Public Sénat, « Bibliothèque Médicis », vendredi 11 juin à 18h30

L’émission de Jean-Pierre Elkabbach a été enregistrée mercredi après-midi, elle passe pour la première fois vendredi. Il y aura ensuite de multiples occasions de la revoir.

Nous étions quatre : Jacques Attali, Thierry Breton, Philippe Marini et moi-même, conviés à un débat sur la dette publique française.

Certains aspects du contexte de la discussion sont invisibles en raison du montage. Jean-Pierre Elkabbach n’a pas aimé mon sourire (il l’a dit devant la caméra) qu’il a appelé « ironique » bien qu’il était en réalité plus sceptique qu’ironique, et ceci en raison de ce qui était dit. Je lui ai répondu que mon sourire n’était pas négociable et que c’étaient surtout mes opinions qui lui déplaisaient.

Elkabbach est revenu à plusieurs reprises sur le fait que mon invitation sur son plateau était due à l’insistance d’Attali. Il m’a ensuite reproché de n’approuver que les interventions de celui-ci et non celles de ses autres invités. Je lui ai répondu que mon approbation était déterminée par le contenu de ce qui était dit et ne pouvait être systématique, en fonction d’une quelconque « règle du jeu », fondée sur des convenances. Il a alors qualifié ma réponse d’« intolérante ».

En fait, nous étions d’accord sur ceci : il me définissait a priori comme un outsider et je lui confirmais de mon côté que c’était bien le cas si la qualité d’insider impliquait des concessions dont la seule justification étaient « les usages de cour ».

Merci, une fois encore à DomLW !

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288 réflexions sur « Public Sénat, « Bibliothèque Médicis », vendredi 11 juin à 18h30 »

  1. Et si Elkabbash avait volontairement cherché la petite bête espérant que Paul s’enerve et que du coup les auditeurs soient moins receptifs a son égard? Sans chercher le complot bien sur?

  2. « Il faut que la nation ait confiance en elle-même. » (Paul Jorion)

    En tant qu’ Ecossais je suis tout à fait d’accord avec vous. Vive la France . . . et vive la Flandre.

    En ce qui concerne l’indignité de cette émission je trouve que je partage le sentiment exprimé par Pierre : « Sur ce coup vous avez perdu votre « zennitude » sous les piques répétées de cette mouche du coche. »

    M. Elkabbach a gagné et il le sait. Vous avez perdu. C’est dommage. Est-ce qu’il est proche du pouvoir ? Il en a l’air.

    1. Entre cet exercice de montage à la hache pour préserver les apparences, et l’histoire rocambolesque de l’interview du patron européen de Goldman Sachs, je ne suis pas certain qu’Elkabbach ait gagné grand-chose ces derniers temps.

  3. Bonjour M. Jorion

    Pemière constatation : ces gens de droite m’apparaissent toujours d’une aussi mauvaise foi, mais passons, je veux parler d’autre chose…

    Un passage m’a interpellé dans l’émission. Il s’agit de vos propos au sujet des événements de 1968, ceci se passe au bout de 18 mn 30 d’émission, vous dîtes : « Mai 68 est un événement spécifique et limité non seulement à la France, mais peut-être même à quelques rues à Paris »… !!!!! ????

    Ces paroles ne remettent pas en cause de reste de votre démonstration, mais tout de même, ce genre d’erreur qui se glisse, sans faire de bruit au milieu d’un discours plus général, me gêne énormément.
    Dieu sait (ce n’est qu’une expression !) que j’adhère très largement à vos propos et aux idées que vous développez ici et ailleurs, et je trouve d’autant plus étrange que vous puissiez présenter les événements de 1968 sous cet angle franco-français, voire parisiano-parisien, que cette vision est totalement fausse d’une part, ressemble fâcheusement à du révisionnisme historique d’autre part, et peut d’ailleurs servir les discours et les pensées les plus réactionnaires.

    Cette « négligence » quant à la vérité historique me semble devoir être relevée car lorsqu’elle est le fait de personnages dont les idées me heurtent, je ne la supporte pas, mais quand ce sont des gens qui défendent des idées qui me sont chères, elle m’horripile carrément pour la bonne raison qu’elle risque de décrédibiliser leur discours, à juste titre d’ailleurs.

