L’actualité de la crise : DU SUR PLACE, par François Leclerc

Billet invité.

Même le dos au mur, les dirigeants européens ne sont pas parvenus à se mettre d’accord. En dépit du soutien affirmé de la BCE et du FMI à une augmentation des moyens mis à disposition du fonds de stabilité (EFSF), la décision en a été remise à plus tard, façon d’escamoter que le désaccord à ce sujet était total.

« Si cela devient nécessaire, nous examinerons la question » a déclaré Herman Van Rompuy, président de l’Union européenne. “On va continuer le travail. Ce qu’on a fait hier, c’est ne pas prendre encore de décision. Mais il y aura encore des débats sur la manière de concevoir le mécanisme permanent de gestion de crise et peut-être de continuer à débattre sur sa taille, que ce soit pour le mécanisme définitif ou pour le mécanisme transitoire » a ajouté Didier Reynders, le ministre belge des finances, la Belgique assurant la présidence de l’Union européenne.

L’argument avancé pour justifier de ne pas accroître le montant des garanties mises à disposition de l’EFSF ne manque pas de sel : un tel acte signalerait que les Etats européens s’attendent à devoir soutenir de nouveaux pays (entendez le Portugal et l’Espagne), ce qui serait un très mauvais signal donné aux marchés, les incitant à précipiter ces pays dans la zone des tempêtes. Comme s’il n’étaient pas déjà en train d’y pénétrer, pour ceux qui n’y sont pas encore.

Quant à la proposition de création d’une Agence de la dette et d’émission d’euro-obligations de Jean-Claude Juncker et Giulio Tremonti, elle a été tout bonnement considérée par certains comme n’étant pas à l’ordre du jour, c’est à dire ne méritant même pas d’être discutée. Sans appel, Jürgen Stark, économiste en chef de la BCE, déclarant pour s’y opposer au Süddeutsche Zeitung : « Chaque Etat doit être responsable de sa propre dette », alors que Jean-Claude Trichet, son Président, ne s’était volontairement pas prononcé.

Angela Merkel, a estimé pour sa part que de telles obligations « ne permettent pas de concurrence entre les taux d’intérêt » attachés à la dette des pays, alors que « la concurrence des taux d’intérêt est une incitation à respecter les critères de stabilité ». Les Autrichiens étaient également contre, tandis que les Grecs étaient pour et les Espagnols favorables à son étude.

Cette division et paralysie augure mal du futur sommet des chefs d’Etat européens, les 16 et 17 décembre et, en attendant, place la BCE dans la désagréable position de devoir choisir entre poursuivre ses achats des obligations irlandaises et portugaises, ou bien les arrêter et risquer un nouvel emballement de la crise européenne constaté la semaine passée. Malgré leur relatif isolement, les Allemands n’ont pas hésité à utiliser à nouveau leur droit de veto pour s’opposer à toute forme d’élargissement des mesures destinées à la combattre. Au nom de la rigueur budgétaire dont chacun est responsable, à laquelle il ne faut donner aucun prétexte lui permettant de faiblir.

La journée de dimanche avait pourtant été marquée par une discrète réunion – dont rien n’a transpiré – où ont participé Herman Van Rompuy, Jean-Claude Trichet, José Manuel Barroso, Olli Rehn, Didier Reynders et Jean-Claude Juncker. Leurs décisions présumées n’ont toutefois pu enlever la décision, les deux jours suivants, les ministres des finances de l’Eurogroup et de l’Ecofin qui se réunirent successivement. Ce qui a fait dire à Dominique Strauss Kahn – de passage hier à Athènes où il a confirmé être pour que des délais de payement soient accordés à la Grèce – « l’Europe a besoin de quelque chose de plus dynamique, une solution globale » qu’il n’a pas définie.

La liste des pays entrant dans la zone des tempêtes s’allonge : Grèce, Irlande, Portugal, Espagne et maintenant Italie. Dans tous ces pays des mesures de rigueur nouvelles sont adoptées afin de tenter de conjurer le mauvais sort. Des inquiétudes du même ordre sont désormais exprimées en Belgique, où l’impasse politique demeure. Dans un accès de franchise qui tranche avec le discours ambiant, Werner Faymann, le chancelier autrichien, déclarait que l’Espagne devrait probablement bénéficier prochainement du parapluie financier de l’EFSF.

Une nouvelle farce va par ailleurs être jouée, avec la tenue d’un nouveau round de stress tests des banques européennes, en février prochain, dont on promet qu’ils seront encore plus rigoureux que les précédents. Ne pouvant faire oublier que des trois principales banques irlandaises ayant précipité le gouvernement de Dublin dans le mur, deux avaient été testées au coup précédent et déclarées bonnes pour le service, la troisième ne l’ayant même pas été. Ne craignant pas le ridicule, Olli Rehn, le commissaire aux affaires économiques, a déclaré : « Nous avons continué à bâtir notre réponse systémique à la crise systémique. Et l’un des éléments est la préparation d’une nouvelle série de tests de résistance des banques, encore plus rigoureux et encore plus complets. »

On avait déjà remarqué que les Etats craignent comme la peste de bénéficier du sauvetage européen, et cherchent à l’éviter à tout prix, car ils savent ce qu’il signifie ; on a désormais confirmation que les dirigeants européens utilisent la tenue de stress tests pour montrer que tout va bien dans le secteur bancaire lorsqu’il est particulièrement évident que ce n’est pas le cas. Tout fonctionne de travers, et ce n’est pas prêt de s’améliorer.

Jean-Claude Juncker vient d’en donner encore une magistrale illustration. « Nous n’avons pas de crise de l’euro. Nous avons une crise liée aux dettes de certains pays de la zone euro”, a-t-il affirmé, assurant que “L’euro fait partie des monnaies les plus stables et les plus fortes au monde ».

Ce que veulent les Allemands à ce propos est une question de plus en plus posée. Leur attachement à la zone euro dans sa configuration actuelle serait plus crédible s’il était accompagné d’une solution globale à la crise européenne. Mais ils connaissent la fragilité de leur système bancaire et de leur croissance, amenée à vite diminuer, et s’arc-boutent sur leur prospérité précaire. Ont-ils les moyens de spéculer sur la réorientation de leurs exportations vers les pays émergents, pour compenser leur baisse au sein du marché européen ? Et sur le repli dans une zone euro plus restreinte ?

