Comment introduire l’intérêt général dans la gouvernance d’entreprises ?, par Olivier Ardoin

Billet invité. Je publie pratiquement toujours les « billets invités » sans commentaire préalable. Le lecteur du blog devine que je le trouve intéressant sans savoir pour autant dans quelle mesure exacte je souscris à son contenu. Ceci me conduit souvent à devoir répondre à ceux des lecteurs qui supposent que j’approuve à 100 % le contenu de chaque « billet invité ». Dans le cas présent du texte d’Olivier Ardoin, je tiens à préciser que ses propositions bien que positives et susceptibles de susciter un débat intéressant ne me semblent pas aller assez loin dans la voie qu’il ouvre.

Constat :

L’économie de marché, en faisant disparaître les entreprises les moins performantes, conduit naturellement à la formation d’oligopoles qui dominent les principaux marchés mondiaux. En dehors du fait que la concurrence entre eux est largement faussée en raison de leur faible nombre, les décisions prises par les dirigeants de ces groupes de taille mondiale ont un impact de plus en plus considérable. Elles concernent souvent des millions de personnes et peuvent avoir des conséquences majeures sur l’environnement. Dans certains cas même, c’est l’ensemble de la planète et de ses habitants qui pourraient subir les conséquences de leurs choix, s’ils impliquent un risque de catastrophe écologique majeure par exemple.

Dans le système économique actuels, les seuls décideurs finaux légitimes sont les représentants des actionnaires, au nom du droit de propriété de ces derniers. Ils ont certes la contrainte de se soumettre aux lois des pays concernés par leurs projets, mais les lois, même quand elles sont bien faites et respectées, ce qui est loin d’être le cas dans tous les pays, ne peuvent pas tout anticiper quand il s’agit de projets complexes conduits à l’échelle mondiale.

Les décisions prises au sein de ces groupes sont donc prises par des intérêts privés en fonction d’un critère principal, celui de la rentabilité (à court terme de préférence) des capitaux investis.

La question primordiale à régler pour aboutir à un fonctionnement sain de l’économie mondiale est donc la suivante : comment introduire des représentants de l’intérêt général dans la gouvernance des entreprises ?

Réponse en cours d’élaboration :

Les principaux travaux cherchant à répondre à cette question se basent sur la notion de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE), le terme sociétal recouvrant à la fois les responsabilités sociales (au sens large) et environnementales.

La mise en œuvre se ferait de la façon suivante :

Elaboration de normes internationales définissant les règles à respecter par les entreprises

Audits réalisés par des sociétés spécialisées conduisant à une certification RSE

Publication d’un « bilan sociétal » par les entreprises

L’idée sous jacente est que les entreprises ne souhaiteront pas prendre le risque de dégrader leur image auprès de leurs clients si elles ne respectent pas ces normes. La véritable sanction passe donc par une publicité faite par les médias auprès des clients et partenaires de l’entreprise en faute, ou plus généralement auprès de l’opinion publique.

Pour convaincre les récalcitrants, certains proposent de rendre ces normes obligatoires.

Cette démarche se heurte à trois difficultés majeures :

Elle suppose que les médias restent totalement indépendants des entreprises, et qu’ils arrivent à sensibiliser l’opinion publique sur des entreprises dont l’activité ne touche souvent pas directement le grand public.

Les normes ont nécessairement un caractère général et pourront difficilement s’appliquer à des projets complexes qui ont chacun des caractéristiques spécifiques.

Enfin et surtout les audits et les bilans sont faits à posteriori, et viennent constater les disfonctionnements quand les dégâts sont déjà faits ! (Les éventuelles indemnisations financières ne sont qu’une maigre consolation pour les victimes, et certains dégâts sont irréparables) Il serait infiniment préférable que l’intérêt général soit pris en compte au moment où la décision est prise.

Solution proposée :

Les réponses en cours d’élaboration ci-dessus sont analogues à celles utilisées par les entreprises dans leur démarche dite de « qualité totale », dont l’objectif est de mettre en place les meilleures procédures de fonctionnement de façon à « satisfaire au mieux les besoins des clients ».

Dans cette démarche, la personne qui en est responsable, et qui représente les clients au sein de l’entreprise, ne doit dépendre hiérarchiquement que du chef d’entreprise. Elle doit en effet être indépendante des autres responsables de service dont les intérêts pourraient être en conflit avec celui de certains clients. Seul le chef d’entreprise est habilité à arbitrer. Cette position dans l’organigramme est clairement exigée dans les normes internationales ISO 9000, et le responsable qualité est membre du comité de direction.

Mais les entreprises de taille mondiale n’ont pas seulement des impacts sur leurs clients, salariés et fournisseurs, elles peuvent en avoir un sur l’ensemble de la planète et de ses habitants ! Dans la démarche RSE, la personne qui en a la responsabilité est censée représenter la planète et l’ensemble des populations concernées par les décisions de l’entreprise. Elle peut donc se trouver en conflit avec les intérêts économiques de l’entreprise, dictés avant tout par des critères de retour sur investissement. Il est donc tout à fait logique qu’il ne se trouve pas sous la dépendance hiérarchique du chef d’entreprise, mais sous celle d’une structure externe indépendante qui doit pouvoir arbitrer en cas de conflit entre la rentabilité d’un projet et ses conséquences sociales et environnementales.

Cette structure, qui viendra aider le responsable RSE dans l’analyse de projets complexes, devra être composée d’experts internationaux reconnus comme on peut en trouver au GIEC, au BIT ou à l’OMS ou dans certaines ONG. Ils abandonneront leur casquette nationale pour se mettre au service des intérêts de la planète.

En cas d’impact négatif d’un projet, elle devra bien sûr disposer d’un droit de veto, de la même façon qu’un chef d’entreprise peut bloquer la décision d’un chef de service si elle lui parait contraire à la démarche qualité.

Ce positionnement du responsable RSE devra être clairement précisé dans les normes en cours d’élaboration, ainsi que sa présence au sein de l’instance décisionnaire de l’entreprise (directoire et non conseil de surveillance par exemple).

De telles dispositions viendront bien sûr empiéter sur le droit de propriété des actionnaires ; nous sortirons du système capitaliste traditionnel, défini comme propriété privée des moyens de production, pour un système plus évolué prenant en compte l’intérêt général qui sera introduit dans le process de prise de décision, en amont des projets. Déjà certain pays ont introduit la présence des salariés au sein du conseil d’administration et ces derniers ont fait la preuve qu’ils étaient parfaitement capables d’assumer cette responsabilité, alors qu’ils ont eux aussi d’une certaine façon un droit de veto avec le droit de grève.

A un échelon plus global, on ne voit pas pourquoi des experts RSE ne sauraient pas assumer cette responsabilité.

Les actionnaires garderont l’essentiel du pouvoir de décision, ils conserveront bien sûr une rémunération pour le risque financier qu’ils prennent avec l’entreprise, mais ils seront confrontés à l’intérêt général à chaque décision importante, au lieu d’être sanctionnés à posteriori en cas de non respect de lois ou de normes obligatoires.

De même que la démarche qualité oblige à prendre en considération le plus en amont possible les besoins des clients (dès la conception d’un nouveau produit ou service), la démarche RSE permettra de prendre en considération le bien être de la planète et de ses habitants, avant chaque décision importante.

S’appuyer sur la démarche RSE pour faire évoluer le fonctionnement de l’économie a l’avantage de limiter les actions à engager aux deux seules suivantes :

Constituer un réseau d’experts internationaux capable de donner un avis neutre et pertinent sur tous types de projets.

Rendre obligatoire pour les grandes entreprises une certification RSE qui impose l’indépendance du responsable RSE, son rattachement à ce réseau d’experts, et son droit de veto.

Plus facile à dire qu’à faire, mais impératif pour la survie de nos petits enfants !

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82 réflexions sur « Comment introduire l’intérêt général dans la gouvernance d’entreprises ?, par Olivier Ardoin »

  1. Excellente idée.
    Reste à trouver comment garantir l’incorruptibilité du responsable RSE.
    Le maillon faible …à moins qu’il s’agisse de le rémunérer sur contrôle d’ un collège de salariés eux-mêmes incorruptibles…ad lib?

