France Inter, « 3D », dimanche 17 octobre 2010 à 12h05

J’étais l’invité de Stéphane Paoli. Nous avons débattu de la « guerre des monnaies ». Etaient présents à mes côtés : Daniel Cohen, Hakim El Karoui et Philippe Herzog.

Vous pouvez écouter l’émission ici.

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63 réflexions sur « France Inter, « 3D », dimanche 17 octobre 2010 à 12h05 »

  1. J’espère que vous aborderez la question « guerre » des monnaies : contre qui ? au bénéfice de qui ?

    Cdt,
    GSF

    1. Stéphane Paoli commence par demander à Daniel Cohen : une guerre des monnaies, pourquoi faire ? À quoi sert une guerre des monnaies ? Daniel Cohen répond « non ». Cherchez pas à comprendre 😉

      Daniel Cohen commence par expliquer que la coopération entre la Chine et les États-Unis étaient une bonne chose. Je traduis : ils ont fait tourner la planche à billets et on a appelé ça « relance ». Puis il enchaîne, expliquant que maintenant les intérêts sont divergents, et que l’on assiste à un règlement de comptes. Je traduis : on fait tourner la planche à billets, et on appelle ça « guerre des monnaies ». Avouez qu’il y a de quoi être dubitatif !

      Il devrait pourtant être possible de répondre à Stéphane Paoli ! Les gouvernements et les banques centrales mènent une certaine politique monétaire. Cela a des conséquences. Stéphane Paoli demande : quelles conséquences ? Et cela correspond-il aux intentions des gouvernements et banques centrales ?

      Il est assez triste de voir que Daniel Cohen n’est pas capable de répondre à ces questions. Comme le sujet revient souvent dans les billets de François Leclerc, Pierre Sarton du Jonchay et Paul Jorion, je les invite à tenter de répondre à cette question : une guerre monétaire, au profit de qui ? Au détriment de qui ?

      Cdt,
      GSF

    2. Je n’ai pas entendu la même chose que vous dans la bouche de Daniel Cohen, mais qu’importe ! Au profit de qui la guerre monétaire est-elle menée, demandez-vous ?

      Tel que cela se présente, au profit de personne ! Tentative de donner du mou aux Etats-Unis qui a peu de chance d’y parvenir et qui approfondit les déséquilibres monétaires internationaux, élargissant la crise aux pays émergents. Qui dit mieux ?

    3. @ François

      Une guerre sans objectif ni moyens ? Une guerre sans acteur ? Allons, allons ! Vous reconnaissez quand même qu’une politique monétaire laxiste fait des gagnants et des perdants, tant au plan national qu’au plan international. Les gouvernements eux-mêmes font partie des gagnants. Croyez-vous que les autorités monétaires ignorent les conséquences de leur politique ? Ou qu’elles sont suffisamment des intéressés pour ne pas en tenir compte ?

      @ Paul Jorion

      Vous soulignez l’avantage que les Etats-Unis retirent du fait que les autres pays amassent des dollars en réserve. Ils peuvent payer leurs importations avec des bouts de papier, ce que de Gaulle appelait le « privilège exorbitant. »

      C’est oublier un détail : depuis la chute de Bretton Woods, les pays ne sont plus obligés de détenir des dollars. Il n’y a plus ce traité, cet accord qui contraignait les signataires de Bretton Woods à acheter des dollars.

      Si les banques centrales étaient des banques privées en concurrence, au lieu d’être des monopoles nationaux et régionaux comme aujourd’hui, elles seraient guidées par la recherche du profit. Elles détiendraient peu de « mauvaises » monnaies, comme par exemple les monnaies dont elles pensent qu’elles risquent de de déprécier et de subir une perte.

      Organiser le marché monétaire consisterait à laisser ce choix opérer. Au lieu de cela, on tente d’organiser la suppression de la concurrence en cartellisant les producteurs de monnaie. C’est le contraire de ce qu’on fait sur tous les autres marchés, où l’on laisse aux consommateurs le soin de choisir les meilleurs produits.

      Attention de ne pas vous tromper de combat : une « monnaie internationale » conçue par la coopération des gouvernements aboutirait à supprimer la concurrence entre producteurs de monnaies à l’échelle mondiale ! Si vous voulez avoir une meilleure monnaie que le dollar dans les échanges internationaux, ce n’est pas ainsi qu’il faut procéder.

