Je ne rembourserai pas, par Olivier Brumaire

Billet invité

Je ne rembourserai pas – ou « Les pauvres paieront-ils pour les (très) riches » ?

La dette publique française file désormais allègrement vers les 1 800 Md€, soit la bagatelle de 60 000 € par foyer.

En 2010, la situation budgétaire de l’État est dramatique : Ressources nettes 175 Md€, Dépenses nettes 325 Md€, Déficit 150 Md€ (« www.performance-publique.gouv.fr » – le gouvernement a conservé son humour…). Le plafond de Maastricht de 3 % du PIB est enfoncé avec près de 8 % du PIB. Nous dépensons ainsi cette année 190 % des recettes (contre encore 120 % avant la crise)… Et du coup, la dette représente près de 10 ans de recettes fiscales actuelles…

Heureusement les politiques nous l’ont promis : il est hors de question qu’ils gèrent les finances publiques avec « rigueur » – pour ceux qui auraient encore un doute. Voilà enfin une promesse dont nous pouvons être assurés qu’elle sera tenue… Vivons donc au dessus de nos moyens, ou plutôt, enrichissons les riches, et après, que diable, advienne que pourra. Et bien justement, ça advient…

Car enfin, n’est-il pas formidable qu’une situation financière que n’importe quel ménage trouverait insensée et intenable pour son cas personnel, devienne une pratique acceptée voire théorisée quand elle est appliquée au niveau de l’État – qui n’est qu’un ensemble de ménages… Mais pour justifier ce qui heurte le bons sens, les discours abondent…

On entend d’abord que l’État, tels les diamants, est éternel, mais ce n’est pas en soi de nature à changer fondamentalement le problème…

Ensuite, on nous explique que l’État peut lever tous les impôts qu’il souhaite (merci pour les contribuables, d’ailleurs). C’est une justification plus robuste, sauf qu’elle n’est que théorique. Si l’État n’arrive pas aujourd’hui à vivre de ses impôts, comment pourrait-il non seulement y arriver demain avec des charges d’intérêts plus élevées, mais, en plus, disposer de ressources pour se désendetter ? Nous verrons qu’il y a d’ailleurs une autre différence avec un ménage, qui elle, n’est étrangement jamais évoquée.

Les adorateurs de la dette publique nous expliquent alors que face à l’endettement public (un passif), il faudrait tenir compte de l’actif public. Si on regarde simplement l’État central, la Cour des comptes dans sa certification des comptes de l’État estimait au 31/12/2008 son actif à environ 650 Md€ et son passif à 1 350 Md€. Situation nette de -700 Md€, avec un « résultat » en 2008 de -75 Md€. Tout va bien. Et encore, une « chance », c’était avant la Crise… Quoiqu’il en soit (et même en prenant l’actif des collectivités locales), la situation nette est négative, mais surtout cet argument de l’actif ne tient guère, s’imagine-t-on vendre un jour (et à qui ?) le château de Versailles, l’Hôpital Pompidou, les Ministères, la Nationale 7, le porte-avion Charles de Gaulle pour rembourser la dette… ? On se moque du monde.

On parle aussi souvent de « l’intérêt » d’emprunter, de faire du déficit pour de « bons investissements » amortissables sur des durées très longues – construire un hôpital par exemple. Qu’il y aurait alors un « bon déficit » pour des investissements, et un mauvais pour des dépenses de fonctionnement. Cela tient peu. D’abord, c’est la nature de l’État d’investir, et d’investir tous les ans. Car l’État construit tous les ans ses hôpitaux ! Un ménage peut s’endetter pour acheter une maison, mais s’il veut investir et acheter une maison de plus tous les ans, il faut bien que ses revenus annuels soient égaux au prix d’une maison, sinon, c’est du Maddoff… Ensuite la distinction est presque impossible. Car bétonner pour construire un aéroport de plus peu utile serait formidable, mais payer un salaire de chercheur ou d’enseignant serait un gaspillage ? On marche sur la tête. On remarquera d’ailleurs que ces contempteurs de la dépense ne s’appliquent jamais à eux-mêmes leur raisonnement, car dans ce cas ils seraient en situation de n’avoir strictement aucune épargne, et que des dettes…. On observera que c’est rarement le cas !

Mais cet argument est très puissant dans les débats pour détourner l’attention du problème du financement et le reporter sur un problème de la qualité ou de l’opportunité de l’investissement. Or, peu importe qu’il soit bien ou non de dépenser de l’argent sur un projet, mais simplement, si on le dépense, il faut le financer, et sur l’exercice budgétaire.  Car face au problème des déficits, il faut refuser de se laisser enfermer dans le discours des conservateurs, qui expliquent qu’il faut donc couper les dépenses (bien entendre « sociales », et non pas de dépenses de types « niche fiscale ») et ne plus remplacer les fonctionnaires (au passage, ils parlent des fonctionnaires d’État, car en tenant compte des fonctionnaires territoriaux dans toutes les baronnies locales, le nombre total de fonctionnaire n’a jamais cessé d’augmenter. Bref, on remplace des profs par des cantonniers, l’avenir s’annonce radieux…).

Car on peut, et on doit, augmenter les recettes. De façon intelligente, prudente, juste et équitable. Mais ne pas diminuer notre protection sociale, dont nous aurons besoins dans les années qui viennent. Il ne faut pas céder aux sirènes des intégristes de la privatisation et de la non-mutualisation – hormis pour les pertes privées en cas de crise, car là c’est bien entendu guichet ouvert et « no limit »…  Car si par exemple on voulait diminuer les impôts, on pourrait supprimer la Sécurité sociale, et tout transférer au privé. Sans même parler de l’accès aux soins, on économiserait bien entendu 1 000 € d’impôts mais, il faudrait simplement payer 1 200 € à des assureurs privés (non qu’ils gèrent mal, mais simplement, il faut payer des commerciaux, du marketing, de la publicité, etc.). On aurait plus de « liberté », mais est-ce bien cela le sens de l’intérêt général et de la simple efficacité économique ?

Notons aussi que le « nous endettons nos enfants » est faux à plusieurs niveaux. D’abord, la durée moyenne de la dette est d’environ 7 ans (Agence France Trésor). Cela veut dire que les 1 800 Md€ devront être remboursés d’ici 7 ans – et donc qu’il faudra emprunter de nouveau 1800 Md€ d’ici là, bien entendu… On voit le danger en cas de remontée des taux, voire de pure défiance des prêteurs… Et tout le monde comprend qu’il s’agit de pure « cavalerie » financière. Cela rappelle ce sketch où Charlotte de Turckheim répond à son banquier qui s’inquiète de son découvert « aucun problème, je vous fais un chèque ! »… Bref, bon courage à celui qui aura le mistigri le mauvais jour…

Mais le plus important dans cette affaire, est que non, nous ne laisserons absolument aucune dette « à nos enfants ». Tout simplement parce qu’aux 1 800 Md€ de dettes correspondent 1 800 Md€ de créances, pour les détenteurs physiques des bons du trésor. On peut même dire qu’au fond, l’État n’a aucune dette ; ce sont bien les contribuables (donc tout le monde) qui doivent de l’argent… aux personnes qui détiennent une épargne importante investie en obligations d’État (Sicav, assurance vie, …). Ainsi, on laissera simplement aux enfants des pauvres, des classes moyennes et même des classes aisées, des dettes à rembourser aux enfants des très riches. On accentuera ainsi les inégalités – puisqu’il est moderne de supprimer l’impôt sur les successions, car même payer des impôts après notre mort est insupportable…

