L’or et les petits enfants

Je trouve ce matin un courrier dans ma boite à mails :

Bonjour,

Je ne m’y connais pas en économie et plusieurs concepts évoqués sur votre blog me sont plutôt abscons, car ma formation est en science physique. Par contre, je sens bien que les choses ne semblent pas vouloir aller pour le mieux…

J’essaie d’avoir une vision globale de l’humanité et de sa planète et, malgré quelques espoirs, en regardant « les chiffres objectifs », comme un Jean-Marc Jancovici, je ne peux m’empêcher de voir venir la Multi-crise. Une crise financière et économique évidemment, mais multipliée par une crise de l’énergie, une crise des ressources, une crise environnementale, une crise climatique, une crise alimentaire, une crise sociale, une crise démographique, une crise migratoire, une crise guerrière, etc. Il semble qu’en ce 21ème siècle nous soyons confrontés à la finitude des choses.

Assurément, une crise climatique est un peu plus lointaine qu’une crise du pétrole, mais rien ne dit que nous aurons réglé l’une lorsque l’autre se pointera. Nos pauvres dirigeants, et nous-mêmes, ne sommes pas prêts à lutter contre tout ça en même temps…

Pendant ce temps, mes concitoyens et « mes » politiciens n’ont pas conscience des dangers qu’il y a à faire « business as usual ». On dirait que « tout va très bien, madame la marquise »…

Bien entendu, il y a des yeux qui s’ouvrent et quelques actions qui s’entreprennent, mais sera-ce trop peu, trop tard ?

Alors, j’avoue que j’ai peur.

Voici donc une question pratique : qu’est-ce qu’un père de famille peut bien faire pour protéger ses petits avoirs ? Espoir et prière ? Banque ou caisse populaire ? Immobilier ou or ? Ou rien du tout ?

Rassurez-moi. Je ne dois pas être le seul à avoir peur…

Bonne journée malgré tout !

[signature]

Ma réponse :

Je lis votre lettre et sa conclusion me surprend : vous semblez conscient de la dimension cataclysmique du tourbillon dans lequel nous sommes emportés et alors que ma lecture de votre message progresse, la question que vous allez me poser se précise petit à petit pour moi : « Quel rôle puis-je jouer ? Que puis-je faire pour renverser le cours des événements ? » « Qu’est-ce qu’un père de famille peut bien faire pour protéger ses petits enfants ? » Mais au lieu des « petits enfants » dont se préoccuperait ce père de famille, on voit apparaître à leur place des… « petits avoirs », parfaitement incongrus.

La seule chose que je puisse vous dire, c’est ceci : « Il y a un saut entre votre raisonnement et la question sur laquelle il débouche. Ce saut est en même temps un pas de côté, il y a à la fois un saut d’échelle et un tournant à 45 degrés entre votre analyse et sa conclusion. Aristote l’a rappelé il y a bien longtemps : un père de famille se préoccupe de sa femme et de ses enfants. Il ne se préoccupe pas de son or, ni de l’or de sa femme ni de celui de ses enfants. Il laisse l’or au marchand, dont c’est le métier ».

Je ne vous cacherai pas que ce saut qui a lieu entre votre analyse et votre conclusion – qui ne s’opère certainement pas chez vous uniquement – me fait craindre de manière générale pour l’avenir de notre espèce.

Vous êtes bien entendu libre de revoir votre copie. Si vous le faites – et j’espère que vous le ferez – pour le bien de vos petits enfants et des enfants du monde en général, je reprendrai espoir.

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258 réflexions sur « L’or et les petits enfants »

  1. CHAPITRE IV

    LA VIE QUOTIDIENNE
    (Matthieu VI, 19-34.)

    3. Le point d’appui.

    «C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez ou boirez, ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux? D’ailleurs, qui de vous, à force de soucis, pourrait ajouter une coudée à sa taille? Et quant au vêtement, pourquoi vous en inquiéter?
    Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent. Cependant je vous déclare que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt de la sorte l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi? Ne vous mettez donc point en peine, disant: Que mangerons-nous, que boirons-nous? De quoi nous vêtirons-nous? Car ce sont les païens qui recherchent toutes ces choses et votre Père céleste sait que vous en avez besoin. »

    1. Mfff… les oiseaux sèment : ceux qui mangent des fruits ou des baies ont une très grande importance dans la dissémination des graines, cela s’appelle l’endozoochorie !
      C’est une métaphore, certes, mais ça montre bien que les écrits bibliques sont toujours à prendre avec des pincettes…

    2. Quel empressement à critiquer ! C’est sûr que les oiseaux s’échinent à labourer, creuser, semer, arroser pour pouvoir l’année qui suit manger le fruit de leur labeur… Vous n’avez donc rien compris à cette métaphore ! Les animaux se contentent de ce que leur donne la nature, et pour cela elle est bien souvent généreuse, ils ne passent pas leur vie comme les humains à amasser des biens matériels, qui sont bien futiles au font. On bosse toute sa vie huit heures par jour, pour avoir sa télé, sa voiture, une garde robe bien fournie, une rolex etc… Et quand une crise majeure arrive c’est la panique, on perd tout, et au final on est le plus heureux si on se retrouve avec au moins un toit, un habit et du pain dans l’assiette. Sauf qu’entre les deux on a passé sa vie à bosser pour rien…

    3. La plus grande des imperfections humaines, c’est certainement de s’inquiéter du lendemain,
      au lieu de vivre dans le présent, car à quoi bon s’inquiéter de l’avenir, il n’est jamais ce que l’on en attend : on peut imaginer le pire et en recevoir le meilleur comme imaginer le meilleur et en recevoir le pire. En attendant on s’est usé pour rien et avec cela on a exploité les hommes : par exemple l’épargne, épargner mais gaspiller en même temps, vous ne trouvez pas que nos raisonnements sont un non sens : on trouve normal que les gens cotisent pour leur retraite, on juge mieux les fourmis que les cigales ect… mais d’un autre côté on gaspillage à outrance, que ce soit nourriture, matière première ou talents.
      C’est donc qu’en définitive épargner ne vaut rien comme valeur, car s’il est une chose qu’il faudrait « épargner » c’est la planète et tout ce qui y vit et non pas quelque chose en définitive sans valeur comme l’argent… Il perdrait ainsi sa valeur et la monnaie fondante en définitive est une grande chose.
      Mais sommes nous prêt à penser autrement ? à nous sortir de la tête des siècles de pensées dirigées ?
      Sommes nous prêt à devenir des êtres plus évolués ???

    4. Content d’entendre un point de vue comme le tient Liervol. (Ce qui ne rejettent pas les autres points de vue car je lis au filling, pas tout parce qu’il y a beaucoup de réponses!)

      Quand on s’encre dans le moment présent, on passe à l’action. On prend le taureau par les cornes et on agit.
      Il faut s’informer et partager ce que l’on sait avec ceux qu’on rencontre.
      Il y a plein de domaines qui demandent une action immédiate.

      Je comprend la question posée par cet homme inquiet. La situation est grave, mais il faut entrevoir également que la vie est très puissante, et nous en faisons partie.
      Croire que l’on est supérieur à la vie et à la nature à mené l’humanité ici, il faut changer ce point de vue. Prendre conscience de l’interdépendance de tout les aspect de la vie, et apprendre notre rôle dans cet ensemble.
      C’est une étape importante pour l’humanité, prendre conscience qu’elle forme une entité interdépendante au lieu d’avoir une vision égocentrique et dualiste. « Moi ET tout le reste », au lieu de « moi CONTRE tout le reste » ou Tout le reste CONTRE moi.
      Allez prenez bien soins de vous et @+

  2. Terrifiant…

    Toutefois, Aristote est-il le mieux placé pour répondre à ce questionnement en particulier? En l’occurrence, peut-on comparer la structure de la cellule familiale de la Grèce antique avec la notre actuelle? Peut-on encore parler d’Oikos de nos jours et si non, serait-ce souhaitable?

  3. Au delà du rire, ce que pose la question est le niveau de non résilience (non psychologique) des individus d’une société avancée jusqu’à un point de non retour.

    Un copain (encore plus vieux que moi), me parlais, il y a peu, de ce qu’il avait vu de la dernière guerre européenne. Les citadins avaient encore la possibilité de se replier sur les campagnes pour survivre. Ce ne sera plus possible. Résilience physiquement nulle.

  4. C’est un peu dru comme réponse;
    A ce monsieur: apprenez à vos petits enfants le gout de la nature et du voyage. Aidez-les à aller vers l’Autre, car la terre est grande et à part un coin de nantis égoistes et déprimés les gens sont partout identiques quant à leur humanité: ils sont curieux, veulent voyager pour voir ailleurs comment c’est, cherchent l’amour avec un grand A, etc. rien de nouveau sous le soleil.
    Apprenez-leur le sens critique pour qu’ils ne gobent pas la propagande que leur déverse les mass-médias.
    En deux mots, quant à vos économies: emmenez vos enfants ou vos petits-enfants en voyage, puis divisez entre chacun la part qui lui revient afin qu’ils puissent dès à présent construire le projet qui leur sied (j’imagine que ce n’est pas simple les affaires d’héritage, une bonne occasion de psy collective pour toute la famille, car sans doute vos enfants ne vont pas etre contents si vous souhaitez tout léguer aux petits-enfants). S’ils apprennent à voyager, peut-etre qu’ils trouveront où ils souhaitent cultiver leur jardin.

    1. Je trouve aussi la réponse un peu « suffisante »… Serait-ce que P.J n’a pas de vraiment de réponses à cette question ? Qu’il est finalement plus facile de refaire le monde que de répondre à des problèmes pratiques ?

      Pourtant la question ne manque pas totalement d’intérêt, ne serait-ce que sur le plan éthique. Vouloir protéger son avoir, est-ce vouloir être mieux loti que les autres ? Est-ce moral ? Et entre protéger ses avoirs et chercher à en tirer un maximum de profit, quit à cautionner un système qu’on juge à sa perte, il n’y a qu’un pas ? Alors… que faire ?

      Pour la réponse, on pourra se référer à la théorie des jeux : http://www.smbc-comics.com/index.php?db=comics&id=1899

      Ou encore, comme le préconise l’humoriste auteur de la BD Dilbert, investir dans les entreprises qu’on déteste : http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704025304575285000265955016.html

    2. Jeannne,
      Parfaitement d’accord, c’est tout ce qu’il faut faire : Donner des outils à nos enfants pour s’adapter au monde, n’en déplaise à Betov, certains y arriveront.

      En plus, ils ne demandent que ça !

    3. Bonjour,

      apprendre aussi à jouer du couteau et à parer les coups, savoir planter des chous et surveiller son champs, le mieux serait sans doute de revenir à la campagne pour le jardin et voir le clocher de loin…

      Cordialement

  5. Ce qui est sidérant, c’est que face à l’imminence de la catastrophe, du bouleversement historique que nous sommes en passe de vivre, la plupart pensent qu’il sera possible de « faire un pas de côté », qui avec des lingots d’or, qui avec un potager bien tenu, en attendant que « tout s’arrange ».

    1. Et que faites vous, face a l’imminence de la catastrophe? Éclaireriez-vous de vos lumières les humbles qui tiennent leur potager en attendant que la tempête passe.
      Mon arrière-grand-mère appelait ça faire le dos rond…

    2. Cette lettre est déjà passée, sous forme de message, dans ce blog il y a quelques temps, si je me souviens cette personne avait envoyé un message à ses enfants leur indiquant que l’avenir lui semblait très sombre.

      La lettre qu’il a envoyé à M. JORION est comme une question à un spécialiste, il essaye d’avoir des réponses, que peut-il se passer, qu’en pensez vous donc M. JORION.

      C’est un peu comme Roubini qui prédit que l’or n’est pas un bon placement que c’est une bulle qui se prépare, sous entendu l’or n’est pas une bonne protection …

      Je reconnais que je me pose cette question et pas uniquement pour mes enfants, où dois-je éventuellement placer mes économies pour avoir une chance d’en vivre après l’explosion qui se prépare, la question aussi que nous devrions nous poser avec les retraites par répartition, c’est un système de Ponzi en réalité, bien évidemment pas du niveau de Madoff, mais similaire, dans une vingtaine d’année, il y aura un cotisant par retraité, et encore si plein emploi il y a, ces futurs travailleurs et cotisants accepteront ils de donner la moitié de leur salaire pour que nous qui seront alors a la retraite puissions vivre…non de nos rentes, mais des cotisations que nous aurons versées pour que nos propres parents touchent leur retraite.

      Au travers de l’explication et des raisons de la crise actuelle, nous cherchons tous à savoir ce qui peut se passer, comment notre société française qui vit depuis longtemps avec la croissance en ligne de mire, comment notre société va accepter et vivre cette nouvelle vision fermée de l’avenir.

      Voilà je pense la raison de cette lettre, M. Jorion comment voyez vous l’avenir !!!!

    3. @ Jide:

      Ne voyez aucun mépris dans mes propos, simplement je pense qu’il est naïf de croire qu’il sera possible de récolter ses légumes en cas de tempête. A moins de disposer d’un fusil et d’un mirador pour protéger nos radis, une nuit suffira à anéantir nos efforts si les prix alimentaires se mettent à flamber.

      Oui, je vis à la campagne, j’ai des légumes et quelques poules, mais je suis sans illusions sur la possibilité de m’en sortir seul en cas de crise alimentaire/sociale importante.

    4. C’est sur, le survivalisme est une impasse.

      En attendant, comme vous j’ai un poulailler, potager, plus quelques brebis, un forage et des bricolages qui permettent de vivre sans trop d’EDF. Je sais bien que cela ne protège de rien, mais pour transmettre à nos enfants quelques savoirs faire et appréhension de la réalité, c’est quand même pas mal.Ce qui se passera ensuite, peu importe, je sais que, ce que mes enfants ont appris sur le terrain est universel, adaptable en tout lieu et en tout temps.

  6. C’est bien la réponse qui me venait à l’esprit dès la fin de la lecture de cet envoi étrange , et avant même la lecture de votre propre réponse .

    C’est dans le même esprit que j’avais fait écho ( avec de nombreux autres soeurs et frères ) à l’interrogation angoissée d’un précédent intervenant qui se demandait que faire de son argent , en lui conseillant de saisir l’occasion pour s’interroger en fait sur le sens de l’argent et surtout sur lui même .

    Quand on ne vaut que ce que vaut l’argent à « placer » pour faire encore plus d’argent, on ne vaut pas grand chose .

    N’en déplaise à l’oncle Sam et pas mal d’autres .

    1. C’est une belle formule, à inscrire sur tous les frontons de nos Mairies Républicaines, « le pas grand chose » un vrai bouquet final. Merci

  7. Je partage à la fois l’inquiétude du correspondant et le bien-fondé de la réponse de M. Jorion. J’aurais toutefois aimé une indication sur ce que peut faire le chef de famille : il ne peut changer les règles du monde financier ou économique. Comment alors préparer cette immense crise qui nous attend ? Lui permettre de se replier à la campagne pour tenter de vivre de son jardin ? Développer des activités solidaires ? Immigrer ? Où ? Chercher à inventer ce qui pourrait être utile à la collectivité ? Dans quel domaine ? Développer notre faculté d’adaptation ? Réapprendre les moyens de survivre dans la perspective d’un grand effondrement ?
    On sait que pour rendre les hommes actifs face à l’impensable, il faut leur donner des perspectives, des directions, montrer le ciel qui s’éclaircit ou à défaut l’arche (de Noé)… Où est l’arche de Jorion ?! Le savez-vous ou êtes-vous aussi démuni que nous ? Merci.

  8. « Ma cassette! Ma cassette! »

    Mais Harpagon paraît tout de même un peu daté avec son cadre d’intrigue amoureuse. Il manquait à l’imagination burlesque de rejouer la scène, en effet, au milieu d’un naufrage sans précédent avec musique symphonique et panorama grandiose!

    Du reste, il n’y a pas seulement de l’Avare mais du Tartuffe chez ce correspondant matutinal depuis le ton patelin général de son message jusqu’à son évocation de « la prière ».

    Vous fîtes fort bien de le mortifier publiquement. Je crois d’ailleurs que c’est précisément une réponse exemplaire à cette question que l’on vous pose si souvent : que faire?

    Eh bien au-delà de la très nécessaire analyse théorique, c’est par l’intervention pratique dans la vie quotidienne de chacun, au travail, avec ses amis, dans la rue, que l’on ne laissera plus passer sans les relever certains types de discours, à cause de tout ce qu’ils recouvrent, que l’on n’acceptera plus certains types de comportements parce qu’ils sont contradictoires avec toute vie sociale possible.

    Exactement comme lorsqu’on intervient, scène familière aux usagers des transports en commun parisiens, pour faire taire un aigri qui déverse toute sa folie raciste en public, non pas seulement parce que c’est illégal ou que cela nous dérange personnellement, mais parce que, comme ici : c’est contradictoire avec toute forme de vie sociale possible.

  9. @ Monsieur Jorion

    Quel rôle puis-je jouer au coeur de cette débacle ??

    Que faire pour renverser le cours des évènements ???

    Merci de bien vouloir indiqur des pistes d’actions à mener… Je ne dois pas être la seule que cela préocupe au plus haut point.

  10. Je dois avouer avoir lu « petits enfants » à la place de « petits avoirs » à la première lecture.

    Ce qui frappe, c’est l’universalisme de l’analyse et le très particulier de la question/conclusion. Si à la place de « petits avoirs » on avait lu « petits enfants », j’aurais interprété par « mes petits enfants et tous les autres », ce qui aurait mis la question/conclusion sur le même pied d’universalisme.

    Egalement frappant est l’opposition fins/moyens. Clairement l’analyse a trait à la « fin » dans le sens d’un but général d’une vie humaine loin des crises, paisible, heureuse. Par contre, les « petits avoirs » renvoient immédiatement au registre des moyens. Comme ce lien moyens/fin est implicite, on peut supposer qu’il est évident et immédiat pour l’auteur: la richesse garantit la quiétude et le bonheur. Et ça, je pense que ça fait longtemps qu’on a montré, en théorie et en pratique, que c’était faux. Que la culture ambiante puisse faire en sorte qu’une telle énormité tombe sous le sens, ça fait effectivement peur…

    1. Oui j’ai lu la même chose que vous ! à cause du titre ? mince… le père de famille songeant à protéger ses petits enfants me paraissait logique.

