Je ne rembourserai pas, par Olivier Brumaire

Billet invité

Je ne rembourserai pas – ou « Les pauvres paieront-ils pour les (très) riches » ?

La dette publique française file désormais allègrement vers les 1 800 Md€, soit la bagatelle de 60 000 € par foyer.

En 2010, la situation budgétaire de l’État est dramatique : Ressources nettes 175 Md€, Dépenses nettes 325 Md€, Déficit 150 Md€ (« www.performance-publique.gouv.fr » – le gouvernement a conservé son humour…). Le plafond de Maastricht de 3 % du PIB est enfoncé avec près de 8 % du PIB. Nous dépensons ainsi cette année 190 % des recettes (contre encore 120 % avant la crise)… Et du coup, la dette représente près de 10 ans de recettes fiscales actuelles…

Heureusement les politiques nous l’ont promis : il est hors de question qu’ils gèrent les finances publiques avec « rigueur » – pour ceux qui auraient encore un doute. Voilà enfin une promesse dont nous pouvons être assurés qu’elle sera tenue… Vivons donc au dessus de nos moyens, ou plutôt, enrichissons les riches, et après, que diable, advienne que pourra. Et bien justement, ça advient…

Car enfin, n’est-il pas formidable qu’une situation financière que n’importe quel ménage trouverait insensée et intenable pour son cas personnel, devienne une pratique acceptée voire théorisée quand elle est appliquée au niveau de l’État – qui n’est qu’un ensemble de ménages… Mais pour justifier ce qui heurte le bons sens, les discours abondent…

On entend d’abord que l’État, tels les diamants, est éternel, mais ce n’est pas en soi de nature à changer fondamentalement le problème…

Ensuite, on nous explique que l’État peut lever tous les impôts qu’il souhaite (merci pour les contribuables, d’ailleurs). C’est une justification plus robuste, sauf qu’elle n’est que théorique. Si l’État n’arrive pas aujourd’hui à vivre de ses impôts, comment pourrait-il non seulement y arriver demain avec des charges d’intérêts plus élevées, mais, en plus, disposer de ressources pour se désendetter ? Nous verrons qu’il y a d’ailleurs une autre différence avec un ménage, qui elle, n’est étrangement jamais évoquée.

Les adorateurs de la dette publique nous expliquent alors que face à l’endettement public (un passif), il faudrait tenir compte de l’actif public. Si on regarde simplement l’État central, la Cour des comptes dans sa certification des comptes de l’État estimait au 31/12/2008 son actif à environ 650 Md€ et son passif à 1 350 Md€. Situation nette de -700 Md€, avec un « résultat » en 2008 de -75 Md€. Tout va bien. Et encore, une « chance », c’était avant la Crise… Quoiqu’il en soit (et même en prenant l’actif des collectivités locales), la situation nette est négative, mais surtout cet argument de l’actif ne tient guère, s’imagine-t-on vendre un jour (et à qui ?) le château de Versailles, l’Hôpital Pompidou, les Ministères, la Nationale 7, le porte-avion Charles de Gaulle pour rembourser la dette… ? On se moque du monde.

On parle aussi souvent de « l’intérêt » d’emprunter, de faire du déficit pour de « bons investissements » amortissables sur des durées très longues – construire un hôpital par exemple. Qu’il y aurait alors un « bon déficit » pour des investissements, et un mauvais pour des dépenses de fonctionnement. Cela tient peu. D’abord, c’est la nature de l’État d’investir, et d’investir tous les ans. Car l’État construit tous les ans ses hôpitaux ! Un ménage peut s’endetter pour acheter une maison, mais s’il veut investir et acheter une maison de plus tous les ans, il faut bien que ses revenus annuels soient égaux au prix d’une maison, sinon, c’est du Maddoff… Ensuite la distinction est presque impossible. Car bétonner pour construire un aéroport de plus peu utile serait formidable, mais payer un salaire de chercheur ou d’enseignant serait un gaspillage ? On marche sur la tête. On remarquera d’ailleurs que ces contempteurs de la dépense ne s’appliquent jamais à eux-mêmes leur raisonnement, car dans ce cas ils seraient en situation de n’avoir strictement aucune épargne, et que des dettes…. On observera que c’est rarement le cas !

Mais cet argument est très puissant dans les débats pour détourner l’attention du problème du financement et le reporter sur un problème de la qualité ou de l’opportunité de l’investissement. Or, peu importe qu’il soit bien ou non de dépenser de l’argent sur un projet, mais simplement, si on le dépense, il faut le financer, et sur l’exercice budgétaire.  Car face au problème des déficits, il faut refuser de se laisser enfermer dans le discours des conservateurs, qui expliquent qu’il faut donc couper les dépenses (bien entendre « sociales », et non pas de dépenses de types « niche fiscale ») et ne plus remplacer les fonctionnaires (au passage, ils parlent des fonctionnaires d’État, car en tenant compte des fonctionnaires territoriaux dans toutes les baronnies locales, le nombre total de fonctionnaire n’a jamais cessé d’augmenter. Bref, on remplace des profs par des cantonniers, l’avenir s’annonce radieux…).

Car on peut, et on doit, augmenter les recettes. De façon intelligente, prudente, juste et équitable. Mais ne pas diminuer notre protection sociale, dont nous aurons besoins dans les années qui viennent. Il ne faut pas céder aux sirènes des intégristes de la privatisation et de la non-mutualisation – hormis pour les pertes privées en cas de crise, car là c’est bien entendu guichet ouvert et « no limit »…  Car si par exemple on voulait diminuer les impôts, on pourrait supprimer la Sécurité sociale, et tout transférer au privé. Sans même parler de l’accès aux soins, on économiserait bien entendu 1 000 € d’impôts mais, il faudrait simplement payer 1 200 € à des assureurs privés (non qu’ils gèrent mal, mais simplement, il faut payer des commerciaux, du marketing, de la publicité, etc.). On aurait plus de « liberté », mais est-ce bien cela le sens de l’intérêt général et de la simple efficacité économique ?

