BFM Radio, lundi 11 octobre 2010 à 10h46 – « La peur déprime la reprise américaine »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Greenspan : « La peur déprime la reprise américaine »

Alan Greenspan, président de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, de 1987 à 2006, a publié mercredi dernier une tribune dans le Financial Times intitulée « Fear undermines the American recovery » : la peur déprime la reprise américaine.

Selon une longue tradition chez lui, qu’il s’agisse de ses discours ou de ses articles, seules deux ou trois phrases en sont immédiatement intelligibles et, comme à leur habitude, ce sont celles-là que les agences de presse se contentent de retenir et de diffuser. Un exemple parmi cent des phrases « moins intuitives » de sa tribune libre : « Durant les quatre décennies les plus récentes, l’investissement en capital fixe en tant que part des flux de trésorerie a été corrélé (négativement) avec le taux du déficit fédéral par rapport au PIB ». Heureusement pour tous, le lendemain jeudi, Tom Keene, un journaliste de l’agence Bloomberg, eut un entretien d’une heure avec Greenspan, ce qui a permis à ce dernier de lever le voile couvrant certains de ses propos écrits de la veille. Confirmation du caractère énigmatique de l’article de Greenspan : quand Keene lui demanda si une représentation imagée de l’un de ses arguments qu’il lui proposait, était valable, l’ancien patron de la Fed lui répondit que les représentations imagées n’ont souvent aucun sens, et que c’était le cas en particulier de celle que le journaliste venait de lui offrir, et quand celui-ci lui demanda ensuite si l’on pouvait qualifier de « bulle » la préférence actuelle des investisseurs pour la dette à court terme, Greenspan lui répondit que non, puisqu’il s’agissait très précisément du contraire : les bulles révèlent une indifférence au risque de crédit et le cas présent, tout au contraire, une aversion au risque.

Pourquoi, s’interroge Greenspan, les banques commerciales américaines préfèrent-elles déposer mille milliards de dollars dont elles disposent auprès de la Federal Reserve au taux médiocre de 0,25 %, alors qu’elles pourraient sans difficulté prêter ces sommes à court terme au taux significativement plus élevé de 1,75 % ? Seule explication possible dit-il : la conviction des banques que les sommes avancées ne leur seront pas remboursées. Pourquoi, dans ce cas-là, demande Greenspan, envisager – comme le font Ben Bernanke, le président actuel de la Fed, et l’administration Obama – un nouvel assouplissement quantitatif, la création monétaire d’un millier de milliards de dollars supplémentaires, en sus des 1,7 mille milliards de dollars déjà créés dans la première phase de la relance ? Si les banques n’ont aucune intention de les prêter, il ne s’agira, dit-il, que d’« une opération comptable » sans impact favorable sur l’économie.

D’où vient la défiance des banques ? D’une part, affirme Greenspan, des conséquences imprévisibles de la mise en application du « financial overhaul » : en raison du caractère « massif », dit-il, de la loi Dodd-Frank. D’autre part, de la taille même des efforts financiers consentis par le gouvernement, qui suggère immanquablement que seuls des impôts de taille colossale pourront à terme les éponger. Selon un calcul statistique effectué par Greenspan et son équipe, deux tiers des sommes consacrées à la relance auraient été ainsi neutralisées de fait.

La création monétaire doit correspondre à de la richesse créée, souligne Greenspan. Et si cette richesse n’est pas déjà présente, il doit s’agir d’une anticipation correcte de richesse à venir. Aucun droit à l’erreur n’est permis : l’erreur provoque une inflation immaîtrisable, le cauchemar du banquier central. Pourquoi s’exposer à un tel risque, demande encore l’ancien patron de la Fed, alors qu’il s’agit d’abord de débloquer le « trillion » de dollars, parqué à la Fed par les banques ? Ce désaveu – en forme d’avertissement solennel – par Greenspan des nouveaux projets d’assouplissement quantitatif de Bernanke, son successeur à la tête de la Fed, est bien entendu passé totalement inaperçu, logé qu’il est dans quelques phrases alambiquées.

Greenspan préfèrerait que le problème de la dette publique soit résolu par le biais d’une réduction des dépenses plutôt que par la hausse de l’impôt. Devrait-on pourtant se résoudre à augmenter celui-ci, cela ne pourrait se faire, dit-il, que dans les conditions telles que Reagan les avaient définies en son temps : qu’il existe un sentiment dans l’opinion que toutes les couches de la population sont appelées à participer à l’effort de rigueur de manière équitable. Le talent de Georges Papandréou résiderait, selon Greenspan, dans sa capacité à avoir su donner ce sentiment au peuple grec.

Un danger suprême guette, avertit cependant l’ancien patron de la Fed : il existe une taille de la dette publique telle que la capacité de l’État à emprunter davantage se trouvera compromise. Nous ne savons pas où se situe ce seuil dit Greenspan, la seule chose qui soit certaine est que nous nous en rapprochons dangereusement et il cite à ce propos Larry Summers : « La nation la plus emprunteuse au monde peut-elle être aussi la plus puissante ? », et il ajoute : poser la question, c’est y répondre.

La foi dans l’autorégulation des marchés semble revenue à ce libertarien qui se décrit durant l’entretien comme « républicain tendance Goldwater », le plus libertarien en effet des candidats républicains qui affrontèrent jamais un démocrate (Goldwater réalisa face à Lyndon B. Johnson le plus mauvais score d’un républicain en n’obtenant que 38,4 % des votes à l’élection présidentielle de 1964). On sait qu’en octobre 2008, quelques semaines après la faillite de Lehman Brothers qui entraîna à sa suite la chute du système financier tout entier, Greenspan reconnut que « cette fois-ci », la main invisible d’Adam Smith ne s’était pas manifestée et que la poursuite des intérêts particuliers avait trahi l’intérêt général. Il réaffirme aujourd’hui sa foi dans le laissez-faire : observez, dit-il, que le seul secteur financier qu’on ait laissé tranquille, le marché boursier américain se porte très bien. L’exemple n’est cependant pas aussi convaincant qu’il le souhaiterait puisque depuis le « krach éclair » du 6 mai, les intervenants désertent ce marché (je rappelle que le volume y a baissé de 25 % entre le deuxième et le troisième trimestre de cette année), les plus optimistes d’entre eux en raison de sa prédisposition actuelle au krach, et les plus pessimistes en raison du fait que cette prédisposition pourrait être due aux manipulations de prix qu’autorise le High Frequency Trading (HFT) que j’évoquais ici la semaine dernière.

L’intelligence d’Alan Greenspan ne cessera apparemment d’impressionner qu’au jour de sa mort (il a aujourd’hui 84 ans). Ceci dit, il n’en est pas moins pareil à nous : combinant les jugements éclairés par la raison et ceux égarés par la foi.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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119 réflexions sur « BFM Radio, lundi 11 octobre 2010 à 10h46 – « La peur déprime la reprise américaine » »

  1. Bonjour,

    Ceci est un message d’un simple lecteur régulier, (quasi) non-contributeur,
    et donc probablement de peu de légitimité. Néanmoins, je voudrais annoncer
    mon divorce d’avec le blog de Paul Jorion (que je continuerai sûrement
    à lire occasionnellement).

    J’avais commencé à écriré « bloc » au lieu de « blog » et c’est un lapsus
    assez révélateur : au lieu du bouillonnement des débuts, l’espace du blog
    et des commentaires s’est réduit à une petite cohorte de suiveurs qui
    remettent peu en question la pensée de l’animateur, et qui se contentent
    de commenter (de gloser, donc, stricto sensu).

    Je suis déçu par la démarche de Paul Jorion, car finalement il s’est recentré
    sur l’entretien de ce petit espace qui, comme la plupart des blogs, ressemblent
    à une petite cour (la cour des courtisans). Les aspirations politiques et
    constitutionnelles ont disparu et, à leur place, un commentaire forcément
    répétitif sur l’actualité (les articles de François Leclerc, qui répètent
    jour à jour comme les dirigeants européens se trompent et comme la finance
    les trompe, sont représentatifs de cette lucidité sans puissance et sans
    lendemain possible).

    Je crois que j’ai compris (vous me direz qu’il aura fallu du temps) une différence essentielle entre Jorion et Lordon. Ce dernier, lors d’une interview pour Arrêt sur Images (très bonne
    d’ailleurs : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3405 ), revendique
    son adhésion au courant matérialiste, par opposition au courant idéaliste
    dominant dans la tradition philosophique. Paul Jorion, lui, d’évidence, se
    rattache à ce dernier : son évocation récurrente d’Aristote le prouve. Lordon
    donne cette définition lapidaire du courant matérialiste : « éviter de se
    raconter des histoires ». Je rangerais les articles de Pierre Sarton du
    Jonchay dans ce dernier écueil (sa réponse à ma question sur la « démocratie »
    au Moyen-Âge m’a convaincu : aussi valide soit-elle sur le plan formel,
    elle est totalement déconnectée de toute réalité historico-politique; j’ai
    l’impression qu’elle revient à se raconter des histoires – de belles histoires
    certes, munies d’une validation académique).

    Bonne continuation

    Antoine.

    1. « … par opposition au courant idéaliste dominant dans la tradition philosophique. Paul Jorion, lui, d’évidence, se rattache à ce dernier : son évocation récurrente d’Aristote le prouve ».

      Vous voulez sans doute dire mon évocation récurrente de Hegel.

    2. Vous n’avez pas besoin de disposer d’une légitimité pour vous exprimer ! Et il n’est pas nécessaire de vous reconnaître dans tout ce que le blog publie ou met en ligne, dans la diversité des débats qui le traverse.

      Il vous est même possible d’y critiquer telle ou telle démarche, sans qu’il soit nécessaire de manifester votre agressivité envers les « courtisans » que vous croyez déceler.

      Si mon point de vue est hélas un peu répétitif, c’est l’actualité qui le veut. Quant au fait que mes billets seraient « sans lendemain possible », vous m’avez mal lu. J’ai eu l’occasion de m’aventurer sur ce terrain, mais sans prétendre dire ce qui passera demain, car ce n’est pas l’objet d’une chronique de l’actualité. Ne mélangeons pas les genres.

      Voyez par exemple l’introduction de la rubrique « l’inventaire de demain ».