Car au fond, qu’est-ce que l’endettement public ? De l’argent emprunté, qu’on « roule » régulièrement en empruntant de nouveau pour rembourser les premiers préteurs. Tant qu’il y a des prêteurs, finalement, ce n’est pas si grave. Sauf que cette dette entraine des intérêts. Or, qui paye les intérêts ? Le contribuable, donc tout le monde. Et à qui sont payés ces intérêts ? Et bien aux plus fortunés, ayant assez de patrimoine « inutile » pour le placer en obligations d’État, soit peu de monde, quand on se rappelle que le salaire médian en France est autour de 1500 € par mois… Les 50 % des français les plus pauvres ne possèdent que 7 % du patrimoine total, les 10 % les plus riches en possédant presque 50 % (chiffres Insee). C’est dire que 10 % de la population doit posséder environ 80 % des créances sur la dette publique (Aux États-Unis, près de 50 % des actifs financiers sont possédés par 1 % de la population Source). En fait, ceci est un formidable système pour voler les pauvres pour donner aux riches – la version « moderne » de Robin des bois en somme…

Ainsi, avant, les riches payaient des impôts et l’État était en équilibre, aujourd’hui, ils ne les payent plus, l’État est en déficit, et il donc doit emprunter… aux riches cet argent. Il faut sincèrement saluer l’habilité des très riches pour leur lobbying ayant permis de transformer leurs impôts en prêts…

Mesurons bien : la situation budgétaire de l’État était en 2008, avant la crise, sur une tendance d’environ 50 Md€ de déficit avec 230 Md€ de recettes pour 280 Md€,  de dépenses. Il y avait environ 50 Md€ de recettes de l’impôt sur le revenu, et près de 50 Md€ d’intérêts versés aux prêteurs. Oui, sans les intérêts, l’État était à l’équilibre. Oui, l’ensemble de l’impôt sur le revenu a été reversé aux classes les plus riches pour les remercier de n’avoir pas payé d’impôt.

Mais revenons aux comparaisons de l’État et des ménages. Et comprenons bien qu’un État ne fait jamais faillite, ce n’est pas une entreprise, il ne peut être liquidé. Non, un État décide juste un jour de ne pas rembourser ses dettes, point final. Car il peut, et doit, arbitrer entre ses créanciers et ses citoyens – qui l’élisent… C’est cela en réalité la différence la plus importante avec un ménage.

Et bien, pour mon cas, cette dette sur mes épaules, je ne la rembourserai pas. Je ne l’accepte pas. Je la récuse. Je ne passerai pas à ma vie à me serrer la ceinture pour rembourser des dettes des générations passées envers des millionnaires, qui sont justement millionnaires car ils n’ont pas payé ces impôts qui ont manqué et justifient désormais la dette. Elle est inique, et son principe n’a jamais été validé démocratiquement. Car, à 1 800 Md€, l’enjeu dépasse très largement la délégation de pouvoir de la démocratie représentative. Ce sujet n’a d’ailleurs jamais été abordé et expliqué en profondeur par les politiques, unis dans un silence complice, soucieux de leur maintien en place et de la satisfaction des intérêts financiers d’une infime minorité. Un tel engagement ne peut être accepté que par référendum – et encore dans certaines limites, puisqu’il engagerait aussi les générations futures.

Il faut donc appeler à un large effacement des dettes et créances publiques – en définissant un plafond modéré de remboursement par ménage. Bref, un retour à la remise des dettes du Jubilé historique : « 8- Tu compteras sept semaines d’années, sept fois sept ans, c’est-à-dire le temps de sept semaines d’années, quarante neuf ans. […] 10 Vous déclarerez sainte cette cinquantième année et proclamerez l’affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubilé : chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan. […] 14 Si tu vends ou si tu achètes à ton compatriote, que nul ne lèse son frère ! » (Lévitique 25, 10.11)

Ce n’est pas du vol, c’est juste un impôt, égal à la créance détenue sur l’État. C’est même la perception tardive de tous les impôts non acquittés au cours des 30 dernières années.

Un tel jubilé ramènerait en régime normal les comptes publics à l’équilibre. Et justement, oui, il faut inscrire dans la Constitution que, hors période de récession ou de grave crise, les comptes publics doivent être équilibrés. Pour garder d’importantes marges de manœuvre en cas de crise. Simplement car un système « quand tout va bien, on s’endette beaucoup, quand tout va mal, on s’endette énormément » n’est pas durable. L’endettement public sur le marché obligataire doit être interdit ou extrêmement limité. Car le paiement d’intérêts vole les pauvres, et met l’État à la merci de « Lémarché » étrangers, le dépossédant de son pouvoir de décision.

Bien entendu, la dette étant détenue aux deux tiers à l’étranger, ce défaut négocié posera des problèmes, mais comme nous détenons aussi de la dette étrangère, cela finirait par s’équilibrer. Cela nuira énormément aux régimes de retraites par capitalisation étrangers, mais il est inéluctable qu’ils soient transformés en régimes en répartition, seul système pérenne dans un environnement de crise économique majeure, de vieillissement des populations (car ces actions « pour la retraite » vont commencer à être vendues, entrainant des baisses de cours) et de conséquences du pic pétrolier qui se profile à court-terme. La projection de tendances passées à un moment de forte inflexion de l’environnement est dramatiquement erronée

On parlera enfin de prélèvement confiscatoire. Certes. Mais l’est-il plus que de demander à toute une population de se priver de l’essentiel pour que quelques fortunés conservent leur épargne dont, dans le fond, ils ne font rien ? Et puis finalement, ce jubilé ne serait que la juste sanction d’un soutien abusif – qui est bien la situation de personnes prêtant aujourd’hui de l’argent aux États-Unis…

Il est enfin évident que la dette publique ne sera jamais remboursée. D’ailleurs, de plus en plus de personnes parlent d’une solution « inflation » –  qui est bien une spoliation des rentiers via un défaut partiel. Sauf qu’il est probable qu’en 2010, contrairement à 1980, les salaires ne suivront pas, et que cela sera aussi la ruine des salariés, et une vraie dépression à court-terme… Veut-on tenter cette option ?

Espérons donc que des hommes politiques mesurés et courageux réfléchiront et finiront par défendre une mesure de ce type, dérangeante, mais courageuse car de justice sociale. Sinon, ils laisseront un boulevard aux extrémistes… Il en va probablement de l’avenir de notre démocratie.

Olivier Brumaire est l’auteur du livre Une crise de Transition, librement téléchargeable sur www.reformons-le-capitalisme.fr

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257 réflexions sur « Je ne rembourserai pas, par Olivier Brumaire »

  1. C’est Greenspan a reconnu son erreur, mais on continue à n’en faire qu’à la tête des marchés…

    http://finance.blog.lemonde.fr/2008/10/24/le-mea-culpa-dalan-greenspan/

    L’erreur qu’il reconnaît, c’est d’avoir pendant plus de quarante ans, fait confiance aux données qui le confortaient dans la certitude qu’il n’y avait pas de risque systémique pour les institutions et les marches financiers.

