la balle est de retour du cote des banques parce que nombreuses sont celles qui sont exposées aux zones d’Europe confrontées à de sérieux problèmes de politique fiscale.Les banques anglaises ont 193 mds de $ d’ exposition à l’Irlande.Les banques allemandes peuvent ajouter à ce montant 240 mds de $ en Espagne. Beaucoup de fonds de gestion privés spécialisés en obligations doivent aussi faire face à une exposition à la dette souveraine du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce et aussi de l’Espagne.Les risques de contagion sont de retoutr Restez défensifs et attendez vous à une volatilité croissante’

      « In a nutshell, toxic assets have basically been swept under the rug in the hopes that we will outgrow the problem. Leverage ratios across every level of society are still reaching unprecedented levels as the public sector sacrifices the sanctity of its balance sheet in its quest to stabilize the dubious financial position of the household and banking sectors in many parts of the world. »

      ‘Les actifs toxiques grosso modo ont été cachés sous le tapis dans l’espoir que nous résoudrons le problème,
      Les ratios de levier à tous les niveaux de la sociéte atteignent encore des niveaux sans précédent, alors que
      les gouvernments sacrifient la sacro-sainte orthodoxie bugétaire dans un effort pour stabiliser la douteuse position
      des ménages et des secteurs bancaires dans de nombreuses parties du monde.

      « Whatever bad assets have been resolved have almost entirely been placed on the books of governments and central banks, which now have their own particular set of risks, as we have witnessed very recently in places like Dubai, Mexico, and Greece, not to mention at the state and local government level in the United States. We simply have not seen a reduction in the percentage of properties with mortgages that are “under water”, hence the FDIC has identified 7% of banking sector assets ($850 billion) that are in “trouble”, so how can it possibly be that the financial system is anywhere close to some stable equilibrium? »

      ‘Tous les types d’actifs ‘à risque’ ayant été examinés, résolus, ont été placés sur les comptes des gouvernements
      et des banques centrales, qui ont maintenant leur propre jeu de risques, comme nous en avons été témoins
      récemment dans des endroits comme Dubai, le Mexique, la Grèce pour ne pas mentionner la dette estatate et muicipaLe aux Etats-Unis.Nous n’ avons toujours pas vu le pourcentage d’hypothèques ‘sous l’ eau’, la FDIC ayant
      identifiés 7% d’actifs bancaires ( pour un montant de 850 mds de $ ) qui sont ‘problématiques’, donc comment se pourrait-il que le système financier soit plus proche de l’équilibre stable ?’

      « The global economy is set to cool off. Not only is China and India warding off inflation with credit tightening measures but most of the fiscal and monetary stimulus thrust in the U.S.A. and Canada is behind us as well. And, the fiscal tourniquet is about to be applied in many parts of Europe, especially the PIIGS (referring to Portugal, Ireland, Italy, Greece and Spain – these countries account for a nontrivial 37% of Eurozone GDP). Greece’s GDP has already contracted by 3.0% YoY, as of Q4, and is expected to contract 1.1% in 2010 and 0.3% in 2011 as a 13% deficit-to-GDP ratio is sliced from 13% to 3% (assuming this fiscal goal can be achieved politically). Portugal has a 9.2% deficit-to-GDP ratio that is in need of repair and Spain has a deficit ratio that is even worse, at 11.4% of GDP. »

      ‘L’économie globale est destinée à voir la température baisser. Non seulement la Chine et l’Inde combattent la menace de l’inflation avec des mesures de resserrement du crédit, mais l’essentiel du stimulus fiscal et monétaire des Etats-Unis et du Canada. Et le tourniquet de la dette publique va s’appliquer dans de nombreuses zones de l’Europe, particulièrement le Portugal, l’Irlande,l’Italie, la Grèce et l’Espagne-ces pays représentant non moins que 37 % du PIB européen.Le PIB de la Grèce s’est déjà contracté de 3% sur douze mois, selon les chiffres du 4e trimestre, et devrait se contracter de 1,1% en 2010 et 0,3%, si le déficit de leurs finances publiques est réduit de
      13% à 3% ( assumant que cet objectif puisse etre réalisé politiquement. Quant au Portugal, son ratio déficit public / PIBe est de 9,2% qui a besoin d’etre réparé et l’Espagne a un ratio encore pire, 11,4% du PIB’

      « The bottom line is that even if the fiscally-challenged countries of Europe do not end up defaulting, or leaving the Union, the reality is that they will have to take draconian measures to meet their financial obligations. Devaluation was the answer in the past in Greece but it cannot rely on that quick fix this time around without leaving EMU and if it did, then that could make it even harder to service its Euro-denominated debts – at least not without a restructuring. And, if Greece did attempt at a debt restructuring, rest assured that Italy, Spain, Portugal and Ireland would be next – we are talking about a combined $2 trillion of potential sovereign debt restructuring that would more than triple the $600 billion direct cost of the Lehman bankruptcy. »

