Quatre minutes et vingt-et-une seconde de votre vie

J’écris toujours avec de la musique en fond sonore. Vous le savez déjà, mes goûts sont éclectiques mais j’ai mes humeurs et il m’arrive de repasser toute la journée la même chose. Aujourd’hui, du matin au soir, c’était Carmen, un enregistrement datant de 1964, enregistré à la Salle Wagram à Paris, sous la direction de Georges Prêtre, avec Maria Callas dans le rôle de Carmen. Alors si, comme moi, vous en avez parfois marre des CDS, de la BCE et du FMI, consacrez quatre minutes et vingt-et-une seconde de votre vie à écouter et peut-être surtout, à regarder ceci. Si c’est pas du bonheur, alors je ne sais pas ce que c’est.

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66 réflexions sur « Quatre minutes et vingt-et-une seconde de votre vie »

  1. Heitor Villa-Lobos, O Gato e o Rato

    http://www.youtube.com/watch?v=9dUkp40niUY

    Alfred Cortot plays and talks about Schumann The Poet Speaks (Subtitled)

    http://www.youtube.com/watch?v=XIshPW0mKM4

    Cortot peut faire sentir de quoi il s’agit dans la musique…

    Il s’agit de conquérir une conscience, d’éléments matériels et immatériels, c’est derniers commandent les précédents. Il y a des musiques POLYphoniques (Mozart, Bizet) ou non (Chopin…) Bizet est polyphonique… Une écoute complète voudrait que l’on suivent consciemment plusieurs voix, disons au moins 2, ce qui est difficile et de saisir leur rapports simultanément, les motifs qu’elles dessinent en formant un espace musical, qu’elle remplissent de leur shèmes à la fois graphiques et émotionnels, qui sont une seules et même chose…

    Les Noces de Figaro sont un cosmos musical, d’un richesse inépuisable… par exemple.

    Mozart avait cette faculté de conscience spéciale, quand il disait à propos d’une symphonie qu’il l’entendait toute entière, à la fois.

    Chaque compositeur a son univers.. par exemple le fandango (Granados, Antonio Soler) donne une idée de l’Espagne, on imagine ces jolies danseuses, ça donne un aperçu de l’Espagne sans y aller !

    Une de mes récente découverte :

    http://www.youtube.com/watch?v=zKywH1uc2l0

    La plus belle sonate de Scarlatti…

  2. Il n’y a pas que la Callas et Georges Prêtre qui peuvent émouvoir. Selon le sentiment du moment, un bon Miles Davis fait également l’affaire. Et chez lui, on a l’embarras du choix. Mais je suis d’accord, il faut savoir s’évader de temps à autre pour conserver une clairvoyance d’esprit.

    1. Ne te plains pas ,on a échappé à 2′ 35 » de bonheur (Sylvie Vartan)…
      Qui me parle d »élitisme?

  3. A une certaine époque de ma vie, je ne pouvais pas écouter le Jardin féérique de Ravel sans pleurer… c’était la révélation absolue, il me montrait tout ce qu’il me manquait, cette infinie douceur, cette totale compréhension, cette fin de toute souffrance, cette fusion dans un paradis de bonheur merveilleux… Comme dit Baudelaire, « qui m’aime et me comprend » ! C’était donc ça ! c’était ça, tout ce qu’on désir, tout ce que désir le pauvre être perdu sur terre, tout ce qu’on avait perdu et qu’on en retrouverait plus jamais… était là pourtant, on y allait, dans ce jardin des fées, dans ce sein maternel sans doute, ce jardin qui s’éveillait et qui était là depuis toujours, qu’on ne faisait que retrouver enfin.. qui s’éveillait, se découvrait, qui devenait plus fort que la vie, qui était la réalité, qui nous accueillait, nous attendait..

    Il n’y a toujours rien de plus beau que la promesse du Jardin Féérique. La promesse qui défi le réel, la musique, plus forte que « the bleak December, »… que si on l’avait vraiment comprise, le monde serait moins moche… ! Et le monde me paraissait peuplés de sourds et d’idiots…

    Peut-être que mon identité même est ce Jardin, au plus intime…. au plus profond… Tout est là, déjà. Et je ne suis venu sur terre, je n’y suis pas venu en vain, j’y ai vu le chiffre de la vérité, même si ce signe n’était qu’un signe…

    1. M Lisztfr,
      Merci d’écrire ces choses premières, merci de ne pas écrire pour ne rien dire. Voyez-vous Mussorgsky, particulièrement, me procure les mêmes sensations, Mussorgsky et bien d’autres encore m’emportent dans ce jardin. Suivre le chemin, avez vous lu RL Stevenson ? Laisser les CDS loin derrière et chercher le réel..