      Si votre emploi du temps le permet, et si vous voulez bien surmonter vos préventions à l’égard de P. Salin, je vous recommande de lire son L’unite monétaire européenne : au profit de qui ?
      http://tinyurl.com/24upmsq

      Cdt,
      GSF

    4. Une guerre sans acteurs, c’est vous qui le dites ! Une guerre sans objectifs, je ne l’ai pas davantage écrit.

      Une guerre a nécessairement un vainqueur ? Ce n’est pas ce que les stratèges de la dissuasion nucléaire pensaient…

      Enfin, une des caractéristiques de la situation actuelle, c’est qu’elle ne résulte pas de plans pré-établis, mais au contraire de l’absence de ceux-ci. Ne pas confondre !

    5. @ François

      J’insiste sur ce point car, dans tous ces commentaires sur la « guerre des monnaies, » on véhicule l’idée qu’un « pays » pourrait gagner quelque chose au détriment d’un autre en manipulant sa monnaie. Ca ne marche pas à tous les coups, mais il serait possible, dans cette ligne d’idées, de voler son voisin (« beggar-thy-neighbour ») en faisant tourner la planche à billets (ou en augmentant l’endettement public). La même idée se présente sous d’autres formes telles que « exporter son chômage » ou « prendre une plus grosse part de la croissance » etc. etc.

      Le problème avec cette idée, c’est qu’elle est fausse. C’est une vision grossière des conséquences de l’inflation. Les effets redistributifs de l’inflation se font sentir avant tout au niveau INTRA-NATIONAL et non au niveau INTERNATIONAL, tout simplement parce que les devises modernes sont des monopoles nationaux ou au plus régionaux. Elles sont utilisées d’abord et avant tout pour les échanges à l’intérieur du pays, et accessoirement pour les échanges avec d’autres pays ou régions – même le dollar.

      Je crois d’ailleurs que certains de vos billets en parlent, et j’ai vu parler à plusieurs reprise sur le blog de « guerre civile. » C’est une description plus proche de la réalité. Pourtant, ce n’est absolument pas ce qui ressort des explications de Daniel Cohen, sauf erreur de ma part. De même, parler de l’arme nucléaire ne rend pas compte de ce que je viens d’écrire, car celle-ci n’est pas destinée à un usage national…

      Cdt,
      GSF

  2. Bonjour Paul

    J’ai lu des dizaines de fois ici et ailleurs que l’austérité et la rigueur étaient des politiques injustes et inadaptées économiquement pour sortir de la crise actuelle à cause notamment des risques de récession.

    Stiglitz Monde du 22 mai « l’austérité mène au désastre ».

    Jorion 27 mai 2010 : « Et aujourd’hui encore, les politiques prises de rigueur ou d’austérité vont dans le mauvais sens, car elles risquent d’aller à l’encontre de la croissance et donc de favoriser la récession, voire de provoquer une dépression. »

    « Les politiques ont eux-aussi des vues à court terme en faisant le choix de politiques d’austérité et en refusant d’affronter les vraies sources du problème qui viennent du système financier.

    Or Jacques Attali figurant toujours en exergue de ce blog-ci, nous donne un avis diamètralement opposé (les journaux).

    Il s’en explique sur son blog : « La rigueur, évidemment »
    http://www.attali.com/ecrits/articles/macro-economie/la-rigueur-evidemment

    Quel est votre avis sur ce texte en termes d’approche critique de l’économie développée sur ce blog ?

    1. Quand bien même leur démarche serait plus préférable dans la mise en place d’une plus grande rigueur budgétaire mondiale, je trouve quand même qu’ils ne l’ont pas très bien servis à table,

      C’est important je crois de mieux faire attention à la qualité du service, car si le personnel n’est pas du tout à la hauteur dans son prétendu meilleur service adressé à l’autre surtout en ce moment,

      Les gens ne touchent même à votre cuisine et le message ne passe pas du tout mais alors pas du tout dans les coeurs et les esprits, on peut bien vouloir continuer à le faire passer en force et en coulisses avec les nouveaux moyens modernes mises en place, mais cela n’est pas dit que cela puisse toujours bien fonctionner à court terme comme sur le long terme.

      Surtout que le pouvoir et l’influence de l’argent ne rend pas toujours mieux service au monde,
      je me demande d’ailleurs si la mise en place d’une plus grande rigueur humaine proche du nazisme ou pas peut vraiment bien faire le bien du monde, comme pour l’économie d’ailleurs surtout avec des gens devenus bien trop rigides à l’usure, la rigueur que l’on préfère bien plus imposé aux autres qu’à soi même d’abord.

      Seul la rigueur économique solutionnera tous les problèmes du monde, leur folle sagesse humaine, plus la rigueur est partout présente et plus tout le monde se couche à nos pieds.

      Enfin voilà ce que j’en dis moi de leur rigueur, forcez-vous donc à manger tout cela encore.

    2. @ emmanuel,

      Vous n’avez pas du lire le billet d’Attali jusqu’au bout.