Des propos de Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, ont été à ce propos relevés par Eurointelligence, qu’anime Wolfgang Münchau. Il s’est interrogé à voix haute sur la possibilité qu’aurait le Bundestag de voter des mesures fiscales correspondant à des abandons de souveraineté. A condition, précisait-il, que d’autres pays fassent de même. A la vitesse à laquelle cette réflexion avance, et en admettant qu’elle puisse aboutir, la dynamique de la crise a le temps de tout ravager.

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85 réflexions sur « L’actualité de la crise : DU SUR PLACE, par François Leclerc »

  1. Le Monde : Entretien avec Helmut Schmidt, ancien chancelier allemand (1974-1982)
    Helmut Schmidt : “L’Europe manque de dirigeants”

    Le ministre allemand des finances,Wolfgang Schäuble, est un homme auquel je souhaite de réussir et pour lequel j’éprouve un profond respect. Il a une bonne compréhension des problèmes budgétaires et fiscaux. Mais en ce qui concerne les marchés monétaires internationaux, les marchés des capitaux, le système bancaire, la surveillance des banques ou les banques fantômes, tout cela est nouveau pour lui. Il en va de même pour Angela Merkel. Loin de moi l’idée de critiquer M. Schäuble ou Mme Merkel, mais nous avons besoin d’avoir aux postes de responsabilités des gens qui comprennent le monde économique d’aujourd’hui.

    1. L’un des points les plus faibles de l’économie mondiale est qu’il n’existe aucun contrôle sur le comportement des gestionnaires financiers. Vous pouvez diviser l’humanité en trois catégories. Dans la première, on trouve les gens normaux comme vous et moi. Il a pu nous arriver, dans notre jeunesse, de chaparder une pomme sur l’arbre du voisin ou de voler une tablette de chocolat dans un supermarché. Mais à part cela, nous sommes des êtres humains fiables et normaux. En deuxième lieu, vous avez une petite catégorie de gens ayant un caractère criminel. La troisième catégorie, enfin, est formée des banquiers d’investissement. On y trouve toutes les sociétés de Bourse et leurs opérateurs. Ils opèrent sous des noms différents, mais ils se ressemblent tous.

      ! donc en résumé : les gens qui respectent les lois, les criminels, et les banquiers, ça fait une catégorie de trop non ?

    2. “Nous avons besoin d’avoir aux postes de responsabilité des gens qui comprennent le monde économique d’aujourd’hui …”
      Que oui, Paul, que oui, et c’est bien pour ça qu’il faut des citoyens éclairés pour faire pression sur les responsables … ce a quoi contribue votre blog. Encore merci 🙂

    3. ” … Nous avons besoin d’avoir aux postes de responsabilités des gens qui comprennent le monde économique d’aujourd’hui.”

      Oui, du même profil que DSK qui prêche à tout va une gouvernance mondiale réduisant les démocraties et leurs droits de vote rendus à des symboles fantoches ?

      Je sais Mr JORION que vous pensez que les économies sont trop imbriquées les unes aux autres pour revenir à un brin d’économies nationales, mais de grâce n’abdiquons pas face à ce modèle mondialiste qui est la source de tous nos maux aujourd’hui ! .. qui peut insinuer le contraire aujourd’hui ?

    4. Personnellement,j´avoue que les sociaux démocrates me foutent une trouille de tous les diables (pardonnez le langage fleuri, ça arrive avec l´émotion).

      En très résumé , nous leur devons l´explosion de la doxa libérale en Europe.

      Allons-nous bientôt leur devoir l´avènement du nouvel ordre mondial ?

      Qui, dans les contours qui semblent se dessiner, s´apparente à l´avènement du totalitarisme planétaire.

      Vraiment j´ai la trouille…pas à cause de la crise, mais à cause des conséquence qu´elle peut avoir sur les orientations politiques.

      Pas vous ?

    5. Merci Paul de signaler cet interview tout à fait remarquable.
      http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/12/07/helmut-schmidt-l-europe-manque-de-dirigeants_1449851_3214.html
      Il met les derniers clous sur le cercueil européen.
      qu’il le dise ainsi, la construction européenne a suivi le rythme de l’accumulation du capital, et celui-ci l’emporte dans sa crise.
      Très triste pour bp de gens comme moi qui dès leur plus tendre jeunesse, étaient et restent fédéralistes européen.

      Il faudra se débarasser du capital pour que renaisse l’Europe de la paix et la coopération entre les peuples.
      Cela dépasse largement l’Europe…
      Par ailleurs, il tance certes les dirigeants allemands, mais tout autant les autres :

      Mais je dirais que, d’une manière générale, l’Europe manque de dirigeants. Il lui manque des personnalités, à la tête des Etats nationaux ou dans les institutions européennes, qui aient une maîtrise suffisante des questions nationales et internationales et qui fassent preuve d’une capacité de jugement adéquate.

      Sans parler des commissaires dont il feint jusqu’à ignorer les noms…

      Or il n’explique pas l’origine de cette défiance.
      De « jeunes cons », vue la différence de génération ? Un « malheureux hasard » ?
      Non : ils ne sont pas plus bêtes, ou moins courageux.
      Ce ne sont pas les politiciens qui ont changé.
      Ce sont les défis, c’est l’évolution vers un capitalisme plus compétitif, plus « pur »,
      rendu nécessaire par son extension géographique et sa concentration.
      Il n’y a pas d’issue heureuse pour l’humanité dans la maladie sénile du capitalisme, hors euthanasie.
      Les dirigeants n’y peuvent rien.

    6. @ ananahi

      C’est bien trois catégories dont il parle, car la première phrase indique bine qu’il n’y a pas de règles pour la finance.
      Donc
      – vous et moi,
      – les criminels passible de la loi et
      – les criminels qui n’ont de compte à rendre à personne.
      Certains croient encore que la démocratie représentative dirige les nations dans de telles conditions…
      Et en font leur métier.
      Reste donc une quatrième catégorie:
      – ceux qui font métier de jouer cette comédie.