  2. « Constituer un réseau d’experts internationaux capable de donner un avis neutre et pertinent sur tous types de projets »…Cela existe-t-il en vrai?…Par quel miracle, ou bonne fée, probablement égarées en ce bas-monde!…

  3. Bonsoir M. Ardoin,
    Je viens de lire votre billet et ma foi je vous trouve très gentil. Bienvenu dans le monde réel de l’économie financiarisée et du capitalisme sauvage.
    Voici, comme vous le décrivez dans votre constat, des oligopoles, derrière lesquels on trouve les plus grands groupes financiers et les fonds de pension, tiennent la planète . Ils sont en train de se déchaîner pour gratter encore un dollar de plus. Ce dollar, ils vont encore le prendre à un acteur que je ne vois pas dans votre billet sauf sous la forme de consommateur, le travail.
    Vous proposez pour modérer cet appétit immodéré de créer un « machin » (référence gaulliste) auquel la finance se plierait pour devenir plus acceptable.
    Et pourquoi accepterait-elle ? Tous les autres machins que l’on a montés, G8, G20, Bâle III… ont montré leurs limites dès que le capital fait les gros yeux. Tous ces machins n’ont servi qu’à monter des écrans de fumée pour embellir la position d’une nouvelle idéologie politique. Chacun de ces organismes entourant le paquet d’un nouveau ruban de couleur : Régulation financière, lutte contre les paradis fiscaux, taxe sur les bonus, disparition des hedge funds…
    Votre RSE aura quelle couleur ?
    Excusez, je suis désabusé et fatigué. Ce système est en lutte pour une appropriation totale des richesses et face à une cupidité déraisonnable, les solutions raisonnables ne me paraissent plus appropriées.

    1. @ Papyjo :
      Oui . Effectivement, Encore un machin .
      Voir la chanson de l’auteur SARCLORET , intitulé  » la saga des machins et des zinzins ». En remplacant 2 mots qui reveinnent souvent , on est dedans !

      @ Mr Ardoin :
      J’ apprécie le billet . Mais , il me semble, qu’il ya effectivement un certain nombre de choses à régler auparavant .

      Pour autant, quelques réflexions :
      – Les médias …. sont des entreprises… Elles contrôlent …. l’information… donc , élément déterminant . inutile de développer!
      – Les normes, iso 9000, 14000 : Vous les avez mentionné…Je suppose donc que vous connaissez comment cela fonctionne…En résumé, à l’instar des élections, elles s’achètent !!!
      – Les experts : internationaux, tels que ceux que l’on trouve au sein du GIEC,BIT, OMS et ONG…. Comment fait on pour déterminer l’expert véreux de celui qui ne l’est pas???
      Pour ma part, ces experts ne devraient avoir qu ‘un avis consultatif, rendu obligatoire, mais en aucun cas, être la personne titulaire. Je verrais plutot un collège de personnes, obligatoire, et propre à chaque implantation de l’entreprise ( pour répondre à la problématique des multi-sites d’une grosse entreprise, sur le territoire français ( pour ce qui concerne les implantations internationales, cela me parait impossible à mettre en oeuvre , vu le nombre de barrières…).
      La composition de ces collèges s’effectuerait avec des représentants de l’entreprise, du site, de la localité et des associations locales concernées par le danger que peut représenter le type de production, la nature des produits entrant dans la fabrication, les produits finis.
      – Les entreprises : Dans le cadre de votre proposition ( RSE), qui concerne les entreprises, Il m’apparait au préalable, de se pencher sur les statuts des entreprises et les personnalités. 1 seul exemple : la personnalité morale, par opposition à la personnalité physique. Il y aurait beaucoup à revoir sur ce simple point, pour responsabiliser , et donc décourager une petite partie des entreprises à poursuivre leurs activités, dans les conditions .
      – « L’impact des entreprises sur l’ensemble de la planète  » : vaste sujet .
      Et si on commencait par interdire l ‘implantation d’entreprises, sur un territoire donné, en fonction d’un paramètre : L’absence , sur ce territoire, du composant ou composé principal, entrant dans la fabrication du produit fini ????!!!
      Ex: Les produits contenant majoritairement du coton, sont fabriqués , dans des entreprises, situées au plus près des lieux de production du coton. Idem, pour la laine, le lin, les légumes , la viande, les poissons, les minerais, les terres rares ( une information de la chine récente à ce sujet…. execellents stratèges que ces chinois !) etc …
      Autre point . Sur le territoire national, comment se définit le sol??? Et le sous- sol ??? Les nappes phréatiques??? QUe manque t »il donc ??? Que cela suppose t’il, pour « responsabiliser » l’entreprise quant à ces impacts possibles sur la planète ???
      Autre point : Les flux … Tous les flux …. Avec ce qui précède, je confirme que ‘lon peut réduire très significativement les flux physiques de marchandises…. Mais comment procédez pour les autres flux ??? P. JORION et d’autres ont déjà répondu avec certaines propositions… Mais prenons les flux d’informations, via internet ??? Comment responsabilise t’on les entreprises dans leurs stratégies du SMART POWER ???
      – « les actionnaires garderont l’essentiel du pouvoir de décision » . Tout ce billet pour en arriver là !!!!
      je préfère cela : remettons l’economie et ses consoeurs, sa doctrine dominante, à sa juste place ….
      Là est le premier combat à mener !!! LA vie ne se résume pas à l’économie !!! Il faut réduire cette bulle, son empreinte … A chacun d’ouvrir les yeux!!!! Prenez exemple sur les peuples de la majorité des autres pays de ce globe . Ils nous montrent le chemin!

      L’ingénuité de beaucoup, va les perdre : ils mourront nombreux, sans que quelqu’un ne les touchent physiquement !!! En somme, des crabes ou des grenouilles dans l’eau du dernier bain !

      Bonne soirée !

  4. Bonsoir,

    Pourquoi faut il « un machin de plus » entre l’ homme et ses actes.
    Un machin qui orienterait son libre arbitre dans le « bon » sens ?
    Nous avons vus dans ce Blog que les processus démocratiques ne produisent pas cet « interret général » dans la sphère politique. Comment pourraient ils a forciori le produire dans la sphère économique ?
    Vous voudriez créer des agences de notation en somme.
    Il est temps de comprendre que la reconstruction ne peut émerger qu’ a partir du comportement individuel responsable seul avec sa conscience, en donnant l exemple, en aidant son prochain avec humilité, sans rien attendre du grand theatre contemporain.
    Le miracle serait que les hommes de bonne volonté puissent se reconnaitre, sans préjuger de leurs étiquettes.
    Ce travail sera très long.

  5. Bonsoir M. Ardoin

     » Comment introduire des représentants de l’intérêt général dans la gouvernance d’entreprises? »

    Très simplement en les nationalisant!

    Cordialement

  6. La démarche de Mr Ardoin est intéressante et bien que je m’en voudrais de jouer les vieux aigris, j’ai déjà vu ce genre d’initiatives, la plus fameuse étant un « comité d’éthique » dans une grande banque d’investissement ( un ange passe…)
    L’état, qu’il soit français, allemand, européen ( je le souhaite) ou pourquoi pas un jour mondial, représentant l’intérêt général, doit faire respecter les règles… attendre quoi que ce soit des entreprises c’est le monde à l’envers. Le véritable combat politique de ce début de siècle est le clash prérogatives de l’état-nation contre intérêts des multinationales. Pourquoi donc la presse mainstream genre Libération n’arrête-t-elle pas de nous bassiner avec la fin de l’état-nation depuis des années ? J’ai bien peur que si rien n’est fait avant 10 ans, l’état-nation et tout ce qu’il représentait ( organisation, protection, justice sociale, etc..) va être réduit à la portion congrue ( l’état régalien), juste pour faire régner l’ordre au service du business. Une planète dominée par les grandes corporations ? God save us, ce serait de la mauvaise science-fiction, et pourtant j’ai le sentiment désagréable qu’on y va tout droit.

  7. Oui, il y a beaucoup à faire en amont, pour neutraliser la croissance des multivampires qui nous conditionnent à leurs profits dans un ghetto économique pollué et nous somment de consommer sur la part de ce que l’on prend à l’autre et sur les ressources de la planète.
    Le travail n’est que le dernier maillon de la chaîne.

  8. Un petit oubli dans les conditions nécessaires pour que la RSE fonctionne : l’honnêteté de l’analyse d’impact.
    On voit tout de suite que le bilan sera faussé dès le départ si c’est un service interne de l’entreprise qui s’en occupe, spécialement le service communication.

    Je ne vois pas comment une entreprise mondialisée accepterait de laisser un comité d’expert prendre des décisions stratégiques, il est tellement plus facile de soudoyer les experts (voir l’affaire des vaccins de la grippe A pour l’OMS).

    L’installation d’un comité RSE au conseil d’entreprise ne sera possible que si l’entreprise estime que ce sera un avantage et pas un inconvénient, ce ne peut se faire que sous la pression populaire, or si l’environnement commence doucement a être intégré on est loin d’en faire une priorité.

