221 ans plus tard, par zébu

Billet invité.

Décret relatif à l’abolition des privilèges

Assemblée nationale

11 août 1789

Art. 1er L’Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal.

221 ans après la nuit du 4 août 1789, des privilèges en droit demeurent et contribuent à créer un nouveau régime féodal.

Ces privilèges sont liés à l’utilisation et à la possession de l’argent et contribuent à constituer une nouvelle noblesse, la noblesse de l’argent, tout comme les noblesses d’épée et de robe ou le clergé jusqu’en 1789 avaient pu se constituer et exister par des privilèges.

Ces privilèges liés à l’argent doivent être détruit entièrement car ils remettent en cause les principes essentiels de la République française et de la démocratie ainsi que les droits naturels car « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.» (Art.1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).

Ces privilèges liés à l’argent ne sont d’aucune utilité commune.

Au contraire, ils desservent et délitent l’utilité commune.

Ces privilèges doivent donc être détruits entièrement et toute distinction sociale fondée sur ces privilèges combattue.

Les privilèges suivants doivent donc être supprimés :

  • La reconnaissance légale des paris sur la fluctuation des prix :

« La loi n’accorde aucune action pour une dette du jeu ou pour le paiement d’un pari. » pour les citoyens (art. 1965 du Code Civil). Cependant, les paris sur la fluctuation des prix sont exempts de cette définition. Le privilège octroyé aux paris financiers par rapport aux autres types de paris n’est pas basé sur l’utilité commune, alors que l’absence de reconnaissance légale des paris des citoyens permet de préserver la paix sociale.

Les paris financiers ne doivent donc se voir accorder aucune action par la loi.

  • L’intérêt, pour l’emprunt comme pour l’épargne :

La possession et la possibilité d’utiliser l’argent permet de générer de l’argent par l’argent uniquement, par le biais de l’intérêt. A l’inverse, ceux qui ne possèdent pas ou ne peuvent pas utiliser l’argent ne peuvent pas produire de l’argent par l’intérêt. Le privilège que procure l’intérêt à ceux qui ont accès à l’argent doit donc être supprimé car il ne procure aucune utilité commune. Il procure au contraire un avantage non justifié à ceux qui y ont accès par rapport à ceux qui n’y ont pas accès et génère la dépendance du débiteur face au créancier dans le temps, en remboursant parfois plus en intérêt que la somme initialement demandée. La prime de risque pour le risque encouru ne peut justifier à elle seule l’existence de l’intérêt : celle-ci doit être évaluée en valeur absolue (et non en pourcentage) lors de l’emprunt, avec les services délivrés. Il en est de même pour l’épargne, qui devient avec l’intérêt, comme pour le prêt, privilégiée de par sa simple existence.

Le système de l’’intérêt doit donc être supprimé. Il sera remplacé par l’évaluation de la prime de risque et des coûts des services délivrés par l’octroi d’un prêt ou le dépôt d’argent, en valeur absolue.

  • Emprunter plus de 10 fois ses propres ressources :

De même que l’intérêt doit être supprimé, la possibilité d’emprunter plus de 10 fois ses propres ressources doit être supprimée car elle est le privilège de ceux qui ont accès à l’argent en des quantités bien plus importantes que le simple citoyen. Ce privilège n’est d’aucune utilité commune car en permettant, à ceux qui ont accès à l’argent, d’emprunter plus que 10 fois de leurs propres ressources, il fragilise la solvabilité des emprunteurs. Les sommes empruntées étant très importantes, c’est l’ensemble de la société qui porte donc ce risque, sans aucune utilité commune. La loi déterminera un seuil de montant à partir duquel dépasser cet effet de levier devient interdit.

  • La réalisation de transactions financières avec tout organisme :

– refusant, sur demande d’une autorité judiciaire ou fiscale, de transmettre toutes les données sollicitées ;

– dont l’objet constaté est ‘l’optimisation’ ou la fraude fiscale ;

– dans l’incapacité de démontrer que l’origine des fonds qu’il détient ou reçoit n’est pas frauduleuse ou illicite ;

– dans l’incapacité de prouver l’existence d’une activité réelle.

Les organismes tels que décrits permettent à ceux qui ont accès à l’argent de s’extraire de leurs responsabilités et de leurs obligations quant à leurs contributions : « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable.

Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés. » (art. 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789). A défaut de pouvoir interdire ces organismes, le privilège accordé à ceux qui ont accès à l’argent de s’exonérer de leur part de contribution en transférant tout ou partie de leurs avoirs dans ces organismes doit être supprimé car il viole l’utilité commune.

En conséquence, les transactions financières avec ces organismes seront interdites, sous peine de saisie d’avoirs équivalents de l’organisme qui aura accepté de les réaliser et de suppression de l’agrément d’organisme de services financiers et bancaires.

  • Les pavillons de complaisance :

Le privilège, accordé à ceux qui ont accès à l’argent, d’immatriculer un navire sous un pavillon différent du pavillon de leur navire doit être supprimé car il n’est pas accordé au simple citoyen et permet au propriétaire d’un bateau de s’exonérer de ses responsabilités et de ses devoirs quant à ses contributions à la nation. En ce sens, le pavillon de complaisance n’est non seulement pas d’utilité commune mais il contrevient à celle-ci.

  • L’accès aux financements des banques centrales réservé aux banques :

L’interdiction faite aux États d’accéder aux financements des banques centrales, accès réservé aux banques, est un privilège accordé aux banques qui sape l’utilité commune car elle privatise l’accès à la monnaie, alors que la monnaie relève de la souveraineté nationale (ou transnationale). Or, la souveraineté relève de la nation (art. 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. »). L’interdiction de l’accès des états aux financements des banques centrales doit donc être supprimée.