Notons aussi que le « nous endettons nos enfants » est faux à plusieurs niveaux. D’abord, la durée moyenne de la dette est d’environ 7 ans (Agence France Trésor). Cela veut dire que les 1 800 Md€ devront être remboursés d’ici 7 ans – et donc qu’il faudra emprunter de nouveau 1800 Md€ d’ici là, bien entendu… On voit le danger en cas de remontée des taux, voire de pure défiance des prêteurs… Et tout le monde comprend qu’il s’agit de pure « cavalerie » financière. Cela rappelle ce sketch où Charlotte de Turckheim répond à son banquier qui s’inquiète de son découvert « aucun problème, je vous fais un chèque ! »… Bref, bon courage à celui qui aura le mistigri le mauvais jour…

Mais le plus important dans cette affaire, est que non, nous ne laisserons absolument aucune dette « à nos enfants ». Tout simplement parce qu’aux 1 800 Md€ de dettes correspondent 1 800 Md€ de créances, pour les détenteurs physiques des bons du trésor. On peut même dire qu’au fond, l’État n’a aucune dette ; ce sont bien les contribuables (donc tout le monde) qui doivent de l’argent… aux personnes qui détiennent une épargne importante investie en obligations d’État (Sicav, assurance vie, …). Ainsi, on laissera simplement aux enfants des pauvres, des classes moyennes et même des classes aisées, des dettes à rembourser aux enfants des très riches. On accentuera ainsi les inégalités – puisqu’il est moderne de supprimer l’impôt sur les successions, car même payer des impôts après notre mort est insupportable…

Car au fond, qu’est-ce que l’endettement public ? De l’argent emprunté, qu’on « roule » régulièrement en empruntant de nouveau pour rembourser les premiers préteurs. Tant qu’il y a des prêteurs, finalement, ce n’est pas si grave. Sauf que cette dette entraine des intérêts. Or, qui paye les intérêts ? Le contribuable, donc tout le monde. Et à qui sont payés ces intérêts ? Et bien aux plus fortunés, ayant assez de patrimoine « inutile » pour le placer en obligations d’État, soit peu de monde, quand on se rappelle que le salaire médian en France est autour de 1500 € par mois… Les 50 % des français les plus pauvres ne possèdent que 7 % du patrimoine total, les 10 % les plus riches en possédant presque 50 % (chiffres Insee). C’est dire que 10 % de la population doit posséder environ 80 % des créances sur la dette publique (Aux États-Unis, près de 50 % des actifs financiers sont possédés par 1 % de la population Source). En fait, ceci est un formidable système pour voler les pauvres pour donner aux riches – la version « moderne » de Robin des bois en somme…

Ainsi, avant, les riches payaient des impôts et l’État était en équilibre, aujourd’hui, ils ne les payent plus, l’État est en déficit, et il donc doit emprunter… aux riches cet argent. Il faut sincèrement saluer l’habilité des très riches pour leur lobbying ayant permis de transformer leurs impôts en prêts…

Mesurons bien : la situation budgétaire de l’État était en 2008, avant la crise, sur une tendance d’environ 50 Md€ de déficit avec 230 Md€ de recettes pour 280 Md€,  de dépenses. Il y avait environ 50 Md€ de recettes de l’impôt sur le revenu, et près de 50 Md€ d’intérêts versés aux prêteurs. Oui, sans les intérêts, l’État était à l’équilibre. Oui, l’ensemble de l’impôt sur le revenu a été reversé aux classes les plus riches pour les remercier de n’avoir pas payé d’impôt.

Mais revenons aux comparaisons de l’État et des ménages. Et comprenons bien qu’un État ne fait jamais faillite, ce n’est pas une entreprise, il ne peut être liquidé. Non, un État décide juste un jour de ne pas rembourser ses dettes, point final. Car il peut, et doit, arbitrer entre ses créanciers et ses citoyens – qui l’élisent… C’est cela en réalité la différence la plus importante avec un ménage.

Et bien, pour mon cas, cette dette sur mes épaules, je ne la rembourserai pas. Je ne l’accepte pas. Je la récuse. Je ne passerai pas à ma vie à me serrer la ceinture pour rembourser des dettes des générations passées envers des millionnaires, qui sont justement millionnaires car ils n’ont pas payé ces impôts qui ont manqué et justifient désormais la dette. Elle est inique, et son principe n’a jamais été validé démocratiquement. Car, à 1 800 Md€, l’enjeu dépasse très largement la délégation de pouvoir de la démocratie représentative. Ce sujet n’a d’ailleurs jamais été abordé et expliqué en profondeur par les politiques, unis dans un silence complice, soucieux de leur maintien en place et de la satisfaction des intérêts financiers d’une infime minorité. Un tel engagement ne peut être accepté que par référendum – et encore dans certaines limites, puisqu’il engagerait aussi les générations futures.

Il faut donc appeler à un large effacement des dettes et créances publiques – en définissant un plafond modéré de remboursement par ménage. Bref, un retour à la remise des dettes du Jubilé historique : « 8- Tu compteras sept semaines d’années, sept fois sept ans, c’est-à-dire le temps de sept semaines d’années, quarante neuf ans. […] 10 Vous déclarerez sainte cette cinquantième année et proclamerez l’affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubilé : chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan. […] 14 Si tu vends ou si tu achètes à ton compatriote, que nul ne lèse son frère ! » (Lévitique 25, 10.11)

Ce n’est pas du vol, c’est juste un impôt, égal à la créance détenue sur l’État. C’est même la perception tardive de tous les impôts non acquittés au cours des 30 dernières années.

Un tel jubilé ramènerait en régime normal les comptes publics à l’équilibre. Et justement, oui, il faut inscrire dans la Constitution que, hors période de récession ou de grave crise, les comptes publics doivent être équilibrés. Pour garder d’importantes marges de manœuvre en cas de crise. Simplement car un système « quand tout va bien, on s’endette beaucoup, quand tout va mal, on s’endette énormément » n’est pas durable. L’endettement public sur le marché obligataire doit être interdit ou extrêmement limité. Car le paiement d’intérêts vole les pauvres, et met l’État à la merci de « Lémarché » étrangers, le dépossédant de son pouvoir de décision.

Bien entendu, la dette étant détenue aux deux tiers à l’étranger, ce défaut négocié posera des problèmes, mais comme nous détenons aussi de la dette étrangère, cela finirait par s’équilibrer. Cela nuira énormément aux régimes de retraites par capitalisation étrangers, mais il est inéluctable qu’ils soient transformés en régimes en répartition, seul système pérenne dans un environnement de crise économique majeure, de vieillissement des populations (car ces actions « pour la retraite » vont commencer à être vendues, entrainant des baisses de cours) et de conséquences du pic pétrolier qui se profile à court-terme. La projection de tendances passées à un moment de forte inflexion de l’environnement est dramatiquement erronée

On parlera enfin de prélèvement confiscatoire. Certes. Mais l’est-il plus que de demander à toute une population de se priver de l’essentiel pour que quelques fortunés conservent leur épargne dont, dans le fond, ils ne font rien ? Et puis finalement, ce jubilé ne serait que la juste sanction d’un soutien abusif – qui est bien la situation de personnes prêtant aujourd’hui de l’argent aux États-Unis…

Il est enfin évident que la dette publique ne sera jamais remboursée. D’ailleurs, de plus en plus de personnes parlent d’une solution « inflation » –  qui est bien une spoliation des rentiers via un défaut partiel. Sauf qu’il est probable qu’en 2010, contrairement à 1980, les salaires ne suivront pas, et que cela sera aussi la ruine des salariés, et une vraie dépression à court-terme… Veut-on tenter cette option ?