      Il ne développe pas une théorie différente de ce qui se dit ici. Il repointe les « privilèges », niches et autres corporatismes satisfaits et prône la « rigueur socialement juste », c’est à dire équitablement partagée par tous les acteurs de la société des plus riches aux plus pauvres au risque, sinon, de dérapages sociaux incontrôlés.
      Par contre ce qu’il défend, un nécessaire coup d’arrêt à la dérive budgétaire, la gabegie de dépenses publiques incontrôlées, et le fait que ni la gauche ni la droite n’informent que pour revenir dans les clous il faudra 10 ans, me parait incontournable.

    3. « la rigueur socialement juste » qu’est ce que cela veut dire?

      le véritable problème, celui dont on parle peu, c’est que durant les 30 dernières années on a assisté a une formidable redistribution des richesses depuis les revenus du travail (salaires et benefices sociaux) vers les revenus du capital (profits et dividendes) dans tous les pays du monde. Rien qu’en France, cela représente prés de 8% de la valeur ajoutée, ou 100 milliards d’Euros par an qu’ont perdu les employés au profit des rentiers. Et pour compenser cette perte et maintenir l’illusion de prosperité on a explosé les dettes des ménages. Et le pire c’est que la crise, plutôt que de renverser ce processus, n’a fait que l’accelérer.

      La seule « rigueur socialement juste » qui puisse exister c’est celle qui passe par un réequilibrage de la répartition des richesses entre revenus du travail et du capital. Mais comme ceci ne peut qu’être le résultat d’une politique concertée au niveau global (G20), cela n’aura pas lieu, donc a va droit vers une série d’évènements extrémement pénibles et violents (révolutions et/ou guerres civiles) dans la décénie qui suit.

    4. @Loréal et Chris06
      De votre dialogue, il me semble que l’on pourrait conclure qu’une « austérité socialement juste » serait de reprendre aux rentiers ce qu’ils ont indûment capté ces 30 dernières années (impôt sur la capital) et empêcher que cette dérive ne se poursuive (impôt progressif sur tous les revenus). Et pas besoin d’un accord mondial au niveau du G20 pour cela…

  3. El Karoui vient vendre son bouquin, il est sur toutes les radios – il n’est pas de niveau avec vous, n’en déplaise à ceux qui pensent que ce blog est un « ramassis » de courtisans, ça me fait bien marrer ça aussi.

  4. El Karoui n’était-il pas le fétiche d’Emmanuel Todd ?

    On use ses neurones dans cette affaire de guerre des monnaies :

    Pour M. Tout le monde, cette guerre revient à une guerre des nations (US&UK / Europe / Chine/Japon), ce qui correspond à des déterminants et des affects puissants dans la tête. Maisen face il y a une réalité des entreprises beaucoup plus mondialisée , qui passe largement à travers les frontières. Même Krugman reconnait que certains aspects de son message des années 1990 « ce n’est pas la faute à la mondialisation », sont devenus grossièrement inadaptés à la situation actuelle.

    Alors les monnaies comme révélateur, plutôt…

    1. Bonjour.
      révélateur de la guerre des rentiers?
      États rentiers, rentiers d’état, rentiers sans états?
      Rentiers en tout cas…., et si ce n’est pas par la monnaie, ça doit être par l’envie…
      Laissons donc la monnaie seule entrer en guerre, et le plus longtemps possible!

  5. Le temps va être encore compté et partagé . Comme auditeur lambda , j’aimerais pouvoir ressortir de ce moment là avec une idée pas trop fausse :

    – des acteurs

    – des méthodes

    – et surtout des enjeux de tous ordre sous tendus par cette guerre en tant que citoyen français , européen , du monde . (pourquoi pas faire un pont avec la deuxième partie de l’émission qui traitera des jeunes et la retraite) .

    ça fait sans doute beaucoup dans le délai imparti . Alors au moins des réponses ou pistes sur la troisième attente .

  6. Quatrième de couverture de « La prospérité du vice » : « …ce qui est frappant est l’extraordinaire capacité de vulgarisation de Daniel Cohen. Jamais on avait retracé l’histoire de l’humanité et les incertitudes qui pèsent sur son destin avec une telle concision, un tel sens des formules et une telle érudition, délivrée avec tant de sobriété. » Une question : Daniel Cohen = Dieu ?