  • Les différences de fiscalité selon la nature des revenus :

Les revenus provenant de salaires sont soumis à l’impôt progressif et aux cotisations sociales, selon les barèmes définis par la loi. Les revenus ne provenant pas de salaires, comme les revenus financiers, sont soumis au privilège, qui n’est pas accordé aux simples citoyens, d’un impôt à taux fixe unique, quelque soit le montant de ces revenus (sauf exceptions). Il en est de même pour les cotisations sociales, où les taux appliqués sont très différents selon la nature des revenus. Ce privilège n’a pas d’utilité commune et contrevient même à l’idée d’utilité commune car « La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. » (art. 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).

La distinction effectuée entre un revenu provenant d’un salaire et un revenu ne provenant pas d’un salaire n’a pas d’utilité commune suffisante pour que la loi crée une rupture du principe d’égalité des citoyens face à l’impôt. Ce privilège doit donc être supprimé et les revenus non salariaux imposés sur l’impôt progressif aux même taux et soumis aux mêmes cotisations sociales que ceux concernant les revenus salariaux, quelque soit l’origine de ces revenus (société, fonciers, mobiliers, …). De même, le prélèvement libératoire sur l’impôt, privilège accordé à ceux qui peuvent y accéder, doit être supprimé car l’acquittement de l’impôt sur la base d’un taux fixé à l’avance peut déposséder l’État de contributions qu’il aurait pu recevoir en l’absence de ce même prélèvement libératoire.

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259 réflexions sur « 221 ans plus tard, par zébu »

  1. Merci Mr JORION pour ce clin d’oeil à PACO IBANEZ , un artiste dont j’apprécie le talent et l’engagement depuis plus de quarante ans. Une personnalité , une voix qui compte pour un fils de républicain espagnol même aujourd’hui oû ce devoir de mémoire est si difficile à voir le jour.

    Cordialement RAFAEL.

  2.  » Le résultat de la croissance gigantesque des moyens de production est de travailler toujours plus, et pas moins. Même après l’introduction de la semaine de quarante heures, dans les sociétés modernes on travaille davantage que les esclaves ou les serfs d’antan, pour lesquels la lumière, les saisons, etc., constituaient une limite à l’exploitation – sans parler des sociétés « primitives », sur lesquelles nous reviendrons. Grâce au développement des forces productives, l’individu trouve aujourd’hui à sa disposition une masse beaucoup plus grande d’objets de consommation. Mais pour les obtenir, il doit consacrer une partie toujours plus étendue de sa vie au travail. Et lorsque ce ne sont pas les heures de travail qui augmentent, c’en est l’intensité.
    Ce fait n’a pas manqué de suciter à partir du XIXe siècle une CRITIQUE DU TRAVAIL, dont on ne peut pas ici retracer l’histoire. Ce n’était ni dans le mouvement ouvrier, même pas dans ses marges radicales, ni dans la pensée philosophique ou dans la science, mais plutôt dans les avants-gardes artistiques que cette critique a commencé à se formuler, mais sans avoir conscience de la FORME SOCIALE du travail moderne. »

    Anselm Jappe. Les aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur. Editions Denoël.

  3. Je pense qu’un bon moyen pour sortir de la pensée unique et de ses croyances est de commencer par le début. Le début consiste à s’étonner de ce qui se passe et qui pose question. Les personnes qui sont au pouvoir sont-elles au courant de ce qui se passe ? Pourquoi ne font-elles pas ce qu’il faut ? Sont-elles ignorantes et partisanes ? Les gens, en général, sont-ils bêtes et ne voient-ils pas clair ? Non, il faut se dire que les gens au pouvoir sont intelligents et travailleurs. Il y a des raisons valables et imparables pour lesquelles les choses se passent comme elles se passent ! Rien n’est l’effet du hasard dans ce que fait la société. Il s’agit donc d’essayer de comprendre.
    En général, on dit que l’argent mène le monde. Voilà déjà un premier progrès par rapport à l’Histoire officielle, celle qui était encore enseignée jusqu’il y a peu ! En effet, ce ne sont pas les bons sentiments, l’altruisme ni même les motifs invoqués qui dirigent les évènements.

    De fil en aiguille, on peut arriver, si on lit beaucoup l’Histoire de l’argent, de la banque, l’Histoire de ceux qui étaient les intervenants, l’Histoire de la culture et de la religion de ces intervenants, on peut, alors, commencer à soulever le voile. [Pourquoi, alors, supprimer le cours d’Histoire ? L’Histoire est la clé, mais il y a bcp de fausses clés et on est alors, non plus dans l’Histoire, mais dans la propagande. La propagande n’a jamais cessé et elle ne cessera jamais. Il n’y a que le nom qu’on lui donne qui change et son contenu, bien sûr !]