  4. J’écris aussi avec de la musique sinon je ne sais pas écrire, mais je n’écris pas la même chose et d’ailleurs voilà bien longtemps que je n’ai rien écris sauf ici et là sur cette société qui se perd dans le seul repère qu’elle conserve : l’argent.
    Je continue à penser qu’un sourire vaut bien plus qu’un billet mais je continue de voir des gens accumuler et désirer toujours plus d’accumulation de peur de manquer, ils sont là mendier pour payer moins pour gagner plus, ils n’en ont jamais assez.
    Il y a un passage dans Mathieu que j’aime parce qu’il met la vie et non l’accumulation ou la richesse par extension au centre de l’humain.

    « Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Que si Dieu habille de la sorte l’herbe des champs, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ! Ne vous inquiétez donc pas en disant : Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? De quoi allons-nous nous vêtir ? Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez d’abord son Royaume et sa justice et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » Mathieu 6 24-30

    1. Le bicentenaire de Chopin a été l’occasion d’une belle émission sur Arte…

      L’argent à cela de paradoxal qu’il faut en avoir suffisamment pour s’en libérer.
      Le suffisamment varie avec son addiction à la société de consommation, une fois les premiers besoins de maslow satisfaits.

      Heureusement les derniers niveaux ne sont pas lié automatiquement à la possession de richesse materriel.

    2. comme un refrain: « Sois ami du présent qui passe : le futur et le passé te seront donnés par surcroît » de Cl. Rosset… C’est toujours étonnant pour moi d’apprendre que quelqu’un aime travailler avec de la musique en fond. Toute aussi étonnante la mémoire musicale qui revient pour accompagner en silence. et à quel point quand je la mets, elle devient moteur. une idée un peu folle que la musique naîtrait du silence ? il s’agit toujours de musique répétitive, surtout Morton Feldman ces temps, de longs voyages pénétrés du dehors et du dedans:
      http://www.cnvill.net/mfhome.htm
      ou là sur ce site très riche : http://www.ubu.com/sound/feldman.html
      ou encore http://www.musiquecontemporaine.fr/fr/search?disp=all&query=Morton+Feldman&exp_inl=on&exp_aud=on&so=ta
      ou là : http://www.youtube.com/watch?v=LwJPL2SLa-Q&feature=player_embedded#
      la durée change, la ritournelle se recompose à partir d’un horizon et le dessine encore, les silences rendent le cœur plus doux, joie nécessaire à endurer joyeux les épreuves… elle s’adresse à l’oreille au corps à l’espace… même dans la plainte elle n’a aucune dette!

    3. « Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre »

      Peut-être est-ce possible de ne servir aucun maître. (Bien qu’à regarder autour de moi, je n’en sois pas totalement persuadé).

    4. On aura tout vu sur ce blog;des martiens ,des marxiens,des batraciens et pour couronner le tout des chrétiens…

  5. « Alors si, comme moi, vous en avez parfois marre des CDS, de la BCE et du FMI, consacrez quatre minutes et vingt-et-une seconde de votre vie à écouter et peut-être surtout, à regarder ceci. Si c’est pas du bonheur, alors je ne sais pas ce que c’est.  »

    http://www.youtube.com/watch?v=yFH1bXg3ni8&feature=related
    http://www.youtube.com/watch?v=hDDDrPb6CBQ&feature=related

    Jérémie disait ce jour là :

     » La tête dans les étoiles et sur les hauts pâturages plein de verdure et de marguerites et en période de transhumance, il n’y a pas non plus que le monde de la finance, de la bourse, les CDS, la BCE, le FMI, la Politique qui existe dans une société, il y a aussi plein d’autres personnes partout ailleurs qui pense vraiment à eux au même moment, les meilleurs médias peut-être … « 

    1. « Le ciel étoilé du seigneur est l’ouvrage »
      Souvenir de choriste…
      Le retour du refoulé ,paroles extraites d’un choral de Bach mais sans certitude…
      Virage métaphysique du blog…
      J’espère qu’on va être contré.

  6. L’actualité est tyrannique.
    A vouloir suivre au jour le jour on y perd sa vie.
    L’amour de l’art est le seul vrai et grand refuge.
    Merci de rappeler cette vérité première en ces circonstances particulières.
    Ce grand écart montre toute votre souplesse.
    Amicalement à vous.