    Et puis surtout ce projet entr-ouvrirait une porte très soigneusement fermée, et qui doit impérativement le rester pour les entreprises supra-nationales : les conditions de travail du personnel utilisé hors des pays occidentaux, où ils restent en partie protégés.
    Imaginez que sur l’élan on crée un équivalent RSE pour les travailleurs _avant_ celui de l’environnement…

  9. Cette structure, qui viendra aider le responsable RSE dans l’analyse de projets complexes, devra être composée d’experts internationaux reconnus comme on peut en trouver au GIEC, au BIT ou à l’OMS ou dans certaines ONG. Ils abandonneront leur casquette nationale pour se mettre au service des intérêts de la planète.

    J’ai arrêté ma lecture ici, sur un rire nerveux.

  10. Les choses paraissent simples dès lors qu’on les structure – pour tous – de son donjon mental perso. J’ai aussi envie de pouvoir, d’exister, comme tous – un peu moins certes avec l’âge. J’écoutais Jean Rouaud dire que dès qu’on structure on s’éloigne des réalités et que donc que ça ne marche jamais. Reste la poésie. Peut-être une manière pas si stupide de faire passer un message. Mais c’est très difficile.

    Chacun parle alors en son nom d’humain.

    L’aspect des choses sur lequel chacun semble s’accorder sur ce blog est la nécessité de trouver une porte de sortie, des solutions. Un contre pouvoir intelligent et conscient.

    Le monde est un équilibre. Cet équilibre oscille parce que le pouvoir des banques a atteint des proportions inacceptables. A mon sens ce contre-pouvoir Paul Jorion l’incarne principalement parce qu’il se place du côté des underdogs dans une civilisation qui prone le gagnant. Ses connaissances croisées, son intelligence, sa marginalité (positive s’entend)… lui ont permis de voir et de montrer certains mécanismes.

    Il me semble que la vigilance et l’action CONTRE un système qui nous fait à tous horreur devrait s’exercer par chacun sur les plus petits détails de nos vies, de nos activités, notre bilan écologique personnel… de comment nous nous occupons des autres. Sans plus. Ce serait peut-être un début. J’essaye mais c’est pas toujours aisé.

    C’est à peu près la même idée qu’a exprimé Tigue. Et beaucoup d’autres.

  11. Une idée toute simple serait de nommer un collège étendu d’experts nommés à vie, issus d’organisations irréprochables comme l’ONU, des ONG et bien entendu le GIEC dont la mission serait de surveiller le travail des PDG et de tout administrateur de toutes les sociétés et organisations susceptibles d’agir sur le bien être d’autres personne et plus largement de la planète. Il conviendrait de leur octroyer un revenu très supérieur à ceux de ces dirigeants, afin de garantir leur impartialité.
    Par ailleurs, ils éliraient en leur sein un corps spécial chargé de s’assurer de la probité de leurs propres membres. Eux seuls ayant capacité à les juger.
    Ces experts, bénéficiant du statut de fonctionnaires internationaux, ne paieraient pas d’impôts (ce qui ne serait que justice), seraient dotés de la capacité de saisir toute juridiction et de se faire assister de toute force de police des états membres afin d’accomplir leur mission.
    Evidemment, ils ne sauraient être tenus responsables des conséquences de leurs actions éventuelles. En effet, si les chefs d’entreprises ont obligation de mettre en oeuvre leurs recommandations, ces décisions restent les leurs et ils devront en assumer seuls les conséquences, ce qui est la nature même de leur responsabilité après tout.
    Il est évident que de telles mesures ne doivent pas être présentée comme cohercitives, mais comme incitatives, car garantes de l’avenir radieux de l’humanité.

  12. Si on ne change pas de contexte, l’unique solution ne peut venir que des consommateurs redevenus enfin citoyens. Mais je n’y crois guère vu l’état des lieux.

    Donc, il faut changer le contexte, « refonder le capitalisme » dirait le tenancier de ce lieu.

  13. Déjà certain pays ont introduit la présence des salariés au sein du conseil d’administration et ces derniers ont fait la preuve qu’ils étaient parfaitement capables d’assumer cette responsabilité, alors qu’ils ont eux aussi d’une certaine façon un droit de veto avec le droit de grève.

    Pouvez-vous donner des exemples/références? Je ne pensais pas que cela existait!

    Je trouve par ailleurs votre idée très intéressante. Ne serait-il pas plus simple de dire: un (deux? trois?) représentants du gouvernment au conseil d’administration qui veille(nt) à la sauvegarde de l’intérêt général. Evidemment ces personnes pourraient être corrompues, etc…, mais le problème de la corruption me semble « inévitable », dans le sens « à éternellement combattre, mais jamais vaincu ».

    1. Matthieu, il y a un exemple caricatural de la présence de salariés au sein d’un Conseil d’administration : JP. Pernault, présentateur du 13h de TF1 depuis 1852 !!!!!! 🙂

      Deux cas de figures : soit les salariés de l’entreprise sont aussi des actionnaires, auquel cas ils peuvent avoir des représentants au Conseil. Soit le Président décide en bon autocrate que ca fait bien d’avoir un représentant des salariés mais alors il n’a pas le droit de vote.

    2. Voilà ce qu’on peut lire sur le site de Total par exemple : « Conformément à l’Article L2323-62 du Code du Travail, deux membres du Comité d’Entreprise assistent avec voix consultative à toutes les séances du Conseil d’administration. En vertu du deuxième alinéa de cet article, ce nombre a été porté à quatre membres depuis le 7 juillet 2010. »

    3. @Didier
      Mathieu parle de représentants du gouvernement, pas de salariés.
      J’ai toujours pensé que plutôt que de nationaliser 30% des entreprises à 100%, (verticalité) il faudrait que l’état ait 30% de toutes les entreprises(horizontalité). C’est 30% de l’économie appartiendraient de fait à l’ensemble des citoyens et constituaient une minorité de blocage.

  14. Bonjour à tous,

    « Il est temps de comprendre que la reconstruction ne peut émerger qu’ a partir du comportement individuel responsable seul avec sa conscience, en donnant l exemple, en aidant son prochain avec humilité, sans rien attendre du grand theatre contemporain.
    Le miracle serait que les hommes de bonne volonté puissent se reconnaitre, sans préjuger de leurs étiquettes.
    Ce travail sera très long. » (@Tigue, le 24 octobre 2010 à 19:48), et ce que dit @mike n’est pas mal non plus.

    C’est un début, en effet. Il faut espérer que ce travail ne soit pas trop long. Il va nous falloir beaucoup d’humilité, de simplicité, d’humanité et de prières… Et ne me « taxez » pas, je vous en prie, de « subversive » lorsque je dis cela, car cela ne veut rien dire. Il va juste nous falloir accepter une autre dimension… Oui… une dimension avec beaucoup de poésie…

    J’étais à Londres quand le gouvernement anglais a annoncé la suppression de 500.000 postes dans le secteur public. Comment les anglais vont-ils vivre ces mesures draconiennes? Je dois dire que je les trouve très courageux. Je comprends qu’en France on essaie de faire sa petite révolution. Mais il s’agit de bien comprendre l’enjeu. Il est clair que tout doit changer, nous devons nous rendre compte que c’est bien TOUTE L’EUROPE qui DOIT se transformer et S’UNIR pour une société plus humaine, plus durable, plus spirituelle, plus respectueuse de TOUT.

    On continue…

    Bonne semaine à tous.

    1. @ Anne : je suis obligé de vous faire la remarque traditionnelle : la partie adverse, celle qui tien les ficelles pour le moment, ne comprend que les rapports de force, en clair les coups. Doit-on l’ignorer ?

    2. Et dites moi, le Christmas Shop était-il ouvert chez Marks & Spencer ?
      A 1,10 euro la livre, ça vaut le coup.

    3. Bonjour monsieur de la Vigne, c’est vrai que nous avons fait quelques achats à M&S, mais pas trop quand même… par contre, beaucoup de musées, la Westminster Abbey et la St-Paul’s Cathedral, vraiment trés beaux. Au fait, il m’a semblé avoir lu que vous nous quittiez, avez-vous finalement décidé de rester?

    4. Ne critiquez pas Vigneron, Anne.

      Nous avons tous, ici, « secoué » un peu Jorion pour deux raisons principales.

      En préambule, ceux qui restent savent bien que ce qui se joue actuellement est bien plus grave qu’en 1929. Grâce aux titrisations, effets de levier, spéculations, concentration excessives…
      Nous avons
      Je me permets de parler pour quelques-uns qui me connaissent aussi, mais vous pouvez critiquer ou ajouter des remarques, au contraire.

