Certaines égalités sont plus égales que d’autres, par Dissonance

Billet invité.

Paul, je vous fais parvenir cette petite réflexion sur le principe d’égalité, qui m’est venue à l’esprit à la suite de votre discussion avec A. Madelin dans l’émission de F. Taddéi.

Dans la perspective du clivage entre progressistes et conservateurs, les uns comme les autres parviennent très bien à s’accommoder du principe d’égalité moyennant des interprétations différentes.

Ainsi pour le conservateur, la technostructure se doit de traiter les individus de manière égale, avec la conséquence que les inégalités préexistantes entre ces individus sont conservées. L’exemple typique le plus récent tient dans le slogan « travailler plus pour gagner plus ». Dans ce slogan, on ne se soucie pas des possibilités de chacun à choisir son temps de travail, on fait « comme si » cette capacité était la même pour chacun et on leur offre alors indifféremment le droit de le faire. La réflexion de Madelin sur les retraites « à la carte » s’inscrit totalement dans cette logique, à tel point qu’on puisse lui faire dire « cotiser plus pour toucher plus de retraite ». On peut ainsi tout à fait concilier la conservation de l’ordre établi et afficher un certain respect du principe d’égalité.

Pour le progressiste, en revanche, le rôle de la technostructure est au contraire d’être actif face aux inégalités entre individus afin de les compenser, avec l’objectif de long terme de faire tendre ces individus vers l’égalité, en l’occurrence une égalité de moyens. La aussi il s’agit bien d’égalité, mais d’une égalité en tant qu’idéal à atteindre et non pas d’une égalité de traitements (encore appelée « égalité des chances »). On remarque ainsi une faiblesse de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui évoque l’égalité en droits mais ne se soucie pas de la capacité de chacun à pouvoir l’exercer.

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57 réflexions sur « Certaines égalités sont plus égales que d’autres, par Dissonance »

  1. Dans le cas de la « retraite à la carte » la relation entre cotisation et taux de retraite n’est pas forcément linéaire comme tu le laisse entendre par « cotiser plus pour toucher plus de retraite »…
    On peut tout à fait imaginer qu’un gros salaire cotise plus qu’il ne recevra et qu’un petit salaire reçoive plus qu’il n’a cotisé ,le tout réglé par une sorte de « coefficient de solidarité »!

    1. Je ne crois pas avoir entendu ce genre d’idée dans la bouche de Madelin.

      En revanche je me souviens très nettement de phrases comme:

      – « Si je prends ma retraite avant [le seuil de départ à la retraite] ce (l’indemnité) sera proportionnellement moins, si je la prends après ce sera proportionnellement plus ».

      – « Quand je cotise, j’épargne, c’est un salaire indirect, différé » <- Celle-ci est très révélatrice de la propre confusion de Madelin entre modèle par répartition et modèle par capitalisation. En effet les cotisations vues comme épargne sont le corolaire du modèle par capitalisation. Dans le système par répartition, les cotisations d'une période donnée servent à financer les retraites de la même période. Dit de manière triviale, dans le modèle par répartition on ne cotise pas pour sa propre retraite mais pour celle de ses parents/grands-parents.

      C'est d'ailleurs du fait de ce mécanisme qu'est posé le problème du financement des retraites en France, grâce notamment à l'argument repris par Madelin de la baisse du nombre de cotisants par rapport au nombre de retraités. Dans le système par capitalisation ce problème ne se pose pas puisque chacun cotise/épargne pour lui-même.

      Cette petite précision étant faite, l'idée d'un coefficient de solidarité est néanmoins tout à fait intéressante et conforme à la "version progressiste" de l'égalité que je tente de mettre en évidence dans ce billet.

    2. @Dissonance

      Quel que soit le modèle adopté, ce sont toujours les actifs du moment qui ‘payent’ pour les retraités du moment. Il serait d’ailleurs plus juste de raisonner en considérant le rapport plus global actif/inactif.
      Dit autrement, la pension des retraités du moment est toujours un prélèvement sur la richesse qui est produite à ce moment là. On peut même dire que d’un point de vue macro, les deux modèles sont à répartition. Simplement, dans le système par capitalisation, le partage de la part de richesse produite allouée aux retraites sera plus inégalitaire et aléatoire. Et suppose des ‘coûts de fonctionnement’ plus importants (intermédiaires financiers, publicité…).

    3. @ Souvarine

      Tout en étant d’accord avec le fait que les retraites sont toujours un prélèvement sur les actifs du moment.
      Je trouve cela tout à fait logique, il s’agit de la solidarité ouvrière du 19 eme siècle.
      La question de savoir si cela est encore actuellement efficace est un autre débat.
      Ne me faites pas dire que je suis pour la retraite par capitalisation, j’y suis farouchement opposé.
      Je voudrais aussi ajouter que les retraités et les actifs (dont je fais partie) payent pour que les actionnaires et certains dirigeants d’entreprise puissent se remplir les poches.
      Tout simplement par le jeu de l’intérêt financier.
      A juste titre, Yvan l’a rappelé quelques posts plus loin.

    4. Je remarque que question des retraites par répartition, l’on ne nous donne jamais à entendre les chiffres qui pourraient nous permettre de vérifier la vérité de ce que l’on nous dit ..

      à Dissonance,
      Dans son discours, Pétain oppose
      -« l’égalité des chances » ( celle qu’il promeut)
      à
      -« l’Egalité naturelle » (celle qu’il répudie )

  2. Il y a quand même une faille de raisonnement et de prudence dans les deux conduites, la première ne pourrait toujours faire perdurer cela, comme pour la seconde sur autre chose alors les associer en vue d’un meilleur mariage de prudence et de raison ? Comme une première tête entretenant et nourissant continuellement une seconde tête pour mieux encore perdurer plus longtemps dans l’esprit des êtres comme de l’histoire.

