221 ans plus tard, par zébu

Billet invité.

Décret relatif à l’abolition des privilèges

Assemblée nationale

11 août 1789

Art. 1er L’Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal.

221 ans après la nuit du 4 août 1789, des privilèges en droit demeurent et contribuent à créer un nouveau régime féodal.

Ces privilèges sont liés à l’utilisation et à la possession de l’argent et contribuent à constituer une nouvelle noblesse, la noblesse de l’argent, tout comme les noblesses d’épée et de robe ou le clergé jusqu’en 1789 avaient pu se constituer et exister par des privilèges.

Ces privilèges liés à l’argent doivent être détruit entièrement car ils remettent en cause les principes essentiels de la République française et de la démocratie ainsi que les droits naturels car « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.» (Art.1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).

Ces privilèges liés à l’argent ne sont d’aucune utilité commune.

Au contraire, ils desservent et délitent l’utilité commune.

Ces privilèges doivent donc être détruits entièrement et toute distinction sociale fondée sur ces privilèges combattue.

Les privilèges suivants doivent donc être supprimés :

  • La reconnaissance légale des paris sur la fluctuation des prix :

« La loi n’accorde aucune action pour une dette du jeu ou pour le paiement d’un pari. » pour les citoyens (art. 1965 du Code Civil). Cependant, les paris sur la fluctuation des prix sont exempts de cette définition. Le privilège octroyé aux paris financiers par rapport aux autres types de paris n’est pas basé sur l’utilité commune, alors que l’absence de reconnaissance légale des paris des citoyens permet de préserver la paix sociale.

Les paris financiers ne doivent donc se voir accorder aucune action par la loi.

  • L’intérêt, pour l’emprunt comme pour l’épargne :

La possession et la possibilité d’utiliser l’argent permet de générer de l’argent par l’argent uniquement, par le biais de l’intérêt. A l’inverse, ceux qui ne possèdent pas ou ne peuvent pas utiliser l’argent ne peuvent pas produire de l’argent par l’intérêt. Le privilège que procure l’intérêt à ceux qui ont accès à l’argent doit donc être supprimé car il ne procure aucune utilité commune. Il procure au contraire un avantage non justifié à ceux qui y ont accès par rapport à ceux qui n’y ont pas accès et génère la dépendance du débiteur face au créancier dans le temps, en remboursant parfois plus en intérêt que la somme initialement demandée. La prime de risque pour le risque encouru ne peut justifier à elle seule l’existence de l’intérêt : celle-ci doit être évaluée en valeur absolue (et non en pourcentage) lors de l’emprunt, avec les services délivrés. Il en est de même pour l’épargne, qui devient avec l’intérêt, comme pour le prêt, privilégiée de par sa simple existence.

Le système de l’’intérêt doit donc être supprimé. Il sera remplacé par l’évaluation de la prime de risque et des coûts des services délivrés par l’octroi d’un prêt ou le dépôt d’argent, en valeur absolue.

  • Emprunter plus de 10 fois ses propres ressources :

De même que l’intérêt doit être supprimé, la possibilité d’emprunter plus de 10 fois ses propres ressources doit être supprimée car elle est le privilège de ceux qui ont accès à l’argent en des quantités bien plus importantes que le simple citoyen. Ce privilège n’est d’aucune utilité commune car en permettant, à ceux qui ont accès à l’argent, d’emprunter plus que 10 fois de leurs propres ressources, il fragilise la solvabilité des emprunteurs. Les sommes empruntées étant très importantes, c’est l’ensemble de la société qui porte donc ce risque, sans aucune utilité commune. La loi déterminera un seuil de montant à partir duquel dépasser cet effet de levier devient interdit.

  • La réalisation de transactions financières avec tout organisme :

– refusant, sur demande d’une autorité judiciaire ou fiscale, de transmettre toutes les données sollicitées ;

– dont l’objet constaté est ‘l’optimisation’ ou la fraude fiscale ;

– dans l’incapacité de démontrer que l’origine des fonds qu’il détient ou reçoit n’est pas frauduleuse ou illicite ;

– dans l’incapacité de prouver l’existence d’une activité réelle.

Les organismes tels que décrits permettent à ceux qui ont accès à l’argent de s’extraire de leurs responsabilités et de leurs obligations quant à leurs contributions : « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable.

Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés. » (art. 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789). A défaut de pouvoir interdire ces organismes, le privilège accordé à ceux qui ont accès à l’argent de s’exonérer de leur part de contribution en transférant tout ou partie de leurs avoirs dans ces organismes doit être supprimé car il viole l’utilité commune.

En conséquence, les transactions financières avec ces organismes seront interdites, sous peine de saisie d’avoirs équivalents de l’organisme qui aura accepté de les réaliser et de suppression de l’agrément d’organisme de services financiers et bancaires.

  • Les pavillons de complaisance :

Le privilège, accordé à ceux qui ont accès à l’argent, d’immatriculer un navire sous un pavillon différent du pavillon de leur navire doit être supprimé car il n’est pas accordé au simple citoyen et permet au propriétaire d’un bateau de s’exonérer de ses responsabilités et de ses devoirs quant à ses contributions à la nation. En ce sens, le pavillon de complaisance n’est non seulement pas d’utilité commune mais il contrevient à celle-ci.

  • L’accès aux financements des banques centrales réservé aux banques :

L’interdiction faite aux États d’accéder aux financements des banques centrales, accès réservé aux banques, est un privilège accordé aux banques qui sape l’utilité commune car elle privatise l’accès à la monnaie, alors que la monnaie relève de la souveraineté nationale (ou transnationale). Or, la souveraineté relève de la nation (art. 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. »). L’interdiction de l’accès des états aux financements des banques centrales doit donc être supprimée.

  • Les différences de fiscalité selon la nature des revenus :

Les revenus provenant de salaires sont soumis à l’impôt progressif et aux cotisations sociales, selon les barèmes définis par la loi. Les revenus ne provenant pas de salaires, comme les revenus financiers, sont soumis au privilège, qui n’est pas accordé aux simples citoyens, d’un impôt à taux fixe unique, quelque soit le montant de ces revenus (sauf exceptions). Il en est de même pour les cotisations sociales, où les taux appliqués sont très différents selon la nature des revenus. Ce privilège n’a pas d’utilité commune et contrevient même à l’idée d’utilité commune car « La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. » (art. 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).

La distinction effectuée entre un revenu provenant d’un salaire et un revenu ne provenant pas d’un salaire n’a pas d’utilité commune suffisante pour que la loi crée une rupture du principe d’égalité des citoyens face à l’impôt. Ce privilège doit donc être supprimé et les revenus non salariaux imposés sur l’impôt progressif aux même taux et soumis aux mêmes cotisations sociales que ceux concernant les revenus salariaux, quelque soit l’origine de ces revenus (société, fonciers, mobiliers, …). De même, le prélèvement libératoire sur l’impôt, privilège accordé à ceux qui peuvent y accéder, doit être supprimé car l’acquittement de l’impôt sur la base d’un taux fixé à l’avance peut déposséder l’État de contributions qu’il aurait pu recevoir en l’absence de ce même prélèvement libératoire.

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259 réflexions sur « 221 ans plus tard, par zébu »

  1. Dans le texte de Zébu, très « utile » par ailleurs, comme dans les posts, je vois beaucoup les termes « utile », « utilité ». On est sur un blog utilitariste?

    L’utilité (en économie) est une mesure du bien-être ou de la satisfaction obtenue par la consommation, ou du moins l’obtention, d’un bien ou d’un service. Elle est liée à la notion de besoin.

    Au départ, la notion d’utilité était essentiellement liée à la prise de risque. La « Théorie sur la mesure du risque » de Daniel Bernoulli (1700 – 1782), et dans celle-ci, le Paradoxe de Saint-Pétersbourg furent à la base des théories économique et financière de l’aversion au risque, de la prime de risque et de l’utilité.

    Le concept est utilisé dans les fonctions d’utilité, fonctions d’utilité sociale, optimum au sens de Wilfredo Pareto, boîtes d’Edgeworth. C’est un concept central de l’économie du bien-être. Pareto n’aimait d’ailleurs pas le terme, qu’il considérait chargé de trop de considérations morales. Il a proposé d’utiliser celui d’ophélimité, étymologiquement équivalent. (Wiki)

    1. Usage et utile

      Définitions du dictionnaire Le Grand robert :

      utile : dont l’usage est ou peut être avantageux (à quelqu’un, à la société), qui satisfait un besoin.
      (…)
      Contraire : inefficace, infructueux, inutile, superflu, dommageable, importun, nuisible.

      usage : le fait d’appliquer, de faire agir (un objet, une matière), pour obtenir un effet qui satisfasse un besoin, que cet objet, cette matière subsiste, disparaisse ou de modifie.

      Contraire (selon Marlowe) : échange

      Exemple : un pantalon est utile, j’en fais usage alors que l’utilité, l’usage d’un jean de marque vendu 10 ou 20 fois son prix de revient est extrêment réduit mais permet de montrer à son heureux propriétaire la capacité qu’il a eu de l’échanger contre une forte valeur d’argent.

      La valeur d’usage d’un objet, son utilité, s’oppose à la valeur d’échange du même objet devenu une marchandise.

    2. L’utilité est une mesure ? quelle est l’unité de mesure ?

      « On voudrait aujourd’hui que tous les monuments eussent une utilité physique, et l’on ne songe pas qu’il y a pour les peuples une utilité morale d’un ordre fort supérieur, vers laquelle tendaient les législations de l’antiquité. La vue d’un tombeau n’apprend-elle donc rien ? Si elle enseigne quelque chose, pourquoi se plaindre qu’un roi ait voulu rendre la leçon perpétuelle ? Les grands monuments font une partie essentielle de la gloire de toute société humaine. À moins de soutenir qu’il est égal pour une nation de laisser ou de ne pas laisser un nom dans l’histoire, on ne peut condamner ces édifices qui portent la mémoire d’un peuple au delà de sa propre existence, et le font vivre contemporain des générations qui viennent s’établir dans ces champs abandonnés. »

      Chtb

    3. Pire, Vigneron !!
      Un blog consumériste, où se consume le capitalisme …

      Plus sérieusement, cela vient des mots employés, qui sont ceux de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 : ‘utilité commune’.
      Or, si vous enlevez ‘commune’, effectivement, ne reste que l’utilité, bientôt dévoyée en ‘utilitarisme’ …
      Pas vraiment le sens premier des termes de la Déclaration.

  2. Amendement : « Interdiction des stock-option » © PJ 😉
    Et j’ajouterais « Limitation (voire interdiction) de toute forme d’intéressement aux résultats des entreprises »

    1. @ fujisan

      Quel est l’intérêt (si j’ose dire) d’interdire la « participation » aux salariés de l’Entreprise ?

      La crainte de les voir se transformer (et se comporter) comme des actionnaires ?

    2. C’est mes mauvaises expériences avec les commerciaux qui me fait dire ça. Vendre n’importe comment, promettre monts et merveilles, pouvu que le client signe et après moi les mouches. Les commissions sont un mécanisme perciniceux d’autant plus quand une grande partie des revenus en dépendent.

    3. @ Alain loreal :
      La participation peut (je n’ai pas dis ‘automatiquement’) induire un risque d’injonction paradoxale.
      Un salarié entre ainsi, à son corps défendant la plupart du temps, dans des politiques de modération salariale et devient un rouage de la production de bénéfices : il lui sera alors très difficile de demander des augmentations de salaires ensuite, surtout si l’entreprise connaît une passe difficile.
      La gestion du risque économique est ainsi partiellement retransmise sur les salariés qui ne récoltent en retour que des miettes de participation si l’activité croit, et inversement un pouvoir d’achat plus réduit car uniquement réduit qu’aux salaires.
      Un des mécanismes ‘gaullien’, pertinent sans doute durant les 30 glorieuses (croissance constante) mais très certainement cheval de Troi de l’exploitation extensible des salariés par le capitalisme actuel, tout cela sous l’étiquette d’une bonne ‘gouvernance’ d’entreprise, et pourquoi pas équitable socialement, cela fera mieux vendre encore …

    4. @Zébu

      Oublions les propositions de Sarko 1er.

      Le débat existe et le danger que vous soulevez aussi. Le Ps croit cependant aux vertus du partage s’en s’être véritablement interrogé sur la question, mais depuis quand des fonctionnaires territoriaux sont compétents pour mesurer les risques d’une généralisation de l’actionnariat salarial ?

      Il faudrait le témoignage d’un salarié d’Auchan…

    5. Il n’y a pas de système idéal.
      Concernant les rémunérations à la commission, peut être, mais basée sur quoi :
      . les commandes : risque d’envoyer des potes en prendre puis les annuler
      . les livraisons : risque de vendre à n’importe qui, dont des clients non solvables
      . les encaissements : transfert du risque ou plutôt d’une affaire au banquier
      Attention à l’appétit des commerciaux trop voraces qui sauront vendre en privilégiant l’intérêt à court terme.

      Stocks options :
      OK dans une entreprise en démarrage ou pour un chantier difficile, et encore.
      J’ai une préférence pour une prime annuelle basée sur des objectifs divers, personnels mais aussi communs ou une prime exceptionnelle non annoncée et qui récompense en fin de chantier des efforts hors normes.

      Primes de rendements :
      délicat à manipuler mais amène une certaine justice en y excluant quelque peu les dormeurs, indispensable de coupler le rendement brut avec la qualité produite

      La meilleure option est le travail d’équipe, des individualités efficaces qui aident et entraînent au profit du résultat et du but final, le bon manageur doit savoir reconnaître les qualités et l’engagement de chacun et aussi être conscient qu’un groupe efficient nécessite de la diversité.