  7. Je serais bien incapable de travailler en écoutant pareille voix.
    J’admire ceux qui sont capables de faire les deux en même temps 😉

  8. C’est un phénomène étrange que le pouvoir de la musique , de la voix, d’un texte , d’une image , d’une pièce , d’un plat , d’un vin , d’une forme , …voire de façon plus générale des  » oeuvres d’art » , quand ils rentrent en « résonnance » avec quelque chose de particulier en nous qui nous transcende et nous apaise . C’est un peu un écho , celui qui selon Wilde est souvent plus beau encore que la voix qu’il répète . Est ce parce que nos « codes » internes se mettent en résonnance des codes d’une perfection éternelle externe ?

    Je remarque pourtant qu’en matière de chant par exemple , tous les genres » ne sont pas également admirables, et encore moins les media/interprètes . Et que nous n’avons pas tous les mêms paraboles pour capter les échos .

     » Il n’y a qu’un commissaire priseur pour pouvoir admirer également toutes les écoles d’art  » , dirait le même Wilde et ça devrait rappeler un certain échange sur france culture à Paul Jorion .

    J’ai aussi fait l’expérience que depuis toujours , ce sont les mêmes types de chant , de musique , de thèmes , de situations émotives , drôles ou tragiques , qui me donent la chair de poule ou les larmes . A croire que la marque de fabrique initiale n’évolue pas , en tous cas pas de façon mesurable par un auto-observateur , à l’aune de sa propre vie . Un peu comme si les codes qui entrent en résonnance étaient indépendants de nous . Je m’en offre une « cure » assez rarement . Il s’écoule parfois plusieurs années avant le retour de l’émotion . Mais elle revient , la même , sur le même autel , avec la même intensité .

    Une oeuvre d’art est toujours réussie .C’est son public qui ne l’est pas toujours .

    Maria Callas était une « sacrée » artiste . Après l’avoir écoutée ,  » on se sent comme si l’on pleurait sur des péchés que l’on n’a pas commis , et en deuil de tragédies qui ne nous concernent pas ( encore) ».

    Son interprétation de la Traviata , les chants cosaques ( tout ce qui se chante en langue russe en particulier est pour moi un opéra), certains textes proches du poème chanté ( chez Isabelle Boulay par exemple tel que  » nos rivières » ), mais des textes et genres plus déjantés ,, me font aussi lever le pied , la plume ou le nez . Le temps d’un instant . Le temps d’échapper au temps .

    Autant dire qu’il n’y a aucun profit boursier à faire là dessus .

    Je vais donc pouvoir continuer à espérer .

    1. M juan nessy,
      ne sommes-nous pas, pour chacun d’entre-nous, une fréquence, une vibration, une énergie ? Je veux dire pour ce qui échappe à la mesure, à la quantité, à la science ? Je pense que ce caractère vibratoire que vous évoquez échappe à l’art lui-même mais touche à la création et est du domaine de l’âme et de la grâce. La fréquence du « récepteur » est surement verrouillée pour chacun d’entre-nous, (ne sommes-nous pas instinctivement attiré par telle ou telle personne ? ce fait évitant à l’évidence nombre de conflits supplémentaires !) toute évolution, tout progrès viendrait-il alors d’une nouvelle genèse ?
      Cependant la musique offre un caractère particulier, éphémère, subtil, évanescent sa contemplation est par nature du domaine de l’illusion tandis qu’elle nait du temps et de la vibration.
      Étrange et mystérieuse Musique en vérité qui fait vibrer à l’unisson un  » Deutsche motette op.62″ d’Accentus merveille d’équilibre, ouvrage élevé au rang de chef d’œuvre avec une pt’ite chanson sans prétention d’un Johnny Cash interprétant « Redemption Day ».
      Il suffit que le cœur s’exprime…pour que se faufilent les états célestes ou infernaux; mais, que reste-t-il d’entre les portes qui ne fut présent avant que le temps ne soit nommé ?
      Sans doute est-ce la raison pour laquelle nous chérissons encore davantage son commencement: le silence !

  9. A me relire , je ne suis ,tout d’un coup, plus très assuré qu’il n’y ait pas de profit boursier à faire sur l’émotion .

    Au moins , même spolié , en a -t-on « pour son argent » !