    S’il te plaît ne touche pas trop à la matière de mon libéralisme et je te promet alors de ne pas trop dire de mal à la matière de tes propres idées sociales, malgré votre démarche et que je salue, si vous saviez comme ces gens là se moquent pas mal de leur monde, de vos idées, de vos réflexions, la grandeur froideur intellectuelle des uns alimentant continuellement l’autre froideur intellectuelle des autres quand bien même vous les croiseriez dans la rue, coucou c’est moi.

    A moins d’être Dieu ou Mammon difficile pour le monde de rester égal devant le bourreau et l’opprimé, voilà pourquoi j’incline de plus en plus vers le totalitaire socialiste pour me faire au moins écouté par la techno-structure, après bien sur ce sera couic pour mon idéal de traitement à méditer au travail ou alors sur une chaise longue à compter mes actifs.

    C’est dingue car toute la logique de ce monde repose sur la folle idée et certitude suivante
    que plus rien maintenant ne pourrait même venir radicalement chambouler toute la technostructure mentale de ce monde, c’est la tradition des hommes, c’est fou quand même de vouloir continuellement reposer le monde sur tant de ces choses, est-ce vraiment de la sagesse, le produit d’une meilleure prudence humaine, moins dépensière aussi en parlant continuellement d’économie et de croissance aux gens, mais enfin restons quand même un peu sérieux, ouvert
    à la poésie, à la connerie, à la bétise, à l’inattendu, à l’impondérable, surtout que l’égalité peut
    très bien débouché sur davantage de conformisme, comme le fait de vouloir souvent traiter les individus de manière égale ou à l’aveuglette n’a jamais permis de mieux voir les plus bourreaux
    et cela même à une toute petite échelle de conduite, le petit tyran socialiste ou libéral comme on peut déjà le voir dans certains grands groupes pharmaceutiques.

    Ha si seulement la technostructure et le fait de pouvoir voter pour un parti toujours plus riche qu’un autre pouvait me permettre de payer plus mal les êtres alors c’est sur mes affaires redeviendraient plus florissantes et donc la vertu du vice mieux partagé entre tous.

    Faut-il en rire ou en pleurer de tout ceci et cela moi je ne sais plus servir la matrice.

    1. C’est dingue car toute la logique de ce monde repose sur la folle idée et certitude suivante
      que plus rien maintenant ne pourrait même venir radicalement chambouler toute la technostructure mentale de ce monde,

      Faudrait pas oublier le pic pétrolier!
      Qu’on le veuille ou non, la croissance de notre civilisation dépend exclusivement de la possibilité de la croissance pétrolière
      5 pages à lire
      http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?f=7&t=10444
      Il ya une relation directe entre crise financière et pic pétrolier.

    2. @ michel lambotte dit : 26 septembre 2010 à 14:14

      « Il ya une relation directe entre crise financière et pic pétrolier » dites-vous.

      C’est également mon avis et j’ajoute qu’il y a relation directe entre argent, travail, énergie, et vie. Cette dernière ne pouvant se maintenir sans qu’il y ait de l’énergie à consommer.

      Le champ de réflexion est vaste. http://www.pauljorion.com/blog/?p=16214#comment-110791

  3. Bonjour,
    Un article d’un auteur qui a toujours de bons articles, écrivait ceci
    Il y était aussi question de retraite à la carte.
    Tout dépend de ce qu’on veut faire avec sa vie.
    La retraite n’est qu’une continuation avec un autre « payeur ou employeur », l’Etat qui a prélevé sa cote part dans les salaires pendant la vie active et qui paye avec une autre caisse à la retraite.

    1. Je ne suis pas très fûté mais je pense que les solutions concernant les retraites ont été dévoyées, comme d’ailleurs le débat.
      Rabouiller a expliqué Balzac « est un mot berrichon qui peint admirablement ce qu’il veut exprimer:l’action de troubler l’eau avec une branche pour prendre le poisson ».Ainsi notre rabouilleur national a utilisé les roms et maintenant la sécurité pour troubler le débat sur les retraites.Il fait oublier sa promesse d’aller chercher la croissance avec les dents ce qui aurait résolu une partie du problème.
      On sait qu’il existe un fond spécial des retraites constitué par la gauche d’une 30taine de millards qui dort dans un coin, on aurait pu en faire un fond de pension et racheter par exemple le tiroir caisse des autoroutes lorsque Villepin les a privatisées et bradées à Vinci pour 15 Millards ceci aurait constitué une ressource pérenne pour abonder la dite caisse .Ce n’est qu’un exemple… mais rappelons que les autoroutes sont des machines à cash pour les exploitants(Vinci entre autres) et que le citoyen est doublement spolié au nom du libéralisme:tout d’abord on a privatisé et vendu à perte contre ses intérêts ensuite il perd les dividendes de façon pérenne et encaisse les surplus de déficit.

    2. Le système ne cherche pas le partage mais la concentration des richesses quand bien même il finit par en mourir, c’est ni plus ni moins que la définition du parasite qui lorsqu’il finit par infecter totalement son hôte décède avec sauf à en trouver un autre.
      Il semble que ces pays émergés soient pour le capitalisme le nouvel hôte et qu’ils n’en ont que faire de l’ancien monde. Sauf qu’ils oublient une chose, sous les tropiques ou en orient aussi il existe d’autres formes de parasitisme qui ne veulent pas d’eux…

  4. La relation droit(s) – liberté(s) – progrès ou développement est une relation ancienne et ambigüe .

    Il parait qu’il y a des droits fondamentaux .

    Il parait qu’il y a une liberté idéale ex nihilo .

    Il parait que le progrès se mesure .

    Paul Jorion pourrait être tenté d’user , pour « saisir » ces notions , de la même approche qui est la sienne dans  » Le prix » pour faire un sort à la valeur .

    Et accompagner Nietzsche (  » l’important ce n’est pas la vérité , c’est ce qui aide à vivre » ) , pour juger que ce qui sépare vraiment le conservateur du progressiste , c’est la  » philia » , la fraternité qui ne s’arrête pas à l’aumône de  » subsistance » faite au pauvre à la sortie de l’église .