      Vivement les vendanges où nous allons bosser sans carotte de rendement, juste dans la bonne humeur et le respect du travail accompli ensemble.

    6. Question importante qui concerne plus largement la juste répartition des richesses produites. Au vu des différents commentaires et comme a commencé à le faire Papimam, il me paraît intéressant de sérier les différentes problématiques en laissant de côté les différentes alternatives comme celle proposée par Yann Moulier-Boutang et le capitalisme cognitif avec une rémunération sur les immatériels 2 ou celle d’un revenu généralisé (Moulier-Boutang, Friot,…). Je vais, à partir de la situation actuelle, tenter de faire avancer, à mon humble niveau, la réflexion. Excusez-moi, par avance, de mon manque d’exhaustivité ou de mes imprécisions.

      Aujourd’hui, les entreprises disposent de plusieurs moyens pour redistribuer cette richesse : le salaire, la participation, l’intéressement, les primes sur objectif qualitatif, les commissions commerciales et les stocks-options. Nous pourrions rajouter aussi les avantages en nature (voiture, logement, prises en charge diverses et variées,…). Je n’évoque pas les dividendes me plaçant uniquement dans la perspective des salariés. Néanmoins en ce qui les concerne et à condition que les chiffres de Frédéric Lordon soient justes, le fait qu’ils soient passés entre 1982 et 2007 de 3,2% à 8,7% du PIB prouve, de façon éclairante, que la redistribution salariale s’est « grippée » pour le seul profit des actionnaires.

      Si je reprends ces différentes possibilités dans l’ordre évoqué dans les commentaires, Fujisan commence par les stocks-options dont il préconise l’interdiction. Madelin, récemment, en vantait les mérites au prétexte que c’était une façon de motiver les salariés d’une jeune entreprise, tout en avouant que c’était une forme de salaire différé. Le message implicite, c’est de dire « Travaillez, bossez comme des malades, et peut-être que vous en retirerez un bénéfice ». Il s’agit donc d’un gain hypothétique dont la concrétisation est soumise à une forme d’exploitation déguisée. C’est le 1er effet pervers.
      Le 2ème effet pervers se situe au niveau des dirigeants détenteurs de stocks-options qui se trouvent ainsi dans la même position qu’un actionnaire dont ils vont partager les mêmes intérêts, et notamment celui de la valeur boursière. C’est une façon de les inciter, en jouant sur leurs intérêts existentiels et monétaires (salaire et stock-options), à se soumettre au marché et à maximiser la rentabilité de l’entreprise, rentabilité dont les salariés sont souvent les 1ères victimes suite à la mise en place de politiques d’augmentation des gains de productivité avec compression des couts salariaux, de réduction des effectifs ou d’intensification des cadences, politiques qui conduisent à une dégradation des conditions de travail, le maintien volontaire de la précarisation pour lutter contre toutes les formes de revendication salariale, tout cela pour au final éviter d’amoindrir les profits des actionnaires.
      Le 3ème effet pervers, et c’est là toute l’intelligence du système, c’est de lier aussi les intérêts des salariés, détenteurs de stock-options, à ceux des actionnaires ; ils s’auto-esclavagisent sans s’en rendre compte. Ce système est excessivement pernicieux dans ses modalités et devrait, à mon avis, être interdit du fait de la collusion qu’il implique entre salariés, dirigeants et actionnaires, mais aussi la soumission des 2 premiers aux derniers.

      En ce qui concerne l’intéressement, il convient de distinguer 2 dispositifs : celui de la participation, obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, et l’intéressement, facultatif. Ces systèmes ont l’avantage de redistribuer une partie des bénéfices aux salariés. Certes, comme le fait remarquer l’article mis en lien par Zébu, la participation peut engendrer un risque de modération salariale, mais il ne faut pas oublier que les salaires sont renégociés tous les ans dans le cadre des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) avec les représentants syndicaux présents dans l’entreprise. Les accords qui en résultent sont assez aléatoires et dépendent de la puissance de conviction des syndicats et des rapports de force dans l’entreprise, mais elles ont le mérite d’exister et de permettre un dialogue. Quoi qu’il en soit, la participation et l’intéressement sont des systèmes qui ont l’avantage de lier l’intérêt des salariés à celui de leur entreprise, et de redistribuer une partie des bénéfices réalisés. Ils ne me paraissent pas condamnables en soi.
      Ce qui pose problème, c’est la répartition qui se fait en général sous forme de pourcentage du salaire brut (salaire + prime), et non pas d’une somme forfaitaire qui serait identique pour tout le monde. Plus vous gagnez, plus votre participation est importante. Là réside une inégalité qui devrait être abolie. En effet, sans parler des hauts salaires et pour prendre un exemple en lien direct avec mon propre domaine d’activités, souvent les commerciaux (qui bénéficient déjà de salaires supérieurs voire très supérieurs au revenu médian) sont récompensés pour leur performance par des primes ou des commissions versées en sus de leurs salaires, les plus performants sont donc doublement récompensés, ce qui n’est jamais, ou plus rarement, le cas des « administratifs » (ne voyez-là aucune jalousie mal placée, je n’appartiens pas à cette dernière catégorie). Or, ils participent de la même façon aux résultats de l’entreprise. Il y a là une inégalité de traitement qui devrait, à mon sens, être interdite.
      L’autre avantage de ce type de redistribution réside dans le fait qu’il tend à faire disparaître l’esprit de compétition au profit d’un sentiment d’appartenance propre à générer la coopération et l’esprit d’équipe.

      En ce qui concerne les primes sur objectif qualitatif et les commissions commerciales, nous abordons un problème de fond, difficile à régler en quelques lignes. Doit-on les maintenir, les limiter à un pourcentage du salaire ou à une somme forfaitaire ou les abolir ?
      Pour ce qui est des primes sur objectif qualitatif, il est clair qu’elles dépendent de grilles d’évaluation dont la valeur dépend des critères choisis (connaissances, avancement des projets, organisation, efficacité, créativité, sociabilité, etc) et de leur « objectivabilité » ; il sera, de toute façon, toujours difficile d’éviter la subjectivité de l’évaluateur. En soi, le principe n’est pas condamnable s’il a pour objectif de développer des compétences et d’améliorer l’efficience sans détruire le lien social par une exacerbation de la compétitivité. Néanmoins, sous l’appellation de « prime qualitative », appellation qui permet de mieux la faire accepter, ce type de procédure devient délétère quand elle est perçue comme un contrôle permanent, une tentative de normalisation des procédures, et donc des comportements, ou un flicage des compétences, effets délétères renforcés par la subjectivité de l’évaluateur, source d’un sentiment d’injustice. Elle est donc à manier avec beaucoup de précautions et nécessite, dès le départ, des objectifs clairement définis et un outil méthodologique d’évaluation rigoureux. Tout ici est affaire d’espèce, et doit être nuancé au regard des intentions réelles à l’origine de la mise en place d’un tel système de prime.
      Quant aux commissions commerciales, le débat est encore plus épineux. Comme le fait remarquer Fujisan, le système peut être pernicieux en incitant les vendeurs à vendre à n’importe quel prix. Nous avons vu les effets néfastes du système de commissions avec les intermédiaires bancaires prêts à placer les emprunts chez n’importe qui, même au prix de l’insolvabilité et du risque de surendettement des ménages. Ces exemples pourraient être multipliés par centaine. Néanmoins et à leur décharge, il convient de préciser que les commerciaux sont, à la fois, les victimes et les complices d’un système qui les y oblige, au nom de la performance, de la productivité ou de la rentabilité. C’est donc toute l’architecture paradigmatique du système politico-économico-financier et de ses corporatocraties qu’il faudrait repenser avant l’abolition de ce type de prime, abolition qui nécessitera aussi une réflexion très poussée et lucide sur les sources de motivation. En attendant, elles pourraient être limitées et compensées par une revalorisation du salaire, mais je crains que le système actuel, sous domination de la pensée néolibérale, n’y soit pas enclin, préférant de loin le maintien d’une situation d’hypercompétitivité entre les commerciaux et de compression des coûts salariaux. La situation me paraît donc assez inextricable en ce qui concerne les primes et commissions tant que le système n’aura pas été réformé en profondeur.

      Quant aux salaires, malgré les imprécations de Patrick Artus (« Pourquoi il faut partager les revenus ? ») et de bien d’autres, nous savons tous que leur blocage est systémique, engendré par la primauté du profit sur le travail. La dictature actionnariale imposant ses diktats, le salaire redeviendra une source d’enrichissement et de redistribution des richesses quand le travail sera reconsidéré à sa juste valeur, au dessus du profit ou au moins au même niveau. Sur ce terrain, rien n’est gagné, et la route sera sinueuse et chaotique. D’autant plus chaotique que la nature même du « travail », de « l’emploi » et de leur rémunération devra certainement être réfléchie sur de nouvelles bases. http://ecorev.org/spip.php?article641

      Quant aux avantages en nature, ils sont évidemment source d’inégalités, même si l’Urssaf et le fisc leur font la chasse. Ils sont une forme maquillée de redistribution et un frein à la revalorisation salariale, mais combien de personnes concernent-ils exactement? Assez peu finalement au regard de la grande masse des salariés. Néanmoins, cette question mérite, elle aussi, débat.

      J’arrête là, je pense avoir été assez long voire trop.

      Merci à ceux qui auront eu le courage de lire ce long commentaire jusqu’au bout.

      Cordialement.

    7. @JLD

      J’ai eu le « courage » de lire jusqu’au bout et j’ai trouvé cela fort intéressant !

      J’apporterai cependant quelques nuances : votre réflexion semble s’appuyer essentiellement sur une expérience de très grosses structures (le CAC 40). Or la participation, pour reprendre ce cas particulier, peut très bien fonctionner avec des structures minimales (10 à 50 personnes).
      En tant qu’entrepreneurs (http://wp.me/PFwEb-J) nous avons abordés à nombreuses reprises ces questions, voilà quelques unes de nos réflexions sur ce thème :
      – la répartition salaires/dividendes (hors investissements) doit être de 50/50 : en gros, j’amène ma force et ma compétence de travail, vous amenez le fric pour que cela fonctionne, on partage les résultats…
      – l’actionnariat d’entreprise est un piège à cons : à cumuler trop de dividendes le salarié en viens à se comporter exactement comme l’actionnaire lambda et entre dans le paradoxe évoqué par Zébu qui consisterait à voter les diminutions de salaires et les délocalisations ! C’est aussi, bien entendu, le cas des stocks options et bonus divers (http://wp.me/pFwEb-k)
      – les primes de résultats et autres rémunérations liées à la procèdure d’évaluation annuelle sont tellement liée à la compétence des manager évaluateurs qu’il faudrait mieux en envisager la suppression complète. Selon la formation du dirigeant (créateur, gestionnaire, développeur) et en dépit de toutes les précautions procèdurales (rarement respectées) la tendance -bien humaine- à privilègier certains acteurs de l’entreprise au détriment d’autres anhile l’esprit même de l’évaluation qui est de favoriser le développement individuel des évalués.
      En effet qui du créateur du produit, du fabricant du produit, du commercialisateur du produit, du logisticien, du gestionnaire et du financier qui valorisera le revenu du produit est le plus méritant dans la chaine de valeur ?

    8. À alainloreal

      Je vous remercie pour votre intérêt.

      Globalement, nous sommes d’accord, et cela fait plaisir.

      La participation devrait être un mode de redistribution appliqué aux entreprises de moins de 50 salariés. Je n’ai pas fait de recherches en ce sens, mais il doit bien en exister quelques-unes qui le pratiquent. Si j’en crois vos conclusions, nous sommes tous les deux d’accord pour reconnaître que ce système de redistribution est l’un des plus justes, mais votre réflexion va encore plus loin puisque vous proposez que les bénéfices (après déduction, je suppose, de l’épargne propre à l’entreprise) soient répartis de façon équitable entre détenteurs de capitaux et salariés. Cela ne pourrait être qu’une excellente chose à la condition que la somme redistribuée le soit sous forme forfaitaire et non au prorata du salaire.

      Vous avez parfaitement résumé l’intérêt de l’actionnariat d’entreprise en le traitant de « piège à cons ». On ne peut pas faire plus direct et plus laconique.

      En ce qui concerne les primes de résultats, je serai légèrement plus nuancé que vous dans la mesure où l’assiette de leurs calculs peut être objectivée par des chiffres de ventes ou le bilan comptable de l’exercice échu. Tant que nous resterons dans un système qui considère que chacun est mu par des intérêts égoïstes, que l’argent constitue la meilleure des récompenses et que la compétitivité est au cœur des processus économiques, ces primes aux résultats continueront à exister, car considérées, à tort probablement, comme la seule source de motivation, ou la plus facile ne nécessitant pas des efforts de réflexion. Puisque vous semblez très impliqué dans la réflexion managériale, avez-vous déjà réfléchi aux autres formes possibles de motivation ?
      Quant aux rémunérations liées à des procédures d’évaluation, nous sommes aussi d’accord. Trop grand risque de subjectivité, et donc de sentiment d’injustice, lequel détruit plus de lien social qu’il n’en crée.

      À votre dernière question, je serai tenté de répondre tous dans la mesure où la coopération est toujours plus efficace que les comportements dissociés, source éternelle de querelles, de jalousies et de destruction du lien social. Cette coopération passe par un traitement égalitaire, si ce n’est pas des salaires, au moins de l’intéressement aux résultats de l’entreprise.