  11. Paul,
    je comprends tout a fait votre amertume et votre non-réponse…
    Néanmoins, ce Monsieur pose des questions que tout le monde se pose, toute mesquinerie bue…
    Que puis-je faire pour le monde? Mais également que puis-je faire pour les miens? Pour que ceux que j’aime soient a l’abris des coups durs.
    La peur est mauvaise conseillère dit-on. Mais elle aussi un sain réflexe (de survie).

    Ma réponse a cet homme: j’ai acheté un petit lopin de terre, et j’apprends a mes enfants le maniement de la bêche et le soin aux volailles…
    Le vélo me semble un bon investissement aussi…

    1. L’achat et le maniement d’armes à feu avec un stock conséquent de munitions, sinon je ne donne pas cher de votre investissement.

    2. Pour faire face à l’horreur qui pourrait suivre après ces crises financières, l’argent ou le potager ne sauveront personne. Physiquement peut-être, mais mentalement????

      Beaucoup auraient besoin d’étudier un peu plus dans le détail l’histoire guerrière du 20ème siècle pour se rendre compte à quel point l’être humain est plus cruel qu’une bête, quand apparaît le chaos.

      Notre mode de vie actuel, édulcoré, créé pour optimiser la consommation des ménages est faux, truqué! il faut en prendre conscience maintenant.

      Le choc va être brutal…

    3. « Que puis-je faire pour le monde? Mais également que puis-je faire pour les miens? »

      C’est à partir du moment où l’on sépare le monde et les siens que les ennuis commencent… 🙁

    4. J’ai donc, comme certains, lu « petits-enfants » plutôt que « petits avoirs ».
      Comme une sorte de lapsus visuel -forcément- involontaire, question de priorité personnelle sans doute.

    5. @Yvan: « C’est à partir du moment où l’on sépare le monde et les siens que les ennuis commencent… 🙁 »
      Les ennuis ont déjà commencé. Les miens, mes enfants, ma famille, je peux (essayer de) faire quelque chose pour eux, concrètement.
      Mais qui suis-je, pour influencer la finance mondiale, pour infléchir les trajectoires guerrières, pour mettre le nez bien profond dans les évidences les puissants qui ne veulent pas les voir ?

      Vous aussi, sans aucun doute, vous placez les vôtres sur un plan différent « des autres ». Ou alors vous êtes un furieux misanthrope, ou un philanthrope brillant.

      Cela ne veut pas dire que je ne considère pas mon village, mon pays, les reste du monde avec la plus grande empathie (aussi).

    6. Jide, je vous rassure, je place les miens en haut de mes priorités.
      Mais cela ne m’empechera pas de me joindre à d’autres lorsqu’il faudra prendre le pouvoir de façon physique.
      Et d’après ce que je peux voir de ma Bretagne, nous sommes assez « prompts » à nous rassembler et pas forcément pour les apéros facebock (de bière).
      Nous lions assez facilement la réflexion à l’action. Question de gènes, peut-être.. je ne sais pas.

    7. @Jide

      Pour embrayer sur les propos d’Yvan, je dirais que vous êtes citoyen. Cela suffit et cela ne nécessite pas d’y sacrifier les siens, bien au contraire…

    8. Et être citoyen alors que le but de l’argent est de détruire le pouvoir de l’état…

      Choisissez votre camps, Camarades.

  12. A sa et notre décharge, nous sommes baignés dans ce courant de pensée depuis tellement longtemps…

    Ce que je ne comprends pas de sa part, vu sa formation, c’est de ne pas s’être rendu compte que cette obsession d’argent détruisait la planète ainsi que l’humanité.
    Là, c’est vraiment ne pas se rendre compte des effets de ses actes.
    Mais bon, là aussi, la propagande fait tout pour nous le faire oublier.

    1. La peur, elle aussi pose problème,

      la peur d’armes de destruction massive (qui n’existaient pas), les guerres, les crimes d’Israël, tous, sans exception, et systématiquement justifiés du recours à la légitime défense (la peur donc, et même la peur de la peur, de la peur se retourne sans ambage comme permis à tuer) ….

      il y a aussi la peur des marchés, qu’il faut toujours rassurer, au nom duquel tout doit être privatisé, l’état providence dépecé, la démocratie bradé, l’écologie méprisé, le social sacrifié, (depuis que cette fumeuse peur des marchés tient la gouverne du monde, elle se réalise de en plus ouvertement comme l’arme de la réaction…)

    2. Ha, ça, Cécile, c’est évident.
      Et c’est même amusant car cette peur, cette paranoïa, ce besoin d’être le plus économiquement fort, cet individualisme, cette peur de vieillir, cette angoise de la mort dont plus personne n’ose parler, cette peur de l’autre qui fait ressurgir des valeurs trop fondamentales d’agression, cet individualisme quasi forcé face à une exploitation commerciale,… etc.
      Ne trouvez-vous pas que cette pente suit exactement celle de la montée des « effets de leviers » de la finance…???
      Troublant, non..???

      Pour ma part, je retrouve exactement les angoisses de collègues d’anciens boulots qui risquaient de se faire virer. Avec l’effet de levier en plus.
      Nous risquons de nous radicaliser, et cela sera normal. Malgré tout.

  13. c’est bien ça le problème actuellement , les gens ne pense qu’a leur argent … on est très mal barré !

    1. Mais… si nous n’habitons pas (et encore) la campagne, nous n’avons que cela pour survivre.

      C’est une réalité!

    2. Alors rassurez vous Laurence,

      même à la campagne, nous sommes sous perfusion de la World Compagnie avec pour parler riche, un « taux de résilience » pas beaucoup plus costaud que les urbains (voir inférieur dans nombre de cas).

      Ce qui peu faire une force, à mon avis, c’est un réseau de personnes, amis, voisins etc, mais le matériel….

  14. Monsieur Jorion

    A l’époque d’Aristote la population vivait plus en autarcie et ne devait pas épargner pour se prémunir des mauvais jours . Je partage les inquiétudes de votre interlocuteur en s’occupant de son patrimoine il espére donner de meilleures chances à ses enfants.Au plus de sureté financière au mieux on peut se soustraire aux fantaisies de nos responsables politiques

    1. Ne vous inquiètez pas, cela arrange les politiques qui en profitent largement plus que vous.
      Pour le reste, il y a les paradis fiscaux.

    2. @ Yvan,

      Evoquer sans cesse à qui profite le crime ne dissipera pas le souci des personnes quant à la peur du lendemain.

      Il est grand temps de parler ACTION.

    3. Des Hommes travaillent sur la taxe carbone à l’échelon européen pour dégager des liquidités afin de nous désendetter-alimentation du fond de la BCE- et pour anticiper, en pente douce, la transition vers une société européenne responsable de notre héritage physique et historique-civilisationnel-
      L’échelon européen consiste à promulguer une Europe fédérale par voie référendaire au nombre de partenaires revu-limité dans un premier temps-et par l’abandon de nos institutions nationales au profit du fédéral et du régional.
      Ce traité est le traité Berlin-Paris.

  15. Ce monsieur ne serait-il pas entrain de dire :

    « Je vous demande d’arrêter la planète, je descends ; j’ai peur, je ne me sens plus en sécurité, je ne contrôle plus rien, je panique et je ne sais plus où va le monde et ce que font les hommes. Pour toutes ces raisons, je veux descendre ! »

    Lisez la chronique de Tahar Ben Jelloun publiée dans le monde à ce sujet :
    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/06/05/peurs-par-tahar-ben-jelloun_1368351_3232.html

  16. Mes petits avoirs…
    c’est peut-être cet aspect si fraternel de l’humanité qui m’a conduit à ne pas aimer l’argent! certes, il est impossible de s’en passer, mais à quoi bon être riche, l’oxygène est indispensable, nous le partageons mais l’argent, le fric, le grisbi, le pognon c’est le dieu unique, les enfants de demain devraient nous mettre la corde au cou, nous les nantis qui jamais n’avons eu à défendre notre peau, à crever de faim.
    Le fric est devenu notre ennemi! léchons lui les bottes et plus si nécessite, il y a belle lurette que nous savons ramper!
    l’argent est un outil au service des hommes. Il apparaît comme certain que beaucoup d’ente-nous aient compris l’inverse.

  17. Voici en quelques mots ce qui mine notre civilisation et ce qui explique la puissance de la domination.

    La réponse qui renvoie à Aristote aurait pu renvoyer au « bon vieux sens commun », à supposer que les nouvelles générations sachent de quoi il s’agit, ou à ce que Georges Orwell appellait « common decency ».

  18. A l’auteur de la lettre,
    J’ai ri à la lecture des dernières lignes. Il était évident que, face à la rigoureuse posture morale et humaniste de Paul Jorion, vous alliez au « casse pipe ». En même temps, vous avez eu l’honnêteté de parler de votre peur pour « vos petits avoirs », alors que tant de gens (parmi les moins défavorisés) ne pensent qu’à ça, sans en parler.
    Je vous suggèrerais bien, si ces « petits avoirs » sont source pour vous de peur et d’angoisse, de les distribuer à ceux qui n’en ont pas du tout. L’effet serait radical, mais la solution est pour le moins démagogique.
    En revanche, pourquoi ne pas déplacer votre attention sur « nos petits avoirs collectifs », à tous ? Nos liens sociaux, notre solidarité organisée, notre retraite solidaire, nos services publics, dont certains disent qu’ils sont le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas. J’ai le sentiment que ces petits avoirs collectifs sont plus menacés encore que les vôtres propres. Et pour le père que vous êtres n’est-ce pas là une priorité pour vos enfants ?
    Je terminerai en détournant une formule employée par quelqu’un qui évoquait sa mort prochaine :
    « Ce qui arrive est déjà suffisamment emmerdant. Si en plus, il faut en avoir peur… »

    1. Je crois que si vous et bien d’autres, deviez vivre avec 700 ou 800 euros par mois, seul, en milieu urbain, votre discours et votre belle sérénité en seraient quelque peu modifiés.

      Si vous avez des solutions concrètes à proposer, je vous en prie , livrez-les… Je pense que cela sera TRES utile à beaucoup de monde.

    2. 1789, Laurence.
      Ca peut parraître violent, dangereux, fatiguant, risqué,… Mais ce ne sont pas ceux qui ont conçu le système qui pourront le corriger. Il perdrait leur sacro-saint pouvoir.

    3. @Yvan,

      il est grand temps de passer à l’action, d’une manière ou d’une autre, c’est exactement ce que je pense.

      J’ai proposé un réseau de solidarité à partir de ce blog… Un début?

      Lau

    4. @ Laurence,
      Vous ne m’avez pas compris. Je ne suis pas particulièrement serein. Je cache juste mon désillusionnement derrière un peu d’humour. Quant aux personnes qui vivent avec 700 ou 800 euros par mois, c’est précisément à elles que je pense en évoquant nos avoirs collectifs, qui profitent, ou devraient profiter en premier aux personnes les plus défavorisées, avoirs collectifs qui sont particulièrement en danger. Je rêve, probablement comme, vous d’une société beaucoup plus juste, équitable et solidaire. Je n’ai pas de solutions, mais des pistes existent et je soutiens les personnalités politiques qui se battent sans ambigüité dans ce sens. Pour coller à l’actualité, la France entière (ou presque) va rester scotchée devant la télé pour admirer des gars qui gagnent entre 300 000 et 700 000 euros par mois. Faut pas un peu d’humour, pour supporter ça ?

    5. Et si nous nous donnions rendez vous , pas pour un apéro mais pour nous compter, nous voir, nous espoir, d’autre chose, d’autre mondial ; je suis certain que beaucoup attendent un signe , juste une présence physique de ce que tout ce blog a de bonnes idées, juste pour le chaud au coeur ; mi septembre ?????

  19. Vous êtes un peu sévère M. Jorion !
    Les moyens d’action des individus ne sont pas très nombreux, on peut parler de la situation actuelle avec une approche très différente de ce que nous distillent les grands médias, comme ici, c’est très bien, c’est beaucoup et c’est le début d’une prise de conscience .
    Le premier sentiment qui apparait quand on s’éloigne de la pensée unique actuelle, c’est la peur et il y a de quoi, il me semble que vouloir s’opposer individuellement et concrètement à une mise en faillite programmée généralisée, des états donc des individus, est légitime .
    Bien sûr qu’il y a un contraste entre le début et la fin du message que vous citez, avec un individualisme « insupportable », oui mais que faire ?
    Pour l’instant les idées et les propositions de bon sens semblent superbement ignorées par la finance et les politiques, alors que faire ?

    1. C’est l’individualisme qui a donné cette joyeuse crise, Paul-Emile…

      Vous ne vous rendez pas non plus compte des effets de vos actes.

  20. Oui c’est très bizarre.
    Nous nous représentons la vie comme un combat.
    Un combat contre tout : la nature, les éléments, les maladies, la mort.
    Lorsque les historiens nous parlent des époques très reculées de l’histoire de l’humanité, il n’est question que de la lutte pour la survie (que ce soit celle du premier protozoaire, des dinosaures, des végétaux ou des humains).
    Or, cette manière de voir est potentiellement anxiogène.
    Et le plus bizarre dans l’histoire, c’est que l’homme, du moins dans sa majorité (il existe quelques exceptions) a développé à l’extrème toutes les stratégies de la lutte pour se prèmunir de cette anxiété (qui n’est autre que la peur de la mort en définitive).
    Soigner le mal par le mal, en quelque sorte.
    D’où cette propension à se tourner vers l’accumulation de biens de toutes sortes pour se prèmunir contre d’éventuels coups du sort, et celui qui aura fait les meilleures réserves pourra survivre.

    La vie est un don et c’est en tant que tel qu’il faut la vivre !
    Il n’y a que de rares cas où cette idée du don ressurgit :
    « il a donné sa vie pour sauver au choix : la patrie, le bébé en danger, une cause etc…. »

    Il y a donc bien une autre manière de concevoir la vie.
    Il faut repartir de l’idée du don et donc du partage.
    Il faut admettre une bonne fois pour toutes que notre vie se finit un jour, que notre passage sur terre, qui est un monde finit et qui finira un jour lui aussi, est un moment à savourer et non à gâcher dans des combats stériles.
    Nous avons développé des choses fabuleuses, il serait peut être temps de les mettre au service de l’humanité.

    A partir du moment où le don et le partage sont mis en avant, la peur de l’avenir disparaît.
    La seule chose à transmettre à ses petits enfants c’est la perpétuation de ce sentiment d’appartenir à une vaste communauté où l’entraide, le don, le partage et la joie de vivre ensemble sont les maîtres mots.
    Mais allez faire comprendre çà à des financiers !

    1. Bonjour Louise,

      je vous rejoins absolument sur le fond mais… est-ce notre REALITE quotidienne?

      Que mettons-nous en place pour qu’un autre système voit le jour?

      Cdlt

  21. Jeanne a raison, c’est un « peu dru comme réponse » !

    Pour moi, la phrase clé est : « Alors, j’avoue que j’ai peur. » Et la peur est mauvaise conseillère, d’où la suite sans doute.

    Moi aussi j’ai peur, mais j’ai peur de quoi au juste ?

    1. J’ai peur pour mes trois fils d’abord, le premier qui galère pour trouver du travail (que des contrats à durée déterminée et pas souvent) il a 28 ans et son père l’héberge sinon il serait à la rue, le deuxième qui a encore deux ans d’études pour avoir quoi au bout (?), pour le dernier (bac cette année) qui va bien devoir me suivre pour apprendre à jardiner. Mais j’ai peur aussi pour tous les humains qui peuplent ce monde De toute façon peur ou par peur, préparez vous à tout perdre………..

  22. 1/
    A ma grande honte je n ai pas très bien compris la réponse… je vois bien ou l’on veut en venir : s’il y a bien une posture à ne pas avoir dans cette crise c’est celle du spéculateur… parce-que c’est non seulement le comportement « prédateur » par excellence, mais aussi parce-que l’agrégation de comportements individuels de ce type aggrave le problème lui-même. (Comportements qui sont de plus en plus fréquents à mesure que le scepticisme s’installe quant à la possibilité d’éviter une catastrophe… et c’est sans doute pour ça que V. Havel disait que « c’est un DEVOIR d’espérer, et il savait de quoi il parlait! »).

    Mais dans ce cas, le problème n’est-il pas que les « pères/mères de familles » s’occupent davantage de leurs enfants en tant qu’ils sont les leurs plutôt que de leurs enfants en tant qu’ils sont l’avenir de la communauté politique, qu’ils soient trop « pères ou mères de famille » justement et pas assez « citoyens »? N’est-il pas qu’ils reproduisent le type d’attitude auto-centré qui a privé ma génération et les suivantes de conditions d’existence décentes : « après moi… et ma famille le déluge »-?

    Si c’est bien là ce qui est dit (et je crois que c’est le cas avec la mention des « enfants du monde »), que vient faire cette remarque d’Aristote ici? Lui conseille t-on alors de laisser les marchands gérer son or!? Lui conseille t-on de se laisser dépouiller du fruit de son labeur sans rien faire pour se couvrir, et sans contrepartie en plus? « Se préoccuper de sa femme et de ses enfants » n’implique t-il pas de facto de « s’occuper de leur…

  23. Un raisonnement typiquement humain dirais-je!
    Vous avez bien raison de craindre pour l’avenir de notre espèce, Paul.

    Un pauvre (comme moi) se croit intérieurement « propre » et différent du « sale » bourgeois.
    Mais qu’une opportunité me sourit et m’apporte des millions et je deviendrai sans doute une toute autre personne!

    Bon, dans cette lettre, c’est peut-être Monsieur qui l’a commencé et Madame qui l’a terminée… 😀

    Au final, l’océan atlantique peut bien se transformé en marre de pétrole!!! on s’en fou du moment qu’on reste pété de tunes….

  24. Je vous trouve bien sévères, tous…

    Il a dit : Une question pratique, donc il n’ignore pas le côté limité de cette question, qui n’englobe pas toutes ses questions.

    D’autre part il termine par « ou rien du tout », acceptant donc de se séparer de cette sorte d’avoir.

    Et pour finir, dans l’incertitude ou nous nous trouvons, il est légitime de penser d’abord à soi et à une planche de salut pour soi, car qui s’aide soi-même pourra aider les autres aussi….