  10. Quelle voix, en effet !

    Et pourtant, je me peux m’empêcher de trouver l’ensemble un peu figé, manquant de passion… La mise en scène, peut-être… Je n’ose penser que çà puisse être dû à l’interprète, dont la conscience d’elle-même lui aurait imposé cette retenue…

  11. Carmen, premier opéra à Paris à l’âge de 17 ans : beauté des plafonds, puissance de la musique. Emotion intacte, 40 ans plus tard …

    1. Ce qu’il y a de bien avec Maître Dong ,vous en conviendrez ,c’est qu’il est toujours souriant.

  12. Je vous conseille d’écouter sur youtube des extraits de Sacrificium, l’album de Cécilia Bartoli. Un pur chef d’oeuvre au niveau vocal… je suis assez éclectique également, trouvant plus de joie dans la diversité que dans l’uniforme- mité…

  13. @ Paul Jorion

    Seriez vous lassé de nous avoir entrainé trop longtemps dans « Le monde merveilleux » de la finance ?
    Je peux vous comprendre!
    Mais alors ayez la gentillesse de nous proposer d’autres choix que les votres, en matière de Divas j’en préfere d’autres que celle d’Onassis, et puisque Hergé était Belge vous y trouverez une vision lucide dans « Coke en Stock » sur les bals masqués de milliardaires agrémentés de Divas.

    Je vous propose Nathalie Dessay si vous aimez les altos sopranos, ou Franck Sinatra si vous préferez un bon chanteur.

    1. Haaa, Philip Glass, excellent, j’adore.
      J’vais me refaire Metamorphosis, tiens…
      Merci pour le lien.

    2. Merci pour ce partage en musique,

      L’ Homme n’est pas seulement qu’une marchandise ou un animal, il a peut-être parfois besoin d’entendre autre chose au quotidien, sinon tout cela sonne faux dans le cœur et l’esprit de chacun.

  14. Callas? Pas de problème, c’est (c’était) sublime. Mais l’opéra en général? Je pense à cette observation d’un critique anglais au sujet du théâtre, qui exige du spectateur (auditeur) « la suspension volontaire de l’incrédulité [the willing suspension of disbelief]. » Cette suspension ne m’a jamais été difficile au théâtre, du moins lorsque la production et les acteurs sont bons. Mais l’opéra c’est autre chose… Je n’arrive que rarement à entrer dedans. A la limite, j’aimerais autant que les plus grands chanteurs et chanteuses ne donnent que des récitals.

    1. l’opéra: suspendre instantanément le temps et le drame de notre inexorable condition, se donner, se plier à la consolation d’une joie pure, dépensière et qui se répand gratuitement! là ou j’habite en suisse, entre deux rayons de soleil et l’odeur du purin

  15. Anarchiste slave, en cinq lettres (selon Alphonse Allais).
    ………………………
    ………………………..
    Amour : car « l’amour est enfant de bohème et n’a jamais connu de loi ».

  16. @Paul Jorion
    avertissement : Bien que rédigeant directement sur votre blog, l’usage de la 3° personne du singulier plutôt que de la 1° pour vous « répondre » m’amuse davantage (je vous réponds devant …. un public complice). Comme j’ai l’intention de transformer cette réponse en billet dès la fin de sa rédaction, ce sera – in fine – plus simple.
    ==
    Tombant sur le pénultième texte du site de Paul Jorion – son dernier billet – « Quatre minutes et vingt-et-une seconde de votre vie », à peine je vois le visage de la Callas sur le YouTube qu’il nous engage à écouter – à son exemple- que le sourire me vient.
    L’inconscient de notre anthropologue-économiste « vigie-de-la-crise » est vraiment trop puissant.
    Paul Jorion a beau nous écrire, nous préciser, insister sur :
    « Alors si, comme moi, vous en avez parfois marre des CDS, de la BCE et du FMI, consacrez quatre minutes et vingt-et-une seconde de votre vie à écouter et peut-être surtout, à regarder ceci. Si c’est pas du bonheur, alors je ne sais pas ce que c’est. »

    Lui, comme ses lecteurs, ne peuvent pas contraindre leur cerveau à débrancher des méfaits de Goldman Sachs et autres vautours. L’agonie -volatile- programmée de la Grèce , les facteurs Krach Boum ont envahi son cerveau.
    Sophia Cecilia Anna Maria Kaloyeropoulou, telle Athéna au cerveau des mortels vient faire toc toc dans le cerveau limbique de Paul Jorion.