Espérons donc que des hommes politiques mesurés et courageux réfléchiront et finiront par défendre une mesure de ce type, dérangeante, mais courageuse car de justice sociale. Sinon, ils laisseront un boulevard aux extrémistes… Il en va probablement de l’avenir de notre démocratie.

Olivier Brumaire est l’auteur du livre Une crise de Transition, librement téléchargeable sur www.reformons-le-capitalisme.fr

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257 réflexions sur « Je ne rembourserai pas, par Olivier Brumaire »

  1. Sur le sujet, je vous traduis le titre de cet récent article espagnol: les inspecteurs des impôts dénoncent le « scandaleux traitement de faveur » envers les fortunes espagnoles en Suisse.
    En résumé, les gros fraudeurs sont aimablement invités à régulariser leur situation, sans sanction (ce qui est déjà un privilège). Et enfin, la précédente liste de gros fraudeurs n’a mené à aucune sanction malgré que seuls 20% aient régularisé leur situation. Là, les inspecteurs des impôts, qui sont des hommes, trouvent l’injustice difficile à avaler.

    Et c’est un gouvernement socialiste. Avec Aznar, le cadeau aux riches allait de soi.

    http://www.elmundo.es/mundodinero/2010/06/24/economia/1277383298.html

  2. Intéressant comme démarche, mais comment faire pour « effacer largement les dettes et les créances publiques » ?
    C.a.d concrètement, comment faire pour stopper net tous remboursements (et donc toutes émissions) de bons du trésor dans un état qui dépense actuellement près de 2 fois le montant de ses ressources ?

    Cet état ne devra-t-il pas nécessairement dépenser 2 fois moins à compter de cette prise de décision salutaire en ne comptant que sur ces propres ressources ou alors doubler celles-ci ou bien encore faire un mix des deux décisions précédentes pour équilibrer son budget sans faire appel au crédit sous sa forme actuelle !

    Cela ressemble tout simplement à du bon sens mais nécessite inévitablement une véritable révolution des esprits.

    1. Remarquez qu’à partir du moment où l’état cessera volontairement de rembourser la dette publique (??? je ne connais pas précisément le montant prévu dans le budget 2010 ???) cela lui laissera une marge de manœuvre bien plus confortable pour équilibrer son budget 😉

    2. Faisons donc de l’évasion de la dette comme ils ne se sont pas gênés à faire de l’évasion fiscale !!!

    3. « comment faire pour stopper net tous remboursements (et donc toutes émissions) de bons du trésor dans un état qui dépense actuellement près de 2 fois le montant de ses ressources ? »

      L’Etat ne doit en aucun cas arrêter de s’endetter demain. Vouloir l’équilibre des comptes public demain c’est s’imposer une rigueur similaire à celle de 1929 de sinistre mémoire.

      La dette publique doit être sotie du marché obligataire. Deux solutions possibles :
      – l’Etat emprunte directement à la banque centrale
      – l’Etat contraint par la loi les banques qui veulent être remboursées pour leurs prêts passés de prêter au taux d’escompte de la banque centrale européenne. Les banques qui refusent ne sont pas payées. Elles n’hésiteront pas longtemps.

  3. Deux remarques me viennent après avoir lu cet article avec lequel je n’ai pas de désaccords puisque moi non plus je ne veux pas rembourser cette dette :
    Pourquoi forcer avec cette comparaison avec les ménages : l’État n’est pas un ménage, c’est un demi-dieu. En quelque sorte, l’état c’est une super-structure qui fait du chantage : soit tout le monde se soumet à la raison d’état, ou bien c’est l’anarchie et tout peut vous arriver. Certes, c’est quelque peu réducteur, mais un état a une armée, une police qui sont là pour faire respecter la « raison d’état » et qui s’exprime au travers des lois, de la constitution qui peut lui permettre en cas de danger d’invoquer l’état d’urgence, la loi martiale, donc des choses impossibles pour un ménage (microscopique). Ce n’est qu’un demi-dieu : Un État peut être envahi, rayé de la carte etc. Il est tout-puissant ou il n’est rien, les serviteurs passent mais lui reste (sauf cataclysme).

    Deuxième point : vous parlez du fait que l’on peut payer sa dette en monnaie de singe grâce à l’inflation et vous évoquez l’inflation de la fin des années 70 – début des années 80 qui avait été amortie par un mécanisme qui existait à l’époque et qui était l’indexation des salaires à l’évolution des prix. Ce mécanisme avait été supprimé par J.Delors, je crois pour lutter contre l’inflation et pouvoir renforcer le système monétaire européen. On dit souvent que le gouvernement de l’époque avait choisi le chômage à l’inflation (politique tout de même d’inspiration libérale et monétariste) et que la France avait payé cette décision pendant de nombreuses années en terme de taux de chômage. Ma question est la suivante : j’entends les partis d’extrême-gauche réclamer une hausse du smic à 1500 euros et je me dis que cette décision, seule, à moyen terme, ça ne peut que provoquer une baisse du pouvoir d’achat des ménages. Pourquoi alors, je n’entends aucuns de ces partis proposer la réindexation des salaires (et pas seulement du smic) à l’évolution des prix que l’on pourrait coupler évidemment à une hausse préalable du smic ?

    1. Monsieur Delors, le père de Martine Aubry, préférait le chômage à l’inflation et sa fille n’est pas socialement très claire, elle non plus, sur la réforme des retraites pour lesquelles elle n’envisage pas de récupérer la totalité des financements dont les riches ont été exemptés .