    ————————-

    C’est quand même grave; L’erreur est reconnue et on ne la corrige pas.

    1. C’est vieux ce truc, je me demande pourquoi vous ressortez ça. Sa prétendue confiance était aussi hypocrite que son mea culpa. Les responsables de son niveau ne sont pas payés pour dire que le système ne fonctionne pas ou qu’il faudrait virer de bord. Je crois me rappeler que, du temps où il était en fonction, il n’y avait jamais de bulle, les « fondamentaux » étaient toujours « sains », etc. Bref, il disait aux Américains ce qu’ils avaient envie d’entendre : ça faisait marcher les affaires et personne n’avait envie de le contester. Au fait, n’a-t-on pas dit qu’il « parlait aux marchés » comme d’autres aux chevaux ?

    2. Pourquoi je le ressors, pour montrer qu’il faut renverser les dogmes en matière d’économie. S’il a fait une erreur, il y a certainement d’autres erreurs par exemple concernant la dette etc. C’est l’erreur domino, qui affecte la crédibilité de l’ensemble du dogme, du crédo libéral.

      Greespan s’est trompé, donc tout est faux.

      Que cette erreur soit réelle ou feinte… devant le tribunal de l’opinion, cela ne change pas grand chose.

    3. Amusant, on comprend ici très bien son erreur, et celle du néo-conservatisme (enfin. pour ceux qui sont honnêtes).

      Ils ont finalement pris les entreprises – et ici les banques – pour des organismes vivants, où chaque cellule chercherai à préserver l’organisme, quitte à se sacrifier (comme un globule blanc par exemple).

      Pas de bol, c’est juste un agrégat d’intérêts particuliers cherchant leur seul profit personnel, quitte à tuer l’organisme – et c’est bien ce qui se passe sans régulation…

    4. Je pense que Greenspan ne s’est pas trompé. Il a bien servi ses maîtres. Tout le reste n’est que littérature. C’est fou ce que certains peuvent aimer être naïfs ! Ce n’est même plus de la naïveté, c’est de l’assuétude.

  2. Enfin un article qui explique la situation telle qu’elle est.
    Depuis les années reagan-tatcher, on a baissé les impôts pour que les riches puissent « faire vivre l’économie ». Et qu’est ce qu’ils ont fait avec cet argent ? Ils ont acheté des obligations d’état, laissant à l’état le soin de « faire vivre l’économie » … mais en encaissant de jolis dividendes au passage … Totalement grotesque.
    Mais le problème n’est cependant pas si simple.
    Premièrement la dette est détenue en grande partie par des étrangers et que dans le monde concurentiel dans lequel on vit actuellement, la dette est utilisée par les pays qui la possèdent pour faire pression dans les négociations commerciales sur ceux qui sont « possédés ».
    Deuxièmement les hommes politiques ont clairement choisi leur camp, celui des plus forts, celui des possédants, et ils feront tout pour que la dette soit remboursée. Il y va de l’assise de l’oligarichie à laquelle ils appartiennent.
    On verra bien. Mais avec le vieillissement de la population et l’exode des meilleurs jeunes français vers des cieux plus cléments, on ne peut pas être très optimiste sur la situation française. Une longue agonie, lente et abjecte, est le scénario le plus probable.

    1. Je pense qu’il ne faut pas reprocher aux riches de bien gérer leur fortune. Il faut plutôt se demander pourquoi l’État est si mal géré. C’est très simple. Le suffrage universel étant ce qu’il est, il ne faut rien attendre de très bon de ce système qui encourage les élus et futurs élus à endetter le pays pour acheter les voix des électeurs. Simple, non ? Tocqueville l’avait déjà dit après un séjour en Amérique vers 1835. La démocratie ne vaut donc pas plus que ses électeurs ne valent.

    2. « Je pense qu’il ne faut pas reprocher aux riches de bien gérer leur fortune. Il faut plutôt se demander pourquoi l’État est si mal géré. »

      Si je puis me permettre, le réponse est dans votre phrase…

      L’État est mal géré… car les riches savent bien quoi faire pour gérer leur fortune.

      Ou si vous préférez, si l’État était bien géré, les riches auraient moins de fortune… 🙂

    3. « plutôt se demander pourquoi l’État est si mal géré » : vous reprenez le préjugé des néolibéraux. N’est-ce pas vous qui écriviez ci-dessus : « C’est fou ce que certains peuvent aimer être naïfs ! » Vous pouvez vous compter parmi eux ! Je crois pour ma part que plus l’Etat est « mal géré », plus les riches en profitent. Quand ils disent qu’il est « mal géré », c’est pour justifier des réformes qui vont leur profiter, tout bêtement.

  3. En fait je me demande si la question est vraiment: rembourser ou ne pas rembourser?

    L’effondrement systémique, le défaut sur sa dette d’une nation après l’autre, la chute du château de cartes ne sont-ils pas qu’une question de temps? Est-il vraiment possible de les éviter? Pour éroder tant de dette, il faudrait plus que de l’inflation. Plutôt de l’hyperinflation (welcome in Zimbabwe).

    La question est: que se passera-t-il *après* le défaut?
    Les « rentiers » qui se seront fait avoir, ne voudront probablement plus prêter. Les états devront équilibrer leur budget ou bien revenir au bon vieux système d’antan avec planche à billet et dévaluations à répétition.

    Finalement c’est peut-être moral. Le système actuel où les états doivent se financer sur les marchés et accumulent de la dette au lieu d’entuber les rentiers va peut-être bientôt mourir de sa moche mort.

    1. @ Anna Koluth

      « Les « rentiers » qui se seront fait avoir, ne voudront probablement plus prêter. »

      L’ « argent en trop » de ces rentiers devenus frileux pourra, enfin, être surponctionné par l’impôt.

      A cette occasion, l’Etat pourrait se rallier les rentiers (on peut toujours rêver !) en instituant une nouvelle exception au principe de non affectation budgétaire (un principe dérivé de celui de l’universalité budgétaire). Ce principe veut que, l’ensemble des recettes assurant l’exécution de l’ensemble des dépenses, toutes les recettes et toutes les dépenses sont imputées à un compte unique: le budget général. Cette règle signifie que n’importe quelle recette doit servir à payer n’importe quelle dépense. Sa justification théorique est que les dépenses publiques, résultant toutes de la souveraineté de l’Etat, doivent être sur un pied d’égalité. Certaines d’entre elles ne doivent pas bénéficier de l’affectation de ressources sûres alors que d’autres bénéficieraient de ressources aléatoires.