    7. @ananahi : La 3e catégorie n’est-elle pas celle des aspirants criminels qui ne veulent pas encourir les risques associés, et qui en conséquence, grâce à leur pouvoir financier, font modifier les lois pour que leurs crimes deviennent parfaitement légaux ?

      @Vincent : J’ai personnellement moins peur de l’avènement du totalitarisme planétaire, que du chaos qui suivrait à l’échelle mondiale si d’aventure le mâle géopolitique dominant (à savoir les USA) venait à disparaître brutalement. Vous avez certainement remarqué qu’il y avait déjà quelques “chtites tensions” (guerre monétaire, Cablegate…)

    8. Helmut s’exprimait non dans la lange de Molière, ni dans celle de Goethe, mais dans celle de Shakespeare :

      That includes all the dealers and the deal makers

      Dealer = sociétés de Bourse
      Vive la VO !!!!!

    9. @Aequis

      Il est des valeurs matérielles auxquelles on peut renoncer sans mourir, il est des valeurs morales – au sens camusien – auxquelles on ne peut renoncer sans mourir.

    10. @ ananahi,
      dans quelle catégorie ranger le trader qui vole une tablette de chocolat avant d’aller spéculer sur la fève de cacao ? De quoi tomber dans les pommes et renouer avec la gravité de la situation.

  2. « On va continuer le travail. Ce qu’on a fait hier, c’est ne pas prendre encore de décision. Mais il y aura encore des débats sur la manière de concevoir le mécanisme permanent de gestion de crise et peut-être de continuer à débattre sur sa taille, que ce soit pour le mécanisme définitif ou pour le mécanisme transitoire »

    La résolution de la crise n’est donc pas à l’ordre du jours…
    A qui profite le crime ? comme dirait l’autre…

    1. “On va continuer le travail. Ce qu’on a fait hier, c’est ne pas prendre encore de décision”
      Je veux le même boulot ! Au même salaire !
      (j’hésite entre rire et pleurer… on touche le fond…)

    2. Tout à fait d’accord. Dans le même ton, on trouve d’autres perles :
      “il est urgent d’attendre”
      “jusqu’ici ça va” (entendu à chaque étage de la bouche du gars qui tombait d’un immeuble)
      “L’essentiel, quand on est pressé, c’est d’arrivé” (oui mais où ? Dans le mur ?)
      “Hâtez-vous de prendre votre temps” (remake du lièvre et la tortue)
      etc.

      Bref, c’est insupportable que nos dirigeants manient une telle langue de bois. dehors.

    3. @ThomBilabong

      J´en ai une qui n´a pas la même signification suivant qu´elle soit prononcée par un dirigeant ou par le peuple :

      Ah ! ça ira ! ça ira ! ça ira !

  3. “La liste des pays entrant dans la zone des tempêtes s’allonge : Grèce, Irlande, Portugal, Espagne et maintenant Italie.”

    Selon Xavier Rolet, chef exécutif de la London Stock Exchange, la prochaine victime des marchés, après le Portugal et l’Espagne, sera la France, à cause de son déficit, “beaucoup plus élevé qu’on ne le croit” et qu’elle aura du mal à cacher longtemps.

    http://www.lacartadelabolsa.com/index.php/leer/articulo/francia_sera_la_proxima_victima

    1. Le monde anglo-saxon et les financiers en général vouent à la France un mépris voire une haine tenace en raison de sa situation encore assez particulière vis à vis de l’ordre économique mondial, même si depuis 2002 surtout, le rattrapage se fait à marche forcée. Il y a sans doute chez beaucoup d’entre-eux, le souhait d’en finir définitivement avec ce qu’il reste de l’exception française. Outre que ce serait encore une fois les rapprocher du précipice final, notre pays étant quoiqu’il en soit un des plus solides grâce aux vestiges de sa matrice étatique protectrice (les effets de la crise y ont été sérieusement atténués) et donc un des meilleurs payeurs, ils n’ont sans doute pas conscience, dans leur arrogance caractéristique, qu’exiger de la France une austérité aussi profonde que celle qu’on a demandé aux irlandais, risque précisément de réveiller la défiance traditionnelle des français pour le mercantilisme en général, la finance en particulier. Certains parmi les plus lucides ont pourtant relevé qu’une simple réformette des retraites avait suscité un mécontentement non négligeable et durable. J’aurais donc tendance à dire : la France la prochaine sur la liste ? Chiche !

    2. Et pourtant, la France est bien dans le collimateur des “marchés”. Jusque la on était sous la couverture radar, mais c’est en train de changer. Ca me semble inéluctable en définitive. Et puis, la France est peut-être un pays riche, mais l’état est en mauvaise posture, pour avoir fait trop de réformes a visées électorales pendant des décennies.
      Mais en effet, il semble que le peuple (relativement bien cultivé) ne soit pas dupe.
      Alors oui “chiche” !

    1. Tiens, à propos de collectif, pour ceusses qui voudraient défiscaliser leur rachat de bonne conscience et faire une bonne action un peu moins plan-plan que le politiquement correct et non-gouvernemental habituel, j’ai un bon plan. Si si, c’est sérieux ! 🙂

      Cours de Morale Républicaine du jour : “Le vote est libre, secret, consciencieux et désintéressé”
      (Cours de morale civique, école primaire, années 30)

    2. Ben si on doit prendre le maquis un jour; ça nous fera un point de regroupement pour la contre offensive.

    3. @vigneron : excellent votre bon plan ! C’est autrement plus intéressant que le “crédit coopératif” et autres trucs éthiques. Des trucs étiques qui, de toute façon, cesseraient de l’être s’ils avaient du succès, car le fric n’attire pas les saints mais les truands. Je me suis déjà exprimé à ce sujet. Pour ceux qui aiment les jeux de piste, c’est ici.

  4. Je ne sais pourquoi Monsieur Van Rompuy me fait irrésitiblement penser au Maréchal Mac-Mahon (en visite à Toulouse au moment des inondations).