    Par contre, si on se contente de rester dans son petit monde de révolutionnaire de salon avec sa petite histoire officielle, bien convenable et bien partagée, avec ses petits héros de pacotille, on continue de naviguer en eaux connues et en surface. Rien de ce qui est sous la surface n’est entrevu. Alors, se perfectionner à l’extrême dans cette discipline limitée à un petit territoire politiquement correct est extrêmement utile, mais seulement pour des discussions dans un domaine limité par les convenances prescrites. On rate l’essentiel de qui est en dehors du domaine défini comme l’arène de la discussion !
    Et ça riposte sévèrement à la moindre incartade : « hors sujet » ! On se croirait dans un tribunal américain !
    La vérité ne peut être complètement connue, par définition. Par contre, elle peut être parfaitement contenue !
    Je ne peux souscrire à de pareilles limites. Il n’y a qu’en évitant de rester dans des limites qu’on peut appréhender un peu plus que le conventionnel qui plait aux discussions de salon. Alors, une discussion constructive peut-elle exister lorsqu »il ya des limites ? Tout dépend des limites. Il faut des limites de bienséance, mais on ne peut pas exiger des limites entre les disciplines, car ce serait et c’est une manière de contrôler l’opinion et d’éviter que l’opinion publique apprenne qu’on préfère qu’il ignore. Une théorie du complot ? À qui la faute ? Si les forces qui ont remplacé le pouvoir monarchique et la féodalité avaient accepté de jouer cartes sur table, on n’en serait pas là ! Alors, on peut désormais penser ce qu’on veut de l’Ancien Régime, mais personne ne peut savoir qui commande vraiment depuis ! Du moins, ceux on sait maintenant que ceux qui jouent le rôle de « dirigeants » sont des marionnettes notoires et cela n’est, heureusement, plus un secret.

    1. Senec, franchement, puisque vous parlez de discussions de salon, vous n’avez pas l’impression, là, d’en tenir une et une belle, de discussion de salon ?
      Je veux dire, en dehors de votre discours récurrents sur la compétitivité acharnée et l’individualisme à tout crin, valeurs par ailleurs très haut portées par la finance (dont on voit les résultats fantastiques aujourd’hui) et dont tout le monde commence à être sérieusement fatigué d’avoir à le subir, réellement, dans sa vie de tous les jours, quotidiennement, rabâchés par nos ‘supérieurs’ (en quoi, on se le demande) afin que le poids du joug se fasse encore sentir, c’est quoi vos propositions, concrètement … ?
      ‘Toujours plus’, de François Closets, ressucée de la pensée unique néo-libérale d’il y a 20-30 ans ?

      Au lieu de jouer au martyr de la soit-disante ‘pensée unique gauchiste’ (forcément), posture qui vous convient fort bien car elle vous évite de vous exposer.

    2. Senec, vous avez laissé quelques perles:

      – « Je pense qu’un bon moyen pour sortir de la pensée unique et de ses croyances est de commencer par le début. »

      – « Les gens, en général, sont-ils bêtes et ne voient-ils pas clair ? Non, il faut se dire que les gens au pouvoir sont intelligents et travailleurs.  »

      – « Il y a des raisons valables et imparables pour lesquelles les choses se passent comme elles se passent ! »

      – « La vérité ne peut être complètement connue, par définition. Par contre, elle peut être parfaitement contenue ! »

      – « Alors, une discussion constructive peut-elle exister lorsqu »il ya des limites ? Tout dépend des limites. »

      – « Une théorie du complot ? À qui la faute ? Si les forces qui ont remplacé le pouvoir monarchique et la féodalité avaient accepté de jouer cartes sur table, on n’en serait pas là ! »

    3. Excellente défense de salon de l’Ancien Régime.
      Impossible il est vrai de défendre ailleurs…

      NB. Effectivement drôle et donc bienvenu, mais hors sujet.
      L’objectif du blog est de comprendre et dépasser l’actuel régime.
      Pour la visite et défense du féodalisme, s’adresser à l’Agence Voyages dans le Temps.

    4. « Hors sujet ». Cela vous a échappé comme prévu ! Restez donc dans votre petit domaine étroit et continuez de faire semblant, à moins que vous ne fassiez pas semblant, ce qui, ma foi, est encore possible. À croire que vous êtes incapable de vouloir essayer de comprendre ce qui est écrit ou ce qui est dit par une autre personne. On appelle cela être refermé sur ses convictions dans son petit monde où on se meut à l’aise parce qu’on évite soigneusement tout ce qui pourrait mettre vos petites certitudes en question.
      Cet argument était d’ailleurs cité dans le texte « copié collé ». Vous venez de confirmer !
      Ce qui fait deux confirmations en une phrase ! Je vous convie à aller voir en haut de la page. À cet endroit de la discussion, un intervenant déplore le manque de hauteur des propos. Il déplore des propos de comptable. Est-ce cela qu’on attend ici ?

    1. J’ai lu cet article. La faillite patente du libéralisme n’entame apparemment pas sa confiance en soi. Cela reflète un certain courage. À moins qu’il ne s’agisse de la certitude d’un rapport de force favorable.

      « Les grandes révolutions, celles qui frappent les yeux de tous, doivent, nous dit Hegel, être précédées de révolutions silencieuses « qui ne sont pas visibles à tous les yeux, qui ne sont pas observables pour les contemporains et qui sont aussi difficiles à présenter qu’à comprendre. » » (Jean Hyppolite)

    2. @ dissy :
      « 5/Le réalignement avec le développement économique, notamment par l’amélioration du capital humain décisif pour la nouvelle croissance et par la solvabilisation des nouvelles activités liées au vieillissement. » : capitalisme cognitif.
      Baverez s’aligne sur les principes de ce ‘capitalisme 2.0’, notamment avec le flexibilité du marché du travail. On retrouve les mêmes antiennes que la Stratégie de Lisbonne … près de 10 ans après !!
      Ils n’avancent pas. Ils reculent.