    2. @ phev : c’est vrai qu’après 1973, il y a eu hausse du chômage et inflation élevée (en fait ça a même commencé en 1967 mais de façon plus modérée) mais Delors a considéré que le problème le plus important à résoudre était l’inflation, d’où une politique désinflationniste qui a été poursuivie par ses successeurs. Au début des années 1980, l’inflation était à 15 % et à la fin de la décennie, l’inflation n’était plus que de 2 ou 3 % mais ceci a été accompagné d’un chômage toujours élevé voire en hausse que l’on a progressivement camouflé à l’aide de méthodes comptables plus que discutables.
      C’est ainsi qu’on a contrôlé le prix des biens et services sans contrôler le prix d’actifs financiers comme l’immobilier ou même les actions en bourse, ce qui fait qu’on a connu plein de bulles. A la décharge de Delors, on dira qu’il n’a fait que suivre le mouvement qu’avait initié d’autres pays comme les USA ou la RFA…mais ça a fait beaucoup de mal à des gens qui se sont retrouvés au chômage sans espoir réel de retrouver un emploi, que ce type de politique initié par un gouvernement de gauche à fortement contribuer à la dépolitisation de la société et à la disparition du clivage droite-gauche.
      Mais, on commence à voir que ces politiques ont été totalement néfaste pour la société et il y a une chose qui me ravit : on peut constater que la Bourse est tellement dans un piteux état qu’elle n’arrive plus (ou très difficilement) à créer des bulles alors qu’elles s’étaient succédés durant les trois dernières décennies. Je crois même que les bourses ont plus ou moins abandonné l’idée d’une bulle verte (fondée sur le marché du carbone) et que la bulle des bons du trésor va exploser.

    3. @l’albatros

      La désinflation est surtout lié à l’ouverture des frontières. Delors a mis fin durant les années 70 à la politique de protectionnisme (préférence communautaire) pour aller vers le libre-échange (accord du GATT, ancêtre de l’OMC). C’est de cette époque que date l’essort des pays asiatiques ultra-exportateurs (Japon, Singapour, Taïwan).

      Le chomage est aussi une conséquence de cette ouverture des frontières (lire Maurice Allais à ce propos).

  4. Billet démontrant l’évidence, personne ne remboursera la dette des états européens, ni des USA d’ailleurs:
    A l’impossible nul n’est tenu (principe de droit irréfutable)
    Auprès de qui peuvent-ils se plaindre les créanciers des états, aux mêmes états non…..
    Dans les débats financiers et économiques on a tendance à oublier l’évidence : l’ensemble du système repose sur des bases triviales, la force brute : polices et armées, aux services des états.

    1. Effectivement l’Etat, avec sa police, justice et le reste, est là pour s’assurer que les gueux travaillent le plus possible pour entretenir l’oligarchie, par le profit direct distribué aux actionnaires ou par les intérêts perçus sur la dette des Etats.
      Nous sommes en 1788, écrivait Paul avec raison…

    2. 1789 a eu lieu et on n’est plus en 1788. Chacun a eu sa chance, y compris la gauche. Y compris, le communisme ! Ce qui est vrai, c’est que, malgré que 1789 a eu lieu, d’autres opportunistes, pour « le bien de la Nation », ont repris le flambeau du parasitisme ! La nomenklatura a changé de dénomination, mais les procédés se ressemblent.

    3. D’ailleurs, avant 1789, on pouvait récuser les banquiers. Maintenant, par contre, ils sont au pouvoir, légitimement. Donc, la « révolution bourgeoise » est bien passée par là ! Pourquoi personne ne relève-t-il cette évidence ?

  5. @Olivier,

    Ils sont un peu rugeux, nos amis. Moi, j’aime bien votre manière de présenter les choses, ce n’est pas une grande nouveauté sur le blog, mais c’est compréhensible, bien écrit et cela me semble juste, mais concrètement vous voyez ça comment?
    Pensez vous qu’un pays seul puisse décider ça et que le représentant politique qui le proposerait serait élu?
    sinon ???

    Cordialement,

    1. Merci 🙂

      En fait, ceci revient à se poser une question, relativement simple :

      Que se passe-t-il en démocratie quand 90 % de la population doit au final beaucoup d’argent aux 10 % les plus riches – et devrait beaucoup souffrir pour rembourser – ?

      Je n’ai pas la réponse.

      Mais rassurez-vous, nous l’aurons très bientôt…

    2. Regardez donc cette pauvre Liliane qui ne savait même pas qu’elle avait quelques millions en Suisse tellement l’argent lui manque pour vivre.
      Ils ne savent quoi en faire mais pour autant partager ils ne savent pas bien au contraire, toujours moins pour en bas toujours plus pour en haut.
      Payer 50% d’impôts quand on gagne des millions ce n’est tout de même pas la même chose que payer 14% quand on gagne quelques dizaine de mille…Cherchez qui paye le plus.

    3. je suis bien d’accord liervol

      c’est tout de même très surprenant – et on parle peu de ce point, pourtant le plus important sociologiquement.

      En 2010, elle est selon Forbes, la troisième femme la plus riche du monde avec une fortune personnelle évaluée à 20 milliards de dollars. Elle prend ainsi la 17e place du classement des fortunes mondiales.

      Comment avec une fortune pareille peut il venir à l’esprit de frauder le fisc ???

      EN PLUS, elle est juste en procès avec sa fille, et ne sait tellement pas quoi faire de son argent qu’elle a donné UN MILLIARD à son ami.

      C’est quand même très très étonnant. Cela a un vrai gout de 1788, non ?

  6. J’ai entendu ce matin qu’un pays de l’Amérique Latine avait renégocié sa dette en la diminuant de 50 % …

    Quelqu’un est au courant ?

    Sinon , avant la dette, la BDF émettait de la monnaie, du franc , ce qui s’appelle de l’inflation , et beaucoup y trouvaient leur compte ,pour acheter un logement, pour exporter, les entreprises tournaient et le taux de chômage était bas…

    1. L’Argentine (le % je ne sais plus), mais l’histoire moderne est pleine de dizaines de défaillances des Etats, sous forme de moratoire, restructuration ou répudiation. Le dernier bouquin de Attali y fait référence.

      Les répudiations de la Grande Crise (Paul) entreront par contre dans l’histoire comme les premières mondialisées et parallèles au dépassement de la dictature du capital.

      En sens inverse, bp de pays ont été saignés pendant des décennies par le remboursement de la dette. La situation d’Haiti est en partie la conséquence de près d’un siècle de remboursement de la dette imposée par la marine de guerre française au XIXème siècle en échange de la reconnaissance de son indépendance.

    2. Il y a eu beaucoup de délocalisations depuis cette époque et aussi beaucoup d’autres changements dans le monde. Le pays n’est plus du tout dans la même situation par rapport au reste du monde.

