La Tribune, « Rien n’a véritablement changé », mercredi 18 août 2010

Je réponds à quelques questions d’Eric Benhamou sur le thème : « Les subprimes, trois ans après ».

Trois ans après l’éclatement de la crise financière, le procès des subprime a-t-il eu lieu aux Etats-Unis ?

Le marché des « subprime » n’existe plus car la plupart des établissements spécialisés ont été balayé par la crise et que plus aucune banque ne se risquerait aujourd’hui à accorder des crédits immobiliers risqués. Mais ce type de crédits peut renaître du jour au lendemain. Sur le plan de la réglementation, rien n’a véritablement changé. Il est bien question que les courtiers doivent se faire enregistrer et la toute nouvelle agence de protection des consommateurs, mise en place par la réforme financière, tentera, avec bien des difficultés sans doute, d’imposer des contrats clairs et lisibles de deux pages au lieu de ces fameux contrats de 32 pages qui ont ruiné tant d’emprunteurs. C’est bien peu au regard du séisme financier déclenché par les crédits subprime.

Une autre crise des subprime est-elle possible à l’avenir ?

Oui pour au moins deux raisons. Tout d’abord, rien n’a été fait pour limiter les dynamiques de bulles. Dans un contexte de bulle, la mécanique est toujours la même : les emprunteurs sont solvables tant que le prix de leur actif augmente, ce qui incite les banques à accorder des prêts très rémunérateurs qui nourrissent la bulle… jusqu’à son éclatement. Il existe une seconde raison, plus sociologique. Les Américains conservent toujours cette idée que les pauvres d’aujourd’hui peuvent être les riches de demain. Cette foi en l’avenir reste profondément ancrée dans une population majoritairement d’origine immigrée. Par nature, l’immigré croit en un système qui doit améliorer sa condition. Et quand tout va mal, ce n’est pas le système qui est mis en cause mais des boucs émissaires ou un hypothétique « complot ». C’est ce qui explique le succès des « tea parties », cette contestation extrémiste à Barack Obama qui déborde largement le camp républicain.

La recherche en responsabilité est donc impossible ?

Il y a quelques actions en justice, menées souvent à titre individuel par des procureurs. Les anciens dirigeants de Countrywide, l’ex numéro un du crédit immobilier aux Etats-Unis, sont toujours poursuivis par la SEC. Pourtant, les responsabilités auraient pu être facilement engagées, notamment à l’encontre de la « Mortgage Bankers Association » qui a dépensé des centaines de millions de dollars en lobbying pour convaincre les politiques de l’utilité des subprime. Pourtant, les dangers étaient connus et l’Etat de Caroline du Nord n’a pas hésité à interdire les subprime et d’éviter ainsi la crise immobilière. Ce n’est pas l’Etat qui a encouragé ces crédits, mais bien le système bancaire lui-même qui a su séduire les politiques avec un discours de lutte contre les discriminations.

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97 réflexions sur « La Tribune, « Rien n’a véritablement changé », mercredi 18 août 2010 »

    1. A ce propos, je me demandais quelque chose et votre commentaire m’offre l’endroit pour poser la question :
      Pourquoi les états empruntent-ils de l’argent à un taux d’intérêt variable ?
      Ici indexé sur la note de l’état cela provoque l’effet de rajouter des difficultés aux états en difficultés, comme si on ajoutait plus de poids aux nageurs qui ont du mal à nager, résultat : ils coulent.
      Les états ne peuvent-ils pas emprunter de l’argent à taux fixe ? est-ce interdit par quelque chose ou bien simplement cela ne fonctionne pas ?

    2. avant c’était comme ça même encore mieux ils imprimaient eux même leur l’argent pour zéro balle…puis il a fallut les ‘soulager’ (pompidou,giscard etc) de cette ‘lourde’ tâche….les états vendus aux capitalistes banksters ont sous traité (outsourcé)….et c’est la que le problème commence….

    3. Les états empruntent principalement à taux fixe selon un taux qui varie d’une émission à l’autre grâce à un système d’enchères inversées : plus la dette de la France est cotée moins le taux sera haut. Le problème c’est le « refi » refinancement des dettes arrivées à échéance. Pour l’instant tout « roule » car les dettes à 6-7-8-9% sont remplacées par de dettes à 2-3-4%. Demain est un autre jour…Quand au pays qui impriment sans retenue, les taux obtenus compensent largement cette liberté.

  1. Dette du japon 7950 milliards soit 63000 € par habitant, dette de la France 1750 milliards soit 27000 € par habitant mais 135000 € par français en âge de produire , les seuls intérêts mangent les impôts des sociétés .
    Le salaire moyen d’un français étant de 2000 €/mois , s’il remboursait le crédit correspondant à cette dette avec sa capacité du tiers soit 666 €/mois , il lui faudrait 40 à 60 ans.
    On peut donc dire que chaque travailleur supporte une charge journalière équivalente à celle d’un logement qui consommerait le tiers de son temps de travail , toutes les 3 heures un français travaille une heure pour rembourser (qui n’est jamais remboursée) la dette faite par les hommes politiques , c’est de l’esclavage , ni plus , ni moins.
    Il s’agit d’un transfert du productif à l’improductif , de l’actif à la sangsue , de l’honnete au malhonnête , du courageux au fainéant , de l’esclave au maitre.
    C’est l’ouverture à toutes les corruptions , concussion , inflation , spéculation , irresponsabilité , esclavage , c’est le départ de toute fin d’un monde.
    Un préteur nous attends au coin de chaque rue chaque matin pour boire notre sang et notre sueur.
    Comme au japon il n’y aura pas de reprise tant que cette sangsue n’aura pas été détruite.
    Depuis 2000 ans en 50 générations chacun devrait avoir 50 maisons en héritage , les voyous les ont prises.
    Ceci doit cesser immédiatement.
    Les bénéficiaires doivent rembourser à commencer par les décideurs , les riches , les préteurs , les subventionnés.
    Les héritiers doivent être spolliés.
    La dette doit être annulée sans remboursement aux préteurs.
    Rien n’a changé depuis la révolution.
    Faut il une révolution pour exterminer cet esclavage ou chacun puise et est l’esclave de l’autre ?
    La vérité doit être dite chaque jour , chaque heure .
    Il ne peut y avoir aucun avenir sérieux dans un pays endetté.
    D’ailleurs les préteurs eux mêmes s’inquiètent et tendent à faire baisser cette dette , preuve qu’ils se méfient des esclavagistes irresponsables , alors encourageons les à détruire cette situation malsaine pour tous.

    1. Bien vu, Bertrand!

      Les responsables de la dette sont les capitalistes qui profitent
      des exonérations de cotisations sociales, des subventions ou du bouclier fiscal.
      Pour combler le déficit ainsi créé, les Etats empruntent aux plus riches
      qui encaissent les intérêts, 43 milliards cette année !

      Quand les banques étaient au bord de la faillite à cause de leurs spéculations
      les Etats les ont sauvées.

      Réforme des retraites ou plan d’austérité, c’est la même logique :
      faire payer la crise du système capitaliste par les populations.

      Une seule réponse: la répudiation de la dette comme l’expropriation du capital.

    2. Et l’endettement privé des ménages? 75% du revenu disponible brut en France (largement privilégiée sur ce critère), 91% en Allemagne, 100% au Japon, 130% en Espagne, 146% en GB, 157% aux US…

      Rappel : revenu disponible brut moyen des ménages (INSEE, non compris 80% des revenus du patrimoine…) en 2007 = 33 100 euros (médian = 27 600).
      Donc dette privée moyenne par ménage français = 24 825 euros sur les revenus de 2007. Plus du double de ce chiffre pour les US ou la GB…

    3. Bertrand,
      Votre diatribe mélange tout. Ne confondez pas le système (établi par les politiques, élus par nous) et ceux qui en profitent, d’une loi qui ne prévient ni ne sanctionne les abus.
      En quoi redistribuer tout l’argent des riches, dont certains sont aussi responsables de leur bonne fortune (car ayant pris des risques et s’étant défoncés ce qui est loin d’être la norme en ce bas monde d’assistés), serait plus juste et surtout plus perenne que les déséquilibres d’aujourd’hui, que je déplore tout autant que vous ?

      La révolution soulage, mais tous les grands soirs sont suivis d’un long matin
      Et le bats de recommencer à blesser, car la nature – ou plutôt les natures reprennent leurs droits.

      Il faut de la réforme, profonde, humaniste, intelligente.
      Mais qui aura la capacité à surmonter le mur d’intérêts et de corporatismes en tout genre, à l’heure où ils ne sont plus nationaux mais mondiaux ?

      Jorion dit que nous devons le faire nous mêmes, car cela ne viendra pas des politiques… Il a raison ! Cela ne nous avance pas pour autant…

    4. @Roux

      « Ne confondez pas le système (établi par les politiques, élus par nous) et ceux qui en profitent, d’une loi qui ne prévient ni ne sanctionne les abus. »

      Je suis pas sûr que vous convainquiez ni « calmiez » grand monde avec des arguments de cette nature… Plutôt bien au contraire.

    5. Hélas Mr Roux.

      Un « New Deal » n’y suffira pas.

      Ne sentez vous pas ce parfum d’apocalypse ?

      Indéniablement, la guerre de (l’oc)Troi(e) aura bien lieu.

    6. @roux

      « En quoi redistribuer tout l’argent des riches, dont certains sont aussi responsables de leur bonne fortune (car ayant pris des risques et s’étant défoncés ce qui est loin d’être la norme en ce bas monde d’assistés), serait plus juste … ? »

      Parce qu’ils ne l’on pas merité. En quoi, preter un million d’euros dont on a pas réellement besoin est-il prendre un risque ? En quoi quelqu’un qui ne se prive pas pour preter une telle somme mérite-t-il de percevoir des intérets ?
      Quand aux gens qui se défoncent dans leur travail, j’en connais beaucoup, enseignatns, ouvriers artisans, ils prennent des riques s’usent la santé et ne deviennent pas riches pour autant, loin de là.
      Quand aux gens qui gagnent des sommes comfortables et se permettent de considérer les chomeurs ou autres bénéficiaires d’allocations comme des assistés je resterai longtemps admiratif de leur impudeur et de leur sens de la solidarité.

    7. j’ai bien aimé votre commentaire. mais il y a des solutions a tout… et en france il n’y en a qu’une !
      faites l’expérience : dans votre entreprise avec vos collègues et vos responsables , mettez vous a parler de politique… et dites que vous ete de gauche. ben : vous aurez la moitié qui sont avec vous ( en réalité beaucoup plus mais certain ont peur ) et d’autre contre. jusque la ca va. ensuite dites que vous etes syndiqué a la CGT par exemple… et la vous allez avoir les foudres de guerre (les chefs vont vous dire pas de ca ici) le patron informé va vite fait de vous mettre au pli ou carrement dehors !
      conclusion :
      la seule chose qui fait peur aux banksters c’est l’organisation des travailleurs entre eux et meme s’il y a des jaunes dans les syndicats (quel qu’il soit) c’est la seule force qui ne peuvent controler. par contre ils controlent tres tres bien les dirigents des appareils……..et c’est sans doute pour cela qu’entre 2 jours de  »mobilisation » il se passe un temps suffisement calculé pour que cela fasse tres protestation.
      si demain tous les travailleurs de france se syndique vous allez voir le changement immediat !

    8. Lemar,

      Si sous prétexte que l’on en a pas besoin (ce qui est une notion bien subjective), le prêt ne mérite plus d’intérêt, comme vous le suggérez, cela remet effectivement beaucoup de choses à plat….