    3. A l’inverse des éditocrates à qui on ouvre volontiers la table, des articles commencent à laisser poindre un léger doute :
      « Cette récession se distinguait déjà par son degré de gravité, inédit jusque-là depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Si le chômage global n’a augmenté que faiblement sur les douze derniers mois, le chômage de longue durée, lui, a explosé : il est passé de 1,6 million de personnes à 6,5 millions, pour représenter maintenant 45 % du total annoncé officiellement. En outre, la population des « abandonnistes », ceux qui renoncent à chercher un emploi, s’élève à 1,2 million d’individus. Elle a augmenté de 40 % par rapport à l’année dernière, et rien n’indique qu’elle va diminuer. »
      http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/08/09/aux-etats-unis-la-machine-a-creer-des-emplois-ne-redemarre-pas_1397178_3234.html#mf_sid=212230587

      Comme une sorte de malaise, diffus … sans que l’on véritablement quel remède y apporter :
      « Mais à la lecture de ces derniers chiffres, on se dit qu’il faudrait peut-être changer de registre et délaisser les politiques destructrices d’emplois pour donner au marché du travail un coup de pouce dont il a grand besoin. »

      Peut-être. Mais ‘on’ ne dit pas non plus quelles sont donc ces ‘politiques destructrices d’emplois’.

    4. Courage? Certitude d’un rapport de force favorable? ou bien tout simplement aveuglement, manque de lucidité, exorcisme littéraire?

    5. Je crois que l’idéologie de « l’état providence » repose sur l’idéologie du plein emploi qui elle même repose sur l’idéologie de la croissance.
      Dans tous les cas de figure, autant du côté des apologistes de « l’état providence » que de ses détracteurs, l’erreur essentielle est de vouloir croire et faire croire que le travail est une « bonne chose » et de ne pas comprendre que le développement des forces productives en Occident et parallélement l’accession de pays à très forte population au marché de la production tendent à diminuer en permanence la quantité de travail disponible.
      La marchandise travail, le salariat, n’est plus alors la marchandise vedette.
      Ce rôle est dévolu à l’argent qu’il faut « faire travailler ».
      On a vu de quelle manière.
      Et tout se bloque.

  4. Pour info, votre proposition de reconnaissance du statut légal du pari sur les fluctuations des prix revient à l’abrogation de l’article 46.I du code civil:

    Art. 46. – I. – Les instruments financiers à terme définis à l’article 3 sont valides, alors même qu’ils feraient l’objet de dispositions législatives spéciales, pour autant que leur cause et leur objet sont licites. Nul ne peut, pour se soustraire aux obligations qui résultent d’opérations à terme, se prévaloir de l’article 1965 du code civil, lors même que ces opérations se résoudraient par le paiement d’une simple différence.

    Et pendant qu’on y est, on ferait bien un sort à son petit frère, le 46.II :

    II. – Les contrats à terme sur toutes marchandises et denrées qui ne donnent pas lieu à livraison doivent être passés entre deux ou plusieurs parties dont l’une au moins est un prestataire de services d’investissement, ou une institution, entreprise ou établissement visés à l’article 25 ou un établissement non résident ayant un statut comparable.

    Ces 2 articles sont une véritable honte qui institutionnalisent la spéculation sur les marchés à terme!

  5. Désolé pour ceux qui n’apprécient pas les Allemands :
    http://trends.rnews.be/nl/economie/nieuws/finance/de-duitse-export-groeit-aan-met-28-5-procent-in-juni/article-1194791688442.htm?utm_source=Newsletter-09-08-2010&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-Trends-nl
    Les exportations allemandes ont grimpé de 28,5 % en juin par rapport aux chiffres de l’an dernier !
    Ce sont vraiment des salauds : ils travaillent moins cher et plus longtemps pendant qu’ici on refait la révolution !

  6. Qui a dit qu’on défendait l’Ancien Régime et l’individualisme ? Vraiment, c’est n’importe quoi !
    Cela montre que je connais un peu votre monde, mais que, par contre, vous ne connaissez rien au mien ni rien d’autre, vous, que votre petit monde, et il est réellement très petit, je trouve ! Je veux surtout dire étroit et sans perspective sur le reste de la société, ni d’ailleurs sur l’Histoire des différentes formes de sociétés et des différents constituants de la société ! Comment voulez-vous avoir un avis équilibré sans sortir de votre petit monde ?
    Personnellement, je préfère ne rien dire et attendre que de répondre n’importe quoi et ceci, je l’ai développé dans ma « tirade » sur l’apprentissage que chacun devrait essayer de faire. Essayez l’effort de sortir de vos certitudes. Vous arriverez, au bout d’un certain temps, à ne pas répondre n’importe quoi, cela permet de sortir de la pensée unique et de devenir plus ouvert à ce que disent les autres, à ce qu’ils disent réellement. Sinon, il y a mauvaise foi ! C’est tout simple. Qu’est-ce qui compte réellement : disqualifier l’interlocuteur à tout prix ou l’écouter pour pouvoir lui répondre gentiment ?

    1. Senec plus ultra (consevateur vieux monarchiste) a gagné un point Larbin de plus avec sa tirade plus haut:

      « Alors, on peut désormais penser ce qu’on veut de l’Ancien Régime,
      mais personne ne peut savoir qui commande vraiment depuis ! »

      C’est vrai, ça, il nous faut un chef !

      Couronné si Dieu le veut bien
      Galonné si la force est nécessaire
      Embaumé si il devait nous quitter
      Pour qu’il nous dirige
      Pour qu’il nous donne à aimer.
      Amen

  7. Vivement 2231, ça va péter !

    Le problème avec les révolutions c’est le peuple qui est incapable de penser par lui-même. Alors on lui arrange tout ça aux p’tits oignons, mais lui vous pouvez être sûr qu’il s’en fout royalement et que quelques années plus tard il faudra tout recommencer.