      Nous avons donc constaté le déroulement des faits, leur conséquences, les « réactions » mises en place,… Tout, finalement.
      Je ne vais pas dire que nous sommes plus informés que d’autres, mais avons une vue assez impartiale de la situation. Et quelle situation.

      Les deux raisons de nos « coups de gueule » sont les suivants :
      – certains demandent à Jorion de passer de la constatation aux conseils pour de l’action.
      – certains demandent à Jorion de donner franchement le courant politique auquel il adhère.

      Les deux choses sont légèrement différentes mais n’en sont pas moins imbriquées.
      Et dans les deux cas, même si je suis un contestataire reconnu, je le comprends néanmoins un peu de ne pas trop s’engager.

    5. Bonjour ma soeur Anne, et comme je vous comprends ma chère pour M & S ! Je n’avais aucun doute quant à votre visite à Westminster, et moins encore , pensez donc !, à St Paul’s. Vous levez l’infime – que dis-je l’infinitésimal ! qui pendait encore sur votre pèlerinage obligé dans cette cathédrale du bon goût britannique.
      Mon départ ? Oubliez cela mon amie. Comment le pourrais-je ? Loin de votre Lumière c’est mon âme qui s’étiole et sans votre parole mon esprit qui s’altère…

    6. @Yvan, moi aussi, je voudrais gentiment « secouer », comme vous dites, Paul Jorion, en lui demandant pourquoi il n’a pas jugé nécessaire de classer dans ses « catégories », les mots « Religions » ou « Spiritualité ». Peut-être a-t-il une raison? A-t-il peur? Avons-nous peur de ces mots?

    7. Ouaip. Et de ce sang là, certaines vignes attendent encore de tardives vendanges. Sang à verser dans des tonneaux qu’on croyait bien bondés mais demandent pourtant toujours encore à boire. Un ouillage s’impose. La « part des anges » sans doute…

    8. @ Anne : pour vous taquiner un peu, intéressant rapprochement chez vous des mots « religion » et « spiritualité ». La seconde ne peut elle pas exister sans la première ?

    9. Jorion, t’aurais dû être torero.

      Notes, vu ce que je saigne, je vais me coucher tout de suite.

      Et ça fépensé que les Espagnols ont envahi la Belgique il y a peu. D’ici que nous ayons récupéré des gènes…

    10. La religion, toutes les religions, bien comprises, nous amènent vers la spiritualité, vers la sagesse.

      Religion

      Ce mot est un vocable commode pour désigner des réalités parfois si opposées qu’on ne peut les enclore dans une même définition. Il y a des religions sans dieu, sans culte, sans prêtres! Tout au plus peut-on dire que toute religion invite à s’ouvrir à une vérité au-delà de l’apparence, qu’elle soit le sommet de l’être, le tout de l’être, ou le néant. Cette ouverture de l’homme à « quelque chose d’autre » en lequel il croit trouver un sens à sa vie se traduit par des expressions (rites, croyances, prières, attitudes) qui structurent sa vie journalière, personnelle et collective. […]
      Pour M. Gaucher, l’organisation actuelle de la société rendrait caduc le rôle, longtemps positif, de la religion, de telle sorte qu’aujourd’hui on assisterait inéluctablement à un « désenchantement du monde » et à une disparition d’une religion. En fait, celle-ci renaît sans cesse, et on assiste même aujourd’hui à un véritable « retour du religieux ». […]
      Faisant éclater toutes ses fonctions sociales, la religion répond en tout cas au besoin de l’homme de trouver un sens à sa vie. Quand elle est authentiquement vécue, elle lui donne accès à la plénitude de la joie, celle qui résulte de la gratuité et de la liberté intérieure.

      Le Christianisme, Jean-Pierre Bagot, Desclée de Brouwer, 1989,p. 63

      Il ne faut donc pas avoir peur de ce mot. Il y en a d’autres, surtout avec cette crise, dont nous devrions bien plus nous méfier. Nous devrions d’ailleurs les répertorier. Quels sont les mots dont nous pensons bientôt ne plus avoir besoin? Quels sont les mots que nous ne voulons plus entendre? De quels mots avons-nous réellement besoin, aujourd’hui?

    11. Didier,

      La « partie adverse qui tient les ficelles » n’existe pas : c’est un leurre.

      Anne,

      « Peut-être a-t-il une raison? » : excellent !

      « A-t-il peur? Avons-nous peur de ces mots? » : bien sûr, la preuve c’est qu’on bosse, on parle de ceux qui bossent, de comment ils bossent, de comment on pourrait améliorer leur condition…c’est bien qu’on a quelque chose à cacher, une peur à dissimuler.
      Alors quela vie c’est du temps libre. Mais on préfère se laisser hypnotiser par les chaînes plutôt que de se dire qu’elles n’existent pas.

      « Quels sont les mots que nous ne voulons plus entendre? » : humanisme, prise de conscience générale, spiritualité…enfin bref tout ce qui pourrait lever le voile.

      « De quels mots avons-nous réellement besoin, aujourd’hui? » : des nôtres, ceux qui viennent de nous, donc d’une spiritualité.
      Et non ceux des élites, spécialistes et autres conseillers qui se complaisent dans cette place en ce qu’elle donne un sens à leur vie, et qui ce faisant continuent d’aveugler l’homme et la société.

    12. @ Didier et Anne

      La religion c’est le contraire de la spiritualité. La religion c’est la guerre, l’Inquisition, les massacres (Cathares, Templiers, Croisades, Saint-Barthélemy, persécutions antisémites, etc, etc, etc), l’intolérance, les discussion théologiques ridicules, la collaboration avec tous les Pouvoirs les plus rétrogrades, et pour couronner le tout, la pédophilie (j’ai assisté à 13 ans chez les Jésuites à l’expulsion d’un membre de « la Compagnie » pour avoir été trouvé en pleine nuit dans le lit d’un élève).

      La spiritualité c’est la mystique (et tous les grands mystiques ont été ou brulés, ou emprisonnés ou condamnés du point de vue théologique), c’est-à-dire le rapport intime avec l’Au-delà, les expériences réelles du contact avec l’Insondable.

      La religion c’est la politique de la spiritualité, ce qui sépare les hommes (malgré l’étymologie du mot), ce qui les utilise et les manipule pour les maintenir à genoux devant le Faux.

      La religion, c’est ça: « Flavien est saint et martyr pour avoir été tué à coups de pied par 135 évêques, dont plusieurs saints. […] Le crime de Flavien était d’avoir dit que Jésus-Christ «a deux natures et nous est consubstantiel selon la chair» (V. Hugo. Océan)

      Ou ça: « Le jésuite Sánchez s’inquiète de savoir si un couple, réfugié sur l’autel où il a échappé au tremblement de terre qui a dévasté l’église et a emprisonné l’homme et la femme, peut boire, manger et faite l’amour sur le lieu consacré sans tomber dans le péché mortel. » (T. Hannaniel. Controverses)

      La mystique c’est ça: « Dieu est sans nom: car de lui personne ne peut rien dire ni connaître ». « Beaucoup de gens s’imaginent, naïvement, qu’ils doivent «voir» Dieu : lui se tiendrait là, et eux ici. Mais il n’en est pas ainsi. Dieu et moi sommes un. Par la connaissance, je l’accueille en moi ; par l’amour, c’est moi qui entre en lui. »
      (Maître Eckhart, le plus grand mystique occidental, condamné évidement par le Pape. Sur son oeuvre Hegel a écrit: « Là tout a déjà été dit, tout ce qui était important. L’essentiel est chez Maître Eckhart. »)

      La mystique c’est ça aussi: « L’émotion la plus magnifique et la plus profonde que nous puissions éprouver est la sensation mystique. Là est le germe de toute science véritable. Celui à qui cette émotion est étrangère, qui ne sait plus être saisi d’admiration ni éperdu d’extase est un homme mort. Savoir que ce qui nous est impénétrable existe cependant, se manifestant comme la plus haute sagesse et la plus radieuse beauté que nos facultés obtuses n’appréhendent que sous forme extrêmement primitive, cette certitude, ce sentiment est au coeur de tout sens religieux véritable. »
      (Einstein. Correspondance)

    13. La croyance en Dieu fait et doit faire presque autant de fanatiques que de croyants. Partout où l’on admet un Dieu, il y a un culte; partout où il y a un culte, l’ordre naturel des devoirs moraux est renversé, et la morale corrompue. Tôt ou tard, il vient un moment où la notion qui a empêché de voler un écu fait égorger cent mille hommes.