    De même cette tendance lourde que l’on a de ne parler que du mouvement étudiant lorsqu’on évoque 68, alors qu’en France, dans le même temps, le mouvement ouvrier a été extrêmement puissant et efficace, et ce, de manière autonome, sans l’appui ni l’impulsion de leurs syndicats (c’est peut-être d’ailleurs ce qui a fait le plus peur aux dirigeants de l’époque et continue d’effrayer les dominants aujourd’hui).

    Je me permets de fournir ci-dessous une liste (certainement non exhaustive) des mouvements de protestation contre l’ordre établi qui ont eu lieu dans le monde cette année-là, liste qui dément de manière limpide le caractère soit-disant franco-français des mouvements de 68 :

    Depuis 1967 et dans les premiers mois de 1968, dans toute la FRANCE : nombreux et massifs mouvements de grève dans les milieux ouvriers.

    2 janvier, ITALIE : l’université de Padoue est occupée. Début du bienno rosso, deux années de luttes étudiantes et ouvrières intenses, aussi appelées le « Mai rampant italien ».

    Février, ALGÉRIE : l’université d’Alger est fermée pendant un mois pour éviter l’extension de la contestation réclamant la liberté d’expression.

    8 mars, POLOGNE : à Varsovie, l’interdiction d’un spectacle jugé antisoviétique provoque une révolte étudiante.

    22 mars, FRANCE : la présidence de la fac de Nanterre est occupée, le « Mouvement du 22 mars » est créé.

    4 avril, ÉTATS-UNIS : suite à l’assassinat de Martin Luther King, des émeutes éclatent dans 125 villes, faisant 45 morts.

    11 avril, ALLEMAGNE DE L’OUEST : la tentative d’assassinat contre le leader étudiant Rudi Dutschke provoque une vague d’émeutes (2 morts à Munich).

    1er mai, ESPAGNE : point culminant des grèves qui marquent les année 1968- 1969. La contestation montante accélère la décomposition du franquisme.

    10 mai, FRANCE : à Paris, « nuit des barricades » au Quartier latin.

    13 mai, FRANCE : entre 600 000 et 1 million de manifestants défilent dans une énorme manifestation mêlant étudiants et ouvriers. Dans le même temps des millions de travailleurs sont en grève dans le pays.
    Très rapidement, la classe ouvrière presque toute entière se mit en grève. Parmi les 15 millions travailleurs, près des deux-tiers firent grève. Plus le 4 millions pendant trois semaines, plus de 2 millions pendant un mois.

    29 mai, SÉNÉGAL : grève générale réprimée par l’armée : 1 mort et 20 blessés.

    Juin, TCHÉCOSLOVAQUIE : apparition de conseils ouvriers qui prennent en main les entreprises.

    3 juin 1968, YOUGOSLAVIE : les étudiantes et les étudiants de l’université de Belgrade lancent le slogan « la révolution n’est pas terminée, nous en avons assez de la bourgeoisie rouge ». La répression fait une centaine de blessés.

    12 juin, URUGUAY : émeutes étudiantes à Montevideo. L’état de siège est décrété et les libertés publiques suspendues. Le mouvement des Tupamaros s’engage dans la guérilla urbaine.

    21 juin, BRÉSIL : une manifestation à Rio de Janeiro est réprimée par la dictature (6 morts, 1 000 arrestations). Le lendemain le Parlement est occupé à Brasilia.

    24 juin, CANADA : 290 Québécoises et Québécois sont arrêtées à Montréal suite à des manifestations indépendantistes. C’est le « lundi de la matraque ».

    21 août, TCHÉCOSLOVAQUIE : l’entrée des chars soviétiques met fin au Printemps de Prague.

    26-29 août, ÉTATS-UNIS : manifestations antiguerre du Vietnam à l’occasion de la convention du Parti démocrate à Chicago. Violents affrontements.

    Septembre, ÉTATS-UNIS : à Atlantic City, manifestation des Radical Women contre le concours de Miss America. Point de départ du Women’s Lib (« mouvement de libération des femmes »).