    « Pourquoi est-ce en Europe que la possibilité d’une croissance perpétuelle a été découverte ? La Chine semblait mieux partie. Francis Bacon, le ‘Descartes anglais’, considère ainsi que les trois découvertes fondamentales du monde moderne sont la boussole (pour la navigation), l’imprimerie (pour la circulation des idées) et la poudre (pour la guerre). Or ces trois inventions sont toutes chinoises. Un siècle avant que Christophe Colomb n’arme ses trois caravelles, les navires autrement plus impressionnants de l’amiral Zhang He longeaient déjà les côtes africaines, rapportant à la cour de l’empereur des zèbres et des girafes…
    Pourquoi le dynamisme chinois s’est-il brisé ? Plusieurs facteurs vont jouer, mais l’un d’entre eux sera décisif. Brusquement, l’empereur décide que les voyages outre-mer sont coûteux et inutiles. La recherche de la stabilité intérieure devient à ses yeux prioritaire, et l’exploration du monde seconde. L’empereur fait brûler les navires de la flotte. La Chine perd alors son ascendant maritime, le goût du commerce au long cours, et s’enlise dans l’immobilité.
    Sacrifier la croissance au profit de la stabilité intérieure : l’Europe a emprunté l’autre voie. Moins par choix que sous l’effet d’un moteur qui est l’un des facteurs essentiels du dynamisme européen : la rivalité entre ses nations. La poudre reste un jouet dans les mains chinoises, elle devient une arme de guerre efficace en Europe. Passer de la poudre au canon exige une série d’inventions délicates, stimulées en chaque pays par les avancées des concurrents… » (p.15-16)

    Par ailleurs, je me demande à combien de reprises Stéphane Paoli évoquera l’athée optimiste Paul Virilio. Allez, on parie qu’il en parlera quatre fois…

  7. Est-ce que ces débats se ne produisent pas dans la bulle même?

    (Franchement le débat était finalement très bien, il y a eu une base commun dans les visions différents!!! Mes compliments!!!)

    Je ne dit pas pour être méchant, mais pour être direct.

    On critique la système pour des bonnes raisons, sans toucher la fondation de ce système.

    Dans un petit opusculeessayé il y a presque 7 ans de montrer l’illusion politico-économique et la différence entre philosophie et science.

    Paul Jorion, tu fait pareil dans la premiers chapitres de ton livre « le Prix »

    Je suis cent procent d’accord avec vous!!! Comment la vérité et la réalité furent inventées
    Mais quand je vous entendez parler ou écrire vous démoliriez très bien la système en gardent parfaitement intact à la même temps, plus correct, plus modéré, plus sage, plus responsable, plus juste etc. etc. etc. Est-ce que je me trompe?

    Je comprends psychologiquement, mais ça sert à quoi au bout du compte?

    Si c’est pour créer une passage vers une monde plus raisonnable, encore je suis d’accord. Mais la danger existe aussi qu’on fait une pas dans une cadre qui change vraiment!?

    Ma vision profit égale perte est pour le moment encore ‘plus dangereux’ par la non connaissance de la réalité (relative) actuelle.

    La question en bref Paul Jorion, pourquoi vous déconstruisez la système financo-économique, mais est ce que vos propositions changent vraiment quelque chose au fond?

    J’ai le sentiment que vous voulais changer une système profondément injuste vers une système un peut moins pire sans toucher le fondement des injustices!?

    Ou encore est-ce que, je vous avez mal interprété?

  8. 2 interventions de vous dans l’heure, 3D – à l’image de France Inter – se voulait positiviste !!!

  9. C’était plutôt globalement pas mal . Paoli aurait pu moins vavarder . Les respirations « micro-trottoirs » n’ont pas franchement dynamisé le débat mais elles permettaient de respirer .

    Les quatre intervenants avaient des approches et apports réels . Pas sur que leurs langages soient accessibles au commun des mortels (***) mais c’est l’honneur de France Inter que de ne pas prendre ses auditeurs pour d’éternels demeurés .

    Sur le fond j’ai cru pouvoir extrapoler les pistes :

    – USA et Chine les yeux dans les yeux .Un monde multipôlaire est il possible ?

    – refonte du système monétaire international ( on n’est pas allé jusqu’à citer le Bancor) .

    – l’Europe et France : défense de l’euro , axe fanco allemand , appel à la motivation , vouloir rester puissants ou choisr son maître .

    Envie d’en savoir un peu plus de la part des quatre intervenants qui visiblement donnaient l’impression ( pour une fois ) d’en avoir encore sous le pied . Non évoqué : les mécanismes , hors contrôle et maîtrise réels par les états , des échanges et flux financiers mériteraient aussi sans doute d’être mieux vulgarisés.