      (Denis Diderot /Lettre à Sophie Volland / 6 octobre 1765)

    14. @pablo75, je vous remercie pour votre commentaire, c’est toujours enrichissant de réfléchir à plusieurs. Pourtant, quand vous écrivez que « la religion, c’est le contraire de la spiritualité », je ne suis pas d’accord. L’une va avec l’autre, et vice versa. Je crois que cela ne sert à rien de nier l’évidence. Je pense, à mon humble niveau, qu’une religion doit être bien comprise, et pas trop « cogitée » non plus. Il y a une part d’in-ex-pli-ca-ble, d’in-dé-fi-nis-sable dans certaines choses, et cela, l’homme moderne, cherchant à tout raisonner, disséquer, explorer, exploiter, classifier, calculer, séparer, l’a oublié. Bien sûr, il ne faut pas être naïf, mais avoir enlevé à l’Homme la possibilité d’entrevoir la Vérité, la Beauté, la Bonté, est, comment dirais-je, ce que j’appellerais… oui… le scandale de la modernité. L’Homme a la faculté de s’élever, encore faut-il le lui en donner la chance, la possibilité. La modernité a tout fait pour lui en enlever les moyens. Et dire que « la religion, c’est le contraire de la spiritualité », c’est s’inscrire dans cette ligne relativiste qui a contribué au désenchantement qui a conduit notre société dans le vide spirituel que nous connaissons, ici, et dans la confusion.

      Le sujet est trop important, nous y reviendrons sans doute.

    15. @ Anne

      « La masse des catholiques que nous voyons à la messe chaque dimanche ne désire, au fond, savoir de la religion que ce qui peut les confirmer dans la bonne opinion qu’ils ont d’eux-mêmes. »
      (Georges Bernanos. Le chemin de la Croix-des-âmes)

    16. @ Vigneron

      Ce qui nous empêche de croire en Dieu, c’est l’idée stupide que nous nous en sommes faite.
      (Roland Dubillard. Carnets en marge)

      La divinité ne devrait jamais porter de nom; car tout nom la restreint dans l’espace et le temps. «Elle est, disaient les Ophites [secte gnostique du IIe siècle], l’Esprit sans nom, fils unique du Père inconnu.»
      (Maurice Maeterlinck. Devant Dieu)

      Dieu est amour et est objet d’amour; tout l’apport du mysticisme est là. De ce double amour, le mystique n’aura jamais fini de parler. La description est interminable, parce que la chose à décrire est inexprimable. Mais ce qu’elle dit clairement, c’est que l’amour divin n’est pas quelque chose de Dieu, c’est Dieu lui-même.
      (H. Bergson. Les deux sources de la morale et de la religion)

      Si l’on me prouvait que Dieu n’existe pas, j’y croirais encore avec la plus entière mauvaise foi.
      (Yves Nat. Carnets) – Entre parenthèse, l’auteur de la plus belle intégrale des sonates pour piano de Beethoven. Personne a joué de façon si belle le 3e mouvement (Andante, molto cantabile con expressivo et Variations) de sa Sonate nº 30.

      http://www.youtube.com/watch?v=pHgc9rNo710&feature=related

    17. Bon, il y a deux camps qui s’opposent: le camp des Lumières qui croyait la Révolution gagnée à tout jamais, le camp des modernes, c’est clair, et le camp anti-Lumières, celui de la remise en question, celui des postmodernes. Est-ce une question de génération? Paul, La Lumière éclaire, illumine; Les Lumières n’éclairent pas forcément plus, par contre, elles consomment beaucoup d’énergie… Votre blog voit ces deux camps opposés l’un à l’autre, lequel gagnera la confiance, lequel sera à même de re-lier? Lequel dessinera notre futur?

      Voici un peu de Derrida, je dis un peu car tellement complexe, mais il donne des pistes. Il écrit dans « Foi et Savoir »:
      « S’assurer d’une provenance par les étymologies. La meilleure illustration en serait donnée par le différend au sujet des deux sources du mot religio: a) relegere, de legere (« cueillir, rassembler »)…; b) religare, de ligare (« lier, relier »)… Au delà d’une simple synonymie, les deux sources sémantiques se croisent peut-être. » (p. 54) Rassembler, relier. Que dire de plus?

    18. Vous ne voyez que deux camps, quant il y en a au moins quatre : ceux qui se sont arrêtés aux lumières et les laissent s’éteindre, ceux qui comme vous veulent les éteindre pour revenir aux lucioles d’antan, ceux qui veulent les ranimer et les re-lier aux anciens, grecs, chrétiens, musulmans, juifs…, et l’immensité de ceux qui ont tout oublié ou n’ont eu accès à aucune de ces vérités, révélées comme raisonnées, juste la superstition, la pensée magique et tout le bazar mystico-bastringue, bref, l’aliment de base pour le rabattage des curaillons de tout poil.

    19. La bêtise enivre tout autant que le pinard.
      Pitoyable digression à propos de religion .

      On fait donc ici dans le « curaillon » maintenant , précédé d’un « la religion , tant de sang versé en son nom  » …
      Mouai .
      A croire qu’en ces temps , le mépris de l’autre devient ordinaire , qui va du « les nègres ont ils jamais travaillé?  » a un « les chrétiens, ont ils jamais aimé ? ».

    20. La croyance première en l’Ego Vital de l’homme fait et doit faire plus de révolutionnaires encore pour changer le monde, autant même de fanatiques révolutionnaires que d’athés si possible encore à la fois, sans même parfois meilleure sagesse et prudence humaine, lorsque la mayonnaire a bien pris. Partout où l’on admet aussi une plus grande Idole de l’homme,
      il y a aussi un plus grand culte des Egos; partout où il y a plus grand culte encouragé des Egos, l’ordre naturel des choses visibles et invisibles est renversé. Tôt ou tard, vient un moment où la notion qui a permis de voler un autre pour mieux satisfaire la foule des Egos,
      fait égorger bien plus de monde encore pour rendre davantage un culte premier à l’Ego Révolutionnaire de l’homme, du nombre, car qui flatte encore mon Ego, notre Ego Commun
      oeuvre forcément pour le tout, à l’Ego du plus grand nombre, nos belles oeuvres de plus.

      Si seulement une plus grande somme d’égos sur terre pouvait toujours mieux faire que le Ciel,
      ah oui j’allais oublié, faut voir comment sont payés et traités les gens de nos jours même dans les vignes, je vous assure ce n’est pas mieux à voir que les gens du marché, L’ego d’un vigneron ne rendrait pas davantage merci et gloire au Ciel quand bien même il y aurait davantage récolte de dattes et de fruits bien amers et secs à la fois dans ses vignes.

      Commencez donc tous par rendre Gloire à DIeu en premier et puis à Jérémie en second.

    21. du fond de la classe,

      Sages paroles.

      La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe qui, si elle est bien lunée tendra l’autre joue avec l’espoir que le crapaud se transforme en prince charmant.

  15. …Evidemment ces personnes pourraient être corrompues, etc…, mais le problème de la corruption me semble « inévitable », dans le sens « à éternellement combattre, mais jamais vaincu »…

    Le grand vainqueur n’est celui qui combat pour vaincre, mais celui qui se conquière lui-même pour vaincre.

    Enfin c’est mon opinion, qui en vaut tout fait une autre…

  16. …Le monde diplo.Suite et fin de l’article proposé déjà de nombreuses fois en lecture…(…)L’emprise de la finance a rendu la vie de beaucoup de salariés odieuse. Comme si ça n’était pas suffisant, la capitalisation rampante en fera de même avec celle des pensionnés. La finance renflouée aux frais du public, fauteuse de récession, commanditaire de l’austérité, aussi arrogante que toujours, bonus en bandoulière, attend confiante la chute du pactole des retraites. Est-ce que par hasard ça ne commencerait pas à faire un peu beaucoup ?