  7. Les Actifs de la nation ont forcément baissés vu les privatisations d’edf,gdf etc….

    C’est une erreur de croire que la France ne pourrait rien vendre de son patrimoine , car il y a du monde pour acheter les biens et les services .Pour rappel , l’enseignement est un service privatisable, l’armée est un service privatisable etc…

    Si les super riches de nationalité française ne veulent pas comprendre que la distribution des richesses doit être bien mieux réparties qu’actuellement , ce qui devra arriver arrivera.
    Nationalisations, troubles sociaux , déflations ,spirales de violences , dictature ou fronde, répudiation de la dette , au choix.

    PS :Tandis qu’Attali vient de publier un bouquin  » tous ruinés dans dix ans? « , un autre, pas moins célèbre , affirme : « pourquoi il faut partager les revenus, le seul antidote à l’appauvrissement collectif » Artus , aux éditions la Découverte.

  8. Bonsoir à tous,

    Nicks a raison (voir plus haut), il suffirait de rétablir ce qui n’aurait jamais dû être supprimé : les banques centrales sont là pour financer les Etats et non pour enrichir les banques privées sur le dos des Etats ; nous ne sortirons jamais de cette simple vérité.

    Par ailleurs, dire « je ne paierai pas » est très joli, mais concrètement, comment vous y prendrez vous pour ne pas payer alors que vous aurez contre vous toute la légitimité de la puissance publique et des « lois » ?

    1. @ Olivier Brumaire,

      Mouais, c’est souhaitable, mais ce pouvoir reste à inventer, et, j’en ai peur, en dehors de tout parti politique.

    1. Moi, car les financiers n’ont plus prise sur moi, sur nous : recherche d’une vie de plus en plus en autarcie, pas de crédits, compte en banque vidé immédiatement à chaque versement, même minime qu’il reçoit . Pas d’épargne mais des achats d’équipements pour produire notre propre nourriture communautaire sur un potager-verger-poulailler collectif .

  9. S’il vous reste un peu d’honneur….suicidez-vous, si vous ne voulez pas rembourser votre dette.
    Du temps de ma prime jeunesse, c’est ce que faisaient les faillis !
    Vous êtes un défaitiste de la trempe de ceux qui en 36/40 se disaient pacifistes et poussaient au sabotage des armements français.
    Vous êtes tout le contraire d’un homme d’honneur !
    Vous n’aurez même pas le courage de quitter notre pays parce que vous êtes vraisemblablement le premier des rats à vivre sur le blé public.
    La dette mondiale est en train de changer de mains pour devenir indirectement une créance des chinois. La honteuse guerre de l’opium va se retourner contre les occidentaux qui sont déjà à la merci de la Chine.
    Allez donc dire aux chinois que vous ne leur payerez pas leur créance….Bienvenue au Goulag Mandchou c’est ce qui vous attend !

    1. Il faut payer la dette !
      Surtout celle d’un état dont les citoyens sont tous en parfait état mental et sans addiction.
      Cela s’appelle être honnête, être respectable être responsable.
      « Tu payeras tes dettes tôt ou tard mon fils » devrait être enseigné dès la maternelle surtout aux futurs politicards, surtout bolchevics.
      Mais cela ne veut pas dire payer n’importe comment avec n’importe quoi.
      Les papous payent avec des coquillages.
      Dans les iles Salomon, on paye avec des dents de requin
      On peut payer une partie de ses impôts avec des oeuvres d’art dans les pays « dits civilisés ».
      Moi je veux bien payer ma dette en vendant quelques bijoux affreux hérités mais au prix de 500.000 euros le kg.
      Et si le préteur n’est pas d’accord……comme je suis l’Etat
      Je lui propose un séjour à la Bastille sur simple lettre de cachet .
      Je suis prêt à parier que le premier état qui fera cela sera vite suivi pas les autres si il dispose d’arguments militaires non pas « sonnant et trébuchant » mais « frappant ».

    2. Si tous ceux qui sont endettés se donnent la mort cela signifie que les pauvres disparaissent.
      C’est triste : tous les riches vont rester seuls entre eux.

    3. Cher Albin

      merci pour votre conseil – je vais néanmoins différer un peu son application…

      Je vous répondrai franchement. Il me semble que vous subissez le matraquage médiatique actuel, qui vous fait adhérer à de fausses analogies.

      Quand je dis « je ne rembourserai pas », je veux dire « je voterai pour un gouvernement qui ne remboursera pas ».

      Et ceci n’est pas un manque d’honneur. Vous avez le droit de voir le fait de ne pas rembourser 1000 € à un créancier de l’État, vous me permettrez d’y voir simplement une levée de 1000€ d’impôt qui sert à lui rembourser ses 1000 €…

      Maintenant, si vous êtes si légaliste, je me permets de vous rappeler que vous avez tout à fait le droit de vendre votre maison, votre voiture ou n’importe lequel de vos bien, et d’en faire un don à l’État pour qu’il puisse rembourser Mme Bétencourt.

      Moi, je trouve que le manque d’honneur c’est d’aller dans une usine expliquer qu’on aime les ouvriers, et de filer diner au Fouquet’s.

      Moi, je trouve que le manque d’honneur, c’est de garder un ministre qui claque 10 000 € de cigares sur le dos du contribuable – au moment où on ne remplace pas des profs

      Moi, je trouve que le manque d’honneur, c’est de plaider pour son bon droit à voler en Business Class pour 40 000 € pour aller voir un match en Afrique du Sud…

      Moi, je trouve que le manque d’honneur, c’est d’être ministre du budget, et en même temps trésorier du parti majoritaire, et pire, directeur du club des plus gros donateurs du pouvoir politique

      Moi, je trouve que le manque d’honneur, c’est de mettre un vent à des ONG pour courir recevoir un footballeur – au moment où 2 M€ de personnes défilent.

      Etc… Purée, ça va en faire des suicides…

    4. Il faut garder son calme : en 1945, la dette publique de la France représentait grosso modo 250% du PIB…trente année plus tard, ce n’était plus que 20%…la France a profité d’une forte croissance mais également de l’inflation…donc rembourser sa dette en monnaie de singe ce n’est pas un drame en soi…de même la France a fait défaut sur sa dette pendant la révolution française, je ne sais plus pour quelle raison…personne ne va se suicider. Répudier sa dette pour un état, c’est également affirmer une rupture avec les prédécesseurs et ne pas assumer au nom du peuple des décisions passées dont on avait caché les conséquences et les manipulations. C’est pour cela que la Grèce doit à mon avis faire défaut et mettre en prison ses anciens dirigeants qui ont tout simplement triché avec le peuple grec.