      Outre d’être trop imposé, de quoi se plaint un contribuable « riche » ? De ne pas « voir la couleur de son argent », noyée qu’elle est dans la masse « incolore » des recettes annuelles, dont sa part, se dit-il, est affectée à il ne sait quelle(s) dépense(s), et peut-être (ou sans doute ?) très mal affectée (cette plainte semble être d’ailleurs partagée par tout contribuable, même le mieux disposé à l’égard de l’impôt)

      Qu’à cela, ne tienne ! Ces nouvelles recettes seraient versées sur un fonds budgétaire spécial destiné à financer des investissements socialement utiles et durables (culture, enseignement, recherche, infrastructures …), dont une liste, précise et détaillée, serait dressée annuellement par l’Etat en collaboration étroite avec les représentants de la société civile. Pour vraiment se rallier lesdits rentiers, l’Etat pourrait même leur demander, dans certaines limites, de marquer leur préférence pour tel ou tel investissement et de les « sponsorisé ».

    2. Il n’y a aucun lien entre le financement des États par leur propre banque centrale et « des dévaluations à répétition. ». Entre 2002 et 2007 dans la zone euro,et depuis 10 ans aux Etats Unis les « planches a billets » (celles des crédits des banques commerciales) ont fonctionné à plein, et les conséquences ont été des « bulles spéculatives »… pas l’hyperinflation ni des dévaluations.

    3. Mais voyons les rentiers continueront à prêter, sinon ils en font quoi de cet argent : il faut bien qu’ils se croient supérieurs qu’ils aient des montagnes de sous à contempler sur des placements plus ou moins plus douteux les uns que les autres.
      Les emprunts russes n’ont guéri personne, pas plus que les faillites boursières, les hommes ont la mémoire courte.

    4. L’hyperinflation, qui est une manière de faire défaut, a laissé des traces terribles dans l’histoire du monde.

    5. @ Anna Koluth

      « Les « rentiers » qui se seront fait avoir, ne voudront probablement plus prêter. »

      Et alors ?
      As t-on besoin de leur argent ?
      Il vient d’où « leur argent » si ce n’est à l’origine de la structure qui l’émets ?
      Donc, que cette structure (la Banque Centrale) nous prête directement: on évitera des intermédiaires!

    6. @Louis

      je n’ai pas dit qu’il y avait une loi universelle reliant la planche à billets et les dévaluations. J’évoquais simplement (de manière très approximative il est vrai) la situation en France dans les années 60-70.

      Cela dit, « aucun lien » c’est peut-être s’avancer un peu? Si je ne dis pas de bêtises, un pays dévalue quand sa monnaie s’est dépréciée _relativement_ aux pays voisins. Cela n’empêche pas lesdits voisins de faire aussi fonctionner leur planche à eux.

  4. Désolé de ‘poster’ à côté.

    2 infos, qui peuvent néanmoins, aussi, se voir comme les conséquences de ces politiques de fuite en avant devant l’endettement public généré par l’endettement privé généré par l’appât du lucre :
    – le trompe-l’oeil : http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/06/24/creation-d-une-commission-d-enquete-sur-la-speculation-financiere_1378366_3234.html
    Assurément, on continuera à ‘agir’ en créant le nombre idoine de commission (d’enquête) et de G7-8-20-172.
    – le cycle terrorisme/répression : http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/06/24/une-bombe-au-ministere-de-l-interieur-grec-fait-un-mort_1378364_3214.html
    Et plus le trompe-l’oeil perdurera (tant qu’il pourra), plus le second effet aura des tendances à croître.
    « La nature a horreur du vide ».

    Tiens, revoilà Aristote … !?

  5. « Et bien, pour mon cas, cette dette sur mes épaules, je ne la rembourserai pas. »

    C’est fort possible, mais ce qui est certain, c’est que comme moi – et beaucoup de monde – vous remboursez ses intérêts ! Enfin, « comme tout le monde », ça dépend si on a uin compte ne suisse ou pas…

  6. Avec ce type de raisonnement, celui qui fait quelques économies pour se protéger des aléas de la vie est un imbécile.
    Question : que penser de ces Français qui attendent toujours plus de l’Etat et qui en même temps se constituent un bas de laine parce qu’ils ne lui font plus confiance ?

    1. Non, l’imbécile c’est celui :

      1/ qui fait des économies et les prête à un État que le Premier Ministre a lui même qualifié « en faillite »

      2/ qui préfère prêter de l’argent à un État plutôt que d’investir dans l’économie réelle d’innovation

      3/ qui croit que dans une économie croissant de 1 %, les entreprises vont durablement avoir 15 % ou 20 % de rentabilité

      4/ qui croit qu’il peut avoir une rémunération de BBB avec une sécurité de AAA

      5/ et surtout, qui vote pour des politiques ne sachant pas gérer un pays…

      Etc.

    2. Bravo, « ces imbéciles » enrichissent les zinzins qui vivent à leur dépend et laisse le champs libre aux politiques qui en profitent à tout va avec la dette, ils croient épargner mais investissent dans des trous sans fond sans aucune utilité sociale.

  7. Bonjour à tous

    Imposer, limiter, règlementer ceci, celà, mais surtout la taille des riches qui en fait impliquera de fil en aiguille et in fine de limiter les mouvements de chacun et aussi la taille des concombres, et ce en partant de la donnée dont on parle aujourd’hui ou de celle qui aura les honneurs des gros titres demain! Que d’imaginations de chefs de bureau!

    Ne pas payer la dette: très simple: devenez moine franciscain et partez sur les routes.

    Limiter: c’est aussi très simple: renoncez d’abord à vos propres désirs de « machins », cessez de perdre du temps et de l’énergie à vouloir adorner cocooner et exalter votre futur cadavre!

    Changer de système: c’est aussi très simple: fixez vous , chacun pour soi- même et uniquement pour soi même, pour seule ambition que tout en ayant de quoi vous loger, vous vêtir, vous nourrir simplement et élever vos enfants sans souçis, vous soyez le plus pauvre des habitants de cette planète.

    Tout le reste n’est qu’arguties techniques partielles et partiales menant fatalement au crime contre l’humanité! Et ce quelle que soit l’altruisme et l’excellence de la bonne intention comptable du départ!

    Qui a vécu et par l’épée périra par l’épée!

    Cordialement.

    1. Le communisme n’est plus l’électrification et les soviets mais la décroissance et les soviets.

      Note de l’auteur : ce propos doit être compris comme étant à la fois ironique et sérieux.

      Pour plus de commentaires : marlowe@orange.fr

  8. La nouvelle Bastille est dans les paradis fiscaux.
    Vu qu’on a plus le droit de rire on peut essayer de les faire pleurer.

    1. @ Plouf

      « La nouvelle Bastille est dans les paradis fiscaux.
      Vu qu’on a plus le droit de rire on peut essayer de les faire pleurer. »
      =>
      Sur qui comptez vous pour s’y attaquer ? L’OCDE ? Laissez moi rire !
      Le paradis terrestre ne disparaîtra pas demain, il ne disparaîtra, en vérité, qu’avec la fin de la privatisation des États. Ce qui ne s’annonce pas pour demain, mais peut-être, qui sait (?), pour après-demain.
      En attendant, il va y avoir de sérieuses remises en ordre à faire, qui ne pourront être faites qu’à la lumière d’un regain de « moralité publique », d’une remise à sa place de l’argent (un moyen et non une fin), du retour à la notion juridique de « bien public » (matériel et immatériel) : il va falloir se mettre d’accord sur un nouveau paradigme de vie en société et surtout supprimer l’égalité suivante, toute droit importée (avec le bonheur que l’on sait) des USA : politique = commerce.