    Le capital, dont Marx rappelait qu’il était incapable de résister à l’appel de « ses intérêts les plus bornés et les plus malpropres », s’est donné avec Sarkozy le fondé de pouvoir le plus visible, le plus caricatural et le plus détestable – quand le choix de nos amènes socialistes étaient d’une bien meilleure rationalité stratégique de long terme : ceux-là n’ont-ils pas fait avancer la cause du capital dans une parfaite tranquillité au seul prix d’avoir à trémoler régulièrement « justice sociale » et « égalité » entre deux trains de déréglementation (et ne s’offrent-ils pas d’ailleurs à reprendre du service sur le même mode exactement) ? Mais voilà où mène l’hubris des possédants : à tout vouloir ils risquent aussi de tout perdre. La volonté de puissance déboutonnée par trois décennies leur a donné à croire qu’ils n’avaient plus à admettre de borne à leur désir d’accaparement et que Sarkozy était bien l’homme de cette situation-là. Mais la retraite est peut-être leur « pont trop loin », où se mêlent tout à la fois le refus d’une réforme inique, le rejet d’un pouvoir politique insupportable, mais aussi le dégoût absolu du spectacle de la finance, la contestation frontale sinon du capitalisme lui-même du moins de sa forme présente, et pour finir la défense d’une certaine forme de vie. On pouvait difficilement faire plus magistrale erreur de tir. Tragique erreur dans le choix des mots, dont Gérard Mordillat qui signe la préface d’une réédition du Capital [16]) donne a contrario l’exacte formule : « La France n’a pas besoin de réformes, elle a besoin d’une révolution ».
    …Le grand vainqueur n’est celui qui combat pour vaincre, mais celui qui se conquière lui-même pour vaincre…

  17. …conquérir…conquiert lui-même…oui c’est ça la bonne version…si…non…veuillez corrigez la grammaire…Bon bref vous m’aurez compris je le souhaite…je m’en va acquérir la grand-maire française…

  18. En tout cas, en ne faisant pas ça :
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20101025trib000565844/la-strategie-d-eads-pour-reduire-son-exposition-a-l-euro.html
    « La stratégie d’EADS pour réduire son exposition à l’euro »

    D’ici qu’ils me recontacte pour me demander un coup de main pour aller développer la sous-traitance chez les Yankees…
    Un truc dont j’ai horreur chez les Anglo-saxons : ils ne respectent AUCUN délai.
    Ca, ça bloque tellement chez moi que je leur mets des pénalités d’office.

    D’où, introduire une dimension d’intérêt général dans l’entreprise commencerait, comme écrit plus haut, à nationaliser les entreprises pour faire du protectionnisme collectif.
    Car le protectionnisme mondial semble pour l’instant un peu illusoire.

    1. Yvan, auriez vous oublié la définition que donne Paul Jorion des zélites ? En voilà une parfaite illustration.

    2. Vous avez vraiment mauvais esprit tous ! Et l’amf ben moi je vous dis que c’est le parti de l’étranger, voire pire des chinois ! Vous voudriez voir nos Fleurooons (avec la diction de Malraux pour Moulin au panthéon c’est mieux !) du luxe, de l’excellence, de l’âme française, la chair de notre chair,notre génie dilapidés, détournés, démembrés, corrompus et finalement annihillés en des mains aussi indignes qu’étrangères ?
      Jamais ! Par Saint Bernard Arnault, Saint Nicolas, Sainte Bernadette de Corrèze-Vuitton et Sainte Florence de Chantilly- Hermes ! Jamais !
      L’armée mondialisée et libéralisée des traîtres à la Nation dût-elle me passer sur le corps, dernier rempart devant cette infamie, je serai là. Et je dirai « NON » ! Et même s’il le faut, soyons fous, « NO PASARAN » !
      M’en vais de ce pas offrir le bouclier de mon corps à Sire Bernard en son humble dépendance d’Yquem !
      Oyez ! Oyez ! Citoyens. C’est à ces servitudes volontaires là que se mesure l’honneur d’un Français !

      ( 🙂 )Si nécessaire…

    1. @ Salsa,

      Ne le prenez pas mal, mais ce qui est écrit dans votre commentaire, c’est que vous savez parfaitement parler comme on parle. Allez, j’essaie aussi : C’est juste énorme ce que vous écrivez !

  19. Voilà un thème qui résonne avec ma lecture d’hier soir, exposant une autre approche de cette « responsabilisation sociétale »
    http://autresordunain.blogspot.com/

    Pourquoi pas en effet assortir le titre de propriété d’une clause de responsabilité pleine et entière ? J’oserai le parallèle hardi suivant : si je bâtis une maison, puis la revends, je reste cependant responsable des vices cachés.

    Cela renvoie bien aussi à la dernière marée noire, où l’on décriait les actionnaires se débarrassant de leurs titres BP… pas responsables, pas coupables. Et si les actionnaires de BP restaient responsables des actions commises pendant qu’ils détenaient des titres ? La vente n’y changerait rien…

  20. L’intérêt sociétal n’existe pas en lui-même. Ce n’est qu’une somme d’intérêts particuliers divergents. En voici la démonstration.
    Prenons le cas de LVMH bien parti pour mettre la main sur Hermès.
    En supposant , ce qui n’est certainement pas le cas, que Bernard A. ait informé son conseil du fait que depuis ( au moins ) deux ans, il engageait la fortune du Groupe dans le rachat de 16 % d’ Hermès via des faux nez, dans ce cas, qu’aurait dit u un « censeur » sociétal ?
    Que racheter Hermès pour qu’il échappe aux intérêts chinois, avec l’illusion de conserver un minimum d’emplois en France et quelques taxes, était une bonne idée ? A moins qu’au contraire, le « censeur » sociétal n’ait défendu la thèse inverse : que non seulement le rachat par Bernard A. assurait plutôt un transfert d’une partie de la production et des marges hors de nos frontières, mais que la position de LVMH dans les recettes publicitaires des media se renforcerait grâce au rachat d’Hermès faisant courir un risque démocratique de plus en plus réel ?

  21.  » comment introduire l’intérêt général dans la gouvernance d’entreprises ? »

    ¨Par l’impôt .

    En fixant un barême qui récompenserait les actes citoyens d’une entreprise , et qui pénaliserait
    ce qui porte préjudice à la collectivité .
    Un système de point à la Sarton serait l’idéal .

    Salut, je retourne au piquet .

    1. Non seulement vous pouvez rester au fond se la classe mais, en plus, vous porterez le bonnet d’âne et vous me réciterez trois paters et deux avés…

      L’égalité de tous devant l’impôt est le premier socle de la démocratie. tout les « arrangements » avec les assiettes, taux, réductions, exemptions ne sont en général que de faciles solutions pour politiques en mal de clientélisme, pas vu pas pris, mon mandat fini, pas de responsable et ça fini par coûter 75 milliards/an au budget de l’Etat (en hausse, merci Coppé)…

      Puis vous ne faites que reporter sur d’improbables « juges » une décision dont on imagine bien qu’elle puisse donner lieu à toutes les corruptions, compromissions et prévarications….

    2. @ l’incarnation édifiante du drame de l’échec scolaire.

      L’incitation fiscale et le tripatouillages d’aubaines plus ou moins opportuns, pas trop ma tasse de thé (warning : euphémisme !).
      par contre tu aurais pu avantageusement relever la contradiction de « Gene Vincent » l’Oréal qui dénonce l’inégalité fiscale mais aussi, dans le même mouvement, avec véhémence et pétition à l’appui, l’abaissement de 75 à 50% du taux de réduction d’ISF (contre 25 à 22 % sur l’IR…) en cas d’investissement dans des PME , innovantes, forcément innovantes.
      Défense du « Love money » quoi…

      PS :

      Les vendeurs de pinards ont de l’avenir , les vendeurs d’armes aussi.

      -P’tit one : je vends pas du pinard, j’moccupe de vignes qui font du raisin que j’essaye d’aider à devenir un pinard qui me déplaise pas trop.
      -Ptit two : l’avenir j’sais pas ce que c’est et j’en ai rien à cirer.
      -P’tit three : les marchands de trucs ou de machins, j’en sais rien, mais les marchands de bobards, m’inquiète pas pour eux.

    3. @ sarment plus que çà cause

      « j’vend pas des armes » disait celui qui fabriquait des cartouches …
      Faut assumer pépère, c’est pas si grave de vendre du pinard .Tout dépend de l’usage que l’on en fait .
      Tout comme l’humour .

      PS : il parait qu’il y a des pinards qui finissent comme vin de messe …
      héhéhé :-))

  22. Pas trés étonnant qu’un Loréal qui vous donne du  » parce que vous ne valez rien  » …

    Votre soit disante égalité devant l’impôt se fout de la répartition des richesses.

    Gamin, vous me ferez trois patés , car vous z’avé tort .

    1. Pour ses rapports avec la petite officine à Ferrand, j’en sais rien et j’en ai rien à battre.
      Par contre pour l’égalité devant l’impôt, sorry le cancre, mais l’Oréal a raison. Réfléchis juste un peu, sinon va voir de ce coté là, reviens près du radiateur et dodo ninette fanfarinette..

      Ah au fait ! « Parler de Dieu sans se soucier du plus faible, c’est comme prétendre faire du vin sans utiliser de raisins. », tu connais j’imagine. ben moi j’sais pas faire, ni l’un ni l’autre. Et pas envie d’essayer non plus, ni l’un ni l’autre.
      Par contre j’t’y mets une majuscule à ton bon Dieu. Ça fait plus habillé, j’trouve. Non?
      Bonsoir chez toi.