    D’un autre côté; Madame Ashton me fait penser à Madame Bétancourt (l’Oréal).

    Forza Europa !

  5. Que reste-t-il de nos .. états, que reste-t-il de notre Europe ?
    Des états incapables de se défendre contre leurs nouveaux maîtres, les marchés, une Europe incapable de se comprendre elle-même et le tout incapable de nous défendre.
    La liste s’allonge donc de mesures et de décisions absurdes (ou de non décisions comme l’avoue bien candidement Herman Van Rompuy : “Ce qu’on a fait hier, c’est de ne pas prendre de décision” – une bien étrange tactique en situation de crise !!! La pratique managériale a décidément bien changé : travailler c’est maintenant de ne pas prendre de décision ?)
    Une ambiance de fin de règne ?
    De beaux messieurs en frac qui discutent doctement de bienséance, alors que le domaine brûle ? Tout va bien, madame la Marquise ?
    Oui, mais pour quel nouveau monde ? Celui des marchés ou celui de la révolte ? C’est là ou je m’inquiète, voyez vous ?

  6. Bonjour.
    Je ne résiste pas à faire du copié/collé d’un courrier de Largo Winch à ses collaborateurs
    Même le neuvième art s’en mêle…merci Jean Van Hamme

    A tous les collaborateur du groupe W
    Depuis le second semestre 2008, la crise financière a handicapé durement toute l’économie mondiale. Rappelons brièvement l’historique de cette débâcle dont I origine se situe aux États-Unis.
    Entre 2000 et 2003, le prix de l’immobilier résidentiel américain a presque doublé. Tandis que, parallèlement, le taux directeur de la Réserve Fédérale passait de 6,25% à 1% afin de relancer une économie nationale en récession. Résultat : toujours avides de consommation, les citoyens US ont multiplié les emprunts à faible taux, pour la plupart sur gage de leur maison. Et les courtiers en crédit, en concurrence féroce, se sont montrés de moins en moins regardants sur la solidité financière des emprunteurs. Créant ainsi ce qu’on a appelé les subprimes (littéralement « sous-primes », des prêts immobiliers à risque en dessous des normes habituelles de solvabilité).
    Mais de 2004 à 2006, au vu de l’économie intérieure ravivée par ce nouvel appétit de consommation, le taux directeur de la Réserve Fédérale remonte par paliers jusqu’à 5,25%. Provoquant ainsi l’augmentation des taux d’intérêt des prêts accordés trop à la légère. C’est typiquement l’histoire du serpent qui se mord la queue. Incapables de rembourser, de nombreux emprunteurs surendettés à taux variable doivent se résoudre à vendre ou à laisser saisir leur maison. Et la bulle immobilière américaine se dégonfle catastrophiquement.
    Tout ceci aurait pu ne rester qu’un problème limité aux États-Unis si les courtiers en crédit n’avaient eu l’idée ingénieuse de mobiliser les prêts accordés sous forme d’obligations. Ce qu’on a appelé la titrisation des crédits. Sans contrôle de la SEC (Security Exchange Commission, le « gendarme » de la bourse US) puisqu’il s’agissait d’obligations privées. Ces obligations, garanties en principe par les établissements prêteurs, ont été achetées en masse tant par les banques d’affaires que par les investisseurs du monde entier. Il faut se souvenir qu’en 2006, il y avait énormément de liquidités disponibles sur le marché financier. La croissance exponentielle de la Chine et de l’Inde, la folie du pétrole en hausse constante, avaient créé une énorme masse financière avide d’investissements supposés rentables.
    C’est le 7 février 2007 qu’un communiqué de HSBC, le géant financier sino-britannique très présent sur le marché américain, tire la sonnette d’alarme en émettant des doutes sérieux sur la fiabilité de la titrisation des subprimes. C’est le début du doute, de la perte de confiance. Mais sans affolement immédiat.
    La plupart des grandes banques du monde avaient créé des fonds d’investissement sur base des obligations « titrisées » qu’elles axaient achetées en grandes quantités : les hedge funds (littéralement « fonds de sauvegarde», ce qui en l’espèce ne manque pas d’humour noir). Elles commencent à s’inquiéter. Mais il est trop tard. Le Titanic des subprimes prend eau de toutes parts. Pour tenter de garder un bilan positif face à leurs actionnaires, les banquiers décident alors de conserver leurs liquidités (dépôts des clients) pour compenser les pertes constatées sur leurs hedge funds. Donc, elles ne prêtent plus. Ni à d’autres banques, ni aux entreprises, ni aux particuliers. En juillet 2007, la crise se propage à toute la planète financière. Le crédit est gelé, l’argent devient rare, l’industrie commence à ralentir. Mais le problème reste masqué. L’homme de la rue, voire nos gouvernants, ne soupçonnent encore rien de l’ampleur de la catastrophe qui s’annonce.
    C’est en 2008 que la bombe éclate. Par fragmentations. D’abord quelques petites banques américaines qui déposent leur bilan. Bon, d’accord, c’est la loi ultra-libérale du Far West. Puis d’autres. Ailleurs. Moins petites. En Chine, d’abord. Puis au Japon, en Europe, en Inde, partout, déclenchant une véritable panique boursière. Les acteurs économiques bradent tous leurs actifs pour éviter une faillite, accélérant de ce fait la crise de confiance. En été 2008, le total des dettes des particuliers américains incapables de rembourser leurs emprunts s’élève à 233 milliards de dollars (les deux tiers du produit intérieur brut d’un pays comme la Belgique). Montant qui a plus que doublé depuis. Et le 15 septembre, on annonce à grand fracas la faillite de Lehman Brothers, l’une des plus célèbres et plus anciennes institutions financières de Wall Street. Baoum ! ! On connaît la suite.
    Fin 2008, le total (annoncé) des pertes des banques dans le monde s’élève à mille milliards de dollars. Un chiffre dont on s’apercevra rapidement qu’il était très sous-évalué. Tandis que l’argent « évaporé » en bourse tant par les particuliers que par les investisseurs institutionnels aurait été, à la même date, de vingt-six mille milliards de dollars (26.000.000.000.000 $). Les rentiers, petits et gros, perdent jusqu’à 60% de leurs avoirs. Et les particuliers, incapables de rembourser leurs dettes, se bousculent dans les centres de médiation.
    De financière, la crise devient économique. Donc forcément sociale, suite aux licenciements massifs partout dans le monde (on prévoit 25 millions de nouveaux chômeurs en 2009). C’est la spirale infernale ; baisse du pouvoir d’achat, donc baisse de la consommation, donc baisse de la production, donc diminution du personnel. La déflation n’est pas loin. Les gouvernements, non sans heurts politiques, mettent la main à la poche pour tenter d’éviter que la récession ne tourne à la dépression. Avec le résultat que l’on sait.

