31 réflexions sur « Le Banquet de Lagrasse, lundi 9 août à 18h00 »

  1. Comme vous avez de la chance M. Jorion.
    Ce site est très reposant.
    Propice à la réflexion .
    Mon cher et tendre, artificier à ses heures, a eu l’occasion, il y a quelques années, de faire un feu d’artifice « au feeling » avec les musiciens qui se produisaient lors d’un tel « banquet ».
    Bonne chère et bon vin aussi.

  2. Sauf que pour Paul, la chance n’y est vraiment pour rien ! Aide-toi et le ciel t’aidera. Cet adage est très important, je trouve puisqu’en réalité il faut considérer que « Dieu » n’agit qu’à travers nous et non par lui-même, ce qui éclipse tous les malentendus à propos de l’existence ou de la non-existence d’un dieu ! Dieu est la solidarité entre les hommes et le tout le reste ! Un autre mythe est qu’il faille nécessairement faire bonne chère pour avoir du bonheur !

  3. Je suppose qu’à l’abbaye de Lagrasse, vous ne ferez pas… maigre! Un humble conseil, si vous me permettez? Ne transformez pas la laïcité en une religion, sinon la soirée risque de se terminer en véritable hallali! L’anticonformisme peut se transformer paradoxalement au pire des conformismes: soyez « dada »…

  4. Lagrasse, le vin et les livres.

    L’éditeur Verdier qui a, entre autres, édité les mémoires de Lacenaire.

  5. La leçon finale de BP : tous les coups sont permis

    Robert Reich

    Le groupe BP repart de zéro, malgré la marée noire provoquée par l’un de ses puits de pétrole dans le golfe du Mexique. Il vient de se doter d’un nouveau président, américain, et sa situation financière s’améliore. Avec des recettes atteignant le montant étonnamment élevé de 75,9 milliards de dollars au deuxième trimestre 2010, le bilan de la compagnie dépasse les estimations de Wall Street. Ce chiffre inclut une perte de valorisation boursière de 32,2 milliards de dollars, ainsi que le fonds d’indemnisation de 20 milliards de dollars réclamé par l’administration Obama.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/07/la-lecon-finale-de-bp-tous-les-coups-sont-permis-par-robert-reich_1396746_3232.html

  6. Hegel : » le citoyen et le bourgeois qui se logent en nous ne parlent pas d’une seule voix. »

    En ce qui me concerne, le citoyen et le bourgeois qui se logent en moi ne parlent que d’une seule voix, celle de mon humanité. Je me sens depuis mon enfance petit d’homme, il fait l’unanimité et règne sans partage. Mon appartenance au genre humain est la seule noblesse que je me reconnaisse et que je reconnaisse en autrui. Le reste est de la valeur ajoutée, ces petits plus ou moins qui font nos singularités. Nous départageant selon les talents, les compétences, les cultures……..etc, mais n’influant en rien sur ce minimum auquel on doit respect, notre dignité humaine.

    C’est une certaine idée de l’être humain, notre capacité a nous reconnaître en l’autre, de reconnaitre l’autre en nous qui engendre des comportements vertueux. Seule la reconnaissance ou non de ce principe fondamental départage réellement l’humanité, à mon sens. C’est là le point de départ de toute conscience.

    Il n’est pour moi aucune vertu qui puisse justifier que l’on porte atteinte d’une façon ou d’une autre à l’intégrité physique et moral d’un individu. Beaucoup se sentent atteint dans leur dignité alors que ce n’est que leur amour propre qui est froissé, ou certains de leurs principes, considérés comme sacrés.
    Beaucoup également, en appellent au sens de l’honneur pour justifier une atteinte à la dignité humaine. Le comble du déshonneur en vérité.

    Comment amener la multitude à choisir le petit d’homme, là me semble la vrai question. Peut-être par la Justice, par l’outil du Droit appliqué en tenant compte des circonstances d’un délit et ne donnant par priorité absolue à un jeux de procédures techniques. Se basant dans l’application du texte sur la connaissance des faits et mesurant leur impacts réels. Faisant la part des choses ,interprétant le texte en fonction de l’esprit dans le quel le texte à été rédigé, son objectif, et non pas en fonction de la lettre.