    3. « … car ce n’est pas l’objet d’une chronique de l’actualité. Ne mélangeons pas les genres. »

      Je plussoie et je poursuis dans la ligne de la réponse que je viens de faire à grandghana : si c’est un soulèvement que vous attendez, ne regardez pas ici : regardez par la fenêtre.

    4. Je viens par curiosité d’aller relire vos commentaires antérieurs. Ils sont tous consacrés à dire que vous préférez Lordon. Le message est passé : j’ai noté.

    5. « …finalement il s’est recentré
      sur l’entretien de ce petit espace… »
      C’est faux, M. Jorion se déplace, intervient, participe ailleurs que sur ce blog.

      « Les aspirations politiques et
      constitutionnelles ont disparu… »
      C’est faux aussi, M. Jorion, ici et ailleurs, fait des propositions. Il propose, entre autres, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

      « ce petit espace qui, comme la plupart des blogs, ressemblent
      à une petite cour (la cour des courtisans). »
      Ce espace est grand par la qualité e par la diversité d’opinions ici exprimées.

    6. Bonsoir M. Jorion,
      Je regarde par ma fenetre de l’Ouest Parisien, et je ne vois pas de soulevement.
      D’ailleurs je ne le souhaite pas. Je suis dechire entre le bourgeois et le citoyen en moi.
      Je ne suis pas pret a renoncer a tout mais je ne veux pas tout non plus.

      Je voudrais bien que le jeu collectif soit mieux organise.
      Mais je suis assez sur de mon insignifiance pour ne pas me risquer seul dans des initiatives inevitablement suicidaires.
      Je comprends les reves d’action, la frustration de l’inaction.
      Et les reproches qu’il est facile de vous faire.
      Il faut bien diriger son energie sur quelqu’un.
      Je comprends aussi la prudence, et la difficile action collective.

      C’est dur la vie, il faut bien le dire !
      Il faut de l’indulgence de toutes parts.

    7. @Antoine : « comme la plupart des blogs, ressemblent à une petite cour (la cour des courtisans) » : critique un peu facile, vous ne trouvez pas ? Les « courtisans », comme vous dites, sont forcément des gens qui, comme votre serviteur, s’intéressent réellement à ce blog, et pas seulement pour les personnalités qui l’animent, mais aussi pour la qualité des discussions. En ce qui me concerne, il est devenu mon principal centre d’intérêt, après avoir parcouru bien d’autres blogs, certes intéressants aussi, mais qui ne sont pas centrés sur la crise, ses causes et ses développements. Signalez-moi un blog plus intéressant, et je vous promets, foi de Crapaud Rouge, que j’irai y faire le « courtisan ».

      Quand on s’intéresse à un blog et qu’on s’y attache, il est évident que l’on modère ses critiques. De façon analogue, le lecteur mordu de Libé ou du Monde se montrera peu critique envers son journal favori, car une critique sérieuse et profonde, motivée, implique un « divorce », tout comme en politique on quitte la formation à laquelle on participe lorsque les désaccords se font trop criants. Il est donc évident que toute personne attachée à ce blog lui accorde un parti pris, et donc qu’il peut être pris en défaut de critique.

      Ce n’est pas un mauvais choix d’écouter (aussi) Lordon et son « matérialisme », mais nos deux lascars sont plus complémentaires qu’opposés. Lordon s’en tient à des considérations économiques pures et dures, et sait vendre sa « marchandise » avec un brio certain. Mais la crise n’est pas seulement économique et financière, ce qui convient mieux au spectre des sujets abordés ici, beaucoup plus large que celui de Lordon. Enfin, il est vrai que, sur le blog de Lordon, vous pouvez être d’une critique aussi mordante que vous voulez : elle tombera dans l’oreille d’un sourd.

    8. @Antoine

      Il me semble que vous vous trompez sur ce que « cache » le courant philosophique du matérialisme car en fait, c’est à mon sens un des principaux points communs entre Jorion et Lordon.

      Il me semble en effet que la critique spinoziste que Lordon fait du capitalisme dans son dernier ouvrage ne rebuterait pas particulièrement Jorion – ceci dit je peux me tromper, à lui de le dire – même si ce dernier n’a jamais fait appel à proprement parlé à la théorie des affects pour étayer ses points de vue jusqu’ici.

      Quoi qu’il en soit, les mettre en opposition si frontale pour motiver votre désaffection vis-à-vis de ce blog n’est sans doute pas le meilleur argument que vous pouviez trouver. Loin s’en faut.

      1. « … même si ce dernier n’a jamais fait appel à proprement parlé à la théorie des affects pour étayer ses points de vue jusqu’ici. »

        La théorie des affects est le point d’articulation sur lequel j’ai bâti mon livre Principes des systèmes intelligents (1990). Je viens d’aller voir par curiosité si c’est mentionné dans Wikipedia, et ce l’est :

        En 1989, Jorion participe aux travaux du laboratoire d’intelligence artificielle des British Telecom, où il développe le logiciel « ANELLA » (Associative Network with Emerging Logical and Learning Abilities) dont l' »intelligence » est guidée par une dynamique d’affect – qui s’avère être également une dynamique de pertinence. Son ouvrage Principes des systèmes intelligents (1990) fait le pari que c’est la psychanalyse qui offrira à l’intelligence artificielle son authentique cadre de référence.

        [En fait, c’est de 1987 à 1989].

        Je ne suis pas sûr qu’essayer de monter les partisans de Lordon contre ceux de Jorion et vice versa soit la tâche la plus aisée au monde ! Et quand on confond Platon et Aristote, on a vraiment pris un très mauvais départ !

    9. @Antoine

      Vous ferez comme le petit camarade vigneron. Z’irez faire des tours rapides chez Lordon et le Diplo et pi vous reviendrez souvent ici. Tellement vous vous y ferez chier, tellement vous y serez d’accord avec tout ce qu’on y dit ! C’est d’un pénible… Et désespérant à se foutre à la Garonne !

      @Paul (Oh Maître vénéré ! )

      Vous avouerez que, vu d’un émule de Démocrite. voire de Marx, sans parler d’Onfray, l’écart entre Platon et l’Aristote inspirateur du thomisme est à peine de l’épaisseur d’une feuille de mon paquet de Job ! 🙂

    10. Antoine, n’allez pas couper les cheveux en quatre, le grand plussoyeur de ce blog, c’est Crapaud, son omniprésence donne l’impression d’une dérive fanatique, mais nous sommes nombreux à organiser le contre-pouvoir pour maintenir Paul et François sur la terre ferme (et parfois Julien aussi).
      Faîtes comme moi, mettez l’écran de l’ordinateur à l’extérieur, et regardez le par la fenêtre… 😉

    11. @Antoine

      Je ne suis d’accord avec vous que sur un seul point: la césure essentielle qui sépare les uns et les autres est celle entre matérialistes et idéalistes. Quant à classer Paul dans l’une ou l »autre de ces catégories, j’avoue n’être point encore arrivé à une conclusion. Souvent il varie (selon l’humeur ou les nouvelles ?).

      Mais je crois que je confonds parfois analyse matérialiste ou idéaliste du monde et pessimisme et optimisme du moment. Souvent les matérialistes sont pessimistes et c’est bien normal quand on « connaît » l’inéluctabilité et le déterminisme qui soutiennent ce type de pensée. Cela n’empêche pas Lordon de rêver parfois et je souris quand, depuis 5 ans, je lis dans ses articles que la révolte du peuple, ne va plus tarder vu la dégradation de la situation. Hélas, le peuple ne connaît pas ce que Lordon connaît et, même s’il le connaissait, je crains qu’il préférerait le « un tu le tiens d’aujourd’hui » aux « deux tu l’auras demain » que Paul et Lordon essaient de rendre crédible. Le peuple est prudent, il ne lâche pas la proie pour l’ombre.

      Et enfin, je ne partage pas l’espoir de certains qui parient sur la dégradation rapide de la situation pour faire avancer la volonté de révolte: il faudra bien 2 ou 3 générations pour transformer les actuels individualistes hédonistes (qu’Onfray incarne si bien) en audacieux capables de risquer leur petit confort de domestiques pour les dangers de la vraie liberté et de l’autonomie frugales.

    12. J’ai fréquenté quelques blogs et y’en a toujours un pour sortir un commentaire dans le genre avant de partir (et parfois revenir pour repartir ensuite avec un deuxième commentaire d’adieu du même tonneau, etc). La plupart à qui le blog ne plait pas se disent « ok, ce blog et/ou le taulier n’est pas ma tasse de thé » et vont voir ailleurs. Et puis, parmi ceux-là, certains sentent le besoin de partir avec esclandre et de remettre en cause la qualité du blog et les choix du taulier, le caractère sectaire du lieu, etc. Sans vouloir discuter du fond de la question (je suis par ailleurs un matérialiste pur et dur), j’aimerais savoir pourquoi Antoine s’est senti le besoin de dire avant de partir que le blog ne lui convenait pas. Quelles sont les intentions et motivations? Fait-il de même à chaque fois qu’il change de crémerie?

    13. Erreurs du matérialisme, selon G.Politzer (p 110) :

      – Erreur mécaniste des débuts : Considérer le monde comme une grande mécanique, juger toute chose d’après les lois de la science mécanique…. (au détriment de la chimie, de l’organique, etc).

      – De cette erreur initiale découle son ignorance de l’Histoire en général : ce matérialisme considérait que le monde n’évolue pas et qu’il revient à intervalles réguliers à des états semblables….

      – Trop contemplatif, par ignorance des processus, du développement historique de toute chose…

      Bref il faut faire attention avec le matérialisme et ne pas oublier le jugement synthétique A PRIORI de Kant. Hume cherchait de la causalité logique là où il ne pouvait la trouver, dans l’observation.

      Dès que l’on pose un problème de mathématiques on est idéaliste. Une droite n’existe pas, ni un plan, un point, rien n’existe. Dévaloriser l’idéalisme moderne est une mauvaise idée. En ce qui me concerne je n’ai pas besoin d’observer le système capitaliste pour savoir ce qu’il en est de même qu’Einstein n’a pas observé de photon pour trouver E = MC2. Nous avons le droit et le devoir de conjecturer puis d’observer, c’est la démarche hypothético-déductive.