      La conclusion est que meme si ces pays d’Europe menacés ne font pas faillite, ou ne quittent pas l’Union Européene, la réalité est qu’ils devront adopter des mesures draconiennes pour faire face à leurs obligations fiscales.L a dévaluation a été la réponse dans le passé en Grèce, mais elle ne peut compter sur cette solution sans quitter l’Euro-zone, et quand bien meme, elle le ferait, cela serait sans doute encore plus dur pour renbourser ces dettes libellées en Euros-au moins sans une restructuration. Et si la Grèce s’attelait à une restructuration de sa dette souveraine, soyez assurés que l’Italie, l’Espagne, l’Irlande et le Portugal seraient les suivants sur la liste-nous sommes en train d’évoquer 2 trillions de $ de dette souveraine potentiellement à restructurer, ce qui triplerait de facto les 600 mds de $ de couts directs de la faillite de Lehman Brothers’

      Argh

      Source: http://georgewashington2.blogspot.com/

  22. à Louise,

    bonsoir,
    merci pour vos réponses… J’ avais déjà pensé à certaines choses… Je vais m’organiser pour les mettre en place.

    En ce qui concerne la ‘masse’, j’observe. J’attends de voir quel est son seuil de tolérance.Le seuil critique.

    Ca peut encore durer. Parfois je me demande si cet instinct de survie si souvent évoqué est un mythe…?

    Non sérieusement , heureusement qu’on peut se retrouver ici ….

    Je relirai paisiblement vos messages demain car là, les yeux me piquent à force d’avoir fixé l’écran!

    Et je dois avouer, dois-je l’avouer?, allez : j’ai tellement ri aujourd’hui en lisant les commentaires bourrés d’humour et/ ou d’esprit ravageur des intervenants( quel vilain nom) que franchement ma voisine est descendue voire si tout allait bien!

    ALORS MERCI merci à tous!! J’ai passé une journée formidable!!

    ‘Il faut en rire pour ne pas avoir à en pleurer’… ?

    Mais aujourd’hui j’ai eu des fou-rires à en pleurer et c’était DIVIN.

    Je vous remercie tous et toutes de tout coeur pour ces moments passés avec vous! A bient Oups!
    Encore une chose : astarte, la situation que vous évoquez ne m’est pas familière et ne m’a pas fait rire du tout.
    Je relirai votre réponse, attentivement et vous répondrai dès demain. Merci d’avoir partagé cela aussi…

    1. @louise
      @laurence
      Oui on a envie , comme louise de se venger des banques au niveau de nos dépots de consommateurs-citoyens, c’est une réaction instinctive; mais je crois que le problème est fondamentalement ailleurs; il est d’ordre « Politique » au sens le plus noble de la morale des nations et des lois.
      On ne voit que trop bien : Le monde Financier et spéculatif est AMORAL (comme le disait Choroz) mais il joue DANS LE CADRE DES LOIS . Ce découplage total est le mal le plus profond de notre monde……….les acteurs de la finance du trading vivent dans un autre monde que le notre petits déposants de comptes courants. Je reviens de quelques jours passés avec des copains qui ont un petit voilier de 12 métres en bois à La Ciotat. Il n’est que de voir dans les anciens chantiers les « paquebots » luxueux en entretien qui dominent la rade comme des immeubles anonymes avec l’hélicoptere sur le toit pour comprendre, voir cela. Et en plus quant vous discutez (En Anglais, of course) ils s’emmerdent sec ces cons la !!!!Un type assez sympa, nous disait, c’est un comble qu’a ses yeux nous avions de la « Chance »sur notre petit raffiot, en nous voyant rigoler entre copains.

      Oui ils vivent dans un autre monde, ce doit etre cela « Les multiverses d’Everett » comme nous en discutions avec PJ dans un fil scientifique.

      Mais ce qui m’a frappé, à La Ciotat, et consolé; c’est leur pauvreté intellectuelle et culturelle, nous sommes loin des princes Florentains de la Renaissance , et si ils achetent un tableau de maitre soyez certains que pour eux ce sera un bon placement.

    2. @bernard laget

      « Mais ce qui m’a frappé, à La Ciotat, et consolé; c’est leur pauvreté intellectuelle et culturelle »

      Loin de me consoler, elle m’effraye.

  23. D’après l’enquête Emnid, dont Bild am Sonntag a fait état, 53 % des Allemands interrogés estiment que l’Union européenne devrait, si nécessaire, exclure la Grèce de la zone euro.

    Angela Merkel, la chancelière allemande, a opté pour une position prudente, disant d’une part que la Grèce ne serait pas laissée à son sort mais d’autre part qu’Athènes devait tâcher de régler ses problèmes seul.

    D’après le sondage publié par Bild, 67 % des Allemands interrogés ne veulent pas que l’Allemagne ou d’autres Etats européens accordent des milliards d’euros à la Grèce.

    Certains représentants de la coalition au pouvoir en Allemagne ont également exprimé leur réticence à venir en aide à Athènes.

