BFM Radio, lundi 11 octobre 2010 à 10h46 – « La peur déprime la reprise américaine »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Greenspan : « La peur déprime la reprise américaine »

Alan Greenspan, président de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, de 1987 à 2006, a publié mercredi dernier une tribune dans le Financial Times intitulée « Fear undermines the American recovery » : la peur déprime la reprise américaine.

Selon une longue tradition chez lui, qu’il s’agisse de ses discours ou de ses articles, seules deux ou trois phrases en sont immédiatement intelligibles et, comme à leur habitude, ce sont celles-là que les agences de presse se contentent de retenir et de diffuser. Un exemple parmi cent des phrases « moins intuitives » de sa tribune libre : « Durant les quatre décennies les plus récentes, l’investissement en capital fixe en tant que part des flux de trésorerie a été corrélé (négativement) avec le taux du déficit fédéral par rapport au PIB ». Heureusement pour tous, le lendemain jeudi, Tom Keene, un journaliste de l’agence Bloomberg, eut un entretien d’une heure avec Greenspan, ce qui a permis à ce dernier de lever le voile couvrant certains de ses propos écrits de la veille. Confirmation du caractère énigmatique de l’article de Greenspan : quand Keene lui demanda si une représentation imagée de l’un de ses arguments qu’il lui proposait, était valable, l’ancien patron de la Fed lui répondit que les représentations imagées n’ont souvent aucun sens, et que c’était le cas en particulier de celle que le journaliste venait de lui offrir, et quand celui-ci lui demanda ensuite si l’on pouvait qualifier de « bulle » la préférence actuelle des investisseurs pour la dette à court terme, Greenspan lui répondit que non, puisqu’il s’agissait très précisément du contraire : les bulles révèlent une indifférence au risque de crédit et le cas présent, tout au contraire, une aversion au risque.

Pourquoi, s’interroge Greenspan, les banques commerciales américaines préfèrent-elles déposer mille milliards de dollars dont elles disposent auprès de la Federal Reserve au taux médiocre de 0,25 %, alors qu’elles pourraient sans difficulté prêter ces sommes à court terme au taux significativement plus élevé de 1,75 % ? Seule explication possible dit-il : la conviction des banques que les sommes avancées ne leur seront pas remboursées. Pourquoi, dans ce cas-là, demande Greenspan, envisager – comme le font Ben Bernanke, le président actuel de la Fed, et l’administration Obama – un nouvel assouplissement quantitatif, la création monétaire d’un millier de milliards de dollars supplémentaires, en sus des 1,7 mille milliards de dollars déjà créés dans la première phase de la relance ? Si les banques n’ont aucune intention de les prêter, il ne s’agira, dit-il, que d’« une opération comptable » sans impact favorable sur l’économie.

D’où vient la défiance des banques ? D’une part, affirme Greenspan, des conséquences imprévisibles de la mise en application du « financial overhaul » : en raison du caractère « massif », dit-il, de la loi Dodd-Frank. D’autre part, de la taille même des efforts financiers consentis par le gouvernement, qui suggère immanquablement que seuls des impôts de taille colossale pourront à terme les éponger. Selon un calcul statistique effectué par Greenspan et son équipe, deux tiers des sommes consacrées à la relance auraient été ainsi neutralisées de fait.

La création monétaire doit correspondre à de la richesse créée, souligne Greenspan. Et si cette richesse n’est pas déjà présente, il doit s’agir d’une anticipation correcte de richesse à venir. Aucun droit à l’erreur n’est permis : l’erreur provoque une inflation immaîtrisable, le cauchemar du banquier central. Pourquoi s’exposer à un tel risque, demande encore l’ancien patron de la Fed, alors qu’il s’agit d’abord de débloquer le « trillion » de dollars, parqué à la Fed par les banques ? Ce désaveu – en forme d’avertissement solennel – par Greenspan des nouveaux projets d’assouplissement quantitatif de Bernanke, son successeur à la tête de la Fed, est bien entendu passé totalement inaperçu, logé qu’il est dans quelques phrases alambiquées.

Greenspan préfèrerait que le problème de la dette publique soit résolu par le biais d’une réduction des dépenses plutôt que par la hausse de l’impôt. Devrait-on pourtant se résoudre à augmenter celui-ci, cela ne pourrait se faire, dit-il, que dans les conditions telles que Reagan les avaient définies en son temps : qu’il existe un sentiment dans l’opinion que toutes les couches de la population sont appelées à participer à l’effort de rigueur de manière équitable. Le talent de Georges Papandréou résiderait, selon Greenspan, dans sa capacité à avoir su donner ce sentiment au peuple grec.