    Je crois que ceux qui ont une ferme seront le mieux lotis, dans a période chaotique qui s’annonce et justement imprévisible… Il faut s’attendre à tout.

  25. L’action collective redeviendra le moyen privilégié d’agir pour les citoyens après que les crises leur auront fait abandonner tout espoir de sauvetage individuel.

  26. Cet appel désespéré est pathétique et votre réponse me semble un peu sévère. Voilà quelqu’un qui a tout compris sauf… l’essentiel. C’est finalement plutôt drôle.

    Les choses s’accélèrent. François Leclerc, vous-même et beaucoup d’autres essayez de lire en temps réel, avec une intelligence qui force l’admiration, ce maelström dans lequel nous sommes engagés. Mais, à la lecture de votre conclusion affichée dans ce billet, êtes vous sûr que l’espoir réside dans cette prise de conscience par chacun de ce qui importe vraiment ?

    Si cette personne avait posé comme question, « comment protéger les miens », ou plus généralement « comment agir pour sauver notre monde », que lui auriez vous répondu ?

    Je pensais il y a encore peu de temps que c’était la somme des actions individuelles qui fournirait la matière à un sauvetage de notre civilisation. Mais c’est trop tard, beaucoup trop tard. Le processus a été lancé il y a longtemps, il apparait maintenant visible à tous. Énormément de monde, ici comme sur d’autres blogs, dans certains partis, dans le monde associatif, a la volonté d’agir en conséquence. Mais en pratique il se passe quoi ?

    Nous sommes sur le Titanic, l’orchestre joue, les privilégiés se sont déjà octroyé les canots, la troisième classe dans les cales cherche de quoi manger, et les gens lucides pleins de bonne volonté se demandent comment s’organiser pour s’en sortir.

  27. Monsieur Jorion,

    Je partage les inquiétudes et la vision de l’avenir proche de ce Monsieur pour la « multicrise ». Vous lui reprochez, à juste tire, le très bizarre souci de son or. Je pense avoir une hypothèse explicative.

    Il applique l’idée que le monde marche naturellement à l’argent. Si vous en avez vous vivez. Si non, vous êtes mort et votre famille avec vous. Toutes les autres considérations dépendent de votre accès à de l’argent. Confier cet essentiel à un marchand, qui a déclenché la crise et veut absolument la recommencer, n’est que pure folie. À ce titre, il est un bon père et un bon mari au sens aristotélicien.

    Plus généralement, ce Monsieur illustre une autre crise de notre monde. Ce qui reliait un homme a sa famille a été remplacé par des relations d’argent, des rapports de forces et des jugements de tribunaux. Toute autre réponse au problème de savoir comment être relié avec ses proches a été éradiquée. Sans ça, je ne vois pas du tout comment nous allons faire face à ce qui est en train de nous tomber dessus. La crise actuelle ne me semble être qu’un aimable apéritif par rapport à ce qui vient derrière elle.

    Je vous rejoins sur votre idée que la réaction de Monsieur fait douter de la possibilité qu’a la race humaine de survivre à l’orage qui arrive. Le pire dans tout cela est que cet orage est fait pour l’essentiel de main d’homme.

    1. Je tiens à préciser une chose. J’écris « Sans ça, je ne vois pas… » Le ça auquel que je fais référence est ce qui relie un homme à ses proches. Cela a été éradiqué dans les faits. Mais être humain signifie pour moi être relié à ces fameux proches. Une méchante dichotomie s’est ou a été installée dans les esprits. Elle fait mal.

    2. Je me permets… Vous vous trompez sur le sens du mot dichotomie.
      La dichotomie consiste à prendre deux résultats encadrant une solution et à réduire l’intervalle en deux afin d’arriver à la bonne valeur initiale. On peut l’assimiler ou l’extrapoler à la convergence.
      Là, dans votre commentaire, je pense que vous vouliez parler au contraire de divergence entre êtres humains. Division, même.
      « diviser pour mieux régner »… 😉

  28. Amasser de l’or dans des lessiveuses, ce n’est certainement pas cela qui nous permettra de sortir par le haut de la crise multi-forme dans laquelle on se trouve. Ce qui nous permettra de nous en sortir
    c’est de l’imagination, encore de l’imagination, toujours de l’imagination. Mais aussi et surtout arriver
    à changer nos mentalités: notre rapport aux autres et à la nature. Vaste chantier me direz vous, mais
    je ne vois pas d’autre chemin à emprunter, si l’on veut aller vers un monde meilleurs. Tous les autres
    chemins conduisent dans des impasses ou des précipices. La peur peut être utile si elle nous motive
    à nous dépasser, par contre elle est néfaste si elle nous conduit à nous replier sur nous mêmes.

  29. Vous êtes un peu dur avec cette personne.
    Dans un monde où tout est régi par l’argent, la meilleure façon pour lui de protéger sa famille, pense t il, c’est de protéger ses petits avoirs.
    Je crois qu’il pense donc avant tout à protéger sa famille en préservant ses petits avoirs.

  30. Je partage le point de vue de Paul Jorion. Néanmoins, je pense qu’il est possible d’apporter une réponse aux deux questions. C’est à dire trouver des solutions pour vous, pour votre famille, pour vos proches, mais aussi des solutions qui soient en concordance et en accord avec les questions plus larges qui concernent vos contemporains, notre espèce, la planète et toutes les autres espèces vivantes qui l’habitent. En somme tous les Terriens (animaux, végétaux et humains), mais aussi les autres univers comme le minéral.
    Il faut agir à son niveau sans se laisser paralyser par l’ampleur de la tâche. Faîtes ce que vous pouvez faire. C’est tout ce qu’il vous revient. C’est tout ce qu’il vous est demandé. A chacun sa part à son niveau. Mais en prenant tout en compte et pas sa seule dimension. Si l’on cherche à avoir un résultat sur quelque chose que l’on ne peut appréhender, la peur, l’angoisse, vous empêcheront d’avancer et d’agir.
    Je vous soumets quelques suggestions sans prétendre que là se trouve la réponse à tout. Faîtes dans ce que je vais dire la part des choses, avec ce qui peut correspondre à ce que vous êtes et à votre situation.
    Je vais faire un parallèle avec la survie, la vraie. Exemple quand vous êtes le seul survivant d’un crash aérien au milieu d’une jungle tropicale. Il y a trois niveaux à ce qui peut alors vous permettre de vous en sortir.

    1- La volonté
    2- Le savoir et le savoir faire
    3- Le matériel

    Je vous livre ces trois éléments par ordre d’importance. Ils sont comme une pyramide. Le matériel sera toujours le moins important.

    1- Pour ce qui est de la volonté et de vos motivations de vivre ou de vous en sortir, cela vous regarde en propre. En ce qui me concerne, je crois que nous devons trouver d’autres motivations que celles qui nous ont été inculquées. Exemples : plus de coopération et moins de compétition; plus de collectif et moins d’individualisme; plus d’altruisme et moins d’égoïsme. Etc. La plus forte de toutes les motivations : l’amour. L’amour de la vie qui nous a été offerte, l’amour ce cette belle planète, l’amour de vos enfants…
    2- Il sera utile d’acquérir le plus de savoir et de savoir faire vraiment utiles. Si vous êtes un crack de la playstation, faîtes vous du souci. Savoir se sortir des situations les plus impossibles sur une console de jeux vidéos, vous saura parfaitement inutile dans la vie réelle. De nos jours, la liste des compétences inutiles est sans fin. L’une des choses les plus utiles qui puissent être est de savoir faire un potager. Savoir s’assurer par soi même un peu de subsistance. Ce dont nous avons, pour nos corps, fondamentalement besoin, est un abri et de se remplir l’estomac. C’est tout. En dehors de respirer, cela va de soi. Il faudrait réapprendre les gestes des anciens, qu’une ou deux générations, inconsidérées, se sont évertuées à perdre. Dans cet ordre d’idée, la menuiserie, la vannerie, peuvent être aussi très utiles. Je n’ai pas la place (et le temps) pour faire une liste exhaustive. En résumé, gagner en autonomie. Intéressez-vous à la simplicité volontaire et à l’autarcie. A cette dernière pas en tant qu’elle même mais en ce qu’elle peut vous permettre de gagner en autonomie et en intelligence ou connaissance. Intéressez-vous aussi à la connaissance de la nature. Comment pourriez-vous vivre dans et avec la nature si nombre des artifices et des facilités de la société de consommation n’étaient plus à votre disposition? Connaissez les plantes sauvages comestibles et les ressources gratuitement offertes par la nature. Intéressez-vous aussi par exemple à l’agroécologie, à l’auto-construction. En tout cherchez la simplicité, revenez à l’essentiel et fuyez l’accessoire. Ne vous inquiétez pas, d’autres sont passés par là, se sont posés les mêmes questions que vous. Les réseaux existent. Les solutions aussi. Des gens seront prêts pour le moment venu. Prêt de chez vous, il y a certainement une ou plusieurs personnes, structures ou associations qui pourront vous aider à avancer dans vos réflexions. Ne restez pas seules. Comptez sur les solidarités naturelles.
    3- Les biens matériels. Uniquement ceux qui peuvent vous aider à accomplir le point 2.
    J’ajoute un 4.
    4- L’or ou quoi que ce soit d’autre. L’or ne se mange pas. Si tout s’effondre, vous comptez tartiner votre lingot sur une tranche de pain?
    « Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l’argent ne se mange pas… » Géronimo.

    Enfin, très personnellement, j’ajouterais ceci. Nous ne sommes pas que des corps physiques. Il n’y a pas que nos corps à sauver. Une fois ceux-ci morts, nous n’emporterons rien de matériel de l’autre côté. La seule chose que nous garderons, ce sera notre âme. Quel que soit le côté ridicule que vous pourriez éventuellement trouver dans ces dernières assertions, considérez le fait qu’un peu plus de spiritualité pourrait aussi nous aider à nous sauver individuellement et collectivement.

    Bien à vous.

    Si vous souhaitez quelques pistes plus précises (livres, associations,…) vous pouvez me contacter par mail depuis mon blog.

    1. En effet, vous avez bien compris.
      Un peu moins de matérialisme et un peu plus de spiritualité.
      Moins de boulimie, de consommation de toutes sortes, et un peu plus d’esprit.
      En même temps ça ne peut pas concerner tout le monde.

    2. Bonjour,

      c’est à mon avis la meilleure réponse qu’il soit.

      Mais la catastrophe tant évoquée s’installe trés trés lentement et insidieusement par exemple je trouve que dans certains département les routes sont proches à devenir impraticables … attendons un hiver à pierre fendre et les nids de poules vont exploser sur nos routes…, et l’etat qui réclamera toujours plus de sous et l’electricité et le gaz au plafond … tout trés trés lentement comme cela fût pour le déperissement écologique de nos campagnes.

      Cordialement

    3. Je vais attendre mon prochain crash d’avion en forête équatoriale .

      Où j’ai travaillé , mais heureusement aucun lowcost ( ça n’existait d’ailleurs pas à l’époque ) ne nous est tombé sur la cafetière .

    4. @juan
      Dommage. La vie est moche avec vous, elle ne vous fait pas de cadeau…
      @ moi même
      Heureusement que je ne viens pas plus souvent sur ce blog et que j’y contribue encore moins souvent (2 contributions en tout et pour tout). Mon idée était simplement d’essayer de répondre décemment à l’auteur du mail destiné à M. Jorion et donc à l’origine indirecte de ce billet. Autrement, il est vrai, que je ne viens jamais ici en espérant trouver des solutions. C’est plutôt pour prendre la température d’un des paramètres du (des) problème(s). Solutions que je trouve ailleurs.

  31. Après avoir (vraisemblablement) exterminé son cousin néanderthalien – son dernier concurrent simiesque – homo sapiens s’est « installé en civilisation » il y a 5000 ans, autant dire hier. Depuis, il godille entre son incroyable capacité d’innovation et son génie criminel.
    5000 ans pour ravager une planète et s’autodétruire. Pas mal…

    Descendre en marche ? Néanderthal aurait bien aimé.

    1. depuis qu’on a inventé des signes et qu’on leur associé des valeurs (6000-12000 ans), les « avoirs » et les « enfants » se sont entremêlés.
      Les égyptiens maintenaient les paysons endettés de père en fils, il y a 3400 ans déjà environ.

      Les « abiru » étaient des renegats/fuyards à ce système, qui se sont réfugiés dans une vie agro pastorale dans les monts de palestine , lors des reflux de l’empire d’Egypte. On dit qu’ils sont ancêtres des hébreux (M. Liverani dit …);
      La rémission des dettes est le « jubilée » (la grande rémission, la petite tous les 7 ans, la grande tous les 49/50 ans).
      Inscrit dans la Bible. La « reductio ad fricum » , la réduction dune personne à ses avoirs est donc un vieux biais, c’est un biais qu’Aristote a commencé à voir et juger, après que les sophistes soient déjà passé mettre « le boxon » dans la pensée grecque des Platon et autres. Le jugement d’Aristote est sans doute sain, il cantonne le mal, et appelle à des formes modestes de transcendance sur le reste (les enfants, le soin).

      Sur le soin, ce fut un concept central, auquel sont rattaché divers mots latins et grec : « cura », « skholé », etc.
      LE seul bon côté de l’esprit humain est sa relative imprévisibilité individuelle. Même si les élit(r)es sse reproduisent collectivement, par les temps qui court, il est toujours donné à chacun d’exercer sa singularité, d’ex-ister, et non de juste sub-sister, au moins dans un monde dont les armes symboliques ne sont pas pipés, dans lequel la misère symbolique (que nous font les industries culturelles) n’est pas la règle.

      Disons que s’il faut un « petit avoir » pour les « petits enfants », c’est avoir la possibilité de filtrer la bêtise systémique qui nous entoure. Et cette possibilté est un don direct de chaque génération, « en nature et en mots ». Fort peu en euros, (logique).

    2. @ Thomas
      Après homo sapiens, Homo « Deconnans »: que c’est drôle!!

      je vais le savourer et le répéter, oui oui oui

      En faire un message sur mon gilet fluo de vélo? Merci Thomas

      Dalio

  32. Bonjour à tou-te-s et Merci,

    « Dédicace au père de famille »

    Je suis aussi père de famille
    Et ingénieur de formation
    J’ai horreur des gens qui nous pillent
    Le génie de la création !

    Nous descendons de Mère Nature ;
    Pour vivre et nous alimenter
    Allons chercher dans nos cultures
    La façon de moins déjanter !

    C’est en respectant Mère Nature
    Que nous vivons dans nos foyers
    Sans déverser dans les pâtures
    Les choses qui nous ont dévoyés !

    Nous lui devons notre sagesse
    C’est à nous de l’entretenir
    Car c’est notre plus grande richesse
    Qu’aucun ne peut anéantir !

    Signature : luami CREER
    « Un médiateur d’ l’innovation
    Qui allie raison et passion
    Pour mieux vivre le temps restant
    Et en partager les instants ! »

    inspiré par la famille CREER qui a 115 ans
    (Christine Régis Emma Etienne Robin)
    « médiateur de l’innovation » de Toulouse à La Ciotat

    http://luami.viabloga.com

    1. à « mère nature » , notion  » mythe fondateur » que l’on retrouve dans toutes les  » civilisations » avec bonheur , je ne dois pas la sagesse , je dois la vie .

      Et à ce qu’on dit , encore plus vraisemblement , à un peu de poussière d’étoile vieille de 15 millards d’années lumière , et un peu d’eau et de furie .

    1. Excellent. Pose la question de savoir si l’on peut être philosophe et de droite, concernant Luc Ferry, de même qu’on avait déclaré impossible le fait d’être écrivain encarté au PC.

      Luc Ferry EST défaitiste, dans tous ses propos, mais ne le reconnait pas. Pourtant il déclare à chaque phrase que c’est la « réalité » qui est dure, qu’on ne peut rien contre la Chine et l’Inde, etc. Normal, pour un penseur de droite, il faut accepter l’ordre des choses, c’est le conservatisme. C’est l’amputation de la pensée dans ce qu’elle a de progressiste.

      Luc Ferry me semble odieux, en tant que penseur. Voilà. Le type même de propagandiste à la solde du courant libéral. Pour lui il n’y a qu’à accepter les plans d’austérité.

      On peut être philosophe et catholique, catholique et freudien, encore que, mais philosophe libéral…

      Paul Ricoeur, exemple de philosophe catholique et freudien. Comme quoi le catholicisme est un carcan moral moins étroit que le libéralisme.

      Todd dit quelque chose de sensé à savoir qu’on pourrait revenir au stade d’avant la mondialisation, puisqu’elle pose problème. Quoi de plus logique ?

    2. Salut Lisztfr.
      La mondialisation devrait tomber d’elle-même. Même sans avoir besoin d’un écroulement de l’argent.
      Il suffit de regarder la position que prennent tous les gouvernements pour sauver leurs « propres » petites fesses.. (pardon de l’expression, mais ce qui se passe au niveau individuel et similaire au niveau des états)
      Chacun va essayer de « sauver » sa monnaie des spéculateurs qui agissent pour les « investisseurs » que nous sommes et cela va précipiter la création de nouvelles règles européennes qui viendront tout droit des Anglosaxons.
      C’est ça ou la cessation de paiements…

      Donc, non pas protectionnisme, ou « démondialisation », mais recentrage et autosuffisance.

  33. Cet appel désespéré est pathétique et votre réponse me semble un peu sévère. Voilà quelqu’un qui a tout compris sauf… l’essentiel. C’est finalement plutôt drôle.

    Les choses s’accélèrent. François Leclerc, vous-même et beaucoup d’autres essayez de lire en temps réel, avec une intelligence qui force l’admiration, ce maelström dans lequel nous sommes engagés. Mais, à la lecture de votre conclusion affichée dans ce billet, êtes vous sûr que l’espoir réside dans cette prise de conscience par chacun de ce qui importe vraiment ?
    Si cette personne avait posé comme question, « comment protéger les miens », ou plus généralement « comment agir pour sauver notre monde », que lui auriez vous répondu ?