    (***) : pour Paul Jorion . A mon avis , dans les réunions grand public , et sans le mettre dans sa poche ou le spolier , il vaut mieux expliquer d’abord , sur des cas d’actualité, comment se fait la formation du prix par un rapport de force et les dégâts subséquents potentiels ( dont la reproduction à l’identique des hiérarchies ) , et dévoiler ensuite que ce brave Aristote avait eu ,il y a bien longtemps , cette intuition raisonnée . Vous conserverez ainsi plus facilement l’attention de ceux qui se ferment comme des huîtres quand ils ont le sentiment qu’on les domine du haut d’une érudition qu’ils n’ont pas . Il est d’autant plus agréable pour eux , une fois compris et agréé le concept , de se sentir élevés au rang d’une grande figure de l’humanité quand on annonce in fine que  » même Aristote » avait compris ça ! PSDJ en a fait je crois l’expérience inverse .

    1. Je ne pense pas qu’il faille avoir toujours en tête l’auditeur dont le niveau d’attention ne dépasse pas cinq secondes : cela conduit au nivellement par le bas.

      Ici, quand Paoli reprend cette idée que je défends – mais qui est peu intuitive ! – qu’il y a un rapport entre vérité et prix, j’ai choisi de provoquer l’étonnement : le premier qui dit qu’il y a un rapport entre les deux, c’est Aristote, qui rend compte de l’un et de l’autre à l’aide d’un même modèle mathématique. Il y a plusieurs sources d’étonnement possibles là : le même modèle pour la vérité et le prix ? Aristote a recours à des modèles mathématiques ?

      Mais j’ai apparemment une opinion plus favorable de mon auditeur moyen que vous !

    2. Je n’avais pas en tête d’imaginer l’auditeur moyen . J’avais en tête , comme beaucoup d’instituteurs qui travaillent par la créativité et le jeu , que pour transmettre un savoir et amener à découvrir des notions nouvelles , il valait mieux ne pas jouer les professeurs aux mots incompréhensibles de prime abord .

      Mais ça n’est pas moi que France Inter invite ( heureusement ! ), et le but de la rencontre n’était sans doute pas d’élargir  » la majorité qui partage nos idées  » .

      On efface tout et on parle d’autre chose .
      Du bilan d’étape du blog par exemple ?

  10. Monsieur Jorion,

    Beaucoup de lecteur du blog sont interloquer par l’attitude de Jacques Attali et le contenu du rapport portant son nom, remis au Président de la République….Je suis de ceux qui vous ont fait part sur le blog de leur interrogation à l’égard de Monsieur Attali.
    Par contre, nous n’avons pas eu votre regard sur cette attitude. Il me semblerait normal compte tenu des nombreuses interrogations des blogueurs, que ce point soit abordé lors de votre prochaine intervention du Vendredi.

    Merci,

    Un fidèle lecteur

    1. Premièrement, je pense que parmi ceux qui sont « interloqués », la proportion ayant pris la peine de lire le rapport complet est très faible.

      Deuxièmement, le fait de ne pas être nécessairement d’accord avec l’approche préconisée dans ce rapport (dont Attali, certes président de la Commission, n’est qu’un auteur parmi d’autres, ce qui confine nécessairement au compromis) ne signifie pas que la contribution d’Attali au débat sur la crise actuelle par d’autres biais n’est pas intéressante.

    2. Il y a des niveaux d’indifférence qui permettent d’évaluer la réalité des intentions de certains individus se prétendant de gauche .

      L’indifférence à la toux des cancéreux est du même niveau que l’indifférence à l’enfermement d’enfants en centre dit de  » rétention « .

      Le cynisme des courtisans du pouvoir d’aujourd’hui nourrit les révoltes de demain.

      Soyez certains que des propositions telles que taxer les malades dit de longues durée, non seulement ne portent pas bonheur , mais permettent aux révolutionnaires de demain d’affuter leurs arguments.L’histoire de France s’écrit parfois avec une grande hache …

      « Fallait tout lire le rapport » qui disait ….interloqué, par ceux, qui, en cours de lecture, ont vomi dessus.

      .

    3. @ du fond de la classe

      La logique d’exclusivité qui consiste à faire le ménage autour de soi dès qu’une proposition déplaît n’est pas nécessairement partagée par tout le monde. Aussi je maintiens que la contribution d’Attali au débat actuel est intéressante.

      Je déduis de l’exemple que vous citez que vous n’avez pas lu le dit-rapport (c’est probablement l’exemple le plus cité dans les médias). Mais je vais vous confier un secret : ce rapport, après l’avoir lu pour éviter sa présentation caricaturale, ce n’est pas non plus ma tasse de thé.

    4. Je comprend bien l’envie de bien faire qui consiste à dire « il faut tout écouter ou tout lire pour comprendre » .

      Je lui préfère néanmoins la méthode , bien plus rapide et efficace, du discernement des intentions .
      Vouloir rentrer dans la logique d’êtres capables d’aggraver consciemment le sort des miséreux , c’est comme
      vouloir mesurer sans précaution la longueur de la langue d’un serpent.