    1. Tous les grands lecteurs savent qu’il y a parfois plus de vérité dans les romans que dans les rapports officiels.

  7. Bonjour,

    Pourquoi ne pas créer un collectif pour attaquer les banques (Goldman et JPM entre autre) en justice, au motif de tromperie (création irresponsable d’argent fictif, plus de métal sur le papier que sur terre, détournement d’argent public… etc… ) ?

    Tout en démontrant l’injustice des HFT, l’inanité des CDS…. et autres absurdités financières mathématiques..

    Les appuis ne devraient pas manquer

    1. Pour la même raison qu’on ne va pas chercher pas les poux sur les têtes mafieuses…

      Helmut Schmidt dans le monde hier:

      L’un des points les plus faibles de l’économie mondiale est qu’il n’existe aucun contrôle sur le comportement des gestionnaires financiers. Vous pouvez diviser l’humanité en trois catégories. Dans la première, on trouve les gens normaux comme vous et moi. Il a pu nous arriver, dans notre jeunesse, de chaparder une pomme sur l’arbre du voisin ou de voler une tablette de chocolat dans un supermarché. Mais à part cela, nous sommes des êtres humains fiables et normaux. En deuxième lieu, vous avez une petite catégorie de gens ayant un caractère criminel. La troisième catégorie, enfin, est formée des banquiers d’investissement. On y trouve toutes les sociétés de Bourse et leurs opérateurs. Ils opèrent sous des noms différents, mais ils se ressemblent tous.

    2. C’est une des bonnes solutions “politiques” que j’appelle de mes voeux depuis des lustres et que je soulignai dans le papier de Paul Jorion de lundi (France Culture).
      A compiler dans l’arsenal des armes politiques. Quoique un peu trop conventionnelle à mon goût.

    3. La voie judiciaire (plainte individuelle ou collective, peu importe) est malheureusement bouchée dans l’état actuel des choses.
      Tout simplement parce que l'”injustice” au sens où nous l’entendons ne constitue pas un crime punissable au pénal.
      Il faut d’abord une reprise en main du politique sur le financier, qui fasse passer de nouvelles règles et lois (interdiction des paris sur les fluctuations de prix comme le propose Paul).
      Par contre, il ne faut surtout pas laisser passer l’occasion d’attaquer en justice les établissements coupables de fraudes avérées, car il y en a et tous les jours en plus! (j’attends avec impatience les révélations de Wikileaks sur la fameuse banque américaine, en janvier…)

  8. Pardon de ‘pourrir le fil’ :
    http://www.liberation.fr/economie/01012306686-banque-ethique-nous-sommes-les-derniers-de-la-classe-en-europe
    C’est quand même en lien avec l’actualité.

    Hmmmm …
    Banque éthique :
    1/ dirigeants élus directement par les sociétaires et révocables à tout moment
    2/ facturation des prestations bancaires à part et non dépendantes des intérêts
    3/ absence de rémunération des comptes au-delà de l’inflation
    4/ absence de rémunération des prêts au-delà des taux de refinancements
    5/ absence de ponzi ou limitation forte (% important des fonds propres)
    6/ non introduction en bourse
    7/ ne finance aucune activité spéculative
    Yvan ?

    1. Je te vois, Zébu.
      Hhmm.. en effet. Mais la NEF n’a pas le statut de banque. Et l’utilisation du mot éthique me gène toujours par les nombreux contre-exemples.
      Ils semblent d’ailleurs financer une secte, d’après la question posée par un sociétaire.
      A voir.
      Je reste de mon coté plus persuadé par les savings écossaises. Elles ne parlent pas d’éthique, mais de sérieux dans la gestion.

    2. @Yvan

      En France on doit pouvoir faire aussi bien qu’en Écosse. Ya pas de raison. Suffit d’installer le siège social au bon endroit, avec les autochtones ad hoc comme administrateurs…
      Et le bon endroit il serait où ? J’te l’donne Émile !
      😉

      A l’échelle nationale, la différence de tarifs entre les banques peut être très élevée : la banque Pouyanne est ainsi 82% plus chère que le Crédit Agricole Centre France ! L’UFC-Que choisir a constaté que les banques les moins chères pour les 8 tarifs sélectionnés sont souvent issues du centre ou du centre-ouest de la France. Les deux premières banques sont des banques Auvergnates : le Crédit Agricole Centre France et la Caisse d’Epargne d’Auvergne et du Limousin.

      Bon, ok, il s’agit juste de tarifs sur certains services bancaires, mais… 🙂

    3. Auvergne et Bretagne… Mdrrrr..

      Radins de tous pays, ralions-nous à notre bannière représentant un porte-monnaie.

    4. Ceci dit, pour avoir vécu aussi en Normandie, les Cauchois sont aussi performants.
      Et eux se passent de banques. Tout est dans le bahut sous les piles de draps.

    5. La NEF s’est associée avec la banque du Crédit Coopératif (BFCC) qui est devenu son tuteur bancaire . la Nef n’a pas l’agrément de la Banque de France pour du court-terme, donc l’argent déposé sur un compte courant Nef est géré par le Crédit Coopératif. En pratique, vu le contrat Nef/Crédit Coopératif, 75% de cet argent revient à la Nef, et les 25 autres pourcent sont gérés par le Crédit Coopératif (avec les critères de celui-ci 🙂 )
      Historiquement la Banque du Crédit Coopératif est la banque des coopératives, des SCOP, des comités d’entreprise et des mutuelles .. Alors qu’elle n’avait auparavant aucune implantation dans les paradis fiscaux, elle s’est malheureusement rapprochée début 2003 du groupe des Banques Populaires qui y est fortement implanté . Egypte – Emirats Arabes Unis – Hong-Kong – Labuan (Malaisie)- Luxembourg – Malte – Monaco – Myanmar –Singapour .
      Pas sûr que ce genre de politique cadre avec un système de crédit alternatif .