      Mais à vous lire j’ai le sentiment que vous ne parlez que du rentier qui achète des emprunts d’état. Cela existe, mais c’est caricatural.
      Le risque auquel je fais allusion, c’est celui de prêter son argent (acquis ou hérité, il n’y a pas de honte) et surtourt ses efforts à un projet entrepreneurial, sans lequel ce dernier ne verra pas le jour (eh oui, il faut toujours des capitaux pour bâtir une usine, acheter des machines, investir). Le risque, c’est de quitter son emploi ‘bien au chaud’ de salarié et à fortiori de fonctionnaire (car emploi garanti) pour tenter de construire un nouveau projet.
      Et concurrence oblige, les chances de perdre tout ou partie de sa mise son élevées, y compris ses années de stress ou de labeur.

      Reformer le capitalisme, sans aucun doute. Revisiter le communisme qui noie l’initiative individuelle et le talent dans l’égalitarisme, non merci.

      Il reste encore Cuba et la Corée du Nord, vous y passerez des vacances sympathiques.

    9. Est-ce qu’il n’y aurait pas une exaspération, une catalyse des risques de crises capitalistiques, en partie due aux fonds de pensions, fonds d’assurances et co, ??? …
      Je suis pour la répartition, parce qu’elle me semble carrément moins problématique (et puis aussi qu’en 29, les tout petits commerçants qui ont vendu leur fond, en en espérant une retraite, ont déjà manger leur chapeaux une fois, la leçon est connue, pourquoi faudrait-il un remake, les fonds de pension serait beaucoup mieux d’être par répartition, les fonds d’assurance aussi …

    10. @Roux

      « Il faut de la réforme, profonde, humaniste, intelligente. »

      C’est beau!!! On dirait du Giscard version 74… Le changement dans la continuité…

    11. @ bertrand

      La seule chose que vous oubliez c’est que la dette francaise ainsi que la dette japonaise sont principalement détenu par des Français et des Japonais donc ce que les ménages payent en impôt d’un côté revient sur leur épargne de l’autre. Pour que votre comentaire soit pertinent, il aurait fallu exprimer la dette nette et non pas brute (ie ce que la France doit à l’étranger).

      @ lemar
      « En quoi, preter un million d’euros dont on a pas réellement besoin est-il prendre un risque ? En quoi quelqu’un qui ne se prive pas pour preter une telle somme mérite-t-il de percevoir des intérets ? »

      Il y a qd meme un risque que l’emprunteur fasse défaut. Vous pourriez aussi poser la question: Pourquoi qu’elqu’un qui a un million preterai s’il n’y ai pas incité par des intérêts?
      Tres honetement, si j’ai un million dont je n’ai pas besoin et que d’un coté vous me proposer de me l’emprunter à taux 0 et que de l’autre j’ai l’opportunité d’acheter un logement avec et de toucher un loyer ou d’acheter n’importe qu’elle autre bien qui s’apprécie avec l’inflation, je pense que je ne vous preterai pas.

    12. @ Jean
      Ce qui est vrai pour la dette japonaise, détenue à 98% par les japonais, ne l’est pas pour la dette française, détenue à hauteur d’environ 30% seulement en France.

    13. @Julien Alexandre

      Toujours est il qu’il faut hoter ces 30% pour obtenir le poids « réel » de la dette. Ne pas oubliez aussi que les Francais détiennent de la dette étrangère et que par conséquent lorsqu’il rembourse de la dette il percoivent aussi des intérêts.
      Intégrer uniquement les revenus du travail et oublier de considérer ceux du capital me semble incorrect pour calculer le poids réel de la dette.

    14. @ Jean

      Le raisonnement aurait du sens dans une certaine mesure si les intérêts de la dette publique française détenue par des résidents français par le biais de contrats assurance-vie ou d’OPCVM bénéficiaient à l’ensemble des français, via une taxation appropriée des revenus du capital, faisant de facto basculer dans la poche de TOUS les français une part des intérêts perçus.

      Mettant de côté l’aspect purement statistique, je pondérerais le raisonnement par 2 observations :
      – 1/ Il existe parallèlement une infinité de méthodes utilisées par les pouvoirs publics pour déjà minorer de façon conséquente le poids de la dette.
      – 2/ Changer le mode de calcul ne change pas la réalité (malheureusement).

    15. @Julien Alexandre
      Oui changer le mode de calcul ne change pas la réalité, mais uniquement afficher un passif en omettant l’actif me semble incorrect. Il faut considérer l’ensemble des ressources taxables pour calculer le cout réel moyen de la dette pour chaque citoyen.

    16. Enfin bref,
      Au niveau mondial l’ensemble des dettes est égal à l’ensemble de bonis il me semble.
      Si c’est le cas après qu’est ce qu’on fait?

  2. EHR
    tant que nous n’agiront pas RADICALEMENT,rien ne se passera
    néanmoins,les matières premières(la nature) vont nous montrer de quoi il en retourne dans peu de temps (5 ans maxi)
    les humains se croient intelligents,ils sont malins,c’est tout,sinon nous n’en seriont pas là

    1. Homo rudolfensis (-2,9 Ma) puis Homo habilis (-2,4 Ma) :

      Juste près de 3 millions d’années qu’il prouve son intelligence et son adaptabilité.
      3 ans de crise mortelle du capitalisme, à cette échelle, ne prouvent pas grand chose de son intelligence. Juste mis en relief qu’elle pourrait s’avérer insuffisante si elle n’est pas plus collective et coopérante. Un nouveau saut de puce à effectuer tout au plus. Encore faut-il le faire, certes, et ne pas rester prostré comme le mulot devant le Naja ou plutôt l’écureuil devant le chat, car il ne tient qu’à nous de trouver l’échappée belle, qui existe bel et bien.

    2. @bruno frandemiche

      Je ne suis pas d’accord avec vous!
      Je pense que ceux qui encaissent les intérêts sont vachement intelligents.
      Pourquoi se priveraient ils de cette dîme puisque tous les veaux crachent au bassinet.
      Et pour l’instant, rien n’est prévu pour que ça change.

  3. La dette n’est-elle pas une conséquence de la création politique et électoraliste des droits acquis à crédit ? Remboursez maintenant !
    Vous avez voté pour des politiciens qui vous ont promis la lune à crédit, c’est donc en grande partie de votre faute !
    La redistribution des revenus de l’impôt n’a fait qu’accroître le problème puisque les petites gens bénéficiant de cette redistribution ont dépensé cet argent en achetant des gadgets inutiles aux Japonais et aux Chinois.
    Commencez donc par regarder si vous n’êtes vraiment pour rien dans l’endettement du pays !
    Auparavant, les sportifs et autres « babioles » de luxe ne gagnaient pas autant. On n’achetait pas chaque mois un nouveau téléphone. Les gens aisés ne dépensaient pas à des bêtises qui déséquilibrent la balance des paiements.
    Regardez ce qui se passe actuellement en Belgique : un record européen d’épargne ! Le contraire du gaspillage pour l’achat de produits inutiles importés.
    Rien n’est totalement vrai ni totalement faux, mais il ne faut pas sans cesse attribuer tout le mal aux autres qu’à soi. Décidément, « c’est les vacances » !

    1. Vous êtes fatiguant Senec, cela fait des années que sur ce blog et ailleurs, on analyse le tournant de la fin des 70’s, c’est-à-dire la reconquête idéologique des classes dominantes (possesseurs de capitaux et entrepreneurs) contre les classes laborieuses (les travailleurs).

      Si vous ne comprenez pas le terme de reconquête, je vous donne un indice : 30 glorieuses.

      N’essayez même pas de convaincre quiconque ici, du bien-fondé des vos élucubrations, nous savons tous :

      -que depuis 30 ans les salaires stagnent et ce malgré une incroyable CREATION de richesse (par qui ? PAS PAR LES ACTIONNAIRES !)

      -Que cette stagnation est essentiellement dû à la captation toujours plus importante sur la richesse crée de dividendes pour les possesseurs de capitaux (en clair les actionnaires).

      -Que les banques centrales par une obsession anti-inflannioniste ont favorisé la domination des classes dominantes (en clair, la maîtrise de l’inflation c’est favoriser le gel des salaires donc l’argument cité plus haut).

      -que ces mêmes banques centrales indépendantes des Etats-Nations empêchent tout choix économique autre que la doxa néo-lib’.

      -Que la mondialisation, c’est-à-dire la concurrence libre et la libre-circulation (essentiellement des capaitaux) ont favorisé le dumping social (délocalisation) et donc le chantage au chômage.

      -il faudrait aussi revenir sur les modifications qui permettent à Mme Bettencourt de ne payer que 20% d’impôt réel sur ses revenus. Du temps du gros Raymond (Barre), je crois qu’on flirtait gentiment avec les 80%…(oh bah mince alors, je comprends pas pourquoi l’Etat il est tellement endetté…).

      Bref, ces 30 dernières années, ce ne sont absolument pas, comme vous l’affirmez, les choix individuels de consommation high-tech qui ont été le problème (ça c’est vraiment l’argument le plus délirant que j’ai lu) mais bien des décisions politiques et économiques (traité de Maachstricht, politique de la BCE) qui sont en cause.

      Avant de raconter n’importe quoi, on se renseigne un minimum sur le « fonctionnement du système ».

      Si vous n’avez pas encore saisi que les rapports sociaux sont des rapports de force entre des intérêts opposés alors je crois qu’on ne peut malheureusement rien faire pour vous…

      Ah si arrêtez de lire la propagande de Trends et achetez le Monde Diplomatique, ça fait un peu mal à la tête au début mais vous y trouverez des analyses plus en phase avec la réalité de ce monde, et vous arrêterez de nous racontez n’importe quoi…

    2. C’est ça, comme si il eut été possible de voter pour des gens ayant des programmes véritablement alternatifs .
      Et puis c’est bizarre, comment se fait-il qu’il soit absolument nécessaire de conditionner les cerveaux à longueur de journée par le mensonge publicitaire sans relâche, afin justement de créer de faux besoins et de faux désirs d’acheter les gadgets dont vous parlez .
      En conséquence le seul « pouvoir » que nous ayons c’est de jeter nos télés et de ne plus participer aux simulacres de démocratie .

    3. J’ai pris l’habitude de cesser de regarder le monde par pays pour cette crise « globale »

      Divisez donc le monde en 2 : les banques et les non-banques
      (Profitez-en pour essayez de modifier votre angle de vue…)

      Les entités non-banques (particuliers, états et entreprises) sont mondialement surendettés. On serait cynique on dirait que le monde entier est globalement surrendetté (et donc qu’il se doit plein de sous à lui même !!!).

      Les dettes sont de plus en plus importantes en rapport aux montants de masses d’échanges « production-consommation ».

      Le ratio « dettes globales » / « échange production-consommation » ne cesse d’augmenter mathématiquement par le jeu des intérêts et c’est ce qui cause cet infâme déséquilibre.

      Vous pouvez vous amuser à transférer les dettes des uns sur les autres, ou d’un pays à l’autre, si il n’y a pas la partie échange « production/consommation » qui augmente, le ratio continuera d’augmenter…

      Baisser la consommation par les austérités diverses que ce soit des états en baisse des dépenses, des entreprises en reduction des coûts ou des particuliers par la baisse des salaires ou des revenus sociaux ne peut en aucun cas améliorer le ratio qui est en train de mettre à bas le système.

      Evidement que toutes ces dépenses à crédit sont ridicules et inutiles. Mais, elles sont inhérentes au système. Sans cette consommation absurde et inutile à crédit générée par nos maîtres à penser du marketing, le système se serait effondré bien avant !