    Je pensais il y a encore peu de temps que c’était la somme des actions individuelles qui fournirait la matière à un sauvetage de notre civilisation. Mais c’est trop tard, beaucoup trop tard. Le processus a été lancé il y a longtemps, il apparait maintenant visible à tous. Énormément de monde, ici comme sur d’autres blogs, dans certains partis, dans le monde associatif, a la volonté d’agir en conséquence. Mais en pratique il se passe quoi ?

    Nous sommes sur le Titanic, l’orchestre joue, les privilégiés se sont déjà octroyé les canots, la troisième classe dans les cales cherche de quoi manger, et les gens lucides pleins de bonne volonté se demandent comment s’organiser pour s’en sortir.

  34. Bonjour

    Un peu étonné par la dureté de la réponse de M. Jorion, comme par celle des premiers commentaires… Même s’il semble incongru de demander que faire de ses avoirs plutôt que de se poser la question de l’avenir de ses enfants, il ne faut pas oublier que dans cette société, sans argent nous ne sommes rien. Et si ce monsieur se retrouve un jour sans avoirs, l’avenir de ses enfants ne sera-t-il pas hypothéqué ? Bien sûr que si. Alors vouloir mettre en sécurité ses « petits avoirs » peut paraître égoïste (et ça l’est), mais qu’on me dise ce que l’on peut faire d’autre ! A part voter (et pour qui ?), adhérer à un parti (ou un syndicat ?), ou donner à ses amis l’adresse du blog de M. Jorion… On peut aussi s’interroger sur le sens de l’argent, de la vie, de l’avenir, etc., mais si ça change quoi que ce soit à la situation immédiate du pays comme de la planète, qu’on me le dise…

    1. Mais précisément, Paul Jorion souligne que ce genre de réflexe individualiste nous précipite vers la catastrophe. S’interroger sur la préservation des services publics par exemple, serait une attitude bien plus à même de protéger la famille de ce monsieur…

    2. « S’interroger sur la préservation des services publics » : ça signifie quoi, exactement ? Personnellement, je sais très bien qu’ils sont indispensables. Et la grande majorité pense la même chose. Seulement, ça n’a pas empêché 53% à voter pour Sarkozy en 2007, grand fossoyeur des services publics, si ne m’abuse. Conclusion : les gens votent contre leurs intérêts. On change quand ? Quand le citoyen aura repris le pas sur le consommateur ? Bon courage à tous…

    3. @Frédéric

      J’ai bien peur en effet qu’il faille une prise de conscience. Nous sommes tous ici pour essayer de l’accélérer. Mais il faudra peut-être que beaucoup souffrent bien plus qu’en ce moment pour qu’elle advienne. Je ne le souhaite pas mais je le crains fortement…En tout cas, je ne vois aucun autre moyen d’action qui ne soit suicidaire, pour le moment. Je me tiens prêt, voilà tout…

  35. @ tous,

    je suis désolée mais j’ai été heurtée par la sécheresse de la réponse de Monsieur Jorion…

    Bien sur, la chute de la missive de ce correspondant était ‘particulière’…
    mais terriblement réaliste aussi.

    Avoir peur ce n’est peut-être pas de bon ton, mais si nous ne choisissons pas d’Agir, d’une manière ou d’une autre, que nous reste t’il comme possibilité ??

    La fuite (impossible et lâche), l’immobilisme (totalement anxiogène),…

    ou le combat.

    1. Vous vous trompez. Ce n’est pas la peur qui est incongrue dans le courrier initial, mais ce à quoi elle s’applique. En l’occurrence, c’est la futilité de la peur pour des biens matériels , alors que ce sont des existences humaines qui sont en jeu, qui pose question.

    2. Le combat individualiste ne fait qu’accélérer la déliquescence du modèle néolibéral. Ce ne serait pas un mal si la chute non contrôlée de ce modèle ne risquait pas de nous entrainer dans une explosion de violence…

      La réponse de Paul Jorion est donc très adaptée. J’avoue avoir été estomaqué à la conclusion de ce monsieur. L’analyse est relativement lucide, mais son issue complètement déraisonnable…

    3. Dissonance : ne faites-vous pas une erreur d’interprétation ? Ce Monsieur ne dit pas avoir peur pour ses biens matériels, il dit avoir peur pour sa progéniture et que ses biens matériels sont censés protéger – cf. l’analyse de DidierF plus haut

    4. Il n’a pas dû se relire et je suis certain que ses enfants , sa famille devait être sa préoccupation première, mais comment penser autrement dans un tel système, où l’argent est tellement lié à nos modes de vie.
      Avec trois enfants à faire vivre, une dette infernale à rembourser et un seul revenu pour la famille , je suis dans une situation telle que je commence à comprendre ceux qui prennent le fusil et tire dans le tas.. pétage de boulons.. déconnexion , court-circuit.. et par là même je comprend l’auteur de ce billet qui se débat dans la confusion.. le système.. sa famille. que faut t’ il croire.. faire..

    5. Moi aussi laurence je suis choqué par la réponse de Paul.
      Nous avons le droit d’avoir peur et de l’exprimer chacun a sa manière et de plus il est légitime de se préoccuper de « son or » en fonction de l’avenir des siens au sens large ( famille communauté village..)
      Enfin cette préocupation n’est pas antinomique du fait d’essayer ensemble de peser sur le cours des choses.

    6. @didier

      J’ai en fait le défaut de vouloir éviter au maximum l’exégèse des textes, pour savoir combien une interprétation (qu’elle soit bienveillante ou malveillante) peut amener à des conclusions complètement erronées. Les mots sont là et ont un sens. La progéniture de ce monsieur, même si elle apparaît en creux dans le terme de « père », n’est explicitement mentionnée nul part et c’est précisément ce qui a suscité ce billet, me semble-t-il.

      Si vous voulez de l’analyse de texte, je peux par exemple dire que « père de famille » est une expression redondante, un amalgame maladroit entre « père » et « chef de famille »… Peut-être pour bien cibler qui est le patron de cette maisonnée (oups, une allusion à l’oikos que j’évoquais précédemment) mais du coup, l’absence de référence explicite à la femme ou aux enfants se fait d’autant plus cruellement ressentir: Le chef de famille ne serait pas désigné comme tel s’il n’avait personne sous son « commandement »…

    1. Tiens, cela me fait penser que je pratique le bénévolat depuis l’âge de 10 ans…
      Ca doit expliquer une grosse part de ma personnalité.

  36. Qui le veut bien le constate tous les jours : face à la crise, la majorité des gens se persuadent qu’ils pourront s’en sortir seuls, dans leur coin. Ils adoptent en conséquence les attitudes adaptées, ce qui ne fait que contribuer davantage à la survenue du point paroxystique de la crise. L’espoir est mince de renverser cette tendance avant que cette même majorité n’ait trop souffert pour en prendre conscience, dans la douleur. Il faut pourtant le cultiver, tant que le basculement vers la catastrophe n’est pas encore inéluctable. Mais il faut également se préparer au pire sans cesser d’imaginer une nouvelle forme de société, qui émergera, tôt ou tard…

    Essayons d’éviter que cela soit sur des ruines, bien que la probabilité en soit sans doute la plus grande…

  37. @tous

    combien de prénoms de voisins pouvez vous citer ?
    faite l’exercice je vous prie !
    vous aller voir… c’est très instructif !

    1. Très bien vu.
      Ce sont les prénoms des enfants que je suis infoutu de retenir. Mais bon, il y en a tellement et puis.. je ne les cotoies pas tous.
      (Argg.. vous me faites penser que je dois un apéro aux plus proches. Mais.. on espace un peu pour ne pas devenir alcooliques 🙂 )

    2. Le premier à 1 kilomètre, José
      Le deuxième, 2,5 kilomètres, Gilbert
      Puis Jean Pierre et Guillaume à 3 Kilomètres
      Je connais la suite aussi.

    3. @ Thomas,

      Pour votre « suite », je vous apprends que nous sommes voisins de 700 km
      et je vous donnerai mon prénom,
      lorsque j’aurai le plaisir de vous rendre visite cet été pour faire connaissance.

  38. quelle etrange crise…elle fait beaucoup de bruit mais je ne la vois pas
    dés que je n’ai plus les yeux sur mon ecran (internet ou TV ) le monde redevient normal…
    les gens sortent ,roulent ,mangent et se distraient comme si de rien n’etait
    serait elle comme la grippe H1N1 ? un evènnement que tout le monde préparre , et qui ne se produit pas …

    1. C’est comme l’eau pure dans l’atmosphère, elle peut sous certaines conditions rester liquide jusqu’à -40°C: on dit qu’elle est en surfusion. Par contre il suffit de la moindre impureté pour qu’à un moment
      donné cette eau se solidifie d’un coup. Par analogie notre système est dans un état de ce type dit
      métastable, à tout moment il peut donc se produire un changement d’état. La seule chose que l’on
      ne peut dire avec certitude c’est la date de l’événement qui provoquera le basculement du système
      dans ce nouvel état. En attendant nous avons l’impression que tout est normal, et que les Cassandres, nous inquiètent pour rien.

  39. A M. Jorion,

    La réponse est un peu facile. Que vous le vouliez ou non, vous êtes une référence pour bien des gens, dont ce monsieur. Bien sûr, la chute de sa lettre est assez inattendue, mais il n’empêche qu’il pose une vraie question : que faire ? Et il n’est pas forcément facile de s’en remettre à un tiers comme il le fait, même avec l’anonymat que permet internet. Je pense que cette lettre aurait méritée une réponse plus complète, quitte à en changer la nature.
    Et si ce monsieur avait vraiment écrit « petits enfants » ? Si même il n’avait rien écrit, s’il avait simplement voulu savoir ce que lui pouvait faire pour que « ça » aille mieux, que lui auriez-vous répondu ? Certes, la question aurait été naïve, mais elle se pose pour beaucoup de gens, qui attendent de vous une réponse.

    Au final, je ne comprend pas très bien pourquoi vous avez décidé de mettre cette lettre et sa réponse sur le blog. La lettre est maladroite, le raisonnement est faux et traduit des valeurs qui ne sont pas les vôtres, et vous répondez de façon assez cinglante à ce monsieur en l’écrasant du poids d’Aristote, voilà toute l’histoire.

    Je rejoins donc Paul-Emile pour reformuler de nous-même la lettre qui vous a été adressée, selmon vos voeux. Quelle est alors votre réponse ? Que faire ?

    1. Déjà, je vais m’abstenir de répondre car il veut réduire les excès alors que je veux un écroulement franc et massif pour repartir sur de bonnes bases…
      Et, manque de chance, 1929 me donne raison.
      Donc, retenez bien que je ne répondrais pas.

    2. Que faire? Qui le sait?

      Pas Paul Jorion, lui il dit ce qu’il ne faut pas faire quand on gouverne un pays ou que l’on dirige une banque et ce qu’il ne faut pas ignorer pour chercher une solution, mais je lui suis reconnaissante de ne pas dire comment il faut faire pour nos sous ou pour notre réflexion.

      J’ai bricolé un début de solution à mon niveau que j’ai déjà dévoilé ici: je me déplace sans voiture sauf impossibilité, j’ai jeté ma télé et je continue à sortir de ma bulle familiale et personnelle en militant pour le vélo et j’essaye de rattraper mon retard en philosophie.

      Ceux qui ont vécu juin 40 et combattu ensuite ne sont pas devenus résistants tout de suite, excepté Charles et quelques potes à lui. Il a foutu le camp et il a aggloméré ceux qui refusaient mais, même lui, il ne savait pas sur quel programme au départ. Le CNR c’est grâce à lui, mais personne ne l’aurait imaginé en juin 40.

      Idem en 1789, c’est le Roi qui a convoqué ceux qui allaient le condamner à mort. Quelle chute! Sa destinée est vraiment tragique: ça inspire la prudence.

      Que faire? ou plutôt que faut-il arrêter de faire ? A quoi dire non? Des réponses sont déjà possibles.
      « Notre » heure est ainsi déjà arrivée, les solutions dominantes vont échouer à nous protéger (ce n’était pas leur but nous le savons).

      Ma voisine s’appelle Christelle, avec Sébastien, Catherine avec Paul, Anne, Olivier, Pierre, mais plein aussi avec qui parler est déjà difficile. A vous lire,
      Dalio

  40. Proposition :

    pourquoi ne pas fonder une vaste communauté de solidarité comprenant tous les intervenants et lecteurs de ce blog et tous ceux, bien sur, qui voudraient venir s’y ajouter ?!

    Les adresses mails sont les bienvenues.
    La mienne : appartement37@hotmail.com

    Il faudra bien commencer quelque chose quelque part.
    SINON CE MONSIEUR A RAISON.

  41. N’est-ce pas vous, Monsieur Jorion, qui avez écrit un livre sur l’argent intitulé « L’argent, mode d’emploi » ?

    N’est-ce pas la préoccupation essentielle de ce site ?

    N’est-ce pas pas la gestion de son bon argent qui motive principalement la fréquentation du présent site ?

    Cessons d’être hypocrites !

    Je comprends très bien ce père de famille. Il a bien les pieds sur terre et juste assez la tête dans le monde des théories et des idéologies. Il cherche à mener sa barque entre les récifs et assumer du mieux possible ses grandes responsabilités de père de famille, un des plus belles tâches au monde, qui fait grandir un enfant jusqu’à ce quil devienne lui-même responsable de sa propre vie. Il est un tuteur de vie, un passeur de vie. Respectons-le.

    1. Vite, vite, Chantal, allez chez Loïc Abadie, vous y trouverez plein d’autres « passeurs de vie » !

    2. Chantal,
      Vous devriez écrire moins fort, vous allez réveiller « ghost dog ».
      Si vous acceptez un conseil amical de ma part, vous devriez lire « l’argent, mode d’emploi ».
      Bisous.

    3. Non, l’argent n’est pas « la préoccupation essentielle de ce site ». Tout a un prix désormais, c’est sûr, mais cela ne signifie pas que tout se vaut.

    4. Ceux qui viennent sur ce site et qui ont pour objectif premier d’amasser de l’argent se fourvoient.

      Ceux qui y viennent pour apprendre à se débarrasser de l’argent ne l’apprendront pas ici.

      Ceux qui y viennent pour goûter la dégradation quotidienne d’une civilisation où l’argent a pris la place des dieux vont approfondir leur critique de la religion. Je trouve que c’est un bon début.

    5. Sans dire que l’argent est l’intérêt principal de ce site,

      Disons qu’un sentiment de peur de perdre ce que nous avons est très présent. C’est humain.
      Alors il y a ceux qui viennent chercher des tuyaux pour boursicoter, et ceux qui se posent des questions sur l’avenir.
      Et parmi ces derniers, certains s’expriment sans prendre garde à l’indécence de cette situation :

      Nous sommes les plus nantis de la Terre et nous avons peur.
      Oui, même à 800 euros par mois, nous avons beaucoup plus, que trois bons milliards d’autres hommes sur Terre.

      Cela nécessite quelques précautions pour en parler sans être justement, indécent.

  42. L’expression « gerer en bon pere de famille » ne vous dit rien ? Vous conseillez a ce monsieur de se preoccuper de ses proches et non de son patrimoine, mais l’un ne va pas sans l’autre. Pourquoi ne pas lui dire de se reconvertir en moine franciscain, pour arriver plus vite au paradis, pendant que vous y etes ?

    Ca me fait penser aux mouvements millénaristes : avènement d’une ère d’abondance, libérant les hommes des contraintes matérielles, et laissant place à la contemplation esthétique et sensuelle. On retrouve ça chez Marx et Keynes, en passant par Fourier, et on peut même remonter aux sectes médiévales comme les anabaptistes.

    « Revoyez votre copie ! »…

    P.S. desole pour l’absence d’accents : clavier US…

    1. Il est à noter que les anabaptistes ont développé des courants de pensé similaires aux cénobites.
      Malheureusement, l’appellation du mouvement était moins commerciale.

  43. La question qui nous taraude maintenant est : comment garder -ou trouver- des moyens de subsistance?

    la profondeur de l’aliénation est mesurée par la lenteur de la prise de conscience.

    « Nous devons notre confort aux miettes qui s’échappent des bouches voraces qui dévorent le monde. Le monde, la nature, les gens, les peuples.»

    La décrédibilisation de la parole de l’élite atteint les classes moyennes.

    Je suis très étonnée de ne trouver ici aucune réponse d’ordre réellement politique ; au sens restreint : partis politiques, ou au sens large : organisation collective.
    Un effet de la modération ?

    Il faut revenir à la bifurcation où s’est produit le défaut de pensée qui nous enferme dans la spirale de destruction qui avance inexorablement.
    Analyser, déconstruire – encore et encore.
    Lire la matière toxique dont nous -utilisateurs d’internet en particulier, mais occidentaux « bien nourris » en général- sommes pétris.

    L’impuissance et la peur viennent du délitement délibéré de la notion de collectif.
    Je suggère de regarder plus loin comment d’autres luttent.
    Il ne peut y avoir de réponse individuelle efficace.

    Nous sommes des peuples mais nous ne le savons pas.

    Abandonnons l’idée d’un sauvetage de nos petits avoir et nous aurons une chance de trouver comment subsister ensemble.
    Il me semble que nous en sommes encore très loin.

    Question à l’anthropologue M Jorion et aux autres observateurs humains :
    « Qu’est-ce qui nourrit l’intelligence du collectif ? »

    1. « Quand on se sent vide, on s’accroche à la joie des autres……. d’une part.
      D’autre part, il y a toujours un autre à aimer, à aider, à chérir, à consoler….. ça donne du travail et un peu de répis devant le vertige qui étreint devant sa propre vacuité. »

      Je tiens à préciser que ces phrases ne sont pas de moi, mais écrites par une amie.
      Je trouve ça juste et beau.

  44. Comme nous assistons à la privatisation des profits et à la mutualisation des pertes, seuls les plus riches ont la possibilité de mettre de côté leurs avoirs et surtout la liberté d’imposer à tous la légitimité de leur comportement . En toute logique les plus modestes doivent au contraire penser à la communauté , émettre des pensées élevées et altruistes qui seules peuvent changer le monde …

  45. Martine Aubry développe le concept du « care » : à ne pas rejeter a priori ! Sur le plan social, bien sûr.

  46. La pire saloperie que l’on puisse faire à ses enfants est de les faire naître au monde en pensant que leur  » capital » est un gage de réussite .