    Méditons : « Les princes d’autrefois, qui connaissaient le Tao ne l’enseignaient pas au peuple. Car un peuple est difficile à gouverner s’il a trop de savoir. Celui qui utilise le savoir pour gouverner ruine son pays. C’est pour cela qu’il faut garder le peuple dans son heureuse ignorance. Celui qui le gouverne dans la simplicité le rend prospère et tranquille. Ces deux principes sont à la base de tout gouvernement. Les connaître, c’est posséder la vertu suprême, c’est avoir devant les yeux le modèle des modèles. La vertu suprême est illimitée, insondable, mystérieuse. Elle ramène tous les êtres à la sublime harmonie, vers où tout s’achemine. » (Extrait du TAO TÖ KING, LE LIVRE DE LA VOIE ET DE LA VERTU par LAO TSEU)

    La conclusion à celui dont ne parle pas de peur de voir de trop près les vérités qui nous font si peur : « L’Etat est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : « Moi l’Etat, je suis le peuple. » » [Friedrich Nietzsche]

    Non décidemment, rien n’y fait (pas même PYD !), je ne comprends pas. Il n’est pas raisonnable de vouloir diriger, « Car enfin le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres et de gouverner seulement lui-même. Cela décide tout. Autant dire que les pires gouverneront. » (Alain)

  8. Vivement 2231, ça va péter !!!

    Le problème avec les révolutions c’est le peuple qui est incapable de penser par lui-même. Alors on lui arrange tout ça aux p’tits oignons, mais lui vous pouvez être sûr qu’il s’en fout royalement et que quelques années plus tard il faudra tout recommencer.

    Méditons : « Les princes d’autrefois, qui connaissaient le Tao ne l’enseignaient pas au peuple. Car un peuple est difficile à gouverner s’il a trop de savoir. Celui qui utilise le savoir pour gouverner ruine son pays. C’est pour cela qu’il faut garder le peuple dans son heureuse ignorance. Celui qui le gouverne dans la simplicité le rend prospère et tranquille. Ces deux principes sont à la base de tout gouvernement. Les connaître, c’est posséder la vertu suprême, c’est avoir devant les yeux le modèle des modèles. La vertu suprême est illimitée, insondable, mystérieuse. Elle ramène tous les êtres à la sublime harmonie, vers où tout s’achemine. » (Extrait du TAO TÖ KING, LE LIVRE DE LA VOIE ET DE LA VERTU par LAO TSEU)

    La conclusion à celui dont ne parle pas de peur de voir de trop près les vérités qui nous font si peur : « L’Etat est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : « Moi l’Etat, je suis le peuple. » » [Friedrich Nietzsche]

    Non décidemment, rien n’y fait (pas même PYD !), je ne comprends pas. Il n’est pas raisonnable de vouloir diriger, « Car enfin le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres et de gouverner seulement lui-même. Cela décide tout. Autant dire que les pires gouverneront. » (Alain)

    1. Extrait d’un commentaire de Nguyen Ngoc, traducteur vietnamien de François Jullien, sur l’essai de ce dernier, UN SAGE EST SANS IDEE:

      … »Le point de départ de F. Jullien est pratique et beaucoup plus fiable. Il considère
      la sagesse et la philosophie comme deux modes d’intelligibilité différents de
      l’humanité, qui, par des contextes historiques définis, ont été choisis, l’une
      par une moitié et l’autre par le reste des humains pendant leur existence
      millénaire, comme s’ils avaient été répartis par l’histoire elle-même. De
      nos jours, il s’agit de mettre en confrontation ces deux modes, pour qu’ils
      s’éclairent réciproquement et pour que nous les comprenions à fond, en nous
      rendant compte de leurs mérites particuliers, de leurs inconvénients respectifs
      et enfin de leur complémentarité possible. C’est, dit-il, « comprendre la raison
      européenne par le biais de la raison chinoise et inversement, » penser la Chine
      par l’Europe et vice versa ».
      Avec ce regard assez serein, F. Jullien pense que pour comprendre à fond la
      sagesse, il faut bien pénétrer dans l’essence même du mode d’intelligibilité qui
      lui est propre, un mode négligé depuis des milliers d’années par l’Occident avec
      dédain. Cette absence se trouve à un endroit d’apparence infiniment étrange
      Synergies Monde n° 3 – 2008 pp. 85-93
      Nguyen Ngoc
      87
      si l’on prend le point de vue occidental. Ce qui rend la sagesse originale et fait
      qu’elle reste toujours elle-même, c’est avant tout parce qu’elle est une surface
      absolument plane, d’une fadeur extrême et même insipide. Elle ne présente
      aucune proéminence à laquelle on puisse s’attacher pour la rendre opérative.
      Elle n’a pas d’histoire. Il s’agit là de sa caractéristique la plus pertinente, de
      l’esprit fondamental de son mode d’intelligibilité. La sagesse est avant tous
      sans idée. Ici repose la signification de la phrase : Un sage est sans idée.
      La sagesse commence par le fait d’être sans idée, c’est-à-dire de ne jamais
      avancer aucune idée qui servirait de priorité, de point de départ, de base
      pour les autres idées qui se développeraient à la suite. Ou plus précisément,
      elle ne commence jamais, n’ayant nulle part par où commencer, et par
      conséquent, elle ne finit pas, n’ayant pas de fin non plus. « Et le Ciel, où est
      donc son commencement ? » dira le Sage. Pour la sagesse, il s’agit là d’un
      fonds d’immanence, de ce qui est de par soi-même ainsi, « l’évidence », qui
      n’a pas de commencement. Si nous prenons, par notre seule volonté, un lieu
      quelconque pour point de commencement, pour la première chose (à laquelle
      nous nous attachons) pour nous opérer, ce ne sera que quelque chose de partiel,
      d’arbitraire et on repoussera immédiatement les autres choses, les autres
      aspects au second plan. On les cachera et on se fera aveugle à leur égard. Par la
      sagesse, aucune chose n’est considérée comme première. Le sage redoute une
      pensée rendue absolue, un premier principe. Il a peur que s’ouvre un chemin,
      n’importe quel chemin, car celui-ci le rendra aveugle aux autres chemins
      possibles. Et après avoir rendu absolue une certaine chose pour en faire le
      point de départ des opérations, même si l’on essaie de revenir à des choses
      abandonnées pour les « repêcher », leur évidence initiale n’aura plus aucune
      évidence. Car, notre pensée, à l’instar d’un papier d’étain, une fois repliée,
      abîmée, ne reprend jamais sa forme initiale. Plus on l’y force, plus elle est
      abîmée ! Nous resterons figés dans un coin perdu, et nous aurons beau tenter de
      reconquérir la totalité, nous dépendrons davantage de ce sacré pli. Plus nous y
      reviendrons, plus nous essayerons de l’effacer, et plus il sera là. Cela vaut pour
      notre pensée : elle aussi sera dans l’impossibilité de se défaire du pli. »…