    2. Une imposition des sociétés en fonction d’objectifs citoyens remettrait pas mal d’entreprise sur le bon chemin .
      http://www.observatoiredustressft.org/

      PS : Objectifs citoyens qui pourraient être définis par métiers ( exemple : sanction par rapport à un turn- over trop élevé, récompense par rapport à la dimension écologique) et au niveau national ( quota d’embauche , de jeunes , de vieux etc..)

      NB : je tague ce blog tout en sachant que c’est inutile .
      . Les vendeurs de pinards ont de l’avenir , les vendeurs d’armes aussi.

  23. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire dans un post précédent (http://www.pauljorion.com/blog/?p=15201, à l’occasion d »Une charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises « ), je pense qu’il est préférable d’agir en AMONT plutôt que d’essayer de corriger les multiples conséquences négatives du système actuel.
    J’ai essayé de voir ce que cela pourrait donner. C’est bien sûr très rudimentaire et très insuffisant. Pas la peine de me faire la remarque, je le sais déjà !
    Comme l’a dit Paul Jorion, « Voici un squelette. Je compte sur vous pour l’étoffer et/ou le mettre en pièces » 🙂

    **********************
    Le peuple,
    à la suite de la constitution de la République, de la déclaration des droits de l’homme et de la charte de l’environnement,
    considérant
    – que les activités financières exercées à titre privé, dans le cadre légal, sont légitimes et peuvent être utiles aux sociétés, mais qu’elles peuvent aussi nuire gravement aux droits de l’homme, à l’environnement, à l’exercice de la démocratie et aux principes de liberté, d’égalité et de fraternité,
    – que le système financier laissé à lui-même tend à se développer de façon immorale (cupidité, parasitisme, accaparement, spéculation, …) et prédatrice aux dépends des peuples, des États et des économies,
    – que le système financier laissé à lui-même peut faire prendre des risques insupportables aux peuples, aux États et aux économies,
    – que la financiarisation de l’économie et le culte de l’argent roi a conduit à des déséquilibres majeurs, qui ont généré une crise systémique sociale, politique, écologique et économique, faisant craindre un effondrement total des sociétés,
    – que l’on ne peut confier les intérêts vitaux publics à des intérêts privés,
    – que la transparence, la traçabilité et la compréhension des mécanismes économiques et financiers sont indispensables à l’exercice de la démocratie et permettent de lutter plus efficacement contre les activités illégales et le contournement des lois,
    – que la valeur du travail est supérieure à celle du capital,
    – que la finance doit être au service de l’économie, elle même au service des peuples,
    – qu’après s’être débarrassé des rois de droit divin, il est nécessaire de se débarrasser des rois de droit financier,
    décide :
    TITRE 1 : la monnaie et la gestion de la monnaie
    Article 1 – La monnaie est un bien public. Chaque monnaie est gérée par une banque centrale, responsable de la zone de ladite monnaie. Chaque banque centrale est créée et gérée par les États membres de cette zone monétaire. La banque centrale est la seule habilitée à créer ou détruire de la monnaie et à autoriser un prêt ou une dette.
    Article 2 – Chaque personne, physique ou morale, y compris les États, dispose d’un numéro de compte unique, donné et géré par la banque centrale de la zone monétaire concernée. Ce numéro de compte unique correspond à un compte principal auquel peuvent être rattachés de manière transparente des comptes secondaires.
    Article 3 – Les dépots d’argent et de valeurs d’une personne, physique ou morale, sont effectués auprès de la banque centrale sur un des comptes dépendant de son numéro de compte unique.
    Article 4 – Les informations des comptes d’une banque centrale sont disponibles aux États et aux banques centrales des autres zones monétaires.

    TITRE 2 : les activités financières
    Article 5 – Chacun a le droit d’exercer une activité financière à titre privé dans le respect du cadre légal.
    Article 6 – Des banques commerciales, agréées par la banque centrale, peuvent se positionner comme interfaces entre la banque centrale et les personnes, physique ou morale, afin de leur proposer des services facilitant le dépôt et le retrait d’argent, l’accès aux modes de paiement, aux prêts à la consommation et à l’investissement, et tout autre service financier agréé par la banque centrale.
    Article 7 – Chaque acteur financier a le devoir de responsabilité. Il doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir toutes atteintes qu’il est susceptible de porter à une personne, physique ou morale, et réparer les dommages qu’il cause.
    Article 8 – Chaque acteur financier a le devoir de transparence.
    Article 9 – Les paris sur les prix sont interdits.
    Article 10 – L’argent ne peut être ni placé ni prété avec un taux d’intérêt. La rémunération des activités financières est autorisée par la vente de services, de conseils et la participation aux bénéfices.
    Article 11 – Une personne, physique ou morale, ne peut exercer d’activité financière dans un secteur économique, s’il exerce une activité économique dans ce même secteur.

    TITRE 3 : la fiscalité
    Article 12 – Chaque acteur économique ou financier a le devoir de contribuer aux sociétés dans lesquelles il exerce son activité. Chaque État a le droit de taxer tout revenu et toute activité économique et financière exercée sur son territoire, même si ce revenu ou cette activité l’a déjà été par d’autres États.
    Article 13 – Seuls les biens et valeurs donnés à des fondations agréées par la banque centrale de la zone monétaire du donateur ne sont plus imposables.
    Article 14 – Une taxe internationale sur les flux financiers est instaurée. Elle est perçue par les banques centrales des zones monétaires concernées et utilisée pour le développement des pays et des régions économiquement les moins avancées de ces zones.

    (remarques :
    – pour l’article 9 : voir Paul JORION,
    – pour l’article 10 : les prêts à taux zéro existent déjà, cf. banque islamique et religion catholique (même si cela a plutôt évolué ces dernier temps…) mais aussi actuellement, en France, certains prêt de l’Etat (par OSEO ou Ubifrance) ou même de la ville de Paris (acquisition d’un logement). Ce qui est attendu par le prêteur est quelque chose d’autre que le rendement financier.
    – pour les articles 13 et 14, lire « La grande évasion – le vrai scandale des paradis fiscaux », de Xavier HAREL, avec une préface de Eva JOLY.

  24. Je trouve que le boulot d’information est formidablement fait sur le blog par Paul JORION et tous les autres contributeurs.
    Pour ce qui concerne la partie élaboration de solutions, les idées et discussions sont aussi très intéressantes, mais l’ensemble est décousu, du simple fait du format du blog. Il est ainsi difficile de lier les différentes propositions et j’ai un peu l’impression d’une succession de tentatives sans suivi ni processus de construction. Ce qui est dommage et peu efficace.
    Or, il y a le site ECCE, Espace Collaboratif vers une Constitution pour l’Economie (proposé par Paul JORION, cf. les liens coté droit) qui pourrait servir à ça.
    Je propose donc que ce genre de discussions soient aussi mises sur le site d’ECCE.
    Aussitôt dit aussitôt fait, je viens de m’y inscrire.

  25. Je reviens ici ce matin. Ce blog, décidément, ne me quitte pas, c’est une drogue, merci Paul… alors que j’ai des choses plus terre à terre à faire…

    Vous le savez, j’aime les livres, j’en ai beaucoup, et il y en a qui m’appellent. Ce matin, c’est au tour de  » in praise of Slow – How a worlwide movement is challenging the cult of speed » (2004), le bestseller international de Carl Honoré . Je l’ouvre, et je lis à la page 42:

    « These days, many people are seeking refuge from speed in the safe harbour of spirituality. While mainstream Christian churches face dwindling congregations, their evangelical rivals are thriving. Buddhism is booming across the West, as the bookstores, chat rooms and healing centres dedicated to the eclectic, metaphysical doctrines of New Ageism. All of this makes sense at time when people crave slowness. The spirit, by its very nature is Slow. No matter how hard you try, you cannot accelarate enlightenment (dans mon dictionnaire: instruction, édification. Faire attention à ce mot…). Every religion teaches the need to slow down in order to connect with the self, with others and with a higher force. In Psalm 46, the Bible says: « Be still then, and know that I am God.

    In the early twentieth century, Christian and Jewish clerics lent moral weight to the campaign for a shorter workweek, arguing that workers needed more time off in order to nourish their souls. »

    Il devient absurde de nier l’évidence, il suffit de lire les bons livres. Résister au système n’est pas compliqué, il suffira de ralentir, de donner de son temps, de donner, d’allumer une bougie, cela s’appelle une révolution silencieuse.