      Les dettes prises dans leur globalité (je parle des non banques) ne sont pas dues à des mauvaises gestions, elles sont (au choix…) la base, les gènes, le fondement de notre système économique.

      Personne n’est coupable, ou plutôt si, nous sommes tous coupables d’accepter d’être entité consentante de ce système absurde.

    4. Sénec, je vote, et toujours je perds .
      C’est extrèmemement rare que je gagne, je pourrais être abstentionniste, et tous ceux qui votent comme moi, idem, les grands médias ne verraient pas la différence dans leur analyses de résultats sauf à s’inquiéter que plus personne ne vote, alors ils crieraient à je ne sais quoi, du genre « les irresponsables électeurs… !!! « ..
      Hors, ils ne peuvent plus crier à la responsabilisation de l’électeur pour les gens comme moi , ils ont déjà crier, alors que moio et d’autres qui comme moi , nous votions…, si seulement mais ils ne l’ont même pas avancé, cela eusse pusse leur inspirer seulement l’idée de la moindre évolution de la loi du scrutin électoral … ???,
      (PS, n’ayez pas peur Sénec, calmez-vous, regardez votre chance telle que vous la décricez avec orgueil et fierté si possible aussi avec de la joie …. ou alors,si ce n’est pas le cas, et que comme tant d’autres, vous pédalez dans la choucroute, alors réfléchissez , ou au moins essayez de réfléchir à « et si par hasard j’essayais de changer de camp

    5. je doute que SENEC ne profite lui aussi pas des droits acquis par les autres ….l’hopital se moque de la charité mais y va quant même quand il est malade…c’est comme alain Minc qui voulait euthanasier sa mère et voulait payer la facture de l’hopital..je propose que l’on téléphone au dit hôpital pour savoir s’il a mis en pratique sa promesse….bon une ‘promesse’ d’alain minc c’est au moins du ‘junk’ chez moody’s

    6. Senec et Ghost,
      Je me suis bien amusé à lire votre antagonisme de pensée.
      Esprit français contre esprit belge. Je vis cela tous les jours.
      L’un qui reprend ses arguments pour contrer l’autre.
      Que veut-on d’une banque? Garder son avoir temporairement avant de pouvoir l’utiliser et cela sans perdre en potentiel dans le temps et en contrat l’inflation. Tout désir supplémentaire entre dans le domaine du risque et le risque paye ou tue.
      Je vais faire billet sur vos élucubrations mutuelles, j’aime.
      Il n’y a rien de fatiguant à réfléchir et à écouter l’autre, cher Ghost.
      Le Monde diplomatique que je lis va justement me servir de repère.
      Ce que vous devriez peut-être aussi lire, c’est ce qui s’écrit en Asie et en Amérique du Sud.
      Transiter par l’anglais si vous ne connaissez pas les langues du terroir.
      C’est fou, ce qu’on change d’idée.

    7. Vous avez voté pour des politiciens qui vous ont promis la lune à crédit, c’est donc en grande partie de votre faute !

      Commencez donc par regarder si vous n’êtes vraiment pour rien dans l’endettement du pays !

      Bien sûr Senec, vous ne faites pas partie de ce vous?

      Et puis, comme si nous avions le choix !
      Pour mémoire, 100% des belges n’ont pas voté les traités de Maastricht, Lisbonne (ni bien sûr l’OMC, le FMI, la Banque Mondiale…)
      Le traité de Lisbonne est un clone du TCE de l’aveu même de VGE & Cie. En France, aux Pays-Bas et ailleurs la caste écono-politique avait fait la «bêtise» de demander son avis à la population qui a eu l’outrecuidance de se mêler de ce qui la regarde. Comme les irlandais avaient «mal» voté, «on» leur a laissé le choix entre «oui» et «revoter». La belle démocratie que voilà !
      Et puis qui a «fait» Maastricht, Lisbonne, l’OMC… ?

      La démocratie contre les élections

      la « démocratie représentative » a été voulue, pensée et pratiquée dès ses origines pour s’opposer à l’expression du peuple : elle a été conçue volontairement pour que seule une petite élite professionnelle au mandat indépendant décide à la place d’une population devant rester passive. Les élections sont historiquement la marque de l’oligarchie, où un cercle étroit de « personnalités » décide pour tous . Ce que l’on cherche à faire passer pour le principe même de la démocratie n’est donc qu’un compromis passé entre la tradition aristocratique et les poussées démocratiques – la Vième république étant même ré-gression vers la monarchie.

    8. Si je cite l’article de Bruno Colmant, c’est parce qu’il s’agit d’un avis de poids et que paradoxalement, je n’attendais pas cet avis venant de sa part ! Pas du tout, puisque j’avais pris position contre l’avis général (qui était dans la ligne politiquement correcte qui est la vôtre) il n’y a pas si longtemps, bien que le temps passe vite. Et ce qui me fait citer cet article, c’est qu’il reprend mon avis contre ce qu’il était de bon ton de dire jusque-là.
      Loin de moi, l’idée que je puisse faire concurrence à des poids lourds pareils. Ce que je veux dire est qu’apparemment, l’avis des lecteurs qui osent donner un avis personnel contraire à « au politiquement correct », semble être capable de décoincer certains qui jusque-là préféraient suivre « la ligne » ! Je vois fréquemment ce phénomène « libérateur ».
      Je n’en avais aucune idée au début, mais pourtant, il me semble bien que cela soit possible ! Et, d’ailleurs, très compréhensible puisque même un hebdomadaire ne peut se permettre d’avoir une position contraire à l’évidence si cette évidence est soulignée par les lecteurs eux-mêmes !
      C’est donc bien en disciple du politiquement incorrect que j’ai rué dans les brancards d’une manière chronique sur le site de Trends, où je mets chaque jour des avis personnels.
      Je n’ai pas besoin d’un site pour avoir une opinion personnelle parce que je suis assez vieux pour cela. On m’a déjà plusieurs fois soupçonné de reprendre des ritournelles venant d’endroits précis, alors que c’est mon avis tout à fait personnel et qu’il s’agit bien d’une « préparation culinaire » personnelle.
      Pour vous faire rire encore un peu, j’ai même été accusé de tirer mes interventions d’un dictionnaire de citations qui serait constamment ouvert sur mon bureau. Il va sans dire que je ne suis pas resté sur ce site de primaires que je ne citerais pas par charité !
      Alors, je viens de relire cet article et il contredit ce que vous dites !
      Vivons-nous dans le même monde ? Je vous déjà donné mon avis à ce sujet : en France, il y a des positions doctrinaires que nous n’avons plus chez nous. Ces positions socialo-communistes sont, je le crois sincèrement, désuètes. Leur seul intérêt est de cultiver de vieux mythes qui ont encore un certain public de rêveurs tournés vers le passé nostalgique de la « lutte des classes » !

    9. Dans ce domaine de l’évolution des crises socio économiques, les réponses dénonçant la responsabilité d’une catégories particulières de personnes ou au contraire tendant à dire « Nous sommes tous responsables » ne permettront pas d’avancer beaucoup dans la recherche de solutions viables et surtout humaines.

      J’ai redécouvert des textes un peu anciens mais restés d’une actualité criante, et à certains égards toujours valables dans une perspective prévisionnelle, même encore de nos jours bien qu’ayant été écrits dans les années 50 ou 60 du siècle dernier:

      Vance Packard: « The Waste Makers »
      Critique prémonitoire de la société de consommation prise comme idéologie et de l’abus de crédit… L’auteur critique aussi le productivisme tant américain que soviétique à cette période: taylorisme et fordisme aux USA Stakanovisme en URSS… L’augmentation de la production étant dans les deux cas la priorité, et négligeant dans les deux cas les besoins fondamentaux des populations de base
      Vance Packard est aussi l’auteur du célèbre « The Hidden persuaders », critique sévère des méthodes du marketing fondé sur la psychologie et les instincts les plus primaires des consommateurs lors des campagnes publicitaires.

      Un autre auteur, parmi bien d’autres avait une vision à long terme de l’évolution sociétale que provoqueraient les technologies de l’information: Norber Wiener: « The human use of human beings. Cybernetic and society » Doubleday, NY 1956 (first edition 1950) Traduit en français sous le titre « Cybernétique et société, l’usage humain des êtres humains » Collection 10 18 1971

      Norber Wiener avait introduit bien avant Georgescu Roengen l’idée d’entropie en économie… Il donnait aussi des pistes de réflexions sur l’impact des technologies de l’information et de la communication sur l’organisation des entreprises et de la société en général. Il introduit l’idée d’une technologie au service de l’homme et non de la mise de l’homme au service de la technologie…

      Vance Packard bien que très critique par rapport au gaspillage consumériste prenant bien soin de préciser « There are no vilain » in this book (il n’y a pas de méchants dans ce livre » Juste des acteurs pris dans un système capitaliste libéral. Il précise aussi que l’idéologie du consommateur rationnel est à l’origine de bien des déboires du modèle économique libéral.
      Norbert Wienner avait vu venir la baisse structurelle de l’emploi lié à une automatisation de plus en plus poussée des processus de production de biens et services. Il avait aussi vu venir une détérioration de la qualité du travail, à l’exception de ceux privilégiés par des formations scientifiques et techniques très avancées.
      On pourrait aussi citer un livre plus ancien encore: « Le meilleur des mondes » où Aldous Huxley nous prévenait des risques du clonage humain, d’une activité économique fondée sur un consumérisme exacerbé par un hédonisme artificiel…

      « Pourquoi ne les a-t-on pas écouté et encore moins entendu? Ecoutera-t-on au moins les nouveaux penseurs « avertisseurs » d’aujourd’hui dont les prévisions commencent déjà à se réaliser compte tenu de l’accélération événementielle dans le domaine des nouvelles technologies et de la globalisation des problématiques socio économiques (voir une série d’articles très récents qui montrent que les prévisions d’une croissance sans reprise de l’emploi sont déjà en train de se produire aux USA… Liste disponible à la demande, je la fournirai sur ce blog si plusieurs personnes en expriment le désir.) ou faudra-t-il attendre que la révolution technologique informationnelle provoque des catastrophes socio économiques semblables à celles vécues du temps de la révolution industrielle avec des émeutes sanglantes et une aggravation dramatique de la pauvreté et de la misère de populations entières?
      Notons que dans bien des cas ces évolutions technologiques ne viennent pas de groupes organisés ni du comportement égoïste des consommateurs, mais d’un ensemble de combinaisons de comportements tels que des recherches scientifiques et technologiques potentiellement très utiles mais aussi potentiellement faciles à détourner de leur buts initiaux, le fonctionnement des économies de marché favorisent aussi des abus, et si les comportements des consommateurs contribuent aux phénomènes de crises économiques sociales et écologiques, ces consommateurs y sont souvent conduits par des stratégies marketing des entreprises parfois encouragées par des politiques financières de crédit elles mêmes soutenues par des gouvernements continuant de prôner la croissance comme seule issue à tous les problèmes de nos sociétés…

      Nos hommes politiques et même les grands patrons de l’industrie ou des médias devraient pourtant savoir ce à quoi ont abouti ce genre de situations, entre autre la crise de 1929 et ses répercutions dans certains pays où pour luter contre les émeutes sont apparues des dictatures aux sinistres résonnances…

      Paul

    10. @l’enfoiré !

      Mauvaise pioche, bien que française, je vis depuis presque 7 ans en Belgique, alors votre argument sur l’esprit français et l’esprit belge, il me fait doucement rigoler…

      Cela n’a rien à voir avec un quelconque « background culturel » différent, il s’agit simplement d’honnêteté intellectuelle.