    « C’est pourquoi la veille et l’intelligence économique font appel en partie à des qualités d’intuition.  »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Intuition#Intuitionnisme_psychologique_sur_laquelle_s.27appuie_une_partie_de_la_Parapsychologie

    C’était donc ça le secret de la pythie Jorion : la voix des innovoises-cachetoises de l’Olympe lui parlait. C’était la voix de Maria Callas qui lui annonçait le lendemain quand les Béotiens devaient se contenter de misérablement scruter l’avenir dans le marc du Nikkei du matin.

    Il nous fait partager l’écoute de la prêtresse de la Delphes onnasiste. Elle qui dut partager le principal criminel écologique du transport du 20° siècle (l’homme qui possédait les engins de transport maritime qui transportaient le carbone avant sa transformation en couvercle criminel, destiné à détruire la Terre de nos enfants) avec la veuve de l’ami de la Mafia, le protégé des innovois du Rat Pack, l’homme qui commença la Guerre du Vietnam.
    http://www.youtube.com/watch?v=lHRTCVwSKMs
    La pythie qui avait fricoté avec l’envahisseur impérialiste de la Grèce – accusée à Athènes, de rééditer les exploits des péripatéticiens antiques.
    Mais, il est bien claire que cette fleur sur un fumier bourgeois, innovois et formois avait une productivité historique positive et grandement positive quand les gangsters criminels de tous poils qui l’environnaient en avaient une négative : ceux-là ont repoussé le jour où les humains ne seront plus qu’une seule strate innovante, le jour où les humains seront 6 ou 7 milliards d’innovants, créateurs, découvreurs, inventeurs dans tous les domaines.
    Si Maria Callas était, dans ma jeunesse une voix désincarnée, déshumanisée, un voix qui symbolisait les vélléités culturelles prétentieuses et ignorantes de mes parents qui grimpaient – une à une – les marches dans une ascension volontariste dans la classe formoise, visant l’Olympe ridicule de la grande innovoisie, – une Callas dont les scandales racontés en réunion de famille tenaient lieu de preuves sociales du vernis culturel* qui devait accompagner la montée en diplômes, en hiérarchie, en niveaux de salaires, la vidéo que me fait découvrir Paul Jorion, me montre une femme dont l’humanité lui donne – étrangement – des dizaines de mimiques similaires à celle de notre Cecilia Bartoli chantant Vivaldi « Agitata da due venti »

    La gentillesse de leurs visages, la volonté soudaine, la colère mimée – et le tout en tentant de masquer les contraintes de l’effort technique par un sourire de façade qui vient cacher le véritable sourire de l’humanité productive et humaniste, ont une étrange similitude.
    Il faudrait que des biographes égalitaristes (et donc conscients de la lutte des strates) nous rédigent un jour des biographies comparées de « la Callas » et de « la Bartoli » pour nous montrer le reflet de l’évolution des luttes des classes et des luttes des strates dans leurs respectives psychologies.
    Une lecture passionnante.

    Nous laisserons le dernier mot sur la Callas à notre regretté René Goscinny.
    Si la musique – et plus particulièrement le chant est la NOURRITURE de l’esprit, il nous faut comprendre, en conclusion que… en tant que Callas, la Pythie vient en chantant !

    NOTES

    On a, en écoute légale sur Deezer le remaster de Bizet-Callas :
    http://www.deezer.com/fr/?incr=1#music/result/all/callas%20bizet

    *vernis : Il faudrait que je consacre un jour un texte entier sur la liste des échantillons nécessaires à ce vernis culturel « formois ascensionnel » : les livres jamais lus (sauf par mois) de la collection du Reader’s Digest, un 33 tour de Vivaldi, la Belle Hélène de Hoffenbach, un 45 tour des Beatles, deux Jean Ferrat etc…..

    NB : Je copie colle cette réponse vers mon blog.
    Sous le titre
    Paul Jorion et la Callas : l’inconscient héllène d’un anthropologue-économiste à qui la Pythie Maria Callas souffle les visions de notre futur.

    1. J’ai eu moi aussi l’occasion de relever auprès notre hôte sa propension à glisser vers une forme de paranoïa qui lui fait regarder de trop près le miroir et reprendre les errements de Jules César dans la guerre des Gaules . Sans résultat .

      Mais il est vrai que dans certains écrits , on prétend qu’il faut être psychopathe et paranoïaque pour être à la hauteur de la défense et illustration de grandes idées . Bayrou semble parfois dans cette voie .