      Il est vrai qu’il n’y a pratiquement pas de pauvres à Neuilly . Mais croyez moi, la vie sait donner des leçons à qui en a besoin .Les maladies de longues durées se foutent des couches sociales.

    5. @Moi

      on a le droit de détester Attali, mais le comparrer à Foucher est inadmissible et complètement à coté de la plaque.
      Foucher était un assassin de masse et un homme profondément corrompu.
      Je ne crois pas qu’Attali n’ai jamais participer de la plus sanguinaire faction révolutionnaire. Je ne crois pas qu’il ai martyrisé une ville au nom de grand principe comme Foucher l’a fait à Lyon. Attali n’a pas abusé de pouvoirs exceptionnels pour assouvir ses plus bas instincts , et, proche d’être mis en accusation, n’a pas trahi son propre chef en le livrant à ses ennemis en le chargeant de toutes les turpitudes qu’il avait lui même commises.
      Attali n’a pas, je crois, prété allégeance à un souverain minable, népotiste et dément, en lui fabriquant une police politique à partir de voyous de la pire espèce qui torturèrent, assassinèrent et autres amusettes pour complaire au bouffon impérial.
      Puis , il n’a pas encore retourné sa veste pour offrir ses services à la restauration.
      Cher Moi, j’aime bien vos interventions, mais là, pour le coup, vous êtes à la ramasse.

      Je n’aime pas Attali. Mais je n’oublie pas non plus que, eu égard à son exceptionnel parcours universitaire, il aurai largement pu s’occuper de sa gueule seule et faire une fortune totalement indécente comme certains qui aujourd’hui dirige Casino, ou d’autres.

      Cet hommes reste un homme de palais, certes, et vivre dans le même éternel cercle de luxe et d’égo n’est pas forcément sain, mais je le sens très imbu, à sa manière, de bien public.

      Par ailleurs, il semble qu’il introduit, voire impose Paul dans des médias qui lui seraient interdits sinon.

      La vraie question, selon moi n’est pas : Pourquoi Paul se « compromet »-il avec Attali? » mais plutôt  » qu’est ce qui fait qu’Attali trouve les travaux de Paul si vitaux alors qu’il ne semble pas forcément d’accord »?

      Cordiialement

    6. @Kerjean: je ne voulais pas dire que Attali était un assassin de masse. 🙂
      Juste qu’il savait se ménager de portes de secours, au cas où. Cela répond d’ailleurs à votre question.

  11. Vous pouvez utiliser VLC un logicielle français et libre monsieur! A télécharger ici
    Ainsi Paul Jorion a un clone appelé Philippe, je comprend mieux comment il peut se démultiplier et être aussi actif!

  12. Cette fin de débat avec les méchants peuples qui ne font pas confiance à l’Europe…
    Tant qu’elle s’acharne à vouloir séduire les capitaux internationaux en agitant la compétitivité à tout prix, personne ne va la suivre (à moins de rêver à loger directement dans de grandes usines moyennant 60H de travail par semaine et un os à ronger comme objectif de vie).

    1. Entendu durant le débat: « Le problème c’est qu’il y a des peuples ».
      Ce que j’en ai retenu c’est qu’il faut plus de pédagogie de la part des décideurs pour que les peuples comprennent ce qui est bon pour eux. On se serait cru dans le débat sur le TCE.

  13. @ Julien

    Dans un autre billet je précisais qu’une commission est effectivement une expression collective. Par contre quand on accepte d’associer son nom au dit nom d’un rapport antinomique à sa pensée me trouble beaucoup. Pour moi cela signifie que le porteur du nom est en plein accord avec le contenu du rapport!

    Cà devient plus gênant, surtout quand le rapport préconise des mesures pour lesquelles on est sensée ne pas être d’accord! En plus, l’image est brouillée!

    J’avoue ne pas avoir lu le rapport Attali, cela dit je pense avoir l’excuse de ne pas être encore parmis les destinataires. Si vous avez de l’information sur d’éventuels passages interessants merci de les communiquer. J’ai envoyé un courriel à Jacques Attali, pour lui faire part de mon étonnement , courriel qui pour l’instant est resté sans réponse.

    Cela dit, à la lecture des commentaires laissés sur son propre blog, je ne suis pas la seule personne troublée.

    Pour conclure, je suis comme Saint Thomas, et par expérience l’histoire m’a souvent rappelé malheureusement le caractère versatile de l’être humain!

    1. @ Chris22

      Je ne pense pas que le rapport de la Commission présidée par Attali soit antinomique à sa pensée.