Un danger suprême guette, avertit cependant l’ancien patron de la Fed : il existe une taille de la dette publique telle que la capacité de l’État à emprunter davantage se trouvera compromise. Nous ne savons pas où se situe ce seuil dit Greenspan, la seule chose qui soit certaine est que nous nous en rapprochons dangereusement et il cite à ce propos Larry Summers : « La nation la plus emprunteuse au monde peut-elle être aussi la plus puissante ? », et il ajoute : poser la question, c’est y répondre.

La foi dans l’autorégulation des marchés semble revenue à ce libertarien qui se décrit durant l’entretien comme « républicain tendance Goldwater », le plus libertarien en effet des candidats républicains qui affrontèrent jamais un démocrate (Goldwater réalisa face à Lyndon B. Johnson le plus mauvais score d’un républicain en n’obtenant que 38,4 % des votes à l’élection présidentielle de 1964). On sait qu’en octobre 2008, quelques semaines après la faillite de Lehman Brothers qui entraîna à sa suite la chute du système financier tout entier, Greenspan reconnut que « cette fois-ci », la main invisible d’Adam Smith ne s’était pas manifestée et que la poursuite des intérêts particuliers avait trahi l’intérêt général. Il réaffirme aujourd’hui sa foi dans le laissez-faire : observez, dit-il, que le seul secteur financier qu’on ait laissé tranquille, le marché boursier américain se porte très bien. L’exemple n’est cependant pas aussi convaincant qu’il le souhaiterait puisque depuis le « krach éclair » du 6 mai, les intervenants désertent ce marché (je rappelle que le volume y a baissé de 25 % entre le deuxième et le troisième trimestre de cette année), les plus optimistes d’entre eux en raison de sa prédisposition actuelle au krach, et les plus pessimistes en raison du fait que cette prédisposition pourrait être due aux manipulations de prix qu’autorise le High Frequency Trading (HFT) que j’évoquais ici la semaine dernière.

L’intelligence d’Alan Greenspan ne cessera apparemment d’impressionner qu’au jour de sa mort (il a aujourd’hui 84 ans). Ceci dit, il n’en est pas moins pareil à nous : combinant les jugements éclairés par la raison et ceux égarés par la foi.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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119 réflexions sur « BFM Radio, lundi 11 octobre 2010 à 10h46 – « La peur déprime la reprise américaine » »

  1. http://i.pol.dk/newsinenglish/article1056370.ece

    La Deutsche Bank parie directement sur la mort (le fond s’appelle « compass life »)

    German bank invests in early death

    Deutsche Bank, which is soon to open in Denmark, earns money on early death.

    Deutsche Bank, which is soon expected to open in Denmark, has set up several investment funds which cash in on life insurances if people die early.

    Investors and the bank have purchased life insurance policies from people in Germany and the United States, taking over premiums against retrieving payments if the policy holder dies prior to the term of the policy – typically the age of 65.

    There are currently over DKK 5 billion in the funds. But if the insured person dies after the policy term, the bank’s investment is lost.

    1. Ce n’est pas nouveau, c’est les assurances vies des américains qui sont à vendre, c’est actuellement la concurrence sur le secteur pour les acheter au meilleur prix et les revendre ensuite à des investisseurs, en fait c’est de la tritisation de contrat d’assurance vie.
      Comme les américains sont fauchés, ils vendent par exemple une police qui vaut 1 me de dollar en cas de décès pour 300K$ ou peut être moins de suite à un fond qui via un trust va gérer et revendre le machin. Généralement ce type de fond cherche à acheter des polices de gens qui doivent décéder rapidement, car en achetant la police ils achètent aussi le contrat et ils doivent donc payer l’assurance tant que le vendeur est en vie, donc à 300K$ si l’assurance est de 1000$ par mois, plus les mois passent plus le bénéfice diminue surtout n’oubliez pas que tous les intermédiaires touchent au passage.

      Effectivement, ça a l’air vraiment abject comme produit financier sauf qu’il n’y a pas de limites d’âges au usa pour les polices d’assurances décès et que d’un autre côté le vendeur touche de son vivant.

      Par contre pour l’investisseur, il y a le risque de change, et aussi le fait que si c’est un nouvel eldorado pour la finance à terme les assureurs vies auront ils les fonds nécéssaires pour payer
      ces polices dont une partie sans investisseur aurait fini par être simplement terminée pour non paiement en autre.