    Même les droits fondamentaux se conquièrent .

    1. La philia …

      dans » la télécratie contre la démocratie » /B.Stiegler
      … » ce populisme industriel consiste à détruire le désir pour y substituer des pulsions . J’ai également soutenu qu’il conduit à un capitalisme pulsionnel… »
      … »Le populisme industriel, qui organise la régression instinctuelle de masse, conduit inévitablement à la politique pulsionnelle, càd à la misère politique …  »
      « … Ce désir comme pouvoir de liaison ( des pulsions et par là de la société) est ce qu’Aristote appelle la philia, du verbe philein, aimer.Seul ce désir commun des uns pour les autres, qui permet d’aimer, de s’aimer et de nous aimer, permet de désirer en commun un avenir commun …. »

      il y du pain sur la planche !

  5. je me souviens Madelin dit « il y a une réalité économique qui n’échappe à personne »… bien placé à égalité, tous ensemble etc. l’égalité ce mot valise passe son objet à la trappe dès qu’on la déballe au nom d’une seule voix, très souvent défensive et compensatoire, au nom des Droits égaux, mais égaux en quoi? le secours d’un signe moral, droites ou gauches pauvres ou riche la bonne affaire… c’est un mot lancé qui fait froid dans le dos… c’est au nom de l’égalité qu’on édicte toutes sortes de normes, des critères d’ajustements, des frontière policières quand ce n’est pas la marchandise, la normalité produite à la chaîne au bout de quoi des petits monstres individualistes cloisonnés qui se reconnaissent entre eux aux intérêts éminemment privés du moment… consentant à des règles implicites corrompues qui sont de fer, de sang… à la force du poignet l’égalité s’impose, principe qui vaut comme le blason d’un règne… au risque d’endormir notre attention à ne pas voir ce qui gouverne nos existences; reconnaître l’HéTéROGéNéITé… ce qui résiste à satisfaire notre jugement, notre entreprise sur le temps; l’urgence qu’il y a à établir des rapports de coopérations de façon à déconstruire ce désir du contrôle et notre servitude à la valeur supposée d’efficience, à cette peur du manque- on gagnerait oui le soucis de la responsabilité partagée et d’être moins destructeur; alors des questions viennent se poser du dehors; de l’espace habitable, de la terre, des sens.

    1. Technostructure, ou encore structure technocratique: identifiable à l’État, à quelques nuances près.

      Pour les notions de conservatisme et de progressisme, je vous renvoie à vos cours d’histoire, elles s’apparentent à la constitution de l’échiquier politique français tel que nous le connaissons, si l’on en croit wikipédia . On assimile ainsi traditionnellement les progressistes à la gauche et les conservateurs à la droite. Toutefois ces analogies de gauche/progressisme et droite/conservatisme étant devenues extrêmement floues, j’ai préféré employer les termes qui ne permettent pas de préjugés quant à l’étiquette politique, car en effet on trouve actuellement des conservateurs dans les partis de gauche et même des progressistes dans les partis de droite.

  6. « On remarque ainsi une faiblesse de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui évoque l’égalité en droits mais ne se soucie pas de la capacité de chacun à pouvoir l’exercer. »

    très juste. Il faut les moyens pour l’exercer, ces moyens ne sont pas égaux loin s’en faut.

    1. C’est le role de l’Etat de donner ces memes moyens a tous. L’Etat est le garant des droits et libertes de tous les citoyens.

      C’est bien naif de croire que l’etat est incorruptible. Le projet de declaration de Robespierre prenait bien plus de precautions et partait du prinicpe que les etres humains sont corruptibles. Sans corruption, facile d’avoir un Etat qui traite tous ces citoyens de maniere egale.

    2. Sur ce sujet, déclinaison des possibles de la corruption, version françafrique ….
      Qu’est-ce qu’il se passe donc au Gabon, depuis qu’Ali a remplacé Omar ???

      ( car ???
      par exemple
      -Explorer ne peut plus ouvrir le site du parlement du Gabon, du ministère de l’éducation nationale du Gabon …..
      -Le site de l’assemblée nationale du Gabon est resté figé à la date du mercredi 15 septembre sur « Réunion de la Commission des Finances, du Budget et de la Comptabilité Publique sur le problème relatif aux suppressions des bourses d’études y compris aux étudiants n’ayant jamais connu des échecs dans leurs cursus scolaires. « ……….

  7. @ roma
    (reconnaître l’HéTéROGéNéITé… on gagnerait oui le soucis de la responsabilité partagée …alors des questions viennent se poser …de l’espace habitable, de la terre, des sens.
    C’est profondément ce à quoi s’attaque Richard Sennett dans « Respect », en retraçant entre autres l’évolution du quartier de Cabrina (Chicago) de son enfance, ou les gestionnaires n’ont pas responsabilisé les pauvres(les pauvres noirs) qu’ils y mettaient. La mère de R Sennett a été une travailleuse sociale connue. Sennett touche aussi le noyau dur de l’inégalité de talent et des aspects irréductibles des  » incommunicabilités  » qu’elle cause. Ne croyons pas que les ghettos soient seulement ceux de Neuilly-Auteuil-Passy, reste l’humain dans plusieurs de ses dimensions, et prévoyons cela dans nos règles de  » fraternitude et responsabilitude  »

    @juan nessy
    ( ‘ ‘ philia ‘ ‘ )
    Sennett en parle aussi, et B Stiegler, n’est-elle pas l’exercice de l’esprit en ce qu’il permet de former ses singularités propres et de respecter celles des autres. (Je m’arrête au respect, la compréhension est trop ambitieuse…)

    @ Jérémie (‘ ‘comme le fait de vouloir souvent traiter les individus de manière égale ou à l’aveuglette n’a jamais permis de mieux voir les plus bourreaux’ ‘)
    Oui, cf R Sennett sur la gestion des quartiers à vocation sociale. Prévoir des flexibilités et des chevauchements (dans l’organisation, l’urbs) pour que les responsabilisation existent et vivent.