      Vous dites être comme Saint Thomas, aussi vous n’y couperez pas : si vous voulez savoir ce qui s’y dit, sans le filtre caricatural des médias, lisez-le !

    2. @Julien: je suis en train de feuilleter les mesures préconisées. C’est effectivement de l’Attali tout craché, du social-libéralisme avec beaucoup d’intentions sociales affichées et beaucoup de mesures concrètes libérales. Le PS dans toute sa splendeur quoi.
      Pas antinomique avec la pensée d’attali donc mais si ce n’est pas antinomique avec la pensée de Paul Jorion, je m’inquiète.

    3. Julien que faut-il lire dans ce rapport à recevoir ces jugements – je passe la belle technicité n’étant pas faite pour moi – « le manque de confiance des Français les uns envers les autres »,« manque de confiance dans la communauté de destin », la « défiance vis-à-vis des institutions », la déploration d’une « atomisation des perceptions de l’avenir » qui « rend d’autant plus difficile la construction d’un projet collectif, fondé sur une compréhension commune des défis et des espoirs partagés ». Etc… Pffffffffffffffffffffff!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
      tiens je vais me la remettre : Alain Souchon, La vie ne vaut rien


      Alain Souchon La vie ne vaut rien
      envoyé par Polobouly. – Films courts et animations.

    4. @Moi

      La liste des membres de la commission (tout à la fin) ne laisse guère planer de doutes quant aux objectifs du rapport.

    5. à Souvarine

      Bien vu Souvarine. On peut même commencer par la fin. Après si le cœur vous en dit…
      Autrement la couverture est d’un beau rouge sang.

    6. @ Moi et Roma

      Comme je l’ai dit plus haut, ce rapport n’est évidemment pas ma tasse de thé. Je précise de nouveau les 2 points qui m’ont poussé à réagir :

      – disqualifier un document de 200 pages sur la base d’une dépêche AFP me semble léger, sans préjuger de la pertinence du document dans un sens comme dans l’autre ;

      – demander à Paul Jorion de faire le tri parmi ses interlocuteurs selon le bon vouloir de certains confine à l’exclusivité, et dénote pour le moins une drôle de conception du débat.

    7. Je me sens un peu coupable, Jorion, de te connaître comme je me connais.

      Soit, largement imparfait.

      Les gènes ainsi que l’éducation doivent nous être trop communs pour que tu n’es pas vu ce qui nous rassemblait, mais plutôt ce qui nous dissociait.

      Dommage.

    8. Yvan c’est Yvan , Jorion c’est Jorion .

      Dans la foulée ( bienvenue) de ce rappel d’échanges de décembre 2008 , il pourrait être tout aussi bienvenu de faire , à tête reposée , au bénéfice de ce qui a pu se cristalliser sur ce blog et de ce rapport d’actualité , une sorte de bilan comparartif ( deux ans après) de ce qui rassemble toujours Attali ( et d’autres) et Jorion , et de ce qui les diffère .

      Ce serait d’ailleurs un peu l’occasion de faire un point d’étape un peu charpenté des pistes de progrès énoncés sur ce blog .

      Car ( je réponds tout seul à mes questions ) nous ne sommes ici qu’en réunion de créativité critique .

    9. @juan nessy: Oui, amusant ce petit rappel. C’était il y a deux ans déjà. Et rien n’a malheureusement bougé (dans le bon sens du moins). On se radicalise juste un peu plus chaque jour qui passe.

    10. Roma,

      Feriez mieux d’aller travailler, de participer à l’effort collectif de fabrication de pompes à temps et énergie humains, plutôt que d’écouter cette musique qui ne donne pas le moral au bon peuple éclairé « à la Platon » et incapable de se prendre en main : « on », il est trop fort çuilà, le sait bien que c’est ainsi et que c’est immuable : CQFD qu’y dirait !

      Profitez bien de votre montagne helvète.

      Jacques a dit : « Travaille ! », et là, t’es obligé ! C’est la règle ! JacquA, ils l’aiment bien parce qu’il a réussi à leur expliquer le secret de leur pérennité, qui est en même temps le secret de la survie de notre société actuelle : il en faut (au moins) un qui montre…n’importe quoi mais avec suffisamment de conviction et de talent pour que le bon peuple etc. finisse par être hypnotisé par le doigt, aveuglé par l’éclairage des sages.

  14. La présence écrasante de D. Cohen même s’il dit des choses justes, puis l’on ne vous a gratifié d’aucun titre, finalement on a conclu votre intervention par cette appréciation inepte de « c’est trop dépressif ». Bien la vie est dépressive, si l’on n’est pas capable de tolérer cela, il ne faut pas s’y frotter. Dépressif c’était vraiment le drame à éviter.