      Je reste pour ce qui me concerne un oeil ouvert quand l’autre dort , pour vérifier que la paranoïa reste douce et utile .

    2. @à juan nessy qui a écrit :

      10 mars 2010 à 14:49
      « J’ai eu moi aussi l’occasion de relever auprès notre hôte sa propension à glisser vers une forme de paranoïa qui lui fait regarder de trop près le miroir et reprendre les errements de Jules César dans la guerre des Gaules . Sans résultat .

      1° Vous êtes méchant. Et donc opposé à la principale valeur révolisaitonnaire : la gentillesse.
      Je parie que votre productivité historique est négative !
      2° Vous ne savez pas lire ou vous répondez SANS lire les commentaires.
      En effet, à aucun moment il n’était question de l’usage caesarien ou goscinnesque du « IL » par Paul Jorion.
      C’est de mon texte que je parlais.
      Je commençais à utiliser le « Je vous …. » à l’intention de Paul Jorion, quand je me suis aperçu que mon « analyste » (psych-) sur la façon dont la Grèce restait constamment présente à l’esprit de l’auteur de ce blog était plus drôle rédigée en PARLANT DE LUI A LA TROISIEME PERSONNE.
      Mais c’est MOI qui utilise ce « il » et non lui.
      Rendez à Caesar ce qui …. m’appartient.
      A moins que ce ne soit une guerre des Gaules que vous auriez été en train de tenter de créer !

      Mais il est vrai que dans certains écrits , on prétend qu’il faut être psychopathe et paranoïaque pour être à la hauteur de la défense et illustration de grandes idées . Bayrou semble parfois dans cette voie .

      J’ai vu – depuis vingt ans – trop d’imbéciles et trop d’ignares (tenter d’) utiliser à mon encontre la panoplie pseudo-conceptuelle du harceleur psychologue pour souhaiter répondre quoi que ce soit du contenu de vos propos.
      D’autant que j’écrivais récemment au sujet de la principale pathologie répandue parmi les Humains du Nord de la Terre, la pathologie consumériste.
      samedi 27 février 2010
      Pathologie consumériste, principale folie.
      (Yanick Toutain Rédigé le 22/02/2010 complété et mis en forme le 27/02/2010

      …Une pathologie criminelle qui fait bien davantage de morts chaque que le nombre de victimes de tous les « psychopathes » recensés comme tels

      Je reste pour ce qui me concerne un oeil ouvert quand l’autre dort , pour vérifier que la paranoïa reste douce et utile .

      Ce doit précisément la fermeture de cet oeil spécialisé dans la lecture des commentaires que vous commentez qui a du être la cause de ce que sir la base d’un « il » imaginaire et fantasmé vous vous êtes permis un usage de termes insultants à l’encontre de notre hôte.
      Termes que je vous conseillerais d’éviter à l’avenir.
      Mais il est vrai qu’en chassant de vos soucis l’éventualité d’une paranoïa personnel, cela vous permettra de remettre en fonctionnement NORMAL votre deuxième oeil.

      En conclusion, je préciserai que mon article n’avait qu’une fonction humoristique.
      Mon intention première était limitée au fait que la Grèce envahissait les préoccupations de Paul Jorion – malgré ses explicites protestations.
      C’est la découverte inattendue du Wikipédia sur l’intuition et l’intelligence économique qui fit rebondir mon sketch vers la Pythie et la Callas jouant office de Nikkei prémonitoire !

      NB j’ai corrigé sur mon blog quelques menues erreurs. Dont la bourde de ce « 1° personne ».du singulier

    3. Yanick Toutain :

      Autant pour moi en effet ! Je reconnais que sortant d’un petit contentieux avec Paul Jorion , j’avais sans doute l’esprit imprégné par un préjugé qui m’a fait mal lire votre texte .

      Sur le deuxième extrait cité , je me borne à me référer à quelques traits de pensée épistolière de Jacques Attali . Ce n’est pas vous qui étiez donc visé en aucune façon .

      Sur le troisième vous avez raison , mais j’ai l’excuse de l’âge et de la prise journalière d’Aprovel pour parer aux suites d’une crise cardiaque qui a bien failli il y a dix ans me priver de ma retraite .

      Je promets de faire des efforts pour nettoyer mes lunettes , ma cervelle et de ne pas céder à la tentation de la lecture rapide trop facilement permise par ces écrans de PC aux lettres si petites .