    2. EOLE,

      Merci.

      Les plis sont nombreux : religions, croyances, spécialisations (économie, histoire, science, philosophie même !, etc., les expériences de la vie en somme.)

      Pour paraphraser Freud : « Il est un cas qui prend une importance toute particulière ; il se présente lorsque des êtres humains s’efforcent ensemble et en grand nombre de s’assurer bonheur et protection contre la souffrance au moyen d’une déformation chimérique de la réalité. Or les plis de l’humanité doivent être considérés comme des délires collectifs de cet ordre. Naturellement, celui qui partage encore un délire ne le reconnaît jamais pour tel. »

      « plis » a remplacé « religions », et ça marche ! En focalisant sur une spécialité, on prend le risque d’empêcher l’homme de s’élever, de prendre conscience – et l’on ne s’en rend même pas compte ! Tant qu’il en sera ainsi, l’extrait que je citais du Tao Te King (qui ne date pas d’hier) sera d’actualité. Tant que l’homme n’aura pas conscience de son existence il se laissera dominer, guider. Il devra se laisser guider. Il se réfugiera dans ses plis.

      La lecture du livre vous permet-elle d’apporter un éclairage sur le fait que certains, en voulant apporter une réponse aux problèmes que vit la société, sont persuadés qu’ils rendent (le meilleur des) service(s) (possibles) à l’homme ?

      PS : Les « deux modes d’intelligibilité différents de l’humanité » me font penser à cette remarque du grand sage A. Allais : « C’est drôle, on parle souvent du Pôle Nord, plus rarement du Pôle Sud, et jamais du Pôle Ouest ni du Pôle Est. Pourquoi cette injustice ? …ou cet oubli ? »

  9. Zébu, je vous aime quand vous descendez de votre cognassier après avoir fait « arf ».

    L’argent en grande quantité ne sert à rien d’autre qu’à multiplier la capacité de nuisance.

    Et puis ces notions de « mérite », « travail », n’ont jamais rendu l’homme meilleur avec ses semblables. Le moindre chef de rayon avec son avancement au « mérite » devient rapidement un tyran zélé.

    Vive le revenu universel, le droit à la paresse et le président zébu ! (qui nous fera le plaisir de démissionner une fois élu, car dans sa grande lucidité il sait que le pouvoir corrompt)

    Sur ce je retourne en forêt, parce que moi, l’alignement sur l’Allemagne qui gagne avec son « réalisme » envoûtant, ça ne m’emballe que moyennement…

    http://www.dailymotion.com/video/x8mb50_brassens-les-deux-oncles_music

    Pour les curieux, un excellent commentaire de lartmement sous la vidéo 😉

  10. @ZEBU

    J’ai lu attentivement votre réponse à mon commentaire.
    J’ai relu mon commentaire.
    Et dans le feu de l’action je me rends compte que je n’ai pas étayé suffisamment mes dires. Je n’ai pas été assez précis quant au faits, au choix des mots, à l’argumentation.
    Je vais donc vous répondre en essayant, mais je ne suis point parfait, d’être le plus clair et le plus documenté possible.

    1) Quand je parle de « faisabilité », je me pose plusieurs questions:
    – un tel programme est-il applicable avec avec les institutions actuelles de la Vème République?
    – peut-il être un futur programme de gouvernement?
    – si non, ce programme doit-il être mis en place par des moyens exceptionnels, des pouvoirs exceptionnels?
    – s’il faut des moyens exceptionnels, la majorité des Français est-elle prête à les accepter? Les consciences, les esprits sont-ils mûrs?
    – enfin, est-ce qu’une force extérieure peut empêcher un tel programme de jamais voir le jour?

    Eh bien, à toutes ces questions, mes leçons d’Histoire m’entraînent invariablement vers le doute sur la possible mis en oeuvre, à l’heure actuelle ou future (dans un futur proche), de ces mesures en France.

    Eh! Je préfère être pessimiste mais réaliste (à mes yeux)

    D’ailleurs votre première partie de réponse semble prouver en partie, que ce qui est de l’ordre du possible, ne se conçoit pour vous que lors des périodes les plus troublées de l’Histoire de France: vos références à Pétain, au CNR, à la veille des Etats Généraux de 1789.

    Voilà qui me conforte dans mon intuition: ce que vous proposez demande des mesures de gouvernement exceptionnelles.
    Malheureusement, elles riment rarement avec « intérêt général », jamais avec « démocratie ».

    S’il faut de tels merdiers comme une guerre mondiale, vous nous promettez-donc la politique du pire?

    2) Vous dîtes que l’abolition des privilèges de la loi du 4 août fait partie des origines de « l’esprit » de la Révolution.
    Mais je ne le conteste pas.