  9. Mardi 7 décembre 2010 :

    Strauss-Kahn appelle l’Union Européenne à allonger la durée de remboursement du prêt grec.

    En visite en Grèce pour la première fois depuis l’éclatement de la crise de la dette souveraine il y a un an, suivi par l’octroi par l’Union européenne et le FMI d’un prêt à la Grèce de 110 milliards d’euros sur trois ans, Dominique Strauss-Kahn a appelé la zone euro à allonger les délais de remboursement accordés au pays.

    Selon une source au ministère grec des Finances, les Grecs devraient ainsi pouvoir rembourser jusqu’en 2024, au lieu de 2015 prévu initialement.

    Le Point

    Conclusion :

    En Europe, des Etats surendettés se surendettent encore plus pour prêter de l’argent à des Etats en faillite … alors qu’ils savent que ces Etats en faillite ne pourront pas les rembourser !

    Conclusion numéro 2 :

    L’Union Européenne, ça consiste à emprunter de l’argent qu’on n’a pas, pour le prêter à des Etats en faillite, qui ne pourront pas nous le rembourser, et qui nous entraîneront dans leur chute !

    Conclusion numéro 3 :

    Le Titanic européen coule, mais nous coulerons tous ensemble ! Nous mourrons tous noyés, certes, mais nous mourrons tous noyés ensemble !

    1. La finance moderne a généralisé la soumission à la dette jusqu’à la fin des temps.
      Dans ce “temps de la fin” où la perspective de l’écroulement de la civilisation technico-marchande à cause d’un surendettement généralisé inconcevable à remplacé dans les consciences les possibles totalitarisme politique et guerre nucléaire, les possibles ressurgissent comme les réponses de dernier recours pour refuser le changement de paradigme.

    2. Le Titanic européen coule, mais nous coulerons tous ensemble ! Nous mourrons tous noyés, certes, mais nous mourrons tous noyés ensemble !

      =) enfin l’UE pleinement réalisée ! ….l’Atlantide ! ….
      Les vieux des zôt’ continents en auront des histoires à raconter à la veillée ! …(car, il n’auront plus de TV, ni d’électricité …) : “il était une fois un continent ….ils avaient tout pour être heureux, mais ils avaient mis des fous à la tête des Pays …et ils leur avaient laissé les clefs …. depuis, au dessus de ce continent disparu, des corbeaux croâssent et tournent en rond : attention de ne pas vous approcher, les enfants…ce sont les fantômes des phynanciers et autres spéculateurs …ils errent sans paix, car n’ayant plus de proies à se mettre dans le bec, ils restent inconsolables …”

      “Maître corbak sur un touffu planté
      tenait dans son bec un coulant baraqué …”
      – “mais qu’est-ce que tu racontes, grand-mère :- rien, c’est dans une vieille langue aujourd’hui disparue ….”

    1. Il est gentil.
      Il oublie juste de dire qu’ils sont endettés de plus de 4 milliards. Notez, à l’heure de la valse des milliards…
      Mais pour 330 000 péquins, ça en fait du poisson à pêcher.

    2. Oui, mais l’Islande est un petit pays. Même si les engagements de ses banques représentaient plusieurs centaines de pourcents de son PIB, ces engagements étaient finalement peu élevés à l’échelle des pays créanciers. De ce fait, les pertes qu’elle a infligé auxdits créanciers (principalement des particuliers anglais et néerlandais) ont été limitées, de sorte que le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont pu se substituer plus ou moins aisément aux banques islandaises (d’autant plus qu’on était en début de crise et que les budgets anglais et hollandais n’avaient pas encore atteint un degré de déséquilibre tel que celui qu’ils ont aujourd’hui).

      Si demain, l’Irlande, la Grèce, le Portugal ou l’Espagne font défaut, le choc sera d’une intensité largement supérieure, et les pays concernés (l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, la Belgique, etc) ne seront pas en mesure de désintéresser les créanciers établis sur leur territoire en se substituant aux débiteurs irlandais, grecs, portugais ou espagnols.

      Cela ne signifie bien sûr pas qu’il n’y aura pas de défaut, ni que ce défaut n’est pas souhaitable. Mais si l’on veut éviter le désordre, il devra être coordonné à l’échelle européenne, ce qui paraît difficile tant que certains pays continueront de prétendre qu’ils ne sont pas concernés par cette crise, qui est le fait des paresseux grecs ou des indélicats irlandais.

    3. Attendez, M’ssieurs Dames.

      Je ne rêve pas : le FMI a bien fait un premier prêt de plus d’un milliard d’Euro, et ensuite un second de 3,2 milliards, non..??
      Sur l’insistance des “zinvestisseurs” anglais et hollandais.

      Je vais finir par avoir des doutes, là.

    4. “des paresseux grecs ou des indélicats irlandais.”

      Jugement bien hâtif. Les Grecs ont eu des riches qui trompaient le fisc de façon encore plus efficace qu’en France. (si si, ça existe.)
      De plus, avoir un boulot officiel et un deuxième boulot au noir est presque toléré.
      Les traiter de fainéants me semble léger.

      Les Irlandais n’ont eu que l’ “indélicatesse” de fonctionner comme aux US. Soit, endettement maximum avec bulle immobilière.
      Mais les US ne sont pas considérés comme “indélicat”, it’s just business…

      L’histoire du “défaut de paiement” me semble être un conte pour enfant. Rien de plus.

    5. Sylvain : mauvais exemple.

      Aparté : tu dois être en odeur de sainteté pour que Julien t’ait permis de me poser la question.