    2-3 octobre, MEXIQUE : l’armée ouvre le feu sur la foule rassemblée sur la place des Trois-Cultures à Mexico. Bilan : plus de 200 morts et 2 000 arrestations.

    5 octobre, ROYAUME-UNI : la première marche pour les droits civiques en Irlande du Nord est violemment réprimée à Derry. Début de la révolte populaire contre l’occupation britannique.

    17 octobre, MEXIQUE : sur le podium olympique, les coureurs Tommie Smith et John Carlos lèvent leurs poings gantés de noir – symbole des Black Panthers – pendant l’hymne états-unien.

    22 octobre, JAPON : le mouvement de jeunesse Zengakuren, organise l’« assaut de Tokyo ». Durant trois jours, le Parlement, l’ambassade états-unienne et divers points stratégiques sont assiégés.

    (Sources : http://www.alternativelibertaire.org / http://www.pouvoir-ouvrier.org)

    Tout cela sans parler des origines communes de tous ces mouvements de protestation que l’on trouve sur les campus des universités américaines dans le cadre des luttes pour les droits civiques, féministes, et contre la guerre du Vietnam. Ces mouvances sont indissociables des événements de l’époque, qu’ils se déroulent à Prague, Mexico ou Paris. Je pense qu’il est toujours bon de le rappeler, surtout évidemment pour les générations qui n’ont pas connu cette période.

    Voilà, sans vouloir paraître donneur de leçon, mais simplement pour essayer de rétablir une vérité qui me semble important de transmettre et encore une fois, de corriger des paroles qui pourraient être prises pour une distorsion de la vérité historique.

    Au plaisir de continuer à vous lire et vous écouter.

  4. Cette émission m’a rendu un peu triste.
    Triste que les temps de paroles aient été si mal répartis, triste que Monsieur Elkabbach ait prêté à Monsieur Jorion des intentions que de mon côté je n’avais pas perçues, probablement pour la bonne raison qu’il ne les avait pas eues, (intention de soutenir Attali pour des raisons qui seraient discutables…) triste qu’il lui ait fait ces procès d’intention et d’autres ouvertement sans laisser aucune chance au bénéfice du doute… J’ai vraiment ressenti cela comme un coup violent… et c’est vraiment lui (Elkabbach) qui a frappé le premier… Paul Jorion a ensuite fait des efforts pour ne pas se laisser distraire et/ou a certainement du lutter pour ne pas se laisser submerger par ses émotions… mais il n’a jamais pu développer ses idées, car la parole lui était souvent reprise… et ses émotions ont trouvé un chemin pour s’exprimer qui était un peu agressif, vu depuis la conscience de Monsieur Elkabbach, qui n’a rien eu de mieux à faire que de le lui repprocher à la fin… Pour ma part j’aurais répondu à Elkabbach à ce moment là : c’est peut-être vrai, je me suis laissé emporter, mais vous avez frappé le premier, et c’est difficile de prendre des coups quand on ne les a pas mérités… Au lieu de cela Paul Jorion lui a remvoyé l’accusation d’intolérance du tac au tac. C’était presque normal vu qu’il s’était quasiment fait accuser de ne pas dire ce qu’il pensait, lui Paul Jorion. Bref ces joutes émotionnelles m’ont fait mal, et c’est ce que je retiendrai de cette émission, un sentiment d’injustice, en premier. Dommage car des choses intéressantes s’y sont dites malgré tout… Ceci dit, c’est vrai, j’avoue, j’ai été d’autant plus déçu que je suis venu écouter cette émission ce jour pour entendre plus ce que Monsieur Jorion aurait pu y dire, que pour écouter les autres que je connais beaucoup moins bien. Et l’ayant entendu ailleurs, je n’ai pas trouvé qu’il avait eu le loisir de développer sa pensée, il s’en fallait de beaucoup, ce qui a du également contribuer à sa frustration. Bon j’ai l’air d’avoir compté les coups, et j’ai choisi mon camp, mais je trouve surtout dommage que les choses se soient passées ainsi.
    Merci de votre attention

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