    Par contre quand vous déclarez: »La convention thermidorienne, qui ‘clôt’ la convention nationale et la constitution de l’an 1 (jamais appliquée) est la résurgence de la bourgeoisie moyenne alliée à la paysannerie, comme en 1789 mais sans la royauté », je trouve que c’est une conclusion historique trompeuse et fortement teintée de parti-pris.

    Un peu d’Histoire.
    Les circontances étaient les suivantes* (extraits):
    Le 24 juin 1793, la Convention adpote la Constitution de l’an I. Mais elle ne sera jamais appliquée car les Conventionnels en reportent l’application à la paix.
    Or la France est en guerre contre la 1ère coalition regroupant l’Autriche, la Prusse, l’Angleterre, la Hollande, l’Espagne, le Piémont et plusieurs états allemands.
    La guerre durera 23 ans, jusqu’à Waterloo.
    En effet, la Révolution a hérité d’une guerre que les Conventionnels avaient eux-mêmes votée avant la Terreur, le 20 avril 1792, sur proposition de Louis XVI contre l’Autriche et la Prusse à l’unanimité des 745 députés moins 7 voix (dont celle de Robespierre qui était contre).
    (…)
    Hiver 1793.
    Après un été trop chaud, des récoltes médiocres, l’hiver est d’une exceptionnelle rigueur. Le blé et le riz d’importation n’arrivent plus car gel et dégel rendent les voies navigables impraticables et ravinent les routes. Si les campagnes connaissent la disette, à Paris, c’est la famine: le prix de la viande est multiplié par 5, celui de pommes de terre, gelées, est multiplié par 10. La mortalité dans les grandes villes est multipliée par 2. (…) On manque de tout, à ce point que les gens des villes comme Paris s’élancent au devant des paysans qui apportent leurs produits. Un témoin raconte: « Les Parisiens se jettent sur les charettes pour s’emparer de ce qu’ils y trouvent. Les uns payaient, les autres emportaient sans payer. Les paysans désolés juraient de ne plus rien apporter à Paris! » (…)
    La Loi du Maximum. Elle a fixé un maximum des salaires, ce qui siginfie que la rémunération des travailleurs ne peut dépasser un certain plafond. Or les prix augmentent rapidement car le gouvernement du Comité de Salut Public est obligé d’imprimer de plus en plus d’assignats pour financer l’effort de guerre contre la 1ère Coalition. De ce fait, leur valeur chute de jour en jour.
    Le 23 juillet 1794, la Commune publie un nouveau salaire maximum pour le travailleurs de Paris qui au lieu d’augmenter, diminue de moitié!

    (…) Robespierre n’a plus que des ennemis: Fouché qui a tant fait couler de sang à Lyon et à qui il ne pardonne pas cette conduite, Tallien et Barras. C’est la coalition de la peur. La peur de la Terreur et la peur de la guillotine.
    Le 9 Thermidor ou 27 juillet 1794, Robespierre est arrêté. Le lendemain à 8 heures du soir, il est guillotiné.
    La Convention Thermidorienne durera jusqu’au 26 octobre 1795.

    (…) Quant à l’assignat, il ne vaut plus rien: à la chute de Robespierre il fallait 75 livres en assignats pour un Louis d’or, en novembre 1795, il en faudra 4000.

    *voir les ouvrages d’Alain Decaux ‘Alain Decaux raconte la Révolution française’ et les ouvrages d’André Castelot dont j’ai tiré ces extraits)

    3) Pour le reste:

    – sur la spéculation, pas besoin de Forex et autres outils financiers pour qu’elle existe. Or, les paris sur fluctuations de prix ne sont que des outils financiers qui amplifient des variations qui existent déjà.
    Exemple récent: le prix du blé, avec l’embargo russe sur les céréales, le printemps canadien pourri qui a fait baisser les rendements et la sécheresse.
    Même sans paris, la pénurie fait augmenter les prix du fait de la rareté.

    – Idem. Si le prêteur est frileux et l’emprunteur rare, la prime de risque en remplacement de l’intérêt que vous appelez de vos voeux sera d’autant plus élevée, comme dans les systèmes d’assurance…

    – quant à emprunter plus de 10 fois ses propres ressources, ce n’est pas un privilège, c’est tout simplement de la connerie!
    Je MAINTIENS!
    Regardez ce qui c’est passé avec le public à qui était destiné les prêts subprimes.
    Attention, pour moi ressources = salaire+apport initial+bien meuble ou immeuble pouvant être mis en garantie. En gros la solvabilité.

    Avec effet de levier c’est juste de la connerie puissance 10, 20, 500, 1000, exponetielle.

    – sur le code Vénal
    voir art 324-1; 324-2; 324-3 du Code Pénal sur le blanchiment par exemple (legifrance.gouv.fr)
    Concerne ce que vous nommer: l’incapacité de démontrer que l’origine des fonds qu’il détient ou reçoit n’est pas frauduleuse ou illicite

    – sur le tout le monde n’est pas forcément salarié: je MAINTIENS
    Ceux qui n’ont pas la chance de percevoir comme vous peut-être, un salaire régulier, mais d’autres types de revenus d’une activité honorable (agriculture par exemple) ou le produits de ce qu’ils facturent (artisans) ou honoraires (professions libérales ou de services) seront heureux que vous les preniez pour des martiens.