    Je ne vous embête pas avec Y Moulier-Boutang, sur un modèle « pollinisateur » et entre autres une discussion de comment assurer les retraites dans un futur capitalisme « cognitif », …je l’ai trouvé encore incomplet dans sa vision (L’Abeille et l’Economiste (ou l’inverse)).

    1. Oui, prendre arbitrairement des décisions pour l’autre : soit le « pauvre », soit le considéré-comme-inférieur ( au nom de quoi ?), c’est le Front des experts sachant expertiser, de trés loin ….

      Par ex. : destruction des vieux quartiers indiens et chinois de Singapour, il y a une 30 aine d’années …et installation , sans coup férir, des populations dans des gratte-ciel, évidemment sans climatisation, appartements exigus …=) suicides d’un nombre important de vieux, qui se trouvaient encagés, isolés , niés , plus de vie sociale….
      Je crois qu’ils ont reconstruit quelques quartiers à l’ancienne depuis ?
      Auparavant, les vieux, à la tombée du soir, s’installaient dans la rue : il y avait une TV commune, qui retransmettait de l' »Opera Chinois » : exclamations ravies, nombreux commentaires, enfants et vieux ensemble …marchés nocturnes, beaucoup d’animation, une table au milieu de la rue, claquement des pièces de MahJong ….
      exemple multiplié à l’infini maintenant : ex. commission européenne, et règle délirante sur le calibrage des tomates ! entre autre !  » on veut pas de vie qualibrée, on n’aime pas ça !  »
      en fait, nos vies semblent de plus en plus décidées par des décideurs-sachant-décider, de haut, de loin, dans leur cage de verre …tous aux normes comptables internationales ! Rompez !

      « Il y a deux décisions, la bonne et celle de l' »Etat Major! », disaient ceux ayant survécu à la guerre de 14 ! A mon avis, c’est plus que jamais actuel !

    2. M, j’aime.

      Nul besoin d’aller jusqu’à Singapour pour voir « la déshumanisation qu’on laisse s’installer parce que c’est plus facile de gérer des automates », ou, qui sait, « la déshumanisation qui s’installe parce qu’on a pas conscience ».

  8. «Oubliez les prévisions : préparez-vous à l’inconnu !»

    Les prévisions classiques sont vaines : elles n’anticipent que le possible et écartent les événements (soi-disant) impossibles, dont les conséquences peuvent cependant tout remettre en cause. Mieux vaut donc se préparer à l’inconnu ! C’est la thèse de Nassim Taleb, ancien trader entré en résistance. Entretien.

    http://trends.rnews.be/fr/economie/actualite/banque-et-finance/oubliez-les-previsions-preparez-vous-a-l-inconnu/article-1194823847887.htm

  9. Billet concis et percutant qui recadre bien la notion sociale d’égalité.

    Pour d’aucuns l’égalitarisme serait le mal persistant dont souffrirait la société française.
    La vérité est que dans la dénonciation d’un soi disant égalitarisme dont feraient preuve les « progressistes » c’est l’égalité des moyens qui est refusée.
    L’idée d’égalité des chances n’est pas l’égalité mais le moyen de la reconduction des inégalités. Alors oui, vive l’égalitarisme, on en est si loin ! L’égalitarisme est la légitime soif de justice quand croissent les inégalités. Comment vouloir autrement une égalité que de façon absolue ? En rabattre sur une question d’égalité c’est déjà y renoncer. Pour y arriver il faut d’abord poser des principes comme ceux par exemple qui visent à domestiquer l’économie, ceux que propose Paul avec une belle constance. Une gauche dite de gouvernement se réduit à l’état de spectre à vouloir ménager la chèvre et le choix, à ne pas vouloir énoncer clairement de tels principes, lesquels, bien compris, seraient pourtant porteurs d’une nouvelle dynamique sociale.

  10. Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte (Confucius).

  11. Merci pour ce billet facile à lire et qui pourtant exprime beaucoup. Comme quoi c’est possible !

    Lorsqu’ils parlent d’égalité, la plupart des gens, qu’ils soient conservateurs ou progressistes, se placent naturellement dans la catégorie « intellectuellement » supérieure puisqu’ils sont persuadés qu’il faut qu’ils s’occupent du bas-peuple : ils se sentent investis d’une mission.

    A mon tour donc de me mettre dans cette position : la très grande majorité du bon-peuple n’aurait que faire de l’égalité, ils ne peuvent imaginer leur vie. C’est tranchant n’est-ce pas ? Trop ? Je reprends : ils ne peuvent imaginer leur vie sans les directives d’un patron, d’un politique, de la pub, etc. Alors si, effectivement, il resterait bien l’égalité des fourmis ou des moutons…

    L’égalité, c’est avant tout faire suffisamment confiance à l’autre pour se dire qu’il vaut mieux passer du temps à le faire accéder à la « conscience de soi » plutôt que de continuer à s’occuper de sa vie. Sauf à considérer qu’il est trop bête pour apprendre à pêcher et qu’il vaut mieux continuer à lui donner du poisson – « au moins on ne sera pas embêté et on pourra continuer à réfléchir entre élites » – et balayer du même coup l’égalité sous le tapis de son propre égoïsme.

    1. Effectivement, le billet de Dissonance est précis et conçis.

      « qu’ils soient conservateurs ou progressistes,  »

      Conservateurs: tous égaux devant les chances de réussite, tant pis si vous ne savez pas jouer des coudes ou être un adepte du « bouges- toi de là que je m’y mette »
      Progressistes: tous égaux devant le même cerceuil après avoir bouffer la même soupe à la même auge et tout cela à la chaîne (Bada boum, bada boum, bada boum…)
      Grâce à ces systèmes on a envoyer 6 millions de juifs aux chambres à gaz, et aujourd’hui on a atteint le PO

      C’est vrai, l’égalité est de faire confiance à l’autre et surtout admettre qu’il peut vous apprendre beaucoup de choses, c’est pourquoi je suis un adepte du « Je n’ai besoin de personne pour savoir ce que je dois penser, mais j’ai besoin de tous pour construire ma pensée. »

    2. Victor Hugo demanda d’être enterré dans le «corbillard des pauvres», et ainsi donc fut-il fait, …
      et alors ????
      De ce « corbillard des pauvres », exhibé de la volonté d’un homme, devant le monde, et même le grand monde, les délégations étrangères ….
      la grande et belle France eut honte, tellement honte …..