      Nous asséner des arguments fallacieux et fantaisistes que vous soyez belge ou français cela ne fait aucune différence. La rigueur de la pensée n’est pas une question de nationalité.

      J’irai même plus loin, quand il s’agit de bêtise, on touche à l’universel…mouarf,mouarf,mouarf…

      Je reconnais que j’ai tout de même été assez stupéfaite par le manque de combativité politique, le manque d’intérêt pour tout ce qui touche au philosophique, politique ou économique de la part des belges que j’ai eu le plaisir de rencontrer (Paul est hors-catégorie, étant belge mais ne convenant à aucun de ces critères !).

      Quand je vois que le dernière manif’ de masse en Belgique (1 million de personnes, ce qui ici est énorme) concernait un fait divers, et ce il y’ a déjà 15 ans…Je comprends mieux comment ce pays a pu se transformer en « paradis pour les riches » et en « enfer pour les salariés ».

      -période de 6 mois d’essai (obligatoire) pour n’importe quel CDI.
      -aucune prime de précarité pour les CDD.
      -Pas de réel statut de pigiste pour les journalistes, pas de statut d’intermittent comme en France pour les artistes.
      -TVA à 21%.
      -Obligation d’inscription à un syndicat pour pouvoir toucher le chômage. (coût 10 euros/mois)
      -pas d’allocation pour l’aide au logement.

      Bref, je dois avouer que depuis que j’ai quitté Paris, je n’ai jamais été aussi pauvre, même en travaillant !

      Heureusement la Belgique recèle d’autres qualités qui font que pour moi il est doux d’y vivre !

      Sarko le nain n’y est que de passage, les étrangers ne sont pas considérés comme une menace, les flics y sont moins violents et plus polis. On y respire pas cette odeur rance de la vieille droite décomplexée, raciste et réactionnaire que bichonne l’actuel gouvernement.

      Et puis il y ‘a cette âme belge, cette mélancolie, cette poésie qui me bouleverse, quelque chose de simple et profondément humain.

      Peut-être sont-ce toutes ces imperfections qui me font tellement aimer la Belgique, dans sa fragilité et son authenticité.

      Point d’artifice ou d’arrogante séduction.

      La Belgique c’est comme ces vieux amis, que vous connaissez par coeur,et dont vous avez accepté les défauts. Vous les aimez juste pour ce qu’ils sont.

      Bonne journée à vous et à tous.

    11. Senec,
      Si je faisais plus haut le parallèle entre Français et Belges, ce n’est pas pour rien.
      Je peux vous assurer que L’enfoiré de Bruxelles ne fait pas recette de bons points sur Agoravox.fr.
      Comme vous, je ne laisse pas dire n’importe quoi et je n’hésite pas à aller à contre courant quand il le faut.
      Bruno Colman, je connais évidemment. Plusieurs fois venu à la Première, et plusieurs fois, dans l’Echo. Ses idées sont clairs et précises en économiste pur et dur.
      Je suis sur des sites concurrents pour tâter et comme vous, je suis assez vieux pour avoir mes idées personnelles. Je ne vais pas plus loin, ici. Le reste sera dans mon billet de dimanche.
      J’ai demandé à l’hôte de ses lieux depuis combien de temps, il avait quitté la Belgique sans oser demander le pourquoi.
      Je n’ai pas reçu de réponse.
      De là, vient peut-être la position d’aujourd’hui.
      @+ comme on dit dans le jargon informatique 🙂

    12. Sincèrement, les propos moralisateurs et hautains de monsieur Senec ne méritent pas qu’on s’y arrête. Merci à fujisan pour le lien, ainsi que pour son post qui exprime exactement ce que je pourrais dire.

    13. @ghost dog

      Dans le genre réponse caricaturale pleine de préjugés et exempte de toute nuance vous n’êtes pas mauvais.

      « que depuis 30 ans les salaires stagnent et ce malgré une incroyable CREATION de richesse (par qui ? PAS PAR LES ACTIONNAIRES !) »

      Le salaire moyen n’a cessé d’augmenter depuis 1950 (http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=asfrevenus)

      Certaine classes professionnelles (ouvriere par exemple) se sont apauvris au profit d’autres classes professionnelles (services) et ce probablement à cause de la mondialisation, mais pas au profit des actionnaires. Ne confondez pas tout.

      « Que les banques centrales par une obsession anti-inflannioniste ont favorisé la domination des classes dominantes (en clair, la maîtrise de l’inflation c’est favoriser le gel des salaires donc l’argument cité plus haut). »

      L’inflation ne constitue en rien un enrichissement des travailleurs (c’est meme désavantageux puisque les prix de consommation augmentent avant les salaire dans un contexte inflationiste). Si vous ne me croyez pas demandez à un ouvrier qui travaille au zimbabwe. La seule chose qui compte c’est le salaire réel (ie pouvoir d’acahat hors inflation).

      « il faudrait aussi revenir sur les modifications qui permettent à Mme Bettencourt de ne payer que 20% d’impôt réel sur ses revenus. Du temps du gros Raymond (Barre), je crois qu’on flirtait gentiment avec les 80%…(oh bah mince alors, je comprends pas pourquoi l’Etat il est tellement endetté…). »

      L’impot qui rapporte le plus à l’Etat c’est la TVA qui est payée par tout le monde, l’ISF c’est une goute d’eau par rapport à la dette. Vous pourriez prendre toute la fortune de bettencourt vous ne payeriez meme pas un an d’interet. Meme si c’est vrai que ca a une valeur symbolique importante, ça n’a aucun impact en terme de budget.

      « Monde Diplomatique, ça fait un peu mal à la tête au début mais vous y trouverez des analyses plus en phase avec la réalité de ce monde, et vous arrêterez de nous racontez n’importe quoi »

      C’est tout aussi biaisé, c’est juste que comme c’est biaisé dans votre sens ca vous semble juste.

    14. Ghost,

      « La rigueur de la pensée n’est pas une question de nationalité. »
      Absolument. Incontestable. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de spécificités. Quant à la bêtise, elle se cache là où on ne le voit seulement pas du premier coup d’œil.
      Ah, les manifs? Ça on connait en France, beaucoup de philosophes, en effet. A Bruxelles, les manifs, on en subit de partout. En 2007, j’ai participé à une manif 36.000 personnes, mais il en vient de partout.. Donc, on connait.
      Il y a plusieurs Belgique, comme il y a certainement plusieurs France.
      La combativité dans le pays des Droits de l’Ohm, plutôt que les Droits de l’Homme.
      Le paradis pour les riches, dont vous parlez, c’est plus dans le Nord. Le paradis pour les pauvres plus en Wallonie. Mais tout change en permanence et ce que n’en dit, est très variable même dans une même ville. Les résultats des élections montrent bien ce phénomène: gauche dans le Sud, droite dans le Nord.
      Très taiseux un Belge, aujourd’hui. Alors, qu’il a connu une époque dans la rue. Mais, je peux vous en assurer qu’il n’en pense pas moins.
      CDI et CDD, on ne connait pas cela sous ces termes.
      Nous gardons une indexation automatique sur les salaires, ce qu’en France on ne connait pas.
      TVA à plusieurs pourcentages: 0, 6, 21 en effet.
      Peu de d’inscriptions à un des syndicats (du bleu ou rouge), c’est vrai, mais encore une fois tout dépend du secteur.
      Allocation au logement, je ne peux en parler. Quant à la période d’essais, je n’ai jamais entendu que cela soit obligatoire. Mais c’est peut-être vrai, cela fait très longtemps que je n’ai pas dû passer par là. J’ai eu un CDI, pour parler en sigle au départ.
      Vous n’avez jamais été aussi pauvre depuis Paris, peut-être, mais la France n’est pas Paris, même si elle vaut bien une messe. Et si vous n’y êtes pas retourné, c’est qu’en faisant le P&L on y trouve quelques avantages.
      Demandez surtout aux frontaliers, ce sont des experts en la matière.
      La poésie se rattache au surréalisme de Magritte, en Belgique. C’est certain. Imperfections, qu’on aime.
      Mélancolie, je ne sais pas. Nous avons une version belge de Paris Match qui parlait de la Belgique et de son pavillon à Shanghai.
      Je vais introduire ce que j’y lu sur mon site.
      Vous en connaissez un plus en 7 ans.
      Sans rancune. Je vous dis que j’ai pris mon temps à analyser de comparer en deçà et outre Qiévrain.

      Bonne soirée à vous

    15. @Jean: « Le salaire moyen n’a cessé d’augmenter depuis 1950  »

      Vous savez ce qu’est une moyenne, n’est-ce pas? Lorsque Ghost parle de salaires qui stagnent, il parle évidemment du salaire de la majorité et non du salaire moyen. Regardez l’évolution de la courbe des inégalités et la répartition des revenus par centiles (et leur évolution).
      D’ailleurs Ghost dit qu’il y a eu une énorme création de richesse, forcément cela se reflète dans la moyenne.

    16. @Jean,

      dans le genre biaisé votre réponse est pas mal non plus .

      -je vous rappelle que je parle des salaires depuis 30 ans, désolée mais vous allez devoir réviser votre calcul élémentaire, nous sommes en 2010, 30 ans cela fait 1980.
      j’attends votre source sur l’augmentation des salaires depuis 1980. (sans blague les salaires était en augmentation pendant les 30 glorieuses ??? ouah, le scoop, merci jean pour cet argumentation si fine et si en phase avec la réalité des faits !).

      Comme toute votre réponse est du même tonneau : nier l’augmentation de la part de revenus du capital ces 30 dernières années au détriment de ceux du travail, nier la baisse de la fiscalité sur les revenus les plus élevés.

      je ne vais pas perdre plus mon temps avec vous.

      Il y’ a les faits, et il y ‘a les fantasmes.

      Je vous laisse à Figaroland…

    17. @ Moi

      merci de me paraphraser, c’est pour cela que j’écris:

      « Certaine classes professionnelles (ouvriere par exemple) se sont apauvris au profit d’autres classes professionnelles (services) et ce probablement à cause de la mondialisation, mais pas au profit des actionnaires »
      ie (si ce n’est pas assez clair) les salaires des emplois peu qualifiés stagnent et ceux des emplois tres qualifiés s’envolent (ie les inégalités augmentent). Mon point était juste de dire que le salaire des emplois peu qualifiés stagnent au profit de ceux des tres qualifiés et non pas au profit des actionnaires et que par conséquent la croissance formidable dont parle Ghost se retrouve dans la poche des cadres des gds groupes plutot que sur les PEA et les compte assurance vie (il suffit de comparer la performance du CAC 40 avec l’evolution du salaire d’un cadre supérieur pour s’en rendre compte).

    18. @ghost dog
      « -je vous rappelle que je parle des salaires depuis 30 ans, désolée mais vous allez devoir réviser votre calcul élémentaire, nous sommes en 2010, 30 ans cela fait 1980. »
      -Si chaque anée les salaires augmentent (yoy) depuis 1950 jus qu’n 2010 alors ils augmentent aussi depuis 1980 jusqu’en 2010… Ca me semble pourtant évident. Si je grandit chaque année depuis ma naissance et que j’ai 20 ans, ca implique que je grandis chaque année depuis que j’ai 10 ans non? Si vous n’etes toujours pas convaincu regardez le lien de l’insee que je vous ai donné.

      « nier l’augmentation de la part de revenus du capital ces 30 dernières années au détriment de ceux du travail, nier la baisse de la fiscalité sur les revenus les plus élevés. »

      Relisez mon post, je ne les nie pas je dis juste qu’il n’EXPLIQUENT PAS la stagnation des faibles revenus (pour le capital) ou l’endettement du pays (pour les impots sur les hauts revenus). Apres la logique élémentaire il semble que la lecture vous pose quelques problèmes aussi.