      Pour le côté moral, je connais un investisseur dans ce type de police, il est mort il y a trois mois
      avant que l’un de ses contrats là ne tombent par la mort d’un des vendeurs.
      Il avait 80 ans il faut dire.

  2. hors sujet (desole):
    le dernier article de Jean-Francois Couvrat (Blog du Monde) vient de paraitre ici.
    Il y parle des retraites et remet en question de facon claire et argumentee (comme d’habitude) la logique du gouvernement visant a allonger la duree de cotisation pour sauver les finances publiques.

    1. Un jour j’appris officieusement par quelqu’un, que la plupart des choses qui peuvent se dire officiellement et médiatiquement à l’opinion, ne représentent même pas le dixième de tout ce qui peut se dire en coulisses, c’est pour vous dire comme les gens sont bien pris pour des cons de nos jours.

  3. tout cela ne vaut que par son coté oraculaire.
    Ce qui reste, c’est surtout la préférence pour la liquidité face à une insolvabilité générale. Cela limite le risque d’inflation, mais cela empêche toute reprise sérieuse.
    C’est seulement quand on comprendra qu’il faut rendre risquée la détention liquide elle-même qu’il y aura une chance pour une quelconque reprise convenable.

    1. Oui, néamoins, vu leurs compétences à investir on peut encore craindre le pire…Et si Bernanke augmentait le taux à court terme (Libor etc…)?
      Cela veut dire que le crédit coute cher et qu’a ce moment la il vaut mieux retourner aux bonnes vieilles actions, c’est a dire en fin de compte prendre des risques industriels.
      Car prendre des risques financiers: On a déja donné!
      L’ennui c’est que les banques ne pouvant plus faire face à leurs trous gigantesques risquent de plonger…
      Néamoins ce serait un bon stress temps réel pour obtenir une sélection darwinienne selon les bons vieux critéres néo classiques.
      Ha!ha! Comme disait Lénine: Les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre!

  4. Voici l’histoire qu’on entend partout (aux États-Unis, ndt) : le président Barack Obama a fortement augmenté les dépenses du gouvernement, mais le taux de chômage reste élevé, et cela prouve que les dépenses publiques ne créent pas d’emplois.

    Voilà ce que vous devriez savoir : toute cette histoire n’est qu’un mythe. Il n’y a jamais eu d’augmentation des dépenses du gouvernement. En fait, c’est là le problème essentiel de la politique économique des années Obama : nous n’avons jamais connu cette expansion fiscale qui aurait pu créer les millions d’emplois dont nous avons besoin.

    http://www.rtbf.be/info/economie/chronique-de-paul-krugman/depensier-a-dautres-263910

    1. Vous vivez aux USA? J’aime bien Obama. Il a notre âge. Je lisais ce week-end dans le Figaro, dans la rubrique débats&opinions, la chronique de Guy Sorman… Bof!bof!: « Obama, défait par lui-même ». »L’essayiste analyse les raisons de l’hostilité envers le président américain… ». Est-on vraiment hostile au président, ou, une fois de plus, cherche-t-on à nous manipuler en utilisant notamment cette Sarah Palin, une femme, et le tea party… Il y a toujours des forces bizarres pour écrire, ou utiliser les femmes, pour courcircuiter les choses en récupérant ici et là ce qu’il y a à récupérer… Des semeurs de trouble…

    1. Enfin on va pouvoir dormir tranquilles !!. Supersarko agit…

      Au début j’étais comme un autre, je réagissais beaucoup à coeur à tout ce qu’il pouvait faire ou dire, car je voyais bien, et à travers sa propore conduite que ça ne pourrait jamais vraiment le faire envers déjà son propre pays,

      Et puis un jour je m’aperçus que je ne faisais même plus guère attention à lui, évidemment ce jour là il ne régnait plus du tout en moi, ni même autrement dans mon être, je me retrouvais alors un peu plus libre de mes mouvements, de mes pensées, de mon mental, de mon attention, de ma parole, me permettant même de voir davantage mon prochain et autrement dans la société,

      Evidemment ce n’est plus du tout ce genre d’homme que je préférais plutôt me souvenir le plus dans la vie, comme dans mes moments les plus pénibles de mon quotidien, mais bien plus des gens comme Eric Cantona ou alors d’autres de notre histoire présente, passé ou future préférant surtout se conduire un peu plus autrement à l’égard de leur prochain. C’est important je crois !

  5. Wall street : vers une année record pour les primes, 144 milliards de dollars.

    Les institutions financières de Wall Street s’apprêtent à verser un montant record de 144 milliards de dollars de rémunérations variables à leurs dirigeants et employés cette année, selon une étude du Wall Street Journal publiée mardi 12 octobre.