  12. Merci pour le rappel de cette distinction,

    J’ajouterai que récemment il me semble qu’on entend de plus en plus parler d' »équité » entendu comme « égalité », alors que ces deux termes différent dans ce qu’il signifient. Ou plutôt, pour reprendre le distinguo introduit par Dissonance, le mot « équité » s’inscrit parfaitement dans le sens d’égalité de traitement. Encore un détail sur lequel il va falloir être attentifs dans les discours.

  13. Est-ce vraiment une question d’égalité, de moyens ?

    L’intention est bonne, constructive, positive dans son approche, espérante, ça fait réfléchir, fonctionner nos neurones, calme nos angoisses, mais ne pourra suffir à mieux désincarcérer le monde du grand intellect occidental, pourrait même davantage entretenir la peur des autres dans ces nouvelles formulations de changement sociaux, non moi je suis plutôt pour un réel démontage en règle de la pensée mondiale aussi bien d’un bord comme d’un autre.

    A partir du moment ou on pousse trop les êtres à se soucier de leur propre futur personnel et matériel à l’antenne, je pressent déjà à quoi ressemblera l’esprit du monde pour demain, si ce n’est peut-être que le monde de demain sera encore un peu plus sécurisant sur tant de choses de plus.

    Comment les problèmes du jour, d’hier, de demain pourraient-ils être vraiment solutionner avec des gens qui ne prennent même plus le temps non seulement d’écouter la société, l’autre, mais de mieux voir de près le propre quotidien d’un tiers, le politicien actuel n’est que le propre reflet du monde son état d’esprit, l’incarnation même d’une plus grande inégalité de traitement, oui c’est vraiment pénible à voir, à constater et à accepter des fois sans rien dire ni tousser.

    Je m’interroge quand j’entends des gens parler des droits fondamentaux, comme des valeurs de la république et de la pseudo-démocratie encore aujourd’hui, comme si d’ailleurs l’homme-à-venir ne pourra jamais dépasser cela dans l’histoire, qui n’est en fait qu’une nouvelle forme de tyrannie institué aux êtres les plus malheureux et sans avocats sur terre.

    Mais qu’est ce que ça veut dire pour le premier pecno du coin, et pourquoi pas la même pensée intellectuelle et fondamentale bien tracée dans l’esprit des autres, celle bien sur sur laquelle je préfère continuellement reposer ma vie à 100%, comme ça plus guère d’imprévu pour l’homme comme dans l’histoire.

    « il y a une réalité économique qui n’échappe à personne » Madelin

    Evidemment plus le monde reflète tout cela à l’image, à l’antenne, devient marchand, pense comme ça, comme vous, et plus il paraît moins couteux à voir aussi sur la durée, et plus vous avez forcément toujours tort de votre coté et moins l’esprit sain est en vous cela va de soi.

    Dans ce monde plus ou moins occidentalisé jusqu’à la moelle épinière de l’homme, plus les gens recherchent à faire progrès social ou marchand à la fois et plus ils s’aventurent dans les idées, dans les livres, dans les automatismes, dans les moyens permettant encore de mieux faire fonctionner les rouages du système plus longtemps depuis quand cela dure ?

    Et puis est-ce vraiment bien notre propre intellect moderne qui rapproche l’homme de l’autre, de la charité du coeur, surtout en cas de coup dur de plus, rechercher continuellement à sécuriser le monde d’une façon ou d’une autre, que de rechercher d’abord à suivre une vérité qui me sécuriserait déjà moins sur le plan intellectuel ou cartésien.

    En fait c’est d’abord et avant tout votre propre matière grise qui nous intéresse, le reste oubliez le.
    L’égalité n’est qu’un nouveau mot vendeur affiché comme une publicité devant les gens et ce n’est pas non plus qu’avec des mots publicitaires, prometteurs de justice, des nouvelles formulations égalitaires ou pas que le monde passera à autre chose de moins illusoir et vendable, on peut d’ailleurs très bien faire confiance en l’autre sans devoir se sentir obligé de vivre davantage dans un autre propos vendeur et publicitaire de plus, vendre et acheter encore autre chose n’est-ce pas surtout et principalement de l’automatisme humain.

    Et puis vouloir souvent domestiquer le mal, la bête, n’est-ce pas se croire un peu plus malin que l’autre que l’on recherche tellement à dépasser intellectuellement ? Sans trop offenser et nuire à la pensée intellectuelle du monde, ce n’est pas du tout des jérémiades, des jérémies, l’esprit du pauvre ou de pauvreté que le monde a davantage besoin de marteler matin,midi,et soir dans l’esprit des pays riches, mais bien plus l’esprit plus sur et sécurisant du riche et des intellectuels de renom, de la matière grise et des colloques de flatterie avant tout, des moyens, des banquiers, des financiers, des politiciens, de la langue de bois, des martin hirsh et compagnie, surtout beaucoup de mauvaise foi aussi, les fondamentaux du monde actuel, liberté des riches, égalité protectoral des riches, fraternité des riches.