    Le seul capital qui puisse leur donner une chance d’échapper autant que possible à leurs peurs , de satisfaire leurs talents , de nouer des liens , d’aimer , de créer , d’avoir en partie prise sur le réel , de donner un sens au moins renouvelé à l’existence , c’est cette petite boule bleue dans un état pas trop proche de l’épuisement et de la désertification .

    Le poème de Khalil Gibran reste aussi une référence .

    Les temps à venir seront durs , voire violents ? Et alors !

    Abriter les femmes et les enfants est une heureuse et saine réaction ( j’avais prêché par anticipationdans ce sens lors d’un billet d’Attali en 2008 ) .

    Mais on ne peut pas s’abriter derrière ses enfants pour chercher des solutions à des problèmes que l’on a soit même contribué à laisser naître .

    Il ne faut pas se tromper d’ennemi ou renoncer lâchement à les déboulonner , en cherchant des issues de secours ou des retraites agricoles ( reflèxe bien heureusement français mais inexportable mondialement ).

    On vit d’ailleurs très bien en mangeant peu .

    On se passe plus difficilement de boire.

    La situation n’est sans doute pas encore assez violente pour voter intelligent ; ça viendra .

    Les enfants n’ont besoin que de parents ( s,s,s,s…) bien dans leur peau , d’un toit ( le locatif n’est pas si mal ) ,de nourriture ( pas trop , pas OGM ,pas pesticidée , variée , pas chère) , d’éducation et de formation , d’apprentissage de l’autre et de faire ensemble , d’instants seul à bord , de quelques repères ( aussi affirmés que provisoires ) , d’humour et de jeux , de liberté de déplacement ( seul ou collectif ) qui existe dès lors qu’ils savent marcher, de maîtrise de son corps …

    Si pour tout ça il peut être besoin d’argent , point trop n’est nécessaire et souvent pas du tout ( en particulier pour la sérénité des parents ).

    Leur lèguer une soif de répondre au pourquoi autant que des talents pour répondre au comment .

    Et la force interne de ne pas redouter la mort autant que d’aimer la vie .

    C’est un athée non capitaliste qui le dit !

    J’ai dit à mes enfants que lorsque ma femme et moi auront fdisparu , ils n’hériteront de nous que le capital qu’ils se seront fait eux mêmes entre leur envol du nid et notre mise en terre .

    Ils sont heureux de ça .

    Je souhaite qu’ils fassent de même avec leurs propres enfants ( déjà cinq au compteur ).

    J’aurai alors réussi ma vie d’homme selon mes critères .

    1. J’ai vécu ( assuré la matérielle si c’est ce que vous voulez dire ) , au delà de ce que je sais produire et construire sans  » moyens » autres que mes bras et ma tête , en vendant ma force de travail et de conviction à l’employeur Etat qui m’a rendu en plaisir de travail et de foi partagés ce qu’il ne m’a pas donné en argent ( selon les critères en cours ). Je me suis toujours trouvé assez payé de ce point de vue .

      L’argent ( le pouvoir d’acquérir et user de biens de rang supérieur aux besoins basiques ) n’est donc pas hors du champ de mes outils , pas plus que de celui de mes enfants ( auxquels j’ai tenté d’apprendre comme pas mal de parents le sens de cet outil .

      Mais apprendre à user de l’argent , c’est surtout apprendre à se connaître ( tiens encore Socrate ) et apprendre le sens de la mesure dans toute l’acception du terme ( ne serait-ce qu’apprendre à limiter ses ambitions à la capacité de « richesse » que l’on est apte à fournir ou …rembourser / ou à apprendre à ne pas vendre son âme pour une ambition « hors sol  » que l’on ne sait ni financer , ni même souvent alimenter de ses talents ).

      « Se connaître et jamais trop » : Socrate toujours mais pas mal d’autres avant lui et après lui .

      Jusqu’à présent , cette ….philosophie m’a permis d’avoir des enfants capables de s’adapter à bien des situations , entre évènements terribles et joies pures , entre Associations-coopératives et grande multi-nationale labourant les terrains chinois ou moyen orientaux .

      Vous avez eu raison de me relancer .

      Finalement je pense que c’est ça la meilleure transmission que je pouvais leur faire .

      La faculté d’adaptation ainsi que le pouvoir d’être à l’aise et de pouvoir contribuer à « apporter quelque chose », tant dans un bidonville africain que dans une réception en Chine pour signer des contrats.

      Et de payer de sa personne tout en recherchant la force et la richesse du  » collectif  » .

      Bref , je concourre pour le trophée de superpapa-papy .

  47. Pas moyen d’en sortir autrement : il faut continuer de manger les pauvres,
    ils coûtent trop cher à la gouvernance économique.

  48. « Un père de famille se préoccupe de sa femme et de ses enfants. Il ne se préoccupe pas des armes, ni de l’or de sa femme ni de celui de ses enfants. Il laisse l’or, sa femme et ses enfants aux guerriers, dont c’est le métier ».
    Son pouvoir citoyen sur le marché se résume à cette conjugaison:
    Je boycotte, tu boycottes, il boycotte, nous boycottons, vous boycottez, ils boycottent.
    Ou il s’en va marcher au pas…..

  49. @ Tous,

    La peur n’évite jamais le danger ; peur, si peur il y a, doit être exclusivement de nous-même.
    En effet, la clef du problème réside dans la volonté humaine, volonté de barrer le chemin aux accapareurs sans pour autant s’en prendre à son voisin de palier. Le contraire de la peur, ici, se résume au courage : courage de n’avoir pas peur de son ombre.

    « Si l’argent ne fait pas le bonheur, il aide à supporter la misère » me disait souvent ma défunte mère ; certes, mais l’excès d’argent comme l’excès de tout, nuit à la santé (mentale et physique) et n’évite pas la phase ultime : notre fin.
    – La volonté d’accaparement est-elle en mesure de lutter efficacement contre notre nature de mortel ? Il est permis de répondre NON. Et j’ajouterai : fort heureusement car la vie se transformerait vite en enfer pour nous et pour tous.
    – Emportons-nous, au delà de notre vie, la puissance que l’accaparement nous procurait de notre vivant ?
    Il est encore permis de répondre NON.

    En un mot, comme en cent : n’ayons pas peur mais ayons en revanche du courage : le courage de reconstruire nos valeur et de construire un avenir aux générations d’après (pour ceux que ça intéresse bien sûr).

    Réflexivement votre,

    1. Dans une pub ,un type qui c’est pris un piano sur la tete , arrive au paradis
      St pierre lui propose une « magouille »pour le renvoyer sur la terre
      Je me demande comment c’est en enfer….

  50. Alors un homme riche dit, Parlez-nous du Don.
    Et il répondit :
    Vous donnez, mais bien peu quand vous donnez de vos possessions.
    C’est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez véritablement.
    Car que sont vos possessions, sinon des choses que vous conservez et gardez par peur d’en avoir besoin le lendemain ?
    Et demain, qu’apportera demain au chien trop prévoyant qui enterre ses os dans le sable sans pistes, tandis qu’il suit les pèlerins dans la ville sainte ?
    Et qu’est-ce que la peur de la misère sinon la misère elle-même ?
    La crainte de la soif devant votre puits qui déborde n’est-elle pas déjà une soif inextinguible ?
    Il y a ceux qui donnent peu de l’abondance qu’ils possèdent — et ils le donnent pour susciter la gratitude et leur désir secret corrompt leurs dons.
    Et il y a ceux qui possèdent peu et qui le donnent en entier.
    Ceux-là ont foi en la vie et en la générosité de la vie, et leur coffre ne se vide jamais.
    Il y a ceux qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense.
    Et il y a ceux qui donnent dans la douleur, et cette douleur est leur baptême.
    Et il y a ceux qui donnent et qui n’en éprouvent point de douleur, ni ne recherchent la joie, ni ne donnent en ayant conscience de leur vertu.
    Ils donnent comme, là-bas, le myrte exhale son parfum dans l’espace de la vallée.
    Par les mains de ceux-là Dieu parle, et du fond de leurs yeux Il sourit à la terre.
    Il est bon de donner lorsqu’on vous le demande, mais il est mieux de donner quand on ne vous le demande point, par compréhension ;
    Et pour celui dont les mains sont ouvertes, la quête de celui qui recevra est un bonheur plus grand que le don lui-même.
    Et n’y a-t-il rien que vous voudriez refuser ?
    Tout ce que vous possédez, un jour sera donné ;
    Donnez donc maintenant, afin que la saison du don soit la vôtre et non celle de vos héritiers.
    Vous dites souvent : « Je donnerai, mais seulement à ceux qui le méritent ».
    Les arbres de vos vergers ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux dans vos pâturages.
    Ils donnent de sorte qu’ils puissent vivre, car pour eux, retenir est périr.
    Assurément, celui qui est digne de recevoir ses jours et ses nuits est digne de recevoir tout le reste de vous.
    Et celui qui mérite de boire à l’océan de la vie mérite de remplir sa coupe à votre petit ruisseau.
    Et quel mérite plus grand peut-il exister que celui qui réside dans le courage et la confiance, et même dans la charité, de recevoir ?
    Et qui êtes-vous pour qu’un homme doive dévoiler sa poitrine et abandonner sa fierté, de sorte que vous puissiez voir sa dignité mise à nu et sa fierté exposée ?
    Veillez d’abord à mériter vous-même de pouvoir donner, et d’être un instrument du don.
    Car en vérité c’est la vie qui donne à la vie — tandis que vous, qui imaginez pouvoir donner, n’êtes rien d’autre qu’un témoin.
    Et vous qui recevez — et vous recevez tous — ne percevez pas la gratitude comme un fardeau, car ce serait imposer un joug à vous-même, comme à celui qui donne.
    Élevez-vous plutôt avec celui qui vous a donné par ses offrandes, comme avec des ailes.
    Car trop se soucier de votre dette est douter de sa générosité, qui a la terre bienveillante pour mère, et Dieu pour père.

    Khalil Gibran, Le Prophète, Le Don

  51. @ Monsieur Jorion,

    J’ai un immense respect pour vous et tout votre travail mais, dans ce cas précis, je ne vous comprends pas du tout et surtout : puisque vous imposez les questions ( hyper-pertinentes, on peut le dire!),

    sachez que nous attendons maintenant vos réponses.

    Merci infiniment…

  52. Paul Jorion se moque de la pauvre femme qui chercher à protéger ses biens mais c’est me semble-t-il une réaction naturelle face à l’ampleur de la catastrophe qui se prépare. Peut-on en vouloir à quelqu’un de chercher à se protéger pour ne pas tout perdre et compromettre ainsi des lendemains qui ne chanteront pas du tout pour ses enfants ou petits enfants ?

    Sur l’or, d’autre part, je ne crois pas qu’une citation d’Aristote suffise à régler la question. Les plus grosses fortunes de ce monde (Soros, Kaplan, John Paulson, etc.) investissent des montants fabuleux dans le métal jaune, il y a donc certainement de bonnes raisons de le faire. Le système monétaire craque de partout, les planches à billets tournent à plein régime depuis des années, notamment aux USA… Qui aurait encore confiance dans les monnaies papier (ou fiduciaires… du latin fides, confiance) ?

    Je suis avec beaucoup d’intérêt les interventions et les écrits de M. Jorion mais je suis frustré qu’il ne donne pas de perspectives sur l’avenir. Où allons-nous ? Que va-t-il se passer concrètement ? Dénoncer le présent est bien, anticiper un peu sur les défauts de paiement des Etats et la volatilité des marchés est bien aussi, mais on aimerait un peu plus de vision à moyen et long terme.

    Cordialement.

    1. Si vous ne savez pas où vous allez , personne ne le saura à votre place .

      Ici , on ne propose pas de prothèses , on accouche .

  53. Passer du temps avec ses petits enfants, ça n’a pas de prix… Pour tout le reste, il y a MasterCard 😉

  54. « l’avenir de notre espèce » : compte tenu du texte, l’expression a fait surgir dans mon esprit… « nos espèces », c’est-à-dire l’argent ! Amusant, non ?

  55. La réponse de Paul m’est incompréhensible: en quoi la préservation des « petits avoirs » contredit-elle les possibilités de survie des enfants et/ou petits-enfants du questionneur? C’est un peu jouer sur les mots. Chacun dispose d’un compte en banque (ou d’une liasse sous son oreiller) et tente de le/la protéger. La question posée est donc légitime. D’ailleurs, tout le monde tremble à l’idée de sa banque ‘de dépôt’ se retrouvant ‘insolvable’ un beau matin. Ce n’est pas le sort de l’argent en tant que tel qui est l’objet de la frayeur du questionneur (en tout cas, nous n’en avons pas la preuve, hormis deux mots qui n’ont pas l’heur de plaire à Paul: c’est bien mince!), mais le sort de sa progéniture, que les « petits avoirs » sont censés protéger.

    Quant à l’allusion à Aristote, elle me paraît déplacée: si la possession/manipulation d’argent n’était que l’affaire du marchand, ça se saurait. En tout cas, la grande majorité de nos concitoyens est persuadée du contraire: elle ne répondra sûrement pas à la spoliation en cherchant refuge sur l’Aventin du philosophe.

    1. « Chacun dispose d’un compte en banque  » : Hélas !

      Pour ceux qui n’en disposent pas , ils essaient de cultiver les quelques arpents qui pourraient les nourrir mais cela renvoie à un débat sur l’agriculture dont bien peu de monde le pratique . Parmi les premiers à avoir écrit juste , René DUMONT .

  56. Je trouve « amusant » de lire la question à laquelle Mr Jorion a répondu car c’est à peu pret dans ces termes là que je me la posais également au début de cette crise économique et financière, préoccupé par le devenir du monde et par mon devenir propre et celui de ma famille.
    La question se résume à savoir ce qu’il faut faire maintenant pour faire face à des problèmes de nature incertaine que nous connaîtrons dans l’avenir alors que ce qui constitue aujourd’hui notre quotidien changera radicalement, donc s’il vous plait Mr Jorion, prenez votre boule de cristale et dite nous tout ! (Je plaisante en riant de moi-même bien sur !)
    Ma conclusion est que le monde va changer, en pire ou en mieux, rien n’est joué pour le moment, les différentes forces sont en train de se mesurer dans toutes les crises en même temps (Mr Jorion et Mr Leclerc ne nous parlent « que » de la crise économiques et financières, les autres crises sont là aussi), voir ce changement uniquement par la négative revient déjà à brider notre capacité à nous adapter au nouveau monde qui viendra qui aura lui aussi ses avantages et ses inconvénients.
    Cette banalité étant établie, ce que je choisi de faire est de me préparer à m’adapter :
    – en devenant pleinement conscient des facilités que nous apporte notre monde développé (eau courante, chauffage central, éclairage, …) et de ce que représente le fait de ne plus les avoir
    – en identifiant les dépendances que j’ai face à la société : chauffage au mazout, eau courante, électricité, voiture, alimentation, …
    – en cherchant, en expériementant et en adoptant des solutions alternatives à ces dépendances : est ce que la cheminée de la maison permet de la chauffer en hiver ? que se passe t il quand il y a une panne d’électricité ?
    – en développant de nouvelles compétences manuelles : je me fais meunuisier, soudeur, jardinier, …
    – et surtout en discutant avec d’autres personnes ayant la même péoccupation pour connaitre des gens pret de chez moi, demander et donner des services, etc.
    J’ai conscience que ce que j’expérimente et ce que je met en place ne correspond pas à ce que j’aurai besoin quand les changements surviendront car ce qui se produira ne sera pas ce que j’aurai imaginé, ce qui m’importe c’est d’être dans une dynamique de changement et d’adaptation, et de suffisament me connaitre pour savoir quels sacrifices je suis prêt à faire.
    Quant à l’argent que j’ai aujourd’hui, je trouve plus simple de le dépenser que de chercher à le conserver…
    Je m’arrête là pour ne pas écrire 15 pages.

    1. Je vous ai reconnu Run n
      Ce n’est pas Bank, votre prénom des fois?

      (pardonnez-moi, Piotr n’étant pas dans les parages pour détendre l’ambiance,
      je me dévoue).

    2. La Menuise.
      Je découvre votre pseudo sur ce sujet et vous semblez en savoir déjà beaucoup…
      Vous n’auriez pas un autre pseudo…??

    3. @ yvan

      Pour moi, l’usage du pseudo relève d’un équilibre entre
      le besoin d’une discrétion minimum sur le net hyper publique et
      la necessité pour la clarté des échanges,
      d’une continuité d’identification dans le temps.

      Je n’ai donc qu’un pseudo (pour l’instant…).

      Sur le même sujet,
      j’apprecierais sur ce blog, de pouvoir d’un clic sur le pseudo (c’était le cas autrefois),
      retrouver des commentaires.

      Sinon comment assurer la politesse d’une réponse eventuelle,
      sans que cela soit d’abord une recherche fastidieuse et surtout hasardeuse.

      C’est le cas en l’espèce.
      Vous avez du pot que je passais par là et découvert votre question.
      Et moi aussi j’ai du pot, car en l’absence de réponse de ma part, vous auriez pu conclure tout seul et pas forcement à mon avantage.

  57. Comment dit-on « Bérézina » chez Friedman ?

    Vous avez comme moi adoré les théories des cycles, cycles long, courts, etc… Tout cela était faux, et fou à lier. Un enfant de 3 ans pouvait dés la première page, dire « stop », halte là, l’Histoire ne se répète pas, le progrès n’est pas cyclique. Combien de Prix Nobels pour des théoriciens du cycle ? Quelle escroquerie !

    La Bérézina, à relire, et mémoire d’outre-tombe, pour le ton juste de ce livre…

    Napoléon, le froid et les cosaques. Les pontonniers tous gelés.

  58. Tout à fait d’accord.

    Mais personnellement ni père de famille, ni marchand, simplement honnête manutentionnaire qui cherche à acquérir un logement autrement que par le crédit, j’ai aussi des sueurs froides en pensant que le fruit de tout mon travail pourrait se retrouver anéanti du jour au lendemain.

    C’est si incongru de vouloir se mettre à l’abri ? Ca me parait pourtant être la première chose à faire lorsque l’on pense à une éventuelle descendance …

    1. Pourquoi en propriétaire ?

      J’ai vécu vingt ans en collectif-locatif ou HLM , avant d’être en mesure d’acheter mon deux pièces-cuisine , et je n’en suis pas mort . Je trouve d’ailleurs avec le recul que c’était assez pratique , même si je reconnais que ma retraite ne m’aurait pas permis de payer un loyer , de faire rouler ma puissante 206 , de règler mes factures France Telecom , si j’avais du continuer à règler un loyer à cet âge béni où l’on peut enfin dormir entre 6 heures et 8 heures du matin .