      Amicalement.

  3. @Marlowe
    On peut rêver et apprécier l’ancienne fantaisie créatrice sans nostalgie :
    « L’argent est l’équivalent marchandise » , comme l’éducation ou la formation reçues, qui ne devraient jamais devenir « aussi une marchandise ». L’argent n’a aucune vocation à devenir marchandise car il ne sert qu’à symboliser la nature contractuelle des échanges , ou de prêts consentis. Sinon il y a duperie quelque part. . Pour parler comme au Moyen Age l’argent et le savoir sont en puissance d’être mais pas des êtres en acte ( non qualifiables d’ek-sistants). C’est du moins ainsi dans le tarot de Marseille avec ses 22 figures réparties selon 4 flammes. La première flamme sous le symbole du « denier », du « trèfle »( justement), se rapporte aux quatre cartes figurant les « sciences » reçues lors de son éducation par le jeune bateleur, classées en sacerdotales et royales, féminines et masculines ( selon les principes de cette forme de pensée d’autrefois) et constituant un pur potentiel , une monnaie neutre, à réaliser dans l’action. Quatre figures évoquent ensuite des directions d’activité. Résultant de choix à faire comme le manifeste la carte 6. Quatre images qui énumèrent les principes de l’activité, sous le symbole des épées. Ce qui permet au bateleur d’atteindre le stade de la force ( carte 11). Je passe sur les 11 cartes suivantes qui parlent du développement humain personnel , de vertus et vérités recueillies (les « coupes »)et autres accueils et rencontres comme autant d’information ( les « bâtons »), de préférence à tout principe économique d’accumulation de l’avoir ! C’est chouette, non ?
    A sa manière, l’éducation transmise par les quatre puissances en denier, « comme argent comptant », constituerait dans cette série d’icônes ( un jeu d’images symboliques) une sorte de revenu universel d’existence , grâce à quoi l’autonomie et l’harmonie sociale sont accessibles au bateleur comme au fou? Cordialement

    1. Bien qu’étant une créature de Raymond Chandler qui aimait beaucoup les chats, Marlowe ne les aime pas et ne voit pas pourquoi il perdrait son temps avec eux.

      Cette réponse est la dernière que je ferai à des gens de votre sorte et je viens de la faire par courtoisie pour nos hôtes, et aussi parceque le bateleur est un personnage intéressant.

    2. @ Marlowe

      « Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats. »
      (Albert Schweitzer)

  4. Incompréhensions sur l’intérêt

    Je lis au fil des commentaires plusieurs remarques erronées concernant l’intérêt. L’intérêt n’est pas justifié par l’inflation ; il y a un taux d’intérêt même en l’absence d’inflation. Il n’est pas justifié par la prise de risque ; un prêt accordé à un débiteur ultra-sûr avec moult garanties et sans aucun risque donne quand même lieu au paiement d’un intérêt. L’intérêt n’est pas nécessairement lié à la monnaie même s’il s’applique, en pratique, essentiellement à des transactions monétaires ; nous n’avons pas l’habitude de prêter sans contrepartie, qu’il s’agisse de monnaie ou d’autres choses.

    La plupart de ces erreurs ont été commises par le grand défenseur du crédit gratuit (abolition de l’intérêt) : Pierre-Joseph Proudhon. Avant de réinventer l’eau tiède, lisons ses arguments et les réponses de Frédéric Bastiat : http://books.google.fr/books?id=3YwCAAAAMAAJ

  5. Zébu dit : « L’interdiction de l’accès des états aux financements des banques centrales doit donc être supprimée »

    Oui, mais relire l’histoire… Les élus peuvent aussi abuser du « crédit facile » pour des raisons électoralistes.

    1. Leurs ‘crimes’, Fujisan, sont sans communes mesures avec ceux que leurs suivants ont pu réaliser, notamment en France et ce depuis Giscard (cf. courbe d’endettement de l’état français depuis 1974 : impressionnant).
      Etrangement, c’est depuis l’interdiction faite par Giscard à la Banque de France de prêter au Trésor que la France est sans cesse dans le rouge.
      Depuis 35 ans, la France a payé en intérêts autant que son capital emprunté. On commence à entrer dans le cercle décrit autrefois pour les pays dits ‘sous développés’, qui ont remboursés plusieurs fois leurs dettes. Or, ne pas pouvoir emprunter à une BC signifie forcément signer des emprunts … à intérêts. Et le cercle de tourner.
      CQFD.

    2. Mais les Etats ONT accès au financement des banques centrales !

      1) La première méthode s’appelle le seigneuriage, et il figure dans le rapport annuel de la banque de France. Le seigneuriage provient en fait de la BCE, et il est réparti entre les Etats de la zone euro selon une clé de répartition. Son montant est très faible puisqu’il finance moins de 1% des dépenses publiques. Dans l’antiquité, le seigneuriage était l’une des principales source de revenus des gouvernants : http://gigapedia.com/items/320955/ A des époques plus récentes, on a vu des Etats financer une part significative de leurs dépenses par le seigneuriage. Cela se termine nécessairement en hyperinflation : http://gigapedia.com/items/370796/

      2) La deuxième méthode pour financer l’Etat grâce à la banque centrale est beaucoup plus efficace. La banque centrale n’achète plus directement la dette de l’Etat avec les billets qu’elle imprime (ou les bits et les octets qu’elle génère 😉 ). Au lieu de cela, elle rachète aux banques des titres déjà émis. En apparence, la banque centrale achète relativement peu de dette publique : elle va détenir de 10 à 30% de la dette de l’Etat. Mais cela suffit à rendre les banques beaucoup plus coopératives. Sachant que la banque centrale a la CAPACITé de leur racheter la dette, les banques hésitent beaucoup moins à souscrire aux emprunts d’Etat. C’est comme si vous me prêtiez de l’argent en sachant que la BCE vous remboursera en cas de pépin. Ainsi, la dette publique explose, et les banques s’enrichissent au passage. Mais le financement ainsi obtenu pour l’Etat est plus important qu’avec la première méthode, puisque nous avons plusieurs pourcents de déficit depuis plusieurs années. La seule présence de la BCE, et son pouvoir potentiel de monétiser la dette, suffisent à favoriser l’explosion de la dette publique. Le fait que ce soit interdit par Maastricht est un tout petit peu dissuasif, mais pas beaucoup comme on a pu le constater.

      La méthode actuelle fait donc rentrer plus d’argent dans les caisses de l’Etat. Bien sûr, le prix à payer, c’est qu’il y a des intérêts… Mais un élu s’en fout, puisqu’il peut dépenser 100% de l’argent qu’il emprunte, alors que ce sont ses successeurs qui devront rembourser la plupart des intérêts. Il est donc toujours tentant d’emprunter un peu plus pour satisfaire une clientèle électorale. Dans nos démocraties, cette pression s’avère irrésistible.

      Quoi qu’il en soit, aucune de ces méthodes n’est bonne. Même le déficit ne finance qu’une part minime des dépenses publiques. Comme dans le cas de la méthode 1), les Etats qui ont tenté de fonctionner avec la méthode 2) en ayant un déficit de l’ordre de 10% ou plus pendant plusieurs années (nous sommes officiellement à 8%…) on fini par faire défaut, ou bien sont passés à la méthode 1). Même dans ce cas, cela ne dépasse pas un cinquième des dépenses publiques. Quelques chiffres :

      Les dépenses publiques (Etat + coll. locales + Sécu + AP) représentent actuellement 56% du PIB. Là-dessus, le seigneuriage finance peanuts, la dette finance 8%, et 42% sont financés par des prélèvements obligatoires. Les quelques pourcents restants sont des prélèvements dits « non obligatoires » dont j’ai du mal à trouver le détail : http://gusifang.blogspot.com/2006/09/comprendre-le-modle-social-franais.html

      Malgré toutes les imprécisions de ces chiffres, une chose est certaine : la planche à billets de la banque centrale (seigneuriage) et la planche à octets des banques (dette publique) ne financeront jamais une part plus importante de dépenses publiques. Soit ça donne l’hyperinflation et on n’a plus de seigneuriage, soit ça donne un défaut souverain et on ne peut plus emprunter. C’est le mur de la réalité, cher Zébu.

    3. @Zebu
      Pas si simple cette loi Giscard!
      Un Etat bien géré ne devrait pas être en déficit dans une économie encore riche. S’il est en déficit c’est qu’il a mal dépensé ou/et qu’il n’a pas suffisamment taxé les possédants .
      Alors interdire à l’Etat d’emprunter à sa propre banque centrale n’aurait pas du générer autant de dette, d’ailleurs à la base c’était justement pour que l’Etat gère mieux l’argent du contribuable et évite l’inflation, ce qui est une bonne chose.
      Donc ce n’est pas aux créanciers privés (Ex: les banques) qu’il faut en vouloir, eux n’ont fait que prêter l’argent que l’Etat leur a demandé or l‘Etat ne devrait jamais être en déficit car l‘argent existe et avec un impôt bien équilibré le déficit est normalement impossible!
      Selon moi le véritables fautif de la dette n’est pas la loi Giscard mais notre personnel politique qui a favorisé une politique de concentration des richesses

    4. Gu Si Fang
      c’est quoi exactement cette premiere méthode, je n’en ai jamais entendu parlé, à moins que cela ne soit le paiement des dividendes aux Etats actionnaires de la BCE mais auquel cas je ne vois pas le rapport avec le seigneuriage

    5. La dette publique n’est rien d’autre qu’une des plus belles arnaques des capitalistes
      http://www.npa2009.org/content/la-dette-publique-ou-comment-organiser-larnaque

      Extrait:

      Rendue exsangue par la guerre, la France pouvait alors trouver l’énergie et l’argent nécessaires pour se reconstruire et mettre en œuvre le programme du Conseil national de la Résistance. Ce qui valut à cette période qui s’étend de 1945 à 1973 d’être appelée les « Trente Glorieuses » en raison des progrès économiques et des conquêtes sociales importantes qui la caractérisent et que Sarkozy détricote allègrement. Elle ne fut pas cependant exempte de conflits sociaux.

      Ces « Trente Glorieuses », avec la modenisation du pays, les progrès technologiques accomplis, les conquêtes sociales obtenues, accompagnées d’une inflation importante, ont modifié le cadre d’expression du profit capitaliste. Celui-ci n’est plus à l’avantage de la rente.

      Il faut la restaurer, renforcer le profit et la propriété. Alors en 1973, la droite avec Giscard et Pompidou opère un changement d’orientations politique et économique : cap sur le néolibéralisme. Le vote de la loi de janvier 1973, par son article 25, confirmé par Maastricht en 1992, réintègre la création monétaire dans le giron capitaliste. Celle-ci sera désormais privatisée, sa gestion confiée aux banques et son utilisation assortie de paiement d’intérêts.

      L’État, pour payer sa dette, ne pourra donc plus, comme il le faisait depuis 1945, créer sa propre monnaie alors sans intérêt puisqu’il était son propre créancier. Il devra désormais, pour payer ses investissements, ses actifs, ponts, routes, ouvrages d’art, infrastructures etc. emprunter auprès des marchés monétaires : banques, assurances, établissements financiers et payer en conséquence d’énormes intérêts. Alors la dette enfle, enfle. De 229 milliards en euros constants en 1979, elle atteint aujourd’hui d’après le Monde du 9 septembre dernier la coquette somme de 1 428 milliards soit 73, 9 % du PIB.

      Il est vraisemblable que sa progression ne fera que continuer. Il faut savoir que ce sont 45 à 50 milliards d’euros, soit la quasi-totalité de l’impôt sur le revenu, que l’État verse chaque année en intérêts à ses créanciers : banques, assurances et riches citoyens pour la plupart protégés par le bouclier fiscal. Ce qui représente la bagatelle de 130 millions par jour qui vont des poches des travailleurs dans celles des détenteurs de capitaux. Et pour être plus précis, pour le seul paiement des intérêts de la dette publique nous avons payé depuis 1973 la somme de 1 363 milliards d’euros

    6. @ CHR

      C’est exactement ça ! Avec la monnaie qu’elle crée, la BCE rachète de la dette publique et autres titres sur le marché « secondaire. » Elle perçoit donc des intérêts, qu’elle reverse aux Etats membres. Cette manne était jalousement gardée par les Etats de la zone euro, qui ont donc convenu d’une clé de répartition. Voir ici sur les sites de la BdF et de la BCE :
      http://tinyurl.com/34metq8
      http://tinyurl.com/35og2tr

      Le dividende versé aux Etats est appelé seigneuriage, mais c’est vrai que la définition du mot varie. Stricto sensu, le seigneuriage est le profit que faisait le seigneur grâce à son monopole du monnayage. A l’époque, ils frappaient des pièces, donc ce revenu était un % de la valeur faciale des pièces. Aujourd’hui, le coût de fabrication des billets étant faible, le seigneuriage est proche de 100%. Cependant, la BCE ne les « dépense » pas n’importe comment. Par exemple, elle ne paie pas directement les fonctionnaires des Etats membres avec des billets imprimés. Au lieu de cela, elle achète des actifs et ne verse aux Etats que les intérêts. Du coup, on s’est mis à appeler seigneuriage cet intérêt.

    7. @ Gu si fang :
      « Soit ça donne l’hyperinflation et on n’a plus de seigneuriage, soit ça donne un défaut souverain et on ne peut plus emprunter. C’est le mur de la réalité » : certes mais ne pas retracer son origine, c’est être condamner à répéter la même erreur. L’objet de la proposition na pas pour objectif de résoudre la crise ACTUELLE : c’est trop tard, la dynamique des intérêts est par trop engagée.