      Cordialement,

  9. Je ne comprends pas cette discussion. J’ai appris ici que le capitalisme était à l’agonie. Et que la maladie incurable qui est en train de le faire crever s’appelle « la dette » – cancer trop metastasé pour qu’il puisse être guéri.

    Donc, vive la dette !!

    À part ça, et pour ne pas s’étonner de la situation, il faudrait lire Saint-Just, le Rimbaud de la politique (puisque mort à 26 ans), comme P.Jorion le fait (mais c’est vrai que le pavé fait peur – plus de 1 200 pages !!): «Un peuple n’a qu’un ennemi dangereux, c’est son gouvernement.»

    1. Oui Vive la dette !!!!!!

      Enfin, sauf si un Hitler ou un Staline en sort, et que tout ça finit en guerre, hein – c’est parfois une solution de sortie de Crise…

      « Je ne sais pas avec quelles armes sera menée la Troisième Guerre mondiale, mais je sais que la Quatrième le sera avec des bâtons et des pierres. » [Albert Einstein ]

    2. Sort d’où? Vous trouvez que l’Europe est aujourd’hui comme en 1920 (Traité de Versailles inclus) et qu’il y a des idéologies en Occident capables de produire des nouveaux Staline?

      Et la guerre entre qui et qui? Celle de l’Iran se prépare, mais elle a peu à voir avec la crise.

    3. je me permettrais juste de vous signaler que, quand tout allait bien (et on est loin d’être dans une période où tout irait vraiment très mal) Jean-Marie Le Pen a juste été au second tour de la présidentielle…

    4. Ah, ok, si Le Pen c’est Hitler, Marie-George Buffet Staline et Besancenot, Trotsky, vous avez raison.

      À part ça, il a eu combien Le Pen au 2e tour?

  10. Si j’avais fait la moitié, que dis-je je quart de tous ces hommes politiques, je serais en prison, mais eux, né ni, ils pavanent, pire ils nous narguent. « l’immunité » jusqu’à quand ?

    1. Allez, je propose une mesure populiste – ça fait du bien parfois.

      Il est bien entendu que si l’État devait ne pas honorer sa parole, et faire un défaut partiel, entrainant une répudiation de sa parole passée, je propose qu’en premier lieu que toutes les retraites des parlementaires et ministres passés soient ramenées au Minimum Vieillesse – faut pas pousser, tout ceci est bien de leur faute…

  11. Bravo pour l’article !

    Il est juste et précis dans sa description du capitalisme observé de l’intérieur. Mais cette vision est partielle et tend à faire accepter l’idée que le capitalisme est indépassable, qu’il ne peut qu’être réformé. Imaginez vous que le capitalisme, et avec lui la société de consommation, puisse fonctionner sans inégalités ? En cela la dette est un très bon outil pour les pérenniser.

    Nous, peuples occidentaux, disposons d’un – et d’un seul- mode de fonctionnement de vie en société : on peut comprendre que certains veuillent le défendre. Faute de mieux !

  12. On s’inscrit pour ne pas payer la dette ? Sur facebook ? Pour quel parti politique voter ?
    Dans deux ans, il y a des elections presidentielles et legislatives. Faudrait surement commencer a y reflechir ? J’ai entendu Eva Joly sur Woerth et Bettencourt. Elle a l’air sympa et honnete. Quelqu’un lui a parle de l’idee de  » ne pas payer la dette  » et de toutes les bonnes idees qui fleurissent ici ??

    1. Je prends les inscriptions.
      500 euros ht par inscrit en fonction des disponibilités et dans l’ordre des inscriptions.
      Une tombola sera organisée au profit des ministres du budget morts de honte.

    2. @TARTAR : holà, attention ! Toute inscription est strictement réglementée. Les candidats doivent d’abord se présenter à la mairie et demander un rendez-vous pour examen de leur dossier. Ensuite, ça passe par le Chef de Section qui ne peut prendre aucune décision sans mon aval… 🙂

  13. Quel mépris pour les cantonniers, »on remplace des profs par des cantonniers » je suis scandalisée heureusement qu’il y a des gens qui nettoient la saleté laissé par les autres .
    Si les collectivités locales embauchent,il faut peut être se poser la question,pourquoi?
    J’invite celui qui a écrit ce texte de sortir de son cocon et aller travailler huit jours dans une mairie.
    Huit jours,il ne tiendra pas,stop a tous ces soi-disants intellos qui méprisent ceux dont la richesse est de savoir se servir de leurs mains.

    1. Bonjour Chatenoud,

      mes excuses, ma phrase est en effet très maladroite – je n’ai rien contre les cantonniers, ni contre ceux qui travaillent de leurs mains. Bien au contraire d’ailleurs. Ce n’était nullement mon propos.

      Je soulignais juste qu’une dépense prépare l’avenir, pas l’autre – et que contrairement au message médiatique, le nombre de fonctionnaires augmente (ce qui n’est pas forcément un mal, si c’est rentable et financé, je ne suis pas dogmatique).

      Mais d’ailleurs, je souligne que je préfèrerais qu’on supprime des postes de cantonniers, et qu’on puisse réaffecter ces travailleurs manuels vers de l’emploi industriel, qui a malheureusement été sacrifié… Ce qui repose le point de la mondialisation.

    2. Là où ça ne va plus, c’est quand l’État se rend compte qu’il ne peut plus compter sur les fonctionnaires nommés et qu’il faut donc se rabattre sur des entreprises privées, comme si les fonctionnaires étaient là seulement pour être nommés et payés. Ce système rappelle celui des commissions créées pour réfléchir à la place des responsables de la Nation parce que ceux-ci ont été élus uniquement pour siéger, à l’exclusion de toute autre tâche utile.

    3. @ Olivier Brumaire

      Je suis d’accord sur le point qu’un enseignement public bien financé et organisé est plus efficace qu’un enseignement privatisé qui ne voit que l’élitisme.
      Mais diandre , pourquoi vouloir renvoyer les cantonniers au travail à la chaine en usine?
      Aujourd’hui, le travail manuel pur n’existe plus, sauf dans un travail à la chaine.
      Ouvrier dans une petite entreprise, j’installe des pompes à chaleur et je peux vous dire que le travail manuel doit s’accompagner d’une capacité de réflexion. Sans cela c’est la catastrophe.
      Dans le cadre de cette transition économique que vous appelez de vos voeux, que sera le travail du cantonnier ou de l’ouvrier municipal?
      Je pense que la relocalisation si nécessaire de l’économie vers un développement vraiment durable changera fondamentalement la nature de ce travail le rendant plus intêressant et surtout revalorisant que celui en usine.

    4. @olivier et @tous

      Je pense comme Michel Lambotte, qu’un profond bouleversement dans nos systèmes économiques et sociaux est en cours, ce bouleversement nécessaire (pour causes de limites du monde connu) peut être heureux (certainement pas simple,… mais heureux) ou pas.
      Le bouleversement, dans sa version heureuse, peut être empêché par le monde tel qu’il tourne actuellement et c’est pour ça que ce blog me passionne.