    Ma grande mère me disait toujours si tu veux réussir dans la vie Jérémie, alors écoute moi : soit d’abord un avocat ou un notable très riche pour la justice de ce monde, de ta ville, un menteur, un trompeur, un renard, un hypocrite, un usurier, un rond de cuir, un véreux, un avare, un cupide, un avide, etc… et alors toute les portes de ce monde et des partis s’ouvriront devant toi, tu seras alors davantage aimé et applaudi même si d’ailleurs tu es un homme de toute petite taille, un lillupitien comme dans le roman de jonathan swift avec Gulliver, mais alors si par malheur tu ne voudrais plus cautionner tout cela comme au regard de ta propre conscience, alors je t’annonce que ta vie sera toujours aussi misérable que le plus pauvre des tétards et des crapauds rouges sur terre, à ton avis pourquoi ta vieille tante a préféré sortir avec un banquier ce n’est pas non plus sans raison intellectuelle et sans sécurité pour le monde.

  14. Sur l’égalité des chances et l’égalité des places, lire « Les places et les chances  » de François Dubet – La République des Idées Seuil – 11.50€

    Cette obsession de l’égalité est un mal français non ? L’Ancien Régime a laissé des traces profondes.

    1. Cette « obsession de l’égalité », comme vous dites, a pour origine ce qui est l’expression de son contraire. Des exemples sont-ils nécessaires  ?

    2. Egalité …est une notion en voie de disparition actuellement …

      C’est presqu’un ‘gros mot’ …

      Egalité, en France, ne veut pas dire : je regarde dans la poche de mon voisin, et s’il a deux sous de plus que moi, je lui en prends un …
      C’est une caricature !
      Cela n’a jamais existé de cette façon dans notre Pays !
      Cela veut dire le mieux possible pour le plus grand nombre …
      Cela veut dire : non à une ploutocratie, qui ne travaillant même plus, accumule, ne sachant plus pourquoi ( ordre du pulsionnel ), tandis qu’une partie du Pays sombre dans la misère .
      Et, une classe moyenne qui s’effrite, veut dire « Pays en dévellopement »; plus de liens entre citoyens, car plus de citoyens possibles =) nous revenons donc aux besoins fondamentaux !
      Ce qui est nécessaire à tous et à chacun pour vivre dignement .
      Si ces besoins ne sont pas respectés : avoir un toit, se vêtir, se nourrir, recevoir une éducation,
      avoir accès à un bon niveau de Santé pour tous …et un accès à la Culture : bibliothèques…
      c’est que le non-respect de l’autre est là. Ceux qui ont trop, et qui en veulent toujours plus
      (il y avait un article édifiant dans contre-info il y a peu ), sont plein de haine et de mépris de l’autre !
      Que, dans une période si difficile, une haine-en-retour monte de la population, me parait logique ! Ne pas être entendu est une cause de souffrance. Le fait qu’on vous balaye d’un revers de main, vous empêchant ainsi de parler, vous niant donc, entraîne une juste colère; une colère non reconnue engendre la haine…
      Ne pas inverser les faits : les gens ne sont pas tous dans un processus d’envier l’autre, du moment qu’ils sont respectés.

    3. Les fils et les liens dont dérive l’Egalité sont à mon avis disparate et aussi « culturels »,

      je veux dire que la « haine de classe » décrite par M n’est pas le seul aspect.
      Dans le désordre :

      – Emmanuel Todd, dans « après la Démocratie » attribue aux vieilles règles d’héritage en maintes régions de France (en particulier Ile de France), règles pronant l’équilibre et non le pur droit d’ainesse, le fond « démocratique » de la France et donc une des ossatures de 1789 et suites.

      – Les neurones miroirs sont sources de perception des gestes de l’autre, et des expériences sur les grands primates (à prendre avec précaution) indiquent que le sentiment d' »inégalité » se forme aussi chez eux (comparaisons de récompenses,…). J’y ajouterai la honte dans la version « aidos/dike » ou l’on peut voir dans le première la vergogne.
      Et où l’épisode Jean S / EPAD fut à mon avis un révélateur : La plupart des Français auraient eu honte d’imposer ainsi inégalement un fils, et la honte de voir un autre Français (supposé primus inter pares…) le faire de façon aussi flagrante fut grande.

      – Pour finir sur la haine de classe, j’ai attaqué le « monstre Doux » de Raffaele Simone (Gallimard) , ça m’a l’air assez bien vu sur ces thèmes (la gauche et les concepts qu’elle a charrié, dont la haine de classe, le tout remis dans une perspective de degré de pertinence intellectuel compte tenu des 150 dernières années…).

    4. Oui, le bouquin deTodd est un apport non négligeable dans cette histoire …
      Le fait d’être depuis toujours, au niveau « grossier »de l’hexagone, issu(e)s d’un brassage culturel constant, et donc non centré sur un groupe ethnique , et même tout le contraire, après le temps lent nécessaire de l’histoire ( ce temps lent qui nous manque tant actuellement ), a probablement favorisé cette idée d’égalité.
      La période d’industrialisation du XIX ° siècle, brassant les populations ( les « ming-gong » de l’époque, en france ), brassant les idées, augmentant aussi la misère, et entrainant une perte de « liberté » et de la valeur » travail » : prolétarisation d’ex-artisans, ne pouvant plus survivre / fabriques /machines-outils, et – époque Napoléon III : passage au Capital, à la rente, à une société de notables, et creusant les inégalités – a entrainé un sentiment – qui était une réalité – d’inégalité trop forte, poussant à la révolte. La haine de classe ne sort pas du chapeau : elle est provoquée par l’absence de « contre-pouvoir » en face d’une classe dirigeante …et donc à l’obligation de mettre un frein à la toute-puissance.
      La fait est que dans notre histoire, c’est souvent la révolte légitime du peuple clamée, mais non entendue des dirigeants, qui a poussé les députés même de Gauche à l’action …et non l’inverse …

    5. Pourquoi toujours parler de « Mal Francais  » ? C’est assez ethnocentrique de croire que la France a des idees a ce point originales !

    6. « mal francais » est peut être mal venu,

      mais autant qu’on peut parler de miracle grec, on peut s’interroger sur ce qui a permis la séquence révolutionnaire et son retentissement (par la truchement napoléonien en pratique, soit …) en Europe.