    Une justice s’appliquant de façon lapidaire et aveugle n’est plus la Justice. La Justice fait la part des poids et des mesures des responsabilités. Il ne peut y avoir de Justice sans équité qui soit au service de l' »Homme ». Qui ne soit soumise au principe d’égalité de tous les êtres humains dans la dignité. Le but de la Justice est de protéger ce principe sacré entre tous.

    Sans avoir établit cela, toutes postures n’est que simulacres et littérature. La seule intransigeance qui vaille.

    A partir du moment ou la place dans la société, et le poids en matière financière confère à un individu une extraterritorialité législative, c’est que les lois sont mal faites, ou mal appliquées. La Justice ne peut être rendue.

    Cela pose la question de l’éducation, d’une certaine exemplarité dans les faits et gestes de chacun. Cela pose également la question essentielle: où place t-on le curseur de la limite de toutes les libertés et de nos devoirs?

    Cela pose la question de l’auto-censure que l’on est capable de se poser à soi même et d’exiger en juste retour. Tous le reste s’harmonisant autant que possible autour de ce principe sacré précité.

    De cette façon la cohésion de l’ensemble est garantie, ainsi que la place nécessaire à l’expression des singularités individuelles.

    A partir de là on pose le principe de Bien Commun nécessaire à la vie et au développement des individus et des collectivités. Chacun sa culture, ses moeurs ,ses gouts, mis en cohésion par le sens et le respect du Bien Commun. La dignité humaine faisant partie du Bien Commun.

    La dignité humaine des individus ,la notion du Bien Commun s’imposent. Le reste dispose en fonction des cultures de chaque communauté. Chaque nation est un ensemble de communautés se constituant en une seule sur la bases de principes fondamentaux. Le pays est une communauté dominante qui impose le respect de ses règles de vie en commun aux communautés désireuses de s’installer.

    L’iniquité dans la répartition des poids et des mesures, dans l’effort citoyen, dans la rétribution, dans les droits et les devoirs des uns et des autres sapent la cohésion des collectivités qu’elles qu’elles soient. Et fait le terreau propice aux exactions de toutes natures, fournissant un alibi.

    Le principe d’égalité est le masque de toutes les iniquités.

    En quoi nous reconnaissons nous égaux? Qu’est ce qui fait nos singularités et nous distinguent? Comment ce qui nous distinguent peut-il justifier l’iniquité et porter atteinte à ce en quoi nous sommes censé être égaux? Portant atteinte au principe sacré qui fonde ce que nous prétendons être.

    Une chose me gène par exemple, dans un projet de loi faisant que l’atteinte à la personne d’un représentant de l’Etat entrainerait une plus lourde condamnation que si il s’agissait d’ un citoyen quelconque.
    La vie,l’intégrité physique et mentale d’un représentant de l’Etat aurait- t-elle une valeur supérieure à celle d’un citoyen « ordinaire »?

    Quand on tue un représentant de l’ordre, on tue d’abord un « Homme » par ce qu’il est représentant de l’ordre. Et non le contraire. Le crime est dans l’acte et dans les circonstances, pas dans l’intention et le motif. On porte atteinte aux valeurs fondatrices de notre Constitution en ôtant
    la vie à un individu pour une question d’opinion. Ce faisant c’est un crime contre l’Etat, gardien des valeurs fondatrices de notre République, telle que définies dans notre Constitution.

    Ce projet de loi n’a aucun sens, il est dangereux.

    Pour les gens du voyage autre exemple. Ce sont des communautés dont le mode de vie est le nomadisme. C’est leur droit le plus absolu. Ils souhaitent que l’on mette à leur disposition des lieux pour pouvoir s’installer le temps de leur séjour. Soit c’est le minimum que l’on puisse faire. Pour cela ils nous faut leur fournir l’accès à un minimum de commodité digne d’une personne humaine. En contrepartie il est légitime d’attendre que ces personnes participent à l’effort collectif que cela demande, qu’ils prennent soin des lieux en participant à leur entretient. Ils ont les mêmes droit et devoir que n’importe quel citoyen. Si on appliquait une réciprocité entre les devoirs et les droits de chacun, tout irait bien. Mais voilà soit on donne des droits sans contrepartie, c’est considéré comme un du. Soit l’on exige des devoirs mais on bafoue les droits. Dans les deux cas on pratique l’injustice. Source de tous les conflits, décrédibilisant l’expression de toute autorité