      Dans ce cadre, je suis convaincu que les métiers dont nous aurons besoin sont encore largement indéterminés, mais on peut penser (pourquoi pas) qu’un bricoleur sachant réparer un aspirateur ou une tondeuse sera plus utile qu’un ingénieur en physique nucléaire (si la fusion ne marche pas et quand il n’y aura plus d’uranium).
      Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas d’ingénieurs (j’en suis un), mais que je suis sûr que nous aurons besoin (entre autres) de « manuels » qui réfléchissent, d’agriculteurs de proximité (à coté des zones urbaines), de…..

      Sur ce point, j’ai lu récemment « prospérité sans croissance » de Tim Jackson, (« Peak-Oil » l’a déjà signalé sur ce blog) ce bouquin est à mon avis très utile pour enrichir et élargir notre réflexion sur le « comment arriver à ce monde plus heureux ».
      http://www.buvettedesalpages.be/2010/04/tim-jackson-prosperite-sans-croissance-la-transition-vers-une-economie-durable.html

      Il me semble aussi me souvenir qu’à l’époque ou le slogan « 80% d’une génération avec le bac » faisait flores , politique qui a, à mon avis, dégradé fortement le potentiel « artisanal » en France, un ministre se mouillait beaucoup pour l’enseignement professionnel.(Depuis quelque temps, il s’agite à nouveau pas mal,…).

      Cordialement à tous

    5. @ hema

      Message reçu 5 sur 5 j’y réfléchi, la suite sur un autre billet avec peut-être d’autres idées.

  14. Sur quel document trouve-t-on le pourcentage de dette obligataire d’état détenue par les français titulaires d’une assurance-vie destinée souvent à l' »aide aux vieux jours »?
    Les placements en euros n’éatnt en général pas usuraires, du moins vus du côté ignare des clients des bancassureurs.

    1. du 1/10/2008

      3 000 milliards de bas de laine
      Analyse

      Sicav, actions ou assurance-vie, les Français ont plus ou moins à perdre selon leurs placements.

      Faut-il craindre pour son matelas ? Les Français sont plus fourmis que cigales. En France, les dépôts dans les banques (hors placements boursiers) ou les avoirs confiés aux compagnies d’assurance dépassent allègrement les 3000 milliards d’euros. D’où la crainte des instances publiques d’un mouvement de panique. Quelques bonnes raisons de dormir, sinon sur ses deux oreilles, au moins sans cauchemarder.
      Et si ma banque, à l’instar de Fortis, équivalent de notre BNP-Paribas pour les Belges, se trouvait en difficulté ?

      Les Français adorent les placements tranquilles. 49 millions ont un Livret A ou bleu (Crédit mutuel) et ils s’en gavent comme jamais. Une dizaine d’autres millions ont un livret bancaire. Les PEL (plan d’épargne logement) et les CEL (Compte épargne logement) se recensent à la pelle… Au total, un chiffre à donner le vertige : 1650 milliards d’euros de dépôt bancaire.

      En regard, la réserve tenue au chaud par le fonds de garantie des dépôts (1,8 milliard d’euros) pour parer à une faillite ou à une panique semble minuscule. Tout comme les 210 milliards d’euros de fonds propres détenus par les huit premières banques françaises dont on assure pourtant qu’elles ont les ratios les plus solides du monde.

      Faut-il alors s’inquiéter du grand écart entre ces montants? «Il ne faut pas se focaliser sur le 1,8 milliard», veut rassurer Geoffroy de Prévoisin, membre du directoire du fonds de garantie. «Regardez ce qui s’est passé pour Fortis: pas un épargnant n’a perdu un euro!», poursuit-il. En France, les autorités tiennent plusieurs fers au feu. On pourrait relever les cotisations du secteur au fonds de garantie. Ou carrément envisager l’adossement de la banque en crise à un autre établissement. Au moins une chose est claire : «Sarkozy l’a dit. Il n’y aura pas de faillite en France», conclut Geoffroy de Prévoisin.
      Dois-je craindre pour mon PEA, mes sicav ou mes fonds communs de placement ?

      Le détenteur d’une sicav ou d’une action en est le propriétaire. Même s’il confie la garde de ses titres, logés ou non dans un PEA (plan d’épargne en actions) à son banquier. Normalement, la banque ne peut en disposer, sauf accord exprès, mais c’est extrêmement rare. En cas de faillite, l’épargnant récupère donc ses titres. Mais si la Bourse dévisse, il devra en faire son affaire. Par exemple, les épargnants qui se sont gavés d’actions Natexis à sa mise en Bourse s’en mordent les doigts. Après avoir culminé à 20 euros, le titre vaut aujourd’hui dix fois moins: il affichait hier 2,20 euros. Rappelons qu’en quinze mois, le CAC 40 a perdu un tiers de sa valeur. Mais il a grimpé de 26% en cinq ans. Donc tant que l’on n’a pas vendu, on n’a rien perdu. En revanche, les sicav monétaires, en pleine forme côté rendement, font, elles, un malheur.
      Dois-je faire confiance aux assureurs pour mon assurance-vie ?

      L’assurance-vie est un placement sûr, répète-t-on à l’envi. C’est aussi le placement préféré des Français. Douze millions tiennent ainsi au chaud leur épargne sur un contrat. Fin août, 1167 milliards d’euros dormaient ainsi, gérés par des compagnies d’assurances privées ou des mutuelles. Deux fois le montant de l’an 2000 ! Après la banqueroute d’AIG, premier assureur américain, sauvé de la faillite par l’Etat, doit-on craindre pour nos compagnies ? La FFSA (Fédération française des sociétés d’assurance) bétonne. Il ne s’est produit qu’une faillite d’assureur-vie depuis la guerre. Elle met en avant son parachute, le FGAP (Fonds de garantie des assurances de personnes). Ce fonds, accouché dans la douleur en 1999, ne dispose cet automne que de 500 millions d’euros. Alors qu’il était censé accumuler 1,8 milliard de réserves dans les trois années suivant sa création… Le plafond actuel d’indemnisation culmine à 70 000 euros – au même niveau que les dépôts bancaires. Une somme relevée à 90 000 euros dans le cas d’une rente ou d’un capital décès.

      Jean-Luc de Boissieu, le patron du Gema qui fédère les mutuelles d’assurance, pointe la solidité de ses adhérents : 80 % des actifs de l’assurance-vie sont investis dans des produits monétaires sans risques, des emprunts d’Etat ou des obligations privées notées triple A. Donc zéro risque de déconfiture. «Jusqu’au jour, plaisante à peine le patron du Gema, où on découvrira que dans le «sans-risque», on nous a mis des petites bombes…».

  15. Savoureux billets, clair-limpide-intelligent. Vraiment. Jubilatoire.
    Pour les taux d’intérêts. Ne pourrait-on pas songer à un Jubilé, interdisant les taux prohibitifs, avec un changement de monnaie (retrait des billets et piéces frappées) qui se dévaluerait régulièrement et d’une manière significative (au bout de 20 ans ?) pour faire place à une autre monnaie.
    L’argent allant toujours à l’argent, la mise en place de ce Jubilé là éviterait sans doute cette forme de « colonisation » des classes sociales démunies par les détenteurs de capitaux, pratique qui devient monstrueuse. Ce fonctionnement actuel de la monnaie est un vrai pousse-au-crime.