    14. C’est encore mon côté néandertalien, mais je ne comprends pas cette dualité entre matérialiste et idéaliste. Un idéal est un projet, un objectif qui prend corps par le travail et la transformation de la matière.

      Le suffixe « iste » me chiffonne ,il crée des parois entre les polarités, il circonscrit, il réduit. Il contribue à conceptualiser les choses. C’est un peu comme des contours épais au feutre noir. Dans le monde vivant des êtres des choses distinctes, il demeure comme une porosité nécessaire à la respiration pour la circulation de l’énergie créatrice. L’étanchéité parfaite ferait du monde un musée, plein de magnifique natures mortes, mais sans personne pour les contempler, toute vie ayant disparue.

      Qu’il s’agisse du verbe, qui est le corps de la pensée, l »Homme » qui est le corps du verbe..Tout dans ce monde est matière. Les aborigènes australiens, disent néanmoins « au commencement était le temps du Rêve ».

      Ceci est hors sujet, mais je pense que les tribus « primitives » sont les gardiennes, les mémoires vivantes d’une des dimensions de notre monde « gigogne ».

    15. Je suis déçu par la démarche de Paul Jorion, car finalement il s’est recentré sur l’entretien de ce petit espace qui, comme la plupart des blogs, ressemblent à une petite cour (la cour des courtisans). Les aspirations politiques et constitutionnelles ont disparu et, à leur place, un commentaire forcément répétitif sur l’actualité (les articles de François Leclerc, qui répètent
      jour à jour comme les dirigeants européens se trompent et comme la finance les trompe, sont représentatifs de cette lucidité sans puissance et sans lendemain possible).

      Nous sommes toujours décus par la démarche d’un autre, vous verrez vous aussi vous serez
      un jour très déçu par la démarche de celui que vous préférez plutôt suivre intellectuellement.

      A choisir je préfère de loin la démarche de Paul Jorion, il me semble quand même être un peu plus, même si parfois j’ai éprouvé le besoin de me retirer du blog et à certains moments.

      Il est vrai que Mr Lordon est pas mal aussi à voir dans sa critique du capitalisme mondial, mais voilà la démarche qui rechercherait à vouloir davantage en conduire vers le seul idéalisme de
      la matière,

      Me semble par faire preuve d’une meilleure prudence à suivre et pour l’homme déjà bien déçu
      et éprouve par toutes ces choses qui nous possédent et nous influencent tant l’esprit au quotidien.

      Les propos répétifs on les attribuent souvent aussi aux autres en premier, je me demande d’ailleurs si un plus grand courant matérialiste dans l’esprit des êtres, ne favoriserait pas davantage ce genre de mentalité et de vocabulaire dans l’esprit d’un grand nombre.

      Mr Lordon n’est pas mal aussi à voir dans son principal idéalisme forcené de la matière à tous
      prix pour s’en sortir, comme si d’ailleurs sa propre matière en plus, pouvait déjà mieux lui venir pour s’en sortir le premier, lui permettre de paraître un peu moins ……………. enfin vous voyez ce que je veux dire,

      C’est aussi très important je pense pour les autres, la société, ses enfants aussi, et autres adorateurs de plus de la matière dans l’esprit de tous.

      Il est vrai que les nouveaux petits objets matériels de nos jours y contribuent beaucoup dans l’esprit d’un grand nombre, on veut changer les choses, le monde, la finance, on veut surtout en fait remplacer le premier obèse matérialiste de ce monde par un autre, correspondant sans doute un peu plus à nos goûts littéraires,  » racontons-nous en fait les mêmes histoires  »

      Mais ça bien sur ça ne révolutionne pas mieux le monde, au contraire, par contre se raconter les mêmes histoires matérialistes aux autres comme cela nous dérange beaucoup moins, enfin à chacun son lavage de cerveau, comme son nouveau Maitre à penser moderne ou sur la crise.

      J’étais comme un homme, comme un autre, marchant içi ou là, partout, sur tout le monde, pas un, pas un seul ne pouvait y échapper, c’est partout visible dans les coeurs comme les esprits.

      J’étais comme un homme, comme un autre, écoutant et lisant ceci ou cela, que fallait-il surtout suivre en premier pour moins faire de tort à l’autre n’arrivant même déjà plus à me suivre, et dans ce que j’essayais tant de lui faire comprendre et avant qu’il ne se perde davantage dans les autres griffes mentales et bien plus matérialistes qu’un autre sur son propre esprit.

      Non merci Mr Lordon, vous n’êtes vraiment pas du tout ma première tasse de thé du matin, ni même la dernière pour le grand soir que vous recherchez tant à faire entendre aux autres.

    16. Je ne pense pas que Messieurs Lordon et Jorion diffèrent sur le fond. Il me semble avoir lu chez les deux que le problème fondamental, la cause de tous nos mots, provient d’un trop inégal partage de la richesse.

      Après, la sensibilité de chacun fait que le discours, les propositions – bref le point de départ – peuvent paraitre différents. Ce n’est que le jeu de la profondeur du langage et de l’infinité de notre univers et de notre imaginaire. Du fait de la complexité de l’univers, il existe aussi différents leviers que nous pouvons actionner pour changer le monde.

    17. @Lisztfr
      « Dès que l’on pose un problème de mathématiques on est idéaliste. Une droite n’existe pas, ni un plan, un point, rien n’existe. Dévaloriser l’idéalisme moderne est une mauvaise idée. »

      Dans sa critique du théorème de Gödel, Paul Jorion parle des deux catégories de mathématiciens, platoniciens (comme Gödel) et anti-platoniciens.
      (le site est planté, je copie depuis google cache) :

      « pour présenter les choses de manière un peu manichéiste, mais sans toutefois simplifier de façon excessive, on trouve parmi les mathématiciens contemporains des  » réalistes  » (ou  » platoniciens « ) et des  » anti-réalistes  » (ou  » constructivistes « ). En général, à titre individuel, ils n’éprouvent pas le besoin de se situer à l’un de ces pôles, la raison en est toutefois que, dans leur grande majorité, ils se révèlent être spontanément des réalistes. Certains cependant, comme ce fut le cas pour Kurt Gödel, se font un point d’honneur de s’affirmer tels.

      On appelle les réalistes de cette manière parce qu’ils estiment que les mathématiques rendent compte de quelque chose de réel. À leurs yeux, celles-ci sont une  » science  » : celle qui décrit le monde particulier où vivent les entités mathématiques. Pour eux donc, les mathématiciens ne sont pas des inventeurs mais des découvreurs : ils mettent à jour les objets cachés de ce monde qui aux yeux du commun des mortels demeure invisible. La raison pour laquelle on appelle également les réalistes, platoniciens, est que les disciples de Platon supposaient que la réalité ultime est faite de nombres. Cet univers caché où vivent les entités mathématiques se confond alors avec la réalité ultime. Dans cette optique, le monde sensible est la matérialisation de la réalité ultime de nature mathématique. Alors que pour certains les mathématiques sont une méthode d’abstraction de propriétés simplifiées du monde empirique ayant son origine dans les problèmes pratiques de mesure, pour les platoniciens, c’est au contraire le monde sensible qui n’est qu’une vaste application des mathématiques. C’est à raison alors, dans leur perspective, qu’ils s’interrogent pourquoi il n’existe pas de Prix Nobel de mathématiques : loin d’être la  » servante des sciences « , les mathématiques seraient la  » mère de toutes les sciences « .

      Aux yeux de ses contemporains, il ne faisait aucun doute que Platon était un disciple du philosophe-mathématicien Pythagore. Dans sa Métaphysique, Aristote dit des pythagoriciens qu’ils considèrent que  » les nombres sont les choses ultimes de l’univers physique tout entier, ils pensent que les éléments constitutifs des nombres sont les composants de toutes choses et que l’univers tout entier est une proportion ou un nombre  » (Aristote, Métaphysique, 986a, 4-7). Le Stagyrite était conscient du fait qu’il existait une légère différence entre les vues de Platon et celles de Pythagore, mais rien de plus sans doute qu’une nuance :  » … car alors que les pythagoriciens disent que les choses existent par imitation des nombres, Platon affirme qu’elles existent par participation — un simple changement de terminologie  » (ibid. 987b, 11-15).

      Pour les anti-réalistes les nombres sont des fabrications de l’intellect humain : ils ne sont pas découverts mais inventés, et il en va ainsi de l’ensemble des mathématiques. Les nombres furent abstraits de la réalité empirique, et de la même manière, les règles pour générer à partir de ces nombres d’autres abstractions. En conséquence, les anti-réalistes font partie des mathématiciens qui comprennent fort bien pourquoi il n’existe pas de Prix Nobel de mathématiques, souscrivant à l’opinion de Nobel lui-même pour qui celles-ci sont la servante des sciences : une méthodologie pour les réaliser, et non l’une de leurs parties intégrantes.

      Pour Platon le monde sensible concrétise de manière imparfaite les Nombres (aussi appelés  » Idées « ) qui en tant que configurations sont aussi les Formes parfaites. Cette représentation suppose nécessairement qu’une compréhension de la manière dont ces nombres se comportent, nous met en possession du plan général ou plutôt de l’ensemble des patrons des entités physiques, et qu’il ne reste plus — en vue de constituer une Physique proprement dite — qu’à montrer pour chaque chose quelle est la Forme idéale à laquelle elle participe, de manière statique et dynamique.