    Pour Woerth nous sortons de la crise bien entendu. Je ne sais pas dans quel film il a vu jouer ça.

  15. @ Julien

    Merci pour le lien du rapport. J’ai commencé à le lire, je suis page 12 et j’ai lu que la commission préconise 50 Milliards d’économies de dépenses sur 3 ans. J’avais cru comprendre qu’il ne fallait pas réduire maintenant les dépenses au risque de casser le peu de dynamisme économique…ça par exemple ce n’est pas antinomique?

    Sinon il parle d’organiser une mobilisation nationale pour la jeunesse. Je dis bravo!

    Par contre, ça va être diffcile à mettre en oeuvre quand dans le même temps on veut réduire le départ en retraite d’un fonctionnaire sur deux dans l’éducation nationale! Pour info, mon fils est en seconde, avec 34 autres camarades….A 35 par classe à raison de 55 minutes de cours, combien de temps le professeur dispose pour aider les élèves en difficulté?

    Je continue et reviens demain…

    Bonne soirée!

    1. « Par contre, ça va être diffcile à mettre en oeuvre quand dans le même temps on veut réduire le départ en retraite d’un fonctionnaire sur deux dans l’éducation nationale! Pour info, mon fils est en seconde, avec 34 autres camarades….A 35 par classe à raison de 55 minutes de cours, combien de temps le professeur dispose pour aider les élèves en difficulté? »

      Ca dépend de LUI. S’il écoute et s’enrichit.
      Ma grand-mère avait 55 élèves en primaire qui l’écoutait « religieusement ». Sauf lorsque, tout petit, j’allais dans la classe de filles et mettais une « certaine » panique.

      Maintenant, rien ne vous empêche de participer à l’éducation de votre enfant en le mettant un peu moins devant la télé et les jeux vidéo.

      Si vous avez un garçon comme je l’ai éduqué, faites le rire avec une récitation à apprendre, cela fonctionne très bien.

  16. @Souvarine : tout à fait !

    Claude BEBEAR – Président d’honneur du groupe Axa : le parrain en personne !
    Jihade BELAMRI – Président de BEE Ingénierie
    Christian de BOISSIEU – Président du Conseil d’analyse économique
    Stéphane BOUJNAH – Directeur Général de Santander Global Banking & Markets, France &
    Benelux
    Josseline de CLAUSADE – Directeur de la Conformité, AREVA
    Patrick COMBES – Président-directeur général de Compagnie financière Tradition,
    Directeur Général de VIEL & Cie
    Pierre FERRACCI – Président du groupe Alpha
    Xavier FONTANET – Président d’Essilor
    Yves de KERDREL – Editorialiste au Figaro
    Francis KRAMARZ – Directeur du CREST, Professeur à l’école Polytechnique
    Eric LABAYE – Directeur Général France, McKinsey & Company
    Christophe LAMBERT – Directeur général, Groupe EuropaCorp
    Jean-Pierre LANDAU
    Anne LAUVERGEON – Présidente du directoire du groupe Areva
    Bruno LASSERRE – Président de l’Autorité de la Concurrence
    Eric LE BOUCHER – Directeur de la rédaction du journal Enjeux-Les Echos ; co-fondateur
    du site Slate.fr
    Hervé LE BRAS – Démographe, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences
    sociales
    Mathilde LEMOINE – Directeur des Etudes Economiques et de la Stratégie Marchés,
    HSBC France ; membre du Conseil d’analyse économique
    Emmanuel MACRON – Gérant, Banque Rothschild & Cie
    Reine-Claude MADER SAUSSAYE – Présidente de la Confédération de la consommation, du
    logement et du cadre de vie ; membre du Collège de l’Autorité de la concurrence
    Geoffroy ROUX DE BEZIEUX – Président d’Omer Telecom
    Luc François SALVADOR – Président-directeur général du groupe Sogeti
    Philippe TILLOUS-BORDE – Directeur général du groupe Sofiproteol
    François VILLEROY DE GALHAU – Directeur des réseaux France, Membre du comité
    exécutif de BNP Paribas
    Michel de VIRVILLE – Conseiller Maître à la Cour des Comptes
    Serge WEINBERG – Président du Conseil d’administration de Sanofi-Aventis
    Dinah WEISSMANN – Président-directeur général de Biocortech

    Entre autres…

  17. J ai retenue une chose qui as un peu passé inaperçue

    Quelqu’un a dis
    Qu’il y avait plusieurs Euros que l’Euro Grecs n’était pas idem à l’Euro Allemand

    Une monnaie unique sers a quoi si elle as pas la même valeurs pour tous

    Pourquoi par exemple les produits alimentaires ou d’autres ne sont pas tous au même prix en Europe

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