      Quid de l’argumentation de notre droit, issus des deux langues, d’oc et d’oil, qui donnait aux lettrés Français un tissu différent dans les magistratures, et une capacité dans un seul pays, à dépasser la situation donnée, alors que ce n’était pas envisageable dans d’autres Etat Nation (Angleterre, cela avait déjà eu lieu au XVII en quelque sorte, Espagne, moulée dans un seul droit, Italie et Allemagne, encore fragmentée, Empire Austro Hongrois encore « balkanique » à ses marches, par force (la Sublime Porte n’avait pas été répoussée depuis si longtemps en 1789), enfin, de la géopolitique à deux sous, mais il y a exception française au sens historique, sinon mal français.

      Mal à se remettre de l’exception, ce serait plutôt ça, non ?

  15. Bonne réflexion, Dissonance.

    Il me parait aussi très clair que Mr Madelin est, comme tout bon libéral qui se respecte, complètement pour :
    – tout maintien d’inégalité voire, les amplifier.
    – augmentation de la capitalisation qui permet aux dirigeants et actionnaires de ces fonds de se remplir les poches sur le dos des salariés. (principe du mouvement de privatisation en cours)
    – socialisation de toute perte résultant de la privatisation des profits.

    Néanmoins, l’égalité en Droit me semble tout de même respectée en France grâce à l’aide juridictionnelle.
    Même si celle-ci pénalise les revenus moyens qui dépassent juste les plafonds…

  16. Sur l’égalité/inégalité, la culture/inculture, et l’ascenseur social.
    L’éblouissant spectacle de Franck Lepage, déjà posté par plusieurs d’entre-nous, mais je crois que ça vaut le coup de remettre le lien ici.
    http://www.youtube.com/watch?v=YTSDeVquHks&feature=related

    Pour conclure à la fin de son spectacle:

    Mesdames, Messieurs, il va falloir se battre sur la question de l’école.
    Mesdames, Messieurs, il faudrait arrêter la compétition.
    Il faudrait arrêter Condorcet et revenir à Lepelletier.
    Mesdames, Messieurs, il faudrait supprimer le bac.
    Il faudrait se battre pour ça, pour supprimer le bac,
    que tout le monde ait le droit d’aller à l’université.
    Mesdames, Messieurs, il faut pas supprimer la carte scolaire.
    Mesdames, Messieurs, il faut supprimer les grandes écoles.
    Mesdames, Messieurs, il faut arrêter de raconter à nos enfants…
    Il faut qu’on sauve cette école. Il faut pas qu’on la laisse à Vivendi.
    Et puis surtout il faut souffler.

    1. J’ai regardé ce spectacle avec une certaine délectation d’un bout à l’autre, notamment lorsque F. Lepage dit quelque chose comme: « l’égalité des chances, c’est faire concourir le lièvre et la tortue dans une course à partir de la même ligne de départ ».

      Tout à fait en phase avec ce billet effectivement.

  17. Facilement ils arrivent à piler les peuples de leurs droits, simplement parce que les jeunes n’ont pas la connaissance de ce qu’il fût : je prends un exemple, combien savent qu’il y a 20 ans il n’y avait aucun frais de tenue de compte dans les banques ?
    Combien savent comment marche le système financier ?
    Combien osent penser que tout n’est que cavalerie et escroquerie quand en bas on vous enseigne que c’est interdit et punis ?
    Ils y arrivent aussi parce que les plus jeunes soit ils pensent d’abord à s’amuser, soit sont déjà dans la vie active sans d’autre préoccupation que le quotidien et les congés.
    Ils y arrivent par l’ignorance enseignée de plus en plus au peuple, car même le bon sens il n’y a plus personne pour écouter dans ce monde du zapping où seule la vitesse compte tant pis si c’est le mur en face, il n’y a personne pour le voir.

  18. exemple de pillage des droits des peuples au 18 ème, il était interdit d’utiliser l’eau de mer pour la cuisson, parce que c’était acheter moins de sel et donc payer moins d’impôt.

  19. Quelques remarques:

    – Ce thème d’une divergence d’interprétations du principe d’égalité était déjà décrit comme tel chez les Lumières (le contrat social de Rousseau est au cœur de cette discussion) puis lors de la révolution française de 1789 (on trouve des citations de Gracchus Babeuf ou Rabaut de St Etienne, entre autres) puis repris aux XIXème et XXème siècles notamment chez Marx. Il ne s’agit donc pas d’une idée originale mais bien d’un simple rappel à quelques notions déjà identifiées.

    – L’évocation d’une égalité de moyens n’implique pas nécessairement un enjeu purement matériel. En l’occurrence, on peut citer l’exemple de l’éducation comme l’archétype d’un moyen immatériel dont chacun doit pouvoir disposer, ne serait-ce que pour assumer pleinement sa citoyenneté. La santé entre dans une certaine mesure dans le même registre.

    Une spéciale pour Yvan 🙂 : Vous évoquez le droit au sens purement juridique du terme, ce qui me paraît non seulement réducteur mais aussi « glissant ». En effet lorsque la DDHC évoque par exemple le droit au travail tandis que nous observons entre 3 et 5 millions de chômeurs au sein de la population française (selon les chiffres qu’on daigne prendre en compte ou pas), peut-on encore affirmer que tous se prévalent à égalité de ce droit? Doit-on alors en conclure qu’entre 3 et 5 millions de personnes ont choisi en toute connaissance de cause de ne pas le faire valoir? J’ai beaucoup de mal à le concevoir.

    Au delà de l’aspect juridique, un droit est une chose due au citoyen, à laquelle il peut exiger d’avoir accès. En somme, le droit n’est rien moins qu’un pouvoir reconnu au citoyen sur la technostructure (ou sur l’État, histoire ne pas perturber Marlowe)… A ne pas confondre donc, « un droit » et « le droit ». En l’occurrence ce billet traite plutôt du premier. 😉

    1. L’évocation d’une égalité de moyens n’implique pas nécessairement un enjeu purement matériel. En l’occurrence, on peut citer l’exemple de l’éducation comme l’archétype d’un moyen immatériel dont chacun doit pouvoir disposer, ne serait-ce que pour assumer pleinement sa citoyenneté.

      mais enfin, Dissonance, dans quel monde vivez vous ? Croyez vous franchement que donner les mêmes moyens a un môme du 7e arrondissement de Paris et à un môme du 9-3 va régler la question ? L’égalité des chances …. c’est quoi au juste ?