      Pour ce que mon deux pièces deviendra à ma mort , et après que mon épouse ait pu y vivre le plus longtemps possible ( je pense bien passer l’arme à gauche avant elle ,même si ça n’était pas prévu au contrat de mariage ), je m’en fous .

      Le meilleur usage serait qu’elle le vende pour payer son séjour , le plus agréable possible , en maison  » spécialisée » le moment venu .

      Mais bon , elle fera bien comme elle le sentira , je ne viendrai pas lui brûler les arpions la nuit en réprésaille .

    2. Vous me donnez des arguments auquels je n’avais même pas pensé! 🙂

      Quand j’observe le prix des loyers, je me dis que la moitié du temps que je passerais à travailler servirait à rentabiliser l’investissement d’un propriétaire : une cage à poule ou résonnerait tous les bruits de contact de mes voisins (je pourrais tous sacrifier hormis une chose : mon sommeil, et il est léger malheureusement). Quant aux logement sociaux.. Pour y distribuer quotidiennement du courrier, je sais que je ferais tout pour ne pas y habiter.

      Comme je déteste travailler, je préfère vivre dans une maison qui m’appartient : mes efforts n’auront pas été vain et cela m’apportera une vrai sécurité (bien qu’il y ait des charges aussi pour un propriétaire). Et puis comme posté ailleurs, un potager pourrait s’avérer utile dans ce siècle incertain…
      Comme vous le mentionnez, une petite retraite peux ne pas suffire à couvrir les charges fixes si elles contiennent un loyer. Et un bien immobilier peut toujours se monnayer lorsque l’on en a plus besoin (pas forcément au prix que l’on souhaiterais, c’est certain, mais cela devrait suffire à payer le « séjour » de votre chère et tendre) . Tandis qu’en payant une location, « votre » argent, vous êtes sur de ne plus jamais le revoir

      De toute façon, vu les prix bullesques de l’immobilier actuellement, il n’est pas question d’acheter quoi que ce soit pour le moment. La solution c’est peut-être la caravane, vu que la solitude ne me gène pas trop, mais il y a quand même des inconvénients pratiques important. En attendant, je squatte chez mes parents (merci à eux.. en même temps, je suis là « grâce » à eux) !

    3. @halcyon :

      si vous détestez travailler vous avez intérêt à rester à charge de vos parents . Mais comme ils ne sont pas immortels , il serait temps de penser à faire un petit effort .

  59. Je ne prétends pas avoir la solution….
    et je n’invite personne à suivre notre voie….. (car ce n’est pas non plus simple)

    Mais nous (ma femme et moi) avons vendu notre appart (ou il restait 15 ans à rembourser), j’ai quitté mon emploi et nous avons acheté une péniche que nous retapons…. tranquillement…
    ET ADVIENNE QUE POURRA.

    Nous avons 2 enfants (3 et 6 ans), qui sont non-sco (eh oui l’école n’est pas obligatoire… seule l’instruction l’est…) et nous vivons tranquillement au jour le jour…
    Nous rencontrons plein d’autres familles alternatives, qui vivent dans des roulottes, dans des yourtes. Les rencontres sont très enrichissantes, car on trouve de « tout » chez « ces gens là »…

    Nous sommes pour une autre façon de vivre….. plus humaine, sans toute cette compétition qui finira par tous nous rendre perdant…..

    ET JE PERSISTE à DIRE que tant qu’il y aura des familles (les 400 plus riche américaines – source contreinfo) qui touchent 945 000 dollars par jour tandis que plus de 1 milliards touchent environ 2 dollars par jour…. CE SERA LA PIRE DES VIOLENCES QUE PEUT Générer cette civilisation….. surtout dans une économie de marché….

    CAR EN VERTU DE QUOI,
    – parce que certains sont bien nés (familles aisées, riches, cultivées)
    – parce que certains sont nés avec des gènes (livré par DAME nature) qui font qu’ils s’en sortiront mieux que d’autres (plus de courage, un don, une capacité économiquement rentable etc….)
    (par exemple le meilleur charcutier gagnera toujous moins que le meilleur footballeur, ou le meilleur trader….)
    – parce que certains sont nés dans un pays et pas d’autres

    EN VERTU DE QUOI, cette loterie de la naissance
    peut telle justifier un tel écart de VIE…..

    ALORS AUTANT PROFITER DE LA VIE TANT QUE CELLE CI EST POSSIBLE
    Notre but est de pourvoir vister la France au travers de tous ses canaux, puis la Belgique
    la Hollande et …. Qui sait ce que l’avenir nous réserve.

    coco
    http://www.lesailesdelapeniche.com

    1. Sans doute , mais humaniser la globalisation est une belle bêtise .

      Il est plus pertinent d’oeuvrer chaque jour à mondialiser les petites flammes d’humanité que l’histoire nous donne .

  60. La réponse de M. JORION me parait pour le moins bizarre quand on sait qu’il fait des appels aux dons tous les mois, l’argent n’est-il pas la première préoccupation pour faire vivre sa famille ? Ou alors M. JORION n’a pas de réponse à apporter, d’ailleurs qui peut prétendre connaître la solution. S’offusquer que quelqu’un puisse avoir peur de perdre l’épargne de toute une vie de travail alors qu’on vit de la générosité d’autrui me parait déplacé.

    1. Effectivement, Paul n’a pas de réponse sur la gestion des avoirs.

      Si il vendait du conseil en investissement, il en aurait une…Mais il ne le fait pas, et sans le dire, ou peut-être le dira-t-il, IL N’A PAS DE REPONSE. Ne pas en inventer une est une marque d’honnêteté, mais aussi révélateur du maelstrom économique actuel.

      Sinon, que faire pour nos enfants, et nous même ?

      Prendre la parole, organiser toutes le formes de protestation, s’organiser pour affronter la bête qui ne fera que montrer plus de dents à chaque étape de son agonie. Les gouvernements au service des marchés (investisseurs) veulent imposer la régression budgétaire et plus généralement sociale, et ils ont augmenté les bugdets militaires de plus de 5 % à l’échelle du monde en 2009…

      Personne ne doit ignorer les intentions de la classe parasite, déterminée quel qu’en soit le coût à contrôler les canots de sauvetage.
      Elle ne peut mener le bateau à bon port.
      Nous le pouvons, par l’action collective.
      Il reste dans doute encore quelques années…

    2. Non, j’ai été offusqué de voir apparaître un souci pour de l’argent là où je m’attendais à voir s’exprimer un souci pour des personnes.

    3. @Paul Jorion :

      Même combat ( sur ce point ) .

      Mais cet épisode montre bien comment l’argent peut mettre sous tutelle les plus belles aspirations humaines .

      J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer ici que selon moi « l’argent » que l’on « capitalise » est une façon de répondre à la peur non pas de mourir , mais de souffrir pour soi et les siens : il s’agit d’acheter du « bon temps » présent ou à venir pour soi et ses enfants , en le fossilisant dans ce  » refuge » réputé eternel .

      On ne doit donc pas s’étonner des réactions étonnées et « viscérales » de toutes celles et tous ceux , défendant comme de bonheur leur descendance , qui assimilent héritage au sens le plus large et divers des parents et héritage au sens matériel . Et qui traduisent : si tu t’en prends à mon héritage , tu t’en prends à mes enfants .

      Pour moi et pour toujours , je sais que seul l’héritage d’amour , de créativité , de capacité à organiser , de capacité à anticiper et à s’engager sans tricher , est irremplaçable et porteur d’espérance , et que ce ne sont pas les  » espèrances » qui assurent l’avenir .

      Je sais que ce que l’on a de plus cher en souvenir d’un être aimé et qui vous donne encore le goût de vivre , tient dans une boîte à biscuits : quelques photos , quelques lettres , un objet de pacotille porteur de complicité …

      Je signe et persiste avec vous :

      Je ne « pèse » ( pèze ) pas plus lourd que je ne loue à la terre .

      Je pèse bien plus que ça .

  61. La solution de la petite maison avec son jardin est une utopie parmi les autres pour « s’en sortir ».
    Si vous examinez les documents pour faire une demande de rsa, il est mentionné que la possession d’une jardin n’est pas considérée comme une ressource.
    Pour le moment !
    Car le fait qu’il en soit fait mention prouve que l’idée est en train de faire son chemin.
    Et donc que l’idée de réduire les pauvres moyens de subsistance des plus pauvres se poursuit.
    Bientôt vous verrez vos maigres biens de plus en plus taxés.
    Pour obtenir une aide quelconque il faudra montrer patte VIDE !
    lorsque vous n’aurez ni travail, ni maison, ni famille ou ami pour vous aider, alors là, peut être, mais alors peut être, on pourra faire quelque chose pour vous.
    Mais en vous obligeant à accepter n’importe quel emploi même le plus surréaliste, sinon vous n’aurez rien.
    Mais regardez ce qu’ils font aux états !
    C’est pareil pour vous !
    Certains se croient encore à l’abri, c’est une illusion!
    Les plus riches mis à part, des efforts vont être demandés à tout le monde.
    Et ainsi toutes les couches de la population vont être paupérisées les unes après les autres.
    Jusqu’à ce qu’il ne reste plus que quelques milliards d’esclaves affamés et quelques milliers de puissants richissimes.
    Alors dans ces conditions demander quoi faire pour sauver quoi que ce soit revient quasiment à demander quoi faire pour ne pas mourir!

    Je l’avais déjà annoncé il y a quelque temps, l’inondation a commencé.
    Apparement, de plus en plus nombreux sont ceux qui commencent à prendre conscience que l’eau monte dangereusement.
    Combien de noyés déjà ?
    Combien de noyés encore ?
    Au bout de combien de noyés cela devient-il insuportable ?

    1. Louise, vous avez oublié une chose amusante qui date de 34 jours :
      Notre gouvernement français a décidé de taxer les dépots de livrets A des rsaistes de 1,5%.

      Certainement un besoin de justice face à l’ISF…

    2. oui, le jardin, il faut le faire, oui, il faut couper le bois, ….
      oui, oui, oui, c’est toute une éducation à refaire, s’il faut en arriver là, ça ne va pas être facile …
      mais après….
      au juste, vous voudriez signifiez quoi ?

    3. attention cécile couper du bois sans autorisation est répréhensible… ils paieront toujours quelques flics pour vous faire la chasse (au gueux).

      rappelez vous à l’est après la chute du mur, policiers (corrompus) et gardes du corps étaient des métiers très ‘porteurs’.

      nous allons passer par une phase de contraction économique certes, mais il restera une faible activité résiduelle: l’économie réelle à son plus bas niveau structurelle (dont la police), doublée de quelques îlots de richesses bien gardés et dissimulés.

      une fois les populations assommées et exsangues, il est fort probable qu’elles deviennent demandeuses d’ordre.

  62. Du trés haut nuage, où il piquait un somme, Dieu entendit ce jour là qu’il se pleurnichait beaucoup sur le premier blog de l’immeuble du dessous. Il reprit sa respiration, se racla la gorge et tonna:
    « Aides-toi et le ciel t’aidera! »
    Puis ce fut à nouveau le silence.
    (« Mémoires postumes de frère H ». Extrait en exclusivité)

    1. Dieu , si j’ai bien compris, a crée l’homme à son image, alors bon…
      (si Dieu se râcle la george, c’est peut-être pour inciter l’homme à se référer à son image de Dieu en lui, ….
      soit en bref à réfléchir tout seul et par lui-même dans le registre « aide-toi et Dieu t’aidera » ….)

  63. Je vis en Amérique du nord et les questions que se posent les gens ici sont toujours reliées à l’argent, à leur maison, à leur retraite, à leurs placements en bourse. Les médias, à longueur de pages, n’analysent pas la crise que nous vivons ni ses conséquences mais conseillent en termes de placements, etc.

    1. « S’endetter est avoir confiance en l’avenir » disait le dernier candidat vainqueur aux élections présidentielles françaises.
      Et aussi un de mes profs d’économie avec lequel j’avais été un peu violent verbalement…

    2. à Yvan
      et si l’on regarde les performances financières à l’échelle de l’état, du même candidat, Sarkosy ministre, …

    3. Les gens de vôtre côté : Quelles sont leurs préoccupations ? Comment font-ils ? Leur quotidien et l’idée qu’ils ont de l’avenir ? etc…
      Pouvez-vous nous en dire plus ? Je suis curieux, peut-être les mentalités et les expériences d’autres sur la terre peuvent nous montrer de bons exemples.

  64. Je trouve certaines réponses hypocrites sur ce sujet aujourd’hui. A moins de ne voir que le côté théorique des informations que nous venons trouver sur ce blog, on peut aussi penser pratique.
    Je suis certains qu’une majorité des lecteurs du blog ont commencé à réfléchir de cette façon très individualiste avant de s’ouvrir à un propos plus « subtil »
    C’est mon cas personnellement et je me suis posé la même question que dans le courrier de ce lecteur.
    J’ai pu ensuite évoluer sur le sujet, tout en apprenant.

    Une fois que l’ampleur de la crise est révélée, il me semble que l’on est en droit de se poser des questions. A plusieurs niveaux :
    Comment protéger les populations fragiles ?
    Comment éviter le chaos ?
    Comment ma famille et moi même allons nous en sortir ?

    Ne pas se poser de questions, ne pas réfléchir serait à mon avis le plus grave et puisque ce lecteur, si injustement mis en lumière, le fait sous forme de question, c’est qu’il n’est pas certain du chemin à suivre.
    Ce n’est pas en le stigmatisant, qu’on fait avancer les choses. Ça ce sont les pratiques de nos dirigeants actuels.

    Penser concrètement à ce qui va arriver à nous même et à nos proches n’a rien d’aberrant. Il est évident que pour certains, cela semble passer par la sauvegarde de biens et pour d’autres, plus avancés en réflexion, par la création de liens entre les individus.

    La meilleure réponse que je puisse donner à des inquiétudes semblables, serait de rester attentif à ce qui se passe autour de nous, à s’informer, à continuer de réfléchir et à resserrer les liens autour de soi.

    On pourrait déjà concrètement se demander si nous allons vivre une période qui ressemblera à l’effondrement du bloc Soviétique, ou cela sera-t-il encore pire ?
    Peut-être qu’on pourrait essayer de créer des liens entre lecteurs du blog dans la vie réelle. Ça permettrait de faire avancer un peu les choses dans le concret ?

    Le point positif dans tous ça, c’est de parler de l’aspect concret sur nos vie qui va immanquablement être bouleversée par cette crise.
    Et cela est une vraie question.

    1. Je suis bien de votre avis et même plus un défaitisme …
      Pourtant avec de la pédagogie et beaucoup de courage les solutions existent pour construire des jours meilleurs avec moins qu’hier mais toujours largement assez !

    2. « un pessimiste, c’est un optimiste qui s’est renseigné. »

      (lu il y a quelques temps sur ce blog)

    3. Qui sait voir la terre aboutir à des fruits, points ne l’émeut l’échec, quoi qu’il ai tout perdu… (René Char)

  65. Il y a une contradiction logique entre le fait de pointer justement et déplorer les dysfonctionnements qui nous mènent droit dans le mur et dans le même temps manifester une demande de protection essentiellement égoïste qui est à la source même de ces dysfonctionnements. Pas très fort, surtout pour un physicien. Je comprend le pessimisme de M Jorion.

  66. Trop de défaitisme.
    Trop d’utopies.
    Trop de peurs, trop de fuite, trop de têtes enfouies dans les sables de rèveries humanistes.
    Reparlerons nous d’humanisme et d’Aristote lorsque nous serons sous la botte des nouveaux maitres …. ?
    Deux solutions.
    La fuite.
    Ou la lutte.
    Et si nous redevenions courageux, et si nous envisagions la lutte ?

    A relire : « L’agressivité détournée : Introduction à une biologie du comportement social », Union Générale d’Edition, coll. « 10/18 », 1970 (ISBN 2-264-00370-7)

  67. le vent et la lumière des montagnes font perdre les repères; mais le mensonge du coup n’en devient que plus insupportable, les misérables secrets des positions morales et religieuses font soulever le cœur.

  68. Foin des conseils.
    L’avenir étant par nature peu prévisible en temps normal devient surprenant en temps de crise.
    Il a suffi de voir la vitesse de régression sociale en Serbi-Croatie à 1h30 d’avion de Paris.
    Les gens se tiraient dessus pour protéger un « point d’eau », une fontaine.

    L’argent, celui des « petits avoirs », est composé de bits dans les mémoires informatiques de banques.
    Une panne réseau EDF suppose plus d’argent, de téléphone de TV (zut plus de coupe de foot du monde) d’essence aux pompes, de feux de circulation ni…d’eau aux robinets.
    Pas d’autre angoisse de base à envisager.
    Or les ruptures de continuité de service énergétique interviennent très rapidement dans un monde fragilisé et sensible comme le notre.

    La question de l’avenir immédiat se résume alors à ces réponses lapidaires par ordre d’urgence:
    – boire
    – se chauffer
    – manger.
    – plus tard se soigner

    L’or peut être interdit ou réquisitionné.
    La monnaie papier être « remplacée ».
    Toute solution est vaine en dehors de l’acquisition de savoir-faire.
    Tout savoir-faire est un « don » ou une source d’échange.
    Un potager est non rentable l’hiver.
    Volé l’été.

    Bon allez, pour l’instant le mieux préparé est Vigneron.
    Au moins il a de quoi boire.

    1. Je dois dire quelque chose là?

      Bon, mon souci à très court terme, c’est juste: est ce que je vais pouvoir traiter demain entre les averses et les orages et les ondees et le crachin… et les vents trop forts?

      À court terme qui du crédit agricole ou de moi va capoter en premier?

      À moyen terme, s’il me reste quelque chose, le garder et arracher tout le bazar démesuré par rapport à ce que j’estime suffisant et de dimension humaine,

      Du chauffage, et de grands feux de joie et d’amitié avec ceux qui voudront, pour dernière offrande de ces ceps surnuméraires. ..