      « Je vous laisse à Figaroland »

      J’ai fait des études d’économies qui me permettent de me forger ma propre opinion à partir des données que j’observe et avancer mes idées et interprétation contrairement à d’autres qui sont persuadés de détenir la vérité après avoir lu un article de 100 lignes dans le monde diplo sans aucun recul critique.

      « je ne vais pas perdre plus mon temps avec vous »

      Bien vous en fasse, ca m’empechera pas de dormir.

    19. @Jean: « Mon point était juste de dire que le salaire des emplois peu qualifiés stagnent au profit de ceux des tres qualifiés et non pas au profit des actionnaires  »

      Précisément non. Dans les revenus du décile le plus haut, l’augmentation des revenus a été très modérée sauf pour le centile le plus haut qui a augmenté considérablement. Et si l’on regarde non pas le centile, mais à l’intérieur du centile, par exemple les 0,001 les plus riches, là on voit une explosion faramineuse des revenus. Pensez-vous que ces 0,01, voire 0,001 les plus riches représentent les emplois « très qualifiés »? Non bien sûr. Ils représentent les gros actionnaires (y compris les grands PDG qui se payent en partie en stock-options mais sûrement pas les cadres moyens).

      Je fais moi-même partie des emplois très qualifiés (consultant en informatique dans le bancaire). Mon revenu stagne depuis des années. Certes, c’est pas la dèche, je vais pas me plaindre, mais dernièrement j’ai regardé le salaire que gagnait quelqu’un de ma profession il y a 30 ans (et à expérience équivalente), il est identique! (sauf qu’il est libellé en francs belges) Autrement dit: il n’y a pas eu augmentation de salaire, mais par contre il y a eu inflation (quoique modérée). Moralité: un gars dans ma position il y a 30-40 ans vivait mieux que moi. Et j’en ai confirmation par des anciens du métier. Et je ne parle même pas du stress au boulot, des heures sup et du risque de perte d’emploi qui n’ont rien à voir avec ce que ces anciens ont connu.

    20. @Jean,

      Voici un petit cours d’économie d’un chercheur du CNRS.

      Bonne lecture !

      Le début des années 70 voit une rupture brutale du rythme des gains de productivité qui passent grosso modo d’une cadence de 4 % l’an à 2 % environ. Mais la progression des salaires, elle, est pilotée par une série de dispositifs institutionnels – conventions d’indexation, sur les prix notamment –, et de mécanismes sociaux – diffusion progressive à tout ou partie de l’économie des avantages salariaux négociés dans la frange supérieure des grandes entreprises fordiennes –, que leur inertie même détermine à continuer de fonctionner indépendamment des vicissitudes de la productivité. C’est la part salariale qui enregistre mécaniquement l’effet de ciseau entre les gains de productivité qui viennent de descendre brutalement une marche alors que les salaires réels continuent de courir sur leur erre, à mécanismes institutionnels invariants. Les profits en sortent littéralement laminés. Il faut se souvenir qu’à l’époque le pouvoir actionnarial n’existe même pas en rêve. Les profits servent des dividendes très modérés et vont pour l’essentiel à l’autofinancement. Aussi leur dégringolade a-t-elle pour effet presque immédiat la plongée du taux d’investissement.

      Tout ceci survient au plus mauvais moment puisque l’économie française est en train d’amorcer son grand mouvement d’extraversion. Les capitalistes ont bien compris que le marché intérieur est en voie de saturation et que la prolongation de la logique fordienne de la production de masse requiert maintenant l’extension internationale. Ce faisant, c’est tout le modèle fordien d’une croissance (relativement) autocentrée qui, tentant de se prolonger lui-même, amorce en fait sa propre déstabilisation. Car le bouclage « production de masse à destination du marché intérieur / forte distribution salariale / solvabilisation d’une consommation dynamique permettant d’écouler la production » offrait une très forte cohérence… que l’ouverture va progressivement briser. La relative fermeture de l’économie française alignait paradoxalement fortes progressions salariales et croissance maintenue des profits car ce que les entreprises perdaient en marge elles le regagnaient par les volumes. Or l’ouverture afflige le salaire d’une valence qu’il n’avait pas : élément de coût dans la compétition internationale. Par ailleurs, la contrainte extérieure révèle un défaut de compétitivité structurelle qu’il reviendrait à un surplus d’investissement de combler – or, voilà que la part des profits plonge.

      Le double impact sur la profitabilité et la compétitivité de l’augmentation de la part salariale est indirectement lisible dans le triste destin que connaitront les deux tentatives de relance keynésienne – celle de Chirac en 1975 et celle de Mauroy en 1981. L’une et l’autre se fracasseront sur la « contrainte extérieure », révélant à leur corps défendant que la crise précipitée (et non causée) par les chocs pétroliers est bien du côté de l’offre, et non de la demande. La part des profits terminera en 1982 à 24 %. C’est trop bas.

      Le capital cependant va prendre sa revanche avec une rapidité et une brutalité insoupçonnées. En moins de quatre ans, la part des profits refait tout le chemin perdu – à la mi-1986, elle est revenue aux 29 % de 1970 ; 1986 est d’ailleurs une année d’ajustement de la part salariale d’une incroyable violence : 3,5 points de PIB basculent en douze mois ! Et surtout, l’ajustement ne s’arrête pas en si bon chemin : le sommet est atteint en 1989 avec 33 %. Cette régression s’opère de la plus violente et de la moins délibérément contrôlée des manières. La décision politique en 1983 de briser les clauses d’indexation des salaires sur les prix y prend toute sa part. Mais ce sont surtout les mécanismes de marché, libérés sans la moindre entrave, qui vont garantir l’irréversibilité du retour au capital. A commencer par ceux du chômage de masse, devenu source d’une altération permanente du rapport de force entre employeurs et employés, et « instrument » assez cyniquement manié de cette politique qu’on appellera la « désinflation compétitive ». Ce sont en fait tous les processus de déréglementation concurrentielle, ceux de la construction européenne comme ceux de ses prolongements internationaux par OMC, AMI et AGCS interposés, qui contribueront le plus décisivement à installer pour la durée les structures de la régression salariale.

      Quo non descendet ?
      (Jusqu’où ne descendra-t-elle pas ?)

      C’est sans doute parce que ce processus de l’ajustement salarial a été – délibérément – le moins institutionnalisé et le moins négocié possible, parce qu’il a été voulu sans appel et sans retour, que le capital retrouvant toute sa puissance de domination a été comme d’habitude, comme toute puissance à nouveau sans entrave, incapable de savoir jusqu’où aller trop loin. Est-il possible de situer ce seuil à partir duquel la baisse de la part salariale – que, oui, il fallait faire revenir de son pic de 1982 –, devient contre-productif, puis franchement absurde, et pour finir scandaleux ? On pourrait emprunter la réponse à Edmond Malinvaud, ancienne figure tutélaire de la science économique française – directeur de la Prévision au ministère de l’économie, directeur général de l’INSEE, professeur au Collège de France –, qu’on ferait difficilement passer pour un ami de la grève générale ou un propagateur de sédition anti-capitaliste. Or, dans un article publié en 1986, Edmond Malinvaud pose la question sans fioriture : « Jusqu’où la rigueur salariale devrait-elle aller ? » [7]. On pardonnera la tautologie mais, si la question est posée… c’est que la question se pose ! Qu’elle le soit par une personne dont toutes les propriétés sociales attestent qu’elle serait l’une des dernières à la poser abusivement, c’est-à-dire à la poser si elle ne se posait pas, est en soi un indice supplémentaire, le principal étant que c’est bien en cette charnière 1985-1986 que la part salariale rejoint à la baisse son niveau initial de 1970 et qu’il y a par conséquent lieu de se demander s’il est utile d’aller plus loin.

      Les bourricots du « théorème de Schmidt »

      Malinvaud rappelle alors les termes, pourtant connus de longue date, d’un débat que la poursuite aveugle du processus d’ajustement salarial va s’escrimer à systématiquement oublier. Contrairement à cette légendaire ânerie connue sous le nom de « théorème de Schmidt », il est parfaitement inexact, en toute généralité, que « les profits d’aujourd’hui fassent l’investissement de demain qui bla-bla-bla après-demain ». C’est d’ailleurs bien ce que l’on va cruellement constater à partir du milieu des années 80. D’une part le taux d’investissement [8] continue de s’effondrer alors que l’ajustement salarial est déjà en cours – il ne remontera qu’à partir de 1984. D’autre part, jamais il ne retrouvera ses niveaux de 1970, il s’en faudra de beaucoup, alors même que la part des profits, elle, va s’envoler à des niveaux inconnus [9]. S’il suffisait de tabasser la part salariale pour faire repartir la croissance, la chose se serait rapidement vue. Malheureusement il n’en est rien, et d’une certaine manière l’objet de l’article de Malinvaud est précisément de rappeler pourquoi. Le salaire est une variable économique bi-valente : il est à la fois coût, donc l’un des éléments déterminant le profit, et facteur de solvabilisation de la consommation, la composante majoritaire de la demande finale. Chacun de ces effets « primaires » peut même être intensifié, le premier – le côté « coût » –, si l’on ajoute l’effet de la compétitivité et des exportations [10] ; le second si l’on prend en compte le fait que l’investissement n’est pas déterminé par le profit seul, mais également par le niveau de demande auquel font face les entreprises, niveau de demande dans lequel la consommation tient la plus grande part.

      S’il existait quelque part dans le bureau d’un ministre de l’économie éclairé un manomètre lui permettant de régler au petit poil la répartition du revenu, il lui faudrait trouver, pour maximiser la croissance, la balance entre, d’une part, trop de salaire qui fait perdre, par le profit, sur l’investissement, et par la compétitivité sur les exports et, d’autre part, pas assez de salaire qui fait perdre sur la consommation, donc aussi sur l’investissement puisque les entreprises réagissent essentiellement à la demande, présente et anticipée. Evidemment plusieurs effets au lieu d’un seul, qui plus est contradictoires, c’est moins simple que le théorème de Schmidt ânonné pendant des années par des éditorialistes sortis de Sciences-Po. Il est vrai qu’il est tellement plus simple d’être borné quand on a intérêt à être borné, et que les demeurés du théorème de Schmidt ont joui d’un incontestable avantage sur les autres pour défendre en toute tranquillité d’esprit la régression salariale. Malheureusement la divergence du profit et de l’investissement les rattrape dès le milieu des années 80, et c’est bien de cette divergence que s’inquiète Malinvaud, certes dans le registre extrêmement feutré de « l’exploration théorique ». Dès 1986, il est clair que la remontée de la part des profits est entrée dans la zone des rendements décroissants, puisque la remontée de l’investissement est infiniment plus poussive que celle de la part des profits, signe que les pertes du côté de la consommation et de la demande intérieure commencent à peser. En témoigne le fait que le taux d’autofinancement des entreprises repasse la barre des 100 % en 1986… Ce qui signifie, en clair, que les entreprises ont plus de profit qu’elles n’ont de projets d’investissement – la belle affaire…

      Et nous ne sommes qu’en 1986 ! Tout ce que le capital va rafler à partir de là, il va le prendre de la plus improductive des manières. L’investissement répondant toujours aussi majoritairement à la demande finale, ses variations sont pour une large part indépendantes d’une part de profit qui, elle, croît continûment. Mais qui n’est pas perdue pour tout le monde. La transformation des structures financières fait émerger un pouvoir actionnarial qui a décidé de soutirer le maximum à l’entreprise. Dans ces conditions, investissement ou pas, il est vital que la part des profits continue à monter – et comme au surplus l’aide des ânes schmidtiens est toute acquise, il faudrait être bête pour ne pas extorquer.