    La Justice est la mère de toutes les vertus. D’un autre côté il n’y a pas de Sagesse qui soit sans Justice, ni de Justice sans Sagesse. Ni de Raison qui soit dépourvue de Sagesse et ignorante de la Justice. On dit aussi que l’amour rend aveugle, c’est faux, la passion rend aveugle. l’Amour est clairvoyant sinon ce n’est pas de l’amour. Si je n’aime en l’autre que ce qui me convient ou que je crois qui me convient au point d’ignorer ce qui ne me convient pas. Je n’aime pas l’autre en vérité, mais une certaine idée de l’autre. La séduction est une part de l’amour, l’amour n’est pas la séduction. En l' »Homme » tout se tient.

    Tout cela pour dire que rien de véritable ne se construit sur du sable, l’édifice doit reposer sur un roc. Or c’est dans les fondations que réside la fragilité de notre Civilisation. C’est là qu’il faut oeuvrer et consolider. En posant ce qui n’est pas négociable, ce qui n’est pas divisible.

    La psychanalyse en la matière est intéressante. Je pense à un thème du Yi-King, « travailler sur ce qui à corrompu ». Mais c’est un art redoutable, nul ne peut s’adonner à la psychanalyse s’en s’être aventurer soi même en son propre labyrinthe, afin d’y rencontrer le Minotaure. La maîtrise intellectuelle et la spéculation mentale ne suffisent pas l’intelligence du corps est requise, comprendre l’autre c’est l’accueillir en soi, devenir lui en partie et écouter. Cette science peut conduire à la manipulation du sujet sur l’analyste et de l’analyste sur le sujet.
    Il faut être battit sur un roc et s’aventurer avec un fil d’Ariane. Mais il y a toujours une porte secrète que l’on ne franchit jamais. La psychanalyse s’arrête ou commence le mystère de chacun.

    Mais je crois beaucoup en la psychanalyse de l’histoire de l’évolution de notre humanité jusqu’à nos jours ,pour une lecture des codes sociaux culturels. Afin d’ entreprendre une certaine réécriture. Commencer à se transmettre de génération en génération la transformation. Les mythologies et les cosmogonies sont un excellent support. L’intuition qui prolonge l’intelligence dans l’obscurité est un atout qu’il faut avoir.

    Le musée des horreurs de l’humanité nous fournit une matière première de choix.Toutes les déviances et les perversions s’y trouvent. A l’origine de toutes il y a une seule. C’est là le lieu de la bataille véritable.

    Le plus difficile est d’accepter que ces autres qui parfois nous indigne sont fait de la même matière que nous.

    Qui a dit qu’une lame mal forgée ne se redressait pas, à moins qu’on ne la refonde pour la reforger?

    L’Amour parfois fais de ces miracles.

    Socrate avait raison dans le « connait toi toit même, et même les dieux… »

    1. Bonjour Saule,

      Belle prestation de réflexions.
      Nous sommes tous différents et pas seulement avec nos empruntes digitales mais avec une interprétation personnelle de ce qui nous entoure.
      Parler de la Justice, comme je l’écrivais hier en mise à jour à un vieil article en triptyque sur la justice, c’est comme parler de la pluie et du beau temps qui a des hauts et des bas. La seule justice égalitaire, pour bons ou mauvais, pour riches ou pauvres, sanctionnera la vie toujours au même tarif. Ce sera à la fin ‘perpette’ pour tous.
      Même pour le commissaire Maigret.
      🙂

    2. Une remarque : quand un état considère qu’un policier a plus de valeur qu’un citoyen, le sens est très clair (il suffit de suivre les mots) l’état est plus un état de policiers qu’un état de citoyens.

      Une autre remarque : une société qui reconnaît des devoirs aux citoyens sans leur reconnaître des droits est une société qui ne mérite pas de durer et une société qui reconnaît des droits aux citoyens sans exiger des devoirs n’a pas d’avenir.
      La valse hésitation entre ces deux extrêmes, que nous avons connu dans l’histoire, que nous connaissons aujourd’hui et que nous allons connaître encore plus demain, est un produit du mouvement historique du capitalisme. Quand il le peut et quand cela lui convient, c’est à dire quand cela lui permet de bien fonctionner, le capitalisme préfére présenter un visage dit démocratique, et quand il ne le peut pas, il ne répugne pas à présenter un visage moins souriant.