      Et puis rendre à la terre un peu du temps, de l’espace et de la substance qu’elle m’a donnés. Et puis lui rendre le seul hommage qu’elle mérite: lui permettre de nourrir gratuitement des hommes et des femmes qui la travailleront, avec ou sans moi . Devoir payer pour pouvoir travailler une terre! Quelle infamie quant on y pense! Tout le mal vient de là…

      Et regarder pousser les verges d’or, l’arbre aux milles écus,les bourses à pasteur, l’avoine folle,les digitaires,épervières et mercuriales, et les ratons laveurs…

  69. Je trouve la réponse de Paul Jorion carrément honteuse. Quelle vanité et quelle autosuffisance !

    1. N’avons nous pas été trop patients, trop « compréhensifs » envers ces attitudes que Nikademus appelle « contradictoires avec toute forme de vie sociale possible » ?

      De quel côté se trouve en réalité la suffisance ? Où est le comportement honteux ?

  70. Je ne sais pas quel usage peut faire un petit épargnant
    (-même si un peu, je l’espère très maladroitement, un peu psycho-bof, égo-truc ..
    mais qui cependant mine de rien s’inquiète de l’avenir, puisque le souci de sa descendance l’oblige ….)
    de son argent
    (perso, je n’ai pas de petits avoirs, c’est donc pour moi, toute une matière, à découvrir, à étudier, et à apprendre)

    Dans ma logique à moi, si je critique l’investissement de la finance actuelle, c’est parce je le trouve décohérente.
    Je conseillerais donc prioritairement et vivement au petit épargnant de sortir des réseaux recommandés, promotionnés, prêt à penser et force publicité en vogue de la grande finance actuelle,
    (la haute finance investit la réaction, elle se moque complètement des petits épargnants, comme la grande distribution des petits commerçants, comme l’agriculture productiviste des petits agriculteurs, comme l’entreprise multinationale des ….. )

    Après, de ce qu’il me semble, il faut savoir choisir son camp
    (soit à supposer que des petits épargnants, la leçon à recevoir comme d’une teigne, les mirifiques promesses à attendre des fonds de pension, de l’intéressement des stocks option, de … a bien été assimilée
    – c’est bien là que, entre le « mes petits avoirs », « mes petits enfants » … quelque part , je me demande si et ….
    parce que les psycho-bof, gnagna-psy…
    du genre un verre ça va, deux verres bonjour les dégats, qu’ils se fassent dépouiller, …
    et quoi, et après tout, s’ils aiment ça, et si leur chantent …..)

    Choisir son camp, c’est pas une mince affaire ….
    (mais si tous les petits épargnants réussissaient à capter que ….

  71. Quelle lucidité sur ce blog dites-moi
    C’est vous qui m’incitez à continuer de vous lire

  72. On a un peu l’impression du retour de la grande peur de l’an 1000, on commence à pouvoir la palper dans l’air du temps. Et puis il ya 2012 dans l’inconscient collectif qui nous titille. Alors que faire?? Je crois que si je devais conseiller quelque chose c’est de bien nager au milieu du banc et bonne chance à tous!!! Un peu limite comme soluce je l’admets mais vielle comme le monde et efficace … pour ceux qui s’en sortent. On peut aussi jouer le mimetisme et l’immobilité, ou alors tout miser sur un talent particulier (longues pattes ou long coup). Faire le mort marche aussi. D’autres encore se peignent un gros oeil sur la queuue pour se faire plus gros que le boeuf, et puis il y a les toxiques, les puants, les piquants etc. Même planter sa tête dans le sable peut être efficace. Bonne aprés midi à tous.

  73. Bonjour,

    A l’heure actuelle, la question n’est plus des « avoirs » petits ou grands.
    A mon avis, vu ce qui se prépare la seule question valable c’est de savoir si nous allons en avoir
    (La politesse m’empêche de dire quoi mais tous auront compris) suffisamment pour évoluer vers une autre vision du monde, une autre façon de vivre, de considérer le cadeau de la vie qui nous a été fait à sa juste valeur.
    Faute de quoi, je rejoins Mr Jorion sur son pessimisme concernant l’avenir (le notre et celui de nos
    enfants.

    Cordialement.

  74. En croyant posséder la vérité absolue et en prétendant que la fin (la cause) justifie les moyens, beaucoup d’hommes de gauche, et notamment des « socialistes », se sont écartés du droit chemin… Les exemples ne manquent pas : Pol Pot, Kim Jung, Mao, Ceausescu, Staline, Castro … Ils ont souvent commis des erreurs comme le culte de la personnalité ou associé le socialisme avec le nationalisme….
    Je ne veux surtout pas faire le parallèle avec P. Jorion, un homme que je respecte beaucoup, si ce n’est que je trouve que les intervenants sont parfois trop conciliant vis-à-vis de lui : certains veulent l’élever au statut de « gourou » et je pense que lui-même n’apprécie guère….Il ne faut jamais perdre son sens critique : un homme reste un homme…

  75. Vous avez apparemment touché une corde sensible, vu le nombre de participant en si peu de temps… lol

    Je m’appelle Oncle Picsou et j’ai un p’tit magot que je ne voudrais pas perdre avec tout ce bazar que vous annoncez. Alors comme vous avez l’air de vous y connaitre, pourriez vous me donner deux trois tuyaux (ne soyons pas avare) pour passez tranquillement au travers ce gros bordel.

    ps: A quelle niche fiscale l’état ne touchera-t-il pas?
    ps2: Il n’y aura pas de tremblement de terre au moins? non parce que comme j’ai pas mal d’immobilier aussi…

  76. Ce qui se dit parfois sur le blog c’est ce qui passe aussi souvent dans le monde.

    Apportez-moi des réponses Mr Jorion, mais les réponses que je préfère surtout d’abord entendre pour moi et les miens il n’en faudrait pas trop quand même sortir au plus tôt de ces si joyeuses valeurs d’amusement et de divertissement à l’antenne, la crise est encore si légère et irréelle pour les plus surfacturés au monde.

  77. du profond et merveilleux et indispensable Parménide:
     »
    Il faut dire et penser que ce qui est est, car ce qui existe existe, et ce qui n’existe pas n’existe pas : je t’invite à méditer cela.

    Tu ne forceras jamais ce qui n’existe pas à exister. »

    1. Je rebondis sur cette réflexion pour inviter les commentateurs à être moins sombres et désespérés. C’est peut être la première chose à faire. Je ne sais pas si c’est une question d’âge, mais étant déjà assez angoissée comme ça, je constate que la fréquentation du blog, mais surtout la lecture des commentaires provoque en moi une sorte d’état de choc, qui empêche toute action. Quant à ce mail reçu par Paul Jorion, comme beaucoup j’ai lu « petits enfants », et c’est je crois la raison de la rudesse, dans la réponse de Paul. Comme un arrière gout de tromperie. Quoiqu’il en soit, il y a des moments où on a envie de baisser les bras et se dire: après tout, l’humanité veut vraiment ce qui lui arrive, et bien tant pis. J’étais sur le marché ce WE, distribuant des tracs pour un parti. Même si je comprends volontiers que l’évocation du dit parti ne fasse pas sauter de joie, le peu d’intérêt que portaient les gens au sujet dont il était question, à savoir les retraites, me laissait quelque peu songeuse. Ayant souvent fit du tractage, boitage, porte à porte…disons que je ne me fais pas trop d’illusion sur le sens de l’intérêt général, chez mes concitoyens. Mais bon…
      Toujours est il que si certains se demandent comment agir, je dirais: créer du lien, localement, par ou dans des associations, un réseau social…Ce sera peut être l’amortisseur le plus nécessaire qu’il soit, afin de ne pas tomber dans la barbarie collective. Retricotons les liens que le néo libéralisme s’est évertués à dissoudre. Alors seulement, l’intérêt général sera une évidence pour tous.

    2. Lou

      Le repli sur soi des nations et des individus est visiblement en cours, tout ces échanges en témoignent.

      Et votre réponse est la même que la mienne : Trouver de bon outils pour créer des liens et aller à la rencontre des autres. Les pistes ne manquent pas.

    3. Je suis perplexe…

      Toutes les brillantes analyses de ce blog nous éclairent parfaitement sur la situation (!) .

      Nous sommes manifestement ici, tous des gens conscients, informés, avertis ou en voie de l’être. (Des milliers !!)

      Je constate des mots récurrents : action collective, justice, démocratie, …..

      Je me demande : si la résistance, le combat, l’action collective, l’élaboration d’un nouveau modèle de société ne sont pas issus d’un vivier comme celui-ci…

      D’où pourront-ils venir ?

      Arrivons-nous seulement à entrer en contact les uns avec les autres ?

      Cela semble bien difficile. Des mots. Et après?

      L’action collective , c’est pour quand ?? Acceptez-vous de vous y impliquer ??

  78. Quelle journée!

    Je suis assez surprise de la conclusion de ce monsieur.
    Mais votre réponse me semble plutôt mal à propos.

    D’abord il n’a pas dit: que faire de mes avoirs pour conserver mon château en Espagne et
    vais-je pouvoir partir en vacances au coeur du Valais suisse cet hiver, et vais-je également devoir me séparer de mon majordome?
    J’ai plutôt compris qu’il faisait le lien entre ses avoirs et sa famille, comment prendre soin de ses avoirs consistait pour lui à assurer un avenir aux siens malgré les intempéries.
    Ca fait une légère différence quand même non?

    Ca pose donc le problème autrement:
    J’aurais répondu que la somme d’intérêts particuliers ne faisait pas l’intérêt général, que des solutions pour quelques intérêts privés ne résolvaient en rien le problème qui est que l’immense majorité d’entre nous sommes directement exposés à toutes ces crises et qu’il va bien falloir qu’on trouve des solutions dans l’intérêt de tous.
    Et j’aurais également répondu que de se soucier de ses enfants c’est une bonne chose, de se soucier de ceux des voisins en plus des siens, aussi. Et qu’on avait un biais pour ce faire: l’implication citoyenne. Et comme je suis républicaine je lui aurais parlé de bien commun.
    Pour finir, que c’était bien là l’objet de ce blog, contribuer non à préserver quelques intérêts particuliers, mais à promouvoir l’intérêt général.
    Et j’aurais expliqué à ce monsieur qui dit ne rien entendre en matière d’économie, que c’est bien en voulant faire de l’argent avec de l’argent que nous en étions rendus là et qu’on ne pouvait donc décemment pas si l’on prétend défendre l’intérêt général, raisonner en terme de placements financiers particuliers mais plutôt en terme de fonctionnement du système.

    Et j’ai une pensée pour ce monsieur aux propos ainsi exposés à qui je conseille de s’exprimer à l’avenir plutôt en commentaires qu’en mails. Ce qui n’empêchera personne d’en faire la critique mais qui sera moralement moins éprouvant.
    ‘Faut croire que j’ai pas le goût du sang.

    Enfin, au moins l’abcès est-il crevé cette fois-ci.

  79. Ce qui est assez ahurissant, c’est de constater que beaucoup ici n’ont même pas compris la teneur des propos de ceux qui pensent que ce monsieur scie la branche sur laquelle il est assis. Il est bien entendu normal d’avoir peur. Nous avons tous peur à un moment où à un autre…

    Mais le réflexe individualiste ne fait que renforcer le processus qui renforcera la peur etc…

    Une analogie me vient pour illustrer le paradoxe de celui qui joue contre ses intérêts en croyant les défendre : le cas du petit épargnant employé dans une entreprise, grande ou petite, peu importe, qui place ses petits avoirs en bourse via un compte épargne. Il participe de fait au grand mouvement de rentabilisation actionnarial qui conduira les conseils d’administration à entériner de violents plans sociaux pour dégager les marges que réclament les actionnaires, dont le petit porteur. Il sera fort dépourvu quand le plan social le concernera non, directement ou par ricochet ? Il se sera pourtant en partie auto-licencié pour avoir son petit 6% d’intérêt…

  80. « …On peut se demander : comment vous proposez-vous de vivre si vous n’allez pas au bureau, si vous ne poursuivez pas votre propre ambition, vos propres désirs d’atteindre ou d’aboutir ? Si l’on ne fait rien de tout cela, que peut-on faire ? Il me semble que ceci est une question absolument fausse. N’êtes-vous pas du même avis ? Par ce que nous sommes préoccupés, n’est-ce pas, de susciter un changement radical dans la structure même de notre esprit. La crise n’est pas dans le monde extérieur elle est dans notre conscience elle-même. Tant que nous n’aurons pas compris cette crise profondément et non selon les idées de quelques philosophes, mais jusqu’au moment où véritablement nous comprendrons par nous-mêmes en regardant en nous-mêmes, en nous examinant nous-mêmes, nous serons incapables de provoquer un tel changement. C’est la révolution psychologique qui nous préoccupe, et cette révolution ne peut se produire que s’il y a des relations justes entres les êtres humains… » KRISHNAMURTI

    1. @ Dubrunfaut

      Votre injonction est redoutable.
      En effet, comment pourrions-nous prétendre changer le monde
      tout en restant incapable de nous changer nous-mêmes,
      alors que nous n’avons de vrai pouvoir que sur nous et pas sur le monde?

  81. Vu que nous existons de par ce blog je vous invite à nous retrouver physiquement afin de montrer que nous somme une entité pensante et bienveillante pour l’ensemble non animée par les placements financiers

  82. Celui qui possède l’argent a l’avantage (ou aurait) pour plus tard. Ne pas perdre cet avantage, en ces temps troubles, m’irait forcément très bien, quand bien même mes enfants en profiteront.
    Le prolongement de l’argent aux miens, c’est aussi cela que je voudrais préserver, quand bien même mes enfants en profiteront!
    L’argent aux générations descendantes, c’est aussi cela la finance, ainsi j’ai pu penser que la question fut bien opportune au maitre Jorion.

    J’ai pu reconnaitre M. Jorion dans sa réponse, le bon sens là où il doit être. En l’occurence, placer enfants (quand bien même ce fusse pour leur bien) et argent sur le même propos, non, cela ne convient pas! On est effectivement pas sorti des turbulences…

  83. Cette histoire me fait penser à une phrase de Michel de Montaigne que je vais essayer de reconstituer de mémoire. Il note: « On peut tout perdre, il nous faut donc une boutique arrière, toute notre…. » Montaigne ne parlait de l’or ou du potager. Il y a des choses essentielles dans la vie qu’il ne fait jamais perdre de vue.

  84. Le meunier son fils et l’âne de Jean de la Fontaine

    L’invention des Arts étant un droit d’aînesse,
    Nous devons l’Apologue à l’ancienne Grèce.
    Mais ce champ ne se peut tellement moissonner
    Que les derniers venus n’y trouvent à glaner.
    La feinte est un pays plein de terres désertes.
    Tous les jours nos Auteurs y font des découvertes.
    Je t’en veux dire un trait assez bien inventé ;
    Autrefois à Racan Malherbe l’a conté.
    Ces deux rivaux d’Horace, héritiers de sa Lyre,
    Disciples d’Apollon, nos Maîtres, pour mieux dire,
    Se rencontrant un jour tout seuls et sans témoins
    (Comme ils se confiaient leurs pensers et leurs soins),
    Racan commence ainsi : Dites-moi, je vous prie,
    Vous qui devez savoir les choses de la vie,
    Qui par tous ses degrés avez déjà passé,
    Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé,
    A quoi me résoudrai-je ? Il est temps que j’y pense.
    Vous connaissez mon bien, mon talent, ma naissance.
    Dois-je dans la Province établir mon séjour,
    Prendre emploi dans l’Armée, ou bien charge à la Cour ?
    Tout au monde est mêlé d’amertume et de charmes.
    La guerre a ses douceurs, l’Hymen a ses alarmes.
    Si je suivais mon goût, je saurais où buter ;
    Mais j’ai les miens, la cour, le peuple à contenter.
    Malherbe là-dessus : Contenter tout le monde !
    Ecoutez ce récit avant que je réponde.

    J’ai lu dans quelque endroit qu’un Meunier et son fils,
    L’un vieillard, l’autre enfant, non pas des plus petits,
    Mais garçon de quinze ans, si j’ai bonne mémoire,
    Allaient vendre leur Ane, un certain jour de foire.
    Afin qu’il fût plus frais et de meilleur débit,
    On lui lia les pieds, on vous le suspendit ;
    Puis cet homme et son fils le portent comme un lustre.
    Pauvres gens, idiots, couple ignorant et rustre.
    Le premier qui les vit de rire s’éclata.
    Quelle farce, dit-il, vont jouer ces gens-là ?
    Le plus âne des trois n’est pas celui qu’on pense.
    Le Meunier à ces mots connaît son ignorance ;
    Il met sur pieds sa bête, et la fait détaler.
    L’Ane, qui goûtait fort l’autre façon d’aller,
    Se plaint en son patois. Le Meunier n’en a cure.
    Il fait monter son fils, il suit, et d’aventure
    Passent trois bons Marchands. Cet objet leur déplut.
    Le plus vieux au garçon s’écria tant qu’il put :
    Oh là ! oh ! descendez, que l’on ne vous le dise,
    Jeune homme, qui menez Laquais à barbe grise.
    C’était à vous de suivre, au vieillard de monter.
    – Messieurs, dit le Meunier, il vous faut contenter.
    L’enfant met pied à terre, et puis le vieillard monte,
    Quand trois filles passant, l’une dit : C’est grand’honte
    Qu’il faille voir ainsi clocher ce jeune fils,
    Tandis que ce nigaud, comme un Evêque assis,
    Fait le veau sur son Ane, et pense être bien sage.
    – Il n’est, dit le Meunier, plus de Veaux à mon âge :
    Passez votre chemin, la fille, et m’en croyez.
    Après maints quolibets coup sur coup renvoyés,
    L’homme crut avoir tort, et mit son fils en croupe.
    Au bout de trente pas, une troisième troupe
    Trouve encore à gloser. L’un dit : Ces gens sont fous,
    Le Baudet n’en peut plus ; il mourra sous leurs coups.
    Hé quoi ! charger ainsi cette pauvre bourrique !
    N’ont-ils point de pitié de leur vieux domestique ?
    Sans doute qu’à la Foire ils vont vendre sa peau.
    – Parbleu, dit le Meunier, est bien fou du cerveau
    Qui prétend contenter tout le monde et son père.
    Essayons toutefois, si par quelque manière
    Nous en viendrons à bout. Ils descendent tous deux.
    L’Ane, se prélassant, marche seul devant eux.
    Un quidam les rencontre, et dit : Est-ce la mode
    Que Baudet aille à l’aise, et Meunier s’incommode ?
    Qui de l’âne ou du maître est fais pour se lasser ?
    Je conseille à ces gens de le faire enchâsser.
    Ils usent leurs souliers, et conservent leur Ane.
    Nicolas au rebours, car, quand il va voir Jeanne,
    Il monte sur sa bête ; et la chanson le dit.
    Beau trio de Baudets ! Le Meunier repartit :
    Je suis Ane, il est vrai, j’en conviens, je l’avoue ;
    Mais que dorénavant on me blâme, on me loue ;
    Qu’on dise quelque chose ou qu’on ne dise rien ;
    J’en veux faire à ma tête. Il le fit, et fit bien.