      Pour l’anti-réaliste ou constructiviste, il n’existe pas de récompense de cet ordre à la pratique mathématique, à savoir qu’une fois le modèle mathématique d’une partie phénoménale du monde empirique construit, on aurait atteint une certitude quant à l’ordre des choses. Ce qu’un modèle offre, selon eux, c’est une représentation stylisée de ce qui fut l’objet de la recherche : une autre illustration possible du  » principe d’économie mentale  » de Mach que j’évoquais plus haut à propos de la définition. À ce point de vue, comme sur beaucoup d’autres, Aristote prenait le contre-pied de Platon. On ne pourrait en effet être plus anti-réaliste que ne le fut le Stagyrite : pour lui, rien dans l’activité du mathématicien ne présente une dimension de révélation d’une réalité cachée, il ne s’agit jamais que de stylisation d’un réel complexe. Ou dans ses propres termes :  » … le mathématicien étudie les abstractions (car dans ses recherches il commence par abstraire tout ce qui est sensible, comme la pesanteur et la légèreté, la dureté et son contraire, et aussi la chaleur et la froideur, et toute autre paire de contraires dans le monde sensible, pour ne laisser que la quantité et la continuité — parfois dans deux et parfois dans trois dimensions — et leurs propriétés en tant que quantitatives et continues, et ne les étudie sous aucun autre aspect, et dans certains cas envisage les positions relatives des choses et les propriétés de ces configurations, et dans certaines autres, leur commensurabilité ou leur incommensurabilité, et en d’autres encore leurs proportions. Quoi qu’il en soit, on considère qu’il n’existe ici qu’une seule et même science, à savoir la Géométrie)… « 

    18. Je regarde par la fenêtre du haut d’une tour à Noisy Le Grand et je vois des bidonvilles qui s’installent en bordure d’autoroute…
      Il n’y en avait pas l’année dernière. Il y en avait dans les années 50.

      Philippe, il y en a des choses à voir par la fenêtre

    19. Si vous n’avez que grennspan et moi (un peu moins) comme ennemi, Jorion, vous ne valez donc pas plus que cet ennemi…

      Donc, pas grand-chose.

      Salutations réelles, donc avec respect, et sans être hypocrites, bien sûr.

    20. @Moi : Antoine veut qu’on parle de lui, tout simplement. Les… comment déjà ? Ah oui, les « courtisans », sont ceux qui estiment que Paul, François et les autres sont des gens plus intéressants que sa pomme.

    21. Et si on revenais à nos moutons .. ?
      (je préfère les projets dans la version de celui de la choucroute, surtout que poissonière ..

    22. Vous subissez un effet McLuhan-Cherenkov, Antoine.
      The medium « is » the message, ce « est » qui est asymétrique.

      C’est la forme qui peu à peu vous semble figer le fond, et faire place à une cour (ce qui satistiquement doit être vrai au sens d’une loi de Zipf, mais il y a forcément de telles lois dans un lot d’information non ergodique).

      Eh bien il y a un peu de vrai là dedans. Je suis allé demander l’avis de la bactérie la plus proche (une de celles qui survit à la méthicilline, à la subprimissine et à la lordonissine), et elle m’a dit qu’elle passe son temps à tout changer (pour ne changer qu’un peu), changer d’outil pour voir son monde, ses protéines transmembranaires, des bouts de ses gènes, et tuttit quantti. J
      Elle ne garde que le ribosome (qui comme internet transforme un ARN_html en protéine_écran_de browser), de bons bouts de l’ADN (en code ASCII ou Pentium), et quasi c’est tout.. Et cela marche vaille que vaille, entre virus et autres joyeusetés de l’environnement, la bactérie me dit qu’elle finit pas exister (= s’afficher dans une petite fenêtre devant Antoine) et qu’elle ne se demande pas elle-même qu’est-ce que l’intello-bio-diversité, parce que ses copines n’y veillent que collectivement.

      Ce qui arrive, me dit-elle, quand on en a marre de coloniser le larynx de Diogène ou de se faire trimballer sur des acariens acariâtres, eh bien « ça évolue », on passe à l’espèce ou l’organe d’a coté, mais au passage, notre hote a subi quelques distortions, et ne sera plus le même.

      Alors Antoine, je suis d’accord sur le fait qu’un blog à structure fixe ne renouvelle pas le plaisir de la « navigation », et que les bactéries qui reforgent leurs outils et leurs antennes en permanence pourraient s’appliquer à ce blog et faire sortir des pseudopodes ou autres vacuoles qui ne sont pas dans son génome d’origine.

      Mais il reste une lymphe qui circule, même Pierre SdJ arrive à ramer vers des rivages moins abstraits (l’eussiez vous cru en qqs semaines seulement, évolueriez vous au même rythme ?), même moi, je finis par avoir un écho sur Stiegler tous les deux mois, pas rien.

      Ceci dit, pourquoi ne pas proposer (euh, Julien dédoublez vous , c’est un ordre) dans les catégories générales, des commentaires des textes qui paraissent ici et la avec un minimum de prétention intellectuelles ? Par exemple, en gros deux fois par mois dans Marianne, il y a des choses « lisibles » soyons charitable, mais le forum de Marianne est un peu un marigot, il faut le commenter hors-sol, ici.
      On peut recenser aussi de façon un peu limitative : Books, qqs livres fraichement parus (S. RAffaelle, Y Moulier-BOUtang, D. Robert-Dufour) etc. Mais je dirais qu’il faut se limiter en excluant les « intellectuels » « nominés » par … Marianne justement (BHL, Ferry, Badinter, Finkielkraut, Badiou, …) (pour vivre heureux ..), au nom d’une biodiversité bien comprise, qui se doit de réunir des gens qui n’ont pas convaincu trop d’autres gens, ce qui veut dire que (i) leurs idées ne sont pas trop accessibles (les idées trop galvaudées sont inopérantes) et que (ii) elles ne sont pas reconnues d’une large fraction d’un public qu’on peut définir comme celui dont le cerveau choisi l’usage de son temps disponible.

      Ainsi en opérant en « contre-don » d’idées (je jette l’expression en pâture pour cette attitude qui consiste à admettre que son système de pensée est aussi évolutif qu’un génome bactérien, ce qui peut dire très invariable aussi pour certaines têtes dures), … on échappe à l’apparence de la mise en cour… hopefully.

    23. Les court disant parlent aux « courtisans ».
      Ce serait plutôt la richesse de la cour des miracles,
      faite de mannants et de poêtes.
      Bref, l’humanité comme je l’aime,
      sur laquelle se penchent Paul, François, et bp d’autres,
      avec rage et tendresse, dans leur diversité qui fait la démocratie.

      En attendant, ne regardons pas par la fenêtre,
      discutons et partageons,
      frappons ensemble, même en marchant séparément.
      descendons dans la rue!

    1. Tant tout cela me touche aucunement personnellement assurément mon cher monsieur, regardez plutôt ma propre réussite personnelle dans la vie.

    2. Aucunement,

      Non non je parlais bien de moi, qu’est-ce que vous croyez que je suis un saint homme, la tentation de réussir rapidement et d’écraser un peu plus les autres est si grande de nos jours,

  2. Les pays développés doivent maintenir leurs politiques anti-crise

    Le gouverneur de la Banque du Japon a appelé dimanche les pays développés à maintenir leurs taux d’intérêt historiquement bas et les autres mesures de relance, en raison du faible rythme de la reprise économique. belga afp

  3. Cher Paul, cher François, il me semblerait intéressant que vous rappeliez votre adhésion à cette idée novatrice qu’est l’instauration d’un revenu « de base » ou « universel ». Ne pensez-vous pas que participer à l’élaboration de ce système en imaginant son financement, en pesant le pour et le contre des conséquences de sa mise en application, soit une bonne chose ?

    L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est un point de départ mais il me semble que vous avez tous deux (et tant d’autres sur ce blog) les connaissances nécessaires pour imaginer une société non pas « idéale » (sur ce point, imaginer que l’économie doit être au service du « bonheur » me fait sursauter parce que le sentiment de « bonheur » n’est pas universel et encore moins quantifiable) mais plus solidaire.

    Une société où le choix de vie serait facilité, où le « toujours plus » ne serait plus systématiquement encouragé.

    L’enfer étant pavé de bonnes intentions, j’imagine votre hésitation à dessiner les contours « techniques » pour l’élaboration de ce projet considéré comme pure utopie par la plupart, mais n’est-il pas temps de s’y atteler ?

    Ps: mes deux derniers commentaires ne sont pas passés, l’un représentait la photo de « Crisis what crisis? » de Supertramp, qui m’apparait toujours autant d’actualité, et l’autre un portrait de Paul-Philippe-Ignace-Jorion, notre facétieux tavernier, larguant le blog avec des millions d’euros dans ses valises après avoir fait croire en la chute d’audience du blog.

    Censure ? Je ne le pense pas. Problème de bande passante ? Bon, ce n’est évidemment pas grave mais je tenais à le mentionner.

    Bonne fin de journée avec les oiseaux que j’ai eu l’immense plaisir de retrouver dans la vidéo du vendredi!

    Cordialementao à tous depuis le nord et les arbres.

    1. Je suis d’accord avec vous, mais ne croyez vous pas qu’il faudrait partir de projets concrets qui existent déjà tels que celui ci par exemple
      http://www.aggra.org/documents-pdf/cat_view/48-condruses.html
      Agricondruzes 1 et 2
      Je viens également de prendre connaissance de ceci
      http://www.tree2share.org/article-676-une-clemente-economie-au-dela-du-revenu-d-existence-vers-une-nouvelle-societe-.-nl-de-yoland-bresson
      Peut-être connaissez vous déjà cet ouvrage?

      Je pense que nous ne devons rien négliger et qu’il sera indispensable d’avancer sur tous les fronts à la fois.

    2. Le revenu de base est la liberté de s’exprimer, de laisser parler ses compétences, de ne plus être obsédé par la nécessité de travailler pour l’argent mais bien pour le plaisir de créer, d’inventer.
      Il n’y a pas besoin de capital pour entreprendre mais simplement de bonnes idées, en oubliant pas un fait acquis qu’une idée plus une idée égal trois idées.
      Il est très difficile de comprendre qu’un revenu de base plus un revenu de base autour d’un projet peut créer une plus value voir même un autre revenu pour quelqu’un d’autre, et pourtant c’est possible.
      Le revenu du salariat est un revenu pour consommer, pour s’élever dans la hiéarchie, alors que le revenu de base est fait de création. Avec le revenu de base, on aura plus peur.
      Un petit bout de ma vie
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=15787#comment-108690

      Un grand merci pour le lien.

    3. Et ce revenu réduirait sensiblement la dominance sociale, ce qui ne devrait pas déplaire à Betov. Mais où est-il donc passé ?