  16. Enfin une bonne nouvelle, en provenance de Roumanie:

    Le 25/06/10, la Cour constitutionnelle roumaine a jugé une partie des mesures d’austérité draconiennes proposées par le gouvernement de centre-droit inconstitutionnelles, notamment la diminution des retraites de 15%. (source AFP / 25 juin 2010 14h39)

  17. Comme je l’ai déjà signalé il y a 3 mois sur ce même blog, il existe un type de solution simple, simpliste, efficace et socialement assez juste (c’est du moins mon avis que je partage…).
    Il s’agit de proroger de 50 ans (je dis bien cinquante) la maturité de toutes les obligations d’Etat constituant la dette souveraine de la France et de fixer simultanément le taux d’intérêt annuel servi sur celles-ci à 1% (je dis un pour cent).
    Cette double mesure permet de réduire de plusieurs dizaines de milliards d’Euros le service annuel de la dette souveraine. Elle permet aussi de ne pas avoir à se poser sur quelques décennies la question du renouvellement de cette dette face à un marché pour le moins capricieux.
    L’Etat ne pouvant plus dans ces conditions faire à nouveau appel aux marchés (encore n’y mettrai-je pas ma main au feu…) ces mesures lle contraignent à respecter une stricte rigueur budgétaire, la Banque centrale s’obligeant par ailleurs à la trésorerie courante pour pallier le caractère apériodique des rentrées fiscales.
    L’Etat devra constituer une provision annuelle pour rembourser cette dette à son échéance (50 ans et plus) de manière à ce que cette provision cumulée couvre en proportion du temps la dette à rembourser actualisée (déduction faite de l’inflation cumulée).
    Ces mesures pénalisent les catégories sociales qui ont la possibilité de mobiliser en permanence une part de leur capital en finançant les dettes souveraines, ce dont elles ont outrageusement bénéficié depuis des lustres et des lustres. Elles peuvent donc apparaître comme une juste compensation, en somme… La solvabilité du débiteur ne pouvant être mise en doute (sic) la rémunération de 1% est bibliquement correcte.

    1. pas inintéressant votre proposition…

      Mais vous voyez bien que rembourser en 60 ans quelqu’un qui vous a prêté de l’argent est du quasi défaut, votre rémunération de 1 % étant grignotée par l’inflation. Vous rembourserez de plus après le décès de la personne, et je ne suis pas un inconditionnel des transmissions de fortune – je préfère celles gagnées par le travail – mon côté idéaliste… 🙂

      Vous noterez aussi que rembourser 1800 Md€ en différé entre A+50 ans et A+57 ans, même à 1 %, revient à commencer à amortir 2960 Md€ à partir de 2060 sur 7 ans en moyenne, génère dans les 1200 Md€ d’intérêts à verser sur la période, ce dont pour ma part, je me passerais…

    2. @ OB

      D’accord avec vous sur toute la ligne, financièrement du quasi défaut, mais pas juridiquement; quant à verser 1200 M3 sur 60 ans c’est plus facile que 5000 à 10000 M3 sur la même période… et cela permet d’équilibrer le budget sur des bases de dépenses voisines de la situation actuelle (hors plans de sauvetage, de rigueur, de relance, etc.).

    3. alors, pour être beau juridiquement, je vous propose de ne faire aucun défaut, mais de lever sur chaque détenteur de X € de créance d’État un impôt exceptionnel, égal à X €, destiné à rembourser la dette – impôt payable au choix du contribuable en espèce ou en titre de créance d’État….

      🙂

    4. Olivier Brumaire dit :
      25 juin 2010 à 17:38

      .. mais # 70% de la dette française est détenue à l’étranger

  18. Pour rembourser au minimum la dette publique,

    a) on se doit de consommer minimalement
    b) ET même le travail au noir a sa place.
    c) Le moins d’emprunts possible
    d) Vivre légèrement en dessous de ses moyens.
    e) profiter au max du système ( quand c’est possible )

    Si ce n’est pas essayer de faire tomber le système ?

    1. J’ajouterai qu’il faudra apprendre à répondre soi-même en partie à ses besoins
      Ce n’est pas faire tomber un système mais le remplacer par un autre encore embryonaire mais mieux adapté.

  19. On ne meurt pas de dettes, on meurt de ne plus pouvoir en faire.

    Citations de Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline +

    C’est une chose redoutable que les propos du peuple animé par le ressentiment, et l’on paye toujours sa dette à la malédiction populaire.
    Agamemnon
    Citations de Eschyle

    Il s’introduit une sorte d’esclavage, quelque chose de laid dans toute maison fondée sur des dettes et des emprunts.
    Maison de poupée
    Citations de Henrik Ibsen

  20. A Tous!
    Que celui qui s’estime endetté par la dette publique me présente un contrat signé par lui le stipulant. si document n’existe pas vous ne devez!

    il y a une méconnaissance des règles des finances publiques chez le citoyen. l’Etat n’emprunte pas pour combler un déficit, sinon il n’emprunterait pas dès le mois de février, mais à la fin de l’année budgétaire pour marqué la différence (dépense_recettes), mais en raison d’un mécanisme temporel et structurel.

    le fait est que l’Etat ne peut pas avoir de compte débiteur (traité européen) au près de la BDF. Comme les recettes sont inégalement repartie sur l’année ( impôt sur le revenu payés en fin d’année par exemple), et les dépenses sont plutôt égale mensuellement (fonctionnement; il arrive inévitablement qu’il y ait des mois avec plus de dépenses que de recettes. Comme le compte débiteur est interdit, l’Etat emprunte alors pour crédité son compte de la différence.

    Remarque: on ne peut pas parler de déficit a ce stade car l’année budgétaire n’est pas close. Même si le budget était équilibré sur une année, l’Etat emprunterait, car il n’y a pas équilibre mensuel.
    Les EMPRUNTS sont la cause des déficits du budget et non la conséquence.

    la loi de finance garantie les recettes pour l’année, donc les encaisses sont connues à l’avance a peut de chose près. le fait d’emprunter a pour effet de modifier le coût de l’argent a un niveau inconnu en + ou en -(d’ou la fixation sur les note des pays). en définitive, les marchés modifient a postériori, le volume en dépenses des lois de finance, ce qui constitue une atteinte grave l’autorité de la loi. L’Etat ne peut PAS MAITRISER SES DEPENSES CAR IL EXISTE UNE VARIABLE QUI NE DEPEND PAS DE SON AUTORITE (délégué à la BCE).