    1. @Tano

      C’est la résurgence de la bourgeoisie ; celle-ci organise et complote, met fin à la terreur en faisant assassiner Robespierre, mais avant tout pour pouvoir garder ce qu’elle a volé lors de la vente des biens nationaux et cléricaux :

      « En 93, comme auparavant, par des moyens plus détournés, la bourgeoisie domina.
      J’entends ici, par bourgeoisie, la classe peu nombreuse alors qui savait lire, écrire, compter, qui pouvait (peu ou beaucoup) verbaliser, paperasser, le bureaucrate, le commis, celui qui peut l’être, l’ex-procureur, l’ex-clerc – le vrai roi moderne, le scribe.
      Tel est le fruit savoureux que la société européenne recueille d’avoir eu douze cents ans le prêtre pour seul instituteur. La masse entière (moins un centième) est restée à l’état barbare, c’est-à-dire mineure, incapable ; à la moindre affaire, la tête leur tourne ; il leur faut se remettre à cette minorité minime qui seule sait compter, griffonner. Ellese trouva peu à peu, alors comme aujourd’hui, maîtresse des affaires. (…)
      La bourgeoisie, fort mêlée aux clubs en 89, effrayée en 91 et un moment éloignée, y revint timidement par peur en 93, y ^régna peu à peu ensuite, les exploita à son profit.
      Etait-ce la même bourgeoisie ? Comme classe, non. Comme individus, c’était en partie la même, les procureurs d’autrefois, huissiers et autres gens semblables, auxquelles se mêlèrent ceux des marchands, artisans, qui pouvaient écrivailler, citer bien ou mal les décrets.
      Les mêmes hommes furent les meneurs des sociétés populaires et des Comités révolutionnaires ou de surveillance. (…)
      Dans chaque localité, ce que les meneurs avaient préparé, proclamé, comme « société », les mêmes hommes l’exécutaient ensuite comme « comité ». Tout s’étant trouvé ainsi réduit dans chaque endroit à douze ou quinze personnes, qui menait ces douze était maître.
      L’homme d’affaire, qui tenait la plume, ou le spéculateur caché qui se liguait avec lui, pouvait opérer à l’aise, couvert, défendu, enhardi par la Terreur elle-même, je veux dire par ce comité de surveillance qui ne surveillait plus. (…)
      L’araignée, en sureté derrière une telle protection, travaillait à l’aise. Non seulement, elle participait à l’inviolabilité de la société et du comité, à leur puissance de terreur, mais elle employait cette terreur au profit de ses affaires, terrifiait ses concurrents ; il ne se trouvait aux enchères nul autre acquéreur patriote. (…)
      Je crains que même au district la spéculation concentrée n’y soit pas moins cupide, pas moins contre-révolutionnaire. L’âge des principes s’en va, celui des intérêts commence. Là se fera, sans nulle peine, la monstrueuse alliance des partis; Faux patriotes, aristocrates, tous vont spéculer ensemble.(…)
      Tel fut le réveil étrange de la Révolution, lorsque, toute préoccupée d’idées, de principes, de disputes et de factions, elle vit que par dessous, on pensait à autre, qu’il s’agissait d’intérêts, d’agio, de coalition, que tous s’entendaient avec tous.
      De ces termites de 94 et 95, le nom était : « bande noire » (…)
      Nous n’avons pas à raconter ici ce qui suivit, l’aveugle réaction qui emporta l’assemblée, (…) la vengeance des hommes sensibles massacrant les patriotes et continuant leur oeuvre, l’achat des biens nationaux. La bande noire pleurait à chaudes larmes les parents qu’elle n’eut jamais, égorgeait ses concurrents, et surprenait des décrets pour acheter à huit clos. (…)
      Par cette voie, nous allâmes au grand tombeau où la France a enclos cinq millions d’hommes.
      Peu de jour après Thermidor, un homme, qui vit encore et qui avait alors dix ans, fut mené par ses parents au théatre, et à la sortie admira la longue file de voitures brillantes qui, pour la première fois, frappaient ses yeux. Des gens en veste, chapeau bas, disaient aux spectateurs sortants :  » Faut-il une voiture, mon maître? » L’enfant ne comprit pas trop ces termes nouveaux. Il se fit expliquer, et on lui dit seulement qu’il y avait eu un grand changement par la mort de Robespierre ».

    2. C’est de Michelet « Histoire de la révolution française »
      A mettre en lien avec le constat de Danton : « L’éducation reste, après le pain, le premier besoin du peuple »

  11. @ Antoine C.

    Michelet est une très bonne référence, en effet.

    Castelot et Michelet pour les faits et la précision, Decaux pour la vulgarisation. On ne peut pas nous reprocher d’essayer d’être le plus objectif possible.

    La bourgeoisie de Paris et des provinces s’allia de fait aux paysans (alors la classe de très loin la plus nombreuse, donc majoritaire) contre les ouvriers parisiens, c’est-à-dire les sans-culottes.

    D’ailleurs une des premières décisions de la Convention Thermidorienne sera de désarmer les sans-culottes.

    Mais tout de même, le contexte de l’époque était très difficile:
    – les Conventionnels s’entre-déchirent
    – la Révolution est en guerre contre presque toute l’Europe
    – les finances de l’Etat sont dans un état déplorable car l’assignat s’enfonce de jour en jour.
    – la Vendée se soulève

    Enfin, la chute de Robespierre annonce la fin de la Terreur.
    Il y avait une nausée de la guillotine.

    Occulter le contexte en se focalisant sur une lutte de classe bourgeoisie/sans-culottes est trop réducteur, d’autant qu’il s’agit plus du contexte parisien que des provinces.

    Tout ce que raconte Michelet annonce l’avènement de l’époque troublée, moisie et corrompue du Directoire, des Tallien, Barras et autres Fouché; ces deux derniers n’auront la vie sauve que parce qu’ils ont participé au 9 Thermidor.

    C’est aussi ce qui amènera Bonaparte au pouvoir pour en finir avec un Directoire trop instable et trop corrompu.

    Comme quoi, les révolutions engendrent les empires.

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