    « Si nous commençons maintenant, où allons-nous nous arrêter ? Comment expliquer aux Allemands au chômage que leurs indemnités ne seront pas augmentées d’un centime mais que les Grecs peuvent partir à la retraite à 63 ans ? », s’interroge dans le journal Welt am Sonntag Michael Fuchs, un des chefs de file au Parlement de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel.

    Au cours de son premier mandat, cette dernière a relevé l’âge de la retraite de 65 à 67 ans afin de contenir les déficits publics dans les limites fixées par l’Union européenne.

    Un membre du partenaire de coalition de la CDU, les libéraux du FDP, s’est montré encore plus hostile à toute aide à la Grèce.

    « La résolution de ce problème ne passe pas par une aide à la Grèce. Il s’agit surtout de préserver les contribuables allemands des éventuelles conséquences des difficultés d’Athènes », déclare Otto Fricke, expert budgétaire du FDP, également au Welt am Sonntag.

    Le Point

    1. « Systemic Risk » du BRI : je suis en train d’en rédiger un commentaire. De même que de « Rethinking Macroeconomic Policy » du FMI, tous deux parus vendredi.

  24. @ Bernard Laget,

    bopnjour!
    Vous savez ma colère et mon indignation ne sont pas du tout en rapport avec ma situation personnelle. Pas du tout. vraiment.

    Et justement, ma colère est politique ‘citoyenne’.

    C’est le ‘découplage profond’ que vous évoquez et que nous avons ‘laissé’ (tout était très opaque) s’installer.
    En fait nous nous en sommes remis ‘bêtement’ (= en confiance) à des politiciens verreux/indignes.

    Et surtout rassurez-vous : j’ai pleinement conscience que des gens amoraux, avides, cupides, cruels, et n’existant qu’ à travers L’ARGENT sont de TRES pauvres ‘personnes’ .Ils sont pauvres irrémédiablement et vides de tout pour avoir besoin de capter tout ce qu’ils appellent RICHESSESS . Or vous et moi et nous tous savons que là (dans les chiffres) n’est pas la richesse. Elle est ici , dans ces échanges, ces découvertes, ces mots d’esprit -et là vous êtes tous vraiment très forts!!!- ces connaissances et cette HUMANITE sans laquelle tout cela encore n’est rien .

    @ Ningùn Otro,
    merci pour votre commentaire.
    Je ne voudrais surtout pas mettre l’ Equipe en difficulté !!!

    1. Bien sur, laurence… il faut qu’on s’organise pour faire 0 – 0, et mettre hors de nuire les propriétaires des deux équipes en même temps pour qu’ils ne bradent pas le prochain match.

    2. @Laurence

      Non je ne vous soupconne pas d’avoir la vue basse, mais c’est vrai qu’il ya des voyous en col blanc a qui j’aurai envie de casser la gueule a la récrée, mais ils ne sont pas dans ma cour, ils jouent ailleurs. A tout prendre votre indignation est sympa, car elle est juste et spontanée.
      Pour etre plus sérieux, je pense que ce nous vivons est une décadence, celle de l’argent roi, celle du mélange des valeurs éssentielles. Mon espoir serait de dire et donc d’esperer que peut etre cette décadence, ce creux de la vague, appelle un nécessaire retour de balancier pour pouvoir laisser a nos gosses quelque chose d’autres que du pognon ou des plans d’assurance vie.
      Je parlais de ces yachts (a la noix) bourrés de diesels,de blondes hollywoodiennes et je repense a ces images De Beken (ceux qui aiment le voile et Cowes apprécieront) ou l’on voit Sir Thomas Lipton (l’homme du thé) se battre à la voile pour reprendre aux américains l’aiguillere en argent de la coupe de « L’América » ces millionaires la avaient du panache et ne se cachaient pas derriere des societes offshores ou des pavillons de complaisance.
      L’argent n’est pas une malédiction, quant on n’en est pas esclave ou aveugle…….Les titres de gloire de la famille Guggenheim s’appellent des Musées, pas des actions……….

  25. Des nouvelles de Simon Johnson, qui semble avoir compris que Goldman Sachs doit être « dégommée », comme jadis Carthage, l’ennemie de Rome et donc de la « civilisation » telle qu’on la connaissait alors. Je me demande seulement quelle portée une telle charge peut avoir, aux Etats-Unis comme en Europe.

  26. Bueno bueno, Paul, nous attendons avec impatience vos conclusions et recommendations, nous proposons de vous nommer président éxécutif du « Financial Stability Board » en remplacement de Adair Turner, bloqué à Londres, si nous n’avons pas coulé avant

    Puisque la réunnionite discusse apparemment des « swaps grecs ». avec trois trillions de $ au dessus de leurs tetes, lol,
    ca ne s’invente pas à ce niveau-là, deux analyses intéressantes:

    Simon Johnson, membre du board du Financial Stability Board,
    Goldman goes rogue-Special European Audit to Follow
    Yves Smith, membre du board, aussi à la recherche d’un emploi…
    Greek rescue collides with the policy trilemna

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