      J’avais d’ailleurs commis la même gaffe avec Schizosophie qui , lui (elle ?) aussi , ne m’avait pas raté , et dont je me demande parfois quel dopant il (elle) prend pour avoir la vivacité d’esprit aussi acérée .

    4. « Hegel disait que la liberté consiste dans la conscience que l’esprit se donne. Je dirais pour ma part, dans un sens qui me paraît assez voisin, que le pouvoir d’agir dépend dans une grande mesure du vocabulaire dont nous disposons ainsi que de la manière plus ou moins opportune dont nous savons le faire fructifier”. Clément Rosset ‘Le Choix des Mots’ p.59

    5. @Yanick Toutain. Vous dites :

      La gentillesse de leurs visages, la volonté soudaine, la colère mimée – et le tout en tentant de masquer les contraintes de l’effort technique par un sourire de façade qui vient cacher le véritable sourire de l’humanité productive et humaniste, ont une étrange similitude.

      ce qui est d’autant plus vrai avec Callas. Wikipédia :

      Le critique musical Henry Pleasants affirme que c’est la perte de souffle qui a conduit aux problèmes vocaux de Callas : « Chanter, et plus particulièrement chanter de l’opéra, nécessite de la force physique. Sans elle, les fonctions respiratoires du chanteur ne peuvent pas soutenir la puissance de souffle nécessaire à l’émission de certains sons. Si le souffle vient à faillir, il n’y a plus de puissance derrière la note ou, du moins, cette puissance est partielle et intermittente. Le résultat est un son mal assuré – tolérable mais manquant de beauté – lorsque la cantatrice chante pianissimo et qui « s’étale » en rafales lorsque la pression monte ». La soprano Renée Fleming pense à peu près la même chose : « [Les enregistrements vidéo de Callas réalisés à la fin des années 1950 et au début des années 1960, révèlent des problèmes de souffle]. J’ai ma propre explication au sujet de son déclin vocal. C’est plus en la regardant chanter qu’en l’écoutant que j’ai acquis la conviction que c’est son amaigrissement important et rapide qui est à incriminer. Ce n’est pas la perte de poids en elle-même… mais si quelqu’un se sert de son poids pour assurer son souffle et que ce poids diminue fortement, cette personne, si elle n’a pas développé une musculature de rechange, aura des problèmes de voix. Quelqu’un m’a dit que la manière dont Callas portait ses mains à son plexus lui permettait de « pousser » et, par là même d’obtenir une sorte d’appui. Si elle avait interprété des rôles de soubrette, elle n’aurait pas connu de problème. Mais elle chantait les rôles les plus difficiles du répertoire, ceux qui nécessitent le plus de vigueur ». Michael Scott rejoint cet avis de même que Robert Detmer. Ce dernier, commentant le récital de 1958 que la cantatrice a donné à Chicago : « Il y avait des sons affreusement incontrôlés, forcés au-delà des capacités actuelles d’une cantatrice devenue trop mince ».

      Remarquez comme elle appuie fort avec son avant bras gauche. Ce n’est pas une posture nonchalante. Elle presse son plexus très fort. Puis ensuite avec l’avant bras droit. Je souffre pour elle comme je souffre pour Jorion quand il doit affronter Wœrth à la télévision.
      JPV

    6. @ à juan nessy qui a présenté ses excuses le 11 mars 2010 à 11:41

      « autant pour moi »

      ce à quoi je réponds.

      Je les accepte pour le motif que vous m’avez épargné ce vrai « néologisme », faux « archéologisme » qu’est le pédant « au temps pour moi ».
      Sinon, je me serais mis en colère !!!

      Pour le reste, je n’ai pas très bien compris ce que Attali aurait dit de Bayrou…

      Ne battez pas trop fort votre coulpe. Car tant va la coulpe à l’eau qu’à la fin elle se brise.

      http://www.rue89.com/89/autant-pour-moi-ou-au-temps-pour-moi
      http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=80&t=8848&start=15

      Autant pour moi serait une forme elliptique de C’est autant pour moi, sous-entendu C’est autant d’erreur que l’on peut mettre à mon actif.
      Cette expression serait à rattacher à autant pour le brodeur, expression dont l’utilisation est attestée dès le XVIe siècle [1].
      La graphie au temps pour moi, environ trois fois moins fréquente sur Internet [3], est cependant celle recommandée par l’Académie française, car, selon elle, rien ne justifie l’expression autant pour moi, alors que l’expression au temps pour moi serait liée à l’expression militaire au temps !, commandant la reprise d’un mouvement [2]. L’Académie française précise toutefois qu’« Il est impossible de savoir précisément quand et comment est apparue l’expression familière » → voir au temps pour moi pour plus de détails.
      Wikipédia
      http://fr.wiktionary.org/wiki/autant_pour_moi

      et aussi !!!