      « Ainsi, la dette publique explose, et les banques s’enrichissent au passage. Mais le financement ainsi obtenu pour l’Etat est plus important qu’avec la première méthode, puisque nous avons plusieurs pourcents de déficit depuis plusieurs années. La seule présence de la BCE, et son pouvoir potentiel de monétiser la dette, suffisent à favoriser l’explosion de la dette publique. » : c’est inexact à mon sens car l’explosion de la dette publique était antérieure, de beaucoup, à la création de la BCE.
      « La méthode actuelle fait donc rentrer plus d’argent dans les caisses de l’Etat. Bien sûr, le prix à payer, c’est qu’il y a des intérêts… » : CQFD. Si cette ‘méthode’ actuelle n’était pas mise en place, nous n’aurions pas cette dynamique de la dette publique actuellement, par le simple fait que l’emprunt à la BC d’un état se ferait sans intérêt. Cette notion est à elier à celle de l’interdiction de l’intérêt. Si vous êtes partisan de l’interdiction de l’intérêt, vous ne pouvez pas défendre cette ‘méthode’ actuelle concernant les états. Certains ont même calculé que sans ce décret de Giscard, la dette publique de la France serait de … -200 millions d’euro (inflation inside et toutes choses constantes par ailleurs). D’où vient la différence ? Le poids de l’intérêt.
      Kapital donc, aurait dit Marx …

      @ CHR : oui … et non.
      Oui, pour la concentration de la richesse, notamment par l’abandon de la politique fiscale. Mais c’est une des conséquences des politiques néo-libérales, dont la fermeture de l’accès aux BC des états est un des points saillants (afin que les banques récupèrent l’immense pactole, sans compter la soumission des états, que nous payons maintenant), pas la cause essentielle !!
      De plus, la ‘bonne gouvernance’ (concept libéral s’il en est) dont vous parlez, aussi bonne soit-elle, doit pouvoir faire face aux variations économiques, notamment pendant les chocs pétroliers de 73 et 79 : il aurait fallu que l’état s’endette pour relancer l’activité (contra-cyclisme) mais au lieu de le faire auprès de la Banque e France, il l’a faite … auprès des banques privées !!
      Le phénomène, une fois enclenché, est très difficilement gérable, surtout quand vous sortez des 30 glorieuses pour entrer dans les 30 merdiques : les intérêts courent, les emprunts pour rembourser les premiers emprunts se succèdent et vous arrivez avec plusieurs centaines de milliards d’euros à rembourser, avec un service de la dette seconde dépense de l’Etat.
      Bonne gestion ou pas (et l’Etat n’est certainement pas un bon père de famille : cela n’a rien à voir), le mal est fait et sanctuarisé dans les traités européens. Pourquoi croyez-vous que cette interdiction ait été reprise in extenso dans le traité de Maastricht, sans opposition des français ? Parce qu’ils la pratiquaient depuis 74 déjà !!

    8. Gu Si Fang dit : En apparence, la banque centrale achète relativement peu de dette publique : elle va détenir de 10 à 30% de la dette de l’Etat. Mais cela suffit à rendre les banques beaucoup plus coopératives. Sachant que la banque centrale a la CAPACITé de leur racheter la dette, les banques hésitent beaucoup moins à souscrire aux emprunts d’Etat.

      MDR ! Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre. Allez donc raconter ça aux grecs, espagnols… !

      Je vous accorde que l’état récupère une petite partie des intérêts sur sa dette via les BC déduction faite des frais de fonctionnement de la BC. Mais, le fait reste que la grande majorité de la dette de l’Etat (70 à 90% selon vos propres chiffres) est détenue par le privé auquel l’état paie des intérêts sonnants et trébuchants.

  6. Merci Zébu pour la part de rêve…

    Malheureusement l’Utopie s’écrit aussi facilement qu’elle se rêve.

    La vôtre est aussi belle que celle du « bulletin dans l’urne » dîtes-moi (la nôtre à tous ?).

    Vous pouvez inventer ou rêver n’importe quel système qui vous plaira, on retombera toujours dans les mêmes travers humains !

    Contextuellement, à un instant T :
    Qui sont les vrais décideurs et les vrais acteurs ?
    Et comment opèrent-ils ?

    Sur un plan plus général :
    Comment prendre le mal à la racine pour qu’il ne perdure pas éternellement ?

    Là sont à mon avis les vraies questions !

    Cela ne devrait pas être si compliqué à identifier pour quelques personnes averties voir même introduites (moi je ne le suis pas, mais alors pas du tout à vrai dire)

    On peut dire ce qu’on veut sur des Goldman Sachs et Cie, mais derrière tout cela, ce sont de simples êtres humains, deux bras, deux jambes, …, un cerveau utilisé certes à mauvais escient mais un « simple » cerveau d’être humain type.

    A partir de là, il faut trouver un moyen quelconque de les intercepter, de démonter toutes leurs
    structures et rouages toxiques et les empêcher de nuire.

    Puis se doter de structures capables d’identifier rapidement et efficacement ce types d’organisations sous-terraines et de les détruire.

    Mais la nature humaine est telle que vous n’empêcherez jamais leur existence.

    Un nouveau « Goldman Sachs » aura vite fait de remplacer le précédent.

    Les candidats et prétendants sont tellement nombreux à se presser à juste titre au grand casting du profit personnel. Le principe semble tellement légitime au départ. Ils sont légions.

    Histoire sans fin du gendarme et du voleur, du piratage informatique et des spécialistes qui luttent contre.

    Ces « sociétés des Cupides » prêtes, au nom de leur profit personnel, à asservir l’autre (et si besoin l’humanité toute entière) et ce de toutes les manières possibles, se rencontrent à tous les niveaux, toutes les échelles, depuis les « bas fonds » de nos sociétés humaines, jusqu’aux palais et grandes demeures des élites et des puissants.

    De la plus petite à la plus grande des nations. De la plus petite à la plus grande des institutions (postes de direction, postes à responsabilités, entreprises, conseils d’administration, conseils généraux, conseil municipal, mairies, universités, secrétaires d’état, ministres, présidents de ceci, de cela…, syndicats, coopératives, institutions religieuses, mafias, etc…).

    L’homme a même quasi-« institutionnalisé » les lobbies, les sociétés savantes ou pensantes…

    Pour l’être humain qui s’ « élève » un tant soit peu, la tentation d’abuser de ses privilèges (de position, d’autorité, d’initié, de possession), prend naissance à l’échelle individuelle, en réponse à un contexte et à un parcours de vie très « personnel ».

    Tous les nés nantis ne deviennent pas des abuseurs, ni des sages.

    Tous les nés sans culottes ne deviennent pas des abuseurs, ni des sages.

    Il faut identifier ce qui, dans nos parcours et dans notre développement personnel :
    – nous conduit à devenir de plus ou moins grands abuseurs
    – ou nous conduit au contraire à devenir de plus ou moins grands « sages » ou « justes »

    Et prendre ensuite le mal à la racine, pour traiter les mauvaises herbes.

    Encore une belle Utopie ? Il semblerait bien.

    La Reine des fourmis, espèce vivante parmi tant d’autres, agît-elle selon sa propre morale individuelle ? Selon ses propres intérêts ?

    Ou bien obeit-elle simplement aux lois de sa nature biologique ?

    Est-elle seulement une Reine ? Ou plus simplement un rouage de son espèce, qui remplit ses fonctions dans l’intérêt de son espèce ? Connaît-elle seulement la notion d’intérêt ? N’est -elle pas plutôt biologiquement programmée pour vivre, remplir ses fonctions et pour s’adapter autant que son propre organisme et son groupe/organisme le peuvent…

    Les fourmis sont-elles réellement asservies par une Reine vicieuse et capricieuse ou plutôt par la simple nature/condition biologique de leur espèce ?

    Si nous sommes biologiquement programmés pour contourner nos règles et les dépasser, alors nous nagerons indéfiniment dans notre « merde »… Rien de plus « naturel ».

    Une éducation repensée sur la base des résultats issus des interrogations ci-dessus, serait-elle capable de transformer la nature humaine en profondeur, de la canaliser et de l’assagir véritablement ?

    Ou bien sont-ce les notions même de nature humaine, de conscience, de morale, de libre arbitre, de liberté qui sont à remettre en cause ?

    Si humaines, si belles et grandes qu’elles puissent paraître, elles semblent toxiques pour l’intérêt général, à bien y regarder.

    Les fourmis semblent bien moins cons que nous finalement !

    En tous les cas merci Zébu pour l’invitation au rêve…

  7. A propos du droit de propriété et de ses privilèges.

    Des humains dont le seul tort est de vivre dans les zones intersticielles du tissu urbain, ou d’être simplement mal logés, se voient aujourd’hui refuser le droit le plus élémentaire d’avoir un toit et de vivre en paix. Pour des motifs purement électoraux, ils sont soudainement expulsés de leur lieu de vie par des forces de l’ordre dont les actions s’inscrivent dans le cadre d’une campagne sécuritaire xénophobe minutieusement préparée et orchestrée depuis plusieurs mois par un président français qui désormais foule aux pieds la devise républicaine. Devant ces mots (discours de Grenoble) et ces actions gravissimes pouvons-nous rester sans voix ?

    La propriété et l’usage privés des capitaux demeure sans entraves. Pendant ce temps, des humains sont discriminés, humiliés, afin d’attiser les passions tristes, dans le seul but de maintenir les privilèges conférés par la propriété illimitée du capital.

    1. ‘Intersticielle’. Juste mot.
      Je ne sais plus dans quel billet ici on parlait justement que l’émergence d’alternatives ne pourrait se faire que des interstices.
      Où ?

    2. C’est à croire que bien que nous pensions qu’il était mort, Adolf est toujours vivant, quelque part.

    3. Jamais depuis Vichy…

      Nicolas Sarkozy a-t-il proposé de retirer leur nationalité à une personne ayant porté « atteinte aux intérêts fondamentaux de la France » en subtilisant des dizaines de millions d’euros à l’administration fiscale ? Non ! A-t-il évoqué l’idée d’une même peine pour des « personnes exerçant une fonction publique » ayant ainsi porté »atteinte à l’administration publique »? Non plus ! Ce n’est donc pas une « déclaration de guerre » à la corruption et à la délinquance fiscale, que Nicolas Sarkozy propose mais bien une politique de la haine.
      Source: extrait de http://www.npa2009.org/content/communique-du-npa-la-politique-de-la-haine

      Mais ne nous y trompons pas au-delà des aspects démagogiques pour tenter de pomper les voix du Front national, au-delà d’une diversion pour faire oublier les scandales politico-financiers dans lesquels le gouvernement est empêtré, il s’agit de la mise en place d’une politique ultra-répressive destinée à diviser les travailleurs, à les opposer les uns aux autres, en rendant l’étranger responsable de « tous nos maux ». Mesures antisociales, mesures xénophobes, mesures contre toutes les libertés, les prochains mois seront décisifs. Il appartient à tous les démocrates, à tous les antiracistes, à toutes les forces sociales et politiques de gauche, de faire front pour mettre en échec cette politique ultraréactionnaire.

      NPA, Dimanche 1er août 2010.

    4. @Zebu

      Pardon, mais je crois que Pierre Yves nous montre de l’index les abîmes où nous pouvons sombrer. Et vous ne regardez que son petit doigt…

    5. Video témoignage d’un ex-Officier de la Police Judiciaire,
      qui nous parle de ces que les policiers n’ont pas le droit de dire publiquement.
      Il dresse un état des lieux de la police française et de son utilisation
      en tant qu’outil de répression et de pouvoir.
      Les chiffres sur la délinquance sont disproportionnés.
      Il y a une politique de création du délit orchestrée par l’Interieur.

      http://forummarxiste.forum-actif.net/politique-francaise-f5/l-insecurite-manipulee-t192.htm#962

    6. @ PY :
      ça y est j’ai retrouvé : le parcellitarisme !
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=13398
      Où on y parle d’interstices :
      « Plus profondément encore, la Grande Crise met en en évidence la succession de création d’espace illégaux, pendant trente ans, comme seule possibilité laissée au système de corriger pour un temps les déséquilibres engendrés par les interstices juridiques illégaux précédemment créés (Jean de Maillard). »

      @ Vigneron :
      Cf. mes posts (où vous y répondez), sur le pouvoir de créer du chaos mais pas de la contrôler.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=13398#comment-91927
      Il me semble que ce montre PY relève justement de ce type d’action : ce que nous voyons est une interstice créée par le parcellitarisme, un espace ‘illégal’, une situation illégale créée par cette division des cellules sociales. Or, que fait le pouvoir en place ? Si ce n’est, vite, de recouvrir l’interstice d’un ‘tapis’ en expulsant immédiatement les familles ?

      Cet interstice est produit par la mise en oeuvre de la politique chaotique en cours. Et elle n’est illégale que parce que la relation avec la propriété relève d’une privatisation de l’espace.
      Cette situation doit être reliée à la politique parcellitaire, sans quoi, les ‘interstices’ qui apparaissent, de plus en plus (la situation chaotique engendrant son propre chaos) ne resteront que des espaces illégaux, sans aucune origine ni dynamique, aux yeux des citoyens : des failles à refermer au plus vite car hors de la légalité.