    3. Je vous suis parfaitement, mais il se fait justement que, dans le domaine financier en particulier puisque c’est de lui qu’on discute le plus souvent, les nouveaux maitres se soient arrogé, avec la collaboration consciente ou inconsciente du pouvoir en place, des lois qui, en fait, leur donnent des privilèges particuliers alors que précisément on avait voulu abroger les privilèges en supprimant l’Ancien Régime !
      Il faut supposer qu’en fait, il y avait une tendance sous-jacente pour aller dans ce sens parmi les promoteurs de la Révolution. Ce pouvoir occulte s’est révélé déjà avec l’instauration de l’icône célébrant « l’Être suprême » qui semble bien être une idée maçonnique, si je m’abuse.
      On en revient ainsi rapidement à un concept déjà évoqué ici même par un de nos amis : « le capitalisme de gauche » au lieu du pouvoir de la monarchie, de la noblesse et du clergé.
      Permettez-moi de penser que réunir en une seule expression deux concepts qui pour moi ne sont pas souhaitables ni l’un ni l’autre (ceci n’engage que moi) a quelque chose de comique ou de tragique. C’est comme on veut.
      En tout cas, la nuisance de cette association du capital et de la gauche a montré ses limites, pour dire le moins ! Comment en arrive-t-on là et au-delà ? Le pouvoir en place n’est que trop demandeur de projets de loi clés en main qu’il suffit de signer ! Cela s’appelle le lobbying et je peux vous assurer que le lobbying est particulièrement apprécié par le pouvoir puisqu’il suffit de recevoir les délégués qui vont faire l’article sans que le ministre doive se soucier de ce qui pourrait bien faire plaisir aux groupes de pression. Quant à voir les implications précises qui sont contenues dans la complexité voulue des projets, c’est autre chose qu’on découvre malheureusement au moment où certa,ins se se,ntant dupés voudraient réagir. Trop tard, c’est dans la loi. Nuisible ? Peut-être, peut-être pas, mais en tout cas légal ! Voilà donc la nouvelle façon occulte petit à petit qui est sortie de la révolution. Occulte, bien sûr, puisque le vrai pouvoir ne désire pas paraître au balcon.

  7. Je pense que Robespierre , énormément influencé par J.J Rousseau ,fondait son action sur « la vertu » incarnée par le peuple , selon lui , ce qui faisait sourire un Danton qui ne trouvait pas de vertu dans le peuple et qui n’avait rien contre l’enrichissement . D’où les débats et les discours sur « vertu et terreur  » , la terreur ne pouvant se justifier sans la vertu et la vertu se manifester sans la terreur ( pour pousser jusqu’au « bout » la révolution…)

    Laquelle s’est arrêtée en route , à la chute de Robespierre et Saint Juste, fixant son statut de « révolution bourgeoise « et selon certains historiens le début de la  » bourgeoisie absolue « …

    Cela dit il fallait bien que cesse de fonctionner  » cet asile aux mains de fous  » qui donnait à tout suspect un arrêt de mort . Ce même peuple « vertueux » et ce qui restait de la convention en ont eu assez de ces bains de sang qui obligeait la guillotine à se déplacer tellement « l’odeur était devenue insupportable » , sans compter évidemment que la suspicion est le contraire de la justice et que personne donc n’était à l’abri.

    Je ne sais si la fameuse liste qui a entrainé la chute de Robespierre avait été dressée par lui ou par des factions qui voulaient sa perte ,en attendant le stratagème s’est retourné contre lui .