      Il est difficile de savoir exactement quand et comment s’est formé cette locution pourtant très courante.
      Selon une première théorie [1], cette expression est issue du langage militaire dans lequel « au temps ! » serait dit pour commander la reprise d’un mouvement depuis le début.
      Elle aurait finalement glissé vers le sens figuré actuel : ainsi prononce-t-on cette locution pour admettre une erreur, en signifiant que l’on va éventuellement reconsidérer la question.

      Une deuxième théorie postule que la graphie au temps pour moi serait en réalité une forme pédantesque de autant pour moi. Cette théorie, qu’a défendue entre autres Claude Duneton, postule que la théorie des origines militaires de l’expression serait à l’origine une légende, une sorte de « canular étymologique », comme on en invente souvent pour l’origine de beaucoup d’expressions. → voir autant pour moi
      http://fr.wiktionary.org/wiki/au_temps_pour_moi

      Comme quoi linguistique et économie auraient des passerelles : Paul Jorion nous dévoilerait les « canulars » économiques de l’orthodoxie capitaliste ultra-libérale de l’Académie Mondiale des pédants et serait donc notre « Claude Duneton ».

      (En cas d’erreur à ce propos… autant pour moi !!)

    7. @ Yanick Toutain :

      Je remercie donc mes instituteurs de ne m’avoir enseigné que la forme correcte . Vous remarquerez que prudemment , j’avais gardé un  » mea culpa  » en réserve .

      Par contre , vous devriez user de votre colère pour souligner avec moi la faute d’accord à « vingt-et-une seconde(S)  » !

    8. @juan nessy
      ah bon ?
      J’avais cru que la phrase
      « consacrez quatre minutes et vingt-et-une seconde de votre vie à écouter  »
      contenait un « de » de trop…
      et qu’il fallait lire
      « consacrez quatre minutes et vingt-et-une seconde votre vie à écouter  »
      phrase dans laquelle le sujet du verbe seconde était « vingt-et-une »

      autant pour moi …

  17. Debussy disait: « on peut vivre sans musique mais on vit moins bien » De quoi peut-on dire la mème chose? la finance? l’art contemporain cher, très cher aux financiers? un verre de vin?

  18. «  » » »Debussy disait: « on peut vivre sans musique mais on vit moins bien » De quoi peut-on dire la mème chose? la finance? l’art contemporain cher, très cher aux financiers? un verre de vin? » » »

    On ne peut vivre sans amour et sans son corollaire l’amitié et ce sont des marchandises gratuites et autoproduite.

  19. Quel plaisir elle a à chanter, cela s’entend et cela se voit.
    Voici une de mes vidéos préférées, de celle qu’on se passe pour penser à autre chose. On y voit John Zorn et son groupe à Varsovie en 1999 dans une de leur énième interprétation d’un morceau de la série Masada. Le batteur Joey Baron prend un plaisir non dissumilé à jouer. 5 minutes 30 de bonheur.

  20. Je réponds ici à Domend pour qu’il trouve cet écho plus naturellement que je n’ai noté le sien à mes posts dans la file des posts .

    Enfin , réponse si on veut , car je n’ai aucune réponse anienne ou récente , ni même en chantier à l’ensemble des points d’interrogation qu’il pose .

    Je n’ai qu’une seule certitude c’est que pour moi , ces rares instants de quoi ? plénitude ? interviennent dans de petites parenthèses de temps , la solitude , le silence (oui ) qui accompagne .

    De ce point de vue , comme il a été dit par un intervenant , je ne suis pas multitâche et je suis tout suspendu , rempli de …?… ce qui m’envahit . Une sorte de transe assimilable à la méditation , et de totale disponibilité à recevoir de l’information proche de la vérité et de la réalité !

    Ma femme est particulièrement en rogne quand ça se produit car elle me dit à juste titre que c’est  » comme si elle n’était pas là « .

    Heureusemnt pour nous deux :

    – c’est très rare ,

    – quand j’en sors , je ne lui suis que plus attentif .

    Au point qu’elle s’adonne elle aussi à ces plaisirs … solitaires .

  21. Ce qui m’impressionne toujours, ce sont les frissons que l’on ressent en écoutant une musique qui vous touche.

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