    Ce chiffre record, qui porte sur les primes, bonus et autres stock-options des dirigeants et employés de Wall Street, dépasse de 4 % celle versée pour l’année 2009, qui s’élevait à 139 milliards de dollars, précise le journal.

    L’étude porte sur 35 institutions financières : des banques, des fonds d’investissements, des maisons de courtages et des sociétés de services financiers.

    (Dépêche AFP)

    La vidéo la plus importante de l’année 2010 :

    http://www.dailymotion.com/video/xf47nl_cantona-la-revolution-est-tres-simp_news

    1. Mais comment on peut laisser faire cela ?
      Comment n’y a t il personne pour les confisquer ces primes durant minimum 10 ans et cela dans le monde entier en guise de réparation, qu’on leur donne à vivre ce qu’ils croient normal pour la grande majorité qu’ils ont réduit en esclavage.

  6. En Espagne, la crise de la consommation s’aggrave:

    « 2010 peut passer à l’histoire comme la première année de la dernière décennie où le panier de la ménagère se réduit en volume. Les gens non seulement dépensent moins, mais ils commencent à acheter moins de produits alimentaires. Concrétement un 3,7 % moins que dans le même trimestre de l’année dernière. »

    http://www.lavanguardia.es/economia/noticias/20101012/54021418974/el-consumo-en-alimentacion-cae-por-primera-vez.html

    1. la bonne nouvelle de cet article, est que les super et hypermarches sont les 1eres victimes de cette baisse. Au moins les petits magasins et les marches sont relativement epargnes.

    1. On ne touche pas nos privilèges, je soutiens à fond les revendications et je suis pour la grève générale pour que le système saute car il ne représente que l’oligarchie.

  7. « Durant les quatre décennies les plus récentes, l’investissement en capital fixe en tant que part des flux de trésorerie a été corrélé (négativement) avec le taux du déficit fédéral par rapport au PIB ». A. Greenspan.

    J’ai une explication: La dette fédérale par rapport au PIB a augmetée depuis 40 ans en synchonisme avec les flux de trésorerie.
    L’investissement en capital fixe à faible flux de tésorerie correspondant à l’émission d’actions, tandis qu’un flux important de tésorerie serait le symptome d’une forte activité financière autour du crédit et ses dérivés.
    C’est à dire que l’économie s’est orienteé vers un capitalisme financier, au lieu d’un capitalisme industriel.
    La faiblesse des impots sur le capital, et la capacité du systeme financier à l’évasion fiscale organisée par la globalisation économique (En fait l’évasion fiscale favorise la baisse d’impot sur le capital), ont augmentée la dette fédérale par rapport au PIB.
    Ce meme PIB augmentant par une croissance purement financière…
    En fait la globalisation a provoqué une déregulation fiscale à tel point que les produits financiers sont devenus le fer de lance d’une croissance purement financière.
    La libre circulation des capitaux donc détruit le systeme industriel occidental en favorisant les régimes totalitaires ou les pays ou le degré de pauvreté et d’analphabétisme est énorme: Inde, Brésil…Comme au fond, encore la Chine.
    Greenspan serait-il de gauche?

  8. Paul Jorion loue l’intelligence supérieure de Greenspan. Je me permets d’en douter, puisque ce personnage qui se plaît à être cryptique pour les happy few ne s’est aperçu qu’une seule fois, semble-t-il, que Adam Smith avait écrit soit des âneries sous des souhaits, soit peut-être les deux, quand il voyait la main du Marché réguler le monde. Manifestement, elle lui met de grandes claques au monde, à toute volée depuis le consensus de Washington.

    Par ailleurs, sur le même blog, deux mois plus tôt : « On en revient toujours à la même lancinante question : l’addition des besoins financiers des Etats et du système bancaire et la capacité des marchés à y répondre à des coûts abordables, dans un contexte déjà marqué par une baisse très substantielle du retour sur investissement (ROI) des établissements financiers. ROI qui pourrait encore être détérioré au passage.