      Je suis pratiquement certain qu’il aurait des objections (constructives) à cette idée 🙂

    1. oui effectivement… avec neuf ans pour s’organiser, faut pas pousser… Surtout que les effets sur la confiance ne peuvent qu’avoir de bonnes retombées en terme de croissance.
      Mais ce qu’ils mettent au coeur de leurs revendication c’est la compétitivité. Alors, bien sûr, imposer des normes bancaires doit être adopté largement, le plus universel possible. Sinon, il leur faudra se développer différemment des autres… Plus doucement. Mais est-ce vraiment un problème ?

    2. la peur des banquiers me semble être l’illustration même de leur incompétence
      (il n’y aurait rien à faire en ce monde pour l’épanouir, rien à investir pour qu’il tourne un peu plus rond …)

  4. Excellent article (en anglais) de Ambrose Evans Pritchard (AEP) sur un des dessous de la nouvelle opération de Quantitatiave Easing (QE .20) envisagée par Ben Bernanke :

    http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/8054066/Currency-wars-are-necessary-if-all-else-fails.html

    En fin d’article, intéressant témoignage sur Mme Lagarde qui serait en faveur du Bancor. Ce serait un objectif que Mr Sarkosy pousserait au prochain G20 ; tout arrive et la bénédiction Papale ne sera pas de trop, mais je ne crois que ce que je vois.

  5. Disparition d’un “symbole de la méritocratie républicaine” et d’un “pionnier de la modélisation des grands équilibres macro économiques”selon Valérie Pécresse.

    Allais s’est refusé à compter jusqu’à cent…..

  6. bonjour,

    pour revenir a Antoine simple lecteur régulier.
    je m’aperçois que la plupart des gens qui viennent ici ne savent rien
    ils viennent ici a la recherche de réponses

    Et certains posts ici sont juste là pour faire jolis et pour meubler le vide.

    ils veulent qu’on leurs explique ce qui se passe et qu’on leur donne des solutions.
    le pessimiste des rédacteurs n’aide pas non plus.

    si on venant ici on est pessimiste et qu’on repart plus pessimiste c’est yeuuuk
    il faut une note positive.

    je préfère qu’on commente l’actualité du moment plutôt que de faire de la spéculation sur ce qui risque de se faire.

    et puis on se rend compte qu’a part continuer dans le système dans lequel nous sommes et mettre quelques rustines,
    personne ne propose autre chose.

    1. Vous n’avez qu’à le faire de proposer autre chose ! J’ai tout dit à ce sujet, vous n’avez qu’à me lire. Ce qui est bien ici c’est que vous pouvez réfléchir ici, et pas attendre que cela tombe tout cuit ! S’il n’y a pas de proposition c’est que probablement ce n’est pas le moment. Personne n’a fondé une nouvelle civilisation en claquant dans les doigts !

  7. Je suis depuis pas mal de temps ce blog (2-3 ans au moins) et peut-être ne suis pas assez intelligent (au niveau culture economique) pour reellement apprecié la qualité des interventions…
    Parfois je l’admets je ne comprends pas ce que je lis… J’en suis consciens, et je continue malgré tout… (donc c’est pas la peine de me jeter la pierre)

    Mais je voudrais me permettre de poser une question….
    Car peut-être je vais me rende compte que je ne suis pas sur le bon site…

    Qui est choqué par le fait que certains puisse gagner 950 000 dollars par jours tandis que d’autres galèrent pour n’en gagner qu’1 seul….
    Pour moi ce fait justifie une révolution…

    (je sais mes interventions rappellent souvent ce fait, mais j’avoue que j’ai toujours du mal à m’en remettre… Je dois allez suivre une psychothérapie, je suis d’accord, mais je n’ai pas les moyens actuellement… je rpomets que lorsque je gangrais 950 000…. :-))

    1. Tout à fait cela justifie une révolution…

      Dans ma famille, je viens de m’apercevoir que personne n’a conscience du danger. Mon oncle pense qu’il y en a pour 40 ans de stagnation. Ils n’ont aucune idée, ils s’indignent des filouteries grecques…. et pensent que la méthode de serrage d’écrou est ok.

      Bien peut-être que je suis adepte d’une secte apocalyptique, mais moi je réviserais mes opinions au besoin. On n’est jamais assez prudent. Nous verrons dans 5 ans.

    2. @coco

      Si vous avez besoin d´une psychothérapie je vous accompagnerais volontiers pour une thérapie de groupe.
      Mais j´avoue, je suis au moins aussi bête que vous…Juste un être humain soucieux du bien commun avant mon propre cas. c´est probablement une raison suffisante en ce monde pour se retrouver interné d´office.

    3. Coco vous avez entièrement raison et ce n’est pas vous qui avez besoin d’une psychothérapie, en tous cas pas à cause du constat que vous faites . C’est une des raisons d’être de ce blog, faire comprendre, et aussi à des personnes qui ne sont pas « censées » comprendre, c’est à dire ceux qui n’ont pas eu la formation universitaire nécessaire pour saisir la réalité économique. Je ne comprenais rien avant 2007, moment où j’ai commencé à lire ce blog. Des fois j’ai du mal, ça me dépasse un peu. Mais je suis bien contente d’en saisir plus qu’avant, et franchement Antoine, Jorion, Lordon, c’est quand même autre chose que Leboucher, ou Minc ou autres … Et les commentateurs, ben j’aime bien aussi, en général il y a de la plus-value…. Antoine, faites votre cuisine vous-même. Vous me faites penser à quelqu’un qui , en tee shirt par -20, refuserait l’anorak fourré parce qu’il est moche.
      Quant à savoir si il faut caractériser l’un de matérialiste et l’autre d’idéaliste, je ne sais pas, mais ils se référent tous deux à l’histoire, et c’est ce zoom arrière qui défatigue de la livraison communicationnelle quotidiennement déversée par les « analystes » économiques. Tant qu’à faire, j’aimerais beaucoup que Jorion élargisse encore plus, et que ce blog s’intéresse aussi à ce que les évolutionnistes, les biologistes de l’évolution, apportent d’éclairage supplémentaire. Pour une anthropologie encore plus globale.

    4. dans nos départements sinistrés
      (après la fermeture de la sidérurgie et co … ),
      il y avait des magasins éphémères …
      (après, c’est le tour des grandes surfaces …)

    1. Brillant en effet. On peut même prédire une disparition totale du chômage en l’absence totale de rémunération de celui-ci. En effet, les chômeurs privés de tout moyen de subsistance auraient le bon goût de mourir, faisant ainsi « naturellement » décroître la vilaine statistique. Trop cynique peut-être?

    2. Il est tout de même hallucinant qu’on en soit à spéculer sur le montant optimal des allocations qui dissuaderait un chômeur de le rester. La crise a détruit des emplois et créé une pénurie d’offres. A quoi il faut sans doute ajouter en France une inadéquation entre formations et emplois. Avant la crise, les USA avait trouvé une excellente solution : la prison. Un plein-emploi qui reposait en grande partie sur un nombre effarant de prisonniers – notamment d’origine afro-américaine – qui disparaissent de fait des statistiques. Il serait bon de demander à nos « Nobel » combien chaque prisonnier coûte et rapporte à la société américaine…

    3. hallucinant en effet, le prix Nobel serait en passe de se mettre au niveau de notre légion d’honneur (tout pour mes potes)

    4. on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres, ..
      (donc qui travaille à exprimer qu’entre décréter le max de profit comme le top du top et la faillite de l’économie…

  8. Bonjour Paul,

    La commission des finances de l´Assemblée Nationale auditionne en ce moment sur le sujet de la régulation financière.

    Avez-vous été contacté pour témoigner ?

  9. Greenspan : « La peur déprime la reprise américaine »
    Alan oublie un truc : La peur est la véritable discipline de toutes les sociétés capitalistes, parce que tout le monde a quelque chose à y perdre.

  10. G Politzer :

    Comme le dit Marx,

    avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. (Karl Marx et Friedrich Engels : Manifeste du Parti communiste, p. 20. Editions sociales, 1961.)

    Pour empêcher cela, il faudrait que la bourgeoisie renonce à être elle-même, ce qui serait absurde. Par conséquent, en s’affirmant, elle crée sa propre négation.

    Prenons l’exemple d’un œuf qui est pondu et couvé par une poule : nous constatons que, dans l’œuf, se trouve le germe qui, à une certaine température et dans certaines conditions, se développe. Ce germe, en se développant, donnera un poussin : ainsi ce germe, c’est déjà la négation de l’œuf. Nous voyons bien que dans l’œuf il y a deux forces : celle qui tend à ce qu’il reste un œuf et celle qui tend à ce qu’il devienne poussin. L’œuf est donc en désaccord avec lui-même et toutes les choses sont en désaccord avec elles-mêmes.
    Cela peut sembler difficile à comprendre, parce que nous sommes habitués au mode de raisonnement métaphysique, et c’est pourquoi nous devons faire un effort pour nous habituer à nouveau à voir les choses dans leur réalité.
    Une chose commence par être une affirmation qui sort de la négation. Le poussin est une affirmation issue de la négation de l’œuf. Cela est une phase du processus. Mais la poule sera à son tour la transformation du poussin et, au cœur de cette transformation, il y aura une contradiction entre les forces qui luttent pour que le poussin devienne poule et les forces qui luttent pour que le poussin reste poussin. La poule sera donc la négation du poussin, qui venait, lui, de la négation de l’œuf.
    La poule sera donc la négation de la négation. Et cela est la marche générale des phases de la dialectique.

    ================

    La poule est donc la négation de la négation. Je ne regarderais plus une poule de la même façon ! D’ailleurs manger une négation…. un bouillon de négation au pot. Dans quel reto ?

    La dialectique est pourtant une méthode, c’est ici clairement une métaphysique puisqu’on propose une explication généralisable à tout phénomène.

    Cependant une intuition juste existe dans la dialectique, si je me souviens d’un patient qui avait horreur de la lettre « Q » à cause de la cédille qui enfreint le cercle, et qui est devenu libraire ou copiste. L’identité de perception et l’identité logique veut que A = A. Axiome logique. Or la dialectique dispose que A = A + non A. L’ambivalence.

    1. avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs.