    5. L’honneur justement parlons en : en haut il n’y en a nulle trace.
      Et vous voudriez qu’on se saigne pour ces gens là ?

    6. Brumaire@
      votre conception de l’honneur n’est pas conforme à ce qui était en usage ni dans la noblesse, ni dans la pègre ni dans la bourgeoisie ancienne. Et qui perdure chez certains.
      Vous avez c’est certain une notion « politicienne » de l’honneur.
      Avec votre honneur on rasera gratis tous les jours !

    7. @olivier brumaire,
      Pour Albin, soit c’est de l’humour au 3° degré, et dans ce cas, chapeau l’artiste, soit ce monsieur doit être très malheureux ou au minimum aigri.

  10. Toutes mes félicitations pour ce billet qui résume fort bien la problématique de la dette selon le point de vue des contribuables.

    A propos du jubilé : il ne constitue pas un argument pour ne pas payer, car, pour être juste envers les créanciers, il faudrait qu’il ait été instauré de longue date. Imaginons maintenant que ce soit le cas : quels seraient ses effets, à l’approche de la date fatidique, sur les créanciers et les débiteurs ? Les premiers seraient sûrement moins tentés de prêter, et les seconds moins enclins à rembourser…

  11. personnellement je pense que je ne suis pas plus stupide que n’importe quel financier (tout en n’ayant pas de capitaux) alors je prends exemple et je fais comme eux, j’exploite les failles du système: je m’endette au maximum envisageable, et puis j’arrête de travailler, je me met en invalidité, je ne paye plus d’impôts et je mets les pieds en éventail (bon, j’ai une situation particulière)

    Quitte à jouer la populiste, mais des fois il vaut mieux rester terre-à-terre, simplifier et se faire comprendre (constat dans mon entourage):

    ce qui me mets hors de moi, c’est la propagande de régime, qui joue les slogans d’apparent bon sens, qui marchent si bien: cette manière de nous expliquer qu’on ne peut pas vivre au dessus de ses moyens, qu’il faut travailler plus longtemps car nous vivons longtemps, que le sur-endettement n’est pas bon ni pour l’état ni pour les ménages:
    1) les ménages sur-endettés n’ont que très rarement vécu au dessus de leurs moyens, le fait est qu’ils n’avaient PAS de moyens; 2) j’aurais bien voulus travailler plus longtemps, dommage que j’ai eu 18 ans de chômage (bac + 5), et bien avant les 60 ans; 3) l’endettement de l’état n’était pas un problème à l’automne 2008 quand il fallait sauver les banques, je ne vois pas pourquoi il le serait aujourd’hui.

    Bien sur les recettes keynésiennes ne sont pas bonnes surtout quand elles ne servent pas à redistribuer la richesse aux plus riches, et dès qu’on a justement redistribué, eh bien, alors il faut combler les déficits, payer les dettes…

    bon, ce sera sans moi!

  12. Euh rembourser, nous l’avons déjà fait. Et plusieurs fois !!!

    C’est ce qu’explique très bien Olivier « D’abord, la durée moyenne de la dette est d’environ 7 ans (Agence France Trésor). Cela veut dire que les 1 800 Md€ devront être remboursés d’ici 7 ans – et donc qu’il faudra emprunter de nouveau 1800 Md€ d’ici là, bien entendu… »

    Donc, ça n’a pas vraiment de sens de formuler le problème de cette façon « je ne paireai pas ! ». On comprend l’idée mais ce n’est pas ça la question. Qui et plutôt: comment fait-on pour briser ce cercle infernal et sans en subir les conséquences (cela va de soi !).

    Or olivier y répond de cette façon « il faiut interdire les déficits ».
    Ce à quoi personnellement, je dis NON ! Dans l’état actuel des choses (mondialisation et rapport de force travail/capital), ce serait catastrophique. Mauvaise réponse, donc !

    1. Bien entendu, le fait d’avoir joué la cigale pendant 30 ans nous met en difficulté quand la bise est là…

      Et il est bien entendu obligatoire de faire du déficit en récession !!!

      Bien entendu – mais je n’allais pas faire 40 pages de texte -, il est évident que la gestion saine des finances publiques ne peut que s’accompagner de la fin de la mondialisation (passage à une régionalisation » de libre échange entre économies de niveau comparable), et d’un rééquilibrage du pouvoir actionnaires/salariés…

      A l’occasion, j’écrirai peut être une suite : « Je ne serai pas compétitif » 🙂

    2. Olivier Brumaire,

      Excusez moi, mais je n’ai pas cette impression d’avoir été une cigale ni que le peuple français l’ait été collectivement. Sinon les 10% de brebis galeuses dont vous parlez.

      Ne participez pas s’il vous plait à cette mode détestable consistant à insulter les français pour mieux les culpabiliser d’être légèrement plus rebelles que certaines fourmis.

      Car il s’agit bien d’une insulte, il faut être clair. Et je n’ai pas d’affection particulière ni de respect évident pour les « fourmis ». Ni pour les moutons toujours prompts à aller à l’abattoir. Je ne crois pas que les fourmis soient très libres ! Ca doit être mon côté libéral.

  13. @l’auteur

    Je suis heureux de vous lire souligner que le remboursement de la dette publique pèsera sur tous les enfants d’un état endetté, mais au profit de très peu d’autres enfants, dans cet état et dans d’autres, ceux qui auront hérité des titres de dette des états.

    En définitive, en naissant, certains devront donc quelque chose à d’autres, ce qui constitue un puissant moyen de perpétuer et d’aggraver les inégalités sociales.

    C’est même, selon moi, contraire à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui proclame qu’il ne saurait y avoir de sujétion d’un être humain à un autre du seul fait de la naissance…

    Peut-être un angle d’attaque politique pour donner une assise morale solide au moratoire de la dette publique, qu’en pensez-vous?

    1. Merci !

      J’ai tendance à penser que c’est l’origine profonde de l’idée de jubilé dans l’Ancien Testament.

      Je suis très étonné de cette sagesse multi-millénaire, dont l’abandon nous aura conduit à la ruine.