      Rien n’obligeait pourtant à valider un raisonnement disqualifié d’emblée par son indigence même et – surtout – si rapidement démenti par les faits. Il s’en prend, décidément, des tournants en 1985-1986… C’est bien là par conséquent qu’il faudrait situer le commencement de l’excès de la profitation – quand un mot nouveau parfaitement adéquat apparaît, pourquoi se priver de l’utiliser ? A cet instant charnière, l’inquiétude exprimée à bas bruit par Malinvaud, son rappel des effets multiples du niveau de la répartition salaires-profits et de la façon dont son déplacement trop grand peut détériorer la résultante entre ces effets antagonistes, correspondent à la résorption quasi-complète de l’écart de la part salariale sur la période 1970-1982. Que la déformation du partage de la valeur ajoutée en faveur des profits soit devenue aberrante et que la résultante entre effets de coûts et effets de demande tombe dans un profond déséquilibre, c’est, pour ainsi dire, « le capitalisme déréglementé » lui-même qui l’atteste, quoique à son corps défendant. Car le capital voit très bien que la constriction de la part salariale finit par lui ôter ses propres débouchés – dans des économies comme la France ou les Etats-Unis, où la consommation fait 70 % de la demande finale, on ne fait pas l’impasse sur la demande intérieure, et on ne s’imagine pas que les trous seront comblés par les exportations. N’est-ce pas cette réalité même que tente d’accommoder, mais à structures constantes, l’invraisemblable échappée dans l’endettement des ménages : « ils n’ont plus un sou – nous savons bien pourquoi… – ; or il faut bien que nous leur vendions notre marchandise ; qu’ils aillent au crédit, puisque nous ne leur donnerons rien d’autre, et qu’ils achètent autant qu’ils peuvent ». Cette solution n’était qu’une rustine, la crise financière en a sonné le glas. Et ce faisant révélé à quel point, cédant à ses propres exigences de profit sans limite, le capital a fini par se nuire à lui-même…

    21. @jean

      Relisez mon post, je ne les nie pas je dis juste qu’il n’EXPLIQUENT PAS la stagnation des faibles revenus (pour le capital) ou l’endettement du pays (pour les impots sur les hauts revenus).

      Vous ne pouvez pas nier que la rémunération du capital a gagné 10 points de PIB depuis 1981, essentiellement dans les années 80, et en partie sous Fabius, certes! Que les cadres sup et certains employés de grands groupes en aient « profité » en partie, arrondissant ainsi leur rémunération plus ou moins grassement, ne change rien au problème de la baisse tendancielle pe la part des salaires dans les gains de productivité. nous refaites pas du Marseilles, Paix à son âme!

      Par ailleurs, et sans entrer dans les multiples exemples de défiscalisation massive des hauts revenus, du capital, des sociétés, des plus-values, des niches, des successions, des mutations, etc, allez simplement voir sur le site Impotsgouv.fr, et vous constaterez simplement que rien que pour l’impôt sur le revenu, si l’on avait simplement gardé les bases de calcul de 2002, l’État aurait récupéré 20 MILLIARDS de plus en 2009! 20 MILLIARDS! Sans taxations supplémentaires, juste en arrêtant les cadeaux fiscaux pour l’impôt sur le revenu depuis 2002…

      Et les 15 Milliards de la Bettencourt, plus les centaines d’autres de ses semblables, on en ferait bien notre 4 Heures. J’pense qu’on en ferait des choses plus intelligentes que son gestionnaire… Sans problème!

      Bien le bonsoir.

    22. @Moi

      si vous faites référence au lie Insee que j’ai donné, il s’agit des salaire et non pas des revenus (donc les grosses fortunes sont exclues) et on voit bien que le dernier decile explose.

      @Ghost dog

      Ouf, j’ai cru que vous n’alliez plus perdre de temps avec moi. Merci de citer les sources et de mettre des articles qui ont un avec ce dont on discute.

    23. @Jean: non, ce n’est pas le dernier décile qui explose, c’est le dernier centile. Et j’ai vu les chiffres pour les revenus, c’est idem. Les grosses fortunes sont d’ailleurs très souvent salariées (ne serait-ce que pour échapper au fisc, il est habituel de mettre sa fortune dans une société et de se faire rétribuer par elle).

    24. @batracien écarlate

      J’ai choisi de nommer l’auteur du texte cité chercheur au CNRS, parce qu’en un réflexe droitier bien connu (tentative agressive de disqualification du discours de l’opposant), Jean m’assommait (le croyait-il) de ses « études en économie ». Je me suis dit qu’à ce niveau argumentatif, un titre ronflant de chercheur au CNRS aurait la caution intellectuelle suffisante pour asseoir l’autorité des propos et au moins l’inviter à une lecture attentive.

      l’ai-je surestimé ? Sa réponse de 21h22 semble conforter cette hypothèse puisqu’il m’interpelle ne comprenant pas le lien entre ce texte et notre débat…

      A ce niveau d’incompréhension, je m’interroge ? difficulté de lecture ou mauvaise foi caractérisée…?

      En tout cas, rendons à César, ce qui appartient à César.

      L’auteur, c’est le joyeux trublion « écono-claste » Fredéric Lordon, que l’on a pu voir en grand forme au côté de Paul lors du débat organisé par Marianne.

      Sa saillie  » La science économique c’est de la merde » est entré dans mon panthéon des petites phrases sur la crise.

      Cher crapaud, je vous donne le lien du blog de Fredo, où vous pourrez trouver de nombreux textes tout aussi réjouissants et stimulants.

      http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance-

      Au plaisir de vous lire très bientôt (j’avais vraiment apprécié votre texte sur l’absurdité du capitalisme).

      Bonne journée.

    25. Attention au calcul du revenu brut disponible tel que défini par l’INSEE; jusqu’à 80% des revenus du patrimoine peuvent en être exclus certaines années! Par « commodité statistique », dira-t-on…

      Toujours est-il que le niveau de vie moyen, d’après l’INSEE et sur ces bases, des individus appartenant au premier décile était, en 2007, 6.6 fois moins important que celui d’un individu appartenant au dernier décile (7700 euros contre 50 800…). C’est beaucoup plus que les 3 à 4 fois plus, soit disant constants, que certains aiment à répéter.

      Quant au patrimoine moyen, toujours d’après l’INSEE et en 2003, pour éviter les fortes variations dues aux bulles immobilières ou financières, il était de 354 euros pour les individus du premier décile contre 755 400 pour ceux du dernier (rapport de 1 à 2134…) et une moyenne générale autour de 100 000 euros.

      Un décile, ça représente 6.5 millions de français mine de rien… Puisqu’il s’agit là de données per capita. Soit en 2003 un patrimoine total pour ces authentiques privilégiés s’élevant déjà à 4875 Milliards sur le total du patrimoine des français de 6500 milliards. Miam miam…

    26. @moi

      J’oubliais la conclusion : Jean a un peu raison, il faut bien sûr taper très fort sur les très hauts revenus comme tu le sous-entends, mais aussi et peut-être surtout surtout taper fort sur les hauts revenus du dernier décile, même si ce dernier est, par définition le plus hétérogène et le plus opaque.

    1. Senec,
      Le Trends et le Vif l’Express sont mes journaux préférés.
      Concurrent mais dans la même lignée.
      Donc, je connais ces 3 articles. Pas de secret dans les opinions. Pas de cocorico.
      Je ne suis pas sûr que l’on retrouve le même genre d’article dans la presse française en s’auto-flagellant au besoin de cette façon.
      J’ai été abonné au Nouvel Obs pendant un temps. J’en ai eu marre de lire en permanence les derniers vices ou vicissitudes de Sarkozy.
      Nous savons tout de la France et la France ignore tout de la Belgique.

    2. « Nous savons tout de la France et la France ignore tout de la Belgique. »

      Je ne vois là rien de bien choquant. Il est bien normal que les belges (wallons) éprouvent le besoin de s’intéresser à autre chose qu’à leur plat pays… On vous excuse! 🙂

    3. @ Moi

      Photo du « plat » pays pas si plat qu’un plat : Marche-les Dames, là où Albert 1er grand amateur de varappe a dévissé et est mort.

      Ceci dit, nos petites collines et falaises ne peuvent rivaliser avec les montagnes, les vraies…

  4. Les financiers ont le pouvoir de changer mais ne le veulent pas, les politiques le veulent peut-être mais ne le peuvent pas. En mécanique quantique, on parlerait d’interférences destructives. (Cela dit pour le fun.)

  5. Senec est en grande forme et emplis, sinon de contentement, de citations.
    Manque quand même LA référence ultime, celle dont Paul Jorion himself devrait enfin tenir compte (d’autant qu’il a vu le prophète en face) :
    http://www.amazon.fr/Plus-encore-Fran%C3%A7ois-Closets/dp/2253119938/ref=pd_sim_b_1
    « Cette analyse implacable, nourrie d’informations foisonnantes, fera grincer bien des dents, mais elle apportera aussi un souffle d’espoir à tous ceux qui, au-delà des guerres idéologiques, veulent se mettre au travail pour rendre à nos enfants l’avenir qu’on leur a volé. »
    On croirait lire du Senec, c’est dingue …
    Senec, il t’a piqué ton fond de commerce !! (à moinsssss que ce ne soit l’inverse, huuuummm ?)

    1. C’est plus de Closets, c’est de Closed, fermé à double tour le triste clown. Plus de trente ans, une génération, après l’ère du « gauchisme » conservateur de Giscard et autant de régression ultra-lib, il continue de nous faire le coup du mal français cet âne bâté!
      Par souci d’honnêteté intellectuelle, je dois avouer que je n’ai pas ouvert le lien. Pas utile et pas bon pour mes zygomatiques déjà passablement courbatus par la prose de Senec et de la Tribune.

    2. @ Vigneron :
      C’est ma génération, tout ça.
      De Closet mais aussi Montant et Tapis qui venaient nous faire la leçon dans les années 80, en direct, en prime, à la télé ce soir (y a quoi ? y a théâtre ? bah non, y a tapis).
      Hormis Montant (et encore, on l’a bien déterré il y a quelques années), on les revoit encore, toujours à la télé. Ahurissant …

      Je me demande comment on pu survivre à ça et malgré notre participation, active ou passive, au Club Dorothée, au collaro-show, à interville, à la musique des années 80, au Miterrandisme et au Chiraquisme, aux hommes aux gourmettes et à la rolex, au consumérisme forcené, au crédit facile, à la compétition tenace, à la haine quotidienne envers l’étranger …

      Dieu, je vous remercie pour le pain que vous nous avez donné mais pour les générations suivantes, pitié, mettez-y plus de seigle et moins de blé.

      🙂

    3. En Anatolie, on donne le nom de « blé d’Allah » au seigle qui pousse spontanément à travers le blé et l’orge, car on croit qu’Allah l’a intentionnellement semé pour compenser les piètres récoltes des mauvaises années et nourrir ses enfants.

  6. Yououuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !!!
    Sortez le champ’ et allumez le feu (ah non, les lampions, plutôt) : c’est la fête en France !!
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20100813trib000538892/la-france-s-offre-une-croissance-a-06.html

    Les prix baissent en juillet mais ils augmentent à l’année, des milliers d’emplois sont créés tandis que des dizaines de milliers d’autres sont supprimés, etc etc etc

    Eh, bon journal, non ?
    Je veux dire, pour Christine, of course (de cheval à l’hippodrome de Chantilly).
    Pasque c’est pas avec toute cette presse de pensée unique gauchiste, Mediapart et compagnie, qu’on va s’en tirer, hein les gars ??