      C’est pourquoi je disais que les interstices sont des espaces d’où des alternatives pourraient émerger car ils montrent le vrai ‘visage’ des politiques menées : leurs conséqunces.
      Encore faudrait-il ne pas se ‘contenter’ de dénoncer la situation, sans quoi on se ‘contentera’ d’une position morale alors qu’elle devrait être morale ET économique …
      La ‘gauche’, prompte à élever des barricades morales oublie dans le même temps que Jaurès faisait irrémédiablement le lien entre les vertus (l’éthique) et les réalités économiques et politiques, afin de les rendre intelligibles au corps social.
      Il serait temps, grand temps, de suivre le même chemin.
      Cordialement.

      PS : et vous êtes bien prompt à dénoncer me semble-t-il.

    7. C’est au moins une Internationale des inquiets qui transparait dans la solidarité de l’analyse juste de l’hic et nunc…

    8. @zébu

      Non, pas d’accord. Vous mélangez tout en compliquant à l’envie! Assimiler l’installation de roms sur des terrains communaux (et non privés) aux phénomènes de parcellisation, à la création « d’interstices » et d’ espaces illégaux, ce n’est pas éclairer ou expliquer le phénomène répressif et stigmatisant que l’on observe ici et maintenant comme on l’a observé partout et de tout temps depuis que ces populations nomades sont considérées au mieux comme des passagers clandestins, des abuseurs professionnels et illégitimes des « commons » et le plus souvent comme des parasites nuisibles à chasser, ostraciser, stigmatiser, bouc-émissairiser, contrôler, reléguer, parquer, concentrer, déporter, exterminer.

      Cela mène à amalgamer ces faits de répression racistes et xénophobes, proprement criminels et à très hauts risques pour nos sociétés avides de « bons coupables », à ce que pourrait être une lutte efficace contre d’autres « zones interstitielles d’espaces illégaux » comme par exemple les paradis fiscaux et juridictionnels, les trafics divers, les tolérances complaisantes et « systémiquement nécessaires » ou les pirates à la Madoff, me parait relever d’un niveau de cérébralisation relevant plus du confusionnisme nébuleux et fondamentalement pervers que de la lucidité prétendument rationnelle.

      Je suis désolé, Zébu, mais vous faites fausse route. Je ne doute pas de la sincérité de votre bonne volonté quand vous essayez d’apporter un éclairage « neuf » et global sur les tares de nos systèmes économiques, mais vous êtes sur une voie sans issue et, surtout, à mon avis, dangereuse en ce cas précis. Vouloir parler à la Raison n’évite pas l’erreur ni lIl faut parler aussi aux tripes, et frapper à l’estomac. En face on se gêne pas.

      Cordialement.

      Je vous avouerais que si je n’étais vigneron, je me serais bien vu en flic à la brigade financière, contrôleur fiscal ou inspecteur du travail… Mais ne rêvons pas. S’il suffisait de dénoncer le système! 99.99 % des français dénoncent le système. Et puis quoi?
      Mais dénoncer ceux qui dénoncent des innocents ou des victimes, non, j’arrêterai pas! Ni ceux qui s’astreignent consciencieusement à ne jamais dénoncer les salauds.

      « La question des étrangers est un problème majeur dans notre pays. Chacun sait qu’il y a des liens entre délinquance et immigration. Ce n’est pas correct de le dire, mais c’est une réalité.
      Il y a quelque chose comme 10% des détenus qui sont étrangers. Quand on regarde les vols à la tire, c’est 50% d’étrangers. Il faut réfléchir à des solutions. »

      Frédéric Lefèvre, porte parole de l’UMP; Europe 1, 05.08.2010.

    9. @ Vigneron :
      Pour faire vite (désolé, j’ai la dalle).
      Je COMPREND votre réaction. Quand je dis que vous dénoncez rapidement, je ne parle pas de votre dénonciation, salutaire et nécessaire, de cette situation, comprenez moi, mais bien de ma position.
      Certes, position ‘intellectuelle’. Mais juste pour montrer que l’on ne pourra pas emporter l’adhésion de tous sans faire ressortir que l’exploitation qui est visible dans cet ‘interstice’ ainsi dévoilé est la même que celle qu’ils subissent tous les jours car elle est la conséquence d’un même système d’exploitation : l’immigration, illégale ou non, est une variable de cette exploitation, la pire de toute, certes, mais il faut montrer les similarités à tous. Pour faire comprendre les POINTS COMMUNS.

      Pour le reste, juste que vous sachiez que je sais de quoi vous parlez pour le VIVRE, même de manière très différente, personnellement.
      Mais je persiste, pour le VIVRE : vous ne mettez rien en perspective pour les autres si vous en faites un cas particulier ou au contraire un cas moral. Vous ne RELIEZ pas ainsi le cas, pour les autres, à leur propre situation d’exploités.
      (je sais, c’est pas simple à exprimer ce que je veux dire mais bon, dans d’autres circonstances sans doute …).
      Cordialement.

  8. réponse à Marlowe
    Je comprends mal cette paire de claque reçue, alors que je suis d’accord avec ce que vous écrivez.. Dois-je changer de pseudo parce que vous n’aimez pas les chats ( que je n’aime pas particulièrement) ?
    Certains envoient sur youtube pour une chanson, moi j’ai renvoyé à une série d’images très construites, le jeu de tarot, pensant qu’on peut être attentif aussi à d’autres formes d’expression, même issues d’un passé lointain. Même désormais obsolètes !. Je prends acte de ce que les lecteurs de monsieur Jorion n’admettent pas la rencontre avec toute notre humanité et les cultures dans leur diversité. Détendez-vous, je ne correspondrai plus sur ce blog, puisque j’y suis indésirable à des habitués du commentaire, me contentant de suivre les billets de Paul Jorion, comme la plupart des gens qui suivent cet homme remarquable aussi bien par son humour que pour sa lucidité , et son humanisme.

    1. Votre commentaire de 11 h 53 ne me fait pas penser que nous sommes d’accord.

      Par ailleurs je ne suis pas représentatif de ce que vous nommez « les lecteurs de Jorion ».

      Existerait’il un jorionisme et des jorionistes ?

      L’humanisme cultivé n’est pas pour moi une vertu ; c’est seulement une position beaucoup plus sympathique que la bétise ambiante et qui demande à être critiquée comme toutes les idées qui apparaissent sur ce blog, y compris les miennes, mais avec des arguments honnêtes.

      Vous pouvez toujours m’écrire directement.

      marlowe@orange.fr

    2. faut pas, en est Français on râle tout le temps.
      et puis les mots sans la voix.
      c’est vrai que les images du tarot ne me disent rien et que j’avais aussi envi de réagir, mais j’aime bien les chats en même temps comme nom ça fait pas altruiste (pour peu qu’on les connaisses)….

  9. Plusieurs intervenants ont évoqué la question de la propriété autre que de l’argent.

    Eh bien, rêvons ! Voici un article d’une nouvelle Constitution révolutionnaire, qui me parait essentiel:

    « §1er. La terre, ses espaces aérien et souterrain, ainsi que ses ressources naturelles, appartiennent à la Nation et forment le domaine public .

    Le domaine public est inaliénable, imprescriptible et insaisissable.

    §2. Les affectations du domaine public sont au nombre de trois :

    a) la circulation publique par quel que mode de déplacement que ce soit;
    b) le logement et l’activité professionnelle;
    c) l’exploitation des ressources naturelles.

    §3. La gestion des parcelles du domaine public affectées à la circulation publique est réservée aux pouvoirs publics qui ne peuvent s’en désaisir de quelque manière que ce soit.

    §4. Toute personne qui en exprime la demande se voit attribuer, sous la forme d’un contrat de superficie, l’occupation d’une ou plusieurs parcelle(s) du domaine public, pour les besoins de son logement et de son activité professionnelle.

    Toute installation ou équipement érigé sur la parcelle par le superficiaire, pour les besoins définis à l’alinéa 1er, lui appartient de plein droit, et entre dans le commerce, sous les conditions et suivant les modalités déterminées par la loi.

    Le droit de superficie est incessible et s’éteint à la mort du superficiaire.

    §5. L’exploitation des ressources naturelles est soumise à concurrence, sous les conditions et suivant les modalités déterminées par la loi.

    Le soumissionnaire le mieux-disant se voit attribuer le marché, sous la forme d’un contrat de concession domaniale, de service public et de superficie, dont la durée ne peut excéder 20 ans ».

    1. J’ai du mal à voir au nom de quoi des installations et équipements fabriqués grâce à des ressources naturelles appartenant selon cet article au domaine public, appartiendraient de plein droit à leur bâtisseur.

      Ne risque t’on pas de glisser de la propriété immobilière à un ersatz, sous forme cette fois-ci de propriété mobilière ?

      Tout droit doit-il forcément déboucher à la notion de propriété ?

      La notion de propriété ne peut-elle tout simplement pas être bannie ?

    2. Vous n’allez pas vous faire des copains de tous les agriculteurs Beaucerons, Normands , Vignerons et autres…..

    3. Je vais être honnête, tu vas pas avoir l’écho des paysans, je sais plus quand après guerre on a voulu nationalisé les terres, pour libéré les paysans du poids du foncier (qui est somme toute conséquent), ça passe pas, on a fait des banques (crédit agricole pour la Beauce, crédit mutuel pour les éleveurs du sud), on a fait nos écoles car il n’y avait pas d’enseignement spécifique (maison familiale, cfa, même si les professeurs sont payés par le ministère de l’éducation, nos diplômes restent de la gestion du ministère de l’agriculture, malgré une harmonisation, mais on a des cours intéressant qui n’existe que chez nous), on a fait nos centre de gestion (CER) et bien sur nos coops, au final hormis nos écoles tous le reste c’est retourné contre nous et son les premiers à nous dire qu’on est pas compétitif (…), sans jamais nous défendre, c’est pour ma part un problème de taille économique (passer une certaine taille une structure vis pour elle même plus que pour ces adhérents, actionnaires), je sais pas je travaille beaucoup avec de petit privé et des coops, je suis pas fan du tout communautaire.

  10. à zébu,

    Ce n’est pas parceque vous prenez un décret à propos de Marx et de la notion de la valeur que je vais vous croire.

    Je vous recommande de lire les critiques de la valeur qui se réfèrent à Marx, Debord, les animateurs du groupe allemand Krisis, Anselm Jappe et les autres.

    Cordialement.

    1. oulaaaa !!
      Comme vous y allez … Appelez moi mollah, ça ira plus vite.

      Oui, Anselme Jappe et aussi la critique de la nouvelle critique de la valeur par Jean Zin :
      http://jeanzin.fr/index.php?post/2009/10/16/Critique-de-la-valeur-valeur-de-la-critique
      Ou Gorz qui souhaitait voir traduite les oeuvres de Kurz et de Postone.

      Si je citais l’oeuvre de notre hôte, c’était par respect envers lui mais aussi parce que son analyse sur la question me semblait très juste car s’extrayant d’une dialectique ‘pro’/’anti’ marxiste car revenant aux sources : Aristote et Platon. Et démontrant bien la filiation des idées depuis, avec Adam Smith en premier lieu, qui reprend cette notion de valeur mais sans la rattacher à sa définition d’origine (valeur d’usage, valeur d’échange) puis Marx qui s’appuie sur Smith, quasi in extenso.
      D’où ma remarque lapidaire qui loin d’être un oukase se voulait juste une invitation à lire, aussi, ‘Le prix’, notamment su ce point.

  11. Tout d’abord et comme d’autres je remercie zébu pour le lien vers ce fameux décret.
    Ce décret est sans doute à dépoussiérer, moderniser, mais il est indispensable de ne pas oublier les fondamentaux, le minimum vital.
    Avant de lire le texte du décret en détail je pense à des mesures telles que :
    . l’éducation morale, civique
    . la dénonciation des excès, la mise au ban de la société des tricheurs, des fraudeurs, la lutte impitoyable contre la corruption. L’évasion fiscale ou la fraude fiscale correspondent pour moi à un délit, le vol des autres contribuables et surtout pas un sport national ou une situation de fait.
    . rebattre les cartes, changer les hommes qui sont aux manettes et certaines doivent être à commande consensuelle (AN, Sénat, contre-pouvoirs, médias). Ainsi je trouve le fonctionnement des commissions mixtes encourageant

    Pour finir et à destination de « l’enfoiré » et de « roland », une interview remarquable du Monde du 9 juillet :
    En Inde, « les grands cerveaux travaillent trop à résoudre les problèmes des riches ».
    L’article daté du 9 juillet est à ce jour accessible aux seuls abonnés mais j’ai trouvé ce lien :
    http://www.internetactu.net/2010/07/09/inde-innover-pour-faire-disparaitre-la-pauvrete/

    Sam Pitroda, ministre chargé de l’innovation en Inde vient de participer au cercle des économistes d’Aix-en-Provence et a été interrogé par le Monde. Cet article que je classe *** intéressera Paul et François également.
    L’on voit que les révolutions technologiques modifient plus profondément les rapports de force et les inégalités que bien des hommes politiques.

    J’ai été ainsi impressionné par un reportage récent au Mali sur la diffusion et l’utilisation populaire des téléphones portables et l’impact sur l’économie.