      Elle ne produit pas que ça par ricochet,

      Préfère bien plus lire votre exemple sur les poules Lisztfr, le germe, l’oeuf, le poussin, le processus de transformation, par contre si je peux me permettre Mme la Poule vous avez oublié de parler de la coquille de l’oeuf, et à votre propos je me demande si la trop grande affirmation auto-destructrice de la bourgeoisie sentiment de toute puissance sur autrui, ne proviendrait pas également d’une autre trop grande affirmation de son contraire et à son propre niveau de penser la vie et les choses en société, comme ne disait pas Marx, mais pour mieux vérifier cela, il faudrait peut-être alors que les premiers tenant du poulailler cessent de vouloir continuellement faire peur aux petites poules de luxe aussi.

      Un petit aiglon de passage :

       » Et ho ! Les ami(e)s pourquoi voulez encore picorer dans le poulailler, venez plutôt faire un tour avec moi, et laissez donc tomber toutes ces petites graines de votre bec, ça alourdit trop le vol,
      et donc la possibilité de mieux tenir un régime de croisière sur la durée, le peuple migrateur ! « 

  11. Lorsque l’homme fourmi perd trop la foi en son système, il se met alors à refaire fonctionner les rouages secondaires de son propre système de penser, de conditionnement afin déjà dans un premier temps de pouvoir mettre une roue de secours, et puis ensuite pouvoir mettre quelque chose de plus ok lors de la prochaine panne de puissance dans les roubignoles des banquiers.

    C’est-à-dire des choses qu’ils voyent et imaginent déjà à votre place mais que vous ne voyez pas encore et qui échappe encore à l’entendement et à la vue du simple citoyen de base ou du pauvre homme que vous êtes, y a pas dire, ils sont vraiment sympas avec nous, ils nous laissent encore un peu le temps de rêver et de parler entre nous dans la salle des machines.

    J’aimerais bien parfois me réveiller et cela afin de pouvoir moins rêver le changement du monde,
    surtout dans un tel contexte actuel comme Mr A,B,C,D,E,F,G,H,I,J,K,L,M,N,O,P,Q,R,S,T,U,V,W,X,Z, mais là ça m’est bien difficile tant l’influence du monde est partout présente dans les esprits, les travaux de nos supérieurs démontrent même dernièrement et sur les nombreuses expériences faites de plus sur les inférieurs et les cobayes, que les inférieurs n’ont jamais été aussi rendus moutons que la plupart de nos supérieurs qui sont sensaient moins les dirigés vers le rebord de
    la falaise en vitesse, enfin vous l’aurez compris comme dirait Coluche mieux vaut parfois en rire qu’en pleurer dans les chaumières.

    Et oui c’est des choses qui me tiennent encore à redire à nos supérieurs, le pauvre matelot de service:
     » Et ho ! Vous nous entendez la haut ! L’eau commence sérieusement à monter dans les compartiments, sinon comme se porte le petit caniche de Mme la Marquise. »

    L’autre supérieur prenant son tour de garde :
     » tout va bien, tout va bien, ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout, on travaille dur, on planche même à plusieurs sur le problème c’est pour vous dire comme le monde avance  »

    Le pauvre matelot de service :
     » ha bon, bon on va alors refaire quelques brasses ensemble les copains, elle est pas belle la crise
    dans la flotte, faudrait peut-être commencer à leur dire que l’eau devient froide, manquent-ils également de l’eau chaude sur les classes supérieures  »

    Sacré Jérémie heureusement qu’il est encore là pour mieux nous faire aimer la douche froide.

  12. Je trouve curieux mais intéressant que vous consacriez un commentaire à Alan Geenspan, qui aura
    eu le mérite de beaucoup se tromper-certains le tiennent pou l’un des responsables de la cise américaine- et qui a ce réflexe de banquier central ou ex-banquier central de ne jamais reconnaitre ses fautes ou ses erreurs de jugement…

    1. Ceux qui le tiennent pour l’un des responsables de la crise américaine confondent taux à long et à court terme. Autrement dit ne comprennent pas grand chose à la finance.

    2. Oui, enfin Greenspan pilotait les taux à court terme sur le marché monétaire, soit pour les USA, le Libor. (Taux des prets interbancaires. Euribor en Europe)
      http://www.lexinter.net/JF/marche_monetaire.htm
      C’est de cela qu’il s’agit non?

      De fait aprés la bulle des dot-com il a baissé ce taux pour sortir de la recession qui a suivit. Ces liquidités bon marché ont alimenté la bulle financière au lieu d’aller vers l’activité réelle, soit les dot-com ou autres…
      En fait la finance s’en est servit pour faire de la plus value avec les produits dérivés sur le marché des capitaux à plus long terme.
      Les banques faisaient rouler ces prets pour garder un taux minimal et proposer des rendement maximaux avec leurs produits dérivés issus de la titrisation des crédits de toute sorte. (Pas uniquement hypothécaires, crédits aux collectivités et crédits à la consommation. Meme en Europe les crédits auto sont titrisés, par exemple chez Peugeot Finance-London)

      La finance a fini par devenir monstrueuse, a tel point que la Fed et la BCE ne peuvent meme plus hausser leurs taux à cout terme de peur d’approfondir la crise financière.

      Greenspan n’est pas le seul coupable dans l’affaire. Sa tactique orthodoxe était bonne, s’il n’y avait pas eu de titrisation des crédits, si on avait gardé le Glass-Steagall act, et si on avait interdit ou régulé les CDS.
      Sans parler des nombreuses magouilles législatives votées sous Bush et Obama (Sans parler de Bale II et les normes comptables IFRS du style « mark to market ») pour fabriquer des comptabilités fictives et cacher l’enormité des pertes sur pratiquement 7000 milliards (?) de dollars de produits financiers douteux.

      Mon explication est simple, mais elle a le mérite d’exister.

    3. @Paul Jorion
      Je veux bien imaginer que vous ne soyez pas d’accord avec les analyses de Stiglitz mais de là à prétendre qu’il ne comprend rien à l’économie, c’est peut-être un peu exagéré.

  13. Ben franchement, que « la peur déprime la reprise américaine », je m’en moque complètement et mon exemple personnel suffit à comprendre la « trouille » qu’ils ont.
    Je suis au chômage, j’ai 1000 euros par mois et je viens de recevoir ma taxe d’habitation qui s’élève à 438€ et ma redevance TV (que je ne regarde pas au passage) de 121€, soit 559€ (à payer pour le 15/11/2010.
    Je dois en plus payer 478€ de loyer sans compter les dépenses « de fonctionnement d’être humain »: électricité, nourriture, forfait internet et maigre forfait téléphone portable de 19.90€.
    Heureusement pour moi, je n’ai pas de dettes, ni d’enfants.
    Si la Vie était moins chère voire même GRATUITE, tout cela ne serait pas un souci, car en fin de compte, ce n’est ici que l’ARGENT qui pose problème.
    Qu’il soit matériel ou dématérialisé, l’ARGENT est la cause de tous nos soucis et de tous nos malheurs. Il n’est plus un bienfait pour l’Être Humain, bien au contraire. L’ARGENT n’est rien d’autre qu’un paralysant social, une institution obsolète pour l’évolution de la Civilisation humaine.
    Bien à vous.

    1. D’ailleurs si la crise est de l’immobilier, n’est-ce pas parce que les loyers sont exubérants ..??
      (car une fois payer le loyer, l’électricité, le tél … il faut compter ses euros un par un …

    2. « et ma redevance TV (que je ne regarde pas au passage) de 121€… »

      Savez-vous que « seule une commission rogatoire délivrée par le Procureur de la République permet à des agents assermentés (gendarme, policier) et sous réserve qu’ils présentent la dite commission de rentrer chez vous »?

      Et que donc « un banal fonctionnaire du fisc ne peut rentrer chez vous (ou un policier ou gendarme non OPJ) que s’il a été invité par vous, sinon c’est une violation de domicile et une atteinte à la propriété privée. »

    3. Puisque vous ne la regardez pas, un bon truc : Cochez la case « je ne possède pas de récepteur de télévision » sur votre déclaration cette année et le fisc ne vous demandera pas 121 euros l’année prochaine.

    1. The Telegraph continues:
      Although banks have recognised all but $550bn of the $2.2 trillion of bad debts the IMF estimates needed to be written off between 2007 and 2010, they are still facing a looming funding shock that will need state support. “Nearly $4 trillion of bank debt will need to be rolled over in the next 24 months,” the report says.
      $2.2 trillion? In reality, Tyler Durden, Mike Shedlock, Edward Harrison, Reggie Middleton, Max Keiser and many other savvy financial commentators would put the number closer to $20-40 trillion in bad debts. And they say that one of the main problems with the world economy is that the banks are hiding the real amounts of their debts (and the fact that they are totally insolvent), so that they can have the taxpayers bail give them a number of bailouts.
      In other words, the big banks are saying, « The economy is unexpectedly not doing well, so we need another bailout. »

      Incroyable !!Ils nous prennent vraiment pour des c…

    1. je reste sur mon constat
      (et cela même si je ne comprends pas tout)
      cette peur exprime l’incompétence
      (de mon point de vue, ce ne serait même pas pire si nous votions plutôt que des noms propres, pour des actes soit les budgets, l’usage de l’argent ..

  14. « Durant les quatre décennies les plus récentes, l’investissement en capital fixe en tant que part des flux de trésorerie a été corrélé (négativement) avec le taux du déficit fédéral par rapport au PIB ».
    C’était pourtant clair. Quand l’investissement privé et la croissance s’effondrent, l’Etat prend le relais en faisant du déficit public. (je plaisante. Greenspan devait parler d’un effet d’éviction des investissements par les déficits de l’Etat. Un vieux libertarien dégénéré ne manque jamais une occasion de s’en prendre au diable, je veux dire l’Etat. Le problème est qu’il confond une corrélation avec une causalité)

    1. On ne peut se débarrasser d’un système d’assistance aussi vaste, en évitant toutefois de blesser l’humanité, que par une attaque dirigée contre la cause qui l’alimente ; cette cause, qui a de profondes racines, donne aux établissements de ce genre un accroissement rapide et les rend toujours insuffisants pour l’objet qui les a fait instituer. Il y a d’abord un premier pas à faire, qui me paraît indispensable avant d’entreprendre aucun changement important dans le système actuel, soit qu’il s’agisse de diminuer l’accroissement des secours ou de les faire entièrement cesser. Il faut désavouer publiquement le prétendu DROIT des pauvres à être entretenus aux frais de la société.