    C’te rigolade …
    MDR (comme dirait Nicolas, Anelka).

  7. 70 pct de chômage à certains endroits en Grèce..la révolte gronde..rentrée chaude en vue…120.000 commerces en faillite selon certaines sources

    Germany’s Spiegel has done a terrific summary of what it defines as a « death spiral » for the Mediterranean country: « Stores are closing, tax revenues are falling and unemployment has hit an unbelievable 70 percent in some places. Frustrated workers are threatening to strike back. A mixture of fear, hopelessness and anger is brewing in Greek society. » Spiegel quotes a atypical Greek: «  »If you take away my family’s bread, I’ll take you down — the government needs to know that. And don’t call us anarchists if that happens! We’re heads of our families and we’re desperate. » All those who think violent strikes in the PIIGS are a thing of the past, we have news for you. The (pseudo) vacation season is over, and millions of workers are coming back. They may not have money, but they have lots of free time, lots of unemployment, and even more pent up anger. Things are about to get very heated once again, first in Greece, and soon after, everywhere else

    http://www.zerohedge.com/article/greek-bonds-slump-austerity-backfires-country-enters-death-spiral-and-violent-end-game-appro

  8. Rien n’a véritablement changé, mais j’aime assez la métaphore de Jacques Sapir pour qui la crise s’apparente à un virus mutant. D’une crise du crédit hypothécaire on est passé à une crise bancaire, puis à une crise de liquidité et enfin à une crise des dettes souveraines encore loin d’être dénouée. L’étape suivante pourrait être une crise de suraccumulation en Asie ou une crise monétaire internationale.
    Difficile de prévoir car l’évolution d’une crise économique dépend aussi de facteurs sociaux et politiques. La grande crise des années 30 a ainsi abouti à des configurations politiques fort différentes selon les pays. Et à une guerre mondiale, mais ça, je préfère éviter d’y penser.

  9. Sans rapport direct avec le sujet (quoique), mais je voudrais rendre hommage ici au grand historien de la Russie et de l’Union Soviétique Moshe Lewin dont je viens d’apprendre la récente disparition. Pour comprendre ce que fut réellement l’expérience soviétique, loin des grilles de lecture dogmatiques, lisez Moshe Lewin. Lecture finalement d’une totale actualité puisqu’elle permet de voir comment un système politique, miné par ses contradictions internes, peut s’écrouler faute d’être capable de se réformer.

    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-08-16-Moshe-Lewin

    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/11/LEWIN/15298#nb3

    1. Merci pour les liens. L’histoire selon laquelle les bolcheviks avaient pris le pouvoir m’avait toujours paru suspecte, car ce n’est pas si facile que ça, je me demandais depuis toujours comment ils s’y étaient pris. La solution de Moshe Lewin me semble bien plus réaliste :

      « L’idée que les bolcheviks ont « pris le pouvoir » (à quelqu’un) ignore complètement la réalité : nul ne détenait quelque pouvoir que ce soit, dont il aurait été écarté. Non seulement les bolcheviks ne prennent le pouvoir à personne, mais ils doivent le créer.« 

    2. Moshe Lewin a produit une analyse de la société russe puis soviétique qui éclaire formidablement les fondements de ce que l’on a appelé le stalinisme. Non sans difficultés pour comprendre et caractériser ce que Trotsky a qualifié de dégénérescence bureaucratique.

      ll nous manque – à ma connaissance – l’équivalent pour mieux comprendre la société russe d’aujourd’hui. Au-delà de la description du système oligarchique, continuation du précédent sous d’autres habits et dans un autre contexte.

    3. Il me semble que la noblesse russe, la dvorianie instituée par Pierre le Grand pour contrer les pouvoirs des boyards, avait vu ses privilèges largement écornés, d’abord par Pierre le Grand lui même, à l’instar d’un Louis XIV, puis par l’absolutisme de Nicolas II, en réaction aux visées réformistes et radicales d’une partie des nobles russes.
      Il suffisait de prendre le Kremlin.
      Une partie de cette noblesse rejoignit la révolution de 17, avant d’être totalement purgée par Staline après la guerre. Le père de Lénine Ilya Oulianov était inscrit lors de sa mort au 6e rang (sur 14) de la Table nobiliaire instaurée par Pierre le Grand, donc anobli : Lénine était donc noble de naissance.

      On pourrait résumer en disant que Staline a rendu une partie des prérogatives du pouvoir aux nouveaux boyards constitués par la nomenklatura tout en maintenant l’absolutisme central de Pierre le Grand et de Nicolas II par la bureaucratie toute puissante, elle même née, nécessairement, sous Lénine. Eltsine a rendu une partie du pouvoir central aux oligarques, et anéanti la bureaucratie, avant que Poutine le récupère pour la plus grande part, avec ses méthodes purement tsaristes.
      En Russie, il semblerait que la rapidité d’alternance et la brutalité des temps politiques sont proportionnées à la vastitude des espaces. Le nombre de variations des équilibres politiques depuis moins de 100 ans, parallèles aux mutations, progression ou régressions, sociales accélérées, est assez hallucinant, malgré la pseudo « glaciation » communiste…

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Boyard#cite_ref-1

  10. Les pays riches sont condamnés à vivre plus pauvrement..

    Les beaux jours ne reviendront pas de sitôt dans les économies développées. Les problèmes auxquels elles font face sont bien plus graves qu’on n’ose le dire généralement et nécessiteront une vision à long terme à laquelle les politiciens et les chefs d’entreprise ne nous ont pas habitués.

    «Ceux qui croient que la solution aux difficultés actuelles des économies avancées tient à leur capacité de trouver [à court terme] le bon dosage de lutte contre les déficits et de maintien de mesures de relance économique auront droit à un réveil brutal», met en garde d’entrée de jeu le document d’analyse de 23 pages dévoilé hier par la Financière Banque Nationale et portant sur les «défis structuraux» auxquels se butera la croissance économique dans les pays développés dans les 10, et même 20 ans à venir.

    Des gouvernements à courte vue et des entreprises en quête de profits rapides se sont aussi plu à croire et à faire croire que le transfert de leurs emplois manufacturiers vers la Chine ou l’Inde n’était pas grave et était même souhaitable parce qu’ils seraient remplacés par d’autres, mieux rémunérés, dans les services, les hautes technologies ou ailleurs. «Cette illusion était d’un optimisme délirant>>. On n’est jamais parvenu à remplacer les emplois perdus, et bientôt c’est la Chine et l’Inde qui nous vendront des autos et des avions.»

    Penser à long terme

    «Le mieux qui peut nous arriver dans ce contexte est que l’on se remette à penser et à agir à long terme». Cela devrait notamment mener les pays développés à réduire leur niveau d’endettement et à investir plus en éducation et en recherche et développement. On s’attend aussi à ce que les conditions soient moins favorables au libre-échange à cause d’une augmentation des coûts de transport, de politiques fiscales préférentielles ou de mesures protectionnistes qui pourraient se cacher sous l’imposition de normes environnementales plus strictes et de mille et une tracasseries administratives.

    http://www.ledevoir.com/documents/pdf/fournier_bn.pdf

    1. « investir plus en éducation et en recherche et développement » : certes, mais puisque l’on va s’appauvrir, ça va devenir de plus en plus difficile. Une spirale décroissante va s’enclencher, si ce n’est déjà fait…

    2. Le problème avec les théories d’une croissance lente pour des années, c’est qu’elle viennent se heurter de plein fouet avec la croissance démographique des pays développée, certe faible aujourd’hui, mais réelle quand même.

      Et il faut bien y répondre, exigeante qu’elle restera e termes de ressources financières et emplois. Le gâteau reste fin mais ses parts à se partager se feront de plus en plus petite, à moins d’aller piquer celle-du voisin.

    3. Bien d’accord avec cette analyse Pierre:

      « Les beaux jours ne reviendront pas de sitôt dans les économies développées. Les problèmes auxquels elles font face sont bien plus graves qu’on n’ose le dire généralement et nécessiteront une vision à long terme à laquelle les politiciens et les chefs d’entreprise ne nous ont pas habitués.  »

      Cette évolution défavorable sera d’autant plus catastrophiques que l’on aura pas écouté les messages circonstanciés des auteurs actuels qui font ces analyses pertinentes st dont le but n’est certainement pas de transmettre une peur cataclismique du futur mais de préparer nos sociétés à un « Aterrissage en douceur » au lieu de laisser se dévélopper encore plus les racines des risques à venir. En effet aucun prévisioniste annonçant des mauvaises périodes à venir ne se réjouit de voir ses prédictions se matérialiser. Son but ayant été précisément de les annoncer pour essayer de les prévenir.

      Malheureusement tous les auteurs qui par le passé ont essayé de faire évoluer les sociétés en les prévenant des risques catastrophiques de la continuation des tendences observées n’ont pratiquement jamais étés écoutés. Les hommes politiques étant trop préoccupés de leur réélection à court terme pour oser parler de réduction de la consommation ou de changements profonds dans l’organisation du travail et de la répartition des richesses… De même les entreprises de quelque nature que soient eurs activités et quelles que soient leurs tailles, ne voulaient pas « réduire la voilure », tout au moins pas être les premiers à le faire, pour les plus grandes entreprises côtées en bourse il fallait aussi compter avec les réactions des actionnaires… J’ai fourni par ailleurs dans ce forum une illustration de ce phénomène d’une nécéssité de prévoir un atterrissage en douceur sans attendre l’arrivée de la crise, citant mon expérience au sein même d’IBM, aux environs de 1977, où j’ai essayé d’apporter mes connaissances en prévision economico technologiques, malheureusement sans succès puisqu’on ne m’a pas écouté et que c’est 15 ans plus tard que la catastrophe s’est produite, entrainant des licenciements massifs et très brutaux par leur rapidité au lieu de transformations graduelles dans l’organisation de l’entreprise qui n’auraient probablement entrainé que peu de licenciements ou même pas du tout…

      Paul

    4. @ Pierre Charland
      « Des gouvernements à courte vue et des entreprises en quête de profits rapides se sont aussi plu à croire et à faire croire que le transfert de leurs emplois manufacturiers vers la Chine ou l’Inde n’était pas grave et était même souhaitable parce qu’ils seraient remplacés par d’autres, mieux rémunérés, dans les services, les hautes technologies ou ailleurs. «Cette illusion était d’un optimisme délirant>>. On n’est jamais parvenu à remplacer les emplois perdus, et bientôt c’est la Chine et l’Inde qui nous vendront des autos et des avions.»

      Entièrement d’accord.
      Et j’ajoute :
      Doxa véhiculée par les cercles de la pensée-unique, propagande colportée par des cénacles représentant des intérêts apatrides, leurres propagés par les valets d’une Mondialisation dont on perçoit aujourd’hui les ravages pour les tissus sociaux.

      J’ai écrit, le 6 mai dernier, en commentaire du billet suivant :
      Le bancor : une solution thermodynamique à la crise, par Zébu
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=11169
      ________

      J’ai en tête les méfaits d’un certain nombre de courants théoriques qui, se présentant sous l’apparence de MODELES construits, ont eu un temps valeur de « MODE »…reprises et imposées par des « dominants » sur des « dominés ».
      La métaphore, la parabole, l’emballage…on est là dans le propre du marketing, pas de la science.
      Or, le marketing sert un dessein particulier (privé !) contrairement à la science qui a vocation d’universalité.