    La nation française est aucunement endetté, il faut vous sortir ça de la TETE. Les français ne doivent rien.
    les prétendues dettes ne sont pas des dettes au sens ou elles émaneraient d’un contrat.
    il n’y a pas de contrat entre un créancier et débiteur validel, car le contrat suppose la liberté de contracter entre les partie. or celle-ci, est imposé par la loi (interdiction du recours a la Banque de France = privation de liberté); l’Etat ne peut pas ne pas contracter. la seule manière pour ne pas emprunter serait que toute les recettes soient provisionnées au 1 janvier, c’est a dire que la loi de finance ait pour effet le provisionnement total au près de la BDF (avance budgétaire), l’impôt servant alors a rembourser a postériori, pour l’année budgétaire. or ce mécanisme est interdit. ce qui revient a dire que l’EMPRUNT est OBLIGATOIRE

    Il y a donc irréfutablement un vice de consentement, qui est une cause de d’annulation du contrat.
    De plus, s’il est dit que la « dette » procède de la loi par l’entremise d’un contrat valide, bien qu’il fusse obligatoire, alors il faut admettre que la « DETTE » est une SUBVENTION, puisque le contrat n’est qu’un acte intermédiaire entre le bénéficiaire et la loi.

    Enfin, il n’existe aucun lien direct débiteur-créancier entre un citoyen et les « marchés ». Soit que cela viendrait de loi-subvention et donc que les « marchés » n’ont rien a exiger, et qu’au contraire c’est eux qui nous sont redevables. Soit, qu’il pourrait être dit que ce lien existe par acceptation implicite de ces règles, lesquelles ont cependant été formellement rejeté par le referendum de 2005 sur le TCE, et donc qu’il n’y a plus de lien implicite.Sauf a prétendre qu’il existe un contrat entre les citoyens et l’Etat, se plaçant comme mandataire et représentant du peuple, et cela sans contrat formelle, a moins de considéré la déclaration d’impôt comme un contrat, ce qui laisserait supposer qu’on puisse ne pas y souscrire. en l’absence de lien directe les marchés ne peuvent pas prétendre a « saisir » quoique ce soit sur les français (et pour touts les citoyens des autres etats soumis au même règles).

    les règles du jeux ont été dénoncées par le réfendum de 2005 qui a une valeur légale supérieure à la ratification parlementaire. en claire, le mandataire continue de jouer sans l’ordre du mandant. A partir de la ratification par le « parlement », l’essentiel des dettes sont nuls et non-avenues, en raison de l’incompétence du gouvernement, car le parlement dont il émane, s’est placé contre l’ordre constitutionnel de l’Etat et de la Nation.
    les dettes antérieures, et après 1973, tombent pour vice de consentement (nullité du contrat).

  21. Il est exact que TOUS les états de droite depuis Reagan ont augmenté leur déficit.
    C’est absolument flagrant pour les USA sous l’ère Bush, et totalement évident en France avec Chirac-Sarkosy.
    Encore totalement évident que Clinton et Jospin avaient fait baisser le déficit.
    L’idéologie: Gauche dépensière est donc totalement inepte. Le déficit mitterrandien n’a rien à voir avec celui de Sarkosy. Un état de gauche bien au contraire fait attention à ne pas s’auto-détruire dans la dette ce que font de manière OBJECTIVE les dirigeants de droite néolibéraux. Par exemple la droite grecque et avant Zappatero, Aznar…
    Que les aveugles continuent à ne vouloir ouvrir les yeux, c’est logique, c’est ça le fanatisme néolibéral matraqué comme la pire des idéologies staliniennes depuis 30 ans…
    Bien sur: ON NE PAIERA PAS!
    Bien sur les peuples à bout décideront d’un moratoire…
    C’est du vol? Non, la dette sera payée…mais…AU DIABLE LES INTERETS!
    (Juste morale chretienne bien oubliée depuis le Moyen-Age: L’argent ne fait pas des petits, il fait des monstres…)

    1. Ce sera exactement l’inverse: les intérêts seront payés (autant que possible tant que de nouveaux prêteurs « feront confiance » ou que les banques commerciales monétiseront ces obligations, mais pas certain que ça dure longtemps), mais les dettes (le capital du) ne seront jamais remboursées: comment d’ailleurs rembourser près 1600 milliards d’euros, rien qu’en France sauf à vendre la France elle même?
      De toute façon, si ce ne sont pas les Etats qui s’endettent, ce doit être les entreprises ou des ménages; pas d’autre solution ou alors il n’y a simplement pas d’argent… nulle part!

  22. et pendant qu’on papote la galaxie d’Andromède se rapproche de nous à 500 000 Km/h . Impact prévu dans 3 milliards d’années (pas d’euros !)

  23. « Je ne rembourserai pas »: Mon pauvre monsieur, j’ai bien peur qu’on ne vous demande pas votre avis. La grosse différence entre un ménage et un Etat pour ces questions de dette, c’est que l’Etat – l’avez-vous remarqué ? – a la force pour lui (police, armée). C’est bien précisément ce qui fait sa force. Donc, vous paierez. D’autre part, ce ne sont pas seulement les riches qui détiennent cette dette: l’assurance-vie concerne beaucoup de gens, pas forcément riches. Enfin, prôner l' »euthanasie du rentier », comme disait Keynes, c’est se condamner à ne plus pouvoir emprunter. Tout cela ne tient décidément pas debout.

  24. Monsieur Pompidou n’est plus parmi nous. Mais pourquoi ne pas demander à son ancien ministre des finances Giscard d’Estaing pourquoi il a signé la loi du 3 janvier 1973 par laquelle la Banque de France abandonne son rôle de service public (art 25 : Le Trésor public ne peut plus présenter de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. )
    Sous prétexte de lutte anti-inflationniste, le recours au crédit productif public est interdit. Résultat: La mainmise des banques dans le financement de l’Etat.
    La France a t’elle était trahie ce jour-là ?

  25. Bonjour,

    L’article est très intéressant, mais je tique sur sa conclusion :

    Olivier Brumaire, parlant de l’inflation :
    « Espérons donc que des hommes politiques mesurés et courageux réfléchiront et finiront par défendre une mesure de ce type […]. Sinon, ils laisseront un boulevard aux extrémistes… »

    L’inflation n’est-elle pas au contraire l’un des déclencheurs des révolutions extrémistes, comme ce fut le cas en Allemagne ? Certes, ce n’est pas seulement l’inflation qui a fait progresser le nazisme dans ce pays, mais il est évident qu’elle a eu une influence très forte dans les esprits, qui a permis aux extrémistes de remporter les élections.

    1. Merci, j’ai effectivement fait la confusion.

      Mais dans le cas actuel, une inflation modérée suffirait-elle à apurer les dettes, ou faudrait-il une hyperinflation ?

    2. Vous voulez apurer les dettes au détriment de nombre de petits porteurs qui ont fait confiance à l’Etat et comptent sur les faibles intérêts réels pour améliorer leur pension (par exemple avec de l’épargne placée en fonds de pension ou assurance vie) … est ce très honnête?

  26. Du tout, l’hyperinflation date de 1922 / 1923. Elle a beau avoir durablement marqué l’esprit allemand, quand Hilter prend le pouvoir, c’est Suite à la déflation issue de la crise de 1929 – ne confondons donc pas…

    @Louis : vous comptez pressurez une large majorité de la population dont l’idée même d’épargne est un rêve innaccesible, pour rembourser les petits porteurs. Est-ce très honnête ? 🙂

    Bien entendu, la solution probable sera un mix de rigueur / réchelonnement / défaut. Mais si les créanciers comptent revoir 100 % de leur argent, c’est à mon sens un doux rêve… Attention au réveil !

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