      Mauvais exemple car il rejoint celui du Japon. Attaqué par les US dans les années 90. Toute la zone Asie avait morflé, d’ailleurs.
      MAIS : un pays peut se casser la figure lorsque tous les autres autour vont bien.
      AU CONTRAIRE : il dévalue, baisse les salaires, ouvre grand les vannes aux investisseurs extérieurs : LE PIED.

      Mais quand il n’y a plus moyen de se raccrocher aux branches de pays qui sont en forme car plus personne n’est en forme, LA, c’est la cata.
      Et d’ailleurs, il y a encore peu, certains “économistes” comparaient la situation actuelle à celle du Japon avec la déflation prévisible.

      Comme pour les pubs sur les green-cards, ILS SONT PASSES OU CES “ECONOMISTES” ..????

    6. Tant mieux, Luxy.

      Cela m’a permis de sortir du 40 degrés de pur Malt dont le Cardhu est la boisson exceptionnelle que je ne partage qu’avec des hôtes de même niveau.
      Il existe des vérités avec les personnes que nous aimons qui nous poussent à révéler des “vérités-pabonsadire” par ailleurs.

      Et c’est le principal.

  10. ce n’est pas bien clair, la bce peut-elle réellement prendre des décisions indépendantes? un intervenants référençait cet article il y a peu sur le blog:

    http://www.dedefensa.org/article-le_plus_grand_hold-up_de_l_histoire__05_12_2010.html

    La révélation des pratiques du méga-lobby financier américain (incluant la City), que nous avons qualifié de super-organisme anthropotechnique, ne concerne pas seulement l’Amérique. Tout ce qui touche à Wall Street impacte directement l’ensemble des économies et des Etats européens, notamment à travers la dette souveraine que ces derniers ont contracté auprès des fonds spéculatifs. La politique imposée en Europe par certains gouvernements à la Banque centrale européenne (BCE), lui interdisant pratiquement jusqu’à ces derniers temps de prêter directement et sans intérêt des euros aux Etats en difficulté, paraît à cet égard incroyablement décalée.

    concernant les paradis fiscaux rien n’a donc été fait comme toutes les radios le clament en ce moment, à partir de là à quoi bon continuer d’alimenter une finance qui sert des intérêts supérieurs avant les nôtres?

    comment discutailler Robespierre sa vie son œuvre et De Gaules tout en maintenant ses réflexions dans un cadre, par nature limitatif des ambitions d’une nation que précisément ces gens ont défendu au péril de leur vie, mais aussi de celles et ceux qu’ils avaient de plus chers? cadre que ce blog continu d’entretenir comme l’illusion d’une finance mondiale apatride. pourquoi continuer à espérer réformer un système dont le centre se trouve sur la côte est-américaine et qui permet de payer avec du papier toutes les richesses de la planète?

    et comment blâmer le brésil pour ne pas souhaiter acheter le rafale avec un transfert de technologie complet pour un avion américain à code qu’ils n’auront même pas! et que dire encore de l’ingérence de washington dans la vente du mistral au russe?

    peut-être que les révélations de m.assange achèveront de déstabiliser ceux qui un peu trop bien en place ne comprennent toujours pas qu’abandonner sa souveraineté c’est abandonner sa langue, son industrie d’armement, son pré carré, sa bourse, sa monnaie, ses bases militaires, ses projet de g.p.s, ses industries lourdes, sa sécurité énergétique, ses frontières, ses tom, ses alliés, son interprétation de la laïcité, ses agriculteurs et pêcheurs, sa jeunesse, ses mœurs, sa culture, ses facultés… et bientôt son hymne et ses institutions. une paille.

    bien évidemment pas question de conditionner une alliance sérieuse de la france avec l’empire anglo à l’indépendance du québec enjeux stratégique majeure pour une civilisation française rénovée. les émissaires de la république n’ont jamais vraiment eu l’envergure pour jouer dans la cours des lords. un défaut de fabrication qui nécessiterait un long rappel. rééducation optionnelle mais conseillée.

    cdt

  11. Vous savez ce qui me gène..??

    Les US ont fait la même opération de comm de “stress-test” et ne le feront plus. C’est le genre de cartouche qui a du mal à fonctionner deux fois. Surtout effectivement avec le coup des banques irlandaises.
    Mais par contre, les US sont passés à la deuxième opération de comm avec la chasse “généralisée” au délit d’initié.
    Est-ce envisageable en Europe ou.. tout le monde est top-clean..???

    1. Les USA, s’ils étaient une démocratie digne de ce nom, auraient du depuis longtemps trainer les dirigeants de Goldman Sachs, JP Morgan, la Fed et consorts… devant la justice. Cette opération de délits d’initiés est une vaste blague… une action microscopique.

    2. Yvan, votre “vista” serait-elle prise en défaut ?
      Ne pensez-vous pas que cette chasse au délit d’initié n’est qu’un moyen de récupérer un peu de pognon auprès de ceux que l’on va (essayer) de coincer et qui s’en sortiront en négociant une amende plutôt chiche eût égard aux butins engrangés ?
      Qui peut être dupe ? Même vu d’ici.

  12. ceux qui ont mis le monde dans une merde pas possible
    ce sont eux qui sont censés nous en sortir.

    tout cela est une farce ridicule.

  13. Imaginons que ce blog devienne tellement populaire,avec des millions de visites journalières,qu’il soit capable d’atteindre la conscience collective et au final,à la manière de l’appel de Cantona,de ‘nuire” un tant soit peu à la finance et d’en bloquer les rouage,et de provoquer une certaine défiance,une cetaine peur même,chez nos technocrates et dirigeants politico-financier,qui commencent à peine à sentir les blabutiement d’une révolution.

    Paul Jorion et ses chroniqueurs auraient à ce moment là,un certain pouvoir d’influence.Quoique,même aujourd’hui,à ce stade,un simple blog à un certain pouvoir sur notre inconscient.Paul Jorion ne tarderait pas,à ce stade là,à être âpproché par le milieu politique pour calmer le jeu.L’escalade médiatique est tellement vite arrrivée…

    Bon,comment sommes nous sûr que Paul Jorion,à ce stade, ne consentierait pas,à la manière du milieu politique Américain arrosé de millions de dollars par le lobbyisme de Wall Street,à taire les information ‘nuisibles”,voire même à les nier ? Comment sommes nous sûr qu’il ne sera jamais acheté ? Car le gros problème avec l’argent et le pouvoir,c’est que tout le monde en veut,mais que personne sur ce blog ne sait comment il réagierait si on lui proposait 1 milliard ou les rennes d’un pays.La vérité,c’est que nous réagirions tous pareils.