      Idem pour l’idée d’interdiction de l’usure (= toucher des intérêts en prêtant de l’argent, contraire au principe « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » Génèse (3,19))

    2. Ne pensez-vous pas qu’il y a des usuriers parmi les enfants de ceux qui nous ont vendu la Déclaration des droits de l’homme ? Avant cette déclaration, le pouvoir était basé sur la naissance (la noblesse ou la fonction sacerdotale, le clergé). Après, il fut autorisé à chacun de s’enrichir quitte à finir par arriver à racheter le liberté de ceux qui s’étaient battus pour elle. Liberté, égalité ? Liberté de supprimer l’égalité ! Voilà ma lecture, à moi.
      Un jeu de dupes, plutôt, non ?
      Tant qu’on est à remettre les choses à leur place, je trouve qu’on peut aussi rappeler l’évidence de la manipulation !

  14. Les dettes doivent toujours être payées par quelqu’un, mais il arrive que ce soit les prêteurs qui doivent payer!

    La dette aussi est un rapport de force.

  15. Le capitalisme est un cancer, la tumeur gonfle, s’étend, se généralise à toute la planète.
    On arrive à guérir de certains cancers…tout est une question de diagnostique mais de remède aussi.
    Il faut que tout le monde arrête de travailler , de se regarder le nombil, de pleurer, d’oublier…un jour, et se retrouver dans la rue, sous aucune banière, ni drapeau, avec comme seul mot d’ordre peut-être : NON.
    L’argent est le sang de l’économie…j’suis pas docteur mais je pense que c’est une leucémie.
    On ne peut plus se défendre !
    Alors le reméde c’est bien de reprendre de la vigueur et de se défendre !

    1. Se défendre est très simple… Il ne faut surtout pas arrêter de travailler c’est la dernière chose à faire… Au contraire il faut chacun à son niveau travailler beaucoup plus MAIS tout simplement arrêter de consommer [PLUS RIEN TERMINE GAME OVER]… Si la consommation baisse ne serait ce que de 10% sur trois mois vous allez voir les politiques s’agiter comme jamais… ils vont nous trouver tout de suite des solutions… Les grèves syndicales sont de vastes guignolades dans un monde malade de ses excédents de la capacité de production…

    2. Cessez de compter sur les autres ! Créez votre entreprise ! C’est cela qui manque ?
      Un peuple, qui a pour seul projet de tout attendre des autorités sinon il restera assis dans la rue, est un peuple ridicule ! C’est cela que les Allemands veulent vous dire. La gauche vous a donné une fausse bonne idée : la grève ! Ridicule solution quand plus personne ne crée d’emplois. De l’enfantillage.

    3. entièrement d’accord avec vous !

      Entreprenez même si vous pensez que vous n’avez rien. Faites un inventaire de vos « actifs » : si vous n’avez pas d’argent, vous avez sûrement du temps, des talents et des connaissances à partager –> direction le SEL (échange de services) par ex. Vous avez un bout de terrain à disposition ? Cultivez et n’achetez plus/achetez moins/échangez contre ce dont vous avez besoin.

      Ne travaillez pas moins, au contraire !! Travaillez plus ! Mais pas pour de l’argent.
      Vous aurez de surcroît le plaisir de retrouver le sentiment de créer, d’être nécessaire (pas « utile », c’est juste bon pour les outils ça…) et d’exister aux yeux des autres.

    4. L’argent est peut-etre le sang de d’économie, alors votre propre sang appartient à une banque…
      Vous payez des interets sur votre sang, meme si c’est vos cellules qui le fabriquent…Vous avez hypothéqué votre sang pour payer maison, bagnoles et iphone…
      Plaignez vous?
      Les banques pretendent fabriquer ce sang: Mensonge, c’est le travailleur qui fabrique de ses mains et de ses neurones les richesses…Il n’y a pas dans le finance aucun nerf vital de l’économie, il s’agit d’une prédation qui désormais domine la production. Le prédateur n’a qu’une seule loi: La prédation. Quand il aura tout mangé, il mourra de faim, tel est sont destin stupide, car de créateur de richesse il n’est point.

  16. Étonnant qu’aucune réaction n’évoque les avatars de l’emprunt russe !
    C’est pas de la fiction !

    1. Alors les libéraux détestent l’état autant que les révolutionnaires?
      Tout pour s’entendre un jour sur les barricades.

  17. Facilement vérifiable sur les tableaux de l’INSEE
    Entre 1974 et 2009, nous avons payé 1300 milliards d’euros d’intérêts
    Dans la même période, le cumul des soldes primaires (sans intérêts) des budgets des administrations publiques n’a été déficitaire que de 220 milliards d’euros (et encore, 100 sont imputables à la seule année 2009).
    Alors, vous maintenez toujours que ce sont les dépenses inconsidérées de l’Etat qui sont responsables de « la dette » ????
    Ne serai ce pas plutôt ce système (mis en place par certains politiques) qui impose à l’Etat de se financer auprès des marchés au lieu de pouvoir monétiser ses (nos) besoins de trésorerie dont d’ailleurs une grande partie corresponds à de l’investissement ?

    1. Eh oui il y des responsables des dérives actuelles démocratiquement élus depuis 50 ans.
      Pas moyen de les « punir » autrement que par les urnes ..et surtout de signaler à leurs successeurs actuels qu’une fois élus ils feraient mieux de se comporter en gestionnaires plutôt qu’en guignols de la finance.
      Notez tout de nême que certains politiques et autres conseillers économiques, sont en train de manger le bord de leur chapeau, c’est qu’ils doivent entendre des bruits de foule sous les fenêtres ministérielles.

    2. « Alors, vous maintenez toujours que ce sont les dépenses inconsidérées de l’Etat qui sont responsables de « la dette » ???? »

      Bonjour Louis, désolé, je n’avais pas compris que vous vous adressiez à moi.

      Je n’ai pas réagi, car j’était tout à fait d’accord avec vous.

      Les dépenses de l’État ne sont pas inconsidérées, je ne dis même pas qu’il faut les réduire – juste les financer via l’impôt.

      Et comme certaines personnes ont assez d’argent inutile pour le prêter à l’État, elle sont donc assez d’argent inutile pour payer des impôts… 🙂

      Qu’on arrête ces foutaises sur l’impôt destructeur de pouvoir d’achat, je parle ici d’impôt destructeur de pouvoir d’épargne en l’espèce…

  18. Pour comprendre tout l’intérét de cette contribution, il ne me paraît pas inutile d’avoir lu le dernier opus du sieur Attali (Dans dix ans nous serons tous ruinés)

    Comme je n’ai aucune vocation à l’enseignement, je n’en dirai pas plus sur le livre.