      Des « modes », imposées en évoquant la prétendue rationalité de modèles économiques élaborés par de sinistres zombies,
      combien de salariés, devenus de simples facteurs d’ajustement, en ont subis les effets déstabilisateurs ?!

      Les vagues de fusions-acquisitions, les vagues de scissions, l’entreprise sans usine, les recherches de profil « pure player », …

      Regardons cet article de 2001 sur 01Net :

      Après les fusions, l’entreprise sans usine (http://www.01net.com/article/154617.html)

      Nombre d’industriels délocalisent sans craindre d’être dépossédés de leur outil de production. Mais le contrôle des technologies et des connaissances reste l’objet de tous leurs soins.
      « Avides de taille critique, les grandes entreprises cherchaient à grandir, presque à tout prix. Ces opérations suscitaient beaucoup de commentaires positifs au sein de la communauté financière et des médias. Excès d’optimisme, sans doute : » La littérature économique montre que trois-quarts des opérations aboutissent à un échec, souligne Michel De Greef, professeur d’économie à l’École de commerce Solvay.
      La tendance à se « concentrer sur les activités de base » d’une entreprise est souvent la conséquence de ces opérations : il faut se débarrasser des morceaux de sociétés devenus inutiles.
      //…
      Les sous-traitants plus ou moins anonymes ne risquent-ils pas un jour de dépasser les opérateurs qui, comme Alcatel, rêvent d’une entreprise sans usine ? » Ce risque n’est évidemment pas négligeable, indique Michel De Greef, mais il est gérable.
      _____________________________

      On sait ce qu’il est advenu d’Alcatel…confronté aujourd’hui à l’implacable concurrence du Chinois Huawei.

      (Selon une étude du cabinet Dell’Oro, Huawei s’est emparé du deuxième rang mondial du marché des équipements de réseaux mobiles au troisième trimestre 2009 (source : http://www.usinenouvelle.com/article/christian-paquet-vice-president-de-huawei-france-il-implante-un-geant-chinois-en-france.N124387)

      Et l’entreprise sans usine, on peut en penser quoi aujourd’hui ?

      Pourtant tout cela a été joliment théorisé …

      Le monde d’insécurité que nous ont construit les élites mondialisées, résulte d’une bascule dans le « théorisme intellectuel » :

      Avec une compétence en Gestion du Personnel, je tends à faire coïncider les intérêts de l’employé avec ceux de l’employeur.
      Avec un Master en Ingénierie des Ressources Humaines, je tends à faire coïncider des courbes avec des camemberts.


      ________

      Les propos de Senec (18.08 à 16h20) sont à désespérer :

      « La dette n’est-elle pas une conséquence de la création politique et électoraliste des droits acquis à crédit ? Remboursez maintenant !
      Vous avez voté pour des politiciens qui vous ont promis la lune à crédit, c’est donc en grande partie de votre faute ! »

      Comment peut-il présenter sérieusement un raisonnement qui fait l’impasse sur les instigateurs et principaux bénéficiares d’un modèle économique imposé avec autant de fourberies ?
      Comment peut-il présenter sérieusement un raisonnement qui reporte les torts sur ceux qui ont été contraints de se plier à des règles du jeu qui s’appuient sur le principe du « marche ou crève ! » ???

      Un minimum de bonne foi est nécessaire pour rester crédible
      …sinon de lucidité.

  11. Mais si ça a changé : d’un côté il y a toujours des retraites chapeau même pour des types ayant conduit leurs entreprises à la faillite, des retraites dorées pour les politiques et de l’autre non seulement des retraites à venir minables pour la grande majorité à des âges de plus en plus reculés au nom de l’augmentation de l’espérance de vie bien sûr mais sans tenir compte du progrès technique lui qui justement devrait intervenir aussi dans ces calculs et non pas seulement dans le profit des entreprises. Ce monde est encore moins juste qu’hier.

  12. Il faut cesser de désigner des coupables à abattre.
    Les choses ne sont jamais aussi simples qu’on voudrait le faire croire quand on a une idée obsédante.
    Chacun a sa sensibilité et son milieu de vie. Les intérêts matériels des différents groupes de la société ne convergent pas souvent. On a alors des discours partisans. Et il est rare d’être vraiment objectif pour autant que cela fut (!) possible ! N’empêche, la colère peut venir quand on se rend compte de la duplicité et du manque de fair-play de certains opposants ou « parasites » de la société, comme dans la crise financière. Par exemple : on vient de faire un film-vérité sur les évènements et il ne sera peut-être pas distribué ! (vu hier aux infos).

    Dans ce monde en conflit, la plupart des personnes se posent des questions et ont du mal à comprendre ou à admettre l’avis des opposants, alors même qu’on a peut-être contribué soi-même à créer cette opposition dans la mesure où on est un acteur déterminant dans le conflit.

  13. Il faut souligner, encore une fois, la différence qu’il me semble, à moi, y avoir entre la France et la Belgique.
    Nous n’avons pas ce clivage très net gauche-droite, qui est d’autant plus accusé en France qu’il y a une alternance du pouvoir avec très peu d’accommodements entre les deux camps.

    Chez nous, et je pense aussi en Allemagne et aux Pays-Bas notamment, il n’y a pas un clivage aussi marqué en raison de la nécessité des gouvernements de coalition.
    Nous n’avons pas non plus une société à deux vitesses aussi marquées ! Nous vivons plus au Centre politiquement parlant.

    Personnellement, je ne me sens ni du camp de la Gauche, ni du camp des Riches. Je suis au centre, là où ma famille est depuis toujours : le camp de ceux qui ne font pas de la politique un métier !!
    Nous ne sommes ni des capitalistes, ni des socialistes. C’est dire que nous souffrons, en fait, de la concurrence entre la puissance du Nombre (la Gauche) et la puissance de l’Argent (les Capitalistes).

    Ne bénéficiant ni des droits acquis des employés-ouvriers-salariés, ni de la puissance financière de l’argent, nous sommes coincés entre deux pouvoirs qui, à certains moments, notamment au moment où les pays se sont fortement endettés pour maintenir une prospérité à crédit, se sont entendus pour maintenir « cette prospérité à crédit » et cela a profité aux deux autres camps.

    Certains diront que la prospérité bénéficie à tout le monde y compris aux professions libérales, aux indépendants, aux commerçants et aux PME. D’accord !

    MAIS, à chaque fois qu’il y a un problème de trésorerie pour l’Etat, les rapports de force ressortent des tiroirs et alors, ceux qui, comme nous, n’ont pas le pouvoir ni du nombre ni de l’argent, nous en sommes victimes.
    Cela s’appelle la disparition de la classe moyenne !

    C’est ainsi que d’une certaine façon, on peut se retrouver dans une société duale où celui qui est au centre n’est plus défendu efficacement et se sent donc le dindon de la farce !

    Il est bien possible qu’en raison du manque d’emplois de salariés, la nécessité oblige à un retour vers le travail indépendant et le petit commerce ou le petit artisanat. La société n’en sera que plus humaine ! Faut-il en douter ? Non !
    Voilà pour vous aider à comprendre certaines de mes positions ! Je vous prie de bien vouloir excuser les propos outranciers qui m’échappent parfois, alors qu’on peut très bien essayer d’expliquer les choses calmement.

    1. Senec,
      Exact, pour le clivage.
      Je me souviens très bien avant les élections de 2007 en France, en parlant avec un Français d’un âge certain, et qui allait voter pour Sarkozy, quand je lui parlais de Bayrou, il disait que le centre n’existait pas ou était insignifiant en France.
      Idem pour moi. Pas de parti pris. Je vote dans tous les sens puisqu’il est obligatoire. La politique n’attire pas les conversations sauf dans des moments actuels. Là, on s’agite, comme cela l’a été avec le faux journal de la Une qui disait que la Flandre avait fait sécession. Il y a même eu des attaques cardiaques.

  14. Paul,
    J’oubliais le sujet du billet.
    Merci pour cette remise en question de l’état actuel des subprimes.
    Vu l’affaire Enron et les suites sous forme de Sarbanes Oxley, j’ai confiance qu’on ne se rebrûlera pas avec les mêmes allumettes aux States.
    Il y en aura d’autres, car l’argent, on aime. On ne crache pas dans la bonne soupe.
    On trouvera autre chose de peut-être encore moins fleur-bleue.
    La nouvelle campagne républicaine sera « No, we can’t »
    Slogan contre slogan. Cela marche ainsi.
    En Europe, c’est plutôt à coup de symboles.

  15. « Ce n’est pas l’Etat qui a encouragé ces crédits, mais bien le système bancaire lui-même qui a su séduire les politiques avec un discours de lutte contre les discriminations. »

    Cela parait quand même étonnant en ce qui concerne le CRA. Les banques pratiquaient le « redlining » et on a tenté de modifier par la loi ce comportement jugé discriminatoire. Qu’est-ce qui vous fait penser qu’elles ont été à l’origine d’une telle législation ?

    1. On vous voit venir de très loin avec vos gros sabots autrichiens. Qui vous parle du CRA?

      Je cite wiki: « The Federal Reserve, having examined the evidence, holds that empirical research has not validated any relationship between the CRA and the 2008 financial crisis. At the FDIC, Chair Sheila Bair delivered remarks noting that the majority of subprime loans originated from lenders not regulated by the CRA, calling it a « scapegoat » and declaring it « NOT guilty. » »

      Et lisez tout le chapitre « Relation to 2008 financial crisis »: http://en.wikipedia.org/wiki/Community_Reinvestment_Act

    2. @Gus

      Et l’argument de la non-discrimination pour l’accès au crédit, il me semble que cela est très précisément adapté à une expression plus généralement très seyante à l’argumentaire « humaniste » classique des tenants de l’ultra-libéralisme : « Faire de nécessité vertu. »

      L’argumentaire de Bush et des néo-cons sur la « responsabilité » et la « vertu » supposées supérieures du propriétaire sur le locataire, du petit capitaliste sur le simple salarié, repris ensuite par Sarko, et vieux comme le capitalisme moderne ou financier, les vessies, les lanternes ou comme le conservatisme le plus étroit à la Pinay ou à la Pétain, était bien plus parlants, même si ce n’était pas celui qui était le plus spontanément affiché.

      Arrétez avec cet argument usé jusqu’à la trame des causes étatiques du crash des subprimes, c’est carrément éliminatoire. Reconnaissez que cette option était intrinsèquement inévitable pour prolonger la survie du capitalisme financier et lui maintenir sa dose d’euphorisants plus ou moins cocaïnés, d’anti-dépresseurs et accessoirement réamorcer à bloc la pompe à transfusion sanguine populaire et faire danser les convives sélectionnés de leur bal de vampires!

      Que les administrations US, espagnoles ou britanniques pour des motifs politiques plus ou moins sincères et recevables, aient tenté d’en profiter pour se faire mousser en avançant des arguments fallacieux – dont vous tentez de profiter encore aujourd’hui, quitte à nous les ressortir demain ou après-demain en les jugeant finalement valables (comme alors j’imagine…) dans votre étrange dialectique si la nécessité devait, par malheur, s’en faire encore sentir – ne constitue absolument pas un angle d’analyse valide.
      A part pour défendre l’indéfendable…

      Lâchez ce bout de steak, il est avarié.

    3. @Gu Si Fang : l’alternative est vite vue : soit c’est le lobby bancaire qui a insufflé une politique de crédit parce qu’il y trouvait son intérêt, soit c’est le secteur bancaire qui a fait de bonne grâce, (ie: la main sur le cœur et pour le bien du menu peuple), une politique choisie à Washington…

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