      « Bonnes vieilles recettes », en effet ! Ci-dessus, c’est la version de 1798 (Malthus, Essai sur le principe de population).
      Quand on n’ose pas « désavouer publiquement », on ramasse des données, on fait des modèles … et on récupère au passage les félicitations de Christine Lagarde qui ont tout du pavé de l’ours pour qui sait lire :

      « Mme Lagarde « félicite les trois nouveaux lauréats dont les recherches sur les processus de mise en relation des demandeurs d’emplois avec les entreprises ont notamment inspiré la fusion de l’ANPE et des Assedic au sein de Pôle emploi », déclare son ministère dans un communiqué.

      Elle « considère que cette reconnaissance accordée aux nouveaux modèles de recherche d’emploi souligne aussi la pertinence de la réforme de la formation professionnelle actuellement mise en œuvre au bénéfice de tous les salariés », poursuit Bercy. »

      http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hfvCHwXYzr12U6bGMapuL2ayd-Og?docId=CNG.87f815c8069ddb14cc9348620e9b4e8d.5d1

  15. Lu sur contreinfo:
    Janet Tavakoli est une spécialiste de la finance structurée. Un temps enseignante a l’université de Chicago, elle a également publié de nombreux ouvrages traitant des produits dérivés

     » EK : Cela donne le sentiment que vous nous dites qu’il reste nécessaire de passer par l’étape finale de la crise financière.

    JT : Oui, mais je n’emploierais pas le mot crise. Cela peut être fait par [une entité chargée de la liquidation des actifs douteux] comme cela a été le cas avec les Caisses d’Epargne. Le système a été remis sur pieds plus rapidement parce que nous avons traité les problèmes. Les actionnaires devraient perdre leur mise et les détenteurs des créances devraient accepter une réduction de celles-ci en échange de participations en actions. Au lieu de quoi nous avons déversé l’argent du TARP dans un puits pendant que les banques octroyaient d’énormes bonus à des gens qui doivent être tenus pour responsables de la fraude. La crise financière a été le produit d’une réaction irrationnelle, qui a protégé le capitalisme de copinage et non le vrai capitalisme. Dans un capitalisme véritable, les actionnaires qui ont pris un risque seraient rincés et les détenteurs de créances seraient contraints d’accepter un rabais, et la banque continuerait d’exister.  »

    Bien entendu le continuel déni des vrais causes conduit maintenant a cette guerre des monnaie basée sur la dépréciation du dollar, logiquement expliquée par Greenspan.
    La crise financière n’est nullement « derriere nous » comme le pretends Christine Lagarde et ses collégues européens.
    Non résolue, sois-disant noyée sous les dollars par Bernanke, qui ne fait que dévaluer le dollar et à terme produire de l’inflation, parceque les banques se refusent à réaliser leurs pertes et comme en France produisent des déficits budgetaire de l’Etat en ne payant pas d’impots pour cause de report de leurs déficits.
    Article 209 du code général des impots:
    « …Sous réserve de l’option prévue à l’article 220 quinquies, en cas de déficit subi pendant un exercice, ce déficit est considéré comme une charge de l’exercice suivant et déduit du bénéfice réalisé pendant ledit exercice. Si ce bénéfice n’est pas suffisant pour que la déduction puisse être intégralement opérée, l’excédent du déficit est reporté sur les exercices suivants. »
    Mais sachant que ces banques ont des façades offshore dans les paradis fiscaux, elles y déclarent leurs bénéfices, ainsi distribués, tandis qu’en France elles déclarent un déficit leur permettant de ne pas payer d’impots: Le beurre et l’argent du beurre…
    Meme pas besoin d’un TARP, chez nous c’est la loi qui rembourse ceux qui perdent au casino ainsi que « la libre circulations des biens » vers Caiman…

    « JT : Lorsque la crise financière a éclaté, la première chose qu’ont fait les banques, cela a été de courir au Congrès pour demander un allégement des règles comptables. Elles ont demandé qu’on leur permette de ne pas comptabiliser ce genre d’actifs au prix pour lequel il y aurait des acheteurs. En conséquence, personne ne peut dire quel est la taille du trou dans leurs bilans. Nous avons distribué beaucoup d’argent. Le TARP [1] n’était que la pointe de l’iceberg. Nous leur avons octroyé des garanties sur les dettes, un financement à faible coût par la Fed. Mais nombre de ces crédits hypothécaires ne peuvent pas être sauvés. »

    Ce qui explique selon moi l’étrange façon qu’ont ces banques de pas jouer leur role de banque: Preter.
    En effet: « Personne ne peut prédire quel est la taille du trou dans leurs bilans. »
    En fait, on doit etre loin du fond du trou….

    1. je ne pense pas que ce soit étrange, je pense que la banque est coutumière de ce genre de méfaits ….
      ce pourquoi le politique en devrait légiférer en conséquence …
      (soit déjà ne pas agir en libertarien …

  16. http://i.pol.dk/newsinenglish/article1056370.ece

    La Deutsche Bank parie directement sur la mort (le fond s’appelle « compass life »)

    German bank invests in early death

    Deutsche Bank, which is soon to open in Denmark, earns money on early death.

    Deutsche Bank, which is soon expected to open in Denmark, has set up several investment funds which cash in on life insurances if people die early.

    Investors and the bank have purchased life insurance policies from people in Germany and the United States, taking over premiums against retrieving payments if the policy holder dies prior to the term of the policy – typically the age of 65.

    There are currently over DKK 5 billion in the funds. But if the insured person dies after the policy term, the bank’s investment is lost.

    1. Ce n’est pas nouveau, c’est les assurances vies des américains qui sont à vendre, c’est actuellement la concurrence sur le secteur pour les acheter au meilleur prix et les revendre ensuite à des investisseurs, en fait c’est de la tritisation de contrat d’assurance vie.
      Comme les américains sont fauchés, ils vendent par exemple une police qui vaut 1 me de dollar en cas de décès pour 300K$ ou peut être moins de suite à un fond qui via un trust va gérer et revendre le machin. Généralement ce type de fond cherche à acheter des polices de gens qui doivent décéder rapidement, car en achetant la police ils achètent aussi le contrat et ils doivent donc payer l’assurance tant que le vendeur est en vie, donc à 300K$ si l’assurance est de 1000$ par mois, plus les mois passent plus le bénéfice diminue surtout n’oubliez pas que tous les intermédiaires touchent au passage.

      Effectivement, ça a l’air vraiment abject comme produit financier sauf qu’il n’y a pas de limites d’âges au usa pour les polices d’assurances décès et que d’un autre côté le vendeur touche de son vivant.

      Par contre pour l’investisseur, il y a le risque de change, et aussi le fait que si c’est un nouvel eldorado pour la finance à terme les assureurs vies auront ils les fonds nécéssaires pour payer
      ces polices dont une partie sans investisseur aurait fini par être simplement terminée pour non paiement en autre.

      Pour le côté moral, je connais un investisseur dans ce type de police, il est mort il y a trois mois
      avant que l’un de ses contrats là ne tombent par la mort d’un des vendeurs.
      Il avait 80 ans il faut dire.

  17. hors sujet (desole):
    le dernier article de Jean-Francois Couvrat (Blog du Monde) vient de paraitre ici.
    Il y parle des retraites et remet en question de facon claire et argumentee (comme d’habitude) la logique du gouvernement visant a allonger la duree de cotisation pour sauver les finances publiques.

    1. Un jour j’appris officieusement par quelqu’un, que la plupart des choses qui peuvent se dire officiellement et médiatiquement à l’opinion, ne représentent même pas le dixième de tout ce qui peut se dire en coulisses, c’est pour vous dire comme les gens sont bien pris pour des cons de nos jours.

  18. tout cela ne vaut que par son coté oraculaire.
    Ce qui reste, c’est surtout la préférence pour la liquidité face à une insolvabilité générale. Cela limite le risque d’inflation, mais cela empêche toute reprise sérieuse.
    C’est seulement quand on comprendra qu’il faut rendre risquée la détention liquide elle-même qu’il y aura une chance pour une quelconque reprise convenable.

    1. Oui, néamoins, vu leurs compétences à investir on peut encore craindre le pire…Et si Bernanke augmentait le taux à court terme (Libor etc…)?
      Cela veut dire que le crédit coute cher et qu’a ce moment la il vaut mieux retourner aux bonnes vieilles actions, c’est a dire en fin de compte prendre des risques industriels.
      Car prendre des risques financiers: On a déja donné!
      L’ennui c’est que les banques ne pouvant plus faire face à leurs trous gigantesques risquent de plonger…
      Néamoins ce serait un bon stress temps réel pour obtenir une sélection darwinienne selon les bons vieux critéres néo classiques.
      Ha!ha! Comme disait Lénine: Les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre!

  19. Voici l’histoire qu’on entend partout (aux États-Unis, ndt) : le président Barack Obama a fortement augmenté les dépenses du gouvernement, mais le taux de chômage reste élevé, et cela prouve que les dépenses publiques ne créent pas d’emplois.

    Voilà ce que vous devriez savoir : toute cette histoire n’est qu’un mythe. Il n’y a jamais eu d’augmentation des dépenses du gouvernement. En fait, c’est là le problème essentiel de la politique économique des années Obama : nous n’avons jamais connu cette expansion fiscale qui aurait pu créer les millions d’emplois dont nous avons besoin.

    http://www.rtbf.be/info/economie/chronique-de-paul-krugman/depensier-a-dautres-263910

    1. Vous vivez aux USA? J’aime bien Obama. Il a notre âge. Je lisais ce week-end dans le Figaro, dans la rubrique débats&opinions, la chronique de Guy Sorman… Bof!bof!: « Obama, défait par lui-même ». »L’essayiste analyse les raisons de l’hostilité envers le président américain… ». Est-on vraiment hostile au président, ou, une fois de plus, cherche-t-on à nous manipuler en utilisant notamment cette Sarah Palin, une femme, et le tea party… Il y a toujours des forces bizarres pour écrire, ou utiliser les femmes, pour courcircuiter les choses en récupérant ici et là ce qu’il y a à récupérer… Des semeurs de trouble…

    1. Enfin on va pouvoir dormir tranquilles !!. Supersarko agit…

      Au début j’étais comme un autre, je réagissais beaucoup à coeur à tout ce qu’il pouvait faire ou dire, car je voyais bien, et à travers sa propore conduite que ça ne pourrait jamais vraiment le faire envers déjà son propre pays,

      Et puis un jour je m’aperçus que je ne faisais même plus guère attention à lui, évidemment ce jour là il ne régnait plus du tout en moi, ni même autrement dans mon être, je me retrouvais alors un peu plus libre de mes mouvements, de mes pensées, de mon mental, de mon attention, de ma parole, me permettant même de voir davantage mon prochain et autrement dans la société,

      Evidemment ce n’est plus du tout ce genre d’homme que je préférais plutôt me souvenir le plus dans la vie, comme dans mes moments les plus pénibles de mon quotidien, mais bien plus des gens comme Eric Cantona ou alors d’autres de notre histoire présente, passé ou future préférant surtout se conduire un peu plus autrement à l’égard de leur prochain. C’est important je crois !