  8. Pourquoi demanderait-on à des nomades ce que l’on ne demande pas aux sédentaires?… Vous sous- entendez dans votre petit texte que les nomades ne connaîtraient que leurs droits et ce faisant reserverait à la collectivité le soin de nettoyer les terrains qu’ils occupent après leur départ.
    Je ne peux discuter le fait de savoir si les nomades sont plus sales que les autres mais avant de le demander à des gens qui souvent occupent des terrains sans les commodités à laquelles ils ont le droit l’on devrait plutot observer que tout rassemblement de n’importe qui d’autre que les nomades mobilisent des équipes de nettoyeurs dont tout le monde trouve normal qu’ils fassent ce pour quoi ils sont rémunérés par la collectivité.
    On peut donc se demander pourquoi ils ne seraient pas tout a fait aussi normal qu’ils participent aussi au nettoyage des lieux occupés par des gens du voyage. N’importe quel marché laisse à sa fin des monceaux de détritus dont personne n’accuse ceux qui font leur marché de ne pas les avoir ramassés auparavant, N’importe quelle manifestation culturelle ou sportive de même laisse des terrains souvent dévastés par des tonnes d’ordures sans que l’on demande à qui que ce soit de remettre les terrains en l’état où ils l’avaient trouvé…pourquoi donc ce deux poids deux mesures sinon par une stigmatisation qui se recouvre du voile de la vertu…

    1. Kabouli, Simplesanstête

      Saule dit :  » … … Soit l’on exige des devoirs mais on bafoue les droits. Dans les deux cas on pratique l’injustice. Source de tous les conflits, décrédibilisant l’expression de toute autorité »

      N’allez-vous pas un peu vite en besogne, ne faites-vous pas dire à Saule ce qu’il ne dit pas ? Il termine en substance son propos en précisant bien que la balance est truquée, que dans l’équilibre des droits et devoirs, elle penche nettement du coté des devoirs, ce qui en l’espèce représente un déni de justice. Saule n’a que le tord ici que d’énoncer une vérité universelle qui n’avait pas besoin de cet exemple malheureux pour être étayé. Votre critique a sa pertinence mais elle ne me semble pas justifier ce courroux 😉
      Mais il est vrai un courroux cela ne vient pas sur commande ça part tout seul !

      Sur le plan des principes, je ne trouverais pas inconvenant que ceux qui occupent des lieux, manifestations culturelles et autres, quittent les lieux après les avoir nettoyés. Soit dit en passant, je suis assez vieux pour avoir connu une époque où chacun jetait en tous lieux ses papiers et autres cigarettes dans la rue, piétons comme automobilistes. Or sur ce point précis les comportements ont évolué. Lorsque j’étais en Chine, à l’inverse, dans cette société autrefois qualifiée de collectiviste, j’ai vu tout un chacun se délester à qui mieux mieux de ses papiers usagers, et ce dans des hauts lieux touristiques, au motif que d’autres se chargeaient de ramasser ces ordures. C’était il y a un vingt ans, là aussi les choses évolueront certainement quand l’individualisme refluera dans ce pays qui a brusquement troqué une morale totalitaire pour un capitalisme autoritaire sans éthique.

      N’ est-il si absurde d’exiger que les pollueurs soient les payeurs lorsqu’il s’agit de problèmes écologiques graves qui engagent les multinationales et dénier toute individuelle lorsqu’il s’agit de collectivités humaines plus réduites, ou simplement des individus ? L’échelle du problème change, mais sur le principe n’est-ce au fond pas le même phénomène ?
      Les grands dégâts écologiques ne sont-ils pas d’une certaine façon la conséquence de la soustraction de chacun a sa responsabilité individuelle ? Dans le cas contraire il faudrait admettre qu’il est possible aux pollueurs de polluer en toute liberté pourvu qu’ils réparent ensuite les dégâts, ou du moins paient pour cela. C’est exactement ce qui se passe en ce moment avec BP. BP va payer mais qui peut dire quels seront les dégâts à moyen et long terme sur l’environnement ? MIeux vaut prévenir que guérir dit l’adage.

      Dit autrement, le sens du collectif peut-il avoir un sens s’il n’y a pas d’abord responsabilité individuelle ? Sensibilité individuelle, qui se cultive. Rousseau aurait dit une passion, allant à contre courant de la plupart des philosophes qui opposent raison et sentiment, éthique et morale. Je crois que les années qui viennent vont être celles du grand « retour » à certaines des intuitions fondamentales de Rousseau. Paul évoque son versant politique mais il y a aussi son versant éthique. Rousseau donc au programme de lecture de mes toutes prochaines vacances !