  12.  » Faites beaucoup d’impropriétaires, abandonnez-les à la dévorante cupidité d’envahisseurs, les racines de la fatale institution de la propriété ne sont plus inextricables. Bientôt les dépouillés sont portés à réfléchir et à reconnaître que c’est une grande vérité, que les fruits sont à tous et la terre à personne ; que nous sommes perdus que de l’avoir oublié ; que c’est une bien folle duperie, de la part de la majorité des citoyens, de rester l’esclave et la victime de l’oppression de la minorité ; qu’il est plus que ridicule de ne point s’affranchir d’un tel joug, et de ne point embrasser l’état d’association, seul juste, seul bon, seul conforme aux purs sentiments de la nature ; l’état hors duquel il ne peut exister de sociétés paisibles et vraiment heureuses. La Révolution française nous a donné preuves sur preuves que les abus, pour être anciens, n’étaient point indéracinables (…)  »

    Gracchus Babeuf « Contre le droit de propiété »
    Manière de voir n° 112 : Le temps des utopies

  13. Comme je suis, aujourd’hui, en veine de propositions d’articles pour une future nouvelle Constitution révolutionnaire, en voici un autre, extrêmement important quand on sait que, suivant le site Internet français « Les clés de la banque », les comptes à vue représentent, en France pour l’année 2009, 26 % de l’ensemble des dépôts pour un montant global de 464 milliards d’Euro ( !!).

    « §1er. Pour les besoins du présent article, on entend par compte à vue un contrat exclusivement bancaire qui a pour objet la garde des fonds du client par le banquier et l’obtention des services bancaires permettant notamment l’usage de la monnaie scripturale.

    §2. Le contrat de compte à vue :

    a) n’est pas un contrat de prêt de consommation, par dérogation à l’article 1915 du Code civil ;
    b) n’a aucun effet translatif de propriété des fonds du client au banquier, par dérogation à l’article 1893 du Code civil ;
    c) n’est pas productif d’intérêts, par dérogation à l’article 1905 du Code civil.

    §3. Le banquier peut faire usage des fonds du client :

    a) seulement dans le cadre de sa mission d’intermédiation bancaire ;

    b) moyennant l’autorisation du client et sous les conditions et les modalités définies, de commun accord, dans le contrat de compte à vue. ».

    1. « mais tout calcul de probabilité n’est pas un pari : qui seraient les parieurs ? Le probabiliste et… Dieu ? »
      En effet, au sens strict du terme, pour parier il faut être au moins deux. Mais la notion clé du pari, c’est le hasard, qui créé l’enjeu.

      Or, le hasard, c’est ce qu’encadre le calcul des probabilités.
      Cela fait donc « appel » à la notion de pari, mais ne se confond pas avec.

      Je reste donc droit dans mes bottes ou dans ma bêtise, c’est selon:)

  14. L’article premier de la déclaration des droits de l’homme est celui qui permettrait, à mes yeux, de niveler l’ensemble des individus au « simple citoyen ». Sans quoi, cette notion ainsi que celle d’utilité commune me paraît vide de sens. Le simple citoyen qui voue un intérêt pour le sort des pêcheurs de maquereaux n’a certainement pas la même notion de l’utilité commune que l’héritier d’une grosse centrale d’achat fournissant les poissonneries des supermarchés…

    Le problème de la naissance, et donc de la dévolution successorale, ne s’est pas révélé au 18ème siècle. Déjà, Platon, dans La République, préconise une procréation dénuée de lien parentale. Les révolutionnaires en rompant tout lien de droit avec la naissance reprennent cette idée.
    Néanmoins, le poids de la structure familiale, remontant à la Nuit des Temps, n’a jamais permis de donner à cet article tout ce dont il en résulte. Et Napoléon avec son effort de guerre a permis le retour des règles de l’Ancien Régime, sans même que soit effleuré le concept de la dévolution successorale (ni même le vieil adage « res mobilis, res vilis », cher à la noblesse).

    PS: La suppression de l’intérêt, par « l’évaluation de la prime de risque et des coûts des services délivrés par l’octroi d’un prêt ou le dépôt d’argent, en valeur absolue » me paraît faire appel à la notion de pari financier, tant évaluer une prime de risque semble être un calcul de probabilité.

    1. « … me paraît faire appel à la notion de pari financier, tant évaluer une prime de risque semble être un calcul de probabilité ».

      Ne mélangeons pas tout. On peut faire un pari sur la base d’un calcul de probabilité, mais tout calcul de probabilité n’est pas un pari : qui seraient les parieurs ? Le probabiliste et… Dieu ?

    2. Assurance n’est pas finance, bien que les banques-assureurs veuillent nous faire croire le contraire (catégorie en pleine croissance par ailleurs). L’assurance se base sur les probabilités. La finance, sur le jeu (le pari). L’une est d’utilité commune. L’autre, non.
      Cordialement.

    3. Jouer au loto pour gagner de l’argent, s’en remettre totalement au hasard pour gagner son salut, cela tombe sous le coup du Code Civil.

      Évaluer un risque pour pallier à toute infortune dans la bonne marche d’un projet social, c’est recourir aux probabilités, et donc reconnaître que pour partie, le projet repose sur une part de hasard.

      Par définition, la finance ne se confond pas avec le pari, puisqu’il s’agit de donner les moyens à la réalisation d’un projet. Néanmoins, ces moyens comprennent l’évaluation du risque, et donc la considération de l’aléa.

      Maintenant si les financiers s’en remettent totalement au hasard, ce qui paraît être le cas à la lecture du premier privilège, le Code Civil a lieu de s’appliquer. Mais il s’agit plus à mes yeux d’une dérive que d’un privilège. Les banquiers, dans leur incompétence, n’ont pas cherché à circonscrire la part de risque (par peur de se tromper), et ont fondu la détermination des moyens à mettre en place pour tout projet dans une loterie où ils sont toujours gagnants.

      Placer ce phénomène sous le terme de « privilège », ce serait un peu les disculper.

    4. « Par définition, la finance ne se confond pas avec le pari, puisqu’il s’agit de donner les moyens à la réalisation d’un projet. » : c’est inexact à mon sens. Vous partez d’une définition où la finance sert à la réalisation d’un projet, au sens de matériel, concret, réel. Or, vous vous méprenez complètement sur la véritable nature de la finance actuellement : la plus grande part de l’activité de la finance actuellement n’EST PAS de donner des moyens à la réalisation d’un projet mais bien de se donner les moyens de réaliser leurs propres projets, à savoir créer de l’argent à partir de l’argent.
      Votre postulat est faux et le reste suit : la finance se confond avec le pari, ce que n’est pas l’assurance. Vous mélangez, ce que souhaite la finance, deux fonctions, qui n’ont rien à voir.
      Ce n’est pas une DERIVE, c’est bien un privilège accordé à la finance, devenue pari mais s’exonérant des obligations du Code Civil : si ce n’est pas un privilège ça, c’est quoi ?
      Et ne croyez pas trop à l’incompétence des banquiers ou à leur peur de se tromper : vous ne trompez que vous même. La réalité est que l’objet principal et même unique n’est pas de circonscrire le risque mais bien d’identifier comment et où se faire le maximum de pognon !!
      Le risque, ils laissent cela aux autres : aux états, aux citoyens.
      Cordialement.

    5. « Vous partez d’une définition où la finance sert à la réalisation d’un projet, au sens de matériel, concret, réel. »

      Oui, je reconnais qu’un projet a pour vocation de se formaliser concrètement, car s’il reste au stade du projet, c’est qu’il est avorté.

      « Ce n’est pas une DERIVE, c’est bien un privilège accordé à la finance, devenue pari mais s’exonérant des obligations du Code Civil : si ce n’est pas un privilège ça, c’est quoi ? »

      Je persiste à penser qu’il, s’agit d’une dérive plus qu’un privilège. Comme vous le remarquez, il y a violation du Code Civil. La Loi ne lui reconnait pas ce droit. Par contre la Loi reconnaît le droit de la naissance.
      Quant à l’assurance et à la finance, je conçois la distinction des deux activités, mais la finalité reste la même: se parer à toutes les éventualités suscitées par la mise en œuvre d’un projet…

      Le père de famille qui conduit sa maisonnée en vacances au volant d’une voiture familiale ne veut pas, en cas d’accident se retrouver démuni. Il va donc s’assurer.
      Le financier sollicité par un entrepreneur, dont le projet est de vendre de la saucisse à l’aide de sa forme évocatrice, va déterminer la viabilité du projet, et considérer la part de risque, qui, selon sa proportion, le poussera à soutenir ou non le projet. Il s’agit donc de s’assurer de la viabilité du projet.
      Pour le père de famille, le projet est réalisable mais dangereux, pour le financier le projet est à réaliser et sa mise en place est dangereuse.

    6. Je comprends mais nous ne parlons pas de la même finance. En pratique, la finance que vous décrivez là est la définition de ce qu’une banque aurait dû rester être. Ce qu’elle ne font plus ou plus majoritairement : la majeure partie de la finance tire ses subsides d’autres ‘évaluations’, qui n’ont plus rien à voir avec ce dont vous parlez. C’est de cette finance là que je parle. L’autre, que vous décrivez, reste d’une ‘utilité commune’, quelque soit la nature de sa propriété (privée, publique ou commune).
      Cordialement.

    7. mais tout calcul de probabilité n’est pas un pari : qui seraient les parieurs ? Le probabiliste et… Dieu ? »
      En effet, au sens strict du terme, pour parier il faut être au moins deux. Mais la notion clé du pari, c’est le hasard, qui créé l’enjeu.

      Or, le hasard, c’est ce qu’encadre le calcul des probabilités.
      Cela fait donc « appel » à la notion de pari, mais ne se confond pas avec.

      Je reste donc droit dans mes bottes ou dans ma bêtise, c’est selon:)

  15. Je suis tout à fait d’accord avec tous les intervenants qui constituent un ensemble vraiment impressionnant de personnalités de haut niveau !

  16. Excellente idée, mais serait-il possible de mieux mettre en valeur ce qui est extrait du texte original (italique, bloc de citation, guillemetts overts puis fermés…) et le commentaire, ça aiderait beacoup à la lecture?

    1. Dans le même ordre d’idées (et ce n’est pas dans la page formatage! 🙂 ), serait-il possible que la réponse que l’on rédige à un commentaire existant soit située juste en dessous de ce commentaire et non en toute fin de page? Il est en effet fréquent de vouloir se référer au texte que l’on commente et c’est assez difficile lorsqu’il est perdu au milieu de 200 autres…

  17. Intéressant. Je connaissais pas ce texte. Il confirme (une fois de plus) mon observation personnelle: le retour d’une nouvelle version du régime féodal, soutenu par le pouvoir en place et animé par l’idéologie néolibérale. Sous la monarchie absolue, la réligion faisait corps avec la royauté (le roi étant le représentant légitime de dieu sur terre), à nos jour l’argent remplace la réligion chrétienne.

    1. Il n’est pas nécessaire d’utiliser le terme « féodal » qui a sa signification propre. Il est vrai qu’il est moins facile d’utiliser les mots du communisme parce qu’ils occultaient en fait ce qu’ils désignaient. C’est ça le gauchisme : une arnaque sur la signification des mots ! On ne peut donc plus que faire attention à utiliser ce vocabulaire qui a déjà servi à duper

    2. Pour zebur :
      « Gauchir » veut dire « déformer » Et ainsi de suite.
      Je pense avoir raison quand je dis que la gauche s’est illustrée en trompant les gens avec des expressions qui, depuis, ne veulent plus rien dire !
      Exemple : « république démocratique et populaire » ! Il y en a tant qu’on veut, mais vous êtes figés sur vos positions comme une statue de Lénine !

  18. @Zebu :

    Supprimer l’intérêt n’est pas une bonne idée. D’une part stratégiquement c’est aller trop loin, ou pas assez. D’autre part, il est difficile de faire admettre que celui qui se prive de son épargne en la mettant à disposition ne soit pas dédommagé. Ce serait comme louer un bien sans contrepartie.

    1. Si il y a épargne, c’est qu’il y a eu accaparement. Non?
      Ou bien ai-je mal lu « L’argent, mode d’emploi »

    2. Je comprends cette objection, Lisztfr. Car nous sommes tellement ‘formaté’ à concevoir de cette manière que cela en devient pénible d’envisager autrement. Je le dis pour moi, car j’ai eu la même réaction que vous.
      Sur le fond, deux objections à votre remarque.
      D’abord, si vous demandez l’interdiction de l’intérêt pour l’emprunt, il me paraît sain de pouvoir envisager sa ‘symétrie’, soit l’interdiction de l’intérêt pour les dépôts. Sain car sinon, je ne vois pas comment vous pourriez justifier une telle demande et les partisans du statu quo auraient alors beau jeu de dénoncer votre attitude : imaginez un peu les quolibets dont on vous affublerait (‘gauchiste’, irresponsable’, ‘véritable égoïste’, … toute chose que Senec se ferait un plaisir d’asséner).
      Vous ne seriez donc pas crédible. Et en philosophie politique, c’est pas rien.
      Si vous souhaitez donc l’interdiction de l’intérêt pour l’emprunt car vous avez conscience que l’intérêt est le véritable moteur des inégalités et des privilèges de ceux qui peuvent prêter à ceux qui empruntent, afin de les maintenir en leur dépendance, il faut donc aussi ‘sacrifier’ l’intérêt versé pour les dépôts. C’est la force du capitalisme que de présenter les choses ainsi : beaucoup de personnes hésiteront alors à sacrifier ‘le tout’, car hormis ceux qui n’ont rien en dépôt, tout les autres ont à y perdre.
      En apparence et en apparence seulement.
      Car de fait, les intérêts versés aux dépôts n’est qu’une infime part (la part du pauvre) de ce que les banques utilisent pour produire leurs bénéfices. Pourquoi ?
      Parce que les dépôts servent d’abord à permettre aux banques à prêter, à vous, à moi, provoquant ce que l’on a pu identifier plus haut, à savoir l’asservissement de tous au profit de quelques uns. Et que ce faisant, les banques s’y retrouvent : les intérêts versés aux dépôts sont inférieurs, forcément inférieurs aux intérêts perçus sur les prêts. D’où une source intéressante de profit.
      Mais surtout, c’est qu’avec les intérêts versés pour les dépôts, les banques justifient leurs existences comme incontournable, auprès de la masse de ceux qui possèdent un peu (en démocratie actuellement, cette masse est toujours majoritaire, en regard de ceux qui possèdent énormément et qui ont d’autres moyens de ‘rentabiliser’ leurs dépôts et ceux qui n’ont rien ou si peu). Un maximum de personnes déposent donc leur argent mais le plus souvent en compte courant, encore assez rarement rémunéré. Le reste est déposé en épargne, le plus souvent bloqué. Or, que font les banques avec cet argent, bloqué ? Elles l’investissent. Et pas à 3%. Mais à 10, 15%.
      Ce qui fait que si vous faites les comptes, pour les banques, nous avons :
      – crédit proposé à intérêt : +4%
      – rémunération des dépôts : -3%
      – placement des dépôts : +10%

      Au final, qui y gagne véritablement, quand INDIVIDUELLEMENT vous y gagnez très peu (3%, hors inflation !!) et quand vous y perdez SOCIALEMENT beaucoup (cf. état actuel de la société et privilèges constatés du secteur financier) ?