    Le problème avec cette fuite en avant de création monétaire,c’est queen raisonnant par extrapolation,et bien plus personne ne se fait confiance,dès lors qu’il accède à un certain pouvoir,il se rapproche d’une certaine corruption.

    1. Presque bien vu.

      Même en embauchant un Lordon, imaginons. Soit, nationalisation des banques et NON remboursement des actionnaires.
      Encore faut-il le faire réellement. Soit, impossible vu la dépendance à ces fameux actionnaires.
      Soit, l’embaucher juste pour le faire taire, pourquoi pas.

      Et le système s’effondrera. Car beaucoup découvrent maintenant que les conditions sont largement pires qu’en 1929.
      Ce système s’est déjà bloqué à deux reprises en 3 ans. Mais quelle chance réelle de le faire repartir à chaque fois..???
      Je mets une choucroute en jeu.

    2. Question très intéressante! Ceci me fait penser à la théorie des affects de Spinoza que Frédéric Lordon a remis au goût du jour : personne ne sait quels sont les affects profonds de Paul qui le motivent dans son combat. Reconnaissance ? Argent ? autre ? Je ne le lui demande même pas, de toute façon il peut nous raconter n’importe quoi.
      Alors effectivement, il y a un risque que les affects de Paul le fassent succomber à la corruption comme les autres le jour où il aura une position influente. Mais dans l’état actuel des choses, c’est un risque que je suis prêt à courir !

  14. Est-ce que DSK a déjà reçu son uniforme de militaire pour 2012 ?

    La Chine est-elle loin derrière la France dans la spirale ?

    Et les Etats (profiteurs) africains “compradores” seront-ils prêt à temps pour faciliter encore plus le pillage de leurs peuples et de leurs terres ?

    Quand Fidel est-il devenu oublieux ?

    Acta est fabula ?

    …’ fait froid…

    1. DSK a déjà reçu son uniforme de militaire pour 2012 ?

      Avé les médailles, pis qu’un général de l’armée rouge ….
      A vous “bousiller” un costard …zut alors !

  15. Le gouvernement Irlandais va retirer de l’économie 6 milliards d’euros en une seule fois en 2011 (c’est énorme pour un pays de 4.2 millions d’habitants) plus encore 9 milliards supplémentaires d’ici 2014 et espère une croissance annuelle de … 2.75 à 3 pct !!
    Méthode Coué une fois de plus…il compte aussi faire baisser le déficit de 32.5 pct à …3 pct d’ici 2015.
    Personne n’y croit une seule seconde bien entendu.
    Que va t’il advenir de ce pays qui court à sa ruine malgré sa taxe corporate maintenue à 12.5 pct?
    On signale déja des difficultés pour les sociétés du secteur IT à trouver des candidats miltilingues en provenance du continent car les salaires vont fortement baisser jusqu’à 3 ou 4.000 euros par an(si vous gagnez moins de 45.000 euros).
    Et comme tout leur business model est basé sur cette main d’oeuvre mobile….

    http://www.businessandfinance.ie/news/roundupnegativereactiontobudget

  16. Dépêche AFP

    Christine Lagarde nous avait dit qu’en 2015, tout serait réglé.

    Christine Lagarde nous avait dit qu’en 2015, la Grèce aurait fini de rembourser le prêt de 110 milliards d’euros.

    Christine Lagarde nous avait dit qu’en 2015, la Grèce aurait fini de rembourser ce prêt aux contribuables européens.

    Mais aujourd’hui, nous apprenons que la Grèce ne pourra pas rembourser sa dette en 2015. La Grèce remboursera sa dette … en 2024 !

    Mais qui croit encore que la Grèce pourra rembourser ses dettes ?

    Qui ?

    Christine Lagarde ?

  17. Parfois, je me sens tout troll. Il me faut garder espoir. Nous faisons partie de l’Histoire, nous vivons l’Histoire, nous faisons l’Histoire.

    1. Ou l’inversion d’un miroir qui n’aurait pas réfléchi à une représentation qui ne s’est jamais présentée à lui.

      Un peu comme un CDS adossé à une grosse position “short” sur du métal inexistant.

    2. Mique.
      Expliques-moi pourquoi un miroir inverse la gauche de la droite.
      Et non le haut du bas.

      L’américain dream a la vie dure…

    3. Mais non, l’histoire est finie.
      Le rideau est tombé, la pièce ne sera plus rejouée.
      Il est temps d’en écrire une autre.

  18. L’attachement des Allemands à la zone euro dans sa configuration actuelle serait plus crédible s’il était accompagné d’une solution globale à la crise européenne.
    Ont-ils les moyens de spéculer sur un repli dans une zone euro plus restreinte ?

    Que les allemands et quelques satellites quittent l’euro pour ne pas devoir mettre la main à la poche, que les autres expulsent l’allemagne pour son égoïsme éco, que l’euro “casse” tout seul en eurosud et euromark, que certains pays quittent l’euro faute de pouvoir suivre et rembourser, ou en expulsent d’autres en difficulté, ça revient finalement au même, question de tempo et de point de vue.
    Non?
    Traditionnellement, le chacun pour soi est la tactique adoptée quand les choses tournent mal. Et là elles ne tournent plus, elles vont tout droit dans le mur et la pente est forte. A moins d’une reprise éco miraculeuse dans les prochaines années, que certains ont vue venir dès 2009. Mais on est fin 2010 et elle n’est pas là, et on sait qu’elle ne viendra pas en 2011 ni 2012.

    Pourra-t-on attendre plus longtemps? Et se retrouver au pied du mur, devant le fait accompli par certains, ou peut-on prendre des précautions et préparer l’avenir?

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