      Réciproquement, sans le sens du collectif la responsabilité individuelle est-elle seulement possible ? Responsabilité individuelle est un mot trompeur car toute responsabilité individuelle ne s’exerce jamais que parmi les autres humains qui forment collectivité, elle signifie donc se sentir responsable en tant que membre d’une collectivité. Mais il est vrai le sens de la responsabilité individuelle n’est jamais si vif que lorsque la société se délite. Lorsque les lois et la morale sont suivies acceptées, éthique et morale font corps avec le système, si bien que d’une certaine façon éthique et morale perdent de leur force initiale.

      Pour revenir aux nomades le fait est qu’ils ne sont pas considérés comme faisant partie de notre horizon collectif. Ils existent mais nos sociétés font comme s’ils n’existaient pas. Leur existence est pensée à coté de la notre, pourtant ils sont le témoignage vivant qu’une autre vie est possible. La reconnaissance de ce témoignage d’une autre existence possible ne devrait-il pas d’une certaine façon définir la civilisation ?
      Un grand défi du monde actuel est de repenser l’altérité par delà les lois nationales et les frontières, réelles ou symboliques, qui par définition sécrètent de l’exclusion, sans pour autant diluer les sociétés dans un monde globalisé d’où disparaît le local et le singulier. A l’heure où la circulation des capitaux est totale, la liberté de circulation des humains ne fait aucun progrès, elle régresse même. Combien nos concitoyens, ne serait-ce qu’ à l’intérieur de nos frontières, ne pourront partir en vacances ? De toute évidence le primat de la liberté accordée à la circulation des capitaux joue en défaveur de la liberté de circulation accordée aux humains.

      Quant au clivage qui existe en nous entre le citoyen et le bourgeois n’invite-t-il pas à reconnaître que les ressources de l’éthique et les injonctions de la morale trouvent leurs limites et qu’il ne suffira donc jamais à compenser l’égoïsme du bourgeois, qu’il faut donc de nouvelles règles pour qu’une vie sociale soit simplement possible ? D’où à coté de l’éthique et de la morale la nécessité d’un troisième pilier, celui du politique. Pour faire société qu’il manque l’un de ces piliers et c’est l’édifice qui vacille. Le politique dans sa dimension la plus universelle c’est, parce qu’il y a le constat d’une mésentente, d’une injustice criante, définir un nouveau terrain au sein duquel éthique et morale peuvent à nouveau se conjuguer. Aujourd’hui on en en pleine époque moraliste avec une éthique qui ne s’exprimer qu’à titre de témoignage d’une résistance ou d’invention des conditions de possibilités d’un autre monde possible, en grande partie parce que le politique a été absorbé par l’économique. La morale actuelle impose des devoirs qui sont sources d’iniquités parce qu’elle s’exerce dans une sphère économique d’où est banni tout principe d’égalité.

    2. Ce qui m’inspire une petite anecdote, mais révélatrice de l’idée très relative que nous nous faisons de notre implication à respecter le bien commun.
      Les marchés à la parisienne et donc à la française nécessitent effectivement des équipes de nettoyage avant de restituer les lieux publiques tellement ils sont encombrés de détritus.
      Mais en Allemagne par exemple, ce sont les commercants eux-mêmes qui individuellement ôtent toutes traces de leur passage.
      J’observais un marchand de sapins de Noël, balayer difficilement les dernieres épines laissées par son commerce de la matinée, sur un sol pavé.
      Je me remémorais ma voisine en France qui refusait systématiquement de nettoyer facilement et occasionnellement devant chez elle à l’unique pretexte qu’elle payait des impôts et qui le faisait savoir à la mairie.
      Dois-je en conclure que les Allemands ne payent pas d’impôts ou bien…

    3. Un petit geste citoyen pas difficile du tout et même très agréable. Faites comme moi si vous avez le malheur de vous « alimenter » quelques accidentelles fois dans un Mac-Do ou autre gargote-rapide du même acabit : Ne débarrassez pas la table!
      Laissez ça au personnel. Z’auront qu’à embaucher quelques précaires de plus et augmenter les prix s’ils s’en sortent pas!
      Je débarrasse chez moi, chez des amis ou en famille, mais surement pas quand j’ai payé une bouffe, infâme qui plus est!