      Quel est votre intérêt à conserver l’intérêt sur les dépôts quand vous préservez les intérêts de ceux qui possèdent suffisamment mieux rémunérer leurs ‘dépôts’ et que vous contribuez ainsi à justifier l’intérêt de certains à ce qu’un tel système perdure ?

      Des miettes aux cochons, devrais-je dire et les cochons sont heureux qu’on les ‘engraisse’ ainsi …
      Très honnêtement, supprimons l’intérêt, y compris (et même surtout) aux dépôts : nous y avons tous intérêt.
      Cordialement.

    3. @la menuise

      Mais ceci est une autre question (Accumulation « primitive » du capital…).

      Quelle est la différence entre prêter son argent et prêter son champ ? il n’y en a aucune, et donc supprimer l’intérêt est illogique à moins de supprimer aussi la location, le bail, etc.

    4. @ Lisztfr

      Je lis bien, mais ma provocation amicale est de demander à la cantonade: Faut-il « supprimer aussi la location, le bail etc » pour reprendre votre exemple.

    5. @ Lisztfr et La Menuise :
      A mon sens, l’intérêt n’est pas en lien avec une location : votre intérêt est de louer votre bien, pas d’y ajouter un intérêt de surcroît.
      Lisztfr, il me semble que vous mélangez deux choses différentes : l’évaluation du risque (la prime) et l’intérêt.
      Cordialement.

    6. Bien entendu qu’il faut supprimer le fermage ou la location, qui est à la terre la même usurpation marchande du bénéfice d’une ressource commune que l’intérêt à la ressource argent. Ça me semble limpide. C’est un « propriétaire foncier », et exploitant, qui vous le dit.

      C’est de là qu’a été inventé le capitalisme. C’est de là qu’il sera éradiqué définitivement. C’est inéluctable.

      La réflexion de Liszt en est l’illustration parfaite. Le droit de propriété privée sur la terre est la limite indépassable pour certains, pour presque tous. Combien de révolutions naufragées sur des réformes agraires? Un hasard?

      Combien d’écolos affirmant haut et fort, d’un coté, que la planète n’appartiendrait pas à l’humanité et à l’orée du collapsus, d’un autre coté, à l’idée qu’on atteigne d’une manière ou d’une autre à leur liberté ultime, bizarrement concentrée sur leur petit lopin de terre bien eux et personne d’autre! Sur un espace clôturé et garantie dernière de leur chère liberté individuelle.

      Grotesque. Et tout cela sera révolu un jour et ravalé à ce que ce n’aurait jamais dû cesser d’être : une anomalie monstrueuse, un non-sens ontologique.

      Je suis absolument convaincu que la bifurcation se situe à ce moment de l’histoire, quand la propriété foncière a réglé toutes les structures sociales, toutes ses représentations, tous les jeux de pouvoir. Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’au merveilleux cataclysme des subprimes de 2007. Pour que chacun devienne propriétaire… Ben voyons!

    7. La prime de risque pour le risque encouru ne peut justifier à elle seule l’existence de l’intérêt : celle-ci doit être évaluée en valeur absolue (et non en pourcentage) lors de l’emprunt, avec les services délivrés.

      Zebu,

      Comment évaluer une prime de risque sur un prêt sans faire intervenir un pourcentage de la somme empruntée? Le risque n’est pas le même quand vous prêtez 1000€ à 2 ans et 1 000 000€ à 30 ans, sans même parler de la solvabilité initiale et de l’apport de l’emprunteur. Si vous décorélez la prime de risque du risque, j’avoue ne pas comprendre comme vous trouverez qui que ce soit pour accepter de prêter ou d’exercer une fonction assurantielle quelconque.
      De même, la rémunération liée à cette prise de risque me paraît délicate à exprimer en valeur absolue, car dans ce cas le prêteur n’aura plus aucun intérêt à prêter de grosses sommes et préfèrera systématiquement les petits emprunts.

      Ceci dit, j’avoue être très impressionné par la qualité de vos propositions auxquelles j’ai bien envie de souscrire des deux mains! Elles ont le mérite d’être extrêmement concrètes.
      J’émettrais un bémol pour l’interdiction des paris sur les fluctuations prix dont les applications pratiques me semblent mériter un approfondissement supplémentaire, quelque alléchante cette mesure m’apparaisse sur le principe.
      Ceci mis à part, bravo!

    8. @ Listzfr, vigneron et zébu (ds l’ordre alphabétique)

      Intérêt et location même nuisance.
      J’aime bien l’excès mis en évidence dans le mot surcroît que vous employez , le « trop de » car c’est bien ce surplus qui nous fait souffrir, mais que nous tolérons sans frémir.

      Pourquoi cette gloutonnerie?
      Lors de notre bref passage, la Terre nous est prêté gracieusement. Pourquoi devrions-nous obligatoirement nous l’approprier, puis la louer? Et puis quoi encore? La sacager, peut être?

      Il y a peu sur ce blog, avec l’aide de Brassens, nous sourions à l’idée que l’on puisse s’attribuer un mérite personnel d’être né quelque part.
      Il est tout aussi risible, à mon sens, que nous tolérions comme une évidence que les premiers arrivés puissent s’approprier cette terre uniquement parce qu’ils auraient eu » le mérite » d’arriver les premiers.

    9.  » le mérite » d’arriver avant… Voulais-je dire.
      Nous sommes avant ceux qui nous suivront et après ceux qui étaient là avant nous.
      Mais vous aviez compris.

  19. Quelques citations :
    Dans une république, les fonctionnaires ont moins de pouvoir défini que dans les gouvernements monarchiques et plus d’autorité discrétionnaire.
    Gustave de Beaumont de La Bonninière, Marie, ou l’Esclavage aux États-Unis, ABU, la Bibliothèque universelle

    C’est seulement maintenant sous la troisième République que la bourgeoisie, en son entier, a conservé le pouvoir pendant plus de vingt ans.
    Friedrich Engels, Socialisme utopique et socialisme scientifique, traduction de Paul Lafargue, ABU, la Bibliothèque universelle

    En parlant toujours au nom de la république, pour laquelle il agit, et qu’il va incessamment rétablir… – Alexandre Dumas, Le Corricolo

    Chacun doit penser à la republique comme à chose où il va de son interest… – Henri Estienne, La Précellence du langage françois

  20. Le « gauchiste » est anti-individualiste, pro-collectiviste. Il veut que la société règle les problèmes de tout un chacun et prenne soin de lui. Il n’a a pas l’esprit d’une personne ayant une profonde confiance en elle-même, dans sa capacité à résoudre ses problèmes et à satisfaire ses besoins. Le « gauchiste » est opposé au concept de compétition car au fond de lui, il a une mentalité de perdant.

    1. @ Senec
      … dans sa capacité à résoudre ses problèmes et à satisfaire ses besoins…

      Les chiens satisfont très bien leurs besoins sur les trottoirs. Ce sont peut-être des gagneurs, mais assurement des emmerdeurs.
      Toutes ressemblances avec… bla bla bla… fortuite.

    2. C’est exact.
      Le gauchiste pue du bec et a les cheveux longs.
      De plus, il a les pieds plats et ne peut même pas servir de chair à canon.
      Mais à quoi peut-il donc servir ?!
      Le gauchiste, voilà l’ennemi !!

      Ah ben tiens, un début de réponse …

    3. Les moutons de panurges sont ils individualistes ou collectivistes ? Sans doute collectivistes, mais le banc de sardines est collectiviste également, or ce comportement augmente leurs chances de survie.

      L’individualisme a beaucoup d’avantages par exemple de favoriser la liberté et la créativité, le refus des normes, en revanche en tant qu’idéologie il occulte ce qui dépasse l’individu et conduit donc à une impasse (de sens) … Une famille est déjà une abdication de l’individu. Pourquoi se soucier d’un enfant ? L’individualisme ne veut pas dire égoisme, mais l’idéologie individualiste est utilisée politiquement pour nier le fait que l’économie capitaliste produit des inégalités insurmontables pour les défavorisés.

      Les USA sont individualistes, ils sont au bord du gouffre. Qui sont les moutons de panurges, ceux qui ont tous agis de la même manière, individualiste.

    4. @Senec

      Vous êtes pétri, sans le savoir, par l’individualisme méthodologique : vous croyez n’être redevable de rien ni de personne et vous croyez pouvoir vous en sortir tout seul. Graves erreurs !

      Si je ne me trompe pas, c’était vous qui invoquiez, l’autre jour, Jaurès en disant quelque chose du genre « qu’on arrête de se prendre pour lui ». Mais, justement, le socialisme associationniste ET individualiste de Jaurès et d’autres (Proudhon, Mauss, Fournière etc…) est en train d’être redécouvert. Voyez, à cet égard, sur la Revue du Mauss permanente (lien sur le blog de Paul Jorion), les comptes- rendus du livre de Philippe Chanial, « La délicate essence du socialisme » et des articles de cet important auteur.

    5. Premier réflexe : mdr
      Mentalité de compétitivité : pour qui, pour quoi ? Souvent pour son nombril hélas et aussi « toujours plus » ou « nimmer sat »
      Et le droitiste, le christianiste et autres istes autistes en piste ?
      Des talents individuels au service des autres, de la collectivité, le sens de l’effort oui, le gagnant/gagnant en toute honnêteté…… mais j’arrête car je trouve que je me répète et j’ai faim.
      Bref, faudra revoir vos référents à mon très humble avis.

    6. « …concept de compétition… »

      3 mots dérisoires et concept archaïque. J’imagine l’illuminé qui inscrit en lettres capitales cette formule sur la porte d’entrée de sa maison. Vous seriez capable de faire pouffer de rire tous les animaux alentour.

    7. @Senec
      Qu’est-ce que vous êtes drôle alors, vous !!

      Il est comment le « droitiste » ?
      Individualiste et anti-collectiviste ?
      Si c’est ça qu’on arrête de lui fournir
      la mangeaille dans les rayons de son épicier.

    8. Tiens c’est bizarre mon message a disparu !
      Je redirais un seul élément, Senec : vous m’avez beaucoup fait rire.
      Le reste serait du réchauffé que je ne réécris pas…
      Je me demande, tout de suite, comment vous voyez la mayonnaise entre l’individu et le collectif.
      Est-ce une question de moment ? On pense d’abord individu et ensuite le collectif ? Où l’inverse ?
      Les deux au même instant ? Par des allers retours successifs ?
      Est-ce que la question se résume entre anti et pro ? (à ce propos comment sont les « droitistes »?)
      Est-ce une posture individuelle qui conviendraient aux deux dimensions à la fois ou inversement ? …
      C’est pas le tout de parler d’individualisme ou de collectivisme mais ça veut dire quoi ? Quel type d’individualisme ? On en a fait un gros paquet tout à fait confus et dépouillé de sens.

    9. Quelle rigolade alors !
      Senec vous avez l’art et la manière pour poser le problème de l’individu et du collectif !

      Individualiste et collectiviste, c’est pas vinaigrette ou sauce blanche. Ce serait plutôt une affaire de mayonnaise : comment prend-elle, quelle trombine elle a au final.

    10. Vous ne répondez pas honnêtement. Vous cherchez seulement à me disqualifier. L’entêtement ne peut pas rendre libre !

  21. Le problème des lois et des régles économiques ou toutes autres c’est que l’on préfère qu’elles soit exhaustives et descriptives plutôt que simples et applicables. On essaye naïvement de décrire tous les cas possibles plutôt que de donner un cas général simple et applicable. On essaye de faire « mieux que bien » et voulant être parfaitement « juste » en décrivant tous les cas existants. Ne connaissant pas le futur évidemment tous les nouveaux cas sont en dehors du coup puisque l’on a seulement pu décrire ce qui existait avec ce type de méthode descriptive et, plutôt qu’un bonne loi ou règle qui ne serait peut être pas parfaite mais tout de même applicable, on a autant de brèches. A chaque fois on obtient des textes qui sont dès leur conception contournables et en plus extrêmement difficiles à comprendre par chacun. Une bonne loi ne serait t-elle donc pas une loi applicable et compréhensible par tous simplement et donc applicable plutôt qu’une prétention artificielle à une loi exhaustive descriptive et soi disant juste mais en fait qui n’est qu’une vrai passoire par sa simple conception prétentieuse ?