    Par contre, et aux risques de déplaire à beaucoup, je crois qu’il serait enrichissant (au sens philosophique et non au sens économique) de passer moins de temps à surfer sur internet et plus de temps à lire des livres.

    1. Lire c’est vivre.
      OK mais à la vitesse de l’histoire actuellement les délais d’édition rendent les livres d’économie obsolètes à leur parution.
      Ink to us.

    2. Bien d’accord avec vous. Un autre auteur très pertinent, pas médiatique du tout, Maurice Allais. Il avait prévu la crise, contrairement à Attali.

  19. De toute façon, nous sommes coincés et il faudra bien descendre un jour de notre piédestal (que vaut encore notre AAA ?). Comment sortir de cette situation inextricable ? S’il n’y avait que le problème de la dette publique, nous pourrions rester optimistes. Mais c’est loin d’être le cas !
    Comment augmenter les impôts, les taxes et les prélèvements sociaux quand la croissance fait cruellement défaut ?
    Comment ponctionner un peu plus sur le PIB sans risquer une baisse de la demande intérieure, voire un surrendettement supplémentaire des ménages ?
    Dans ce contexte, comment relancer la croissance à court terme ? Pour sauver ce qui peut l’être encore, nos PME délocalisent ce qu’elles peuvent pour réduire leurs frais généraux… Allez leur parler d’une hausse des impôts et des charges patronales !
    Comment lancer un plan d’investissement destiné à relancer la recherche, l’innovation, le secteur technologique… sans augmenter encore un peu plus l’endettement public ?
    Et qu’adviendra-t-il lorsque les taux d’intérêts repartiront à la hausse ?
    Les signes donnés actuellement par le gouvernement en terme de soi-disant « exemplarité » n’augurent rien de bon pour la rentrée. Nous rentrons dans une période de vaches maigres où « débrouillardise, frugalité et partage » (pour reprendre ce que j’ai lu sur ce blog) seront les valeurs d’un nouveau paradigme.
    Ou alors, le salut viendra de l’extérieur :
    – par la constitution d’une Europe « complète » (politique, sociale et économique)
    – par la croissance des BRIC (par exemple)
    Mais je crains que ce soit insuffisant.
    De toute manière, j’en viens à espérer que l’aggravement de la crise nous pousse à réformer globalement la manière dont l’être humain exploite notre planète. La course folle au profit doit s’arrêter.

  20. M Brumaire a raison mais il ne va pas au fond des choses. En effet, le responsable ultime de cet endettement massif est une mondialisation totalement folle qui a généré (et qui génère encore) des délocalisations d’industries vers les pays à bas salaires, sous l’impulsion des méga-actionnaires qui cherchent la meilleure rentabilité possible pour leur capital. La paupérisation rampante des pays occidentaux et l’endettement qui l’accompagne vient de là et uniquement de là. Dès lors, la solution est évidente et se résume en un mot : protectionnisme.
    En attendant, il y a la dette à rembourser mais comme celle-ci découle d’une processus aussi absurde qu’injuste, il serait souhaitable effectivement de ne pas la rembourser.

    1. Mais comment ne pas rembourser la dette ? La retraite qui s’éloigne, la protection sociale qui s’amenuise, les services publics qui disparaissent, mais c’est ainsi que nous la payons la dette !

    2. En effet, les délocalisations sont à l’origine du désordre actuel car en occident les industries traditionnelles ont été délaissées au profit de l’industrie financière, jugée plus lucrative, avec les résultats que l’on sait. Si on avait continué à miser sur les industries traditionnelles, la crise ne serait pas arrivée. C’est pas un hasard si le pays européen qui s’en sort le mieux aujourd’hui (l’Allemagne) a su garder sur son sol une grande partie de son industrie.

    3. @Planchon : les délocalisations font partie des causes, mais de celles que l’on croise chemin faisant. Elles ne sont pas, et de loin, les causes premières ni principales. Elles n’ont été rendu possibles que par la financiarisation de l’économie qui a sapé les fondements de toute politique industrielle. Autrefois, l’enjeu politique était d’avoir une industrie de pointe, à la hauteur de celle des nations concurrentes. Avec la libre circulation des capitaux, l’enjeu a été d’attirer et de retenir ceux-ci, indépendamment de tout objectif industriel. Cela signifie que les politiques ont encouragé le fait que produire ici ou ailleurs était indifférent.

      Du reste, il est très faux de dire que « l’Allemagne a su garder sur son sol une grande partie de son industrie » : la vérité est que ses capitalistes n’ont pas pu tout délocaliser, probablement faute de trouver ailleurs la main d’œuvre adéquate. Je vous rappelle que la liberté capitaliste règne en maître en Allemagne, plus encore qu’en France, de sorte qu’aucun politique ne saurait y retenir l’industrie sur son sol.

  21. Article intéressant, et le livre au complet est très sympathique, même s’il manque d’analyses personnelles.

    Si j’ai bien compris la théorie des cycles que vous reprennez dans votre livre, on doit finalement laisser arriver le clash le plus rapidement possible, pour que les nouvelles idées puissent en sortir aussi le plus rapidement possible. Donc, arrétons de vouloir éviter la crise, laissons la faire son oeuvre de destruction créatrice.

    Sinon, petite réflexion au passage:
    Les « marchés » disent qu’ils ont peur des plans de rigueur, car cela va tuer la croissance qui revient.
    Les « marchés » disent que les états ne peuvent plus s’endetter plus.
    Les marchés ne veulent pas que les impots augmentent sur les classes moyennes car cela tuerait la consommation.
    Donc la seule solution qui reste, c’est d’augmenter les impôts sur « l’argent inutile » (celui qui ne sert pas à la consommation mais à la spéculation) et même néfaste (création de bulles en série). La seule solution est donc bien un taxe sur les transactions financières à court terme (plutot que de l’interdire comme le préconise paul, laissons les continuer à jouer au casino, puisque ça les amuse, mais reprennons à notre compte les bénéfices du casino).

    1. Merci

      Je pense que nous n’avons désormais plus le choix, le pouvoir politique a failli depuis deux ans.

      Destruction il y aura – mais je ne l’appelais nullement de mes voeux…

      Bien entendu sortira quelque chose, mais malheureusement rien n’assure que cela sera pour le mieux… Ce sera entre nos mains – enfin, normalement…

    2. @ Olivier Brumaire,

      « Je pense que nous n’avons désormais plus le choix, le pouvoir politique a failli depuis deux ans. »

      J’ai bien peur que vous ne soyez de quelque chose comme 40 ans en dessous de la réalité :-).

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