  20. Wall street : vers une année record pour les primes, 144 milliards de dollars.

    Les institutions financières de Wall Street s’apprêtent à verser un montant record de 144 milliards de dollars de rémunérations variables à leurs dirigeants et employés cette année, selon une étude du Wall Street Journal publiée mardi 12 octobre.

    Ce chiffre record, qui porte sur les primes, bonus et autres stock-options des dirigeants et employés de Wall Street, dépasse de 4 % celle versée pour l’année 2009, qui s’élevait à 139 milliards de dollars, précise le journal.

    L’étude porte sur 35 institutions financières : des banques, des fonds d’investissements, des maisons de courtages et des sociétés de services financiers.

    (Dépêche AFP)

    La vidéo la plus importante de l’année 2010 :

    http://www.dailymotion.com/video/xf47nl_cantona-la-revolution-est-tres-simp_news

    1. Mais comment on peut laisser faire cela ?
      Comment n’y a t il personne pour les confisquer ces primes durant minimum 10 ans et cela dans le monde entier en guise de réparation, qu’on leur donne à vivre ce qu’ils croient normal pour la grande majorité qu’ils ont réduit en esclavage.

  21. En Espagne, la crise de la consommation s’aggrave:

    « 2010 peut passer à l’histoire comme la première année de la dernière décennie où le panier de la ménagère se réduit en volume. Les gens non seulement dépensent moins, mais ils commencent à acheter moins de produits alimentaires. Concrétement un 3,7 % moins que dans le même trimestre de l’année dernière. »

    http://www.lavanguardia.es/economia/noticias/20101012/54021418974/el-consumo-en-alimentacion-cae-por-primera-vez.html

    1. la bonne nouvelle de cet article, est que les super et hypermarches sont les 1eres victimes de cette baisse. Au moins les petits magasins et les marches sont relativement epargnes.

    1. On ne touche pas nos privilèges, je soutiens à fond les revendications et je suis pour la grève générale pour que le système saute car il ne représente que l’oligarchie.

  22. « Durant les quatre décennies les plus récentes, l’investissement en capital fixe en tant que part des flux de trésorerie a été corrélé (négativement) avec le taux du déficit fédéral par rapport au PIB ». A. Greenspan.

    J’ai une explication: La dette fédérale par rapport au PIB a augmetée depuis 40 ans en synchonisme avec les flux de trésorerie.
    L’investissement en capital fixe à faible flux de tésorerie correspondant à l’émission d’actions, tandis qu’un flux important de tésorerie serait le symptome d’une forte activité financière autour du crédit et ses dérivés.
    C’est à dire que l’économie s’est orienteé vers un capitalisme financier, au lieu d’un capitalisme industriel.
    La faiblesse des impots sur le capital, et la capacité du systeme financier à l’évasion fiscale organisée par la globalisation économique (En fait l’évasion fiscale favorise la baisse d’impot sur le capital), ont augmentée la dette fédérale par rapport au PIB.
    Ce meme PIB augmentant par une croissance purement financière…
    En fait la globalisation a provoqué une déregulation fiscale à tel point que les produits financiers sont devenus le fer de lance d’une croissance purement financière.
    La libre circulation des capitaux donc détruit le systeme industriel occidental en favorisant les régimes totalitaires ou les pays ou le degré de pauvreté et d’analphabétisme est énorme: Inde, Brésil…Comme au fond, encore la Chine.
    Greenspan serait-il de gauche?

  23. Paul Jorion loue l’intelligence supérieure de Greenspan. Je me permets d’en douter, puisque ce personnage qui se plaît à être cryptique pour les happy few ne s’est aperçu qu’une seule fois, semble-t-il, que Adam Smith avait écrit soit des âneries sous des souhaits, soit peut-être les deux, quand il voyait la main du Marché réguler le monde. Manifestement, elle lui met de grandes claques au monde, à toute volée depuis le consensus de Washington.

    Par ailleurs, sur le même blog, deux mois plus tôt : « On en revient toujours à la même lancinante question : l’addition des besoins financiers des Etats et du système bancaire et la capacité des marchés à y répondre à des coûts abordables, dans un contexte déjà marqué par une baisse très substantielle du retour sur investissement (ROI) des établissements financiers. ROI qui pourrait encore être détérioré au passage.

    « Le système financier est mort », vient de déclarer Paul Volcker, ancien président de la Fed et l’un des conseillers économiques de Barack Obama, à l’occasion d’une allocution devant l’assemblée de la Federal Reserve de Chicago. »

    Comment peut-on relancer, et même discuter de la relance possible entre actuel et ex-banquiers centraux, alors que « le système est mort » ?…

    Si c’est la terrible réalité, les banquiers le savent, Bernanke le sait, Obama idem, sans compter DSK et Lagarde. Donc, l’argent possiblement créé va aller où, et à quelles fins ?…

    1. Adam Smith n’a pas écrit ce que les ânes néo liberaux ont voulu lui faire avoir dit depuis des années,

      Sa main invisible, c’était la conscience, c’était le fait que pour lui les marchands anglais préféreraient toujours investir et produire dans leur pays qu’ailleurs parce qu’ils étaient anglais et qu’ils se devaient de privilégier leur pays. D’ailleurs il a fini dans les douanes, Adam Smith

    2. D’ailleurs le titre de son oeuvre majeure c’est Richesse des Nations et combien de ces économistes qui le site l’ont il lu ? Richesse des Nations et non pas Richesse des Nantis.

    3. Autre interprétation : « C’est en ignorant ou en oubliant délibérément cette évidence [que « Richesse des nations » et « Théorie des sentiments moraux » se complètent] que certains ont commis le plus complet contresens sur la main invisible. En réalité, la confiance de Smith dans les bienfaits du libre commerce relève clairement de la foi en l’homme, ou plutôt en la Providence divine qui le dirige. L’humain, animé par une juste passion, dont il n’a pas toujours ni souvent une pleine connaissance, finit bien, le plus souvent, par emprunter le bon chemin. La main invisible de Smith n’est pas celle du marché : c’est la main de Dieu [Le Dieu qu’on a enseigné à Smith, un Dieu mal compris selon Généreux] » in la Dissociété

    4. Smith écrit (Livre 4 chap. II – Richesse des nations) :
      « …Par conséquent, puisque chaque individu tâche, le plus qu’il peut, lº d’employer son capital à faire valoir l’industrie nationale, et – 2º de diriger cette industrie de manière à lui faire produire la plus grande valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société. A la vérité, son intention en général n’est pas en cela de servir l’intérêt publie, et il ne sait même pas jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, il ne pense qu’à se donner person­nel­lement une plus grande sûreté; et en dirigeant cette industrie de manière que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain; en cela, comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions;… »

      Le problème est que cette fameuse main est effectivement, on le comprend, l’intérêt général. Intérêt général, qui s’accomplit, selon Smith, à condition qu’en fait il y ait production et profit. En ce sens la main invisible est bien le Marché, Marché qui serait subsumable sous l’intérêt général.
      Le seul problème c’est qu’auparavant Smith a donné comme condition sine qua non que l’individu doit se servir de sa richesse pour aider l’industrie nationale, la nation, les habitants.

      Ainsi donc, le marché n’accomplit l’intérêt général que s’il est soumis à une valeur supérieure, aider ses concitoyens, les aider en agissant pour eux. Le marché n’est donc rien, et effectivement, comme le disait un des commentateurs, la main invisible c’est l’intérêt général, qui non seulement commande le marché, mais sans le cadre et l’accord duquel le marché ne peut s’exercer.
      Merci à ces commentaires qui m’ont permis de comprendre que la fameuse Main Invisible est une construction des Denis Kessler de l’histoire, prêts à tous les mensonges pour faire triompher l’illégitime, l’appat du gain, et l’égoïsme comme valeur.

    1. Même si beaucoup de modernes n’y croient plus du tout à la parole des prophètes de l’ancien temps, des saints hommes autrefois ont préférés bien plutôt nous mettre en garde, qu’un jour viendra dans l’histoire, bien sur pas du tout dit dans les mêmes termes imagés, que les grands de ce monde se mettront soudainement à avoir la chiasse, la diarrhée, la constipation, la colique nerveuse, l’angoisse, l’anxiété, la déprime, la dépression, la soudaine et funeste impression que cela recommence soudainement à leur prendre une fois de plus, à savoir aussi que la diarrhée chronique ça dure un peu plus longtemps, comment mieux alors la gérer au quotidien et dans les esprits ? Angoisse soudaine ressentie avant de paraître en public
      où de subir une plus dure épreuve de plus, hantise, inquiétude, peur panique de tout perdre,
      et d’un seul coup lâcheté, qu’est-ce que c’est une plus grande constipation bancaire mondiale ?

      Enorme et gigantesque constipation de tous les cerveaux ! [Wilfrid Lemoine]

      La rétention de l’information est une forme de constipation du savoir. [Théophraste Renaudot]

      Pourvu que lorsque tout cela se produira il y est également de la place pour tout le monde dans les waters sinon je vous raconte pas le tableau, peut-être une prochaine fois mais
      pas ce soir, c’est encore l’heure des bizounours faut pas que je rate ça non plus.

      Rira bien qui rira le dernier à l’antenne !

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