  22. @ quelques uns,
    J’apprécie toujours quand « la » solution consiste à remplacer une « dictature »: celle de l’argent ou du capital par exemple, par une autre dictature toujours qualifiée de « démocratique » (ça autorise chacun à vider dans ce sac toutes ses aspirations secrètes, tous ses refoulements et souvent plus sombre encore…).

    1. Il a été établi depuis longtemps que le monde se divise en deux : ceux qui veulent conserver le monde tel qu’il est quitte à en modifier un ou deux détails, et ceux qui ne veulent plus de ce monde.
      Il est très facile de savoir qui est qui.
      Que f’affrontement soit nécessairement violent, c’est ce que l’histoire nous apprend.
      Il faut prendre Troie, ou la défendre.
      Il faut suivre Franco ou le combattre.
      Il faut accepter le joug nazi et la complicité d’un « gouvernement légal » avec cette dictature, ou les combattre, etc.

    2. @ Lisztfr
      Votre réponse ne suit pas forcément le cours de ma pensée… je fais simplement remarquer qu’il est facile et assez usuel de qualifier de démocratique ou démocratie ce qui ne l’est pas, comme dans « démocratie populaire » qui n’est ni démocratique ni populaire.

    3. @marc Peltier
      « Chacun trouve légitime d’hériter de biens et de valeurs, mais sous bénéfice d’inventaire. On considèrerait, par exemple, comme injuste d’être assujetti au remboursement des dettes de jeu de ses parents… »

      Oui, enfin, « légitime » peut être néanmoins revu. Dans des tribus océaniennes, lorsqu’une personne meurt, tout est brûlé avec le corps : la case et même la récolte. Seule une statuette est sculptée en mémoire du défunt qui sera également brûlée une année après.
      Évidemment, il ne s’agit pas de brûler le mas provençal du grand-père avec ses ceps de vignes chez nous mais on peut quand même se reposer la question de cette prétendue légitimité, de ses effets, de sa fonction…

    4. Hé hé !
      Mon message ci-dessus s’est perdu dans l’arborescence…
      Donc pour le rapprocher de son destinataire, descendre
      le sentier de quatre niveaux :
      Charles A, le 4 août et la « putréfaction du système »,
      Senec, « les conflits de pensée »
      Gu Si Fang, « la planche à octets »
      puis le voilà rendu là où il devait se placer.

    5. @Marlowe
      1_ votre anticipation du jugement d’autrui n’est pas forcément fondée… votre interprétation ne regarde que vous.
      2_ votre vision manichéenne du choix montre que vous ne vous êtes peut-être pas confrontés à ceux que vous citez (hinc et nunc); bien sûr, quelques décennies plus tard c’est un peu plus confortable, au moins parce qu’on connait le bon (c.à.d. le vainqueur!). Dans la réalité, ceux qui ont eu à en décider montrent combien la nécessité du choix et l’impériosité du combat leur étaient pregnantes mais surtout que la balance pouvait, pour chacun d’entre eux, peser facilement d’un coté ou de l’autre. Pour ceux qui adhéraient à une idéologie, le choix était tout dicté comme pour les communistes pro nazis de sepembre 1939 à juin 1941 (opération Barbarossa) pro « alliés » ensuite, ou pour les « cagoulards » toujours pro nazis. Pour les autres, y compris les « croix de feu », entre le bon maréchal, désigné démocratiquement par les chambres et son fils rebelle, dernier rejeton d’un gouvernement déchu, le choix n’était certainement pas évident. Le maréchal n’allait-il pas continuer dans la veine de la troisième république adaptée aux tristes circonstances et le général par intérim verser dans la dictature pro anglo-saxonne?

  23. Le 4 août et un «autre» 4 août.
    Charles-André Udry répond en écho à la contribution de Paul en 2009

    Extrait:

    Toutefois, les rapports de forces d’ensemble entre Capital et Travail, le poids des scories des appareils syndicaux et politiques (social-démocratie, mais aussi les PC recyclés), l’insigne faiblesse d’une représentation socio-politique «classiste» des exploité·e·s et des dominé·e·s comme bien d’autres facteurs (espaces mondialisés, temporalité nécessaire pour la reconquête de solidarités internationalisées effectives, etc.) nous renvoient à une situation fort difficile, complexe et périlleuse pour l’essentiel de l’humanité. Y compris avec la résurgence de forces d’une droite dure pouvant trouver des appuis dans la néo-petite bourgeoisie et des secteurs populaires désorientés par la brutalité de la crise, ses effets dans leur vie quotidienne comme dans celle de leurs enfants, ainsi que par les options de ce qu’ils croyaient être «la gauche».

    Dans cette phase longue doivent se combiner des tâches de défense des droits démocratiques – étant donné les attaques brutales contre les droits sociaux et du travail, mais aussi démocratiques élémentaires (situation faite aux immigré·e·s «clandestins», comme pointe de l’iceberg répressif) – et des actions revendicatives basiques, mais très difficiles à faire aboutir (salaires, temps de travail, emploi); donc radicales, car allant à la racine de la crise.

    A cela doit s’articuler – même en termes pédagogiques et propagandistes – une perspective socialiste qui remette à l’ordre du jour l’actualité bien réelle d’une socialisation que l’évolution même du système fait ressurgir: sous le visage, pour prendre un seul exemple, de la concentration et centralisation du capital avec la «planification», autoritaire, qu’implique la propriété privée. Une «planification» qu’il faut radicalement démocratiser en socialisant la propriété des groupes et forces socio-économiques (donc politiques) qui trônent, comme toute oligarchie.

    L’importance d’une relance de la perspective d’un socialisme-à-venir est directement liée au degré de «putréfaction» du système. Celle-ci est exemplifiée par les famines et la faim, la crise de l’eau, les pandémies, les formes de néo-esclavagisme (de la prostitution contrôlée par une mafia mondialisée s’appuyant sur des complicités dans les «hautes sphères» en passant par les résurgences du travail servile ou semi-servile intégré dans le capitalisme de pointe, entre autres sous l’aspect de la sous-traitance) ou encore par les «guerres nouvelles». Un «4 août» se prépare, avec une grande patience – mais active – qui ne se cantonne pas dans la dénonciation «anti-capitaliste» ou le «marxisme académique».

  24. Ne sommes-nous pas sur un site de discussion ? Il faut accepter les conflits de « pensée » ! Comme je vous l’ai déjà dit, il n’y a pas que les salariés à être désolés de la tournure que prennent les choses et de l’abus hypocrite issu des pouvoirs occultes mis en place dès l’époque de la Révolution. La féodalité et la monarchie étaient, elles au mo,ins des pouvoirs déclarés, contrairement à ce pouvoir hypocrite qui nous mange les entrailles comme des parasites qui prétendent être indispensables à notre vie et à notre survie. Vous êtes d’accord avec le terme de parasites, sûrement, mais avez-vous pensé qu’ils ont commencé leur règne précisément il y a 221 ans ! Enfin, en 1776, c’était déjà les mêmes, mais vous n’y pensez guère. Pourtant, la révolution américaine, soutenue par Louis XVI et pour laquelle il a ruiné la monarchie, a précédé la Révolution française. Ne parlons pas de la révolution en Angleterre. Là, il s’agit de plus de 150 ans ! Tout est relatif !

  25. @ Zébu

    « à mon sens car l’explosion de la dette publique était antérieure, de beaucoup, à la création de la BCE. »

    L’explosion de la dette remonte plus à 1980, selon les pays. Une interprétation plausible est qu’avec la stagflation des 70′, les Etats ont frôlé l’hyperinflation. Hélas ! Ils n’ont pas réussi à supprimer le déficit, et ont juste changé de méthode pour son financement : ils sont passés de la planche à billets à la planche à octets. En France, cela c’est fait au début des années 80. La déréglementation financière a joué un rôle important en permettant à l’Etat d’emprunter sur les marchés internationaux (donc moins cher que s’il s’était limité à l’épargne française). On peut même dire que c’était probablement sa principale motivation. La déréglementation a été faite pour faciliter le financement du déficit par la méthode 2).

    « Si la ‘méthode’ actuelle n’était pas mise en place, nous n’aurions pas cette dynamique de la dette publique »

    Exact. Mais quelle conclusion en tirez-vous ? Le sens de mon commentaire est qu’aucune des deux planches n’est viable ni très significative dans les dépenses publiques. Or, sans 1) ni 2), la seule alternative est : pas de déficit. Pourquoi ? Parce la dette et le seigneuriage sont les seules méthodes dont dispose l’Etat pour financer son déficit. Il n’y a PAS de recette magique permettant de financer un déficit en manipulant la monnaie. C’est une erreur ancienne qui remonte au moins à John Law. Sur ce thème, voyez le chapitre de Rist sur Law :
    http://gigapedia.com/items/320960/

    En ce qui concerne l’intérêt, sa suppression / interdiction est une absurdité. Voir mon commentaire ici :
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=14633#comment-101201

    Cdt,

    P.S. Merci de nous avoir donné l’occasion de lire le décret du 4 août :
    http://www.cercle-du-barreau.org/files/Decret_du_4_aout_1789.3.pdf

    1. D’accord avec vous sur la situation actuelle : comme je le disais, trop tard et ce dès le départ (à partir du moment où vous laissez la porte ouverte aux banques … à intérêt).
      Pas de solutions magiques, non. Mais le fait de montrer d’où provient la cause permet d’identifier aussi ‘les coupables’, qui ne sont évidemment pas ceux que l’on nous montre. Et ça, politiquement, cela change tout de permettre à un peuple de comprendre que celui qui nous parle de sacrifices et de réduction du train de vie, sans compter sa propention à nous bassiner sur notre train de vie personnel trop élevé, est celui qui a permis aux gougnafiers bancaires de se gaver, à nos dépens. Et que celui qui continue ainsi de parler est celui-là même qui continue à vendre nos intérêts à ceux qui nous ont volé.
      Seules solutions ‘rationnelles’ :
      – reset général (je n’y crois pas),
      – monter d’un cran : passer et revenir à une gestion monétaire mondiale, avec ou sans bancor (très difficile).
      Cordialement.

    2. Le plus probable est le rafistolage :
      – un « défaut déguisé » sur les dettes sociales qui sont de loin plus importantes que la dette publique (baisse des pensions, des remboursements médicaux, hausse de la CGS/CRDS)
      – un peu d’inflation
      – hausse des impôts
      – baisse marginale des dépenses

      A part la baisse des pensions, ces mesures n’auront que des effets à court terme. Pour revenir à une situation financière saine à long terme, il faudra trouver 100Md€ par « structurellement » c’est-à-dire hors période de bulle (2000 = excédent budgétaire) ou de crise (2009 = 9% de déficit). Ce n’est pas loin du budget de l’éducation nationale PLUS le montant de l’impôt sur le revenu. On n’en est même pas au début du commencement avec l’actuel programme de « rilance » (sic).

  26. @ Zébu
    Merci de nous rappeler comment les privilèges, que les bénéficiaires considèrent comme allant de soi, peuvent être abolis.

    Ce pourrait être une définition du privilège : Tout intérêt personnel non partagé dont le bénéficiaire considère qu’il va de soi…

    Je rajouterais à votre liste le bénéfice hérité du service des dettes publiques, c’est à dire la possession par héritage de titres de dette publique. Je m’explique :

    Chacun trouve légitime d’hériter de biens et de valeurs, mais sous bénéfice d’inventaire. On considèrerait, par exemple, comme injuste d’être assujetti au remboursement des dettes de jeu de ses parents.

    Cependant, s’il s’agit de dettes publiques, il ne saurait être question de les récuser, car tout citoyen est solidairement responsable de cette dette, et s’en acquitte par l’impôt.

    Tous contribuent (ou devraient). L’Etat rembourse la dette de tous à certains, qui encaissent, sont en général très minoritaires (et sont souvent ceux qui devraient contribuer le plus, mais trouvent, en pratique, mille moyens de l’éviter). Il arrive souvent qu’on les appelle, abusivement, « les marchés »…

    Ceux-là considèrent que leur droit à bénéficier de la contribution générale va de soi, même si ce droit résulte d’un héritage. C’est en vérité un privilège.

    La dette publique à l’échelle que nous connaissons est un fait nouveau dans l’histoire de l’humanité. Le fait que tous doivent rembourser à quelques uns, par le mécanisme du marché et de l’impôt, constitue, selon moi, une mise en cause directe de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, car on peut, en naissant, se trouver d’un côté ou de l’autre d’une barrière sociale : celle qui sépare ceux qui payent de ceux qui encaissent.

    Je n’ignore pas que la mise en cause de la légitimité de l’intérêt perçu sur la dette publique ruinerait immédiatement les marchés concernés, l’émission de dette publique sur des marchés privés n’ayant alors évidemment plus aucun sens.

    Ceci revient à dire que la gestion par des marchés privés de la dette publique est incompatible avec les Droits de l’Homme.

  27. Sortir de la pensée unique est un exercice qui demande beaucoup d’humilité et de travail. Il faut avoir le courage de se remettre en question et surtout de remettre en question toutes les croyances ! La croyance est une illusion qui fait office de mur contre lequel on s’appuie pour constamment renvoyer la balle de la même manière. Il faut du temps et de la réflexion. On ne peut y arriver qu’après un temps de réflexion inversement proportionnel à l’envie qu’on a de ressortir immédiatement les clichés du groupe dans lequel chacun se complait à renchérir toujours les mêmes pseudoévidences.

  28.  » Le résultat de la croissance gigantesque des moyens de production est de travailler toujours plus, et pa

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