  9. Pour un début de semaine je suis comblé.
    Je viens de lire dans le Nouvel Obs le dossier remarquable « Les GEANTS de la pensée » qui nous présente succinctement :
    François Jacob : Génie de la cellule, « Rien n’est plus dangereux que la certitude d’avoir raison »
    Jacqueline de Romilly : Mme la Grèce
    Edgar Morin : Intelligence de la complexité, à la croisée des sciences exactes et de la vie
    René Girard : penseur de la violence, victimes, coupables, boucs émissaires, …
    Jacques Le Goff : clerc moderne, apôtre de la nouvelle histoire
    Maurice Allais : économiste rebelle, « l’équilibre concurrentiel, situation d’efficacité maximale »
    Paul Virilio : critique de la vitesse, « ce n’est plus une religion du salut mais de la perte »

    Tant d’autres noms de disparus ou en devenir sont également associés à cet échantillon de spots qui nous éclairent et nous aident à trouver notre chemin pour un monde meilleur.
    Que sortirait de ces penseurs mis en réseau ?

    J’allais dire « n’en jeter plus », mais voila que je découvre le papier remarquable et courageux de saule (on s’en doutait), merci tout simplement & tout humblement.
    Monsieur Saule, je vous suis à 1000/100 sur les considérations concernant la JUSTICE. Les 2 lampes de poche qui m’ont éclairées dans ma prime jeunesse sur cet aspect là étaient mon grand-père paternel pour qui la justice était innée, il était presque en odeur de sainteté devant elle, et aussi l’image mythique de St Louis rendant la justice sous un chêne.

    Une remarque pour le policier : image simpliste sans doute : je l’assimile un peu à une ligne blanche ou un stop, il est clair que le policier et sa hiérarchie se doivent d’être sans reproche hors erreur humaine.
    Son uniforme devrait être sa première arme de défense (sans les gadgets). C’est un objectif.

  10. @L’enfoiré

    J’ai cliqué et j’ai trouvé cette phrase elle dit beaucoup en peu de mot. J’aime beaucoup. J’y retournerais , il y à matière et substance. Merci

    « Face au miroir, réfléchissons sur notre vie avec un peu de subjectivité dans l’objectivisme »

  11. Tous les pays ne sont pas également propres, loin de là ! C’est leur droit si c’est l’habitude et l’usage, mais où s’arrête la liberté quand on devient un invité ? Et que penser d’un hôte de passage qui fracture votre clôture ? Vieux problème, déjà connu au Far West et à l’âge de la sédentarisation (Néolithique). Vieux conflit, qui est ravivé par la culture de peuples issus de cultures de bergers itinérants et non d’agriculteurs.

  12. @ saule dit : 9 août 2010 à 03:52

    J’approuve ce que vous avez très bien exprimé dans ce texte et notamment ce qui se rapporte à la justice.

    Cependant il me semble sentir certains partis pris à la fin de votre intervention. L’un contre les représentants de l’Etat, l’autre en faveur des gens du voyage, ce qui a mon sens, tend à brouiller la pureté des sentiments que vous exprimez.

    Quand on est représentant de l’Etat on n’est pas un citoyen comme les autres. On est en devoir, au nom de l’Etat, d’accomplir une de ses missions au profit de la collectivité. Ça n’est pas un privilège, c’est une charge qui expose ceux qui l’assume dans l’intérêt du public, pour le bien commun : l’ordre et le respect des lois.

    Ne pas tolérer que ceux qui portent atteinte à la vie des représentants de l’Etat soient plus sévèrement punis, montre d’une certaine manière que l’Etat serait traité au même rang que le citoyen lambda alors qu’il représente l’ensemble des citoyens. Si une loi est adoptée démocratiquement à ce sujet par les représentants du peuple, tous les citoyens y seront soumis et prendront peut-être mieux conscience de ce que représente l’Etat au travers de ses représentants. Ça n’est pas inutile.

    Tout comme vous, j’ai le plus grand respect pour les gens du voyage.

    Ceux auxquels je pense en premier, sont ceux qui matin et soir, pour un petit salaire, sont contraints à voyager pour regagner le lieu de leur travail, souvent placé loin de leur domicile. Ceux là, sont en plus astreints à payer des impôts, des taxes d’enlèvement des ordures ménagères et à payer des emplacements de camping lorsqu’ils arrivent à s’offrir quelques jours d’évasion. J’en connais qui supportent mal de voir que leurs confrères, gens du voyage reconnus, vivent à bord de caravanes et voitures de luxe à longueur d’année et y voient une forme d’injustice.