    2. Didier, je crains que vous ayez totalement perdu le fil de ma réflexion initiale. En l’occurrence l’égalité des chances est le corolaire de l’égalité de traitements, qui s’oppose en fait à l’égalité de moyens évoquée dans votre citation.

      Toutefois pour vous répondre sur le fond, je vous ferai tout juste remarquer que cette idée d’une éducation comme prérequis indispensable à la citoyenneté n’est pas de moi (pas la moindre originalité dans ma démarche, je le répète), elle est le fondement de la loi Ferry de 1881, celle qui instaure une éducation gratuite, obligatoire et laïque. Ainsi si l’on peut dire que le monde de Jules Ferry n’est pas à proprement parlé le mien, pas plus que le votre d’ailleurs, je suis pour ma part tenté d’admettre que j’ai bénéficié de ses fruits… Pas vous?

    3. Ok, Dissonance.
      Tu parlais des Droits et des Devoirs…

      Pardon de prendre les mots au pied de la lettre… Et je focalise sur la Justice, tout simplement parce qu’il y a un besoin de Justice, actuellement.
      En effet, les Lois ayant été modifiées au profit des plus riches, ce besoin en est une conséquence logique.
      Les possédants n’ont, depuis bien longtemps, plus aucun devoir.

      Remarque annexe : ça me fait drôle que tu me vouvoies 🙂

    4. Maintenant on parle de « droits du citoyen » et de « droits OPPOSABLES du citoyens ». Cette trouvaille vient precisement mettre des limites sur la notion de « droits ». Certains sont énoncés juste pour faire une tres jolie declaration, et pour en amenuiser la portee. D’autres peuvent eventuellement etre defendus devant un tribunal !

      Les gens qui se sont battus pour un « droit opposable au logement » ce sont a la longue fait avoir. Ils auraient du se battre pour une droit au logement. Toutes ces nuances sont ecoeurantes : il faut avoir le ventre bien plein pour etre a ce point cynique. Sans sombrer dans le complotisme, ceux qui pensent a long terme (en termes dynastiques) auront toujours un train d’avance sur ce ux qui pensent a remplir leur gamelle au jour le jour.

    5. @Dissonance

      Juste sur Jules Ferry : cela n’a-t-il pas coïncidé avec une petite transfiguration du capitalisme, quand est apparu le besoin que les jeunes ouvriers des ateliers sachent quand même lire un minimum les consignes ?
      (une « grammatisation », comme dirait l’autre)

      Pas de pure bonté si on regarde l’ensemble des idées de Ferry, colonialiste bon teint.

      Maintenant, la tonalité de ses discours a pu être positiviste en tant que de besoin.

    6. @timiota

      Faut-il comprendre de votre remarque que la gratuité, le caractère obligatoire ou la laïcité de l’école ne soient pas de bonnes choses, du simple fait de la personne qui les a instaurés ou du contexte dans lequel ils sont apparus?

      @Yvan

      vouvoiement, tutoiement, je ne sais jamais que choisir 🙂

    7. @ Dissonance sur Ferry : « Cerveau Disponible vs Citoyen »

      Je ne veux pas du tout remettre en cause la gratuité etc de l’Ecole, c’est un bon tabou qui me convient.

      Mais en changeant d’éclairage, on peut mieux comprendre pourquoi ce qui avait été relativement naturel en 1881 s’effiloche en 2010, et chercher dans nos neurones les « nouvelles bonnes raisons » pour que cela reste « relativement naturel » face au « Monstre Doux » du capitalisme qui penche à droite tout aussi « naturellement » (cf. le livre de Raffaele Simone).

      En filigrane ( je n’ai pas d’arguments clairs), j’y vois la question « qu’est-ce qu’être citoyen », et la réponse du « Monstre Doux » est faustienne : « Donne moi ton cerveau disponible et Consomme », car il y aura une fraction x de la population, auto-ajustée par la main invisible, qui aura bien produit la richesse que tu dépenseras, jusqu’à pressage final de l’éponge.

      Ce que je crains dans cette limite est que la gratuité ne reste que pour accéder à une formation de « cerveau disponible, » et pas à une formation de citoyen, capable de connecter les informations d’ordre technique civique et culturelle (d’en posséder des « outils de grammatisation » ?). Nombres de dérives actuelles, depuis la nécessité implicite des « petits cours » pointent dans cette direction.

      Bref :
      S’approcher du tabou Ferry (sans le transgresser) peut sans doute être éclairant sur le flanc « citoyen »,
      d’autres le diraient mieux évidemment.

    8. Peut-être, mais il y avait un formidable élan des instituteurs « hussards noirs de la République », trés portés par une idée révolutionnaire et galvanisante: alphabétiser jusque dans les moindre recoins des régions …construire est autrement stimulant !
      Une idée généreuse, en soi, va toujours être « utilisée »autrement …
      mais, les ouvriers ont pu s’organiser en section, se faire passer des documents, organisation de syndicats, universités populaires …
      Seulement, le risque est là, immédiatement, tout de suite : formater les cerveaux pour les mettre aux normes neolib. ( ex. cours d’économie …disparition programmée des sciences humaines …=) former des computers, qui ne se poseront plus de cas de conscience, et qui seront malléables, car sans culture autre minimale de base …le fait que le sinistre de l’éducation soit un ex-drh, ayant un look mkg est un « signe fort » ( comme disent les novlanguistes ).
      Il faudra donc développer un esprit critique ailleurs. et, de non soumission .
      Mais, d’ici là, le ciel nous sera tombé sur la tête, j’en ai peur !

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