    « Le système financier est mort », vient de déclarer Paul Volcker, ancien président de la Fed et l’un des conseillers économiques de Barack Obama, à l’occasion d’une allocution devant l’assemblée de la Federal Reserve de Chicago. »

    Comment peut-on relancer, et même discuter de la relance possible entre actuel et ex-banquiers centraux, alors que « le système est mort » ?…

    Si c’est la terrible réalité, les banquiers le savent, Bernanke le sait, Obama idem, sans compter DSK et Lagarde. Donc, l’argent possiblement créé va aller où, et à quelles fins ?…

    1. Adam Smith n’a pas écrit ce que les ânes néo liberaux ont voulu lui faire avoir dit depuis des années,

      Sa main invisible, c’était la conscience, c’était le fait que pour lui les marchands anglais préféreraient toujours investir et produire dans leur pays qu’ailleurs parce qu’ils étaient anglais et qu’ils se devaient de privilégier leur pays. D’ailleurs il a fini dans les douanes, Adam Smith

    2. D’ailleurs le titre de son oeuvre majeure c’est Richesse des Nations et combien de ces économistes qui le site l’ont il lu ? Richesse des Nations et non pas Richesse des Nantis.

    3. Autre interprétation : « C’est en ignorant ou en oubliant délibérément cette évidence [que « Richesse des nations » et « Théorie des sentiments moraux » se complètent] que certains ont commis le plus complet contresens sur la main invisible. En réalité, la confiance de Smith dans les bienfaits du libre commerce relève clairement de la foi en l’homme, ou plutôt en la Providence divine qui le dirige. L’humain, animé par une juste passion, dont il n’a pas toujours ni souvent une pleine connaissance, finit bien, le plus souvent, par emprunter le bon chemin. La main invisible de Smith n’est pas celle du marché : c’est la main de Dieu [Le Dieu qu’on a enseigné à Smith, un Dieu mal compris selon Généreux] » in la Dissociété

    4. Smith écrit (Livre 4 chap. II – Richesse des nations) :
      « …Par conséquent, puisque chaque individu tâche, le plus qu’il peut, lº d’employer son capital à faire valoir l’industrie nationale, et – 2º de diriger cette industrie de manière à lui faire produire la plus grande valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société. A la vérité, son intention en général n’est pas en cela de servir l’intérêt publie, et il ne sait même pas jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, il ne pense qu’à se donner personnellement une plus grande sûreté; et en dirigeant cette industrie de manière que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain; en cela, comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions;… »

      Le problème est que cette fameuse main est effectivement, on le comprend, l’intérêt général. Intérêt général, qui s’accomplit, selon Smith, à condition qu’en fait il y ait production et profit. En ce sens la main invisible est bien le Marché, Marché qui serait subsumable sous l’intérêt général.
      Le seul problème c’est qu’auparavant Smith a donné comme condition sine qua non que l’individu doit se servir de sa richesse pour aider l’industrie nationale, la nation, les habitants.

      Ainsi donc, le marché n’accomplit l’intérêt général que s’il est soumis à une valeur supérieure, aider ses concitoyens, les aider en agissant pour eux. Le marché n’est donc rien, et effectivement, comme le disait un des commentateurs, la main invisible c’est l’intérêt général, qui non seulement commande le marché, mais sans le cadre et l’accord duquel le marché ne peut s’exercer.
      Merci à ces commentaires qui m’ont permis de comprendre que la fameuse Main Invisible est une construction des Denis Kessler de l’histoire, prêts à tous les mensonges pour faire triompher l’illégitime, l’appat du gain, et l’égoïsme comme valeur.

    1. Même si beaucoup de modernes n’y croient plus du tout à la parole des prophètes de l’ancien temps, des saints hommes autrefois ont préférés bien plutôt nous mettre en garde, qu’un jour viendra dans l’histoire, bien sur pas du tout dit dans les mêmes termes imagés, que les grands de ce monde se mettront soudainement à avoir la chiasse, la diarrhée, la constipation, la colique nerveuse, l’angoisse, l’anxiété, la déprime, la dépression, la soudaine et funeste impression que cela recommence soudainement à leur prendre une fois de plus, à savoir aussi que la diarrhée chronique ça dure un peu plus longtemps, comment mieux alors la gérer au quotidien et dans les esprits ? Angoisse soudaine ressentie avant de paraître en public
      où de subir une plus dure épreuve de plus, hantise, inquiétude, peur panique de tout perdre,
      et d’un seul coup lâcheté, qu’est-ce que c’est une plus grande constipation bancaire mondiale ?

      Enorme et gigantesque constipation de tous les cerveaux ! [Wilfrid Lemoine]

      La rétention de l’information est une forme de constipation du savoir. [Théophraste Renaudot]

      Pourvu que lorsque tout cela se produira il y est également de la place pour tout le monde dans les waters sinon je vous raconte pas le tableau, peut-être une prochaine fois mais
      pas ce soir, c’est encore l’heure des bizounours faut pas que je rate ça non plus.

      Rira bien qui rira le dernier à l’antenne !

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