    Comment luter contre ce sentiment d’injustice, surtout au lendemain de dérives inacceptables, allant jusqu’à s’en prendre aux biens publics ?

    1. Vous avez raison de le souligner si vertueusement monsieur jduc.Il est bien évident que les gens du voyage n’ont aucun droit d’être prospères ni bien sûr riches sans que les pauvres se sentent insultés.
      Pourtant certains arrivent bien avant les services municipaux pour débarrasser nos villes des encombrants. Tout le monde a du faire l’expérience de voir pendant un déménagement surgir des gens du voyage pour embarquer des meubles et débarrasser ainsi la chaussée de vieilles reliques que les services de la voirie n’auraient évacué que le lendemain. Peu de ces personnes sont oisives et même la mendicité – qui est bien plus le fait de nombreux SDF gaulois que des gitans – est une forme d’activité à laquelle il manque simplement une caution morale, Ce ne sont pas les membres des organisations humanitaires qui me contrediront. Pour la plupart les versements reçues par ses organisations entretiennent principalement ces mêmes organisations.

    2. @ kabouli dit : 12 août 2010 à 23:39

      Les deux dernières fois que j’ai déménagé, j’ai fait appel à la fondation Emmaüs pour récupérer divers objets et meubles dont nous ne voulions plus.

      C’est une « entreprise » qui a pignon sur rue, qui intègre des personnes en difficulté et qui tant par son fondateur que par un de ses anciens dirigeants devenu secrétaire d’Etat, dispose d’une bonne image. Elle n’a pas eut besoin de se distinguer en faisant usage de véhicules luxueux ou de destruction de biens publics.

      Je me permets de vous la recommander, vous pouvez même lui faire des dons, sans qu’elle amène ses membres à faire la manche. Tout cela en toute transparence et dignité.

    3. Vous êtes certainement bien libre de choisir ceux qui vous débarassent de vos encombrants.Personnellement je n’ai fait que constater le fait de la célérité gitane pour vider les trottoirs.
      Quant à la fondation Emmaus je vous rappellelqu’elle dépend d’une Eglise aussi pointilleuse que les gitans sur les questions de montrer ses richesses et ou abondent les véhicules les plus luxueux sans l’alibi de tracter des caravanes mais avec celui de représenter somptueusement la pauvreté …. Avez vous entendu parler entre autre de la papamobile
      http://www.motorlegend.com/actualite-automobile/nouvelle-papamobile/photo2,2335.html
      …Tandis que le curé de campagne roule en kangoo ou en mobylette..
      A ce sujet je ne critique nullement l’Eglise le monde étant ce qu’il est un peu de tralala ne rajoute rien à la misère humaine mais au contraire l’a fait oublier . Je constate que vous êtes de ces catholiques modernes qui renient les liens ancestraux et profonds de cette église et des gitans.
      Car dans la question gitane de ces derniers temps il n’est en cause que le fait de traiter toute une communauté comme facteur de désordre sans s’attarder à la nécessité de certains « désordres » dans le monde. Ce qui favorise ces désordres sont les conditions indignes qui sont imposées à une partie de la communauté française ou européenne et qui provoque sa juste révolte et qui pour les plus durs atténuent leur culpabilité..Même Villepin a pris position contre.
      En voulez-vous à Jésus Christ d’avoir chassé violemment les marchands du temple ou à l’Abbé Pierre fondateur d’Emmaus d’avoir demandé à la France d’accepter de recueillir certains des membres des brigades rouges.

  13. Sarkozy à ce propos se propose d’imiter l’Italie berlusconienne et d’éradiquer destradirions de liberté millénaires…

    http://www.youtube.com/watch?v=YJs-h8zNXew&feature=related

    du bon Guichard

    http://www.youtube.com/watch?v=5nnvGrx_6Ho

    gitans et noirs faits pour se rencontrer

    http://www.youtube.com/watch?v=IR9dzO6mcB4&feature=related

    et Dieu et le spirituel seul abri contre la méchanceté et la bêtise des hommes

    http://www.youtube.com/watch?v=UkMUhMpEKls

    des femmes superbes

    http://www.youtube.com/watch?v=k0NVMEJ6Gh4&feature=related

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