    Quant à vous, suivez Mars, ou l’Amour, ou le Prince ;
    Allez, venez, courez ; demeurez en Province ;
    Prenez femme, Abbaye, Emploi, Gouvernement :
    Les gens en parleront, n’en doutez nullement.

  85. Comme vous êtes donc tous noirs, ici ce soir, mais dites moi tellement d’humains ont vécu avec tellement moins que ce que nous possédons, que quelque part, c’est une insulte de pleurer ainsi sur notre sort au lieu de penser autrement.
    Commençons donc le partage, un sourire au voisin, un peu d’aide à un autre ect…
    et vous verrez que donner ça ôte bien des peurs, et ça aide à aller de l’avant.
    Commençons à croire en nous même, sans nous posez des doutes

    La foi renverse les montagnes, et je ne parle pas ici de religion.

    « A chaque jour suffit sa peine…. »

  86. Pourquoi ai-je réagi aussi violemment, surtout vis -à-vis d’un homme que je respecte ?
    Tout d’abord, dans sa lettre, Monsieur X fait d’abord preuve de modestie en disant grosso modo qu’il ne comprend rien en économie mais qu’il a le sentiment que tout va mal, que les perspectives sont sombres à tous les niveaux , et qu’il a peur pour lui et sa famille. Il ne s’agit pas d’un homme riche puisqu’il parle de ses petits avoirs… Bref, on peut le considérer comme un simple représentant de la grande majorité de la population. Il demande à Paul ce qu’il doit faire, de manière plutôt rhétorique d’ailleurs, pour protéger ses quelques biens pour sa famille.
    Paul le « félicite » d’abord de faire le même constat que lui (tout va mal et les perspectives sont mauvaises) mais ajoute qu’en désirant protéger ses petits avoirs et non ses petits enfants (alors qu’ici, cela va évidemment dans le même sens), il se rend responsable par son égoïsme supposé du désastre, de la crise, du système… En d’autres mots, les gens (la population) sont responsables de ce qui leur arrive… La référence à Aristote « un père de famille se préoccupe de sa femme et de ses enfants. Il ne se préoccupe pas de son or, ni de l’or de sa femme ni de celui de ses enfants. Il laisse l’or au marchand, dont c’est le métier » est par ailleurs complètement déplacée en ce sens qu’il ne me semble pas anormal qu’en tant que père de famille, il veille à subvenir à l’entretien de sa famille, entre autres par quelques avoirs. On ne parle justement pas ici de financiers (dont l’or est le métier…) qui ont joué en toute irresponsabilité et impunité avec l’argent du monde. La crise vient justement de cette dernière catégorie qui se consacre au tout financier, dépouillant au passage nos populations de leur travail (délocalisations, etc) et de leurs économies, les laissant dans l’incertitude et la peur du lendemain ? Vous reprochez en somme à cet homme de ne pas « élever le débat » et de ne pas partir dans des considérations philosophiques pseudo-intellectuelles mais d’être trop terre-à-terre. Ce serait si bien s’il pouvait « se responsabiliser », entendez ici « se culpabiliser » !?
    Mais qui est vraiment responsable de cette crise, de ces inégalités ? Qui a voté les traités néolibéraux mondialistes dans le but de produire moins cher et d’aller polluer ailleurs ? …. Où étaient les hommes de « gauche » avec leurs grands principes censés défendre les travailleurs ? Les vrais opposants de gauche ont été systématiquement écartés ou diabolisés par la gauche caviar qui persiste et signe … N’est-elle pas encore et toujours favorable au libre-échangisme, aux Traités de Maastricht /Lisbonne…..Pendant plus de trente ans, le véritable débat ont été systématiquement écartés et les vrais enjeux cachés, les référendums refusés… (« Ne faisons surtout pas confiance aux peuples »- sous-entendus incultes et individualistes !….). Alors que la paupérisation gagne de plus en plus de terrain, qu’une élite politico-financière minoritaire ne se fait que s’enrichir, reprocher à un simple citoyen de vouloir protéger ses maigres biens ….il faut oser….Non, il est grand temps que la gauche caviar, genre Attali, prenne conscience de sa responsabilité du désastre actuel…..
    Les gens ont été dépossédés de leur pouvoir politique (la nouvelle politique économique et financière s’est décidée sans leur avis par la droite comme la gauche), de leur travail, de leurs économies, de leur avenir et de celui de leurs enfants… et ils se demandent comment s’en sortir dans ce chaos… Finalement, quels égoïstes !!!!

    1. Il y a quelque chose de vrai dans votre colère. En effet, on a l’impression qu’il faut toujours se montrer plus vertueux, patients, solidaires, compatissants…que tous ceux qui ont provoqué cette situation. Et que cette demande de vertu, patience ou solidarité ne serait qu’un instrument supplémentaire de notre domination.Tendre l’autre joue…
      Oui, mais faisons le pari du contraire.
      Je voulais revenir à une idée lancée régulièrement sur ce blog: la pétition. Même si elle n’a que peu de chance de faire plier qui que ce soit, je crois que le moment est venu d’utiliser la notoriété de notre hôte, ne serait ce que pour amplifier cette notoriété auprès d’un plus large public, avec un thème plus porteur que l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix: pétitionnons sur les plans d’austérité qui vont nous tuer.

    2. Ce que vous pointez du doigt est un manque d’opposition de la gauche face à la droite en place.
      Ce que vous dites impose le postulat que l’on tienne compte de cette opposition lors de la prise de décisions majeures, y compris quand l’opposition est largement majoritaire.
      C’est à dire que l’on soit encore dans une vraie démocratie.
      Malgré le résultat défavorable du référendum de 2005 le traité de Lisbonne a été ratifié en 2007.
      Que faudra-t-il pour qu’on écoute de nouveaux les oppositions ?
      Une révolution, une guerre ?

  87. Belle réponse de Paul Jorion, qui ne se contente pas de fustiger nos ambivalences et notre part de responsabilité dans cette crise systémique mais qui éclaire une voie possible, un sens pour l’avenir du futur si nous sommes nombreux à revoir nos copies.

  88. Ben dis donc… le père Jorion est revenu tout revigoré de son séjour helvète!
    Et que je te balance un billet sur la religion et l’éthique financière, et pour faire le compte un autre sur  » j’approuve tout ce que vous dites mais mes économies que je voudrais bien que vous me disiez juste à moi ce que je pourrais bien en faire »!
    La boucle est bouclée! Transcendance et Immanence! Vertu des clercs et des seigneurs versus vertu des peuples et des blogueurs! Après le cours magistral, petit TP entre nous…

    Attention Mesdames et Messieurs le prof est rentré de séminaire! Remonté comme un coucou suisse et équipé comme le couteau de la même origine…

    Et puis moi c’était ma journée Jean Yanne:

    « Ce n’est pas que je n’aime pas les autres, c’est que je n’en ai pas besoin. »

    « Vous avez lu l’Ancien Testament? – Non. Qui a hérité? » Je suis un être exquis (2001)

  89. En arrière-plan du débat ici – qui avive les passions – l’auteur de la lettre et moi-même poursuivons depuis hier notre conversation. Nous réfléchissons en ce moment à un moyen de vous communiquer le fruit de nos réflexions communes. Je vous tiens informé.

    1. Monsieur Jorion. Si vous partez du principe de sauver le « petit épargnant », il faut aussi sauver le GROS possédant qui vit, en plus, du petit épargnant…
      Léger dilemme, non..?? 😉

    2. @Yvan

      On peut imposer un régime à un « gros » mais pas à un « mince » et encore moins à un anorexique…

  90. La réponse de paul jorion est une réponse.
    Elle peut paraitre un peu philosophique.
    Moi de manière plus terre à terre je dirais face à cette interrogation que le meilleur placement que l’on puisse faire pour ses enfants, ses petits-enfants c’est de contribuer à construire un monde plus juste pour tout le monde et pas un monde qui serait hypothétiquement plus sûr pour certains au détriment des autres.
    L’esprit de compétition a assez duré et à l’argument de dire que c’est parce que j’ai pas confiance en moi et dans les autres que je procède ainsi je répondrais : et c’est pour cela que vous mettez toute votre confiance dans un escroc à la Madoff pour vous gouverner.
    En fait compte tenu que vous n’avez plus confiance vous avez décidé de décimer toute la colonie entière pour ne pas être le seul à souffrir.
    La solution ne passera que par la confiance retrouvée en chacun de nous.

  91. Toujours aussi intéressant de lire et les articles …et les commentaires.
    Concernant je pense l’avis de (presque) tous a savoir l’inquiétude énergétique, économique, démographique, certaines choses me paraissent absolument édifiantes : comment, alors que l’approche d’une crise énergétique majeure nous inquiète, peut on comme la compagnie Emirates commander 32 A380 nourri au pétrole pour un montant de 11,5 milliard de $. Nous sommes, je pense a juste titre, conscient que nos sociétés, nos habitudes, nos « trains trains » doivent évoluer, mais bien que conscient je reste abasourdi par des nouvelles pareilles ! on marche sur la tête !

    1. Tout simplement parce qu’ils manqueront de pétrole après nous ; nous manquerons d’argent pour en acheter (ailleurs que chez eux, car leur production servira à leur autoconsommation) pendant qu’ils continuerons a en extraire de leurs puits.

    2. Il ne vous vient jamais à l’idée que PERSONNE parmi les intervenants « autorisés » du milieu pétrolier- pays producteur, sociétés pétrolières, spéculateurs, États des pays importateurs, experts du marché pétrolier, écologistes, consommateurs industriels- n’a intérêt à crier sur les toits que les réserves sont « éventuellement » bien supérieures à ce qui nous est ressassé?

      A tout le moins,ce chiffre des réserves me parait d’un tel intérêt stratégique vital, que tout annonce le concernant, et surtout lorsqu’elle est universellement chantée, doit nous appeler à la plus grande « réserve »…

      Sans sentiment conspirationniste aucun…

    3. ok, cela pour emirates airlines, meme si cela me parait « enorme » votre justification tiens la route, mais alors que dire de l’extension de Roissy Charles de Gaulle ? 100 000 m² en plus pour un nouveau terminal ! ??

    4. sauf erreur de ma part, un A380 qui fera une liaison Abu Dabi -NY devra refaire le plein à NY, non ? Donc, le fait « qu’ils manqueront de pétrole après nous » n’est pas pertinent (outre le fait qu’à ma connaissance, la France manque déjà de pétrole, puisque sa production propre représente l’épaisseur d’un trait au regard de sa consommation…)

      Le choix de l’A380 par Emirates s’explique par le fait que cette bétaillère consomme moins de carburant par km.passager. Acheter de tels avions a donc un sens, spécialement dans un contexte où le prix des combustibles fossiles va augmenter…

      Le problème est ailleurs : il est d’investir des fonds dans des infrastructures que l’on dimensionne en fonction d’une prévision de croissance perpétuelle.

      Et même lorsqu’on est conscient des limites de la croissance, les choses ne sont pas si simples.

      Imaginons que les « stratèges » d’Emirates admettent que le trafic aérien va diminuer de moitié à l’échéance 20 ans. On dira logiquement que la compagnie a intérêt à remplacer 50 % de sa flotte actuelle par des engins plus économes. Cependant, si elle escompte capter la clientèle des autres compagnies (par exemple parce qu’elle estime qu’elles vont faire faillite car dotées d’appareils trop gourmands), elle peut se dire qu’elle a intérêt à étendre sa flotte, car au lieu d’assurer 5 % de 100 % du transport aérien, elle pourrait très bien se voir assurer 50 % du futur trafic réduit de moitié (ce qui représenterait quand même une multiplication par cinq de ses activités…)

      D’où l’intérêt d’une planification de certains aspects de l’économie pour éviter que toutes les compagnies, convaincues soit d’une croissance infinie de leurs activités, n’achètent des masses d’A380…

    5. @Marco,

      1) Bétonner n’a jamais été un engagement sur l’avenir, tout au plus en engagement à enveloppes ;
      2) Ne plus avoir d’avion en propre n’empêcherait pas, dans l’absolu, de voir atterrir en France des avions appartenant à d’autres pays ;
      3) Comptez-vous sur « nos actuels dirigeants » pour avoir une politique qui soit synonyme de stratégie ?

      @ dENIS,

      Vous n’avez pas compris ma réponse, qui est théorique :
      1) la France (l’Europe, l’Occident ?) , n’aura bientôt plus les moyens énergétiques de sa politique ; c’est-à-dire plus les moyens de financer sa dépendance énergétique (en général) ;
      2) ce qui n’empêche pas que tous les pays ne ressentirons pas les effets du pic au même moment ; d’où le fait que certains puissent encore investir sur des moyens de transport exigeants en terme de pétrole.

      Je reconnais toutefois que ma réponse est théorique, non fondée sur des faits précis actuels autres que le problème énergétique qui se profile.

  92. @ juan nessy dit : 7 juin 2010 à 16:45

    Vos enfants peuvent effectivement trouver une solution en s’expatriant, mais qui paiera votre retraite?

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=11875#comment-84836

    Cela étant dit je ne les critique pas.
    Quant à l’argent il ne faut pas en avoir une vision négative. Je me le représente comme de l’énergie potentielle. Tant qu’il y a de l’énergie, la vie est possible. Idem pour l’argent.
    Une façon de cerner le problème est d’imaginer ce qui a pu se présenter quelques temps avant l’extinction sur l’ile de Pâques.

    1. je ne vois pas ce qui vous fait penser que mes enfants se sont expatriés !

      On peut vendre à la Chine et contribuer à l’agriculture paysanne en Afrique ( et en France) en résidant en France , y payant ses impôts et travaillant même avec des entreprises ou associations françaises .

      Il faut sortir un peu , Jducac !

      Quant à l’île de Paques , renseignez vous mieux .

      Quant à l’argent , je n’en ai pas la vision que vous n’avez pas .

      Mais il me semble que comme d’autres établissent une relation biunivoque entre argent et bien être de soi et de ses enfants , vous commettez la même erreur en écrivant énergie argent .

      Comme excellement écrit par d’autres ici même sur d’autres sujets , vous confondez la carte et le terrain .

      Retournez sur le terrain .

      La prise de conscience ( ou l’analyse ) commence .

      PS : pour ma retraite , ne vous mettez pas trop martel en tête .

  93. Mon père est pauvre, depuis toujours. Il n’a aucun petit avoir, juste une petite pension qui ne suffirait même pas à le loger, mais il a deux fils qui l’aident pour le remercier de l’amour qu’il leur a donné. Je crois que mon père est heureux. J’espère être le même père pour mes enfants.

  94. J’ais mis un peut de temps a réfléchir a la quetion de l’argent comme outils autorisé. Si l’ont fait un petit constat historique; seul les marchants, non chrétien sont autoriser a manipuler l’argent. Donc pour résumer aucun chrétien ne devrait manipuler de l’argent. Cette argent est seulement réservé aux marchands. Pourquoi penser a l’argent lorsque l’ont n’est pas commerçant, bien qu’a notre époque l’autoentreprise ou free lance nous permet d’appartenir aux réseaux des commerçants.

    A croire que notre socièté envisagerait de faire en sorte que chacun puisse vendre quelque chose, ont oublie bien sur, l’intimité organique, spychologique et émotive.

    Il serait temps de considérer notre planète comme un essemble indivisible et solidaire de son espèce et des autres. La vie peut trés bien se passer d’argent. Par contre il me semble difficille de pouvoir soutenir que l’argent pourrait se passer de la vie.

  95. De mon point de vue, je ne vois aucune différence entre « mes petits avoirs » et « mes petits enfants ». Beaucoup de commentateurs signalent d’ailleurs avoir remplacé très « naturellement » l’un par l’autre.

    « …un père de famille se préoccupe de sa femme et de ses enfants. »

    Le problème, c’est le « mes » enfants, garantie de notre survie, de notre valeur et de notre espoir de dépasser notre médiocrité. Une épargne de notre égo à X% d’intérêt. Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents. Ils valent plus que cela. Quant à « ma » femme, je lui laisse l’entière liberté de s’occuper d’elle-même depuis qu’elle est adulte et sans doute beaucoup plus compétente que moi en cette matière.

    Tu connais le prénom de « tes » voisins suggèrent certains étendant la sphère de l’intimité en continuant de prétendre qu’il n’y a de vrais relations que de proche en proche ? Oui, mais c’est un gros con et je me sens plus proche de Tartempion qui a laissé un commentaire sur le blog de Trucmuche. Communautarisme de clocher, réchauffement de proximité. « Mes » petites relations, « mes » petits pouvoirs, « mon » petit capital de reconnaissance, « mes » amis sur qui je peux compter quoi qu’il arrive.

    Aristote et sa société de pairs (pères), la famille, le modèle idéalisé du village avec ses solidarités consanguines et ses strates d’inimitiés tout aussi reproductives. La fixité, la stabilité de l’équilibre du meilleur des mondes possibles.

    Ce n’est pas suffisant, loin de là !

    Collectivisons donc les moyens de production, les femmes et les enfants.

    :-}

  96. et bien oui, vous le saviez déjà, une majeure partie des lecteurs du blog viennent chercher des solutions pour leur gestion patrimoniale ; c’est le risque lorsqu’on est un devin. Mais certains de vos confrères profitent même de l’aubaine pour vendre des livres en surfant sur la Crise !
    n’est pas surhomme qui veut, seul celui qui peut le deviendra peut-être…
    demain sera un autre et même jour, éternel retour !

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