    A suivre…

  26. Réflexion sur la démocratie, l’intérêt général et la capacité de décision dans l’entreprise.

    En démocratie, c’est le peuple qui est souverain et donc garant et responsable de l’intérêt général, une personne, une voix. Dans l’entreprise, ça ne se passe pas comme ça, c’est l’actionnaire majoritaire qui décide, sauf dans le tiers secteur (associations, scop…). Pour aller vers plus de démocratie dans l’entreprise, dès lors qu’on conserve le principe du capital, il faut donc que les employés soient aussi les détenteurs de la majorité du capital, en charge pour eux d’élaborer un outil de décision et de responsabilité efficace. De même que les parieurs qui n’ont rien à faire sur le marché du blé par exemple n’y aient pas accès, de même des actionnaires qui se moquent de la marche réelle de l’entreprise ne devraient pas avoir accès à son capital, ou alors seulement à la marge, insuffisamment pour décider.
    Comment les employés peuvent-ils devenir les actionnaires majoritaires du capital de leur entreprise sans pour autant que la capacité de décision soit réduite? Il faut que la notion de groupe ou d’association d’actionnaire fasse quelques progrès afin qu’il soit possible avec un salaire d’acquérir des parts et ainsi accéder aux processus de décision. Qu’il soit possible à plusieurs actionnaires ainsi regroupés de prendre ou participer au pouvoir de l’entreprise. On peut imaginer des structures d’actionnaires comportant plusieurs étages en fonction de la taille de l’entreprise, de la même façon qu’un arbre comporte d’autant plus de niveaux de branches qu’il est développé (comparaison, transposition fractale).

  27. @ Michel MARTIN

    bonjour,

    globalement je suis d’accord avec l’idée de « revaloriser le travail », c’est à dire le rôle des entrepreneurs et des salariés, qui font naître et développent l’entreprise, vis-à-vis des actionnaires (qui n’apportent que de l’argent, c’est à dire du combustible). Je ne pense cependant pas que les salariés puissent acquérir suffisamment de parts grâce à leur seul salaire. Mais on pourrait imaginer que, en plus de cette possibilité, une part des bénéfices générés soient systématiquement utilisés pour acquérir des parts destinées aux salariés, sans que ces parts soient nominatives. Ces parts resteraient donc attachées au « collège des salariés », donneraient comme les autres parts, des droits de votes (les salariés élisent leurs représentants, syndicaux ou non) et une part des bénéfices (qui seraient répartis entre les salariés de l’année écoulée). Ces parts ne seraient ni transmissibles, ni vendables (: pas de spéculation) et donneraient donc une stabilité à l’entreprise.
    C’est surement techniquement possible et résoudrait éventuellement certains problèmes. Il n’en reste pas moins que cela suppose qu’il y ait tout d’abord un renversement des valeurs entre le travail et le capital, afin de mettre la finance au service de l’économie, et elle même au service des peuples (cf. mon post du 26/10). Et c’est d’abord ça qu’il faut viser, car tout en découle.

    1. A El JEm,
      en fait je travaille dans une telle entreprise où le capital est aux mains des employés sans pour autant que ce soit une Scop. Il est tout à fait possible que les salaires soient suffisants pour acheter les parts. Une superstructure, composée de plusieurs « gros » actionnaires qui ensemble possèdent la majorité, fixe les objectifs et nomme l’exécutif. Quand la taille de l’entreprise augmente, il arrive un moment où la part permettant d’accéder à cette superstructure ne peut plus être acquise avec le salaire. Il est alors possible que chaque « gros » actionnaire soit en fait le représentant d’un groupe de moyens actionnaires qui à eux tous peuvent acquérir une « grosse » part. Et ainsi de suite.

    2. @ Michel MARTIN

      désolé de ne voir votre réponse que maintenant.
      Je trouve votre exemple très intéressant, pourriez-vous me dire dans quel secteur vous travaillez et quelle est la taille de cette entreprise ?

  28. Citation extraite du livre : « The Sun Never Sets on IBM », Nancy Foy, WILLIAM MORROW & COMPANY, INC., N.Y. 1975, Chapter 10: IBM’s Future
    En gras : Tom Watson, fondateur d’f IBM, lui même cité dans ce livre.
    « Bien avant que l’on ne parle de « Responsabilité sociale des entreprises », Tom Watson, fondateur d’IBM, avait étendu la vision alors considérée comme normale de la stricte profitabilité d’une firme, parlait de la responsabilité d’une firme vis-à-vis de ses employés, de ses clients et des ses actionnaires. Ensuite, lors de conférences organisées par McKinsey in 1962, Tom Watson Junior a rajouté un quatrième élément – Les responsabilités de la compagnie vis-à-vis du public ou de l’intérêt national.

    « La grande taille [d’une Enterprise] est en elle même un phénomène relativement nouveau dans notre société. Même si rien d’autre n’a changé, , l’énorme concentration de pouvoir dans notre société demanderait que les businessmen reconsidèrent plus largement leurs responsabilités pour the bien public. Je crois que nous allons devoir nous poser un peu plus sérieusement la question de savoir si ce que nous planifions de faire dans nos décisions de business est aussi bon pour les employées que pour les actionnaires est aussi bon pour le pays que ça ne l’est pour ces deux groupes.

    Le Business n’est pas seulement soumis aux lois existantes mais à la tolérance du public. Légalement ou non, si le business fait des choses que le public voit comme mauvaises et abusives, ce public a le pouvoir de demander des lois nouvelles auxquelles le business devra se soumettrey. » Prenant l’exemple des lois anti-trust laws, il a poursuivi en donnant des raisons concrètes à l’implication du public. essentiellement, dit il plus de business échouent parce qu’il sont en retard sur leur temps que ceux qui ont été en avance. Mais le business demeurait sa préoccupation première: « Si un businessman échoue ans son business, alors, toutes ses autres préoccupations ne voudront plus rien dire, car il aura perdu tous les moyens de faire quoi que ce soit à propos des autres préoccupations  » »

    J’ai commencé à travailler comme stagiaire en 1971 dans le cadre d’IBM à une période où cette attitude essayant de prendre en considération les multiples intérêts des clients, des actionnaires, des employés et du public en général, même si a des niveau très différents, Cette attitude bien que non généralisée, était souvent mise en œuvre sous la forme d’un paternalisme vis-à-vis des employés et de quelques actions en faveur de causes publiques telles que l’éducation ou la participation à des organismes de politique locale ; sans conflit d’intérêt de part et d’autre.

    Il me semble que comme dans bien d’autres grandes entreprises, ces principes ont volé en éclat dès que les « financiers » ont pris le pouvoir réel, éliminant le paternalisme vis-à-vis des employés par des politiques de salaires très différenciés au lieu de motivations liées à une sorte de contrat social passé entre l’entreprise et ses employés grâce à des avantages sociaux divers… Avec l’arrivée de considérations purement financières, la lutte entre les cadres pour atteindre le niveau hiérarchique donnant accès aux stocks options et les montants de ces dernières ont détruit toute tentative fût-elle minime d’une équité interne fondée sur la méritocratie. Les financiers ont aussi tout fait pour limiter les dépenses liées aux comités d’entreprise en France ou en Europe et aux « clubs sportifs et d’agrément aux USA (IBM club auparavant richement dotés) Ces même financiers ont aussi limité les possibilités de participation sociale telles que celle de pouvoir être professeur associé dans les écoles et universités voisines, en prenant des heures sur le temps de travail, tant pour la préparation des cours que pour l’enseignement de ces cours.

    A propos de contrat social passé entre l’entreprise et ses employés remplacé par une relation purement financière liée à la rémunération et à des bonus pécuniaires, un livre récent de Dan Ariely, malheureusement pas traduit en français, en a montré à la fois l’inéquité et l’inefficacité en termes de motivation des employés ainsi que vis-à-vis de la loyauté envers l’entreprise : travailler pour un salaire correct, dans une bonne ambiance avec des collègues que l’on respecte est une motivation plus forte que l’attente de récompenses financières…

    (Le livre de Dan Ariely, intitulé « Predictably Irrationnal » montre l’absurdité de l’hypothèse de la rationalité purement économique en général et en particulier dans la relation employeur – employé)

    Il me semble que la domination des économies mondiales par des considérations purement financières en croyant que tout peut être évalué en termes monétaires conduit tout autant ces économies à l’inéquité et à une perte de la motivation sociales au niveau de la société dans son entier que les entreprises dans leurs particularités. Si le travail dans les entreprises n’a plus que le seul sens de gagner un revenu et si dans les sociétés dans leur ensemble le seul but devient de « Gagner plus » comment espérer créer du lien social ?

    Paul T.

  29. Mes excuses, la traduction du texte anglais est de moi, donc les fautes ne sont que les miennes… J’ai oublié ici et là quelques mots en anglais… Déolé.

    Paul

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